vendredi 17 avril 2026

Fabienne Baghdassarian (dir.) : Mythes religieux et philosophie dans l'Antiquité

 Vrin - Avril 2026


L’émergence du discours philosophique, autour du VIe siècle av. J.-C., a fait naître la possibilité de porter un regard neuf sur les récits et les textes de la tradition poético-mythologique, davantage soucieux de pureté, de moralité et d’une forme nouvelle de rationalité. Le domaine théologique et religieux se présente comme un terrain d’enquête privilégié pour comprendre la manière dont la philosophie, dans l’Antiquité, a jugé et interprété les mythes, non pas seulement en raison de la place prééminente que les dieux y occupent, mais aussi en raison de leur source. Le discours mythologique se présente toujours comme un discours divinement inspiré, de même que la réflexion que la philosophie peut en élaborer semble toujours soulever la question de l’autorité des récits mythologiques et de l’origine divine à laquelle on peut être tenté de les faire remonter. En faisant le choix, dans ce volume, d’interroger le rapport de la philosophie au mythe à travers le prisme théologique et religieux, on espère donc pouvoir cerner de plus près, dans ses racines et ses principes constitutifs, le pouvoir d’inventivité conceptuelle et discursive du questionnement philosophique sur le mythe.

Ont participé à ce volume : C. Auvray-Assayas, F. Baghdassarian, L. Brisson, M. Broggiato, P. Destrée, J.-B. Gourinat, S. Husson, F. Jourdan, C. Merckel, K. A. Morgan, G. W. Most, J. Opsomer

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Natalie Depraz : Le cœur battant de l’ego. Husserl et la phénoménologie des émotions

 Vrin - Avril 2026


Objet d’un intérêt évident dans les sciences humaines et expérimentales, les émotions sont perçues comme résiduelles chez Husserl. Le dernier rationaliste du XXe siècle ne les aurait traitées qu’en les soumettant aux actes intellectuels ou aux valeurs.
Je montre ici comment les sentiments, en majeur le plaisir, et leur centre le cœur furent pour lui un compagnonnage constant. Traduire Gemüt par cœur, c’est dire que l’émotion n’est pas psychique mais corps viscéral. C’est là qu’il y aura débat avec Lipps, Geiger et Scheler.
La phénoménologie expérientielle des rythmes et des humeurs est portée par tant de situations et d’exemples, moins illustratifs qu’ouvreurs de conceptualisations. Des ramifications infinies y nomment des aspects inédits de nos variabilités émotionnelles : on découvre une micro-phénoménologie à l’état naissant.
De cette matière affective subtile, diffusive et ambivalente naît le concept qui axe la lecture de ces textes, l’antinomie. Elle est la tension créatrice de nouvelles émotions : Freudenschmerz, la joie douloureuse, Schauer der Seligkeit, le frisson de la félicité.

Natalie Depraz est philosophe, professeur de phénoménologie à l’Université Paris Nanterre et membre des Archives-Husserl (ENS, Paris).

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Anne Juranville : D'une sorcellerie l'autre. Magie et Raison

 Editions des crépuscules - Avril 2026


Le magique s'oppose-t-il au rationnel ? Le magique est d'abord un défi pour l'entendement. L'apport de la littérature et des sciences humaines (histoire, ethnologie, philosophie, psychanalyse) montre comment, sous les espèces d'un ailleurs, d'un débordement des limites, d'une autre scène, la magie perturbe l'ordre normal des choses. Cet invariant d'un hors-champ rassemble les diverses figures de «sorcières», ces marginales, ces indomptables, ces inclassables. Un tel statut hors-normes relève d'un impensable qui est de structure. Il se conjugue à l'étrangeté d'événements de corps vécus comme des jouissances et marqués d'ambivalence (magie noire, magie blanche).
Ce en quoi cet essai se distingue d'études féministes contemporaines qui se situent sur le plan sociologique, juridique pour faire de la figure de la sorcière une icône de la libération des femmes. Déplacer le propos consiste ici à mettre l'accent sur la féminité sorcière en tant qu'elle participe de la logique subversive d'un élargissement de la raison. Lequel a consisté depuis toujours à mettre en question le savoir des maîtres, aujourd'hui à ébranler les grands systèmes totalitaires, et notamment à troubler les velléités impérialistes du scientisme. Peser la part d'inaccessibilité de l'être qui s'insinue dans les interstices du monde participe d'un nouveau paradigme du féminin où se dit quelque chose des grandes mutations de notre époque.

Anne Juranville, agrégée de philosophie, a été professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l'Université de Nice. Elle a publié : La femme et la mélancolie, PUE, en 1993; Figures de la possession, Presses Universitaires de Grenoble, en 2001; La mélancolie et ses destins, InPress, en 2005; La psychanalyse à l'épreuve de l'art, Editions Universitaires Européennes, en 2017; Demain sera féminin? Indifférence et différence des sexes. Les contemporains favoris, en 2020.

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jeudi 16 avril 2026

Jeanne Etelain (dir.) : Ce que les féministes font à la métaphysique. Anthologie des nouveaux matérialismes

 PUF - Mai 2026


Au tournant du XXIe siècle, les nouveaux matérialismes ont émergé comme un courant métaphysique, interrogeant les frontières entre corps et norme, matière et pensée, nature et culture. Portés par des philosophes comme Karen Barad, Jane Bennett, Rosi Braidotti, Stacy Alaimo ou Elizabeth Grosz, ces travaux ont profondément renouvelé les débats féministes et philosophiques, en affirmant le rôle de la matière, du corps et de la nature dans la production des phénomènes sociaux.
En France, ces théories restent largement méconnues malgré leur ancrage dans des traditions intellectuelles françaises et les perspectives qu’elles ouvrent. Cette anthologie, pensée dans le contexte d'un renouvellement des études féministes et queer et d'une attention croissante à l'écologie, comble ce vide en réunissant des textes clés, traduits pour la première fois.

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Philippe Breton : Pour une théorie psychique de l'opinion. Pourquoi pense-t-on ce que l'on pense ?

 Erès - Mai 2026


La question qui est au cœur du livre est la suivante : comment nous formons-nous nos opinions ? Pourquoi partageons-nous telle ou telle valeur ou croyance ? Le recours à la psychanalyse, au croisement avec l’anthropologie de la parole et du débat, permet d’y répondre concrètement.
Philippe Breton propose une approche transversale en liant la psychanalyse et l'anthropologie de la parole pour éclairer la genèse de nos convictions. Un éclairage original qui dépasse le simple cadre de la sociologie politique pour explorer l'intime.
L'ouvrage analyse comment la capacité à débattre et à forger des avis "souples" agit comme un régulateur de nos pulsions archaïques. Une réflexion essentielle sur la fonction civilisatrice du dialogue dans une société sous tension.

Philippe Breton est lauréat de l’Institut de France (prix de l'Académie des sciences morales et politiques), psychanalyste, professeur émérite à l’université de Strasbourg et directeur de l’Observatoire de la vie politique en Alsace (ovipal.com). Il est par ailleurs administrateur national de la Croix-Rouge française.

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Philosophia scientiae 30/1, 2026 : Reconfigurations robotiques

 Kimé - Avril 2026


Les technologies dites intelligentes (robots, IA, systèmes automatisés) semblent s'imposer à nous de façon inexorable. Leur diffusion suscite une véritable effervescence collective nourrie de promesses, d'inquiétudes, de récits d'innovation ou d'asservissement, de scénarios eschatologiques... Dans ce contexte, il devient difficile de distinguer ce qui relève du réel ou de l'imaginaire. Ce numéro spécial aborde les effets de ces objets dans des mondes sociaux aussi divers que l'agriculture, l'industrie, la prospective militaire, le jeu de Go, la science-fiction ou encore le droit. En s'appuyant sur la notion de reconfiguration, il montre comment l'automatisation transforme en profondeur les pratiques professionnelles, les savoirs experts, les institutions, mais aussi comment elle s'articule avec des représentations et des mises en récit. Les contributions réunies dans ce dossier examinent les modalités d'existence des systèmes intelligents, les cultures épistémiques associées à leur conception, les bouleversements et les rapports nouveaux qu'ils provoquent, en se concentrant sur leurs dimensions matérielle, sociale et imaginaire. Elles dressent une cartographie des mutations en cours et soulève une question centrale : quelle société ces technologies sont-elles en train de construire ?

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Olivier Guerrier, Laurent Gerbier (dir.) : Parrêsia et civilité entre France et Italie (Renaissance-xviie siècle)

 Classiques Garnier - Avril 2026


Cette enquête, pluridisciplinaire, met la parrêsia, héritée de l'Antiquité, à l'épreuve de la « civilité », qui s'épanouit entre Italie et France dans une période qui va du Quattrocento à la fin de l'âge classique. On y repère ce qui dans les textes étudiés peut relever de la première, que le terme soit présent ou alors qu'on en rencontre un avatar dans les langues considérées, ce pour caractériser une attitude et une parole qui ne font pas forcément bon ménage avec les formes de sociabilité en vigueur. Entre Italie et France, dans la cité, les cours puis les salons, les modes « parrêsiastiques » peuvent en effet figurer comme des résistances d'un type de lien social antérieur, qu'on tente parfois de fondre au sein de la logique nouvelle.

Olivier Guerrier est professeur en langue et littérature françaises à l'université Toulouse - Jean-Jaurès, membre de l'Institut universitaire de France et ancien président de la Société internationale des amis de Montaigne. Il est notamment spécialiste des rapports entre littérature et savoirs à la Renaissance, de Montaigne, La Boétie et de la réception de Plutarque dans l'humanisme.
Laurent Gerbier est maître de conférences HDR en philosophie à l'université de Tours, directeur de l'InTRu (Interactions, transferts, ruptures dans l'art et la culture, EA 6301), président du comité éditorial des Presses universitaires François-Rabelais, codirecteur des Cahiers La Boétie et de la collection « Iconotextes ». Il a notamment publié Les Raisons de l'empire (Paris, 2016).

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mardi 14 avril 2026

Bertrand Quentin : Philosophie de la vieillesse

 Kimé - Avril 2026


Entre le cliché d’une vieillesse qui serait le pire à venir et celui d’une jeunesse qui serait le meilleur déjà vécu, la complexité de l’existence nous ouvre à bien d’autres questions que seule une philosophie définie comme polythéisme méthodologique peut explorer de manière nouvelle et iconoclaste : « La vieillesse existe-t-elle vraiment? », « À quoi sert un vieux? ». Bertrand Quentin se sert de cette méthode bien à lui pour regarder avec discernement notre vieillesse et ses épouvantails comme l’Alzheimer, la sexualité ou la dépendance, et toutes les au- tres conceptions biologisantes et statistiques dont la prétendue objectivité est fort discutable. Car elles laissent dans l’ombre la réflexion philosophique à mener à la lumière des grands auteurs et des références scientifiques précises: psychologues (Hillman), sociologues (Caradec, Rigaux), philosophes (Platon, Aristote, Cicéron, Montaigne, Hegel, Beauvoir) etc. Au fil des pages, chaque penseur est analysé avec clarté dans la profon- deur de son époque et vient ajouter une facette nouvelle à no- tre réflexion. Il s’avère en définitive que la manière dont nous voyons la vieillesse, dont nous la produisons, révèle qui nous sommes et ce que nous devenons.

Bertrand Quentin est agrégé et docteur en philosophie. Maître de conférences HDR à l’université Gustave Eiffel (Marne-la-Vallée). Il est responsable du Master 1 de philosophie, parcours « éthique mé- dicale et hospitalière appliquée ». Il a publié des ouvrages dans le domaine éthique, récompensés par plusieurs prix.

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Daniel Horowitz : La fidélité au réel. Mémoire, vérité et responsabilité morale

FYP éditions - Avril 2026


Dans une époque prompte à recouvrir les faits de rhétorique morale, à substituer aux réalités des récits plus confortables, Daniel Horowitz choisit une autre voie : celle de la fidélité au réel. Né dans la communauté juive ashkénaze d'Anvers, autodidacte, polyglotte, mélomane, il a conduit une longue carrière professionnelle avant d'émigrer en Israël. La fidélité au réel est le fruit d'une réflexion forgée tout au long d'une vie, au croisement de l'histoire juive, de la culture européenne et de la morale contemporaine.
Il l'écrit avec l'urgence de celui qui sait que le temps n'attend pas. Ce livre n'est pas un réquisitoire. C'est une exigence. Une exigence de regard, de mémoire, de transmission. Il traverse les points les plus sensibles de notre temps : l'antisémitisme sous de nouveaux visages, la faillite morale d'une partie des élites occidentales, la solitude d'Israël face au monde, le délitement culturel et spirituel de l'Occident.
Mais Horowitz ne traite pas ces questions comme des sujets séparés — il les relie, parce qu'elles disent au fond une seule et même vérité : lorsqu'une civilisation s'installe dans le mensonge, elle commence à se défaire. Pour éclairer sa réflexion, il convoque une galerie de penseurs d'une rare richesse : Maïmonide, Spinoza, Marcel Proust, Albert Camus, Georges Steiner, Georges Bensoussan... Autant de témoins d'une exigence commune : la mémoire fidèle au réel est toujours vulnérable, toujours dérangeante.
Elle refuse les absolutions commodes, contredit les récits établis, oblige à regarder en face ce que l'on préférerait taire. La mémoire n'est pas un refuge. C'est une responsabilité. Et c'est peut-être là, face à la barbarie, que tout se joue : dans cette fidélité obstinée au réel qui conduit, lucidement, à choisir la vie.

Daniel Horowitz est essayiste et enseignant en philosophie morale. Il développe depuis vingt ans une réflexion originale sur la vérité, la responsabilité et le rapport au réel. Sa prose claire et précise s’inscrit dans la tradition française de la pensée critique.

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Nacéra Benseddik (dir.) : Saint Augustin. Identité africaine et ouverture à l’universel

 Cerf - Mars 2026


Qui était vraiment saint Augustin ? Dans quelle Afrique sa pensée a-t-elle pris forme ?
Trop souvent rapporté à l’Europe latine et occidentale, Augustin fut un ls de l’Afrique du Nord, façonné par une terre chrétienne d’une grande ferveur et d’une richesse intellectuelle unique.
Avant Milan et l’illustre conversion, il y eut Thagaste, Carthage, Hippone : les véritables berceaux de son génie.
Historiens et théologiens, algériens et français, croisent ici leurs regards pour mettre en lumière l’influence décisive de cette Afrique chrétienne sur l’itinéraire spirituel et théologique d’Augustin. Mgr Henri Tessier (†) montre ainsi comment le futur docteur de l’Église découvrit très tôt, sur sa terre natale, la portée universelle des grandes questions humaines et philosophiques.
D’autres contributions suivent pas à pas le chemin d’Augustin, de son enfance à Thagaste jusqu’à Hippone, et soulignent ainsi l’actualité brûlante de son message spirituel.
Se dessine ici un visage inattendu d’Augustin, enraciné et ouvert au monde, qui nous rappelle avec force que le message chrétien déborde les frontières, traverse les cultures et irrigue les nations.
Un portrait puissant qui restitue à Augustin sa terre, sa force et sa dimension universelle.

Historienne de l’Antiquité, épigraphiste et archéologue, docteur d’État en histoire ancienne (Paris 4-Sorbonne, 1995), Nacéra Benseddik a été chargée de recherche à la Direction des musées t de l’archéologie au ministère de l’Information et de la Culture Algérie), professeur à l’École des beaux-arts d’Alger, puis rofesseur à l’École supérieure de conservation et de restauration.

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François Bégaudeau : Du mépris

 Cause perdue - Avril 2026


Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manœuvres. Et dans le même temps nous détestons tous le mépris. C’est dans cette contradiction, dans cette brèche que "Du mépris" s’engouffre. S’il y a du méprisable il faut des méprisants pour l’émettre. S’il y a du méprisable, il y a des circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? À quel propos honorer le mépris ? Au départ l’auteur n’en a qu’une très vague idée. Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d’une intuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme on ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d’une amie. Le mot mépris est douteux, douteux d’être cuisiné à toutes les sauces. D’être dégainé à tout propos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l’accusation de mépris devient suspecte. Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque chose. Sous le couvert du mépris autre chose se joue. Sous le couvert du mépris de classe, dont chacun accuse tous, autre chose se joue. Comme autre chose se joue sous le couvert du mépris culturel, dont pléthore de plaintifs se disent l’objet. De paragraphe en paragraphe, d’anecdotes personnelles en choses vues, le texte complique le fléchage du mépris, et parfois l’inverse. Les coutumières et confortables polarités se brouillent. Qui méprise qui ? est une question à poser à nouveaux frais. Qui méprise le plus les gens, de Dany Boon qui proclame respecter le public populaire ou du critique atterré par l’indigence de ses productions ? Qui insulte le plus l’intelligence des gens ? L’adjectif populaire n’est il pas d’une condescendance achevée ? Chemin faisant, texte écrivant, il apparaît que celui qui crie au mépris documente avant tout le mépris qu’il se voue. Il apparaît, par suite, que le mépris, qui par définition fonctionne de haut en bas, est la meilleure parade du bas contre le haut. Le meilleur mur à bâtir contre les assauts des nantis. Ils nous méprisent ? Méprisons leur mépris. Mieux que la colère, qui souvent n’ébranle que soi, beaucoup mieux que la haine qui souvent est haine de soi, le mépris devient l’affect porteur de toute politique d’autonomie.

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lundi 13 avril 2026

Grzegorz Sienkiewicz : En quête de la rédemption scientifique. Les principes comtiens de la religion face aux problèmes d'épistémologie

Academic Press Fribourg - Avril 2026


Cet ouvrage retrace l'examen de la problématique de l'apparition de la religion, telle que le souhaitait Auguste Comte en ayant dégagé ce qui lui conférait son caractère positif, ainsi que l'explication des conditions nécessaires à cette positivité. Cela a eu pour conséquence que la démarche méthodologique de Comte entreprise dès le début de sa quête philosophique n'a pas su se défaire de la tutelle de sa première intuition proclamée déjà en 1817 : « Tout est relatif, voilà le seul principe absolu ». Bien entendu, cette constatation n'était que le résultat d'une longue observation des sciences et de leurs conditions pour des données de fait qui s'imposent du dehors à l'esprit qui les examine sans que ce dernier puisse tirer de lui-même, en une expression abstraite, les règles auxquelles doit obéir toute connaissance. Comte avait rejeté radicalement toute forme de connaissance due à la contemplation de l'esprit en vue de découvrir les lois fondamentales du savoir humain. Pour lui, une telle psychologie de l'observation intérieure ne pouvait qu'entraver la vraie connaissance des phénomènes extérieurs dont les sciences étaient les seules manifestations véritablement appréhensibles par l'intelligence. Il en va de même pour l'ensemble des connaissances religieuses, ici systématiquement soumises aux exigences de la critique épistémologique.

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Ludovic Chevalier, Yvan Lamonde, Martin Provencher (dir.) : Explorations en philosophie québécoise

 PU de Laval - Avril 2026


Le présent ouvrage porte sur la philosophie québécoise et est issu d’une journée d’étude qui s’est tenue au cégep de Rosemont le 3 juin 2023 sur le thème « L’expérience philosophique au Québec ». Cette journée fut organisée dans le cadre du projet de recherche subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines intitulé « Analyse de textes philosophiques québécois assistée par ordinateur », dirigé par le regretté Jean-Guy Meunier de l’Université du Québec à Montréal.

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Gaetano Lettieri : De la lettre à l’Esprit. Dialectiques herméneutiques entre ontologie et grâce de Paul à Augustin

 Vrin - Avril 2026


Les systèmes théologiques proto-chrétiens et patristiques les plus profonds – ceux de Ptolémée le gnostique, d’Origène, de Grégoire de Nysse et d’Augustin – constituent autant d’herméneutiques mystico-spéculatives de l’opposition paulinienne entre la littera occidens et le Spiritus vivificans, laquelle subit de profondes métamorphoses. À travers celles-ci, l’annonce judéo-chrétienne de l’apocalypse de la grâce se trouve contaminée par la pensée grecque de l’être, tout en s’en écartant : il en résulte plusieurs configurations d’une ontologie eschatologico-messianique ambiguë. Ce livre a pour objectif de documenter, en une approche historico-critique, les métamorphoses de la dialectique littera/Spiritus chez ces quatre auteurs pour montrer que dans ce processus, le Christ devient la puissance apocalyptique du transfert polymorphe de la lettre religieuse à l’Esprit.

Gaetano Lettieri est professeur d’histoire du christianisme et des Églises et vice-recteur chargé des politiques culturelles à l’Université La Sapienza de Rome. Il est membre de l’Accademia Nazionale dei Lincei.Texte traduit par M. van G

Traduction de Van Geertruijden Martine,Rendina Gabriele,Brandodoro Niccolò

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Philippe Foray : Le concept de Bildung dans la pensée allemande classique. Herder, Schiller, Goethe, Humboldt

 Vrin - Avril 2026


Réunis dans le petit périmètre du duché de Weimar au tournant du XIXe siècle, Johann von Herder, Friedrich Schiller, Johann von Goethe et Wilhelm von Humboldt placent tous les quatre l’idée de Bildung au cœur de leurs œuvres. Par ce terme de Bildung qui est, selon le mot de Mendelssohn, un « nouveau venu » dans la langue allemande, on entend ici le processus par lequel, passant de l’enfance à l’âge adulte, l’être humain se forme intellectuellement, socialement et moralement.
Soulignant les liens entre la Bildung et l’histoire individuelle et collective, la place de la nature, celle de l’expérience et celles des institutions éducatives, l’ouvrage montre de quelles différentes manières ces auteurs ont conçu ce que Hans Georg Gadamer a appelé « un nouvel idéal d’une formation (Bildung) de l’être humain ».

Philippe Foray, est Professeur à l’Université Jean Monnet à Saint-Etienne, et membre de l’« Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités » (IHRIM, CNRS, UMR 5317).

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Candi K. Cann : Augmented. Life and death as a cyborg

The MIT Press - Mars 2026


A provocative rethinking of the intersection of death, technology, and disability, for a better life.

We are all cyborgs, relying on technology—whether it’s Alexa, a pacemaker, or a titanium knee—for our quotidian existence. In our deep connection to a technological world, from robots to augmented and virtual realities, metaverses, and gaming, Candi Cann sees an opportunity, and good reason, to question our ideas about accessibility and inclusion. In augmented, she asks us to reconsider traditional notions of biology and death.
Having relied on hearing aids from the age of four, Cann uses her experience to challenge readers to reconsider their assumptions about technologies and their role in life—and death. She also focuses on what it means that most of us are living longer with the intervention of medical technologies, and how a better understanding of our relationship to technology will grant us greater control as we age. Drawing on her life experience in Asia, the author explains how cultural and religious views of machines and artificial intelligence vary globally—in particular, how a Western fear of machines contrasts with an animistic worldview that can see machines as conduits of care for others, embedding spiritual possibilities.

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dimanche 12 avril 2026

Gaston Bachelard : L'air et les songes

 Corti - Avril 2026


« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n’avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n’est pas une chute, car nous avons la certitude de l’élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l’élasticité. Il a aussi l’impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)

Gaston Bachelard (1884-1962) est un écrivain, professeur et philosophe français. Issu d’une famille d’artisans cordonniers, il devient, vers sa vingtième année, employé aux Postes et Télégraphes de Remiremont. Il enseigne ensuite la physique et la chimie mais entre-temps, il passe coup sur coup, en autodidacte et frisant la quarantaine, sa licence et son agrégation de philosophie. Cinq ans plus tard (1927), il est docteur ès-lettres. Chargé de cours, puis professeur de philosophie à la faculté des Lettres de Dijon, il devient en 1940 professeur à la Sorbonne.

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Guillaume Chevillon : Algorithmes queers. Perturber les technologies, imaginer nos futurs

 B42 - Avril 2026


À la croisée de la théorie queer et de la conception algorithmique se niche le potentiel d’une intelligence artificielle fluide, non-linéaire et nourrie des potentialités de l’erreur. Afin de démontrer les capacités présentes et potentielles de ces « algorithmes queers », Guillaume Chevillon convoque une multiplicité de sources allant des sciences sociales à l’économie, en passant par les études queer et l’art contemporain. Dans ce texte radicalement prospectif, l’auteur explore comment les algorithmes et les outils d’analyse de données peuvent esquisser des chemins alternatifs pour les technologies à venir en prenant en compte la diversité des expériences cognitives et physiques propres aux êtres humains. Au cœur de cet essai figure l’importance cruciale de l’acceptation de l’erreur comme moteur potentiel des outils de prédiction. Alors que les algorithmes fondés sur des principes déterministes, normatifs ou binaires ne sont pas suffisamment robustes pour atteindre leurs objectifs de modélisation et de prédiction, cet économiste spécialiste de l’IA préconise une approche systémique, nourrie des théories queers, pour repenser les algorithmes et interagir avec eux. Algorithmes queers en appelle à un effort collaboratif pour développer nos capacités d’action et repenser notre rapport à la technologie, afin de permettre à cette dernière de mieux refléter la complexité des identités humaines, mais aussi d’éviter les dérives et les prises de pouvoir par quelques un·es, et enfin dessiner nos propres chemins.

Guillaume Chevillon est chercheur en économie et science des données, professeur à l’ESSEC, titulaire de la Chaire sur la Culture, les arts et technologies créatives et directeur de l’Institut Metalab pour l’IA, les données et la société. Spécialiste de l’économétrie et des méthodes de prévision, il travaille sur les phénomènes dynamiques en économie et les interactions entre apprentissage automatique et comportements humains. Il collabore régulièrement avec des artistes et développe une approche transdisciplinaire pour penser les enjeux technologiques contemporains.

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