samedi 21 février 2026

Jean-Yves Lacoste : Recherches sur le dire et le voir

 PUF - Février 2026 - Epiméthée


Les cinq études réunies ici ne posent pas les mêmes problèmes mais toutes reprennent la vieille question à laquelle la phénoménologie a fourni d’abondantes réponses : celle de l’intuition, c’est-à-dire de la connaissance immédiate sans raisonnement. Elles portent donc une même interrogation : sur les limites de la métaphysique et sur ce qu’il reste à dire lorsque nous butons sur ces limites.
Si la métaphysique a gouverné un canton de la pensée pendant des siècles, d’autres que les philosophes n’ont-ils pas toujours su dire sans se soumettre à son empire ? Tout n’aurait-il pas déjà été dit autrement ?
Or, s’il est vrai que la poésie n’est pas la seule à laisser un monde se déployer en elle, alors il n’est pas téméraire d’avancer que nous pouvons habiter d’autres mondes que celui de la métaphysique. L’incompréhensible peut donc être dit malgré tout : malgré la part d’inconnaissance qui affecte toute connaissance de Dieu, malgré le fait que notre langage parle de l’extraordinaire à tâtons, malgré le flou imposé par la non-vision des réalités à croire.

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Christine Delory-Momberger, Martine Janner-Raimondi (dir.) : Penser la personne comme sujet en anthropocène

 Erès - Février 2026


Dans les sciences humaines et sociales, la prise de conscience des interdépendances des humains et des non humains dans un habiter la Terre aux contours de finitude suscite de vifs questionnements d’où émerge l’urgence de prendre soin des « mondes à venir » dans un faire-ensemble.
À partir des constructions biographiques individuelles et collectives à l’œuvre, cet ouvrage propose des balises de compréhension et d’action dans un contexte anthropocénique, qui recompose en profondeur les relations entre les vivants et les non-vivants. Comment un je y trouve-t-il son ancrage dans un lien écobiographique marqué d’un partage d’altérités ? L’Anthropocène peut-il être le nom d’une résistance et d’une re-naissance ? En quoi pourrait-il constituer le cadre renouvelé d’une herméneutique de soi, de l’autre et du monde? Il y va d’une éthique et d’une politique qui reconnaissent la singularité de chaque forme de vie, appelant des « égards ajustés » qui se fassent ainsi les porte-paroles de son droit à être défendue.
Sont mis ici en dialogue différents points de vue de spécialistes au niveau national et international (en sciences de l’éducation et de la formation, philosophie, anthropologie, sociologie, écologie végétale, écopsychothérapie), propres à nourrir notre réflexion personnelle et collective.

Martine Janner-Raimondi est professeure émérite en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet.
Christine Delory-Momberger est professeure en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, professeure associée à l’UNEB Brésil et à l’université Laval Québec. Elle est codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet, et présidente du Collège international de recherche biographique en éducation.

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Victoria Camps : La recherche du bonheur

 Arpa - Février 2026


DʼAristote à Huxley, en passant par les révolutions du XVIIIe siècle, lʼhistoire du bonheur est aussi celle de sa politisation.
S'interroger sur le bonheur, c'est remettre en question le sens et le but mêmes de l'existence. Plus que d'un objectif concret, il s'agit d'une disposition intérieure, d'un élan vers une vie pleine et accomplie.
Il ne revient pas à la philosophie de fixer ce que signifie " être heureux ", mais des philosophes et des penseurs –; d'Aristote à Aldous Huxley –; n'ont cessé d'explorer cette question : quels obstacles se dressent sur la voie du bonheur ? Quelle place donner à l'amitié, à l'amour, au désir, à la liberté ? Et comment concilier l'individuel et le collectif sur ce chemin incertain ?

Victoria Camps (Barcelone, 1941) est professeure émérite de philosophie morale et politique à l'Université Autonome de Barcelone. Sénatrice socialiste dans les années 1990, conseillère du Conseil d'État et présidente du Comité espagnol de bioéthique, elle est une figure intellectuelle incontournable dans les débats éthiques contemporains.

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Yaël Gambaratto : La main qui tremble. Philosophie de la vulnérabilité en politique

 L'Observatoire - Février 2026


Dans nos démocraties (comme sous les régimes autoritaires), nous attendons de nos dirigeants qu’ils incarnent la force, la certitude, l’infaillibilité. Nous voulons des chefs qui ne doutent jamais, ne se trompent pas, ne montrent aucune faille. Mais cette fascination pour le pouvoir et la toute-puissance n’est-elle pas précisément ce qui menace nos sociétés ? À l'heure où triomphent les figures populistes et autoritaires, cet essai interroge notre rapport au pouvoir politique. Pourquoi associons-nous si spontanément l’autorité à la virilité, la gouvernance à l’invulnérabilité ? Pourquoi rejetons-nous instinctivement tout dirigeant qui pourrait paraître fragile ? En s’appuyant sur l’histoire des idées politiques, de Platon à Hannah Arendt, et l’analyse de figures du pouvoir de Louis XIV à Donald Trump, ce livre révèle les ressorts profonds de notre imaginaire politique. Il montre comment la quête d’un pouvoir sans faille nourrit les dérives totalitaires et fragilise nos démocraties. Contre cette illusion dangereuse, l’auteur défend une vision révolutionnaire : et si la vraie force politique résidait dans l’acceptation de notre vulnérabilité ? Et si un chef qui avoue ses doutes et reconnaît ses erreurs était plus digne de confiance qu’un dirigeant qui prétend tout maîtriser ?

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vendredi 20 février 2026

Anne Devarieux (dir.) : Maine de Biran dans ses lectures

 Millon - Février 2026


À l’occasion du bicentenaire de la mort de Maine de Biran (1766-1824) l’université de Caen Normandie a rendu hommage à cette figure majeure de la philosophie française, hommage organisé par Anne Devarieux, maître de conférences HDR en philosophie.
Ce colloque international « Maine de Biran dans ses lectures » consacré aux lectures du philosophe, patronné par l’Institut de France (Fondation Tilsit) s'est déroulé les 6, 7 et 8 novembre 2024 à l‘université Caen-Normandie.

L’objectif de ce colloque n’était pas d’analyser la postérité de la pensée biranienne, mais d’interroger et d’approfondir les lectures que Maine de Biran a faites des grandes figures de philosophes et savants (Montaigne, Pascal, Rousseau, Fénelon, Descartes, T.Reid, A. Smith, Ampère …), d’historiens de la philosophie (Gérando), et de médecins ou aliénistes (École de Montpellier, Philippe Pinel et Antoine-Athanase Royer-Collard).

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Georges Vigarello : Les Logiques du corps. Une autre manière de penser le temps

 Seuil - Mars 2026


Mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art, Georges Vigarello explore les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Avec un souci d’intelligibilité remarquable, il met en lumière la succession de modèles (le modèle humoral, fibreux, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent.
Au-delà d’une telle succession, il porte une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Le livre montre comment le corps occidental est travaillé par des principes décisifs d’affranchissement, d’individualisation et de sensibilité, ouvrant sur une manière totalement inédite de penser le temps : dynamique centrale, originale, traversant la longue durée, d’où les individus tirent leur force, comme leur possible fragilité.
Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Georges Vigarello a notamment publié au Seuil Histoire du viol (XVIe-XXe siècle) (1998), Histoire des pratiques de santé (1999), La Silhouette (2012), Le Sentiment de soi (2014) et Histoire de la fatigue (2020). Il a dirigé par ailleurs plusieurs ouvrages collectifs, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, dont une Histoire du corps en 2006.

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Jennifer Kerner : Le théorème du flamant rose. Une socio-archéologie de la maternité

 Gallimard - Février 2026


« Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s’appelle la dépense maternelle. L’exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l’épuisement. S’il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. »
Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L’expérience de sa première maternité lui a permis d’interroger les pratiques obstétricales dans la France d’aujourd’hui à la lumière de celles d’autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.

Docteure en archéologie, Jennifer Kerner est l'autrice du Mari de nuit : expériences du deuil et pratiques funéraires, publié aux éditions Gallimard. Son premier roman, Le tissu de crin, a paru en 2024 aux éditions du Mercure de France.

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Frédéric Fruteau de Laclos : Bruno Latour et l’anthropologie des modernes. Contre-enquête

 Vrin - Février 2026


« Nous n’avons jamais été modernes ». Bruno Latour a fait de cette déclaration fracassante le titre d’un de ses essais les plus célèbres. Il y affirme que les modernes, en dépit de leurs prétentions à dissocier Nature et Culture, n’ont cessé de mélanger les registres et d’instaurer d’étranges réalités hybrides. Selon Latour, il faudrait renoncer à la connaissance pour saisir avec les non-modernes les conditions de la « co-naissance » de l’humain et du non-humain. Pourtant, rien n’est moins évident que ce renoncement. C’est ce qu’on comprend en retraçant la trajectoire de Latour, aussi bien intellectuelle qu’existentielle, à travers les rencontres qui ont marqué sa carrière. Il est alors possible de lui opposer le contre-modèle d’une théorie de la connaissance qui, pour être ouverte à la diversité moderne et non-moderne des modes de penser, continue d’envisager les savoirs du point de vue de leur cohérence théorique et de leur mise à l’épreuve expérimentale.

Frédéric Fruteau de Laclos est professeur de philosophie à l’université Paris-Est Créteil et membre du Laboratoire de recherche Lettres, Idées, Savoirs (EA 4395).

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Revue d'histoire des sciences humaines, n° 47 : Histoire naturelle de l’Homme (Wolf Feuerhahn et Arnaud Hurel éds.)

 Editions de la Sorbonne - Février 2026


« Histoire naturelle de l’Homme » : voilà un énoncé qui peut surprendre celles et ceux pour qui l’anthropologie est d’abord une science sociale et culturelle, mais qui a aussi des chances d’intriguer à l’heure de la crise écologique et de la remise en cause du partage entre nature et culture.
Histoire naturelle de l’Homme est d’abord le titre donné par Buffon au troisième volume de son Histoire naturelle, générale et particulière, publié en 1749. Au XIXe siècle, le Muséum national d’histoire naturelle utilise la formule pour l’une de ses chaires (« Anatomie et histoire naturelle de l’Homme »), qui est renommée ensuite « Anthropologie ».
Suivre la trace de cette expression et retrouver son sens en contexte, tel a été l’un des objectifs du travail de Claude Blanckaert décédé en octobre 2024. Dans cette perspective, trois de ses conférences inédites sur ce thème, au Siècle des lumières, sont publiées dans ce numéro. Afin de montrer toute l’actualité des recherches qu’il a conduites au long de sa carrière, ces textes sont accompagnés de contributions de chercheurs et chercheuses appartenant à diverses disciplines qui reviennent sur la fécondité de son œuvre.


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Pascal Bastien, Claude La Charité, Lyse Roy (dir.) : Projets encyclopédiques et circulations des savoirs, 1500-1750

 Hermann - Février 2026


Quelle est la contribution de la Première Modernité à la formulation de la notion d’encyclopédisme et aux projets encyclopédiques qui en découlent ?
Réunissant les travaux d’un colloque international qui s’est tenu à Montréal en octobre 2022, cet ouvrage appréhende l’encyclopédisme dans une perspective interdisciplinaire, avant ou en dehors de la publication de l’Encyclopédie (1751-1772) de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, afin de rendre compte de la complexité de l’encyclopédisme de la période moderne et d’éviter le piège téléologique qui consiste à tout relier à l’anticipation de son avènement. « Monument emblématique d’une culture », l’Encyclopédie reconnaît d’ailleurs sa dette à l’égard des ouvrages qui l’ont précédée : elle ne constitue en fait que « le maillon d’une longue chaîne, la dernière somme d’une culture et d’une façon d’aborder le savoir ».
Ainsi, ce livre privilégie une démarche en amont de l’Encyclopédie, depuis le Moyen Âge, afin de comprendre l’émergence de l’encyclopédisme moderne dans toutes ses nuances.

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Rachele Raus , Marinella Belluati, Julien Auboussier (dir.) : Discours sur les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle

 ENS éditions - Février 2026


Les textes réunis analysent la construction en discours des enjeux éthiques associés au déploiement de l’intelligence artificielle. Les conséquences de l’innovation technologique ne pouvant pas être pensées seulement en termes techniques, le dossier propose d’étudier les discours qui circulent dans l’espace public et qui contribuent à la fois à l’appropriation sociale de l’innovation et à la mise en débat de ses conséquences sociales et politiques. Les auteurs étudient ainsi les dynamiques discursives qui alimentent et soutiennent la mise en débat d’une éthique de l’intelligence artificielle. Il s’agit d’analyser comment les entreprises, les médias ou encore les institutions problématisent l’IA en tant qu’objet du discours et, ce faisant, contraignent la définition des enjeux éthiques.


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François Papale (dir.) : Métaphysiques & sciences. Identité, différence et émergences

 Matériologiques - Février 2026


L’objectif de cet ouvrage collectif est d’offrir un regard critique sur la place qu’occupe aujourd’hui la métaphysique au sein de l’entreprise universitaire. Les réflexions proposées sont ancrées dans la pratique contemporaine de la philosophie des sciences. L’ouvrage est tissé autour de deux axes principaux. Premièrement, certains textes d’ordre méthodologique interrogent les modalités de la métaphysique contemporaine ainsi que son rapport à la connaissance. Le second axe consiste à offrir des analyses métaphysiques issues de l’étude des pratiques scientifiques. Ainsi, sur le plan philosophique, les auteur·es abordent des sujets aussi variés qu’importants : l’objectivité, le réalisme et son bien-fondé, le réductionnisme et l’émergentisme, le pluralisme, l’agentivité, les espèces naturelles, etc. Le tout est appréhendé par l’entremise d’un dialogue avec des pratiques scientifiques tout aussi variées : l’économie, la biologie de l’évolution, la physique, la psychologie comportementale, et l’étude des populations humaines sont des exemples de terreaux fertiles pour l’analyse métaphysique. La diversité des sujets couverts et des perspectives offertes par cet ouvrage collectif en fait une introduction idéale pour toute personne s’interrogeant sur ce que peut ou devrait être la métaphysique contemporaine.

François Papale est philosophe des sciences. Ses recherches portent sur les pratiques classificatoires ainsi que sur les dynamiques de justification qui sous-tendent à la fois le progrès et le conservatisme scientifique. Sur le plan de la philosophie de la biologie, il s’intéresse à la théorie de l’évolution par voie de sélection naturelle sous toutes ses coutures.

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mercredi 18 février 2026

Diran Donabedian : La « construction » génocidaire. Essai métapsychologique sur la destructivité humaine et ses conséquences psychiques

 L'Harmattan - Février 2026


La construction génocidaire est un long processus de destructivité humaine dont l’aboutissement final est le génocide. À partir des concepts de la psychanalyse freudienne et des apports de M. Fain sur la psychologie individuelle et collective, la cruauté primaire et la barbarie sont développées en s’appuyant sur des références historiques des génocides du xxe siècle.
Les conséquences psychiques sont caractérisées par l’inscription du traumatisme chez le sujet génocidé et sur la transmission chez les sujets des deuxième, troisième et quatrième générations.
Le travail de deuil du traumatisme s’organise à partir de la reconnaissance du génocide œuvrant vers le travail de mémoire dans la communauté.
À chaque génération, les sujets peuvent présenter des désorganisations psychiques, des dépressions post-traumatiques qui inhibent le développement mental et les capacités d’investissement de la vie libidinale de chacun, voire des désorganisations psychosomatiques.
La communauté des survivants du génocide constitue une force de cohésion qui favorise l’investissement de vie pour autant qu’elle n’empêche pas la liberté psychique de chacun.

Diran Donabedian est médecin psychiatre des hôpitaux et psychanalyste membre de la S.P.P. et membre de l’Institut de Psychosomatique P. Marty de Paris. Fils d’émigrés du génocide arménien de 1915, il travaille comme psychanalyste et contribue à la formation des collègues analystes en France et en Arménie depuis de nombreuses années. Son intérêt pour la connaissance de la destructivité humaine s’organise aussi à partir de son héritage familial en retraçant les inscriptions traumatiques de sa mère et de son père dans un souci de mémoire et de transmission de la vérité historique.

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Élodie Boissard : Une histoire française de la dépression. De la tristesse mélancolique à l'humeur dépressive

 Classiques Garnier - Février 2026


À la fin XIXe siècle, à la Salpêtrière, l'aliéniste Jules Séglas caractérise une mélancolie sans délire avec pour symptôme central la douleur morale liée à un ensemble de passions tristes, de l'ennui au désespoir, que cible le traitement moral. Au milieu du XXe siècle, à Sainte-Anne, le psychiatre Jean Delay explique les états dépressifs-mélancoliques par un dérèglement de l'humeur, disposition affective fondamentale déterminée par le cerveau thymique, qui entraîne la tristesse et peut être soigné par les électrochocs puis les antidépresseurs. Ce qui se joue dans l'émergence de l'humeur dépressive, c'est le tournant biologique ayant mené la psychiatrie des raisons aux causes a-rationnelles des troubles mentaux.

Élodie Boissard est agrégée et chercheuse postdoctorale à la croisée entre philosophie de la psychiatrie et philosophie des états affectifs. Ancienne élève de l'École normale supérieure de Paris, elle a préparé sa thèse de doctorat sur l'humeur dépressive à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CNRS), et l'a soutenue fin 2023.

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Charles Larmore : La réalité du bien

 Hermann - Février 2026


Qu’est-ce qu’une vie bien vécue ? Nul n’est indifférent à cette question. Chacun se fait une idée de la meilleure manière de vivre et se laisse guider par elle. Or cette idée se forme à partir de notions – telles le bon et le mauvais, le bien humain et la connaissance de soi, le point de vue moral et la valeur de la vérité, ou encore l’attitude appropriée face à la mort – qui prêtent souvent à l’erreur et au malentendu. Il importe pourtant, pour vivre le mieux possible, d’en avoir une juste compréhension.
Dans cette somme inédite, rassemblant les principes philo­sophiques d’une éthique élaborée tout au long de son œuvre, Charles Larmore éclaire d’un jour nouveau les concepts fondamentaux à l’aide desquels nous nous orientons dans l’existence. Il ne prétend pas livrer la recette universelle d’une vie épanouie, mais montre plutôt comment tout individu, en tant qu’il est unique, peut concevoir les conditions de son propre épanouissement. Il nous invite ainsi à penser la réalité du bien sans nier sa pluralité.

Charles Larmore est professeur à Brown University (Rhode Island, USA). Il est l’auteur de nombreux ouvrages de philosophie morale et politique.

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Karl Peeter Valk : Le Projet intellectuel d'un réformateur. Philippe de Mézières (1327-1405)

 Classiques Garnier - Février 2026


Philippe de Mézières (1327-1405), diplomate, conseiller des rois et des papes, fit de l'écriture un instrument de réforme. Son oeuvre vaste et protéiforme, nourrie de sources bibliques et patristiques, se présente à la fois comme un miroir du monde politique et religieux du XIVe siècle et comme une série d'interventions pour le transformer. L'étude recompose cette relation dialectique et met en lumière les multiples facettes de l'activité intellectuelle de Mézières : l'écriture autobiographique et l'usage d'autorités textuelles, l'insertion dans des réseaux savants et politiques, ainsi que ses prises de position dans des débats politiques et ecclésiologiques de son temps.

Karl Peeter Valk, docteur de Sorbonne Université et de l'université de Tallinn, est historien médiéviste, spécialiste de l'histoire intellectuelle de la fin du Moyen Âge. Il est actuellement chercheur à l'Institut des sciences humaines de l'université de Tallinn.

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mardi 17 février 2026

Paul-Victor Duquaire : Penser la création/ Généalogie d’un concept contemporain

 L'Harmattan - Février 2026


La création n’est ni un mot, ni un acte. C’est une vibration qui nous traverse.
Entre l’actus purus de Dieu et l’homo creator prométhéen, entre la transcendance et l’ivresse, la création se dérobe. Trop ancienne, trop vaste, trop intime, elle défie les définitions. Pourtant, c’est dans ce mystère que réside sa puissance : celle de révéler ce qui nous anime, de donner sens à nos actions, et de façonner notre rapport au monde, à Dieu, et à nous-mêmes.
Ce livre retrace trois révolutions de la pensée :
– La création divine (Thomas d’Aquin, Marion) : seul Dieu crée ex nihilo, l’homme n’est que mesure des choses.
– L’émancipation du sujet (Kant, Nietzsche) : l’homme s’arrache à Dieu et revendique : « Je crée ».
– La création symbolique (Heidegger, Deleuze, Lacan) : la création devient un jeu de fictions, une machine désirante, un processus sans origine fixe.
À travers une pentalogie secrète (obstacle, répétition, jouissance, sécrétion, sépulture), l’auteur explore comment la création structure notre existence. Des creative industries à l’art contemporain, en passant par les œuvres de Bergson, Anzieu ou Bacon, ce livre montre que créer, ce n’est pas seulement produire : c’est ouvrir des horizons, défier les limites, et peut-être réinventer l’humain.
Un essai percutant, où la philosophie se fait aventure existentielle.
Pour ceux qui refusent de choisir entre Dieu et Prométhée. Un livre qui vous fera voir la création autrement – et vous-même avec elle.

Paul-Victor Duquaire est philosophe, docteur de l’Université de Rouen et postdoctorant du LEM (EPHE-PSL). Il vit et travaille à Lyon.

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Gwénola Ricordeau : Tant qu'il y aura des prisons

 Le Passager clandestin - Février 2026


"Avec ce livre, je m'adresse évidemment d'abord à ceux et celles qui ont eu le privilège ou la chance de ne jamais s'être posé la question de l'existence de la prison. En d'autres termes, je m'adresse à ceux et à celles qui y "croient" - moins par conviction que par défaut - et j'espère pouvoir les persuader du crime qu'est l'existence de la prison. Mais je m'adresse aussi à ceux et celles qui, instinctivement, savent que "la prison n'est pas la solution" et souhaitent mettre en ordre les idées que leur coeur, leurs tripes ou leur raison leur ont soufflées." GR

Gwenola Ricordeau est une militante abolitionniste et féministe. Elle a occupé des postes d'enseignante-chercheuse en sociologie et criminologie dans diverses universités en France et aux Etats-Unis. Elle est l'auteure de nombreux livres sur la prison et la contestation du système pénal.

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