vendredi 30 janvier 2026

Thomas d'Aquin : Les lois. Loi éternelle, loi naturelle, lois humaines

 Pierre Tequi - Janvier 2026


Le bref traité des lois tiré de la Somme théologique est un chef-d'oeuvre dont la concision et la simplicité sur un thème aussi ardu impressionnent. Thomas d'Aquin offre les instruments conceptuels indispensables pour comprendre l'essence même de la loi, ses particularités, ses domaines d'application, son fondement, sa légalité. N'est-il pas urgent, à l'heure où la loi naturelle s'est laissée supplanter par un positivisme juridique désaxé de son fondement, de retrouver l'intelligibilité de la loi ? Comment imaginer une société de droit si on ne sait plus ce qu'est le droit ni la loi qui le traduit ? Cet ouvrage reprend le texte même du traité des lois de saint Thomas, tel qu'on le retrouve dans la seconde partie de la Somme théologique. La traduction est celle du père Jean de la Croix Kaelin, qui a aussi veillé à introduire chaque chapitre.

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Catherine Halpern (dir.) : Les grandes controverses philosophiques. De Platon à Judith Butler

 Sciences humaines - Janvier 2026


Parce que le débat est un outil de recherche mais aussi d'enseignement, il est important de comprendre et de connaître les grandes controverses qui font la philosophie.

Controverse, querelle, dispute, duel, débat, polémique, discussion, différend, lutte... Les mots pour dire les désaccords de la pensée sont innombrables. Chacun apporte sa nuance : un duel se fait à deux, la polémique est marquée par l'agressivité et aussi par une montée aux extrêmes, la discussion est plus posée, les querelles philosophiques ou littéraires (songeons à la querelle des universaux ou celles des Anciens et des Modernes) opposent souvent des écoles de pensée plus que des individus... La place des affects connote diversement ces termes. Si nous avons choisi de parler de controverses philosophiques, c'est précisément pour les tenir un peu à distance même s'ils sont bien présents y compris quand les philosophes débattent.
En philosophie, le choc des idées n'est pas une étape, le débat est perpétuel. Il fait même corps avec la discipline. Que ce soient avec leurs contemporains ou au contraire à des siècles de distance, les philosophes débattent. On pense avec, mais aussi contre, tout contre.
Le débat est un outil de recherche mais aussi d'enseignement. Aujourd'hui, le débat à visée philosophique s'enseigne dès la maternelle. Changeons donc de regard sur le conflit quand il est d'idées et songeons à Héraclite qui énonçait il y a plus de deux mille cinq cents ans déjà : " Ce qui est contraire est utile et c'est de ce qui est en lutte que naît la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. "

Catherine Halpern : Journaliste scientifique. Spécialiste des questions de société, elle a coordonné de nombreux dossiers du magazine Sciences Humaines et dirigé plusieurs ouvrages aux éditions Sciences Humaines.
Samuel Lacroix : Journaliste scientifique.
Avec les contributions de : Rémi Beau, Brigitte Boudon, Jean-François Dortier, François Dosse, Laurence Hansen-Love, Jean-Vincent Holeindre, Alain de Libera, Régis Meyran, Pauline Petit, Rossella Saetta Cottone, Fernando Santoro, Ariel Suhamy, Fabien Trécourt.

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Critique, n° 944 : Images insupportables

 Minuit - Janvier 2026


Des irradiés d’Hiroshima aux photographies du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau, des convulsions agitant un corps fantomatique à la frénésie sanguinaire des champs de bataille, nous vivons dans un monde qui paraît saturé d’images de toute nature, dont certaines nous sont « insupportables ». Cette catégorie – « l’insupportable » – est complexe, mouvante à travers l’histoire, et les images – dans les domaines artistiques et au-delà – en sont incontestablement un laboratoire d’observation privilégié.
Donnant la première place à l'histoire et à la théorie de l'art, cette livraison de Critique interroge nos seuils de tolérance et la responsabilité des artistes – de toutes celles et ceux qui manipulent les images insupportables. Au-delà du geste consistant à en jouer et à s’en saisir, il s’agit de refuser la facilité, l’essentialisation, l’univoque des images – et la fermeture du regard même.

Clélia ZERNIK : « Hiroshima spectraculaire »
Nathan RÉRA : « Le regard à l'épreuve »
Peter SZENDY : « Optographies du XXIe siècle »
Alexis ANNE-BRAUN : « Un art qui ne prend pas soin de nous »
Pauline LAFILLE : « Devant la bataille, l'insupportable talent »
Ralph DEKONINCK : « Esthétisation de la violence, violence de l’esthétisation »
Entretien avec Horacio CASSINELLI : « Au commencement était le prompt ! »

Stéphane HABER : « Des alliances contre nature ? Zoonoses et communautés de l’avenir »
Michel MURAT : « Dans une onde mauvaise à boire »

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Tzvetan Todorov : Frêle bonheur. Essai sur Rousseau

 Gallimard - Janvier 2026 - Folio essais


L’homme est bon à l’état de nature, c’est la société qui le corrompt. Telle est la grande idée de Rousseau. Et si l’homme était bon à l’état de nature, c’est parce qu’il était seul et solitaire. Ce qui le corrompt dans la société, c’est le regard des autres.
D’où cette impasse : l’état de nature est impossible (et peut-être n’a jamais existé), mais il serait préférable ; l’état de société est bien réel, mais il est décevant. Deux solutions s’offrent donc : soit devenir pleinement et uniquement citoyen, au risque de dénaturer l’homme – c’est la voie explorée dans Du contrat social ; soit devenir individu solitaire, au prix de la sociabilité – voie explorée dans Les Confessions et Les Rêveries. Or, Rousseau ne suggère-t-il pas luimême une voie médiane, notamment dans l’Émile ? une issue qui promettrait un « frêle bonheur », mais un bonheur tout de même ?
Avec une éblouissante hauteur de vue, Tzvetan Todorov livre ici une incomparable introduction à une œuvre protéiforme, mettant au jour sa grande cohérence et explicitant les réponses que Rousseau a apportées aux grands problèmes qui se posent à la condition humaine.

Né en 1939 à Sofia et décédé en 2017, critique littéraire, philosophe et historien des idées, Tzvetan Todorov est, avec Roland Barthes, l'un des représentants du structuralisme. Il est l'auteur de plus de trente livres, dont Théorie de la littérature, textes des formalistes russes (Le Seuil, 1965), Mémoire du mal, tentation du bien (Robert Laffont, 2000), Les Aventuriers de l'absolu (Robert Laffont, 2006) ou encore Le Triomphe de l'artiste (Flammarion, 2017). Il a reçu plusieurs prix pour l'ensemble de son oeuvre.

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Helena Taylor : Science in the Salon. Atoms and Animals in Madeleine de Scudéry’s 'Conversations' (1680–92)

OpenBooks Publishers - Janvier 2026


Madeleine de Scudéry (1607–1701) was a celebrated seventeenth-century novelist and essayist, yet her engagement with natural philosophy and the sciences has been largely overlooked. This volume presents the first English translation of 'The Story of Two Chameleons' (1688) and situates it within Scudéry’s broader scientific and philosophical writing. Beyond this seminal text, the book explores her reflections on atomism, natural history, and epistemology, revealing her critical engagement with cutting-edge theories of her time, including a challenge to the Cartesian ‘animal-machine’ hypothesis.
By translating and analyzing key sections from her multi-volume Conversations (1680–1692), including ‘On Uncertainty’, ‘The Story of Prince Ariamène’, which features Democritus, and ‘On Butterflies’, alongside selected manuscript material, this volume demonstrates how Scudéry’s interdisciplinary approach defied rigid intellectual boundaries, activating what Anne-Lise Rey terms ‘epistemic mobility.’ Her work offers a vital perspective on women’s contributions to the history of science and philosophy, and illuminates the ways in which marginalized voices engaged with and shaped knowledge production.
With a critical introduction and extensive commentary, this open access edition makes Scudéry’s work widely available to scholars and students in early modern studies, French literature, philosophy, animal studies, and the environmental humanities. It is a timely contribution to ongoing efforts to recover women’s intellectual history and reassess the intersections of literature, science, and philosophy in early modern Europe.

Helena Taylor is Associate Professor of French and Comparative Literature at the University of Exeter. Her research focuses on the intellectual and literary history of early modern France, particularly the seventeenth century: she is interested in cultures of learning, women's varied intellectual practices and their reception, classical reception, cultural quarrels, and translation studies. Her first book, The Lives of Ovid in Seventeenth-Century Culture (OUP, 2017) examines the reception of the life of the ancient Roman poet Ovid in 17th-century French culture. Her second book, Women Writing Antiquity: Gender and Learning in Early Modern France (OUP, 2024), was written thanks to a Leverhulme Early Career Fellowship, and was awarded an Honourable Mention in the Society for the Study of Early Modern Women and Gender Book Prize. She is the co-editor of Ovid in French: Reception by Women from the Renaissance to the Present (OUP, 2023); and Women and Querelles in Early Modern France (a special issue of Romanic Review, 2021). Helena is currently leading a five-year project, Cultures of Philosophy: Women Writing Knowledge in Early Modern Europe, originally awarded as a European Research Council Horizon Europe Starting Grant in the 2022 round (€1.5 million) and now funded by UK Research and Innovation (UKRI), under the UK government’s Horizon Europe funding guarantee [grant number EP/Y006372/1].



Charlotte Casiraghi : La fêlure

 Julliard - Janvier 2026


En chacun de nous une fêlure passe, elle menace l'ensemble, l'organise, elle est notre chance et notre péril le plus haut. C'est sur cette conviction que j'ai conçu ce livre, comme une enquête vivante, littéraire, incarnée, sur les petites et les grandes tragédies de notre sort partagé, et qui sont sans doute le lieu à partir duquel nous pensons et aimons avec la plus grande intensité. C'est aussi le lieu où nous risquons de casser, de nous détruire, de perdre, d'abîmer les autres, de nous gâcher mais où nous sommes capables de déplacer notre identité et de réinventer notre existence. Il y a des effondrements visibles et spectaculaires, et des craquelures minuscules en surface, dont on ne prend conscience qu'après, une fois qu'on est brisé.
Ce livre n'est pas un traité, ni un récit, encore moins une confession. Il faudrait plutôt le voir comme une traversée, une série de variations sur un même thème, à partir d'une célèbre nouvelle de Fitzgerald et à travers les œuvres des écrivaines Ingeborg Bachmann, Colette ou Marguerite Duras, de la poétesse Anna Akhmatova, du navigateur Bernard Moitessier ou du chanteur J. J. Cale, et bien d'autres. La chanson de nos vies où se rejoue sans cesse une idée fixe : quelque chose de nous est cassé ; tant mieux.

Charlotte Casiraghi, Master en philosophie, est présidente des Rencontres philosophiques de Monaco. Elle a co-écrit avec Robert Maggiori Archipel des passions aux Éditions du Seuil.

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mercredi 28 janvier 2026

Monique De Mattia-Viviès : Le tiers parlant : de la grammaire à la linguistique clinique

 L'Harmattan - Janvier 2026


Cet ouvrage montre comment repenser le signe saussurien et ouvre la voie à une linguistique clinique, à la croisée de la linguistique et de la psychanalyse. Le signe y apparaît non plus stable et duel, mais mouvant, traversé par l’affect, la subjectivité et l’altérité.
À partir du concept de tiers parlant, trace d’une altérité fondatrice révélée par la langue étrangère, l’auteure propose une structure triadique du signe dont les enjeux sont à la fois théoriques, didactiques et cliniques. Dans ce cadre, la langue étrangère devient un espace de reconfiguration psychique.
Portant la trace de la relation à la langue maternelle, l’énonciation en langue étrangère devient un geste de subjectivation et de déplacement symbolique réparateur. Elle permet de mettre à distance cette mémoire d’altérité – ce tiers absent mais parlant – et de créer un lieu où se rencontrent linguistique et inconscient.

Monique De Mattia-Viviès est professeure des universités et enseigne la linguistique anglaise à l’Université d’Aix-Marseille où elle a notamment dirigé le Département d’Études du Monde Anglophone. S’appuyant sur son expérience pédagogique et sur plusieurs années d’observation d’enfants atteints de dysphasies, ses recherches repensent l’apprentissage des langues comme un processus à la fois linguistique et affectif.

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Hakima Mounir, Laurence Costes (dir.) : La co-construction entre idéalisme et réalité

 Champ social - Janvier 2026


La co-construction soulève aujourd'hui une question majeure : comment associer réellement tous les acteurs, pouvoirs publics, associations, citoyens à la conception des politiques et des services qui nous concernent ? Bien plus qu'une simple méthode, la co-construction est un véritable projet politique. Elle incarne l'espoir d'une gouvernance plus juste, fondée sur l'égalité et la participation réelle de chacun, ouvrant la voie à une démocratie plus horizontale, où chaque voix compte.
Pourtant, ce projet rencontre de nombreux obstacles : rapports de pouvoir, contraintes administratives, différences de cultures et de rythmes entre acteurs. La co-construction n'est pas un modèle parfait, mais un chemin à construire continuellement, avec ses tâtonnements et ses défis. Ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui, dans la vie professionnelle, associative ou simplement en tant que citoyen(ne), s'interrogent sur la façon de mieux collaborer pour décider ensemble des enjeux communs.
Il invite à penser une démocratie vivante, attentive aux inégalités réelles, et ouverte à la diversité des savoirs et des expériences. Fruit d'analyses rigoureuses et de multiples retours d'expérience, cet ouvrage offre des clés pour comprendre les enjeux, les limites, mais aussi les richesses de la co-construction. Un guide indispensable pour tous ceux qui veulent s'engager dans un dialogue authentique et construire une société plus solidaire.

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Paul Blanquart, Alice Beriot : Conversation pour une humanité commune

 Editions du Commun - Janvier 2026


Paul Blanquart, grande figure intellectuelle décédée en 2024, était philosophe, sociologue et dominicain rebelle. Il a co-fondé avec Stéphane Hessel la Fondation Un Monde Par Tous, qui vise la «Â transition d'un système centré sur l'exploitation, la croissance et le profit vers des sociétés fondées sur la solidarité, la paix, le bien commun et le bien-être écologique et social ». Fervent internationaliste, pionnier de l'écologie politique et défenseur d'une convergence entre christianisme et marxisme, il livre dans cet ouvrage, sous forme de dialogue avec une jeune anthropologue athée, un outillage conceptuel et militant pour une vision singulière, protéiforme et radicalement tournée vers l'Autre.

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Laurent Lartigues : Foucault (tout) contre Freud et Lacan. A-t-il vu quelque chose en "psychanalyse" ?

 Ithaque - Février 2026


Michel Foucault a manifesté un intérêt précoce pour la psychanalyse. Non sans lien avec son mal-être et la nécessité de devoir faire avec son homosexualité, l’amenant aux portes de la folie. Dès ses années de formation à Normale Sup’ ou dans le cadre de ses cours à Ulm au début des années 1950, il a lu de nombreux ouvrages de Freud, principalement dans leur traduction française. S’il s’enthousiasme pour l’article de Jacques Lacan sur «Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je», les archives montrent qu’il a peu fréquenté son célèbre contemporain.
Cet essai n’aurait pourtant pas pu s’intituler Foucault et la psychanalyse. La psychanalyse de Foucault est en effet incommensurable avec la psychanalyse. Pour des raisons peut-être liées à sa socialisation primaire dans un milieu familial de chirurgiens hostile aux «sciences de l’esprit» ou à ses compagnonnages philosophiques, il est resté au seuil d’une appréhension juste – de l’intérieur – de la psychanalyse. Cette dernière jouit d’un rôle plus stratégique et synthétique dans son dispositif d’analyse, adossé à la notion de savoir-pouvoir, quand elle ne se résume pas à un débinage mondain de la mode intellectuelle du divan qui cible davantage les «Lacaniens» que la psychanalyse.
À ce titre, La Volonté de savoir (1976) ne constitue pas un tournant bien plus critique de la psychanalyse ; au contraire, cet ouvrage, qui a constitué le premier volume de sa magistrale Histoire de la sexualité, s’inscrit dans une certaine continuité avec ses écrits de jeunesse qui témoignent d’un malaise foncier avec l’hypothèse de l’inconscient.

Laurent Dartigues est sociologue, chercheur au CNRS, membre du laboratoire Triangle-Action, Discours, pensée politique et économique (Lyon).

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mardi 27 janvier 2026

Clélia Gasquet-Blanchard : Faire naître. Ce que le capitalisme fait à la maternité

 La Fabrique - Janvier 2026


Dans un contexte néolibéral, les politiques actuelles de la naissance en France sont pilotées par les chef·fes d’orchestre du marché et guidées par une biomédecine techniciste et sécuritaire. Tandis que les maternités ferment en masse, le capitalisme sanitaire met la main sur la santé périnatale. Les conséquences sont désastreuses : une mortalité infantile parmi les plus importantes d’Europe, un nombre croissant de femmes enceintes et nouveau-nés dans les rues des grandes agglomérations françaises, la souffrance psychique accrue des mères face à l’impossibilité de se conformer au mythe de la « bonne mère »... Les orientations prises en santé publique participent par ailleurs à une rupture de confiance et de dialogue entre les femmes enceintes et un monde soignant hétérogène, lui aussi frappé par les mesures d’austérité et le management nocif. Ce livre se propose d’investiguer sous l’angle géographique et sociohistorique cette souffrance collective autour de la naissance. Il interroge les injustices en santé périnatale, expose le séparatisme des classes privilégiées et réactive l’héritage des luttes d’émancipation des femmes pour penser une maternité anticapitaliste à même d’offrir un accueil décent et un avenir commun.

Clélia Gasquet-Blanchard est géographe, maîtresse de conférences HDR à l’École des Hautes Études en Santé Publique et travaille sur les injustices en santé. Elle est l’autrice d’Ebola, géographie d’une crise sanitaire 1944-2005 (2016) et a codirigé l’Abécédaire de géographie de la santé, dimension territoriale de la santé (2019). Depuis 2019, elle coordonne le réseau de santé SOLIPAM qui prend en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France.

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Letizia Goretti : Le vertige du jeu. Révolution, jeu et fête dans l'Internationale situationniste

 Edition de l'Atelier - Janvier 2026


Le jeu est politique. Le jeu est élévation. Il participe à l'invention d'un nouveau monde et à une réinterprétation de la vie. Prenant comme objet l'Internationale situationniste, mouvement contre-culturel culte des années 1957-1972 dont Guy Debord est l'un des fondateurs, Letizia Goretti propose dans cet ouvrage une réflexion sur la force politique et culturelle du jeu. Dessinant une cartographie du jeu situationniste, l'autrice nous montre comment il a été l'un des éléments moteurs du mouvement. Jeu collectif, théâtre, poésie, jeu langagier, fête, renversement des röles, rupture dans le quotidien dans la ville. Ce sont tous ces aspects que le livre explore. Interrogeant la politisation et la réappropriation de nos sociabilités et de nos espaces de vie et de loisirs, cet ouvrage nous offre une ode au jeu comme outil de libération de l'être humain.

Letizia Goretti est docteure en culture visuelle, photographe et chercheuse. De 2020 à 2023, elle est chercheuse associée à la Bnf pour ses recherches sur le fonds Suzanne Citron, dont elle publie un livre inédit en 2024 : Légataires sans héritage. Pensées pour un autre monde (éditions de l'Atelier).

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Antonio Gramsci : Le journalisme intégral (nouvelle édition augmentée)

 Editions Critiques - Janvier 2026


Des premières années de militantisme de Gramsci, lorsqu'il était lui-même journaliste engagé, jusqu'à ses écrits de prison rédigés sous la dictature fasciste, ces textes offrent une analyse d'une rare acuité sur le rôle politique de la presse. Gramsci y montre comment un journal, loin de simplement informer, sélectionne et organise les faits pour façonner une vision du monde. Pour lui, le journal est un instrument de formation : il crée un sens commun, forge une conscience critique et peut devenir un levier pour une hégémonie culturelle alternative.
En analysant la presse bourgeoise et les conditions d'un journalisme émancipateur, Gramsci dévoile la puissance politique de la presse. Dans un paysage médiatique dominé par de puissants intérêts économiques et par une accélération continue des flux d'information, ces réflexions demeurent d'une actualité saisissante. Elles rappellent que l'information peut reproduire l'ordre existant ou devenir une véritable force de transformation sociale.

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Jean-Pascal Daloz : Hors du commun. Impensés de la distinction sociale

 Hermann - Janvier 2026


Trop ethnocentriques, les écrits classiques sur la distinction sociale ne semblent jamais avoir pris la pleine mesure de la diversité de leur objet d'étude. Mobilisant éternellement leur arsenal théorique à prétention universelle, les travaux qui en résultent se révèlent dogmatiques et réducteurs. Ayant procédé à une vaste analyse comparative des distinctions élitistes, Jean-Pascal Daloz a préalablement démontré l'hétérogénéité des logiques et des manifestations de celles-ci au gré des sociétés, mis en évidence les généralisations excessives des principales écoles de pensée et élaboré des problématiques novatrices, sensibles aux clivages culturels.
Dans ce nouvel ouvrage, il aborde des aspects inédits ou revisite des thématiques dont on ne paraît pas bien avoir saisi toute la complexité. A travers une dizaine de textes originaux (traitant notamment des vecteurs prioritaires de distinction, du caractère équivoque de certains signaux, des stratégies distinctives sophistiquées, ou encore des va-et-vient étonnants entre réalité et oeuvres de fiction), il nous offre de quoi stimuler abondamment la réflexion en un domaine où le prêt-à-penser règne souvent.

Jean-Pascal Daloz est directeur de recherche au CNRS (UMR SAGE, Strasbourg) et Faculty Fellow au Center for Cultural Sociology de l'Université de Yale. Il a auparavant été en poste dans de nombreuses universités, notamment celle d’Oxford, et a présidé de 2008 à 2018 le Comité des recherches comparatives de l'Association internationale de sociologie. Il est l'auteur de nombreux livres parmi lesquels Expressions de supériorité. Petite encyclopédie des distinctions élitistes (2021).

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lundi 26 janvier 2026

Blandine Lagrut : Elizabeth Anscombe. Une philosophie de l'intégrité

 Hermann - Janvier 2026


Peut-on décider d’un bombardement nucléaire afin de sauver des vies ? Doit-on encourager son petit frère à mettre le feu à la queue des chats pour s’amuser ? Peut-on faire l’amour de manière bénigne et spontanée, comme on mange un champignon cueilli à l’occasion d’une balade ?
Elizabeth Anscombe ne mâche ni ses mots ni ses questions. Pour elle, tout effort de bonté est indissociablement une quête de vérité. Prenant le contre-pied des théories éthiques en vogue à son époque, sa philosophie de l’action replace les vertus au cœur du débat éthique et élabore un type original de réalisme moral centré sur la notion d’intégrité.
Amie et collaboratrice de Ludwig Wittgenstein, lectrice assidue d’Aristote et de Thomas d’Aquin, Elizabeth Anscombe est une figure à la fois inclassable et incontournable de la philosophie britannique du xxe siècle. Avec Iris Murdoch, Philippa Foot et Mary Midgley, elle fait partie du fameux « Quartet d’Oxford », un groupe de femmes philosophes qui bouleversa la pensée éthique dans les années 1950.

Blandine Lagrut, maître de conférence aux Facultés Loyola Paris, chercheuse associée aux Archives Poincaré de l'Université de Nancy.

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Emile Sellier : Bergson ou l'identité en création

 Hermann - Janvier 2026


À travers l’œuvre de Bergson, ce travail explore une idée aussi simple que vertigineuse : notre identité ne se comprend qu’à la lumière du temps vécu, comme création continue. En suivant les quatre sommets bergsoniens — de l’Essai aux Deux sources, en passant par Matière et mémoire, et bien sûr L’Évolution créatrice — Émile Sellier retrace le fil mouvant d’une pensée qui défait les illusions de l’intelligible pour retrouver la source vive du moi.
Entre métaphysique et psychologie, entre philosophie et art, entre rigueur conceptuelle et souffle vital, ce livre invite à repenser ce que nous appelons « identité » : non comme donnée, mais comme devenir. Le que-sommes-nous cesse alors d’être une énigme fixe pour devenir une expérience en acte, se résolvant dans sa propre liberté — là où l’identité cesse d’être réponse pour devenir tension créatrice.

Emile Sellier, docteur en philosophie et psychologue clinicien, explore le lien entre pensée et expérience vécue. Son travail interroge la présence, les émotions et la créativité, au cœur de la relation entre l’humain et le réel.

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Irena Martínkova, Bernard Andrieu, Jim Parry (dir.) : Slow Sport and Slow Philosophy

Routledge - Janvier 2026


This book explores the emerging concept of ‘slow sport’ – recreational movement practices that emphasize mindful engagement over competition. Targeted at philosophers of sport, wellness researchers, physical education specialists, and practitioners of mindful movement disciplines, this collection examines how intentional, non-competitive bodily practices cultivate deeper experiential connections with our environments. From yoga, meditation, and martial arts to Saharan recreational activities, contributors analyze how slowing down physical practice creates space for enhanced well-being, environmental attunement, and phenomenological richness.
Ideal for academic readers interested in alternative approaches to physical culture, this book challenges conventional sport paradigms by highlighting how deliberate slowness transforms recreational movement into a philosophical practice – one that prioritizes qualitative experience over quantifiable results, fostering a more contemplative relationship between the human being and the environment.
The chapters in this book were originally published as a special issue of Sport, Ethics and Philosophy.

Irena Martínková is Associate Professor at the Faculty of Physical Education and Sport (FTVS) at Charles University, Prague, Czechia. As Founder of the Sports Ethics Research Centre of FTVS, she specializes in sports ethics, phenomenology, Olympism, and Eastern martial arts philosophy. Martínková is President of the International Association for Philosophy of Sport and Vice-president of the European Association for the Philosophy of Sport and teaches courses including Philosophy of Sport, Ethics, and History of Physical Culture.
Bernard Andrieu is a French philosopher and historian of the body, serving as Full Professor at Université Paris Cité, France. As Director of the Institut des Sciences du Sport-Santé de Paris (I3SP), his research explores the relationship between the living body and lived experience through ‘emersiologie’. His extensive work spans philosophy of neuroscience, mind-body connections, and bodily practices, including his editorship of the comprehensive Dictionary of the Body.
Jim Parry is Visiting Professor at the Sports Ethics Research Centre at Charles University, Prague, Czechia, and Former Head of Philosophy at the University of Leeds, UK. His work focuses on sports ethics, political philosophy, and Olympism. He has authored or edited key texts including The Olympic Games Explained, Ethics and Governance in Sport, and Olympic Values and Ethics. A former Chair of the British Universities Physical Education Association, he also founded the British Olympic Academy. He has been Visiting Professor in Olympic Studies across Europe and Asia.

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Éthique, politique, religions : L'amitié civique. D'Athènes à Rome

 Classiques Garnier - Novembre 2025


Giulio De Ligio, Adrien Louis 
Introduction. 
L'amitié civique face aux divisions de la cité 
Anne Merker 
Amitié et guerre civile. Platon après Solon 
Esther Rogan 
Des paradigmes de l'amitié politique chez Aristote. Un concept kaléidoscopique 
Arnaud Suspène 
La cité des amis. L'amitié civique à Rome des Gracques aux Sévères 
Jean-Rémi Lanavère 
Une dette de vérité et de plaisir. L'amitié sociale et la loi chez saint Thomas d'Aquin 

Varia 
Plínio Junqueira Smith 
Une solution au mystère de l'unité du chapitre « Des coches » (Montaigne, Essais, III, 6) 
Eunice Ostrensky 
The Seraglio as a European House. Mary Wollstonecraft on Tyranny and Despotism 
Alberto Ribeiro Gonçalves de Barros 
Le néo-républicanisme de Philip Pettit et les droits naturels

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dimanche 25 janvier 2026

Anthony Bonnemaison : Le philosophe entre chien et loup. Platon et le risque de la sophistique

 Vrin - Janvier 2026


Que faisons-nous vraiment lorsque nous philosophons? Sommes-nous certains d’agir différemment des sophistes, ces maîtres de la querelle verbale? Aucun philosophe n’a affronté ces questions avec autant d’intensité que Platon. C’est qu’à ses yeux, le sophiste ne se réduit pas à un simple adversaire intellectuel : il est cet autre avec lequel le philosophe est toujours confondu, comme en témoigne la condamnation de Socrate. Si les dialogues ont pour fonction de lever cette confusion, ils montrent à quel point cette entreprise est difficile, et combien le discours du philosophe risque de demeurer inaudible. Plus encore, la sophistique est cette pratique du discours que le philosophe ne peut jamais prétendre conjurer une fois pour toutes, et dont il doit reconnaître la puissance subversive s’il veut philosopher droitement. À travers une enquête sur les dialogues platoniciens (en particulier le Protagoras, l’Euthydème, le Théétète et le Sophiste), cet ouvrage interroge la part de risque inhérente à l’exercice philosophique.

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Isabelle Ost : Regarder le monde. Littérature et cartographie

 Mimesis - Janvier 2026


Comment regardons-nous le monde‰? Comment le représentons-nous‰? Ces questions, vieilles comme le monde lui-même, sont ici abordées au croisement de la cartographie et de la littérature. La carte sert de modèle. Un modèle de représentation qui joue avec la mimésis, exacerbe nos fantasmes de domination et nos désirs d’immensité, la littérature, de l’époque romantique à la contemporaine, imite ce regard fondateur, explore différentes modulations de la description de l’espace et leurs effets esthétiques. De leur rencontre est née l’idée d’un «regard cartographique‰» des oeuvres, ce regard qui s’approprie le réel en variant les angles de vue et les jeux d’échelle : représenté en miniature ou agrandi à la loupe, d’en haut ou d’en bas, à l’horizontale, à la verticale ou surélevée, le monde ne produit pas les mêmes images, ni les mêmes interprétations, ni les mêmes émotions. 

Isabelle Ost a soutenu en 2005 une thèse de doctorat parue sous le titre Samuel Beckett et Gilles Deleuze : cartographie de deux parcours d’écriture (2008, PUSL). Elle est actuellement Professeur ordinaire à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, où elle enseigne la littérature et la philosophie.

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Sébastien Natroll : Une Constitution morte. Aux origines de la réaction américaine

 Amsterdam - Janvier 2026


La droite états-unienne s’est récemment emparée de la Cour suprême, plus haute juridiction du pays. Désormais dotée des moyens d’imposer ses valeurs à l’ensemble de la société, elle poursuit son combat politique sur le terrain du droit, par exemple en mettant fin à la protection constitutionnelle de l’avortement.
Cette victoire du camp conservateur est le fruit d’un demi-siècle de luttes acharnées visant non seulement à faire nommer ses juges à la Cour, mais à imposer une lecture rétrograde de la Constitution : l’originalisme, doctrine selon laquelle la seule interprétation valable du texte est celle qui vise à dégager l’« intention originelle » de ses rédacteurs. Portée par une myriade de structures liées à la droite chrétienne et au Parti républicain, cette idée d’une Constitution « morte » s’est en effet peu à peu imposée dans la sphère juridique, jusqu’à devenir hégémonique.
Retraçant cette dynamique, Sébastien Natroll apporte un éclairage inédit sur l’histoire de la réaction américaine, et nous invite à mesurer l’importance de la fabrique du droit dans la guerre culturelle en cours.

Sébastien Natroll est journaliste juridique indépendant. Publié dans plusieurs médias français et américains (Slate, L’Humanité, Jacobin, Pittsburgh Post-Gazette…) et contributeur régulier auprès de revues et médias spécialisés (Études, IdeAs, Jus Politicum…), il se consacre aux sujets liés au droit constitutionnel des États-Unis.

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Lucie Amir : Politiques du polar

 Amsterdam - Novembre 2026


« Les fictions criminelles sont à l’évidence, dans le contexte contemporain, une littérature de professeurs et d’ingénieurs, de journalistes et de fonctionnaires. »
Genre littéraire plébiscité par un large public, le polar serait, de surcroît, viscéralement subversif: ce lieu commun domine les imaginaires depuis plus d’un demi-siècle. Mais qu’en est-il vraiment ? Le polar remplit-il effectivement une fonction de critique sociale, ou bien cette vision d’une littérature « de rebelles » relève-t-elle du fantasme ?
Répondre à ces questions implique de démêler l’écheveau complexe des rapports entre polar et politique. C’est à cette tâche que s’applique ici Lucie Amir. Analysant tant les œuvres des grands noms du genre que les discours et institutions qui les portent, elle propose une enquête méticuleuse sur son histoire et les tentatives de politisation qui l’ont concerné en France. Sa démarche souligne le caractère structurant des tensions entre les nécessités pratiques du polar (le divertissement et les contraintes éditoriales afférentes), son ancrage politique et sa valeur littéraire ; mais, aussi et surtout, elle met en évidence les polarités idéologiques qui structurent l’inconscient politique d’un genre bien moins homogène et « progressiste » qu’on n’a tendance à le croire.

Lucie Amir est maîtresse de conférences en langue et littérature françaises à l’Université Grenoble Alpes. Elle est membre de l’association des chercheur·ses en « Littératures Populaires et Culture Médiatique ».

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samedi 24 janvier 2026

Agnès van Zanten : Les Politiques d'éducation

 PUF - Janvier 2026 - Que sais-je ?


Les politiques d’éducation concernent directement près de 15 millions d’élèves et d’étudiants, plus de 800 000 enseignants et environ 260 000 membres du personnel administratif, technique, d’éducation et de surveillance, de la maternelle à l’université, et s’appliquent à une grande variété de domaines, de la formation des enseignants à l’évaluation des apprentissages des élèves.
Les missions assignées au système scolaire se multiplient en même temps que les critiques à son encontre. Les réformes se succèdent, laissant pourtant le sentiment d’une inertie profonde des structures et des pratiques. Comment comprendre alors l’action publique dans le domaine si familier et néanmoins si complexe de l’éducation?? En analysant les idées et valeurs qui orientent les choix éducatifs, les instances qui participent à leur élaboration, ainsi que les différents acteurs qui les impulsent et les mettent en œuvre, Agnès van Zanten nous offre une grille de lecture rigoureuse et pertinente des intentions et des réalisations.

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Philippe Bénéton : Introduction à la philosophie politique (4è éd.)

 PUF - Janvier 2026


Qu’est-ce que la politique et comment l’interpréter ?
Quels sont ses enjeux fondamentaux ?
Qu’est-ce qui caractérise les régimes politiques modernes et leur évolution ?

Ce manuel expose les questions essentielles que pose la condition politique de l’homme et les différents modes d’interprétation qui se sont succédé au cours de l’histoire pour en donner le sens. Dans cette perspective, l’ouvrage précise les termes de la grande controverse entre les Anciens, les chrétiens et les Modernes, avant de discuter les diverses réponses apportées en s’appuyant sur l’expérience historique. Les caractéristiques majeures et les grands enjeux de la politique moderne sont analysés et mis en question à travers ses deux versants, idéologique et démo-libéral.

Philippe Bénéton : Professeur à l’université de Rennes 1. Doctorat d’Etat en Science Politique, Université de Paris I (1973) et Agrégation de Science Politique, (1976). Visiting Scholar au Center for International Affairs et du Département de Science Politique de l’Université Harvard. Professeur invité au Département de Sociologie de l’Université de Genève, l’Assumption College (Mass.), l’Université de Marmara à Istanbul et à la Pontificia Università Gregoriana de Rome. ).

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