mardi 22 septembre 2026

Virginie Rozière : De la démocratie en numérique. Sortir de l'asservissement numérique de l'Europe

 Le bord de l'eau - Septembre 2026


Serions-nous devenus à jamais des vassaux numériques ? Dans cet essai engagé, Virginie Rozière dresse un diagnostic sans complaisance de l'une des crises majeures de notre époque : la perte de souveraineté numérique de l'Europe. Dépendante des grandes plateformes étrangères, soumise à l'économie de l'attention, ou encore à la désinformation, l'Europe voit son rapport à la vérité et les fondements de la démocratie se fragiliser. L'autrice montre toutefois que des résistances existent : régulation européenne, initiatives industrielles ou citoyennes. S'inspirant de l'esprit fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, elle appelle à une nouvelle Communauté européenne du Code et des Algorithmes, fondée sur quatre piliers. L'enjeu dépasse ici la technologie : c'est la survie même des démocraties européennes qui est en jeu.

Virginie Rozière est directrice du Numérique au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Polytechnicienne et ingénieure générale de l’armement, ancienne députée européenne, elle est une haute fonctionnaire engagée depuis de nombreuses années sur les enjeux de souveraineté, de démocratie et de transformation numérique.

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Pierre-Étienne Vandamme : Agir face aux injustices. Une éthique de la citoyenneté

 Eliott - Octobre 2026


Quels sont nos devoirs les uns par rapport aux autres ?
Dans la morale conventionnelle, le bon citoyen est celui qui obéit, vote quand on le lui permet, travaille dur et paie ses impôts. Mais cette vision correspond-elle vraiment à ce que nous nous devons les uns aux autres ? Face aux injustices, n’avons-nous pas parfois des raisons de désobéir, de déserter certains emplois, de protester, voire de frauder ? L’objectif de ce livre est de questionner philosophiquement les obligations mutuelles que peut générer la vie en société. Entre l’éthique minimale et la responsabilité infinie pour autrui, il y a lieu de penser un devoir de solidarité qui tienne compte des circonstances de vie de chacun. Agir face aux injustices est à la fois une responsabilité collective et individuelle, qui nous intime de joindre nos forces à celles des autres, dans la mesure de nos capacités et opportunités.

Docteur en philosophie de l’UCLouvain (2017) et chercheur à la KU Leuven, Pierre-Étienne Vandamme mène des recherches sur les théories de la démocratie, de la justice sociale, ainsi que sur l’éducation à la citoyenneté. Il est l’auteur de deux livres : Démocratie et justice sociale et G. A. Cohen. Sauver l’égalité, co-écrit avec Fabien Tarrit.

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Olivier Roy : L'Impossible Contre-Révolution culturelle

 Seuil - Septembre 2026


« La contre-révolution culturelle est en marche », annonce-t-on de toutes parts. De J. D. Vance à Éric Zemmour en passant par Giorgia Meloni et Geert Wilders, les populistes ont en effet entrepris de reconquérir l’espace culturel. Mais peuvent-ils y parvenir ?
Leur conviction est que l’identité du peuple est menacée, et que pour la défendre, il ne suffit pas de voter des lois contre l’immigration : il faut restaurer sa culture contre un libéralisme qui culmine dans le « wokisme » et le multiculturalisme.
Comment cependant restaurer la culture quand la globalisation et la virtualisation l’ont sapée ? Quand elle ne fait plus société ? La contre-révolution culturelle veut combler le vide laissé par le libéralisme. Les modèles anthropologiques qu’elle défend – individualisme hédoniste du bon vieux temps ou néoconservatisme chrétien – en sont-ils capables ?
Et s’ils sont impuissants à renouer les liens sociaux, comment pourraient-ils gouverner ?

Olivier Roy est politiste. Auteur de nombreux ouvrages sur l’islam politique qui l’ont fait largement connaître, il explore depuis La Sainte Ignorance (Seuil, 2008) les manifestations et conséquences de la déculturation.

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Élisée Reclus : Un anarchiste en géographie (Anthologie composée, présentée et annotée par Joël Cornuault)

 L'échappée - Septembre 2026


Élisée Reclus (1830-1905) ne fut pas seulement le « géographe le plus prolifique de tous les temps », il fut sans doute aussi le plus sensible.
Loin de réserver jalousement sa discipline aux spécialistes, cet anarchiste en géographie invitait à l’aborder comme l’occupation privilégiée d’un homme complet : selon lui, un homme doué de l’appétit du concret, actif, animé du désir ardent de refaire la terre et qui, de sa place, se sent lié aux forces du cosmos.
La terre, la science, l’art et l’humanité forment la matière des textes rassemblés dans cette nouvelle édition au format de poche. Depuis la préservation de la nature jusqu’à la rénovation urbaine, de la refonte du calendrier à la géographie comparée, de la condition animale à la critique de la divinisation de Marx par ses sectateurs mêmes, ils expriment la recherche de la totalité à conquérir par l’homme. Une totalité ouverte sur la vie, sur l’avenir et sur les autres.

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lundi 21 septembre 2026

Natalie Depraz : Le sujet de la surprise. Un sujet cardial

 Zeta books - Septembre 2026


Je sursaute lorsque la porte claque. Je tressaille en voyant un rat mort sur l’escalier de notre maison de campagne. J’ouvre grands les yeux à la vue d’un arc-en-ciel derrière la vitre du train. J’écoute, le regard fixe, un ami cher au café me raconter qu’il va mourir d’un cancer du foie. S’est-il passé une journée sans que vous ne connaissiez au moins une fois cet état de trouble ? Où vous vous êtes senti soudain perplexe, ébloui, éberlué, émerveillé, sidéré ou stupéfait ? Où vous vous êtes exclamé, où vous avez explosé de joie, où vous avez hurlé de colère ?
La question à laquelle ce livre cherche une réponse est de savoir ce que la surprise fait à la philosophie. Faut-il pour construire la question de la surprise séjourner dans ces concepts qui en ouvrent la possibilité : perception, attention, émotion, sentiment. On pourrait alors s’engager dans une exploration de la surprise sur le fond de leur expérience, et ce ne serait qu’après avoir reconstitué la théorie de ces activités qu’on pourrait la voir émerger. Mais la surprise se donne-t-elle de façon seulement indirecte ? N’est-elle pas là dans les concepts d’événement, d’étonnement, d’admiration ou d’altérité que la philosophie a légués avec Heidegger, Platon, Aristote, Descartes ou Levinas ? Par eux, elle accèderait à la dignité d’un topos philosophique, cette ouverture qui contrarie sa structure d’attente, aussi indéterminée soit-elle ? Ou doit-on penser son différentiel, tout contre l’événement, l’étonnement, l’admiration et l’altérité, selon une logique de différence ?

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dimanche 20 septembre 2026

Emmanuel Gabellieri (dir.) : L'incarnation de l'esprit. Spiritualisme et philosophie française au XXe siècle

 Hermann - Septembre 2026


Ce qu’il est convenu d’appeler « spiritualisme français » est un courant peu visible dans la philosophie française contemporaine. Mais si son importance historique n’a pas été toujours suffisamment reconnue jusqu’ici, beaucoup de signes donnent aujourd’hui à penser qu’il pourrait bien, sur le long terme, se révéler le plus fécond. Le spiritualisme français, loin d’être désincarné, est au contraire le plus souvent profondément engagé dans l’histoire de son temps, notamment dans l’action sociale et politique.
Dans cet ouvrage, les interrogations sur le « Sens de l’être et de la vie » croisant phénoménologie, ontologie et religion (section I) ouvrent aux analyses du constant phénomène de « médiation » entre corps et esprit, vie et pensée, subjectivité et histoire, manifestant l’essence de la vie spirituelle (section II). La prise en compte de l’imagination et de l’acte créateur, de la dimension métaphysique du désir mais aussi du consentement au monde et à ce qui nous est donné offre sa matière à la section III . Enfin, la manière dont l’affirmation de la transcendance de l’esprit, loin de conduire à s’évader du monde, a ouvert à de multiples philosophies de « l’action » et de « l’engagement », de Blondel à Mounier (section IV), montre combien le spiritualisme français, sous des formes et des ramifications très diverses, s’est incarné dans l’histoire concrète de son temps, témoignant de la recherche d’une ontologie et d’une axiologie relationnelles qui se poursuit par de multiples dialogues aujourd’hui.

Emmanuel Gabellieri est vice-recteur de la recherche à l’université catholique de Lyon. Coordinateur de plusieurs ouvrages collectifs, dont Blondel et la Philosophie française (2007) et le Cahier de L’Herne Simone Weil (2014), il est notamment l’auteur d’Être et Don. Simone Weil et la philosophie (2003) et de Penser le travail avec S. Weil (2017).

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Catherine Brun, Christian Phéline, Agnès Spiquel (dir.) : Albert Camus et l'Algérie coloniale. Raisons et déraisons d'un malentendu

Lettres modernes Minard - Octobre 2026


Les positions de Camus sur l’Algérie coloniale où il est né ne cessent d’être réévaluées sur les scènes française, anglo-saxonne, algérienne. Réunissant des contributeurs d’origines et de points de vue variés, cet ouvrage se garde des hagiographies comme des procès à charge pour examiner la réalité des représentations et des combats de l’écrivain. Il revient aux textes, dont il propose une analyse serrée, sans oublier d’en spécifier les statuts (une fiction n’est pas un essai, un recueil est composite). Il les met en perspective, contextualise les débats (années 1930, immédiat après-guerre ou après-1954), et resitue la pensée de Camus par rapport à celles d’autres figures, depuis son temps jusqu’à nos jours. Par là, il fait œuvre de salubrité intellectuelle.

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Camille Chamois : Points de vue. Voir avec les yeux des autres

 Seuil - Octobre 2026 - L'ordre philosophique


Nous croyons tous et toutes percevoir le même monde. Pourtant, un peintre ne voit pas le coucher de soleil comme une astronome ; une personne en fauteuil roulant ne voit pas la ville comme une urbaniste ; une abeille ne voit pas un arbre comme un chien guide d’aveugle. Comment les points de vue se forment-ils ? Peut-on apprendre à voir autrement ?
Ce livre propose une théorie générale des perspectives. Il montre que voir ne consiste pas seulement à ouvrir les yeux : nos perceptions sont toujours façonnées par les institutions auxquelles nous appartenons et les techniques que nous utilisons. Des artistes aux croyantes, des caméras thermiques aux chauves-souris, des sciences cognitives à l’anthropologie, l’enquête emprunte de multiples chemins pour illustrer la genèse différenciée des points de vue, les structures qui les déterminent, les instruments qui les informent et les transforment.
On y découvrira ainsi que le pouvoir ne façonne pas seulement ce que nous pensons : il oriente aussi ce que nous percevons. Une politique égalitaire doit donc redistribuer le savoir et la parole, mais également les points de vue possibles.

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samedi 19 septembre 2026

Pierre Bayle : Averroès

 Rivages - Septembre 2026


Ce texte, d’un auteur majeur, est un témoignage remarquable sur la figure d’Averroès à l’âge des Lumières.
On trouve des analyses philosophiques subtiles qui concernent la doctrine averroïste de la vérité, de la religion et de l’intellect.2026 sera l’année « Averroès » : nous fêterons les 900 ans de sa naissance, et plusieurs événements d’importance auront lieu. Cela justifie qu’on publie ce texte plaisant et fort, peu connu du grand public, qui montre le rapport ambivalent que l’Europe de l’âge classique aura entretenu au plus illustre des penseurs arabes.

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Anne-Sophie de Chaisemartin : Un pas dehors. Petit essai philosophique sur le mouvement, le corps et le doute

 L'Harmattan - Septembre 2026


Commencer tient parfois à peu de chose : une porte ouverte, une paire de chaussures, quelques minutes dehors. À partir de l’expérience simple de la course, Un pas dehors interroge ce qui retient, ce qui met en mouvement, ce que le corps sait avant même que la pensée ne l’admette.
Entre philosophie, récit intime et observation du monde contemporain, cet essai explore le doute, la fatigue, la peur de l’échec, l’âge, la lenteur, le courage et cette liberté discrète que l’on retrouve parfois en avançant. Courir n’y est pas une performance mais un fil : une manière de revenir au corps, au réel, à une mesure intérieure.
Un livre pour celles et ceux qui cherchent moins à se dépasser qu’à se remettre doucement en mouvement.

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Yan Thomas : Le sujet de droit, la personne et la nature

 Allia - Septembre 2026


Face à l’extension vertigineuse de la technique et du marché, seul le droit semble en mesure de nous protéger.
Avortement, PMA, euthanasie... L'ère des biotechnologies met la loi au centre des polémiques. Il faut y voir une crise de la compréhension de ce qu’est le droit : “les juristes qui prétendent arrêter au nom du droit, instaurateur, dit-on, des limites, la machine infernale de la technique, oublient que le droit lui-même est une technique, et une technique de dénaturation.”
Passionnante et actuelle, cette brillante mise au point déjoue les instrumentalisations en retournant aux racines du droit antique et médiéval, là où se sont élaborées nos institutions. Et révèle comment le droit, souvent à notre insu, façonne nos sociétés et notre vision du monde.

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Michel Foucault : La croisade des enfants

 Flammarion - Octobre 2026


Édition d' Arianna Sforzini, avec la collaboration de Henri-Paul Fruchaud

Au milieu des années 1970, Michel Foucault découvre l’histoire d’une campagne menée par les autorités médicales qui aura duré plus d’un siècle : la lutte acharnée contre la masturbation des enfants. L’onanisme, du milieu du XVIIIᵉ au milieu du XIXᵉ siècle, est dénoncé comme une pratique dangereuse, pouvant engendrer des maladies sévères et entraîner la population vers un déclin fatidique. Comment comprendre le déclenchement de cette incroyable campagne qui rétrospectivement ne peut qu’inspirer la stupeur, le rire ou l’indignation ? L’explication par la répression contre toute forme de sexualité déjouant l’impératif austère de la reproduction de l’espèce paraît à Foucault trop simpliste. Travaillant sur cette littérature anti-onaniste, il y voit la matrice de grandes inventions culturelles : l’articulation d’une causalité sexuelle irréductible, l’affirmation d’une sexualité proprement infantile, l’installation du médecin au cœur des familles comme grand régulateur de l’intimité, l’agencement d’une famille incestueuse et soupçonneuse, la naissance de formes nouvelles de savoirs, pouvoirs, plaisirs. Le texte de Foucault, tout en demeurant inachevé, nous offre cinq chapitres de ce premier épisode de la biopolitique moderne.

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Jean-Yves Chateau : Du mode d’existence des objets techniques de Gilbert Simondon. Commentaire

 Jérôme Millon - Septembre 2026


Ce qu’apprend exemplairement la philosophie de la technique de Simondon, c’est pourquoi il faut commencer par l’étude du mode d’existence des objets techniques, examiner, ensuite, les diverses manières dont les images et les représentations de la réalité technique se développent dès le plus jeune âge et continuent de s’affronter jusque dans les ouvrages spécialisés voire encyclopédiques, et, enfin, former, au moyen de la philosophie, une idée adéquate de la genèse dont provient la technicité et de ses relations, étroites et largement réciproques, avec les autres formes majeures de la culture que sont les divers modes de pensée et de rapport de l’homme au monde (magie, religion, esthétique, science, éthique, philosophie) : « Prise seule, la technicité tend à devenir dominatrice et à donner une réponse à tous les problèmes, comme elle le fait de nos jours à travers le système de la cybernétique » (MEOT, p. 225). « La technicité ne doit jamais être considérée comme réalité isolée, mais comme partie d’un système » (MEOT, p. 234). « L’essence de la technicité » ne peut être isolée de tout ce qui n’est pas technique.

Jean-Yves Chateau est inspecteur général honoraire de philosophie

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vendredi 18 septembre 2026

Sébastien Scarpa : La substance de l'oeuvre. Le poids du réel dans l'expérience de création (XVIIIe-XIXe siècles)

 UGA - Septembre 2026


De quoi une oeuvre, qu'elle soit littéraire ou picturale, est-elle le dépôt ? Que recouvrent le jeu complexe de ses formes, le maillage de ses lignes, l'agencement de ses mots ? De quelles forces aveugles est-elle la matérialisation concrète ? À travers cet essai abordant des oeuvres exemplaires des XVIIIe et XIXe siècles – principalement les formes contraintes que sont le poème et le tableau, ces véritables concentrés de substance signifiante –, l'auteur s'interroge sur l'essence de la création et propose de voir en toute oeuvre un précipité de réel. Mais pour convenu qu'il soit (le réel n'est-il pas omniprésent, et donc incontournable ?), cet axiome pose question. En effet, si le factuel impacte assurément les modalités expressives (constructions logiques, colorations stylistiques…), l'intensité des faits peut affecter jusqu'à l'aveuglement, au refoulement. Dès lors, le réel, symptomatique, inconscient, devient un élément abscons dont la compacité muette pèse sur toute forme de création. À la fois redondant et elliptique, insistant et cryptique, il abrite un paradoxe : celui d'être évident tout autant qu'évidant.

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Philosophia scientiae 30/2 : La science informatique non faite

 Kimé - Septembre 2026


L'objectif de ce cahier thématique est d'offrir un espace de réflexion sur les dimensions épistémologiques et éthiques de la science informatique. L'appel à contributions s'adressait non seulement aux informaticiens et informaticiennes, mais également aux chercheuses et chercheurs d'autres disciplines pour qui l'informatique constitue un objet d'étude, tels que les sociologues, les philosophes et les historiens des sciences. Le concept de « science non-faite » (undone science) a été proposé comme fil conducteur permettant d'examiner la science informatique. La « science non-faite » se réfère à des thématiques laissées sans réponse, ignorées ou non financées pour diverses raisons, malgré leur valeur pour leur domaine. Elle met en évidence la manière dont la production et la diffusion des connaissances sont influencées par des facteurs sociaux, politiques et économiques, entraînant des biais dans le choix des recherches menées et, finalement, une « non-production systématique de connaissances » (Frickel et al., Undone Science: Charting Social Movement and Civil Society Challenges to Research Agenda Setting, 2010). L'hypothèse directrice de ce numéro spécial est que le concept de science non-faite peut contribuer à éclairer les dimensions épistémologiques et éthiques de la recherche en informatique. Ce volume réunit des contributions abordant la structuration de l'informatique en tant que discipline (notamment du point de vue social), les manières dont les artefacts numériques sont conçus et développés ? en relation par exemple avec l'hypothèse de la décroissance numérique et le développement de technologies conviviales ? ainsi que les implications épistémologiques d'une approche interactive à la notion de compréhension des modèles d'apprentissage automatique.

Contributrices et contributeurs : Chantal Enguehard, Guillaume Munch-Maccagnoni et Alberto Naibo Pierre Depaz Felienne Hermans Pierre Saint-Germier, Benjamin Matuszewski et Frédéric Bevilacqua

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Guillaume-Augustin de Vaulx : Qu'est-ce que l'agriculture ?

 Vrin - Septembre 2026


On demande sans cesse à l’agriculteur de produire plus : outre sa propre subsistance, celle de ses protecteurs, puis les denrées à destination des villes, puis les matériaux des industries, et maintenant les énergies vertes en remplacement des combustibles fossiles. Pourtant, à proprement parler, l’agriculteur ne produit pas : il ne fabrique pas les fruits qu’il récolte, même s’il plante et aide à pousser, assistant et orientant la nature dans son développement propre.
Ce que l’agriculture produit, en revanche, est un certain rapport au monde : la coopération avec la nature, œuvre de la paysannerie, fonde notre culture et forme un monde habitable.
Qu’arrive-t-il à la terre quand l’agriculture, censée assister les plantes et soigner le sol, la rend infertile? Et qu’arrive-t-il aux hommes quand on les retire des champs?
Cet essai entend penser l’agriculture dans sa pleine portée.

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Fernand Salzmann, Ghislain Waterlot (dir.) : Expériences et vérité(s). Un regard interdisciplinaire

 EPISTEME - Septembre 2026



L’expérience occupe une place majeure dans les sciences comme dans la vie. La vérité, quant à elle, semble désormais en retrait et, pourtant, l’esprit résiste aux « faits alternatifs ». Cette persistance de la quête de vérité relance les questionnements à son égard : si l’on admet qu’elle n’est pas donnée une fois pour toutes, la vérité est-elle nécessairement plurielle ? Faudrait-il alors renoncer à s’y référer, même comme à un horizon régulateur par définition fuyant ?
Pour mieux aborder ces questions, la notion transdisciplinaire d’expérience s’est imposée comme un prisme idéal, que l’on désigne par elle l’expérimentation scientifique ou une épreuve humaine, qui peut éventuellement être mystique. Cet ouvrage relève le pari d’envisager la vérité dans sa relation avec ces différents types d’expériences qui la diffractent, en mobilisant une pluralité d’approches issues de nombreuses disciplines, des sciences humaines et sociales (philosophie, psychologie, théologie) aux sciences de la nature (physique, astrophysique, mathématiques).
Le résultat est étonnant : en dépit de leurs champs d’application variés, expériences et vérité(s) entrent ici en résonance, inscrivant chaque domaine de spécialisation dans une perspective plus vaste, par le biais d’un regard créatif renouvelé et rafraîchi.

Ghislain Waterlot est professeur de philosophie de la religion et d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université de Genève. Ses travaux portent notamment sur Bergson, Rousseau et Simone Weil.
Fernand Salzmann est chercheur en Ancien Testament à la Faculté de théologie de l’Université de Genève. Il prépare une thèse sur le Cantique des cantiques, après avoir obtenu un doctorat ès lettres.

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Stéphane Finetti : La philosophie d'Eugen Fink. Repères

 Vrin - Septembre 2026


À partir des phénoménologies d’Edmund Husserl et de Martin Heidegger, Eugen Fink (1905-1975) a forgé une phénoménologie originale, encore relativement méconnue. Déclinée d’abord comme « philosophie mé-ontique » du non-étant (Me on), elle évolue après-guerre vers une ontologie cosmologique du jeu. Le présent ouvrage retrace l’itinéraire de pensée de Fink de sa jeunesse à ses dernières années. Outre les étapes principales de sa vie et ses œuvres majeures (de Présentification et image à Le jeu comme symbole du monde), il expose les questions décisives qui les traversent : le temps, la méthode, l’idéalisme, le monde et le jeu. Une introduction utile pour se repérer dans la pensée de Fink.

Stéphane Finetti est docteur en philosophie de l'Université de Toulouse II - Le Mirail et de l'Université de Pise. Professeur de philosophie au lycée en Italie, il collabore avec l'Eugen Fink Zentrum de l'Université de Wuppertal.

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