samedi 19 septembre 2026

Jean-Yves Chateau : Du mode d’existence des objets techniques de Gilbert Simondon. Commentaire

 Jérôme Millon - Septembre 2026


Ce qu’apprend exemplairement la philosophie de la technique de Simondon, c’est pourquoi il faut commencer par l’étude du mode d’existence des objets techniques, examiner, ensuite, les diverses manières dont les images et les représentations de la réalité technique se développent dès le plus jeune âge et continuent de s’affronter jusque dans les ouvrages spécialisés voire encyclopédiques, et, enfin, former, au moyen de la philosophie, une idée adéquate de la genèse dont provient la technicité et de ses relations, étroites et largement réciproques, avec les autres formes majeures de la culture que sont les divers modes de pensée et de rapport de l’homme au monde (magie, religion, esthétique, science, éthique, philosophie) : « Prise seule, la technicité tend à devenir dominatrice et à donner une réponse à tous les problèmes, comme elle le fait de nos jours à travers le système de la cybernétique » (MEOT, p. 225). « La technicité ne doit jamais être considérée comme réalité isolée, mais comme partie d’un système » (MEOT, p. 234). « L’essence de la technicité » ne peut être isolée de tout ce qui n’est pas technique.

Jean-Yves Chateau est inspecteur général honoraire de philosophie

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vendredi 18 septembre 2026

Sébastien Scarpa : La substance de l'oeuvre. Le poids du réel dans l'expérience de création (XVIIIe-XIXe siècles)

 UGA - Septembre 2026


De quoi une oeuvre, qu'elle soit littéraire ou picturale, est-elle le dépôt ? Que recouvrent le jeu complexe de ses formes, le maillage de ses lignes, l'agencement de ses mots ? De quelles forces aveugles est-elle la matérialisation concrète ? À travers cet essai abordant des oeuvres exemplaires des XVIIIe et XIXe siècles – principalement les formes contraintes que sont le poème et le tableau, ces véritables concentrés de substance signifiante –, l'auteur s'interroge sur l'essence de la création et propose de voir en toute oeuvre un précipité de réel. Mais pour convenu qu'il soit (le réel n'est-il pas omniprésent, et donc incontournable ?), cet axiome pose question. En effet, si le factuel impacte assurément les modalités expressives (constructions logiques, colorations stylistiques…), l'intensité des faits peut affecter jusqu'à l'aveuglement, au refoulement. Dès lors, le réel, symptomatique, inconscient, devient un élément abscons dont la compacité muette pèse sur toute forme de création. À la fois redondant et elliptique, insistant et cryptique, il abrite un paradoxe : celui d'être évident tout autant qu'évidant.

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Philosophia scientiae 30/2 : La science informatique non faite

 Kimé - Septembre 2026


L'objectif de ce cahier thématique est d'offrir un espace de réflexion sur les dimensions épistémologiques et éthiques de la science informatique. L'appel à contributions s'adressait non seulement aux informaticiens et informaticiennes, mais également aux chercheuses et chercheurs d'autres disciplines pour qui l'informatique constitue un objet d'étude, tels que les sociologues, les philosophes et les historiens des sciences. Le concept de « science non-faite » (undone science) a été proposé comme fil conducteur permettant d'examiner la science informatique. La « science non-faite » se réfère à des thématiques laissées sans réponse, ignorées ou non financées pour diverses raisons, malgré leur valeur pour leur domaine. Elle met en évidence la manière dont la production et la diffusion des connaissances sont influencées par des facteurs sociaux, politiques et économiques, entraînant des biais dans le choix des recherches menées et, finalement, une « non-production systématique de connaissances » (Frickel et al., Undone Science: Charting Social Movement and Civil Society Challenges to Research Agenda Setting, 2010). L'hypothèse directrice de ce numéro spécial est que le concept de science non-faite peut contribuer à éclairer les dimensions épistémologiques et éthiques de la recherche en informatique. Ce volume réunit des contributions abordant la structuration de l'informatique en tant que discipline (notamment du point de vue social), les manières dont les artefacts numériques sont conçus et développés ? en relation par exemple avec l'hypothèse de la décroissance numérique et le développement de technologies conviviales ? ainsi que les implications épistémologiques d'une approche interactive à la notion de compréhension des modèles d'apprentissage automatique.

Contributrices et contributeurs : Chantal Enguehard, Guillaume Munch-Maccagnoni et Alberto Naibo Pierre Depaz Felienne Hermans Pierre Saint-Germier, Benjamin Matuszewski et Frédéric Bevilacqua

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Guillaume-Augustin de Vaulx : Qu'est-ce que l'agriculture ?

 Vrin - Septembre 2026


On demande sans cesse à l’agriculteur de produire plus : outre sa propre subsistance, celle de ses protecteurs, puis les denrées à destination des villes, puis les matériaux des industries, et maintenant les énergies vertes en remplacement des combustibles fossiles. Pourtant, à proprement parler, l’agriculteur ne produit pas : il ne fabrique pas les fruits qu’il récolte, même s’il plante et aide à pousser, assistant et orientant la nature dans son développement propre.
Ce que l’agriculture produit, en revanche, est un certain rapport au monde : la coopération avec la nature, œuvre de la paysannerie, fonde notre culture et forme un monde habitable.
Qu’arrive-t-il à la terre quand l’agriculture, censée assister les plantes et soigner le sol, la rend infertile? Et qu’arrive-t-il aux hommes quand on les retire des champs?
Cet essai entend penser l’agriculture dans sa pleine portée.

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Fernand Salzmann, Ghislain Waterlot (dir.) : Expériences et vérité(s). Un regard interdisciplinaire

 EPISTEME - Septembre 2026



L’expérience occupe une place majeure dans les sciences comme dans la vie. La vérité, quant à elle, semble désormais en retrait et, pourtant, l’esprit résiste aux « faits alternatifs ». Cette persistance de la quête de vérité relance les questionnements à son égard : si l’on admet qu’elle n’est pas donnée une fois pour toutes, la vérité est-elle nécessairement plurielle ? Faudrait-il alors renoncer à s’y référer, même comme à un horizon régulateur par définition fuyant ?
Pour mieux aborder ces questions, la notion transdisciplinaire d’expérience s’est imposée comme un prisme idéal, que l’on désigne par elle l’expérimentation scientifique ou une épreuve humaine, qui peut éventuellement être mystique. Cet ouvrage relève le pari d’envisager la vérité dans sa relation avec ces différents types d’expériences qui la diffractent, en mobilisant une pluralité d’approches issues de nombreuses disciplines, des sciences humaines et sociales (philosophie, psychologie, théologie) aux sciences de la nature (physique, astrophysique, mathématiques).
Le résultat est étonnant : en dépit de leurs champs d’application variés, expériences et vérité(s) entrent ici en résonance, inscrivant chaque domaine de spécialisation dans une perspective plus vaste, par le biais d’un regard créatif renouvelé et rafraîchi.

Ghislain Waterlot est professeur de philosophie de la religion et d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université de Genève. Ses travaux portent notamment sur Bergson, Rousseau et Simone Weil.
Fernand Salzmann est chercheur en Ancien Testament à la Faculté de théologie de l’Université de Genève. Il prépare une thèse sur le Cantique des cantiques, après avoir obtenu un doctorat ès lettres.

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Stéphane Finetti : La philosophie d'Eugen Fink. Repères

 Vrin - Septembre 2026


À partir des phénoménologies d’Edmund Husserl et de Martin Heidegger, Eugen Fink (1905-1975) a forgé une phénoménologie originale, encore relativement méconnue. Déclinée d’abord comme « philosophie mé-ontique » du non-étant (Me on), elle évolue après-guerre vers une ontologie cosmologique du jeu. Le présent ouvrage retrace l’itinéraire de pensée de Fink de sa jeunesse à ses dernières années. Outre les étapes principales de sa vie et ses œuvres majeures (de Présentification et image à Le jeu comme symbole du monde), il expose les questions décisives qui les traversent : le temps, la méthode, l’idéalisme, le monde et le jeu. Une introduction utile pour se repérer dans la pensée de Fink.

Stéphane Finetti est docteur en philosophie de l'Université de Toulouse II - Le Mirail et de l'Université de Pise. Professeur de philosophie au lycée en Italie, il collabore avec l'Eugen Fink Zentrum de l'Université de Wuppertal.

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Olivier Boulnois : La domination de la nature

 Vrin - Septembre 2026


Comment expliquer que l’homme occidental ait dominé la nature jusqu’à la dévaster? L’idée vient-elle de la Bible? Mais celle-ci ne fait que promettre à l’homme qu’il pourra vivre paisiblement d’agriculture et d’élevage. De la philosophie? Certes, la pensée grecque fait de l’homme un être redoutable et une fin de la nature, mais il est lui-même dominé par le ciel et les dieux. De la théologie médiévale? Mais lorsqu’elle harmonise la Bible avec la philosophie, elle reconnaît certaines limites : si l’activité humaine imite la nature, elle ne la détruit pas. C’est seulement avec la science et la philosophie modernes que la domination a pris un sens technique. Or sous le règne de l’homme par la technique, une histoire plus fondamentale s’est déroulée : celle des manières de penser l’activité humaine, d’arracher l’homme à la nature, et de réduire celle-ci à un fonds exploitable. C’est cette histoire souterraine qui vient aujourd’hui à échéance. Si l’on veut prendre un nouveau départ, il faut examiner ses principales étapes et interroger sa signification.

Olivier Boulnois est directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études.

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Daphné Morel : Le yogi combattant

 Deux océans - Septembre 2026


Le yoga n'est pas né dans les studios, mais dans la poussière des champs de bataille.
À rebours d'une vision édulcorée du yoga, réduit au bien-être, à la détente ou à la performance corporelle, Daphné Morel mène une enquête historique et philosophique passionnante : et si le yoga était aussi, profondément, un art du combat ?
Combat extérieur, d'abord : dès l'Inde ancienne, le yoga est lié au char de guerre, à la discipline martiale, aux figures d'ascètes armés et aux yogis engagés dans les luttes politiques et militaires. Combat intérieur, surtout : lutte contre l'illusion, les automatismes, la dispersion mentale, les attachements et les forces qui nous empêchent de vivre librement.
En s'appuyant sur les textes fondateurs, notamment Patañjali, mais aussi sur l'histoire méconnue des yogis combattants, l'autrice redonne au yoga sa profondeur, sa tension et sa puissance transformatrice.
Un livre audacieux, documenté et incarné, qui bouscule nos représentations contemporaines et rappelle que la voie spirituelle n'est pas toujours un chemin de confort, mais une discipline exigeante de liberté.

Daphné Morel est professeure de yoga certifiée par l'Institut Français de Yoga, formée dans la lignée de T.K.V. Desikachar, et de T. Krishnamacharya, figures majeures du yoga contemporain. Elle enseigne notamment le hatha yoga et le yoga vinyasa, en entreprise et au sein d'Inclusive Yoga, le studio qu'elle a créé à la Croix-Rousse, à Lyon. Elle y transmet une approche fondée sur la conscience du souffle ainsi qu'un enseignement qui s'ajuste à chaque personne.

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jeudi 17 septembre 2026

Pierre Dockès : Penser l'avenir hier et aujourd'hui. Une histoire entre effrois et espérances

 Classiques Garnier - Septembre 2026


Avec cet ouvrage, on part pour un voyage au long cours dans les représentations de l'avenir, celles des aventuriers de la pensée. Il commence avec les visions des millénaristes qui croient qu'après l'Apocalypse viendrait le royaume de Dieu sur terre. Avec les Lumières, l'Histoire se substitue à la providence. Pendant plus de deux siècles, malgré des vents contraires, la croyance en une marche vers le progrès indéfini s'impose. Aujourd'hui, la foi dans les effets bénéfiques des avancées technologiques s'est retournée en angoisse existentielle, le progrès économique et social s'est enlisé, l'histoire n'a plus de sens. Notre époque se représente le futur entre déclin, effondrement et transhumanisme. Il nous faut réapprendre à espérer.

Pierre Dockès, professeur honoraire à l'université Lumière - Lyon 2, a publié de nombreux ouvrages sur Thomas Hobbes ou Léon Walras, le rôle du pouvoir en économie, le sens de l'histoire : L'Histoire ambigüe (Paris, 1988), l'esclavage : Le Sucre et les larmes (Paris, 2009) ou l'économie des grandes épidémies, et a réalisé une vaste synthèse sur les crises du capitalisme : Le Capitalisme et ses rythmes (Paris, 2019).

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François Ansermet : Au-delà de la pulsion de mort

 Actes Sud - Septembre 2026


Dans ce contexte d’errance civilisationnelle, François Ansermet nous met face aux questions qui nous bousculent tous. Peut-on, dans ce monde en proie aux flammes et à la servitude volontaire, penser l’espoir pour la vie et imaginer un au-delà de cette pulsion de mort ?
Cet essai remet en perspective le rôle que peut jouer la psychanalyse pour penser l’articulation entre l’intime et le collectif, l’intime et le politique.

François Ansermet est psychanalyste, professeur honoraire de pédopsychiatrie aux université de Genève et de Lausanne, membre du Comité consultatif national d’éthique à Paris (2013-2021).

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Alexandre Gefen, Pamela Krause (dir.) : Après Le Monde ? Du Cosmos aux philosophies pluralistes

De Gruyter - Septembre 2026


Que devient l'idée de « monde » lorsque son unité est mise en doute, par les crises contemporaines comme par les ontologies pluralistes ? Entre critique de l'universalisme et exploration de nouvelles formes de pluralité, le volume interroge, de la philosophie à la littérature et à l'esthétique, les conditions auxquelles il reste possible — et peut-être nécessaire — de repenser le monde comme horizon commun de sens.

Avec les contributions de Markus Gabriel, Jens Rometsch, Isabelle Thomas-Fogiel, Jocelyn Benoist, André Charrak, Pauline Nadrigny, Maurizio Ferraris, Frédérique Aït-Touati, Sandra Laugier, Jim Gabaret, Pierre Vinclair, Marie-Laure Ryan et Charif Majdalani.

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Charles Girard, Christopher Hamel (dir.) : Philosophies de la liberté d'expression. De Montaigne à Orwell

 CNRS éditions - Septembre 2026


D'où vient la " liberté d'expression " ? Avant d'être consacrée sous ce nom par la Déclaration universelle des droits de l'homme, en 1948, l'idée d'un droit à communiquer librement a connu une histoire intellectuelle complexe. Elle émerge avec les pensées modernes de la tolérance, prend son essor pendant les Lumières et se trouve inscrite dans les déclarations des droits de l'époque révolutionnaire. Elle est ensuite au cœur des combats entre libéraux, conservateurs et socialistes dans les régimes représentatifs, et s'impose comme un enjeu central pour leur démocratisation.
À chaque époque, cette liberté est disputée : des philosophies rivales s'efforcent d'en cerner le sens et d'en fixer les limites. Elles la relient à la poursuite de la vérité ou à la préservation de la paix civile, à la résistance contre la tyrannie ou au bien-être social, à l'autonomie de la personne ou à la souveraineté du peuple.
Cet ouvrage explore en vingt-cinq chapitres les sources philosophiques de la liberté d'expression du XVIe au XXe siècles.
Il éclaire ainsi les fondements, les limites et les effets de ce droit qui est aujourd'hui au cœur des controverses politiques les plus vives.

Charles Girard est professeur de philosophie politique à Sorbonne Université.
Christopher Hamel est maître de conférences en philosophie à l'Université de Rouen Normandie, membre junior de l'Institut universitaire de France.

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Ali Hossein Khani, Gary Kemp (dir.) : The Routledge Handbook of Wittgenstein and Other Philosophers.Part 1

Routledge - Septembre 2026


Ludwig Wittgenstein left an indelible footprint on contemporary philosophy. His influence has been rich and wide‑ranging. However, the interpretation or understanding of Wittgenstein’s views – both his early views and his late views – is exceedingly fraught and contentious. How was Wittgenstein’s thought received by his contemporaries, such as Frank Ramsey, Bertrand Russell, Gilbert Ryle, and Elizabeth Anscombe? How did it shape the philosophical outlook of later philosophers, such as Michael Dummett, Willard Quine, Hilary Putnam, and Richard Rorty? And how does it continue to influence contemporary philosophers such as Crispin Wright, Simon Blackburn, Penelope Maddy, and Charles Travis?

The Routledge Handbook of Wittgenstein and Other Philosophers: Part 1 examines the impact and influence of Wittgenstein’s thought on some of the most significant philosophers of the twentieth and early twenty‑first centuries. Comprising forty chapters by a
stellar line‑up of contributors, Part 1 considers Wittgenstein’s impact on the forementioned figures as well as many more, with chapters for example on Wilfrid Sellars, Noam Chomsky, Thomas Nagel, Cora Diamond, Saul Kripke, Robert Brandom, and John McDowell.

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mercredi 16 septembre 2026

Eric Monnin, Delphine Martin (dir.) : Penser le bien-être. Entre normes, pratiques & représentations

 Désiris - Septembre 2026


Cet ouvrage, fruit d’une collaboration entre le Centre d’études et de recherches olympiques universitaires (CÉROU) et le Centre de recherches juridiques de Franche-Comté (CRJFC, UR 3225), interroge la notion de bien-être au prisme de la pluridisciplinarité, en écho à une ligne éditoriale tournée vers l’olympisme, idéal transversal et fédérateur. Le fil directeur de cette réflexion collective met en lumière l’intégration progressive du bien-être au cœur des sphères juridiques, économiques, sociologiques, professionnelles et fiscales, révélant comment cette aspiration humaine s’est muée en un puissant instrument de régulation. Si la promotion du bien-être constitue un horizon normatif légitime et séduisant, elle n’en demeure pas moins profondément ambivalente. Derrière un discours porteur d’émancipation, le bien-être révèle ses failles et ses asymétries, se heurtant, selon les situations et les conditions d’existence, à des réalités d’épuisement ou de précarité. Loin d’être un concept figé, il apparaît ainsi comme une notion paradoxale et à géométrie variable, dont le droit et la société s’efforcent encore de tracer les contours. Avec la publication de Penser le bien-être, entre normes, pratiques & représentations, coordonnée par Éric Monnin, directeur du CÉROU, et Delphine Martin, maître de conférences HDR en droit privé, l’Université Marie et Louis Pasteur réaffirme son engagement en faveur du bien-être et des valeurs olympiques.

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Omri Boehm : Universalisme radical. Par-delà l'identité

 Rivages - Septembre 2026


L’ensemble du spectre politique de notre époque, de la droite à la gauche, est le reflet des politiques de l’identité. La droite parle de sang et de sol, de patrie ; la gauche de genre et de race. La parenté entre les deux paraît aussi évidente que leur animosité. L’humanisme et l’universalisme, revendiqués du centre libéral, ne sont plus qu’une coquille vide.
Dans "Universalisme radical", Omri Boehm se confronte aux échecs idéologiques du moment et propose un plaidoyer vigoureux pour remettre l’universalisme humaniste au cœur de la vie politique.

Omri Boehm est professeur associé de philosophie à la New School for Social Research de New York. Pour Universalisme radical, il a reçu en 2024 le Prix Leipzig pour l'entente européenne.

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Paolo Dias Fernandes, Méline Zappa, Katarzyna Jopa (dir.) : Éléments et Matières

 Classiques Garnier - Septembre 2026


La relation entre éléments et matières traverse à la fois les siècles et les disciplines, des pratiques littéraires et cinématographiques, en passant par les arts plastiques. En dialogue avec la pensée de Gaston Bachelard et les approches écocritiques et écopoétiques, ces deux notions aussi fondamentales - au sens premier - que difficiles à circonscrire proposent une grille de lecture des représentations de l'oikos. Parce qu'elle saisit des corpus variés, la réflexion transdisciplinaire permet ainsi d'articuler ces deux notions fécondes à l'aune d'une pensée écologique qui, dans un contexte de crise environnementale, nous invite à repenser notre rapport au monde, entre savoirs scientifiques et sensibilité poétique.

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Jeanne Burgart Goutal : Faire place à l'autre. En immersion auprès de jeunes en exil

 Stock / Philosophie magazine - Septembre 2026


Tout commence par un choc : la montée fulgurante de l’extrême droite, les discours de rejet, un pays qui se ferme. La philosophe Jeanne Burgart Goutal décide de s'engager auprès de mineurs non accompagnés et voit sa vie basculer. Au fil des mois, elle découvre la violence de leurs existences, entre parcours migratoires brutaux, vies de lutte, précarité et rêves brisés, mais aussi les liens de confiance, les rires et la solidarité.
Ce livre raconte une immersion traversée de doutes. Comment donner voix sans parler à la place ? Que signifie accueillir dignement quand le poids de l’histoire coloniale pèse encore autant ? Entre récit incarné et réflexion philosophique, l'autrice propose de faire place à l’autre comme antidote aux hantises de « grand remplacement ». Un texte frontal, où l’hospitalité cesse d’être une abstraction pour devenir une rencontre qui oblige et transforme.

Normalienne et agrégée, Jeanne Burgart Goutal est professeure de philosophie à Marseille. Elle est notamment l’autrice de Être écoféministe (L’Échappée, 2020), et co-autrice avec Aurore Chapon de ReSisters (Tana, 2021) et Yoga Shalala (Tana, 2024). Elle enseigne aussi les philosophies indiennes dans les écoles de yoga.

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mardi 15 septembre 2026

Jean-Pierre Barou : Le courage de la non-violence

 Rue de l'échiquier - Septembre 2026


Face à l’opinion courante qui réduit la non-violence à un pacifisme douteux, voire à de la lâcheté, Gandhi revendiquait la « non-violence des forts ».
Dans cet essai, Jean-Pierre Barou retrace comment le penseur indien, dans l’Inde coloniale, réinvente la non-violence dans un but précis : mobiliser les consciences. En se confrontant aux mille et une violences de notre civilisation, Gandhi façonne un arsenal moderne, sans jamais recourir aux armes. Il ouvre la non-violence à l’universalité, en puisant dans les écrits de Tolstoï et de Thoreau, et fait de la « désobéissance civile » et de la « noncoopération » autant de formes de révoltes dont il teste et prouve l’efficacité au cours de sa vie. Une discipline de l’esprit radicale, impitoyable, qu’il a cultivée jusqu’à renverser un empire.
Replonger dans la pensée de Gandhi aujourd’hui, c’est redécouvrir toute sa modernité et sa radicalité comme refus du découragement, de la lâcheté et de la passivité, comme appel à s’indigner et à résister.

Nouvelle édition entièrement revue et corrigée par l’auteur

Jean-Pierre Barou est écrivain et éditeur. Membre du comité éditorial du Seuil, il a publié le physicien russe Andreï Sakharov, prix Nobel de la paix, et le philosophe Vladimir Jankélévitch. En 1996, il cofonde, avec Sylvie Crossman, les éditions Indigène. Il est notamment l’auteur de La guerre d’Espagne ne fait que commencer (Seuil, 2015), Tibet, une autre modernité (avec Sylvie Crossman, Points, 2012) et Sartre, le temps des révoltes (Stock, 2006).

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