mardi 3 février 2026

Quarto n° 141 : Les amours douloureuses

 Quarto - Décembre 2025


Il y a d’abord la rencontre contingente, insensée, voire miraculeuse, puisqu’elle réunit deux disparates, une femme et un homme, que rien ne destinait à se trouver. Il y avait même là une impossibilité, précise-t-il, sous les espèces d’un ne cesse pas de ne pas s’écrire. La rencontre surmonte cette impossibilité pendant un temps en donnant aux amants l’illusion que le rapport sexuel cesse de ne pas s’écrire. C’est un temps de suspension, de mirage pendant lequel le soleil brille si haut dans le ciel qu’il leur donne une impression d’éternité – justifiant au passage ce dont Balzac fit une espèce d’adage : « Toute passion qui ne se croit pas éternelle est hideuse. »
C’est ensuite que commence le temps des problèmes et de la douleur, parce qu’avec l’éternité, on tourne le dos au réel de l’amour en oubliant qu’il est enfant de bohème, soit fruit du hasard. Les amants entrent alors dans le registre de la nécessité où ils font de leur rencontre non plus un heureux accident, mais une affaire hautement justifiée par les moires de leurs symptômes. La rencontre qui aurait pu ne pas avoir lieu devient alors une nécessité écrite dans les astres – nous étions faits l’un pour l’autre. Cette nécessité se révèle chaque jour qui passe de plus en plus illusoire, les amants ne pouvant faire autrement que de suivre leur pente propre – il fait volontiers le fils tandis qu’elle rêve que son homme soit tellement le sien qu’elle le châtre joyeusement. Cette substitution de la nécessité à la contingence où la négation se déplace, le cesse de ne pas s’écrire devenant ne cesse pas de s’écrire, fait la destinée et le drame de l’amour, remarque Lacan.

Éditorial
Philippe Hellebois

L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller, La jouissance, nouveau concept

Les amours douloureuses

François Ansermet, L’amour est une forme de suicide
Jorge Assef, « Je vous aimais autrefois »
Patricia Bosquin-Caroz, Au-delà de la douleur
Marie-Hélène Brousse, La religieuse portugaise
Philippe Hellebois, L’extrême de l’érotisme féminin
France Jaigu, Une lecture de L’Ennemie d’Irène Némirovsky
Jérôme Lecaux, Werther ou l’amour de l’idéal
Nassia Linardou, Médée
Anne Lysy, Hadewijch
Lilia Mahjoub, Destinée et drame de l’amour
Franck Rollier, L’Histoire de l’œil de Bataille

Clinique

Pamela King, L’amour étouffe
Jacques-Alain Miller, Commentaires
Panagiotis Kosmopoulos, Douleurs d’amour en exil
Jacques-Alain Miller, Commentaires
Haris Raptis, Se dérober
Dominique Rudaz, Une poupée et ses petits maris
Catherine Starfa, Amour-peluche
Yuri Volnykh, Premier amour

Autisme

Katty Langelez-Stevens, Le cri et le silence
Éric Laurent, Retour sur la forclusion du S1
Lydie Lemercier-Gemptel, Du corps à la lettre
Discussion : Éric Laurent, Damien Guyonnet
Elsa Le Rohellec, L’Affinity Therapy de Dennis
Discussion : Éric Laurent, Damien Guyonnet

Thèse

Élise Etchamendy, Du langage au corps : un nouage sinthomatique dans l’autisme

Études

Boas Erez, Écritures mathématiques
Philippe Lacadée, L’acte ironique de Montaigne
Catherine Lacaze-Paule, Passions du produit
Virginie Leblanc-Roïc, Tout le monde est bipolaire !
Alfredo Zenoni, L’acte et le réel


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lundi 2 février 2026

Félicité Robert de Lamennais : De l'esclavage moderne

 Allia - Janvier 2026


"Qu’est aujourd’hui le prolétaire à l’égard du capitalisme ? Un instrument de travail. Affranchi par le droit actuel, légalement libre de sa personne, il n’est point, il est vrai, la propriété vendable, achetable de celui qui l’emploie. Mais cette liberté n’est que fictive. Le corps n’est point esclave mais la volonté l’est. Dira-t-on que ce soit une véritable volonté que celle qui n’a le choix qu’entre une mort affreuse, inévitable, et l’acceptation d’une loi imposée ? Les chaînes et les verges de l’esclave moderne, c’est la faim."
"Chez les anciennes nations, le peuple n’existait pas. Ce que nous appelons le peuple, c'étaient les esclaves." Nous sommes en 1839. La monarchie de Juillet est instaurée depuis 1830. Prétendant protéger les intérêts de la population d'un chaos qu'il a lui-même causé, le régime profite d’émeutes et de soulèvements pour mettre en place des lois répressives. La France est alors en pleine expansion économique, entre émergence du libéralisme et essor d’une industrialisation qui exacerbe les inégalités sociales.
Pour Lamennais, le constat est implacable. Esclave, serf, prolétaire... Après chaque révolution, c’est le même ordre qui se remet en place, celui de l’esclavage et de la domination, appelé à se métamorphoser au gré de l’Histoire et de ses soubresauts. C’est désormais l'État moderne qui s’en fait l’ordonnateur. Alors que l’égalité des droits semble une idée acquise, les faits sont bien différents : impunité pour les puissants, et intransigeance pour les pauvres, les mendiants et les vagabonds. À la différence que nul maître n’est plus responsable de l’esclave moderne. La loi et la peur de la faim ont remplacé ses chaînes.
Mais il n’est pas question de se résigner à l’injustice. Si l’Histoire est faite de cycles, alors la liberté doit être sans cesse reconquise.

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Friedrich Engels : Textes politiques (1883-1895)

 Editions sociales - Février 2026


Pour la première fois rassemblés en un seul volume, publiés dans une nouvelle traduction, ces textes de Friedrich Engels, rédigés entre 1883 et 1895, offrent un éclairage essentiel sur sa pensée après la mort de Marx. Articles, discours et préfaces donnent à voir les débats stratégiques et enjeux politiques de l’époque : parlementarisme, question paysanne, relations internationales, etc.
Le volume inclut des textes inédits en français et d’autres plus classiques (par ex. Le Rôle de la violence dans l’histoire). Cette édition critique, enrichie d’un appareil de notes, d’un index et d’une chronologie, montre un pan méconnu de l’œuvre d’Engels et le réaffirme comme un théoricien majeur du xixe.

Édition et traduction par Alexia Blin, Jérémie Daire, Yohann Douet, Guillaume Fondu, Clément Fradin, Martin Georges, Pierre Henri Lagedamon, Marion Leclair et Jean Quétier

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dimanche 1 février 2026

Marianne Fougère : L'anorexie, pathologie du capitalisme ?

 Textuel - Février 2026


À la croisée du récit intime et de l’essai politique, ce livre renouvelle radicalement notre compréhension de l’anorexie. Marianne Fougère y lit moins un trouble individuel qu’un symptôme du capitalisme, une désobéissance corporelle face aux injonctions à consommer, produire, performer. Dans une langue incarnée et nourrie de références littéraires et féministes, elle dévoile l’anorexique comme une figure paradoxale : à la fois victime et rebelle, corps en résistance qui interroge notre rapport au soin, au désir et à la société de l’abondance.

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Raffaele Carbone, Katia Genel (dir.) : Avant le crépuscule. Réinterroger Horkheimer et l'histoire de l'École de Francfort

 Classiques Garnier - Février 2026


Max Horkheimer est l'une des figures centrales de ce qu'on a appelé rétrospectivement l'École de Francfort. Directeur de l'Institut de recherche sociale dès les années 1930, il initia de grandes orientations théoriques, mena d'importantes enquêtes empiriques à Francfort et en exil, et engagea avec Theodor W. Adorno un travail au long cours articulant théorie de la connaissance et théorie de la société. Pourtant, il n'a pas reçu la postérité qu'il méritait. Cet ouvrage propose de redécouvrir l'ensemble de son oeuvre, des essais fondateurs aux textes moins connus (cours universitaires, notes privées, lettres, entretiens), qui éclairent sa vision de la société moderne, la généalogie qu'il en a tracée et les menaces qu'il y a discernées.

Raffaele Carbone est professeur associé au « Dipartimento di Studi Umanistici » de l'université Federico II de Naples, où il dirige le laboratoire « HUMANISE ». Auteur de quatre monographies et éditeur scientifiques de plusieurs volumes collectifs sur la philosophie moderne et sur la théorie critique, il a récemment codirigé l'ouvrage collectif Genealogie della modernità. Prospettive critiche (Naples, 2025).
Katia Genel est professeure au département de philosophie de l'université Paris - Nanterre. Ses recherches portent sur la théorie critique de l'École de Francfort, ses sources, son évolution, ses modèles contemporains. Elle a publié Autorité et émancipation. Horkheimer et la Théorie critique (Paris, 2013) et plus récemment L'Oubli du labeur. Arendt et les théories féministes du travail (Paris, 2025).

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Revue des Sciences Humaines, n° 360/octobre-décembre 2025 : Écrivains, écrivaines / sociologues

 Septentrion - Février 2026


La littérature contemporaine s'est ressaisie du réel, des questions sociales et problèmes de société. Le fait-elle en lien, ou en discussion, avec les travaux de sociologie ?
Le livre traite des relations entre littérature et sociologie. Il montre les nouvelles manières d'aborder les réalités sociales que les écrivains et metteurs en scène développent. Il montre aussi, à l’inverse, l’intérêt des sociologues pour la littérature et le rapprochement de ces deux disciplines longtemps séparées. Il est composé en 5 sections : Regards sociologiques ; institutions et habitats, Conflits et réalités sociales, Fonctionnements sociaux, périphéries et ruralités.

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Jaouad Serghini : Ecce corpus

 Effigi - Janvier 2026


Ecce corpus : « voici le corps », mais aussi « voilà le corpus ». Dans ces pages, le lecteur est invité à interroger les multiples valences du corps : corps mystique en quête d’absolu, corps féminin longtemps contraint puis libéré par l’écriture, corps social soumis aux normes et aux pouvoirs, mais aussi corps intime, traversé par le désir, la douleur et la jouissance. Réceptacle privilégié de l’imaginaire, le corps n’a guère cessé de susciter des interrogations, des questionnements, voire des peurs. La réflexion sur le corps, ce mutant invétéré imprévisible et incontrôlable, bien souvent non conforme aux standards de l’esthétique et violemment assujetti aux injonctions multiples et contradictoires de la beauté, révèle un foisonnement de mécanismes à la fois biologiques, psychologiques, culturels, sociaux et économiques qui régissent notre relation à lui. Une telle complexité ne peut se comprendre que dans le cadre d’une pensée pluridisciplinaire, seule garante d’une vision d’ensemble capable de rendre compte des différentes représentations (individuelles et collectives) liées au corps.

Table des matières

Préface
par Laure Lévêque

Introduction

Du corps mystique
Du roman au féminin
Du féminisme
Du corps et de l’écriture au féminin
Du corps violé et de sa fictionnalisation
Du corps à l’épreuve du feu
Du corps et de la transgression
Du corps racialisé
Du corps hybride
Du corps migrant
Du corps en transe
Du corps tatoué
Du corps et de la marge

Conclusion
Références bibliographiques


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Loredana Ruccella, Giuseppe Lovito (dir.) : (R)évolutions

 Effigi - Janvier 2026


Révolution est un mot épineux, un mot au fort pouvoir évocateur, aux couleurs politiques variées, un mot chargé de sens et de valeurs, parfois “vidé” avec insouciance par des usages banalisés, souvent ambigu, toujours fascinant.
Révolution est un mot captieux, un mot au trajet sémantique mouvementé, aux connotations contradictoires, un mot qui cache sous un faux air de parfaite intelligibilité un horizon conceptuel riche au point même de paraître parfois insaisissable et, précisément pour cela, capable de stimuler un profond questionnement autour du sens d’un terme qui, victime de son propre succès, se meut, depuis plusieurs siècles, dans un univers sémantique flou où la relation signifiant-référent n’est que le simple miroir d’une certaine forma mentis.
Témoin de significations plurielles et de visions différentes du monde, ce concept de révolution a été exploré par les auteurs de cet ouvrage – linguistes, historiens, historiens de l’art, sociologues, littéraires et philosophes – pour s’interroger, selon les axes et les méthodes de leurs disciplines, autour de la complexité qui caractérise cette riche notion et les sujets variés qu’elle évoque.
Dans ce cadre, cet ouvrage collectif se propose d’offrir au lecteur l’occasion de réfléchir, à travers des approches et dans des contextes différents, tantôt sur certains moments de rupture révolutionnaire, tantôt sur la valeur sémantique du concept de révolution. Nous espérons ainsi que ces pages puissent se révéler utiles pour la compréhension d’un phénomène dont les enjeux découlent de la manière dont il a été vécu, défini, représenté.

Table des matières

Introduction

Deborah De Rosa
Quand dire “révolution” ? Foucault et l’Iran

Laure Lévêque
La Révolution d’Edgar Quinet (1865) : retour sur l’orbite idéologique de la Révolution française ou comment sortir du cercle vicieux historiographique

Simone Visciola
Les “révolutionnaires vaincus” du Risorgimento : Mazzini et Pisacane dans la démarche historiographique de Nello Rosselli

Paolo Buchignani
Révolutions et totalitarismes. Une lecture du XXe siècle

Magali Guaresi
(R)évolutions du discours électoral des députées sous la Ve République : le non-événement de 1968

Loredana Ruccella
La construction de l’image révolutionnaire de la Ligue du Nord dans le discours de Umberto Bossi

Edoardo Tabasso
Géopolitiques de la communication et déséquilibres dynamiques dans la révolution Internet. Au-delà de l’antifragilité de l’Intelligence Artificielle

Marc Décimo
De Johann Joachim Winckelmann à Marcel Duchamp, vite : de quelques changements de paradigme

Giuseppe Lovito
L’Italie républicaine selon L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante entre évolution, révolution et involution

Ewa Tartakowsky
Traitement de la Shoah dans les programmes scolaires d’histoire en Pologne. Ruptures ou continuités ?


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Mara Goyet : La civilisation du commentaire. Portrait de la vie en glose

 Gallimard - Février 2026


Très déçu du péage de Saint-Arnoult : tel est l’un des 4 000 commentaires reçus par cette barrière d’autoroute sur Internet. Oui, 4 000… Ce foisonnement invite à réfléchir : pourquoi sommes-nous si nombreux à commenter la forme des dents d’une fourchette (trop carrées), une caverne néolithique (déçue par cette grotte) ou l’offre d’un restaurant (brochette de bœeuf très nerveuse) ? En quoi cette pratique modifie-t-elle notre rapport au monde et la place que nous tentons d’y occuper ? Sans rien dissimuler des aspects les plus sombres de ces gloses proliférantes, peut-on y voir aussi une démocratisation de l’écrit et une nouvelle étape de l’avancée vers l’égalité chère à Alexis de Tocqueville ( je l’adore, allez Alexis !!!) ?
Indéniablement, dans ces masses d’avis, au style aussi bancal que ciselé, touchant toutes les dimensions de l’existence, il y a quelque chose d’inédit et de passionnant, que cette enquête novatrice s’attache à explorer. Elle met ainsi en lumière les enseignements, la poésie, parfois l’absurde de cet espace numérique caractéristique de notre modernité.

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vendredi 30 janvier 2026

Thomas d'Aquin : Les lois. Loi éternelle, loi naturelle, lois humaines

 Pierre Tequi - Janvier 2026


Le bref traité des lois tiré de la Somme théologique est un chef-d'oeuvre dont la concision et la simplicité sur un thème aussi ardu impressionnent. Thomas d'Aquin offre les instruments conceptuels indispensables pour comprendre l'essence même de la loi, ses particularités, ses domaines d'application, son fondement, sa légalité. N'est-il pas urgent, à l'heure où la loi naturelle s'est laissée supplanter par un positivisme juridique désaxé de son fondement, de retrouver l'intelligibilité de la loi ? Comment imaginer une société de droit si on ne sait plus ce qu'est le droit ni la loi qui le traduit ? Cet ouvrage reprend le texte même du traité des lois de saint Thomas, tel qu'on le retrouve dans la seconde partie de la Somme théologique. La traduction est celle du père Jean de la Croix Kaelin, qui a aussi veillé à introduire chaque chapitre.

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Catherine Halpern (dir.) : Les grandes controverses philosophiques. De Platon à Judith Butler

 Sciences humaines - Janvier 2026


Parce que le débat est un outil de recherche mais aussi d'enseignement, il est important de comprendre et de connaître les grandes controverses qui font la philosophie.

Controverse, querelle, dispute, duel, débat, polémique, discussion, différend, lutte... Les mots pour dire les désaccords de la pensée sont innombrables. Chacun apporte sa nuance : un duel se fait à deux, la polémique est marquée par l'agressivité et aussi par une montée aux extrêmes, la discussion est plus posée, les querelles philosophiques ou littéraires (songeons à la querelle des universaux ou celles des Anciens et des Modernes) opposent souvent des écoles de pensée plus que des individus... La place des affects connote diversement ces termes. Si nous avons choisi de parler de controverses philosophiques, c'est précisément pour les tenir un peu à distance même s'ils sont bien présents y compris quand les philosophes débattent.
En philosophie, le choc des idées n'est pas une étape, le débat est perpétuel. Il fait même corps avec la discipline. Que ce soient avec leurs contemporains ou au contraire à des siècles de distance, les philosophes débattent. On pense avec, mais aussi contre, tout contre.
Le débat est un outil de recherche mais aussi d'enseignement. Aujourd'hui, le débat à visée philosophique s'enseigne dès la maternelle. Changeons donc de regard sur le conflit quand il est d'idées et songeons à Héraclite qui énonçait il y a plus de deux mille cinq cents ans déjà : " Ce qui est contraire est utile et c'est de ce qui est en lutte que naît la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. "

Catherine Halpern : Journaliste scientifique. Spécialiste des questions de société, elle a coordonné de nombreux dossiers du magazine Sciences Humaines et dirigé plusieurs ouvrages aux éditions Sciences Humaines.
Samuel Lacroix : Journaliste scientifique.
Avec les contributions de : Rémi Beau, Brigitte Boudon, Jean-François Dortier, François Dosse, Laurence Hansen-Love, Jean-Vincent Holeindre, Alain de Libera, Régis Meyran, Pauline Petit, Rossella Saetta Cottone, Fernando Santoro, Ariel Suhamy, Fabien Trécourt.

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Critique, n° 944 : Images insupportables

 Minuit - Janvier 2026


Des irradiés d’Hiroshima aux photographies du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau, des convulsions agitant un corps fantomatique à la frénésie sanguinaire des champs de bataille, nous vivons dans un monde qui paraît saturé d’images de toute nature, dont certaines nous sont « insupportables ». Cette catégorie – « l’insupportable » – est complexe, mouvante à travers l’histoire, et les images – dans les domaines artistiques et au-delà – en sont incontestablement un laboratoire d’observation privilégié.
Donnant la première place à l'histoire et à la théorie de l'art, cette livraison de Critique interroge nos seuils de tolérance et la responsabilité des artistes – de toutes celles et ceux qui manipulent les images insupportables. Au-delà du geste consistant à en jouer et à s’en saisir, il s’agit de refuser la facilité, l’essentialisation, l’univoque des images – et la fermeture du regard même.

Clélia ZERNIK : « Hiroshima spectraculaire »
Nathan RÉRA : « Le regard à l'épreuve »
Peter SZENDY : « Optographies du XXIe siècle »
Alexis ANNE-BRAUN : « Un art qui ne prend pas soin de nous »
Pauline LAFILLE : « Devant la bataille, l'insupportable talent »
Ralph DEKONINCK : « Esthétisation de la violence, violence de l’esthétisation »
Entretien avec Horacio CASSINELLI : « Au commencement était le prompt ! »

Stéphane HABER : « Des alliances contre nature ? Zoonoses et communautés de l’avenir »
Michel MURAT : « Dans une onde mauvaise à boire »

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Tzvetan Todorov : Frêle bonheur. Essai sur Rousseau

 Gallimard - Janvier 2026 - Folio essais


L’homme est bon à l’état de nature, c’est la société qui le corrompt. Telle est la grande idée de Rousseau. Et si l’homme était bon à l’état de nature, c’est parce qu’il était seul et solitaire. Ce qui le corrompt dans la société, c’est le regard des autres.
D’où cette impasse : l’état de nature est impossible (et peut-être n’a jamais existé), mais il serait préférable ; l’état de société est bien réel, mais il est décevant. Deux solutions s’offrent donc : soit devenir pleinement et uniquement citoyen, au risque de dénaturer l’homme – c’est la voie explorée dans Du contrat social ; soit devenir individu solitaire, au prix de la sociabilité – voie explorée dans Les Confessions et Les Rêveries. Or, Rousseau ne suggère-t-il pas luimême une voie médiane, notamment dans l’Émile ? une issue qui promettrait un « frêle bonheur », mais un bonheur tout de même ?
Avec une éblouissante hauteur de vue, Tzvetan Todorov livre ici une incomparable introduction à une œuvre protéiforme, mettant au jour sa grande cohérence et explicitant les réponses que Rousseau a apportées aux grands problèmes qui se posent à la condition humaine.

Né en 1939 à Sofia et décédé en 2017, critique littéraire, philosophe et historien des idées, Tzvetan Todorov est, avec Roland Barthes, l'un des représentants du structuralisme. Il est l'auteur de plus de trente livres, dont Théorie de la littérature, textes des formalistes russes (Le Seuil, 1965), Mémoire du mal, tentation du bien (Robert Laffont, 2000), Les Aventuriers de l'absolu (Robert Laffont, 2006) ou encore Le Triomphe de l'artiste (Flammarion, 2017). Il a reçu plusieurs prix pour l'ensemble de son oeuvre.

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Helena Taylor : Science in the Salon. Atoms and Animals in Madeleine de Scudéry’s 'Conversations' (1680–92)

OpenBooks Publishers - Janvier 2026


Madeleine de Scudéry (1607–1701) was a celebrated seventeenth-century novelist and essayist, yet her engagement with natural philosophy and the sciences has been largely overlooked. This volume presents the first English translation of 'The Story of Two Chameleons' (1688) and situates it within Scudéry’s broader scientific and philosophical writing. Beyond this seminal text, the book explores her reflections on atomism, natural history, and epistemology, revealing her critical engagement with cutting-edge theories of her time, including a challenge to the Cartesian ‘animal-machine’ hypothesis.
By translating and analyzing key sections from her multi-volume Conversations (1680–1692), including ‘On Uncertainty’, ‘The Story of Prince Ariamène’, which features Democritus, and ‘On Butterflies’, alongside selected manuscript material, this volume demonstrates how Scudéry’s interdisciplinary approach defied rigid intellectual boundaries, activating what Anne-Lise Rey terms ‘epistemic mobility.’ Her work offers a vital perspective on women’s contributions to the history of science and philosophy, and illuminates the ways in which marginalized voices engaged with and shaped knowledge production.
With a critical introduction and extensive commentary, this open access edition makes Scudéry’s work widely available to scholars and students in early modern studies, French literature, philosophy, animal studies, and the environmental humanities. It is a timely contribution to ongoing efforts to recover women’s intellectual history and reassess the intersections of literature, science, and philosophy in early modern Europe.

Helena Taylor is Associate Professor of French and Comparative Literature at the University of Exeter. Her research focuses on the intellectual and literary history of early modern France, particularly the seventeenth century: she is interested in cultures of learning, women's varied intellectual practices and their reception, classical reception, cultural quarrels, and translation studies. Her first book, The Lives of Ovid in Seventeenth-Century Culture (OUP, 2017) examines the reception of the life of the ancient Roman poet Ovid in 17th-century French culture. Her second book, Women Writing Antiquity: Gender and Learning in Early Modern France (OUP, 2024), was written thanks to a Leverhulme Early Career Fellowship, and was awarded an Honourable Mention in the Society for the Study of Early Modern Women and Gender Book Prize. She is the co-editor of Ovid in French: Reception by Women from the Renaissance to the Present (OUP, 2023); and Women and Querelles in Early Modern France (a special issue of Romanic Review, 2021). Helena is currently leading a five-year project, Cultures of Philosophy: Women Writing Knowledge in Early Modern Europe, originally awarded as a European Research Council Horizon Europe Starting Grant in the 2022 round (€1.5 million) and now funded by UK Research and Innovation (UKRI), under the UK government’s Horizon Europe funding guarantee [grant number EP/Y006372/1].



Charlotte Casiraghi : La fêlure

 Julliard - Janvier 2026


En chacun de nous une fêlure passe, elle menace l'ensemble, l'organise, elle est notre chance et notre péril le plus haut. C'est sur cette conviction que j'ai conçu ce livre, comme une enquête vivante, littéraire, incarnée, sur les petites et les grandes tragédies de notre sort partagé, et qui sont sans doute le lieu à partir duquel nous pensons et aimons avec la plus grande intensité. C'est aussi le lieu où nous risquons de casser, de nous détruire, de perdre, d'abîmer les autres, de nous gâcher mais où nous sommes capables de déplacer notre identité et de réinventer notre existence. Il y a des effondrements visibles et spectaculaires, et des craquelures minuscules en surface, dont on ne prend conscience qu'après, une fois qu'on est brisé.
Ce livre n'est pas un traité, ni un récit, encore moins une confession. Il faudrait plutôt le voir comme une traversée, une série de variations sur un même thème, à partir d'une célèbre nouvelle de Fitzgerald et à travers les œuvres des écrivaines Ingeborg Bachmann, Colette ou Marguerite Duras, de la poétesse Anna Akhmatova, du navigateur Bernard Moitessier ou du chanteur J. J. Cale, et bien d'autres. La chanson de nos vies où se rejoue sans cesse une idée fixe : quelque chose de nous est cassé ; tant mieux.

Charlotte Casiraghi, Master en philosophie, est présidente des Rencontres philosophiques de Monaco. Elle a co-écrit avec Robert Maggiori Archipel des passions aux Éditions du Seuil.

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mercredi 28 janvier 2026

Monique De Mattia-Viviès : Le tiers parlant : de la grammaire à la linguistique clinique

 L'Harmattan - Janvier 2026


Cet ouvrage montre comment repenser le signe saussurien et ouvre la voie à une linguistique clinique, à la croisée de la linguistique et de la psychanalyse. Le signe y apparaît non plus stable et duel, mais mouvant, traversé par l’affect, la subjectivité et l’altérité.
À partir du concept de tiers parlant, trace d’une altérité fondatrice révélée par la langue étrangère, l’auteure propose une structure triadique du signe dont les enjeux sont à la fois théoriques, didactiques et cliniques. Dans ce cadre, la langue étrangère devient un espace de reconfiguration psychique.
Portant la trace de la relation à la langue maternelle, l’énonciation en langue étrangère devient un geste de subjectivation et de déplacement symbolique réparateur. Elle permet de mettre à distance cette mémoire d’altérité – ce tiers absent mais parlant – et de créer un lieu où se rencontrent linguistique et inconscient.

Monique De Mattia-Viviès est professeure des universités et enseigne la linguistique anglaise à l’Université d’Aix-Marseille où elle a notamment dirigé le Département d’Études du Monde Anglophone. S’appuyant sur son expérience pédagogique et sur plusieurs années d’observation d’enfants atteints de dysphasies, ses recherches repensent l’apprentissage des langues comme un processus à la fois linguistique et affectif.

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Hakima Mounir, Laurence Costes (dir.) : La co-construction entre idéalisme et réalité

 Champ social - Janvier 2026


La co-construction soulève aujourd'hui une question majeure : comment associer réellement tous les acteurs, pouvoirs publics, associations, citoyens à la conception des politiques et des services qui nous concernent ? Bien plus qu'une simple méthode, la co-construction est un véritable projet politique. Elle incarne l'espoir d'une gouvernance plus juste, fondée sur l'égalité et la participation réelle de chacun, ouvrant la voie à une démocratie plus horizontale, où chaque voix compte.
Pourtant, ce projet rencontre de nombreux obstacles : rapports de pouvoir, contraintes administratives, différences de cultures et de rythmes entre acteurs. La co-construction n'est pas un modèle parfait, mais un chemin à construire continuellement, avec ses tâtonnements et ses défis. Ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui, dans la vie professionnelle, associative ou simplement en tant que citoyen(ne), s'interrogent sur la façon de mieux collaborer pour décider ensemble des enjeux communs.
Il invite à penser une démocratie vivante, attentive aux inégalités réelles, et ouverte à la diversité des savoirs et des expériences. Fruit d'analyses rigoureuses et de multiples retours d'expérience, cet ouvrage offre des clés pour comprendre les enjeux, les limites, mais aussi les richesses de la co-construction. Un guide indispensable pour tous ceux qui veulent s'engager dans un dialogue authentique et construire une société plus solidaire.

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Paul Blanquart, Alice Beriot : Conversation pour une humanité commune

 Editions du Commun - Janvier 2026


Paul Blanquart, grande figure intellectuelle décédée en 2024, était philosophe, sociologue et dominicain rebelle. Il a co-fondé avec Stéphane Hessel la Fondation Un Monde Par Tous, qui vise la «Â transition d'un système centré sur l'exploitation, la croissance et le profit vers des sociétés fondées sur la solidarité, la paix, le bien commun et le bien-être écologique et social ». Fervent internationaliste, pionnier de l'écologie politique et défenseur d'une convergence entre christianisme et marxisme, il livre dans cet ouvrage, sous forme de dialogue avec une jeune anthropologue athée, un outillage conceptuel et militant pour une vision singulière, protéiforme et radicalement tournée vers l'Autre.

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Laurent Lartigues : Foucault (tout) contre Freud et Lacan. A-t-il vu quelque chose en "psychanalyse" ?

 Ithaque - Février 2026


Michel Foucault a manifesté un intérêt précoce pour la psychanalyse. Non sans lien avec son mal-être et la nécessité de devoir faire avec son homosexualité, l’amenant aux portes de la folie. Dès ses années de formation à Normale Sup’ ou dans le cadre de ses cours à Ulm au début des années 1950, il a lu de nombreux ouvrages de Freud, principalement dans leur traduction française. S’il s’enthousiasme pour l’article de Jacques Lacan sur «Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je», les archives montrent qu’il a peu fréquenté son célèbre contemporain.
Cet essai n’aurait pourtant pas pu s’intituler Foucault et la psychanalyse. La psychanalyse de Foucault est en effet incommensurable avec la psychanalyse. Pour des raisons peut-être liées à sa socialisation primaire dans un milieu familial de chirurgiens hostile aux «sciences de l’esprit» ou à ses compagnonnages philosophiques, il est resté au seuil d’une appréhension juste – de l’intérieur – de la psychanalyse. Cette dernière jouit d’un rôle plus stratégique et synthétique dans son dispositif d’analyse, adossé à la notion de savoir-pouvoir, quand elle ne se résume pas à un débinage mondain de la mode intellectuelle du divan qui cible davantage les «Lacaniens» que la psychanalyse.
À ce titre, La Volonté de savoir (1976) ne constitue pas un tournant bien plus critique de la psychanalyse ; au contraire, cet ouvrage, qui a constitué le premier volume de sa magistrale Histoire de la sexualité, s’inscrit dans une certaine continuité avec ses écrits de jeunesse qui témoignent d’un malaise foncier avec l’hypothèse de l’inconscient.

Laurent Dartigues est sociologue, chercheur au CNRS, membre du laboratoire Triangle-Action, Discours, pensée politique et économique (Lyon).

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mardi 27 janvier 2026

Clélia Gasquet-Blanchard : Faire naître. Ce que le capitalisme fait à la maternité

 La Fabrique - Janvier 2026


Dans un contexte néolibéral, les politiques actuelles de la naissance en France sont pilotées par les chef·fes d’orchestre du marché et guidées par une biomédecine techniciste et sécuritaire. Tandis que les maternités ferment en masse, le capitalisme sanitaire met la main sur la santé périnatale. Les conséquences sont désastreuses : une mortalité infantile parmi les plus importantes d’Europe, un nombre croissant de femmes enceintes et nouveau-nés dans les rues des grandes agglomérations françaises, la souffrance psychique accrue des mères face à l’impossibilité de se conformer au mythe de la « bonne mère »... Les orientations prises en santé publique participent par ailleurs à une rupture de confiance et de dialogue entre les femmes enceintes et un monde soignant hétérogène, lui aussi frappé par les mesures d’austérité et le management nocif. Ce livre se propose d’investiguer sous l’angle géographique et sociohistorique cette souffrance collective autour de la naissance. Il interroge les injustices en santé périnatale, expose le séparatisme des classes privilégiées et réactive l’héritage des luttes d’émancipation des femmes pour penser une maternité anticapitaliste à même d’offrir un accueil décent et un avenir commun.

Clélia Gasquet-Blanchard est géographe, maîtresse de conférences HDR à l’École des Hautes Études en Santé Publique et travaille sur les injustices en santé. Elle est l’autrice d’Ebola, géographie d’une crise sanitaire 1944-2005 (2016) et a codirigé l’Abécédaire de géographie de la santé, dimension territoriale de la santé (2019). Depuis 2019, elle coordonne le réseau de santé SOLIPAM qui prend en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France.

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Letizia Goretti : Le vertige du jeu. Révolution, jeu et fête dans l'Internationale situationniste

 Edition de l'Atelier - Janvier 2026


Le jeu est politique. Le jeu est élévation. Il participe à l'invention d'un nouveau monde et à une réinterprétation de la vie. Prenant comme objet l'Internationale situationniste, mouvement contre-culturel culte des années 1957-1972 dont Guy Debord est l'un des fondateurs, Letizia Goretti propose dans cet ouvrage une réflexion sur la force politique et culturelle du jeu. Dessinant une cartographie du jeu situationniste, l'autrice nous montre comment il a été l'un des éléments moteurs du mouvement. Jeu collectif, théâtre, poésie, jeu langagier, fête, renversement des röles, rupture dans le quotidien dans la ville. Ce sont tous ces aspects que le livre explore. Interrogeant la politisation et la réappropriation de nos sociabilités et de nos espaces de vie et de loisirs, cet ouvrage nous offre une ode au jeu comme outil de libération de l'être humain.

Letizia Goretti est docteure en culture visuelle, photographe et chercheuse. De 2020 à 2023, elle est chercheuse associée à la Bnf pour ses recherches sur le fonds Suzanne Citron, dont elle publie un livre inédit en 2024 : Légataires sans héritage. Pensées pour un autre monde (éditions de l'Atelier).

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Antonio Gramsci : Le journalisme intégral (nouvelle édition augmentée)

 Editions Critiques - Janvier 2026


Des premières années de militantisme de Gramsci, lorsqu'il était lui-même journaliste engagé, jusqu'à ses écrits de prison rédigés sous la dictature fasciste, ces textes offrent une analyse d'une rare acuité sur le rôle politique de la presse. Gramsci y montre comment un journal, loin de simplement informer, sélectionne et organise les faits pour façonner une vision du monde. Pour lui, le journal est un instrument de formation : il crée un sens commun, forge une conscience critique et peut devenir un levier pour une hégémonie culturelle alternative.
En analysant la presse bourgeoise et les conditions d'un journalisme émancipateur, Gramsci dévoile la puissance politique de la presse. Dans un paysage médiatique dominé par de puissants intérêts économiques et par une accélération continue des flux d'information, ces réflexions demeurent d'une actualité saisissante. Elles rappellent que l'information peut reproduire l'ordre existant ou devenir une véritable force de transformation sociale.

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Jean-Pascal Daloz : Hors du commun. Impensés de la distinction sociale

 Hermann - Janvier 2026


Trop ethnocentriques, les écrits classiques sur la distinction sociale ne semblent jamais avoir pris la pleine mesure de la diversité de leur objet d'étude. Mobilisant éternellement leur arsenal théorique à prétention universelle, les travaux qui en résultent se révèlent dogmatiques et réducteurs. Ayant procédé à une vaste analyse comparative des distinctions élitistes, Jean-Pascal Daloz a préalablement démontré l'hétérogénéité des logiques et des manifestations de celles-ci au gré des sociétés, mis en évidence les généralisations excessives des principales écoles de pensée et élaboré des problématiques novatrices, sensibles aux clivages culturels.
Dans ce nouvel ouvrage, il aborde des aspects inédits ou revisite des thématiques dont on ne paraît pas bien avoir saisi toute la complexité. A travers une dizaine de textes originaux (traitant notamment des vecteurs prioritaires de distinction, du caractère équivoque de certains signaux, des stratégies distinctives sophistiquées, ou encore des va-et-vient étonnants entre réalité et oeuvres de fiction), il nous offre de quoi stimuler abondamment la réflexion en un domaine où le prêt-à-penser règne souvent.

Jean-Pascal Daloz est directeur de recherche au CNRS (UMR SAGE, Strasbourg) et Faculty Fellow au Center for Cultural Sociology de l'Université de Yale. Il a auparavant été en poste dans de nombreuses universités, notamment celle d’Oxford, et a présidé de 2008 à 2018 le Comité des recherches comparatives de l'Association internationale de sociologie. Il est l'auteur de nombreux livres parmi lesquels Expressions de supériorité. Petite encyclopédie des distinctions élitistes (2021).

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