lundi 1 mars 2021

Aurélien Robert : Epicure aux Enfers. Hérésie, athéisme et hédonisme au Moyen Âge

Fayard - Février 2021 - Histoire


Bien avant la Renaissance, des philosophes, des médecins et des théologiens médiévaux ont tenté de réhabiliter la figure d'Épicure et de faire revivre sa pensée. De l’hérétique au modèle de vie pour le chrétien, de la caricature d’un immoraliste athée à la promotion du plaisir, Aurélien Robert suit la longue construction des représentations de l’épicurisme, reçues et transformées au Moyen Âge. Et livre ainsi un portrait inédit de la philosophie médiévale.
Dans la Divine comédie de Dante, un seul philosophe se trouve au sixième cercle de l’Enfer, au milieu des hérétiques : Épicure. Comment un penseur ayant vécu au ive siècle av. J.-C. peut-il être jugé ainsi ? En proposant une archéologie des représentations de l’épicurien dans les trois grandes religions monothéistes, Aurélien Robert retrace la longue élaboration des associations entre épicurisme et hédonisme, athéisme et hérésie, et leur transformation au Moyen Âge.
Mais cette histoire en cache une autre, restée dans l’ombre d’une imposante littérature religieuse. Dès le xiie siècle apparurent des tentatives de réhabilitation du philosophe grec, près de trois siècles avant la redécouverte de Lucrèce par Poggio Bracciolini. Ces témoignages de théologiens, de médecins, de philosophes présentent Épicure comme un grand sage, voire un modèle pour les chrétiens. Dans le même temps, sa pensée du plaisir retrouvait progressivement son prestige. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le Moyen Âge qui inventa la caricature de l’épicurien. Plus encore, c’est à cette époque que l’on tenta de sauver Épicure et sa philosophie des enfers.

Directeur de recherche au CNRS, ancien membre de l’École française de Rome, Aurélien Robert est spécialiste d’histoire de la philosophie du Moyen Âge et de la Renaissance. En 2019, il a reçu la médaille de bronze du CNRS pour l’ensemble de ses travaux.

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Quaderni 2021/1 (n° 102) : Politique(s) des dystopies

Éditions de la Maison des sciences de l'homme - Février 2021


Page 5 à 8 : Olivier Bertrand et Étienne Candel - Maquetter une revue : des formes aux positionnements scientifiques et des positionnements aux formes | Page 9 à 11 : Emmanuel Taïeb et Étienne Candel - Éditorial : Chaque jour, la fin du monde | Page 13 à 24 : Cécile Leconte et Cédric Passard - Avant-propos : Retour vers le futur ? La dystopie aujourd’hui | Page 25 à 38 : Yannick Rumpala - Entre désenchantement et problématisation : le cyberpunk comme panorama d’un devenir dystopique du technocapitalisme ? | Page 39 à 54 : Luc Semal - Les récits de désastre global entre lenteur dystopique, précipitation collapsologique et instantanéité apocalyptique | Page 55 à 70 : Antoine Faure et Macarena Urzúa Opazo - Un futur noir sans futur. Politique de la dystopie et politique du temps dans deux épisodes de Black Mirror | Page 71 à 86 : Héloïse Boudon - Trepalium : quand une série dystopique participe de la dramaturgie des problèmes publics | Page 87 à 104 : Sandra Hamiche - Vers une réception politique des dystopies destinées aux jeunes :le cas des séries de films Hunger Games, Divergente et Le Labyrinthe | Page 105 à 124 : Florence Ihaddadene et Emily Lopez Puyol - Capes rouges et bonnets blancs : une « contagion iconographique » de The Handmaid’s Tale au service d’une internationalisation des mobilisations féministes ? | Page 125 à 132 : Cécile Leconte et Cédric Passard - « J’écris sur tout ce qui nous menace » | Page 133 à 156 : Yann Raison du Cleuziou - L’apologie du catholicisme dans les romans de Michel Houellebecq : entre rétro-fiction conservatrice et progressisme dystopique | Page 157 à 160 : Cynthia Ghorra-Gobin - Paul Bacot, La métropole de Lyon et les élections métropolitaines.

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Olivier Remaud : Penser comme un iceberg

 Actes Sud - Novembre 2020


Comment voir la vie sauvage avec des yeux nouveaux ?

Olivier Remaud nous fait passer derrière les apparences. La neige crisse, la banquise craque, des blocs de glace dérivent dans l’océan. On navigue en kayak, on plonge dans des eaux froides, on entend les voix de peuples autochtones. Des écosystèmes entiers surgissent d’une nature que l’on croyait vide. Les icebergs deviennent des arches biologiques et les glaciers ne sont plus des choses mais des êtres vivants, des partenaires de l’existence quotidienne dont nous dépendons intimement. Pas de doute : ils sont parmi nous, avec nous. C’est pourquoi tout ce qui les affecte aujourd’hui nous affecte également.

Ce livre est un éloge des vies inattendues. C’est aussi une réflexion sur la discrétion comme art de cohabiter avec des entités non humaines.

Olivier Remaud est philosophe et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Solitude volontaire (Albin Michel, 2017) et Errances (Paulsen, 2019).

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Hélène Périvier : L’Economie féministe

Les Presses de Sciences Po - Décembre 2020


La science économique a été pensée par des hommes, pour être au service d'une société dirigée par des hommes. Elle est aussi la science sociale la moins féminisée : les femmes représentent à peine un quart des économistes. "Je suis une économiste féministe" , affirme Hélène Périvier. En levant le voile sur l'apparente neutralité des concepts et des analyses de cette discipline, elle met au jour les ressorts d'une organisation sociale issue du modèle patriarcal, centrée sur Monsieur Gagnepain, tandis que Madame Aufoyer est devenue Madame Gagnemiettes. L'économie féministe, parce qu'elle renouvelle les thèmes et les approches de la discipline, déploie des savoirs et des outils pour atteindre l'égalité des sexes.

Préface de Thomas Piketty

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Jacques Derrida : Thinking Out of Sight. Writings on the Arts of the Visible

 Chicago Press - Mai 2021


Jacques Derrida remains a leading voice of philosophy, his works still resonating today—and for more than three decades, one of the main sites of Derridean deconstruction has been the arts. Collecting nineteen texts spanning from 1979 to 2004, Thinking out of Sight brings to light Derrida’s most inventive ideas about the making of visual artworks.

The book is divided into three sections. The first demonstrates Derrida’s preoccupation with visibility, image, and space. The second contains interviews and collaborations with artists on topics ranging from the politics of color to the components of painting. Finally, the book delves into Derrida’s writings on photography, video, cinema, and theater, ending with a text published just before his death about his complex relationship to his own image. With many texts appearing for the first time in English, Thinking out of Sight helps us better understand the critique of representation and visibility throughout Derrida’s work, and, most importantly, to assess the significance of his insights about art and its commentary.

SOMMAIRE

Part 1: The Traces of the Visible

The Spatial Arts: An Interview by Peter Brunette and David Wills

Thinking Out of Sight

Trace and Archive, Image and Art

Part 2: Rhetoric of the Line: Painting, Drawing

To Illustrate, He Said

The Philosopher’s Design: An Interview by Jérôme Coignard

Drawing by Design

Pregnances

To Save the Phenomena: For Salvatore Puglia

Four Ways to Drawing

Ecstasy, Crisis: An Interview with Valerio Adami and Roger Lesgards

Color to the Letter

The “Undersides” of Painting, Writing, and Drawing: Support, Substance, Subject, Suppost, and Supplice

Part 3: Spectralities of the Image: Photography, Video, Cinema, and Theater

Aletheia

Videor

The Ghost Dance: An Interview by Mark Lewis and Andrew Payne

Cinema and Its Ghosts: An Interview by Antoine de Baecque and Thierry Jousse

The Sacrifice

Marx Is (Quite) Somebody

The Survivor, the Surcease, the Surge


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La Pensée écologique 2020/2 (N° 6) : Plantes

 PUF - Février 2021


Page 1 à 4 : Aurélie Javelle, Dusan Kazic et Jacques Tassin - Introduction : repenser le statut des plantes | Page 5 à 15 : Sylvie Pouteau - Mouvement et monde des êtres ouverts. Vers une écologie de la représentation des plantes | Page 16 à 26 : Aurélie Javelle - L’acceptation de la part « sauvage » des plantes pour développer des systèmes maraîchers « diplomatiques » | Page 27 à 43 : Quentin Herniaux - De quelques constats et difficultés de notre rapport éthique aux plantes | Page 44 à 60 : Mélanie Congretel - Décrire une plante « en train de (se) faire » : le guaraná à l’épreuve d’une approche ontologique | Page 61 à 69 : Dusan Kazic - Et si l’on faisait travailler les plantes dans les champs dans le « monde d’après » ? | Page 70 à 76 : Natasha Myers, Dusan Kazic et Morgane Iserte - À propos du Ravissement de Darwin. Entretien Natasha Myers – Dusan Kazic | Page 77 à 95 : Charlotte Luyckx - L’écologie intégrale : relier les approches, intégrer les enjeux, tisser une vision | Page 96 à 106 : Pierre-Louis Choquet - Vivre dans les temps de la fin : quelles possibilités morales ? | Page 107 à 112 : Johann Chapoutot - La surrection de l’archaïque.
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dimanche 28 février 2021

Paul Audi : Je ne vois que ce que je regarde. Proximité du tableau, 1

 Galilée - Février 2021


"Si elle n’était qu’une affaire d’image, de signes ou de représentation, si elle n’avait pas intrinsèquement partie liée avec la liberté humaine, avec la libération même de cette liberté, sans doute la peinture n’aurait-elle pas pris l’importance qu’elle possède, depuis une certaine date, aux yeux de l’humanité. Cette date est celle de l’invention du tableau, qui donne à l’acte de peindre toute sa modernité. Mais de quelle liberté s’agit-il ? Voici la réponse qui est exposée et discutée ici : la liberté qui se libère devant le tableau est celle du regard – un regard qui n’est pas là pour voir mais pour garder et sauvegarder le miraculeux de la présence. Un regard que le tableau a surtout la tâche de faire naître dans tous les yeux qui s’efforceraient de lui faire face." PA

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Gaston Bachelard : Le matérialisme rationnel

PUF - Février 2021 - Quadrige 


Dernier ouvrage d'épistémologie de Gaston Bachelard, Le Matérialisme rationnel (1953) étudie la chimie, définie comme la science des transformations et des créations matérielles. Il commence par interroger les conditions d'émergence de cette science, en soulignant la rupture qu'elle a dû opérer avec l'alchimie et la cosmologie, où Bachelard décèle le jeu de l'imaginaire et les symboles de l'inconscient. À travers une lecture philosophique passionnée des traités scientifiques, il pose ensuite de manière remarquablement précise la question des relations entre chimie contemporaine et physique nucléaire. Il y voit une rencontre historique entre deux rationalismes régionaux et cherche à préciser les termes de l'unification de ces deux traditions théoriques et expérimentales. Il montre enfin que la nouvelle ontologie de l'énergie qui émerge au croisement de ces deux disciplines déborde de toutes parts les catégories philosophiques traditionnelles. Cet ouvrage est présenté dans une nouvelle édition critique comportant une présentation, des notes explicatives, une table analytique, un index et une bibliographie.

Edition établie par Lucie Fabry

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Salif Coly : Kant : la paix dans et en dehors des limites géographiques des États

 L'Harmattan - Février 2021


Ce livre se penche sur le pacifisme de Kant, dont l'auteur essaie d'exposer les principes fondés sur une anthropologie qui intègre les qualités ainsi que les défauts de la nature humaine. Il se présente aux yeux de l'auteur comme un moyen de poser le débat sur la question de la paix dans et en dehors des limites des Etats, pour d'abord comprendre puis interpréter la nature des relations entre les individus d'un côté et les Etats de l'autre. L'ouvrage propose aussi une appréciation objective des solutions proposées par Kant dans le sens de l'établissement de la paix.

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Hugues Dufour : Le langage intégral. Théorie esthétique des nouvelles technologies

 L'Harmattan - Février 2021


Comment les nouvelles technologies peuvent-elles inspirer les artistes d'aujourd'hui ? Il ne s'agit pas seulement de créer sur de nouveaux supports, mais de comprendre l'essence des technologies numériques, pour s'en inspirer et bousculer les catégories de ce que nous appelons encore art. C'est l'analyse des relations qui existent entre différents langages qui mettra en évidence une nouvelle manière de mêler réel et imaginaire. Jusqu'à présent, nous n'avons considéré que la fusion des langages dans l'opéra, le cinéma ou la chanson. Si elle promet d'élargir le champ expressif, elle montre aussi ses limites. Il nous faut donc imaginer son opposé, la fission des langages : la confrontation expressive des langages artistiques et technologiques devrait être au coeur d'une révolution culturelle encore à venir. Les chemins esthétiques qui y mènent restent à défricher. En étudiant les modalités qui intensifient les langages, une théorie esthétique générale et prospective se dessine.

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samedi 27 février 2021

Carlo Levi : Peur de la liberté

 Editions La Tempête - Février 2021


Sur la plage de La Baule en 1939, alors que les divisions blindées allemandes gèrent les plaines polonaises et se préparent à envahir la France, l'auteur, âgé de 37 ans, tente de fixer son regard sur la crise de la culture européenne et de s'interroger sur les raisons qui ont motivé une civilisation entière à un résultat si catastrophique. Levi soumet à une critique implacable la religion (qui transforme le sacré en sacrifice), l'État (idole sociale, de laquelle la politique occidentale ne peut se libérer), la guerre, le sang, la masse, l'amour et l'art. Carlo Levi est un écrivain, médecin, peintre et journaliste italien, auteur du célèbre roman autobiographique Le Christ s'est arrêté à Eboli.

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vendredi 26 février 2021

Bertrand Dosne : Platonisme mathématique et naturalisme

 L'Harmattan - Février 2021


Le platonisme mathématique est la philosophie spontanée de toute personne pratiquant les mathématiques : les objets mathématiques nous apparaissent doués de propriétés absolues et éternelles, et semblent peupler un monde idéel et abstrait. Mais si ce monde platonicien est indépendant, séparé du monde réel et sensible, comment notre esprit accède-t-il aux concepts et vérités mathématiques ? Un mouvement philosophique, le naturalisme, permet d'approcher cette question en s'appuyant sur les données fournies par les sciences. Peut-on alors espérer naturaliser le platonisme mathématique ? En examinant la proposition de naturalisation de la compréhension mathématique développée par le physicien et mathématicien britannique Roger Penrose, prix Nobel de physique 2020, et à la lumière des résultats obtenus en neurosciences cognitives portant sur l'activité mathématique du cerveau, nous tenterons de cerner les enjeux, les écueils et les possibilités d'une telle démarche.

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Hélène Leblanc : Penser le signe à l'Age classique

 Vrin - Février 2021


Le XVIIe siècle représente un moment charnière dans l'histoire de la théorie du signe. Ainsi la division signe formel/signe instrumental, qui apparaît à cette époque au sein de la scolastique tardive, se révèle-t-elle structurante pour la pensée sémiotique moderne. L'auteur retrace les multiples translationes signorum depuis l'apparition de la division et sa large diffusion par Couto jusqu'à l'effacement du signe formel face au retour en force du signe instrumental - pendant moderne du signe augustinien - chez Bayle, Gassendi et Hobbes, en passant par Poinsot, Descartes, Spinoza, Bacon, Locke et Port-Royal. Il s'avère alors que, loin d'être un simple retour, c'est toute la perspective qui change : au cours du XVIIe siècle, l'accent se déplace en effet d'un modèle linguistico-psychologique à un modèle physico-épistémologique.

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Olivier Massin et Kevin Mulligan : Décrire La psychologie de Franz Brentano

Vrin - Février 2021 - Analyse et philosophie


L’enseignement viennois de Brentano (de 1874 à 1895) a façonné les philosophies exactes du XXe siècle, au travers de ses élèves Husserl, Meinong, Twardowski, Stumpf, Ehrenfels ou Marty. Si la théorie de l’intentionnalité, l’ontologie et la logique de Brentano ont fait l’objet de discussions approfondies, son anatomie d’une grande variété d’actes mentaux – choisir, haïr, juger, percevoir, préférer, remarquer, savoir, sentir, souffrir, toucher, voir – demeure encore trop ignorée. Ce livre est consacré à cette analyse descriptive minutieuse et foisonnante. Outre son intérêt historique, celle-ci permet de renouveler bon nombre de débats contemporains en philosophie des émotions, en épistémologie, en philosophie du langage, ainsi qu’en philosophie de l’esprit.

Olivier Massin est professeur ordinaire de philosophie à l’Université de Neuchâtel.
Kevin Mulligan est professeur ordinaire de philosophie à l’Università della Svizzera italiana et directeur de recherche à l’Istituto di studi filosofici, Lugano.

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Proclus : Commentaire sur le Parménide de Platon. Livre VII

 Les Belles lettres - Février 2021


Ce volume, septième et dernier, du commentaire de Proclus sur le Parménide de Platon contient le commentaire de la fin de la première hypothèse, dans laquelle Parménide démontre que l’hypothèse de l’existence de l’Un implique un certain nombre de négations, dont la dernière est la négation de l’existence de l’Un elle-même. Chef-d’œuvre de la métaphysique et de la théologie de l’Antiquité tardive, le commentaire de Proclus, et en particulier la fin de la première hypothèse, démontre la transcendance absolue de l’Un qui ne peut être le sujet d’aucun discours. Toute connaissance du Premier, qu’elle soit sensible ou intellective, cède la place à une sorte d’union mystique qui se réalise dans le silence.

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jeudi 25 février 2021

Martin Mees : Nerval ou la pensée du poétique. Essai de philosophie à l’œuvre

 Classiques Garnier - Février 2021


Cet essai sur Gérard de Nerval prend comme fil conducteur la question de la poétisation pour interroger tant le sens de la création que le rapport de l’art à la vie dans le romantisme. Entre philosophie et littérature, ce livre met en lumière la pensée poétique qui se tisse au sein de l’écriture nervalienne.

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mardi 23 février 2021

Archives de Philosophie 2021/1 (Tome 84) : Bacon et les formes de l’expérience

 Centre Sèvres - Février 2021


Page 5 à 6 : Éditorial | Page 7 à 15 : Claire Crignon et Sandrine Parageau - Bacon et les formes de l’expérience. Nouvelles lectures | Page 17 à 31 : Guido Giglioni, Élise Trogrlic, Claire Crignon et Sandrine Parageau - Lire, penser, vivre | Page 33 à 49 : Luc Peterschmitt - Bacon et le cercle de l’expérience | Page 51 à 72 : François Pépin - La fabrication de l’or dans la Sylva Sylvarum et le Novum Organum | Page 73 à 91 : Sandrine Parageau - Bacon, Boyle et l’écriture de l’histoire naturelle | Page 93 à 113 : Claire Crignon - Peut-on faire une histoire naturelle de l’air ? | Page 115 à 131 : Matthieu Amat - Le Nietzsche de Georg Simmel | Page 133 à 144 : Emmanuel Salanskis - « Anti-Darwin » | Page 145 à 152 : Claire Crignon et Laurent Gallois - Notes de lecture | Page 155 à 223 : Bulletin cartésien L.

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Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly : L'Adversaire privilégié

 Galilée - Février 2021


La pensée de Heidegger est indissociable de l’histoire de la philosophie. Elle ne saurait se comprendre autrement que comme une « répétition » de la question du sens de l’être demeurée occultée depuis Aristote jusqu’à Nietzsche. Répéter l’histoire de la philosophie ne signifie nullement réitérer la manière dont cette histoire s’est déployée, mais lui donner une orientation déterminée : la rappeler à sa vérité initiale. C’est ainsi que son œuvre est marquée par les alliances et les ruptures entre le destin de la Grèce et l’appel de l’alémanité, entre l’« impensé » de la métaphysique et l’éclosion de la vérité de l’être. Or, c’est dans ce geste que nous voyons proliférer un antijudaïsme et un antisémitisme animés par deux modalités de dénégation distinctes mais intimement liées : la forclusion et l’« auto-annihilation » du judaïsme. En ce sens, l’antijudaïsme et l’antisémitisme s’inscrivent à même l’extension de la pensée de l’être.

Nous voyons en Heidegger un adversaire privilégié : nous engageons une lecture interne des suppositions et des conséquences de sa pensée de l’histoire tout en proposant d’autres pistes de réflexion face à la singularité de l’autre et de l’événement historique. Il ne s’agira plus de comprendre ceux-ci au sein d’une histoire de la vérité de l’être, mais d’orienter la philosophie vers un questionnement hyper-critique. Celui-ci se mesure chaque fois singulièrement à ce qui, au cœur du présent, nous reviendrait et nous adviendrait des événements passés et à-venir dans l’histoire. Notre recherche entend ainsi autoriser une pensée philosophique où chaque événement historique commanderait une singulière justice et une responsabilité sans réserve au nom de ceux qui sont déjà morts et devant ceux qui ne sont pas encore nés, pas encore présents ni vivants, victimes ou non de l’histoire qui vient.

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