lundi 19 novembre 2018

Collectif : Haïkus - Pensées de femmes

Le Seuil - Octobre 2018


Le haïku japonais est le plus souvent connu au travers des œuvres de Bashô, Buson, Issa et Shiki. Pourtant, de nombreuses femmes, maîtresses de haïkus, ont influencé la poésie japonaise depuis plus de trois siècles jusqu'à aujourd'hui.
Cette sélection de 60 haïkus vous fera découvrir des auteures classiques ou contemporaines, des femmes connues pour certaines dans leur pays : Teijo Nakamura, Momoko Kuroda, Nobuko Katsura...
Les thématiques abordées sont : amour, souffrance, quotidien, enfants.
Ces haïkus sont illustrés par différents peintres des XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Utamaro Kitagawa, Goyo Hashiguchi, Suzuki Harunobu, Kiyoshi Saito...

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Christian Jacob : Des Mondes lettrés aux Lieux de savoir

Les Belles Lettres - Octobre 2018


Ce livre invite à entrouvrir la porte de la bibliothèque d’Alexandrie et des banquets d’érudits grecs et romains, à dérouler les papyrus ou feuilleter les livres pour suivre la main des scribes et le regard des lecteurs s’aventurant dans le labyrinthe des mots et du sens.
Qu’est-ce qu’une bibliothèque ? Qu’est-ce qu’un texte ? Qu’est-ce qu’une autorité savante ? Et comment les savoirs circulent-ils en société et se constituent-ils en traditions ?
À l’heure où les mondes de l’écrit connaissent des mutations profondes, où se pose avec acuité la question des savoir-faire critiques, des outils techniques, de la navigation sur les océans de l’information, l’histoire des pratiques intellectuelles et de la transmission savante, sur la longue durée et dans la comparaison culturelle, apporte un éclairage captivant sur les défis de nos sociétés.
D’Alexandrie aux humanités numériques, de la philologie aux science studies, des savoir-faire des artisans aux mains de l’intellect, Christian Jacob étudie une question fondamentale : celle de la construction des savoirs, de leur inscription matérielle, leurs métamorphoses, leur pouvoir de créer des liens, dans l’espace, dans le temps, au cœur des sociétés humaines.

Christian Jacob est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS. Membre de l’UMR Anhima (Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques), il a notamment travaillé sur la géographie et l’ethnographie antiques, sur les pratiques lettrées liées à la bibliothèque d’Alexandrie, et plus généralement sur l’histoire des savoirs, dans une perspective comparatiste et interdisciplinaire.

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John Gray : Le Silence des animaux. Du progrès et autres mythes modernes

Les Belles lettres - Octobre 2018


Pourquoi les hommes cherchent-ils un sens à la vie ?
Comment notre imagination en vient-elle à bâtir des mondes aussi éloignés de la réalité ?
John Gray s’attache ici à nous montrer comment nous enjolivons notre existence d’innombrables fictions, détours et aveuglements afin de ne pas reconnaître que nous sommes, nous aussi, des animaux.
Un essai incisif et captivant qui nous donne à reconsidérer notre place dans le monde.

John Gray est Professeur à Oxford et à la London School of Economics.

TABLE DES MATIÈRES

1. Un chaos ancien 
L’appel du progrès
Des chevaux gelés et des déserts de briques
De l’encre invisible, de la peau écorchée et des termites
Le tombeau de l’empereur 
Deux et deux font cinq 
Tout ce qu’un tyran peut faire pour vous 
Ichtyophiles et libéraux 
Des vêtements en papier, des pianos à queue et des milliards de brins d’herbe 
Les alchimistes de la finance 
Humanisme et soucoupes volantes

2. Au-delà de la dernière pensée
Les cigares de Freud et le long parcours vers le nirvana 
Des illusions aux fictions 
Dans L’Avenir d’une illusion, il écrit :
La fiction suprême 
Le bonheur, une fiction dont on peut se passer
L’inconscient aryen de Jung ou ce que ne sont pas les mythes
Les mythes de l’avenir proche 
Tlön et l’histoire moins deux soirs
Mots et cendres 
Mysticisme sans Dieu

3. Un autre soleil 
Un prisme lumineux 
Le silence des animaux 
Une visite du British Museum 
Cités infinies 
Une toux dans un cimetière et un manteau vert 
Se faire disparaître 
L’étranger dans les coulisses

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G. Yanoshevsky (dir.) : Éthique du discours et responsabilité. En hommage à Roselyne Koren

Lambert-Lucas - Octobre 2018



Introduction - Roselyne Koren : De la linguistique énonciative et la rhétorique argumentative à l’engagement du chercheur

Galia Yanoshevsky

Ethique du discours et responsabilité énonciative

Éthique des discours, prise en charge et responsabilité énonciatives

Alain Rabatel

Les schèmes argumentatifs et leur mise en mots : L’argument par la cause

Ruth Amossy

Les problèmes éthiques de l’euphémisme dans le discours journalistique

Marc Bohomme

Effacement énonciatif et prise en charge énonciative dans des annonces des « journées portes ouvertes »

Silvia Adler

Les enfants de Diogène

Marie-Anne Paveau

Commémoration, formules et schèmes argumentatifs

Quelle est l'essence de la « Shoah » ? « La solution finale de la question juive » ou « l'éloignement complet des juifs » et du judaïsme ?

Dan Michman

Travail de mémoire, émotions et appel aux valeurs : commémorer les 130 morts du 13 novembre

Claire Sukiennik

Les formules issues de « Je suis Charlie » : des contre-formules ou des mauvais slogans?

Karina Masasa

Discours rapporté et prise en charge de la parole dans des cadres fictionnels

Le discours rapporté dans le roman contemporain

Dominique Garand

Répétition et responsabilisation : le cas des lettres d’arnaque

Galia Yanoshevsky

De l’argumentation des valeurs ou l’engagement éthique du chercheur Entretien avec Roselyne Koren

Propos recueillis par Galia Yanoshevsky

Bibliographie sélective de Roselyne Koren


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Virginie Foloppe : Dépersonnalisations au cinéma. Du traumatisme à la création

Les Contemporains favoris - Novembre 2018 - Diotime 2.0. La philosophie augmentée


L'affect de dépersonnalisation n'est pas uniquement une réaction psychique à un environnement défaillant. Il peut aussi être le levier de la création. L’analyse de Virginie Foloppe oscille constamment entre ces deux formes de dépersonnalisation. L'une relève donc de la création, qu'elle aboutisse ou non à une œuvre d'art, quand l'autre s'achève dans une destruction perceptible à travers la destinée tragique d'êtres privés de tout élan vital, après qu'ils aient été confrontés à des traumatismes ; deuil, envie, inceste, viol. L'art cinématographique crée une psyché flottante à même de réfléchir la mémoire sensorielle de situations traumatiques à la violence insoutenable et de nous livrer les moyens d'en sortir. Hitchcock, Vinterberg, et Kim Ki-duk, chacun avec un style singulier, composent des miroirs perceptifs capables de ne pas se confondre avec leur objet, mais de réfléchir l'autre voie de la dépersonnalisation.

La recherche de Virginie Foloppe, docteure en esthétique et sciences de l'art, est pluridisciplinaire : de la fabrique de l'écriture (article, essai, fiction) à celle des images (art digital, art vidéo) en passant par l'enseignement des arts (Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Nouvelle) et un diplôme de psychologue clinicienne. Elle a déjà publié aux éditions Les Contemporains favoris : L’hémorragie des contemporaines, Nelly Arcan et Chloé Delaume (2015).

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Alessandro Stanziani : Les entrelacements du monde. Histoire globale, pensée globale

CNRS - Octobre 2018


Qu’on la nomme histoire globale, mondiale, connectée, histoire-monde ou world history, c’est elle qui aujourd’hui suscite l’intérêt des lecteurs, des médias, des universitaires, et tend à façonner notre représentation du passé. Mais qu’est-ce que l’histoire globale ? Que propose-t-elle ? La belle synthèse d’Alessandro Stanziani fournit toutes les clés pour comprendre l’essor et les ambitions de cette histoire plurielle. Filiations multiples, bifurcations inattendues, brassages et métissages : affranchie de l’européocentrisme, l’histoire globale élargit les horizons géographiques, déborde les cadres nationaux, pense le monde à partir des connexions et des relations au sein d’entités politiques ou économiques hétérogènes. Elle a pour objet les migrations d’hommes, de biens, d’idées, de savoirs, de symboles, mais aussi le changement climatique, les révolutions technologiques, l’évolution des mentalités…
Saisies dans la longue durée, et à l’intersection de plusieurs mondes, Alessandro Stanziani explore à nouveaux frais les relations que l’histoire établit avec la philosophie, la sociologie, la philologie et l’économie : ces interactions délimitent la portée de l’histoire globale par rapport aux autres approches.
Face aux progrès du nationalisme, cette façon de faire de l’histoire permet de revisiter le passé d’un certain nombre d’événements, de culture et/ou de régions. De l’Inde à la Russie, des décolonisations à l’islam, cet ouvrage montre que l’histoire globale invite à multiplier les angles de vue, mais aussi à dépasser la vision de l’histoire comme choc entre les civilisations.

Directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS, Alessandro Stanziani est notamment l’auteur de Bâtisseurs d’Empires. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes, XVe-XIXe siècles (Raisons d’agir, 2012).

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Martin Rueff : A coups redoublés. Anthropologie des passions et doctrine de l'expression chez Jean-Jacques Rousseau

Mimesis - Novembre 2018


Cette étude interroge la thèse de Rousseau selon la quelle le langage n'est pas né pour dire le monde, mais pour dire l'amour. Une thèse originale au 18ème siècle car elle pose l'expression des affects au coeur de la communication. Il est donc possible de lire ensemble l'Essai sur l'origine des langues et le reste de l'oeuvre de Rousseau, pour chercher le point d'articulation entre les écrits du philosophe et ceux de l'écrivain car -comme l'a affirmé Lévy-Strauss en 1962- Rousseau est le premier à nouer anthropologie des passions et doctrine de l'expression. L'auteur convoque ici les philosophes et les littéraires qui s'occupent de Rousseau et fait intervenir l'auteur de La Nouvelle Héloise dans les débats contemporains sur la doctrine de la signification, afin de montrer comment Rousseau s'inscrit dans la tradition expressiviste.

Martin Rueff est professeur à l Université de Genève où il occupe la chaire qui fut celle de Jean Starobinski. Auteur de plusieurs essais et de plusieurs livres de poésie, il est spécialiste de Rousseau et d herméneutique. Il a contribué à l édition des uvres de Claude Lévi-Strauss et de Michel Foucault dans la « Bibliothèque de la Pléiade » et s est aussi consacré aux uvres de Pavese, de Calvino et de Jean Starobinski. Il est co-rédacteur en chef de la revue Po&sie (dir. M.Deguy) et président de la société Jean-Jacques Rousseau.

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Martin Rueff : Foudroyante pitié. Aristote avec Rousseau, Bassani avec Céline et Ungaretti

Mimesis - Novembre 2018


De qui a-t-on pitié ? Quand ? Comment ? A quelle distance faut-il être de quelqu'un pour éprouver ce sentiment ? Doit-on connaître la peine qui l'afflige pour en être frappé ? La pitié a-t-elle quelque chose à voir avec l'expression de la souffrance ou avec son empêchement ? Et si oui, peut-on avoir pitié des animaux ? Ces questions quotidiennes, qui nous concernent tous, semblent avoir été écartées par la réflexion contemporaine qui préfère à la pitié toutes sortes de doubles dont elle tient à la distinguer : l'empathie (plus naturelle), la sympathie (plus universelle), le care (plus socio-politique). Et pourtant, la pitié résiste avec la force d'une évidence vécue. Cette évidence foudroyante de la pitié constitue l'objet de cet essai. Pour l'aborder l'auteur a suivi des maîtres anciens : Aristote, Rousseau croisent ainsi Céline et Ungaretti. On se demande en passant si une histoire littéraire et philosophique de la pitié est possible.

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Collectif : Savoir échanger les savoirs

Textuel - Novembre 2018


Croire que les nouvelles technologies inaugurent un grand marché planétaire où le savoir se diffusera sans autre obstacle que la loi de l’offre et de la demande relève de l’illusion et de la démagogie. Ce discours cache mal un autre versant de la réalité : la croissance de l’illettrisme, la crise structurelle de l’école, la disparition des médiations... Cet ouvrage reprend sous forme de conversations les interventions des auteurs au cours de la 5e Cité de la réussite à La Sorbonne (Seita).

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Martin Mulsow : Savoirs précaires. Pour une autre histoire des idées à l'époque moderne

Maison des Sciences de l'Homme - Novembre 2018 - Collection : Bibliothèque allemande


Le débat sur la forme d'une histoire de la connaissance de l'Europe moderne fait l'objet d'amendements. Le temps est venu de mettre en lumière également le côté précaire : l'incertitude et la mise en péril de certaines connaissances et théories existantes, le statut délicat de leur support, la réaction à la menace et à la perte, et le risque de transfert hérétique. Martin Mulsow suit la piste de cette connaissance précaire dans le but de rétablir son importance pour le processus de l'histoire européenne de la connaissance. Dans des études de cas riches en matériel et couvrant la période allant de la Renaissance aux Lumières, il présente les tactiques conçues par les intellectuels pour pouvoir vivre avec ces périls, leurs gestes de retraite, leurs peurs, mais aussi ce qui les a encouragés, et leurs tentatives de récupérer les connaissances perdues. Les connaissances précaires ne portent pas sur les grands thèmes de la métaphysique et de l'épistémologie, mais plutôt sur les zones marginales comme la magie et la numismatique, les interprétations de l'histoire de La Bible et l'Orientalisme. Il ne s'agit pas seulement de théories, mais aussi de peur et de fascination, non pas des grandes figures de la recherche, mais plutôt de ceux qui sont oubliés, ou à moitié oubliés, des érudits. C'est un livre plein d'histoires passionnantes, une histoire différente des idées du début de l'époque moderne et en même temps une tentative ambitieuse de repenser le concept même de la connaissance dans le contexte du "tournant matériel", du "tournant iconique" et dans l'histoire des communications et de l'information.

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dimanche 18 novembre 2018

Theodor Adorno et Siegfried Kracauer : Correspondance 1923-1966

Le bord de l'eau - Novembre 2018


Initiée par une histoire amoureuse d’une grande intensité, la correspondance entre Theodor W. Adorno et Siegfried Kracauer constitue un matériau littéraire et intellectuel d’une rare densité entre deux penseurs «hors norme». La lecture de leurs échanges offre une immersion dans cette partie de l’histoire du XXesiècle et de l’intelligentsia allemande et internationale qu’il nous est ainsi permis d’explorer à travers le prisme d’une relation exceptionnelle et en prise perpétuelle avec l’histoire qui mena de l’entre-deux-guerres à la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale, et contraignit de nombreux intellectuels à l’exil et à une vie précaire, souvent jusqu’au désastre. Bien que les positions intellectuelles et statuts professionnels d’Adorno et de Kracauer furent différents et qu’ils permirent au premier d’accéder, dans l’exil, à une reconnaissance et à une sécurité matérielle que ne connut que bien plus tard le second, cette histoire souvent très émouvante n’est pas celle de la rivalité qui aurait pu opposer les deux hommes mais le témoignage d’une relation sans concession, dont les disputes intellectuelles révèlent les désaccords profonds, tout en manifestant sans cesse l’intense amitié qui les lia jusqu’à la mort de Kracauer. Enfin, si la correspondance entretenue par les deux hommes pendant toutes ces années recèle un caractère si singulier, elle participe plus généralement des relations parfois étroites qu’ils entretinrent avec d’autres penseurs et artistes majeurs de ce siècle (Berg, Benjamin, Bloch, Lukács, Horkheimer, Löwenthal, etc.). Cet ouvrage constitue une source indispensable à la connaissance des conditions historiques, politiques et intellectuelles dans lesquelles ces penseurs élaborèrent, l’un comme l’autre, une œuvre indispensable à la compréhension du monde contemporain. 

Theodor W. Adorno (1903-1969), penseur majeur de l’École de Francfort, travailla sans relâche à l’élaboration d’une critique radicale du monde contemporain qui aboutira à ce «grand livre» que constitue la Dialectique négative . Tout au long de son œuvre, il déploya sa pensée dans les domaines de la philosophie, de l’esthétique, de la musique, de la littérature et de l’éducation. 
Siegfried Kracauer (1889-1966) participa, à plus d’un titre, à l’histoire de l’École de Francfort. Essayiste, critique culturel, sociologue, théoricien du cinéma, romancier, philosophe, il est longtemps resté, en France, dans l’ombre d’Adorno et de Benjamin. Nous redécouvrons depuis quelques années toute la richesse de son œuvre et l’importance de son travail pour le développement de la Théorie critique.

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Camille Froidevaux-Metterie : Le corps des femmes. La bataille de l'intime

Philosophie magazine éditeur - Octobre 2018


Le tsunami Weinstein qui déferle à l'automne 2017 n'est pas né d un tremblement de terre imprévisible. Il s inscrit dans un mouvement de réappropriation par les femmes de leur corps dans ses dimensions intimes. Avant même les révélations liées au harcèlement et aux violences sexuelles, le féminisme avait amorcé son tournant génital. Maternité et non-désir d'enfant, menstruations et ménopause, apparence et normes esthétiques, sexualité et plaisir, le temps est venu de réclamer pour tous ses sujets la liberté et l égalité qui forment le c ur du projet féministe. Camille Froidevaux-Metterie propose de penser le corps des femmes au prisme de la double expérience vécue de l'aliénation et de l'émancipation. Il s'agit d'approfondir la dynamique de libération de la parole et d'en terminer avec les diktats sociaux pour faire advenir une conception enfin apaisée, gratifiante et égalitaire de la corporéité féminine.

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