vendredi 26 juin 2026

Thierry Simonelli : Science et politique : la fabrique du réel

 L'Harmattan - Juin 2026


La science moderne et la politique ne se tiennent pas à distance. Elles s’entrelacent, se soutiennent parfois, se contraignent souvent et s’instrumentalisent à l’occasion. Cet ouvrage interroge cette fabrication du réel en remontant l’histoire des sciences modernes et en montrant comment des régimes d’expertise installent des formes d’autorité et fabriquent des dispositifs de légitimation. L’enquête mobilise la philosophie politique, la sociologie des sciences et une lecture serrée des pratiques de gouvernement. Elle traverse la République des lettres, les tribunaux de la science, les débats sur l’épistocratie et la technocratie, avant d’aborder la pandémie comme laboratoire d’administration scientifique du social. L’enjeu n’est ni de dénoncer la science ni de sacraliser l’expertise, mais de restituer aux savoirs leur caractère public, révisable et ouvert à la discussion, afin de penser les conditions d’une participation éclairée aux décisions qui engagent la vie commune. Il s’agit ainsi de penser un usage public du savoir qui demeure compatible avec l’idéal démocratique.

Thierry Simonelli est psychanalyste, docteur en philosophie et docteur en psychologie. Il a enseigné la philosophie des sciences et la logique à Paris, à Reims, à Metz et au Luxembourg. Auteur, coéditeur et traducteur de l’allemand vers le français, il a publié plusieurs ouvrages sur Jacques Lacan, Günther Anders, Sigmund Freud et Alfred Lorenzer.

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Béatrice Bonhomme, Jonathan Pollock, Elsa Grasso (dir.) : Arnaud Villani, du symbole à la pensée-mouvement

 PU de Perpignan - Juin 2026


Arnaud Villani est l'un des rares penseurs de la nature à mener de face la création poétique et philosophique. Cet ouvrage est le premier à donner autant d'importance à sa poésie qu'à son élaboration d'une pensée-mouvement ayant pour ambition de reconfigurer les problèmes actuels de l'écologie mentale, sociale et environnementale.

Arnaud Villani, philosophe, poète, peintre et musicien, est l’une des voix de l’écosophie (philosophie de l’écologie) actuelles. Sa pensée reste encore assez confidentielle en France, alors qu’il est traduit et étudié en Amérique latine (surtout) depuis plusieurs décennies. Cet ouvrage a pour ambition de mieux faire connaître auprès d’un public francophone l’envergure d’une philosophie (indissolublement métaphysique, politique, critique et éthique) qui apporte des réponses à la fois théoriques et pratiques aux crises environnementales que nous traversons aujourd’hui.

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Bulletin de la Société Française de Philosophie : Kant, 1724-2024

Société Française de Philosophie - Juin 2026


Pour prendre part à la célébration du tricentenaire de la naissance de Kant (22 avril 1724), la Société française de philosophie a fait appel à une nouvelle génération de chercheurs.
Inga Römer revient sur le problème de la métaphysique selon Kant, pour réfléchir sur ses implications éthico-politiques, et sur leur rapport avec la question d’une renaissance de la métaphysique à notre époque.
Antoine Grandjean met en relief l’originalité du concept kantien d’idéalisme, et analyse la promotion de l’« idéalisme transcendantal » comme un des deux principes cardinaux de la philosophie critique, donc de « toute la métaphysique ».
Mai Lequan s’interroge sur l’usage que fait Kant de la notion de nomadisme, en relation avec les connaissances qu’il mobilise dans ses leçons de géographie physique.
Elena Partene traite du rapport entre sublime et représentation, et de la critique kantienne de l’image, liée à la manière dont la transcendance de ce qui ne saurait se limiter au sensible se dévoile négativement dans un spectacle sensible.
Loin d’opposer ce qui ne serait qu’étude historique et ce qui serait approche systématique ou actualisation, les interventions réunies pour cette circonstance marquent un renouvellement de l’interrogation sur la validité des propositions et des impulsions kantiennes, en même temps que le souci de mettre en oeuvre dans leur analyse la plus grande rigueur historique.

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Cécile Lavergne, Marion Carrel, Aline Chamahian (dir.) : Les expériences de la vulnérabilité dans l'épidémie de Covid-19. Croiser les savoirs philosophiques et sociologiques

 Septentrion - Juin 2026


Rassemblant des enquêtes inédites sur les effets de la pandémie de Covid-19 sur la vie de famille, le voisinage, des collectifs militants ou la vie étudiante, ce livre éclaire aussi les débats théoriques sur la vulnérabilité, en apportant une perspective sur les savoirs et la justice épistémique encore méconnue en France. L’apport croisé de la philosophie et de la sociologie, la dimension internationale et les analyses originales de vingt-cinq chercheuses et chercheurs font de ce livre une contribution majeure au débat scientifique sur les implications des crises sanitaires et sociales.

Aline Chamahian est Maîtresse de conférences en Sociologie à Aix-Marseille Université, chercheuse rattachée à l’UMR Mesopolhis et associée au CeRIES. Ses travaux portent sur les âges de la vie avec une attention particulière aux expériences individuelles du vieillissement.
Marion Carrel est Professeure des Universités en Sociologie à l’Université de Lille, CeRIES. Ses travaux portent sur la citoyenneté, la participation, les discriminations et les recherches participatives dans les quartiers populaires.
Cécile Lavergne est Maîtresse de conférences en philosophie politique et sociale à l’Université de Lille, UMR Savoirs, Textes, langage. Ses travaux portent sur les rapports entre violence et identités, et plus récemment sur les injustices épistémiques dans l’expérience de la grande pauvreté.

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Fabienne Henryot (dir.) : L’antiphilosophie au miroir de l’histoire du livre. Entre commerce et consommation (1715-1815)

 Champion - Juin 2026


En s’appuyant sur trente années de travaux féconds consacrés aux mouvements intellectuels hostiles aux Lumières, les quatorze contributeurs de ce volume entendent comprendre comment l’antiphilosophie a contribué à faire vivre le marché du livre au XVIIIe siècle, voire à le transformer. Ils posent aussi l’hypothèse que le livre antiphilosophique est alors une réalité matérielle et commerciale distincte, fondée sur des stratégies éditoriales, une relation ambiguë à la censure, une rentabilité économique exploitant l’instant de la polémique, enfin des codes auctoriaux spécifiques. De la boutique du libraire à la bibliothèque du parlementaire en passant par les tables de travail des auteurs, les bureaux de la censure, cet ouvrage donne à voir la manière dont la polémique balise et transforme le monde de l’imprimé, et les représentations de ce dernier dans l’espace public, en France et en Europe. C’est aussi une éthique de la pratique des lettres qui s’esquisse à travers la réception des écrits des philosophes et des antiphilosophes.

Fabienne Henryot est maître de conférences HDR en histoire à l’Enssib et membre de l’IHRIM (UMR 5317). Ses travaux portent sur l’histoire du livre et des bibliothèques du XVIIe au XIXe siècle, ainsi que sur la culture écrite dans le monachisme moderne.

Ont collaboré à ce volume : Christian ALBERTAN, Cyprien ALBERTI, Philippe BOURDIN, Nicolas BRUCKER, Philippine CASAROTTO, Patrizia DELPIANO, Olivier FERRET, Stéphanie GEHANNE-GAVOTY, Fabienne HENRYOT, Preea LEELAH, Didier MASSEAU, Adrien PASCHOUD, Isabelle TURCAN, Bernard VISSE.

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jeudi 25 juin 2026

Pascal Delhom : Emmanuel Levinas (inédit)

 PUF - Juin 2026 - Que sais-je ?


« Être sans être meurtrier », tels sont les mots que choisit Emmanuel Levinas (1906-1995) en 1950 pour exprimer une crainte de la conscience qui sous-tendra toute sa philosophie. Cette inquiétude n’est pas existentielle mais morale, elle naît d’une relation éthique à l’autre et d’une responsabilité à son endroit. Sa philosophie appelle donc à s’ouvrir à autrui pour échapper à l’enfermement de l’être, du monde, de l’histoire.
Pascal Delhom retrace le parcours d’une vie et d’une œuvre, depuis la découverte décisive de la phénoménologie par Levinas à Strasbourg jusqu’à sa vision et sa compréhension du judaïsme, sans oublier les marques laissées par la guerre et le nazisme. Comment retisser des relations avec le monde après l’expérience d’un monde cassé ?

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Laetitia Petit), Vincent Tiffon, Charles De Paiva-Santana (dir.) : Arts et dé-coïncidence. Réel, raté, inouï

 PU de Provence - Juin 2026


Le concept de dé-coïncidence proposé par le philosophe, helléniste et sinologue François Jullien a fédéré, pendant une année, une équipe de chercheurs et artistes venus de différents horizons : des philosophes, des psychanalystes, des artistes peintres, des compositeurs, des enseignants-chercheurs de l’université d’Aix-Marseille et un metteur en scène ont lancé une véritable expérience de recherche à laquelle François Jullien lui-même s’est associé. Ensemble, ils ont cherché à rendre compte de l’opérativité et de l’efficacité du concept de dé-coïncidence à l’épreuve des arts. De leurs diverses rencontres est né cet ouvrage, organisé selon cinq axes thématiques qui ont émergé de leurs rencontres : « Dé-coïncidence : décapement, décalement, découvrement » ; « Réel, raté, inouï » ; « Écart, effet (entre) » ; « Rouvrir des possibles » ; et enfin « Différence et dé-coïncidence ». Chaque chapitre de ce volume résulte donc d’une nécessité d’approfondir une thématique en particulier, soit du fait de son caractère insistant, soit parce qu’elle soulève des questions, voire des points de confrontation, lors des rencontres interdisciplinaires, notamment le concept même de dé-coïncidence en lien avec la notion de différance, ou celui d’inouï avec la notion de réel.

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mercredi 24 juin 2026

Baptiste Rappin : Théorie de l'Organisation. Cours de philosophie du management

 Hermann - Juin 2026


La Théorie de l'Organisation est un cours de philosophie du management : l'exposé pédagogique du déroulement d'un examen philosophique du management. L'approche proposée est résolument herméneutique et généalogique : en cela, il ne s'agit pas de plaquer des cadres de pensée sur des situations organisationelles, mais de partir des grands textes de l'histoire du management, trop souvent ignorés, afin d'en donner une lecture philosophique, et de proposer, en dernier ressort, une phénoménologie du monde conctemporain.
Baptiste Rappin approfondit à l'aide des grands auteurs la compréhension de deux grandes étapes de l'histoire de la société managériale : le moment industrialiste et le moment cybernétique. C'est dans le va-et-vient entre ces deux périodes fondatrices que se donne à voir la dynamique originale et spécifique du management, qui n'est guère réductible à l'adminitration et à la bureaucratie, ni assimilable à la logique économique du capitalisme.
L'ouvrage s'adresse aux étudiants et aux professeurs de philosophie, désireux de se plonger dans l'analyse de la managérialisation du monde. Il est également destiné aux étudiants et professeurs de management, soucieux de développer une réflexivité philosophique à l'égard de leur discipline. Il devrait enfin interpeler les professionnels et les responsables, dont les pratiques sont sans cesse reconfigurées par le management.

Universitaire et philosophe, Baptiste Rappin entreprend, à travers ses ouvrages et ses articles, une exploration généalogique et philosophique du management. Cette Théorie de l’Organisation constitue une synthèse pédagogique de ses travaux.

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La Cause du désir n°122 : Narcissismes

 Navarin - Juin 2026


Ce numéro explore dans leur complexité les fondements freudiens du narcissisme : le rapport libidinal à l’image de soi en lien avec le mythe de Narcisse, l’identification (moi idéal et idéal du moi), l’autoérotisme et ses répercussions dans la clinique des psychoses, de même que le devenir de la notion sous l’angle des catégories du symbolique et de l’imaginaire dans l’enseignement de Lacan. Cet appareil théorico-clinique permet en outre de mettre en question le diagnostic de « culture du narcissisme » pour caractériser le moment présent, d’où le pluriel du titre.

Sommaire

7 Éditorial

7 Narcissisme en déclin, Christiane Alberti

9 L’orientation lacanienne

10 Les « Épars désassortis », Jacques-Alain Miller

17 Narcissismes

18 « Pour introduire le narcissisme » de Freud, Laurent Dupont

29 Attentat contre Narcisse, Gérard Wajcman

35 Les deux autoérotismes, Gil Caroz

42 Le narcissisme du désir féminin, Jean-Pierre Deffieux

47 Le goût du témoignage, Hélène Bonnaud

55 Paranoïa et mégalomanie au miroir de Narcisse, Damien Guyonnet

65 Le raboutage de l’ego, Sophie Marret-Maleval

74 De l’autoérotisme au narcissisme… et retour, Élise Etchamendy

85 La libido narcissique, Alfredo Zenoni

93 Clinique

95 Jeux de miroirs, Xavier Gommichon

100 Un narcissisme de détresse, Valérie Pera Guillot

104 Un oubli de soi dans l’Autre, Agnès Vigué-Camus

109 Briller par son absence, Sarah Abitbol

114 L’image, lieu d’inscription d’un silence, Ariane Fournier-Adjal

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Jean-Marc Besse : L’œil de l’histoire. Espace et cartographie

 Parenthèses - Juin 2026


Depuis le xviie siècle, pour les philosophes et les historiens, la cartographie a servi de modèle permettant de penser l'organisation des savoirs. Aujourd'hui ce geste se prolonge dans les sciences sociales, où l'espace est devenu une catégorie centrale de l'analyse culturelle.
Ce déplacement traverse également les pratiques artistiques contemporaines, qui font de la carte un terrain d'expérimentation critique. De même, la géographie irrigue la philosophie, qui voit dans la carte une forme de pensée et un outil d'investigation intellectuelle.
En replaçant la géographie au cœur des processus de connaissance et de création, L'Œil de l'histoire propose une réflexion décisive : la carte n'est pas une simple image du monde, mais un espace de projection et d'élaboration de la pensée et de la connaissance. Loin de se réduire à un simple auxiliaire de l'histoire, elle constitue un dispositif à part entière dans les opérations du savoir historique, aussi bien dans les domaines des sciences que dans celui des arts et de l'architecture.

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Esprit, n° 333, mai 2026 : Que demander à l'Histoire ? La bataille des récits

 Esprit - Juin 2026


À l’occasion de l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, et alors que l’histoire redevient le terrain d’âpres batailles culturelles, ce numéro coordonné par Emmanuel Laurentin repose la question qui ouvrait en 1937 une conférence de Marc Bloch : « Que demander à l’histoire ? ». À lire aussi dans ce numéro : Quel projet de puissance pour l’Europe ? ; Un génocide à hauteur d’enfant ; Les municipales à l’épreuve de l’intelligence artificielle ; Urgence de l’État de droit ; Renaud Camus, un apologiste de la violence.


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mardi 23 juin 2026

Éric Zernik : L'éternel féminin. Le phantasme de Jean-Jacques Rousseau

 Atlande - Juin 2026


Rousseau a la réputation d’avoir été un indéfendable misogyne tandis que ses textes témoignent de l’intensité de ses amours : Marion, Julie, Sophie… Pourtant, au-delà des clichés et indépendemment de la vie du Genevois, la pensée de Rousseau est dans son rapport à la femme plus subtile et complexe que la caricature qui en est souvent faite aujourd’hui à partir de concepts du xxie siècle sans appuis dans la société du xviiie.
Éric Zernik nous propose ici de décortiquer la pensée du philosophe pour comprendre l’originalité de son rapport aux catégories du masculin et du féminin. Pour Rousseau, si l’homme domine, la femme règne. La domination se déploie dans le monde extérieur. Non seulement elle s’exerce de manière effective d’un être sur d’autres êtres, mais elle se marque de manière immédiatement perceptible : c’est une force qui agit sur une autre force de moindre intensité. À l’inverse, il y a dans le règne un pouvoir presque magique. Un pouvoir sans pouvoir, en quelque sorte, et qui s’efface pour mieux s’affirmer, dans le seul milieu qui est le sien, l’intimité, là où la frontière entre extériorité et intériorité, entre immanence et transcendance, identité et altérité s’estompe.
Dans le sillage La Métaphysique des sexes de Sylviane Agacinski, l’ouvrage montre comment Rousseau puise dans l’Antiquité les moyens de dépasser une vision du monde judéo-chrétienne anthopocentrée. Le philosophe des Lumières développe ainsi une féminisation du regard et de la pensée. C’est cette vision, ou plus exactement cette grille de lecture, qu’Éric Zernik désigne par l’expression “éternel féminin” : éternelles comme le sont les vérités qui dépendent des concepts a priori de la pensée. Dès lors il faut comprendre la notion de phantasme dans son sens étymologique d’image touchant l’âme. C’est une coproduction imaginaire entre l’homme et la femme, entre un être qui se nourrit d’images et un être qui se fait image.
Comme la prose de Rousseau peut le faire, l’ouvrage enchante. S’adressant autant aux sens qu’à l’esprit, il offre une approche féministe originale de Rousseau qui, par sa post-modernité, tend à l’universel.

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Friedrich Engels : Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie allemande classique

 les éditions sociales - Juin 2026


En 1888, après la mort de Karl Marx, Friedrich Engels publie cet exposé succinct des rapports que les deux hommes ont entretenu avec la philosophie hégélienne et de la façon dont ils s'en sont séparés. Engels y reconnait pleinement l'influence de la pensée de Ludwig Feuerbach dans le chemin qui les ont menés, depuis L'Idéologie allemande, au matérialisme historique. Il fournit ainsi la première « esquisse générale de la conception marxiste de l'histoire » aux organisations du mouvement ouvrier qui se structurent à cette époque. Cette nouvelle traduction de la GEME, enrichie d'une introduction et d'annexes inédites, offre toutes les clés pour rendre ce classique accessible à un large public.

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Patrick Martin-Mattera, Céline Masson (dir.) : La Censure dans l'art

 Hermann - Juin 2026


La censure est souvent envisagée comme un phénomène d’ordre social ou politique, un instrument de répression idéologique ou un moyen de contrôle de l’opinion. Pourtant, elle ne saurait se réduire à cette dimension coercitive : la censure agit aussi comme un opérateur de régulation symbolique, intervenant dans les processus psychiques et collectifs de manière complexe. Elle traverse l’histoire des sociétés, mais également celle des représentations, du savoir et du sacré.

Patrick Martin-Mattera, psychologue et psychanalyste, est professeur émérite de l'Université catholique de l'Ouest, membre associé au laboratoire RPPsy "Recherches en psychopathologie et psychanalyse", vice-président de l'association de recherche sur les processus de création Pandora.
Céline Masson est psychanalyste, professeure des Universités, membre du Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits à l'université de Picardie Jules Verne, et directrice du Réseau de recherche sur le racisme et l'antisémitisme (RRA).

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Jessica Lombard : Transhumanisme(s). La philosophie à la rencontre de nos imaginaires techniques

 Hermann - Juin 2026


Qu’est-ce que le transhumanisme ? Qualifié d’« illusion technophile », voire de véritable « totalitarisme », rarement un courant contemporain aura suscité autant de fascination pour ses promesses d’émancipation que de rejet face aux menaces d’aliénation qu’on lui prête.
À la croisée de la philosophie de la technique et de l’anthropologie philo­sophique, cet ouvrage propose une approche phénoménologique du transhumanisme, permettant de dévoiler les modalités d’une époque où il n’est plus possible de penser l’humain indépendamment des médiations techniques qui le constituent. Ce travail s’inscrit ainsi dans la réflexion philosophique sur les rapports entre culture et technique, qui explore l’articulation entre les héritages humanistes structurant notre conception de l’humain, et la plasticité des imaginaires techniques contemporains.
À partir d’une recontextualisation des différents mouvements transhumanistes, l’autrice examine l’anthropotechnie du corps (trans)humain aux prises avec les objets techniques, ainsi que la portée d’un devenir structuré par une forme d’optimisme technophile. En montrant comment le transhumanisme s’appuie sur des théories philosophiques préexistantes et s’inscrit dans un vaste débat sur l’activité et la condition humaines, cet ouvrage entend servir d’entrée nouvelle à la question de la technique elle-même, à partir des représentations et des récits par lesquels nos sociétés se donnent à penser l’humain.

Jessica Lombard, docteure en philosophie, est enseignante-chercheuse contractuelle au Centre de recherches en histoire des idées (Université Côte d’Azur) et chercheuse associée à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Ses recherches explorent la question de la technique et de l’objet technique, leurs enjeux philosophiques et anthropologiques pour l’humain, et leur façon d’inspirer le développement de nos imaginaires techniques.

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lundi 22 juin 2026

Jérôme Lèbre : Quelle distance entre nous

 Hermann - Juin 2026


Quelle distance entre nous ? Cette question se pose dans un « espace » qui n’est que l’écart entre les êtres. Car c’est bien cet écart, indéfiniment répété et varié, qui constitue le monde : ces distances entre nous entraînent toujours avec elles cette relation à ce qui n’est pas nous, à ce qui reste absolument irréductible, à savoir justement la loi de la dispersion des corps, de leur distanciation. Le « nous » est lui-même à la fois irréductible et extensible, donc multi-dimensionnel : de la plus proche relation, charnelle ou amicale, mais aussi simplement spatiale (celle qu’entretiennent, qu’ils le veuillent ou non, les voisins), à la plus lointaine, celle que l’on entretient avec ceux qui sont « à l’autre bout du monde ». Ce « nous » déborde de beaucoup l’humanité sans qu’il soit nécessaire d’aller très loin : car nous sommes aussi en contact, parfois (trop) rapproché, avec des êtres vivants (animaux, végétaux, domestiques ou non) qui habitent la même Terre, avec la place que nous, humains, leur assignons ou leur laissons : de la cage à poules à la savane, ou à la forêt, en voie de déforestation.

Jérôme Lèbre est professeur de khâgne à Louis-le-Grand et ancien directeur de programme au Collège international de philosophie. Ses travaux portent sur le romantisme, l’idéalisme allemand et la pensée française contemporaine.

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Aristote : Les Politiques

 Flammarion - Juin 2026 - GF


L'extraordinaire intérêt que notre époque porte aux Politiques d'Aristote n'est pas seulement un effet de la révérence due aux grands livres, mais une marque de perspicacité. Car derrière un texte qui se fixe comme horizon une réalité moribonde à l'époque même d'Aristote - la cité -, le lecteur d'aujourd'hui ne peut s'empêcher de déceler la fondation et donc le fondement de la manière dont nous pensons les rapports des hommes entre eux, et plus généralement le monde des "choses humaines". La structure et l'histoire des sociétés mais aussi le bruit et la fureur des passions des hommes, leurs ruses et leurs vertus, et jusqu'à l'ombre des dieux sur terre, tout est dans ce texte inépuisable que nous commentons, parfois sans le savoir, depuis vingt-quatre siècles.

Pierre Pellegrin (traduction) est chercheur émérite au CNRS. Spécialiste d'Aristote, il a dirigé la publication de ses Œuvres complètes (Flammarion, 2014). Il a par ailleurs préfacé, pour la GF, Le Malaise dans la culture (2010), L'Avenir d'une illusion (2011) et Totem et tabou (2015).

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Martine Fourré : Le malheur des hommes, tome 2. Moussa Diop et l’angoisse, à la rencontre du sujet de l’Occident

 L'Harmattan - Juin 2026


Le malheur des hommes Tome 2 Ce livre n’est pas seulement un hommage à Moussa Diop étaux praticiens de l’École de Fann, où Africains et Occidentaux inventèrent une parole commune avec les mots de la science, un penser ensemble, ex-colons et ex-colonisés, l’angoisse qui tourmente les hommes quand le manque échappe à la pensée. Il ne s’agit pas seulement d’anthropologie, mais de traversée : des langues, de l’Afrique à l’Occident, de l’imaginaire au symbolique, du silence à la parole. L’auteure y élabore le transitivisme du père, quand un homme ouvre à un autre ou à un enfant l’espace des discours imaginaires de sa langue, quand il leur parle de leurs mères, de la Mère, qui manquera toujours. Violences et espoirs : quand l’angoisse défie les mots, quand le manque se soustrait à la pensée, quand la filiation bute sur l’Histoire. Après ses trente ans de vie à Dakar, l’auteure dialogue avec Freud, Lacan, Castoriadis et les réalités africaines. Elle lit les effets délétères des discours sur les corps et les psychés, avec une conceptualisation inédite. L’angoisse, loin d’être un simple affect individuel, devient le lieu d’une rencontre déchirante entre l’intime et l’Histoire. Cet essai s’adresse à tous : cliniciens, chercheurs, éducateurs, enseignants, humanitaires, et à quiconque s’interroge sur les façons de « devenir un homme », une femme, ou simplement un sujet dans un monde en mutations.

Martine Fourré est docteur en psychologie psychanalyste, membre d'Espace Analytique et des Forums du Champ Lacanien, chercheur associé au CRPMS et exerce à Paris.

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