vendredi 20 mars 2026

Yvon Quiniou : La subjectivité vivante de l'art

 Le Temps des cerises - Mars 2026


Dans ce livre, Yvon Quiniou poursuit une réflexion sur l'art engagée dans L'art et la vie - L'illusion esthétique. La thèse de l'auteur affirme, et montre d'une manière précise, qu'une oeuvre d'art ne répond pas seulement à un souci de forme, comme une tendance formaliste tend à nous le faire croire, mais qu'elle s'enracine d'abord dans la subjectivité intime de son créateur - qui n'est pas seulement un technicien de l'art - dans laquelle il s'exprime affectivement. Du coup, elle touche aussi la subjectivité, non identique mais équivalente, de l'amateur. Le livre le confirme par une longue analyse de ce que l'auteur a éprouvé personnellement au contact de plusieurs chefs d'oeuvre dans différents registres esthétiques, dont la littérature, la musique ou le cinéma : une oeuvre d'art est bien expressive de la vie humaine !

Yvon Quiniou, agrégé et docteur en philosophie (thèse sur Nietzsche), a écrit de nombreux ouvrages inspirés par le matérialisme de Marx et collaboré à de nombreuses revues sur cette base comme Actuel Marx et La Pensée ainsi qu'à divers médias : journaux, radio et même télévision. Mais sa réflexion s'est élargie à la morale et à l'anthropologie, jusqu'à aborder l'art dans une perspective anti-formaliste car son intention, ici aussi, est de subvertir les illusions que la pensée contemporaine nourrit. Il se veut émancipateur dans tous les domaines.

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Thibaut Dauphin : Les républiques des Lumières, de la Corse à l’Amérique française

 Le Bord de l'eau - Mars 2026


Et si la Corse de Pasquale Paoli, oubliée des grandes révolutions modernes, avait pourtant influencé des luttes d’émancipation bien au-delà de la Méditerranée ? Et si son héritier paradoxal, Napoléon Bonaparte, avait contribué à diffuser cette pensée politique insulaire de manière indirecte, jusqu’au Canada français et à l’Amérique latine ?
C’est le pari audacieux de cet ouvrage, qui propose une lecture inédite du paolisme comme matrice d’un républicanisme éclairé et transatlantique.
Loin de l’opposition classique entre le démocrate Paoli et l’autocrate Bonaparte, le livre met en évidence leurs convergences idéologiques : souveraineté populaire, pédagogie civique, tolérance religieuse, usage stratégique de la propagande, culte de l’ordre éclairé. Ces traits se retrouvent chez des figures clés du républicanisme du Nouveau Monde comme le canadien Louis-Joseph Papineau et incarnent, chacun à leur manière, une déclinaison du républicanisme corse adaptée à leur contexte colonial ou postcolonial. À travers une analyse comparative fondée sur des sources premières – discours, correspondances, textes constitutionnels –, l’auteur suit les circulations d’idées de Corte à Montréal, en passant par Paris.
En replaçant la Corse au cœur des révolutions atlantiques, ce livre comble un vide historiographique. Il éclaire une généalogie politique insoupçonnée et rappelle que certaines idées, venues d’une petite île, peuvent avoir une destinée continentale.

Thibaut Dauphin est docteur en science politique, chercheur associé à l’université de Bordeaux et à l’université de Corse. Spécialiste des idées politiques et en particulier des Lumières, il consacre ses travaux aux questions de souveraineté, de république, de révolution et de laïcité, en reliant la pensée moderne aux enjeux contemporains.

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Pierre Cassou-Noguès : Trait de côte. Voyage philosophique en bord de mer

 Philosophie magazine - Mars 2026


« Tandis que je préparais mon voyage de Biarritz à Ostende, j’imaginais l’avenir sombre comme la fumée d’un feu de forêt. J’en sais maintenant plus sur ces menaces. J’ai visité des lieux qui s’érodent, se défont et qui vont disparaître, pourtant je suis rentré avec une sorte d’optimisme. Un optimisme paradoxal. »Pierre Cassou-Noguès est professeur de philosophie à l’université Paris-8 et membre de l’Institut universitaire de France.
Auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Démons de Gödel (Points, 2015), La Mélodie du tic-tac (Flammarion, 2013) et La Bienveillance des machines (Seuil, 2022), il est aussi cycliste, amoureux de la mer et observateur passionné du quotidien. Il a parcouru le littoral atlantique à vélo, attentif à l’étrangeté des lieux et aux mutations déjà à l’œuvre. Ce livre propose le récit philosophique de cette expérience vécue.

Pierre Cassou-Noguès est professeur de philosophie à l'université Paris-8 et membre de l'Institut universitaire de France. Auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Démons de Gödel (Points, 2015), La Mélodie du tic-tac (Flammarion, 2013) et La Bienveillance des machines (Seuil, 2022), il est aussi cycliste, amoureux de la mer et observateur passionné du quotidien. Il a parcouru le littoral atlantique à vélo, attentif à l'étrangeté des lieux et aux mutations déjà à l'oeuvre. Ce livre propose le récit philosophique de cette expérience vécue.

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Maria Kakogianni : Sous le ciel étoilé, une nuit d'été. Réflexions sur l'anarchie et la révolution

 Lundi matin - Mars 2026


Aujourd'hui, le ciel étoilé est un espace en voie de disparition. La violence sans nom, les douleurs au dos, la dévastation des milieux, à plus d'un égard, la situation semble dés-astreuse. La modernité est priée d'atterrir, les Lumières s'obscurcissent. Mais qui a tué l'universel ? Pourquoi la gauche semble si fatiguée ? Un roman de science-fiction d'O. Butler rencontre Heidegger et son fascisme ordinaire, Kant discute avec Blanqui, Platon pratique le taï-chi pendant que le roi Œdipe a un oeil de trop. Livre politique, de poésie, de philosophie, Sous le ciel étoilé une nuit d'été est surtout un livre des mélanges pour un espace révolutionnaire et d'une anarchie positive et régulière.

Maria Kakogianni est philosophe et travailleuse du texte.

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Philippe Descola, Bruno Karsenti (dir.) : Bruno Latour ou l'art d'assembler

 Presses de Science po - Mars 2026


Depuis que Bruno Latour nous a quittés le 9 octobre 2022, de nombreux hommages lui ont été rendus. Cet ouvrage s'inscrit dans ce large mouvement de sympathie, qui offre à celles et à ceux qui ont eu le privilège de le connaître, mais aussi à celles et à ceux qui ne pourront le fréquenter que par les textes, les images et le verbe, le bonheur de côtoyer une pensée puissante et virevoltante, spirituelle et pragmatique, savante et originale, inquiète et joyeuse.
Les auteurs, philosophes, sociologues, anthropologues, historiens, artistes, juristes, politistes, archivistes voulaient un lieu de mémoire où l'on embrasserait aussi largement que possible la pensée de Bruno Latour, savant mondialement reconnu et chercheur d'une rare fécondité, mais aussi et avant tout explorateur, créateur, bâtisseur, professeur charismatique et parfois même bateleur, qui n’eut de cesse de déplier et d’augmenter sa pensée par-delà les canaux académiques ordinaires à travers des projets, des objets, des actions et des structures originales.

Sommaire

Laurence Bertrand Dorléac
Avant- propos

Philippe Descola
Introduction – Comment faire rentrer la nature en politique sans jamais la nommer

Patrice Maniglier
Philosopher (d')après Latour

Luc Boltanski
Le social, un imbroglio ?

Cyril Lemieux
Une longueur d'avance

Arnaud Esquerre
La sociologie très xxie siècle de Bruno Latour

Didier Debaise
L'empirisme métaphysique de Bruno Latour

Romain Bertrand
L’ambassadeur du monde muet

Anne Lafont
Le faitiche de Bruno Latour : ouvroir de l’histoire de l’art ?

Pierre Lemonnier
« À chacun son problème, à chacun son affaire »
Quand le basic tool kit apaise les controverses non techniques

Sandrine Revet
Atterrir avec Bruno Latour sur le fleuve Atrato en Colombie

Stephen Muecke
Cosmopolitisme autochtone et changement climatique

Eduardo Viveiros de Castro
Quatre cadeaux de la part de Bruno

Frédéric Audren
Les circuits fragiles du droit Bruno Latour et l’écologie des pratiques juridiques

Jean-Paul Demoule
Bruno Latour et l’archéologie

Pablo Jensen
Bruno Latour, le physicien et les atomes

Antoine Hennion
Des choses en train de se faire…

Hans-Jörg Rheinberger
Irréductions

Stéphane Van Damme
L’Espoir de Pandore et les historiens des sciences

Guillaume Lachenal
Allo Latour

Grégory Quenet
Pour des sciences terriennes

Sylvain Parasie
Le médialab et l’héritage de Bruno Latour

Noortje Marres
Le point de vue non humain
De l’impossibilité d’une coexistence avec l’IA

Tim Lenton
J’ai quand même écrit le livre

Alexandra Arènes
L’acteur- réseau, créateur de collectifs

Martin Guinard
Des expositions de pensées

Adam Lowe
Conversations avec des images et des artéfacts
Mêler culture, nature, science et technologie

Jean-Michel Frodon
Assemblages sensibles : des formes qui pensent

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
La conversation continue…

Déborah Bucchi
À propos de ce verbe, écologiser

Jérôme Gaillardet
La Terre est mal traitée

Frédérique Aït-Touati
Penser par figures
Sur l’apparition de quelques êtres de fiction dans la philosophie de Bruno Latour

Joseph Leo Koerner
La Mer de glace

Verónica Calvo Valenzuela
Vers une anthropologie de la zone critique

Estelle Zhong Mengual
Comment ne pas (dés)animer le monde vivant dans les oeuvres ?

Nikolaj Schultz
Trois points de notre Mémo

Serge Gutwirth
Bruno Latour, le droit, l’intrusion de Gaïa et la résurgence des communs

Horatia Muir Watt
Que faire ? IUS/FIC/MET… Rêve !

Sébastien Dutreuil
Que peuvent faire les science studies et la critique dans le nouveau régime climatique ?

Delphine Gardey
Peupler les mondes, soutenir et pluraliser les parlements

John Tresch
L’oeuvre inachevée de Bruno Latour
Le compositionnisme, ou la science sans la nature

Clive Hamilton
Nos désaccords politiques

Pierre Charbonnier
Sortir des ruines
Bruno Latour et le nouveau basculement du monde

Frédéric Louzeau
La ligne de front

Frédéric Ramel
Une chaconne pour le nouveau régime climatique

Sabine Chalvon-Demersay
« Ils m’ont appelé l’Obscur, mais mon propos était de mer »
À propos du chapitre « Divination du poème de Saint-John Perse »

Pierre Montebello
Le concept de nature et l’attachement à la Terre

Denis Laborde
De l’apologue de Tarkovski à la Passion de Bach, le son de la Terre

Émilie Hache
Exégèse et salut des terrestres

Frédéric Gros
Pensée chrétienne et appropriation écologique

Vinciane Despret
Bruno Latour, chercheur terrestre

Grégory Delaplace
Apparitions, métamorphose, reproduction
Bruno Latour et les morts

Nastassja Martin
De très grands vents

Collectif – Maryasha Barbé, Guillaume Caër, Thierry Claerr, Odile Gaultier-Voituriez, Stéphanie Grayot-Dirx, Hervé Marchal, Yann Potin, Émilie Rouilly et Martine Sin Blima-Barru
Assembler et associer les traces
Les archives et bibliothèques de Bruno Latour

Bruno Karsenti
Conclusion – Singulatim et omnes

Ólafur Elíasson
Enchevêtrements plus qu’humains

Liste des sigles et des modes
À propos de Bruno Latour


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Renaud Larsen, Jacques Steiwer : De la Souveraineté

 Samsa - Mars 2026


La Souveraineté des États et des citoyens, interroge l’un des concepts les plus anciens de la philosophie politique à la lumière des défis les plus récents¯: l’intelligence artificielle, la souveraineté numérique et la maîtrise des données. De Bodin à Rousseau, de Hobbes à Marx, Jacques Steiwer et Renaud Larsen retracent les métamorphoses de la souveraineté : pouvoir absolu, volonté générale, contrat social ou dictature du prolétariat. Mais leur réflexion se déplace aussi vers notre présent, où les algorithmes, les infrastructures en nuage, la dépendance aux plateformes et la circulation mondiale des données redessinent les contours de l’autorité politique. À qui appartiennent nos données ? Une démocratie peut-elle subsister si ses réseaux de communication, ses outils de décision ou sa défense reposent sur des technologies contrôlées par d’autres puissances ? L’intelligence artificielle, en automatisant l’évaluation, la surveillance et la prédiction, crée-t-elle une nouvelle forme de souveraineté, extra-étatique et potentiellement hégémonique ? En articulant rigueur philosophique, analyse historique et expertise technologique, cet essai éclaire la souveraineté comme enjeu nodal du xxie siècle : entre héritage théorique et reconfiguration numérique, entre autonomie des peuples et empire des algorithmes.

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Marie José Mondzain : Peine Kapital. Monologue avec l’intelligence artificielle

 La Fabrique - Avril 2026


Qu’est-ce donc qu’une « intelligence » sans cerveau et sans corps ? Alors qu’on nous promet avec l’IA le meilleur comme le pire, Marie José Mondzain choisit, au gré de ses échanges avec ChatGPT, d’interroger le robot sur ses « angles morts ». Exercice à la fois ludique et sérieux où la machine, « privée de toute imagination faute d’accès au désordre et au chaos », ne peut nier par exemple le dessein qui anime ceux qui la programment – et qui a tout à voir avec le pouvoir et la dépossession que nous impose le règne du Capital : « la décapitation symbolique et programmée de toutes les têtes dont on attend la soumission ». Se dessinent pourtant au détour de cette « conversation » des voies pour résister au décervelage par la « grâce de nos ruses », dont quelques personnages de Lewis Carroll, une exposition au Jeu de Paume, la puissance des plantes saxifrages et d’autres motifs empruntés à la philosophie, aux arts et aux sciences forment le prétexte.

Marie José Mondzain est philosophe, directrice de recherche émérite au CNRS. Elle est l’autrice de nombreux ouvrages dont, à La fabrique, K comme Kolonie. Kafka et la décolonisation de l’imaginaire (2020).

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jeudi 19 mars 2026

Thierry Coquand : La théorie des types, de Russell aux assistants à la démonstration

 Collège de France éditions - Mars 2026


Introduite par Bertrand Russell pour éviter les paradoxes qui apparaissent en mathématique si l’on utilise de manière trop naïve la notion de collection d’objets, la théorie des types a été raffinée par la notion de type dépendant. Outre son rôle important dans la formalisation des preuves mathématiques, cette notion présente également un intérêt conceptuel intrinsèque en logique et en informatique. Ce livre retrace l’histoire récente de ces découvertes, de la vérification des preuves sur ordinateur à la synergie qui est en train de s’établir entre la théorie des types dépendants et la théorie de l’homotopie.

Thierry Coquand est depuis 1996 professeur en informatique à l'université de Göteborg (Suède). Ses recherches portent sur les mathématiques constructives, la théorie des types et ses applications pour la représentation des preuves sur ordinateur ainsi que la sémantique des langages de programmation. Récipiendaire du prix Kurt Gödel Centenary Research en 2008 pour ses recherches en logique et de l’ACM SIGPLAN Programming Languages Software Award en 2013 pour ses travaux sur les assistants de preuve, il a été professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle Informatique et sciences numériques pour l’année académique 2024-2025.

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Gilles Hanus : La parenté des langues. Langage et traduction selon Walter Benjamin

 Eliott - Mars 2026 - L'éclectique


Un essai original sur Walter Benjamin
Et si le langage n'était pas d'abord social ? S'il n'était pas, contrairement aux apparences aveuglantes, un simple moyen d'exprimer quelque chose ? S'il était plutôt le milieu rendant possible l'expression ? Ce sont ces hypothèses qui fondent l'étonnante conception du langage de Walter Benjamin, exposée dans un texte difficile et inspirant écrit à l'âge de vingt-quatre ans et resté inédit du vivant de son auteur. Le langage ne serait pas d'abord communication mais nomination, c'est-à-dire aptitude à saisir le langage muet des choses pour lui conférer une forme plus parfaite – ce que fit, à en croire Benjamin, Adam nommant les animaux que Dieu lui présentait. Qu'en est-il dès lors de la traduction ? se demande Benjamin. Elle ne saurait se réduire au passage d'une langue à une autre frayant aux lecteurs étrangers un accès à l'original, mais vise à rendre patente la parenté des langues, à réactiver le souvenir de la langue adamique, sous une forme neuve, annoncé par certains textes prophétiques.

Docteur en histoire et sémiologie du texte et de l’image, Gilles Hanus enseigne la philosophie dans le secondaire et dirige les Cahiers d’études lévinassiennes. Il est l’auteur de Échapper à la philosophie ? Lecture de Lévinas (Verdier, 2012) ; Benny Lévy, l'éclat de la pensée (Verdier, 2013) ; Penser à deux ? Sartre et Benny Lévy face à face (L’Âge d'homme, 2013) ; Sans images ni paroles : Spinoza face à la révélation (Verdier, 2018) ; Relief de la mémoire. Théorie des trous de mémoire (Liber, 2022) ; Éloge du tact (Liber, 2023) et Une langue unique. Rousseau, Babel et la civilisation (Éliott, 2024) et La parenté des langues. Langage et traduction selon Walter Benjamin (Éliott, 2026). Préface du liver : "Le noyau et l'écorce"

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Études Renaniennes, n° 124 : Renan entre religion(s) et laïcité (dir. Maurice Gasnier)

 Classiques Garnier - Mars 2026


La revue Études Renaniennes publie des articles sur la vie et l’œuvre d’Ernest Renan, philosophe, linguiste, historien des religions, écrivain, penseur politique et citoyen engagé.


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mercredi 18 mars 2026

Les études philosophiques N° 4, 2025 : Spinoza et la pensée arabo-musulmane (I)

 PUF - Mars 2026


Les sources arabo-islamiques de la philosophie de Spinoza, I Le colloque international "Les sources arabo-musulmanes de la pensée de Spinoza", qui s'est tenu en Sorbonne en novembre 2024, a constitué la première tentative de prendre pour objet la relation de Spinoza à la tradition philosophique arabo-islamique médiévale (Kalam et Falsafa) : il s'agissait …
Les sources arabo-islamiques de la philosophie de Spinoza, I Le colloque international "Les sources arabo-musulmanes de la pensée de Spinoza", qui s'est tenu en Sorbonne en novembre 2024, a constitué la première tentative de prendre pour objet la relation de Spinoza à la tradition philosophique arabo-islamique médiévale (Kalam et Falsafa) : il s'agissait de comprendre les voies de transmissions, d'évaluer dans quelle mesure les débats, les thèmes et les concepts caractéristiques de cette tradition imprègnent la culture et les écrits de Spinoza, ainsi que d'enrichir le panorama que nous en avions jusqu'ici.
Sans prétendre épuiser le sujet, les contributions ont mis en évidence la large connaissance que Spinoza avait des thèmes et des arguments développés par les penseurs arabo-islamiques (Kalam et Falsafa) qu'il y adhère ou non, qu'il s'en inspire pour construire sa propre doctrine ou qu'il en fasse un usage critique. Elles ont montré que le dialogue avec cette tradition concerne tous les champs dans lesquels la philosophie de Spinoza s'est développée (métaphysique, cosmologie, théorie de la connaissance, éthique, philosophie de la religion et politique).
La publication des actes fera l'objet de deux volumes de la revue. Le premier rassemblera les études liées aux voies de diffusion des oeuvres et des doctrines des penseurs arabo-musulmans au XVIIe s. et dans le cercle de Spinoza ; les études sur le rapport de la pensée de Spinoza à la tradition du Kalam ainsi que le premier volet du dossier sur le rapport de la pensée de Spinoza à la Falsafa, consacré aux questions métaphysiques.
Le second concernera le rapport de la pensée de Spinoza à la Falsafa sur les questions de cosmologie, de théorie de la connaissance et les questions éthiques, politiques et de philosophie de la religion.

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Ghyslain Lévy : L' Idiot intime. L’enfant médusé de la psychanalyse

 Ithaque - Avril 2026


En chacun de nous, enfoui dans les plis de l’enfance, reste caché aux autres et d’abord à soi-même, ce qu’on pourrait appeler l’idiot intime, pour dire ce qui, médusé sous le sérieux du monde, demeure dans une sorte d’innocence fragile et insouciante, évoquant les silhouettes dégingandées de Charlot ou de Tati. Cette forme de l’intime, dérisoire et toujours aux marges, souvent recouverte par la honte, se loge, clandestine, dans ces lieux interdits de la mémoire, sur les bords de nos souvenirs. Dans la confrontation si fréquente de l’actuel et de l’originaire, le sujet rencontre continuellement cet éprouvé primitif du devenir-idiot, même si c’est souvent sous le mode traumatique de l’effroi médusant. C’est cet infantile médusé qui fait trace chez l’adulte – trace oubliée, effacée, honteuse –, et qui constitue une force de résistance de la psyché face au désentravement de la pulsion, au désir de non-désir, et au rejet de vivre imposé au je. Cette part d’un quant à soi indivulgable s’appelle aussi l’allégresse. Celle-ci partage avec l’idiot intime cette présence à la fois légère et trouble, qui est notre façon d’habiter le temps que nous sommes en train de vivre. C’est à ces figures de l’intériorité que l’on donne ici la parole, car elles se rejoignent en un point intime d’invincibilité, de résistance solaire, absurde, en chacun.

Ghyslain Lévy, psychiatre et psychanalyste à Paris, est membre du Quatrième Groupe et écrivain. Auteur de nombreux ouvrages, ses dernières publications incluent «Kafka et le palimpseste de l’autobiographie» (2025, article en ligne sur le site du Quatrième Groupe), L’Allégresse ou l’humour de la vie (avec Charlotte Segonzac, 2025), ainsi que Malaise dans la fraternité (2024).

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Thierry Pauchant : L'Économie sociale de Condorcet et Adam Smith. Refonder l'économie face aux dérives actuelles

 Classiques Garnier - Mars 2026


La pensée économique actuelle accroit les inégalités, épuise la planète et dénie la démocratie. Il nous faut un autre récit. Ce livre démontre que l'appellation « économie sociale » fut introduite en France en 1790 pour décrire le modèle d'Adam Smith. Pour se faire, il présente un résumé inconnu de La Richesse des Nations, publié durant la Révolution par Condorcet, pour inspirer la future république. Alors que l'économie sociale et solidaire manque de figures emblématiques et de théories performantes, ce livre décrit ses fondations, développées aujourd'hui par Amartya Sen, Martha Nussbaum et Joseph Stiglitz. Il présente aussi comment des entreprises et les Nations unies actualisent ces fondations, face à la montée de l'ultralibéralisme.

Thierry Pauchant est professeur honoraire à HEC Montréal où il a fondé la chaire de management éthique. Franco-canadien, diplômé de la Sorbonne, UCLA et USC, il est l'auteur de plus de 200 publications, dont 13 livres. Il est aussi administrateur et consultant dans l'économie sociale et durable, notamment via le CIRIEC au Canada, l'Institut Veblen en France et l'UNTFSSE aux Nations unies.

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Bérénice Palaric : Penser l'Europe, le christianisme et la démocratie. L'oeuvre tardive d'Ernst Troeltsch

 Classiques Garnier - Mars 2026


Figure intellectuelle majeure de l'Allemagne du premier XXe siècle, Ernst Troeltsch demeure pourtant largement méconnu en France. S'appuyant sur des sources en grande partie inédites, cet ouvrage reconstitue l'unité de son oeuvre tardive (1913-1923), marquée par son engagement pour la République de Weimar et sa refondation de la philosophie de l'histoire face à la « crise de l'historisme ». Porté par l'ambition d'une « synthèse culturelle de l'européanisme », Troeltsch élabore une herméneutique critique des idéaux culturels européens afin de redonner à ses contemporains un horizon éthique et spirituel capable de les orienter contre le relativisme, le matérialisme, et la montée des extrêmes.

Bérénice Palaric est maîtresse de conférences à l'UFR d'études germaniques et nordiques de Sorbonne Université et membre de l'UMR SIRICE (Sorbonne, identités, relations internationales et civilisations de l'Europe) et du groupe de recherche sur la culture de Weimar. En 2024, elle a soutenu sa thèse intitulée « Européanisme et synthèse culturelle dans l'oeuvre tardive d'Ernst Troeltsch (1913-1923) ».

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mardi 17 mars 2026

Paul Clavier : Kant bipolaire. Kemp Smith, lecteur de la Critique

 Eliott - Mars 2026


La Critique de la raison pure est un des monuments les plus célèbres de la philosophie. Qu’on partage ou non ses thèses, on s’incline avec révérence devant la statue de Kant. On célèbre l’homme des Lumières qui met fin aux luttes stériles du dogmatisme et du scepticisme. Grâce à Kant, nous savons que nous ne connaissons pas les choses en soi, mais seulement les phénomènes. Qui oserait mettre en doute la rigueur et la cohérence du philosophe de Koenigsberg ? Pourtant, les premiers lecteurs de Kant ont mis à jour des contradictions fatales. Par suite, les commentateurs ont oscillé entre deux interprétations également étayées : l’idéalisme intégral (selon lequel nous n’avons affaire qu’à des représentations) ; le réalisme (dans lequel la justification de la connaissance repose en définitive sur un monde de choses en soi). Et si Kant n'était en définitive ni réaliste, ni idéaliste, mais seulement bipolaire ? C’est la voie ouverte en 1918 par Norman Kemp Smith, célèbre traducteur de la Critique en anglais, qui décèle chez Kant un conflit de tendances insoluble. L’ouvrage de Paul Clavier explore cette féconde bipolarité de la pensée kantienne, tiraillée entre une humeur idéaliste où le sujet fabrique de toutes pièces une nature soumise à des lois universelles et nécessaires, et une humeur réaliste où les conditions de la connaissance sont dictées par la structure matérielle du monde. On découvre alors un Kant rusé, astucieux, parfaitement conscient des impasses dans lesquels il s’est fourré…

Paul Clavier, philosophe, est Professeur à l’Université de Lorraine. Il est l’auteur de Kant, Les idées cosmologiques (1994), Le concept de monde (2000), Ex nihilo (2 vol., 2011). Il a récemment publié Les avatars de la preuve cosmologique (2023, Éliott) qui a obtenu le Prix La Bruyère de l’Académie française.

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David Hume : Essais esthétiques (Renée Bouveresse éd. et trad.)

 Flammarion - Mars 2026 - GF


Les essais que Hume (1711-1776) consacra à l'esthétique demeurent sans doute le premier témoignage d'une esthétique expérimentale. Comment concilier le relativisme du goût avec les normes universelles dont ce dernier se prévaut par ailleurs ? Pour tenter de mener à bien ce défi, et en pratiquant un genre littéraire qu'il affectionnait particulièrement, Hume formule ce faisant un art de la philosophie.

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Dominique Méda : Le travail. Pourquoi travaillons-nous ?

 Autrement - Mars 2026


Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi occupe-t-il une place si essentielle dans nos vies et dans la société ? Facteur d'émancipation, de bien-être, source de reconnaissance sociale, le travail est aussi synonyme d'effort, de contrainte, d'inégalités, et parfois d'usure extrême. Dominique Méda interroge notre rapport complexe au travail sous toutes ses formes : rémunéré, bénévole, domestique, créatif. Elle mobilise analyses philosophiques, historiques et sociologiques, convoque Karl Marx, Hannah Arendt ou Simone Weil, tout comme le cinéma, la littérature et le théâtre, en plus de son expérience personnelle. Sa réflexion éclaire l'époque et nous invite à repenser le sens, la place et la valeur du travail dans notre existence pour renouer avec nos besoins et nos espoirs.

Spécialiste reconnue des politiques sociales et de l'emploi, Dominique Méda est professeure de sociologie à Paris Dauphine-PSL et membre de l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO) qu'elle a dirigé de 2014 à 2023. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages, parmi lesquels Qu'est-ce que la richesse ?, La Mystique de la croissance et Une société désirable (Flammarion, 2025).

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Raymond Guérin : La Confession de Diogène

 Sillage - Février 2026


Publiée en 1947, La Confession de Diogène est l’autobiographie fictive du plus célèbre des philosophes cyniques. Mais si Guérin fait revivre, avec autant de virtuosité que d’irrévérence, les grandes cités grecques du ive siècle, il y place également beaucoup de l’Europe des années 30 et 40.
Fait prisonnier dès le début de l’offensive allemande, Guérin a passé près de quatre ans au stalag et en est revenu profondément amer. Si son Diogène est fidèle à l’image que les siècles nous en ont laissée, c’est aussi son propre portrait qu’il esquisse à travers celui d’un homme qui s’est juré de n’être plus dupe de rien.
Revêche, narquois, sans illusions, sans craintes et sans attaches, Diogène écorne à peu près tous ses contemporains, de Platon à Alexandre, en passant par Xénophon et Démosthène. Il ne se soucierait plus de rien ni de personne – s’il ne restait, au fond, irrévocablement sentimental.

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