mardi 20 octobre 2026

Jean-Michel Muglioni : Alain philosophe. La dignité de penser

 PUF - Octobre 2026


Savoir vraiment, c’est pouvoir répondre de ce que l’on sait. L’exigence paraît simple, presque triviale, et pourtant elle déroute. Car qui, sans se raconter d’histoires, oserait reconnaître qu’il ne comprend pas ? Et, à l’inverse, si l’on poussait cette exigence jusqu’au bout, que resterait-il dont l’on pût véritablement répondre ? Alain n’a cessé de combattre le confort des opinions reçues. Mais il ne suffit pas d’exposer sa pensée pour la comprendre. S’il y a une philosophie d’Alain – et ce livre s’emploie à le montrer –, elle n’existe pleinement qu’à condition d’être reprise et pensée à nouveaux frais par le lecteur. Une philosophie n’est vivante que pour celui qui consent à l’effort de la penser comme s’il en était l’auteur lui-même. « Une erreur de croire que l’on sait quelque chose, écrit Alain ; on apprend, oui, et, tant que l’on apprend, on voit clair ; mais dès que l’on se repose, dès que l’on s’endort, on est théologien ; et comme les songes reviennent avec le sommeil, ainsi, avec ce sommeil d’esprit reviennent l’injustice, la guerre, la tyrannie ; non pas demain, mais tout de suite. »
Le sommeil de la raison consiste d’abord à croire que l’on sait une fois pour toutes ce que l’on a appris et qu’il n’y a plus à le reprendre. Élève toujours, ou bien ami des tyrans !

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Michel Delattre : Platon en schémas

 Ellipses - Octobre 2026


L’œuvre de Platon est la première grande production philosophique de l’Antiquité grecque qui ne nous ait pas été transmise de façon fragmentaire. Sa forme dialoguée est motivée par une volonté explicite de ne pas exposer directement une doctrine. Afin de donner accès à ce qu’il faut, malgré tout, appeler la philosophie platonicienne, cet ouvrage propose un tour d’horizon introductif dont l’intention est essentiellement pédagogique. Après une mise en contexte historique, clef de lecture indispensable, il est organisé autour de trois grandes orientations de l’œuvre platonicienne : 1) sa dénonciation de fausses prétentions à la sagesse ; 2) son interrogation relative aux conditions de l’accès au savoir ; 3) sa réflexion éthique et politique. Chacune de ces parties est composée d’une présentation précédant un choix d’extraits jugés représentatifs, suivis de schémas aidant à visualiser la démarche argumentative de ces extraits.

Michel Delattre a enseigné la philosophie tour à tour en terminale et en classes préparatoires scientifiques, en Instituts de formation des enseignants et à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

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Marie-Odile Peyroux-Sissoko, Julien Padovani (dir.) : La légitimité du juge

LGDJ - Octobre 2026

 

La place croissante du juge au sein des institutions françaises, qu'il s'agisse du juge constitutionnel, du juge judiciaire, du juge administratif, mais aussi à l'étranger et au niveau international, suscite un certain nombre d'interrogations quant à sa légitimité.
Face au pouvoir politique, le "pouvoir juridictionnel" est désormais de plus en plus considéré comme un concurrent, susceptible de remettre en cause les grands équilibres de la séparation des pouvoirs et ressuscitant certaines controverses passées sur le bien-fondé de ce nouveau rôle, au sein des démocraties occidentales.
À travers ce mouvement, les tensions surgissent (ou resurgissent) entre les grandes valeurs des systèmes politiques libéraux - État de droit, démocratie, séparation des pouvoirs - interrogeant la nature libérale même de nos institutions. La critique en illégitimité du juge se fait alors de plus en plus pressante, y compris dans le débat public.
Le présent ouvrage, produit d'un projet de recherches pluriannuel, a pour ambition de saisir ces interrogations pour contribuer à la compréhension de ce qui fonde, aujourd'hui, la légitimité des juges et, le cas échéant, les causes de la critique en illégitimité.

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Communio 2026/4 N° 307 : La pudeur

Association Communio - Octobre 2026


L’impudeur contemporaine exige de mieux comprendre la pudeur, sans la réduire à un simple affect, à l’observance des normes sociales ou à la seule pudibonderie. La tradition philosophique comme la pensée chrétienne invitent au contraire à l’envisager comme une manière d’habiter et de penser le monde, non pour se protéger mais pour s’ouvrir à ce qui se donne.

Éditorial

Emmanuel Housset, « L’intelligence de la pudeur », p. 9-14

Thème

Martin Baudroux, « Image de soi et regard sur l’autre. Aidôs chez Platon », p. 15-26

Stanislas Vauzac, « Saint Paul ou Diogène ?. Usages et limite de l’impudence chez les Cyniques », p. 27-39

Pauline Rates, « Entre l’ange et la bête. L’homme révélé par le voile de la pudeur chez saint Augustin », p. 40-53

Jérôme Laurent, « La pudeur selon Vladimir Soloviev dans La Justification du bien (1898) », p. 54-58

Paulinus Ikechukwu Odozor, « La honte et l’infamie. Un discours africain », p. 59-68

Emmanuel Housset, « La veille de la pudeur », p. 69-81

Emmanuelle Hénin, « Qu’est-ce qu’une image impudique ?. Éléments de réponse dans l’Italie tridentine », p. 82-105

Signets

Jean-Robert Armogathe, Didier Laroque, « Antoni Gaudí, un architecte catholique », p. 107-116

Rémi Brague, « In memoriam. Hans Maier (1931-2026) », p. 117-118

Dominique Fernandez, « In memoriam. Irène Fernandez (1927-2026) », p. 119-120


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Ira Wells : On ne peut plus rien lire ! Ce que la censure fait à la démocratie

 Lux - Octobre 2026


La liberté de lire est en péril. En Amérique du Nord, mais aussi en Europe, on voit de plus en plus de livres frappés d’interdit, pour le bien-être de nos enfants. Des militants conservateurs font disparaître les romans de Toni Morrison ou Margaret Atwood sous prétexte qu’ils sont obscènes, mais surtout parce qu’ils rudoient l’ordre établi. Ailleurs, des fonctionnaires progressistes condamnent d’autres classiques parce qu’ils ne représentent pas l’expérience des élèves et la diversité.
Les combattants de la guerre culturelle d’aujourd’hui, qu’ils défendent la justice sociale et l’égalité ou qu’ils s’y opposent au nom d’une certaine tradition, ne voient la littérature que comme un outil au service de leur programme politique, et la lecture comme un risque de contamination. En partant de sa propre expérience d’élagueur de bibliothèque scolaire, Ira Wells retrace l’histoire millénaire de la censure et les plaidoyers en faveur de la liberté d’expression pour montrer que lire et publier sont des droits précieux. Ce livre se veut à la fois un cri de ralliement et un guide de résistance, pour préserver la possibilité de lire et de ne pas être d’accord.

Ira Wells est critique littéraire, essayiste et professeur agrégé au Victoria College de l’Université de Toronto, où il enseigne la littérature et les sciences humaines aux étudiants du programme Vic One, rattaché au Northrop Frye Centre. Ses articles ont été publiés dans The Atlantic, The Globe and Mail, The Guardian, The New Republic et de nombreux autres périodiques. Il vit à Toronto avec son épouse et ses enfants.

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lundi 19 octobre 2026

Souleymane Bachir Diagne : L'hospitalité. Affirmer l'humanité

 Autrement - Octobre 2026


« Ce livre poursuit la réflexion que je mène sur le dialogue des cultures car il présente l’hospitalité comme ouverture aux autres symbolisée par la main de bienvenue que l’on tend à l’étranger, une fois vaincue la peur de l’hostilité que l’on craint de le voir manifester. »

En croisant mythes et légendes, mais aussi contes orientaux, sénégalais ou britanniques, avec ses analyses de Derrida, Kant et Senghor, Souleymane Bachir Diagne nous propose une traversée philosophique et intime de l’une des notions les plus universelles. Il affirme que les politiques anti-empathie et les dispositifs d’inhospitalité vont à l’encontre de la nature humaine. Faire l’éloge de l’hospitalité, c’est célébrer le pluriel et l’égalité, c’est créer de la réciprocité, de la rencontre, c’est faire humanité ensemble.

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Razi : La Médecine spirituelle (rééd.) (édition par Rémi Brague)

 Flammarion - Septembre 2026 - GF


Razi, médecin et philosophe libre-penseur arabe du IXᵉ - Xᵉ siècle, est reconnu comme l'un des plus grands médecins du monde musulman. Ses écrits dans ce domaine sont très nombreux. En revanche, La Médecine spirituelle est l'une des rares œuvres du Razi philosophe qui nous soit parvenue intégralement. Traduite pour la première fois ici en français, elle n'est pas sans rappeler le Manuel d'Epictète : une succession de conseils qui forment comme un guide de la vie morale, destiné à libérer l'âme ; car l'âme est dans le corps pour faire l'expérience de ce que le monde a de mauvais et perdre l'envie d'y retourner…

Rémi Brague a été professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne et à la Ludwig-Maximiliän Universität (Munich). Il est membre de l'Institut (Sciences morales et politiques) et auteur de nombreux essais, dont Modérément moderne (Champs, 2016) et Sur la religion (Flammarion, 2018).

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Adriana Cavarero : Malgré Platon. Figures de femmes dans la philosophie antique

 Nous - Octobre 2026


Traduction de l’italien et postface de Marie Kondrat et Matilde Manara

Dans ce livre, qui frappe par la liberté de son style et l’originalité de sa méthode, Adriana Cavarero explore à nouveaux frais les rares figures de femmes de la culture grecque ancienne, de Homère à Platon. Ou plutôt, elle les dérobe, les « vole » — comme elle l’assume explicitement dans un geste irrévérencieux — pour en livrer une nouvelle interprétation. Ainsi, Pénélope, Déméter, la servante de Thrace et Diotime prennent ici une tout autre signification que celle que leur a attribuée la tradition patriarcale, et en particulier l’histoire de la philosophie occidentale. Adriana Cavarero propose dans ce livre une sorte de contre-histoire féministe de l’antiquité et aborde, dans un mélange étonnant d’exigence et de légèreté, des questions tout à fait actuelles – le corps, la naissance, la mort, le pouvoir, la place des femmes dans les savoirs masculins.

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dimanche 18 octobre 2026

Xavier Guchet : Organes. Greffe, ingénierie, philosophie

 Matériologiques - Octobre 2026


La médecine de suppléance organique excède aujourd’hui largement la greffe d’organes. Elle englobe en effet de nombreuses approches d’ingénierie qui, par des voies différentes, s’efforcent de proposer des solutions thérapeutiques pour venir en aide aux patients en insuffisance d’organe. à tel point qu’un large spectre de dispositifs a progressivement vu le jour : des greffons placés sur machine de perfusion pour en optimiser et en évaluer la qualité, des organes artificiels (extracorporels ou implantables) ou encore des organoïdes faisant espérer de futurs progrès en médecine régénératrice. Or, tous ces dispositifs sont désignés par le même mot, « organe », alors que la plupart dérogent à ce qui avait constitué la conception unanimement admise de l’organe depuis Aristote : une partie du corps définie par sa ou ses fonctions. Les dispositifs actuels de suppléance organique ne sont en effet plus tout à fait, voire plus du tout, des parties du corps : ils existent indépendamment de lui. Le concept aristotélicien de l’organe, qui est toujours celui des médecins et des ingénieurs mais plus tout à fait celui des patients, est de ce fait devenu inadéquat. Ce flou entourant la notion d’organe est la cause de graves malentendus et il est de ce fait urgent d’en proposer une nouvelle définition.
Telle est l’ambition de cet ouvrage qui, en croisant la description de plusieurs dispositifs techniques, l’enquête historique et l’analyse philosophique, entend répondre à la question suivante : qu’est-ce qu’un organe, en définitive ?

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samedi 17 octobre 2026

Erin Manning : Toujours plus que soi. Danse, neurodiversité, individuation

 PUF - Octobre 2026


Et si l’expérience perceptive, avant de se rapporter à des sujets ou à des objets, était d’emblée mouvement ? Et si l’individu n’était jamais seul, mais toujours « plus qu’un » ?
Dans ce livre, Erin Manning explore ce que signifie exister non pas comme une entité fixe mais comme un processus. À travers une écriture à la fois philosophique, poétique et engagée, elle propose une pensée du devenir et de l’individuation où le corps et le monde ne cessent de se transformer mutuellement. Dans le sillage des philosophies de Whitehead, Deleuze, Guattari et Simondon, Manning puise dans l’expérience de la danse, mais aussi du cinéma et de l’autisme, pour élaborer une pensée profondément relationnelle et écologique. Son travail constitue une contribution majeure à la métaphysique du processus, à la pensée de la danse et aux pratiques contemporaines de la neurodiversité.
Une invitation à repenser et à chorégraphier nos manières de percevoir, de nous mouvoir et de vivre ensemble.

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Actuel Marx N° 80 : Comprendre le fascisme, combattre la fascisation

 PUF - Octobre 2026


L’extrême-droite est aujourd’hui au pouvoir, ou en passe de l’être, dans de nombreuses régions du monde. De l’Europe aux États-Unis, en passant par l’Argentine et le sous-continent indien, on assiste à la formation d’une véritable internationale réactionnaire. L’objectif général de ce numéro d’Actuel Marx est d’interroger la nature de ce phénomène : a-t-on affaire à un retour des fascismes historiques, à une réinvention de certaines de leurs caractéristiques, ou à l’émergence de régimes et de mouvements autoritaires tout à fait inédits, dont la catégorie de « fascisme » ne permet pas de saisir la singularité ? Chacune des contributions réunies dans ce numéro d’Actuel Marx propose un éclairage particulier sur cette question. Elles examinent les sources idéologiques de l’extrême-droite contemporaine et analysent les causes socio-historiques de son ascension, de la crise économique du capitalisme à l’angoisse suscitée par la catastrophe écologique en passant par l’hostilité aux progrès du mouvement féministe. Ce numéro d’Actuel Marx dresse un tableau sans équivalent des différentes analyses possibles du fascisme et de ses avatars. La revue espère ainsi contribuer au renouvellement de la tradition antifasciste, dans le contexte de crise globale que nous traversons.

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Nicolas Dessaux : Marx, critique de l'Etat. Réflexions sur le plan du Capital (1857)

 HOBG - Octobre 2026



La critique marxienne a fait l'objet d'immenses discussions, qui ont commencé de son vivant, sans qu'il ait publié de livre consacré à ce sujet. Cette absence a hanté le XXe siècle, avec des conséquences parfois tragiques. Pourtant, dans le plan qu'il avait prévu en 1857 pour la rédaction du Capital en six volumes, Marx notait : "Résumé de la société civile sous la …
La critique marxienne a fait l'objet d'immenses discussions, qui ont commencé de son vivant, sans qu'il ait publié de livre consacré à ce sujet. Cette absence a hanté le XXe siècle, avec des conséquences parfois tragiques. Pourtant, dans le plan qu'il avait prévu en 1857 pour la rédaction du Capital en six volumes, Marx notait : "Résumé de la société civile sous la forme de l'Etat, considérée en relation avec elle-même.
Les classes "improductives". Impôts. Dette publique. Crédit public. La population. Les colonies. Emigration." Est-il possible, à la lumière de ce plan, de relire son oeuvre, publiée et manuscrite, pour comprendre comme sa critique de l'Etat s'insère dans celle du mode de production capitaliste ?

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Aurore Mréjen : L'Appel du visage

 Armand Colin - Septembre 2026


Mon visage, est-ce moi ? Des photos d’identité à la reconnaissance faciale, tout semble indiquer que c’est bien dans le visage que notre identité transparaît. Pourtant, cette supposée évidence est le fruit d’une longue construction sociale et culturelle.
À partir du XVIe siècle, avec l’émergence du concept d’individu, le visage devient l’emblème de la singularité, le miroir des émotions. D’aucuns prétendent pouvoir y lire le caractère ou la criminalité future d’un individu. Alors que ces théories sont aujourd’hui largement disqualifiées sur le plan scientifique, elles n’en demeurent pas moins fermement ancrées en nous.
Mais que deviennent ces certitudes lorsque le visage est défiguré, greffé ou transformé ? Est-il toujours si facile d’y trouver les traces d’une identité ? En croisant la pensée de Lévinas avec l’histoire, la photographie ou le cinéma, Aurore Mréjen examine la signification du visage et la façon dont il nous appelle dans la rencontre avec autrui.

Aurore Mréjen est docteure en philosophie, chercheuse et ingénieure de recherche à l’université Paris-Nanterre. Elle est notamment l’autrice de La Figure de l’homme. Hannah Arendt et Emmanuel Lévinas (Palio 2012), d’Arendt à la plage. La philosophie politique dans un transat (Dunod 2023), ou d’une Introduction à Hannah Arendt (La Découverte 2025) et réalisatrice des documentaires Sur les traces du visage (2015) et Soigner, imaginer. Des machines et des visages (2023).

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Nicolas Mariot : Tuer. Comment expliquer les violences de masse

 Gallimard - Octobre 2026


Guerres totales, massacres à grande échelle, génocides : les violences de masse constituent l'un des principaux legs du xxe siècle. Depuis trois décennies au moins, elles font l'objet d'un intérêt scientifique renouvelé. Le défi qu'elles posent aux chercheurs et à chacun de nous peut être résumé ainsi : comment expliquer que des personnes en apparence "ordinaires" prennent part à de tels épisodes ? Appuyée sur une douzaine d'études de cas allant de la Première Guerre mondiale au génocide des Tutsi au Rwanda, cette enquête s'intéresse aux réponses qu'historiens, sociologues ou psychologues ont apportées à la question. De quelle manière formulent-ils le problème ? Quels matériaux empiriques et quelles méthodes mobilisent-ils ? Qu'est-ce qui fait l'objet de débats ou de controverses ? Chacun des chapitres est consacré à l'examen d'une énigme concrète : pourquoi certains exécuteurs ajoutent-ils la cruauté aux meurtres ? Ou pourquoi d'autres tuent bien qu'ils reconnaissent l'humanité de leurs victimes ? Considérées ensemble, ces études dressent un bilan critique des recherches pour comprendre comment les sociétés humaines basculent dans la violence la plus extrême.

Directeur de recherche au sein du Centre européen de sociologie et de science politique, au CNRS, Nicolas Mariot a notamment publié Tous unis dans la tranchée ? (2013), Histoire d'un sacrifice (2017) et, avec Claire Zalc, Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre (2010).

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Jacques Luzi : Le capitalisme transhumaniste et la mort

 La Lanterne - Octobre 2026


Intelligence artificielle, humain augmenté, culte de la performance, ou encore promesse d’immortalité : la technoscience prétend aujourd’hui repousser les limites de la condition humaine. Mais que révèle cette volonté de vaincre la mort ? En interrogeant les liens entre technocapitalisme et logique de prédation du vivant, ce texte montre combien le projet transhumaniste engage une transformation profonde et dévastatrice de notre rapport à la mort et à la condition humaine.

Jacques Luzi est maître de conférences à l’université de Bretagne Sud et membre du comité de rédaction de la revue Écologie & Politique, pour laquelle il a écrit une cinquantaine d’articles, disponibles sur cairn.info. Il a publié deux livres aux éditions La Lenteur : Au rendez-vous des mortels, en 2019 ; et Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas faire, en 2024.

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Catherine Kintzler : La Respiration laïque. Penser la laïcité 2

 Minerve - Octobre 2026


Dans Penser la laïcité 1, maintes propriétés du concept de laïcité avaient été abordées – notamment le minimalisme, l’incompatibilité avec les formes politiques de religion, l’articulation entre principe de laïcité et liberté d’expression –, ainsi que les dérives (laïcité accommodante / extrémisme laïque). Dans ce nouveau livre, mises en rapport avec les questions actuelles (La loi a-t-elle besoin d’une forme de croyance ? La laïcité se confond-elle avec la liberté religieuse ? Est-elle un athéisme ? Peut-on parler d’intégrisme laïque ? L’islamophobie est-elle un délit ? En quoi la laïcité concerne-t-elle les élèves de l’école publique ?), elles sont reprises, augmentées et enrichies dans une démarche déductive qui les relie à l’autonomie du politique. La notion de respiration laïque est le centre de gravité du livre. Elle résume la relation essentielle entre laïcité et liberté. Le régime laïque construit un objet politique non saturable par les convictions présentes dans une société. Comparable à une bibliothèque en perpétuelle évolution qui doit disposer de rayons vides, la laïcité ménage, dans son principe même, des espaces vacants permettant à chacun de penser autrement, de trouver un ailleurs, de prendre du recul, de se soustraire à une appartenance imposée, à une assignation. La seconde partie est consacrée à la laïcité scolaire. L’école doit offrir aux élèves une double vie, les considérer dans leur individualité et non comme « fils/filles de... ». Elle institutionnalise l’expérience éminente de la liberté qu’est l’appropriation des savoirs : un enfant qui a compris une opération d’arithmétique n’obéit qu’à sa propre raison. Mais une école qui néglige ou relativise l’instruction ne peut pas être laïque.

Professeur honoraire à l’université de Lille, Catherine Kintzler consacre la plupart de ses travaux à la philosophie politique et à la philosophie de l’art. Son site internet : www.mezetulle.fr.

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jeudi 15 octobre 2026

Philippe Lacoue-Labarthe : La fiction du politique. Heidegger, l'art et la politique

 Christian Bourgois - Octobre 2026


" Je ne suis "entré en philosophie" que pour avoir subi le coup ou le choc de la pensée de Heidegger. Presque au même moment j'ai appris que Heidegger avait adhéré au nazisme. Et je dois avouer que, comme beaucoup d'autres, je ne m'en suis jamais remis. Quelle que soit l'admiration qui fut (et reste) la mienne à l'égard de la pensée de Heidegger, de cette adhésion je ne peux, et je n'ai jamais pu, politiquement et plus que politiquement, m'accommoder. Ce petit livre essaie en somme d'expliquer pourquoi." Paru aux premiers jours de 1988, dans un contexte où le " cas Heidegger " était sur le devant de la scène française, ce livre, qui concentre les enjeux d'une recherche au long cours, répond aussi, par les post-scriptum qui le scandent, à des objections. Il fait porter le débat sur la responsabilité politique radicale de la philosophie dans l'Extermination et met en cause l'Occident dans son essence. Surtout il s'avance dans une approche des rouages de cette violence exterminatrice, en particulier avec le concept de national-esthétisme élaboré dans le sillage de Walter Benjamin et Bertolt Brecht. La réédition d'un texte de référence qui éclaire le rapport de la pensée au politique.

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Martin Diweg-Pukanec : Les illuminations des mots. Généalogie du bien et du mal

 L'Harmattan - Octobre 2026


Pourquoi les mots qui expriment le bien et le mal changent-ils de sens au cours de l’histoire ? La Réforme ou la Révolution française ont-elles véritablement transformé les valeurs morales inscrites dans les langues européennes ?
Prenant pour point de départ le défi lancé par Nietzsche d’interroger les langues sur la généalogie des valeurs, Les illuminations des mots propose la première vérification systématique de son hypothèse à partir des langues slaves. Fondé sur une analyse sémantique historique des principaux concepts moraux, l’ouvrage met en évidence les mécanismes du renversement des valeurs. Les résultats remettent en question plusieurs interprétations philosophiques et montrent que l’évolution des concepts moraux relève d’un processus historique plus ancien et plus complexe que ne le supposaient Nietzsche et ses successeurs.

Martin Diweg-Pukanec est professeur à l’Université Constantin le Philosophe de Nitra (Slovaquie). Formé dans plusieurs centres européens de slavistique, dont la Sorbonne, il a travaillé à l’Université du Michigan (États-Unis), avant d’enseigner à l’Université de Clermont-Ferrand (2013-2016). Ses recherches portent sur la linguistique historique et la sémantique des langues slaves.

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