dimanche 1 novembre 2026

Michel Guérin : Kant. Servitude et grandeur du transcendantal

 Hermann - Octobre 2026


Quoique synthétique, cet essai ne vise aucunement à présenter dans ses grandes lignes l’ensemble de la philosophie de Kant. Celle-ci est appréhendée à travers la problématique spécifique du transcendantal. Partant de l’hypothèse que ce concept condense l’esprit de la pensée du philosophe, l’auteur s’efforce d’en examiner ce qu’il recèle à la fois d’anticipation décisive et d’obédience plus ou moins assumée à la tradition de la métaphysique.
En portant une attention particulière aux trois Critiques, l’analyse croit pouvoir y déceler autant de hardiesse que de prudence. Car le transcendantal, qui fonde sur l’énergie propre des facultés, par un côté marque la rupture tant avec l’empirisme qu’avec l’innéisme en reconnaissant à l’esprit un pouvoir constituant (dans le domaine théorique), réalisateur (sur le plan pratique), régulateur dès qu’il s’agit des fins. Par l’autre côté, toutefois, il se heurte à une limite génétique : celle-ci n’est autre que la séparation des sensibles et des intelligibles, soit la transcendance dont le point culminant est Dieu.
Qu’il y ait de l’intelligible est une chose ; qu’il emprunte nécessairement le format d’un monde à part en est une autre. C’est proprement à la tension, potentiellement agonale, entre un transcendantal du monde et la transcendance de Dieu, que s’intéresse la présente recherche.

Michel Guérin, est l’auteur de nombreux ouvrages philosophiques s’inscrivant à l’enseigne d’une figurologie. Il a également publié chez Hermann André Leroi-Gourhan, l’Évolution ou la liberté contrainte et Le Signe et la touche (philosophie du toucher).

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Gisèle Chaboudez : Petite préhistoire du rapport sexuel

 Erès - Octobre 2026


Et si l’origine du langage humain était fondamentalement sexuelle ? En s'appuyant sur les découvertes récentes de la préhistoire, cet ouvrage explore comment l'évolution biologique a fait basculer l'humanité de la simple reproduction à l'érotisme continu.
L’évolution des connaissances dans le champ de la préhistoire comporte des faits qui viennent résonner de façon nouvelle avec la conception d’une cause sexuelle du langage. Cette rencontre inattendue a poussé Gisèle Chaboudez à en explorer les termes, à en évaluer les fondements et en esquisser les conséquences.
En cessant de décrire l’activité sexuelle préhistorique comme simplement reproductrice, des préhistoriens changent la donne et ouvrent ce champ à la jouissance spécifique des corps parlants, rejoignant ainsi, sans le savoir, des travaux méconnus de Lacan. Avec le langage, l’Homo sapiens manifeste la jouissance qui résulte de l’interaction du corps et du langage, la représente dans l’art pariétal, lui donne une importance sociale et même sacrée.
Cette préhistoire du rapport sexuel, comme celle du rapport des sexes, intéresse particulièrement notre époque. Or les structures de domination et d'organisation sociale pourraient découler de la façon dont les communautés parlantes répondent au manque structurel du rapport sexuel, pour y suppléer. Que recèle le sexe entre l’homme et la femme pour connaître un destin aussi singulier ? Ce livre offre une grille de lecture anthropologique inédite de nos systèmes de croyances et de pouvoir.

Gisèle Chaboudez est psychiatre, psychanalyste à Paris, membre du bureau d'Espace analytique, rédactrice en chef de Figures de la psychanalyse.

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Jérémy Attard : La connaissance scientifique du monde social

 Matériologiques - Novembre 2026


Les sciences sociales sont-elles, ou peuvent-elles être, des sciences comme les autres ? Cet ouvrage propose de réactualiser le débat sur le monisme et le pluralisme épistémologique en le cadrant à partir des buts épistémiques poursuivis par les diverses disciplines à vocation scientifique : peuvent-elles ou doivent-elles toutes (1) poursuivre les mêmes buts épistémiques, et si oui, (2) être soumises aux mêmes contraintes de justification ?
De ce point de vue, nous dégageons trois positions épistémologiques possibles : une position pluraliste forte considérant que chaque discipline a ses propres buts épistémiques qui dépendent du type d’objets étudiés et ne peuvent donc pas être jugées selon les mêmes critères ; une position moniste forte soutenant que pour être scientifique, une discipline doit poursuivre un ensemble de buts bien déterminés et être jugée selon des critères qui ne dépendent que de ces buts ; et une position intermédiaire, selon laquelle les disciplines à vocation scientifique, et plus particulièrement les sciences sociales ici, peuvent poursuivre les mêmes buts épistémiques que les sciences naturelles (indépendamment de la poursuite éventuelle d’autres buts) et, le cas échéant, doivent être jugées selon les mêmes critères.
Dans cet ouvrage, nous défendons cette dernière position selon un dispositif argumentatif se déployant en trois temps. Après avoir catégorisé les différents arguments classiquement donnés pour soutenir une position pluraliste forte, nous leur opposons des contre-arguments théoriques pour finalement enrichir la défense d’une position moniste intermédiaire par des exemples concrets de courants contemporains en sciences sociales qui, tout en produisant des connaissances scientifiques authentiques sur le monde social, ne semblent pas requérir d’épistémologie drastiquement distincte de celle ayant cours en sciences naturelles.

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samedi 31 octobre 2026

Blaise Bachofen : Jean-Jacques Rousseau. Eléments d'une théorie de la guerre

 PUF - Octobre 2026


Peut-on voir en Rousseau un théoricien de la guerre ? La récente découverte de ses Principes du droit de la guerre invite à relire l’ensemble de son œuvre politique et à y chercher les éléments d’une enquête sur la guerre, qui se révèle beaucoup plus féconde qu’il n’y paraît au premier abord.
Pour Rousseau, la guerre n’a rien d’une relation consentie ou quasi-contractuelle. Elle est une réalité éminemment politique mais ne se laisse pas aisément soumettre au droit, puisqu’elle est une lutte pour l’exercice de la souveraineté, seule instance capable de créer un droit effectif. De là une réflexion profondément originale et toujours actuelle sur la « vie » et la « mort » des corps politiques, qui explique son intérêt pour les guerres insurrectionnelles menées par des « peuples naissants » et qui permet de comprendre les raisons de son scepticisme concernant l’établissement d’un droit des gens et d’une paix perpétuelle.

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Michel Foucault : La Place de l'homme dans la pensée occidentale moderne. Cours de Tunis (1966-1967)

 EHESS/Gallimard/Seuil - Novembre 2026


En 1966-1967, première année de son enseignement à l’université de Tunis, Michel Foucault consacre un cours public à la place de l’homme dans la pensée occidentale moderne. Quelques mois plus tôt, la parution des Mots et les Choses avait suscité de vives controverses en annonçant la « disparition » imminente de l’homme dans les a priori du savoir contemporain.
Pourquoi est-il si difficile de renoncer à l’idée d’homme ? Foucault répond en proposant d’interpréter cette idée comme un « mythe », nécessaire pour que la culture occidentale puisse s’y retrouver malgré l’extraordinaire dispersion de ses manifestations. Il en révèle les motifs et les limites. Il dénoue le paradoxe d’une revendication humaniste qui s’affirme avec d’autant plus de force que ses fondements épistémologiques et culturels commencent à s’effriter. On découvre ainsi un Foucault inédit, « ethnologue » de sa propre culture. Il en explore les lignes de fracture à travers les arts, les sciences, la littérature ou les technologies, et diagnostique l’« universalisation » par le savoir et la colonisation qui conduit toute culture à se définir dans son rapport à l’Occident.
Prononcé dans une Tunisie récemment indépendante, à un moment où les enjeux de cette universalisation croisent ceux de la décolonisation, ce cours invite à relire la critique foucaldienne de l’humanisme à la lumière des tensions intellectuelles et politiques de son temps.

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Jacques Derrida : Être témoin. Séminaire (1993-1994). Secret et témoignage, vol. III

 Seuil - Novembre 2026


Édition établie par Geoffrey Bennington et Peggy Kamuf

Entièrement inédit, ce séminaire poursuit, sous le titre général des « Questions de responsabilité », la problématique du témoignage ouverte en 1992. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que « témoigner » veut dire, mais ce que c’est qu’« être témoin ». C’est ainsi depuis une minutieuse relecture de Être et Temps de Martin Heidegger que Jacques Derrida avance le concept d’attestation. Son analyse reconduit le Dasein (« Être-là ») heideggérien tout entier à sa structure de témoin, jusqu’à la question du Schuldigsein– cet être-en-dette ou être-coupable que Derrida traduit par un mot-valise de son invention, la « culparesponsabilité » – et à celle de l’inquiétante étrangeté, l’Unheimlichkeit, pour laquelle il propose une traduction inédite : « la horde chez soi ».
Que le séminaire s’ouvre par le mot de « porter » donne le ton car Derrida en tire toute la polysémie, du porter témoignage à la portée musicale ou la mère porteuse, en passant par cette traditionnelle mais douteuse dissymétrie – relevée par Freud dans « L’Homme aux rats » puis par Joyce dans Ulysse– entre la supposée certitude sensible de la maternité, et l’hypothèse toujours risquée de la paternité. Dissymétrie que la procréation assistée et le droit du corps mort viennent aujourd’hui déstabiliser plus encore.
Entre lectures de Nietzsche, de Hamlet, ou de Blow-Up d’Antonioni, Derrida témoigne à son tour – jusqu’à cette question qui hante tout le volume : « Serais-je coupable de faux-témoignage ? »

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Didier Fassin : Michel Foucault retrouvé. 16 leçons de philosophie

 Seuil - Novembre 2026


La publication des cours donnés par Michel Foucault au Collège de France a renouvelé la compréhension de son œuvre. En effet, s’y déploient librement sa méthode, son travail critique, son franchissement des frontières disciplinaires, son souci de toujours mettre en cause ce que l’on croit savoir, mais s’y révèlent également ses hésitations, ses obscurités, son humour. Au fil des années, son questionnement se déplace, et l’on passe de la psychiatrie naissante au tribunal des anormaux, de la guerre des races au pouvoir sur la vie, du gouvernement des populations aux écoles du néolibéralisme, des techniques de soi au courage de la vérité, du christianisme au stoïcisme. Prolongement d’une série de podcasts qui a permis, à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, de faire entendre sa voix, ce livre propose une sélection d’extraits des cours, présentés et commentés, qui permettent de ressaisir la cohérence et la créativité d’une pensée en mouvement dont la pertinence et l’actualité ne se démentent pas.

Didier Fassin est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines ». Il est notamment l’auteur de L’Exil, toujours recommencé. Chronique de la frontière (Seuil, 2024, avec AnneClaire Defossez), et a récemment publié Ainsi pensait Michel Foucault. Enquête sur une philosophie pour notre temps (La Découverte, 2026).

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Drouet Griselda, Richard Élisabeth, Bourvon Marie-François (dir.) : Dire et redire II. Bis repetita ?

 PU de Rennes - Octobre 2026


Bis repetita placent ? Assurément, la répétition « plaît ». Délibérée ou spontanée, discrète ou affichée, assumée ou rejetée, la répétition, pour qui prête attention à la langue, est omniprésente. Elle assure le lien entre les locuteurs autant qu’elle garantit à chacun une énonciation propre et originale. Nécessaire dans le cadre d’un apprentissage linguistique, la répétition développe les compétences langagières et permet à chaque locuteur d’ouvrir, d’interroger, de confronter le champ des possibles de la langue. Le discours s’étaye en se re-disant. La répétition facilite la communication et structure l’avancée du discours. Ce qui est redit acquiert une dimension dynamique. Loin d’être des erreurs, la répétition et la redite assurent au contraire la lisibilité et la continuité du discours. C’est ainsi toute la créativité de l’élaboration linguistique tissant les relations intra et intertextuelles qui est ici observée : pouvoir de la répétition qui fait du commun une singularité !

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vendredi 30 octobre 2026

Philippe Hilaire : Le libre parcours. De l'expérience et de la représentation : le paysage

 Hermann - Octobre 2026


Le Libre parcours est une modalité mobile et incertaine du sens de la relation que nous avons à notre environnement. Il modifie, par l’expérience physique, la forme de l’espace en tant qu’elle est un objet perçu du monde et une représentation réalisée et remémorée dans l’instant même de cette expérience. Le paysage devient une saisie du réel qui ne se produit que dans un instant poétique.
Ces deux versants différents de l’appréhension et de la compréhension du sens, se font par un ensemble complexe de relations. Le Libre parcours est alors un système tramé dans lequel le frottement à l’espace, les mémoires, les imaginaires, les savoirs, permettent d’introduire l’impureté, le flou parfois, qui sont les conditions de possibilité du partage de subjectivités. Vient alors un objet immatériel, articulé à une situation pourtant mondaine, que nous savons inépuisable et renouvelable à l’infini dans la manière que nous avons, chacun, de nous l’approprier.
Le texte explore d’abord le paysage comme représentation puis comme expérience. La lecture de deux jardins fait ensuite passage pour faire émerger des significations cachées compréhensibles à travers l’idée du Libre parcours.
Enfin, l’ensemble se présente comme un outil critique des discours, si ce n’est des espaces, pour un regard renouvelé sur le paysage, afin de montrer son opérationnalité par un nécessaire pragmatisme poétique : repère pour la compréhension et, du point de vue du concepteur – paysagiste mais aussi plasticien, musicien et poète en d’autres circonstances – pour la conception de nos espaces contemporains.

Philippe Hilaire est paysagiste dplg, praticien et paysagiste-conseil de l'État. Il est docteur en histoire et sémiologie du texteet de l'image (Paris VII Diderot) et maître de conférencesà l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette.

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Rares Badescu : Le décalage prométhéen. Nature, culture et technique chez Günther Anders

 Otrante - Octobre 2026


Pour unifier son œuvre foisonnante, tant par les styles et périodes d’écriture que par les thèmes abordés, Günther Anders suggère lui-même de la lire comme une série de variations sur un même thème : le décalage prométhéen. Ce concept désigne l’écart sans cesse croissant entre l’humain et son monde, qui condamne celui-là à une insatisfaction de ses besoins, à une vie sociale dominée par l’idéologie, ainsi qu’à une infériorité face aux produits qu’il a lui-même créés.
À cette pente pessimiste s’oppose cependant un mouvement inverse, celui du rattrapage, tentative sans cesse renouvelée pour produire un monde plus humain, selon l’intention du titan prévoyant, voleur de feu et bienfaiteur ambivalent de l’humanité, Prométhée.
Cet ouvrage prend donc au sérieux cette référence mythologique, en proposant une analyse d’inspiration structuraliste qui révèle l’opposition du décalage et du rattrapage à travers les trois états de nature, de culture et de technique. Leur articulation constitue la partie initiale et fondamentale d’une philosophie du décalage.

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Constant Spina : Cicatrices. Comment la vulnérabilité fait monde

Les Liens qui Libèrent - Octobre 2026


À la suite d’une maladie dégénérative et d’une greffe du cœur, Constant Spina devient une personne handicapée et voit profondément transformé son rapport au corps et au monde. Par les cicatrices, il interroge ce que le handicap et la vulnérabilité font à nos corps, à nos relations et à nos manières de faire société. Si la vulnérabilité est souvent racontée comme une expérience universelle, elle ne se vit pas de la même façon selon la classe, la race et le genre. La vulnérabilité est plus ou moins prise en charge en fonction d’une ressemblance à ce que la classe hégémonique considère être la norme, considère être l’humain.
Face à ce constat et à la perspective d’un monde toujours plus marqué par les génocides, les catastrophes sociales, les extinctions d’espèces et les syndémies, Constant Spina interroge les impensés de la gauche radicale et rappelle l’urgence de structurer nos luttes autour d’une “démocratie du soin”. En réinscrivant les politiques du corps dans les conditions matérielles de l’existence, en faisant du soin, de l’interdépendance, du travail, du logement, des revenus ou encore de l’accès
Biographie de l'auteur

Constant Spina est auteur, essayiste et journaliste, de société Manifesto XXI dont il a assuré la direction éditoriale pendant plus de dix ans. Depuis 2019, ses recherches portent sur la montée des extrêmes droites en Occident et sur les politiques du soin, notamment dans les luttes queers. Il est l'auteur de Manifeste pour une démocratie déviante. Amours queers face au fascisme et Lettre infinie (éditions trouble, 2023, 2026).

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Fabrice Guého : Entretiens de Robert Misrahi avec Maurice Barbot

 L'Harmattan - Octobre 2026


Pour résoudre les problèmes qui se posent à l’être humain, il faut comprendre sa nature et se libérer des illusions culturelles. On découvre alors que tout individu est un sujet libre, conscient et capable de choisir. Mais face à des choix souvent hasardeux, cette liberté doit se construire : réflexion et désir doivent s’harmoniser dans la construction de soi.
L’éthique ne repose ni sur le caprice ni sur une prétendue objectivité des valeurs, mais vise le plus désirable : le bonheur du plus grand nombre. Sans politique, elle reste inefficace ; sans éthique, la politique devient arbitraire et injuste. Une existence heureuse, fondée sur des relations harmonieuses et un amour véritable, devient ainsi accessible à tous.

Fabrice Guého, M2 et agrégé de philosophie, a développé une philosophie personnelle librement inspirée par celle de Robert Misrahi à laquelle il est resté fidèle tout en gardant une distance parfois critique. Il a réalisé la présente édition de ces dialogues dans un ordre logique et cohérent, en ajoutant de nombreuses notes pour approfondir et saisir les enjeux d’une philosophie exigeante et néanmoins accessible à tous.

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Archives de philosophie, n° 89 | 2026 : Métamorphoses de Sénèque. Fortune de l’éthique stoïcienne du Moyen Âge à la Renaissance

Facultés Loyola Paris - Octobre 2026




 

jeudi 29 octobre 2026

Nicolas Monseu : Conscience et libération. La découverte du soi dans la philosophie du yoga

 Hermann - Octobre 2026


La pratique du yoga n’est pas uniquement une technique de bien-être  ; elle repose sur une vision du monde et du sujet qui engage un renversement de perspective : la découverte du soi. Le travail éthique, philosophique et postural du yoga met en œuvre une « traversée » qui conduit le moi à se dessaisir de ses pensées et de ses multiples attraits en retournant progressivement le regard vers l’intériorité, en direction d’un principe de conscience, « témoin » de toute pensée. C’est à exercer ce réfléchissement – ou cette rotation –, que le yoga engage. En élevant l’humain à la conscience de sa nature profonde et à la libération de ce qui la conditionne, il propose une philosophie complète de l’humain enracinée dans le corps vivant et son expérience consciente.
Cet ouvrage propose d’explorer la dimension réflexive inhérente à la pratique du yoga, ainsi que la portée phénoménologique de l’attitude qu’elle cultive, fondée sur une posture de témoin. La découverte du soi n’est pas un retour à la vie personnelle, mais un retour à une capacité d’observation et de vigilance à l’égard de la vie psychique et du monde. Le moi n’est alors plus enfermé dans ses pensées personnelles, mais est capable de s’élever de son individualité empirique, pour réaliser en lui-même le soi en tant que pure présence à la manifestation, en portant un regard affranchi sur son expérience et sur le monde.

Nicolas Monseu est professeur au département de philosophie de l’Université de Namur (Belgique). Il enseigne l’histoire de la philosophie et la pensée indienne.

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Yves Vendé : Les Exercices spirituels de Confucius

 Albin Michel - Octobre 2026


Dans un ouvrage désormais incontournable, Pierre Hadot avait révolutionné notre regard sur la philosophie grecque en montrant qu'elle consistait avant tout en une « manière de vivre » mettant en oeuvre des « exercices spirituels ».
Yves Vendé, jésuite et enseignant aux Facultés Loyola Paris et à l'Université Catholique de Lille, nous invite au même changement de regard sur la tradition chinoise. À rebours d'une vision rigide, il nous montre pas à pas comment la philosophie pratique des Entretiens propose un art de vivre avec soi-même et avec les autres. « Étudier », « être en relation », « se poser et réfléchir », « pratiquer les rituels », « affronter l'exil et la mort », « vivre la musique » : autant d'actes quotidiens ou exceptionnels qui nous initient à l'humanité authentique.
Il en ressort une forme de spiritualité bienveillante et ancrée dans les relations, à l'étonnante modernité.

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Clément Bresch : L'éclat du jazz. Une philosophie de l'instant

 CNRS Editions - Octobre 2026


Une philosophie du jazz est-elle possible ? Si de nombreuses disciplines se sont intéressées à cette musique et en ont fait un objet d'analyse fructueux, la philosophie, elle, y est restée indifférente, quand elle n'en a pas été une détractrice. Souvent constatée, déjà examinée, mais jamais vraiment dépassée, cette insensibilité ne saurait pourtant occulter que la pratique jazzistique offre, à bien y écouter, une matière philosophique fertile.
En s'emparant du kairós, l'" instant opportun " des Grecs, Clément Bresch propose d'éclairer le " faire " du jazz sous un angle inédit. Le rôle qu'y tient l'improvisation donne en effet à cet " art du temps " un sens d'" art de l'instant ".
À la fois finalité éclatante du jazz et lieu par excellence de son surgissement, la performance apparaît comme le jeu singulier de musiciens avec et dans l'instant : un jeu qui, à travers son lot d'imprévus et de décisions prises sur le moment, semble faire jaillir le jazz du présent d'une façon spécifique.
Un essai original ouvrant la voie à une philosophie plus générale de l'instant.

Clément Bresch est docteur en philosophie.

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Isabelle Koch : La philosophie de Plotin. Repères

 Vrin - Octobre 2026


Plotin est souvent présenté comme le fondateur du « néoplatonisme », selon la catégorie historiographique en vigueur depuis le XIXe siècle. Mais lui-même se considérait comme un Platonicien, tout simplement. Il enseignait à Rome et écrivait pour diffuser la philosophie de Platon, six siècles après la création de l’Académie à Athènes, défendant sa supériorité sur les autres écoles philosophiques, contre les promesses de sagesse de certains courants chrétiens. Professant une simple exégèse des Anciens, Plotin en a tiré des notions métaphysiques originales – l’Un, la procession, l’émanation, les hypostases – et a développé un idéalisme à la fois intégral et paradoxal, qui affirme l’identité du rationnel et du réel tout en les subordonnant à un « au-delà de l’être ». Cet ouvrage vise à permettre au lecteur de s’orienter dans cette œuvre difficile, tant par ses thèses et ses apories que par son style à mi-chemin de l’oralité et de l’écriture.

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Søren Aabye Kierkegaard : Crainte et tremblement. Oeuvre lyrique en mode dialectique (traduction Hélène Politis)

 L'Harmattan - Octobre 2026


Célébrer Abraham comme le père de la foi, tout en s’interrogeant sur la foi dans son rapport à l’éthique, telle est la tâche que s’assigne Johannes de Silentio, le pseudonyme choisi par Kierkegaard pour Crainte et tremblement (1843).
Sans la « suspension téléologique de l’éthique » (suspension qui, loin d’abolir ce qu’elle suspend, en assure l’effective répétition), la foi ne peut paradoxalement regagner ce dont le devoir absolu envers Dieu exige le sacrifice. La mise à l’épreuve d’Abraham est ainsi l’épisode biblique dans lequel le chrétien est invité à déchiffrer les réquisits du mouvement que lui-même doit constamment effectuer.
Hélène Politis propose ici une nouvelle illustration des principes traductoriaux qu’elle applique à l’entièreté de l’œuvre kierkegaardienne afin de faire plus clairement apparaître, en version française, la dimension philosophique inhérente à la pensée existentielle de Søren Kierkegaard (1813-1855).

Agrégée de philosophie, docteur d’État, spécialiste d’histoire de la philosophie moderne et contemporaine, Hélène Politis est professeur émérite à l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Ses recherches et publications portent principalement sur l’œuvre de Søren Kierkegaard.

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