vendredi 13 mars 2026

Claude Llena : Lao-Tseu & la vie vie harmonieuse

Le Passager Clandestin - Mars 2026


"Point de plus grand malheur que d'être insatiable." Figure légendaire de la Chine antique, Lao-tseu, sorte d'anarchiste mystique, est l'auteur présumé du Tao tö king, ou Livre de la Voie et de la vertu, un recueil d'aphorismes fondateur du taoïsme. Ce courant phitosophico-religieux, prolongé par un ensemble de pratiques physiques (tai chi chuan, qi gong...), invite à une vie simple, ancrée dans l'harmonie naturelle. A rebours du conservatisme social prôné par Confucius et à mille lieues de l'idéologie de la toute-puissance de ta volonté individuelle, le taoïsme valorise le retrait, le non-agir, la modestie. Avec une plume volontiers sarcastique, ses penseurs fustigent les prétentions des puissants et la vanité des normes sociales. Fin connaisseur de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, Claude Llena montre combien Lao-tseu, Tchouang-tseu et d'autres maîtres du Tao peuvent nous guider à travers une voie émancipatrice et de reconnexion avec le vivant. Précurseur.ses de la décroissance, une collection dirigée par François Jarrige & Hélène Tordjman. Une approche pédagogique de l'oeuvre de Lao-Tseu rédigée par un spécialiste : - Une première partie pour comprendre son parcours et sa pensée ; - Une seconde partie pour découvrir des extraits de ses écrits.

Claude Llena est professeur certifié de sciences économiques et sociales et objecteur de croissance. Il a enseigné en Chine de 2012 à 2015 et a publié un ouvrage intitulé La Chine vue d'en bas (Un jour une nuit, 2015). Il est l'auteur de nombreux essais - le dernier s'intitule D'un exil à l'autre (Un jour une nuit, 2024).

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Olivier D'Jeranian : Tout arrive par le destin. Etude sur le fatalisme stoïcien

 Les Belles Lettres - Mars 2026


« Tout arrive par le destin », telle est la formule à laquelle on résumait dans l’Antiquité la doctrine fataliste stoïcienne, pour la défendre ou la combattre. Considérée comme une forme originale de déterminisme providentialiste, cette doctrine développée par Zénon et défendue par Chrysippe s’inscrivait à la croisée de l’histoire des idées, faisant le lien entre la controverse aristotélico-mégarique sur les futurs contingents et les futures théories du libre-arbitre. Loin d’être une fatalité tragique inaccessible à la raison humaine, le destin stoïcien n’est pas celui de la superstition, il est l’ordre rationnel du monde. Expression causale de la volonté divine, il se déploie implacablement dans un monde où toute chose est « en sympathie » avec toute autre et où chaque événement s’inscrit dans une série inflexible de causes à laquelle il faut s’accorder pour être libre et heureux.
À partir des témoignages anciens, de Zénon à Marc Aurèle en passant par les détracteurs du Portique, ce livre reconstitue la doctrine stoïcienne du destin en quatre temps. En premier lieu, en identifiant ses principes physiques et théologiques, et en insistant sur l’originalité de son approche étiologique. Ensuite, en reconstituant les preuves du tout-destin stoïcien : causalité, logique des futurs et divination. Troisièmement, en examinant les théories modales conçues par les stoïciens contre les mégariques pour faire droit aux possibilités contrefactuelles, jusqu’à leur articulation avec la doctrine providentialiste de l’éternel retour. Enfin, en exposant les stratégies dialectiques développées par Chrysippe dans ses traités Sur le destin et Sur la providence contre ses adversaires pour faire droit à l’agir contre la paresse, et pour rendre compatibles le déterminisme et la responsabilité humaine sans passer par une métaphysique de la liberté.

Olivier D’Jeranian est docteur et agrégé de philosophie. Chercheur associé à l’équipe Gramata (SPHERE, UMR 7219), il enseigne à l’université et a notamment publié L’apprentissage de la responsabilité. Essai sur le stoïcisme d’Épictète (2023) ainsi que de nombreux articles sur le stoïcisme antique.

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Elsa Deck Marsault : La violence en spectacle. Féminisme, Etat punitif et figure de la victime

 La fabrique - Mars 2026


Dans cet essai incisif, Elsa Deck-Marsault retrace la généalogie d’un féminisme toujours plus punitif et carcéral. L’autrice de "Faire justice" montre comment la politisation radicale des années 1960 a été reformulée en un discours sur la protection des femmes – un discours ancré dans la victimisation et, en fin de compte, adressé à un État répressif. Depuis #MeToo, l’« éveil » des consciences tant célébré a également masqué une individualisation et une dépolitisation croissantes de la violence. S’appuyant sur son expérience de la justice transformatrice, Elsa Deck-Marsault propose une autre voie : celle qui conçoit la violence et la réparation comme des processus collectifs, résistant à la domestication sécuritaire et victimaire de la lutte féministe. "La violence en spectacle" appelle à une réappropriation douloureuse mais vitale de l’ambivalence et du conflit – matières premières de toute relation, qu’elle soit intime ou collective.

Elsa Deck Marsault a cofondé Fracas, collectif queer et féministe d’entraide militante à la prise en charge des conflits et des violences en milieu intracommunautaire. Elle est l’autrice de "Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes" (La fabrique, 2023).

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Michel Jullien : Le format d’un livre

 Verdier - Mars 2026


Le format d’un livre, ce sont ses dimensions bien sûr, mais davantage. C’est l’expérience d’un dehors et d’un dedans, celle d’une approche, d’un rapport physique avec l’objet, c’est un ensemble de sensations tactiles, visuelles, olfactives même. Chacun d’entre eux est une « géographie » que nous abordons quel que soit son contenu. À chaque ouvrage une hospitalité, une mouture typographique, un papier, un caractère d’imprimerie ; à chacun un tempérament.
Pour être entrés dans notre existence, ces bouquins sont nos jalons. Nous avons versé dedans une part de notre temps, un peu de notre vie y est désormais enfermée, capable de renaître.

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jeudi 12 mars 2026

Sophie Cras : L'oeil capitaliste/ Musées, commerce et colonisation

 Flammarion - Mars 2026


À la fin du XIXᵉ siècle, une forme de musée apparaît et connaît un grand succès en Europe comme sur tous les continents : le musée commercial. Cette institution accompagne la mondialisation du commerce et les entreprises coloniales. Les immenses collections accumulées dans ces musées ne relèvent pas de la contemplation, mais de l'intelligence économique et de la marchandisation du monde. Ils sont ensuite tombés complètement dans l'oubli : leurs collections ont été enfouies, voire détruites, leurs bâtiments ont pu être reconvertis. Les redécouvrir, c'est saisir le musée comme un instrument de politique commerciale, et relire l'histoire du capitalisme et de la colonisation comme une histoire du regard.

Historienne de l'art contemporain européen et nord-américain, Sophie Cras enseigne à l'université Paris I. Ses travaux portent sur les rapports entre art contemporain et capitalisme et interrogent les racines coloniales des pratiques muséales. Elle est l'autrice (avec Charlotte Guichard) de Vendre son art de la Renaissance à nos jours, Seuil, 2025.

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Peter Sloterdijk : Le livre de l'Europe. Quelques marque-pages

 Payot - Mars 2026


Elle qui avait colonisé "le reste du monde", voilà que l’Europe ne serait plus aujourd’hui qu’un "reste". Les Européens eux-mêmes peineraient à savoir d’où ils viennent et où ils vont. Mais existe-t-il une identité européenne ?
Au printemps 2024, Peter Sloterdijk a donné au Collège de France sept leçons passionnantes sur ce "continent sans qualités", fournissant des repères peu connus à notre histoire et dessinant les pages de notre avenir. Car la véritable Europe n’a pas disparu, elle se trouve partout où les passions créatrices ont pris le pas sur le ressentiment.

Peter Sloterdijk est considéré comme l’une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Il est notamment l’auteur de la trilogie Sphères» (Bulles», Écumes» et Globes»), de Règle pour le parc humain», de Colère et temps», et de Tu dois changer ta vie !»

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Etienne Klein, Gerald Bronner (dir.) : Science et société. Alliance ou défiance ?

 Documentation française - Mars 2026 - Cahiers français


La science occupe une place centrale dans nos sociétés contemporaines. Elle est à la fois source de progrès techniques, de croissance économique et d’améliorations concrètes de la vie quotidienne, elle soulève également un certain nombre de questionnements, de controverses et devient à certaines occasions, un objet de défiance. Du développement de la médecine à l’essor de l’intelligence artificielle, des politiques de recherche publiques aux débats sur le climat, la science ne se déploie jamais hors du champ social : elle est inséparable des enjeux politiques, économiques, culturels et éthiques de son temps. Ce numéro de Cahiers français se propose d’explorer les multiples facettes de ce lien entre science et société à travers diverses thématiques croisant les approches politiques, historiques, sociologiques, économiques et éthiques.

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Jean-François Pradeau : Philosopher sans viande. L’abstinence de la chair selon les philosophes anciens

 PUF - Mars 2026


Depuis Pythagore, au VIe s. av. J.-C., jusqu’aux derniers penseurs païens de l’Antiquité tardive, aux Ve et VIe s. apr. J.-C., la tradition philosophique qui se réclamait de Pythagore et de Platon a défendu « l’abstinence de la consommation de la chair », c’est-à-dire l’interdiction de tuer des animaux et de les manger. Les raisons de cet interdit étaient multiples : ces philosophes tenaient l’âme pour immortelle, et l’animal dévoré pouvait avoir en lui l’âme d’un défunt humain, et peut-être même d’un parent ; les animaux, parce qu’ils sont des vivants comme nous, sont des êtres animés envers lesquels nous avons une obligation de justice et de bienveillance ; notre hygiène de vie, enfin, gagne considérablement à s’abstenir de la viande, qui est une nourriture souvent malsaine dont nous pouvons nous passer. La seule et véritable raison qui pousse les hommes à tuer et dévorer d’autres vivants tient à un dérèglement moral et au plaisir maladif que nous prenons au « carnage » du vivant. Pour mettre fin à ce dérèglement, Platon et les platoniciens de l’Antiquité vont prescrire un remède, l’abstinence de la chair, qui n’était rien d’autre pour eux que la philosophie elle-même.

Jean-François Pradeau. Professeur de philosophie antique à l’université de Lyon, il dirige la revue Études platoniciennes ; il a traduit et commenté plusieurs dialogues de Platon. Il a notamment publié, aux Puf, Platon et la cité (2010) ; sous sa direction, Philosophie antique (2010) ; et avec Luc Brisson, Les Lois de Platon (2007). En 2019, il a traduit et présenté d’Aristote la Métaphysique, Livre Alpha (2019), Bêta (2021), Gamma (2022) et Delta (2023).

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Daniel Horowitz : Leibowitz ou l’absence de Dieu (rééd.)

 L'harmattan - Mars 2026


Yeshayahou Leibowitz (1903–1994) fut à la fois savant, théologien, polémiste et moraliste. Chimiste de formation, lecteur de Maïmonide et de Kant, il incarna la rigueur du rationalisme juif face aux illusions modernes ― politiques, mystiques ou messianiques.
Pour lui, la science décrit, la foi prescrit : la Torah n’enseigne pas la morale, elle ordonne le service de Dieu ; l’État d’Israël n’est pas une valeur, mais un fait à juger selon la Loi éthique.
Derrière la provocation, une exigence unique : préserver la pureté du monothéisme contre toute forme d’idolâtrie ― religieuse, nationale ou métaphysique.
Cet ouvrage retrace l’ensemble de sa pensée : la séparation du savoir et du vouloir, la foi sans théodicée, la critique du nationalisme religieux, la tension entre science et Halakha, entre lucidité et fidélité.
À travers cette œuvre intransigeante se dessine le portrait d’un croyant sans illusion et d’un rationaliste habité par le mystère. Leibowitz demeure l’un des rares penseurs du XXe siècle à avoir fait de la raison un acte de foi, et de la foi un exercice de lucidité.

Daniel Horowitz est né en Suisse, où ses parents s’étaient réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale pour fuir l’occupation de la Belgique. De retour à Anvers, il grandit au sein de la communauté juive. À quinze ans, il quitte l’école pour entrer dans le monde du travail et fait carrière dans l’industrie diamantaire. Passé la soixantaine, cet intellectuel autodidacte émigré en Israël se consacre désormais à l’écriture. Mélomane, amateur de littérature, de philosophie et de ski alpin, multilingue, il revendique une identité juive athée. Son double ancrage, européen et israélien, nourrit une réflexion polymorphe sur l’histoire, la technologie, la musique, le judaïsme, la modernité, la démocratie, la sexualité, la mémoire, la transmission.

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Boubacar Camara : Jürgen Habermas. Le philosophe de la publicité

 L'Harmattan - Mars 2026


Dans cet ouvrage rigoureux et accessible, Boubacar Camara propose une lecture approfondie de la pensée de Jürgen Habermas à partir d’un concept central : la publicité, entendue comme usage public de la raison. Héritier de l’École de Francfort, Habermas rompt avec une philosophie repliée sur elle-même pour inscrire la réflexion philosophique au cœur des enjeux sociaux, politiques et juridiques des démocraties modernes.
L’auteur montre comment le paradigme de l’agir communicationnel fonde une conception délibérative de la démocratie, dans laquelle la légitimité des normes repose sur la discussion, l’argumentation et le consentement des citoyens. La publicité devient alors un principe structurant de l’État de droit, garantissant la transparence, la rationalité et la participation citoyenne.
À travers l’analyse de l’éthique de la discussion, du principe d’universalisation et des vertus de la raison discursive, l’ouvrage met en lumière la capacité de la communication à consolider le lien civique, tout en en examinant lucidement les limites face aux conflits, aux rapports de force et aux exigences du politique. Ce livre offre ainsi une contribution essentielle à la compréhension contemporaine de la démocratie, de la citoyenneté et du vivre-ensemble.

Boubacar Camara est docteur en philosophie. Il est l’auteur de L’identité en questions. Réflexions autour d’un concept multiréférentiel (L’Harmattan, 2019). Ses recherches portent aussi sur les questions classiques et contemporaines de la philosophie morale et politique. En plus de ces deux spécialités, la philosophie sociale fait également partie de ses domaines de recherche.

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Anne Kupiec, Martine Leibovici & Philippe Chanial (dir.) : Miguel Abensour, l'intempestif

 Sens & Tonka - Mars 2026


Miguel Abensour (1939-2017) pensait la politique à contretemps d’un présent qui ne semble être que la continuation d’une même catastrophe, mais pour l’interroger aussi du point de vue des percées utopiques qu’il recèle. Son œuvre a su embrasser, avec une profonde originalité, diverses disciplines : philosophie, sociologie, anthropologie, sciences politiques, études littéraires, etc. Le colloque international qui s’est tenu en octobre 2024 à l’université Paris Cité a réuni des chercheurs, et des collègues ayant eu l’occasion de travailler avec lui, autour de la question des filiations et de l’héritage dont, avec Abensour, on peut se prévaloir aujourd’hui. Est-ce le champ critique qui, de Marx à la Théorie critique, fut travaillé par lui en tant qu’auteur, professeur et éditeur ? Est-ce celui de l’utopie qu’il ne cessa de parcourir, de Robert Owen à William Morris, de Pierre Leroux à Emmanuel Levinas ? Du champ politique, qu’il sillonna de la Révolution française au XXIe siècle, de Hannah Arendt à Claude Lefort ? Mais aussi, quelle est la place des livres et, singulièrement, de la littérature dans son œuvre ?

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Horace : Ainsi parlait Horace. Dits et maximes de vie

 Arfuyen - Mars 2026


« Le temps viendra, écrivait Nietzsche, où l’on se servira de Montaigne et d’Horace comme de précurseurs et de guides sur la voie qui mène à la compréhension du sage et du médiateur le plus simple et impérissable de tous, Socrate. » Et Montaigne lui-même, lorsqu’il met le point final à ses monumentaux Essais, ne laisse le dernier mot à nul autre qu’Horace.

Horace était fils d’un esclave affranchi et, loin de s’en cacher, mettait un point d’honneur à le revendiquer. Il ne cache pas non plus qu’il avait d’abord pris les armes pour le républicain Brutus contre celui qui allait devenir l’empereur Auguste. Lorsque ce dernier propose à Horace de devenir son secrétaire particulier, il refuse. Horace n’a décidément pas l’esprit courtisan. À la Rome impériale, il préfère sa campagne de Tibur et s’y réfugie autant que possible. Sa seule religion est l’amitié, et en premier lieu celle de Virgile (« la moitié de mon âme ») et celle de Mécène. La mort subite de Virgile a toujours semblé suspecte. De même, celle d’Horace, 59 jours après celle de Mécène, son puissant protecteur auprès du tyrannique Auguste.

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Andrea Bellantone, Denise Vincenti (dir.) : Le thème de la grâce dans le spiritualisme français

  PU Institut Catholique de Toulouse - Mars 2026


Les différentes contributions recueillies dans cet ouvrage visent à recenser les usages de la notion de grâce dans le la philosophie française (de Biran à Jankélévitch, en passant par Bergson, Ravaisson, Jousse et Lavelle). L’ensemble de ce travail propose, à travers les résonances entre les différents textes, une première vision globale de l’importance de ce thème à partir du spiritualisme français. La notion de grâce y assume une signification métaphysique, à partir de laquelle le spiritualisme suggère une certaine reconfiguration de la question et de la réponse au problème de l’être en tant que tel.

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Ivan Balansard : Expérimentation animale. En finir...ou pas ?

 EDP Sciences - Mars 2026


Et si le débat sur l’expérimentation animale était bien plus nuancé qu’il n’y paraît ?Au-delà des images chocs et des débats polarisés, ce livre explore deux questions clé : Est-il possible aujourd’hui de se passer entièrement des animaux pour comprendre, prévenir et soigner les maladies ? Entre progrès scientifique et éthique : peut-on concilier bien-être animal et recherche médicale ?Ce livre invite à dépasser les idées reçues pour considérer ces questions avec lucidité. En racontant l’histoire de l’expérimentation animale jusqu’aux découvertes médicales les plus récentes, en dévoilant le cadre légal, les contrôles, les comités d’éthique et le principe des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner), l’auteur montre ce qui se fait réellement dans les laboratoires ― et ce qui change. Il présente ainsi les alternatives qui se développent : organoïdes, jumeaux numériques, organes sur puce…S’appuyant sur des données solides, des exemples concrets et des témoignages de terrain, cet ouvrage propose une analyse factuelle, accessible et rigoureuse sur ce sujet sensible : une invitation à comprendre, à questionner et à se forger une opinion éclairée ― que l’on soit citoyen, étudiant, professionnel de santé, chercheur ou engagé dans la cause animale.

Docteur en médecine vétérinaire et docteur en pharmacie, Ivan Balansard est le vétérinaire référent du bureau éthique et modèles animaux au CNRS. Il est membre de la commission nationale de protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (CNEA) et préside le Gircor.

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Joëlle Zask : Donner à manger. Politique d'un geste ordinaire

 Premier parallèle - Mars 2026


" Donner à manger " : ce geste omniprésent et simple en apparence engage notre responsabilité la plus fondamentale, celle de maintenir
l'autre en vie et de lui permettre de mener cette vie dignement. Simone Weil parlait d'une " obligation éternelle " ; avant la justice ou le respect, il y a le pain de l'autre. Pourtant, l'humanité est malade de son alimentation. Famine, malnutrition, obésité, nourriture dégradée : des millions de personnes meurent chaque année de ce qu'ils ne mangent pas, ou de ce qu'ils mangent trop.
Dans cet essai qui conjugue philosophie et enquête sur nos modes de vie, Joëlle Zask observe l'environnement moral et matériel de situations concrètes, du biberon à la distribution alimentaire en passant par les cantines scolaires et les lieux de soin pour personnes dépendantes, mais aussi les modes de production agricole. Elle se demande comment nourrir sans empoisonner, aider sans asservir, concilier nécessité et liberté. Car trouver la bonne manière de nourrir autrui, avance-t-elle, c'est s'orienter vers une société à la fois plus juste et plus démocratique.

Joëlle Zask enseigne au département de philosophie de l'université Aix-Marseille et est membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de John Dewey, elle s'intéresse aux conditions d'une culture démocratique partagée. Ses réflexions l'amènent à plonger dans des domaines aussi différents que ceux de l'éducation, l'agriculture, l'économie, l'art, les politiques publiques et bien sûr l'écologie. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages, dont La Démocratie aux champs (La Découverte, 2016) et, aux éditions Premier Parallèle, Quand la forêt brûle (Prix Pétrarque 2020, 2019, réédition poche 2022), Se tenir quelque part sur la Terre (2023) et Admirer (2024).

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Revue des Sciences Humaines, n° 361/janvier-mars 2026 : Lectures du contemporain. Objets, théories, méthodes

 PU Septentrion - Mars 2026


Sous la direction de Estelle Mouton-Rovira , Morgane Kieffer, Frédéric Martin-Achard et Elisa Bricco, le numéro 361 de la RSH rassemble des contributions portant sur les enjeux actuels de la littérature contemporaine française et francophone. Il interroge les reconfigurations de la discipline, du côté de la création comme de la réception, dans une perspective interdisciplinaire et souvent intermédiale. Les renouvellements critiques et théoriques des études littéraires sont au cœur du numéro : l’extension des corpus littéraires, y compris hors du livre, suscite de nouvelles pratiques et méthodes critiques, qui modulent en retour les lignes de force de la création littéraire actuelle.

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David Graeber : Il n'y a jamais eu d'Occident. Les essais inédits d'un penseur aussi brillant que radical

 Les liens qui libèrent - Mars 2026


Et si l’Occident était une simple parenthèse de l’histoire de l’humanité ? Dans une ère de bouleversements majeurs et de désespoir généralisé, les essais lucides et éclairés de David Graeber sont une lecture indispensable.
Tirés de plus de deux décennies de travaux révolutionnaires, ces dix-huit écrits et entretiens inédits constituent une histoire de ses relations sociales : un parcours à travers ses amitiés, ses adversaires et ses partenaires de conversation. De son dialogue avec Samuel Huntington sur l’origine non occidentale de la démocratie à sa conception du care, en passant par son rapport au jeu et à la création, sans oublier son regard acéré sur le genre, la violence ou encore l’anarchie, l’inventeur du concept de « bullshit jobs » nous rappelle l’incroyable intemporalité de son oeuvre. Une introduction foisonnante pour comprendre la pensée très contemporaine de l’un des plus grands penseurs du xxie siècle.

David Graeber (1961 – 2020) était docteur en anthropologie, économiste, et professeur à la London University. Il a été l’un des leaders du mouvement Occupy Wall Street. Il est notamment l’auteur de l’impressionnant Dette : 5 000 ans d’histoire, paru en France aux éditions Les Liens qui libèrent (2013 ; Babel n°1385), de Bureaucratie (Les Liens qui libèrent 2015, Babel n°1459) qui a reçu le prix Books du meilleur essai étranger 2016, et de Bullshit Jobs (Les Liens qui Libèrent 2018).

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Jacques Nassif : L'acte analytique aujourd'hui après Lacan

 Editions des Crépuscules - Mars 2026


L’ouvrage de Jacques Nassif nous invite à revenir à la geste freudienne et aux fondements qu’elle offre à la psychanalyse, en tant qu’elle consiste précisément à écouter le symptôme pour ce qu’il a à dire et essayer de le traduire. Il ne s’agit pas d’une traduction d’une langue connue à une autre, mais plutôt de la tentative, à jamais imparfaite, de saisir quelque chose de cette langue inconnue qu’est l’inconscient, pour la faire passer en une parole qui n’existe pas encore. Le psychanalyste n’est donc pas seulement le sujet supposé savoir, amenant à une inévitable déception, mais un compagnon de route qui travaille de conserve avec l’analysant pour qu’il puisse élaborer le vif de sa parole, revenir à la vie originale et non répétitive de la création subjective qui s’y essaye. Aussi et pour ce faire, convient-il de tirer les leçons des aînés, sans se laisser contraindre à répéter des leçons, une éthique bien apprise pouvant éviter de transformer la psychanalyse en un nouveau protocole, en une médecine parallèle que cette dernière, officielle celle-là, aura bien raison de condamner comme une escroquerie. Ce qu’écrit Jacques Nassif du psychanalyste me fait penser à une nouvelle figure de l’écrivain que je baptiserais : l’écrivain privé , non pas celui qui écrit les missives ou les documents à la place du commanditaire, mais qui tente de l’aider à tracer les lignes de sa parole. La place de cet écrivain est malaisée, car il doit tenter autant que possible de ne pas déformer ou écraser de sa présence ce qui se laisse entendre sur son divan. Il n’y a certes pas lieu de traduire dans une langue, qui serait le discours officiel de la psychanalyse, les plaintes, les cris ou les murmures de l’analysant qui ne se verrait pas bien avancé, se retrouvant réduit à ne plus être qu’une simple illustration du dogme.

Jacques Nassif est psychanalyste à Paris depuis 1975 et à Barcelone depuis 1995 ; il est aussi traducteur. Ses livres, depuis le premier, paru en 1977, jusqu'à l'actuel, qui le commémore, tentent de donner à la psychanalyse le fondement qui lui serait propre, ni scientifique ni charismatique.

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