mardi 24 février 2026

Mariana De Campos Bardelli : Le moi, le monde et l'habitus. Une perspective à partir de la phénoménologie génétique de Husserl

 L'Harmattan - février 2026


Ce travail porte sur la question de l’habitus dans la phénoménologie husserlienne. Le lecteur y découvrira les descriptions phénoménologiques du système d’habitus par lequel, selon Husserl, la conscience constitue le monde. Afin de lui permettre de comprendre comment cette notion prend de l’importance dans la pensée du philosophe allemand, l’ouvrage reviendra sur la généalogie du sujet. Il sera ainsi possible de mieux cerner les enjeux de l’habitus dans la formation du sujet et dans son rapport au monde.
Ce livre entend contribuer aux recherches sur la pensée d’Edmund Husserl à travers une analyse approfondie de la notion d’habitus. Bien que ce thème ait déjà été abordé par d’autres commentateurs, le lecteur y trouvera des thèses originales, susceptibles d’offrir une compréhension plus aboutie de ce concept, qui, malgré l’intérêt qu’il suscite, demeure encore largement énigmatique.

Mariana de Campos Bardelli est chercheuse à l’Université Catholique de São Paulo. Docteure en philosophie, ses travaux portent notamment sur la phénoménologie et le bouddhisme.

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Lahouari Addi : Retour sur Kant. Aux origines de la modernité intellectuelle

 Armand Colin - Février 2026 - La Cité des Lettres


Cet ouvrage propose une analyse repositionnant Kant au coeur des débats contemporains sur la rationalité, la liberté et la dignité humaine. En déconstruisant les mécanismes de la morale, du mysticisme et de la religion, l’auteur montre comment Kant récuse les dogmes traditionnels pour proposer une vision où la moralité transcende les appartenances culturelles et religieuses.
La perspective de l’ouvrage concourt à réactualiser la pensée de Kant, en convoquant des penseurs comme Marx, Durkheim, Weber, Rawls et Bourdieu, et en démontrant sa pertinence pour comprendre les enjeux contemporains de la justice, de l’économie, de l’émancipation et de la reconnaissance mutuelle. L’auteur développe une approche faisant de la pensée de Kant non un système philosophique figé, mais une réflexion vivante, capable d’éclairer nos débats éthiques et politiques actuels. Elle offre une perspective novatrice qui invite à repenser les rapports entre individu, société et transcendance, tout en maintenant un horizon d’espoir et de progrès moral.

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Revue de Théologie et de Philosophie, t. 157-4 -2025-IV (Christophe Chalamet éd.)

 Droz - Février 2026


ARTICLES – R. IMBACH, « Athéisme médiéval ? Quelques remarques à propos de la proposition non est Deus » ; H.-C. ASKANI, « Pascal et la prédestination »; AURÉLIEN CHUKURIAN, « Pascal et Descartes. Quelles configurations possibles ? » ; E. BURSTEIN, « Métaphysique de la finitude comme critique de l’immortalité de l’âme chez le jeune Ludwig Feuerbach » ; G. CODOGNATO, « Charles Renouvier pionnier du personnalisme. Les dilemmes de la métaphysique pure » – ENGLISH SUMMARIES.

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lundi 23 février 2026

Axel Honneth ; L’aliénation. Essai de clarification d’un concept

Société Française de Philosophie - Février 2026 - Bulletin de la Société Française de Philosophie


Il est bien connu que le concept d’aliénation est si problématique et chargé de présuppositions que la première question qui se pose est de savoir s’il convient pour désigner quoi que ce soit. Quelles circonstances de la vie sociale apparaissent d’une nature telle qu’aucun autre terme sinon celui d’« aliénation » ne serait propre à les décrire de manière adéquate ou plausible?
Dans cette conférence, seront examinées les ressources et implications du langage ordinaire, afin de déterminer quand et dans quelles conditions nous pouvons utiliser le terme « aliénation » de manière pleinement significative. Les résultats de cette enquête peuvent être résumés comme suit : l’« aliénation » est un devenir-autre-que-soi-même, qui se produit pour une personne ou un groupe de personnes du point de vue d’observateurs participants, lesquels se rendent compte que les premiers sont empêchés soit par des événements historiques dans leur vie, soit par des contraintes institutionnelles, de réaliser une pratique qui est pour eux constituante, de telle manière que son objectif appelle l’accord sous la condition d’une compréhension bien rodée.

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Sadie Plant : Zéros + Uns

 Sans soleil - Février 2026


Sadie Plant, dans Zéros+Uns, propose une contre-histoire du lien entre genre et technologie. Croisant critique sociale, cyberculture et écriture spéculative, l'ouvrage élabore un cyberféminisme en révélant le rôle essentiel mais effacé des femmes dans l'informatique, d'Ada Lovelace aux programmeuses anonymes. Plant déconstruit la dichotomie homme/machine et réinvestit la culture numérique à partir d'un certain nombre de catégories : fluidité, interconnexion, plasticité. Par sa forme expérimentale et son approche théorique, le livre explore le potentiel libérateur de la cyberculture pour transformer les rapports de pouvoir et d'identité.

Sadie Plant (1964) est une philosophe et théoricienne de la culture. Elle est l'une des représentantes prisonnières du cyberféminisme.

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Lucien Jerphagnon : Connais-toi toi-même. Introduction à une philosophie joyeuse (rééd.)

 Albin Michel - Février 2026


Préface de Stéphane Barsacq

Qu'il nous parle de Platon ou de Gladiator, qu'il cherche la clef du bonheur ou qu'il réfléchisse à la mort, Lucien Jerphagnon entraîne son lecteur dans un voyage au long cours de trente siècles. Nous voici les complices, dans le rire et l'étonnement, de Socrate, de saint Augustin ou d'Umberto Eco.

Avec ce grand livre, qui tire un trait d'union entre le temps des mythes et celui des mystères, Lucien Jerphagnon, en humaniste éclairé, offre un florilège éblouissant de textes légers et savants, drôles et inattendus, pour adoucir le cours du temps et réjouir ses amis. Connais-toi toi-même - phrase reprise de la devise qui ornait le fronton du temple de Delphes, et dont Socrate a fait son leitmotiv - est le vade-mecum parfait de ceux pour lesquels l'esprit n'a pas d'âge et appartient à tous les siècles.

Lucien Jerphagnon (1921-2011) a été professeur émérite des Universités, membre de l'Académie d'Athènes, et auteur d'ouvrages de référence sur l'Antiquité.

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dimanche 22 février 2026

Vincent Cheynet : Liberté et décroissance

Éditions du Rouge et du Noir - Février 2026


Si la santé de la planète est la priorité, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour la sauvegarder ? Jusqu’à lui sacrifier notre liberté ? Ou bien l’écologie ne doit-elle être que le seul moyen pour tendre vers le bien, le vrai, le beau ? Loin d’être nouvelles, ces questions existentielles ont été soulevées depuis longtemps par des penseurs de l’écologie comme Jacques Ellul ou Bernard Charbonneau. Ces précurseurs nous lèguent de puissantes réflexions et de puissants avertissements face au développement d’une administration du désastre chargée de gérer, sous la contrainte, la crise écologique. À l’aune de leurs réflexions et de son expérience comme rédacteur en chef des revues Casseurs de pub et de La Décroissance pendant 25 ans, Vincent Cheynet observe les débats qui traversent l’écologie contemporaine. Ils révèlent des clivages qui, loin d’être superficiels, révèlent des perceptions radicalement opposées de la condition humaine et de la notion de liberté.

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Stefania Caliandro : Vibration. Esthétiques et théorie de l'art

 Hermann - Février 2026


Cet ouvrage vise à approfondir l’idée de vibration esthétique, à retracer ses origines, à analyser ses développements historiques dans les arts et les esthétiques au tournant du xxe siècle jusqu’à nos jours, enfin à théoriser et comprendre la fonction et le fonctionnement de la vibration par rapport à l’esthésie et à la saisie du sens. À cette fin, il croise des recherches à la fois en esthétique et philosophie de l’art, en théorie et histoire de l’art et en sémiotique. Abordant des thèmes qui recoupent des questions d’actualité, l’auteure y défend une conception dynamique de l’œuvre, incluant l’appréhension et la compréhension esthétiques dans lesquelles l’œuvre prend forme. Il s’agit d’essayer de décrire en particulier certaines forces (ou phénomènes) qui entrent en jeu dans l’esthésie, telles l’empathie, l’éclosion de rythmes dans lesquels espace et temps sont impliqués, des attitudes magiques, mystiques ou phatiques qui génèrent la participation, des instabilités perceptives qui facilitent la projection ou l’activité imaginative, parfois au seuil de l’hallucination. Dans la reconstruction étymologique et encyclopédique du terme vibration – notion proche mais dissemblable de résonance – il s’avère que le sens figuré est apparu assez tard; il n’était apparemment pas donné à toute époque de frémir ou vibrer avec l’art. Quant à sa théorisation en art, elle revient aux écrits de Kandinsky, dans un contexte de conditions et croyances scientifiques, techniques, philosophiques et spirituelles qui ont favorisé l’éclosion d’esthétiques de la vibration. Répandue, historicisée, la vibration a ainsi pris de multiples formes.
Les esthétiques rencontrées témoignent d’une variété impressionnante de manières d’entendre et de faire art avec ou par la vibration. La vibration a animé des recherches portant sur la correspondance entre les sens et sur la complémentarité des sensations, en procédant par transposition, parfois par analogie, ou par transduction. Des artistes ont examiné les vibrations spécifiques d’un médium donné, ils ont relevé les transformations et les interférences qui opèrent dans les matériaux ou la technique, les effets sur la perception, au seuil du conditionnement. D’autres œuvres ont investi des vibrations et fréquences présentes dans la nature ou le paysage habité; elles pointent la limite du perceptible, jusqu’à amener l’art au seuil de l’anesthétique. Enfin, certains artistes ont visé le moment énergétique de la vibration, son impact et sa valeur dans la perception, jusqu’à déstabiliser le confort perceptif et proprioceptif de l’observateur et à inclure le feedback biochimique et neurologique de celui-ci au seuil de sa contenance.
Les œuvres et les déclarations des artistes amènent à comprendre comment la vibration esthétique se lie à des dynamiques esthésiques, notamment des tensions, des chutes, des dissymétries, qui se produisent dans la saisie. S’appuyant sur des observations philosophiques et sémiotiques, ainsi que sur des apports neurobiologiques, poursuivant également ses réflexions sur une morphogénèse qui prend corps dans l’appréhension du sensible, l’auteure parvient à définir la vibration au vu de son excédant.

Stefania Caliandro enseigne esthétique et sémiotique de l’art à l’Université de Trente, en Italie. Titulaire d’un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, elle a obtenu l’habilitation à diriger des recherches à la Sorbonne.

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Mauro Carbone et Graziano Lingua : Pour une anthropologie des écrans. Montrer et cacher, exposer et protéger

 Presses du réel - Février 2026


Les écrans ne se limitent pas à montrer ou cacher : depuis la préhistoire, ils servent d'intermédiaires dans notre relation au monde en protégeant autant qu'en exposant nos corps. À travers une enquête historico-généalogique et une analyse aussi bien des technologies présentes que du futur proche, les auteurs déconstruisent l'idée selon laquelle les écrans seraient inséparables des images, que celles-ci s'opposeraient aux mots, ainsi que ce qu'ils nomment idéologie de la « Transparence 2.0 », à savoir la prétention de pouvoir éliminer toute médiation tant en communication qu'en politique.
Ils montrent également que les technologies portables ne nous rapprochent nullement d'une supposée disparition des écrans, mais semblent plutôt dessiner un quasi-retour à l'utilisation de notre corps, cette fois-ci « augmenté », comme écran. Cela soulève de nouvelles questions relationnelles, éthiques et politiques, que le livre contribue à éclairer.

Mauro Carbone, spécialiste d'esthétique et membre honoraire de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite de philosophie à l'Université Jean-Moulin Lyon 3, où il a fondé et dirige le Groupe permanent de recherche « Vivre par(mi) les écrans ». Parmi ses ouvrages, l'on peut citer Philosophie-écrans. Du cinéma à la révolution numérique (Paris, Vrin, 2016).
Graziano Lingua est professeur de philosophie morale à l'Université de Turin, où il dirige le département de Philosophie et Sciences de l'Éducation. Il est également co-directeur du département « Humanisme numérique » du Collège des Bernardins, Paris. Il a dirigé, avec A. De Cesaris, Technologies de la visibilité. De l'image ancienne à l'image hypermoderne (Paris, Mimésis, 2021).

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samedi 21 février 2026

Jean-Yves Lacoste : Recherches sur le dire et le voir

 PUF - Février 2026 - Epiméthée


Les cinq études réunies ici ne posent pas les mêmes problèmes mais toutes reprennent la vieille question à laquelle la phénoménologie a fourni d’abondantes réponses : celle de l’intuition, c’est-à-dire de la connaissance immédiate sans raisonnement. Elles portent donc une même interrogation : sur les limites de la métaphysique et sur ce qu’il reste à dire lorsque nous butons sur ces limites.
Si la métaphysique a gouverné un canton de la pensée pendant des siècles, d’autres que les philosophes n’ont-ils pas toujours su dire sans se soumettre à son empire ? Tout n’aurait-il pas déjà été dit autrement ?
Or, s’il est vrai que la poésie n’est pas la seule à laisser un monde se déployer en elle, alors il n’est pas téméraire d’avancer que nous pouvons habiter d’autres mondes que celui de la métaphysique. L’incompréhensible peut donc être dit malgré tout : malgré la part d’inconnaissance qui affecte toute connaissance de Dieu, malgré le fait que notre langage parle de l’extraordinaire à tâtons, malgré le flou imposé par la non-vision des réalités à croire.

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Christine Delory-Momberger, Martine Janner-Raimondi (dir.) : Penser la personne comme sujet en anthropocène

 Erès - Février 2026


Dans les sciences humaines et sociales, la prise de conscience des interdépendances des humains et des non humains dans un habiter la Terre aux contours de finitude suscite de vifs questionnements d’où émerge l’urgence de prendre soin des « mondes à venir » dans un faire-ensemble.
À partir des constructions biographiques individuelles et collectives à l’œuvre, cet ouvrage propose des balises de compréhension et d’action dans un contexte anthropocénique, qui recompose en profondeur les relations entre les vivants et les non-vivants. Comment un je y trouve-t-il son ancrage dans un lien écobiographique marqué d’un partage d’altérités ? L’Anthropocène peut-il être le nom d’une résistance et d’une re-naissance ? En quoi pourrait-il constituer le cadre renouvelé d’une herméneutique de soi, de l’autre et du monde? Il y va d’une éthique et d’une politique qui reconnaissent la singularité de chaque forme de vie, appelant des « égards ajustés » qui se fassent ainsi les porte-paroles de son droit à être défendue.
Sont mis ici en dialogue différents points de vue de spécialistes au niveau national et international (en sciences de l’éducation et de la formation, philosophie, anthropologie, sociologie, écologie végétale, écopsychothérapie), propres à nourrir notre réflexion personnelle et collective.

Martine Janner-Raimondi est professeure émérite en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet.
Christine Delory-Momberger est professeure en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Sorbonne Paris Nord, professeure associée à l’UNEB Brésil et à l’université Laval Québec. Elle est codirectrice du GIS Le sujet dans la cité, Sorbonne Paris-Nord campus Condorcet, et présidente du Collège international de recherche biographique en éducation.

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Victoria Camps : La recherche du bonheur

 Arpa - Février 2026


DʼAristote à Huxley, en passant par les révolutions du XVIIIe siècle, lʼhistoire du bonheur est aussi celle de sa politisation.
S'interroger sur le bonheur, c'est remettre en question le sens et le but mêmes de l'existence. Plus que d'un objectif concret, il s'agit d'une disposition intérieure, d'un élan vers une vie pleine et accomplie.
Il ne revient pas à la philosophie de fixer ce que signifie " être heureux ", mais des philosophes et des penseurs –; d'Aristote à Aldous Huxley –; n'ont cessé d'explorer cette question : quels obstacles se dressent sur la voie du bonheur ? Quelle place donner à l'amitié, à l'amour, au désir, à la liberté ? Et comment concilier l'individuel et le collectif sur ce chemin incertain ?

Victoria Camps (Barcelone, 1941) est professeure émérite de philosophie morale et politique à l'Université Autonome de Barcelone. Sénatrice socialiste dans les années 1990, conseillère du Conseil d'État et présidente du Comité espagnol de bioéthique, elle est une figure intellectuelle incontournable dans les débats éthiques contemporains.

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Yaël Gambaratto : La main qui tremble. Philosophie de la vulnérabilité en politique

 L'Observatoire - Février 2026


Dans nos démocraties (comme sous les régimes autoritaires), nous attendons de nos dirigeants qu’ils incarnent la force, la certitude, l’infaillibilité. Nous voulons des chefs qui ne doutent jamais, ne se trompent pas, ne montrent aucune faille. Mais cette fascination pour le pouvoir et la toute-puissance n’est-elle pas précisément ce qui menace nos sociétés ? À l'heure où triomphent les figures populistes et autoritaires, cet essai interroge notre rapport au pouvoir politique. Pourquoi associons-nous si spontanément l’autorité à la virilité, la gouvernance à l’invulnérabilité ? Pourquoi rejetons-nous instinctivement tout dirigeant qui pourrait paraître fragile ? En s’appuyant sur l’histoire des idées politiques, de Platon à Hannah Arendt, et l’analyse de figures du pouvoir de Louis XIV à Donald Trump, ce livre révèle les ressorts profonds de notre imaginaire politique. Il montre comment la quête d’un pouvoir sans faille nourrit les dérives totalitaires et fragilise nos démocraties. Contre cette illusion dangereuse, l’auteur défend une vision révolutionnaire : et si la vraie force politique résidait dans l’acceptation de notre vulnérabilité ? Et si un chef qui avoue ses doutes et reconnaît ses erreurs était plus digne de confiance qu’un dirigeant qui prétend tout maîtriser ?

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vendredi 20 février 2026

Anne Devarieux (dir.) : Maine de Biran dans ses lectures

 Millon - Février 2026


À l’occasion du bicentenaire de la mort de Maine de Biran (1766-1824) l’université de Caen Normandie a rendu hommage à cette figure majeure de la philosophie française, hommage organisé par Anne Devarieux, maître de conférences HDR en philosophie.
Ce colloque international « Maine de Biran dans ses lectures » consacré aux lectures du philosophe, patronné par l’Institut de France (Fondation Tilsit) s'est déroulé les 6, 7 et 8 novembre 2024 à l‘université Caen-Normandie.

L’objectif de ce colloque n’était pas d’analyser la postérité de la pensée biranienne, mais d’interroger et d’approfondir les lectures que Maine de Biran a faites des grandes figures de philosophes et savants (Montaigne, Pascal, Rousseau, Fénelon, Descartes, T.Reid, A. Smith, Ampère …), d’historiens de la philosophie (Gérando), et de médecins ou aliénistes (École de Montpellier, Philippe Pinel et Antoine-Athanase Royer-Collard).

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Georges Vigarello : Les Logiques du corps. Une autre manière de penser le temps

 Seuil - Mars 2026


Mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art, Georges Vigarello explore les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Avec un souci d’intelligibilité remarquable, il met en lumière la succession de modèles (le modèle humoral, fibreux, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent.
Au-delà d’une telle succession, il porte une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Le livre montre comment le corps occidental est travaillé par des principes décisifs d’affranchissement, d’individualisation et de sensibilité, ouvrant sur une manière totalement inédite de penser le temps : dynamique centrale, originale, traversant la longue durée, d’où les individus tirent leur force, comme leur possible fragilité.
Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Georges Vigarello a notamment publié au Seuil Histoire du viol (XVIe-XXe siècle) (1998), Histoire des pratiques de santé (1999), La Silhouette (2012), Le Sentiment de soi (2014) et Histoire de la fatigue (2020). Il a dirigé par ailleurs plusieurs ouvrages collectifs, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, dont une Histoire du corps en 2006.

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Jennifer Kerner : Le théorème du flamant rose. Une socio-archéologie de la maternité

 Gallimard - Février 2026


« Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s’appelle la dépense maternelle. L’exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l’épuisement. S’il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. »
Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L’expérience de sa première maternité lui a permis d’interroger les pratiques obstétricales dans la France d’aujourd’hui à la lumière de celles d’autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.

Docteure en archéologie, Jennifer Kerner est l'autrice du Mari de nuit : expériences du deuil et pratiques funéraires, publié aux éditions Gallimard. Son premier roman, Le tissu de crin, a paru en 2024 aux éditions du Mercure de France.

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Frédéric Fruteau de Laclos : Bruno Latour et l’anthropologie des modernes. Contre-enquête

 Vrin - Février 2026


« Nous n’avons jamais été modernes ». Bruno Latour a fait de cette déclaration fracassante le titre d’un de ses essais les plus célèbres. Il y affirme que les modernes, en dépit de leurs prétentions à dissocier Nature et Culture, n’ont cessé de mélanger les registres et d’instaurer d’étranges réalités hybrides. Selon Latour, il faudrait renoncer à la connaissance pour saisir avec les non-modernes les conditions de la « co-naissance » de l’humain et du non-humain. Pourtant, rien n’est moins évident que ce renoncement. C’est ce qu’on comprend en retraçant la trajectoire de Latour, aussi bien intellectuelle qu’existentielle, à travers les rencontres qui ont marqué sa carrière. Il est alors possible de lui opposer le contre-modèle d’une théorie de la connaissance qui, pour être ouverte à la diversité moderne et non-moderne des modes de penser, continue d’envisager les savoirs du point de vue de leur cohérence théorique et de leur mise à l’épreuve expérimentale.

Frédéric Fruteau de Laclos est professeur de philosophie à l’université Paris-Est Créteil et membre du Laboratoire de recherche Lettres, Idées, Savoirs (EA 4395).

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Revue d'histoire des sciences humaines, n° 47 : Histoire naturelle de l’Homme (Wolf Feuerhahn et Arnaud Hurel éds.)

 Editions de la Sorbonne - Février 2026


« Histoire naturelle de l’Homme » : voilà un énoncé qui peut surprendre celles et ceux pour qui l’anthropologie est d’abord une science sociale et culturelle, mais qui a aussi des chances d’intriguer à l’heure de la crise écologique et de la remise en cause du partage entre nature et culture.
Histoire naturelle de l’Homme est d’abord le titre donné par Buffon au troisième volume de son Histoire naturelle, générale et particulière, publié en 1749. Au XIXe siècle, le Muséum national d’histoire naturelle utilise la formule pour l’une de ses chaires (« Anatomie et histoire naturelle de l’Homme »), qui est renommée ensuite « Anthropologie ».
Suivre la trace de cette expression et retrouver son sens en contexte, tel a été l’un des objectifs du travail de Claude Blanckaert décédé en octobre 2024. Dans cette perspective, trois de ses conférences inédites sur ce thème, au Siècle des lumières, sont publiées dans ce numéro. Afin de montrer toute l’actualité des recherches qu’il a conduites au long de sa carrière, ces textes sont accompagnés de contributions de chercheurs et chercheuses appartenant à diverses disciplines qui reviennent sur la fécondité de son œuvre.


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