samedi 2 mai 2026

Denis Saint-Amand : Contrer le rire fasciste. Trolling et résistance

Rue de l'échiquier - Mai 2026


On entend fréquemment que le rire, en tant que symbole de la liberté d’expression, est menacé. C’est surtout sa portée émancipatrice qui semble s’émousser, tant il apparaît aujourd’hui fréquemment mobilisé comme instrument de domination. Entre saluts nazis goguenards, mèmes cyniques et vidéos absurdes générées par intelligence artificielle, l’administration Trump et ses suiveurs récupèrent un rire trollesque typique d’une culture lulz développée en ligne. Ces provocations revendiquent une façon d’exercer le pouvoir brutalement, en riant au nez du monde et en jouissant d’une parfaite impunité. Face à ce rire fasciste, quelles sont les oppositions possibles ?
Spécialiste des poétiques de la parodie et de la satire, Denis Saint-Amand étudie les mécanismes rhétoriques et les logiques de ce rire fasciste, mais aussi les moyens de le contrer.

Chercheur qualifié du Fonds de la recherche scientifique (FNRS) à l’université de Namur, où il anime l’Observatoire des Littératures Sauvages (OLSa), Denis Saint-Amand est spécialiste des poétiques de la satire et de la parodie. Il est notamment l’auteur de La Littérature à l’ombre. Sociologie du Zutisme (Classiques Garnier, 2012), Le Style potache (La Baconnière, 2019) ou Railler aux éclats. La veine satirique de la littérature française contemporaine (dir., avec David Vrydaghs, Presses universitaires de Rennes, 2021).

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Pierre Gillouard : Simone Weil. La pensée à l'épreuve du mal

 PUF - Mai 2026


Peut-on penser le sens ou la finalité du mal auquel les êtres humains sont confrontés ? Ou, en termes théologiques, peut-on démontrer qu’il n’y a pas de contradiction entre l’existence d’un Dieu bon, créateur et tout-puissant et l’existence du mal ? Pierre Gillouard éclaire le traitement original par Simone Weil de la question de la théodicée à l’orée et au cœur de la Seconde Guerre mondiale. D’abord athée, la philosophe fait le constat de l’absence de finalité du mal, à partir d’une réflexion sur l’impossibilité de la disparition de l’oppression en société. En franchissant ensuite un seuil mystique, si elle cherche à « penser ensemble dans la vérité le malheur des hommes, la perfection de Dieu, et le lien entre les deux », c’est paradoxalement en actant la fausseté et l’immoralité de toute tentative de justification du mal. La réponse qu’elle propose alors est indissociable d’une transformation de soi pour accéder à la vérité, le sens même, pour elle, de la philosophie. Simone Weil aura ainsi pensé le problème du mal à partir de l’expérience de celles et ceux qui souffrent, et non pas au détriment d’eux, sans jamais renoncer à la lutte éthique et politique contre l’oppression tout au long de son itinéraire de vie et de pensée.

Pierre Gillouard est docteur en philosophie et en théologie. Il enseigne à l'université de Genève. Ses recherches portent sur Simone Weil, la philosophie de la religion et la philosophie morale.

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Philippe Descola , Nicolas Truong : Nous sommes les hôtes de la Terre. Entretiens avec Nicolas Truong

 Arthaud - Avril 2026


La période troublée par d'immenses régressions dont Trump et Poutine sont les incarnations est le signe qu'une révolution est en cours, assure l'anthropologue Philippe Descola dans cet entretien inédit avec Nicolas Truong, grand reporter au Monde. L'idée que l'émancipation des humains est indissociable des relations qu'ils établissent avec les "autres qu'humains" comme les plantes et les animaux est en train de s'imposer à la planète entière, ravagée par les catastrophes écologiques et l'effondrement climatique. Alors que toutes les pensées de la diversité - naturelle, sexuelle, culturelle - sont combattues, une nouvelle cosmopolitique doit s'inventer. Car "nous sommes les hôtes de la Terre", explique le professeur émérite au Collège de France. Composé de l'évocation éclairante et passionnée de son terrain amazonien auprès des Indiens achuar en Amazonie qui l'a conduit à comprendre que "la nature n'existe pas" et de réflexions sur le monde contemporain, cet ouvrage est une introduction à l'une des oeuvres les plus fécondes de notre temps, une invitation à habiter la terre autrement.

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Guillaume St-Laurent, Marie-Michèle Blondin, Charles Côté-Bouchard (dir.) : Sapere aude ? Regards historiques et critiques sur l’éthique intellectuelle des Lumières

 PU de Laval - Avril 2026


Cet ouvrage collectif a pour objectif de contribuer à une meilleure intelligence de l’histoire et de l’actualité de l’éthique intellectuelle des Lumières, c’est-à-dire de l’injonction à remettre activement en question nos croyances – Sapere aude! : ose savoir! Comment comprendre cette injonction, par contraste avec d’autres éthiques intellectuelles possibles, conservatrices ou fidéistes, qui relèvent aussi de l’héritage philosophique ? Et quelle légitimité peut-on encore lui reconnaître ?

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Jean Leclercq, Paul Muraille : Les voies de l'Orient. Hommages au Professeur Bernard Stevens

 Presses Universitaires de Louvain - Avril 2026


Le professeur Bernard Stevens compte parmi le cercle restreint des philosophes universitaires qui ont œuvré à ce que la prétention à « l'universalité », telle qu'elle a pu être revendiquée au sein de la philosophie d’héritage grec, soit nuancée et circonstanciée, en sorte de ne pas occulter ni se fermer aux ressources conceptuelles des traditions dites de « pensées asiatiques ». C’est au gré de cette ambition que, très tôt, une fois rigoureusement formé dans le champ de la philosophie occidentale, le regard de B. Stevens s’est porté vers l’archipel japonais – un milieu intellectuel déjà préparé, depuis près d’un siècle, à cette rencontre.
Ses premiers travaux prirent ainsi la forme d’études denses et minutieuses de la désormais célèbre « École de Kyoto », dont il est aujourd’hui l’un des plus éminents spécialistes. Ce travail offrit alors, à son œuvre ultérieure comme à ses lecteurs, les assises théoriques grâce auxquelles un dialogue interculturel a su trouver, au sein même de la philosophie académique, les voies de son élaboration ; la phénoménologie constituant pour ce faire, selon B. Stevens et avec lui, l’un des médiums privilégiés.
C’est à cette œuvre audacieuse et pionnière qu’un ensemble de collègues, d’amis et d’anciens étudiants rend ici hommage – en retraçant ses cheminements ou en la prolongeant – selon trois axes majeurs de ses recherches : l’interculturalité, la philosophie japonaise et l’esthétique.

Contributions de Mathis Auffret, Françoise Bonardel, Michel Dalissier, Françoise Dastur, Ado Huygens, Fumiaki Iwata, Akinobu Kuroda, Jean Leclercq, John C. Maraldo, Paul Muraille, Philippe Nys, Takako Saito¯, Jacques Scheuer, Bernard Stevens, Yasuhiko Sugimura, Andreas Thele, Michiko Yusa

Sommaire

Propos introductif
Jean LECLERCQ & Paul MURAILLE, Découvrir et explorer des chemins qui mènent « quelque part ». Heureux qui comme Bernard Stevens fit le voyage vers l'Orient 7-15

Première section
Le Japon, l’Occident et la Modernité
Mathis AUFFRET, Du « dépassement de la modernité » au « postcolonialisme asiatique » : l’héritage intellectuel de Takeuchi Yoshimi 19-29
Françoise BONARDEL, Entre Orient et Occident : la philosophie à l’épreuve de l’idéologie 31-43
Françoise DASTUR, Pensée asiatique et philosophie occidentale. Réflexions à partir de l’oeuvre de Bernard Stevens 45-54
Ado HUYGENS, « Pli et dé-pli du néant » 55-65

Deuxième section
L’École de Kyoto et la pensée asiatique
Fumiaki IWATA, The Kyoto School: Religious Thought and the Philosophy of Religion 69-88
Akinobu KURODA, Kû (vacuité) chez Keiji Nishitani (1900-1990), son dynamisme et son actualité 89-101
John C. MARALDO, The Politics of Emptiness : Pursuing Bernard Stevens’ Interrogations of Nishitani’s Philosophy 103-117
Takako SAITŌ, « L’être dans le monde doublé » selon Ueda Shizuteru (1926-2019) 119-130
Jacques SCHEUER, Le relatif, l’illusoire, la nescience : une perspective hindoue sur le mal 131-143
Yasuhiko SUGIMURA, Transplanter la « durée pure » dans l’École de Kyoto – le cas de Nishitani Keiji 145-161
Michiko YUSA, R. Panikkar’s Philosophia Pacis – Enriching the Dialogical Field with Voices from Japan : Yosano Akiko, Uchimura Kanzō, and Nishida Kitarō 163-195

Troisième section
Philosophie de l’esthétique
Michel DALISSIER, Distillation phénoménologique du charme – avec Proust 199-221
Philippe NYS, Topo-Graphia : une mathématique du sensible. Présentation & Essai de traduction de Synaisthèmatikè Topografia (1935) de Dimitris Pikionis (1894-1968) 223-238
Andreas THELE, The Longing for Japan : East Asian Aspects in the Work and Life of Oscar Wilde 239-255

Quatrième section
L’itinéraire philosophique de Bernard Stevens. Vers l’Orient de la philosophie
Bernard STEVENS, Pourquoi en philosophie s’intéresser à l’Asie en général et à l’École de Kyôto en particulier ? 259-275
Bibliographie de Bernard Stevens 277-288
Présentation des auteurs 289-294


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jeudi 30 avril 2026

Jean-Pierre Cléro : La religion au prisme de la psychanalyse. Réflexions philosophiques sur les relations de quelques psychanalystes avec la religion

 Hermann - Avril 2026


L’objectif de l’auteur est de contribuer à jeter des ponts entre les psychanalystes et les philosophes en choisissant le terrain privilégié du religieux. La religion juive et la religion chrétienne ont donné lieu à des analyses de Freud et de Lacan ; deux auteurs présentés ici en opposition sur ce registre : Freud dans le sens de l’athéisme, Lacan en direction d’une plus grande conciliation avec le religieux, en dépit d’un athéisme qu’il déclare pour son compte. Ces apparences semblent fort trompeuses quand on prend la peine de regarder au-delà des textes d’allure scientiste du premier et de dépasser les déclarations d’athéisme du second. L’homme Moïse et le monothéisme, pour l’un, la référence constante à Pascal et à Kierkegaard, chez l’autre, manifestent un enracinement, pas toujours avoué, mais qui mène loin, jusqu’à ses radicelles, chez les philosophes qui se sont souciés du religieux, pas toujours pour en partager la foi. Feuerbach est peut-être au centre de notre affaire, mais aussi Bentham, et, avant eux, Hobbes et Hume. Nous trouvons chez ces auteurs, comme chez Marx et Nietzsche par la suite, la source des dettes que ces deux psychanalystes ont parfois dissimulées dans leurs discours, nous laissant le problème de savoir pourquoi elles l’ont été.

Jean-Pierre Cléro est professeur émérite de philosophie à l’université de Rouen. Il est l’auteur de nombreux textes, parmi lesquels : Pour un fictionnalisme conséquent. Entretiens avec Patrice Vibert (2023), « S’il suffisait d’être enterré… ». Essai de philosophie du discours religieux (2022).

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Leonardo Franchi, Stefano Mecci, Federico Rampinini (dir.) : Dein Zetein, la nécessité de la recherche. Études de philosophie antique en l’honneur d’Aldo Brancacci

 L'Harmattan - Avril 2026


Ce volume réunit des contributions consacrées à différents aspects de la philosophie et de la culture du monde antique. Les études rassemblées ici couvrent ainsi un large arc chronologique et thématique, d’Homère à l’Antiquité tardive, et prennent également en considération la réception de l’Antiquité à l’Époque moderne.
Offertes en hommage à Aldo Brancacci, historien de la philosophie antique dont les travaux ont profondément marqué l’étude de la pensée grecque, ces contributions réunissent des spécialistes internationaux et dialoguent avec plusieurs des positions et des interprétations proposées par Aldo Brancacci dans ses travaux.
L’ouvrage constitue ainsi un instrument précieux pour l’étude des traditions philosophiques de l’Antiquité et de leur postérité.

Contributeurs : Carolina Araújo, Rachel Barney, Thomas Bénatouïl, George Boys-Stones, Giovanni Casertano †, Néstor-Luis Cordero, Marta Cristiani, Louis-André Dorion, Franco Ferrari, Francesco Fronterotta, Jean-Baptiste Gourinat, Daniele Iozzia, David Konstan †, Walter Lapini, Jaap Mansfeld, Claudia Mársico, Pierre-Marie Morel, Maria Protopapas-Marneli, Christopher Rowe †, María Isabel Santa Cruz, Giovanna Sillitti, Harold Tarrant, Franco Trabattoni, Christian Vassallo.

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Wilhelm Wundt : G. T. Fechner. Physicien et métaphysicien fondateur de la psychophysique et de l’esthétique expérimentale

 L'Harmattan - Avril 2026


Gustav Theodor Fechner (1801-1887) fut une figure éminente de la science allemande du XIXe siècle. Tour à tour philosophe, physicien, métaphysicien, psychologue et esthéticien, il a marqué de son empreinte l’histoire des sciences modernes. Son collègue et ami à l’université de Leipzig, Wilhelm Wundt (1832-1920), nous fournit ici une biographie intellectuelle d’un grand intérêt. C’est à l’occasion d’un discours prononcé devant la Société des sciences de Leipzig le 11 mai 1901, à l’occasion du centenaire de la naissance de Fechner, que Wundt a publié le texte élargi de son allocution en y ajoutant des appendices relatifs à la vie et à différents points des doctrines de Fechner, de manière à présenter un tableau le plus complet possible de la pensée de ce savant de renom.
La traduction française de ce texte de Wundt (1901) sur Fechner permettra aux lecteurs d’apprécier la vie et l’oeuvre d’un savant peu connu en France mais qui a produit une oeuvre parmi les plus originales de son temps. Le livre est complété par deux études sur la psychophysique et l’esthétique de Fechner.

Serge Nicolas (éditeur, traducteur) est professeur d’histoire de la psychologie à l’Université de Paris Cité et membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF).

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Benjamin Constant : De la perfectibilité de l'espèce humaine

 Editions Sillage - Avril 2026


« Dans la lutte de la révolution française, les aristocrates les plus invétérés n’ont pas songé à proposer le rétablissement de l’esclavage, et Platon, dans sa république idéale, ne suppose pas qu’on puisse s’en passer. Telle est la marche de l’esprit humain, que les hommes les plus absurdes d’aujourd’hui ne peuvent, en dépit d’eux, rétrograder au point où en étaient les plus éclairés des siècles antérieurs. Quand le temps et le raisonnement ont fait complètement justice d’une institution fausse, la sottise même et l’intérêt personnel n’osent plus la réclamer. » BC

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mercredi 29 avril 2026

Lluís Nicolau d'Olwer : Pierre Abélard. Un humaniste du XIIe siècle

 Classiques Garnier - Avril 2026


Le livre de Lluís Nicolau d'Olwer est un ouvrage ambitieux, structuré et soigneusement écrit, mais son auteur n'était pas un historien de la philosophie. Son point fort n'était pas l'étude de l'évolution des idées, mais la critique historique et littéraire, soucieuse de préciser la date des événements et orientée vers la biographie intellectuelle : découvrir des détails qui révèleraient des attitudes personnelles, souligner des expressions qui suggéreraient des états d'âme, signaler des décisions qui manifesteraient des traits de caractère du personnage étudié, Pierre Abélard. En somme, il se sentait enclin à chercher l'homme encore plus que le penseur.

Josep Batalla i Costa (édition critique) a été professeur et traducteur. Il est le créateur de la Fondation Quer Alt et de la maison d'édition Obrador Edèndum. Il a traduit en catalan des oeuvres d'Aristote, de Théophraste, d'Augustin d'Hippone, de Denys l'Aréopagite, d'Anselme de Cantorbéry, de Richard de Saint-Victor, de Pierre Abélard, de Thomas d'Aquin, etc. Actuellement, il prépare la traduction des Psaumes de l'original hébreu vers le catalan.
Gerard Joan Barceló (traduction), formé à l'École normale supérieure de Paris, est un professeur agrégé de grammaire, coéditeur d'ouvrages universitaires, linguiste romaniste. Coauteur avec le linguiste Jacques Bres d'un livre sur les temps de l'indicatif en français, il est correcteur d'occitan, langue pour laquelle il a fondé une revue universitaire, et réalise diverses traductions, surtout de l'occitan ou du catalan vers le français.

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Vincent Peillon : Laïcité, sécularisation et modernité. Essai sur l'exception française

 Odile Jacob - Avril 2026


La laïcité donne lieu aujourd’hui à de nombreux débats, à de vigoureuses polémiques et à bien des contresens.
Dans ce livre érudit et exigeant, où il noue un dialogue serré avec les fondateurs ainsi qu’avec de nombreux interprètes contemporains, Vincent Peillon montre comment la laïcité française propose une version absolument singulière de la sécularisation.
Ni rejet et éviction du religieux, ni réinvestissement à l’identique du religieux dans le séculier, pas davantage bricolage individuel qui permettrait à chacun de se forger ses propres croyances, la laïcité française met en œuvre un modèle de sécularisation jusqu’ici curieusement peu étudié. Ce modèle, qui définit au plus près l’exception française, est inséparablement religieux et politique, rationnel et mystique.
La laïcité française ne peut se résumer à un dispositif juridique de neutralité et de séparation des Églises et de l’État. Pensée comme nécessaire pour fonder le lien civique, garantir la démocratie, émanciper l’individu et réaliser la justice sociale, elle est une religion civile qui engage une compréhension nouvelle de la modernité. Celle-ci serait le produit d’une longue histoire, celle des hérésies.

Philosophe et homme politique, Vincent Peillon a consacré de nombreux ouvrages à Maurice Merleau-Ponty, au républicanisme, à la laïcité et à la philosophie juive française. Comme ministre de l’éducation nationale, il a mis en place la Charte de la laïcité et relancé l’enseignement moral et civique.

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Capucine Lebreton (dir.) : Le Corps social au XVIIIè siècle

 Georg - Avril 2026


Au siècle des Lumières, l'évolution rapide de la médecine et des savoirs sur le corps correspondent à une saisie de plus en plus intime de celui-ci par les institutions. Cet ouvrage collectif, qui réunit des perspectives de philosophie, littérature, histoire du droit, de l’architecture, de la médecine et du théâtre, vise à explorer la prise en compte du corps dans les discours sur le fait politique et sur le fait social et la manière dont ces discours contribuent à dessiner le corps même qui en fait l'objet ; comment le corps, loin de préexister au discours qui le qualifie, est transformé et même inventé par ce discours.

Professeure de philosophie, spécialiste du XVIIIe siècle, Capucine Lebreton a soutenu à l’université de Genève une thèse de doctorat sur le concept de « morale sensitive » chez Rousseau et deux médecins qui lui sont contemporains, La Caze et Le Camus.

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Marion Marchal (dir.) : Études brunschvicgiennes

 Hermann - Avril 2026


Les études ici réunies proposent de relire la grande philosophie qu’est l’œuvre de Léon Brunschvicg. Si depuis 1944, date de sa mort, la philosophie française, en particulier avec M. Merleau-Ponty et M. Henry, s’est construite contre elle, n’est-il pas maintenant temps d’en retrouver l’élan rationaliste et intellectualiste ? Quelles étaient les formes et les conditions de son exigence idéaliste : telle est la question posée lors du colloque international qui se tint le 15 mai 2024 à la Fondation Simone et Cino Del Duca (Paris). À l’occasion du 80e anniversaire du décès de Léon Brunschvicg, et parallèlement à l’édition scientifique de ses textes qui paraît chez Hermann, le renouveau de sa lecture s’organise dans l’examen de la « vie de l’esprit ». Comment l’idéalisme de Brunschvicg s’élabore-t-il ? À partir de l’analyse des « modalités du jugement », qui trouvent dans l’étude des sciences et de leurs progrès l’un des principaux aspects du développement de l’esprit. Outre les éléments fondamentaux de la pensée brunschvicgienne, ce sont également ses rapports aux philosophes, ainsi qu’aux artistes et scientifiques, qui la discutèrent ou qui la continuèrent, que présentent ces études.

Avec les contributions de : Pierre Cassou-Noguès, Dominique Combe, Laurent Fedi, Massimo Ferrari, Marion Marchal, Dominique Pradelle, André Simha, Isabelle Thomas-Fogiel.

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Quentin Petit Dit Duhal, Jessica Ragazzini : Arts et cyborgs. Pensées et imaginaires des corps-machines

 Double ponctuation - Février 2026


Entre organisme et cybernétique, les figures cyborgs renvoient à une identité artificielle, hybride, toujours tournée vers le futur. Proposant de nouvelles subjectivités politiques, leurs représentations participent parfois à l’imaginaire de la domination – mais servent souvent d’outil d’émancipation. Car les cyborgs dans l’art interrogent les systèmes culturels et les normes sociopolitiques – en particulier le patriarcat, le validisme, la colonialité et le capitalisme. Le posthumanisme qui leur est rattaché (comme démarche artistique proposant des métamorphoses technologiques du corps) permet d’entrevoir des avenirs alternatifs. Cet ouvrage explore, sous le prisme de l’histoire de l’art et de la philosophie, les différents registres artistiques dans lesquels les figures cyborgs s’inscrivent, et la manière dont elles nous amènent à repenser les identités, les dominations et les frontières – que ce soit entre l’humain et le non-humain, le masculin et le féminin, le vivant et l’inerte.

Sommaire

INTRODUCTION | p. 9
CHAPITRE 1 : PRÉFIGURATIONS CYBORGS | p. 27
L’hybridation corps-objet en période préindustrielle | p. 27
Le corps et l’objet à l’ère de la machine | p. 38
CHAPITRE 2 : PROTO-CYBORGS | p. 49
L’hybridation technologique : une arme politique chez les avant-gardes | p. 51
Tensions surréalistes : entre réification et émancipation | p. 59
Cyborg sans organes | p. 65
CHAPITRE 3 : CYBORGS INTERSTELLAIRES | p. 73
Conquête spatiale au féminin | p. 75
Frontières et constellations : habiter l’espace autrement | p. 84
CHAPITRE 4 : CYBORGS DE CHAIR | p. 95
De l’obsolescence à la métamorphose | p. 97
Du signal au sang : pratiques d’incorporations posthumaines | p. 107
CHAPITRE 5 : CYBORGS PROTHÉTIQUES | p. 123
Du stigmate à l’agentivité | p. 125
Corps prothétisé, corps désiré | p. 128
Visibilités crips ? | p. 137
CHAPITRE 6 : DYSFONCTIONNEMENTS CYBORGS | p. 147
Machines en panne | p. 148
Esthétiques du contrôle et crise sanitaire | p. 157
CONCLUSION | p. 165
ANNEXE : HISTORIQUE DES EXPOSITIONS CYBORGIENNES | p. 175

Quentin Petit Dit Duhal est docteur en histoire de l’art ; il a enseigné dans plusieurs universités et écoles d’art et de design. Ses publications et directions de numéros de revues abordent les questions liées aux gender studies, aux queer studies, au posthumain et, de manière plus générale, à l’art engagé. Aux éditions Double ponctuation, il a signé Art queer. 
Après des études en philosophie et en histoire de l’art, Jessica Ragazzini est chargée de cours à l’Université du Québec en Outaouais et chercheuse associée à l’Université de Strasbourg. Ses travaux portent en particulier sur la tension qui réside entre le corps réifié et l’objet humanisé. Autrice de nombreux articles et conférences, codirectrice de revues, elle est aussi commissaire d’exposition indépendante.

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mardi 28 avril 2026

Gérald Gaudet : S’émerveiller. Un acte de résistance

 Note bene - Mai 2026


À rebours des forces actuelles qui incitent à désespérer du monde, soit parce qu’on sait en toute amertume qu’on n’arrivera pas à le changer, soit parce qu’on éprouve à l’inverse l’impossibilité de le protéger – attitudes qui mènent au ressentiment mélancolique -, Gérald Gaudet médite dans ces carnets sur la force de résistance insoupçonnée gisant au fond de l’émerveillement. Convoquant une foule intemporelle de frères et sœurs d’armes qui ont laissé la splendeur faire effraction dans leur vie, émaillant sa propre prose de ces surgissements d’infini qui l’ont ébranlé, Gaudet place à l’origine de cet essai une question aussi surprenante que vitale. Et si l’expérience radicale de la beauté, plutôt que de servir de distraction aux malheurs qu’on oublie ou aux injustices qu’on cautionne, était la forme que prend le monde pour être aimé et, de ce fait, le plus urgent devoir pour les contemporains qui ont à cœur de le prendre en charge ?

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Rahel Jaeggi : Progrès et Régression

 Seuil - Mai 2027 - L'Ordre philosophique


L’idée de progrès semble aujourd’hui désuète, aussi bien au regard de l’état du monde qu’en termes de mot d’ordre ou de dynamique politique. Pourtant, il est bien difficile de nier la réalité de certaines avancées : l’abolition de l’esclavage, la construction des systèmes de sécurité sociale, la pénalisation du viol conjugal sont des exemples de progrès largement reconnus. Mais le constat de progrès locaux coexiste avec celui de nombreuses régressions – recul démocratique, montée en puissance des autoritarismes, xénophobie croissante… Dans ce livre, Rahel Jaeggi défend le couple progrès/régression comme un outil socio-philosophique indispensable pour développer une approche lucide de l’époque contemporaine. Mais cela implique une conception nouvelle du progrès : d’une part, loin d’être un mouvement linéraire vers un bien posé d’avance, celui-ci serait plutôt un processus d’acquisition d’expérience et de résolution de problèmes. D’autre part, il se traduit par une transformation des formes de vie et des pratiques qui n’est jamais achevée. En renouvelant ainsi les interrogations de la Théorie critique à l’aide de la tradition pragmatiste et à la lumière de sa propre contestation du progressisme naïf, Rahel Jaeggi nous offre les moyens de porter un jugement affûté sur les tendances émancipatrices et oppressives à l’oeuvre aujourd’hui.

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Christelle Veillard : Cas de conscience et conflits de devoir. Les origines de la casuistique d’Homère à Épictète

 Les Belles lettres - Mai 2026


Le cas de conscience : échec pratique ou lucidité morale ? Traditionnellement conçu comme une impasse, le dilemme est une situation limite dans laquelle l’agent est contraint de choisir, au prix d’un renoncement à certaines de ses valeurs.
En revenant aux figures fondatrices de la littérature et de la philosophie antiques – des héros homériques, Ulysse et Achille, aux figures tragiques d’Antigone et Médée, jusqu’à Socrate – ce livre analyse les dispositifs qui ont permis de penser les paradoxes du choix, les cas de conscience, les conflits de devoirs.
Il montre comment Platon puis Aristote interrogent le fonctionnement du raisonnement pratique, avant que les Stoïciens ne reconnaissent au paradoxe moral sa fécondité et sa pleine puissance normative. Le dilemme devient alors l’expression d’un conflit de devoirs, qui manifeste la cohérence, les hiérarchies de valeurs et les tensions internes du sujet moral. Loin d’être un simple moment de paralysie ou d’échec, le dilemme apparaît ainsi comme un révélateur de l’essence même du geste éthique.
Avec ce livre, Christelle Veillard signe la première généalogie du dilemme moral, et apporte un éclairage nouveau sur nos interrogations contemporaines concernant la responsabilité et le choix.

Christelle Veillard est Maîtresse de Conférences Habilitée à Diriger des Recherches à l’Université de Paris Nanterre. Elle a notamment publié : Les Stoïciens II. Le Stoïcisme intermédiaire (2015) ; Hécaton de Rhodes. Fragments (2022) ; Le Souffle de la raison. Le défi des Stoïciens (2023).

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David Dupuis : L'Epreuve de l'invisible. Carnets d'anthropologie psychédélique

Seuil - Mai 2026



Chaque année, de nombreux Européens se rendent en Amazonie en quête de l’ayahuasca, un breuvage végétal réputé pour ses propriétés visionnaires. Au retour, ils décrivent des expériences qui ont bouleversé leur rapport au monde. Esprits de la nature, ancêtres, anges ou démons : ces êtres relégués par la modernité au rang de superstitions leur sont …
Chaque année, de nombreux Européens se rendent en Amazonie en quête de l'ayahuasca, un breuvage végétal réputé pour ses propriétés visionnaires. Au retour, ils décrivent des expériences qui ont bouleversé leur rapport au monde. Esprits de la nature, ancêtres, anges ou démons : ces êtres relégués par la modernité au rang de superstitions leur sont apparus comme des présences réelles et autonomes, capables d'agir, de répondre, d'enseigner, de soigner, mais aussi de nuire.
Que vivent ces voyageurs venus "rencontrer l'ayahuasca" ? Pour répondre à cette question, l'auteur s'est lui-même immergé dans ces pratiques. Il apparaît alors que les visions, ni simples "hallucinations" , ni révélations, prennent forme dans des discours, des épreuves rituelles et des apprentissages collectifs qui transforment durablement les manières d'habiter le monde. Mêlant récit d'enquête et analyse, ce livre retrace le processus par lequel ce qui est vu devient une réalité partagée, crédible et agissante.
A l'heure où les substances psychédéliques font leur retour dans le champ médical et soulèvent autant d'espoirs que de controverses, il propose une réflexion originale sur la perception, la croyance, la composition du monde et la transformation de soi. 

David Dupuis est anthropologue et psychologue, chercheur à l'Inserm. Il a également été commissaire de l'exposition Visions chamaniques au musée du quai Branly - Jacques Chirac.

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