jeudi 21 mai 2026

Ornicar ? n°62 : Finir (dir. Jacques-Alain Miller, Deborah Gutermann-Jacquet)

 Navarin - Juin 2026


Ornicar ? » 62 » est dédié au thème « Finir » : de la fin du monde à la fin du souper, de l’éjaculation précoce à la fin de la rencontre ou des corps mis en jeu par l’IA, des psychanalystes et philosophes se penchent sur ce que la fin veut dire. C’est l’occasion aussi de revenir sur la manière dont la fin de l’analyse a été théorisée chez Melanie Klein, chez Balint et chez Lacan. « Ornicar ? » 62 voit l’actualité et la situation géopolitique éclairée à partir des concepts inventés par Freud et Lacan. Une rubrique nouvelle traite des néologismes de notre temps. On sait que Lacan en a créé de nombreux afin d’épingler un phénomène, une question de société – par exemple, la « poubellication » construit à partir de la rencontre entre la publication et la poubelle. Qu’est-ce qu’un psychanalyste peut dire de certains nouveaux venus intégrés au dictionnaire ? Que disent les mots nouveaux de notre époque ? « Micro-agression », « ghoster », « crush », etc. Au-delà de la dimension linguistique, c’est une interprétation lacanienne qui est proposée de ces inventions. Une autre rubrique s’intéresse, à rebours de l’actualité cette fois, à l’inconscient d’avant Freud. Qu’est-ce à dire ? Certaines phrases prélevées dans la littérature ont valeur d’interprétation, et ce, avant que la psychanalyse ne fasse son apparition. Des psychanalystes ont prélevé quelques énoncés, par exemple la fameuse réponse du comte de Monte-Cristo au banquier Danglars : « Un million, je les ai sur moi ! » Effet de sidération sur le banquier, c’est un message qui réduit la grandeur du parvenu au point de toucher à sa néantisation. Des références de Lacan sont aussi mises à l’étude dans ce numéro. Avec le poète et traducteur Martin Rueff, la rédaction d’« Ornicar ? » propose de cheminer pour un entretien sur la langue, les mots et la douleur, comme vecteurs d’invention.

Sommaire

Liminaire, Deborah Gutermann-Jacquet
Le présent… « C’est ce qui ne s’est jamais présenté »

Alice Delarue, Notre monde comme l’Atlantide
Philippe Hellebois, Gaza, douleur exquise

Entretien
Martin Rueff, Au bord de la falaise

Néologismes

Pascale Fari, Poubellication
Élise Etchamendy, Ghoster
Pierre Sidon, Micro-agression
Marie Laurent, Crush
Pénélope Fay, Silencier
Laura Vigué, Invisibiliser

Finir

Thierry Hoquet, La fin du corps
Philippe La Sagna, Procrastiner
France Jaigu, Inachever
Raoul Cappe, La fin du monde
Éric Zuliani, Éjaculation précoce
Hervé Castanet, Finir le souper, finir le récit
François Ansermet, L’IA ou les rencontres artificielles
Catherine Lazarus-Matet, Être foutu(e)
Anaëlle Lebovits-Quenehen, Finir sur une victoire

Les fins d’analyse

Daniel Roy, Melanie Klein. La fin par l’objet
Pierre Ebtinger, Balint. La fin maniaco-dépressive
Jacques-Alain Miller, Du moi à la mort

L’inconscient d’avant Freud

Nathalie Georges-Lambrichs, Un million ? mais j’ai toujours un million dans mon portefeuille (Dumas)
Yves Depelsenaire, La tache de sang de Lady Macbeth
Luc Garcia, Vous revenez d’Égypte et vous n’avez pas vu les Pyramides ? (Wedekind)

Dans la bibliothèque de Lacan

Carole Dewambrechies-La Sagna, Pearl King
Denis Kambouchner, Le Descartes de Lacan

Miscellanées
Anne Weinstein, Sarah Abitbol, Romain Aubé, Valeria Cetraro, Virginie Leblanc-Roïc, Antoine Chauvin, Guy Trobas, Sébastien Dauguet, Karim Bordeau, Paz Corona, Carla Jorris, Hélène Bonnaud


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Marie-Clotilde Lault, Claire Sourzat, Aurélie Capello (dir.) : Une victime peut en cacher une autre

 LEH - Mai 2026


Comment définir les victimes de l’« insupportable » ? C’est justement l’objet de cet ouvrage, réunissant à la fois universitaires et praticiens, professionnels de santé et professionnels de justice. Chacun dans sa spécialité met en évidence les personnes subissant l’insupportable. Cet ouvrage est bâti autour d’un plan mêlant les expertises de chacun et révélant toute la richesse de ces regards croisés sur les victimes. De toutes les analyses apportées, il ressort de manière évidente que la définition même de l’insupportable prend une coloration variable en fonction des domaines d’expertises. Les victimes en droit ne sont pas toujours les mêmes que les victimes médicales ou alors ne sont pas appréhendées de la même façon. Des regards historiques et philosophiques permettent alors de transcender ces définitions. Reste alors la question de la prise en charge de ces victimes de l’insupportable par la médecine et par le droit. Or, cette même prise en charge révèle en réalité bien d’autres victimes que celles identifiées originellement. En d’autres termes, la prise en compte de l’insupportable ne serait-elle pas génératrice d’une « fabrique » à victimes ?

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Clotilde Nouët : La Démocratie du public. Éthique et politique de la parole chez Jürgen Habermas

 Classiques Garnier - Mai 2026


À l'heure où la signification de la démocratie est constamment débattue, cet ouvrage se propose de reconstruire le modèle exigeant mais réaliste proposé par Jürgen Habermas. Pour ce faire, il suit le fil qui relie chez ce dernier une théorie du langage à une philosophie politique : dialoguant avec Marx, Kant, l'école de Francfort, Arendt, Rawls et d'autres, Habermas nous offre des ressources pour analyser la structure d'information et de communication spécifique à l'espace public démocratique. Il met au centre de sa pensée une éthique de la parole inséparable de la relation concrète à autrui, et potentiellement universelle. C'est elle qui forme le noyau normatif de la démocratie et la matrice de la délibération collective.

Clotilde Nouët, ancienne élève de l'École normale supérieure (Ulm), agrégée de philosophie, est assistant professor à l'université Mohammed VI Polytechnique à Rabat (Maroc). Elle est l'auteure d'une anthologie de textes consacrée à Habermas, intitulée L'Avenir de la démocratie (Paris, 2024).

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Alexandre Gefen : Humanités numériques. Le savoir et l'enseignement à l'heure de l'IA

 Hermann - Mai 2026


Utiliser une carte interactive, chercher dans Gallica, publier un article en ligne ou préparer un cours avec une IA sont des pratiques de recherche désormais ordinaires, y compris pour les humanistes nés avant la révolution Internet. La conversion numérique des pratiques académiques est un fait irréversible.
Quel est l’impact de la numérisation du patrimoine ? En quoi l’utilisation de bases de données et de moteurs de recherche, l’édition et la fouille numérique des textes, la production de cartes et de lectures à distance de vastes corpus, le recours à des grands modèles de langage, changent – ou pas – nos manières de produire et de transmettre le savoir ? Quels en sont les bénéfices et les écueils ?
Évoquant l’histoire de la philologie, les origines des humanités numériques et de l’intelligence artificielle, cet essai propose d’éclairer les transformations induites par les outils numériques sur les pratiques de recherche et d’enseignement en humanités.

Alexandre Gefen, directeur de recherche CNRS, est historien des idées et de la littérature. Fondateur de Fabula.org, il a été l’un des pionniers des humanités numériques en France et travaille désormais sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la recherche et la création artistique. Il est notamment l'auteur de : Vivre avec ChatGPT (2023) et Créativités artificielles. La littérature et l’art à l’heure de l’IA (2023).

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Penser l'éducation, n°57 - Philosophie de l’éducation et histoire des idées pédagogiques

 PU de Rouen - Mai 2026


La revue Penser l'éducation s’inscrit dans le champ spécifique qui croise la philosophie de l’éducation et l’histoire des idées pédagogiques. Ces deux aspects sont reliés et relèvent de la philosophie de l’éducation. Penser l'éducation n’est pas un titre anodin, il porte une injonction et une promesse : en ces temps de mutation, il s’agit de (re)penser, à nouveaux frais, l’éducation, dans ses principes, ses finalités, ses valeurs, ses pratiques et leurs conséquences. Le numéro 57, un varia, réunit 7 contributions sur l'actualité des questions liées à l'éducation, suivis d'un recension et de deux rubriques, l'une locale et l'autre internationale. Au sommaire de ce numéro : la zététique de Kant opposée à la dogmatique, la remise en question des modèles de formation par la prisme du jeu, préparer les jeunes aux défis du monde par des exercices de pensée conceptuelle en classe de troisième et de seconde, repenser l'éducation à travers la sensibilisation aux mutations d'une société de l'Anthropocène, la pédagogie des "possibles" de Germaine Tortel, la question de l'éducation dans le métier d'enseignant du supérieur, et la dialectique chez Hegel touchant à des questions sur la pédagogie.

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Vincent Azoulay : Ostracisme ! Du bon usage de l’arbitraire en démocratie

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Mars 2026


Au ve siècle av. J.-C., les Athéniens pouvaient exiler pour dix ans un citoyen soupçonné d’aspirer à la tyrannie, sans autre forme de procès. Le nom de la victime était inscrit sur des tessons d’argile : les ostraka. Conservés par milliers, ces fragments de poterie livrent aujourd’hui une parole populaire d’une rare intensité : aux noms s’ajoutent parfois des dessins moqueurs et des injures cinglantes adressées aux figures honnies de la cité.
Souvent conçue comme un instrument d’oppression populaire, la procédure d’ostracisme était en réalité fort régulée : arbitraire dans son principe, elle était encadrée dans son déroulement et limitée dans ses effets. C’est ce qui explique qu’elle fut globalement acceptée, y compris par ceux qui en furent la cible. Elle permit de domestiquer les citoyens les plus puissants sans provoquer leur défection ni leur révolte.
S’appuyant sur une documentation iconographique exceptionnelle, Vincent Azoulay enquête sur l’une des institutions les plus déroutantes de la démocratie athénienne. Il en met au jour le moteur caché – l’honneur et l’infamie – et en explore les résurgences de la Florence de la Renaissance à la Révolution française, jusqu’aux usages contemporains du « dégagisme ».

Vincent Azoulay est directeur d’études à l’EHESS et consacre ses recherches à la démocratie athénienne. Il a notamment publié Périclès. La démocratie à l’épreuve du grand homme (Armand Colin, 2010), Les Tyrannicides d’Athènes. Vie et mort de deux statues (Seuil, 2014) et, avec Paulin Ismard, Athènes 403. Une histoire chorale (Flammarion, 2020).

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François Giraud, Marion Schmid (dir.) : Thinking Intermediality. Identity, Ethics and Aesthetics

 Peter Lang - Avril 2026


‘This book excellently advocates for considering intermediality not just as a hybrid form, but as a mode of critical thinking that emerges from versatile aesthetic strategies capable of intertwining multiple perspectives on complex issues and cultural connections in our world. A unique contribution to the field that maps out new and exciting areas of study.’ – Ágnes Petho˝, Professor of Film Studies, Sapientia University

This collection of essays asks what it means to think intermedially across art forms and media, continents and cultures, research fields and disciplines. Highlighting the intercultural and sociopolitical aspects of artistic creation, the contributors investigate intermedial practice as a potent means to interrogate constructions of identity, challenge power differentials, and unveil the ethical and aesthetic dimension of images. From the immersive visual attractions of the eighteenth-century eidophusikon to online drawing during the Covid-19 epidemic, the essays explore a diverse range of intermedial phenomena, including screen adaptation, the theatrical tableau, phototexts and cross-cultural translation. Casting new light on celebrated figures such as Louise Bourgeois, Marguerite Duras, Jacques Derrida, Orhan Pamuk and Yoko Tawada, as well as lesser-known artists, the book offers a unique perspective on intermediality as a vehicle for intercultural exchange and critical intervention.

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mercredi 20 mai 2026

Stéphane Chauvier : Bonté gracieuse. Essai sur l’asymétrie du bien et du mal

 Vrin - Mai 2026


Pourquoi est-il moralement plus grave d’abandonner ses enfants que de ne pas adopter des orphelins? Pourquoi est-il moralement plus grave de forcer quelqu’un à entendre la musique qu’il déteste le plus que de ne pas lui faire entendre la musique qu’il préfère? Pourquoi, plus généralement, l’obligation de ne pas faire de mal est-elle ou semble-t-elle plus impérieuse que celle de faire du bien? Cette asymétrie est-elle un trait constitutif de toute morale, une conséquence logique de ce que sont le mal et le bien ou bien est-elle une particularité de notre morale, de celle du moins qui nous est le plus commune ou la plus familière? Pourrait-on, non seulement concevoir, mais adopter une morale qui traiterait symétriquement l’obligation de ne pas faire de mal et celle de faire du bien? Pourrions-nous vivre sous le régime de la bonté sévère ?

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Pierre-Henri Ortiz : Furor. Politiques de la folie à Rome

 Les Belles lettres - Mai 2026


Les notions anciennes et modernes de la « folie » recouvrent le plus souvent des réalités bien différentes, et celle de furor ne fait pas exception. Exprimant en général une idée d’aliénation dans laquelle le sujet est comme dépossédé de lui-même, elle désigne en premier lieu un trouble grave de la compréhension et de la volonté dont les racines s’enfoncent dans les profondeurs du corps. Dans un second sens, elle est le nom du sentiment tragique qui inspire aux foules anarchiques comme aux souverains tyranniques des actions mettant en cause les cadres élémentaires de la souveraineté républicaine.
Depuis les origines de la cité, la condition de ceux qui souffrent du furor de la première espèce impose à la puissance publique de superviser des mesures de garde (custodia) et de protection (cura). L’édifice juridique qui en est issu se précise à la mesure que l’État romain étend son empire. Quant au furor de la seconde espèce, image poétique empruntant ses traits à toutes les espèces de « folie », il justifie d’appliquer aux ennemis publics le douloureux remède des maladies désespérées et il légitime, par une analogie avec le droit exceptionnel appliqué à la démence, le recours à un état d’urgence.
Cet ouvrage, se concentrant sur la période romaine mais examinant aussi les sources grecques, propose pour la première fois une histoire politique de la folie dans l’Antiquité.
À travers cet objet, il présente les pratiques romaines du pouvoir dans leur irréductible complexité.

Pierre-Henri Ortiz est maître de conférences en histoire romaine à l’université d’Angers. Ses travaux portent sur l’histoire de la folie dans ses différents aspects (juridiques, médicaux, culturels) de la Grèce classique à l’Antiquité tardive. En 2024, il a publié aux Belles Lettres La Psychiatrie à Rome. Comprendre et soigner la folie d’après Celse et Caelius Aurelianus.

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Arnauld Pierre : Machines célibataires. La fabrique du posthumain

 Macula - Mai 2026


« L’homme voudrait être n’importe qui, sauf un simple être humain. » — Georg Groddeck, Le Livre du Ça, 1923

Les « Machines célibataires » de Marcel Duchamp ont vite échappé à leur auteur pour se transformer en un mythe moderne où s’entrelacent art, sexualité et technologie. Associées à la stérilité et au refus de la procréation, elles n’écartent pas pour autant d’autres formes de reproduction, à travers des fantasmes d’autogenèse ou d’engendrement artificiel, où la science et la technique se rendront capables de créer des êtres supérieurs et établiront un monde qu’aucune création n’a maculé. Tout un imaginaire de la filiation adhère aux machines célibataires, comme le montre la vaste famille d’enfants nés sans mère et de leurs parents mécaniques surgis dans le contexte des avant-gardes du XXe siècle, futurisme, dadaïsme, surréalisme et pop art, jusqu’au tournant du posthumain dont témoigne l’art contemporain.
À la croisée de l’histoire de l’art et des idées, du « merveilleux-scientifique » et de la science-fiction, Arnauld Pierre dissèque les mythes de naissance d’une humanité hybridée avec ses machines et scrute à travers ses manifestations artistiques l’avènement d’un surhomme technologique, un posthumain augmenté et amplifié, qui s’enorgueillit d’avoir été fabriqué plutôt qu’engendré. Avec cet ouvrage richement illustré (près de 280 images), l’auteur plonge dans les ressorts de ce désir récurrent d’être mieux qu’humain, qui se manifeste par excellence dans ce que l’on nomme aujourd’hui le transhumanisme.

Arnauld Pierre est historien de l’art, critique et commissaire d’exposition, professeur à Sorbonne Université et chercheur au Centre André-Chastel, Paris. Il a publié de nombreux textes et ouvrages consacrés à l’ère des avant-gardes et l’abstraction, à l’après-guerre et l’art optico-cinétique, parmi lesquels : Maternités cosmiques. La recherche des origines, de Kupka à Kubrick (Hazan, 2010) ; Futur antérieur. Art contemporain et rétrocipation (M19, 2012) et, aux Éditions Macula, Magic Moirés. Gerald Oster et l’art des moirages (2022).

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Blandine Perona, Philippe Desan, Emiliano Ferrari, Thierry Gontier (dir.) : L'« Apologie de Raimond Sebond ». Lectures, méthodes, interprétations

 Classiques Garnier - Mai 2026


À l'image de l'Atelier Montaigne dont il célèbre les dix ans, cet ouvrage est interdisciplinaire. Il fait dialoguer philosophie, philologie, rhétorique et histoire littéraire pour éclairer le livre dans le livre qu'est « L'Apologie de Raimond Sebond ». Il s'agit de montrer comment Montaigne travaille, dans les pas de la Pléiade, à l'illustration de la langue française grâce à sa traduction de la Théologie naturelle et finit par offrir une oeuvre vraiment sienne. À partir d'une réflexion générale sur les liens entre raison et foi, Montaigne redéfinit son rapport aux savoirs. Sa prose d'art lui permet de façonner un aristocrate catholique et un homme merveilleusement corporel.

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lundi 18 mai 2026

Revue de métaphysique et morale, 2025-4 : Notions communes

 PUF - Décembre 2025


La question des « notions commune » à l’âge classique est rarement étudiée pour elle-même ; elle est le plus souvent reconduite aux nombreuses controverses sur les idées innées tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, ou bien encore au problème de l’axiomatique et de la mathématisation de la logique aux XVIe et XVIIe siècles. Ce dossier, coordonné par Mogens Lærke et Louis Rouquayrol, aborde la question différemment en prenant pour fil conducteur les pratiques du savoir dans la première modernité.

Sommaire

Mogens Lærke, Louis Rouquayrol, Présentation
Vincenzo De Risi, Notions communes et axiomes dans l’Antiquité tardive
Andreas Blank, Common Opinions and Collective Testimonies in Legal Humanism
Niall Dilucia Notions communes et common law : Matthew Hale et la recherche d’une obligation légale universelle
Luciano Perulli, In Euclid’s Footsteps? Christian Wolff on Common Notions in Ontology
DOCUMENT
Marin Mersenne, Lettres sur les notions communes, présentation et traduction par Louis Rouquayrol

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Francis Dupuis-Déri : L'art de la guerre culturelle

 Textuel - Avril 2026


Ce livre est un manuel de résistance intellectuelle lucide, tragique, et pourtant drôle. Mobilisé sur plusieurs fronts, Francis Dupuis-Déri propose une traversée de trente ans de « guerres culturelles ».
Au fil de ses interventions engagées, il livre une analyse implacable des stratégies réactionnaires : déni de réalité, victimisation à outrance, dénigrement des dominés, distorsion du langage, mensonges purs et simples. Avec une ironie mordante, une rigueur analytique et un recours implacable aux faits, il déboulonne les idéologues de la réaction et défend les valeurs d’égalité, de liberté et d’empathie. Il montre comment du mythe du « politiquement correct » aux paniques antiwokes, les mêmes forces réactionnaires rejouent inlassablement leur partition pour discréditer les luttes féministes, antiracistes ou écologistes et justifier des guerres jusqu’au génocide à Gaza.
L’art de la guerre culturelle est le livre d’un penseur qui refuse de capituler et montre que les forces progressistes savent reprendre l’offensive.

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Prismes. Théorie critique. Volume 8, 2026 : Walter Benjamin : autour du “Capitalisme comme religion”

 Kimé - Mai 2026


Le fragment daté de 1921 « Le capitalisme comme religion » occupe une place à part dans l'oeuvre et la réception de Walter Benjamin. La fascination que ce texte a pu exercer auprès de ses lecteurs et lectrices depuis sa publication en 1985 s'est rarement accompagnée de commentaires approfondis, du moins dans l'espace francophone. Il s'agit ici de combler la lacune, non seulement en en proposant une traduction nouvelle, assortie de la traduction de deux autres fragments contemporains qui lui font écho, mais aussi en le resituant dans son contexte et en en mesurant pour nous les actualités. Les thèmes abordés par Benjamin - le capitalisme et la religion, la faute et le destin, le droit et la justice, l'histoire et la révolution - s'inscrivent de près ou de loin dans son projet avorté de travail sur la « véritable politique ». Engagé dans une polémique avec Nietzsche, Marx et Weber, Benjamin s'oppose à la thèse d'une sécularisation sans reste entraînée par le capitalisme moderne. Loin d'avoir désenchanté le monde et signé la mort de Dieu, le capitalisme relève d'un culte religieux inédit, tout entier fondé sur la culpabilisation morale et l'endettement matériel de ses adeptes. Résister à son « mouvement monstrueux » en vue de le « surmonter » passe par la réactivation de puissants schèmes théologiques, comme celui de la justice divine, à la condition toutefois de les avoir, au préalable, libérés de leurs usages théologico-politiques. Ces réflexions inquiètes, menées au sortir de la Première Guerre mondiale par un jeune philosophe juif allemand, nous invitent aujourd'hui, en un temps où plus que jamais la « dévastation » est à l'ordre du jour, à juger de ce qui persiste du « phénomène essentiellement religieux » qu'est le capitalisme - et à savoir comment détruire ce qui détruit.

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Isée Bernateau, Laurence Kahn (dir.) : La vérité de l'histoire

 PUF - Mai 2026


À l’ère de la « post-vérité », alors que les vérités « alternatives » auraient le pouvoir de faire disparaître jusqu’aux réalités factuelles les plus tangibles de l’Histoire en en faisant des « histoires », cela a-t-il encore un sens de chercher la vérité de l’histoire ?
Quelle place pour la psychanalyse dans un tel débat ? « Je suis en butte à une telle hostilité et je vis dans un tel isolement qu’on dirait que j’ai découvert les plus grandes vérités », confessait Freud à Fliess. De quelle vérité la psychanalyse se saisit-elle ? Celle de la petite, celle de la grande Histoire ou celle des liens complexes qui les enserrent l’une dans l’autre ? Que doit-on s’attendre à rencontrer quand on cherche sa vérité ? Dans quelle histoire se cache-t-elle ?
Ce livre montre comment l’inconscient – qui ne connait pourtant ni le temps ni la contradiction – redonne à l’histoire et à la vérité leurs lettres de noblesse, qu’elles soient minuscules ou majuscules.

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Eva Illouz : Le futur des émotions. Comment la technologie et le capitalisme exploitent notre subjectivité

 Gallimard - Mai 2026


Il est d'ordinaire admis que le numérique, l'intelligence artificielle et la robotique dépouillent l'humanité de ses émotions, par exemple au moyen d'algorithmes capables de prédire et d'orienter les comportements. Nous assistons plutôt à l'inverse : le capitalisme entre dans une phase d'"émotionnalisation" inédite. En nous incitant à la "positivité" et à l'"authenticité", en captant notre attention, applications et réseaux sociaux collectent des données sur nos comportements autant qu'ils cherchent à les façonner en retour. Comment l'engagement émotionnel est-il produit et reconverti en actif monnayable ? Quelle est l'ampleur réelle de cette économie ? En quoi ce système peut-il aboutir à une sortie de la réalité ? Dans cet essai incisif, Eva Illouz mobilise les études les plus à jour et le miroir de la science-fiction pour explorer les ressorts et les conséquences de cette nouvelle économie de la subjectivité.

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dimanche 17 mai 2026

Jean-Jacques Wunenburger : La première image. Essais sur la psychologie, la technique, la théologie des reflets

 Mimesis - Mai 2026


Un reflet sur une surface d’eau, ou les effets en abyme des miroirs fabriqués, nous confrontent à la première image, double d’une réalité elle-même invisible. Depuis le mythe de Narcisse nous mesurons l’importance de ce tête-tête avec son double, qui cherche à connaître et à dissimuler le Moi. Il en est résulté, à travers l’histoire des techniques, une grande ingéniosité optique, qui a servi à voir plus et autrement le monde, de l’atome au cosmos. Et la force de cette première image a stimulé une extension métaphorique aux réalités spirituelles, sous forme de miroir divin créateur.

Professeur émérite de philosophie à l’Université Lyon3, ancien directeur du Centre de recherches IRPHiL de Lyon, Président de l’Association internationale Gaston Bachelard et de l’Association des amis de Gilbert Durand, directeur du Centre de recherches internationales sur l’imaginaire (CRI2i), Jean-Jacques WUNENBURGER a mené des recherches sur les images, l’imagination et l’imaginaire dans leurs relations avec la philosophie, les arts, les sciences et techniques, les médias, la santé, la politique.

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Monique Lauret : Malaise dans l’identité contemporaine. La question trans

 L'Harmattan - Mai 2026


À l’heure de la mondialisation, des familles recomposées et de l’essor fulgurant des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, l’individu contemporain se trouve confronté à un vertige identitaire inédit.
Des revendications de genre aux idéologies transhumanistes, un même symptôme affleure : la difficulté croissante d’accéder au symbolique, que Lacan identifiait comme essentiel à l’équilibre psychique et au fonctionnement sociétal.
Cet essai interroge le formidable engouement autour des transitions de genre et le parallèle troublant qu’elles entretiennent avec les promesses du transhumanisme. Offerts trop tôt à une jeunesse encore en quête de repères, traitements hormonaux et chirurgies irréversibles risquent de transformer un désir légitime de reconnaissance en piège individuel et fracture sociétale.
Dans un monde dominé par l’ultra néolibéralisme et la fuite en avant technologique, l’ouvrage explore ce malaise identitaire et les conséquences possibles pour l’avenir de nos sociétés.

Monique Lauret est psychanalyste et psychiatre, membre de la Société freudienne de psychanalyse (SPF), membre de la Fondation européenne de la psychanalyse (FEP), présidente de Psycha 31. Auteure de plusieurs ouvrages, ses axes de recherche portent sur les questions d’éthique, de société et de transmission de la psychanalyse.

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