samedi 17 octobre 2026

Erin Manning : Toujours plus que soi. Danse, neurodiversité, individuation

 PUF - Octobre 2026


Et si l’expérience perceptive, avant de se rapporter à des sujets ou à des objets, était d’emblée mouvement ? Et si l’individu n’était jamais seul, mais toujours « plus qu’un » ?
Dans ce livre, Erin Manning explore ce que signifie exister non pas comme une entité fixe mais comme un processus. À travers une écriture à la fois philosophique, poétique et engagée, elle propose une pensée du devenir et de l’individuation où le corps et le monde ne cessent de se transformer mutuellement. Dans le sillage des philosophies de Whitehead, Deleuze, Guattari et Simondon, Manning puise dans l’expérience de la danse, mais aussi du cinéma et de l’autisme, pour élaborer une pensée profondément relationnelle et écologique. Son travail constitue une contribution majeure à la métaphysique du processus, à la pensée de la danse et aux pratiques contemporaines de la neurodiversité.
Une invitation à repenser et à chorégraphier nos manières de percevoir, de nous mouvoir et de vivre ensemble.

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Actuel Marx N° 80 : Comprendre le fascisme, combattre la fascisation

 PUF - Octobre 2026


L’extrême-droite est aujourd’hui au pouvoir, ou en passe de l’être, dans de nombreuses régions du monde. De l’Europe aux États-Unis, en passant par l’Argentine et le sous-continent indien, on assiste à la formation d’une véritable internationale réactionnaire. L’objectif général de ce numéro d’Actuel Marx est d’interroger la nature de ce phénomène : a-t-on affaire à un retour des fascismes historiques, à une réinvention de certaines de leurs caractéristiques, ou à l’émergence de régimes et de mouvements autoritaires tout à fait inédits, dont la catégorie de « fascisme » ne permet pas de saisir la singularité ? Chacune des contributions réunies dans ce numéro d’Actuel Marx propose un éclairage particulier sur cette question. Elles examinent les sources idéologiques de l’extrême-droite contemporaine et analysent les causes socio-historiques de son ascension, de la crise économique du capitalisme à l’angoisse suscitée par la catastrophe écologique en passant par l’hostilité aux progrès du mouvement féministe. Ce numéro d’Actuel Marx dresse un tableau sans équivalent des différentes analyses possibles du fascisme et de ses avatars. La revue espère ainsi contribuer au renouvellement de la tradition antifasciste, dans le contexte de crise globale que nous traversons.

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Nicolas Dessaux : Marx, critique de l'Etat. Réflexions sur le plan du Capital (1857)

 HOBG - Octobre 2026



La critique marxienne a fait l'objet d'immenses discussions, qui ont commencé de son vivant, sans qu'il ait publié de livre consacré à ce sujet. Cette absence a hanté le XXe siècle, avec des conséquences parfois tragiques. Pourtant, dans le plan qu'il avait prévu en 1857 pour la rédaction du Capital en six volumes, Marx notait : "Résumé de la société civile sous la …
La critique marxienne a fait l'objet d'immenses discussions, qui ont commencé de son vivant, sans qu'il ait publié de livre consacré à ce sujet. Cette absence a hanté le XXe siècle, avec des conséquences parfois tragiques. Pourtant, dans le plan qu'il avait prévu en 1857 pour la rédaction du Capital en six volumes, Marx notait : "Résumé de la société civile sous la forme de l'Etat, considérée en relation avec elle-même.
Les classes "improductives". Impôts. Dette publique. Crédit public. La population. Les colonies. Emigration." Est-il possible, à la lumière de ce plan, de relire son oeuvre, publiée et manuscrite, pour comprendre comme sa critique de l'Etat s'insère dans celle du mode de production capitaliste ?

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Aurore Mréjen : L'Appel du visage

 Armand Colin - Septembre 2026


Mon visage, est-ce moi ? Des photos d’identité à la reconnaissance faciale, tout semble indiquer que c’est bien dans le visage que notre identité transparaît. Pourtant, cette supposée évidence est le fruit d’une longue construction sociale et culturelle.
À partir du XVIe siècle, avec l’émergence du concept d’individu, le visage devient l’emblème de la singularité, le miroir des émotions. D’aucuns prétendent pouvoir y lire le caractère ou la criminalité future d’un individu. Alors que ces théories sont aujourd’hui largement disqualifiées sur le plan scientifique, elles n’en demeurent pas moins fermement ancrées en nous.
Mais que deviennent ces certitudes lorsque le visage est défiguré, greffé ou transformé ? Est-il toujours si facile d’y trouver les traces d’une identité ? En croisant la pensée de Lévinas avec l’histoire, la photographie ou le cinéma, Aurore Mréjen examine la signification du visage et la façon dont il nous appelle dans la rencontre avec autrui.

Aurore Mréjen est docteure en philosophie, chercheuse et ingénieure de recherche à l’université Paris-Nanterre. Elle est notamment l’autrice de La Figure de l’homme. Hannah Arendt et Emmanuel Lévinas (Palio 2012), d’Arendt à la plage. La philosophie politique dans un transat (Dunod 2023), ou d’une Introduction à Hannah Arendt (La Découverte 2025) et réalisatrice des documentaires Sur les traces du visage (2015) et Soigner, imaginer. Des machines et des visages (2023).

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Nicolas Mariot : Tuer. Comment expliquer les violences de masse

 Gallimard - Octobre 2026


Guerres totales, massacres à grande échelle, génocides : les violences de masse constituent l'un des principaux legs du xxe siècle. Depuis trois décennies au moins, elles font l'objet d'un intérêt scientifique renouvelé. Le défi qu'elles posent aux chercheurs et à chacun de nous peut être résumé ainsi : comment expliquer que des personnes en apparence "ordinaires" prennent part à de tels épisodes ? Appuyée sur une douzaine d'études de cas allant de la Première Guerre mondiale au génocide des Tutsi au Rwanda, cette enquête s'intéresse aux réponses qu'historiens, sociologues ou psychologues ont apportées à la question. De quelle manière formulent-ils le problème ? Quels matériaux empiriques et quelles méthodes mobilisent-ils ? Qu'est-ce qui fait l'objet de débats ou de controverses ? Chacun des chapitres est consacré à l'examen d'une énigme concrète : pourquoi certains exécuteurs ajoutent-ils la cruauté aux meurtres ? Ou pourquoi d'autres tuent bien qu'ils reconnaissent l'humanité de leurs victimes ? Considérées ensemble, ces études dressent un bilan critique des recherches pour comprendre comment les sociétés humaines basculent dans la violence la plus extrême.

Directeur de recherche au sein du Centre européen de sociologie et de science politique, au CNRS, Nicolas Mariot a notamment publié Tous unis dans la tranchée ? (2013), Histoire d'un sacrifice (2017) et, avec Claire Zalc, Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre (2010).

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Jacques Luzi : Le capitalisme transhumaniste et la mort

 La Lanterne - Octobre 2026


Intelligence artificielle, humain augmenté, culte de la performance, ou encore promesse d’immortalité : la technoscience prétend aujourd’hui repousser les limites de la condition humaine. Mais que révèle cette volonté de vaincre la mort ? En interrogeant les liens entre technocapitalisme et logique de prédation du vivant, ce texte montre combien le projet transhumaniste engage une transformation profonde et dévastatrice de notre rapport à la mort et à la condition humaine.

Jacques Luzi est maître de conférences à l’université de Bretagne Sud et membre du comité de rédaction de la revue Écologie & Politique, pour laquelle il a écrit une cinquantaine d’articles, disponibles sur cairn.info. Il a publié deux livres aux éditions La Lenteur : Au rendez-vous des mortels, en 2019 ; et Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire, en 2024.

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Catherine Kintzler : La Respiration laïque. Penser la laïcité 2

 Minerve - Octobre 2026


Dans Penser la laïcité 1, maintes propriétés du concept de laïcité avaient été abordées – notamment le minimalisme, l’incompatibilité avec les formes politiques de religion, l’articulation entre principe de laïcité et liberté d’expression –, ainsi que les dérives (laïcité accommodante / extrémisme laïque). Dans ce nouveau livre, mises en rapport avec les questions actuelles (La loi a-t-elle besoin d’une forme de croyance ? La laïcité se confond-elle avec la liberté religieuse ? Est-elle un athéisme ? Peut-on parler d’intégrisme laïque ? L’islamophobie est-elle un délit ? En quoi la laïcité concerne-t-elle les élèves de l’école publique ?), elles sont reprises, augmentées et enrichies dans une démarche déductive qui les relie à l’autonomie du politique. La notion de respiration laïque est le centre de gravité du livre. Elle résume la relation essentielle entre laïcité et liberté. Le régime laïque construit un objet politique non saturable par les convictions présentes dans une société. Comparable à une bibliothèque en perpétuelle évolution qui doit disposer de rayons vides, la laïcité ménage, dans son principe même, des espaces vacants permettant à chacun de penser autrement, de trouver un ailleurs, de prendre du recul, de se soustraire à une appartenance imposée, à une assignation. La seconde partie est consacrée à la laïcité scolaire. L’école doit offrir aux élèves une double vie, les considérer dans leur individualité et non comme « fils/filles de... ». Elle institutionnalise l’expérience éminente de la liberté qu’est l’appropriation des savoirs : un enfant qui a compris une opération d’arithmétique n’obéit qu’à sa propre raison. Mais une école qui néglige ou relativise l’instruction ne peut pas être laïque.

Professeur honoraire à l’université de Lille, Catherine Kintzler consacre la plupart de ses travaux à la philosophie politique et à la philosophie de l’art. Son site internet : www.mezetulle.fr.

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jeudi 15 octobre 2026

Philippe Lacoue-Labarthe : La fiction du politique. Heidegger, l'art et la politique

 Christian Bourgois - Octobre 2026


" Je ne suis "entré en philosophie" que pour avoir subi le coup ou le choc de la pensée de Heidegger. Presque au même moment j'ai appris que Heidegger avait adhéré au nazisme. Et je dois avouer que, comme beaucoup d'autres, je ne m'en suis jamais remis. Quelle que soit l'admiration qui fut (et reste) la mienne à l'égard de la pensée de Heidegger, de cette adhésion je ne peux, et je n'ai jamais pu, politiquement et plus que politiquement, m'accommoder. Ce petit livre essaie en somme d'expliquer pourquoi." Paru aux premiers jours de 1988, dans un contexte où le " cas Heidegger " était sur le devant de la scène française, ce livre, qui concentre les enjeux d'une recherche au long cours, répond aussi, par les post-scriptum qui le scandent, à des objections. Il fait porter le débat sur la responsabilité politique radicale de la philosophie dans l'Extermination et met en cause l'Occident dans son essence. Surtout il s'avance dans une approche des rouages de cette violence exterminatrice, en particulier avec le concept de national-esthétisme élaboré dans le sillage de Walter Benjamin et Bertolt Brecht. La réédition d'un texte de référence qui éclaire le rapport de la pensée au politique.

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Martin Diweg-Pukanec : Les illuminations des mots. Généalogie du bien et du mal

 L'Harmattan - Octobre 2026


Pourquoi les mots qui expriment le bien et le mal changent-ils de sens au cours de l’histoire ? La Réforme ou la Révolution française ont-elles véritablement transformé les valeurs morales inscrites dans les langues européennes ?
Prenant pour point de départ le défi lancé par Nietzsche d’interroger les langues sur la généalogie des valeurs, Les illuminations des mots propose la première vérification systématique de son hypothèse à partir des langues slaves. Fondé sur une analyse sémantique historique des principaux concepts moraux, l’ouvrage met en évidence les mécanismes du renversement des valeurs. Les résultats remettent en question plusieurs interprétations philosophiques et montrent que l’évolution des concepts moraux relève d’un processus historique plus ancien et plus complexe que ne le supposaient Nietzsche et ses successeurs.

Martin Diweg-Pukanec est professeur à l’Université Constantin le Philosophe de Nitra (Slovaquie). Formé dans plusieurs centres européens de slavistique, dont la Sorbonne, il a travaillé à l’Université du Michigan (États-Unis), avant d’enseigner à l’Université de Clermont-Ferrand (2013-2016). Ses recherches portent sur la linguistique historique et la sémantique des langues slaves.

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Bruno Deschênes : L’écoute par-delà la musique

 L'Harmattan - Octobre 2026


Cet ouvrage propose des réflexions sur l’écoute de la musique qui sont peu soulevées en musicologie, en psychologie ou en philosophie de la musique.
Ses grands thèmes sont : l’écoute conjointe entre musiciens s’exécutant sur scène, ou celle entre musiciens et leur public ; le caractère socialement cognitif et incarné de l’écoute ; l’entraînement de notre intentionnalité à l’écoute de toute musique ; nos conduites d’écoute pouvant devenir une « mésécoute », soit une écoute biaisée ; la « géographie » de notre écoute ; notre positionnalité et notre point d’écoute ; notre familiarité narrative aux musiques que nous apprécions ; notre réfléchissement avant, pendant et après une écoute ; ou encore, la conscience que le musicien a du lieu où il s’exécute par rapport à la musique qu’il joue.
Par-delà la musique, il y a des territoires insuffisamment explorés qui la réinventent avant même de l’écouter !

Bruno Deschênes est un musicien et ethnomusicologue canadien, interprète du shakuhachi japonais. Il a publié le premier ouvrage en français consacré à cette flûte de bambou : Le shakuhachi japonais. Une tradition réinventée (L’Harmattan, 2016). Il a également publié un livre sur ce qu’il qualifie de transmusicalité, ce choix de musiciens d’opter pour une musique venant d’une culture dont ils ne sont pas originaires : Transmusicality, Mastering the Music of Another Culture (Zagreb, Croatian Musicological Society, 2022), et dernièrement Une phénoménologie de l’écoute (L’Harmattan, 2024).

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Machiavel : Histoire de Florence

 Bouquins - Octobre 2026


Le regard de Machiavel sur l'histoire de sa ville, de la fin de l'Empire romain à la mort de Laurent le Magnifique (1492) : un récit enlevé et une leçon de politique.
Successeur de grands historiens humanistes, tels Leonardo Bruni et Poggio Bracciolini, Machiavel ajoute à sa mission pédagogique un objectif politique : l'histoire doit enseigner le fonctionnement des institutions et la conduite du gouvernement. Voulant d'entrée de jeu se distinguer de ses prédécesseurs, Machiavel prétend édifier une histoire globale, qui ne se limite pas aux affaires étrangères et aux conflits, mais aborde aussi les divers épisodes de la politique intérieure florentine, les luttes entre les clans et les partis. Fidèle à sa méthode et à sa perception de l'histoire, il cherche à comprendre et expliquer le passé en mettant l'accent sur les liens logiques reliant nécessairement les événements entre eux. Ces apports nouveaux à la méthode historiographique traditionnelle ne l'empêchent pas toutefois de demeurer le peintre d'individus privilégiés (Michele di Lando, Rinaldo degli Albizzi, Niccolò da Uzzano, les Médicis, ec.), qui se détachent de la masse et auxquels il attribue une psychologie supposée ainsi que des discours et des propos aussi éloquents qu'imaginaires.
Machiavel met continuellement l'accent sur le thème des divisions de Florence, qui lui semblent avoir eu de perverses conséquences : désordres, instabilité, versatilité de la République. Son autre cible est l'Église. Comme ailleurs dans ses œuvres, Machiavel lance de vives polémiques et de violentes diatribes contre les papes corrompus et corrupteurs et leurs responsabilités dans les divisions florentines et italiennes.
Répondant à une commande des Médicis, l'auteur doit se montrer prudent. Les quatre premiers livres de l'Histoire, consacrés à la période antérieure à la prise de pouvoir de Côme à Florence, demeurent un espace où Machiavel peut librement s'exprimer. Il ne peut en aller de même avec les quatre livres suivants, qui traitent de la Florence médicéenne, comme on le lit dans cette lettre significative : " Je dirai les événements qui eurent lieu quand Côme prit le pouvoir ; mais je ne dirai pas comment et par quels moyens il parvint à une telle position. Et celui qui voudra comprendre cela devra noter ce que je ferai dire à ses adversaires, car, ce que je ne peux dire moi-même, comme venant de moi, je le ferai dire à ses adversaires. "
L'Histoire de Florence est ici précédée d'un court texte, La Vie de Castruccio Castracani de Lucques, biographie très libre d'un condottiere (1281-1328), que Machiavel peint en héros multiforme, modèle idéal de prince.

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Laurent Cournarie : La religion dans les limites de l’humanité

 Vrin - Octobre 2026


L’humanité a-t-elle cessé et cessera-t-elle jamais d’être religieuse? La signification de la religion doit être mesurée à l’aune de sa profondeur anthropologique : un fait humain total. Mais la religion est un fait anthropologique aussi paradoxal que fondamental puisque l’humanité de l’homme s’y noue empiriquement avec la plus grande déraison apparente. C’est ce qu’on entend souligner ici par la religion dans les limites de l’humanité.
Cet essai relève à la fois de l’anthropologie philosophique et de la philosophie de la religion. Il s’organise autour de quatre questions principales. Une religion sans superstition est-elle possible? Peut-on définir universellement la religion sans la catégorie du sacré? Quelle est la rationalité de la croyance religieuse? Une politique déliée de toute présupposition théologique est-elle concevable? Les rapports entre religion et superstition, religion et sacré, foi et raison, théologie et politique, constituent les quatre points cardinaux de la réflexion philosophique sur la religion.

Laurent Cournarie enseigne la philosophie en Première supérieure au lycée Saint-Sernin de Toulouse.

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Christian Ruby : L'oeuvre d'art entre auteur·rice et public

 L'Harmattan - Octobre 2026


Tout le monde peut intervenir dans les débats portant sur la culture, les arts et la manière dont le public se confronte aux œuvres d’art. Il s’agit d’un acquis démocratique valorisé dans l’espace public. L’important reste toutefois de réfléchir sur les notions employées dans les interventions, les débats, voire les altercations, sur ces thèmes.
Les critiques et analyses du fonctionnement du champ culturel, y compris de l’Éducation artistique et culturelle (EAC), nous y aident. Elles montrent comment s’articulent les « objets » centraux du champ culturel : individu, auteur·rice, art, œuvre, public.
Cet essai les explore, ainsi que le processus par lequel les notions d’art, d’esthétique et de public se sont constituées. Il en explicite les usages dans l’histoire de la culture occidentale (moderne, postmoderne, contemporaine), de même que les rapports entre elles et la politique.

Christian Ruby est philosophe, docteur en philosophie, membre du comité de rédaction de la revue Raison présente, rédacteur dans les revues TK-21, Nectart et Nonfiction, membre de l’Observatoire de la liberté de création (OLC). Il travaille sur les questions d’art public, de public, de spectateur·rice, de contemporanéité...

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Comité Invisible : Manuel de survie

 La Fabrique - Octobre 2026


"Survivre à une civilisation déterminée au suicide n’est pas une mince affaire. C’est énorme, une civilisation, et c’est partout. Tout autour de nous et tout au fond de nous. La tâche serait décourageante s’il y en avait une autre de sensée, et s’il n’était pas question, ici, de guérison. Guérir de l’espoir qu’un changement de régime ou de personnel puisse faire pour nous la révolution que nous ne faisons pas, trancher les liens qui nous enchaînent à ce qui visiblement s’effondre, délaisser le nihilisme, le ricanement et la fausseté de rigueur ; comprendre comment diable nous en sommes arrivés là, mettre à jour les stratégies des conducteurs de troupeaux à l’abattoir, mais surtout détailler les contours de l’issue de secours – c’est de tout cela qu’il s’agit dans ce Manuel.
Et aussi de détromper les isolés quant à leur solitude. Si l’on ne voit partout plastronner que les connards et les imposteurs, c’est que les êtres de valeur ont tous en commun de répugner à se mettre en avant. S’il semble que la perversion seule ait titre à gouverner, c’est que le goût du pouvoir frappe d’abord ceux qui ont un gouffre au cœur. Nous travaillons à la plus immorale des insurrections: l’insurrection des timides."

Le comité invisible a publié à La fabrique L’insurrection qui vient (2007), À nos amis (2014) et Maintenant (2017).

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L'Herne : Cahier Foucault (2026)

 Cahiers de l'Herne - Octobre 2026


Les ouvrages de Michel Foucault ont tous été ressentis comme des provocations : Histoire de la folie a heurté la bonne conscience des psychiatres, Les mots et les choses ont soulevé la grande polémique du structuralisme au milieu des années 1960, Surveiller et punir a scandalisé les milieux professionnels de la justice, et son Histoire de la sexualité enfin (tomes II et III) a surpris au contraire par son recentrement éthique. Chacun de ses livres a représenté un événement théorique et politique. Très tôt, sa pensée a compté en-dehors des cercles académiques, en France et ailleurs : elle a nourri de nombreuses luttes, et est rapidement devenue une référence dans toute l'Europe, mais aussi en Amérique et en Asie. Enfin les interventions esthétiques, politiques, éthiques et philosophiques de Foucault l'ont rendu indispensable dans tous les domaines de la pensée et de la création.
À l'occasion du centenaire de Michel Foucault, le Cahier de L'herne est réédité et actualisé. Il est notamment augmenté de trois entretiens inédits faisant entendre la voix de l'auteur sur des sujets comme le pouvoir, le langage et la politique.

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Alexandre Journo : Albert Memmi. Un Juif intranquille

Calmann-Lévy - Octobre 2026


Albert Memmi (1920-2020) était habité par cette interrogation, déchiré entre le particulier et l’universel, torturé par l’assignation antisémite qui empêche les Juifs d’être libres. Face à ce destin mal[1]heureux, l’assimilation ne serait-elle qu’une désertion du judaïsme ?
Sinon, comment se libérer de l’oppression ?
De Tunis à Paris, cet essai biographique retrace le parcours et l’œuvre de ce philosophe intranquille qui fut tour à tour compagnon de route de l’indépendance tunisienne, penseur de la décolonisation, sociologue du malaise juif, inventeur du concept de « judéité », théoricien du racisme comme « hétérophobie » et sioniste engagé pour la paix entre Israéliens et Palestiniens.

À chaque fois, Albert Memmi partait de son expérience : sa méthode était celle du portrait. Il observait minutieusement les situations qu’il vivait, les décrivait avant d’en dégager une portée universelle. Ce sont cette vie, cette méthode et ces combats que l’on veut raconter ici pour montrer combien la pensée de Memmi demeure essentielle à qui veut comprendre les impasses de l’identité, du racisme et de la liberté.

Alexandre Journo est ingénieur, chercheur indépendant et directeur de la rédaction de la revue juive Daï. Il est par ailleurs porte-parole de La Paix Maintenant, une association œuvrant pour une solution à deux États en Israël-Palestine.

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Jean-Luc Guichet, James Hanrahan (dir.) : Représentations des origines dans la pensée des Lumières

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Au XVIIIe siècle, les Lumières se définissent par le refus des réponses d'autorité et la libération de l'interrogation critique. La question de l'origine ne s'impose plus comme un donné préalable, mais se constitue désormais dans et par l'acte même de questionner, en se détachant - et pas toujours entièrement - du modèle théologique de la Création pour se pluraliser dans divers domaines. Héritière de la critique biblique de la Renaissance et du XVIIe siècle, cette réflexion mobilise de nouvelles méthodes conjecturales et les sciences émergentes. Hantise intime autant que catégorie savante, elle polarise des conflits d'interprétation et peut être tour à tour principe heuristique, impasse idéologique ou puissance de renouvellement.

James Hanrahan est professeur associé à Trinity College Dublin. Spécialiste de Voltaire, ses recherches portent sur l'histoire des idées au siècle des Lumières. Il est l'auteur de Voltaire and the « parlements » of France (Oxford, 2009) et coéditeur du Précis du siècle de Louis XV et de l'Histoire de la guerre de 1741 pour les oeuvres complètesde Voltaire (3 vol., Oxford, 2020-2021).
Jean-Luc Guichet est professeur des universités en littérature et histoire des idées (1650-1800) et membre du CERCLL à l'université de Picardie - Jules-Verne. Il travaille sur le XVIIIe siècle dans la diversité de ses aspects, ainsi que sur les thèmes de l'animal et de l'environnement, des Lumières à nos jours. Il a notamment publié Figures du moi et environnement naturel au XVIIIe siècle (Paris, 2020).

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mardi 13 octobre 2026

Jean-François Petit : Faire face aux génocides contemporains

 Kimé - Octobre 2026


On peut repérer des analogies ou des processus similaires dans les génocides?: une violence endémique, des discours de haine, des formes d'ethno-nationalisme ou de marginalisation et relégations progressives de certains groupes, des discriminations grandissantes et des formes d'épuration, des attentats contre des personnes ciblées, en particulier des intellectuels, des déplacements forcés de population, des mises en place de stratégie d'élimination, un crescendo dans l'horreur, une passivité de la communauté internationale, un déni des massacres par des stratégies révisionnistes ou négationnistes, des possibilités de réitération. Cet ouvrage donne à entendre en creux les voix de Hannah Arendt, Viktor Frankl ou Tzvetan Todorov, et de tant d'autres rescapés et oubliés victimes des génocides. Nous portons tous une part de responsabilité dans la tolérance ou dans le reflux des formes extrêmes de déshumanisation, dans la réévaluation du passé - dans le cas notamment de génocides « oubliés » ou « masqués » - mais aussi en étant capables de protéger efficacement les personnes et les groupes de pareils crimes. À chaque nouveau génocide reviennent les questions centrales de la recherche d'Hannah Arendt?: que s'est-il passé?? Pourquoi cela s'est-il passé?? Comment cela a-t-il été possible?? Ainsi l'étude des génocides fait bien plus que décrire une façon de se situer face à la violence. Elle permet d'appréhender les réponses personnelles et collectives données face à l'impensable et l'innommable. Elle nécessite aujourd'hui l'invention d'outils, de catégories d'analyses, dont la mise en oeuvre doit sans cesse être ajustée. Elle oblige à se séparer des simplismes et à consentir à la diversité des angles d'approche, en approfondissant sans cesse notre connaissance, autant pour réparer que pour prévenir.

Jean-François Petit, assomptionniste, est maître de conférences habilité en philosophie à l'Institut catholique de Paris, directeur du Réseau de philosophie interculturelle, co-fondateur de l'Académie catholique du Val de Seine. Spécialiste reconnu d'Emmanuel Mounier, conférencier, prédicateur, il travaille en anthropologie et en histoire de la philosophie.

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