lundi 20 avril 2026

Patrick Vassort, Sacha Vassort : Face à la fascisation de la société : l'antifascisme. De la nécessité à la contradiction

Le bord de l'eau - Mars 2026 


Alors que la démocratie semble de plus en plus fragilisée par des relations internationales conflictuelles, les heures sombres du fascisme né au 20e siècle apparaissent de nouveau dans de nombreuses régions du monde, venant s’ajouter aux dictatures depuis longtemps « stabilisées ».
Pour Antonio Gramsci, le fascisme est le résultat d’un état de crise de la société. Quels sont donc les points communs entre les sociétés du début du siècle précédent et les sociétés contemporaines ?
Au travers de cette courte étude de politique comparée, ce travail aura pour finalité de mettre au jour les différents positionnements des politiques antifascistes, des collectifs s’en réclamant. Quelles sont donc les constantes des militants antifascistes dans le temps ?
De plus, au-delà de ces constantes (luttes contre l’exploitation des travailleurs, luttes contre les inégalités, lutte contre l’autoritarisme…), si nous rappelons la nécessité de s’opposer au fascisme, il est également utile d’en montrer les contradictions (autoritarisme féministe ou décolonial, idéologies et oppositions fragmentaires…) ainsi que les points aveugles.
Le premier, et non des moindres, étant le total abandon de l’analyse de l’évolution sociétale, de l’accroissement des technologies et la grande part prise par les techno-sciences dans ce déploiement idéologique fasciste.

Patrick Vassort est sociologue et politiste MCF HDR de l'université de Caen Normandie. Il a rédigé plusieurs ouvrages sur la sociologie politique du sport ainsi que sur les idéologies. Diplômé de sociologie, Sacha Vassort est un observateur des milieux militants.

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Justyna Morawska : Quand y a-t-il diagramme ? La signification des « papiers » d’architecte

 PU de Rennes - Avril 2026


Qu’est-ce qu’un diagramme ? Il s’agit d’une notion dont les architectes s’emparent volontiers, que ce soit dans le cadre d’un discours sur les stratégies de design ou pour expliciter des projets accomplis. Parlons-nous, cependant, tous de la même chose en prononçant le mot « diagramme » ? Les efforts pour fournir une définition du diagramme se heurtent inévitablement à sa double signification – comme objet graphique ou comme outil conceptuel – ainsi qu’à la multitude de ses « versions », parfois incompatibles entre elles. « Si les tentatives pour répondre à la question “Qu’est-ce que l’art ?” tournent de façon caractéristique à la frustration et à la confusion, peut-être […] la question est-elle une fausse question », écrit Nelson Goodman à propos de l’art. Et si rechercher une définition du diagramme constituait également une « fausse question » ? Ce livre expérimente en effet un changement, ou plutôt un déplacement, de la question. Qu’est-ce qu’un diagramme ? devient Quand y a-t-il diagramme ? Formulée ainsi, la question oriente vers l’exploration de la condition circonstancielle et transitoire du diagramme. Cela revient à affirmer que l’objet ne parle pas par lui-même : rien n’est un diagramme de façon fixe et stable. C’est ainsi que l’investigation concerne des « papiers » d’architecte au sens large, qui fonctionnent – parfois – comme des diagrammes.

Justyna Morawska est architecte praticienne, docteure en architecture et maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine. Ses recherches explorent l’articulation entre les pratiques de représentation et la conception architecturale.

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Alexander Neumann : La propagande nazie. Projet, actualité et critique catégorique

 Kimé - Avril 2026


Tout le monde croit connaître la propagande nazie, par la voix bruyante de Hitler, mais presque personne n’arrive à la reconnaître dans ses formes les plus performantes : la boisson Fanta, les costumes Hugo Boss, les entreprises Ford, Porsche, Volkswagen, IBM ou Tesla, la série télé Inspecteur Derrick, Les trois petits cochons de Disney, les écrits des prix Nobel Heisenburg ou Lorenz, sans parler de quelques bestsellers, romans et livres de philosophie. La propagande nazie fut et reste si efficace – au milieu de l’extrême droite mondiale – parce qu’elle se drape dans des formes divertissantes, innovantes et en apparence innocentes.
Percer à jour le projet historique de la propagande nazie permet de comprendre toutes ses ramifications contemporaines. Pour y parvenir, le livre d’Alexander Neumann reprend des enquêtes que l’École de Francfort n’avait pas poussées jusqu’au bout, tout en exposant l’état de l’art international, introduisant ici ses propres recherches. Il montre que le noyau dur de la propagande nazie réside dans son organisation médiatique, institutionnelle, industrielle et scientifique, davantage que dans son discours politique grossier. L’exemple Elon Musk permet d’actualiser et de détailler cette approche critique. Le livre permet de cerner le problème, de le rendre visible et invite les lecteurs à désintégrer la propagande nazie.

Alexander Neumann est professeur à l’Université Paris 8 – Vincennes où il occupe le poste Internationalisation des pensés critiques, Sophiapol (sociologie, philosophie, anthropologie). Il a été initié à la Théorie critique francfortoise par Oskar Negt, disciple de Theodor W. Adorno. Il est l’auteur de Après Habermas (Delga, 2015) ; Kritische Arbeitssoziologie (Schmetterling, 2016) ; La révolution et nous. La formation de la Théorie critique de 1789 à nos jours (La Brèche, 2023, préface O. Negt).

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Bernard Jolibert : Laïcité et liberté de conscience. Aux fondements de la morale laïque

 L'Harmattan - Avril 2026


L’idée de laïcité présuppose un principe philosophique radical : celui de la possibilité d’un usage libre de la raison par tous, pour tous et dans tous les domaines de l’existence. Cette émancipation, qui est bénéfique à chacun, croyant ou incroyant, se voit aujourd’hui menacée par un retour offensif
d’un militantisme clérical hostile à la laïcité.
Le libre usage de l’entendement, dont rêvaient les philosophes des Lumières, aurait-il fait son temps ? Le principe philosophique initial sur lequel repose la laïcité, celui de la liberté de conscience, qui fonde conjointement la responsabilité citoyenne et la liberté religieuse, mérite mieux que la caricature qu’on se plait parfois à en faire.

Docteur ès lettres, agrégé de philosophie, Bernard Jolibert est coordonnateur du GREPHE (Groupe de recherche en philosophie de l’éducation). Auteur de nombreux travaux (articles, essais, traductions, éditions critiques), il dirige la collection « Philosophie de l’éducation » aux éditions Klincksieck et co-dirige la collection « Éducation et philosophie » aux éditions L’Harmattan.

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samedi 18 avril 2026

Philosophique n°29, 2026 : Critiques du temps social

 PUFC - Avril 2026


Les textes qui composent ce numéro de la revue Philosophique sont issus d’une journée d’études qui s’est tenue à Besançon le 19 novembre 2021. L’enjeu des critiques sociales du temps, considérées ici dans leur diversité, est de mettre au jour les normes qui régissent notre rapport au temps et d’identifier des possibilités de résistance, de contournement, voire de subversion des normes dominantes.

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Günther Anders : Sur la langue philosophique

 Fario - Avril 2026


Quelle langue pour la philosophie ? La distinction, voire l’opposition, discutable en elle-même, entre langue ésotérique et langue exotérique se décline de bien des façons : les philosophes appartiennent-ils à une caste privilégiée qui leur imposerait un sabir ou un jargon technique préservant leurs secrets ? De quoi se protègeraient-ils ? Comment conjuguer vérité et démocratie ? Car si l’on sait la vérité mise en péril dans les dictatures, le pluralisme autorisé ou prescrit par la démocratie ne fait-il pas courir à la vérité le risque de se fondre dans le registre de l’opinion ? Faut-il se soucier d’une vulgarisation qui porterait son inévitable lot de condescendance ? Quand ne pas s’en soucier laisserait un vide pour les simplificateurs et les marchands d’opium…
Pour avoir été traversé par cette question et avoir opéré lui-même une révolution par le refus d’un formalisme académique dans laquelle il a pourtant grandi et évolué, Günther Anders sait qu’il n’existe pas de réponse simple, évidente, au choix d’une langue. S’il s’est écarté de la carrière universitaire, sans renoncer en rien pour autant à la rigueur, ce fut pour décider d’empoigner des questions de et pour son temps. On mesure à travers ces textes sur l’expression de la pensée philosophique que ce choix ne s’est pas fait aisément et qu’il est le fruit tant d’une nécessité intérieure que des enjeux d’une époque. L’analogie qu’Anders explore avec les questions rencontrées aujourd’hui par le poète est sur ce point remarquablement éclairante.
Les textes assemblés ici témoignent directement de cette recherche et de la singularité de la réponse andersienne : dialogues fictifs et mise en scène troublent le jeu. Sur cette scène des personnages apparaissent. Et s’il est très explicitement question des options d’Heidegger quant à la langue, la figure d’Adorno n’est pas loin, avec laquelle les comptes, on le devine, demeurent en suspens.

« Nous avons donc trouvé un troisième style dans la poésie. Il me semble que notre tâche consiste à trouver quelque chose d’équivalent en philosophie. Par pitié, pas une imitation directe de Kafka ou de Brecht. Mais en tout cas une tentative pour trouver un ton direct. Un ton qui se tient autant à distance du langage courant dépravé que du langage technique élevé. Si cette tentative réussit, alors nous aurons fait un grand pas. Qu’on nomme encore ou non cette tentative “philosophie”, quelle importance ? À propos de Whitman ou de Brecht, on a aussi douté que leur œuvre était de la “poésie”, on a dit que le premier écrivait des hymnes religieux, et qualifié le second de didacticien. Et aujourd’hui, sait-on si les ponts sont des oeuvres d’art ou bien des équipements techniques ? Les questions de classification ne devraient jamais nous faire peur. Si les choses réussissent, elles contribueront d’elles-mêmes à modifier après-coup les classifications. » G.A.

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Guillaume Durand : L'esprit du surf. Apprendre à philosopher avec les vagues

Arkhê éditions - Avril 2026


Qu’est-ce que cela signifie "glisser sur une vague" ? Qu’est-ce que la liberté humaine ? Qu’est-ce que la nature ? Quelle est la place de l’humain au sein de celle-ci ? Quel statut moral accorder aux éléments naturels ― un oiseau, un rocher, une vague ? Qu’est-ce que le bonheur ? Quel type de bonheur est véritablement accessible ?
Nous nous sommes éloignés de la nature, mais aussi de nous-mêmes. Nous errons dans des réseaux abstraits, déconnectés de la réalité concrète et vivante. Habite-t-on encore réellement le monde dans lequel nous vivons ?
Le surf constitue une expérience à la fois physique et existentielle, une expérience philosophique essentielle. Il offre une voie pour mieux comprendre le monde, la réalité, notre place dans la nature, et la relation que nous entretenons avec elle.
Aujourd’hui, nous avons partiellement perdu le sens de notre existence, de notre rapport à l’autre et à nous-mêmes. L’"esprit du surf" propose une voie de reconnection : il invite à renouer avec le réel, conçu comme un ensemble d’événements interdépendants. Toute chose est relation. Plutôt que de se replier sur un individualisme illusoire, le surf nous incite à ouvrir notre individualité vers ce qui nous entoure : les animaux non-humains, les plantes, les nuages, les vagues…
Philosophe et surfeur passionné, l’auteur s’appuie sur son expérience pour montrer en quoi le surf peut fonder une philosophie nouvelle ― une pensée ancrée dans l’événement, dans le mouvement, dans l’océan. Il s’agit de repenser les grands concepts de la tradition philosophique à la lumière de cette relation singulière à l’élément liquide : la nature, la liberté, le bonheur, l’identité personnelle, la réalité et le sens de l’existence.

Guillaume Durand est Maître de conférences en philosophie à l’Université de Nantes. Ses publications portent sur la philosophie de la médecine, l'éthique et en particulier la bioéthique, l'éthique médicale et clinique. Philosophe de terrain, il travaille aux côtés des équipes médicales et soignantes depuis une dizaine d'années. Il est aujourd'hui Directeur de la Consultation d’Éthique Clinique à l'hôpital de Saint-Nazaire.

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Enrique Dussel : 1492 : l’occultation de l’autre. Aux origines du mythe de la modernité

 Wildproject - Avril 2026


Comment les Européens ont-ils légitimé leurs conquêtes américaines dévastatrices ? Comment les Indiens ont-ils vécu et compris cette invasion catastrophique ? À partir de nombreuses archives et chroniques, le philosophe argentin Enrique Dussel dévoile le mythe de la modernité comme violence sacrificielle systématisée.
Proposant une lecture des événements du point de vue des systèmes de pensée amérindiens, il restitue une histoire dans laquelle les comportements des colons européens apparaissent incompréhensibles et irrationnels.
À la fois enquête historique et essai philosophique, 1492 rassemble les principes d’une « transmodernité » à venir : décolonisation des savoirs, dialogue interculturel et solidarité libératrice à l’échelle de la planète.
Issu d’une série de conférences données en 1992, ce livre reste d’une cruelle actualité. Lu, traduit et pratiqué dans les milieux critiques des Suds et des Nords, il contribue partout à déboulonner le vieil eurocentrisme et les illusions du progrès.
Un classique fondateur des pensées décoloniales

Enrique Dussel (1934-2023) est un philosophe, théologien et historien argentin, naturalisé mexicain. Auteur de 50 livres, traduits dans plus de six langues, il est l’un des penseurs latino-américains les plus prestigieux et les plus influents. Son œuvre monumentale, à la fois éthique, politique et esthétique, constitue le fondement d’une pratique de libération et a inspiré le mouvement décolonial.

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vendredi 17 avril 2026

Fabienne Baghdassarian (dir.) : Mythes religieux et philosophie dans l'Antiquité

 Vrin - Avril 2026


L’émergence du discours philosophique, autour du VIe siècle av. J.-C., a fait naître la possibilité de porter un regard neuf sur les récits et les textes de la tradition poético-mythologique, davantage soucieux de pureté, de moralité et d’une forme nouvelle de rationalité. Le domaine théologique et religieux se présente comme un terrain d’enquête privilégié pour comprendre la manière dont la philosophie, dans l’Antiquité, a jugé et interprété les mythes, non pas seulement en raison de la place prééminente que les dieux y occupent, mais aussi en raison de leur source. Le discours mythologique se présente toujours comme un discours divinement inspiré, de même que la réflexion que la philosophie peut en élaborer semble toujours soulever la question de l’autorité des récits mythologiques et de l’origine divine à laquelle on peut être tenté de les faire remonter. En faisant le choix, dans ce volume, d’interroger le rapport de la philosophie au mythe à travers le prisme théologique et religieux, on espère donc pouvoir cerner de plus près, dans ses racines et ses principes constitutifs, le pouvoir d’inventivité conceptuelle et discursive du questionnement philosophique sur le mythe.

Ont participé à ce volume : C. Auvray-Assayas, F. Baghdassarian, L. Brisson, M. Broggiato, P. Destrée, J.-B. Gourinat, S. Husson, F. Jourdan, C. Merckel, K. A. Morgan, G. W. Most, J. Opsomer

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Natalie Depraz : Le cœur battant de l’ego. Husserl et la phénoménologie des émotions

 Vrin - Avril 2026


Objet d’un intérêt évident dans les sciences humaines et expérimentales, les émotions sont perçues comme résiduelles chez Husserl. Le dernier rationaliste du XXe siècle ne les aurait traitées qu’en les soumettant aux actes intellectuels ou aux valeurs.
Je montre ici comment les sentiments, en majeur le plaisir, et leur centre le cœur furent pour lui un compagnonnage constant. Traduire Gemüt par cœur, c’est dire que l’émotion n’est pas psychique mais corps viscéral. C’est là qu’il y aura débat avec Lipps, Geiger et Scheler.
La phénoménologie expérientielle des rythmes et des humeurs est portée par tant de situations et d’exemples, moins illustratifs qu’ouvreurs de conceptualisations. Des ramifications infinies y nomment des aspects inédits de nos variabilités émotionnelles : on découvre une micro-phénoménologie à l’état naissant.
De cette matière affective subtile, diffusive et ambivalente naît le concept qui axe la lecture de ces textes, l’antinomie. Elle est la tension créatrice de nouvelles émotions : Freudenschmerz, la joie douloureuse, Schauer der Seligkeit, le frisson de la félicité.

Natalie Depraz est philosophe, professeur de phénoménologie à l’Université Paris Nanterre et membre des Archives-Husserl (ENS, Paris).

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Anne Juranville : D'une sorcellerie l'autre. Magie et Raison

 Editions des crépuscules - Avril 2026


Le magique s'oppose-t-il au rationnel ? Le magique est d'abord un défi pour l'entendement. L'apport de la littérature et des sciences humaines (histoire, ethnologie, philosophie, psychanalyse) montre comment, sous les espèces d'un ailleurs, d'un débordement des limites, d'une autre scène, la magie perturbe l'ordre normal des choses. Cet invariant d'un hors-champ rassemble les diverses figures de «sorcières», ces marginales, ces indomptables, ces inclassables. Un tel statut hors-normes relève d'un impensable qui est de structure. Il se conjugue à l'étrangeté d'événements de corps vécus comme des jouissances et marqués d'ambivalence (magie noire, magie blanche).
Ce en quoi cet essai se distingue d'études féministes contemporaines qui se situent sur le plan sociologique, juridique pour faire de la figure de la sorcière une icône de la libération des femmes. Déplacer le propos consiste ici à mettre l'accent sur la féminité sorcière en tant qu'elle participe de la logique subversive d'un élargissement de la raison. Lequel a consisté depuis toujours à mettre en question le savoir des maîtres, aujourd'hui à ébranler les grands systèmes totalitaires, et notamment à troubler les velléités impérialistes du scientisme. Peser la part d'inaccessibilité de l'être qui s'insinue dans les interstices du monde participe d'un nouveau paradigme du féminin où se dit quelque chose des grandes mutations de notre époque.

Anne Juranville, agrégée de philosophie, a été professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l'Université de Nice. Elle a publié : La femme et la mélancolie, PUE, en 1993; Figures de la possession, Presses Universitaires de Grenoble, en 2001; La mélancolie et ses destins, InPress, en 2005; La psychanalyse à l'épreuve de l'art, Editions Universitaires Européennes, en 2017; Demain sera féminin? Indifférence et différence des sexes. Les contemporains favoris, en 2020.

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jeudi 16 avril 2026

Jeanne Etelain (dir.) : Ce que les féministes font à la métaphysique. Anthologie des nouveaux matérialismes

 PUF - Mai 2026


Au tournant du XXIe siècle, les nouveaux matérialismes ont émergé comme un courant métaphysique, interrogeant les frontières entre corps et norme, matière et pensée, nature et culture. Portés par des philosophes comme Karen Barad, Jane Bennett, Rosi Braidotti, Stacy Alaimo ou Elizabeth Grosz, ces travaux ont profondément renouvelé les débats féministes et philosophiques, en affirmant le rôle de la matière, du corps et de la nature dans la production des phénomènes sociaux.
En France, ces théories restent largement méconnues malgré leur ancrage dans des traditions intellectuelles françaises et les perspectives qu’elles ouvrent. Cette anthologie, pensée dans le contexte d'un renouvellement des études féministes et queer et d'une attention croissante à l'écologie, comble ce vide en réunissant des textes clés, traduits pour la première fois.

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Philippe Breton : Pour une théorie psychique de l'opinion. Pourquoi pense-t-on ce que l'on pense ?

 Erès - Mai 2026


La question qui est au cœur du livre est la suivante : comment nous formons-nous nos opinions ? Pourquoi partageons-nous telle ou telle valeur ou croyance ? Le recours à la psychanalyse, au croisement avec l’anthropologie de la parole et du débat, permet d’y répondre concrètement.
Philippe Breton propose une approche transversale en liant la psychanalyse et l'anthropologie de la parole pour éclairer la genèse de nos convictions. Un éclairage original qui dépasse le simple cadre de la sociologie politique pour explorer l'intime.
L'ouvrage analyse comment la capacité à débattre et à forger des avis "souples" agit comme un régulateur de nos pulsions archaïques. Une réflexion essentielle sur la fonction civilisatrice du dialogue dans une société sous tension.

Philippe Breton est lauréat de l’Institut de France (prix de l'Académie des sciences morales et politiques), psychanalyste, professeur émérite à l’université de Strasbourg et directeur de l’Observatoire de la vie politique en Alsace (ovipal.com). Il est par ailleurs administrateur national de la Croix-Rouge française.

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Philosophia scientiae 30/1, 2026 : Reconfigurations robotiques

 Kimé - Avril 2026


Les technologies dites intelligentes (robots, IA, systèmes automatisés) semblent s'imposer à nous de façon inexorable. Leur diffusion suscite une véritable effervescence collective nourrie de promesses, d'inquiétudes, de récits d'innovation ou d'asservissement, de scénarios eschatologiques... Dans ce contexte, il devient difficile de distinguer ce qui relève du réel ou de l'imaginaire. Ce numéro spécial aborde les effets de ces objets dans des mondes sociaux aussi divers que l'agriculture, l'industrie, la prospective militaire, le jeu de Go, la science-fiction ou encore le droit. En s'appuyant sur la notion de reconfiguration, il montre comment l'automatisation transforme en profondeur les pratiques professionnelles, les savoirs experts, les institutions, mais aussi comment elle s'articule avec des représentations et des mises en récit. Les contributions réunies dans ce dossier examinent les modalités d'existence des systèmes intelligents, les cultures épistémiques associées à leur conception, les bouleversements et les rapports nouveaux qu'ils provoquent, en se concentrant sur leurs dimensions matérielle, sociale et imaginaire. Elles dressent une cartographie des mutations en cours et soulève une question centrale : quelle société ces technologies sont-elles en train de construire ?

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Olivier Guerrier, Laurent Gerbier (dir.) : Parrêsia et civilité entre France et Italie (Renaissance-xviie siècle)

 Classiques Garnier - Avril 2026


Cette enquête, pluridisciplinaire, met la parrêsia, héritée de l'Antiquité, à l'épreuve de la « civilité », qui s'épanouit entre Italie et France dans une période qui va du Quattrocento à la fin de l'âge classique. On y repère ce qui dans les textes étudiés peut relever de la première, que le terme soit présent ou alors qu'on en rencontre un avatar dans les langues considérées, ce pour caractériser une attitude et une parole qui ne font pas forcément bon ménage avec les formes de sociabilité en vigueur. Entre Italie et France, dans la cité, les cours puis les salons, les modes « parrêsiastiques » peuvent en effet figurer comme des résistances d'un type de lien social antérieur, qu'on tente parfois de fondre au sein de la logique nouvelle.

Olivier Guerrier est professeur en langue et littérature françaises à l'université Toulouse - Jean-Jaurès, membre de l'Institut universitaire de France et ancien président de la Société internationale des amis de Montaigne. Il est notamment spécialiste des rapports entre littérature et savoirs à la Renaissance, de Montaigne, La Boétie et de la réception de Plutarque dans l'humanisme.
Laurent Gerbier est maître de conférences HDR en philosophie à l'université de Tours, directeur de l'InTRu (Interactions, transferts, ruptures dans l'art et la culture, EA 6301), président du comité éditorial des Presses universitaires François-Rabelais, codirecteur des Cahiers La Boétie et de la collection « Iconotextes ». Il a notamment publié Les Raisons de l'empire (Paris, 2016).

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mardi 14 avril 2026

Bertrand Quentin : Philosophie de la vieillesse

 Kimé - Avril 2026


Entre le cliché d’une vieillesse qui serait le pire à venir et celui d’une jeunesse qui serait le meilleur déjà vécu, la complexité de l’existence nous ouvre à bien d’autres questions que seule une philosophie définie comme polythéisme méthodologique peut explorer de manière nouvelle et iconoclaste : « La vieillesse existe-t-elle vraiment? », « À quoi sert un vieux? ». Bertrand Quentin se sert de cette méthode bien à lui pour regarder avec discernement notre vieillesse et ses épouvantails comme l’Alzheimer, la sexualité ou la dépendance, et toutes les au- tres conceptions biologisantes et statistiques dont la prétendue objectivité est fort discutable. Car elles laissent dans l’ombre la réflexion philosophique à mener à la lumière des grands auteurs et des références scientifiques précises: psychologues (Hillman), sociologues (Caradec, Rigaux), philosophes (Platon, Aristote, Cicéron, Montaigne, Hegel, Beauvoir) etc. Au fil des pages, chaque penseur est analysé avec clarté dans la profon- deur de son époque et vient ajouter une facette nouvelle à no- tre réflexion. Il s’avère en définitive que la manière dont nous voyons la vieillesse, dont nous la produisons, révèle qui nous sommes et ce que nous devenons.

Bertrand Quentin est agrégé et docteur en philosophie. Maître de conférences HDR à l’université Gustave Eiffel (Marne-la-Vallée). Il est responsable du Master 1 de philosophie, parcours « éthique mé- dicale et hospitalière appliquée ». Il a publié des ouvrages dans le domaine éthique, récompensés par plusieurs prix.

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Daniel Horowitz : La fidélité au réel. Mémoire, vérité et responsabilité morale

FYP éditions - Avril 2026


Dans une époque prompte à recouvrir les faits de rhétorique morale, à substituer aux réalités des récits plus confortables, Daniel Horowitz choisit une autre voie : celle de la fidélité au réel. Né dans la communauté juive ashkénaze d'Anvers, autodidacte, polyglotte, mélomane, il a conduit une longue carrière professionnelle avant d'émigrer en Israël. La fidélité au réel est le fruit d'une réflexion forgée tout au long d'une vie, au croisement de l'histoire juive, de la culture européenne et de la morale contemporaine.
Il l'écrit avec l'urgence de celui qui sait que le temps n'attend pas. Ce livre n'est pas un réquisitoire. C'est une exigence. Une exigence de regard, de mémoire, de transmission. Il traverse les points les plus sensibles de notre temps : l'antisémitisme sous de nouveaux visages, la faillite morale d'une partie des élites occidentales, la solitude d'Israël face au monde, le délitement culturel et spirituel de l'Occident.
Mais Horowitz ne traite pas ces questions comme des sujets séparés — il les relie, parce qu'elles disent au fond une seule et même vérité : lorsqu'une civilisation s'installe dans le mensonge, elle commence à se défaire. Pour éclairer sa réflexion, il convoque une galerie de penseurs d'une rare richesse : Maïmonide, Spinoza, Marcel Proust, Albert Camus, Georges Steiner, Georges Bensoussan... Autant de témoins d'une exigence commune : la mémoire fidèle au réel est toujours vulnérable, toujours dérangeante.
Elle refuse les absolutions commodes, contredit les récits établis, oblige à regarder en face ce que l'on préférerait taire. La mémoire n'est pas un refuge. C'est une responsabilité. Et c'est peut-être là, face à la barbarie, que tout se joue : dans cette fidélité obstinée au réel qui conduit, lucidement, à choisir la vie.

Daniel Horowitz est essayiste et enseignant en philosophie morale. Il développe depuis vingt ans une réflexion originale sur la vérité, la responsabilité et le rapport au réel. Sa prose claire et précise s’inscrit dans la tradition française de la pensée critique.

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Nacéra Benseddik (dir.) : Saint Augustin. Identité africaine et ouverture à l’universel

 Cerf - Mars 2026


Qui était vraiment saint Augustin ? Dans quelle Afrique sa pensée a-t-elle pris forme ?
Trop souvent rapporté à l’Europe latine et occidentale, Augustin fut un ls de l’Afrique du Nord, façonné par une terre chrétienne d’une grande ferveur et d’une richesse intellectuelle unique.
Avant Milan et l’illustre conversion, il y eut Thagaste, Carthage, Hippone : les véritables berceaux de son génie.
Historiens et théologiens, algériens et français, croisent ici leurs regards pour mettre en lumière l’influence décisive de cette Afrique chrétienne sur l’itinéraire spirituel et théologique d’Augustin. Mgr Henri Tessier (†) montre ainsi comment le futur docteur de l’Église découvrit très tôt, sur sa terre natale, la portée universelle des grandes questions humaines et philosophiques.
D’autres contributions suivent pas à pas le chemin d’Augustin, de son enfance à Thagaste jusqu’à Hippone, et soulignent ainsi l’actualité brûlante de son message spirituel.
Se dessine ici un visage inattendu d’Augustin, enraciné et ouvert au monde, qui nous rappelle avec force que le message chrétien déborde les frontières, traverse les cultures et irrigue les nations.
Un portrait puissant qui restitue à Augustin sa terre, sa force et sa dimension universelle.

Historienne de l’Antiquité, épigraphiste et archéologue, docteur d’État en histoire ancienne (Paris 4-Sorbonne, 1995), Nacéra Benseddik a été chargée de recherche à la Direction des musées t de l’archéologie au ministère de l’Information et de la Culture Algérie), professeur à l’École des beaux-arts d’Alger, puis rofesseur à l’École supérieure de conservation et de restauration.

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