dimanche 21 avril 2024

David Jarousseau : S’armer de rhétorique. Une nouvelle liberté d’expression

 Champion - Mai 2024


Longtemps ignorée du grand public, la rhétorique captive chaque jour de nouveaux adeptes. Rendue accessible depuis l’essor d’Internet, on découvre son pouvoir de convaincre. C’est que la liberté d’expression qu’elle autorise donne un aplomb et une force d’affirmation autrement plus efficaces que la méthode enseignée à l’école de la République, à l’origine du pessimisme et du relativisme ambiants. Dans une France qui doute d’elle-même et dont l’unité chaque jour s’étiole et se fragilise, réhabiliter la rhétorique et l’enseigner au plus grand nombre est le moyen de retrouver enfin foi en nous-mêmes.

David Jarousseau est formateur en rhétorique et en prise de parole en public. Il enseigne à l’École de guerre, à Sciences Po Executive Education, à l’UM6P de Rabat, au sein d’entreprises et d’établissements scolaires.

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Dominique Bourg (dir.) : Reconstruire la pensée européenne

 Hermann - Mai 2024



L’Europe a longtemps incarné l’idéal démocratique. Dans un contexte international où les régimes autoritaires ont le vent en poupe, elle est désormais gagnée par les tendances illibérales et populistes. Il en découle une vulnérabilité accrue des démocraties.
Partant de ce constat, ce livre propose d'interroger à nouveaux frais le rôle de l'Europe et des penseurs européens dans la réinvention nécessaire de nos idéaux démocratiques. Quel nouveau modèle démocratique l'Europe peut-elle proposer ? Pour éviter les dérives totalitaires et faire prévaloir l'intérêt général, ce régime doit respecter certains principes essentiels : pluralité spontanée des opinions, limitation des mandats politiques, réduction des écarts de richesse, soumission de tous les rapports sociaux à la règle de droit, primauté absolue des libertés fondamentales (même au détriment de la volonté majoritaire), préservation de la nature.
Autant d'enjeux pour le monde de demain, pour lesquels la voix européenne peut devenir exemplaire.

Avec les contributions de : Dominique Bourg, Sylvain Piron, Dominique Méda, Isabelle Aubert et Martin Deleixhe, Sophie Gosselin, Jean-Michel Guieu, Johann Chapoutot, Michel Olivier, Nathalie Frogneux, Patrick d’Humières.

Dominique Bourg est philosophe, directeur de la revue La Pensée écologique et directeur de collections aux Puf. Il est professeur honoraire à l'université de Lausanne.

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Steeves Demazeux : Qu’est-ce que la folie ?

 Vrin - Mai 2024


Il est facile de dire de quelqu’un qu’il est fou ou qu’il agit comme un fou, mais il est difficile de définir la folie ou d’en donner une caractérisation rigoureuse. C’est que le fou est un personnage métaphysiquement complexe (qui de manière paradoxale ressemble au sage à qui pourtant tout l’oppose). Le fou est-il déraisonnable, intempérant, incontrôlable? Est-il juste malade? Est-il original et différent, affranchi de la doxa et des normes sociales qui s’imposent au plus grand nombre? Ces questions, très anciennes en philosophie, restent curieusement d’actualité. Comprendre la folie et expliquer d’où elle vient requiert dès lors qu’on l’envisage sous trois configurations fondamentales : comme idéologie, comme expérience et comme maladie.

Steeves Demazeux est maître de conférences au département de philosophie à l’Université Bordeaux-Montaigne et membre du laboratoire SPH (Sciences, Philosophie, Humanités).

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Analyse freudienne presse n°30 : L'angoisse face aux changements, vacillements des certitudes au regard de la psychanalyse

 Erès - Mai 2024


La psychanalyse n’a pas de conception du monde à défendre mais une conception du Sujet, qui sert de point d’appui pour penser les conséquences du malaise dans la culture produit par le vacillement des certitudes, que ce soit du côté du discours de la science ou du côté des nouvelles identités sexuelles. Avec la pandémie nous avons assisté à une mise en cause de la place de certitude et de vérité du discours scientifique. A considérer que nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement dont les conséquences sur nos certitudes sont encore peu perceptibles, comment envisager ces éléments à partir d’une psychanalyse qui ne se satisfait plus du semblant, mais qui tienne compte des points qui paraissent modifier la structure même de notre société ? Comment ne pas entendre l’angoisse générée par ces différents changements ? Quels sont donc les conséquences de ce vacillement pour le sujet et sur le lien social ? Il s’agit de réinterroger nos références et nos certitudes qui nous semblent immuables, telles que, par exemple, ce qui déterminerait ce que serait un homme ou une femme.

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Justine Feyereisen : Renouer avec la terre extatique. Essai de sensopoétique chez J.M.G. Le Clézio

 Classiques Garnier - Avril 2024


Comment écrire le vivant après la Modernité ? Comment retisser les liens entre sensations, éthique et action ? Comment témoigner des trajectoires de vies indésirables ? Comment rendre sensible ? Ouvrant un nouveau champ critique à la croisée de la linguistique textuelle et de la philosophie, cet essai propose de raviver le pouvoir incantatoire de la littérature par une poétique des sens - une sensopoétique - depuis l'oeuvre de J.M.G. Le Clézio. Initiant à l'extase matérialiste, les sens agissent comme un prisme « dé-scriptif » des mouvements, des formes, des mémoires et des cosmovisions de l'époque contemporaine pour une pensée poétique concrète, chargée de la sédimentation du temps et de son limon d'espoir.

Justine Feyereisen est docteure en langue et littérature françaises de l'université libre de Bruxelles et de l'université de Grenoble. Elle a mené des projets de recherche à l'université de Berkeley, l'université d'Oxford et l'université de Gand. Autrice d'une trentaine d'articles, elle est aussi présidente de l'Association des lecteurs de Le Clézio et co-rédactrice en chef des Cahiers Le Clézio.

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Ninon Chavoz, Anthony Mangeon (dir.) : Les chemins de la liberté. Lectures de Jean-Marie Apostolidès

 Hermann - Avril 2024


Imaginez un envers méconnu de Jean-Paul Sartre : un écrivain dont l’autobiographie serait celle d’un cancre et non d’un génie, un sociologue au lieu d’un philosophe, un lecteur qui à Flaubert, Baudelaire et Genet, préfèrerait Corneille, Rostand et Hergé, un dramaturge qui non content de se salir les mains, ferait donner sa pièce dans les latrines d’une prestigieuse université américaine… Jean-Marie Apostolidès (1943-2023) n’a certes pas connu la gloire du pape de l’existentialisme : il a en revanche choisi très tôt de ne jamais pontifier. Son œuvre mérite ainsi toute notre attention : courant du Grand Siècle à mai 68, de la Saint-Barthélemy à Guy Debord, elle trace dans la pensée contemporaine un chemin d’exception, ouvrant à une compréhension renouvelée des révolutions morales qui infléchirent les trajectoires historiques des sociétés d’hier, et qui forgeront celles de demain.

Avec les contributions de : Jean-Marie Apostolidès, Benito Barja, Sandrine Berrégard, Jérôme Cabot, Joëlle Chambon, Ninon Chavoz, Corinne Grenouillet, Caroline Julliot, Anthony Mangeon, Rocío Munguía Aguilar, Benoît Peeters, Bianca Romaniuc-Boularand, Sylvano Santini, Franck Salaün, Anthony Saudrais, Jennifer Tamas.

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samedi 20 avril 2024

Marina van Zuylen : L’Art d’être distrait. Se perdre pour se trouver

 Flammarion - Avril 2024


Traduit de l'anglais : Clotilde Meyer

La distraction semble aujourd’hui un mal à éradiquer, à coups de psychotropes ou de méthodes miracles, pour atteindre un état de concentration absolue. Mais faut-il vraiment faire disparaître de nos vies les instants de rêverie et d’oisiveté ? N’y a-t-il pas, comme l’affirmait Montaigne, « une merveilleuse grâce à se laisser ainsi rouler au vent » ?
Ce livre se penche sur les plaisirs et les perspectives méconnues de la distraction. Être distrait, comme l’ont compris de nombreux penseurs, c’est entrer dans un autre rapport au monde, moins sérieux, plus créatif, c’est vivre une forme de poésie intérieure propice au cheminement philosophique. Dans le sillage de Rousseau, Proust, Nietzsche ou encore Bergson, Marina van Zuylen célèbre avec une joyeuse érudition un véritable art d’être distrait.

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Cahier de l'Herne : Karl Kraus (rééd.)

 L'Herne - Avril 2024


Dirigé par Eliane Kaufholz.

Karl Kraus a marqué la Vienne du début du XXe siècle par ses polémiques et ses satires incissives, qui lui ont probablement valu autant d’admirateurs que de contestataires. À force de fustiger les défauts et les erreurs de la société viennoise, il s’est imposé comme un révélateur essentiel d’une civilisation austro-hongroise sur le déclin. Le Cahier de L’Herne, paru pour la première fois en 1974, reste aujourd’hui une référence pour qui souhaite approfondir l’œuvre de cette figure intellectuelle, pourtant encore mal connue en France.

Les témoignages et études réunis dans ce volume, souvent contradictoires, parfois polémiques, sont à l’image même de l’homme qui a trop méprisé la prudence pour faire jamais l’unanimité sur lui. Ils ont moins pour but de faire de ce Cahier une commémoration que de permettre aux lecteurs français de voir comment a évolué la réception de Kraus. C’est une tentative d’introduction à la lecture d’un auteur jusqu’ici peu accessible en français et, à travers lui, à une société, à une époque tout entière. Le Cahier montre dans son entièreté le caractère d’un écrivain qui se voulait provocateur, qui, souvent avec maladresse, mettait trop de lui-même dans tout ce qu’il entreprenait et avait la naïveté de croire qu’éthique et politique doivent forcément se rejoindre. Walter Benjamin a décelé dans ses écrits un « étrange mélange de théorie réactionnaire et de praxis révolutionnaire ». Il reconnaît aussi que Kraus resta jour et nuit, « avec un rare dévouement à son poste pour défendre des causes pourtant perdues ». C’est pour cela qu’il ne cesse de fasciner.

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Laura Bossi, Nicolas Wanlin (dir.) : Haeckel et les Français. Réception, interprétations et malentendus

Gallimard - Avril 2024 - Les Cahiers de la NRF


Ernst Haeckel (1834-1919), biologiste allemand aujourd’hui oublié sinon des chercheurs, fut pourtant de son vivant aussi célèbre que Darwin. Respecté et célébré dans les milieux savants internationaux comme spécialiste de la zoologie marine et théoricien de l’évolutionnisme, il est l’auteur des premiers « arbres généalogiques » des espèces, proposant une vision unitaire du monde vivant. Il est aussi l’inventeur du terme « écologie », dont il a établi les fondements. Sa « loi de la récapitulation » a influencé non seulement la biologie, mais la psychologie, la criminologie, la psychanalyse... Ses livres destinés au public profane, dont Histoire naturelle de la création et Les Énigmes de l’Univers, ont été des succès traduits en plusieurs langues. Ses planches magnifiques illustrant les « formes artistiques de la nature » ont inspiré les artistes et les architectes de l’Art nouveau. Mais le professeur de zoologie de l’Université d’Iéna était aussi un intellectuel et une figure publique de premier plan, un apôtre de la libre pensée, du rationalisme et du progrès. Son militantisme pour une « religion moniste » de la nature, panthéiste et antichrétienne, lui a valu une réputation sulfureuse. Le déclenchement de la Grande Guerre, que ce pacifiste a approuvé en signant l’ « appel des professeurs », a fini par couper Haeckel de son réseau international. La réception complexe de son œuvre enfin, allant de la gauche militante à certains représentants du national-socialisme, a contribué à son effacement. Sans occulter les ambiguïtés de son héritage, les actes ici réunis explorent les différents aspects de la réception de Haeckel en France en essayant de rendre justice au rôle historique capital du savant.

Colloque organisé par Laura Bossi à l’occasion du 100ee anniversaire de la mort d’Ernst Haeckel en septembre 2019 à la Fondation des Treilles. Introduction de Laura Bossi et Nicolas Wanlin. Textes de Nicolas Aumonier, Laura Bossi, Robert Calcagno, Philippe Comar, Pietro Corsi, Élise Dubreuil, Jacqueline Goy, Jacqueline Lalouette, Laurent Loison, Stéphane Schmitt, Mathilde Tahar, Nicolas Wanlin et Caterina Zanfi.

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Georges Didi-Huberman : Des visages entre les draps. La ressemblance inquiète, II

 Gallimard - Avril 2024

La ressemblance, particulièrement à l’époque de la Renaissance, n’est souvent qu’un mythe : à la fois une opération « légendaire », littéraire, et un « bricolage », un montage technique destiné à réunir dans le concret des ordres de pensée ou de réalité tout à fait hétérogènes. C’est ainsi que le fameux « portrait de Dante » par son « ami Giotto » – qui a fixé jusqu’à aujourd’hui notre image du poète – n’aura été qu’une invention rétrospective destinée à fonder, au XVIe siècle, l’idée d’une Renaissance tout entière ordonnée par la conquête des ressemblances optiques et picturales… et à refouler de notre culture historique l’importance des ressemblances par contacten usage dans maints objets florentins du Trecento et du Quattrocento.
Une réflexion sur un célèbre portrait en buste, moulé et modelé en terre cuite, poursuit ce parcours critique : à travers son destin dans le discours de l’histoire de l’art – chef-d’œuvre de Donatello ou, au contraire, oeuvre indigne du qualificatif même d’« artistique » ? – on verra émerger quelques présupposés théoriques majeurs de la discipline elle-même qui, trop souvent, ignore qu’elle regarde aussi avec ses… mots.
Dans l’autoportrait « christique » de Dürer, enfin, nous aurons à découvrir que l’image peinte n’avait rien, pour lui, d’une simple conquête virtuose sur le monde visible. Envisagée au prisme de son inquiétude religieuse, elle s’imposait plutôt comme un drame de la ressemblance : ainsi dans la hantise de visages disparaissant sous le blanc des linceuls.

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Regards croisés, n° 13 | 2023 : Roger Caillois

 Regards croisés - Avril 2024


La pensée de Roger Caillois (1913-1978), en particulier pour ce qui concerne ses travaux des années 60 et 70, questionne la dissolution des frontières : tant celles entre disciplines académiques, que celles qui instaurent des dichotomies sujet-objet, des configurations temps-espace, ou bien séparent « l'Ouest » et de « l'Est ». Il s'impose naturellement à une revue comme Regards croisés, fortement interdisciplinaire ainsi que transculturelle et bilingue, de consacrer un dossier spécifique au penseur des « sciences diagonales ».

Dans l'espace germanophone, l'oeuvre de Caillois est encore peu connue, du moins en comparaison avec celle de son collègue du Collège de sociologie, Georges Bataille. Cependant, Méduse et Cie (1960), La Dissymétrie (1973) et Le Fleuve Alphée (1978), trois textes importants de la période mentionnée, ont été traduits récemment, entre 2007 et 2016. En outre, des travaux de recherche substantiels ont été publiés en allemand ces deux dernières années. L'intérêt se déplace ainsi de Caillois en tant que théoricien du jeu vers le penseur d'un nouveau naturalisme, du mimétisme et de l'imaginaire scientifique.

Dans ce sens, le dossier de la 13e édition de Regards croisés, avec ses cinq contributions originales franco-allemandes inédites, notamment dans les domaines de la sociologie et de l'esthétique, vise à situer précisément la pensée de Caillois à la fois dans le champ des débats philosophiques, géosociologiques, littéraires et culturels actuels et dans l'histoire de sa réception en Allemagne et en France.


Diplômées n°288-289 : Le corps

 La route de la soie éditions - Avril 2024


Diplômées est la revue de l'Association Française des Femmes Diplômées des Universités (AFFDU). Revue scientifique à comité de rédaction, elle a pour vocation de promouvoir la recherche et la visibilité des femmes chercheuses en Europe. D'inspiration généraliste et interdisciplinaire, libre à l'égard de toute école de pensée et des modes intellectuelles, sa périodicité est de deux livres par an.

Nous pourrions dire le "corps dans tous ses états." Qu'est-ce que qu'un corps ? Mais aussi qu'est-ce que le corps ? Comme le souligne Descartes "ce mot de corps est fort équivoque. Quand nous parlons d'un corps en général, nous entendons une partie déterminée de la matière, et ensemble de la quantité dont l'univers est composé. Mais quand nous parlons du corps d'un homme ou d'une femme nous entendons toute la matière qui est unie avec l'âme de cet homme. » Le corps est-il un artifice ? Un lieu de passage ? Selon Leibniz « chaque corps organique d'un vivant es d'une espèce de machine divine, ou d'un automate naturel, qui surpasse infiniment vous les automates artificiels." À l'heure où nous pouvons presque remplacer tous les organes humains, à quoi se résume notre corps ? Pourquoi faut-il toujours penser le corps en référence à autre chose (âme, conscience, esprit, etc.) ? Est-ce dans ce rapport, dans cet écart que le corps se pense comme une consistance comme une forme, comme un objet ? Pouvons-nous penser le corps par lui-même, en lui-même ? Devons-nous parler des corps inertes et des corps vivants, des corps objets et des corps sujets ? Le corps est esthétique, culturel, cultuel... le corps est nécessairement politique. Partout le corps est là... Il est donc grand temps de questionner le corps et de voir ce qu'il va devenir dans une société technologique.

Ont participé à ce numéro : Hélène Romano, Claude Mesmin, Béryl Serizy, Philippe Wallon, Sarah Cassenti, Nadège Langdour, Christophe Charpiot, Marie Bagi, Mylène Sarant, Francine Rosenbaum, Léa Renoir, Sophie Sendra, Anne-Sophie Coppin, Sonia Bressler, Jing Xie, Awatef Nassar-Fawkes, Sophia Antoine, Sylvina Boissonnas, Élisabeth Nicoli, Catherine Guyot, Christine Villeneuve.

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vendredi 19 avril 2024

Laurine Drut : La nervosité féminine au XIXe siècle. Un trouble d’époque

 L'Harmattan - Avril 2024


Qu’est-ce qui provoque la nervosité féminine au XIXe siècle ? De quelles façons la société parvient-elle à s’immiscer dans le psychisme des femmes, au point de créer des maladies psychologiques ? En somme, qu’est-ce qui fait de la nervosité féminine un trouble propre à une époque particulière ?
Par l’analyse des discours scientifiques de l’époque et de journaux intimes féminins, cet ouvrage s’attache à comprendre pourquoi le XIXe siècle a été surnommé « le siècle des nerfs ».
La plongée au sein du quotidien des femmes de la bourgeoisie permet d’analyser tout ce qui peut être à l’origine de leurs névroses, mais également de comprendre que la nervosité est un phénomène socialement construit, propre à une époque.
Dans la lignée des travaux étudiant l’influence du social sur l’individu, intéressons-nous à la façon dont la société modèle les corps et les esprits, à travers l’exemple complexe de la nervosité féminine au XIXe siècle.

Laurine Drut est doctorante en histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Elle travaille sur les troubles nerveux au XIXe siècle.

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Laurent Bibard : Vivre dans un monde complexe. Alice au pays des incertitudes

 L'Aube - Avril 2024


Cela ne fait pas de doute, notre monde est de plus en plus inquiétant et nous semble de plus en plus complexe. Face à cela, nous tentons au maximum de tout contrôler et sécuriser : assurances, mots de passe, etc. Mais la vie n’a-t-elle pas toujours été faite de complexité et d’incertitude autant que de contrôle ? Tant qu’il y a de la vie, il y a les deux à la fois, contrôle et incertitude. Pour vivre dans un monde qui a toujours été complexe, il faut se demander de quoi est fait ce que nous contrôlons, et comment faire de l’incertitude un atout. C’est ce que nous ferons ici en suivant, grâce à Lewis Carroll, Alice au pays des ­incertitudes…

Laurent Bibard enseigne la philosophie politique, la socio­logie et l’économie. Il est responsable de la filière Management et philosophie de l’ESSEC.

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Apolline Guillot, Miguel Benasayag, Gilles Dowek, Sophie Gherardi : L'IA est-elle une chance ?

Philosophie Magazine Editeur - Avril 2024


L’arrivée de ChatGPT a tout changé. En réalisant que chacun d’entre nous peut se servir d’un outil d’IA d’une puissance ahurissante, nous sommes saisis d’une forme de panique. Il nous faut comprendre ce qui se joue dans cette période d’effervescence technologique. Dans un essai tonique, la philosophe Apolline Guillot invite à dépasser les fantasmes catastrophistes. L’IA n’est pas omnipotente : elle est par exemple incapable de prendre des risques. Mais quels risques nous fait-elle courir ? Deux penseurs en débattent pied à pied : Miguel Benasayag s’inquiète d’une digitalisation rapide du monde qui abîme nos cerveaux tandis que Gilles Dowek fait confiance à l’être humain pour tirer le meilleur parti d’un outil qu’il a créé.

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Maria Zambrano : La pensée vivante de Sénèque

 R & N éditions - Avril 2024


Maria Zambrano a toujours eu envie d’écrire sur Sénèque l’Andalou. Pour elle, Sénèque n’était pas qu’un philosophe, c’était un lieu de retour, une retraite, un refuge. Parce qu’en fin de compte, nous revenons toujours chez nous, elle nous offre ici une magnifique déambulation dans l’œuvre du philosophe latin. Sénèque n’est pas un systématique ; la logique et la métaphysique n’ont pas d’importance pour lui. Ce qui compte, c’est la pensée tout entière orientée vers la réalisation d’une « vie bonne ». Pour Maria Zambrano, il représente un modèle d'"adoucissement" de la raison, une raison médiatrice entre espoir et désespoir, une raison au service de la vie, qui est une consolation et un remède à notre impuissance face à notre condition mortelle et notre soumission à des puissances envahissantes. La maîtrise de soi, la paix, la tranquillité d'esprit, la vie retirée, la résignation, la séparation d'avec les passions du vulgaire, l'amitié, la clémence, sont quelques-unes des notions importantes du projet sénéquéen, qui font de la philosophie du sage cordouan une philosophie sans cesse vivante. Pour la réactualiser, Maria Zambrano commente des extraits choisis de son œuvre avec une pertinence, une vivacité et une acuité intellectuelles à travers lesquelles percent l’enthousiasme.

Maria Zambrano (1904-1991) est une philosophe espagnole, proche de Simone Weil, auteur De l’aurore, La tombe d’Antigone, Philosophie et poésie ou encore L’homme et le divin.

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Prismes. Théorie critique n°6 : Ecologie et éco-critique

 Kimé - Avril 2024


Le dossier de ce numéro de la revue Prismes, intitulé « Écologie et éco-critique », est consacré à la thématisation d’une « éco-critique » puisant son inspiration dans l’héritage du marxisme et de la Théorie critique. Dans le contexte de la catastrophe écologique en cours, elle-même inscrite dans l’ère de l’anthropocène (ou du « capitalocène »), il est urgent d’interroger la fécondité de cet héritage souvent passé sous silence par les éthiques de l’environnement et les diverses formes contemporaines d’écologie politique. Cela suppose en premier lieu de réévaluer l’apport longtemps sous-estimé de Marx et Engels à l’élaboration d’un modèle « écosocialiste » ou « écomarxiste » de critique du capitalisme, eu égard aux conséquences destructrices de celui-ci sur la relation « métabolique » entre les sociétés humaines et la nature. Cela suppose ensuite de rendre justice à l’originalité des approches développées au sein de la Théorie critique, notamment chez Horkheimer et Adorno, pour penser à nouveaux frais les modalités contemporaines de domination de la nature, les formes variées qu'elle est susceptible de revêtir, ainsi que les ressources théoriques et pratiques d’une conception dialectique de la nature dans ses rapports à la rationalité humaine.

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Claude Esteban : Par-delà les figures. Écrits sur l'art (1964-2006)

L'Atelier contemporain - Avril 2024


Par l’art, et par la critique qui en déchiffre la portée spirituelle, « tout, même ce mur grumeleux, cette faïence qui s’écaille, sera, est déjà, sauvé. » Telle est l’espérance animant Claude Esteban dans ses Écrits sur l’art, qui s’échelonnent de 1964 à 2006 et sont pour la première fois rassemblés en un volume complet. Nombreuses sont les œuvres qui ont tracé pour lui la voie d’une salvation au cœur du désastre, œuvres que l’on découvrira ou redécouvrira sous un jour nouveau ici, celles notamment de Eduardo Chillida, Arpad Szenes, Velázquez ou Giorgio Morandi. Claude Esteban connaissait très bien l’art de son temps, lui qui a fondé et dirigé la revue Argile aux éditions Maeght, revue connue pour avoir publié, tout au long de son aventure entre 1973 et 1981, Yves Bonnefoy, Jacques Dupin ou Bernard Noël, pour avoir donné à lire en traduction française Anna Akhmatova, Ossip Mandelstam ou Octavio Paz, mais aussi pour s’être fait passeur des œuvres de Geneviève Asse, Alberto Giacometti ou Luis Fernández. Mais il a aussi beaucoup écrit sur les artistes qu’il aimait. Sa prose poétique, d’une sobre élégance, à l’image d’une « lumière sans mémoire » selon sa propre expression, approche chaque fois, comme le note Pierre Vilar, « le secret des secrets, désigné le plus souvent comme l’amande – du monde, du réel, de l’être en un seul mot ». Le poète que ses origines situent à la croisée des cultures espagnole et française se passionne pour les artistes qui, « dans cette Europe en proie à ses phantasmes, au vertige d’une culture qui se perd parmi la foison des techniques », tracent une voie singulière où l’on peut déceler une espérance discrète. Il a porté une attention ardente, par exemple, à la peinture de Giorgio Morandi, à ses énigmatiques natures mortes : « Voici proposées les formes les plus pauvres, celles qu’on ne regarde même plus. Morandi ne choisit pas, ou plutôt il a fixé définitivement son choix sur le plus insignifiant, le plus proche. Il sait que n’importe quel objet peut s’alourdir de présence si le regard s’y attache et lui accorde la durée. » Lui-même n’aura cessé d’exercer une attention qui « s’attache » et « accorde la durée » aux artistes de son temps comme aux artistes classiques. On trouvera dans ce volume des textes consacrés à : Fermín Aguayo, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Arman, Nasser Assar, Geneviève Asse, Francis Bacon, Charles Baudelaire, Jean Bazaine, Simone Boisecq, Yves Bonnefoy, Georges Braque, Le Caravage, Sergio de Castro, Marc Chagall, Eduardo Chillida, Giorgio de Chirico, Jean Dubuffet, Paul Éluard, Denise Esteban, Luis Fernández, Joaquín Ferrer, François Fiedler, Jean Follain, Alberto Giacometti, Franscisco de Goya, Mercedes Gómez-Pablos, Le Greco, Stanley William Hayter, Edward Hopper, Horst Egon Kalinowski, Willem de Kooning, Wifredo Lam, Louis Le Brocquy, Claude Gellée dit Le Lorrain, André Malraux, Gilles Marrey, Henri Matisse, Henri Michaux, Giorgio Morandi, Bartolomé Esteban Murillo, Louise Nevelson, Pablo Palazuelo, Jean Paulhan, Octavio Paz, Pablo Picasso, Jean-Marie Queneau, Raquel, François-Auguste Ravier, Rembrandt Harmenszoon van Rijn, Jacques-Joachim-Jean Rigal, Georges Rouault, Pieter Jansz Saenredam, Joseph Sima, Brigitte Simon, Alfred Sisley, Árpád Szenes, Pierre Tal Coat, Titien, Raoul Ubac, Diego Velázquez, Maria Helena Vieira da Silva, Édouard Vuillard.

Édition établie par Xavier Bruel et Paul-Henri Giraud ; préface de Pierre Vilar.

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