lundi 30 juin 2014

Alyette Degrâces (Traduction) : Les Upanisad

Editeur : Fayard (25 juin 2014) - Collection : Espace intérieur


Textes majeurs de la tradition indienne, les upaniṣad marquent un tournant décisif. Elles créent un nouveau mode d’expression et une voie de connaissance se détachant du rituel. La transmission de ces douze anciennes upaniṣad, dont les deux plus importantes et les plus longues sont antérieures au Buddha, constitue un très haut moment de la pensée. Cesupaniṣad sont ici étudiées et traduites, ensemble pour la première fois, du sanskrit en français. Le livre met en valeur leur audace de pensée, respecte le texte dans son oralité mais l’ouvre aussi à un double espace de questionnement, celui des textes eux-mêmes et celui que dévoila au VIIIe siècle Śaṅkara, ce grand commentateur né au Kérala, créateur du courant de pensée que l’on nomme le Vedānta non-duel.
La force des concepts rassemblés en des mots simples, la richesse des images, la liberté à l’intérieur de la langue et le souci de créer une structure dynamique qui remet en question le sens établi, tout cela rend ces textes essentiels et vivants pour notre époque.

Alyette Degrâces, sanskritiste et philosophe indianiste, a publié aux Editions Fayard Upaniṣad du renoncement (1989), Les Yogasoûtra (2004).



Anne Boissière, Christophe Boulanger, Savine Faupin (dir.) : Mythologies et mythes individuels : A partir de l'art brut

Editeur : Presses Universitaires du Septentrion (26 juin 2014)- Collection : Esthétique et sciences des arts


À partir des notions de « mythologie individuelle » et de « mythe individuel », il s'agit d’interroger les caractéristiques prêtées à l’art brut, renouvelées par leur extension ou déplacement dans le champ de la création moderne et contemporaine, ainsi que leur rapport à l’histoire.

Ce qu’on nomme « l’art brut », en incluant ses extensions dans l’Outsider Art, mérite une considération nouvelle. On doit se garder de réifier ou d’essentialiser cette notion : l’art brut, en vérité, est une question. Le point de départ de la recherche se trouve dans l’intitulé « Mythologie individuelle », désignation par Harald Szeemann d’une section de la Dokumenta 5de Kassel en 1972, réunissant des œuvres d’artistes contemporains dont Étienne-Martin ; dans leur immédiate proximité étaient exposées des œuvres principalement issues du contexte asilaire. C’est ce sens initial qui s’est vu enrichi, déployé et déplacé d’une manière qui rencontre les champs de l’histoire et de la critique de l’art, de la psychanalyse, de l’anthropologie et de la philosophie.
L’objectif général de la démarche est de questionner les déterminations profondes des œuvres : l’histoire, la fable et l’intrigue, selon une orientation susceptible de dialectiser les rapports entre l’individuel et le collectif, entre la structure et l’activité dynamique, entre l’écrit/dessin et l’oral. C’est non seulement la catégorie d’art brut mais le concept d’art, inclus le statut des processus créatifs, qui sont mis à l’épreuve.


Bernard Chervet et Jean-Luc Donnet (dir.) : Pourquoi la règle ? Méthode analytique et règle fondamentale

PUF - Juin 2014 - Collection "Monographies et débats de psychanalyse"


La méthode psychanalytique repose sur la libre association de l’analysant et sur l’attention en égal suspens de l’analyste. De cette rencontre vont naître l’interprétation et l’élaboration, toutes deux favorables à la construction des processus de pensée, de leurs contenus et qualités, les affects, les éprouvés et les ressentis.
Historiquement, cette méthode est issue de l’hypnose et de la catharsis avec imposition des mains. Freud a libéré la contrainte activement exercée par le thérapeute des méthodes pré-analytiques, et l’a mise en exergue de sa nouvelle thérapie sous les traits d’une règle imposant au patient de tout dire et à l’analyste de tout entendre. Depuis, la méthode analytique est placée sous l’égide d’un impératif, transmis et soutenu par la règle fondamentale, ayant pour finalité première le devenir conscient, puis la prise de conscience.
Sont explorées dans cet ouvrage les conséquences de la règle sur la méthode analytique elle-même et sur ses visées. La réflexion se porte aussi sur les liens entre la règle analytique et les règles monastiques, et de façon plus essentielle sur les rapports de la règle avec la conscience. Des exemples cliniques permettent d’illustrer la fonction de la règle fondamentale au sein des traitements psychanalytiques, et sa valeur au sein de la vie psychique, voire de la vie elle-même. La règle n’aurait-elle pas mission de soutenir le vivant ?


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François Caillat (dir.) : Foucault contre lui-même

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE - 23 mai 2014 - Collection : DES MOTS


Michel Foucault n’aura cessé, à mesure qu’il élaborait son œuvre, de repenser sa démarche, ses problèmes, de rompre avec ses propres paradigmes et concepts. Ne peut-on pas voir son œuvre comme une succession de ruptures et de discontinuités ? Impliqué dans des mouvements politiques qu’il a plus tard remis en question, se revendiquant « structuraliste » pour ensuite s’en défendre, moquant parfois ses propres ouvrages, Foucault s’est, à chaque étape de son travail, construit contre lui-même. C’est d’ailleurs ainsi qu’il définit l’attitude créatrice : la création est inséparable d’une volonté de se « déprendre » de soi.
Dans cet ouvrage, Arlette Farge, Georges Didi-Huberman, Geoffroy de Lagasnerie et Leo Bersani s’interrogent sur ce geste foucaldien. Quelle place la rupture a-t-elle prise dans le travail philosophique de Foucault, mais aussi dans son rapport aux mouvements politiques ou dans sa vie ? En quoi la rupture constitue-t-elle une catégorie d’analyse centrale pour appré-hender l’œuvre de Foucault mais aussi, plus généralement, pour penser le champ intellectuel et des politiques émanci-patrices toujours nouvelles ?

Ouvrage issu des entretiens réalisés par François Caillat pour son film Foucault contre lui-même (The Factory/Arte France/Ina).

Autres auteurs : auteurs : Didier Eribon, Arlette Farge, Geoffroy de Lagasnerie, Leo Bersani, Georges Didi-Huberman


samedi 28 juin 2014

Jean-Michel Salanskis : Partage du sens

 PRESSES UNIVERSITAIRES DE PARIS 10 - 25 juin 2014


Voici un livre qui souhaite dépeindre notre vie dans la culture, notre façon de profiter, au sein de celle-ci, des horizons qu'elle nous offre et des sens dont elle nous propose le partage. Nous sommes un peu égarés devant la diversité des possibilités que nous pouvons ainsi embrasser : le livre caractérise notre condition comme celle d'une liberté perplexe, mais ce ne sont pas la liberté ni la perplexité que l'on conçoit ordinairement.
Chaque région de sens dans laquelle nous pouvons nous enrôler appelle une étrange description qui en dégage les tables de la loi : pour accomplir cette tâche, la philosophie prend un nouveau visage, celui de l'ethanalyse ; elle entend dans certains mots (les sollicitants) un appel et elle explicite les prescriptions régissant la réponse à l'appel (la sémance de l'ethos). Un précédent ouvrage (Territoires du sens, Vrin, 2007), avait procédé ainsi à l'ethanalyse de trois régions, celle de l'amour, celle du politique et celle du sujet. Le présent essai aborde la région de la vérité, celle du dialogue, celle du corps, celle de la mort et celle de la philosophie.
A propos de cette dernière, il suggère une façon différente et affectueuse d'envisager le schisme entre philosophie continentale et philosophie analytique. A l'occasion de l'examen de la région vérité, le livre tente une récapitulation des grands principes et problèmes de l'épistémologie de la logique, des mathématiques, de la physique et des sciences de l'interprétation. Traitant du corps et de la mort, on découvre une tradition de l'avoir/être un corps et une normativité de l'attitude envers la mort.
Dans une partie ultime, l'auteur s attache à traiter de genres et disciplines qui se tiennent au bord de l'ethanalyse et qui, à la limite, pourraient contester l'autonomie du domaine qu'elle se donne ou la méthode qu'elle suit : d'un côté la littérature, de l'autre les sciences sociales. Le livre est ainsi amené à distinguer trois sortes de littératures et à comparer la perspective des sciences sociales sur l'être-ensemble avec celle de l'ethanalyse.

Michel Gad Wolkowicz (dir.) : Etats du symbolique

In Press - Juin 2014


Rothko pensait que ses tableaux résultaient d'une mise en travail d'un rapport au monde et à soi, d'une façon de l'envisager et de s'envisager. Les États du Symbolique s'ouvrent par une de ces oeuvres de symbolisation dont la puissance, la force de représentation et de mise en présence éclairent le vacarme vertigineux de nos actualités qui enchaînent les signes de désorientation et de confusion, d'effacement des limites, de violences tous azimuts... et trahissent une déchirure du tissu du Symbolique, un délitement des symboles et références en usage.
Alors ? Comment ça va mal aujourd'hui ?
Comment penser ce bouleversement ? Est-il signe de destruction ou de transformation ? Pour éclairer ce malaise, cette crise, pour repérer le rôle que nous pouvons y jouer, il faut revenir à ce qui fonde ce Symbolique comme dimension de la réalité humaine ; revenir à ce je ne sais quoi, ce presque rien, qui participe au développement de l'enfant, à l'organisation de l'adolescence, à la construction du sujet politique ; revenir à ce fonds commun, noué autour d'une loi, d'une grande idée, d'une vérité historique, intriquant tradition et création, individuel et collectif, identité, appartenance et filiation : à ce que transmettre veut dire...
Un tel retour soulève nombre de questions : que deviennent les grands récits fondateurs, les Commandements et les interdits structurants (de l inceste et du parricide), le complexe d'OEdipe, les rites de passage, le Nom-du-père, les Structures élémentaires de la parenté, la figure du Grand Homme... ? Qu'est-ce qui aujourd'hui étaie la sublimation des pulsions et l'intellectualité, les échanges, la temporalité, la subjectivation, la sexuation, l'intergénérationnel... ? Parmi les nouveaux symboles qui se forment, comment reconnaître ceux qui contribuent à une vie de l'esprit, à un mouvement de civilisation, et ceux qui ne sont qu'idoles, contrefaçons et autres leurres incantatoires ?
Afin de formuler les questions de cette problématique sociétale, de cet enjeu civilisationnel et politique, Schibboleth actualité de Freud réunit des auteurs de référence dans leurs disciplines respectives : la psychanalyse, la psychiatrie, le droit, la philosophie et l'anthropologie, la sociologie, le monde du travail, de l'éducation et des médias, l'analyse des discours, l'histoire, les religions, les sciences humaines, politiques, sociales et du vivant, la bio-génétique, les arts et la littérature... dans une même démarche promouvant une clinique du contemporain. Après tout, « le bonheur ne serait pas le bonheur sans une chèvre qui joue du violon ».

A. Appelfeld, J.P. Winter, P. Bruckner, É. Marty, R. Draï, B. Golse, D. Brun, J.J. Moscovitz, B. Karsenti, Ch. Hoffmann, I. Beller, M. Vacquin, M.-A. Ouaknin, M. Bar Zvi, I. Morgensztern, Ch. Rothko, P. Zawadzki, E. Enriquez, E. Jeuland, J. Amar, J. Ludin, C. Ehrenberg, S. Nizard, J. Tarnéro, P. Bantman, M. Cohen, Ph. Robert, G. Maury, S. Tyano, M. Vincent, M. Shalev, G.E. Sarfati, V. Chetrit-Vatine, F. Gerber, S. Wiener, G. Gachnochi, H. Vaquin, M. Bacherich, M. Nestelbaum Guez, H. Trivouss-Widlöcher, K. Nassikas, B. Edelman, D. Mendelson, É. Chrion, C. Trono, L. Bantman, A. Nuselovici-Nouss, Sh. Kron, Th. Moreau, O. Lellouche, C. Leinman, M.G. Wolkowicz.

Alain Brossat : Peut-on parler avec l'ennemi ?

NOIR ET ROUGE Editions - 25 juin 2014


Ce livre s'interroge sur le statut de l'inimitié politique dans les sociétés contemporaines. Le jeu de ce qui s'auto-désigne aujourd'hui comme « la démocratie » consiste à entretenir le déni du conflit et de la division en établissant un régime général defluidité où toutes les aspérités seraient solubles dansune communication bien réglée. Il consiste à nous convaincre qu'il n'y a que des « partenaires sociaux » simplement séparés par des malentendus ou des divergences destinées à s'effacer devant le partage du sens de l'intérêt commun. Il consiste tout autant à accréditer la fable selon laquelle le cours de l'Histoire serait désormais réglé sur le principe de la démocratisation du monde, ce qui s'y oppose ayant vocation à être éliminé comme pure scorie de ce parachèvement de la Raison historique.

Contre ces fictions destinées à légitimer l'hégémonie exercée par le bloc de puissance qui a capté le nom de la démocratie, cet essai s'efforce de montrer que, la vie politique continuant envers et contre tout d'être placée sous le signe d'une division et d'une conflictualité non moins vives qu'hier, le quelconque aux visages multiples ne saurait renoncer à concevoir qu'il a bel et bien des ennemis ; des ennemis qu'il importe de tenir à distance, avec lesquels le partage d'un monde commun est davantage un faux-semblant qu'une évidence.

En proposant une traversée de différentes figures dans lesquelles est posée la question de la relation avec l'ennemi, des pratiques de l'inimitié (un roman oublié de Maurice Barrès, le classique Silence de la mer de Vercors,
les relations entre les États-Unis et le Japon après la fin de la Seconde Guerre mondiale...), ce livre tente de faire revenir dans la réflexion politique contemporaine cette question lancinante : sous quelles conditions et à quelles fins pouvons-nous parler avec nos ennemis – ou devons-nous nous abstenir de le faire ?

> le site de l'éditeur

mardi 24 juin 2014

Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Revue française de socio-économie - Ed. La découverte - 1er semestre 2014



La sociologie économique de Pierre Bourdieu n’est pas tout entière contenue dans le seul ouvrage consacré aux Structures sociales de l’économie (2000). On trouve dans La Distinction (1979), une théorie de « l’orchestration » entre l’offre et la demande ; dans La Noblesse d'État (1989) une analyse des luttes au sein du champ du pouvoir économique et de ses effets sur le fonctionnement et les transformations du monde social et économique ; dans les travaux d’ethnologie sur l’Algérie, une réflexion sur la genèse de l’habitus économique rationnel des individus socialisés dans un cosmos capitaliste ; dans des travaux plus théoriques sur le sens pratique (1980) une critique de l’usage de l’homo œconomicus rationnel et de l’utilitarisme dans les sciences sociales ; etc. Un apport essentiel de la sociologie économique de Pierre Bourdieu réside dans son exigence à promouvoir le mode de pensée relationnel. En replaçant, chaque fois, les pratiques et les représentations des agents dans le cadre de l’ensemble des autres pratiques et des autres représentations qui leur seraient socialement disponibles au moment où ils agissent, cette anthropologie économique donne à voir, non pas la rationalité (calculatrice) des choix effectués par les agents et les résultats qu’ils obtiennent, mais la raison qui en est au principe, et qui est elle-même socialement déterminée par l’histoire individuelle (l’habitus de classe) et collective (les luttes de concurrence). Ce numéro de la RFSE réunit un ensemble de recherches qui, parce qu’elles mobilisent les outils et le mode de pensée relationnels, perpétuent cette manière spécifique de faire de la sociologie économique.

Jean Trouillard : Jean Scot Érigène. Études

Hermann - Juin 2014 - coll."Hermann Philosophie



Edition et présentation des textes par Frédéric Berland

Les douze études réunies ici sur Jean Scot Érigène, philosophe irlandais du IXe siècle qui redécouvrit plusieurs intuitions originales du néoplatonisme, constituent les derniers travaux de Jean Trouillard. Après sa thèse sur la procession et la purification plotinienne, et à la suite de ses traductions et commentaires de Proclus, il préparait un ouvrage sur Jean Scot qui ne vit jamais le jour. Or, ce que la lecture des esquisses de cette oeuvre laissée en suspens nous apprend, c’est que ce passage à Érigène a été aussi décisif que celui qui l’avait conduit de Plotin à Proclus. Là où il était possible de craindre une fixation du mouvement de la pensée néoplatonicienne dans les divisions stériles d’une théologie apologétique, Trouillard nous montre qu’il est au contraire impossible de réduire Jean Scot à la seule problématique catégoriale qui ouvre le Periphyseon. Érigène constitue un jalon essentiel dans la latinisation du néoplatonisme où se manifeste avec une force nouvelle la rigueur systématique d’un courant encore trop ignoré, porteur d’un paradigme métaphysique qui n’a pourtant jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui.

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dimanche 22 juin 2014

Erik Porge : Jacques Lacan, un psychanalyste. Parcours d'un enseignement

Erès Poche - Juin 2014 (1è édition 2000) - Psychanalyse


Préface de Sophie Aouillé

Cet ouvrage propose une lecture de la diversité du tressage de l’œuvre de Jacques Lacan, de ses avancées théoriques et cliniques ainsi que de leurs articulations avec l’action qu’il a menée dans la communauté analytique et au-delà. C’est le psychanalyste Lacan qui est ici privilégié, celui dont le but était de former des analystes et qui apprenait des analysants ce qu’est la psychanalyse.
Erik Porge resitue les positions et propositions de Lacan dans leur évolution historique, en tenant compte des récents travaux parus pour éclairer les aspects les plus complexes. Il met ainsi en évidence le parcours de l’enseignement de Lacan pris dans son ensemble. Des développements sont particulièrement consacrés à des considérations cliniques et à la question de la fin de l’analyse. L’accent est aussi mis sur ce que Lacan a lui-même énoncé comme étant ses inventions : l’objet a et le réel.
Edition entièrement revue et actualisée.

Gérard Pommier : Qu'est-ce que le réel ?

Erès poche - Juin 2014 (1è édition 2004) - Psychanalyse


Terminus, tout le monde descend ! Mais non Monsieur, n’insistez pas, impossible d’avancer plus loin, nous nous cognons sur du réel !
Dans les discussions et les débats psychanalytiques, la notion de « réel » a souvent été employée pour expliquer l’impossibilité d’expliquer. Ce réel aurait-il servi de refuge à un obscurantisme rampant ?
Le réel n’est pourtant pas un de ces signifiants terminus propres à conclure des argumentations hasardeuses. Au contraire, il est fondamental dans la clinique psychanalytique en raison du réel de la souffrance du symptôme, qui s’appuie pourtant seulement sur une réalité psychique. Le réel ne clôt pas un problème, mais présente son cristal initiateur. Avec le réel commence l’aventure humaine, de la sensation au fantasme et du fantasme à la pensée. Mais la pensée peut-elle comprendre le cristal d’où elle provient et qu’elle dissout ?

vendredi 20 juin 2014

Revue Voltaire n°14 : Voltaire et le sexe

  • PU Paris-Sorbonne - 19 juin 2014 - Collection : REVUE VOLTAIRE


Alors que beaucoup a été écrit sur les relations que Voltaire entretient avec les femmes ou avec ses « amies », la première section, qui donne son titre au numéro, aborde, à partir d’une interrogation sur « le sexe », un champ de recherche peu exploré : la réflexion critique s’inscrit dans une perspective théorique ouverte par les travaux de Michel Foucault et certains des articles réunis se rattachent de manière évidente. Il s’agit d’examiner comment la question du « sexe », envisagé au triple sens de sexe biologique, de construction culturelle genrée et de sexualité, traverse l’oeuvre de Voltaire, considérée, selon une démarche historicisée, en fonction de paramètres diachroniques et génériques, et s’articule avec les positionnements « philosophiques » voltairiens.

Etudes philosophiques 2014 n°2 : les plaisirs intellectuels

PUF - Mai 2014




Articles

Jean-Louis Labarrière, Présentation
Charlotte Murgier, Les plaisirs intellectuels dans le modèle platonicien du plaisir
Jean-Louis Labarrière, Nom de plaisir, le nom : Aristote suivi par Thomas d'Aquin
Vincent Giraud, Delectatio interior. Plaisir et pensée selon Augustin
Dan Arbib, La métaphysique, dernier mot de la morale cartésienne ? Descartes et les émotions intellectuelles
Frédéric Manzini, La valeur de joie chez Spinoza
Martine Pécharman, Bayle et les plaisirs spirituels

Varia

Jean-Louis Poirier, La notion d'erreur de la nature d'après Aristote

Résumés
Ouvrages reçus



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jeudi 19 juin 2014

François Gros, Bérénice Tournafond, François Terré : Etre humain

CNRS - 12 juin 2014 - Collection : PHILO/RELIG/HIS

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Qu’est-ce que l’individualité ? Sommes-nous faits que de matière ? Comment fonctionne notre esprit ? Comment prend-on une décision ? Quelle est la place de la politique dans la vie humaine ? Quelle frontière entre politique et morale ? Comment peut-on mobiliser l’opinion publique ? Qu’est-ce que l’émotion ? Quelle est sa place dans la société ? De quelle nature est la conscience?
Comprendre l’Homme d’aujourd’hui dans toute sa complexité, tel est le but de cet ouvrage, qui fait dialoguer le droit, la génétique, la médecine, les neurosciences, la philosophie, la morale, les sciences politiques.

Avec les contributions de François Gros, Pierre Manent, Monique Canto-Sperber, Jean Baechler, Pierre Buser…

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Laurent Neveu-Marques : Philosopher Sans le Savoir ! La Philosophie des Expressions du Quotidien

Ellipses Marketing - 17 juin 2014

 
Penser et s'interroger à partir de nos expressions du quotidien c'est possible ! Grâce à cet ouvrage innovant qui apporte : Un éclairage philosophique sur une vingtaine d'expressions usuelles La philosophie, mise ainsi à la portée de tous : - en fréquentant les philosophes - en interrogeant le monde qui nous entoure.
 

Kora Andrieu et Geoffroy Lauvau (dir.) : Quelle justice pour les peuples en transition ? Démocratiser, réconcilier, pacifier

PU Paris-Sorbonne - 19 juin 2014 - Collection : Philosophie appliquée

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La « justice transitionnelle » constitue, dans le milieu académique et dans la pratique des organisations internationales, un domaine d’expertise et de recherche à part entière, mais qui demeure encore trop peu étudié dans le monde francophone. L’originalité de cet ouvrage est de proposer, sur le sujet des peuples en transition, une analyse multidisciplinaire, à la croisée de la philosophie, de la sociologie, du droit, de l’histoire, et des sciences politiques. Alors que les pays du monde arabe donnent à penser les complexités d’une nouvelle phase de démocratisation, cette interrogation sur la justice en période de transition trouve toute son actualité.
 

lundi 16 juin 2014

Carole Talon-Hugon : L'art victime de l'esthétique

Editions Hermann - 12 juin 2014 - Collection : Philosophie

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Dans la langue courante comme dans les textes spécialisés, l’adjectif « esthétique » est aujourd’hui volontiers utilisé comme un parfait synonyme d’« artistique », comme si la valeur de l’art tenait tout entière dans la valeur esthétique. Tel est le paradigme esthétique de l’art qui s’est mis en place entre la Renaissance et le XVIIIe siècle et a, depuis lors, vectorisé l’histoire des arts en Occident. Or cette assimilation est doublement réductrice : d’une part parce que l’expérience esthétique déborde largement la sphère de l’art, d’autre part parce que la dimension esthétique n’est qu’une des dimensions de l’art. Il s’agit ici de comprendre la généalogie de cette assimilation illicite, d’analyser ses conséquences à la fois dans la création artistique et dans la production théorique qui l’accompagne, et de montrer en quoi elle est à la fois fallacieuse et préjudiciable aux arts.

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> du même auteur

Jean-Hugues Barthélémy : Simondon

Les Belles Lettres - 12 juin 2014 - Collection : Figures du savoir

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Gilbert Simondon (1924-1989) est devenu de manière posthume l'un des grands penseurs français du XXe siècle, au fil de la redécouverte récente de son uvre. Simplement considéré de son vivant comme un penseur de la technique original mais difficile, il s'impose aujourd hui comme l initiateur d un « nouvel encyclopédisme » ayant vocation, via un dialogue central avec la cybernétique, à unifier les sciences au sein d une philosophie de la nature mais aussi à renouveler l humanisme, ce dernier étant défini par lui comme une lutte évolutive contre différents types successifs d aliénation.

A partir d une prise en compte inédite de l ensemble de l uvre, on expose ici :

- la « question générale de l individuation » telle que Simondon la pose et la traite dans les trois grands champs théoriques auxquels s applique son « Encyclopédisme génétique » : la différence entre « le physique et le biologique », la question du « transindividuel » et celle de l « objet technique » ;

- la capacité de cette pensée à dépasser les dualités notionnelles sujet/objet et matière/forme mais aussi les grandes alternatives classiques liées aux trois champs théoriques évoqués : l alternative entre mécanisme et vitalisme, celle entre psychologisme et sociologisme, et celle opposant humanisme et technicisme ;

- la question de la « crise du sens » telle que la réinterprète Simondon, et son lien, via la question de l information, avec le projet d une « Cybernétique universelle » à portée ultimement socio-politique, ouvrant ainsi sur les postérités de Simondon.
 
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