lundi 14 septembre 2026

Dominique Corpelet : Borges, écrire (contre) l’infini

 PU de Vincennes - Septembre 2026


L'œuvre de Jorge Luis Borges tourne autour du concept d’infini. Quel est son impact sur l’écriture? Cet ouvrage vise à lire Borges à la lumière de Lacan, tout en évitant une interprétation infinie. En retour, il cherche à relire Lacan à la lumière de Borges.
Borges a tissé son œuvre autour d’un signifiant, l’infini. Il s’agit de l’infini actuel, qui se distingue de l’infini potentiel. Philosophes et mathématiciens s’y sont intéressés. L’infini potentiel, constitué d’unités discrètes qui se répètent selon le principe de récurrence, relève du symbolique, alors que l’infini actuel, lui, est réel, plein, sans trou.
L’infini est pour Borges un cauchemar, un impossible à supporter, le réel qu’il tente de traiter par l’écriture. Le motif du labyrinthe, omniprésent dans ses textes, en constitue un premier traitement par la représentation mais, parce qu’en partie imaginaire, il reconduit à l’infini. L’infini ne cesse pas de ne pas s’écrire et l’écriture borgésienne, qui tourne autour, porte la marque de l’illimité.
L’écrivain ne renonce pas à mordre sur ce réel. À cette fin, il en appelle à la logique. Mais tout ne passe pas à l’écriture et Borges se heurte tôt ou tard aux impasses de la formalisation. Se pourrait-il que la lettre, au sens lacanien du mot, borde ce monstre qu’est l’infini ? Autant de questions qui intéressent l’expérience analytique.

Dominique Corpelet est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse, docteur en psychanalyse et enseignant au département de psychanalyse de l’université Paris 8.

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Enguerran Macia : Anthropologie de l'orgasme

 La Découverte - Septembre 2026


En mobilisant les différents savoirs produits sur l'orgasme, ce livre montre que ce phénomène complexe est tout autant déterminé par notre matérialité corporelle que par la vie en société et la culture dans laquelle nous évoluons. Et, bien que pris dans ces jeux de contraintes, chacun est également acteur d'une construction de soi comme sujet jouissant.
L'orgasme et le plaisir sexuel sont des phénomènes étonnamment peu abordés par la recherche. En biologie, ils sont subsumés sous la fonction reproductive. En anthropologie, ils disparaissent derrière l'analyse des systèmes d'alliance et de parenté. En psychologie, la libido et les psychopathologies finissent par les effacer.
L'orgasme constitue pourtant un prisme particulièrement éclairant pour appréhender la condition humaine. En quelques secondes, il condense tout notre être-au-monde. Il prend racine dans les corps, dans une biologie commune non seulement à tous les membres de notre espèce mais aussi à une partie non négligeable du vivant. Il nous renvoie également à notre vie psychique : les désirs et les fantasmes contribuent à le moduler et, en brouillant quelques instants les repères de la conscience, il permet d'autant mieux de la révéler. Dans l'espèce humaine, les normes sociales et culturelles déterminent ses représentations et ordonnent les pratiques permettant de le vivre : nous n'avons pas toutes et tous les mêmes chances de jouir de notre sexualité selon la culture dans laquelle nous sommes immergés, selon notre milieu d'appartenance ou notre genre.
À travers une approche interdisciplinaire, inter-populationnelle et inter-espèces, ce livre entend éclairer les multiples déterminants à l'œuvre dans ce phénomène si singulier, pour répondre à des questions dont les enjeux sont considérables : l'orgasme est-il le propre de l'humain ? Quelle serait sa fonction biologique ? Quelles sont ses implications sociales ? La jugulation du plaisir sexuel pourrait-elle être considérée comme un des fondements des sociétés humaines ? Comment les mondes de vie influent-ils sur la jouissance des hommes et des femmes ?

Enguerran Macia est directeur de recherche au CNRS. Anthropologue bio-culturel, il a notamment publié Dans la peau d'une femme de plus de 65 ans (Armand Colin, 2013) et codirigé Biopolitiques en Afrique de l'Ouest (Karthala, 2022).

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Walter Benjamin : Sur le langage (commentaire de André Hirt)

 Kimé - Septembre 2026


Petit texte important de Benjamin mais difficile. Le commentaire d'André Hirt permet d'accéder avec plaisir à cette thématique. Nouvelle traduction d'André Hirt
Dans son essai Sur le langage en général et sur le langage humain (1916), Benjamin expose une métaphysique du langage en vérité très déroutante pour nous aujourd'hui. Sa thèse fondamentale repose sur l'idée que l'être est langage dans la mesure où tout ce qui existe a part au langage. Le langage n'est pas exclusivement propre à l'homme parce qu'il n'est aucunement le seul à participer à l'être. Plus exactement, tout ce qui existe tend au langage en ce sens que toute chose « tend à la communication de contenus spirituels ». Il est vrai, toutefois, que le langage est ce par quoi l'homme participe « à la plus haute essence spirituelle », étant donné que cette dernière, « telle qu'elle se manifeste dans la religion, repose exclusivement sur l'homme et en lui sur le langage. » Il faut noter d'emblée, à la suite de Benjamin, l'identification essence linguistique/essence spirituelle qui conduit à une « métaphysique du langage », soit à la métaphysique comme langage. Autrement dit, la métaphysique n'est pas essentiellement connaissance au sens de théorie supérieure du connaissable parce qu'elle doit être préalablement et entièrement fondée sur et articulée par le langage. Celui-ci forme l'objet ou le contenu vrai de la métaphysique tout comme il constitue le sujet opérateur de sa pensée. C'est ce qui distingue cette théorie de la conception kantienne. La reformulation de la métaphysique par le biais du langage forme la part décisive de sa reconsidération dans l'optique d'un « Programme de la philosophie qui vient ». Plus avant, philosophie du langage et métaphysique se lient à la religion dans le « concept de révélation. »

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Jérôme de Gramont : Peut-être, le sens

 Hermann - Septembre 2026


L’être est ce qui est, tautologie devant laquelle la pensée n’a plus qu’à s’incliner, mais le sens est ce qui vient, ou plutôt ce qui peut venir, possibilité adossée à la possibilité adverse que rien ne vienne, qu’aucun événement, nécessairement incalculable, ne mette fin à l’insistance de la nuit ou le fardeau de l’être. L’il y a est le prénom de l’être, peut-être la modalité du sens. Un conflit s’est ouvert entre sens et non-sens, jour et nuit, poétique et impoétique, saurons-nous le traverser et en penser l’essentielle dissymétrie ? Que dans ce balancement des possibles, notre existence puisse pencher d’un côté plutôt que l’autre, la promesse l’emporter sur le danger ? Quelle raison avons-nous d’espérer dans le possible le plus fragile, celui du sens, un à-peine possible, improbable, presque un impossible, retenu dans l’espérance d’un peut-être ?

Jérôme de Gramont est philosophe et professeur à l’Institut catholique de Paris. Il a publié une dizaine d’ouvrages qui traitent notamment de la phénoménologie dans son rapport à la question du commencement et à la littérature. Il a notamment publié Le commencement à venir (2022), L'évidence perdue. Atelier philosophique 1 (2023) et Le destin de la phénoménologie. Atelier philosophique 2 (2025).

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Vladimir Broda : De l'irreprésentable à l'irreprésenté. Entre éthique et esthétique, la fiction au coeur du témoignage

 Hermann - Septembre 2026


Le Fils de Saul de László Nemes aura déplacé les coordonnées du visible en fracassant le paradigme de l'irreprésentable. Le film invente une forme de témoignage qui ne cède ni à la sidération ni à l’obscénité de la monstration. Il fait apparaître, au cœur même de l’image, ce qui ne s’y laisse pas aisément inscrire : non seulement l’irreprésentable, mais l’irreprésenté.
À partir de cet acte cinématographique, Vladimir Broda propose une réflexion où se croisent théorie du témoignage, psychanalyse lacanienne et philosophie de l’image. L’enjeu n’est plus seulement de penser ce qui échappe à toute représentation, mais ce qui demeure en attente de forme, au bord du visible et du dicible. Avec la figure du Muselmann, témoin intégral parce qu’impossible à faire parler, c’est toute la question de la transmission qui se trouve déplacée : comment faire image de ce qui n’a pas eu lieu dans l’image, comment transmettre ce qui n’accède à la parole qu’à partir de son manque même ?

Vladimir Broda est docteur en psychanalyse et psychopathologie, enseignant-chercheur en histoire et théorie du cinéma, membre du CRPMS (Université Paris-Cité) et chercheur associé à l'UQAM (Québec). Il enseigne à l'Université Paris-Cité, à l'EICAR Paris et à Aix-Marseille Université. Il travaille sur la question de ce que le cinéma de fiction permet de dire et de transmettre là où les mots s'effondrent.

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dimanche 13 septembre 2026

Sandra Laugier : Prendre les séries au sérieux ?

 CNRS Editions - Septembre 2026


Buffy, The L Word, Game of Thrones, The Handmaid's Tale, The Crown, Succession, Lupin, La Fièvre... Qu'elles soient récentes ou devenues cultes, les séries télévisées constituent l'un des derniers espaces culturels massivement partagés où les valeurs de démocratie, d'égalité, de justice sont encore pour un temps préservées, défendues, exprimées, visibles.
Or cette puissance s'accompagne d'une hostilité croissante : les séries sont accusées par les critiques réactionnaires d'être le laboratoire du " wokisme ", dénoncées par d'autres comme des produits aliénants de l'industrie du streaming. À rebours de ces visions, que Sandra Laugier analyse comme révélatrices d'un malaise plus profond face à la culture populaire, cet essai propose de considérer que, loin de nous priver d'un temps précieux, les séries éveillent des formes d'empathie, d'attention et de discernement qui sont au cœur de la vie démocratique.

Professeure de philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l'institut universitaire de France, Sandra Laugier a dirigé le projet de recherche européen ERC DEMOSERIES sur les séries, la sécurité et la vie démocratique.

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Coralie Camilli : Une saison en prison

 PUF - Septembre 2026


Qu’est-ce qu’être libre ? Emprisonnée pendant plusieurs semaines au Japon, Coralie Camilli s’est posé la question en philosophe. L’histoire immémoriale de la philosophie n’a cessé de nous enseigner que la liberté véritable était celle de l’individu enfin laissé à lui-même, restitué à son intimité profonde, débarrassé de tout ce qui pourrait encombrer sa vie ou sa pensée. Enfermée entre les quatre murs d’une cellule, c’est tout le contraire qui, soudain, se révèle : abandonné à ses propres pensées, réduit à la solitude, l’être humain n’est plus rien qu’une créature perdue, incapable de penser. La solitude, l’isolement sont ce qui empêche la liberté. Pour être libre, il faut tout un monde – tout cet excès d’accessoires, de superflu, qui fait de la vie une sorte d’étrange aliénation.
Puisant dans son expérience personnelle comme dans la pensée grecque, dans la théologie hébraïque comme dans l’histoire du droit, Coralie Camilli livre un plaidoyer vibrant pour la réconciliation avec le dehors.

Coralie Camilli est philosophe. Elle enseigne à l’université de Corse. Également championne de boxe et d’aïkido, elle est l’autrice en « Perspectives critiques » de L’art du combat (2020), traduit en plusieurs langues.

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Franz Rosenzweig : Introduction aux Écrits juifs de Hermann Cohen

 Eliott - Septembre 2026


Une rélfexion sur le Judaïsme dans la pensée allemande du Xxe siècle
L’Introduction aux Écrits juifs de Hermann Cohen est remarquable à bien des égards. Elle offre d’abord une vue d’ensemble sur l’œuvre du philosophe néo-kantien, Hermann Cohen, abordée cependant depuis un point particulier mais au fond central : celui de son rapport au judaïsme, de plus en plus explicitement présent dans ses travaux et qui en constitue le noyau sous-jacent. Elle témoigne par ailleurs de l’étrange rapport de Franz Rosenzweig à son « maître » dont il ne partageait pas les thèses mais qu’il tenait pourtant pour l’unique vrai philosophe de sa génération et auquel il attribuait un rôle crucial dans sa propre pratique de la pensée ainsi que dans son existence. Elle s’inscrit enfin dans la dynamique du judaïsme allemand du début du XXe siècle et, de ce fait, dans l’histoire de la vie intellectuelle allemande. L’intérêt de cette traduction inédite est triple : elle propose une relecture de l’ensemble de l’œuvre de Cohen à la lumière de son judaïsme, permet de saisir la façon dont Rosenzweig s’empara de certains éléments de la pensée de son maître pour élaborer sa propre pensée ; elle regorge d’informations sur la vie intellectuelle et politique du judaïsme allemand du début du vingtième siècle et peut donc intéresser les historiens comme les philosophes.

Traduit de l’allemand et préfacé par Gilles Hanus

Franz Rosenzweig (1886-1929) est l’un des penseurs allemands les plus originaux du début du XXe siècle. Auteur d’une thèse remarquée sur Hegel et l’État, dirigée par Friedrich Meinecke, il est surtout connu pour un livre difficile et inspirant qui effectue une sorte de synthèse de l’idéalisme allemand dans sa forme schellingienne et des textes traditionnels du judaïsme qu’il redécouvrait : L’Étoile de la rédemption. Inclassable, le livre exerça une influence durable sur de nombreux penseurs allemands, juifs ou non. Rosenzweig créa également une maison d’étude juive et écrivit de nombreux articles dont plusieurs sont traduits en français. Atteint de la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique), il mourut à l’âge de quarante-trois ans, après des années de paralysie progressive durant lesquelles il travailla avec Martin Buber à une nouvelle traduction allemande de la Bible hébraïque.

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Gérard Raulet : Humanisation de la nature, naturalisation de l'homme. Ernst Bloch ou le projet d'une autre rationalité

Klincksieck - Septembre 2026


Pour Bloch l’expérience du monde ne s’arrête jamais dans une figure définitive : ni dans la glorification de la Technique, ni dans le mythe d’une Nature imposant sa loi (telle qu’interprétée par les hommes). En reprenant à son compte la formule célèbre de Marx « Humanisation de la nature, naturalisation de l’homme », ce livre veut contribuer à une théorie critique des rapports entre le projet humain et la nature.
Les deux premières parties, dont une première édition est parue en 1982, proposent une lecture de la philosophie blochienne reposant sur une reconstruction de sa méthode. Elles débouchent sur le projet d’une nouvelle rationalité pratique que développe l’édition augmentée en situant la pensée de Bloch au coeur de débats épistémologiques toujours pertinents aujourd’hui ― le néo-kantisme, la phénoménologie et l’anthropologie philosophique.

Gérard Raulet est Professeur émérite d’histoire des idées allemandes à l’Université Paris-Sorbonne. Auteur de nombreuses publications en langue allemande, il a reçu en 2023 le Prix Helmuth Plessner pour ses publications sur l’anthropologie philosophique. Il a contribué de façon décisive à la réception de Bloch en France avec les collectifs Utopie-marxisme selon Ernst Bloch (Hommages à Ernst Bloch pour son 90e anniversaire, 1976) et Stratégies de l’utopie (en collaboration avec Pierre Furter, 1979). Ses autres publications portent sur les Lumières, l’idéalisme allemand, la Théorie critique et l’anthropologie philosophique. Derniers ouvrages en français : L’Éducation esthétique selon Schiller. Une contribution à l’archéologie du libéralisme (2023). Lumières politiques (2024). Édition des thèses de Walter Benjamin Sur le concept d’histoire (en allemand : Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 2010, en français : Paris, Klincksieck, 2023).

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Franck Jedrzejewski : D'une langue à l'autre. Poétique des écritures hétéroglottes

 Honoré Champion - Septembre 2026


Lorsqu’un texte bascule d’un idiome dans un autre, le changement de langue signe un rapport singulier du poète à sa langue. Du Moyen Âge à nos jours, le multilinguisme, ou ce que nous appelons d’un terme générique, l’hétéroglossie, a évolué au fil des ans, selon les environnements, les contextes socio-culturels et l’histoire locale. En retracer l’évolution, plus du point de vue de la poétique que de la sociologie, en mettant en évidence, à même le texte, des charnières hétéroglossiques qui ont structuré ces états d’entre-langues est l’hypothèse de cet ouvrage. Des sirventès plurilingues au code-switching, des traductions homophoniques, des bloconymes mixtiglottes à l’herméneutique des hétérolalies, l’emprunt à la langue de l’autre n’est jamais neutre et signe le mystère d’une globoglossie à déchiffrer. Franck Jedrzejewski est mathématicien, docteur en philosophie et en musicologie. Ancien vice-président et directeur de programme au Collège International de philosophie, il mène des recherches transdisciplinaires entre musique, philosophie et mathématiques, sur le sens, les catégories, l’atonalité et les avant-gardes des années 1920.

Franck Jedrzejewski est mathématicien, docteur en philosophie et en musicologie. Ancien vice-président et directeur de programme au Collège International de philosophie, il mène des recherches transdisciplinaires entre musique, philosophie et mathématiques, sur le sens, les catégories, l'atonalité et les avant-gardes des années 1920. Du même auteur : L'Ombre des mots. Le sens dans les écritures expérimentales. Préface de Jean Pruvost, Honoré Champion, 2013.

Sommaire

Introduction

Le multilinguisme médiéval
- L’épître farcie
- Coblas et sirventès multilingues
- Aï faux ris
- L’utopie multilingue
- Farcissures multiglottes
- Micmacaronées
- Farces et théâtre en jargon

Le plurilinguisme dialectal
- Maître Pathelin
- Monsieur de Pourceaugnac
- Pêche aux lançons
- Chacain sen lot
- La mère Françouèse
- Intraduisibles diatopismes
- Enterbouécher les mots
- Une loche empôgenée

Excursions diatopiques
- Fougnants en bisbrouille
- Bacelles et gochenots
- Lambig et korrigans
- Arpitan et félibrige
- Via Merulana
- Hosn rosn baa
- Échos du bayou
- Chiac, joual et brayon

Écritures postcoloniales
- Le bilinguisme de l’autre
- L’exotisme des pérégrinismes
- Rituels africains
- Langues maternelles
- Pidgins inventés
- Archipels créoles
- Tempi de la mangrove
- Traits d’union insulaires

Festons polyglottes
- Salades de langues
- Dada polyglotte
- Poèmes simultanés
- Glottothèque oulipienne
- Poésies visuelles hétérolingues
- Exils européens
- La tchatche des técies
- Syllaboratoire mixtilingue
- Code switching, code mixing

Expérimentations hétéroglottes
- Babbelers thangas
- L’autrement des langues
- Collages translangues
- Chaos plurilingue
- Pornolalies hétéroglottes
- Androgynie des langues
- Bloconymes mixtiglottes
- Herméneutique des hétérolalies
- Poésie transductive

Conclusion
Bibliographie

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samedi 12 septembre 2026

Rainer Mühlhoff : Intelligence artificielle & nouveau fascisme

 Agone - Septembre 2026


Cet ouvrage constitue une analyse de la manière dont l'IA est présentée au grand public, à savoir comme une avancée technologique porteuse de solutions pour divers problèmes auxquels l'humanité doit faire face. Une image en contradiction avec la réalité des faits, puisque Rainer Mühlhoff montre que l'industrie de l'IA repose sur l'exploitation et le mépris de l'être humain. Il en appelle à ne pas se laisser distraire par des questions spéculatives alors que les promoteurs et industriels de l'IA s'allient concrètement et sur le court terme avec des politiques réactionnaires. La structure du livre sert parfaitement le propos de l'auteur, puisqu'il commence par définir l'IA d'un point de vue technique et historique, avant de l'inscrire dans une société de préemption, puis d'aborder son traitement médiatique en lien avec les idéologies réactionnaires qui dominent cette industrie – une industrie qui, par ailleurs, suit les dérives autoritaires des États. Il définit ensuite la notion de « nouveau fascisme », et développe sa vision de la technologie comme instrument de pouvoir. Enfin, il conclut en explicitant les moyens à notre disposition pour prendre une autre direction et aborder différemment les vraies questions liées à l'IA.

Philosophe et mathématicien, Rainer Mühlhoff (1982­), est professeur d'éthique et de théorie critique de l'intelligence artificielle à l'université d'Osnabrück, et associé au centre Einstein du futur digital (Berlin), ainsi qu'au Weizenbaum Institut (Berlin). Il est aussi maître de conférences. Avec son équipe de recherche, ils développent des formats pour permettre une réflexion responsable sur les thèmes liés à l'intelligence artificielle. Chroniqueur littéraire au Monde des livres et au Monde diplomatique, Pierre Deshusses (1952­) est maître de conférences. Il a été lauréat du prix Rhône­Alpes du livre en 1990, du prix européen de la traduction en 2009, du prix Nathan Katz en 2023 et du prix de traduction de l'Académie française en 2024.

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John Cowper Powys : Apologie des sens

 L'Echappée - Septembre 2026


L’Homme moderne a perdu le sens du bonheur. Gorgé des produits falsifiés de la grande industrie, anesthésié par le culte des sensations fortes, rongé par une fièvre d’activité, il en est venu à croire que le plaisir et la joie pouvaient naître de la possession de biens en surabondance, ou de la satisfaction de son besoin maladif de réussite et de renommée. À rebours de cette tendance de notre civilisation, John Cowper Powys propose une nouvelle conception du bonheur comme acte de la volonté : un exercice de l’esprit par lequel l’attention se concentre sur les sens, dans une attitude réceptive face au monde. Il s’agit d’écarter de notre conscience nos ennuis et nos tracas pour la focaliser sur ce qui nous relie à la nature, aux animaux, aux plantes, aux nuages, aux roches mêmes, aux mouvements calmes et répétitifs des éléments, jusqu’à atteindre la plénitude, une sensualité pure, extatique et rêveuse. Dans cet essai aux accents lyriques et révoltés, Powys ne propose pas seulement une critique de notre monde mécanisé, artificialisé et déshumanisé, mais bien l’ébauche d’une nouvelle culture, une nouvelle hiérarchie des valeurs où la contemplation primerait sur l’action, où l’autonomie de l’individu l’emporterait sur l’instinct grégaire.

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Nicolas LEMA HABASH, Raphaël PIERRÈS (dir.) : Phénomène et image

 Zeta - Septembre 2026


Phénomène et image propose une enquête collective autour du mode d’apparaître de l’image, et du statut de l’imaginaire, en jouant du croisement entre diverses approches, en particulier historiques et phénoménologiques. Nous visons ainsi à problématiser le statut de l’intentionnalité dans l’analyse de l’imagination. Si les phénomènes doivent être conçus autrement que comme images intérieures des objets extérieurs, comment envisager la relation entre perception et imagination ? Les contributions réunies dans cet ouvrage interrogent cette articulation depuis des perspectives diverses qui permettent de situer les discussions phénoménologiques (Husserl, Merleau-Ponty, Sartre, Maldiney, Henry) dans une double relation : en amont, les réinscrire dans l’histoire de la question de l’imagination dans la modernité (Hobbes, Hume, Kant), afin de déterminer ce qu’elles charrient, ce qu’elles recouvrent et ce qu’elles remodèlent ; en aval, interroger ce en quoi la question se trouve transformée si on prend en compte la dimension technique de la fabrication des images (Simondon, Agamben, Haraway). Loin de prétendre arrêter une doctrine de l’image, l’ouvrage entend contribuer à faire résonner une interrogation sur ce en quoi les images mettent en crise ce que nous croyons savoir de la perception.

Ont contribué à ce volume : Luz Ascarate, Louis Guerpillon, Nicolas Lema Habash, Donald A. Landes, Erik Lind, Ricardo Mendoza, Raphaël Pierrès, Jing Shang, Cristina Stoianovici, Michela Summa.

Table des matières

Nicolas Lema Habash, Raphaël Pierrès, Avant-propos: Ce qui apparaît comme image [OPEN ACCESS]
Ricardo Mendoza, De l’expérience sensible aux images : Neutralisation, fantaisie perceptive et conscience «comme si» chez Husserl
Louis Guerpillon, La vérité du phénomène ou l’image. Variation sur un motif kantien.
Raphaël Pierrès, Phénomène, image, langage: autour de Hobbes et Sartre
Donald A. Landes, Image et phénomène. Vers une phénoménologie du métastable
Michela Summa, Normativité et déviation esthétiques : une lecture de l’ouvrage de Hume de la norme du goût
Cristina Stoianovici, Imagination et idéologie dans le matérialisme historique de Sartre
Luz Ascarate, Les images de la machine anthropologique : Une perspective phénoménologique et critique
Jing Shang, L’imagination en tant qu’expression de la vie. Esquisse d’une théorie phénoménologique à partir de la peinture abstraite
Erik Lind, Image et forme dans la phénoménologie esthétique de Maldiney.

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Azul Katz : Fantaisie et imagination chez Husserl

 Zeta - Septembre 2026


D’où proviennent les nymphes, les centaures et autres créatures merveilleuses ? Comment est-il possible d’imaginer des mondes fictifs, idéaux ou simplement différents du nôtre ? Qu’est-ce que la fantaisie ? Sous le nom du « paradoxe des représentations sans objets existants », ces questions se situent aux origines mêmes de la phénoménologie, et bien qu’à première vue elles semblent constituer un sujet marginal chez Husserl, elles traversent toute son œuvre et conduisent à des analyses aussi précises qu’éclairantes, mais cependant complexes. Le présent ouvrage vise précisément à donner un aperçu de la genèse et de l’évolution du concept d’imagination libre ou simple fantaisie dans la pensée du fondateur de la phénoménologie. En distinguant ce vécu de ceux de la perception, du souvenir, de l’illusion sensible, de l’hallucination et du rêve, il est possible de découvrir, d’abord, son caractère éminemment productif. Enfin, on examinera les fonctions que la fantaisie productrice accomplit dans les domaines qui lui sont généralement associés, comme celui de la création artistique et de l’expérience esthétique, par exemple, mais bien au-delà également, comme dans ceux de l’empathie, la conception des possibilités, l’intuition d’idéalités, la pensée hypothétique et l’action politique, entre autres. En effet, la fantaisie ne se réduit pas au seul pouvoir de nous emporter au-delà des horizons connus : c’est la constitution même de notre propre monde qui a besoin de sa liberté.

Azul Katz est docteure en Philosophie par l’Université de Paris IV-Sorbonne et l’Université de Buenos Aires. Chercheuse au Conseil National de la Recherche Scientifique et Technique (Argentine), elle enseigne l’esthétique et la phénoménologie à l’Université de Buenos Aires. Ses travaux portent notamment sur la phénoménologie husserlienne.

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Deborah Gutermann-Jacquet : Le Désir de dormir

 Flammarion - Septembre 2026


Préface de Jacques-Alain Miller.

Dormir répond, au-delà du besoin ou de la nécessité, à un désir. La psychanalyse nous apprend que ce désir dépasse les limites de la chambre à coucher pour happer ceux qui traversent leur journée dans une rêverie destinée à amortir le choc de la réalité brute. Les frontières du sommeil et de l’éveil, bousculées par Freud, seront plus radicalement chahutées par Lacan qui se demande s’il est même possible de se réveiller.
Si la nuit a ses mystères, les multiples façons de passer ses jours dans la torpeur de l’ennui ou dans l’épaisseur du délire nous confrontent à une existence paradoxale dont le désir de dormir est un des noms. À la jonction de la vie et de la mort, ce désir de dormir est peut-être une des expressions les plus manifestes de notre manière de nous défendre – de la jouissance, de la douleur, du choc du vivant. Il s’impose comme l’expérience la plus commune et la plus singulière.

Deborah Gutermann-Jacquet est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne. Directrice de la revue Ornicar ?, elle enseigne au département de psychanalyse de l’Université Paris 8. Son premier livre, Les Équivoques du genre, devenir homme et femme à l’âge romantique a paru en 2012 aux Presses universitaires de Rennes.

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Camille Trucart : Musset moraliste

 Champion - Septembre 2026


Dans les lendemains agités de la Révolution, la France traverse une crise morale où l’effacement des autorités religieuses et aristocratiques, conjugué à l’essor d’un ordre bourgeois, impose une redéfinition conflictuelle des valeurs. Alfred de Musset n’échappe pas à ce bouleversement idéologique. Bien que sa pensée ait longtemps été minorée, associée à une image d’Épinal double – poète égocentrique ou dramaturge badin –, elle se déploie dans une œuvre mobile et paradoxale : celle d’un moraliste ouvert sur le monde extérieur, qu’il analyse avec un regard philosophique. Il restitue les mœurs de son siècle et, en aristocrate de plume et de sang, il soumet les valeurs triomphantes de la bourgeoisie à l’épreuve du doute. Il s’inscrit en cela dans la lignée des moralistes sceptiques de l’Ancien Régime, dont il reprend et subvertit les traits : à la fois tourné vers le passé, ancré dans son siècle et tendu vers l’avenir, il se présente comme un moraliste atemporel.

Professeure agrégée de lettres modernes et docteure en littérature française, Camille Trucart explore les rapports que Musset entretient avec les mœurs et la philosophie.

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vendredi 11 septembre 2026

Proclus : Hypotypose des hypothèses astronomiques

 Les Belles lettres - Septembre 2026


Philosophe majeur du néoplatonisme, Proclus (412-485) est surtout connu pour ses commentaires de Platon. Son Hypotypose des hypothèses astronomiques constitue pourtant l’un des témoignages les plus précieux sur la science astronomique de l’Antiquité tardive. Conçu comme un exposé clair et synthétique des théories de Ptolémée, cet ouvrage a longtemps servi d’introduction à l’astronomie mathématique dans le monde byzantin avant d’être redécouvert en Occident par les humanistes.
À travers une présentation rigoureuse des mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes, Proclus expose les grands modèles géométriques de l’astronomie grecque, tout en affirmant sa perspective de philosophe platonicien. Il décrit également plusieurs instruments d’observation et livre sur les pratiques astronomiques des Anciens des informations uniques.
Cette édition bilingue grec-français offre pour la première fois au public francophone la traduction d’Alain-Philippe Segonds, accompagnée d’un texte grec révisé, d’une annotation approfondie et d’une introduction qui éclaire à la fois la place de l’Hypotypose dans l’oeuvre de Proclus, son rapport à l’astronomie ptoléméenne et son influence sur la culture astronomique jusqu’à la Renaissance.
À la croisée de la philosophie et de l’histoire des sciences et de leur transmission, ce volume redonne son importance à un texte fondamental de la tradition astronomique antique.

Proclus (412-485), philosophe néoplatonicien, élève de Syrianus d’Alexandrie, devient le chef de l’école d’Athènes à la mort de son maître. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels la Théologie platonicienne, éditée dans la Collection des Universités de France, constitue la présentation la plus complète, parfaite et rigoureuse de la théologie de l’Antiquité tardive.

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Ekaterina Odé : La voix sans phénomène. La théorie acousmatique à l'épreuve du cinéma

 Hermann - Septembre 2026


Née aux marges de la philosophie pythagoricienne — ces disciples qui écoutaient leur maître caché derrière un rideau sans le voir —, la notion d'acousmatique traverse deux millénaires avant de trouver, au cœur du XXe siècle, une consistance conceptuelle nouvelle dans un corpus théorique français encore trop peu reconnu comme tel. C'est cette théorie acousmatique que ce livre s'attache à reconstituer et à penser : un mouvement intellectuel singulier, qui se constitue d'abord autour des travaux de Pierre Schaeffer et Michel Chion comme projet d'une nouvelle esthétique du cinéma et de la radio, avant de devenir une ligne autonome et cohérente de la théorie française des média — rappelant ainsi que cette discipline n'est pas l'apanage des traditions américaine ou allemande.
Loin de se réduire à une théorie du son, l'acousmatique est au cœur d'un projet d'esthétique nouvelle : Schaeffer entreprend, à partir des « arts-relais », de construire une science esthétique des formes propre aux médias d'enregistrement, interrogeant la transformation artistique que ces derniers opèrent sur les fragments du réel. Cette réflexion engage aussi une pensée de la médiation constitutive de la perception et du tournant que les machines à communiquer font subir à l'homme.

Ekaterina Odé est docteure en philosophie contemporaine et en études cinématographiques, membre du laboratoire SACRe et chercheuse associée au Laboratoire d’histoire permanente du Centre Georges-Pompidou. Ses recherches se situent à l’intersection de la philosophie et de l’anthropologie des médias, des sciences de la communication et de l’information, ainsi que des études sur l’intelligence artificielle et les relations homme-machine.

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