mercredi 6 mai 2026

Emmanuel Falque : Chemins de traverse. Entretiens avec Antoine Bellier

Desclée De Brouwer - Mai 2026


« Cancre glorieux », comme le fut Bernanos, Emmanuel Falque est devenu philosophe à la suite d'une rencontre qu'il qualifie de « spirituelle ». Penseur des frontières, il ne cesse d'aller et venir entre philosophie et théologie, convaincu que ces deux champs peuvent s'enrichir mutuellement, sans pour autant se confondre.
Cette pensée en mouvement se déploie ici sur le ton d'une conversation franche et amicale avec Antoine Bellier. Celle-ci prend parfois les armes d'un « combat amoureux », la quête jamais achevée d'un homme pour qui philosopher est une vocation en même temps qu'une responsabilité.
Les commencements, la conversion, les maîtres, l'enracinement spirituel, les grandes décisions et la transmission marquent les étapes qui jalonnent ces entretiens. D'abord vivre, et ensuite philosopher. Tel est le leitmotiv. C'est dans les ressorts de soi-même que l'on découvre la finitude, le chaos, la chair, l'animalité, le corps épandu, le hors phénomène - et Dieu même.
Une étonnante traversée.

Emmanuel Falque est professeur de philosophie, ancien doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, spécialiste de la philosophie médiévale et de la phénoménologie. Il est l'auteur de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues dont "Triduum philosophique" ("Passeur de Gethsémani", "Métamorphose de la finitude", "Noces de l'agneau"), Cerf, 2015 ; "Hors phénomène. Essai aux confins de la phénoménalité", Hermann, 2021 ou encore "La chair de Dieu", Cerf, 2023.

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Nouveaux Cahiers Spinoza 2026, n 1 : Spinoza, perspectives nouvelles

 Classiques Garnier - Mai 2026


Sous la direction de Céline Hervet et Pascal Sévérac

Les Nouveaux Cahiers Spinoza sont une revue internationale annuelle consacrée à l’étude de la philosophie de Spinoza, créée en 2026 et éditée par les Éditions Classiques Garnier. Ils publient après expertise des dossiers thématiques et des articles sur la philosophie de Spinoza, son contexte et sa postérité.


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John Toland : Hypatie. Femme philosophe, victime du fanatisme religieux

 Hypatia Logoï - Mars 2026


Hypatie est aujourd’hui largement connue en raison de son assassinat par des religieux fanatiques. Mathématicienne, astronome et continuatrice de la philosophie néoplatonicienne, elle tint école dans le somptueux cadre d’Alexandrie, centre culturel majeur de la fin de l’Antiquité. Figure singulière dans l’histoire de la philosophie, car tolérante et ouverte à toutes confessions au moment de la christianisation à marche forcée de l’empire romain, car intellectuelle à une époque où les femmes n’ont guère voix au chapitre, elle reprend ici vie grâce au récit captivant de John Toland, philosophe et libre-penseur irlandais du début du siècle des Lumières. Cette œuvre, indisponible en français, méritait d’être rééditée, en mémoire à la philosophe et à son biographe.

Préface et traduction de Jérôme Correia

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Julie Talbot, Alexandre Klein : Le monde en Anthropocène

 PU de Montréal - Août 2026


L’Anthropocène désigne l’époque où l’être humain s’est imposé comme une force géologique à part entière, apte à remodeler durablement les dynamiques profondes de la Terre. Bien que la Commission internationale de stratigraphie ait refusé, en 2024, d’entériner officiellement le concept, dont les premières intuitions apparaissent au XIXe siècle, il s’est largement diffusé dans les sciences humaines et sociales. Ce concept prend appui sur un faisceau d’observations difficiles à ignorer – changements climatiques, extinction massive des espèces et pollution généralisée. Autant de signaux qui nous conduisent à repenser les récits collectifs liant nature et culture. Face aux limites de la notion d’Anthropocène, certains chercheurs proposent des cadres autres, tels le Capitalocène ou le Plantationocène, afin de mieux rendre compte des enjeux économiques, sociaux ou historiques inhérents à cette nouvelle époque. Malgré ces propositions concurrentes, l’Anthropocène demeure un outil critique puissant pour imaginer de nouvelles manières d’habiter le monde.

Alexandre Klein est professeur de philosophie au cégep André-Laurendeau.
Julie Talbot est professeure titulaire et directrice du Département de géographie de l’Université de Montréal.

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mardi 5 mai 2026

Patrice Guillamaud : Montaigne. Des cannibales

 Kimé - Mai 2026


« Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant, qu'à le manger mort, à déchirer par tourments et par gêne, un corps encore plein de sentiment... » Inspiré par l'Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, de Jean de Léry, la célèbre défense du cannibalisme par Montaigne concerne le peuple des Tupinamba du Brésil. Montaigne critique la notion de barbarie en tant qu'elle est toujours l'expression d'un point de vue ethnocentriste. Relève de la barbarie tout ce qui n'est pas de la culture à laquelle on appartient. Le barbare est toujours l'autre. C'est ainsi que manger le corps des ennemis, c'est manger à travers eux toute la lignée de leurs aïeux, c'est manger leur âme et tout ce qui fait leur être, leur passé et leur vie par-delà leur corps lui-même. Manger l'ennemi, c'est traverser son corps pour atteindre son esprit, et cela pour s'en repaître. Patrice Guillamaud tente de montrer, en se fondant sur l'eucharistie chrétienne, laquelle célèbre le fait même de manger Dieu à savoir le Christ incarné sous la forme du pain, que l'anthropophagie a une portée spirituelle. La défense du cannibalisme par l'humanisme de la Renaissance serait une anticipation de la déconstruction post-moderne et du wokisme comme déstabilisation des autorités culturelles et des acquis moraux de la civilisation occidentale.

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Jean Félix Nourrisson : Philosophies de la nature. Bacon, Boyle, Toland, Buffon

Walden Withman - Mai 2026


De Bacon à Buffon, un panorama des grandes pensées qui ont façonné notre vision moderne de la nature.
Dans Philosophies de la nature, Jean Félix Nourrisson analyse les conceptions de la nature chez Bacon, Boyle, Toland et Buffon. Il met en perspective leurs idées sur la science, la matière et la vie, révélant comment ces penseurs ont préparé le terrain de la philosophie et de la science modernes.

Jean-Félix Nourrisson (1825-1899), philosophe français, fut professeur de philosophie, inspecteur général et titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie moderne au Collège de France. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, il laissa une œuvre marquante sur la pensée moderne.

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Stéphane Lemaire, Samuel Lepine (dir.) : La variété des émotions. Introduction à la philosophie des affects

 Eliott - Mai 2025


Qu’ont en commun nos différentes émotions, et qu’est-ce qui les distingue ? Pour répondre à cette question, Stéphane Lemaire et Samuel Lepine ont demandé à quatorze philosophes des émotions de présenter une émotion particulière ou une famille d’émotions dont ils sont spécialistes. Chaque chapitre cherche ainsi à caractériser, identifier et comprendre une émotion, ou une famille d’émotions, tout en s’appuyant sur la psychologie cognitive, la psychologie sociale, ou encore des hypothèses liées à la théorie de l’évolution. Si la philosophie des émotions a connu d’abondantes publications au cours des dernières décennies, celles-ci ont bien souvent adoptée une perspective généraliste, en présupposant que ce qui est vrai d’une émotion l’est des autres. Cet ouvrage, inversement, se focalise sur la particularité de chaque émotion et fait le pari qu’en procédant ainsi, il sera aussi en mesure d’enrichir considérablement notre connaissance des phénomènes affectifs et les théories philosophiques à leur sujet. Ce faisant, cet essai offre un tableau complet de la philosophie des émotions, et plus généralement des états affectifs.

Stéphane Lemaire, maître de conférences HDR à l’Université de Rennes, est spécialiste de philosophie des émotions, de philosophie morale et de métaéthique.
Samuel Lepine, maître de conférences à l’Université Clermont-Auvergne, est spécialiste de philosophie des émotions et de philosophie morale.

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Claire Pagès : Jean-François Lyotard

 PUF - Mai 2026 - Que sais-je ?


Dans sa jeunesse, Jean-François Lyotard (1924-1998) entretint trois vocations : « Je me sentais hésitant : dominicain, peintre, ou historien ? […] Le moine annonçait la loi, le peintre la forme (et la couleur), l’historien l’événement. » Il devint finalement philosophe, identifié comme celui qui popularisa la notion de postmodernité, auteur d’une œuvre poststructuraliste difficile, qui désarçonne par l’exigence de son idiome et par l’importance des remaniements qui en ponctuent le cours.
Pour s’orienter dans son œuvre, Claire Pagès prend pour boussole les trois motifs qui, selon Lyotard, avaient croisé son cheminement philosophique : la loi, la forme avec la couleur et l’événement. Et de s’interroger : comment a-t-il pensé le politique ? Que dit-il de la pratique artistique et de sa contestation du monopole théorique ? Que signifie et que présuppose la volonté lyotardienne de penser le différend et la phrase affect ?

Professeure de philosophie sociale et politique à l'université Paris-Nanterre (Sophiapol), Claire Pagès est membre de l'Institut de psychodynamique du travail.

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Bernard Bosredon, Georges Kleiber, Irène Tamba (dir.) : Dénomination, sens et référence à l’épreuve du nom propre

 ISTE Editions - Avril 2026

En prenant pour fil directeur la question du nom propre, cet ouvrage collectif "Dénomination, sens et référence à l’épreuve du nom propre", met à l’épreuve les relations entre dénomination, signification et référence. "Dénomination, sens et référence à l’épreuve du nom propre" montre, en effet, comment la notion de référence individuelle permet d’établir un lien entre dénomination et signification, de l’Antiquité grecque à la période contemporaine.
Cet ouvrage rassemble des chapitres écrits par différents spécialistes des sciences humaines qui ont pris le nom propre à la fois comme thème et comme outil d’analyse. Faute de pouvoir disposer aujourd’hui d’un accord sur une définition unitaire du nom propre, chaque auteur a délimité son domaine d’investigation en fonction des critères et des objectifs de sa discipline
En explorant différents domaines d’usage, l’ouvrage révèle également que des disciplines plus récentes, telles que les neurosciences ou le traitement automatique des langues, se sont emparées de la question du nom propre pour en proposer des approches originales.

Sommaire

Partie 1. Genèse du nom propre : la dénomination
Partie 2. Logique et philosophie du nom propre : la référence
Partie 3. Usages des noms propres : le sens
Partie 4. Dénomination, sens et référence : nouvelles perspectives sur le nom propre
Sous la Direction scientifique:
- Bernard Bosredon est professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle. Ses travaux portent sur la sémiotique de la dénomination.
- Georges Kleiber est professeur émérite à l’Université de Strasbourg et occupe la chaire Sciences du langage à l’Institut d’études avancées (USIAS).
- Irène Tamba est directrice d’études émérite à l’EHESS. Elle est spécialiste de linguistique contrastive et de sémantique en français et en japonais.

Contributeurs

Laurent BARRY, Bernard BOSREDON, Julie BRUMBERG-CHAUMONT, Georgeta CISLARU, Béatrice GODART WENDLING, Karin HEIDLMAYR, Frédéric ISEL, Frédéric LAMBERT, Michelle LECOLLE, Pierre-Emmanuel MOOG, Damien NOUVEL, Martine PÉCHARMAN, François RIVENC, Irène TAMBA, Denis VERNANT.

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lundi 4 mai 2026

Marc Eynard : Poésie et ontologie dans l'oeuvre de Jules Laforge. A l'épreuve des tulipes jaunes

 Honoré Champion - Avril 2026


Jules Laforgue (1860-1887) fait dire à Hamlet : « Et puis des mots, des mots, des mots ! Ce sera là ma devise tant qu’on ne m’aura pas démontré que nos langues riment bien à une réalité transcendante. » Ce livre se propose d’éprouver la lecture d’Yves Bonnefoy dans « Hamlet et la couleur » en étudiant comment après la crise spirituelle du Sanglot de la Terre qui acte la perte définitive de Dieu, la poésie de Laforgue repose la question de la transcendance à travers l’émergence du référent. En adoptant la philosophie de Hartmann, considère-t-elle la vie comme une suite de phénomènes vains et l’Inconscient comme l’unique réalité, ou fait-elle aussi l’expérience décisive de l’être comme le regard d’Hamlet saisissant les tulipes jaunes ? La poésie, à l’image d’Hamlet, est alors soumise à une alternative et à une décision qui dépassent le langage et engagent l’existence : assigne-t-elle à la vie quotidienne l’être ou le non être ? En proposant une approche ontologique de l’œuvre de Laforgue, ce livre invite à reconsidérer la Décadence comme le lieu critique de la poésie moderne : alors que la crise du langage est portée à son comble, une nouvelle configuration du triangle des linguistes se dessine où le référent émerge progressivement et polarise le signifiant et le signifié.

Agrégé de lettres modernes et docteur en littérature française, Marc Eynard enseigne actuellement au lycée Théodore de Banville à Moulins et fait partie du CELIS à Clermont-Ferrand.

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Louis-André Richard : Puisque nous sommes mortels... Une enquête sur notre rapport à la mort, avec Platon, Aristote, Augustin, Tocqueville

 Hermann - Mai 2026


Ce livre propose une enquête philosophique explorant le rapport à la mort dans nos sociétés. C’est une invitation à penser les liens humains à l’horizon du bout de l’existence.
Entre la publication de l’ouvrage initial et cette nouvelle édition, la Loi concernant les soins de fin de vie a connu un essor fulgurant. Au Québec, plus de 7 % des décès sont consécutifs à l’obtention de l’aide médicale à mourir.
Dans un tel contexte, comment discerner les raisons anciennes et nouvelles convenant au bien de l’ensemble ?
Nous sommes mortels, nous le savons, et le fil de nos vies provoque des occasions de nous le rappeler. Dans la solitude de mourir s’inscrit l’appel à la compassion. Ainsi, pour les Grecs de l’Antiquité, l’image de la cigogne symbolisait la prise en charge des vieux par les jeunes. Cela se voulait un gage de l’amitié politique.
À notre époque, l’émergence de la culture palliative joue un rôle similaire. Elle est intimement liée aux changements qui ont affecté l’évolution récente de la vie démocratique. À l’observer, on peut déchiffrer certains codes de notre vivre-ensemble, ses aspirations, mais aussi ses ambiguïtés.
Comment se déploie la dynamique de la raison et de la liberté à l’heure de notre mort ? Tel est l’enjeu pour les roseaux pensants que nous sommes. Si notre frêle espèce appelle à la sollicitude de la cigogne, elle ne saurait négliger de convoquer aussi la sagesse de Minerve.

Louis-André Richard est professeur et docteur en philosophie (Ph. D.). Ses travaux se concentrent particulièrement sur la philosophie éthique et politique. Le professeur Richard est président du comité d’éthique de l’Association québécoise de soins palliatifs (AQSP) et il collabore régulièrement avec la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP).

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Létitia Mouze : Le philosophe qui aimait les histoires. L’anthropologie platonicienne du fait poétique

 Les Belles lettres - Mai 2026


Des dialogues de Platon, on retient d’abord et avant tout leurs nombreux mythes. Leur sens ne va cependant pas de soi : comment en comprendre l’usage dans le cadre d’oeuvres philosophiques, et plus encore de la part d’un penseur auquel on a fait la réputation d’être « l’ennemi des poètes » ? Comment les lire ?
Il s’agit dans cet ouvrage de montrer que les mythes (en grec : mûthoi), c’est-à-dire les histoires, sont au coeur du projet philosophique platonicien. Ils le sont d’abord en tant qu’objet d’analyse : on trouve dans les Dialogues les éléments d’une théorie littéraire qui rejoint les réflexions contemporainessur la fonction anthropologique fondamentale de la fiction. En mettant en lumière la manière dont elles influent sur les âmes, Platon montre que les histoires transmettent des valeurs et sont le socle de toute éducation et de toute cité. Il s’ensuit qu’elles ont un rôle philosophique à jouer, lorsque leur contenu, tout en étant fictionnel, est vrai, c’est-à-dire cohérent avec ce qui est réellement : parce qu’elles touchent l’âme au plus profond en lui procurant du plaisir, elles sont tout particulièrement aptes à susciter cet état d’âme et cette attitude en quoi consiste ce que Platon appelle philosophia.
La réflexion platonicienne sur les histoires et sur leur rapport étroit à la philosophie, ainsi mise en lumière, permet de proposer une nouvelle méthode, non allégorique, de lecture des mythes platoniciens.

Létitia Mouze, Maîtresse de Conférences à l’Université Toulouse Jean Jaurès, a publié Le législateur et le poète. Une interprétation des Lois de Platon, puis Chasse à l’homme et faux-semblants dans le Sophiste de Platon, ainsi que des traductions du Phèdre du Sophiste.

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José Ortega y Gasset : Tableaux des petites et grandes choses de l'existence

 Séguier - Mai 2026


Un recueil de textes inédits en français de José Ortega y Gasset, où le grand penseur espagnol aborde avec verve et humour tous les sujets, des plus grands mystères de l'existence aux plus humbles réalités du quotidien.
Il y a deux approches possibles des œuvres de José Ortega y Gasset. Désire-t-on lire un philosophe de la vie, un critique de la civilisation, un observateur de la modernité, un connaisseur des beaux-arts et de la littérature ? Nombre de ses essais, érudits, aussi plaisants que profonds, comblent l'esprit. Ou veut-on partager le regard d'un spectateur sensible, aimant à se promener en voiture sur les routes d'Espagne et de France, à s'attarder dans les musées pour contempler rêveusement des toiles orgiaques, à se passionner pour les découvertes archéologiques, à s'aventurer dans une grotte préhistorique, à se donner le vertige face aux paysages de haute montagne, à voyager autour de sa chambre, à s'asseoir dans un fauteuil pour élaborer une culture de l'amour tout en songeant aux visages émerveillés des femmes ? L'amateur de flâneries littéraires, lui aussi, est assuré de trouver son plaisir dans les textes réunis au sein de ce volume. Ortega disait que " la clarté est la courtoisie du penseur " – " et le style, son élégance ", ajouterait volontiers son lecteur.

Philosophe, essayiste et journaliste, penseur cosmopolite, José Ortega y Gasset (1883-1955) est l'un des plus grands écrivains espagnols, aux côtés de Cervantes et d'Unamuno.

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dimanche 3 mai 2026

Michael Walzer : Guerres justes et injustes. Argumentation morale avec exemples historiques (rééd.)

 Folio essais - Mai 2026


Dans l'enfer de la guerre, tout n'est pas égal. Blocus, bombardements de civils, représailles, dommages collatéraux traversent tous les conflits. Mais la guerre juste existe, qui peut à chaque instant basculer dans l'injustice. Déterminer l'inacceptable comme l'inévitable est un jugement auquel nul ne peut se dérober. En quête d'un équilibre, Walzer n'ignore ni les droits de l'homme ni la nécessité. Le philosophe qui milita contre la guerre au Vietnam montre qu'une guerre, quand même elle servirait les intérêts d'une grande puissance, peut être aussi une guerre juste. Il revendique un empirisme moral, et développe une argumentation à partir d'exemples historiques. Rien de moins abstrait que cette réflexion. Notre monde n'a pas su écarter l'enfer de la guerre, mais il progresse chaque jour dans son exigence d'un droit international pour juger des guerres et des crimes qui y sont commis.

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Marc Crépon : Régressions

 Verdier - Avril 2026


Quelles sont les multiples formes de régression qui guettent aujourd'hui les sociétés démocratiques ? Violation des règles du droit international, menaces sur l'indépendance des médias, contestation des décisions de justice, réhabilitation de la peine de mort et de la torture, restriction des libertés académiques, durcissement des lois sur l'immigration, attaques des conquêtes du droit des femmes... Les forces du jour, généralement conservatrices, peinent à prendre la mesure du danger, les forces de la critique en appellent à la vigilance et à la lutte contre ce qui menace la démocratie, quand les forces de la nuit, elles, ne cessent, avec une agressivité et des moyens accrus, de promouvoir et mettre en oeuvre ces régressions. Le philosophe Marc Crépon tente ici de décrypter les offensives régressives qui visent à relégitimer les formes de violence contre lesquelles on pensait, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, être protégés par des lois et des institutions considérées comme des avancées de la " civilisation ".

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Christian Delahaye : Vivement l’Apocalypse

 Golias - Avril 2026


Guerre nucléaire, changement climatique, pandémies, effondrements financiers, explosions sociales…Face à l’accumulation de risques majeurs, la notion d’apocalypse angoisse les hommes d’aujourd’hui plus que jamais. Plus qu’à Sumer, à Babylone, à Thèbes ou à Ougarit, car les temps des catastrophes, déluges, éclairs, tonnerre, nuées, séismes, guerres, terrorisaient les peuples dans un cercle sans fin de destruction et de renaissance. Après les désastres et l’effroi, dans la réalité comme dans les mythes, les hommes se relevaient toujours. Or, au XXIe siècle, pour la première fois dans son histoire, l’espèce humaine est confrontée à la perspective de sa propre extinction, sans issue de secours.
Et si, comme l’étymologie d’apocalupsis le suggère, l’apocalypse dévoilait non pas la fin des temps, mais un mystère caché ? Et si, traversant les limites du temps entre passé, présent et avenir, franchissant la frontière étanche entre la terre et le ciel, l’apocalypse pouvait subvertir l’angoisse existentielle, si elle passait un message d’espérance – une espérance non pas en un au-delà post-mortem, mais ancrée dès ce monde-ci, dans cette vie présente ? En somme, et si l’apocalypse ne plongeait plus les hommes dans l’effroi religieux, mais si elle faisait jaillir la vie dans l’instant, libérant les cœurs de l’emprise des systèmes religieux archaïques ? Si l’apocalypse conduisait au christianisme areligieux ?
C’est ce chemin « apocalyptique » que propose d’explorer notre ouvrage, depuis les civilisations antiques, puis à partir des Pères de l’Eglise aux premiers siècles de l’ère commune et à travers la Renaissance, les Lumières, jusqu’à la modernité et la sécularisation, en un chemin d’émancipation du sacré et des cultes mythiques et cléricaux : l’apocalypse annonce l’évangile avec un langage libérateur et révolutionnaire comme celui de Jésus.

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samedi 2 mai 2026

Denis Saint-Amand : Contrer le rire fasciste. Trolling et résistance

Rue de l'échiquier - Mai 2026


On entend fréquemment que le rire, en tant que symbole de la liberté d’expression, est menacé. C’est surtout sa portée émancipatrice qui semble s’émousser, tant il apparaît aujourd’hui fréquemment mobilisé comme instrument de domination. Entre saluts nazis goguenards, mèmes cyniques et vidéos absurdes générées par intelligence artificielle, l’administration Trump et ses suiveurs récupèrent un rire trollesque typique d’une culture lulz développée en ligne. Ces provocations revendiquent une façon d’exercer le pouvoir brutalement, en riant au nez du monde et en jouissant d’une parfaite impunité. Face à ce rire fasciste, quelles sont les oppositions possibles ?
Spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, Denis Saint-Amand étudie les mécanismes rhétoriques et les logiques de ce rire fasciste, mais aussi les moyens de le contrer.

Chercheur qualifié du Fonds de la recherche scientifique (FNRS) à l’université de Namur, où il anime l’Observatoire des Littératures Sauvages (OLSa), Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la satire et de la parodie. Il est notamment l’auteur de La Littérature à l’ombre. Sociologie du Zutisme (Classiques Garnier, 2012), Le Style potache (La Baconnière, 2019) ou Railler aux éclats. La veine satirique de la littérature française contemporaine (dir., avec David Vrydaghs, Presses universitaires de Rennes, 2021).

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Pierre Gillouard : Simone Weil. La pensée à l'épreuve du mal

 PUF - Mai 2026


Peut-on penser le sens ou la finalité du mal auquel les êtres humains sont confrontés ? Ou, en termes théologiques, peut-on démontrer qu’il n’y a pas de contradiction entre l’existence d’un Dieu bon, créateur et tout-puissant et l’existence du mal ? Pierre Gillouard éclaire le traitement original par Simone Weil de la question de la théodicée à l’orée et au cœur de la Seconde Guerre mondiale. D’abord athée, la philosophe fait le constat de l’absence de finalité du mal, à partir d’une réflexion sur l’impossibilité de la disparition de l’oppression en société. En franchissant ensuite un seuil mystique, si elle cherche à « penser ensemble dans la vérité le malheur des hommes, la perfection de Dieu, et le lien entre les deux », c’est paradoxalement en actant la fausseté et l’immoralité de toute tentative de justification du mal. La réponse qu’elle propose alors est indissociable d’une transformation de soi pour accéder à la vérité, le sens même, pour elle, de la philosophie. Simone Weil aura ainsi pensé le problème du mal à partir de l’expérience de celles et ceux qui souffrent, et non pas au détriment d’eux, sans jamais renoncer à la lutte éthique et politique contre l’oppression tout au long de son itinéraire de vie et de pensée.

Pierre Gillouard est docteur en philosophie et en théologie. Il enseigne à l'université de Genève. Ses recherches portent sur Simone Weil, la philosophie de la religion et la philosophie morale.

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