vendredi 20 février 2026

Jennifer Kerner : Le théorème du flamant rose. Une socio-archéologie de la maternité

 Gallimard - Février 2026


« Pour donner la vie, une mère sacrifie un peu de la sienne. Ce phénomène, bien connu des biologistes, s’appelle la dépense maternelle. L’exemple le plus flamboyant du règne animal est celui des flamants roses, qui perdent leur couleur dès le début de la couvaison. Une dépigmentation due à l’épuisement. S’il fallait prouver que la maternité est un sacerdoce éreintant, cette démonstration aurait un nom tout trouvé : le théorème du flamant rose. »
Archéologue, Jennifer Kerner a parcouru la planète pour étudier les rites funéraires. L’expérience de sa première maternité lui a permis d’interroger les pratiques obstétricales dans la France d’aujourd’hui à la lumière de celles d’autres civilisations, passées ou lointaines. Toutes nourrissent un point de vue à la fois malicieux, documenté et militant, pour une meilleure prise en compte du vécu féminin.

Docteure en archéologie, Jennifer Kerner est l'autrice du Mari de nuit : expériences du deuil et pratiques funéraires, publié aux éditions Gallimard. Son premier roman, Le tissu de crin, a paru en 2024 aux éditions du Mercure de France.

acheter ce livre



Frédéric Fruteau de Laclos : Bruno Latour et l’anthropologie des modernes. Contre-enquête

 Vrin - Février 2026


« Nous n’avons jamais été modernes ». Bruno Latour a fait de cette déclaration fracassante le titre d’un de ses essais les plus célèbres. Il y affirme que les modernes, en dépit de leurs prétentions à dissocier Nature et Culture, n’ont cessé de mélanger les registres et d’instaurer d’étranges réalités hybrides. Selon Latour, il faudrait renoncer à la connaissance pour saisir avec les non-modernes les conditions de la « co-naissance » de l’humain et du non-humain. Pourtant, rien n’est moins évident que ce renoncement. C’est ce qu’on comprend en retraçant la trajectoire de Latour, aussi bien intellectuelle qu’existentielle, à travers les rencontres qui ont marqué sa carrière. Il est alors possible de lui opposer le contre-modèle d’une théorie de la connaissance qui, pour être ouverte à la diversité moderne et non-moderne des modes de penser, continue d’envisager les savoirs du point de vue de leur cohérence théorique et de leur mise à l’épreuve expérimentale.

Frédéric Fruteau de Laclos est professeur de philosophie à l’université Paris-Est Créteil et membre du Laboratoire de recherche Lettres, Idées, Savoirs (EA 4395).

acheter ce livre


Revue d'histoire des sciences humaines, n° 47 : Histoire naturelle de l’Homme (Wolf Feuerhahn et Arnaud Hurel éds.)

 Editions de la Sorbonne - Février 2026


« Histoire naturelle de l’Homme » : voilà un énoncé qui peut surprendre celles et ceux pour qui l’anthropologie est d’abord une science sociale et culturelle, mais qui a aussi des chances d’intriguer à l’heure de la crise écologique et de la remise en cause du partage entre nature et culture.
Histoire naturelle de l’Homme est d’abord le titre donné par Buffon au troisième volume de son Histoire naturelle, générale et particulière, publié en 1749. Au XIXe siècle, le Muséum national d’histoire naturelle utilise la formule pour l’une de ses chaires (« Anatomie et histoire naturelle de l’Homme »), qui est renommée ensuite « Anthropologie ».
Suivre la trace de cette expression et retrouver son sens en contexte, tel a été l’un des objectifs du travail de Claude Blanckaert décédé en octobre 2024. Dans cette perspective, trois de ses conférences inédites sur ce thème, au Siècle des lumières, sont publiées dans ce numéro. Afin de montrer toute l’actualité des recherches qu’il a conduites au long de sa carrière, ces textes sont accompagnés de contributions de chercheurs et chercheuses appartenant à diverses disciplines qui reviennent sur la fécondité de son œuvre.


acheter ce livre


Pascal Bastien, Claude La Charité, Lyse Roy (dir.) : Projets encyclopédiques et circulations des savoirs, 1500-1750

 Hermann - Février 2026


Quelle est la contribution de la Première Modernité à la formulation de la notion d’encyclopédisme et aux projets encyclopédiques qui en découlent ?
Réunissant les travaux d’un colloque international qui s’est tenu à Montréal en octobre 2022, cet ouvrage appréhende l’encyclopédisme dans une perspective interdisciplinaire, avant ou en dehors de la publication de l’Encyclopédie (1751-1772) de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, afin de rendre compte de la complexité de l’encyclopédisme de la période moderne et d’éviter le piège téléologique qui consiste à tout relier à l’anticipation de son avènement. « Monument emblématique d’une culture », l’Encyclopédie reconnaît d’ailleurs sa dette à l’égard des ouvrages qui l’ont précédée : elle ne constitue en fait que « le maillon d’une longue chaîne, la dernière somme d’une culture et d’une façon d’aborder le savoir ».
Ainsi, ce livre privilégie une démarche en amont de l’Encyclopédie, depuis le Moyen Âge, afin de comprendre l’émergence de l’encyclopédisme moderne dans toutes ses nuances.

acheter ce livre



Rachele Raus , Marinella Belluati, Julien Auboussier (dir.) : Discours sur les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle

 ENS éditions - Février 2026


Les textes réunis analysent la construction en discours des enjeux éthiques associés au déploiement de l’intelligence artificielle. Les conséquences de l’innovation technologique ne pouvant pas être pensées seulement en termes techniques, le dossier propose d’étudier les discours qui circulent dans l’espace public et qui contribuent à la fois à l’appropriation sociale de l’innovation et à la mise en débat de ses conséquences sociales et politiques. Les auteurs étudient ainsi les dynamiques discursives qui alimentent et soutiennent la mise en débat d’une éthique de l’intelligence artificielle. Il s’agit d’analyser comment les entreprises, les médias ou encore les institutions problématisent l’IA en tant qu’objet du discours et, ce faisant, contraignent la définition des enjeux éthiques.


acheter ce livre

François Papale (dir.) : Métaphysiques & sciences. Identité, différence et émergences

 Matériologiques - Février 2026


L’objectif de cet ouvrage collectif est d’offrir un regard critique sur la place qu’occupe aujourd’hui la métaphysique au sein de l’entreprise universitaire. Les réflexions proposées sont ancrées dans la pratique contemporaine de la philosophie des sciences. L’ouvrage est tissé autour de deux axes principaux. Premièrement, certains textes d’ordre méthodologique interrogent les modalités de la métaphysique contemporaine ainsi que son rapport à la connaissance. Le second axe consiste à offrir des analyses métaphysiques issues de l’étude des pratiques scientifiques. Ainsi, sur le plan philosophique, les auteur·es abordent des sujets aussi variés qu’importants : l’objectivité, le réalisme et son bien-fondé, le réductionnisme et l’émergentisme, le pluralisme, l’agentivité, les espèces naturelles, etc. Le tout est appréhendé par l’entremise d’un dialogue avec des pratiques scientifiques tout aussi variées : l’économie, la biologie de l’évolution, la physique, la psychologie comportementale, et l’étude des populations humaines sont des exemples de terreaux fertiles pour l’analyse métaphysique. La diversité des sujets couverts et des perspectives offertes par cet ouvrage collectif en fait une introduction idéale pour toute personne s’interrogeant sur ce que peut ou devrait être la métaphysique contemporaine.

François Papale est philosophe des sciences. Ses recherches portent sur les pratiques classificatoires ainsi que sur les dynamiques de justification qui sous-tendent à la fois le progrès et le conservatisme scientifique. Sur le plan de la philosophie de la biologie, il s’intéresse à la théorie de l’évolution par voie de sélection naturelle sous toutes ses coutures.

acheter ce livre



mercredi 18 février 2026

Diran Donabedian : La « construction » génocidaire. Essai métapsychologique sur la destructivité humaine et ses conséquences psychiques

 L'Harmattan - Février 2026


La construction génocidaire est un long processus de destructivité humaine dont l’aboutissement final est le génocide. À partir des concepts de la psychanalyse freudienne et des apports de M. Fain sur la psychologie individuelle et collective, la cruauté primaire et la barbarie sont développées en s’appuyant sur des références historiques des génocides du xxe siècle.
Les conséquences psychiques sont caractérisées par l’inscription du traumatisme chez le sujet génocidé et sur la transmission chez les sujets des deuxième, troisième et quatrième générations.
Le travail de deuil du traumatisme s’organise à partir de la reconnaissance du génocide œuvrant vers le travail de mémoire dans la communauté.
À chaque génération, les sujets peuvent présenter des désorganisations psychiques, des dépressions post-traumatiques qui inhibent le développement mental et les capacités d’investissement de la vie libidinale de chacun, voire des désorganisations psychosomatiques.
La communauté des survivants du génocide constitue une force de cohésion qui favorise l’investissement de vie pour autant qu’elle n’empêche pas la liberté psychique de chacun.

Diran Donabedian est médecin psychiatre des hôpitaux et psychanalyste membre de la S.P.P. et membre de l’Institut de Psychosomatique P. Marty de Paris. Fils d’émigrés du génocide arménien de 1915, il travaille comme psychanalyste et contribue à la formation des collègues analystes en France et en Arménie depuis de nombreuses années. Son intérêt pour la connaissance de la destructivité humaine s’organise aussi à partir de son héritage familial en retraçant les inscriptions traumatiques de sa mère et de son père dans un souci de mémoire et de transmission de la vérité historique.

acheter ce livre




Élodie Boissard : Une histoire française de la dépression. De la tristesse mélancolique à l'humeur dépressive

 Classiques Garnier - Février 2026


À la fin XIXe siècle, à la Salpêtrière, l'aliéniste Jules Séglas caractérise une mélancolie sans délire avec pour symptôme central la douleur morale liée à un ensemble de passions tristes, de l'ennui au désespoir, que cible le traitement moral. Au milieu du XXe siècle, à Sainte-Anne, le psychiatre Jean Delay explique les états dépressifs-mélancoliques par un dérèglement de l'humeur, disposition affective fondamentale déterminée par le cerveau thymique, qui entraîne la tristesse et peut être soigné par les électrochocs puis les antidépresseurs. Ce qui se joue dans l'émergence de l'humeur dépressive, c'est le tournant biologique ayant mené la psychiatrie des raisons aux causes a-rationnelles des troubles mentaux.

Élodie Boissard est agrégée et chercheuse postdoctorale à la croisée entre philosophie de la psychiatrie et philosophie des états affectifs. Ancienne élève de l'École normale supérieure de Paris, elle a préparé sa thèse de doctorat sur l'humeur dépressive à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CNRS), et l'a soutenue fin 2023.

acheter ce livre



Charles Larmore : La réalité du bien

 Hermann - Février 2026


Qu’est-ce qu’une vie bien vécue ? Nul n’est indifférent à cette question. Chacun se fait une idée de la meilleure manière de vivre et se laisse guider par elle. Or cette idée se forme à partir de notions – telles le bon et le mauvais, le bien humain et la connaissance de soi, le point de vue moral et la valeur de la vérité, ou encore l’attitude appropriée face à la mort – qui prêtent souvent à l’erreur et au malentendu. Il importe pourtant, pour vivre le mieux possible, d’en avoir une juste compréhension.
Dans cette somme inédite, rassemblant les principes philo­sophiques d’une éthique élaborée tout au long de son œuvre, Charles Larmore éclaire d’un jour nouveau les concepts fondamentaux à l’aide desquels nous nous orientons dans l’existence. Il ne prétend pas livrer la recette universelle d’une vie épanouie, mais montre plutôt comment tout individu, en tant qu’il est unique, peut concevoir les conditions de son propre épanouissement. Il nous invite ainsi à penser la réalité du bien sans nier sa pluralité.

Charles Larmore est professeur à Brown University (Rhode Island, USA). Il est l’auteur de nombreux ouvrages de philosophie morale et politique.

acheter ce livre


Karl Peeter Valk : Le Projet intellectuel d'un réformateur. Philippe de Mézières (1327-1405)

 Classiques Garnier - Février 2026


Philippe de Mézières (1327-1405), diplomate, conseiller des rois et des papes, fit de l'écriture un instrument de réforme. Son oeuvre vaste et protéiforme, nourrie de sources bibliques et patristiques, se présente à la fois comme un miroir du monde politique et religieux du XIVe siècle et comme une série d'interventions pour le transformer. L'étude recompose cette relation dialectique et met en lumière les multiples facettes de l'activité intellectuelle de Mézières : l'écriture autobiographique et l'usage d'autorités textuelles, l'insertion dans des réseaux savants et politiques, ainsi que ses prises de position dans des débats politiques et ecclésiologiques de son temps.

Karl Peeter Valk, docteur de Sorbonne Université et de l'université de Tallinn, est historien médiéviste, spécialiste de l'histoire intellectuelle de la fin du Moyen Âge. Il est actuellement chercheur à l'Institut des sciences humaines de l'université de Tallinn.

acheter ce livre



mardi 17 février 2026

Paul-Victor Duquaire : Penser la création/ Généalogie d’un concept contemporain

 L'Harmattan - Février 2026


La création n’est ni un mot, ni un acte. C’est une vibration qui nous traverse.
Entre l’actus purus de Dieu et l’homo creator prométhéen, entre la transcendance et l’ivresse, la création se dérobe. Trop ancienne, trop vaste, trop intime, elle défie les définitions. Pourtant, c’est dans ce mystère que réside sa puissance : celle de révéler ce qui nous anime, de donner sens à nos actions, et de façonner notre rapport au monde, à Dieu, et à nous-mêmes.
Ce livre retrace trois révolutions de la pensée :
– La création divine (Thomas d’Aquin, Marion) : seul Dieu crée ex nihilo, l’homme n’est que mesure des choses.
– L’émancipation du sujet (Kant, Nietzsche) : l’homme s’arrache à Dieu et revendique : « Je crée ».
– La création symbolique (Heidegger, Deleuze, Lacan) : la création devient un jeu de fictions, une machine désirante, un processus sans origine fixe.
À travers une pentalogie secrète (obstacle, répétition, jouissance, sécrétion, sépulture), l’auteur explore comment la création structure notre existence. Des creative industries à l’art contemporain, en passant par les œuvres de Bergson, Anzieu ou Bacon, ce livre montre que créer, ce n’est pas seulement produire : c’est ouvrir des horizons, défier les limites, et peut-être réinventer l’humain.
Un essai percutant, où la philosophie se fait aventure existentielle.
Pour ceux qui refusent de choisir entre Dieu et Prométhée. Un livre qui vous fera voir la création autrement – et vous-même avec elle.

Paul-Victor Duquaire est philosophe, docteur de l’Université de Rouen et postdoctorant du LEM (EPHE-PSL). Il vit et travaille à Lyon.

acheter ce livre

Gwénola Ricordeau : Tant qu'il y aura des prisons

 Le Passager clandestin - Février 2026


"Avec ce livre, je m'adresse évidemment d'abord à ceux et celles qui ont eu le privilège ou la chance de ne jamais s'être posé la question de l'existence de la prison. En d'autres termes, je m'adresse à ceux et à celles qui y "croient" - moins par conviction que par défaut - et j'espère pouvoir les persuader du crime qu'est l'existence de la prison. Mais je m'adresse aussi à ceux et celles qui, instinctivement, savent que "la prison n'est pas la solution" et souhaitent mettre en ordre les idées que leur coeur, leurs tripes ou leur raison leur ont soufflées." GR

Gwenola Ricordeau est une militante abolitionniste et féministe. Elle a occupé des postes d'enseignante-chercheuse en sociologie et criminologie dans diverses universités en France et aux Etats-Unis. Elle est l'auteure de nombreux livres sur la prison et la contestation du système pénal.

acheter ce livre


Daniel Wilhem : Mimique

 Furor - Février 2026


La ressemblance, qui se déplace dans le simulacre, envoûte, sidère, tourne, pivote, dévisse, gravite. Le simulacre est entré dans les leçons des anatomistes qui parlaient de la statuaire. Il sort par le cours de philosophie antique. Il revient dans la peinture des vieux-maîtres, dans l’imagerie populaire, dans les journaux envahis par les faits divers illustrés. Il traverse aujourd’hui encore les scènes du théâtre élisabéthain, où Brecht, qui a su découvrir et ajuster toutes sortes de distances, est allé chercher ses hypocrites, c’est-à-dire ses acteurs.
Le simulacre se saisit mal, parce qu’il est tout à la fois un fantôme (par opposition à telle ou telle image réelle), une chose représentée (par quoi la chose apparaît, se manifeste, mais se retire et, en un sens, se cache), une ressemblance (par conformité approximative entre les personnes et les choses), une feinte (par imitation de la chose à laquelle on veut faire croire), un mensonge (qui couvre une manœuvre exécutée sans conviction, ou sans adhésion).
Mais le simulacre n'est pas une mauvaise copie. Il reste cette image qui inclut l'angle de l'observation. Il est l'image qui génère et maintient l'illusion formée sur le point même que choisit l'observateur. Il intéresse tout particulièrement celui qui s'aventure dans un théâtre d'ombres où l'on voit des silhouettes d'acteurs et de jeux de mains que l'on interpose dans le faisceau lumineux qui éclaire l'écran. Il intéresse aussi, et plus encore, l'ombromane qui s'amuse avec ses rayons de lumière, varie ses scènes vivantes, puis fausse compagnie, une fois l'obscurité revenue, à ses figurants.

acheter ce livre



Hudson Moura : L'image-exil. L'expérience du déplacement au cinéma d'après Gilles Deleuze et Maurice Blanchot

 Septentrion - Février 2026


Comment représenter une expérience qui échappe au langage ? L’exil, vécu comme déracinement et déplacement, trouve au cinéma un espace de réinvention formelle et sensorielle. L’Image-exil explore les puissances de l’image cinématographique à révéler cette expérience-limite. Ce concept – Image-exil – au croisement du visible et de l’absence, permet de renouveler notre regard sur la représentation du déplacement, de la mémoire et de l’altérité. Issu de recherches menées sur plusieurs années, ce livre interroge les devenirs de l’image à travers quatre réalisateurs majeurs du cinéma mondial : Walter Salles, Andreï Tarkovski, Glauber Rocha et Wim Wenders. En dialogue avec les pensées de Gilles Deleuze, Maurice Blanchot, Henri Bergson, Giorgio Agamben et Walter Benjamin, il propose une lecture inédite du cinéma comme médium de l’exil et offre les moyens de penser l’image au prisme de la condition contemporaine du déplacement.

Hudson Moura, chercheur franco-brésilien, mène un parcours académique et professionnel à la fois riche, diversifié et résolument transnational. Titulaire d’un doctorat en cinéma et littérature comparée obtenu à Montréal, puis d’un postdoctorat en cinéma interculturel à Vancouver, il a enseigné, dirigé des ateliers théoriques et pratiques, contribué à de nombreuses publications et donné des conférences dans plusieurs pays. Il enseigne actuellement le cinéma, les nouveaux médias et la politique à la Toronto Metropolitan University. Fondateur de la revue académique Interactive Film and Media ainsi que des congrès annuels qui y sont associés, il est également chroniqueur cinéma pour Radio-Canada Toronto.

acheter ce livre



Pierre-Olivier Dittmar : L'invention de l'animal. Essai d'anthropologie médiévale

 Gallimard - Mars 2026


Il n'y avait pas d'animal au Moyen Âge. Des cochons et des oiseaux, des bœufs et des belettes, des lapins et des ours, des loups et des abeilles, des licornes même, oui. Mais si les animaux étaient présents en nombre, partageaient leur territoire et bien d'autres relations avec les humains, l'animal en tant que catégorie, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'existait pas. Or l'invention de ce concept ne crée pas seulement une fracture entre les humains et le reste du monde ; elle produit aussi m1second partage, moins visible, plus intime, qui donne naissance à une « part animale » au sein de chaque individu.
L'objet de cet ouvrage est de témoigner d'un monde, d'une période, qui ignorait cette double coupure et l'a fait émerger. Au croisement de l'histoire religieuse et de l'histoire intellectuelle, de l'histoire de l’art ou de celle de l'alimentation, il met en lumière, notamment par les images, un mode particulier de rapport au vivant et un moment décisif de l'histoire des sociétés occidentales.

acheter ce livre



Martin Buber : Confessions extatiques

 Héros-Limite - Janvier 2026


Confessions extatiques est un livre à part dans l’œuvre de Martin Buber. L’auteur le publie en 1909 à l’âge de 30 ans, bien avant de devenir une figure intellectuelle mondialement reconnue. L’ouvrage réunit de nombreux témoignages et textes mystiques issus de multiples sources et de différents siècles. Du monachisme grec à l’hindouisme en passant par la pensée des soufis ou les paroles de Lao-Tseu. « Ce sont des citations d’hommes fervents issus de nombre d’époques et de peuples que je rassemble depuis des années, dira-t-il. Outre leur grand intérêt pour l’histoire de la mystique, ils me paraissent psychologiquement remarquables : ils veulent communiquer l’immédiat, une expérience muette ; et, esthétiquement, l’étrange, le hors-norme, en même temps empreint d’une merveilleuse poésie. »
Un livre resté méconnu et qui pourtant laisse entrevoir les développements futurs de la pensée de Martin Buber, notamment ses recherches autour d’un socialisme communautaire (Utopie et socialisme), sa réflexion sur l’altérité et la figure de l’Autre (Je et Tu) et son étude autour du judaïsme hassidique (Les Récits hassidiques). Un ouvrage clé pour comprendre et éclairer la pensée du grand philosophe.

Traduction Jean Malaplate
Postface de Dominique Bourel

acheter ce livre



lundi 16 février 2026

Henri Bergson : Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l'esprit

 PUF - Février 2026 - Quadrige


Dans Matière et mémoire (1896), son deuxième grand livre, Bergson montre comment notre mode de connaissance habituel, fondé sur l’espace, nous masque l’essence de l’esprit, celle de la matière, et leurs relations. On croit que l’esprit est fait d’éléments isolés (d’où une stricte localisation cérébrale) : c’est un acte temporel. On croit que la matière est faite d’objets séparés : c’est un ensemble de mouvements, même si notre corps en isole des « images ». Dans les deux cas, l’espace nous masque la durée.
Solution originale au problème classique du dualisme, appuyée sur une discussion scientifique et métaphysique, ce livre est essentiel dans l'œuvre bergsonienne, dans son temps, et aujourd’hui encore.

Préface de Lionel Naccache

acheter ce livre



Irène Pereira : Le féminisme libertaire. Des apports pour une société radicalement féministe

 Le Cavalier bleu - Février 2026


Que peut apporter l’anarchisme au féminisme ? Le féminisme à l’anarchisme ? En posant cette double interrogation, le féminisme libertaire dévoile les angles morts de ces mouvements et permet d’approfondir leurs questionnements. Clairement distinct d’une acception purement libertarienne, il affirme l’existence de systèmes d’oppression et, en réponse, la possibilité d’une capacité auto-émancipatrice.
Véritable enquête philosophique que l’autrice confronte à des éléments historiques, cet ouvrage invite à penser une société radicalement féministe et anti-capitaliste, sans intervention de l’État et à la liberté individuelle étendue. Pour utopique qu’il paraisse, le féminisme libertaire peut nourrir les réflexions actuelles et infuser notre monde.

Irène Pereira est professeure des Universités en philosophie de l’éducation à l’Université de Rouen. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur l’anarchisme, la gauche radicale et les pédagogies critiques. Elle participe régulièrement au site Grand angle libertaire.

acheter ce livre