samedi 9 mai 2026

Critique, n°946 : Exposer la nature

 Minuit - Mai 2026


Des cabinets de curiosités et ménageries royales aux parcs zoologiques et réserves naturelles, l’exposition de la nature a connu de nombreuses formes. Si elle traduit une volonté d’éduquer et de divertir, elle est aussi une démonstration de pouvoir, par laquelle l’Autre, étrange ou étranger, se trouve exhibé, transformé en spectacle. Longtemps, les institutions de la nature exposée ont ainsi contribué à légitimer, de part et d’autre des barreaux, la séparation entre humains et non-humains. Devant la nature encagée, se renforçait par contraste le sentiment de la liberté humaine.
Aujourd’hui, les zoos modernes ont pour mission de simuler des espaces naturels et de sensibiliser aux extinctions et à la conservation des espèces menacées. De même, les musées anthropologiques réévaluent la frontière entre nature et culture, révélant la violence des collectes coloniales. Ce dossier met en lumière leur ambiguïté : entre héritages historiques débattus, émerveillement devant la diversité des vivants et urgence écologique.

Nélia DIAS : « Entre conservation et extinction. Collections vivantes, collection du vivant »
Anne LAFONT : « 1933. L’avifaune africaine et le musée colonial »
Aurélie DARBOURET : « Rencontrer les géants des mers, une enquête liquide et embarquée »
Frédéric KECK : « Quand les animaux s’exposent »
Guillaume BLANC : « De la terre, du pouvoir et des hommes »
Entretien avec Guillaume BLANC : « Parler de nature revient toujours à parler d'humains »
Pierre VINCLAIR : « Les possibilités du poème »
Laurent JENNY : « De la photographie à la post-photographie »
Jean-Loup BOURGET : « Les singuliers nocturnes de Wright of Derby »
Thierry HOQUET : « L.D.T. Le langage de Donald Trump »

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Jacques Derrida : La Chose. Séminaire (1975-1977), suivi de la 6e séance de Donner le temps II

 Seuil - Mai 2026


Entre 1975 et 1977, Jacques Derrida s’engage dans un séminaire énigmatique, voire obscur au premier abord, intitulé La Chose. Ce séminaire se révèle pourtant l’un des plus fascinants de son œuvre : il se situe au carrefour de plusieurs de ses textes les plus audacieux, La Dissémination, Glas, La Vérité en peinture et La Carte postale. Déjà, il mobilise la lecture des corpus philosophiques, littéraires et psychanalytiques que Derrida ne cessera d’approfondir dans les décennies suivantes. Chaque année d’enseignement est consacrée à une analyse à la fois parallèle et alternée où le philosophe fait se croiser l’œuvre de Heidegger avec celles de Ponge (1975), de Blanchot (1976) et de Freud (1977). La Chose permet ainsi de redécouvrir ces textes en montrant toute l’attention que le philosophe accorde à cette chose non humaine – un apport philosophique essentiel pour les grandes questions d’écologie, de matérialisme et d’éthique qui sont les nôtres aujourd’hui. Derrida avait un jour formulé le souhait de réunir ces séminaires et ses notes sur la thématique de « Donner le temps » (1977-1978). Ce vœu est maintenant exaucé en publiant dans ce volume la sixième séance inédite de Donner le temps II, où il soulignait le lien étroit reliant la chose et le don car, selon Derrida, « le don est peut-être l’affaire de la chose, la chose affaire du don ». Édition établie par Philippe Lynes.

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Christophe Premat : L’autonomie improbable. Fragilité et contingence d’une invention humaine

 Anibwe - Mai 2026


Qu’est-ce que l’autonomie dans un monde saturé de normes, de technologies et de récits qui prétendent orienter les existences ? Cet essai montre que l’autonomie n’est ni une simple indépendance individuelle ni un mot d’ordre managérial. Elle se déploie comme un travail de lucidité visant à reconnaître les multiples formes de dépendance, à comprendre la puissance des imaginaires sociaux et à affronter la fragilité des institutions qui rendent la liberté possible. En dialoguant avec Castoriadis, Hegel, Lévinas, Arendt ou Foucault, le livre explore la tension continue entre clôture psychique et ouverture au commun, entre désir de souveraineté et nécessité de co-instituer des règles collectives. L’autonomie apparaît ainsi comme une invention humaine improbable, constamment menacée, toujours à réactiver face à la pente hétéronomique des sociétés contemporaines, qu’elles soient bureaucratiques, technologiques ou idéologiques.

Christophe Premat est professeur en études culturelles à l’Université de Stockholm. Ses recherches portent sur la participation citoyenne, les théories de l’autonomie, les littératures francophones et autochtones du Québec, ainsi que sur les formes de visibilité et de résistance dans les espaces culturels minorés. À la croisée de la philosophie politique, de l’analyse des imaginaires et des études culturelles, son travail interroge les conditions contemporaines de la création collective et de la liberté.

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Jacques Derrida : La voix et le phénomène. Introduction au problème du signe dans la phénoménologie de Husserl

 PUF - Mai 2026 - Quadrige


Préface de Catherine Malabou

Publié en 1967, la même année que De la grammatologie et L’écriture et la différence, La voix et le phénomène est l'un des trois ouvrages fondateurs qui érigent le concept phare de la philosophie derridienne : la « déconstruction ».
Reprenant rigoureusement la théorie de Husserl de la voix intérieure comme lieu de la conscience, Derrida montre que le sens n'est en réalité jamais immédiatement présent à la conscience car il dépend toujours d'une forme de médiation. Il y a impossibilité d'une présence pure, la trace précédant le signe. On trouve dans cette œuvre les prémices du concept à venir de « différance ».

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vendredi 8 mai 2026

Eric Brian : Le Hasard ordinaire au fondement des sciences sociales et économiques

 Classiques Garnier - Mai 2026


Les imprévus sont la matière même du quotidien et de la littérature. L'ouvrage passe en revue la palette des conceptions savantes connues à propos du hasard, en identifiant celles d'entre elles qui perdurent aujourd'hui encore sous la forme d'idées reçues portées par tout et un chacun. Presque cent trente ans après la publication des ouvrages fondateurs d'Émile Durkheim, il importait donc de faire le point sur les prérequis des sciences sociales qui les ont prolongés. Ainsi équipé, il est possible d'exposer ce que pourrait être une sociologie où les aléas seraient générateurs des faits sociaux et proposer ainsi une sociologie générale fondée sur une épistémologie stochastique.

Éric Brian (1958-2025) était directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (Paris). Docteur en mathématiques appliquées et en histoire, il a été résident des Instituts d'études avancées d'Uppsala et de Berlin. Longtemps professeur invité à l'Institut de philosophie de l'université de Vienne, il dirigeait depuis 1995 la Revue de synthèse aujourd'hui publiée par Brill.

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Philippe Bey : Effleurer la Sensibilité. Vers une nouvelle monadologie

 L'Harmattan - Mai 2026


La question de Leibniz « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » ne relève pas d’une curiosité abstraite, elle interroge la nature même de la réalité. Après un siècle de remise en cause de la métaphysique classique, il n’est plus raisonnable de l’esquiver mais d’affirmer à nouveau quelque chose du réel.
Un mot suffit-il encore pour nommer l’être ? Ce livre propose une nouvelle réponse : le réel est fait de Sensibilités, des monades affranchies de « l’harmonie préétablie ». En quoi consistent-elles ? Il s’agit d’imaginer une ontologie ouverte à la pluralité, souple à l’intérieur et perméable aux courants de pensée déjà établis.
La métaphysique n’est plus à sauver, mais à risquer au nom du réel. Ce travail inaugure une philosophie de la Sensibilité en renouant avec la pensée monadologique. Elle prend racine chez Bergson, s’inspire entre autres de Whitehead et de Graham Harman afin de pousser le réalisme à son terme en soumettant une intuition intellectuelle à l’épreuve du réel.

Philippe Bey est philosophe et musicien. Son travail artistique se partage entre la réflexion philosophique et la création musicale (Metacelse).

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Maitre Eckhart : Aphorismes et légendes

 Rivages - Avril 2026


Ces fragments de Maître Eckhart témoignent de l'immense popularité de cette prestigieuse figure mystique de l'Occident chrétien, qui a subi en son temps l'opprobre d'un procès en hérésie, parce qu'il a voulu en savoir plus qu'il ne convenait. Même s'il comporte peut-être aussi quelques éléments apocryphes, on peut dire que l'attribution à Maître Eckhart est relativement certaine. Ces aphorismes sont suivis de quelques légendes attribuées à Maître Eckhart.

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Anita Izcovich : La psychanalyse. Nouveaux symptômes

 Stilus - Mai 2026


Nouveaux symptômes posent la question de la fonction actuelle de la psychanalyse et de son destin. Ce livre s’ouvre sur Le Séminaire à Caracas où Lacan rend compte de la création de son Ecole à Paris, en prenant appui sur les énigmes du tableau La vierge aux Tours de Bramantino reproduite que la première de couverture. Il s’agira alors de mettre en rapport ces énigmes avec les nouveaux concepts de la psychanalyse développés par Lacan à cette époque. C’est ce qui nous conduira à la fonction de la psychanalyse sur les nouveaux symptômes en relation avec l’avancée de la science dans ses différents versants : quelle est l’incidence de l’intelligence artificielle sur l’être humain ? Quels ont été les effets des laboratoires et du virus Covid 19 sur le sujet ? Quelle est l’incidence de la menace de la disparition de la planète dans l’écologie ? C’est avec cette marque du réel de la pulsion de mort que le sujet peut commencer une analyse comme nous le développerons dans des cas cliniques concernant les enfants et les adultes. Comment le sujet peut-il passer d’être l’entrepreneur de la science actuelle à l’entrepreneur de son désir inconscient ? Quel est le destin de la psychanalyse ?

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Camille Lacau St Guily : María Zambrano (1904-1991). Radiographie d'une âme et d'une pensée

 Champion - Mai 2026


Cette radiographie de l’âme et de la pensée de María Zambrano propose une forme de biographie intensive ou « auscultation spirituelle » (Henri Bergson) de la philosophe-poète espagnole. Camille Lacau St Guily place sa focale à l’intérieur du cœur et des entrailles de cette femme, en procédant par « inviscération ». Cette radiographie ne suit pas un déroulé chronologique linéaire de la vie de la philosophe. Elle vient prendre le pouls des expériences intérieures et intellectuelles majeures de son existence, agoniques ou aurorales, de sa naissance crépusculaire en 1904 à sa mort « debout ». On y découvre comment son univers philosophico-poétique s’enracine dans un sentir originaire traumatique, agonique et abandonnique, que María Zambrano rejoue ou sublime dans sa « Raison poétique ».

Camille Lacau St Guily, maîtresse de conférences (HDR) en Études Hispaniques à Sorbonne Université-Faculté de Lettres, est spécialiste de la pensée et l’histoire des idées espagnoles contemporaines. Autrice de nombreux articles portant sur cette période, elle a aussi publié deux ouvrages, l’un en 2013 sur l’Antigone zambranienne et l’autre en 2015 sur la réception d’Henri Bergson en Espagne.


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jeudi 7 mai 2026

Julien Claparède-Petitpierre : Bateson anthropologue. Théoriser l’interaction sociale

 ENS Lyon - Mai 2026


L'anthropologie moderne s’invente dans les années 1930 sous l’influence de penseurs comme Malinowski, Radcliffe-Brown ou Benedict. Au sein de ce champ théorique émergent tiraillé entre fonctionnalisme, structuralisme social et culturalisme, Gregory Bateson s’efforce de proposer une synthèse inédite de ces approches apparemment divergentes. Il entreprend alors dans Naven (1936) un travail d’épistémologie des sciences sociales de premier plan. Mais, loin de se contenter de faire la synthèse des méthodes anthropologiques de son temps, Bateson ouvre une voie originale et féconde, celle d’une approche interactionnelle – c’est-à-dire sémiotique et cognitive – des sciences sociales. Il contribue ainsi à l’exploration des virtualités encore non perçues de la sociologie durkheimienne tout en dessinant de façon précoce les linéaments des débats actuels portant sur l’interaction et la cognition sociales. L’œuvre de Bateson constitue ainsi un jalon décisif de l’histoire récente de l’anthropologie et des sciences sociales.En revenant sur l’apport théorique de l’entreprise batesonienne, ce livre entend permettre au lecteur intéressé par l’épistémologie des sciences sociales de mieux s’orienter dans les débats classiques comme dans les enjeux contemporains de l’anthropologie.

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Adrien Mangili (éd.) : Athéismes magiques. Enquête sur un impensé de l'histoire intellectuelle (XVIe-XVIIe s.)

 Droz - Mai 2026


En réexaminant les cadres historiographiques qui opposent rationalité et magie, Athéismes magiques se propose d’explorer une zone de pensée que la critique a longtemps tenue pour contradictoire. Les contributions réunies ici montrent comment, dans la première modernité, les savoirs occultes – de l’hermétisme à la magie naturelle – constituent des ressources épistémologiques nourrissant des positions sceptiques, naturalistes ou ouvertement irréligieuses, sinon athées.
D’Agrippa à Bruno, de Gaffarel à Vanini, de Naudé à Cyrano, le volume restitue la complexité d’une constellation intellectuelle où se nouent des articulations instables entre critique du religieux, imaginaire magique et expérimentations conceptuelles. En montrant comment certaines théories occultes peuvent devenir ressources critiques contre les orthodoxies religieuses, ce livre invite à repenser l’histoire de la libre pensée européenne.

Sommaire

Introduction. Adrien Mangili
I. Nicolas Correard, Spiritualisme magique et/ou scepticisme religieux. Quelle articulation chez Corneille Agrippa ?
II. Donato Verardi, Princeps Magorum, Aquila Atheorum. Corneille Agrippa dans l’œuvre de Giulio Cesare Vanini
III. Antonella Del Prete, Peut-on parler d’athéisme chez Giordano Bruno ? Univers infini et magie
IV. Lorenzo Bianchi, Libertinage érudit, naturalisme et magie naturelle. Le cas de Gabriel Naudé
V. Jean-Pierre Cavaillé, Magie naturelle des talismans et exclusion du « supernaturel ». Le cas des Curiositez inouyes de Jacques Gaffarel
VI. Adrien Mangili, Les pouvoirs magiques de la miraculeuse herbe balis. Entre incrédulité et irréligion
VII. Alain Mothu, Épicurisme et plantes magiques au XVIIe siècle. Incursions indiscrètes en pays sorcier
VIII. Nicole Gengoux, Athéisme et magie dans le Theophrastus redivivus et dans les romans de Cyrano de Bergerac
Contributeurs et contributrices

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Antonio Gramsci : Que faire face au fascisme ?

 Editions de la Variation - Mai 2026


Dans un article de 1923, Antonio Gramsci reprend la question lancée par Lénine : « Que faire ? » Dans les textes qui composent le présent volume — des articles écrits entre 1920 et 1923, accompagnés de trois extraits des Cahiers de prison, ainsi que d’une lettre de 1933 adressée à Tatiana Schucht — Gramsci analyse les transformations que connaît la société italienne : il ne cesse, sous diverses formes, de relancer cette question : « Que faire face au fascisme ? »
Cette question, nous la relançons à notre tour, aujourd’hui en donnant à lire les textes de Gramsci, un penseur dont l’œuvre est décisive pour comprendre les formes renouvelées d’autoritarisme qui caractérisent notre présent. Que faire face au fascisme ?, traduit de l’italien, annoté et postfacé par Manuel Esposito, est précédé d’une préface de Massimo Palma.

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Benjamin Lévy : Violence et culture. La vie sociale des pulsions

 Ithaque - Juin 2026


« Je soulignerai dans ce livre qu’à l’instar du chant ou de la danse, les usages brutaux et violents de la force relèvent de transmissions culturelles mobilisant des outils idoines connus sous le nom d’armes. L’humain présente sans nul doute un penchant à l’agressivité – dérivé d’exigences somatiques traduites par des pulsions – mais la violence s’épanouit dans la culture, tout comme les idéologies et les techniques de propagande. » BL

La culture, d’après Freud, ne saurait apporter que des bienfaits. Elle civilise les humains et améliore leurs conditions de vie, car elle leur permet de subjuguer la nature. Freud rejette la violence du côté de cette nature barbare qu’il localise au-dehors comme au-dedans : les « sauvages » sont tapis dans la jungle, mais ils sommeillent aussi au cœur de l’humain. Cette idéalisation de la culture par Freud, avec ses corrélats, ont longtemps paralysé le dialogue entre psychanalyse et sciences sociales. Certes nos tendances à l’agression dérivent de l’excitation pulsionnelle, mais la violence est un fait de culture. Des innovations techniques, ces outils nommés les armes, sont requises pour transformer notre agressivité en une force mise au service de projets violents et brutaux. Suivant des plans d’action concertés, la brutalité et la violence sont des pratiques socialisées. Depuis le harcèlement jusqu’au meurtre, et de l’exclusion jusqu’à la ségrégation, il est donc permis d’explorer les voies suivant lesquelles la culture métamorphose notre agressivité tant en une violente force dominatrice qu’en une brutalité collective qui déshumanise ses cibles pour les exclure et, parfois, les anéantir.

Benjamin Lévy est psychanalyste et psychologue clinicien. Il est l’auteur de l’Ère de la revendication (Flammarion, 2022) et de La Quérulence. Quand le droit et la psychiatrie se rencontrent (avec Sylvette Guillemard, Hermann, 2023).

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mercredi 6 mai 2026

Emmanuel Falque : Chemins de traverse. Entretiens avec Antoine Bellier

Desclée De Brouwer - Mai 2026


« Cancre glorieux », comme le fut Bernanos, Emmanuel Falque est devenu philosophe à la suite d'une rencontre qu'il qualifie de « spirituelle ». Penseur des frontières, il ne cesse d'aller et venir entre philosophie et théologie, convaincu que ces deux champs peuvent s'enrichir mutuellement, sans pour autant se confondre.
Cette pensée en mouvement se déploie ici sur le ton d'une conversation franche et amicale avec Antoine Bellier. Celle-ci prend parfois les armes d'un « combat amoureux », la quête jamais achevée d'un homme pour qui philosopher est une vocation en même temps qu'une responsabilité.
Les commencements, la conversion, les maîtres, l'enracinement spirituel, les grandes décisions et la transmission marquent les étapes qui jalonnent ces entretiens. D'abord vivre, et ensuite philosopher. Tel est le leitmotiv. C'est dans les ressorts de soi-même que l'on découvre la finitude, le chaos, la chair, l'animalité, le corps épandu, le hors phénomène - et Dieu même.
Une étonnante traversée.

Emmanuel Falque est professeur de philosophie, ancien doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, spécialiste de la philosophie médiévale et de la phénoménologie. Il est l'auteur de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues dont "Triduum philosophique" ("Passeur de Gethsémani", "Métamorphose de la finitude", "Noces de l'agneau"), Cerf, 2015 ; "Hors phénomène. Essai aux confins de la phénoménalité", Hermann, 2021 ou encore "La chair de Dieu", Cerf, 2023.

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Nouveaux Cahiers Spinoza 2026, n 1 : Spinoza, perspectives nouvelles

 Classiques Garnier - Mai 2026


Sous la direction de Céline Hervet et Pascal Sévérac

Les Nouveaux Cahiers Spinoza sont une revue internationale annuelle consacrée à l’étude de la philosophie de Spinoza, créée en 2026 et éditée par les Éditions Classiques Garnier. Ils publient après expertise des dossiers thématiques et des articles sur la philosophie de Spinoza, son contexte et sa postérité.


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John Toland : Hypatie. Femme philosophe, victime du fanatisme religieux

 Hypatia Logoï - Mars 2026


Hypatie est aujourd’hui largement connue en raison de son assassinat par des religieux fanatiques. Mathématicienne, astronome et continuatrice de la philosophie néoplatonicienne, elle tint école dans le somptueux cadre d’Alexandrie, centre culturel majeur de la fin de l’Antiquité. Figure singulière dans l’histoire de la philosophie, car tolérante et ouverte à toutes confessions au moment de la christianisation à marche forcée de l’empire romain, car intellectuelle à une époque où les femmes n’ont guère voix au chapitre, elle reprend ici vie grâce au récit captivant de John Toland, philosophe et libre-penseur irlandais du début du siècle des Lumières. Cette œuvre, indisponible en français, méritait d’être rééditée, en mémoire à la philosophe et à son biographe.

Préface et traduction de Jérôme Correia

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Julie Talbot, Alexandre Klein : Le monde en Anthropocène

 PU de Montréal - Août 2026


L’Anthropocène désigne l’époque où l’être humain s’est imposé comme une force géologique à part entière, apte à remodeler durablement les dynamiques profondes de la Terre. Bien que la Commission internationale de stratigraphie ait refusé, en 2024, d’entériner officiellement le concept, dont les premières intuitions apparaissent au XIXe siècle, il s’est largement diffusé dans les sciences humaines et sociales. Ce concept prend appui sur un faisceau d’observations difficiles à ignorer – changements climatiques, extinction massive des espèces et pollution généralisée. Autant de signaux qui nous conduisent à repenser les récits collectifs liant nature et culture. Face aux limites de la notion d’Anthropocène, certains chercheurs proposent des cadres autres, tels le Capitalocène ou le Plantationocène, afin de mieux rendre compte des enjeux économiques, sociaux ou historiques inhérents à cette nouvelle époque. Malgré ces propositions concurrentes, l’Anthropocène demeure un outil critique puissant pour imaginer de nouvelles manières d’habiter le monde.

Alexandre Klein est professeur de philosophie au cégep André-Laurendeau.
Julie Talbot est professeure titulaire et directrice du Département de géographie de l’Université de Montréal.

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mardi 5 mai 2026

Patrice Guillamaud : Montaigne. Des cannibales

 Kimé - Mai 2026


« Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant, qu'à le manger mort, à déchirer par tourments et par gêne, un corps encore plein de sentiment... » Inspiré par l'Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, de Jean de Léry, la célèbre défense du cannibalisme par Montaigne concerne le peuple des Tupinamba du Brésil. Montaigne critique la notion de barbarie en tant qu'elle est toujours l'expression d'un point de vue ethnocentriste. Relève de la barbarie tout ce qui n'est pas de la culture à laquelle on appartient. Le barbare est toujours l'autre. C'est ainsi que manger le corps des ennemis, c'est manger à travers eux toute la lignée de leurs aïeux, c'est manger leur âme et tout ce qui fait leur être, leur passé et leur vie par-delà leur corps lui-même. Manger l'ennemi, c'est traverser son corps pour atteindre son esprit, et cela pour s'en repaître. Patrice Guillamaud tente de montrer, en se fondant sur l'eucharistie chrétienne, laquelle célèbre le fait même de manger Dieu à savoir le Christ incarné sous la forme du pain, que l'anthropophagie a une portée spirituelle. La défense du cannibalisme par l'humanisme de la Renaissance serait une anticipation de la déconstruction post-moderne et du wokisme comme déstabilisation des autorités culturelles et des acquis moraux de la civilisation occidentale.

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