dimanche 22 février 2026

Vincent Cheynet : Liberté et décroissance

Éditions du Rouge et du Noir - Février 2026


Si la santé de la planète est la priorité, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour la sauvegarder ? Jusqu’à lui sacrifier notre liberté ? Ou bien l’écologie ne doit-elle être que le seul moyen pour tendre vers le bien, le vrai, le beau ? Loin d’être nouvelles, ces questions existentielles ont été soulevées depuis longtemps par des penseurs de l’écologie comme Jacques Ellul ou Bernard Charbonneau. Ces précurseurs nous lèguent de puissantes réflexions et de puissants avertissements face au développement d’une administration du désastre chargée de gérer, sous la contrainte, la crise écologique. À l’aune de leurs réflexions et de son expérience comme rédacteur en chef des revues Casseurs de pub et de La Décroissance pendant 25 ans, Vincent Cheynet observe les débats qui traversent l’écologie contemporaine. Ils révèlent des clivages qui, loin d’être superficiels, révèlent des perceptions radicalement opposées de la condition humaine et de la notion de liberté.

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Stefania Caliandro : Vibration. Esthétiques et théorie de l'art

 Hermann - Février 2026


Cet ouvrage vise à approfondir l’idée de vibration esthétique, à retracer ses origines, à analyser ses développements historiques dans les arts et les esthétiques au tournant du xxe siècle jusqu’à nos jours, enfin à théoriser et comprendre la fonction et le fonctionnement de la vibration par rapport à l’esthésie et à la saisie du sens. À cette fin, il croise des recherches à la fois en esthétique et philosophie de l’art, en théorie et histoire de l’art et en sémiotique. Abordant des thèmes qui recoupent des questions d’actualité, l’auteure y défend une conception dynamique de l’œuvre, incluant l’appréhension et la compréhension esthétiques dans lesquelles l’œuvre prend forme. Il s’agit d’essayer de décrire en particulier certaines forces (ou phénomènes) qui entrent en jeu dans l’esthésie, telles l’empathie, l’éclosion de rythmes dans lesquels espace et temps sont impliqués, des attitudes magiques, mystiques ou phatiques qui génèrent la participation, des instabilités perceptives qui facilitent la projection ou l’activité imaginative, parfois au seuil de l’hallucination. Dans la reconstruction étymologique et encyclopédique du terme vibration – notion proche mais dissemblable de résonance – il s’avère que le sens figuré est apparu assez tard; il n’était apparemment pas donné à toute époque de frémir ou vibrer avec l’art. Quant à sa théorisation en art, elle revient aux écrits de Kandinsky, dans un contexte de conditions et croyances scientifiques, techniques, philosophiques et spirituelles qui ont favorisé l’éclosion d’esthétiques de la vibration. Répandue, historicisée, la vibration a ainsi pris de multiples formes.
Les esthétiques rencontrées témoignent d’une variété impressionnante de manières d’entendre et de faire art avec ou par la vibration. La vibration a animé des recherches portant sur la correspondance entre les sens et sur la complémentarité des sensations, en procédant par transposition, parfois par analogie, ou par transduction. Des artistes ont examiné les vibrations spécifiques d’un médium donné, ils ont relevé les transformations et les interférences qui opèrent dans les matériaux ou la technique, les effets sur la perception, au seuil du conditionnement. D’autres œuvres ont investi des vibrations et fréquences présentes dans la nature ou le paysage habité; elles pointent la limite du perceptible, jusqu’à amener l’art au seuil de l’anesthétique. Enfin, certains artistes ont visé le moment énergétique de la vibration, son impact et sa valeur dans la perception, jusqu’à déstabiliser le confort perceptif et proprioceptif de l’observateur et à inclure le feedback biochimique et neurologique de celui-ci au seuil de sa contenance.
Les œuvres et les déclarations des artistes amènent à comprendre comment la vibration esthétique se lie à des dynamiques esthésiques, notamment des tensions, des chutes, des dissymétries, qui se produisent dans la saisie. S’appuyant sur des observations philosophiques et sémiotiques, ainsi que sur des apports neurobiologiques, poursuivant également ses réflexions sur une morphogénèse qui prend corps dans l’appréhension du sensible, l’auteure parvient à définir la vibration au vu de son excédant.

Stefania Caliandro enseigne esthétique et sémiotique de l’art à l’Université de Trente, en Italie. Titulaire d’un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, elle a obtenu l’habilitation à diriger des recherches à la Sorbonne.

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Mauro Carbone et Graziano Lingua : Pour une anthropologie des écrans. Montrer et cacher, exposer et protéger

 Presses du réel - Février 2026


Les écrans ne se limitent pas à montrer ou cacher : depuis la préhistoire, ils servent d'intermédiaires dans notre relation au monde en protégeant autant qu'en exposant nos corps. À travers une enquête historico-généalogique et une analyse aussi bien des technologies présentes que du futur proche, les auteurs déconstruisent l'idée selon laquelle les écrans seraient inséparables des images, que celles-ci s'opposeraient aux mots, ainsi que ce qu'ils nomment idéologie de la « Transparence 2.0 », à savoir la prétention de pouvoir éliminer toute médiation tant en communication qu'en politique.
Ils montrent également que les technologies portables ne nous rapprochent nullement d'une supposée disparition des écrans, mais semblent plutôt dessiner un quasi-retour à l'utilisation de notre corps, cette fois-ci « augmenté », comme écran. Cela soulève de nouvelles questions relationnelles, éthiques et politiques, que le livre contribue à éclairer.

Mauro Carbone, spécialiste d'esthétique et membre honoraire de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite de philosophie à l'Université Jean-Moulin Lyon 3, où il a fondé et dirige le Groupe permanent de recherche « Vivre par(mi) les écrans ». Parmi ses ouvrages, l'on peut citer Philosophie-écrans. Du cinéma à la révolution numérique (Paris, Vrin, 2016).
Graziano Lingua est professeur de philosophie morale à l'Université de Turin, où il dirige le département de Philosophie et Sciences de l'Éducation. Il est également co-directeur du département « Humanisme numérique » du Collège des Bernardins, Paris. Il a dirigé, avec A. De Cesaris, Technologies de la visibilité. De l'image ancienne à l'image hypermoderne (Paris, Mimésis, 2021).

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samedi 21 février 2026

Jean-Yves Lacoste : Recherches sur le dire et le voir

 PUF - Février 2026 - Epiméthée


Les cinq études réunies ici ne posent pas les mêmes problèmes mais toutes reprennent la vieille question à laquelle la phénoménologie a fourni d’abondantes réponses : celle de l’intuition, c’est-à-dire de la connaissance immédiate sans raisonnement. Elles portent donc une même interrogation : sur les limites de la métaphysique et sur ce qu’il reste à dire lorsque nous butons sur ces limites.
Si la métaphysique a gouverné un canton de la pensée pendant des siècles, d’autres que les philosophes n’ont-ils pas toujours su dire sans se soumettre à son empire ? Tout n’aurait-il pas déjà été dit autrement ?
Or, s’il est vrai que la poésie n’est pas la seule à laisser un monde se déployer en elle, alors il n’est pas téméraire d’avancer que nous pouvons habiter d’autres mondes que celui de la métaphysique. L’incompréhensible peut donc être dit malgré tout : malgré la part d’inconnaissance qui affecte toute connaissance de Dieu, malgré le fait que notre langage parle de l’extraordinaire à tâtons, malgré le flou imposé par la non-vision des réalités à croire.

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Christine Delory-Momberger, Martine Janner-Raimondi (dir.) : Penser la personne comme sujet en anthropocène

 Erès - Février 2026


Dans les sciences humaines et sociales, la prise de conscience des interdépendances des humains et des non humains dans un habiter la Terre aux contours de finitude suscite de vifs questionnements d’où émerge l’urgence de prendre soin des « mondes à venir » dans un faire-ensemble.
À partir des constructions biographiques individuelles et collectives à l’œuvre, cet ouvrage propose des balises de compréhension et d’action dans un contexte anthropocénique, qui recompose en profondeur les relations entre les vivants et les non-vivants. Comment un je y trouve-t-il son ancrage dans un lien écobiographique marqué d’un partage d’altérités ? L’Anthropocène peut-il être le nom d’une résistance et d’une re-naissance ? En quoi pourrait-il constituer le cadre renouvelé d’une herméneutique de soi, de l’autre et du monde? Il y va d’une éthique et d’une politique qui reconnaissent la singularité de chaque forme de vie, appelant des « égards ajustés » qui se fassent ainsi les porte-paroles de son droit à être défendue.
Sont mis ici en dialogue différents points de vue de spécialistes au niveau national et international (en sciences de l’éducation et de la formation, philosophie, anthropologie, sociologie, écologie végétale, écopsychothérapie), propres à nourrir notre réflexion personnelle et collective.

Martine Janner-Raimondi est professeure émérite en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet.
Christine Delory-Momberger est professeure en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, professeure associée à l’UNEB Brésil et à l’université Laval Québec. Elle est codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet, et présidente du Collège international de recherche biographique en éducation.

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Victoria Camps : La recherche du bonheur

 Arpa - Février 2026


DʼAristote à Huxley, en passant par les révolutions du XVIIIe siècle, lʼhistoire du bonheur est aussi celle de sa politisation.
S'interroger sur le bonheur, c'est remettre en question le sens et le but mêmes de l'existence. Plus que d'un objectif concret, il s'agit d'une disposition intérieure, d'un élan vers une vie pleine et accomplie.
Il ne revient pas à la philosophie de fixer ce que signifie " être heureux ", mais des philosophes et des penseurs –; d'Aristote à Aldous Huxley –; n'ont cessé d'explorer cette question : quels obstacles se dressent sur la voie du bonheur ? Quelle place donner à l'amitié, à l'amour, au désir, à la liberté ? Et comment concilier l'individuel et le collectif sur ce chemin incertain ?

Victoria Camps (Barcelone, 1941) est professeure émérite de philosophie morale et politique à l'Université Autonome de Barcelone. Sénatrice socialiste dans les années 1990, conseillère du Conseil d'État et présidente du Comité espagnol de bioéthique, elle est une figure intellectuelle incontournable dans les débats éthiques contemporains.

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Yaël Gambaratto : La main qui tremble. Philosophie de la vulnérabilité en politique

 L'Observatoire - Février 2026


Dans nos démocraties (comme sous les régimes autoritaires), nous attendons de nos dirigeants qu’ils incarnent la force, la certitude, l’infaillibilité. Nous voulons des chefs qui ne doutent jamais, ne se trompent pas, ne montrent aucune faille. Mais cette fascination pour le pouvoir et la toute-puissance n’est-elle pas précisément ce qui menace nos sociétés ? À l'heure où triomphent les figures populistes et autoritaires, cet essai interroge notre rapport au pouvoir politique. Pourquoi associons-nous si spontanément l’autorité à la virilité, la gouvernance à l’invulnérabilité ? Pourquoi rejetons-nous instinctivement tout dirigeant qui pourrait paraître fragile ? En s’appuyant sur l’histoire des idées politiques, de Platon à Hannah Arendt, et l’analyse de figures du pouvoir de Louis XIV à Donald Trump, ce livre révèle les ressorts profonds de notre imaginaire politique. Il montre comment la quête d’un pouvoir sans faille nourrit les dérives totalitaires et fragilise nos démocraties. Contre cette illusion dangereuse, l’auteur défend une vision révolutionnaire : et si la vraie force politique résidait dans l’acceptation de notre vulnérabilité ? Et si un chef qui avoue ses doutes et reconnaît ses erreurs était plus digne de confiance qu’un dirigeant qui prétend tout maîtriser ?

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vendredi 20 février 2026

Anne Devarieux (dir.) : Maine de Biran dans ses lectures

 Millon - Février 2026


À l’occasion du bicentenaire de la mort de Maine de Biran (1766-1824) l’université de Caen Normandie a rendu hommage à cette figure majeure de la philosophie française, hommage organisé par Anne Devarieux, maître de conférences HDR en philosophie.
Ce colloque international « Maine de Biran dans ses lectures » consacré aux lectures du philosophe, patronné par l’Institut de France (Fondation Tilsit) s'est déroulé les 6, 7 et 8 novembre 2024 à l‘université Caen-Normandie.

L’objectif de ce colloque n’était pas d’analyser la postérité de la pensée biranienne, mais d’interroger et d’approfondir les lectures que Maine de Biran a faites des grandes figures de philosophes et savants (Montaigne, Pascal, Rousseau, Fénelon, Descartes, T.Reid, A. Smith, Ampère …), d’historiens de la philosophie (Gérando), et de médecins ou aliénistes (École de Montpellier, Philippe Pinel et Antoine-Athanase Royer-Collard).

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Georges Vigarello : Les Logiques du corps. Une autre manière de penser le temps

 Seuil - Mars 2026


Mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art, Georges Vigarello explore les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Avec un souci d’intelligibilité remarquable, il met en lumière la succession de modèles (le modèle humoral, fibreux, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent.
Au-delà d’une telle succession, il porte une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Le livre montre comment le corps occidental est travaillé par des principes décisifs d’affranchissement, d’individualisation et de sensibilité, ouvrant sur une manière totalement inédite de penser le temps : dynamique centrale, originale, traversant la longue durée, d’où les individus tirent leur force, comme leur possible fragilité.
Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Georges Vigarello a notamment publié au Seuil Histoire du viol (XVIe-XXe siècle) (1998), Histoire des pratiques de santé (1999), La Silhouette (2012), Le Sentiment de soi (2014) et Histoire de la fatigue (2020). Il a dirigé par ailleurs plusieurs ouvrages collectifs, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, dont une Histoire du corps en 2006.

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Jennifer Kerner : Le théorème du flamant rose. Une socio-archéologie de la maternité

 Gallimard - Février 2026


« Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s’appelle la dépense maternelle. L’exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l’épuisement. S’il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. »
Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L’expérience de sa première maternité lui a permis d’interroger les pratiques obstétricales dans la France d’aujourd’hui à la lumière de celles d’autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.

Docteure en archéologie, Jennifer Kerner est l'autrice du Mari de nuit : expériences du deuil et pratiques funéraires, publié aux éditions Gallimard. Son premier roman, Le tissu de crin, a paru en 2024 aux éditions du Mercure de France.

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Frédéric Fruteau de Laclos : Bruno Latour et l’anthropologie des modernes. Contre-enquête

 Vrin - Février 2026


« Nous n’avons jamais été modernes ». Bruno Latour a fait de cette déclaration fracassante le titre d’un de ses essais les plus célèbres. Il y affirme que les modernes, en dépit de leurs prétentions à dissocier Nature et Culture, n’ont cessé de mélanger les registres et d’instaurer d’étranges réalités hybrides. Selon Latour, il faudrait renoncer à la connaissance pour saisir avec les non-modernes les conditions de la « co-naissance » de l’humain et du non-humain. Pourtant, rien n’est moins évident que ce renoncement. C’est ce qu’on comprend en retraçant la trajectoire de Latour, aussi bien intellectuelle qu’existentielle, à travers les rencontres qui ont marqué sa carrière. Il est alors possible de lui opposer le contre-modèle d’une théorie de la connaissance qui, pour être ouverte à la diversité moderne et non-moderne des modes de penser, continue d’envisager les savoirs du point de vue de leur cohérence théorique et de leur mise à l’épreuve expérimentale.

Frédéric Fruteau de Laclos est professeur de philosophie à l’université Paris-Est Créteil et membre du Laboratoire de recherche Lettres, Idées, Savoirs (EA 4395).

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Revue d'histoire des sciences humaines, n° 47 : Histoire naturelle de l’Homme (Wolf Feuerhahn et Arnaud Hurel éds.)

 Editions de la Sorbonne - Février 2026


« Histoire naturelle de l’Homme » : voilà un énoncé qui peut surprendre celles et ceux pour qui l’anthropologie est d’abord une science sociale et culturelle, mais qui a aussi des chances d’intriguer à l’heure de la crise écologique et de la remise en cause du partage entre nature et culture.
Histoire naturelle de l’Homme est d’abord le titre donné par Buffon au troisième volume de son Histoire naturelle, générale et particulière, publié en 1749. Au XIXe siècle, le Muséum national d’histoire naturelle utilise la formule pour l’une de ses chaires (« Anatomie et histoire naturelle de l’Homme »), qui est renommée ensuite « Anthropologie ».
Suivre la trace de cette expression et retrouver son sens en contexte, tel a été l’un des objectifs du travail de Claude Blanckaert décédé en octobre 2024. Dans cette perspective, trois de ses conférences inédites sur ce thème, au Siècle des lumières, sont publiées dans ce numéro. Afin de montrer toute l’actualité des recherches qu’il a conduites au long de sa carrière, ces textes sont accompagnés de contributions de chercheurs et chercheuses appartenant à diverses disciplines qui reviennent sur la fécondité de son œuvre.


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Pascal Bastien, Claude La Charité, Lyse Roy (dir.) : Projets encyclopédiques et circulations des savoirs, 1500-1750

 Hermann - Février 2026


Quelle est la contribution de la Première Modernité à la formulation de la notion d’encyclopédisme et aux projets encyclopédiques qui en découlent ?
Réunissant les travaux d’un colloque international qui s’est tenu à Montréal en octobre 2022, cet ouvrage appréhende l’encyclopédisme dans une perspective interdisciplinaire, avant ou en dehors de la publication de l’Encyclopédie (1751-1772) de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, afin de rendre compte de la complexité de l’encyclopédisme de la période moderne et d’éviter le piège téléologique qui consiste à tout relier à l’anticipation de son avènement. « Monument emblématique d’une culture », l’Encyclopédie reconnaît d’ailleurs sa dette à l’égard des ouvrages qui l’ont précédée : elle ne constitue en fait que « le maillon d’une longue chaîne, la dernière somme d’une culture et d’une façon d’aborder le savoir ».
Ainsi, ce livre privilégie une démarche en amont de l’Encyclopédie, depuis le Moyen Âge, afin de comprendre l’émergence de l’encyclopédisme moderne dans toutes ses nuances.

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Rachele Raus , Marinella Belluati, Julien Auboussier (dir.) : Discours sur les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle

 ENS éditions - Février 2026


Les textes réunis analysent la construction en discours des enjeux éthiques associés au déploiement de l’intelligence artificielle. Les conséquences de l’innovation technologique ne pouvant pas être pensées seulement en termes techniques, le dossier propose d’étudier les discours qui circulent dans l’espace public et qui contribuent à la fois à l’appropriation sociale de l’innovation et à la mise en débat de ses conséquences sociales et politiques. Les auteurs étudient ainsi les dynamiques discursives qui alimentent et soutiennent la mise en débat d’une éthique de l’intelligence artificielle. Il s’agit d’analyser comment les entreprises, les médias ou encore les institutions problématisent l’IA en tant qu’objet du discours et, ce faisant, contraignent la définition des enjeux éthiques.


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François Papale (dir.) : Métaphysiques & sciences. Identité, différence et émergences

 Matériologiques - Février 2026


L’objectif de cet ouvrage collectif est d’offrir un regard critique sur la place qu’occupe aujourd’hui la métaphysique au sein de l’entreprise universitaire. Les réflexions proposées sont ancrées dans la pratique contemporaine de la philosophie des sciences. L’ouvrage est tissé autour de deux axes principaux. Premièrement, certains textes d’ordre méthodologique interrogent les modalités de la métaphysique contemporaine ainsi que son rapport à la connaissance. Le second axe consiste à offrir des analyses métaphysiques issues de l’étude des pratiques scientifiques. Ainsi, sur le plan philosophique, les auteur·es abordent des sujets aussi variés qu’importants : l’objectivité, le réalisme et son bien-fondé, le réductionnisme et l’émergentisme, le pluralisme, l’agentivité, les espèces naturelles, etc. Le tout est appréhendé par l’entremise d’un dialogue avec des pratiques scientifiques tout aussi variées : l’économie, la biologie de l’évolution, la physique, la psychologie comportementale, et l’étude des populations humaines sont des exemples de terreaux fertiles pour l’analyse métaphysique. La diversité des sujets couverts et des perspectives offertes par cet ouvrage collectif en fait une introduction idéale pour toute personne s’interrogeant sur ce que peut ou devrait être la métaphysique contemporaine.

François Papale est philosophe des sciences. Ses recherches portent sur les pratiques classificatoires ainsi que sur les dynamiques de justification qui sous-tendent à la fois le progrès et le conservatisme scientifique. Sur le plan de la philosophie de la biologie, il s’intéresse à la théorie de l’évolution par voie de sélection naturelle sous toutes ses coutures.

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mercredi 18 février 2026

Diran Donabedian : La « construction » génocidaire. Essai métapsychologique sur la destructivité humaine et ses conséquences psychiques

 L'Harmattan - Février 2026


La construction génocidaire est un long processus de destructivité humaine dont l’aboutissement final est le génocide. À partir des concepts de la psychanalyse freudienne et des apports de M. Fain sur la psychologie individuelle et collective, la cruauté primaire et la barbarie sont développées en s’appuyant sur des références historiques des génocides du xxe siècle.
Les conséquences psychiques sont caractérisées par l’inscription du traumatisme chez le sujet génocidé et sur la transmission chez les sujets des deuxième, troisième et quatrième générations.
Le travail de deuil du traumatisme s’organise à partir de la reconnaissance du génocide œuvrant vers le travail de mémoire dans la communauté.
À chaque génération, les sujets peuvent présenter des désorganisations psychiques, des dépressions post-traumatiques qui inhibent le développement mental et les capacités d’investissement de la vie libidinale de chacun, voire des désorganisations psychosomatiques.
La communauté des survivants du génocide constitue une force de cohésion qui favorise l’investissement de vie pour autant qu’elle n’empêche pas la liberté psychique de chacun.

Diran Donabedian est médecin psychiatre des hôpitaux et psychanalyste membre de la S.P.P. et membre de l’Institut de Psychosomatique P. Marty de Paris. Fils d’émigrés du génocide arménien de 1915, il travaille comme psychanalyste et contribue à la formation des collègues analystes en France et en Arménie depuis de nombreuses années. Son intérêt pour la connaissance de la destructivité humaine s’organise aussi à partir de son héritage familial en retraçant les inscriptions traumatiques de sa mère et de son père dans un souci de mémoire et de transmission de la vérité historique.

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Élodie Boissard : Une histoire française de la dépression. De la tristesse mélancolique à l'humeur dépressive

 Classiques Garnier - Février 2026


À la fin XIXe siècle, à la Salpêtrière, l'aliéniste Jules Séglas caractérise une mélancolie sans délire avec pour symptôme central la douleur morale liée à un ensemble de passions tristes, de l'ennui au désespoir, que cible le traitement moral. Au milieu du XXe siècle, à Sainte-Anne, le psychiatre Jean Delay explique les états dépressifs-mélancoliques par un dérèglement de l'humeur, disposition affective fondamentale déterminée par le cerveau thymique, qui entraîne la tristesse et peut être soigné par les électrochocs puis les antidépresseurs. Ce qui se joue dans l'émergence de l'humeur dépressive, c'est le tournant biologique ayant mené la psychiatrie des raisons aux causes a-rationnelles des troubles mentaux.

Élodie Boissard est agrégée et chercheuse postdoctorale à la croisée entre philosophie de la psychiatrie et philosophie des états affectifs. Ancienne élève de l'École normale supérieure de Paris, elle a préparé sa thèse de doctorat sur l'humeur dépressive à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CNRS), et l'a soutenue fin 2023.

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Charles Larmore : La réalité du bien

 Hermann - Février 2026


Qu’est-ce qu’une vie bien vécue ? Nul n’est indifférent à cette question. Chacun se fait une idée de la meilleure manière de vivre et se laisse guider par elle. Or cette idée se forme à partir de notions – telles le bon et le mauvais, le bien humain et la connaissance de soi, le point de vue moral et la valeur de la vérité, ou encore l’attitude appropriée face à la mort – qui prêtent souvent à l’erreur et au malentendu. Il importe pourtant, pour vivre le mieux possible, d’en avoir une juste compréhension.
Dans cette somme inédite, rassemblant les principes philo­sophiques d’une éthique élaborée tout au long de son œuvre, Charles Larmore éclaire d’un jour nouveau les concepts fondamentaux à l’aide desquels nous nous orientons dans l’existence. Il ne prétend pas livrer la recette universelle d’une vie épanouie, mais montre plutôt comment tout individu, en tant qu’il est unique, peut concevoir les conditions de son propre épanouissement. Il nous invite ainsi à penser la réalité du bien sans nier sa pluralité.

Charles Larmore est professeur à Brown University (Rhode Island, USA). Il est l’auteur de nombreux ouvrages de philosophie morale et politique.

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