mardi 24 mars 2026

Karl Marx : Les luttes de classes en France. 1848-1850

 Editions sociales - Mars 2026


Dans Les Luttes de classe en France, Karl Marx retrace les bouleversements politiques qui traversèrent la France entre 1848 et 1850. Loin de se limiter à un simple récit, il suit l'enjeu réel des luttes, qu'il met en lumière au cÅ“ur des affrontements sociaux et politiques. L'histoire ici en construction : Marx observe, analyse, participe. Ces articles témoignent d'une période intense, où il agit en théoricien et observateur engagé. Marx et Engels, marqués par ces révolutions, y trouvent matière à affiner leur compréhension des mécanismes historiques. Les Luttes de classe en France est un texte central pour saisir l'élaboration du matérialisme historique dans un moment de crise politique concrète.

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Laura Rizzerio : Le bien commun, utopie ou solution face aux crises contemporaines ?

PU de Namur - Mars 2026 - Passerelle 


La notion de « bien commun » est très ancienne. Elle se fonde sur l'importance accordée à la communauté en vue de l'accomplissement de l'individu. Il ne s’agit pas de chercher un bien unique pour tous, mais d’apprendre à être et à agir ensemble.
À l’heure où se multiplient les crises politique, économique et climatique, accentuant les divisions entre les peuples et renforçant la polarisation de nos sociétés, s’intéresser au « bien commun » n’est pas chose aisée. Que reste-t-il de « commun » lorsque la violence et les guerres poussent au repli sur soi, dans la quête d’une sécurité qui isole les individus et les prive des relations nécessaires à leur épanouissement ?
Dans un langage accessible, ce livre propose d’explorer cette notion de « bien commun », trop souvent oubliée. S’appuyant sur l’histoire de la pensée et l’évolution de cette conception ancienne ainsi que sur des exemples plus récents, l’auteure montre qu’y revenir n’est pas forcément une utopie, mais une possibilité concrète d’inventer de nouveaux modes d’organisation pour nos sociétés en crise.

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Cédric Moreau de Bellaing : Face-à-face. Maintien de l’ordre et démocratie

 PUF - Mars 2026


La police est-elle plus violente qu’avant ?
La question, omniprésente dans le débat public, semble simple. Elle engage pourtant une réflexion complexe sur l’évolution de nos sociétés, de leurs conflits, et de leurs institutions d’ordre.
À partir d’une vaste enquête de sociologie historique et de sociologie de la connaissance, cet ouvrage explore les ressorts de cette interrogation brûlante. Il propose d’examiner ce qui a changé dans les manières d’encadrer la contestation, de gouverner la rue, et de définir les frontières du « désordre ».
En reconstituant la généalogie de ces transformations, des doctrines aux pratiques, des réformes institutionnelles aux perceptions publiques, des diagnostics scientifiques aux indignations politiques, l’auteur met en évidence un paradoxe : les mêmes processus qui ont, un temps, contribué à la pacification relative du maintien de l’ordre viennent, aujourd’hui, en raviver la conflictualité.
Cet ouvrage invite ainsi à repenser le maintien de l’ordre comme un miroir de la démocratie : un lieu où se redessinent, sous nos yeux, les limites de ce que nous jugeons collectivement acceptable.

Cédric Moreau de Bellaing est maître de conférences HDR en sociologie à l'Ecole normale supérieure - PSL et chercheur au LIER-FYT (EHESS/CNRS). Il a notamment codirigé Sociologie politique de Norbert Elias (Editions de (l'EHESS, 2022).

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Clément Bosqué : Prendre soin de penser, opuscule sur la vertu en management

 Champ social - Mars 2026


Et si “prendre soin” commençait par penser ? On parle beaucoup de bientraitance, de changement, de collectif – des évidences, des mots sacrés, brandis en étendard dans nos organisations. Sait-on encore ce qu’ils veulent dire ? Cet ouvrage s’adresse à celles et ceux qui pressentent qu’il y a, derrière ces termes rassurants, des réalités plus rugueuses. Car la bientraitance n’est pas qu’une posture , le changement, pas qu’un projet , le collectif, pas qu’un mot d’ordre : chacun engage une épreuve, une tension, un risque. En philosophe du travail, l’auteur propose de reprendre soin de penser – de déplier ce qui, derrière le vocabulaire convenu, touche au coeur même de l’agir. On explore ici les vertus managériales : discernement, courage, tenue – ces forces d’âme modestes et tenaces qui permettent de tenir son rôle. Penser peut-il devenir un acte de soin ? Diriger suppose-t-il de se laisser déplacer ? Et si l’éthique, au-delà des slogans idéalisés, prenait corps dans la manière d’habiter une fonction, de cheminer, de faire équipe ? À travers les figures antiques, les paradoxes modernes et les illusions managériales, Prendre soin de penser peint la vertu en exercice, à l’épreuve – exigeante et vivante. Un opuscule incisif, philosophique et concret, pour celles et ceux qui dirigent, accompagnent, soignent – et refusent de réduire l’éthique à une case du tableau de bord.

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Christian Jouhaud : Voir le passé. Savoir historique et expériences de la vision

 Champ Vallon - Mars 2026


La machine à voir le temps existe-t-elle ? Certes avec les yeux on ne peut voir du passé que des traces qui ont traversé le temps (textes, images, ruines). Pourtant il n’y a pas de frontière étanche entre les images mentales produites par l’expérience de voir et celle de croire voir ou de penser voir. C’est pourquoi ce livre croise des manières de voir vécues dans le passé avec des expériences de vision de ce passé vécues par l’historien. À cette fin, cinq chapitres cheminent d’une collection d’histoires de voir (du XVe au XXe siècle) vers l’acte de faire voir pour persuader, puis, à travers une série de désarrois en face de ce qui est vu, vers la rencontre de scènes indésirables, pour finir avec la découverte de l’invisible dans des récits ou des images ayant pour objectif de faire voir.

Christian Jouhaud, historien directeur de recherche émérite au CNRS, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, a fondé avec Alain Viala le GRIHL (Groupe de recherches Interdisciplinaires sur l’Histoire du Littéraire) à l’origine de nombreuses publications. Il a été professeur invité aux Université Cornell, Johns Hopkins, Berkeley. Ses recherches ont porté principalement sur l’histoire et l’historiographie du XVIIe siècle.

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Georg Simmel : Écrits sur Rodin

 Circé - Décembre 2025


Georg Simmel (1858-1918) était un philosophe et sociologue très attentif à l'art de son temps. La sculpture de Rodin l'a particulièrement inspiré. Il publia dès 1902 une première étude (avant même celle de Rilke) et reprit régulièrement la question jusqu'à la mort de Rodin en 1917. Le paradoxe de cet art était selon lui d'installer le mouvement, propre à la modernité telle qu'il l'avait analysée par sa Philosophie de l'argent, dans l'oeuvre plastique, la déportant constamment hors d'elle-même. La reprise et l'approfondissement de ses arguments signale l'enjeu que représentait Rodin à ses yeux. Elle participe de son élaboration d'une pensée de Part originale. Pour Rodin, Simmel était, tout simplement, le "penseur" ... Le volume rassemble la totalité des écrits consacrés par Simmel à Rodin, leur correspondance ainsi que divers compléments permettant de retracer l'histoire captivante de cet échange.

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lundi 23 mars 2026

Martha Schwendener : The Society of the Screen. Vilém Flusser’s Radical Prescience

The MIT Press - Mars 2026


How a lifelong engagement with experimental art informed the brilliant Czech-Brazilian philosopher Vilém Flusser’s early vision of a world dominated by glowing screens.
Predicting the importance of technology and images for the twenty-first century as early as the 1970s, Vilém Flusser warned, “the basic structure of our thinking is about to experience a mutation.” The bewitching images and screens that surround us could lead toward a centrally programmed, totalitarian society—or to another, better one characterized by dialogue and collaboration among humans and new forms of intelligence.
In this book on the idiosyncratic and prescient Czech-Brazilian philosopher, Martha Schwendener explores the profound effect of art on Flusser’s thought. The Society of the Screen reveals how Flusser’s lifelong engagement with experimental practices—from abstract painting and concrete poetry in Brazil to video, cybernetics, and photography in Europe and the United States—as well as his extensive involvement with the São Paulo Biennial informed his belief that we were moving from “history”—a civilization informed by linear writing—into “post-history,” dominated by technical images.
Schwendener documents the importance of Flusser’s correspondence and collaboration with artists like Mira Schendel, Fred Forest, Wen-Ying Tsai, Harun Farocki, Louis Bec, and Karl Gerstner for the evolution of his ideas.

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David Labreure, Annie Petit (dir.) : "Famille, Patrie, Humanité". Réorganisations socio-politiques au XIXe siècle

 Hermann - Mars 2026


"Famille, Patrie, Humanité" est une formule-devise du positivisme comtien. Or ces termes sont au centre des préoccupations de la plupart des réformateurs du XIXe siècle, soucieux de réorganiser le social et le politique à divers niveaux. La "famille", comme cadre intime et comme cellule sociale, transformée par l'industrialisation, est ébranlée. Par-delà les familles, les collectivités où elles s'inscrivent sont repensées. La "patrie", parfois identifiée, parfois opposée à la "nation" ou au "peuple", s'inscrit dans un contexte marqué par les bouleversements politiques et les guerres. Certains prêchent pour une philanthropie ou un cosmopolitisme qui dépasseraient toutes les patries. L' "humanité", quant à elle, oscille entre idéaux universalistes et contradictions historiques.

Contributeurs: Jacqueline Lalouette, Armelle Le Bras-Chopard, Julien Pasteur, Blaise Wilfert, Nathalie Brémand, Anne Verjus, Eric Saunier, Pierre Musso, Laurent Fedi, Annie Petit, Maurice Gasnier, Gilles Candar.

David Labreure est directeur du musée et des archives de la Maison d’Auguste Comte.
Annie Petit, professeur émérite de philosophie à l’université de Montpellier, a publié sur l’histoire de la philosophie, la philosophie et l’histoire des sciences et l’histoire des idées au xixe siècle. Elle a publié notamment Le Système d’Auguste Comte. De la science à la religion par la philosophie, Paris, Vrin, 2016.

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Samuel Scheffler : Pourquoi se soucier des générations futures ?

 Eliott - Mars 2026


Pourquoi faudrait-il que nous nous préoccupions – parfois au détriment de notre propre bien-être – des effets du changement climatique ? À cette question, la réponse la plus courante est que nous avons des raisons morales de nous soucier de nos descendants comme nous en avons à l’égard de nos proches, ou encore de celles et ceux qui vivent à l’autre bout de la planète. Le problème, souligne Samuel Scheffler, est qu’à moins d’être des héros moraux, ces raisons ont peu de chances de nous conduire à agir pour le bien des générations futures. Heureusement, montre-t-il, nous avons bien d’autres raisons de le faire. Et elles ont, quant à elles, le pouvoir de nous motiver à prendre – enfin – les mesures politiques qu’appellent les menaces particulièrement graves qui pèsent sur celles et ceux qui viendront après nous.

Samuel Scheffler est professeur de philosophie morale et politique à l’université de New York. Philosophe unanimement reconnu, il est l’auteur de sept ouvrages et de plusieurs dizaines d’articles portant sur des sujets aussi divers que la tolérance, l’égalité, le cosmopolitisme ou la portée morale des relations personnelles. Pourquoi se soucier des générations futures ? est son dernier ouvrage et le premier traduit en français.

Traduit de l'anglais et préfacé par Benoit Gaultier

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Simone de Beauvoir : Le Deuxième Sexe

 Gallimard - Mars 2026 - La Pléiade


Il est rare qu'un livre change la face des choses. Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir l'a fait. C'était en 1949, et son ferment continue d'agir. On ne peut créer un tel bouleversement sans susciter le scandale. Qu'ils soient de droite ou de gauche, libéraux progressistes ou communistes orthodoxes, athées ou religieux, qu'ils s'appellent Camus, Mauriac ou Nimier, les adversaires du Deuxième Sexe réagirent d'une seule voix au moment de sa publication. La condamnation fut confirmée par le Vatican, qui mit le livre à l'Index. Par-delà ces réactions immédiates, quel est le véritable objet du scandale ? Beauvoir sape les fondements d'un ordre ancestral, en contestant la domination dans laquelle les femmes sont maintenues par les hommes, que ce soit par le mariage ou par la maternité. Elle bat en brèche l'existence d'un instinct maternel, de même qu'elle aborde frontalement des thèmes alors tabous, comme la sexualité féminine. Elle anéantit en outre l'idée d'un Éternel féminin, qui servit, au cours des siècles, à figer les femmes dans un mythe ennemi de leur liberté. À l'origine du livre : le désir d'écrire sur elle-même éprouvé par Beauvoir durant l'été de 1946. À l'arrivée : un monument inédit dans sa composition et son propos, et dont la portée philosophique est considérable. Il s'agit d'étudier l'oppression subie par les femmes tout en tenant compte du caractère absolu de leur liberté, et cela, dans la perspective de leur émancipation. Pour ce faire, Beauvoir a rassemblé une immense documentation. Histoire, biologie, physiologie, psychanalyse, sociologie, anthropologie... aucun champ intellectuel n'est laissé de côté, ce qui fait du Deuxième Sexe un essai organique aux foyers multiples. Quant à la littérature, la romancière (et future mémorialiste) lui accorde une place privilégiée : depuis Montherlant, auquel elle assène des coups féroces, jusqu'à Stendhal, chez qui elle discerne un admirable féminisme, en passant par Claudel, qui l'accompagne depuis ses vingt ans. Les pages consacrées à "l'expérience vécue" sont nourries de très nombreux exemples tirés des oeuvres de Colette, Virginia Woolf, Edith Wharton, Katherine Mansfield, ou encore Carson McCullers. Le Deuxième Sexe propose une philosophie littéraire où, conformément au projet initial, sont sédimentés les souvenirs de Beauvoir. Ainsi le livre construit-il un universel singulier dont la maxime, empruntée à Érasme et détournée, continue de rayonner à travers les années : "On ne naît pas femme : on le devient."

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Simone de Beauvoir : Idéalisme moral et réalisme politique

 Gallimard - Mars 2026 - Folio essais


L’homme cherche toujours son intérêt », « La nature humaine ne changera jamais », « Loin des yeux, loin du cœur », « On n’est jamais si bien servi que par soi-même », « Tout nouveau, tout beau », « On n’est pas sur terre pour s’amuser »…
Ces lieux communs, ces partis pris, qui forment le fonds de la sagesse des nations, expriment une vision du monde incohérente, cynique et omniprésente qu’il convient de mettre en question.
C’est en son nom en effet qu’on a reproché à l’existentialisme d’offrir à l’homme une image de lui-même et de sa condition propre à le désespérer. Pour défendre cette philosophie, Simone de Beauvoir, de concert avec le Sartre de L’existentialisme est un humanisme, entend nous convaincre de renoncer aux consolations du mensonge et de la résignation pour mieux faire confiance à notre liberté.

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Joseph Andras : La vie bonne. Notre socialisme

 Divergences - Mars 2026


Nous savons tout. Et dénoncer, nous savons plus que tout. Reste à bâtir l'âge de l'égalité. Un mot, pour ce faire, habite la Terre depuis bientôt deux siècles : « socialisme ». Ça pourrait être un autre mot. Il se trouve simplement que les humains l'ont choisi pour dire ensemble la dignité, l'espoir et la libération. Car le socialisme bien compris n'est que ça, le rendez-vous de tous les rêves de justice. La possibilité de l'égalité totale, sans hiérarchie ni priorités. Le siècle dernier a défiguré ce mot. Mais un mot ça se remet droit. Depuis dix ans il vit au coeur des livres de Joseph Andras : l'écrivain revisite à présent la célèbre devise « socialisme ou barbarie », sur fond, cette fois, de guerre écocidaire. Une autre façon d'affirmer la vie bonne pour le plus grand nombre.

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vendredi 20 mars 2026

Yvon Quiniou : La subjectivité vivante de l'art

 Le Temps des cerises - Mars 2026


Dans ce livre, Yvon Quiniou poursuit une réflexion sur l'art engagée dans L'art et la vie - L'illusion esthétique. La thèse de l'auteur affirme, et montre d'une manière précise, qu'une oeuvre d'art ne répond pas seulement à un souci de forme, comme une tendance formaliste tend à nous le faire croire, mais qu'elle s'enracine d'abord dans la subjectivité intime de son créateur - qui n'est pas seulement un technicien de l'art - dans laquelle il s'exprime affectivement. Du coup, elle touche aussi la subjectivité, non identique mais équivalente, de l'amateur. Le livre le confirme par une longue analyse de ce que l'auteur a éprouvé personnellement au contact de plusieurs chefs d'oeuvre dans différents registres esthétiques, dont la littérature, la musique ou le cinéma : une oeuvre d'art est bien expressive de la vie humaine !

Yvon Quiniou, agrégé et docteur en philosophie (thèse sur Nietzsche), a écrit de nombreux ouvrages inspirés par le matérialisme de Marx et collaboré à de nombreuses revues sur cette base comme Actuel Marx et La Pensée ainsi qu'à divers médias : journaux, radio et même télévision. Mais sa réflexion s'est élargie à la morale et à l'anthropologie, jusqu'à aborder l'art dans une perspective anti-formaliste car son intention, ici aussi, est de subvertir les illusions que la pensée contemporaine nourrit. Il se veut émancipateur dans tous les domaines.

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Thibaut Dauphin : Les républiques des Lumières, de la Corse à l’Amérique française

 Le Bord de l'eau - Mars 2026


Et si la Corse de Pasquale Paoli, oubliée des grandes révolutions modernes, avait pourtant influencé des luttes d’émancipation bien au-delà de la Méditerranée ? Et si son héritier paradoxal, Napoléon Bonaparte, avait contribué à diffuser cette pensée politique insulaire de manière indirecte, jusqu’au Canada français et à l’Amérique latine ?
C’est le pari audacieux de cet ouvrage, qui propose une lecture inédite du paolisme comme matrice d’un républicanisme éclairé et transatlantique.
Loin de l’opposition classique entre le démocrate Paoli et l’autocrate Bonaparte, le livre met en évidence leurs convergences idéologiques : souveraineté populaire, pédagogie civique, tolérance religieuse, usage stratégique de la propagande, culte de l’ordre éclairé. Ces traits se retrouvent chez des figures clés du républicanisme du Nouveau Monde comme le canadien Louis-Joseph Papineau et incarnent, chacun à leur manière, une déclinaison du républicanisme corse adaptée à leur contexte colonial ou postcolonial. À travers une analyse comparative fondée sur des sources premières – discours, correspondances, textes constitutionnels –, l’auteur suit les circulations d’idées de Corte à Montréal, en passant par Paris.
En replaçant la Corse au cœur des révolutions atlantiques, ce livre comble un vide historiographique. Il éclaire une généalogie politique insoupçonnée et rappelle que certaines idées, venues d’une petite île, peuvent avoir une destinée continentale.

Thibaut Dauphin est docteur en science politique, chercheur associé à l’université de Bordeaux et à l’université de Corse. Spécialiste des idées politiques et en particulier des Lumières, il consacre ses travaux aux questions de souveraineté, de république, de révolution et de laïcité, en reliant la pensée moderne aux enjeux contemporains.

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Pierre Cassou-Noguès : Trait de côte. Voyage philosophique en bord de mer

 Philosophie magazine - Mars 2026


« Tandis que je préparais mon voyage de Biarritz à Ostende, j’imaginais l’avenir sombre comme la fumée d’un feu de forêt. J’en sais maintenant plus sur ces menaces. J’ai visité des lieux qui s’érodent, se défont et qui vont disparaître, pourtant je suis rentré avec une sorte d’optimisme. Un optimisme paradoxal. »Pierre Cassou-Noguès est professeur de philosophie à l’université Paris-8 et membre de l’Institut universitaire de France.
Auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Démons de Gödel (Points, 2015), La Mélodie du tic-tac (Flammarion, 2013) et La Bienveillance des machines (Seuil, 2022), il est aussi cycliste, amoureux de la mer et observateur passionné du quotidien. Il a parcouru le littoral atlantique à vélo, attentif à l’étrangeté des lieux et aux mutations déjà à l’œuvre. Ce livre propose le récit philosophique de cette expérience vécue.

Pierre Cassou-Noguès est professeur de philosophie à l'université Paris-8 et membre de l'Institut universitaire de France. Auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Démons de Gödel (Points, 2015), La Mélodie du tic-tac (Flammarion, 2013) et La Bienveillance des machines (Seuil, 2022), il est aussi cycliste, amoureux de la mer et observateur passionné du quotidien. Il a parcouru le littoral atlantique à vélo, attentif à l'étrangeté des lieux et aux mutations déjà à l'oeuvre. Ce livre propose le récit philosophique de cette expérience vécue.

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Maria Kakogianni : Sous le ciel étoilé, une nuit d'été. Réflexions sur l'anarchie et la révolution

 Lundi matin - Mars 2026


Aujourd'hui, le ciel étoilé est un espace en voie de disparition. La violence sans nom, les douleurs au dos, la dévastation des milieux, à plus d'un égard, la situation semble dés-astreuse. La modernité est priée d'atterrir, les Lumières s'obscurcissent. Mais qui a tué l'universel ? Pourquoi la gauche semble si fatiguée ? Un roman de science-fiction d'O. Butler rencontre Heidegger et son fascisme ordinaire, Kant discute avec Blanqui, Platon pratique le taï-chi pendant que le roi Œdipe a un oeil de trop. Livre politique, de poésie, de philosophie, Sous le ciel étoilé une nuit d'été est surtout un livre des mélanges pour un espace révolutionnaire et d'une anarchie positive et régulière.

Maria Kakogianni est philosophe et travailleuse du texte.

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Philippe Descola, Bruno Karsenti (dir.) : Bruno Latour ou l'art d'assembler

 Presses de Science po - Mars 2026


Depuis que Bruno Latour nous a quittés le 9 octobre 2022, de nombreux hommages lui ont été rendus. Cet ouvrage s'inscrit dans ce large mouvement de sympathie, qui offre à celles et à ceux qui ont eu le privilège de le connaître, mais aussi à celles et à ceux qui ne pourront le fréquenter que par les textes, les images et le verbe, le bonheur de côtoyer une pensée puissante et virevoltante, spirituelle et pragmatique, savante et originale, inquiète et joyeuse.
Les auteurs, philosophes, sociologues, anthropologues, historiens, artistes, juristes, politistes, archivistes voulaient un lieu de mémoire où l'on embrasserait aussi largement que possible la pensée de Bruno Latour, savant mondialement reconnu et chercheur d'une rare fécondité, mais aussi et avant tout explorateur, créateur, bâtisseur, professeur charismatique et parfois même bateleur, qui n’eut de cesse de déplier et d’augmenter sa pensée par-delà les canaux académiques ordinaires à travers des projets, des objets, des actions et des structures originales.

Sommaire

Laurence Bertrand Dorléac
Avant- propos

Philippe Descola
Introduction – Comment faire rentrer la nature en politique sans jamais la nommer

Patrice Maniglier
Philosopher (d')après Latour

Luc Boltanski
Le social, un imbroglio ?

Cyril Lemieux
Une longueur d'avance

Arnaud Esquerre
La sociologie très xxie siècle de Bruno Latour

Didier Debaise
L'empirisme métaphysique de Bruno Latour

Romain Bertrand
L’ambassadeur du monde muet

Anne Lafont
Le faitiche de Bruno Latour : ouvroir de l’histoire de l’art ?

Pierre Lemonnier
« À chacun son problème, à chacun son affaire »
Quand le basic tool kit apaise les controverses non techniques

Sandrine Revet
Atterrir avec Bruno Latour sur le fleuve Atrato en Colombie

Stephen Muecke
Cosmopolitisme autochtone et changement climatique

Eduardo Viveiros de Castro
Quatre cadeaux de la part de Bruno

Frédéric Audren
Les circuits fragiles du droit Bruno Latour et l’écologie des pratiques juridiques

Jean-Paul Demoule
Bruno Latour et l’archéologie

Pablo Jensen
Bruno Latour, le physicien et les atomes

Antoine Hennion
Des choses en train de se faire…

Hans-Jörg Rheinberger
Irréductions

Stéphane Van Damme
L’Espoir de Pandore et les historiens des sciences

Guillaume Lachenal
Allo Latour

Grégory Quenet
Pour des sciences terriennes

Sylvain Parasie
Le médialab et l’héritage de Bruno Latour

Noortje Marres
Le point de vue non humain
De l’impossibilité d’une coexistence avec l’IA

Tim Lenton
J’ai quand même écrit le livre

Alexandra Arènes
L’acteur- réseau, créateur de collectifs

Martin Guinard
Des expositions de pensées

Adam Lowe
Conversations avec des images et des artéfacts
Mêler culture, nature, science et technologie

Jean-Michel Frodon
Assemblages sensibles : des formes qui pensent

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
La conversation continue…

Déborah Bucchi
À propos de ce verbe, écologiser

Jérôme Gaillardet
La Terre est mal traitée

Frédérique Aït-Touati
Penser par figures
Sur l’apparition de quelques êtres de fiction dans la philosophie de Bruno Latour

Joseph Leo Koerner
La Mer de glace

Verónica Calvo Valenzuela
Vers une anthropologie de la zone critique

Estelle Zhong Mengual
Comment ne pas (dés)animer le monde vivant dans les oeuvres ?

Nikolaj Schultz
Trois points de notre Mémo

Serge Gutwirth
Bruno Latour, le droit, l’intrusion de Gaïa et la résurgence des communs

Horatia Muir Watt
Que faire ? IUS/FIC/MET… Rêve !

Sébastien Dutreuil
Que peuvent faire les science studies et la critique dans le nouveau régime climatique ?

Delphine Gardey
Peupler les mondes, soutenir et pluraliser les parlements

John Tresch
L’oeuvre inachevée de Bruno Latour
Le compositionnisme, ou la science sans la nature

Clive Hamilton
Nos désaccords politiques

Pierre Charbonnier
Sortir des ruines
Bruno Latour et le nouveau basculement du monde

Frédéric Louzeau
La ligne de front

Frédéric Ramel
Une chaconne pour le nouveau régime climatique

Sabine Chalvon-Demersay
« Ils m’ont appelé l’Obscur, mais mon propos était de mer »
À propos du chapitre « Divination du poème de Saint-John Perse »

Pierre Montebello
Le concept de nature et l’attachement à la Terre

Denis Laborde
De l’apologue de Tarkovski à la Passion de Bach, le son de la Terre

Émilie Hache
Exégèse et salut des terrestres

Frédéric Gros
Pensée chrétienne et appropriation écologique

Vinciane Despret
Bruno Latour, chercheur terrestre

Grégory Delaplace
Apparitions, métamorphose, reproduction
Bruno Latour et les morts

Nastassja Martin
De très grands vents

Collectif – Maryasha Barbé, Guillaume Caër, Thierry Claerr, Odile Gaultier-Voituriez, Stéphanie Grayot-Dirx, Hervé Marchal, Yann Potin, Émilie Rouilly et Martine Sin Blima-Barru
Assembler et associer les traces
Les archives et bibliothèques de Bruno Latour

Bruno Karsenti
Conclusion – Singulatim et omnes

Ólafur Elíasson
Enchevêtrements plus qu’humains

Liste des sigles et des modes
À propos de Bruno Latour


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Renaud Larsen, Jacques Steiwer : De la Souveraineté

 Samsa - Mars 2026


La Souveraineté des États et des citoyens, interroge l’un des concepts les plus anciens de la philosophie politique à la lumière des défis les plus récents¯: l’intelligence artificielle, la souveraineté numérique et la maîtrise des données. De Bodin à Rousseau, de Hobbes à Marx, Jacques Steiwer et Renaud Larsen retracent les métamorphoses de la souveraineté : pouvoir absolu, volonté générale, contrat social ou dictature du prolétariat. Mais leur réflexion se déplace aussi vers notre présent, où les algorithmes, les infrastructures en nuage, la dépendance aux plateformes et la circulation mondiale des données redessinent les contours de l’autorité politique. À qui appartiennent nos données ? Une démocratie peut-elle subsister si ses réseaux de communication, ses outils de décision ou sa défense reposent sur des technologies contrôlées par d’autres puissances ? L’intelligence artificielle, en automatisant l’évaluation, la surveillance et la prédiction, crée-t-elle une nouvelle forme de souveraineté, extra-étatique et potentiellement hégémonique ? En articulant rigueur philosophique, analyse historique et expertise technologique, cet essai éclaire la souveraineté comme enjeu nodal du xxie siècle : entre héritage théorique et reconfiguration numérique, entre autonomie des peuples et empire des algorithmes.

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