mardi 10 mars 2026

Sylvain A. Lefèvre, Annie Camus, Sonia Tello-Rozas (dir.) : Savoir et pouvoir. Justice épistémique et innovations sociales

 PU du Québec - Mars 2026


Comment s’assurer que tous les savoirs, y compris ceux des groupes marginalisés, soient reconnus et valorisés ? En quoi cela permet-il de construire des connaissances scientifiques plus robustes et plus émancipatrices ?
Dans un contexte marqué par des attaques politiques contre la science, Savoir et pouvoir propose une réflexion collective sur les liens entre savoirs, institutions et justice sociale.
À travers des expériences concrètes – des quartiers populaires aux coopératives, en passant par des laboratoires vivants et des initiatives autochtones –, les autrices et auteurs interrogent les pratiques de recherche, les postures, les hiérarchies et les dynamiques relationnelles. Structuré en deux parties – l’une consacrée au déplacement des frontières de la recherche, l’autre à l’émancipation des populations marginalisées par celle-ci –, ce livre expose les dessous de la coconstruction des savoirs et de ses rapports avec le pouvoir.
Cet ouvrage s’adresse à toute personne (en recherche, en milieux professionnels, etc.) qui s’intéresse aux possibilités et aux défis d’une science plus juste, plus inclusive et ancrée dans la transformation sociale.

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Ghislain Leroy (dir.) : Penser l’enfant comme individu. Un défi sociologique

 PU de Vincennes - Mars 2026


Pourquoi un ouvrage de sociologie mettant en lien « enfance(s) » et individualité ?
Comment penser à la fois l’enfant comme « acteur », et comme marqué par les inégalités sociales ? La question est à la fois scientifique et politique, donnant à penser sur la place des enfants dans notre société.

Dans les années 1990-2000, la sociologie envisageait volontiers l'enfant comme un « acteur » du monde social. Depuis, une autre sociologie des enfants s'est imposée, portant davantage sur leur modelage et leur différenciation sociale. Entre ces deux courants, comment penser l'enfant comme « individu » ? Peut-on être attentif au poids des dispositions sociales tout en reconnaissant des formes d'action propres aux enfants ? Comment les institutions éducatives contemporaines socialisent-elles (ou non) à l'individualisation ? Pour répondre à ces questions sur la place des enfants dans la société, et dans la nôtre en particulier, cet ouvrage donne la parole à douze sociologues et un anthropologue de différentes générations. Figures reconnues du domaine et jeunes chercheur·es proposent chacun·e une lecture des liens entre enfant et individu contemporains, abordée à partir d’une réflexion épistémologique et de différents terrains de recherche.

Avec les contributions de Solène Brun, François Dubet, Leia Duval-Valachs, Alain Ehrenberg, Rachel Gasparini, Emilie Grisez, Cédric Laheyne, Christian Le Bart, Ghislain Leroy, Nicolas Marquis, Laure Sève et Simone Spera.

Ghislain Leroy est professeur des universités à l’université Sorbonne Paris Nord, membre du laboratoire EXPERICE. Ses travaux sur l’enfance font dialoguer les notions de socialisation et d’émancipation.

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Gabrielle Halpern, Anne-Lyse Chabert : Nos paroles empêchées

 L'aube - Mars 2026


Comment établir un lien avec le monde lorsque l'on ne peut pas parler ? Comment exprimer sa pensée, comment exister lorsque la parole est empêchée ? "Le handicap, c'est d'abord une maladie du lien", pour reprendre les mots de la philosophe Anne-Lyse Chabert, atteinte d'une maladie neurodégénérative qui affecte à présent sa capacité à communiquer avec le monde extérieur. Et si cette parole empêchée dépassait le contexte du handicap pour venir interroger toute notre société ? Comment entendre tous ceux dont la parole est empêchée, que ce soit le petit enfant, la personne âgée ou le citoyen, par exemple ? Si chacun de nous met quelques années à apprendre à parler, pourquoi avons-nous besoin de toute une vie pour apprendre à écouter ?

Anne-Lyse Chabert est chargée de recherche au CNRS au laboratoire IHRIM rattaché à l'ENS de Lyon ; elle a notamment publié Transformer le handicap (très, 2017) et Vivre son destin, vivre sa pensée (Albin Michel, 2021).
Gabrielle Halpern est philosophe et autrice de nombreux livres. Distinguée par ELLE-La Tribune parmi les "Trente femmes qui transforment l'économie et la société" (2024), elle donne des conférences dans le monde entier.

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Denis Saint-Amand : Changer la vie. Poétique et usages de Rimbaud

 PU de Rennes - Mars 2026

Portée par l’ambitieux projet de « changer la vie », la brève trajectoire littéraire d’Arthur Rimbaud se solde par un échec, mais elle n’a pas empêché que le poète devienne une véritable icône. Cet essai cherche à saisir les cohérences d’un projet poétique complexe et engage une lecture pragmatique de ses usages contemporains. En plus d’une relecture sociopoétique d’une oeuvre pensée comme une expérience transgressive fondée sur une perspective transformatrice, se noue une réflexion sur les rôles et valeurs attribués à la littérature, à travers l’exploration de reprises variées du cas Rimbaud : il est question, entre autres, de prolongements fictionnels et d’héritages revendiqués (dans la fiction romanesque, mais aussi dans les domaines de la bande dessinée, du rock et du rap), de gestes dévots commis par la critique et par les fans du poète, de marques et de produits dérivés, d’une politique patrimoniale et du courrier qu’on continue à lui adresser au cimetière de Charleville.

Denis Saint-Amand est chercheur qualifié du FNRS à l'université de Namur et membre du Namur Institute of Language, Text and Transmediality (NaLTT).

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Mara Magda Maftéi, Émile Lévesque-Jalbert (dir.) : Discours écologiques francophones des nouvelles subjectivités

 PU de Bordeaux - Avril 2026 - Modernités


Les écrivains, artistes, et chercheurs qui s’expriment ici construisent leurs réflexions autour de formes de vie influencées par les enjeux technoscientifiques et écologiques : vivants microscopiques ou êtres modifiés par les biotechnologies.

En donnant la parole à des chercheurs en sciences sociales et humaines, ainsi qu’à des écrivains et des artistes, hommes et femmes, ce volume propose une réflexion sur un humanisme horizontal ou un posthumanisme écocentrique visant à instaurer une relation équilibrée avec la nature et l’ensemble des formes de vie, selon le modèle d’autres cosmologies. Plusieurs intellectuels occidentaux organisent ainsi leurs recherches et leurs œuvres autour de l’extension de la notion de « personne » à de nouvelles subjectivités : identités fluides, abolition des binarités humain / non-humain, homme / femme, centre / périphérie, et création même de catégories jusqu’alors inexistantes. Est-il réellement possible de concevoir une postmodernité juridique et d’imaginer (selon Bruno Latour) des formes institutionnelles représentatives pour les non-humains, afin de conceptualiser ce mode de vie pluraliste ? Le livre interroge la création de ces récits, que nous avons intitulés « éco-technos », en tant qu’ils rendent compte d’un mode de vie attentif à la porosité des frontières entre objets et sujets dans la société occidentale contemporaine. Ces récits participent à l’élaboration d’une nouvelle théorie narrative de l’écocène, dont plusieurs caractéristiques de la fiction de l’écocène sont identifiées et analysées ici. Quelles approches, quelles règles et quelles formes narratives la fiction de l’écocène privilégie-t-elle, lorsqu’elle se construit autour de personnages dont la forme biologique n’est plus déterminante ? Les réflexions réunies ici contribuent ainsi à l’établissement d’un champ d’études et à l’ouverture d’un chantier de recherche capable de prendre en compte et de penser les enjeux éco-technos dans la littérature francophone contemporaine.

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Claude Smadja : Introduction à la pensée de l’École psychosomatique de Paris

 Ithaque - Masr 2026


La psychosomatique de l’École de Paris est née dans un mouvement de retour à la psychanalyse freudienne, tout en se démarquant des positions adoptées par la médecine psychosomatique nord-américaine. Le projet de ses fondateurs était de constituer une nouvelle discipline scientifique, originale, avec son objet propre – la psychosomatique –, et une méthodologie inscrite dans la psychanalyse. Le postulat théorique de l’École de Paris est un postulat pulsionnel qui vise à agréger les fonctions somatiques à la même dynamique et à la même énergétique que les fonctions psychiques. Deux dimensions conceptuelles viennent s’ajouter à la métapsychologie freudienne dans l’édifice théorique de la psychosomatique : celle de l’évolutionnisme, héritée de Hughling Jackson, et celle de la relation d’objet, héritée de Maurice Bouvet. Constituée au début des années 1950 autour de Pierre Marty, avec d’éminents psychanalystes de la Société psychanalytique de Paris – Michel Fain, Michel De M’Uzan, Christian David, Catherine Parat et Denise Braunschweig –, l’École de Paris donne naissance, plusieurs années plus tard, à un centre de consultations et de traitements analytiques pour des malades atteints d’affections somatiques et à un centre d’enseignement et de recherche, l’Institut de psychosomatique de Paris, qui a formé de nombreuses générations de psychanalystes.

Claude Smadja est psychanalyste, membre titulaire formateur de la Société Psychanalytique de Paris (SPP) et de l’Ipso. Ancien médecin-chef de l’Institut de psychosomatique de Paris, il est fondateur et président d’honneur de l’Association internationale de psychosomatique Pierre Marty. Lauréat du prix Maurice Bouvet de psychanalyse en 1996, il a marqué le champ de la psychosomatique par des ouvrages de référence comme La Vie opératoire (Puf, 2000) et Les modèles psychanalytiques de la psychosomatique (Puf, 2008). Il publie régulièrement dans la Revue française de psychosomatique, et participe activement aux débats contemporains en psychanalyse et médecine psychosomatique.

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dimanche 8 mars 2026

Piero Martinetti : Socrate

 Editions Conférence - Mars 2026


Qu'est-ce que fonder en philosophie, ou fonder la philosophie ? La figure de Socrate n'a jamais cessé d'être décisive : c'est à proportion de ce caractère que Martinetti l'interroge, en menant une enquête inséparablement historique et philosophique, et c'est là sans doute sa nouveauté. Si en effet nous nous pensions philosophes dans le même sens que Socrate, sa figure ne ferait pas mystère et l'enquête ne porterait pas sur la question : quel philosophe était Socrate ? Mais s'il y avait entre lui et nous une rupture radicale - par exemple, dans le fait qu'il était un homme tout occupé de vivre, tandis que la philosophie actuelle s'apparente à une activité théorique abstraite de la vie -, nous cesserions de vouloir nous reconnaître en lui. Ce paradoxe, qui a pour cause l'inadéquation principielle de ce qui est fondé à sa fondation, soit l'impossibilité de faire coïncider la philosophie telle que la pratiquait Socrate et la tradition qu'il a fait naître, est au coeur de l'interrogation de Martinetti : la philosophie, nous dit-il, est une tradition monumentale, vivante et riche ; elle est une grande et belle chose, peut-être la plus grande des réalisations humaines ; Socrate, qui en est le fondateur, doit avoir été un homme d'une valeur exceptionnelle, à la hauteur de l'histoire qui s'est bâtie sur sa vie et sa pensée ; donc le Socrate idéal et le Socrate réel doivent en partie coïncider. Socrate devient donc une pierre de touche pour Martinetti : la métaphysique de Socrate n'est pas seulement une vague intuition, mais bien sa foi la plus profonde et son plus grand mérite : celui de communiquer au monde entier l'existence dans l'homme d'un " principe transcendant" vers lequel tendre. La parole socratique ne se comprend pas sans la volonté d'ouvrir à l'individu une conscience plus profonde de la dimension spirituelle de l'homme et d'en faire valoir l'exigence morale.

Traduit de l'italien par Christophe Carraud
Préface d'Arnaud Clément

Piero Martinetti (1872-1943) étudie à Turin et à Leipzig et enseigne pendant quelques années dans des lycées. Dès son premier ouvrage, qui est le fruit d'une connaissance approfondie de l'un des systèmes métaphysiques les plus rigoureux de l'Inde ancienne (Le système Sankhya, 1898), il fait preuve d'une singularité philosophique qui sera pour ainsi dire sa marque de fabrique, dans sa quête d'une sorte de " religion rationnelle" appelant tous les vivants au "règne de l'esprit". Son deuxième ouvrage, qui lui ouvre les portes de l'université (il sera professeur à l'Université de Milan de 1906 à 1931), est une confrontation originale et intense avec des philosophes anciens, modernes et contemporains autour d'une théorie de la connaissance comme introduction à la métaphysique (Introduction à la métaphysique. I. Théorie de la connaissance, 1902). Pour Martinetti, l'Unité métaphysique absolue est le terme ultime d'un processus progressif qui part du multiple empirique et reste transcendant à ce multiple. Son point de départ est bien le moi individuel comme synthèse unitaire du multiple empirique, qui poursuit sa lente ascension vers l'Unité transcendante, ascension dans laquelle la composante morale joue un rôle important de pivot.

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Mathieu Bélisle : Une brève histoire de l'espoir

 Lux - Mars 2026


Afin d’apprivoiser l’incertitude de notre temps, Mathieu Bélisle suit le fil de l’histoire de l’humanité à la recherche de ce qu’a été, et de ce que devrait être encore, notre rapport à l’espoir. Parce que si l’espoir est aussi vital que l’air que nous respirons, à trop espérer, nous risquons de tomber dans le désespoir, ou pire, dans l’apathie. De la découverte du feu à l’avènement de Trump, en passant par la Grèce antique, les religions monothéistes et les mouvements révolutionnaires, Une brève histoire de l’espoir offre un panorama saisissant des réflexions littéraires et philosophiques qui ont marqué l’aventure humaine. En ces temps troubles, ce texte en fragments aussi accessible qu’érudit rappelle que le pire n’est pas inéluctable, et que notre tâche est d’imaginer la suite plutôt que de craindre la fin.

Né en 1976, Mathieu Bélisle est essayiste, professeur et éditeur québécois. Il est l'auteur de Bienvenue au pays de la vie ordinaire (Leméac, 2018) et de L'empire invisible (Leméac, 2024).

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Jacques Message (éd.) : Le concept d'absolu. Mélanges offerts à Jacques Colette

 PU de Louvain - Mars 2026


Après des travaux de doctorat dirigés par Emmanuel Levinas, Jacques Colette a œuvré aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles et au CNRS, puis comme professeur aux Universités de Tours et de Paris-I-Panthéon-Sorbonne. La concision caractérise le style de ce penseur, historien sagace de la philosophie moderne et contemporaine, notamment de langue allemande.
Il a produit des études fondamentales sur les écrits de Hamann, Hegel, Schelling, Nietzsche, Husserl, Heidegger, Becker, et surtout Kierkegaard, travaux souvent étayés de traductions inédites, précieuses pour le lecteur francophone. Il a donné des synthèses éclairantes des philosophies de l'existence et de la phénoménologie – dont celles de Sartre et Merleau-Ponty.
Il s’agit de philosophie première, car l’effort de la raison – définie dans ses limites – se développe jusqu’à elles, en interrogeant la possibilité de dire l’absolu : épistémè et poièsis.
Des lecteurs et amis de Jacques Colette s’attachent ici à attester leur reconnaissance.
Ce livre rejoint, dans cette Collection, l’édition revue et augmentée de son ouvrage Histoire et absolu.

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Diplômées n°296-297 : Amour

Route de la Soie - Février 2026


Le numéro 296-297 de la revue Diplômées, consacré au thème « Amour », propose une exploration interdisciplinaire de l’une des expériences humaines les plus universelles et pourtant les plus difficiles à définir. À la croisée de l’intime et du social, du biologique et du symbolique, de l’expérience personnelle et des constructions culturelles, l’amour apparaît comme un phénomène complexe qui traverse les époques, les cultures et les disciplines.
À travers des contributions issues de la philosophie, de la littérature, de la psychanalyse, de la sociologie, de la musicologie ou encore des arts, ce numéro interroge les multiples formes de l’amour (amour romantique, familial, spirituel, artistique ou politique) ainsi que les transformations contemporaines des relations affectives dans un monde marqué par les mutations technologiques, sociales et culturelles.
Les articles réunis explorent également la manière dont les récits et les perspectives féminines participent aujourd’hui à renouveler la compréhension du lien amoureux et de ses représentations. Fidèle à la vocation de la revue Diplômées, publiée par l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités (AFFDU), ce volume entend promouvoir la recherche et contribuer à la visibilité des femmes dans les domaines académiques et intellectuels.
En croisant analyses théoriques, études littéraires, réflexions cliniques et approches artistiques, ce numéro propose de penser l’amour non seulement comme expérience affective, mais aussi comme catégorie de connaissance, espace critique et enjeu culturel et politique contemporain.

Ont participé à ce numéro : Lin Bin, Haiyue Liu, Karina Karaeva, Jeanne Fouet et Rémi Fauvernier, Jocelyne Sauzeau-Martin, Denis Martin, Théclaire Boom Tatap, Biliana Vassileva, Dyane Raymond, Claude Mesmin, Samia Smida, Deborah Winterstein-Graciani, Anne Bergheim-Nègre, Sonia Bressler, Nicole Fouché, Pascale Denance, Zied Smat, Brahim Karoui, Marcel Taibé, Joseph Bertrand Dzene Edzegue, Camille Hervé, Amélie Lapointe, Maria Grazia Soldati, Fu Zhong Sophie Sendra, Christine Noël Lemaitre.

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samedi 7 mars 2026

Stefano Bancalari : L’expérience paradoxale. Une philosophie de la religion

 PUF - Mars 2026


Qu’est-ce qu’une expérience paradoxale ? Est-ce l’expérience d’un paradoxe, c’est-à-dire d’un contenu ou d’un objet paradoxal, ou une expérience qui est en soi-même un paradoxe ? Et qu’est-ce qu’un paradoxe ? La thèse de ce livre est que ces questions forment le cœur vivant de la philosophie de la religion ? non pas tant une discipline qu’une interrogation qu’il vaut encore la peine de poser.
Au fil conducteur de six paradoxes, qui n’ont pas été créés artificiellement à dessein, mais qui se sont en quelque sorte « imposés » à la pensée, on tentera de dégager un regard phénoménologique sur l’expérience religieuse : « se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher » ; « l’homme est mauvais par nature » ; « fascinosum et tremendum » ; « être-fondement nul d’une nullité » ; « felix culpa » ; « l’appel s’entend dans la réponse ». En mettant en dialogue des textes classiques de la philosophie de la religion avec la phénoménologie contemporaine, l’auteur esquisse une idée de l’expérience comme paradoxe et un modèle de philosophie de la religion qui comprend cette dernière en tant que « souci » – préservation et sauvegarde – d’une distance : la distance qui nourrit et féconde la relation entre une forme de vie (religion) et la pensée qui l’interroge et s’en laisse interroger (philosophie).

Stefano Bancalari enseigne la « Philosophie de la religion » à la Sapienza Università di Roma et est professeur invité à l’université grégorienne de Rome. Il dirige la revue internationale « Archivio di filosofia ». Il est l’auteur, entre autres, de Fenomenologia della religione. Parole chiave, (Morcelliana, 2024) et Logica dell’epochè (ETS 2015).

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Olivier D'Jeranian : Tout arrive par le destin. Etude sur le fatalisme stoïcien

 Les Belles Lettres - Mars 2026


« Tout arrive par le destin », telle est la formule à laquelle on résumait dans l’Antiquité la doctrine fataliste stoïcienne, pour la défendre ou la combattre. Considérée comme une forme originale de déterminisme providentialiste, cette doctrine développée par Zénon et défendue par Chrysippe s’inscrivait à la croisée de l’histoire des idées, faisant le lien entre la controverse aristotélico-mégarique sur les futurs contingents et les futures théories du libre-arbitre. Loin d’être une fatalité tragique inaccessible à la raison humaine, le destin stoïcien n’est pas celui de la superstition, il est l’ordre rationnel du monde. Expression causale de la volonté divine, il se déploie implacablement dans un monde où toute chose est « en sympathie » avec toute autre et où chaque événement s’inscrit dans une série inflexible de causes à laquelle il faut s’accorder pour être libre et heureux.
À partir des témoignages anciens, de Zénon à Marc Aurèle en passant par les détracteurs du Portique, ce livre reconstitue la doctrine stoïcienne du destin en quatre temps. En premier lieu, en identifiant ses principes physiques et théologiques, et en insistant sur l’originalité de son approche étiologique. Ensuite, en reconstituant les preuves du tout-destin stoïcien : causalité, logique des futurs et divination. Troisièmement, en examinant les théories modales conçues par les stoïciens contre les mégariques pour faire droit aux possibilités contrefactuelles, jusqu’à leur articulation avec la doctrine providentialiste de l’éternel retour. Enfin, en exposant les stratégies dialectiques développées par Chrysippe dans ses traités Sur le destin et Sur la providence contre ses adversaires pour faire droit à l’agir contre la paresse, et pour rendre compatibles le déterminisme et la responsabilité humaine sans passer par une métaphysique de la liberté.

Olivier D’Jeranian est docteur et agrégé de philosophie. Chercheur associé à l’équipe Gramata (SPHERE, UMR 7219), il enseigne à l’université et a notamment publié L’apprentissage de la responsabilité. Essai sur le stoïcisme d’Épictète (2023) ainsi que de nombreux articles sur le stoïcisme antique.

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Günther Anders : Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ?

 Allia - Mars 2026


Avec la spontanéité propre à l'oralité, Günther Anders livre dans cet entretien un condensé de sa pensée entrecoupé de quelques anecdotes savoureuses, notamment l’étonnement du philosophe quand il s’aperçut que lui, juif, pouvait faire le poirier plus longtemps que ses autres condisciples, grands et blonds. Mais ce livre est surtout le récit d’un parcours philosophique et politique, où l’on croise Brecht, Husserl, et qui révèle une personnalité comparable à celle de George Orwell par son courage intellectuel et sa lucidité. Sa critique des totalitarismes et de la technique, du nucléaire notamment, se révèle encore aujourd'hui d'une saisisante actualité.

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Martin Breaugh : L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique

Klincksieck - Mars 2026


Avant la multitude, le peuple, les masses ouvrières et les subalternes colonisés, il y a la plèbe. Celle-ci surgit politiquement sous la République romaine, au moment même où le dèmos est en voie de s’affirmer à Athènes. Contrairement au dèmos, la plèbe est un acteur politique dont les principes et les pratiques demeurent méconnus.
La scène inaugurale de l’« expérience plébéienne » est la sécession de la plèbe en 494 avant J.-C. : le retrait sur l’Aventin. Pour déjouer la domination patricienne, les migrants, les sans-papiers, les pauvres et tous les exclus qui constituent la plèbe quittent Rome pour s’installer sur le mont Aventin. Plutôt que de se donner des chefs, la plèbe se donne des noms et des ancêtres, des rituels et des institutions. Elle accède ainsi à la parole publique et à l’inscription symbolique dans l’ordre de la cité. Avant cet événement fondateur, l’existence des plébéiens était infra-politique. Après lui, ces derniers s’affirment comme citoyens.
Une histoire discontinue de la liberté politique naît de cette expérience de démocratie radicale. Se dessine alors une tradition politique « insurgeante », selon le mot de Miguel Abensour, voire souterraine, qui a été conceptualisée par Machiavel mais aussi par Vico, Montesquieu et Ballanche. Trois caractères la distinguent : le communalisme, l’agoraphilie et une temporalité propre, la « brèche », au sens d’Arendt, c’est-à-dire une irruption événementielle qui rompt provisoirement l’ordre de la domination.
Martin Breaugh fait revivre l’histoire de ce « principe plébéien » à partir d’une réflexion approfondie sur l’accès du grand nombre à l’action politique. Il découvre une autre intelligence de la démocratie comprise comme une expérience d’émancipation nouant ensemble, révolte et liberté, révolution et démocratie, utopie et émancipation au sein des pratiques politiques populaires.

Martin Breaugh est professeur titulaire de théorie politique au Department of Politics à York University (Canada). Il a codirigé plusieurs ouvrages scientifiques, notamment Thinking Radical Democracy: The Return to Politics in Post-War France (University of Toronto Press, 2015) et A Politics of Emancipation: The Miguel Abensour Reader (SUNY Press, 2024). Il a enseigné la théorie politique au Brésil, au Québec, au Mexique, en France, en Belgique, en Suisse et en Croatie.

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Élisabeth Roudinesco : Le Divan des femmes

 Seuil - Mars 2028


Épouses ou amantes des hommes qui composèrent le premier cercle psychanalytique, les femmes durent batailler ferme pour se faire une place dans un univers qui n’avait pas été conçu pour elles, puis s’imposer progressivement comme cheffes d’écoles et créatrices de nouvelles approches de l’inconscient.
Les découvertes, les débats, les controverses qui furent originellement alimentées par l’étude des symptômes et des souffrances de toutes ces anonymes sont racontées ici avec science et pédagogie au long d’un récit passionnant, hommage de l’historienne de la psychanalyse à l’engagement de toutes ces femmes, qu’elles soient devenues célèbres (de Lou-Andréa Salomé à Françoise Dolto) ou demeurées dans l’ombre.
Depuis le berceau viennois de la découverte freudienne, la saga se déploie dans le monde entier - Berlin, Saint-Pétersbourg, Londres, Paris, New York, Buenos Aires, Rio de Janeiro-, chaque ville générant son lot de personnalités d’exception (patientes ou thérapeutes) et d’avancées cliniques majeures auxquelles les femmes ont pris une part décisive.
Chacun, chacune aussi, au terme de cette lecture bouleversante, reconnaîtra sa dette.

Élisabeth Roudinesco est l’auteure d’essais traduits dans le monde entier, parmi lesquels : Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Dictionnaire de la psychanalyse (avec Michel Plon), Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre (Prix Décembre 2014). Ce livre leur fait suite.

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vendredi 6 mars 2026

Alexandre Grothendieck : Plaidoirie sur le délit d'hospitalité, 1978

 Gallimard - Mars 2026 - Tracts


Préfaces de Giorgio Agamben et Hervé Le Tellier

« Vous êtes appelés aujourd’hui à juger un homme – un citoyen français – accusé d’avoir offert l’hospitalité à un autre. » Alexandre Grothendieck
Si cette ordonnance ne vous choque pas, ni ne vous fait rire aux éclats, c’est que la liberté est morte dans notre pays. C’est qu’il serait devenu mûr pour un régime policier – un régime où sont tolérées et appliquées des lois policières – des lois qui imposent au citoyen une collaboration inconditionnelle et quotidienne avec la police. Des lois qui vont à l’encontre des mouvements spontanés de sympathie et d’entr’aide des hommes, les uns envers les autres, indépendamment de toutes étiquettes nationales ou administratives.
Si de tels textes de loi ne deviennent la risée du pays, c’est qu’ils en deviennent le fléau. A. G.

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Nathalie Heinich : La religion n'existe pas

 Gallimard - Mars 2026 - Bibliothèque des Sciences humaines


On parle communément du "culte" de Van Gogh, de la "messe" du journal télévisé de 20 heures, de la "divinité" d'une star. On parle aussi de "religions séculières" à propos tant des grandes ferveurs politiques (communisme, fascisme...) que des petites ritualités du quotidien. Mais que nous apportent de telles analogies ? Rien, affirme cet essai incisif, sinon une confusion certaine et l'illusion du caractère matriciel de l'expérience religieuse. Cette illusion nous empêche de saisir que ce qu'on appelle "religion" se manifeste par une multiplicité de formes et assume une grande diversité de fonctions dont aucune n'est spécifiquement religieuse. L'analyse raisonnée de ces fonctions dans leurs différentes configurations contextuelles permet de comprendre que "la religion" ou "le religieux" ne sont que des notions sans référent réel, dont on peut avantageusement se passer si l'on veut ouvrir la boîte noire de leurs acceptions hétéroclites.

Directrice de recherche émérite au CNRS, Nathalie Heinich a notamment publié, aux Editions Gallimard, La valeur des personnes. Preuves et épreuves de la grandeur (2022), Des valeurs. Une approche sociologique (2017) et De la visibilité. Excellence et singularité en régime médiatique (2012).

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jeudi 5 mars 2026

Albert Schweitzer : La philosophie de la religion de Kant de la Critique de la raison pure jusqu’à La religion dans les limites de la simple raison

 PU de Strasbourg - Mars 2026


Pour la toute première fois en français, une édition augmentée de la thèse d’Albert Schweitzer sur la philosophie de Kant, dans laquelle le pasteur, médecin et prix Nobel de la paix alsacien élabore les prémisses de sa thèse du « respect de la vie ».
Cet ouvrage propose la première traduction française de la thèse d’Albert Schweitzer sur la philosophie de la religion de Kant, publiée en allemand en 1899. Dans cet ouvrage majeur mais méconnu, Schweitzer montre que le développement progressif de la pensée de Kant est caractérisé par une tension entre sa théorie de la connaissance et sa « profondeur morale ». Schweitzer est amené plus largement à poser la question de la possibilité même d’une philosophie de la religion et à discuter du rapport entre ce que la philosophie peut dire de la religion et ce qu’affirment les textes sacrés.
La traduction, richement annotée, de cette thèse est précédée d’une introduction substantielle, qui situe Schweitzer et ses maîtres parmi les lignes d’interprétation de la pensée kantienne à la fin du XIXe siècle et met en perspective la réflexion d’un jeune doctorant dont on s’aperçoit, en le lisant, qu’il était à la fois audacieux et d’une grande puissance spéculative.

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