jeudi 3 septembre 2026

Georg Simmel : Les problèmes de la philosophie de l'histoire

 PUF - Septembre 2026


Dans ce livre, devenu un classique des sciences sociales, Georg Simmel examine la manière dont l’histoire peut prétendre à une validité scientifique. Il soutient que les faits historiques ne sont pas donnés immédiatement, mais construits à travers des catégories et des points de vue qui sélectionnent et organisent la réalité passée, anticipant en cela nombre de résultats des sciences cognitives à venir. L’histoire ne reproduit donc pas le passé tel quel : elle en propose une interprétation cohérente à partir de valeurs et de significations. Simmel insiste ainsi sur le rôle actif du sujet connaissant et sur la spécificité méthodologique des sciences historiques, distinctes des sciences naturelles par leur rapport au sens et à l’individualité des phénomènes. Il prolonge en partie les réflexions de Wilhelm Dilthey dans le grand débat intellectuel de l’Allemagne de la fin du XIXe siècle concernant le statut scientifique des sciences humaines face au modèle des sciences de la nature.

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Torquato Accetto : De la dissimulation honnête

Éditions de la Reine Rouge - Septembre 2026


Rédigé par le secrétaire d’un aristocrate napolitain au cours de l’occupation du royaume de Naples par l’Espagne au XVIIe siècle, ce traité, à destination des lettrés italiens subissant le joug de l’Empire, propose de transfigurer une attitude contingente en vertu morale.
La dissimulation est une ruse nécessaire à la survie de tout individu ou groupe placé sous domination, mais contrevient en principe à l’éthique de vérité qui oblige à ne pas mentir. Pour ne pas se compromettre dans le mensonge, trahissant ainsi ses propres valeurs, ni s’exposer dangereusement à la violence d’un pouvoir tyrannique, le dominé devra apprendre à avancer masqué, afin de distraire et de subjuguer l’ennemi pour mieux le vaincre.
La dissimulation n’est pas le travestissement de la réalité, mais l’art de ne pas laisser voir les choses telles qu’elles sont.
« Dissimuler n’est rien d’autre qu’un voile fait d’ombres honnêtes et de précautions imposées par la contrainte : cela ne produit pas le faux, mais accorde à la vérité quelque repos, afin de la montrer au moment voulu.
Et de même que la nature a voulu que, dans l’ordre de l’univers, il y eût le jour et la nuit, il faut aussi que, dans le cours des actions humaines, il y ait la lumière et l’ombre, c’est-à-dire que l’on agisse ouvertement ou en secret, selon la raison qui règle la vie et les événements qui s’y produisent. »
Loin de s’opposer à la bravoure, la dissimulation honnête, bien qu’elle puisse sembler passive, réclame parfois plus d’efforts que de parler à voix haute ou de révéler ses desseins au grand jour. De plus, elle peut procurer un certain plaisir à celui qui la pratique intelligemment.

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Olivier Boulnois : La domination de la nature

 Vrin - Septembre 2026


Comment expliquer que l’homme occidental ait dominé la nature jusqu’à la dévaster?
L’idée vient-elle de la Bible? Mais celle-ci ne fait que promettre à l’homme qu’il pourra vivre paisiblement d’agriculture et d’élevage.
De la philosophie? Certes, la pensée grecque fait de l’homme un être redoutable et une fin de la nature, mais il est lui-même dominé par le ciel et les dieux. De la théologie médiévale? Mais lorsqu’elle harmonise la Bible avec la philosophie, elle reconnaît certaines limites : si l’activité humaine imite la nature, elle ne la détruit pas. C’est seulement avec la science et la philosophie modernes que la domination a pris un sens technique. Or sous le règne de l’homme par la technique, une histoire plus fondamentale s’est déroulée : celle des manières de penser l’activité humaine, d’arracher l’homme à la nature, et de réduire celle-ci à un fonds exploitable. C’est cette histoire souterraine qui vient aujourd’hui à échéance. Si l’on veut prendre un nouveau départ, il faut examiner ses principales étapes et interroger sa signification.

Olivier Boulnois est directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études.

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Byung-Chul Han : Contre la société de la peur

 PUF - Septembre 2026


Du désespoir le plus profond naît aussi l'espoir le plus intime. L’espoir nous propulse vers l’inconnu, nous met sur la voie de la nouveauté, de ce qui n'a jamais existé.
Guerres, migrations massives, attentats, catastrophes climatiques, crises et pandémies : des scénarios apocalyptiques très divers nous confrontent à une menace imminente d’effondrement et d’extinction. Et tandis que nous passons de catastrophe en catastrophe, notre vraie vie s’étouffe et se réduit à une simple survie. Cependant, l’espoir nous ouvre des temps futurs et des espaces inédits, dans lesquels nous entrons en rêvant. C’est toute une manière d’exister, qui ne résulte pas de faits donnés, mais qui rend possibles de nouveaux événements précisément lorsqu’ils semblent les plus impossibles.

Figure majeure de la scène philosophique internationale, Byung-Chul Han est l’auteur d’une vingtaine d’essais, traduits dans le monde entier, dont notamment aux Puf La Société de trans­parence (2017), Amusez-vous bien ! (2019), L’Expulsion de l’autre (2020), La Société palliative (2022) et Infocratie (2023).

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Études sartriennes 2026, n°30 : Sartre inédit : le manuscrit Gorz (1952-1953)

 Classiques Garnier - Septembre 2026


Jean Bourgault, « Présentation du manuscrit Gorz » - Jean-Paul Sartre, « Le manuscrit Gorz. Société, collectifs, aliénation » - Jean Bourgault, « "Que reste-t-il de Marx ? Eh bien tout". Introduction à une approche génétique du manuscrit Gorz de Sartre » - Grégory Cormann, « Sartre et les Cahiers internationaux de sociologie. Les rapports de l'existentialisme avec la sociologie dans le manuscrit Gorz (1952-1953) »

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Jean-Clet Martin : Le silence de Perelman. La genèse de l'espace

 Kimé - Septembre 2026


Grigori Perelman a résolu l'un des plus grands problèmes mathématiques du XXe siècle, puis il a refusé la médaille Fields et le million de dollars qui l'accompagnait. Il s'est retiré dans le silence. Ce geste n'était pas une provocation. Il marquait une fidélité : son travail ne visait ni la gloire ni la récompense, mais l'accès à une vérité plus profonde, celle de la structure même de l'espace. À partir des travaux de Thurston et de Hamilton, ce livre montre comment Perelman transforme notre compréhension du réel. L'espace n'y apparaît plus comme un simple cadre où les choses se placent, ni comme un corrélat de la conscience, mais comme une réalité dynamique, capable de se modifier, de traverser ses propres déchirures et de produire ses formes. Il ne s'agit pas d'expliquer des équations, mais de saisir la portée d'une révolution discrète : une genèse de l'espace et du temps qui oblige à repenser notre rapport au monde. Le silence de Perelman devient alors le signe d'une exigence rare : laisser parler l'univers lui-même. Après avoir exploré les multiplicités dans l'art (L'oeil des choses), l'histoire (Ossuaires), et la fiction (Plurivers), Jean-Clet Martin plonge ici dans les profondeurs de l'espace mathématique, où les géométries de Thurston deviennent des feuillets vivants, traversés par le travail silencieux de Perelman. Une nouvelle étape dans sa réflexion sur des lignes qui franchissent les fissures du réel.

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Revue de métaphysique et de morale 2026/2 N°126 : Responsabilité, II

 PUF - Juin 2026


Présentation / Chevarie-Cossette, Simon-Pierre 
La responsabilité morale existe-t-elle par degrés? / Rachel Frenette 
Le devoir de répondre de nos bonnes actions / Patricia Sanchez Oliva 
Fission et prison / Benoît Gaultier 
Que fait le temps à l'affaire? / Elodie Boissard 
Le sens des responsabilités / Edgard Darrobers 
Strawson et les excuses / Chevarie-Cossette, Simon-Pierre 
Chronique de métaphysique et de philosophie de la connaissance 

Frédéric Gros : Violence de la propriété

 Albin Michel - Septembre 2026


Il existe une part maudite de la propriété privée. Celle qui affirme que ce que je possède est à moi seul ; que devenir propriétaire prive un autre de ce que j'ai ; que ce qui fonde mon droit de propriété, c'est d'être autorisé à en user et à en abuser. Les grandes crises climatiques, sanitaires, sociales, relationnelles, géopolitiques peuvent se lire comme une conséquence du déchaînement de cette appropriation prédatrice.
Mais l'appropriation n'est pas par essence du côté de cette dernière. Son sens premier - celui d'une appropriation réciproque, mutuelle, régulatrice, écologique - se retrouve dans trois activités fondamentales qui permettent de construire un rapport harmonieux de l'homme au monde : habiter, apprendre, accueillir. Ainsi, habiter ne signifie plus occuper tout l'espace ; apprendre, consommer à outrance ; accueillir, assimiler coûte que coûte. C'est bien là tout l'enjeu de ce livre que de retrouver le sens perdu de l'appropriation.
Essai politique, livre de combat, Violence de la propriété propose une nouvelle définition de cette dernière : plus juste, redistributive, consentie. En un mot : heureuse.

Frédéric Gros, ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, est professeur d'Humanités politiques à Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Le Pouvoir de la honte, essai sur un sentiment révolutionnaire, et de Pourquoi la guerre ?, parus dans la même collection.

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Matthieu Péchenet : L'hypothèse du témoignage critique. Film, histoire, actualité

 PU de Septentrion - Septembre 2026


Ce livre propose une théorie du témoignage critique en cinéma, mobilisant la pensée de Walter Benjamin pour analyser des films-essais réalisés ces cinquante dernières années.
Dans cet ouvrage, l'auteur analyse des films de Chantal Akerman, Claire Angelini, Alain Cavalier, Arnaud des Pallières, Vincent Dieutre, Chris Marker, Agnès Varda ou encore Peter Watkins. Ces cinéastes partagent une certaine idée de l’histoire, proche de celle défendue en son temps par Walter Benjamin. Les témoins y prennent la parole pour dire la souffrance, la violence qui s’exerce sur les dominés au sein de nos sociétés. Dans les œuvres analysées, leurs discours font résonner l’expérience des exclus d’autres époques. Par le film, ces cinéastes relient ainsi les destinées des « vaincus de l’histoire ». Ils et elles incarnent à leur tour des témoins, qui observent d’un regard inquiet le monde qui les entoure. Par le film-essai, ils et elles font l’hypothèse du témoignage critique.

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mercredi 2 septembre 2026

Martin Mees, Isabelle Ost, Philippe Sabot (dir.) : Esthétique de l'existence. Généalogies à partir de Michel Foucault

 Les Impressions nouvelles - Septembre 2026


Dans les dernières années de sa vie, le philosophe Michel Foucault explore dans ses cours au Collège de France comme dans ses ouvrages et entretiens une idée qui va progressivement s’imposer dans sa pensée : la possibilité de façonner sa propre vie comme on ferait une oeuvre d’art. Cette formation autonome et singulière de soi se résume par la formule de « l’esthétique de l’existence », qui revient de façon récurrente sous la plume de Foucault. Elle constitue l’un des héritages les plus féconds de sa pensée, bien qu’elle demeure peu développée et donc fortement énigmatique.
Cet ouvrage collectif se saisit du voeu formulé par Foucault, jusqu’à présent resté sans suite, d’écrire la longue histoire de « l’esthétique de l’existence ». Sont ainsi esquissées les généalogies possibles de cette notion, tant en philosophie que dans la littérature, de l’Antiquité au XIXe siècle, puis en poursuivant ses devenirs dans le monde contemporain.
Au regard de notre actualité traversée par des phénomènes de mise en scène de soi, par des injonctions au développement personnel, par des pratiques artistiques qui entendent visibiliser certaines existences, la réflexion autour de ce concept semble n’avoir jamais été aussi urgente et essentielle qu’aujourd’hui.

Martin Mees est Maître de conférences en philosophie et littérature à l’Université de Lille. Il est l’auteur de Nerval ou la pensée du poétique. Essai de philosophie à l’œuvre (2021) et de La Forme du sublime (2025).
Isabelle Ost est professeur en philosophie et en littérature à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Elle y codirige le Centre Prospéro et a fondé avec Martin Mees et Philippe Sabot le réseau de recherche «Philature ». Son dernier essai : Regarder le monde. Littérature et cartographie (2026).
Philippe Sabot est Professeur de philosophie contemporaine à l’Université de Lille et Président du Centre Michel Foucault. Il a contribué à l’édition des œuvres de Michel Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade (2015) et également à l’édition de cours et travaux consacrés à la phénoménologie et à l’archéologie du savoir.

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mardi 1 septembre 2026

Thérence Carvalho : L'influence. Comment les idées conquièrent le monde

 PU de Rennes - Septembre 2026


À l’ère des réseaux sociaux, des fake news et des guerres informationnelles, l’influence est partout : elle façonne nos opinions, guide nos désirs et oriente nos choix. Mais que savons-nous vraiment de cette force invisible ? Pourquoi certaines idées marquent l’histoire quand d’autres disparaissent dans l’oubli ? De l’éloquence antique aux plateformes numériques, des philosophes des Lumières aux influenceurs contemporains, cet essai dévoile comment les idées se propagent, séduisent, évoluent et deviennent de véritables puissances d’action. On y découvre les stratégies de ceux qui influencent, les mécanismes de ceux qui se laissent influencer et les médiations qui transforment une simple pensée en force collective. Autour de trois questions – Qu’est-ce que l’influence ? Comment influencer ? Qu’est-ce qu’être influencé ? – il jette les fondements d’une « influologie » : une manière neuve et stimulante de comprendre le destin des idées et leur pouvoir de conquérir le monde.

Agrégé des facultés de droit, Thérence Carvalho est professeur à Nantes Université où il enseigne l’histoire du droit et des idées politiques.

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Florian Laguens (dir.) : La philosophie des physiciens (XXe-XXIe siècle)

 Matériologiques - Septembre 2026



La philosophie est-elle l’affaire des seuls philosophes ? D’Albert Einstein à Stephen Hawking, de Niels Bohr à Werner Heisenberg, notamment, les plus grands physiciens des XXe-XXIe siècles n’ont cessé de réfléchir aux fondements, aux limites et au sens de leur propre science. Cet ouvrage explore cette voie plurielle : celle de savants qui, confrontés aux révolutions de la relativité, de la mécanique quantique, de la physique de la matière condensée ou de la cosmologie, ont élaboré de véritables pensées philosophiques enracinées dans la pratique scientifique. Ni simples commentaires ni spéculations extérieures, leurs positions – parfois convergentes, souvent opposées – interrogent le réalisme et l’idéalisme, l’objectivité et le rôle de l’observateur, la réduction et l’émergence, la nature même du réel. Loin de promouvoir une école unique ou de proposer une orthodoxie, ce volume met en lumière la diversité des styles de pensée, des engagements ontologiques et des stratégies conceptuelles qui traversent la physique contemporaine.
En réunissant des spécialistes de philosophie et d’histoire de la physique, ce livre offre une entrée à la fois rigoureuse et accessible dans ces débats, au croisement de la science la plus avancée et des grandes questions philosophiques. Un outil indispensable pour les étudiants, chercheurs et lecteurs désireux de comprendre comment la physique contemporaine transforme notre manière de penser le monde.

Introduction
Florian Laguens "Physiciens-philosophes ?"
Chapitre 1
Quentin Serot : "Einstein et la théorie de la relativité : le réalisme scientifique en question"
Chapitre 2
Florian Laguens : "Arthur S. Eddington : deux tables et un morceau de cire"
Chapitre 3
Hans Halvorson : "Niels Bohr : physicien-philosophe en action"
Chapitre 4
Corentin Fève : "L’épistémologie néokantienne de Werner Heisenberg"
Chapitre 5
Thomas Boyer-Kassem : "Une critique de la position de Dirac concernant le choix entre des interprétations quantiques"
Chapitre 6
Holger Lyre : "La philosophie de l’esprit de Carl Friedrich von Weizsäcker"
Chapitre 7
Pierre Uzan : La philosophie du réel voilé de Bernard d’Espagnat
Chapitre 8
Núria Muñoz-Garganté & Bernardo Marques : "La compatibilité entre émergence et réduction : quelques remarques sur l’héritage de P. W. Anderson
Chapitre 9
Océane Gusching : "Stephen Hawking : la physique a-t-elle tué la philosophie ?"
Chapitre 10
Michel Bitbol : "La phénoménologie et les physiciens quantiques"

Gabriel Darriulat : Démocratiser la république. La philosophie politique de Condorcet

 Vrin - Septembre 2026


Faut-il que les individus acceptent de sacrifier une partie de leur liberté, celle que l’on nomme politique, et qui consiste dans l’exercice du droit de souveraineté, pour conserver le reste de leurs droits naturels? Ce problème guide l’analyse des évolutions de la philosophie politique de Condorcet. Au contact des révolutions américaine et française, Condorcet passe de la conviction qu’un gouvernement monarchique, éclairé par l’essor des sciences politiques et morales, peut garantir les droits de l’homme, à l’élaboration d’une théorie républicaine. Celle-ci est désormais conçue comme l’unique solution constitutionnelle capable de préserver ces droits.
L’ouvrage parcourt les principales étapes de la démocratisation de l’idée de république chez Condorcet : l’évolution vers une citoyenneté inclusive, rejetant le modèle du citoyen-propriétaire et incluant les femmes; la conception de l’élection comme un lien de confiance entre représentants et représentés, et non comme une simple sélection des meilleurs; enfin, l’élaboration de mécanismes de participation populaire au-delà des moments électoraux. Ceux-ci incluent des formes indirectes (droit de pétition, presse libre) et directes (mécanismes de surveillance citoyenne permanente des représentants, exercice démocratique du pouvoir constituant).

Gabriel Darriulat est agrégé et docteur de philosophie. Membre associé du laboratoire Sciences, Normes, Démocratie (UMR 8011) de Sorbonne Université, il a été post-doctorant au Collège de France et est actuellement ATER à Sorbonne Université.

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Jean-Marc Talpin : Le Soleil ni la mort: Fin de vie et mort au début du XXIe siècle

 Ithaque - Septembre 2026


La Rochefoucauld écrivait : « Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face. » Pourtant, chacun est confronté à la mort à un moment donné, directement ou de manière oblique, avec ou sans « lunettes protectrices » – une situation qui concerne notre propre fin mais également celle des autres, en tant que sujet singulier, en tant que sujet lié par de l’amour ou de la haine, en tant que professionnel du soin et/ou du psychisme. Avec la sexualité, la mort est paradoxalement la grande affaire de la vie, en particulier de la vie psychique. Comment chacun s’y confronte-t-il et parvient-il à s’en débrouiller ? Cela suppose de prendre en compte les modalités fondamentales du fonctionnement psychique (pulsions de vie et de mort, investissements narcissiques et d’objet, représentabilité ou non de la mort, travail de deuil, travail du trépas...), tout en considérant les configurations singulières liées aux histoires individuelles et familiales, sans oublier le cadre juridique de la vie et de la fin de vie. Ces questions seront explorées danc ce livre en appui sur le travail clinique mené auprès d’adultes de différents âges, de la jeunesse à la vieillesse, ainsi qu’auprès d’équipes professionnelles. Que signifie vivre des moments perçus ou annoncés comme relevant de la fin de vie ? Comment entendre une demande de mourir exprimée en psychothérapie ? Que produit la confrontation à ces enjeux, seul, dans la relation à autrui, ou encore dans le cadre d’institutions de soin ou de vie ?

Jean-Marc Talpin est psychologue clinicien et professeur émérite de psychopathologie et de psychologie clinique à l’université Lumière Lyon-II. Il est l’auteur de nombreux travaux sur la vieillesse et le vieillissement (normal et pathologique), sur la création, notamment littéraire, ainsi que sur les groupes et les institutions. Il a également écrit ou dirigé plusieurs ouvrages consacrés à ces thématiques.

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dimanche 30 août 2026

Jean-Paul Sartre : Cours de philosophie de terminale, pris sous la dictée par son élève Maurice Mermet. Lycée Condorcet, 1942-1943

 Gallimard - Septembre 2026


Maurice Mermet a seize ans à la rentrée scolaire de 1942. Venu de Lyon, il intègre la classe de terminale math élém du lycée Condorcet. Son professeur de philosophie est "M. Sartre", Jean-Paul Sartre - dont c'est également la première année dans l'établissement parisien. Aujourd'hui centenaire, Maurice Mermet garde un souvenir net de cette année de découverte de la discipline et surtout de cet enseignant passionnant, déjà auteur d'une Esquisse d'une théorie des émotions, de La Nausée et des nouvelles du Mur, qui invita ses quarante-quatre élèves, en juin 1943, à la première des Mouches, au Théâtre de la Cité. Maurice Mermet était non seulement un très bon élément, mais aussi un élève consciencieux. Il a pris le cours sous la dictée de son professeur avec une application rare - en témoignent aujourd'hui les quatre cahiers qu'il a conservés, dont ce volume donne la transcription intégrale, enrichie de copies corrigées. Jean-Paul Sartre a déjà plusieurs années d'enseignement derrière lui quand il prend la suite de Ferdinand Alquié à Condorcet. C'est un professeur expérimenté et précis qui se révèle dans ce document exceptionnel et touchant - une année de cours qui éclaire la façon dont on pouvait enseigner la philosophie sous l'Occupation, mais également la culture et les intentions philosophiques de l'écrivain qui achevait alors l'écriture de L'Être et le Néant (1943). Il faut ainsi se faire élève de terminale, et écouter Sartre nous brosser à grands traits, comme il était recommandé de le faire, une histoire de la philosophie, en nous parlant de vérité, de science, de beauté, de morale, d'émotion... et de liberté : "Une décision peut donc être considérée non comme une conséquence de faits antérieurs, mais comme un commencement premier."

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Enzo Traverso : Survivances de la révolte. Essai sur la dialectique de la mémoire

 La Découverte - Septembre 2026


Après Mélancolie de gauche et Révolution, le nouvel ouvrage d'Enzo Traverso.
Comme il y a une dialectique de la raison qui transforme les Lumières en rationalité autoritaire et aveugle, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l'ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l'héritage de l'Holocauste en légitimation d'un État génocidaire ; ainsi s'affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes. Face aux " lieux de mémoire " figés, passifs et conformistes, qui semblent aujourd'hui dominer, les révoltes du passé survivent comme des fleuves souterrains ; elles sont des legs vivants à réactiver pour façonner notre présent.
Dans ce livre richement illustré, Enzo Traverso examine quatre cas emblématiques de cette mémoire rebelle : la Commune de Paris, l'iconoclasme dirigé contre la statuaire coloniale et raciste, le conflit entre l'héritage du colonialisme et celui de la Shoah, et enfin la réminiscence toujours inquiète des " années de plomb " italiennes. Ces mémoires ne sont pas étrangères les unes aux autres, elles forment une constellation que ce livre s'attache à explorer.

Enzo Traverso est historien, professeur à l'université Cornell (Ithaca, New York). Il a publié de nombreux ouvrages, traduits en une quinzaine de langues, parmi lesquels La Violence nazie (La Fabrique, 2002) ou À feu et à sang (Stock, 2007). Mélancolie de gauche (La Découverte, 2016), Révolution (La Découverte, 2022) et Survivances de la révolte (La Découverte, 2026) composent une trilogie consacrée à la culture et l'histoire des mouvements révolutionnaires.

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samedi 29 août 2026

Clara Ramas : Le temps perdu

 Arpa - Septembre 2026


Nous vivons une époque crépusculaire : crises économiques, guerres, urgence climatique, malaise culturel. Incapables de donner sens à notre présent et d'imaginer un avenir désirable, nous voyons proliférer, à gauche comme à droite, des discours politiques nourris par la mélancolie et la nostalgie d'un passé supposément meilleur (le fantasme de l'Amérique blanche aux États-Unis, le temps des colonies en France, les Trente glorieuses partout en Europe...). Un futur annulé, un passé regretté –; et, à chaque fois, un même repli fait d'impuissance, de ressentiment et d'une aspiration obsédante : rentrer " chez soi ".
S'appuyant sur Proust, mais aussi sur Žižek, Kristeva ou Platon, la philosophe espagnole Clara Ramas analyse la mélancolie de notre époque. Admettant d'emblée l'impossibilité d'un retour au passé, car nous sommes toujours en mouvement, jamais tout à fait chez nous, elle nous invite à accepter une possibilité inattendue : non pas celle de récupérer un temps perdu, mais celle d'apprendre à aimer notre présent autrement. Le temps perdu esquisse ainsi une grammaire nouvelle qui refuse la nostalgie réactionnaire et réaffirme une responsabilité politique envers le présent.

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Mildred Galland-Szymkowiak : Dialogue et système. Schelling, Solger, Hegel

 PU Septentrion - Septembre 2026


À la rationalité du système reliant tout à un principe, nous opposons les dialogues philosophiques et leur chatoiement de relations réelles. Mais qu'advient-il de notre conception de la raison si le dialogue n'est pas l'opposé du système, mais sa forme la plus adéquate ? L'ouvrage montre comment Schelling et, plus explicitement, Solger, conçoivent le dialogue philosophique comme une incitation faite au lecteur à effectuer en première personne la genèse du système. L'entretien écrit, véritable « oeuvre d'art philosophique », révèle et actualise le système comme vie – comme notre vie. Cette voie est pourtant bientôt déclarée par Hegel périmée, et inadaptée à l'essence de la philosophie. En articulant les unes aux autres ces visions contrastées du dialogue, c'est la nature même du philosopher et non seulement sa forme qui est ici interrogée.

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