dimanche 20 janvier 2019

Claude Habib : Comment peut-on être tolérant ?

Desclée De Brouwer - Janvier 2019


Née au XVIIe siècle, la tolérance est devenue notre vertu centrale, au point de se confondre avec la démocratie. Mais ses conditions d'exercice ont changé : le schisme protestant mettait au défi de faire coexister des versions différentes du christianisme. Notre situation est tout autre. Les revendications de droits subjectifs, d'une part, et les migrations, d'autre part, ont bouleversé les thèmes, puis l'exercice de cette vertu : nous devons accepter les orientations sexuelles les plus diverses tout en accueillant les croyances et les moeurs de populations d'origines variées.
Le basculement d'une partie des opinions en Europe et aux États-Unis indique que la tolérance n'est pas acquise. Elle exige de chacun un effort permanent pour surmonter ses propres aversions. Détachée des aversions, la tolérance est creuse. Dégagées de la tolérance, les aversions peuvent devenir criminelles. Il faut donc penser ensemble ces deux notions. C'est au jugement politique et moral qu'il incombe de réviser nos manières de vivre, voire de réprouver certaines coutumes. Car tolérer, ce n'est pas pérenniser les appartenances. C'est empêcher l'humiliation de l'homme par l'homme.

Claude Habib est une ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Elle a enseigné la littérature du XVIIIe siècle à l'université Charles-de-Gaulle à Lille, puis à la Sorbonne-Nouvelle, où elle a dirigé le Centre Rousseau. Elle a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Le Consentement amoureux. Rousseau, les femmes et la cité (1997); Galanterie française (2006) ; Un Sauveur (roman, 2008) ; Le Goût de la vie commune (2014) ; Deux ou trois nouvelles du Diable (roman, 2016).

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François Jullien : De l'écart à l'inouï

Cahiers de l'Herne - Janvier 2019


François Jullien revient ici sur son chemin de pensée dans un entretien avec son lecteur.

Ou comment il a fait jouer la pensée chinoise comme un opérateur théorique pour ébranler dans leurs fondements les choix faits par la philosophie ; et ouvrir celle-ci à de nouveaux questionnements.

On y retrouvera, éclairés à partir de son cheminement, les principaux concepts de son chantier : de propension, de tension et de transition, de compossibilité et de processualité, d’allusif et d’oblique, d’écart et d’entre, d’essor et d’étale, de transformation silencieuse, de ressource et de secondarité, de connivence ou de dé-coïncidence, d’intime et d’inouï…

Or ceux-ci ont infiltré, par-delà la philosophie, les champs de la psychanalyse et de l’éducation, de l’art et de la critique, du management et du politique, et jusqu’à la réflexion du droit et de la science.

Une introduction dialoguée à son travail.

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Thomas Vercruysse : La kairologie. Pour une poétique de la circonstance

Droz - Janvier 2018


La kairologie, telle que la cerne Thomas Vercruysse, est une attitude de pensée qui privilégie la circonstance plutôt que l’essence, la métamorphose plutôt que la substance. Ce livre montre comment la saisie de la circonstance et de ses chances réclame la labilité de la métamorphose : saisir l’occasion, profiter des circonstances, c’est ne pas rater une seule occasion de se métamorphoser, de suivre l’air du temps que l’on respire, qui nous modifie et que l’on modifie. La kairologie pourrait bien servir la cause des sciences humaines dans la mesure même où elle permet de repenser la cause dans les sciences humaines. Penser en termes de kairos, c’est refuser le déterminisme causal, peu susceptible d’éclairer les phénomènes humains et biologiques – leur créativité, leur imprévisibilité, leur inventivité. 

AVANT-PROPOS 

INTRODUCTION 

Présentation générale
Intersections et retombées de la kairologie
Entre l’ange et Hermès : la tresse kairologique
Plan

PREMIÈRE PARTIE
L'ANCIENNE ENTENTE

CHAPITRE PREMIER
LA POÉTIQUE DES PRÉSOCRATIQUES ET DES SOPHISTES

Toute poétique est-elle héraclitéenne ?
Héraclite : saint patron de l’herméneutique ?
Héraclite et les sophistes
La décision d’Aristote
Rester à sa place : la naissance de la philosophie comme
douleur de l’exil
Les avatars du kairos dans la pensée grecque d’Homère
à la fin du ive siècle avant J.-C.

CHAPITRE II
LA FORME ET LE LIEU CHEZ PLATON ET ARISTOTE :
UN HÉRITAGE ASYMÉTRIQUE

Khôra vs topos
L’héritage du topos ou le règne d’Aristote sur l’espace
occidental jusqu’à Descartes 

La créativité mélancolique :
la plasticité à l’écoute des circonstances
De la plasticité à la métamorphose :
Protée, figure du mélancolique

CHAPITRE III
LA RENAISSANCE PERPÉTUELLE

Perpetuum mobile
La poétique du change de Montaigne :
persévérer dans son « naître »

Poétique et cosmologie coperniciennes
(de Giordano Bruno) 

Léonard, peintre des analogies

DEUXIÈME PARTIE
LE DIVORCE DE LA FORME ET DU LIEU,
L'OUBLI DE KAIROS

CHAPITRE IV
UNE NOUVELLE IDÉE DE NATURE

CHAPITRE V
LE CONCEPTISME OU L’IMPRÉVISIBILITÉ
DE LA MERVEILLE

La critique de la mimêsis

Le fonds aristotélicien de la théorie de l’ingenio

Graciàn, l’art de la contingence

CHAPITRE VI
L’IDÉE D’ÉNERGIE ET LA NAISSANCE DE L’ESTHÉTIQUE –
UNE ÉMERGENCE COMMUNE À LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE 171

La temporalisation de l’expérience du beau
Un précédent : la Querelle des Anciens et des Modernes
Retour sur la genèse de l’autonomie esthétique

CHAPITRE VII
LA PENSÉE DU VIVANT AVANT DIDEROT

Crise de la notion aristotélicienne de forme et de
l’animisme : la réponse cartésienne 

Les difficultés du cartésianisme : du calcul au récit

Les contradictions du mécanisme cartésien : l’embryologie
comme pierre d’achoppement

CHAPITRE VIII
DIDEROT, RÉENCHANTER LA MATIÈRE

Le rêve de d’Alembert contre les illusions newtoniennes
Diderot, poète de la circonstance

CHAPITRE IX
LA THÉORIE DES CLIMATS CHEZ MONTESQUIEU,
UNE KAIROLOGIE ?

La morphologie de Montesquieu : une poétique de l’espace
social 

Et kairos redevint spatial

CHAPITRE X
BUFFON, « LE NEWTON DU MONDE ORGANIQUE »

Un modèle : la peinture d’histoire
Une poétique de la Nature

CHAPITRE XI
LA MORPHOLOGIE GOETHÉENNE – UNIFIER FORME
NATURELLE ET FORME ARTISTIQUE

Pour une approche qualitative des couleurs :
l’optique diagrammatique de Goethe

Une morphologie transformiste


TROISIÈME PARTIE
LE PARADIGME MORPHO-HERMÉNEUTIQUE –
QUAND PRODUIRE, C’EST INTERPRÉTER

CHAPITRE XII
DU TRANSFORMISME À LA NÉOTÉNIE, DE LA POÉTIQUE
DU VIVANT À « L’INACHEVÉ DE SOI »

Lamarck et Leibniz : la double articulation de la matière
Par-delà la vie et la mort, par-delà Stahl et Bichat
Adaptation vs Progression

La néoténie est la condition de la culture : l’Homo Desirans
de Renaud Barbaras

La domestication : filtrer Kairos

CHAPITRE XIII
NÉOTÉNIE ET NOMADISME :
DES PROMENADES SANS BUT, SI CE N’EST SOI

De l’« espace de couvaison » au « champ matriciel »
La dérive : une double articulation de l’espace

CHAPITRE XIV
LA KAIROLOGIE PSYCHIQUE ET COLLECTIVE
DE SIMONDON

Le transindividuel : quand l’autre est une occasion
L’absence de l’autre, l’impasse de l’angoisse
Transindividuel et polarisation
Quand l’altérité est une réserve de devenir : les interactions
kairologiques

CHAPITRE XV
FAÇONS DE LIRE, MANIÈRES DE DEVENIR – LA LECTURE
COMME OCCASION D’UNE ETHOPOÏÉTIQUE

L’individuation par la lecture 
Pour une sémiophysique de la lecture 
Ecologie, thermodynamique et psychogéographie de la lecture
Lecture et écologie attentionnelle 
De l’habitus de Bourdieu à l’habitus de Mauss :
du « déjà-lu » au « déjà vu » 
Phrase-type : accords d’intensité 
Le Narrateur hors d’aplomb

CHAPITRE XVI
QUAND KAIROS SAIT FAIRE : L’HERMÉNEUTIQUE
DE LA CIRCONSTANCE DE STANLEY FISH

La lecture comme fitness 
Le sens comme affordance

CHAPITRE XVII
ÉCOLOGIE ET KAIROLOGIE DE L’ATTENTION 

L’écologie de l’attention comme écosophie de l’interaction
« Je ne fais jamais attention tout seul »
Enseigner par le transindividuel

CHAPITRE XVIII
L’ÉLARGISSEMENT DES CERCLES HERMÉNEUTIQUES :
DE LA KAIROLOGIE DE L’HUMAIN À LA KAIROLOGIE
DU VIVANT

La théorie de l’enaction de Varela, Thompson et Rosch
La texture de l’Umwelt animal
Le mollusque einsteinien comme paradigme kairologique
chez Valéry, Cézanne et Klee

CONCLUSION 

BIBLIOGRAPHIE
Sources primaires 
Sources secondaires

INDEX 

REMERCIEMENTS


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samedi 19 janvier 2019

Enzo Traverso : La pensée dispersée. Figures de l'exil juif

Nouvelles Éditions Lignes - Janvier 2019


Arendt, Adorno, Benjamin, Broch, Kracauer… Quelques-uns des noms des intellectuels juifs à avoir fui l’Europe, ou à l’avoir tenté, après la prise du pouvoir par Hitler. Leurs œuvres comptent parmi les plus grandes, que l’exil a traversé de part en part. Enzo Traverso en étudie l’effet dans ce livre, dont une première édition a paru en 2004, qui reparaît ici très augmenté, entre autres d’une longue étude sur l’exil des intellectuels juifs italiens.

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Raisons politiques 2018/4 (N° 72) : La représentation-incarnation

Presses de Science Po - Janvier 2019


Page 5 à 19 : Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer - La représentation-incarnation | Page 21 à 52 : Yves Sintomer - La représentation-incarnation : idéaltype et configurations historiques | Page 53 à 70 : Lorenzo Tanzini - Représentation et décision politique dans les assemblées communales italiennes du 13e siècle | Page 71 à 88 : Alessandro Mulieri, Samuel Hayat - La représentation-incarnation chez Marsile de Padoue | Page 89 à 123 : Quentin Skinner, Christopher Hamel - Hobbes et la représentation | Page 125 à 136 : Barbara Stollberg-Rilinger, Marc Saint-Upéry - Tuteurs sans mandat. Jusqu’à quel point les États territoriaux (Landstände) allemands représentaient-ils le peuple ? | Page 137 à 164 : Samuel Hayat - Incarner le peuple souverain : les usages de la représentation-incarnation sous la Seconde République | Page 165 à 181 : Quentin Schwanck - L’obsolescence du politique : l’« ordre spontané » dans la philosophie de l’histoire évolutionniste de Gustave de Molinari | Page 183 à 190 : Georges Meyer - Bernard Lahire, L'interprétation sociologique des rêves, Paris, La Découverte, collection Laboratoire des sciences sociales, 2017, 487 pages | Page 191 à 197 : Julien Debonneville - Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, Zones, 2017, 254 pages.

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Villani Tiziana : Corps Mutants.Technologies de la sélection de l'homme et du vivant

Eterotopia - Janvier 2019 - Collection : Rhizome


Ce livre interroge les mutations, qui à travers les processus de domestication et de sélection, dessinent les paysages du troisième millénaire. Les corps mutants sont les corps humains mais aussi des territoires et des vivants qui sont sont appelés à faire face à une transformation extraordinaire et accélérée. Les corps, les territoires et les espèces partagent aujourd'hui une condition particulière et commune: celle d'un devenir suspendu entre la persistance du passé et les sollicitations d'un présent-futur marqué par les nouvelles technologies. Cette analyse concerne principalement les « lignes de fuite » et les métamorphoses dans leur capacité à envisager des chemins de création et de liberté dans une période particulièrement violente.

Tiziana Villani est philosophe. Elle dirige les revues millepiani et millepiani/urban. Parmi millepiani/urban ses publications : Cavalieri del vuoto, il nomadismo nel moderno orizzonte urbano, Mimesis, Milan, 1992; Athena Cyborg. Per una geografia dell'espressione : corpo, territorio, metropoli, Mimesis, Milan, 1995 ; Gilles Deleuze. Un filosofo dalla parte del fuoco, Costa & Nolan, Milan, 1998 ; Il tempo della trasformazione, Manifestolibri, Rome, 2006 ; Ecologia Politica, Manifestolibri, Rome, 2013 ; Psychogéographies urbaines. Corps, territoires et technologies, éditions Eterotopia France, Paris, 2014.

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vendredi 18 janvier 2019

McKenzie Wark : Théorie du gamer

Les Prairies Ordinaires - Janvier 2019


Le monde tel que nous le vivons et le « ludespace », l’espace des jeux vidéo, entretiennent des rapports ambivalents. D’une part, ce ludespace propose une représentation idéalisée de certaines de nos utopies contemporaines, qui voient leurs fantasmes s’y réaliser : rétribution juste des efforts et de la persévérance, récompense des savoir-faire ou égalité stricte face aux « règles », à l’algorithme. Autant de souhaits qui ne se réalisent que très rarement en dehors du monde virtuel. D’autre part, le « monde réel » se trouve de plus en plus affecté par des valeurs qui sont celles du ludespace : un certain rapport à l’espace, sur lequel se greffent de plus en plus de données, analyses et soucis d’optimisation, une permanence des rapports de concurrence (dans les études, le travail, les relations personnelles). À la frontière de ces deux territoires, une subjectivité émerge : celle du gamer, avec son rapport particulier au monde et aux règles, perçus et réinterprétés à travers le jeu. Une position, une approche qui, transposée dans nos sociétés contemporaines, permet d’en décrypter les ressorts, voire de les subvertir. Se présentant comme une série de thèses regroupées sous les intitulés des jeux dans lesquels McKenzie Wark s’est plongé pour son étude, ce livre décortique les liens et subjectivités mis en œuvre dans les jeux vidéo, de façon à la fois synthétique et programmatique. S’extirpant des oppositions souvent schématiques entre adoration ou défiance vis-à-vis de la technique, il propose des pistes à ceux qui souhaiteraient comprendre, voire déjouer les mécanismes contemporains de la reproduction sociale. Quant aux gamers, ils trouveront là enfin un outil, exigeant et accessible, pour réfléchir à leur propre pratique sans avoir à en passer par le sempiternel discours sur les « risques ». Il s’agit de rendre au joueur son statut de first player, dans un ludespace qui, de plus en plus, tend à le transformer en produit plutôt qu’en acteur.

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Revue d'histoire des sciences humaines (RHSH), n° 33 : Après 1918. Un nouveau paysage savant ?

Éditions de la Sorbonne - Janvier 2019


La Première Guerre mondiale est considérée comme une rupture majeure de l’histoire contemporaine. Ses conséquences territoriales, politiques, sociales et technologiques, à l’échelle nationale et internationale, ont été amplement étudiées. Certains ont interrogé ses répercussions pour les sciences médicales et de la nature. Mais qu’en est-il des sciences de l’homme ? Que deviennent ces connaissances que leurs promoteurs continuaient à définir comme des sciences morales, au moment où l’humanité même semblait connaître ses « derniers jours » (Karl Kraus) ?
Mesurer l’impact du conflit sur ces domaines savants, tel est l’objectif de ce dossier. Il s’agit de retracer la transformation de la carte des sciences de l’homme en traitant de disciplines, de lieux et de techniques jusqu’ici peu abordés. Quelles sont les lignes de force structurant le redéploiement de ces savoirs après l’armistice ? Selon quelles modalités idéologiques, théoriques et pratiques prennent-ils acte – ou non – des effets du conflit ? Entre résilience et reconfigurations, changements et permanences, poursuite des oppositions en temps de paix et volonté de reconstituer une certaine communauté savante internationale, comment les sciences de l’homme ont-elles été « travaillées » par la Grande Guerre ?

Dossier: "Après 1918. Un nouveau paysage savant ?"

La Grande Guerre, parenthèse ou nouvelle donne dans l’histoire des sciences de l’homme ?
Nicolas Ginsburger et Christine Laurière

« Elle est tombée Babylone ».
Reconfigurations du champ disciplinaire des religions durant et après 1914-1918
Corinne Bonnet et Annelies Lannoy

Guerre du droit, droit de la guerre.
La faculté de droit de Paris, observatoire de l’enseignement supérieur en guerre (1914-1925)
Anne-Sophie Chambost et Alexandra Gottely

L’histoire à l’épreuve du feu.
Penser la Révolution française dans la France d’après-guerre (1918-1932)
Jean-Luc Chappey et Guillaume Lancereau

La fin d’un internationalisme savant.
La préhistoire française face à l'Allemagne entre les deux guerres mondiales
Arnaud Hurel

De Rühl à Christaller : le développement de la géographie économique allemande « classique » (1918-1933), un produit de la Grande Guerre ?
Nicolas Ginsburger

Un outil de la paix ?
La photographie aérienne, la Grande Guerre et les sciences sociales (1915-1939)
Serge Reubi

L’université de Strasbourg dans l’immédiat après-guerre (1919-1925)
Bertrand Müller

Document
L'ébranlement du monde jaune

Lucien Lévy-Bruhl et l’imaginaire anti-colonial en Asie
Frédéric Keck

Débats, chantiers et livres
La technologie, science humaine ?

De quoi la technologie est-elle le nom ?
Anne Saada

Enquête sur les sciences humaines et sociales dans les écoles d’ingénieurs.
Le cas de l’enseignement à l’Université de Technologie de Compiègne
Timothée Deldicque, Sacha Loeve et Pierre Steiner

Laetitia Guerlain, L’École de Le Play et le droit. Contribution à l’histoire des rapports entre droit et science social (Jean-Louis Halpérin)

Thomas Hirsch, Le temps des sociétés. D’Émile Durkheim à Marc Bloch (Sabina Loriga)

Nicolas Adell et Jérôme Lamy (dir.), Ce que la science fait à la vie (Dylan Simon)

Jacques François, Le siècle d’or de la linguistique en Allemagne. De Humboldt à Meyer-Lübke (Gabriel Bergounioux)

Plusieurs siècles de fabrique des chaires au Collège de France.
À propos de l’ouvrage collectif dirigé par Wolf Feuerhahn, La politique des chaires au Collège de France, Paris, Les Belles Lettres/Collège de France, 2017, 560 pages (Emanuel Bertrand)

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Bernhard Waldenfels : Phénoménologie de l'étranger. Motifs fondamentaux

Hermann - Février 2019


Si l’étranger a traditionnellement constitué l’écueil inassimilable dont la philosophie n’a cessé de se détourner, la phénoménologie de l’étranger de Waldenfels, au cœur des débats contemporains, entend au contraire faire droit à sa requête. Waldenfels ne traite pas l’étranger comme un simple objet, mais bien comme un motif – qui ébranle et met la pensée en mouvement. Dans ses Motifs fondamentaux, chaque texte constitue une invitation à cheminer à travers son œuvre foisonnante, érudite, méthodiquement rigoureuse. En dialogue serré avec la tradition classique, la phénoménologie, mais aussi avec l’anthropologie, la littérature et la linguistique, il décline l’étranger en ses diverses facettes : l’ordre, le pathos, la réponse, le corps propre, l’attention, l’interculturalité. Waldenfels mène ces réflexions en s’inspirant autant de Merleau-Ponty, dont il fut l’élève et le traducteur, que de Levinas et de Foucault.

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jeudi 17 janvier 2019

Jan Patocka : Correspondance avec Robert Campbell et les siens. 1946-1977

Editions Jérôme Million - Janvier 2019 - Collection : Krisis


"Il faudrait que quelqu'un chez vous fasse un roman sur un intellectuel d'Europe centrale sous le coup des derniers événements. Pas seulement pour la curiosité psychologique. Pour apprendre à voir ce que vous n'aimez pas regarder", écrivait le phénoménologue tchèque Jan Patocka, en juillet 1949, à son ami Robert Campbell, philosophe et mathématicien français, auteur, en 1945, du premier ouvrage consacré aux écrits et à la pensée de Jean-Paul Sartre. Mieux qu'un roman, la correspondance amicale et philosophique que les deux hommes échangeront pendant une trentaine d'années, avec deux hiatus dus aux aléas des circonstances, publiques et privées, depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à travers le virage totalitaire de l'"autre Europe", le relatif dégel des années 1960 et l'avant-"printemps de Prague", jusqu'à l'engagement de Patocka dans le mouvement de la Charte 77 pour la défense des droits de l'homme, représente, dans ses trois dimensions indissolublement enchevêtrées de l'intime-quotidien, de l'historico-politique et de la pensée, un document d'une rare valeur précisément en ce sens. Un document qui nous met sous les yeux un exemple concret de ce que Patocka nomme "la vie dans l'idée".

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Georg Simmel : Philosophie de l'amour

Circé - Janvier 2019


L'héritage théorique de Georg Simmel a longtemps été soumis à des jugements fortement réducteurs : philosophe de " l'à peu près ", théoricien de " l'impressionnisme ", amateur d'une philosophie journalistique. Il s'agit de jugements qui ne touchent en rien la profonde capacité du penseur allemand à représenter les tensions et les fureurs d'une époque. Son refus de tout rationalisme universaliste, son relativisme individualiste expriment quelque chose de plus qu'un simple schématisme descriptif : ils sont le résultat d'un malaise dont on ne peut nier la profonde valeur historique. Les écrits sur l'amour en sont une manifestation exemplaire : ici, Simmel considère l'amour comme le fruit d'une motivation primaire, étrangère à l'opposition entre action égoïste et action altruiste. L'éros abolit toute distance entre le je et le tu, en vertu d'une projection de sentiments qui entraîne la complète solidarité, l'adhésion absolue de l'objet au sujet. L'essence de l'amour est par conséquent unitaire ; elle n'est pas la synthèse de facteurs hétérogènes, bien qu'elle se manifeste via une variété de modes et d'attributs différents : sensualité et sentiment, instinct et affection, attirance et sympathie. Ainsi interprété, l'amour est avant tout un rapport que l'individu entretient avec lui-même, sorte de défi de réalisation de soi individuel et irrésolu, qui a pour effet une tension érotique continuelle.

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Henry de Lumley (dir.) : Le Symbolique, le Sacré et l'Homme. Emergence de la transcendance

CNRS Editions - Janvier 2019



L'Homme, cet être vivant doué de raison, fabricant d'objets élaborés, doté d'un langage articulé, chez lequel a émergé la pensée conceptuelle et symbolique, se caractérise par une aptitude à l'émerveillement, et une capacité d'espérance accompagnée d'un refus de l'absurde. Avec l'invention de l'outil manufacturé et les premiers témoignages d'une pensée symbolique, comment la fabuleuse aventure culturelle et spirituelle de l'Homme a-t-elle débuté ? Pourquoi à travers les temps, même les plus anciens, et dans toutes les cultures, l'émergence du sens de la transcendance n'a-t-il cessé de se manifester et de s'inscrire au cœur de notre humanité ? Comment est-il devenu une caractéristique de l'Homme, une de ses aspirations profondes ? Comment définir le sens du sacré ?
C'est de cette dimension intrinsèquement humaine, et des traces qu'elle a laissées, qu'il est ici question.
Après L'Univers, la Vie et l'Homme : émergence du sens de la Conscience et Le Beau, l'Art et l'Homme : émergence du sens de l'Esthétique, voici le troisième et dernier opus dirigé par Henry de Lumley, issu d'un cycle de conférences au Collège des Bernardins. L'ambition de ces rencontres ? Faire dialoguer physiciens, astrophysiciens, géologues, biologistes, paléoanthropologues, préhistoriens, historiens de l'art, philosophes et théologiens autour de questions qui ont trait à l'essence de l'humanité.

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