PU de Louvain - Juin 2026
Comment la phénoménologie peut-elle contribuer à penser les structures de domination et les voies de l’émancipation ? Peut-on décrire rigoureusement les mécanismes de l’oppression, tout en ouvrant des possibilités de transformation sociale ?
Cet ouvrage collectif explore les ressources de la phénoménologie critique pour relever ces défis majeurs, d’une grande utilité sociale. En effet, la phénoménologie critique permet de penser les configurations sociales et historiques qui façonnent notre rapport au monde, singulièrement en articulant trois dimensions complémentaires : la description de l’expérience vécue en première personne, l’analyse des conditions sociales objectives qui structurent cette expérience et une perspective transformatrice orientée vers l’émancipation. En révélant la contingence de ce qui apparaît comme naturel, elle ouvre la possibilité de le transformer.
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage examinent, tour à tour, les fondements méthodologiques de cette approche (Husserl, Marx, le rapport entre phénoménologie et idéologie), les expériences incarnées du corps et du genre (le corps enceint, le validisme, la domination corporelle), les situations d’aliénation et d’oppression (le travail, la honte, le catastrophisme écologique, l’enfermement carcéral), ainsi que les structures du pouvoir politique (le charisme, le populisme, l’autorité).
Sommaire
Introduction
Yoann MALINGE, « Qu'est-ce que la phénoménologie sociale et critique ? Fondements, méthodes et enjeux » : 7-26
Première section
Fondements et méthode de la phénoménologie critique
Sara HEINÄMAA, « Suspensions ou changements ? Sur les relations entre la phénoménologie husserlienne et ses successeures féministes et critiques » : 29-56
Benoît SIBILLE, « Husserl : de l’inutilité de la phénoménologie pour les "seigneurs et maîtres de ce monde » à la « communauté communiste" » : 57-67
Riccardo VALENTI, « La "rédemption infinie". Générativité et marxisme phénoménologique chez Enzo Paci » : 69-86
Gabriel MAHÉO, « Phénoménologie et idéologie » : 87-99
Deuxième section
Corps, genre et expériences incarnées
Camille FROIDEVAUX-METTERIE, « L’expérience vécue du corps enceint, un condensé de phénoménologie féministe » : 103-116
Emmanuel LEVINE, « Phénoménologie du validisme : le cas du handicap invisible » : 117-131
Paul MURAILLE, « Exprimer son corps, déjouer l’objectification. Sur une postface de Henri Maldiney » : 133-148
Théodora DOMENECH, « Biais de genre et expérience esthétique » : 149-164
Troisième section
Dominations, oppressions et aliénations
Laurent PERREAU, « Une phénoménologie de l’aliénation : l’expérience ouvrière de Simone Weil » : 167-180
Raphaël EHRSAM, « Phénoménologie critique des affects et rapports de classes : penser les vies transclasses avec Chantal Jaquet » : 181-197
Yoann MALINGE, « La honte comme hétéronomie : phénoménologie critique du mépris de soi » : 199-215
Loïs MALLET, « Catastrophisme et défuturation. Phénoménologie d’une perte en monde écologiste » : 217-229
Cécile HANFF, « Dominer l’autre : une approche phénoménologique de la domination ordinaire » : 231-245
Saja FARHAT, « L’oppression d’aujourd’hui : lire Young dans les démocraties contemporaines » : 247-263
Irène RANSON, « Phénoménologie de l’enfermement carcéral » : 265-281
Quatrième section
Pouvoir, politique et autorité
Paul SLAMA, « Le concept de Beruf chez Weber et Husserl : subjectivité et rationalité » : 285-306
Xenophon TENEZAKIS, « Penser phénoménologiquement le populisme avec Sartre » : 307-321
Saleh MOUSAVI KHALKHALI, « Le charisme en politique. Esquisse d’une approche phénoménologique à travers l’exemple de la révolution iranienne de 1979 » : 323-338
Robby MANDIANGU NGOFO, « Verticalité et circularité : quelques apports de la phénoménologie à la relation à l’autorité en Afrique » : 339-351