mercredi 20 mai 2026

Stéphane Chauvier : Bonté gracieuse. Essai sur l’asymétrie du bien et du mal

 Vrin - Mai 2026


Pourquoi est-il moralement plus grave d’abandonner ses enfants que de ne pas adopter des orphelins? Pourquoi est-il moralement plus grave de forcer quelqu’un à entendre la musique qu’il déteste le plus que de ne pas lui faire entendre la musique qu’il préfère? Pourquoi, plus généralement, l’obligation de ne pas faire de mal est-elle ou semble-t-elle plus impérieuse que celle de faire du bien? Cette asymétrie est-elle un trait constitutif de toute morale, une conséquence logique de ce que sont le mal et le bien ou bien est-elle une particularité de notre morale, de celle du moins qui nous est le plus commune ou la plus familière? Pourrait-on, non seulement concevoir, mais adopter une morale qui traiterait symétriquement l’obligation de ne pas faire de mal et celle de faire du bien? Pourrions-nous vivre sous le régime de la bonté sévère ?

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Pierre-Henri Ortiz : Furor. Politiques de la folie à Rome

 Les Belles lettres - Mai 2026


Les notions anciennes et modernes de la « folie » recouvrent le plus souvent des réalités bien différentes, et celle de furor ne fait pas exception. Exprimant en général une idée d’aliénation dans laquelle le sujet est comme dépossédé de lui-même, elle désigne en premier lieu un trouble grave de la compréhension et de la volonté dont les racines s’enfoncent dans les profondeurs du corps. Dans un second sens, elle est le nom du sentiment tragique qui inspire aux foules anarchiques comme aux souverains tyranniques des actions mettant en cause les cadres élémentaires de la souveraineté républicaine.
Depuis les origines de la cité, la condition de ceux qui souffrent du furor de la première espèce impose à la puissance publique de superviser des mesures de garde (custodia) et de protection (cura). L’édifice juridique qui en est issu se précise à la mesure que l’État romain étend son empire. Quant au furor de la seconde espèce, image poétique empruntant ses traits à toutes les espèces de « folie », il justifie d’appliquer aux ennemis publics le douloureux remède des maladies désespérées et il légitime, par une analogie avec le droit exceptionnel appliqué à la démence, le recours à un état d’urgence.
Cet ouvrage, se concentrant sur la période romaine mais examinant aussi les sources grecques, propose pour la première fois une histoire politique de la folie dans l’Antiquité.
À travers cet objet, il présente les pratiques romaines du pouvoir dans leur irréductible complexité.

Pierre-Henri Ortiz est maître de conférences en histoire romaine à l’université d’Angers. Ses travaux portent sur l’histoire de la folie dans ses différents aspects (juridiques, médicaux, culturels) de la Grèce classique à l’Antiquité tardive. En 2024, il a publié aux Belles Lettres La Psychiatrie à Rome. Comprendre et soigner la folie d’après Celse et Caelius Aurelianus.

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Arnauld Pierre : Machines célibataires. La fabrique du posthumain

 Macula - Mai 2026


« L’homme voudrait être n’importe qui, sauf un simple être humain. » — Georg Groddeck, Le Livre du Ça, 1923

Les « Machines célibataires » de Marcel Duchamp ont vite échappé à leur auteur pour se transformer en un mythe moderne où s’entrelacent art, sexualité et technologie. Associées à la stérilité et au refus de la procréation, elles n’écartent pas pour autant d’autres formes de reproduction, à travers des fantasmes d’autogenèse ou d’engendrement artificiel, où la science et la technique se rendront capables de créer des êtres supérieurs et établiront un monde qu’aucune création n’a maculé. Tout un imaginaire de la filiation adhère aux machines célibataires, comme le montre la vaste famille d’enfants nés sans mère et de leurs parents mécaniques surgis dans le contexte des avant-gardes du XXe siècle, futurisme, dadaïsme, surréalisme et pop art, jusqu’au tournant du posthumain dont témoigne l’art contemporain.
À la croisée de l’histoire de l’art et des idées, du « merveilleux-scientifique » et de la science-fiction, Arnauld Pierre dissèque les mythes de naissance d’une humanité hybridée avec ses machines et scrute à travers ses manifestations artistiques l’avènement d’un surhomme technologique, un posthumain augmenté et amplifié, qui s’enorgueillit d’avoir été fabriqué plutôt qu’engendré. Avec cet ouvrage richement illustré (près de 280 images), l’auteur plonge dans les ressorts de ce désir récurrent d’être mieux qu’humain, qui se manifeste par excellence dans ce que l’on nomme aujourd’hui le transhumanisme.

Arnauld Pierre est historien de l’art, critique et commissaire d’exposition, professeur à Sorbonne Université et chercheur au Centre André-Chastel, Paris. Il a publié de nombreux textes et ouvrages consacrés à l’ère des avant-gardes et l’abstraction, à l’après-guerre et l’art optico-cinétique, parmi lesquels : Maternités cosmiques. La recherche des origines, de Kupka à Kubrick (Hazan, 2010) ; Futur antérieur. Art contemporain et rétrocipation (M19, 2012) et, aux Éditions Macula, Magic Moirés. Gerald Oster et l’art des moirages (2022).

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Blandine Perona, Philippe Desan, Emiliano Ferrari, Thierry Gontier (dir.) : L'« Apologie de Raimond Sebond ». Lectures, méthodes, interprétations

 Classiques Garnier - Mai 2026


À l'image de l'Atelier Montaigne dont il célèbre les dix ans, cet ouvrage est interdisciplinaire. Il fait dialoguer philosophie, philologie, rhétorique et histoire littéraire pour éclairer le livre dans le livre qu'est « L'Apologie de Raimond Sebond ». Il s'agit de montrer comment Montaigne travaille, dans les pas de la Pléiade, à l'illustration de la langue française grâce à sa traduction de la Théologie naturelle et finit par offrir une oeuvre vraiment sienne. À partir d'une réflexion générale sur les liens entre raison et foi, Montaigne redéfinit son rapport aux savoirs. Sa prose d'art lui permet de façonner un aristocrate catholique et un homme merveilleusement corporel.

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lundi 18 mai 2026

Revue de métaphysique et morale, 2025-4 : Notions communes

 PUF - Décembre 2025


La question des « notions commune » à l’âge classique est rarement étudiée pour elle-même ; elle est le plus souvent reconduite aux nombreuses controverses sur les idées innées tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, ou bien encore au problème de l’axiomatique et de la mathématisation de la logique aux XVIe et XVIIe siècles. Ce dossier, coordonné par Mogens Lærke et Louis Rouquayrol, aborde la question différemment en prenant pour fil conducteur les pratiques du savoir dans la première modernité.

Sommaire

Mogens Lærke, Louis Rouquayrol, Présentation
Vincenzo De Risi, Notions communes et axiomes dans l’Antiquité tardive
Andreas Blank, Common Opinions and Collective Testimonies in Legal Humanism
Niall Dilucia Notions communes et common law : Matthew Hale et la recherche d’une obligation légale universelle
Luciano Perulli, In Euclid’s Footsteps? Christian Wolff on Common Notions in Ontology
DOCUMENT
Marin Mersenne, Lettres sur les notions communes, présentation et traduction par Louis Rouquayrol

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Francis Dupuis-Déri : L'art de la guerre culturelle

 Textuel - Avril 2026


Ce livre est un manuel de résistance intellectuelle lucide, tragique, et pourtant drôle. Mobilisé sur plusieurs fronts, Francis Dupuis-Déri propose une traversée de trente ans de « guerres culturelles ».
Au fil de ses interventions engagées, il livre une analyse implacable des stratégies réactionnaires : déni de réalité, victimisation à outrance, dénigrement des dominés, distorsion du langage, mensonges purs et simples. Avec une ironie mordante, une rigueur analytique et un recours implacable aux faits, il déboulonne les idéologues de la réaction et défend les valeurs d’égalité, de liberté et d’empathie. Il montre comment du mythe du « politiquement correct » aux paniques antiwokes, les mêmes forces réactionnaires rejouent inlassablement leur partition pour discréditer les luttes féministes, antiracistes ou écologistes et justifier des guerres jusqu’au génocide à Gaza.
L’art de la guerre culturelle est le livre d’un penseur qui refuse de capituler et montre que les forces progressistes savent reprendre l’offensive.

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Prismes. Théorie critique. Volume 8, 2026 : Walter Benjamin : autour du “Capitalisme comme religion”

 Kimé - Mai 2026


Le fragment daté de 1921 « Le capitalisme comme religion » occupe une place à part dans l'oeuvre et la réception de Walter Benjamin. La fascination que ce texte a pu exercer auprès de ses lecteurs et lectrices depuis sa publication en 1985 s'est rarement accompagnée de commentaires approfondis, du moins dans l'espace francophone. Il s'agit ici de combler la lacune, non seulement en en proposant une traduction nouvelle, assortie de la traduction de deux autres fragments contemporains qui lui font écho, mais aussi en le resituant dans son contexte et en en mesurant pour nous les actualités. Les thèmes abordés par Benjamin - le capitalisme et la religion, la faute et le destin, le droit et la justice, l'histoire et la révolution - s'inscrivent de près ou de loin dans son projet avorté de travail sur la « véritable politique ». Engagé dans une polémique avec Nietzsche, Marx et Weber, Benjamin s'oppose à la thèse d'une sécularisation sans reste entraînée par le capitalisme moderne. Loin d'avoir désenchanté le monde et signé la mort de Dieu, le capitalisme relève d'un culte religieux inédit, tout entier fondé sur la culpabilisation morale et l'endettement matériel de ses adeptes. Résister à son « mouvement monstrueux » en vue de le « surmonter » passe par la réactivation de puissants schèmes théologiques, comme celui de la justice divine, à la condition toutefois de les avoir, au préalable, libérés de leurs usages théologico-politiques. Ces réflexions inquiètes, menées au sortir de la Première Guerre mondiale par un jeune philosophe juif allemand, nous invitent aujourd'hui, en un temps où plus que jamais la « dévastation » est à l'ordre du jour, à juger de ce qui persiste du « phénomène essentiellement religieux » qu'est le capitalisme - et à savoir comment détruire ce qui détruit.

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Isée Bernateau, Laurence Kahn (dir.) : La vérité de l'histoire

 PUF - Mai 2026


À l’ère de la « post-vérité », alors que les vérités « alternatives » auraient le pouvoir de faire disparaître jusqu’aux réalités factuelles les plus tangibles de l’Histoire en en faisant des « histoires », cela a-t-il encore un sens de chercher la vérité de l’histoire ?
Quelle place pour la psychanalyse dans un tel débat ? « Je suis en butte à une telle hostilité et je vis dans un tel isolement qu’on dirait que j’ai découvert les plus grandes vérités », confessait Freud à Fliess. De quelle vérité la psychanalyse se saisit-elle ? Celle de la petite, celle de la grande Histoire ou celle des liens complexes qui les enserrent l’une dans l’autre ? Que doit-on s’attendre à rencontrer quand on cherche sa vérité ? Dans quelle histoire se cache-t-elle ?
Ce livre montre comment l’inconscient – qui ne connait pourtant ni le temps ni la contradiction – redonne à l’histoire et à la vérité leurs lettres de noblesse, qu’elles soient minuscules ou majuscules.

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Eva Illouz : Le futur des émotions. Comment la technologie et le capitalisme exploitent notre subjectivité

 Gallimard - Mai 2026


Il est d'ordinaire admis que le numérique, l'intelligence artificielle et la robotique dépouillent l'humanité de ses émotions, par exemple au moyen d'algorithmes capables de prédire et d'orienter les comportements. Nous assistons plutôt à l'inverse : le capitalisme entre dans une phase d'"émotionnalisation" inédite. En nous incitant à la "positivité" et à l'"authenticité", en captant notre attention, applications et réseaux sociaux collectent des données sur nos comportements autant qu'ils cherchent à les façonner en retour. Comment l'engagement émotionnel est-il produit et reconverti en actif monnayable ? Quelle est l'ampleur réelle de cette économie ? En quoi ce système peut-il aboutir à une sortie de la réalité ? Dans cet essai incisif, Eva Illouz mobilise les études les plus à jour et le miroir de la science-fiction pour explorer les ressorts et les conséquences de cette nouvelle économie de la subjectivité.

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dimanche 17 mai 2026

Jean-Jacques Wunenburger : La première image. Essais sur la psychologie, la technique, la théologie des reflets

 Mimesis - Mai 2026


Un reflet sur une surface d’eau, ou les effets en abyme des miroirs fabriqués, nous confrontent à la première image, double d’une réalité elle-même invisible. Depuis le mythe de Narcisse nous mesurons l’importance de ce tête-tête avec son double, qui cherche à connaître et à dissimuler le Moi. Il en est résulté, à travers l’histoire des techniques, une grande ingéniosité optique, qui a servi à voir plus et autrement le monde, de l’atome au cosmos. Et la force de cette première image a stimulé une extension métaphorique aux réalités spirituelles, sous forme de miroir divin créateur.

Professeur émérite de philosophie à l’Université Lyon3, ancien directeur du Centre de recherches IRPHiL de Lyon, Président de l’Association internationale Gaston Bachelard et de l’Association des amis de Gilbert Durand, directeur du Centre de recherches internationales sur l’imaginaire (CRI2i), Jean-Jacques WUNENBURGER a mené des recherches sur les images, l’imagination et l’imaginaire dans leurs relations avec la philosophie, les arts, les sciences et techniques, les médias, la santé, la politique.

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Monique Lauret : Malaise dans l’identité contemporaine. La question trans

 L'Harmattan - Mai 2026


À l’heure de la mondialisation, des familles recomposées et de l’essor fulgurant des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, l’individu contemporain se trouve confronté à un vertige identitaire inédit.
Des revendications de genre aux idéologies transhumanistes, un même symptôme affleure : la difficulté croissante d’accéder au symbolique, que Lacan identifiait comme essentiel à l’équilibre psychique et au fonctionnement sociétal.
Cet essai interroge le formidable engouement autour des transitions de genre et le parallèle troublant qu’elles entretiennent avec les promesses du transhumanisme. Offerts trop tôt à une jeunesse encore en quête de repères, traitements hormonaux et chirurgies irréversibles risquent de transformer un désir légitime de reconnaissance en piège individuel et fracture sociétale.
Dans un monde dominé par l’ultra néolibéralisme et la fuite en avant technologique, l’ouvrage explore ce malaise identitaire et les conséquences possibles pour l’avenir de nos sociétés.

Monique Lauret est psychanalyste et psychiatre, membre de la Société freudienne de psychanalyse (SPF), membre de la Fondation européenne de la psychanalyse (FEP), présidente de Psycha 31. Auteure de plusieurs ouvrages, ses axes de recherche portent sur les questions d’éthique, de société et de transmission de la psychanalyse.

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Buata B. Malela : Reprendre le temps. De la critique du temps colonial à la chronotopie émancipatrice

Anibwe - Mai 2026


Reprendre le temps propose une critique philosophique du régime temporel imposé par la colonisation et de ses prolongements dans les sociétés postcoloniales. L’ouvrage montre comment la domination ne s’exerce pas seulement par l’espace et l’économie, mais aussi par la confiscation du passé, du présent et de l’avenir. En analysant le mythe du retard, la négation de la co-temporalité et l’intériorisation de l’urgence productiviste, l’auteur met au jour une aliénation temporelle durable. À cette critique s’articule une proposition normative : penser une chronotopie émancipatrice, fondée sur la pluralité des rythmes, la réappropriation des mémoires et la capacité collective à imaginer des futurs non téléologiques. Croisant philosophie critique européenne et pensées africaines contemporaines, l’essai inscrit la décolonisation dans une politique du temps, indissociable des luttes pour la dignité, la souveraineté et la liberté. Ce livre offre des outils conceptuels pour repenser l’émancipation dans un monde traversé par des temporalités inégales.

Buata B. Malela est professeur de littératures française et francophone des XXe et XXIe siècles à l’Université de Limoges. Membre du laboratoire EHIC (Espaces Humains et Interactions Culturelles), ses recherches portent sur les discours littéraires francophones (Afrique, Antilles, océan Indien), sur le questionnement du sujet dans les cultures médiatiques francophones, la sociologie de la littérature et les intellectuels africains, ainsi que sur la pop musique contemporaine.

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samedi 16 mai 2026

Esprit, Mai 2026 : Que demander à l'histoire ?

 Revue Esprit - Mai 2026


À l’occasion de l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, et alors que l’histoire redevient le terrain d’âpres batailles culturelles, ce numéro coordonné par Emmanuel Laurentin repose la question qui ouvrait en 1937 une conférence de Marc Bloch : « Que demander à l’histoire ? ». À lire aussi dans ce numéro : Quel projet de puissance pour l’Europe ? ; Un génocide à hauteur d’enfant ; Les municipales à l’épreuve de l’intelligence artificielle ; Urgence de l’État de droit ; Renaud Camus, un apologiste de la violence.


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Tracés, n°48/2026 : Politique des objets

 ENS Lyon - Mai 2026


La proposition formulée dans ce numéro consiste à faire valoir qu’une voie peu explorée et pourtant de première importance pour associer « politique » et « objet » passe par une enquête, une description prenant en compte à la fois la matérialité des objets et l’examen des capacités politiques qui émergent des cours d’action. Sans ce détour descriptif, ce ne serait pas l’objet en lui-même qui serait qualifié de politique, mais autre chose : sa destinée symbolique, les représentations qui lui sont associées à un certain moment et à un certain endroit ou encore que l’objet servirait de synecdoque, voire de prétexte pour désigner une entité abstraite. Cela implique que nous refusons de tenir pour acquis à la fois que tous les objets sont politiques, et que certains seraient intrinsèquement politiques (une arme, un drapeau…), tandis que d’autres ne le seraient pas. À rebours de cette approche qui norme a priori le domaine de la politique, les autrices et auteurs de ce numéro cherchent, tout au contraire, à débusquer en quoi, où, à quels moments et sous quelles modalités les objets entrent (ou non) en politique. Elles réalisent des descriptions fines et détaillées, qui mettent au centre la matérialité et les objets en action, et ouvrent ainsi une compréhension politique plus riche et inattendue, qu’il s’agisse de décrire un casque colonial britannique, une ampoule et une seringue, une fontaine publique, des gouttières et des gargouilles, des aliments comme le vin ou la pomme de terre, une installation nucléaire, des images cérébrales de traumatisme ou encore une boîte aux lettres.

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Philippe Liotard, Lilian Mathieu : Les contre-cultures, historicité et modernité

Atelier de création libertaire - Mai 2026


Qu’appelle-t-on contre-culture ? À l’origine, un ensemble de productions culturelles dissidentes étroitement associées aux mouvements contestataires des années soixante, et dont l’humeur frondeuse s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui. Comme les contre-cultures, cet ouvrage interpelle les frontières arbitraires et les hiérarchies établies en réunissant apports historiques, éclairages sociologiques et débats intellectuels, tout autant et à égale légitimité que témoignages individuels, comptes rendus d’expériences ou réflexions produites de l’intérieur des contre-cultures. Riche de cette hétérogénéité assumée, le livre interroge ce qui les fait vivre, en abordant leurs origines, développements et disséminations, ainsi que leurs manifestations et incarnations au présent.

Ont contribué à cet ouvrage : Jean-Noël Lafargue, Inès Liotard, Philippe Liotard, Alexandre Marchant, Lilian Mathieu, No Anger, Jean-Manuel Traimond et Lorraine Wiss.

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Michael Walzer : Guerres justes et injustes. Argumentation morale avec exemples historiques

 Folio - Mai 2026 - Essais


Dans l'enfer de la guerre, tout n'est pas égal. Blocus, bombardements de civils, représailles, dommages collatéraux traversent tous les conflits. Mais la guerre juste existe, qui peut à chaque instant basculer dans l'injustice. Déterminer l'inacceptable comme l'inévitable est un jugement auquel nul ne peut se dérober. En quête d'un équilibre, Walzer n'ignore ni les droits de l'homme ni la nécessité. Le philosophe qui milita contre la guerre au Vietnam montre qu'une guerre, quand même elle servirait les intérêts d'une grande puissance, peut être aussi une guerre juste. Il revendique un empirisme moral, et développe une argumentation à partir d'exemples historiques. Rien de moins abstrait que cette réflexion. Notre monde n'a pas su écarter l'enfer de la guerre, mais il progresse chaque jour dans son exigence d'un droit international pour juger des guerres et des crimes qui y sont commis.

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vendredi 15 mai 2026

Bertrand Russell : Propagande officielle et pensée libre

 La découverte - Mai 2026


De graves menaces pèsent sur la liberté de penser : tel était l'avertissement visionnaire lancé dès 1922 par le grand philosophe britannique Bertrand Russell, témoin privilégié de l'essor des techniques modernes de propagande.
Ce texte court et percutant, d'une actualité saisissante, dresse un diagnostic d'une étonnante clairvoyance. La propagande, nouvelle méthode de gouvernement s'emparant des armes forgées par les publicitaires, ne se contente plus d'interdire les positions dissidentes : elle les étouffe par la pression économique, la distorsion et la manipulation des preuves. Elle offre ainsi un avantage indu, sur le terrain des idées, à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.
Comment résister à ces assauts contre la démocratie ? Russell mise sur l'éducation, à réformer d'urgence. L'école devrait ainsi enseigner l'" art de lire les journaux " et développer l'esprit critique. À l'ingurgitation passive d'informations, le philosophe oppose la cultivation de l'intelligence, entendue comme authentique capacité de penser et de juger par soi-même. À la crédulité servile, il oppose le doute rationnel, cette attitude libératrice dont il fait l'éloge.
Russell signe ici un véritable manifeste pour la pensée libre – un " anti-Propaganda ", antidote avant la lettre à cet art de la manipulation dont Edward Bernays devait, quelques années plus tard, exposer cyniquement les principes.

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Mathilde Tahar ; Le temps du vivant (avec un tecte de Henri Bergson)

 Vrin - Mai 2026


Le vivant. Les espèces évoluent; l’organisme vieillit; nous parlons d’histoire naturelle comme de mémoire individuelle pour rendre compte de l’imprévisibilité des formes biologiques. Mais que signifie, pour le vivant, de durer? La différence de l’inerte et du vivant se joue aussi et même surtout dans la distinction des modes de temporalisation. Le temps en biologie a en effet un sens qu’il n’a pas en physique : il est synonyme d’inventivité. Durer, pour les espèces comme pour les individus, c’est en effet se transformer de façon singulière, dans des situations toujours uniques. Si la théorie de l’évolution a mis au premier plan la dimension historique du vivant et l’imprévisibilité de ses trajectoires, les conséquences pour la science qui l’étudie, dans ses objets comme dans ses méthodes, doivent encore être évaluées. L’enjeu n’est pas seulement théorique. Parce que la créativité du temps biologique passe par la diversité des rythmes propres à chaque organisme, ce sont également nos pratiques et nos relations avec les autres vivants qu’il convient de repenser.

Mathilde Tahar est agrégée de philosophie et docteure en philosophie de la biologie. Elle est actuellement “Research fellow” à University College London et travaille sur l’agentivité biologique et l’invention comportementale chez l

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