samedi 24 octobre 2026

Éric Fassin : De la liberté académique.Tout dire, mais pas n’importe quoi

 Gallimard - Octobre 2026 - Tracts


"La liberté académique repose sur le droit de dire tout, à condition d'assumer la responsabilité de ne pas dire n'importe quoi, qui constitue son engagement démocratique premier." Éric Fassin À l'heure où, en France, aux États-Unis et ailleurs, les universités sont la cible d'attaques politiques, il est urgent de définir la liberté académique - d'autant plus qu'on l'invoque parfois pour justifier la censure. Face aux pouvoirs économiques et politiques, c'est un principe d'indépendance que, selon le Conseil constitutionnel, "les fonctions d'enseignement et de recherche non seulement permettent mais demandent". La liberté académique ne se confond donc pas avec la liberté d'expression, qui protège l'opinion. Si le monde universitaire est soumis à une exigence de rigueur, reste que,loin d'être assigné à une neutralité illusoire, il est porteur d'une responsabilité sociale : l'engagement pour la démocratie.

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Angelos CHANIOTIS, Voula TSOUNA, Vanessa MONTEVENTI (dir.) : Platon, République VIII-IX. Nouvelles lectures

 Droz - Octobre 2026


La République de Platon est une œuvre d’une importance capitale et d’une actualité saisissante, qui a fait l’objet d’une réflexion et d’une analyse philosophiques soutenues dès l’époque de Platon, et ce jusqu’à nos jours. L’histoire du déclin des régimes politiques et des caractères humains correspondants racontée par Socrate dans les livres 8 et 9 du dialogue (Resp. 543a1-580c9) a cependant reçu moins d’attention que d’autres parties de cette œuvre. Le 71e volume des Entretiens aborde ces deux livres remarquables dans une perspective interdisciplinaire, afin de mettre en lumière leur complexité philosophique et dramatique leur signification dialectique et philosophique, ainsi que les nombreuses façons dont leur lecture se révèle être d’une extrême pertinence pour les questions politiques et morales de notre époque.

TABLE DES MATIÈRES

Préface par JEAN TERRIER

Introduction par VOULA TSOUNA et ANGELOS CHANIOTIS

I. VOULA TSOUNA The Narrative of Civic and Human Decline in Plato’s Republic 8-9 (543a1-590c9) : Introductory Remarks on Its Composition, Dialectical Importance, Probative Function, and Literary Genre

Discussion

II. EDITH HALL Socrates’ True Muse : Theatres of the Mind in Plato’s Republic 8-9

Discussion

III. IRMGARD MÄNNLEIN Sokrates un die Musen : Platons philosophische Poetik in Politeia Buch 8

Discussion

IV. ANGELOS CHANIOTIS Emotional States : Emotions in Plato’s Republic 8-9 in Context

Discussion

V. RENÉ DE NICOLAY Modèles de causalité politique et psychologique ou les livres 8 et 9 de la République sont-ils ad hoc ?

Discussion

VI. JOSIAH OBER The Ranking of Defective Regimes in Republic 8

Discussion

VII. DIMITRI EL MURR Philosophie et tyrannie dans la République

Discussion

VIII. PAULIN ISMARD Sur les épaules de Platon. L’histoire athénienne et la succession des politeiai dan les livres 8 et 9 de la République

Discussion

IX. MELISSA LANE Locating the Cities in the Republic 8-9 Dual Narratives : Historiographical Functions and Contexts

Discussion

INDEX LOCORUM
INDEX NOMINUM ET RERUM


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Anton Jäger : Hyperpolitique

 La Découverte - Octobre 2026


La vague de soulèvements presque ininterrompue qui secoue le monde depuis quinze ans a brisé les chimères de la « fin de l’histoire ». Pourtant le camp de l’émancipation semble incapable de produire des effets politiques concrets, tandis que fascisme et forces réactionnaires progressent. C’est le paradoxe de l’hyperpolitique : une politisation généralisée des individus incapable de convertir cette intensité en changements durables.
En croisant les disciplines et les références, Jäger éclaire la panique autour du wokisme, le caractère suranné de l’antipolitique à la Houellebecq ou l’impuissance des formes médiatiques de « résistance » comme les gesticulations nihilistes du mouvement MAGA. Surtout, il met en garde contre une repolitisation des consciences qui refuse de se donner les moyens de changer le monde.
Hyperpolitique constitue ainsi l’une des plus remarquables et brillantes tentatives de saisir l’exaspérante étrangeté de notre présent politique.

Historien belge et francophone, Anton Jäger enseigne les sciences politiques à l'université de Louvain. Il est éditorialiste au New York Times et contributeur du Guardian et de la New Left Review.

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Quarto n.143 : Désirer l'enfer

 ECF - Octobre 2026


Au centre de ce numéro 143, Quarto met à l’étude une formule de Lacan de 1975 plutôt inconnue et jamais commentée : « le désir de l’homme, c’est l’enfer ». Ce numéro aborde également d’autres références de Lacan au sujet de l’enfer, et ce tout au long de son enseignement.Épinglons un autre fait remarquable : La publication fait la part belle au premier d’une série de trois cours de Jacques-Alain Miller, faits en Argentine, un mois après le décès de Lacan. Ces conférences, tenues en espagnol, n’ont jamais été publiées en français auparavant.
Elles sont publiées ici et dans les deux numéros suivants avec l’aimable autorisation de son auteur.
Que la psychanalyse évoque l’enfer peut surprendre. Pourtant, Freud était le premier à s’y référer lorsqu’il choisissait de mettre en exergue de sa Traumdeutung ce vers de Virgile « Flectere si nequeo superos, Acheronta movebo» que Lacan traduisit ainsi : « Si je ne peux pas émouvoir les dieux, j’en passerai […] par l’enfer ».
Mais cela suffit-il à justifier l’association de l’enfer au désir ? Bien évidemment, dirait Lacan à qui nous devons le titre de ce numéro de Quarto, qui se déduit d’une formule étonnante qu’il prononce en 1975. La formule en question, qui n’est d’ailleurs pas un hapax – elle apparaît à trois moments distincts –, est restée dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui.

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vendredi 23 octobre 2026

Alix Bouffard : Le parti pris des processus. Ontologie et politique chez Georg Lukác

 Vrin - Octobre 2026


Concevoir la société comme un ensemble de processus, ce n’est pas avancer une thèse philosophique parmi d’autres : c’est fonder un certain rapport au changement social et un certain type de pratique politique. Cette idée est au cœur de la réflexion ontologique déployée par Georg Lukács après 1956, alors qu’il entreprend de construire une philosophie marxiste rénovée, à la fois critique du matérialisme dialectique sous sa forme stalinienne et cherchant à concurrencer les grandes philosophies occidentales en période de Guerre froide. Cette ontologie sociale processuelle, nourrie par les textes du jeune Marx et par le contexte d’une déstalinisation commençante, nous impose de repenser l’ontologie à la lumière de ses implications politiques. On cherche dans ce livre à mettre l’ontologie lukacsienne en dialogue avec des travaux contemporains qui, tout en proposant une lecture processuelle du social, ne s’engagent que rarement sur le terrain de la réflexion politique.

Alix Bouffard est maîtresse de conférences en philosophie sociale et politique à l’Université de Strasbourg. Elle travaille notamment sur Lukács et sur l’histoire du marxisme en France et en Allemagne, et participe aux travaux d’édition.

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Alexandra Michalewski : Plotin L’âme et les principe

 Vrin - Octobre 2026


Plotin (205-270 apr. J.-C.) est le penseur qui, plus que tout autre, a su transformer l’héritage platonicien en un système métaphysique cohérent, qui intègre de manière critique l’apport d’Aristote et des autres traditions philosophiques. Au coeur de sa pensée se trouve l’Un-Bien, situé au-delà de l’être et de la pensée. De ce premier principe découle l’intellect, et de l’intellect l’âme, qui sont principes et causes de l’univers. C’est l’âme universelle qui, sans délibération ni intentionnalité, produit et organise rationnellement le monde sensible. Avec cette doctrine, Plotin rompt avec une longue tradition, reprise aussi bien par les gnostiques que par les platoniciens de son temps, qui pensent la causalité divine sur le modèle d’une fabrication artisanale. La métaphysique plotinienne n’est pourtant pas une construction purement théorique : parce que la structure de l’univers se reflète dans l’âme individuelle, la connaissance des principes et la remontée vers l’Un est un chemin de transformation intérieure. L’âme, même incarnée, conserve une part qui n’est jamais complètement tombée dans le sensible et qui participe toujours de l’activité intellective supérieure. Reconnaître en soi cette dimension, la faire sienne par la purification des passions, la pratique des vertus et l’exercice de la dialectique, est ce qui nous permet de remonter graduellement à travers la hiérarchie des principes, jusqu’à l’union ineffable avec l’Un.

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Thierry Paquot : Ivan Illich. Une vie d'amitiés

 Editions de l'Atelier - Octobre 2026


Une société sans école, Némésis médicale, La Convivialité, Énergie et équité sont des brûlots qui dans les années 1970 deviennent des best-sellers. Ils dénoncent la croissance pour la croissance et réclament des limites à ne pas dépasser. Puis leur auteur quitte la scène publique pour devenir professeur itinérant et approfondir l’histoire des besoins, l’étude de la perte des communaux et rappeler l’impérative obligation de rompre avec l’économie du marché dont tout Terrien semble addict.
Ivan Illich (1926-2002), prêtre en désaccord de l’Église, anarchiste, penseur radical, théoricien de l’écologie et de la décroissance, pourfendeur de la technique incontrôlable, appelle à une société conviviale dans laquelle l’amitié, l’ascèse et la juste mesure assurent à chacune et chacun son autonomie. Aujourd’hui ses idées nourrissent à nouveau les alternatives qui, ici ou là, émergent et se parent des couleurs de l’espérance.
Cette biographie rhizome combine la présentation de la vie et de l’œuvre d’Ivan Illich, en l’inscrivant dans le demi-siècle qui le voit agir et réagir, en compagnie d’une pléiade d’ami·es sans lesquel·les il n’aurait pu penser ce qu’il a pensé.

Ami et éditeur d’Ivan Illich, Thierry Paquot a préfacé le volume 2 de ses Œuvres complètes, et publié Une introduction à Ivan Illich (La Découverte, 2012) et Ivan Illich & la société conviviale (Le Passager clandestin, 2020).

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Stéphane Olivesi : Michel Foucault. Une pensée politique

 PU de Rennes - Octobre 2026


Au fil de ses recherches, Michel Foucault aura traité d’objets divers : folie, médecine, sciences de l’homme, prison, sexualité, éthique... Il les appréhendait en mettant au jour les contraintes, les normes, les stratégies mais aussi les savoirs et les formes de rationalité qui conditionnaient jusqu’à leur existence. Doit-on aujourd’hui encore le suivre dans cette entreprise au risque de souscrire à la thèse selon laquelle « tout est politique » ? Soutenir une telle proposition nécessite de redéfinir rien moins que le statut de la connaissance afin de saisir le réel et son double – la vérité – pour ce qu’ils sont : un combat, une lutte incessante, un champ de rapports de forces.Au-delà de l’interprétation des écrits de Michel Foucault, « l’œuvre », c’est-à-dire cette fiction matérialisée, composée d’innombrables documents référés à leur auteur, est ici appréhendée à partir de ses conditions de réception, avec comme objectif de cerner ce qu’elle est encore susceptible de produire comme résonances dans les domaines de la théorie politique et, plus généralement, des sciences humaines et sociales. Une triple ambition anime ce projet : montrer que « l’œuvre » s’ordonne autour d’un mode de pensée politique ; mettre au jour la tension constitutive des analytiques du pouvoir entre visée critique et connaissance positive ; enfin, expliciter les apports de cette philosophie de la politique qui invite à revisiter l’histoire sous l’angle de la gouvernementalité pour mieux comprendre le présent dont nous sommes les contemporains.

Stéphane Olivesi est professeur à la faculté de droit et de science politique de l’université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines et membre du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC).

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Anne-Marie Morice : Guy Debord et la Taverne des Révoltés

 Presses du réel - Octobre 2026


La Taverne des Révoltés est un bistrot situé à la pointe la plus occidentale d'Aubervilliers, alors quartier espagnol de la cité. Nous sommes au cœur des années 1950, Guy Debord et ses compagnons, à l'époque les Lettristes, en font leur quartier général. On y boit, on y cause, on discute et on élabore, loin de Paris et du quartier latin, au contact de la réalité ouvrière du moment, les bases de ce qui deviendra une notion clef de la théorie situationniste, à savoir la psychogéographie. Le réel se domestique en le parcourant. Et ce parcours obéit aux règles de ce qu'ils nomment la dérive.
Anne-Marie Morice nous présente ici un travail de recherche basé sur des témoignages (dont celui de Michèle Bernstein) et sur la documentation finalement peu connue et peu « investiguée » des expérimentations autour de la dérive. On y découvre les relations complexes entre ces jeunes gens de l'époque qui finiront par produire un matériel théorique, central à la compréhension de ce qui deviendra d'un côté La Société du Spectacle avec les élaborations théoriques de L'Internationale Situationniste et de l'autre, qui trouvera sa matérialité dans la poussée révolutionnaire de 1968. Ce livre est à ce titre une pièce à intégrer au corpus des textes visant à la compréhension de notre présent.

Anne-Marie Morice est critique d'art, commissaire d'exposition et essayiste. Elle a notamment fondé les revues d'art contemporain en ligne Synesthésie et Transverse.

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jeudi 22 octobre 2026

Philipp Lenhard : Café Marx. L'Institut de recherche sociale des origines à l'École de Francfort

Maison des Sciences de l'Homme - Octobre 2026


Café Marx : c'est ainsi que, avec désinvolture, amis comme adversaires surnommaient l'Institut de recherche sociale. Et, en effet, les débuts de la Théorie critique et de l'École de Francfort trouvent leur origine dans une réflexion sur le marxisme. S'appuyant sur un large éventail de sources, Philipp Lenhard détaille l'histoire des personnes, des réseaux, des idées et des lieux qui ont marqué l'Institut et qui, à leur tour, ont été façonnés par lui. On comprend ainsi clairement pourquoi l'École de Francfort a marqué comme nulle autre les grands débats intellectuels du XXe siècle. Dès ses débuts, l'Institut de recherche sociale, inauguré en 1924, était un établissement hors du commun. Ses racines remontent aux tranchées de la Première Guerre mondiale et aux barricades de la révolution. Felix Weil, fils d'un entrepreneur communiste, a permis la création d'un institut de recherche novateur qui a attiré ouvriers et étudiants, politiciens et artistes, scientifiques et intellectuels. Il est également remarquable que l'Institut ait pu poursuivre ses travaux après 1933, malgré la fermeture, la persécution et l'exil. Philipp Lenhard retrace la genèse de la Théorie critique au sein de l'émigration américaine et met en lumière son évolution vers l'École de Francfort au début de la République fédérale d'Allemagne. De manière concise, vivante et riche en révélations surprenantes, cet ouvrage décrit le contexte historique dans lequel Horkheimer, Adorno, Marcuse, Benjamin et bien d'autres sont devenus des penseurs majeurs du XXe siècle.

Philipp Lenhard est historien. Il a entre autres été maître de conférences à l’Institut d’histoire et de culture juives de l’université Ludwig-Maximilian de Munich et professeur associé d’histoire et d’allemand au DAAD à l’université de Californie à Berkeley. Depuis mars 2026, il est maître de conférences en histoire juive autrichienne à l’Institut de recherche historique autrichienne de l’université de Vienne et directeur académique de l’INJOEST. Café Marx a reçu le prestigieux prix Rosl et Paul Arnsberg d’histoire juive.

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Maria Cristina Murano, Marta Spranzi (dir.) : Mettre le soin à l'épreuve, transformer la philosophie

 EUD - Octobre 2027 - Philosophie de terrain


La philosophie et la réalité de terrain peuvent et doivent dialoguer. Des " philosophes de terrain ", nouvelle figure intellectuelle, en donnent la démonstration éclatante en investissant le domaine du soin, dans toute sa complexité. Cet ouvrage collectif examine ce que signifie faire de la philosophie à partir du terrain dans le milieu de la santé. Loin d'être une simple application théorique, cette démarche engage une véritable mise à l'épreuve réciproque : le terrain bouscule les méthodes et les concepts du philosophe, tandis que le regard philosophique révèle les angles morts des pratiques de soin. En défiant les cadres normatifs dominants, les auteurs montrent que cette pratique philosophique ne se contente pas d'accompagner les sciences médicales et les sciences sociales. Elle constitue une ressource critique autonome, capable d'interroger les formes contemporaines du soin et d'ouvrir de nouvelles voies pour l'action.

Marta Spranzi est philosophe de formation et titulaire d’un doctorat d’histoire et philosophie des sciences de l’Université de Pittsburgh. Depuis plusieurs années, elle se consacre à l’épistémologie de la médecine et plus particulièrement sur l’éthique clinique. Tout en assurant les fonctions de maître de conférences HDR à l’université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines, elle pratique depuis une dizaine d’années l’éthique en tant que chargé de mission à mi-temps au Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin.

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Isabelle Ratié : Le vacarme des Ecritures. Penser, croire et philosopher dans l’Inde prémoderne

 Collège de France éditions - Octobre 2026


La philosophie, invention grecque, est l'apanage de l'Occident – cette certitude jadis triomphante est depuis longtemps ébranlée, et l'Inde se voit aujourd'hui concéder une tradition philosophique propre. On s'efforce cependant encore, en Occident comme en Inde, de réduire cet héritage profondément conceptuel et polémique à une sagesse pratique, à une mystique ou à un ensemble de dogmes. Distinguer philosophie et religion indiennes sans escamoter l'étroite imbrication de ces deux domaines, et discerner, à travers le vacarme des Écritures et jusque dans les marges des manuscrits sanskrits, la voix singulière des philosophes du sous-continent : tels sont quelques-uns des grands défis que doivent aujourd'hui relever philologues et historiens des systèmes de pensée de l'Inde.

Isabelle Ratié a étudié la philosophie occidentale à l’université Panthéon-Sorbonne avant de se tourner vers l’étude des sources sanskrites à la Sorbonne Nouvelle puis à l’École pratique des hautes études. Devenue professeure à la Sorbonne Nouvelle en 2014 titulaire de la chaire de langue et de littératures sanskrites, et membre senior de l’Institut universitaire de France depuis 2021, elle a été nommée en 2025 professeure au Collège de France sur la chaire Histoire des systèmes de pensée de l’Inde.

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Emma Barettoni, Valentina Santoro (dir.) : La reconnaissance au XIXe siècle. Histoire d'un concept politique et social

 ENS Editions - Octobre 2026


La plupart des études consacrées à la reconnaissance ont fait de l'idéalisme allemand – et en particulier de Fichte et Hegel – le point d'origine d'une notion appelée à irriguer la philosophie sociale et politique contemporaine. Mais que devient-elle après cette première conceptualisation ? Comment se transforme-t-elle avec l'avènement des sociétés libérales, les promesses d'égalité civique, les nouvelles conflictualités sociales et, avec elles, de nouvelles manières de distribuer la valeur, l'estime et la considération ? Les contributions réunies dans ce volume explorent les différentes configurations de la reconnaissance à la fin du XVIIIᵉ siècle et tout au long du XIXᵉ siècle, en examinant à la fois les héritages et les voies " latérales " de la tradition philosophique hégélienne, et en intégrant pleinement les apports décisifs des sciences sociales naissantes. Du modèle de la reconnaissance mutuelle aux formes de reconnaissance sociale issues des théories de la démocratie et de l'estime, l'ouvrage met au jour la pluralité des usages – normatifs, critiques, sociologiques, éthico-politiques, esthétiques – d'un concept devenu central pour penser la modernité occidentale. Prolongeant et élargissant l'enquête historique ouverte par La reconnaissance avant la reconnaissance, consacrée à l'âge classique et aux Lumières, cet ouvrage s'adresse aussi bien aux spécialistes des auteurs examinés qu'aux étudiant·es et aux chercheur·es souhaitant approfondir les théories contemporaines de la reconnaissance par une généalogie attentive à leurs tensions historiques et à leurs enjeux politiques.

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Les Nouveaux Cahiers Castoriadis 2026, n° 3 : Pourquoi l’autonomie ?

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Stéphane Vibert, « Les limites de la société et l'oubli de la nation. Quelle philosophie des formes politiques chez Castoriadis ? » - Aurélien Berlan, « Autonomie et autarcie. Notes sur un point de divergence entre Castoriadis et l'écologie politique » - Nicolas Piqué, « "La couleur des chausses de Colbert". Totalité, rupture et déterminisme dans L'institution imaginaire de la société » - Savvas Orfanos, « Deux conceptions de la politique. Rancière et Castoriadis, entre différence et nouveauté »

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mercredi 21 octobre 2026

Christian Wolff : Le Discours sur la philosophie pratique des Chinois. Une vertu sans Dieu

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Le lecteur trouvera ici la première traduction intégrale en français du Discours sur la philosophie pratique des Chinois de Christian Wolff, texte majeur au coeur d'une controverse intellectuelle du XVIIIe siècle, qui valut à son auteur, suspecté de spinozisme, voire d'athéisme, d'être expulsé de Halle où il était professeur de mathématiques et de philosophie. Le Discours est accompagné des notes de Wolff ainsi que de celles de son principal adversaire, le piétiste Joachim Lange, contexte qui permet de saisir les enjeux philosophiques et théologiques du débat. Cette édition met en lumière la réception européenne de la pensée chinoise et éclaire un moment décisif de l'histoire des idées, entre rationalisme, religion et altérité culturelle.

Edition : Jean-Marc Rohrbasser, agrégé de philosophie, docteur en histoire des sciences, a enseigné puis travaillé comme chercheur à l'Institut national d'études démographiques (INED). Il a contribué à la traduction du Discursus Præliminaris (Paris, 2006), et prépare, en collaboration, la traduction de la Deutsche Metaphysik de Wolff.

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Alain Bloch, Sandra Charreire-Petit, Bernard Ramanantsoa : La longue histoire de la pensée managériale. Un itinéraire en douze auteurs d'Aristote à Freeman

 Hermann - Octobre 2026


Du portique d’Aristote aux salles de réunion du XXIe siècle, le management n’a cessé d’interroger les formes de l’action collective. Dans cet ouvrage de référence, Alain Bloch, Sandra Charreire Petit et Bernard Ramanantsoa retracent les grandes étapes de cette réflexion, en s’appuyant sur des figures majeures – Aristote, Machiavel, Clausewitz, Jean-Baptiste Say – et en montrant comment leurs idées ont progressivement structuré notre compréhension des organisations.
Loin des clichés technicistes, ce livre propose une véritable généalogie intellectuelle du management, articulant théorie et pratique, éthique et stratégie, histoire et avenir. Il invite à reconnaître le management comme un champ de pensée autonome, nourri par les sciences humaines autant que par les réalités économiques.
Une lecture incontournable pour quiconque s’intéresse à la profondeur et à l’évolution de la pensée managériale.

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Estelle Ferrarese : Les incandescences bourgeoises

 Rivages - Octobre 2026


Que ce soit à l’occasion d’extases, de révélations, d’explosions de joie collective, ou encore d’exaltations amoureuses, chacun a connu des expériences de saturation des sens, de suspension du temps, et de présence intense à soi. Je les nomme incandescences. Elles constituent autant d’interruptions, par le corps, de son exercice permanent d’ajustement au monde. Elles sont une protestation contre cet ajustement.
Aujourd’hui, les incandescences sont un état domestiqué et entretenu par la forme de vie capitaliste. Elles se sont faites bourgeoises. Ce livre montre comment elles sont mises au service de ce contre quoi elles se soulèvent.

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James Costa, Constantine Nakassis (dir.) : Parler, voir, comprendre. La notion de perspective en anthropologie linguistique

 Presses Sorbonne Nouvelle - Octobre 2026


À travers une approche anthropologique et sémiotique, ce livre interroge la notion de perspective comme mode de construction du sens, au croisement du langage, de la perception et des pratiques sociales.

Ce livre explore la notion de perspective à travers une approche anthropologique et sémiotique, en analysant la manière dont les perspectives façonnent la production du sens dans des contextes sociaux variés. Ancré dans les travaux récents en anthropologie linguistique et socioculturelle, il met en lumière les dynamiques entre perception, discours et idéologie. Les contributions réunies croisent des domaines aussi divers que l’interaction verbale, le cinéma, l’architecture ou la politique, et montrent comment la perspective peut devenir un outil d’analyse des phénomènes sociaux et politiques contemporains.

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