vendredi 6 février 2026

Marie-Claire Guerin-Lacroute : L'intime, ressource du soin

 Erès - Janvier 2026


Imprévisible, imprescriptible, non quantifiable, l’intime ne se laisse pas appréhender par les critères de la médecine scientifique. Mais sans l’intime, peut-on réellement prendre soin ?
L’auteure, médecin gériatre, propose à travers des récits de rencontres, éclairés par des repères philosophiques, une réflexion sur l’intime comme une ressource majeure du soin. Elle décrit son surgissement et ses manifestations en le distinguant de l’intimité. À partir de situations qui le convoquent avec force, elle analyse la relation fondamentale qu’il entretient avec le langage.
À l’heure de l’intégration de l’intelligence artificielle en médecine, cet ouvrage fait valoir comment l’intime maintient et promeut l’humain dans le soin. Les soignants y sont invités à développer leur disposition à le reconnaître et à l’accueillir mais aussi à appréhender comment, en retour, il les mobilise et les modèle.

Marie-Claire Guerin-Lacroute est praticienne hospitalière en gériatrie, à l'unité mobile de gériatrie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, titulaire d'un Master en Éthique clinique.

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Elise Marrou : Wittgenstein

 Les Belles Lettres - Février 2026 - Figures du savoir


Ludwig Wittgenstein (1889-1951) a grandi dans la Vienne fin de siècle et rejoint l’Angleterre pour poursuivre ses études d’aéronautique. Il est ensuite passé à la philosophie sous la pression de questions liées à la logique et aux fondements des mathématiques. C’est en effet en butant sur des problèmes précis que, selon lui, on entre en philosophie et non par la progression sereine d’un travail académique. Des premiers carnets de guerre jusqu’aux dernières remarques portant sur la certitude, Wittgenstein affronte sans relâche des séries de problèmes qu’il décape et reformule. Philosophe avant tout ventriloque, il part de voix anciennes, de celle de Platon en particulier, pour traiter les difficiles questions du « suivi de la règle » ou de la chimère d’un « langage privé » ou encore de l’autorité singulière de la bouche qui dit « je ».
Ce volume se propose de présenter la méthode des « jeux de langage », la modélisation qui y préside, afin de saisir le fil directeur de la thérapie qui se déploie dans les Recherches philosophiques et se prolonge dans la philosophie de la psychologie. Les remarques qui composent ce dernier volet de l’oeuvre, rédigées entre 1945 et 1951, sont dans l’ensemble encore méconnues. Nous en dessinons ici les principales lignes de force, en centrant l’examen sur la logique de nos expressions et les reconfigurations de la relation à soi.

Ancienne élève de l’ENS Ulm, agrégée et docteure en philosophie, Élise Marrou est maîtresse de conférences à Sorbonne Université où elle enseigne la philosophie contemporaine. Dernières publications : Wittgenstein en France (2022), Le Proust de Descombes : la prose des mondes (2023).

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Jacques-Bénigne Bossuet : De la dignité des pauvres et des devoirs des riches

 Les Belles Lettres - Février 2026


Textes précédés d’un essai d’Alain Supiot

Les deux sermons et le panégyrique que Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) a consacrés à la pauvreté éclairent puissamment les temps présents, où le culte de l’enrichissement personnel est universellement célébré et où partout progressent la misère et les inégalités économiques.
Dans ces trois textes, mis pour la première fois en regard dans le présent volume, celui que l’on surnommait « l’Aigle de Meaux » prévient les riches, « qui s’imaginent que tout leur est dû et qui foulent aux pieds les pauvres », que leur « insatiable désir d’amasser » les condamne à être « toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l’excès même ». Ils ne peuvent échapper à ce destin et s’assurer une place légitime au sein de la société qu’en se mettant au service des pauvres.
Dans l’essai qui introduit la lecture de ces textes, Alain Supiot retrace le destin contrasté du « renversement de l’ordre du monde » ainsi prêché par Bossuet. Qu’elle soit posée en termes religieux, philosophiques, scientifiques ou politiques, la question d’une juste répartition des richesses n’a cessé d’agiter les sociétés, depuis les aspirations révolutionnaires des XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à l’actuel renversement de l’État social par des régimes ploutocratiques.

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Nicole Oresme : Œuvres choisies, t. VIII : Problèmes

 Les Belles Lettres - Février 2026


Les Problèmes (Problemata) de Nicole Oresme, inédits pour la plupart, constituent sa dernière oeuvre, rédigée au cours de la période finale de sa vie (1370-1380), peu avant sa disparition (1382). Ils se composent de 44 questions qui pourraient paraître hétéroclites et disparates, mais qui offrent en fait un vaste et passionnant panorama de la philosophie oresmienne, axé sur la notion de causalité.
Nicole Oresme (1325-1382) fut un maître ès arts renommé de l'Université de Paris au milieu du XIVe siècle. Toutefois, s'il a pu enseigner la règle du mouvement à l'aide du traité de Thomas Bradwardine (ce que nous ne savons pas), il ne semble pas qu'il faille nécessairement relier à l'enseignement son traité Sur les rapports de rapports. La compréhension de ce texte requiert une bonne connaissance des notions mathématiques qui fondent la théorie des rapports et des proportionnalités et une bonne maîtrise des manipulations sur ces objets. Le vif intérêt de Nicolas Oresme pour les mathématiques n’apparaît pas seulement dans ce traité, mais se retrouve dans d’autres ouvrages du maître parisien, comme ses Questions sur la géométrie d’Euclide , son traité À ceux dont l’attention se porte sur un petit nombre de sujets.

Ed. Alain Boureau et Béatrice Delaurenti

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Géraldine Sauquet : Le Journal intime d'Henri-Frédéric Amiel. L'écriture de soi à l'épreuve du temps

 Champion - Février 2026


« Ces cahiers sont ma chair » écrit Henri-Frédéric Amiel pour caractériser, dans la continuité de Montaigne, le lien consubstantiel qui l’unissait à ses pages intimes rédigées dans le secret pendant plus de trente ans, jusqu’à sa mort en 1881. Croiser la trame des jours à l’écriture de soi conduit ainsi le diariste genevois à composer un journal intime remarquable, tant par son projet que par son ampleur : saisir la vie dans le flux de l’écriture et du temps. Tenus en un siècle où la transformation du journal accompagne la formation de l’identité moderne, les cahiers d’Amiel dévoilent aussi une nouvelle perception du temps, une autre manière de le vivre et de l’écrire. Il s’agit dès lors de prendre appui sur les études poétiques consacrées aux écritures de soi, en particulier au journal personnel, pour rendre compte d’un journal-oeuvre considéré comme le modèle du genre, un récit de soi au long cours, investi d’une valeur aussi bien existentielle que littéraire.

Géraldine Sauquet, agrégée de lettres modernes, docteur en langue et littérature françaises, exerce au lycée Louis Barthou à Pau.

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Chimères 84 : Avec Jean Oury (dir. Olivier Apprill et Jean-Claude Polack)

 Erès - Février 2026


Jean Oury n’a jamais cessé de l’affirmer : dans l’abord de la folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l’ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l’arrière fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l’écho, nourri d’expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d’une « vraie rencontre ». Une sorte de constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de « psychistes », d’artistes, d’amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l’homme qui a tracé « son chemin en marchant » et a su s’adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu’il y a de plus singulier en chacun.

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jeudi 5 février 2026

Recherches en Esthétique N° 31, janvier 2026 : L'irréversible

CEREAP - Janvier 2026


"L’irréversible est une notion qui renvoie à un processus inarrêtable, qui nous échappe, sur lequel nous n’avons aucune prise et aucun pouvoir. La pause, de même que le retour en arrière, le renversement et l’inversion sont impossibles. L’irréversible nous condamne à une adaptation nécessaire vis-à-vis de ce qui est à la fois agissant et impalpable, qui nous …
"L’irréversible est une notion qui renvoie à un processus inarrêtable, qui nous échappe, sur lequel nous n’avons aucune prise et aucun pouvoir. La pause, de même que le retour en arrière, le renversement et l’inversion sont impossibles. L’irréversible nous condamne à une adaptation nécessaire vis-à-vis de ce qui est à la fois agissant et impalpable, qui nous entraîne irrémédiablement vers le devenir.
La marche du temps, dans son écoulement régulier, est irréversible. Il n’existe aucune possibilité de retour en arrière, de sens contraire, de pas de côté. Notre existence est plongée au coeur de l’irréversible dont on ne s’extrait qu’à l’instant de notre propre fin. Cette réalité dans ce qu’elle a d’implacable et d’inexorable n’est toutefois pas totalement dépourvue de possibilités et d’espérance.
L’irréversible suscite, voire encourage l’action, en termes de réponse, de réaction, de sursaut. Il provoque en retour des élans, des créations, quel que soit le domaine. Les arts dans leur diversité ne font pas exception. Comme le montre ce volume, ils sont concernés par la question de l’irréversible. Le sujet est immense et passionnant. Parmi les nombreuses questions que suscite cette notion, sont évoquées dans ce numéro par exemple : comment certains artistes expriment-ils l’irréversibilité ? Comment la surmontent-ils ? Comment l’utilisent-ils ? Quels moyens mettent-ils en oeuvre ?" Dominique Berthet

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Samuel Bernier-Lavigne, Ariane Ouellet-Pelletier (dir.) : Le dispositif Teyssot. Un relevé intellectuel

 PU de Laval (Q) - Février 2026


Georges Teyssot, parmi les plus prolifiques théoriciens contemporains de l’architecture, s’est distingué par ses réflexions sur les rapports entre architecture, corps et technologie. Ses activités d’enseignement l’ont mené de Venise (IUAV) à Princeton (Princeton University), puis à Québec (Université Laval). Ses écrits, nourris par la philosophie, les sciences et l'histoire de l'art, ont profondément transformé la compréhension de l’architecture à travers des concepts novateurs sur la domesticité, les paysages et la techno-esthétique.
Le dispositif Teyssot: un relevé intellectuel prend comme point de départ la bibliothèque personnelle du théoricien, composée de 7191 ouvrages, laquelle se révèle être bien plus qu’une simple collection : elle constitue un véritable dispositif intellectuel. Ce vaste réseau de savoirs, soigneusement répertorié, éclaire les multiples influences l’ayant nourri et inspire ici d’anciens collaborateurs et collègues qui proposent des regards critiques sur les concepts clés de son œuvre tout en suggérant de nouvelles perspectives.

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Vladimir Jankélévitch : Le Pardon

 Flammarion - Février 2026 - Champs essais


"Le débat du pardon et de l'impardonnable n'aura jamais de fin. Insoluble est le cas de conscience qui en résulte : car si l'impératif d'amour est inconditionnel et ne souffre aucune restriction, l'obligation d'annihiler la méchanceté n'est pas moins impérieuse que le devoir d'amour ; l'amour des hommes est entre toutes les valeurs la plus sacrée, mais l'indifférence aux crimes contre l'humanité, mais l'indifférence aux attentats contre l'essence même et contre l'hominité de l'homme est entre toutes les fautes la plus sacrilège." Lorsque Vladimir Jankélévitch publie ce livre en 1967, alors que le débat sur l'imprescriptibilité des crimes nazis agite l'opinion, il soulève cette question brûlante : qu'est-ce que le pardon ? Cherchant à saisir le coeur de cette notion mal comprise, se heurtant au terrible paradoxe d'un pardon infini, sublime, et pourtant impossible, Le Pardon occupe une place centrale dans la réflexion morale d'un philosophe hanté par les problèmes de son temps.

Vladimir Jankélévitch (1903-1985) est un philosophe et musicologue, professeur à la Sorbonne pendant près de trente ans. Philosophe du devenir et grand théoricien de la morale, son oeuvre a influencé beaucoup de penseurs contemporains. La collection " Champs " a publié une grand partie de ses ouvrages.

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Francis Bacon : La Nouvelle Atlantide (1627)

 L'Alchimiste - Février 2026


La Nouvelle Atlantide est un récit inachevé de Francis Bacon, publié en 1627, un an après sa mort.
Sous la forme d’un voyage imaginaire, des marins européens découvrent l’île de Bensalem, société idéale gouvernée par la Maison de Salomon, une académie vouée à la recherche et au progrès des savoirs.
À mi-chemin entre utopie et fable philosophique, Bacon y expose sa vision d’un monde organisé par et pour la science, où l’expérimentation et la connaissance servent le bien commun. Texte fondateur de l’utopie scientifique moderne, La Nouvelle Atlantide a marqué durablement l’histoire des idées et influencé la naissance de la Royal Society.

Francis Bacon (1561-1626) était un philosophe, juriste et homme d’État anglais. Auteur du « Novum Organum », il est l’un des penseurs majeurs de la méthode scientifique moderne.

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Sabine Valens : Aimer sans posséder. Une critique féministe de la fidélité

 Textuel - Février 2026


Sabine Valens propose l’une des premières critiques féministes de la fidélité conjugale en langue française. Accessible et percutant, son essai interroge la monogamie exclusive comme une norme patriarcale coercitive, qui pèse particulièrement sur les femmes. Entre témoignage, analyse et manifeste, Aimer sans posséder invite à repenser l’amour, la sexualité et l’engagement au-delà du prisme possessif, pour ouvrir la voie à une éthique relationnelle plus libre et égalitaire.

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Henri Volken : Fragments d'une rationalité sauvage

 In Folio - Février 2026


Un voyage audacieux entre équations et réflexions.
Et si la rigueur des mathématiques pouvait éclairer les complexités des sciences humaines ? Et si une rationalité dite " sauvage " devenait l'une des clés pour penser autrement ? Le livre propose une exploration audacieuse et interdisciplinaire, à la croisée des mathématiques et des sciences humaines. De six textes inspirés par la logique et les mathématiques, émerge un dialogue inattendu entre deux mondes souvent étrangers l'un à l'autre. Le titre, inspiré de " La pensée sauvage " de Claude Lévi-Strauss, suggère qu'aucune forme de rationalité n'est supérieure à une autre. Le langage abstrait des mathématiciens, qui peut paraître " sauvage ", enrichit les perspectives des sciences humaines. L'abstraction invite à penser entre les disciplines. Commentés par des membres du groupe Pi, ces textes nourrissent la curiosité intellectuelle pour repenser les liens entre les savoirs.

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mercredi 4 février 2026

Lahouari Addi : Retour sur Kant: Aux origines de la modernité intellectuelle

 Armand Colin - Février 2026


Cet ouvrage propose une analyse repositionnant Kant au coeur des débats contemporains sur la rationalité, la liberté et la dignité humaine. En déconstruisant les mécanismes de la morale, du mysticisme et de la religion, l’auteur montre comment Kant récuse les dogmes traditionnels pour proposer une vision où la moralité transcende les appartenances culturelles et religieuses.
La perspective de l’ouvrage concourt à réactualiser la pensée de Kant, en convoquant des penseurs comme Marx, Durkheim, Weber, Rawls et Bourdieu, et en démontrant sa pertinence pour comprendre les enjeux contemporains de la justice, de l’économie, de l’émancipation et de la reconnaissance mutuelle. L’auteur développe une approche faisant de la pensée de Kant non un système philosophique figé, mais une réflexion vivante, capable d’éclairer nos débats éthiques et politiques actuels. Elle offre une perspective novatrice qui invite à repenser les rapports entre individu, société et transcendance, tout en maintenant un horizon d’espoir et de progrès moral.

Lahouari Addi est sociologue et Docteur d’État à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris. Il a été Professeur de sociologie à l’Université d’Oran (Algérie), puis à Sciences Po Lyon d’où il a pris sa retraite. Il a été maintes fois invité par des universités américaines, dont le célèbre Institute for Advanced Study, Princeton, durant l’année 2002-2003. Actuellement, il est chercheur associé au laboratoire Triangle, ENS Lyon, et Professeur invité à l’Université du Maryland, Comté de Baltimore (UMBC).

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Jean-Luc Marion : La raison du sport

 Grasset - Février 2026


"Le sport devient un phénomène universel, mais reste une énigme.
D’abord, pourquoi court-on, s’enrôle-t-on dans la foule d’un Paris-Versailles ? Sûrement pas pour le plaisir aléatoire de dépasser celui qui précède, ni pour la modeste gloriole d’impressionner quelques proches. Peut-être d’abord pour s’assurer qu’on existe encore, qu’on peut encore s’extasier hors de soi, s’arracher à la quotidienneté et s’ouvrir au vrai monde. Bref pour unifier en soi la machine et l’âme en un seule chair, la mienne. Et que l’on en passe par une balle, un vélo ou une équipe, il s’agit toujours d’entrer dans un autre monde, le vrai. Ici, l’important c’est de « participer » à cet autre monde.
Ensuite et au contraire, le sport se déploie comme une économie du combat, de la rivalité mimétique, où gagner signifie éliminer réellement ou symboliquement l’adversaire. Mais cette économie du combat – « Plus fort, plus haut, plus vite ! » – aboutit à une économie du spectacle : il faut maintenir des spectateurs, sportifs par procuration, tous transformables en autant de consommateurs d’images et de produits eux aussi supposés sportifs. Alors tous les moyens d’expansion du marché deviennent possibles, nécessaires mêmes, dopage compris.
Entre ces deux définitions, le sport, aujourd’hui, ne sait pas choisir. Où donc court-il ? Et pour combien de temps encore ?"
Jean-Luc Marion, philosophe supposé ardu, mais reconnu pour, entre autres, Prolégomènes à la charité, Dieu sans l’être ou Etant donné, sort ici de sa zone de confort. Ou plutôt il parle de ce qu’il a très bien pratiqué et connaît toujours : la course à pied, en compétition, qui fut même, un moment, la tentation d’une vraie carrière. Il tente ici d’évoquer la course dans la tête de l’athlète, de reconstituer l’odyssée de champions qu’il a connus et admirés, de percer la logique de la balle et de la passe, de dénouer la moralité et l’immoralité de la compétition. Il le fait avec une précision technique obsessionnelle, dans une langue magnifique et pure.
À la fin, il nous pose la vraie question : quelle expérience spirituelle se joue dans cet étrange double jeu?

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Guillaume Pigeard de Gurbert : Philosopher mode d'emploi. Les 5 structures élémentaires de la philosophie

 Armand Colin - Février 2026


Devant la constellation des philosophes, le foisonnement de leurs œuvres et plus encore la diversité de ses objets, l’unité de la philosophie semble se perdre. Il existe pourtant un petit nombre de structures philosophiques qui guident l’ensemble. Ces structures qui désignent des relations problématiques sont au nombre de cinq : le familier et l’étrange ; l’actif et le passif ; l’un et le multiple ; l’être et le temps ; le sens et le non-sens.
S’appuyant sur des exemples concrets et des grands textes de la philosophie, Guillaume Pigeard de Gurbert propose une philosophie qui s'appuie sur notre expérience concrète. Les structures fondamentales sont pareilles à des outils qui domptent ce qui se montre indocile à notre pensée.

Docteur en philosophie de l’Université Paris-I, Guillaume Pigeard de Gurbert est notamment l’auteur de Contre la philosophie, (Actes Sud) ou Fumer tue : peut-on risquer sa vie ? (Flammarion), et plus récemment La Fable du temps aux éditions Circé.

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Actes du 4e groupe de psychanalyse : Renoncer

 In Press - Février 2026


Dans un monde en voie d’uniformisation et paradoxalement toujours plus inégalitaire, dominé par des états autoritaires, les sociétés « démocratiques » poussent les sujets à une jouissance « sans limite ». Nous sommes conduits à une consommation exponentielle des choses, de la nature et des êtres. Chaque sujet court ainsi le risque de se délier de sa dette d’altérité dans une réification de l’autre et de soi-même, faisant ressurgir le spectre d’un retour de la barbarie.
Dans le travail de la cure, l’enjeu pour les psychanalystes consiste à maintenir l’oeuvre créatrice du renoncement, avec le goût, le désir et le besoin de la parole et de l’écoute. Comment le « travail de culture » peut-il permettre d’investir ce renoncement comme un gain pulsionnel, pour les individus, la société et « l’espèce humaine » ?

Auteurs : Claudine Billard Coftier, Grégory Boutin, François-David Camps, Jean-François Chiantaretto, Robert C. Colin, Catherine Even-Le Berre, Georges Gaillard, Jean-Michel Hirt, Pierrette Laurent, Ghyslain Lévy, Myriam Monteiro-Braz, Myriam Revault d’Allonnes.

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Amandine D’Azevedo, Julien Achemchame (dir.) : Le plan-séquence

 Mimesis - Février 2026


« En effet, dès lors que le “plan-séquence” ou plan long, promouvant un temps étiré, entre en résistance avec la doxa d’une pratique majoritaire de la “grammaire filmique” assujetti au plan court, de quoi son usage est-il le dépositaire sur les plans politique, idéologique, éthique et socio-culturel dans les oeuvres ? Loin d’être une pure expérimentation visuelle systématiquement virtuose, il développe une véritable vision de l’homme et du monde, du lien qui les unit, à travers la technique cinématographique. »
Terme déjà problématique, popularisé en France dans les années 1950 par André Bazin, le « plan-séquence » possède une définition flottante et ambiguë. Étirant le temps, synchronisant les temps de tournage, du plan et de sa réception, le plan-séquence possède cette faculté de mobiliser l’attention du spectateur et de questionner la représentation du monde, tendu entre champ et hors-champ, immersion et distanciation spectatorielle, par la médiation d’une technique qui vient faire rupture avec une « grammaire » cinématographique qui n’a cessé, au cours de son histoire, de privilégier les plans de plus en plus courts.

Amandine D’Azevedo et Julien Achemchame sont maîtres de conférences en cinéma à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Elle travaille sur les cinématographies indiennes contemporaines et a publié chez Mimesis, Mythes, films, bazar. Elle co-dirige la collection, « Cinémas en champ-contrechamp ». Spécialiste de David Lynch, il travaille actuellement sur l’histoire des formes et à la notion de réflexivité dans le cinéma et les séries américaines contemporaines.

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Thierry Marchaisse : Le Théorème de Proust. Une cryptanalyse de la Recherche (Édition revue et augmentée)

Classiques Garnier - Février 2026


Marcel Proust n'a cessé de répéter que la Recherche était une démonstration. Cependant, il s'est toujours bien gardé d'expliquer ce qu'il voulait prouver, selon quelle méthode, et pour quelles raisons il laissait dans l'ombre cet aspect de son oeuvre, auquel il semblait tenir tant. Cet ouvrage est consacré à ces trois questions prises sous un angle nouveau, d'ordre logico-cryptologique. Il montre que le récit de Proust est décryptable comme une chaîne de théorèmes, aboutissant à un grand théorème final. Mais pour y accéder il faut se doter d'outils appropriés, permettant de craquer le code qui rend cette démonstration aussi rigoureuse qu'imperceptible.

Thierry Marchaisse a une formation de philosophe et de logicien. Il a traduit Rorty, Quine, Kripke, et a été éditeur au Seuil pendant vingt ans, où il a fondé plusieurs collections, avant de créer sa propre maison en 2011. Il est notamment le coauteur avec François Jullien, de Penser d'un dehors (la Chine) (Paris, 2000) et l'auteur de Comment Marcel devient Proust (Paris, 2009).

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