vendredi 6 novembre 2026

Antonio Vieira : Sermon de Notre-Dame de l’O (1640)

 Belles Lettres - Novembre 2026


Né à Lisbonne en 1608 et mort à Salvador de Bahia en 1697, António Vieira, jésuite portugais, est sans aucun doute la meilleure plume baroque lusophone : « Empereur de la langue portugaise », selon Pessoa.
Engagé dans les grandes controverses de son temps et inquiété par l’Inquisition, il prêche pour les rois du Portugal comme pour les Indiens d’Amazonie. Son éloquence légendaire parvenait à transformer les vies. Si les circonstances ont changé, ses sermons nous parlent encore. Leurs leçons d’humanisme, la profondeur de leur exégèse des Écritures – qui étonne croyants et noncroyants –, et surtout leur virtuosité rhétorique, qui transporte les corps autant que les esprits, nous atteignent toujours.
Dans le Sermon de Notre-Dame de l’O, António Vieira prête sa voix à la vierge enceinte, qui ne cesse de dire O. Le « Ô » de l’invocation, celui de la litanie des « antiennes », et le « Oh » de celle qui porte Jésus dans son ventre, qui va souffrir en accouchant mais s’émerveille de l’Incarnation. Comment l’infini de Dieu peut-il se loger dans le fini d’un utérus ?
Pour parler d’un tel mystère, il faut mobiliser les mathématiques de l’infini non moins que les dogmes de la théologie. Il faut surtout s’aventurer sur le terrain incendiaire de la sexualité féminine dans son lien avec Dieu et avec la religion.

Traduction : Barbara Cassin, philosophe, philologue, écrivain, médaille d’or du CNRS, est membre de l’Académie française. Fernando José de Santoro Moreira, philosophe et poète brésilien, dirige l’Institut de sciences humaines et philosophie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.

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Jacques Boulogne : D’Iris à Apollon. Anthropologie politique de Plutarque

 Belles Lettres - Novembre 2026


Tenu traditionnellement pour un moraliste doublé d’un biographe ou plus synthétiquement pour un philosophe d’obédience platonicienne, Plutarque de Chéronée se définirait probablement lui-même plutôt comme un médiateur culturel et politique entre le monde hellénique et l’empire romain.
Même quand il assume ses fonctions d’administrateur du sanctuaire d’Apollon à Delphes, il demeure un homme d’action engagé politiquement.
Dépassant les préjugés ethnocentriques, il se montre constamment sensible à l’unité de la civilisation que constitue la mise en pratique de valeurs universelles présentes autant chez les Romains que chez les Grecs.
C’est pourquoi il propose à tous ses contemporains de forger une identité citoyenne nouvelle, englobante et commune, et de coopérer dans une estime réciproque à la création d’une société cosmopolite harmonieuse où règne la concorde.

Professeur des Universités de France à la retraite, Jacques Boulogne a enseigné la langue et la littérature grecques classiques à l’Université Charles-de-Gaulle de Lille. Il a centré ses recherches philologiques sur les systèmes de représentation et les courants de pensée. Spécialiste de Plutarque, il vient également de publier aux Belles Lettres (collection « Editio Minor ») l’ensemble de ses écrits divers et moraux.

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Paula Lorelle, Jean-Baptiste Vuillerod : Simone de Beauvoir. Corps et domination

 Amsterdam - Novembre 2026


Quels sont les effets de la domination sur les corps ? Pourquoi les relations entre dominants et dominés impliquent-elles la valorisation de certains corps au détriment d’autres ? Comment inventer un nouveau rapport au corps en rupture avec les normes dominantes ? De Pour une morale de l’ambiguïté à La Vieillesse, en passant par Le Deuxième Sexe, la philosophie de Simone de Beauvoir apporte une réponse originale à ces questions. Elle montre que la domination repose sur le rejet de certains aspects de l’existence humaine sur les seuls corps dominés, en particulier leur dépendance à la nature et à la société. À l’universelle ambiguïté qui caractérise toute existence humaine (à la fois nature et esprit, individuelle et collective), la domination substitue un partage hiérarchique entre des corps souverains et des corps déchus, naturalisés afin d’être soumis. Loin de valoriser la domination de la nature, comme cela lui fut longtemps reproché, Beauvoir s’attaque au contraire à cet idéal de maîtrise et dessine la possibilité d’un autre rapport au corps, à la nature et à la vie. Si l’œuvre de Simone de Beauvoir fut longtemps écartée du corpus philosophique officiel, exclusivement masculin, elle fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte salutaire. Cet ouvrage s’inscrit dans le sillage de ce renouvellement. Au-delà d’une lecture uniquement centrée sur Le Deuxième sexe, le livre réinscrit la critique de la domination masculine dans une réflexion plus générale sur le corps.

Paula Lorelle est maîtresse de conférences à l’Institut catholique de Paris. Ses travaux portent sur le sensible et le corps dans la philosophie contemporaine. Elle a publié Le Sensible à l’épreuve de la raison (Mimésis, 2019) et La Sensibilisation du sens. De Husserl à la phénoménologie française (Hermann, 2021).
Jean-Baptiste Vuillerod travaille sur la philosophie allemande et ses réceptions dans la philosophie française contemporaine. Il a notamment publié Hegel féministe, les aventures d’Antigone (Vrin, 2020), Theodor W. Adorno. La domination de la nature (Amsterdam, 2021), La Naissance de l’anti-hégélianisme. Louis Althusser et Michel Foucault, lecteurs de Hegel (ENS éditions, 2022) et La Révolution trahie. Deleuze contre Hegel (Septentrion, 2023).

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Eric Benoit (dir.) : Poétiques de l'inquiétude

 PU de Bordeaux - Septembre 2026 -  Modernités n°53


Nous vivons une époque d’inquiétude : covid, guerres, dérèglement climatique… Certes, l’inquiétude est un affect pénible, apparemment négatif. Mais il peut être salutaire de s’inquiéter : l’inquiétude peut avoir une fonction d’alerte et de résistance. Ainsi, bien des écrivains ont valorisé l’inquiétude, ou en ont fait un motif créateur de leur œuvre. Nous pouvons le vérifier de Montaigne à Gide ou Camille de Toledo.
La première partie de ce livre est consacrée aux inquiétudes spirituelles et philosophiques, depuis Augustin (« Notre cœur est inquiet… »), jusqu’à Pascal, Kierkegaard, Baudelaire, Péguy, Bataille, Mauriac, Bernanos, Montherlant, Juan Benet, Cioran, Jean-Luc Nancy… La deuxième partie explore des inquiétudes psychologiques : à partir de « l’inquiétante étrangeté » freudienne, nous y abordons des œuvres de Quignard, Kafka, Proust, Rousseau, Pessoa, Michaux, Marie NDiaye… La troisième partie se concentre sur les aspects formels de l’écriture de l’inquiétude : enjambements poétiques, tension narrative, stratégies stylistiques d’évitement, questions de traduction, inquiétudes dans la littérature pour la jeunesse ou dans la science-fiction, productivité esthétique du « déséquilibrisme ». La quatrième partie développe enfin des inquiétudes historiques ou politiques : de Stefan Zweig à Camille de Toledo, en passant par Buzzati, Gracq, Char, Vargaftig, Günther Anders, Toni Morrison, la littérature du « near chaos », jusqu’à rejoindre notre présent.

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Philippe Muray : Essais

 Belles Lettres - Novembre 2026


L'Œuvre de Philippe Muray (1945-2006) est de celles dont on ne se remet pas. Méchante pour certains, quasi prophétique pour d'autres, elle jette sur le monde une lumière si vive que la rétine s’en trouve brûlée, et superpose aux choses une indélébile petite tache d’ironie.
Car ce qui caractérise notre époque est pour Philippe Muray son sérieux terrible, sa certitude agressive et béate d’être meilleure qu’un avant dont elle ne veut rien savoir et de se diriger vers un avenir aussi paradisiaque et inéluctable que désincarné. Cette dévotion à un Bien qu’on ne peut remettre en question est la source d’innombrables sottises, comme le chemin le plus court vers des formes nouvelles de barbarie.
Les Belles Lettres remettent en vente, en un seul volume, sept des plus grands textes de Philippe Muray (L’Empire du bien, les deux tomes d’Après l’histoire et les quatre Exorcismes spirituels), agrémentés d'une postface inédite signée Anne Sefrioui, afin de permettre au lecteur de saisir toute la puissance de sa vision, mais aussi de goûter à tout le brio de son style. Car si Philippe Muray porte un regard désespéré sur le monde, son désespoir n’est ni triste ni ennuyeux. On s’amuse beaucoup en compagnie d’une vaste galerie de personnages digne des Caractères de La Bruyère, dans laquelle trois index permettent de se promener à loisir. Une annotation soignée éclaire également les diverses allusions factuelles.
Parce que les cibles véritables de cette plume acérée sont toutes les formes de bienpensances, son extraordinaire liberté de ton, outre l’hilarité qu’elle provoque, procurera à certains un véritable enthousiasme en ces temps souvent sombres.

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jeudi 5 novembre 2026

Vladimir Jankélévitch : La musique ou le mystère de l'instant

 Bouquins - Novembre 2026


Les textes essentiels sur la musique de Vladimir Jankélévitch réunis pour la première fois en un volume.

Aux yeux de Vladimir Jankélévitch, les frontières entre philosophie et musique sont floues, et il les franchit avec curiosité et allégresse pour en explorer la " double complication, génératrice de problèmes métaphysiques et de problèmes moraux, et bien faite pour entretenir notre perplexité ". Environ un tiers de son œuvre est consacré à l'art musical.
Écouter, jouer la musique (il était lui-même un interprète de haut niveau), c'est alors pour Jankélévitch articuler l'expression de sa philosophie : celle du battement de cœur.
Ainsi la musique donne-t-elle à ses textes et à sa voix le charme d'une harmonique du discours raffinée et non moins puissante, qu'il s'agisse du mystère d'ambiguïté chez Fauré, de la lucidité clairement consciente chez Ravel, de la profondeur paradoxale chez Liszt, ou d'un Debussy qui " donne une voix aux choses les plus impondérables ". Lorsqu'il évoque Satie, Rimski-Korsakov et Chopin à l'aune des moments du jour (le matin, le midi et le nocturne), la plénitude sonore d'Albéniz, l'ineffable sonorité de Déodat de Séverac, ou la " fête de la présence absente " chez Mompou, mais aussi Louis Aubert, Manuel de Falla, Joaquín Nin, Béla Bartók et Rachmaninov, c'est toujours au même émerveillement que nous convie ce philosophe du temps: celui d'un art de la " durée enchantée ", toujours insaisissable, sinon dans une " apparition disparaissante ".

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Jacques-Henri Vollet : Sûr et certain ? Pourquoi savoir ne suffit pas

 Eliott - Novembre 2026


Introduction partisane à la philosophie de la connaissance, cet essai présente de manière pédagogique et critique les principales théories de la connaissance (scepticisme, infaillibilisme dogmatique, contextualisme, empiétement pragmatique, faillibilisme, infallibilisme non-dogmatique, etc.). Il discute ces théories populaires à la lumière des débats les plus contemporains et défend avec rigueur des thèses modestes qui se veulent en accord avec la perspective du sens commun et de la tradition : la connaissance est possible ; elle n’implique aucune forme de dogmatisme ou d’intolérance ; elle ne repose que sur des considérations relatives à la vérité, comme des preuves ou des données, et elle donc indépendante des facteurs pratiques (raisons ou intérêts). Rejeter ces intuitions préthéoriques constitue à l’évidence un coût théorique très important qu’une théorie philosophique satisfaisante se doit d’éviter dans la mesure du possible. La profonde originalité de cet essai tient à la manière dont il défend cette perspective sur la connaissance. Il diagnostique les difficultés redoutables rencontrées par les principales théories de la connaissance actuellement discutées dans le fait qu’elles présupposent toutes un concept inadéquat de certitude. Dans ces théories, la certitude est tantôt confondue avec le savoir, tantôt identifiée à un idéal inatteignable. Cet essai propose une théorie alternative de la certitude, d’après laquelle la certitude, et non le savoir, est sensible au contexte pratique. La certitude est ainsi distinguée du savoir mais rendue ordinairement accessible.

Certifié en philosophie et docteur de l’université de Genève (Suisse), spécialisé en philosophie de la connaissance, Jacques-Henri Vollet est actuellement ingénieur-chercheur au Collège de France, rattaché à la chaire de Métaphysique et Philosophie de la Connaissance. Il enseigne depuis plusieurs années la philosophie de la connaissance à l’université Paris-Est Créteil (UPEC). Il a publié de nombreux articles dans des revues internationales de premier plan.

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Marie Laureillard, Isabelle Charrier (dir.) : Le Goût du noir. Perceptions, formes, imaginaires artistiques

 Hémisphères - Novembre 2026


Le noir est certainement la plus insaisissable des couleurs. Il en est d’une certaine façon la négation, la soustraction radicale, alors que le blanc, à l’opposé du spectre, est la synthèse de toutes. Notion ambivalente, il fut longtemps chargé d’idées négatives en Occident, à l’inverse de l’Asie orientale, où il peut être considéré comme la couleur reine.
Le mettre en lumière est précisément l’objectif de ce livre, dont les textes ici rassemblés abordent le noir sous tous les angles–esthétique, anthropologique, scientifique, sémiotique –, laissant une large place à la parole des artistes et à l’iconographie. Il invite à explorer la richesse conceptuelle de la notion de noir et la multiplicité des enjeux qu’elle ouvre dans l’étude de l’image, de l’écriture, du texte, des formes mixtes, et, à travers plusieurs études de cas, à réfléchir à l’évolution de l’esthétique du noir et à ses prolongements dans des arts très contemporains (installation, art vidéo, bande dessinée), en intégrant le regard des praticiens eux-mêmes.

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Jean-Claude Milner : Alentours du nom juif

 Verdier - Novembre 2026


Ce recueil porte sur le nom juif, mais il n’en traite pas directement. Il se tient aux alentours. Protestant, puis athée, Jean-Claude Milner ignora longtemps ce que c’est que d’être nommé juif. De quel droit peut-il en écrire aujourd’hui ? À cet égard, deux rencontres devaient être mentionnées : Benny Lévy et Claude Lanzmann. L’un, par sa parole et la Torah, l’autre, par ses films et les camps de la mort, ont fait entendre et voir à leur témoin ce qu’il y a de réel dans le nom juif.
Les textes ici rassemblés s’étendent de 2005 à 2025. Ils couvrent ainsi deux périodes : jusqu’au 7 octobre 2023, la haine antijuive se vouait à la clandestinité en Occident ; aujourd’hui, elle s’exprime à voix haute et sans masque. Chacune de ces deux postures est analysée pour elle-même, à la lumière de quelques cas révélateurs. Est analysé aussi l’événement dont ce retournement témoigne : le retour des persécutions.

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Revue des études italiennes 2026 – 1, n° 7 : Des humains aux terrestres. Pour un nouveau récit du vivant

 Classiques Garnier - Novembre 2026


Davide Luglio, « Avant-propos » - Carla Benedetti, « La "République des terrestres". Les raisons d'un projet » - Francesco Zizola, « Hybris. Immagine, percezione e responsabilità nell'epoca dell'Antropocene » - Federico Luisetti, « Per una geocultura pluriversale » - Mario Carparelli, « Un philosophe "terrestre" du xviie siècle. Giulio Cesare Vanini » - Antonio Moresco, « Quattro preghierine per i terrestri » - Davide Luglio, « Méta-manifeste des arts terrestres » - Elena Casetta, « Premiers pas vers une révision du concept d'environnement à l'époque de la crise écologique » - Alessandro Fiorillo, « Visioni telluriche. Antropocene, resistenza, politiche partigiane » - Stefania Achella, « Co-habiter l'Anthropocène. Plaidoyer pour un récit terrestre » - Marguerite Bordry, « Écrire l'Anthropocène depuis les marges de la littérature italienne du xixe siècle » - Lucia della Fontana « "Al dio degli orti piacendo". Semis et symbioses chez Michele Mari et Laura Pugno » - Davide Faranda, « ClimaMeter - comprendere gli eventi estremi nel clima che cambia. Il caso del ciclone mediterraneo Harry »

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Sciences Humaines, 2026/HS34 n° 34 : Montaigne. Pour moi donc j'aime la vie

 Sciences humaines - Novembre 2026


Dans un XVIe siècle marqué par des bouleversements majeurs, bousculé aussi bien par les guerres de Religion que par la découverte du Nouveau Monde, Montaigne anticipe toutes les inventions modernes, au premier rang desquelles les sciences humaines. Par ses réflexions proto-laïques, relativistes ou même antispécistes, il ouvre la voie aussi bien aux Lumières qu’à la philosophie moderne, la psychologie ou l’anthropologie.

mercredi 4 novembre 2026

Grégoire Belmont : Vers l'Etat de justice

 Boleine - Novembre 2026


L’État de Droit est aujourd’hui un paradoxe. Il se veut l’expression juridique de la démocratie, mais il confère à des instances non-élues le pouvoir de bloquer les politiques publiques. Il se veut « garantie » contre les dérives autoritaires, mais par son refus de toute finalité, il institue un arbitraire qui s’ignore. Il se veut « État », mais il dilue la société dans les droits individuels. Le principe de cet État, c’est la liberté, mais son fruit, c’est une contrainte grandissante. L’État de Justice, c’est un État de Droit qui a trouvé un sens à son existence. Un État dont le premier devoir est de rendre à chacun ce qui lui revient. Un État qui encourage les citoyens à contribuer au bien commun. Un État qui unit les intérêts de ses membres, et fait de la cité, selon la formule de Cicéron, la « société du droit ». Le principe de cet État, c’est la justice, mais son fruit, c’est la liberté.

Grégoire Belmont est avocat au Barreau de Paris. Ancien président d’une association d’art oratoire, il préside et anime désormais le Cercle Affectio Societatis. Il est le directeur de publication de la Revue de Philosophie du Droit.

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Annales de la Société Jean-Jacques Rousseau, tome 58 : L'invention de la compassion (anthropologie, politique, esthétique)

Georg (Genève) - Octobre 2026


Ce 58e tome des Annales de la Société JeanJacques Rousseau consacre son dossier principal à la compassion dans la pensée de Rousseau, en explorant ses dimensions anthropologiques, esthétiques et politiques. Les contributions interrogent les rapports entre pitié, raison et justice, ainsi que le rôle de la sensibilité dans la formation du jugement moral. Elles examinent également la manière dont la littérature, la musique et les arts éveillent et transmettent la compassion, avant d’en analyser les usages politiques, les dérives et les héritages, de la Révolution française aux débats contemporains. Le volume accueille également la présentation d’une lettre inédite de Milord Maréchal à la comtesse de Boufflers, ainsi qu’une réflexion sur la réception et les déformations de la pensée rousseauiste par l’extrême droite. Il contient aussi une étude consacrée à un herbier réalisé par Rousseau pour l’éditeur Panckoucke (annexe disponible en téléchargement).

Avec les textes de Martin Rueff, Marco Menin, Francesco Boccolari, Céline Spector, Rudy Le Menthéour, Gabrielle Radica, Paolo Quintili (traduit par Fabrice Brandli), Gauthier Ambrus, Michel Delon, Miriam Begliuomini, Martha C. Nussbaum (traduit par Marco Menin et Alexis Tétreault), Patrick Bungener, Timothée Léchot, Beat Bäumler, Nicola Schoenenberger et Martin W. Callmander.



Hubert Prolongeau : Les Frères amis. Élisée & Élie Reclus

 Arthaud - Novembre 2026


Géographe et écrivain merveilleux, précurseur de l’écologie, du végétarisme, du féminisme, de l’anarchisme ou encore de l’union libre, Élisée Reclus (1830-1905) a été à l’aube des mouvements sociétaux les plus actuels.
Son parcours aurait-il été le même sans son double, son frère aîné Élie (1827-1904), tout aussi remarquable journaliste, écrivain, anthropologue, père fondateur de l’idée de coopérative… et à qui le liait une immense amitié ? Se baptisant l’un l’autre « fratrissime », les deux frères Reclus ont bataillé de pair sur tous les fronts. Enfants soumis à l’autorité rigoureuse d’un père pasteur, ils ont étudié ensemble la théologie, fugué, combattu Napoléon III, milité pour la Commune, été francs-maçons et anarchistes, vécu avec leurs épouses en communauté tant à Paris qu’à la campagne.
Raconter cette magnifique fraternité, au sens premier comme au sens figuré, c’est replonger dans une histoire de luttes, d’engagements, d’enthousiasmes, d’amour pour la science. En la retraçant, Hubert Prolongeau déplace subtilement le projecteur et éclaire la plus belle page de la vie d’Élisée Reclus : celle écrite avec son frère ami Élie.

Journaliste, Hubert Prolongeau a publié plusieurs essais et romans, notamment Sans domicile fixe, Américain, américain, Le baiser de Judas, Le curé de Nazaret et La cage aux fous.

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mardi 3 novembre 2026

Catherine Lallemand : La métaphysique

 Ellipses - Novembre 2026



Dans cet ouvrage, les lecteurs trouveront les clés dont ils ont besoin pour aborder la branche de la philosophie nommée « métaphysique » :Le vocabulaire indispensable pour lire les métaphysiciens et suivre leur pensée ;
Les questions incontournables de la métaphysique, traitées sous la forme de dissertations ;
La présentation de doctrines philosophiques critiques de la métaphysique ;
Les principaux textes de référence à connaître pour bien cerner les enjeux de la métaphysique ;
Une récapitulation des points d’accords et de désaccords majeurs entre les différents courants de la métaphysique.

Après l’obtention d’un CAPES de philosophie, Catherine Lallemand enseigne en lycée pendant une quinzaine d’années, puis s’attache à diffuser la philosophie auprès d’un public plus large, en la rendant accessible par le biais d’ouvrages de vulgarisation, de cours particuliers, de cafés-philo, etc.

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Yann Diener : Comment le langage vint aux machines. Enquête sur Ada Lovelace, Grace Hopper et Jean Bartik

 Climats - Novembre 2026


Si les ordinateurs ont été imaginés par des hommes, les premiers langages de programmation ont, eux, été conçus par des femmes. Parce que les hommes pensaient que l'assemblage du matériel, le hardware, était un travail plus sérieux, ils ont confié aux femmes la programmation, le software. En manipulant ainsi câbles, commutateurs et cartes perforées, ces petites mains vont acquérir une connaissance intime des machines et poser les fondements du langage informatique moderne. Parmi elles se trouve Ada Lovelace, qui travaille sur la machine analytique de Charles Babbage et imagine en 1843 le premier programme destiné à être exécuté par cette machine. Au milieu du XXᵉ siècle, la mathématicienne Grace Hopper ouvre à tous la possibilité de dialoguer avec une machine en concevant le premier compilateur, capable de convertir en langage machine des instructions écrites en anglais courant. Enfin, à la même époque, Jean Bartik fait partie des six femmes qui donnent vie à l'ENIAC, le premier ordinateur exploitable commercialement. Longtemps invisibilisé, le rôle de ces femmes est pourtant décisif dans la naissance de l'informatique, puis des grands modèles de langage. À travers leurs parcours mais aussi leurs difficultés, Yann Diener raconte une part méconnue de l'histoire et interroge dans cette enquête psychanalytique le destin du langage humain à l'ère des intelligences artificielles.

Yann Diener, psychanalyste à Paris, a publié LQI : Notre Langue Quotidienne Informatisée (Les Belles Lettres, 2022), La Mâchoire de Freud (Gallimard, 2024) et L'Inconscient inculqué à mon ordinateur (Premier Parallèle, 2025). Il est chroniqueur à Charlie Hebdo.

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André Malraux : La Politique, la culture. Discours, articles, entretiens (1925-1975) - rééd.

Gallimard - octobre 2026 - Folio


L'homme, par le seul fait qu'il existe et qu'il se pense en tant qu'homme, dément la fatalité de sa condition. Ce pouvoir, l'artiste l'affirme avec force, qui non seulement développe sa propre vision du monde, mais sait la faire partager à d'autres ; le grand homme l'affirme également, qui perpétue par l'Histoire ses actes exemplaires.
Dans cette tension qui sans cesse oppose l'homme à la mort apparaît l'unité profonde de la démarche de Malraux : l'action est l'une des formes que revêt cette tension, l'art en est une autre, sans doute plus efficace et plus fondamentale. Armes contre la mort, la politique et la culture sont indissociables - c'est ce que disent les discours, articles et entretiens ici réunis.

Introduction de Janine Mossuz-Lavau

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Thierry Hoquet : La Joconde et ses doubles

 Vrin - Novembre 2026


Que cache « La Joconde » et comment expliquer son extrême popularité? Trop souvent, un sobriquet – « Monna Lisa » – nous empêche d’y penser davantage. Nous croyons tout savoir en prononçant le nom de la dame florentine dont Léonard de Vinci peignit jadis le portrait, il y a cinq cents ans de cela.
Dans cet ouvrage, le philosophe des sciences Thierry Hoquet rouvre la question. Il se demande comment on peut non seulement voir, mais connaître « La Joconde ». Quelles sont les conditions de possibilité de l’établissement d’une vérité de ou sur cette œuvre, si admirée et si controversée à la fois? Devant le célèbre chef-d’œuvre, il ne suffit pas d’ouvrir les yeux pour voir.
« La Joconde » interroge aussi ce que peut la philosophie : s’il est vrai que les philosophes n’ont aucune compétence qui leur est propre, que sera un regard philosophique, que pourra « l’œil du philosophe » face à cette célébrissime icône, que tout le monde reconnaît mais que plus personne ne voit?

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