vendredi 19 juin 2026

Michel Fédou : La sagesse et le monde. Essai sur la christologie d'Origène

 Desclée Mame - Juin 2026


Théologien et exégète chrétien né à Alexandrie vers 185 et mort à Césarée de Palestine en 252 ou 253, Origène s'est attiré, par son enseignement dans ces deux villes, dès son époque même, une réputation universelle. Ayant écrit près de 2 000 ouvrages dont beaucoup ne nous sont pas parvenus, en exégèse et en théologie mais aussi en apologétique et en Théologien et exégète chrétien né à Alexandrie vers 185 et mort à Césarée de Palestine en 252 ou 253, Origène s'est attiré, par son enseignement dans ces deux villes, dès son époque même, une réputation universelle. Ayant écrit près de 2 000 ouvrages dont beaucoup ne nous sont pas parvenus, en exégèse et en théologie mais aussi en apologétique et en "ascétique et mystique", il a de fait "ouvert la voie à toutes les sciences sacrées". C'est dire s'il importe de recueillir son enseignement quand ce qui est en cause est précisément le coeur de la foi chrétienne : la confession de Jésus de Nazareth comme le propre Verbe et l'unique Fils de Dieu...
Mais une telle importance se double du fait que ce témoin majeur de la Tradition chrétienne de la première moitié du Ille siècle a été victime d'erreurs d'interprétation, qui ont même conduit à le taxer d'hétérodoxie, entre autres, en matière de foi christologique. L'intérêt principal du présent ouvrage qui propose une "christologie selon Origène" est de faire justice de ce genre d'accusations. Non seulement M. Fédou parvient à présenter ici une interprétation des formulations origéniennes qui, sur l'essentiel , es lave de tout soupçon ; mais i ait e surcroît apparaître que ce qui fut source de malentendus peut s'expliquer par le contexte historique de l'époque et s'intègre à une pensée bel et bien susceptible d'enrichir toute la réflexion christologique d'aujourd'hui. 

M. Fédou est professeur au Centre-Sèvres où il enseigne depuis 1987 la patristique et la théologie dogmatique. Né en 1952, agrégé de lettres classiques, il est entré dans la Compagnie de Jésus en 1976. Il a publié Christianisme et religions païennes dans le "Contre Celse" d'Origène - sa thèse - aux éditions Beauchesne, en 1988. Il collabore avec le père Sesboüé au Bulletin de "Patristique et origines chrétiennes" dans la prestigieuse revue Recherches de Science Religieuse.

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Patrick Martin-Mattera : Temps, amour et illusion

 PU de Midi - Mai 2026


Un regard psychanalytique inédit sur le temps, l’amour et l’illusion, analysant les dynamiques fondamentales du coup de foudre et du processus créatif tout en proposant une réflexion originale sur la structuration de l’expérience humaine.
L’amour et la création partagent un même caractère énigmatique : leur rapport au temps, marqué par l’illusion. Non que ces expériences soient des leurres, mais notre perception du monde s’enracine dans une illusion fondatrice, celle que le moi construit dès le stade du miroir.
À partir de cette hypothèse, l’ouvrage explore les fondements psychiques de notre rapport au temps, le déploiement historique des modalités de l’amour, la dynamique du coup de foudre, la critique de l’expérience du bonheur, de même que la temporalité du processus de création. S’appuyant sur une approche psychanalytique, l’auteur y développe des propositions originales, déterminantes pour comprendre ces dynamiques essentielles.

Patrick Martin-Mattera est psychologue et psychanalyste. Il a travaillé à l’hôpital psychiatrique avant d’intégrer en 1982 l’université catholique de l’Ouest à Angers, où il est à présent professeur émérite de psychopathologie et psychanalyse. Il est membre du laboratoire RPPsy (Recherches en psychopathologie et psychanalyse). Ses thématiques de recherche portent sur l’amour, la douleur, la temporalité, la création et les structures cliniques. Autres titres Texte indicatif Papiers psychanalytiques 17,07€ La farce ou la condition humaine post-tragique La farce ou la condition humaine post-tragique 20,00€

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François Rosset (dir.) : Le Groupe de Coppet et la religion

 Slatkine - Juin 2026


Dans cette période d’entre-deux où la Révolution a mis en mouvement le balancier entre le rejet et la nostalgie du monde ancien, la religion s’affiche prioritairement comme un enjeu social, politique et philosophique, bien plus que théologique. Pour les membres du Groupe de Coppet, la religion est un objet de pensée toujours confronté à l’expérience personnelle, sociale et politique du sujet pensant. Un objet à repenser sans cesse au gré des événements qui se précipitent sous tension permanente, une affaire supposément privée qui s’impose dans l’espace public. Cet objet n’est pas seulement enjeu de confrontations radicales, mais il tient également lieu de point de référence lorsqu’il s’agit d’évoquer le soubassement des rapports sociaux souvent si cruels pour les individus ou de questionner les principes moraux censés régir les comportements au sein de la communauté. La religion est alors reconnue comme nécessaire, non pas telle qu’elle s’est figée dans des institutions mêlées inévitablement à l’exercice du pouvoir, mais en tant qu’elle est perçue comme une composante anthropologique fondamentale, propre à animer chez les individus et, par addition, au sein des communautés humaines, le meilleur de leurs capacités créatrices et morales. La vingtaine d’études réunies dans cet ouvrage présentent autant d’approches différenciées qui viennent porter une lumière nouvelle sur la question si complexe et rarement traitée jusqu’ici de la religion pensée et vécue au sein du Groupe de Coppet.

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jeudi 18 juin 2026

Sigila, n°57, Printemps-été 2026 : Conversions- Conversões

 Sigila - Juin 2026


Ce numéro aborde la conversion sous plusieurs angles : -Celui de la religion avec divers parcours, tant du judaïsme au catholicisme, notamment au Portugal, ou chez le surréaliste Max Jacob, que de la foi à l’incroyance (Simone de Beauvoir). On lira l’article sur le film de Bellochio « L’enlèvement » qui retrace à merveille la conversion forcée de Mortara au XIXe siècle en Italie. -Celui du genre (les transitions et leur vécu, mais aussi le cas des Burrnesha-s d’Albanie, femmes perdant leur liberté pour acquérir le pouvoir des hommes). - Celui de la profession (Mario Dionisio, Françoise Renaud) et de la vocation philosophique (Robert Misrahi, Nicolas Berdiaev, Karl Jaspers)Les lecteurs pourront dégager des traits communs à ces parcours de changements voire de métamorphoses mais aussi des spécificités. De quel secret psychologique ou social s’agit-il ?

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Claude Buffier : Éléments de métaphysique

 Vrin - Juin 2026


Claude Buffier (1661-1737) publie en 1725 les Éléments de métaphysique à la portée de tout le monde. Faut-il voir dans ce dialogue entre Eugène, esprit mondain, et Téandre, philosophe expérimenté, un simple exposé de son Traité des premières vérités de 1724 à destination des novices? Certes, la métaphysique est cette science qu’il s’agit de rendre accessible au plus grand nombre, mais elle est aussi redéfinie par Buffier comme l’exactitude dans l’usage de notre pensée. Ceux qui, comme Eugène, n’ont pour eux que le sens commun, feraient au fond de la philosophie sans le savoir. Cette édition critique – la première à confronter le texte de 1725 avec la version remaniée que Buffier fera paraître en 1732 – est précédée d’une longue introduction et suivie de trois annexes qui éclairent plusieurs enjeux de l’ouvrage.

Édition, présentation et notes par L. Rouquayrol.

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Philippe Grosos, Camille Riquier, Sylvain Roux (dir.) : Athènes et Jérusalem face à la naissance de la philosophie

 PU de Rennes - Juin 2026


L’avènement de la philosophie au tournant des v et ive siècles avant notre ère est un événement majeur de l’histoire de la pensée. Il l’est pour la culture de la Grèce antique elle-même ; mais il l’est également pour le monothéisme juif qui le précède, puis pour celui, chrétien, qui lui succède. Or pour le penser, il ne suffit pas de parler d’un « miracle grec ». Si l’expression est fameuse, elle ne fait toutefois, sous prétexte d’admiration, que jeter un voile trouble sur le commencement et la destination de cette discipline. Occultant les facteurs matériels et culturels qui ont préparé sa naissance, elle ne permet pas davantage de prendre la mesure des sources non philosophiques auxquelles la philosophie s’est adossée après avoir quitté son berceau grec. L’enjeu de l’ouvrage consiste donc à reprendre le problème à nouveau frais. Qu’en est-il d’Athènes et de Jérusalem face à la naissance de la philosophie ? Afin de répondre à cette question, quatre axes d’étude sont ici mis en place : l’analyse de la violence politique au sein de laquelle la philosophie grecque naît ; l’appropriation progressive de ce savoir nouveau ainsi que de son mode d’énonciation par le monothéisme ; l’apport et l’irréductibilité du judaïsme et de ses traditions narratives ; la transformation mutuelle des traditions philosophiques et religieuses, entre métaphysiques et foi, au sein du christianisme.

Établi sous la direction de Philippe Grosos, Camille Riquier et Sylvain Roux, cet ouvrage intègre les contributions d’Olivier Boulnois, Rémi Brague, Catherine Chalier, Vincent Delecroix, Jérôme de Gramont, Anthony Feneuil, Anne Merker, Jacob Rogozinski et Anca Vasiliu.

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Proclus : Commentaire sur le premier livre des Éléments d’Euclide

 Vrin - Juin 2026


Le commentaire de Proclus (412-485) au premier livre des Éléments d’Euclide est un texte fondamental pour l’étude de la philosophie néoplatonicienne des mathématiques, mais aussi pour l’histoire de la géométrie dans l’Antiquité et, plus particulièrement, pour celle de l’interprétation d’Euclide. De plus, la réception de ce commentaire à la Renaissance a suscité un intérêt considérable pour la philosophie des mathématiques, grâce notamment à la traduction latine de Francesco Barozzi parue en 1560. L’édition de référence était à ce jour celle de G. Friedlein, parue en 1873. Entre-temps, l’essor des études sur le néoplatonisme, et en particulier sur Proclus, a contribué à une meilleure interprétation du commentaire sur Euclide. Les études récentes sur Euclide lui-même sont tout aussi importantes. Dans cet ouvrage, Carlos Steel présente une nouvelle édition critique du commentaire, basée sur une étude approfondie de la tradition manuscrite. La traduction française du texte grec par Alain Lernould est accompagnée d’une riche annotation. Cette nouvelle édition-traduction facilitera l’accès à ce commentaire remarquable, qui occupe une place centrale dans l’histoire des mathématiques et de la philosophie qui s’y rapporte.

Texte grec établi par Carlos Steel, traduction française avec notes par Alain Lernould.
Traduction de Lernould Alain

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Le Tasse : Discours de l’art poétique, suivi de Discours du poème héroïque

 Classiques Garnier - Juin 2026


Sur fond de querelles littéraires, le Tasse n'a cessé tout au long de sa vie de questionner la diversité des formes et des fonctions de la poésie. Sa poétique se fonde sur la lecture active d'Aristote pour proposer non des règles ou des modèles à imiter, mais une méthode de composition capable de concilier la liberté d'invention du roman moderne avec les principes fondamentaux de l'épopée antique. En poète lucide et exigeant, il renoue les liens entre poésie et philosophie pour mieux accorder le sensible et l'intelligible, l'imagination et le jugement, le réel et la fiction. Si son épopée a marqué durablement l'histoire de la littérature européenne, c'est aussi parce qu'il concevait le plaisir de lire comme une expérience éthique.

Françoise Graziani (traduction et édition) est professeure des universités émérite. Autrice de nombreux travaux comparatistes sur le Tasse, la tradition aristotélicienne et la poésie européenne des XVIe et XVIIe siècles, elle a également publié diverses traductions et éditions de textes ainsi qu'une synthèse sur les poétiques baroques et la réception du Tasse et de Marino en France (Variété du conceptisme [Paris, 2019]).

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Angélique Christaki : a Promesse de la psychanalyse dans le monde contemporain. Sémiotique de l'impossible à dire

 Classiques Garnier - Juin 2026


Que peut promettre une psychanalyse dans le monde contemporain ? Chaque analyse contient une promesse qui touche au plus intime de l'être parlant. Or, le plus intime est aussi le plus étranger ; il est le lieu d'un impossible à dire, dont la sémiotique inscrit les signes dans des formes signifiantes. À l'endroit de cet impossible pulse un enjeu vital qui s'élabore, séance après séance, tout en résistant aussi bien au savoir qu'à la vérité. Expérience de l'exil intime, cette élaboration, appartient à ce travail spécifiquement analytique que Freud nomme Kulturarbeit. Ce travail d'affiliation à la culture se déploie au seuil de l'indicible, à partir duquel se tisse la possibilité, pour celui qui s'y confronte, de revenir comme autre.

Angélique Christaki, psychanalyste, docteur (HDR) en psychopathologie fondamentale et psychanalyse, est enseignante à l'université Sorbonne Paris Nord. Elle a notamment publié La Musique barbare de l'hallucination (Paris, 2016), traduit en grec en 2023 et Cliniques d'étrangeté... (Paris, 2018). Elle a également dirigé L'Inquiétante étrangeté... (Paris, 2020) et Langue maternelle... (Paris, 2022).

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François Bégaudeau : Du mépris

 Cause perdue - Juin 2026


Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manœuvres. Et dans le même temps nous détestons tous le mépris. C’est dans cette contradiction, dans cette brèche que "Du mépris" s’engouffre. S’il y a du méprisable il faut des méprisants pour l’émettre. S’il y a du méprisable, il y a des circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? À quel propos honorer le mépris ? Au départ l’auteur n’en a qu’une très vague idée. Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d’une intuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme on ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d’une amie. Le mot mépris est douteux, douteux d’être cuisiné à toutes les sauces. D’être dégainé à tout propos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l’accusation de mépris devient suspecte. Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque chose. Sous le couvert du mépris autre chose se joue. Sous le couvert du mépris de classe, dont chacun accuse tous, autre chose se joue. Comme autre chose se joue sous le couvert du mépris culturel, dont pléthore de plaintifs se disent l’objet. De paragraphe en paragraphe, d’anecdotes personnelles en choses vues, le texte complique le fléchage du mépris, et parfois l’inverse. Les coutumières et confortables polarités se brouillent. Qui méprise qui ? est une question à poser à nouveaux frais. Qui méprise le plus les gens, de Dany Boon qui proclame respecter le public populaire ou du critique atterré par l’indigence de ses productions ? Qui insulte le plus l’intelligence des gens ? L’adjectif populaire n’est il pas d’une condescendance achevée ? Chemin faisant, texte écrivant, il apparaît que celui qui crie au mépris documente avant tout le mépris qu’il se voue. Il apparaît, par suite, que le mépris, qui par définition fonctionne de haut en bas, est la meilleure parade du bas contre le haut. Le meilleur mur à bâtir contre les assauts des nantis. Ils nous méprisent ? Méprisons leur mépris. Mieux que la colère, qui souvent n’ébranle que soi, beaucoup mieux que la haine qui souvent est haine de soi, le mépris devient l’affect porteur de toute politique d’autonomie.

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Bruno Nassim Aboudrar : Occidentalismes. Peindre à l'européenne dans le monde (XVIᵉ - XXᵉ siècle)

 Flammarion - Février 2026


À la Renaissance, l'Europe se dote d'un système de représentation unique au monde. La perspective, le modelé, les dégradés de couleurs et d'ombres donnent l'illusion de la réalité. Sous forme de peintures et de gravures, cette technologie accompagne l'expansion de l'Occident à laquelle concourent, à l'époque moderne, navigateurs, missionnaires et marchands. Ses charmes illusionnistes séduisent souvent les sociétés qui la découvrent. Artistes et commanditaires, dans les deux Amériques, en Chine, au Japon ou au Proche-Orient, lui empruntent des motifs iconographiques et des manières de dépeindre. Leur art expérimente ainsi des formes d'occidentalisme. Mais ces cultures, pour lesquelles l'Europe est exotique, ne croient pas pour autant que, par son réalisme, la peinture européenne atteigne une vérité. Aussi, quand elles l'imitent, c'est moins pour s'y soumettre que pour la subvertir.

Professeur d'esthétique à l'Université Paris 3 - Sorbonne nouvelle, Bruno Nassim Aboudrar est l'auteur de plusieurs essais, notamment Nous n'irons plus au musée (Aubier, 2000), Comment le voile est devenu musulman (Flammarion, 2014) et Qui veut la peau de Vénus ? (Flammarion, 2016).

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mercredi 17 juin 2026

René Bloch : Débuts de la philosophie juive dans l'Antiquité

Collège de France - Juin 2026


Au cours de l’époque hellénistique, certains auteurs juifs entreprennent d’explorer des voies de convergence entre tradition juive et pensée grecque. Nous sommes alors aux premiers temps de l’histoire de la philosophie juive. Bien souvent, les préoccupations des penseurs de cette période ont été réduites à de simples dichotomies : judaïsme et hellénisme, philosophie et Loi juive, judaïsme et mythe grec. Or la question est plus complexe. René Bloch s’attache à déconstruire ces représentations en convoquant l’œuvre de Philon d’Alexandrie, exégète et philosophe de l’époque hellénistique et romaine. Il analyse ses travaux sur le cosmopolitisme, la pensée mythologique juive et grecque, le mysticisme et les rêves, avant d’interroger le thème fondamental de la diaspora juive. Plongeant au cœur des discussions et des contradictions théoriques de la philosophie juive ancienne, il donne à saisir sa place remarquable dans le monde gréco-romain et la manière dont elle a contribué à façonner la philosophie de l’Antiquité.

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Henri-Pierre Jeudy : A bords perdus. Digressions sur l'inquiétante étrangeté du corps

Créaphis éditions - Juin 2026


Dans une digression littéraire et philosophique sur un thème qui lui est cher – la fin de vie – Henry-Pierre Jeudy trouve une forme originale en seize courts chapitres qui s'ouvrent par des lettres fictives, écrites aux personnes de son environnement quotidien. Non sans humour, il réfléchit aux rapports au temps, à la perception des images, aux relations entre souvenirs et mémoire, aux manières contemporaines de communiquer.Les photographie en noir et blanc de Jacques Grison donnent au livre, par touches successives en contrepoint du texte, une atmosphère symbolique et poétique, aux accents de requiem visuel.

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Evelyne de Mevius : La tragédie de la reconnaissance. Une perspective hégélienne sur l'analyse et la résolution des conflits identitaires contemporains

Academic Press Fribourg - Juin 2026


S'il y a une catégorie commune à tous les processus et dispositifs de justice au lendemain de violences, c'est bien la reconnaissance. Et si la reconnaissance permet de dépasser cette violence, c'est que cette violence doit elle-même être liée, d'une façon ou d'une autre, à la reconnaissance. Mais qu'en est-il de ces conflits qui non seulement ne s'enracinent pas dans un déni de reconnaissance, mais qui en outre se déploient dans une extériorité à sa normativité ? Comment se fait-il que les puissances de la reconnaissance invoquées à leur suite puissent avoir une quelconque efficace pour les surmonter ? Une lecture originale de la Philosophie de l'esprit (1805-1806) de Hegel apporte un éclairage nouveau sur cette question brûlante d'actualité.

Evelyne de Mevius est docteure en philosophie de l'Université Paris Nanterre et en théologie de l'Université de Genève. Après avoir défendu sa thèse en 2019, elle devient traductrice, enseignante et consultante avant de s'orienter vers la médiation. Elle vit à Bruxelles avec son mari et leurs deux enfants.

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Marc Bloch : Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien

 Armand Colin - Juin 2026


À l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch, Armand Colin réunit trois textes majeurs de l’historien des Annales dans une nouvelle édition. Parmi eux, Apologie pour l’histoire, œuvre fondatrice et incontournable, occupe une place centrale. Cette édition, entièrement revue, enrichie et mise en perspective par Massimo Mastrogregori, s’impose désormais comme l’édition de référence.
« Expliquer comment travaille un historien et lutter pour la libération face aux nazis sont deux tâches qui, malgré leur différence, sont mystérieusement apparentées. » Massimo Mastrogregori, éditeur de la nouvelle version du chef d’œuvre inachevé de Marc Bloch, résume dans cette phrase ce qui fait de l’Apologie pour l’histoire une lecture essentielle — non seulement pour les spécialistes de l’historiographie, mais pour tous ceux qui s’interrogent sur le présent et sur leur rôle de citoyens.
Rédigé dans les circonstances dramatiques de la Résistance, ce texte porte l’urgence de son temps. Bloch y affirme sa conviction que l’histoire, en tant que pratique intellectuelle et sociale, contribue à tisser les liens qui fondent une communauté. Il cherche à transmettre ce message au plus grand nombre.
Cette édition entièrement révisée reconstitue les chapitres manquants à partir du plan de l’auteur, de ses notes et de documents publiés ou inédits. Un travail minutieux qui restitue l’ouvrage au plus près de la forme voulue par Bloch.

Marc Bloch fut titulaire de la première chaire d'histoire économique à la Sorbonne. Fondateur avec Lucien Febvre des Annales d'histoire économique et sociale, il demeure l'un des grands maîtres de l'école historique française.

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mardi 16 juin 2026

David Bergeron : Thomas Jefferson, la Nature, l'individu et la liberté. Explicitation des fondements d'une pensée humaniste et libérale

Hermann - Juin 2026




Thomas Jefferson (1743-1826) est un acteur politique de premier plan. Principal auteur de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique (1776) et troisième président de l'Union (1801-1809), il est une figure incontournable de l'histoire américaine. Bien que des philosophes anglophones comme Mark Andrew Holowchak et Lee Ward se soient intéress…
Thomas Jefferson (1743-1826) est un acteur politique de premier plan. Principal auteur de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique (1776) et troisième président de l'Union (1801-1809), il est une figure incontournable de l'histoire américaine. Bien que des philosophes anglophones comme Mark Andrew Holowchak et Lee Ward se soient intéressés aux sources conceptuelles et à la substance philosophique de la pensée de ce père fondateur, peu d'études ont été produites sur ce thème dans la littérature académique francophone.
Pour pallier ce manque, cet ouvrage propose un panorama général de la pensée philosophique de Jefferson.

David Bergeron est docteur en philosophie. Il s’intéresse principalement à la philosophie sociale et politique (libéralisme) ainsi qu’à la philosophie de la nature. Ses études se centrent surtout sur John Locke, David Hume et Thomas Jefferson.

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Raymond Massé : Les droits de l'homme, une utopie ?

 PU de Laval - Juin 2026


Les rapports annuels produits par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et un regard sur l’état actuel du monde confirment que le respect des droits de l’homme est loin d’être un acquis. Les droits de l’homme relèvent-ils alors d’une pure utopie ? Une parenthèse enchantée de l’histoire de l’humanité limitée au xxe siècle ? On pourrait le croire au vu des critiques décomplexées adressées aux instances internationales et aux organisations non gouvernementales par plusieurs régimes autoritaires ou illibéraux. L’objectif du présent essai est de nourrir la réflexion en évitant les pièges, tant d’un optimisme aveugle que d’un pessimisme démobilisateur. Toute utopie est une force subversive, émancipatrice et mobilisatrice. En tant qu’utopie raisonnable, celle des droits de l’homme s’impose pour lutter contre les dérives déshumanisantes du monde. À la condition d’avoir le courage de défendre l’universel, celui des valeurs face au relativisme et celui de la dignité de tout humain au-delà de la diversité.

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Gerassimos Stephanatos : Repenser la psyché. Se construire, se détruire

 Ithaque - Juin 2026


Ce livre est la mise en forme d’un projet, décliné tout au long du séminaire que l’auteur dirigea à Athènes : penser la psyché à partir du dialogue entre les travaux de Piera Aulagnier et de Cornelius Castoriadis. Avec l’exigence d’aborder en psychanalyste l’articulation des processus psychiques et des processus sociaux, il s’agit de poser un cadre ontologique et métapsychologique pour repenser la psychanalyse à partir de la philosophie de l’imaginaire et de la création de Castoriadis et de la métapsychologie de la représentation et de la constitution du Je d’Aulagnier. Le travail créateur de construction de soi-même, de l’objet et de la réalité, défini comme poïésis de soi, prend en compte l’action de Thanatos et la fonction de la haine dans ses aspects destructeurs et constructeurs, en suivant le chemin du Kulturarbeit tracé par Freud et exploré à son tour par Nathalie Zaltzman dont la pensée est une autre source d’inspiration de l’auteur. Cette contribution théorique à la psychanalyse contemporaine trouve son développement clinique dans la seconde partie du livre, consacrée à l’adolescence et au traitement des conduites ordaliques, des attaques cruelles du corps et de la psyché qui lui sont spécifiques : une clinique de survie, lorsque se détruire pour survivre constitue un des destins possibles de l’adolescence, adossé au malaise contemporain dans la culture et à la perte de sens singulier et collectif.

Préface par Sparta Castoriadis & Jean-Jacques Barreau.
Textes revus et édités par Sparta Castoriadis, Tessa Hadjiyanni & Jean-Jacques Barreau.

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