jeudi 22 octobre 2026

Philipp Lenhard : Café Marx. L'Institut de recherche sociale des origines à l'École de Francfort

Maison des Sciences de l'Homme - Octobre 2026


Café Marx : c'est ainsi que, avec désinvolture, amis comme adversaires surnommaient l'Institut de recherche sociale. Et, en effet, les débuts de la Théorie critique et de l'École de Francfort trouvent leur origine dans une réflexion sur le marxisme. S'appuyant sur un large éventail de sources, Philipp Lenhard détaille l'histoire des personnes, des réseaux, des idées et des lieux qui ont marqué l'Institut et qui, à leur tour, ont été façonnés par lui. On comprend ainsi clairement pourquoi l'École de Francfort a marqué comme nulle autre les grands débats intellectuels du XXe siècle. Dès ses débuts, l'Institut de recherche sociale, inauguré en 1924, était un établissement hors du commun. Ses racines remontent aux tranchées de la Première Guerre mondiale et aux barricades de la révolution. Felix Weil, fils d'un entrepreneur communiste, a permis la création d'un institut de recherche novateur qui a attiré ouvriers et étudiants, politiciens et artistes, scientifiques et intellectuels. Il est également remarquable que l'Institut ait pu poursuivre ses travaux après 1933, malgré la fermeture, la persécution et l'exil. Philipp Lenhard retrace la genèse de la Théorie critique au sein de l'émigration américaine et met en lumière son évolution vers l'École de Francfort au début de la République fédérale d'Allemagne. De manière concise, vivante et riche en révélations surprenantes, cet ouvrage décrit le contexte historique dans lequel Horkheimer, Adorno, Marcuse, Benjamin et bien d'autres sont devenus des penseurs majeurs du XXe siècle.

Philipp Lenhard est historien. Il a entre autres été maître de conférences à l’Institut d’histoire et de culture juives de l’université Ludwig-Maximilian de Munich et professeur associé d’histoire et d’allemand au DAAD à l’université de Californie à Berkeley. Depuis mars 2026, il est maître de conférences en histoire juive autrichienne à l’Institut de recherche historique autrichienne de l’université de Vienne et directeur académique de l’INJOEST. Café Marx a reçu le prestigieux prix Rosl et Paul Arnsberg d’histoire juive.

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Maria Cristina Murano, Marta Spranzi (dir.) : Mettre le soin à l'épreuve, transformer la philosophie

 EUD - Octobre 2027 - Philosophie de terrain


La philosophie et la réalité de terrain peuvent et doivent dialoguer. Des " philosophes de terrain ", nouvelle figure intellectuelle, en donnent la démonstration éclatante en investissant le domaine du soin, dans toute sa complexité. Cet ouvrage collectif examine ce que signifie faire de la philosophie à partir du terrain dans le milieu de la santé. Loin d'être une simple application théorique, cette démarche engage une véritable mise à l'épreuve réciproque : le terrain bouscule les méthodes et les concepts du philosophe, tandis que le regard philosophique révèle les angles morts des pratiques de soin. En défiant les cadres normatifs dominants, les auteurs montrent que cette pratique philosophique ne se contente pas d'accompagner les sciences médicales et les sciences sociales. Elle constitue une ressource critique autonome, capable d'interroger les formes contemporaines du soin et d'ouvrir de nouvelles voies pour l'action.

Marta Spranzi est philosophe de formation et titulaire d’un doctorat d’histoire et philosophie des sciences de l’Université de Pittsburgh. Depuis plusieurs années, elle se consacre à l’épistémologie de la médecine et plus particulièrement sur l’éthique clinique. Tout en assurant les fonctions de maître de conférences HDR à l’université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines, elle pratique depuis une dizaine d’années l’éthique en tant que chargé de mission à mi-temps au Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin.

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Isabelle Ratié : Le vacarme des Ecritures. Penser, croire et philosopher dans l’Inde prémoderne

 Collège de France éditions - Octobre 2026


La philosophie, invention grecque, est l'apanage de l'Occident – cette certitude jadis triomphante est depuis longtemps ébranlée, et l'Inde se voit aujourd'hui concéder une tradition philosophique propre. On s'efforce cependant encore, en Occident comme en Inde, de réduire cet héritage profondément conceptuel et polémique à une sagesse pratique, à une mystique ou à un ensemble de dogmes. Distinguer philosophie et religion indiennes sans escamoter l'étroite imbrication de ces deux domaines, et discerner, à travers le vacarme des Écritures et jusque dans les marges des manuscrits sanskrits, la voix singulière des philosophes du sous-continent : tels sont quelques-uns des grands défis que doivent aujourd'hui relever philologues et historiens des systèmes de pensée de l'Inde.

Isabelle Ratié a étudié la philosophie occidentale à l’université Panthéon-Sorbonne avant de se tourner vers l’étude des sources sanskrites à la Sorbonne Nouvelle puis à l’École pratique des hautes études. Devenue professeure à la Sorbonne Nouvelle en 2014 titulaire de la chaire de langue et de littératures sanskrites, et membre senior de l’Institut universitaire de France depuis 2021, elle a été nommée en 2025 professeure au Collège de France sur la chaire Histoire des systèmes de pensée de l’Inde.

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Emma Barettoni, Valentina Santoro (dir.) : La reconnaissance au XIXe siècle. Histoire d'un concept politique et social

 ENS Editions - Octobre 2026


La plupart des études consacrées à la reconnaissance ont fait de l'idéalisme allemand – et en particulier de Fichte et Hegel – le point d'origine d'une notion appelée à irriguer la philosophie sociale et politique contemporaine. Mais que devient-elle après cette première conceptualisation ? Comment se transforme-t-elle avec l'avènement des sociétés libérales, les promesses d'égalité civique, les nouvelles conflictualités sociales et, avec elles, de nouvelles manières de distribuer la valeur, l'estime et la considération ? Les contributions réunies dans ce volume explorent les différentes configurations de la reconnaissance à la fin du XVIIIᵉ siècle et tout au long du XIXᵉ siècle, en examinant à la fois les héritages et les voies " latérales " de la tradition philosophique hégélienne, et en intégrant pleinement les apports décisifs des sciences sociales naissantes. Du modèle de la reconnaissance mutuelle aux formes de reconnaissance sociale issues des théories de la démocratie et de l'estime, l'ouvrage met au jour la pluralité des usages – normatifs, critiques, sociologiques, éthico-politiques, esthétiques – d'un concept devenu central pour penser la modernité occidentale. Prolongeant et élargissant l'enquête historique ouverte par La reconnaissance avant la reconnaissance, consacrée à l'âge classique et aux Lumières, cet ouvrage s'adresse aussi bien aux spécialistes des auteurs examinés qu'aux étudiant·es et aux chercheur·es souhaitant approfondir les théories contemporaines de la reconnaissance par une généalogie attentive à leurs tensions historiques et à leurs enjeux politiques.

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Les Nouveaux Cahiers Castoriadis 2026, n° 3 : Pourquoi l’autonomie ?

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Stéphane Vibert, « Les limites de la société et l'oubli de la nation. Quelle philosophie des formes politiques chez Castoriadis ? » - Aurélien Berlan, « Autonomie et autarcie. Notes sur un point de divergence entre Castoriadis et l'écologie politique » - Nicolas Piqué, « "La couleur des chausses de Colbert". Totalité, rupture et déterminisme dans L'institution imaginaire de la société » - Savvas Orfanos, « Deux conceptions de la politique. Rancière et Castoriadis, entre différence et nouveauté »

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mercredi 21 octobre 2026

Christian Wolff : Le Discours sur la philosophie pratique des Chinois. Une vertu sans Dieu

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Le lecteur trouvera ici la première traduction intégrale en français du Discours sur la philosophie pratique des Chinois de Christian Wolff, texte majeur au coeur d'une controverse intellectuelle du XVIIIe siècle, qui valut à son auteur, suspecté de spinozisme, voire d'athéisme, d'être expulsé de Halle où il était professeur de mathématiques et de philosophie. Le Discours est accompagné des notes de Wolff ainsi que de celles de son principal adversaire, le piétiste Joachim Lange, contexte qui permet de saisir les enjeux philosophiques et théologiques du débat. Cette édition met en lumière la réception européenne de la pensée chinoise et éclaire un moment décisif de l'histoire des idées, entre rationalisme, religion et altérité culturelle.

Edition : Jean-Marc Rohrbasser, agrégé de philosophie, docteur en histoire des sciences, a enseigné puis travaillé comme chercheur à l'Institut national d'études démographiques (INED). Il a contribué à la traduction du Discursus Præliminaris (Paris, 2006), et prépare, en collaboration, la traduction de la Deutsche Metaphysik de Wolff.

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Alain Bloch, Sandra Charreire-Petit, Bernard Ramanantsoa : La longue histoire de la pensée managériale. Un itinéraire en douze auteurs d'Aristote à Freeman

 Hermann - Octobre 2026


Du portique d’Aristote aux salles de réunion du XXIe siècle, le management n’a cessé d’interroger les formes de l’action collective. Dans cet ouvrage de référence, Alain Bloch, Sandra Charreire Petit et Bernard Ramanantsoa retracent les grandes étapes de cette réflexion, en s’appuyant sur des figures majeures – Aristote, Machiavel, Clausewitz, Jean-Baptiste Say – et en montrant comment leurs idées ont progressivement structuré notre compréhension des organisations.
Loin des clichés technicistes, ce livre propose une véritable généalogie intellectuelle du management, articulant théorie et pratique, éthique et stratégie, histoire et avenir. Il invite à reconnaître le management comme un champ de pensée autonome, nourri par les sciences humaines autant que par les réalités économiques.
Une lecture incontournable pour quiconque s’intéresse à la profondeur et à l’évolution de la pensée managériale.

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Estelle Ferrarese : Les incandescences bourgeoises

 Rivages - Octobre 2026


Que ce soit à l’occasion d’extases, de révélations, d’explosions de joie collective, ou encore d’exaltations amoureuses, chacun a connu des expériences de saturation des sens, de suspension du temps, et de présence intense à soi. Je les nomme incandescences. Elles constituent autant d’interruptions, par le corps, de son exercice permanent d’ajustement au monde. Elles sont une protestation contre cet ajustement.
Aujourd’hui, les incandescences sont un état domestiqué et entretenu par la forme de vie capitaliste. Elles se sont faites bourgeoises. Ce livre montre comment elles sont mises au service de ce contre quoi elles se soulèvent.

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James Costa, Constantine Nakassis (dir.) : Parler, voir, comprendre. La notion de perspective en anthropologie linguistique

 Presses Sorbonne Nouvelle - Octobre 2026


À travers une approche anthropologique et sémiotique, ce livre interroge la notion de perspective comme mode de construction du sens, au croisement du langage, de la perception et des pratiques sociales.

Ce livre explore la notion de perspective à travers une approche anthropologique et sémiotique, en analysant la manière dont les perspectives façonnent la production du sens dans des contextes sociaux variés. Ancré dans les travaux récents en anthropologie linguistique et socioculturelle, il met en lumière les dynamiques entre perception, discours et idéologie. Les contributions réunies croisent des domaines aussi divers que l’interaction verbale, le cinéma, l’architecture ou la politique, et montrent comment la perspective peut devenir un outil d’analyse des phénomènes sociaux et politiques contemporains.

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Sébastien Ateba Mintolo : John Rawls à l'ère de l'urgence écologique. Vers une théorie de la juste éco-épargne pour un développement durable

 L'Harmattan - Octobre 2026


Face à l’urgence de la crise écologique, cet ouvrage interroge les fondements de la justice entre générations. En s’appuyant sur la pensée de John Rawls, l’auteur analyse le principe de « juste épargne » pour en révéler les limites face aux défis environnementaux actuels. La thèse centrale soutient que la justice sociale ne peut plus être pensée indépendamment de la préservation des écosystèmes. Pour pallier cette lacune, l’auteur propose le concept novateur de « juste éco-épargne ». Ce principe élargit la responsabilité intergénérationnelle à la sauvegarde du capital naturel et au respect des limites planétaires. En articulant justice environnementale et écologie intégrale, ce cadre théorique offre une boussole normative pour orienter les politiques publiques vers un modèle de développement véritablement durable et solidaire.

Sébastien Ateba Mintolo est prêtre et docteur en philosophie de l’Université pontificale grégorienne de Rome. Spécialiste de philosophie politique et morale, il concentre ses recherches sur l’articulation entre la pensée de John Rawls et le développement durable. Fort d’un parcours international entre l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest à Abidjan et la France, il a enseigné la philosophie et la théologie, notamment à l’Institut Saint Jean (Abidjan).

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mardi 20 octobre 2026

Jean-Michel Muglioni : Alain philosophe. La dignité de penser

 PUF - Octobre 2026


Savoir vraiment, c’est pouvoir répondre de ce que l’on sait. L’exigence paraît simple, presque triviale, et pourtant elle déroute. Car qui, sans se raconter d’histoires, oserait reconnaître qu’il ne comprend pas ? Et, à l’inverse, si l’on poussait cette exigence jusqu’au bout, que resterait-il dont l’on pût véritablement répondre ? Alain n’a cessé de combattre le confort des opinions reçues. Mais il ne suffit pas d’exposer sa pensée pour la comprendre. S’il y a une philosophie d’Alain – et ce livre s’emploie à le montrer –, elle n’existe pleinement qu’à condition d’être reprise et pensée à nouveaux frais par le lecteur. Une philosophie n’est vivante que pour celui qui consent à l’effort de la penser comme s’il en était l’auteur lui-même. « Une erreur de croire que l’on sait quelque chose, écrit Alain ; on apprend, oui, et, tant que l’on apprend, on voit clair ; mais dès que l’on se repose, dès que l’on s’endort, on est théologien ; et comme les songes reviennent avec le sommeil, ainsi, avec ce sommeil d’esprit reviennent l’injustice, la guerre, la tyrannie ; non pas demain, mais tout de suite. »
Le sommeil de la raison consiste d’abord à croire que l’on sait une fois pour toutes ce que l’on a appris et qu’il n’y a plus à le reprendre. Élève toujours, ou bien ami des tyrans !

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Michel Delattre : Platon en schémas

 Ellipses - Octobre 2026


L’œuvre de Platon est la première grande production philosophique de l’Antiquité grecque qui ne nous ait pas été transmise de façon fragmentaire. Sa forme dialoguée est motivée par une volonté explicite de ne pas exposer directement une doctrine. Afin de donner accès à ce qu’il faut, malgré tout, appeler la philosophie platonicienne, cet ouvrage propose un tour d’horizon introductif dont l’intention est essentiellement pédagogique. Après une mise en contexte historique, clef de lecture indispensable, il est organisé autour de trois grandes orientations de l’œuvre platonicienne : 1) sa dénonciation de fausses prétentions à la sagesse ; 2) son interrogation relative aux conditions de l’accès au savoir ; 3) sa réflexion éthique et politique. Chacune de ces parties est composée d’une présentation précédant un choix d’extraits jugés représentatifs, suivis de schémas aidant à visualiser la démarche argumentative de ces extraits.

Michel Delattre a enseigné la philosophie tour à tour en terminale et en classes préparatoires scientifiques, en Instituts de formation des enseignants et à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

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Marie-Odile Peyroux-Sissoko, Julien Padovani (dir.) : La légitimité du juge

LGDJ - Octobre 2026

 

La place croissante du juge au sein des institutions françaises, qu'il s'agisse du juge constitutionnel, du juge judiciaire, du juge administratif, mais aussi à l'étranger et au niveau international, suscite un certain nombre d'interrogations quant à sa légitimité.
Face au pouvoir politique, le "pouvoir juridictionnel" est désormais de plus en plus considéré comme un concurrent, susceptible de remettre en cause les grands équilibres de la séparation des pouvoirs et ressuscitant certaines controverses passées sur le bien-fondé de ce nouveau rôle, au sein des démocraties occidentales.
À travers ce mouvement, les tensions surgissent (ou resurgissent) entre les grandes valeurs des systèmes politiques libéraux - État de droit, démocratie, séparation des pouvoirs - interrogeant la nature libérale même de nos institutions. La critique en illégitimité du juge se fait alors de plus en plus pressante, y compris dans le débat public.
Le présent ouvrage, produit d'un projet de recherches pluriannuel, a pour ambition de saisir ces interrogations pour contribuer à la compréhension de ce qui fonde, aujourd'hui, la légitimité des juges et, le cas échéant, les causes de la critique en illégitimité.

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Communio 2026/4 N° 307 : La pudeur

Association Communio - Octobre 2026


L’impudeur contemporaine exige de mieux comprendre la pudeur, sans la réduire à un simple affect, à l’observance des normes sociales ou à la seule pudibonderie. La tradition philosophique comme la pensée chrétienne invitent au contraire à l’envisager comme une manière d’habiter et de penser le monde, non pour se protéger mais pour s’ouvrir à ce qui se donne.

Éditorial

Emmanuel Housset, « L’intelligence de la pudeur », p. 9-14

Thème

Martin Baudroux, « Image de soi et regard sur l’autre. Aidôs chez Platon », p. 15-26

Stanislas Vauzac, « Saint Paul ou Diogène ?. Usages et limite de l’impudence chez les Cyniques », p. 27-39

Pauline Rates, « Entre l’ange et la bête. L’homme révélé par le voile de la pudeur chez saint Augustin », p. 40-53

Jérôme Laurent, « La pudeur selon Vladimir Soloviev dans La Justification du bien (1898) », p. 54-58

Paulinus Ikechukwu Odozor, « La honte et l’infamie. Un discours africain », p. 59-68

Emmanuel Housset, « La veille de la pudeur », p. 69-81

Emmanuelle Hénin, « Qu’est-ce qu’une image impudique ?. Éléments de réponse dans l’Italie tridentine », p. 82-105

Signets

Jean-Robert Armogathe, Didier Laroque, « Antoni Gaudí, un architecte catholique », p. 107-116

Rémi Brague, « In memoriam. Hans Maier (1931-2026) », p. 117-118

Dominique Fernandez, « In memoriam. Irène Fernandez (1927-2026) », p. 119-120


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Ira Wells : On ne peut plus rien lire ! Ce que la censure fait à la démocratie

 Lux - Octobre 2026


La liberté de lire est en péril. En Amérique du Nord, mais aussi en Europe, on voit de plus en plus de livres frappés d’interdit, pour le bien-être de nos enfants. Des militants conservateurs font disparaître les romans de Toni Morrison ou Margaret Atwood sous prétexte qu’ils sont obscènes, mais surtout parce qu’ils rudoient l’ordre établi. Ailleurs, des fonctionnaires progressistes condamnent d’autres classiques parce qu’ils ne représentent pas l’expérience des élèves et la diversité.
Les combattants de la guerre culturelle d’aujourd’hui, qu’ils défendent la justice sociale et l’égalité ou qu’ils s’y opposent au nom d’une certaine tradition, ne voient la littérature que comme un outil au service de leur programme politique, et la lecture comme un risque de contamination. En partant de sa propre expérience d’élagueur de bibliothèque scolaire, Ira Wells retrace l’histoire millénaire de la censure et les plaidoyers en faveur de la liberté d’expression pour montrer que lire et publier sont des droits précieux. Ce livre se veut à la fois un cri de ralliement et un guide de résistance, pour préserver la possibilité de lire et de ne pas être d’accord.

Ira Wells est critique littéraire, essayiste et professeur agrégé au Victoria College de l’Université de Toronto, où il enseigne la littérature et les sciences humaines aux étudiants du programme Vic One, rattaché au Northrop Frye Centre. Ses articles ont été publiés dans The Atlantic, The Globe and Mail, The Guardian, The New Republic et de nombreux autres périodiques. Il vit à Toronto avec son épouse et ses enfants.

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lundi 19 octobre 2026

Souleymane Bachir Diagne : L'hospitalité. Affirmer l'humanité

 Autrement - Octobre 2026


« Ce livre poursuit la réflexion que je mène sur le dialogue des cultures car il présente l’hospitalité comme ouverture aux autres symbolisée par la main de bienvenue que l’on tend à l’étranger, une fois vaincue la peur de l’hostilité que l’on craint de le voir manifester. »

En croisant mythes et légendes, mais aussi contes orientaux, sénégalais ou britanniques, avec ses analyses de Derrida, Kant et Senghor, Souleymane Bachir Diagne nous propose une traversée philosophique et intime de l’une des notions les plus universelles. Il affirme que les politiques anti-empathie et les dispositifs d’inhospitalité vont à l’encontre de la nature humaine. Faire l’éloge de l’hospitalité, c’est célébrer le pluriel et l’égalité, c’est créer de la réciprocité, de la rencontre, c’est faire humanité ensemble.

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Razi : La Médecine spirituelle (rééd.) (édition par Rémi Brague)

 Flammarion - Septembre 2026 - GF


Razi, médecin et philosophe libre-penseur arabe du IXᵉ - Xᵉ siècle, est reconnu comme l'un des plus grands médecins du monde musulman. Ses écrits dans ce domaine sont très nombreux. En revanche, La Médecine spirituelle est l'une des rares œuvres du Razi philosophe qui nous soit parvenue intégralement. Traduite pour la première fois ici en français, elle n'est pas sans rappeler le Manuel d'Epictète : une succession de conseils qui forment comme un guide de la vie morale, destiné à libérer l'âme ; car l'âme est dans le corps pour faire l'expérience de ce que le monde a de mauvais et perdre l'envie d'y retourner…

Rémi Brague a été professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne et à la Ludwig-Maximiliän Universität (Munich). Il est membre de l'Institut (Sciences morales et politiques) et auteur de nombreux essais, dont Modérément moderne (Champs, 2016) et Sur la religion (Flammarion, 2018).

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Adriana Cavarero : Malgré Platon. Figures de femmes dans la philosophie antique

 Nous - Octobre 2026


Traduction de l’italien et postface de Marie Kondrat et Matilde Manara

Dans ce livre, qui frappe par la liberté de son style et l’originalité de sa méthode, Adriana Cavarero explore à nouveaux frais les rares figures de femmes de la culture grecque ancienne, de Homère à Platon. Ou plutôt, elle les dérobe, les « vole » — comme elle l’assume explicitement dans un geste irrévérencieux — pour en livrer une nouvelle interprétation. Ainsi, Pénélope, Déméter, la servante de Thrace et Diotime prennent ici une tout autre signification que celle que leur a attribuée la tradition patriarcale, et en particulier l’histoire de la philosophie occidentale. Adriana Cavarero propose dans ce livre une sorte de contre-histoire féministe de l’antiquité et aborde, dans un mélange étonnant d’exigence et de légèreté, des questions tout à fait actuelles – le corps, la naissance, la mort, le pouvoir, la place des femmes dans les savoirs masculins.

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