vendredi 31 juillet 2026

Marie-Claude Thomas : Genèses de l'autisme III - Question, études

 EPEL - Avril 2026


« Au seuil du langage » ou « extérieur au langage », dit-on dans certains lieux psy à propos de l’autisme. Clé de la construction depuis Leo Kanner d’une nouvelle figure de la folie, cette certitude inquestionnée fonde du même geste un savoir et un pouvoir inédits dans l’économie biopolitique, ceux de la « fonction psy » (Michel Foucault). L’auteure se tient en deçà de cette doxa, avec une question urgente et décisive : à cet Autistic Psychopathy, au tableau clinique, la psychanalyse doit-elle contribuer ?
Les études ici réunies problématisent la question de l’autisme et des langues, préliminaire à un traitement de l’« autisme » dans le champ freudien ; et, par conjecture, situent le « phénomène autisme » : contemporain d’une scientifisation du langage (structuralisme), de la psychologie (behaviorisme) et des débuts de l’informatique, de la prévalence de la communication sur la parole.
L’« autisme » est alors conçu comme un des symptômes de ces mutations ou cassures civilisationnelles. Dégagé du diagnostic neuro-psychopathologique et des traitements protocolaires associés, l’enfant dit autiste, ses parents, pourront être entendus autrement.

Marie-Claude Thomas, psychanalyste, membre de l’école lacanienne de psychanalyse.Auteure de Genèses de l’autisme, Freud, Bleuler, Kanner (Epel, 2014) ; Genèses de l’autisme II, Georg Frankl, Hans Asperger (Epel, 2024).

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Christian Limousin : Éclats de Bataille

 Classiques Garnier - Juillet 2026


Georges Bataille a fait voler en éclats les façons de penser de son siècle et du nôtre. Christian Limousin en a été bouleversé. Avec constance, avec une « parfaite fidélité », selon l'hommage que lui rend Michel Surya dans l'introduction de cet ouvrage, il s'est attaché à faire connaître l'homme, la façon dont il a traversé et bousculé les domaines de la connaissance cloisonnés jusque-là, ses liens à d'autres grandes figures de son époque, sa fascination pour les commencements de l'humanité, pour l'art. Il réussit à faire entendre sa voix, la violence de ses fantasmes, des échos de son célèbre rire. Les articles et conférences réunis ici témoignent de ce travail interrompu seulement par la mort. Quelques éclats... comme des lueurs dans un ciel noir.

Christian Limousin (1948-2023), poète, critique d'art et bibliophile, fut cofondateur de la revue Gramma (1974). Il consacra sa thèse à Georges Bataille, figure centrale de ses recherches. En 2012, il organisa à Vézelay le cinquantenaire de sa mort. Il donna de nombreuses conférences, co-dirigea l'ouvrage « La part maudite » de Georges Bataille : la dépense et l'excès (Paris, 2015) et collabora aux Cahiers Bataille.

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Revue du MAUSS n° 67 : Penser la démocratie. Avec et contre Lefort

 Le bord de l'eau - Juin 2026


L’idéal démocratique vit-il ses dernières heures ? N’est-il qu’un vieux rêve, qui ne tient jamais ses promesses et qu’il vaudrait mieux abandonner une fois pour toutes ? Nos sociétés peuvent-elles encore espérer échapper à la domination et à l’exploitation ? Ces questions sont aussi vieilles que la démocratie elle-même, mais elles revêtent aujourd’hui une acuité toute particulière.
Après-guerre, en France, ce sont les deux fondateurs du groupe Socialisme ou barbarie (dont le MAUSS peut être vu comme un héritier), Cornelius Castoriadis et Claude Lefort, qui les ont posées avec le plus de force. Après Hannah Arendt, Lefort est celui qui aura le mieux saisi la dialectique, la réversibilité possible de la démocratie et du totalitarisme.
Il faut donc en revenir à cette pensée, aujourd’hui où les mouvements antidémocratiques fleurissent partout. Or, on le verra, si elle nous éclaire toujours, elle nous laisse aussi trop démunis pour penser notre monde. En figurant le pouvoir démocratique comme un « lieu vide », Lefort a su en saisir quelque chose d’essentiel mais aussi de singulièrement problématique. En effet, une société sans détermination, sans visée et sans incarnation, peinera toujours à mobiliser les peuples qu’elle est censée représenter. Et c’est pourquoi elle peut si facilement céder sous les coups de boutoir d’un capitalisme de plus en plus brutal et prédateur, qui n’en garde que les formes les plus superficielles, pour progressivement les détruire.
Malgré cela, il y a dans l’élan démocratique quelque chose de singulièrement puissant, qui tient au lien social même, et qui continue de résister à l’autoritarisme ambiant. Un lien social tissé par des myriades de relations de don enchevêtrées. Voilà pourquoi il nous faut penser à nouveaux frais la démocratie, dans le cadre du paradigme du don, avec et contre Lefort.

ALAIN CAILLE & AHMET INSEL : Présentation

Introduction : Penser les crises de la démocratie avec Lefort

SYLVAIN PASQUIER ET STEPHANE VIBERT : Introduction
ROBIN FREYMOND : Genèse et jeunesse de Claude Lefort

Lefort, notre contemporain ?

FEDERICO TARRAGONI : Lefort, la crise de la démocratie et le populisme
ANDREA LANZA : Claude Lefort face à l’écroulement de son vieux monde
SYLVAIN PASQUIER : La globalisation, point aveugle de la pensée de Lefort
@ DAVID LEDENT : Éducation et démocratie : la conception anti-utilitariste de Claude Lefort

Concepts et conceptions du politique

GILLES LABELLE : Retour sur quelques concepts lefortiens : totalitarisme, servitude volontaire, démocratie, idéologie invisible
CLAUDIA TERRA : Y a-t-il « deux corps du peuple » ? Paradoxes de la démocratie lefortienne face aux perspectives populistes
@ SAMUEL DE BROUWER : Complications lefortiennes : Libéralisme et démocratie sauvage
@ STEPHANE CORBIN : Altérité positive et Altérité négative : Claude Lefort, l’usurpation à l’ombre des révolutions manquées

Une ontologie du social

MATTIA DI PIERO : Qu’est-ce que la division originaire ? Ontologie politique et vérité dans l’institution du social chez Claude Lefort
STEPHANE VIBERT : Holisme du sens et « lieu vide » du pouvoir, ou le paradoxe de la normativité démocratique chez Claude Lefort
@ PHILIPPE CHANIAL : « Le souverain Invisible ». Indétermination démocratique, auto-institution et institution politique du social

Ricochets

DANIEL BOUGNOUX : Pour saluer Régis Debray
FRANÇOIS BORDES : La part de l’encre
EMMANUELLE GUATTARI : Autour du paradis

Varia

JEAN-MICHEL LANDRY : Sortir de soi. Atmosphère morale et éthique politique dans la banlieue sud de Beyrouth
@ GUILLAUME ETIENNE : Des dons en faveur d’un culte chrétien : dire sa place dans la sociabilité locale
STEPHANE CORBIN : Un autre Rousseau ? Les rêveries d’un promoteur identitaire
VINCENT RIGOULET : La crise du pouvoir de faire. Valeur vécue, compensation consumériste et logique du bouc émissaire
IRENE THERY : Le concept de civilité sexuelle
CHRISTIAN LAVAL : La guerre totale comme mode de gouvernement néofasciste
@ CHRISTOPHE PETIT : L’avènement de la société de prédation à l’ère de l’intelligence artificielle
ALAIN CAILLE & AHMET INSEL : L’idéal d’une République européenne. Un projet impossible ?

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samedi 25 juillet 2026

Xian Zhou : La logique culturelle de la théorie de l'art

 PU de Rennes - Août 2026


Qu’en est-il de l’intermédialité des arts, de l’esthétisation de la vie quotidienne ou du rapport entre réalité objective et représentation artistique ? C’est à ces principales questions que le livre est consacré au sein du contexte culturel chinois, mais aussi dans le rapport entre l’art chinois et l’art occidental. Ainsi, les partitions de Debussy évoquant la peinture impressionniste côtoient-elles la poésie de Wang Wei faisant écho à ses peintures ; et à Ernst Gombrich avançant que « l’artiste a tendance à voir ce qu’il peint plutôt qu’à peindre ce qu’il voit » répond Zheng Banqiao qui écrivait : « Les bambous que je porte en moi ne sont pas ceux que perçoit mon regard, et ceux que je trace ne sont pas non plus ceux que je porte en moi. » Alors que la pensée occidentale oppose souvent l’art au non-art dans un cadre binaire (« l’un ou l’autre »), la philosophie chinoise privilégie la complémentarité (« l’un et l’autre »), mettant l’accent sur l’interpénétration des pôles mis en dialogue, plutôt qu’en opposition. Articulant théories occidentales et chinoises, le livre éclaire la logique culturelle de la théorie de l’art dans un horizon d’échanges et d’ouverture.

Zhou Xian est professeur distingué à l’université de Nanjing, vice-président de la Société chinoise d’esthétique et de la Société chinoise de la théorie de l’art et de la littérature. Il a été professeur invité à l’université Duke, à l’université d’Artois, à l’université du Texas à Dallas et au Collège Goldsmiths de l’université de Londres. Ses recherches portent principalement sur l’esthétique, la théorie de l’art, l’histoire de l’art et la culture visuelle.

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jeudi 23 juillet 2026

Moshé Idel : Maïmonide et la mystique juive (rééd.)

 Cerf - Juin 2026


Figure incontournable du judaïsme médiéval, Moïse Maïmonide est souvent présenté comme l’adversaire
de la mystique. Dans cet ouvrage, Moshé Idel, penseur incontournable de la mystique juive, bouscule cette image convenue et ouvre une lecture radicalement nouvelle.
À partir d’une analyse fine des textes, il met au jour des zones de contact inattendues entre la pensée de Maïmonide et certaines traditions mystiques. Contestant une opposition frontale entre rationalisme et ésotérisme, Idel révèle un paysage plus complexe, fait de tensions, d’influences et de réappropriations. Car les mystiques juifs, loin de rejeter unanimement Maïmonide, ont dialogué avec son œuvre. Si certains l’ont combattue, d’autres l’ont transformée, quand d’autres encore sont allés jusqu’à s’en inspirer pour élaborer des voies nouvelles d’accès au divin.
Un livre devenu classique qui a inauguré une manière nouvelle de comprendre le rôle de Maïmonide, non seulement au sein de la philosophie juive, mais aussi au cœur de la mystique.

Traduit par Charles Mopsik

Spécialiste de renommée mondiale de la tradition mystique juive, Moshé Idel a renouvelé l’étude de la Kabbale. Ses ouvrages ont révolutionné la compréhension moderne de l’histoire intellectuelle juive et mis en lumière les liens étroits qui unissent la magie, le mysticisme et la liturgie.

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Daniel Sibony : Freud allergique et juif. Freud à l'épreuve de l’ethnopsychosomatique relationnelle

 L'Harmattan - Juillet 2026


Et si l’œuvre de Freud s’éclairait autrement ?
Ce livre propose une lecture vive et originale du fondateur de la psychanalyse, à partir d’un double fil conducteur : le corps et l’identité juive. En croisant psychosomatique relationnelle, histoire intime et grands textes freudiens, Daniel Sibony montre comment l’étrangeté, l’exil et le symptôme ont nourri une pensée décisive.
De l’enfance de Freud à Moïse et le monothéisme, l’ouvrage relie le rêve, la mémoire, la transmission et la création théorique. Une approche singulière, accessible et stimulante, qui renouvelle notre regard sur Freud et ouvre une réflexion plus large sur le lien entre corps, culture et vie psychique.

Daniel Sibony est psychiatre et psychanalyste à Nice, membre honoraire du centre international de recherche en psychosomatique relationnelle. Son parcours clinique et ses travaux en psychosomatique relationnelle l’ont conduit à interroger, dans le sillage de Sami-Ali, les liens entre corps, affect, langue et histoire. Cet ouvrage en constitue l’aboutissement.

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Gaëtan Le Quang : L'Héritage et le Projet. Essai sur la valeur

 Classiques Garnier - Juillet 2026


À quoi sert d'écrire un « essai sur la valeur » ? Quel peut être le sens de ces disputes portant sur la forme et la substance de la valeur ? Ce qu'engage la question de la valeur, au-delà des débats pluriséculaires qui animent l'économie politique, c'est le sens même de tout collectif humain. Ainsi, les réflexions menées dans cet ouvrage permettent, négativement, de saisir ce qu'a de contradictoire (politiquement) et de néantisant (existentiellement) la conception de la valeur autour de laquelle s'est construit le capitalisme néolibéral. Positivement, ces réflexions tracent la voie d'une politique authentiquement créatrice enracinée dans l'activité individuelle dont elle restaurerait alors le sens.

Gaëtan Le Quang est maître de conférences en sciences économiques à l'université Paris - Nanterre. Il mène des recherches dans le champ de l'économie bancaire et dans celui de l'histoire de la pensée et de la philosophie économique.

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mardi 21 juillet 2026

Christophe Reig : Régis Jauffret : les sens de la fiction

 Champion - Mai 2026


Régis Jauffret s’est imposé comme une voix majeure de la littérature contemporaine française. Des Microfictions aux récits hybrides de la « réalité augmentée », son œuvre prolifique et dérangeante interroge à la fois les mutations profondes de notre société et les potentialités de la fiction. Cette monographie, par son approche interdisciplinaire, s’efforce de ressaisir les enjeux sociaux et esthétiques d’une œuvre qui ne cesse de redéfinir les frontières du romanesque.

Christophe Reig, Maître de conférences HDR à l’Université de Perpignan Via Domitia et membre associé de Thalim (CNRS / Sorbonne Nouvelle / ENS), est spécialiste de littérature française des XXe et XXIe siècles.

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Albert le Grand : La Sagesse, le désir et l'amour. Une anthologie

 Classiques Garnier - Août 2026


Dans les textes ici réunis et traduits pour la première fois, Albert le Grand (1200-1280) examine la félicité des philosophes en se faisant tour à tour théologien, moraliste, physicien et métaphysicien. Pas à pas, il formule les problèmes majeurs de son temps : l'indépendance de la nature dans l'obtention de cette félicité, l'articulation entre intellect et amour dans l'accomplissement humain, la valeur de la sagesse philosophique par rapport à la sagesse théologique, l'élitisme de cette félicité pourtant universellement adressée. À travers ce réseau de problèmes se donnent, en leur forme médiévale, les notions de sagesse philosophique, d'amour intellectuel et de désir de connaître, dont la portée s'étend jusqu'à la modernité.

Clémence Masson (éd.) est docteur en philosophie, chercheuse associée au Centre Gramata (université Paris I - Panthéon-Sorbonne) et professeur dans l'académie de Créteil. Ses travaux portent sur l'éthique et la noétique d'Albert le Grand, étudiées à partir de leurs sources et de leurs réceptions.

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Olivier Ragueneau : Désirer amerrir. Pour une transformation clim-éthique

 le bord de l'eau - Juin 2026



À partir de l’idée de dette climatique due par les pays du Nord Global à ceux des Suds, l’auteur propose d’entreprendre une nouvelle grande transformation, clim-éthique. La rendre désirable, en s’attaquant conjointement à la question du climat et à celle des inégalités, en redonnant du sens à nos existences, tant individuelles que collectives : il nous faudra passer de la croissance à l’accroît-sens. Il s’agit ensuite d’amerrir, c’est-à-dire de permettre la possibilité des conditions de l’atterrissage suggérées par Bruno Latour, et abordées ici à l’aune des nécessaires évolutions de la science. Amerrir nous impose de résoudre à la fois la question climatique et celle des inégalités Nord-Sud comme celles vécus au travail, etc. devenues indissociables et qui vont l’être de plus en plus dans les années qui viennent. Amerrir passera également par une refonte totale des relations internationales pour favoriser l’émergence d’institutions politiques et juridiques qui, si elles paraissent aujourd’hui totalement à rebours du retour de la force et de l’impérialisme, sont pourtant la seule façon d’éviter ce qu’on a toujours fait pour résoudre nos grands problèmes : la guerre. Est-ce là tout ce que nous avons appris ?

Océanographe, Olivier Ragueneau est directeur de recherches au CNRS, en charge de l'infrastructure de recherche socio-écologique "Réseau des Zones Ateliers".

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Pierre Brulé : Quatre balades en religion grecque

 Les belles lettres - Juin 2026


"Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’histoire et aussi l’image que l’on se fait de la religion des Grecs de l’Antiquité changent. Un manuel écrit aujourd’hui a peu de chance de ressembler à ceux d’il y a 30 ans, 20 ans et même, plus étonnant, à ceux d’il y a 10 ans. Deux phénomènes expliquent une telle opinion. Le plus évident tient à l’importante modification des outils de cette connaissance : la prise en compte il y a relativement peu de temps de la façon particulière qu’ont eu les Grecs de nommer leurs dieux. Et puis, et c’est la matière même de ce livre, il est une autre raison plus intime si l’on veut.
On ne vit pas impunément depuis plus des décennies avec des questions plus ou moins complexes d’histoire de la religion grecque, questions auxquelles on a tenté de donner soi-même des réponses, sans que lesdites questions continuent à nous tracasser, tarabuster, sans qu’on ait la curiosité de se tenir à l’affût de tout ce qui pourrait éclairer notre lanterne. La raison d’être de ce livre tient pour beaucoup au souci que j’ai eu de revenir non seulement sur mes travaux anciens mais surtout, grâce aux avancées des recherches communes, de modifier mes points de vue sur des questions centrales à propos des Grecs en général et leur rapport au divin, disons leur religion." PB

Après diverses études et enseignements polyvalents, après sa thèse La fille d’Athènes, (1987), durant vingt ans, Pierre Brulé a enseigné avec plaisir l’histoire grecque à l’Université Rennes 2 où il fonda un laboratoire de recherche. La variété de ses intérêts et de ses approches est illustrée par sa Grèce d’à côté (2007) et par Les femmes grecques à l’époque classique (2006). Aux Belles Lettres, il a publié Comment percevoir le sanctuaire grec ? Une analyse sensorielle du paysage sacré (2012), Les sens du poil (grec) (2015) et Socrate l’Athénien (2022).

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lundi 20 juillet 2026

Eric Rohde : Les ruses de l’image. De Moïse au pape Borgia, une généalogie de l’Occident - Enquête

 Mimesis - Août 2026


Comment expliquer la domination de l’Occident ? L’auteur reconstitue la construction d’une idéologie de la déification des chrétiens. L’originalité de cette pensée, ancrée dans la Bible et la théologie des Pères, est d’avoir pris corps dans la peinture. Giotto et ses contemporains ont bouleversé la tradition en représentant les humains à l’égal du Christ, accréditant la thèse de leur création à l’image de Dieu. Cette révolution a trouvé son accomplissement au XVe siècle avec la pensée des humanistes italiens et avec la maîtrise de la perspective. Ainsi les chrétiens d’Occident ont-ils assis la conviction de leur prévalence. Laquelle a conforté la prétention des papes à exercer leur autorité sur le monde par-dessus rois et empereurs. Plusieurs co-facteurs, tels la réduction de l’autre à l’Islam ennemi et le regain d’un esclavage jamais disparu, ont participé à la détermination des Occidentaux lors de leur rencontre avec les habitants des nouveaux mondes et à leur prééminence culturelle et économique.

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Jean-Gérard Bursztein : La métaphysique mathématique de la psychanalyse lacanienne

 Hermann - Juin 2026


"Plutôt que de parler de l’aspect spirituel, geistig, de la pratique analytique, je préfère parler de l’intellect de l’être parlant pour éviter de tomber dans le spiritisme. Je poserai donc qu’il y a intellectualité inhérente au nœud borroméen, quand celui-ci se fait métaphore vive permettant de saisir l’innommable, c’est-à-dire le réel de l’expérience psychanalytique. Le nœud borroméen va donc au-delà de ce qui est impossible à dire, il montre ce qu’on ne peut pas dire." JGB

Jean-Gérard Bursztein, psychanalyste, pratique et enseigne à Paris et à Londres. Docteur en philosophie, il a centré ses ouvrages sur l’intrication entre psychanalyse, mathématiques et philosophie. Par ailleurs, il a développé l’étude de la proximité entre psychanalyse et Bible hébraïque.

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François Mauriac : Le Cahier noir (rééd.)

 Omnia - Juillet 2026


Publié sous le pseudonyme de Forez, en 1943, aux Éditions de Minuit, Le Cahier noir est écrit pendant la période qui vit Mauriac, condamné par les nouveaux maîtres à un demi-silence, participer à la presse clandestine de la Résistance. L'auteur y stigmatise l'attitude du maréchal Pétain et des Français qui acceptent de collaborer avec l'ennemi. C'est dans ce texte qu'il compare la croix gammée à une " araignée repue, gonflée de sang ". Ces pages, qui lui firent courir de grands risques, sont surtout pour lui l'occasion de se dresser avec force contre une conception machiavélique du pouvoir. À l'oppression régnante il oppose des paroles d'espérance et il renouvelle sa foi en l'homme. Le Cahier noir a valu à Mauriac l'admiration de nombreux intellectuels de tous bords. Elle ne s'est pas démentie depuis. L'idéal de justice et de liberté qu'il revendique pour ce peuple enchaîné reste d'actualité dans un monde menacé par l'intolérance.
Le Cahier noir est suivi de La nation française a une âme et de pages d'un journal tenu pendant l'Occupation, dont certaines sont inédites. L'ensemble restitue une des grandes voix de la Résistance dont l'écho se fait entendre jusqu'à nous.

Édition établie par Jean Touzot

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dimanche 19 juillet 2026

Carlo Arcuri : La communauté sans roman : G. Lukács, W. Benjamin : épos, oralité, chronique, montage

 Mimesis - Juillet 2026


Dans La Théorie du roman (1916) G. Lukács envisage un au-delà du roman comme un idéal calqué sur l’Hellade des aèdes. La Communauté sans roman s’interroge sur ce « tournant épique » conçu moins comme un modèle littéraire que comme une « forme de vie » caractérisée par la transmission orale dans le cadre d’une communauté « insécable », autrement dit sans classes.
Cette étude confronte l’hypothèse fondatrice de Lukács aux essais de Walter Benjamin sur le même sujet (notamment « Le narrateur » de 1936 et ses travaux sur Proust), à Esprit de l’utopie (1918) d’Ernst Bloch et à un certain nombre de romans et d’écrits d’auteurs connus et moins connus du XXe siècle : V. Woolf, W. Morris, A. Moravia, I. Kadaré, A. Seghers, N. Balestrini.

Carlo Arcuri est enseignant-chercheur (maître de conférences) en littérature comparée à L’Université de Picardie Jules Verne où il a animé notamment plusieurs séminaires dans un master d’esthétique (arts, philosophie, littérature). Il a coordonné des ouvrages sur Lukács, sur l’interprétation politique des œuvres littéraires et a également postfacé la traduction italienne de Qu’est-ce que la philosophie ? de Deleuze-Guattari et la nouvelle traduction française de La Théorie du roman de Lukács.

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Revue internationale de philosophie, 2026/2, Vol. 316 : Simone de Beauvoir

De Boeck Supérieur - Juillet 2026


Introduction: Thinking with Beauvoir

Par Paul Earlie

Rethinking the Method of “Lived Experience”: Simone de Beauvoir’s Critical Social Philosophy

Par Katja Čičigoj

Childhood, Seriousness, and Terror in the Modern World: A Reading of Simone de Beauvoir’s The Ethics of Ambiguity (1947)

Par Sujaya Dhanvantari

The Antinomy of Cancel Culture: A Study of Alfonso Cuarón’s Disclaimer*

Par Kelli Fuery

“If You Are Truly on the Left”:

Simone de Beauvoir and Betty Friedan on (Paid and Unpaid) Labour

Par Emma McNicol

Is Femininity Solely Patriarchal? Revealing Some Tensions in The Second Sex

Par Mickaëlle Provost


vendredi 17 juillet 2026

Nicolas Bourriaud : Radicant. Pour une esthétique de la globalisation

 Presses du réel - Juin 2026


Que peut nous apprendre l'art sur la globalisation économique ? En retour, comment comprendre les nouvelles formes de l'art contemporain à la lumière de cette mutation sociale et intellectuelle ? Appuyant son analyse sur l'expérience vécue aussi bien que sur les écrits de Victor Segalen ou les aventures artistiques les plus novatrices aujourd'hui, Nicolas Bourriaud dresse la cartographie d'un monde en mouvement.
Entre menace d'uniformisation et tentation du retour aux racines, entre multiculturalisme et traditionalisme qui assignent tous deux les individus à leur prétendue « identité », la culture mondialisée est en quête d'une troisième voie qui sorte du postmodernisme pour aller vers l'« altermodernité » dont ce livre esquisse les figures.
Un organisme qui fait pousser ses racines au fur et à mesure qu'il avance : tel est le sens du mot radicant, par lequel Nicolas Bourriaud définit cette modernité émergente, s'opposant à la radicalité qui hanta le siècle précédent.

Commissaire d'exposition, écrivain, critique d'art et théoricien mondialement connu notamment pour le concept d'esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud (né en 1965), co-fondateur et co-directeur, avec Jérôme Sans, du Palais de Tokyo à Paris de 2000 à 2006, co-fondateur des revues Documents sur l'art (1992-2000) et Perpendiculaire (1995-1998), a été conservateur pour l'art contemporain à la Tate Britain, conseiller à l'origine de la Victor Pinchuk Foundation à Kyiv, professeur à l'université de Venise, chef de l'Inspection de la création artistique à la direction générale de la création artistique du ministère de la Culture, directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. Il a été le fondateur et directeur de Montpellier Contemporain (MoCo), rassemblant le centre d'art La Panacée, l'École Supérieure des Beaux-Arts et l'Hôtel des Collections. Il a fondé la coopérative curatoriale Radicants en 2022. Parmi les expositions pensées par Nicolas Bourriaud, on peut citer Le 7ème continent, Biennale d'Istanbul (2019) ; Crash Test. La Révolution Moléculaire, La Panacée, Montpellier (2018) ; Retour à Mulholland Drive, La Panacée, Montpellier (2017) ; Wirikuta, MECA Aguascalientes, Mexique (2016) ; The Great Acceleration. Art in the Anthropocene, Biennale de Taipei (2014) ; L'Ange de l'Histoire, Palais des Beaux-Arts, Paris (2013) ; Monodrome, Biennale d'Athènes (2011) et Altermodern, Tate Triennale, Londres (2009). Nicolas Bourriaud a également fait partie de l'équipe curatoriale des première et seconde Biennale de Moscou en 2005 et 2007.

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Bénédicte Bouillot, David Rabourdin : L'oubli de l'âme

 Hermann - Juillet 2026


De l'omniprésence à l'oubli : tel semble être le dur destin de la notion d' "âme" dans la réflexion contemporaine, qui a résolument réhabilité la dimension corporelle de l'être humain, insuffisamment pensée jusque-là. Pour l'âme, la légitimité même de la notion paraît ébranlée, et c'est un autre paradigme qui se déploie, à rebours d'une longue tradition, aussi bieDe l'omniprésence à l'oubli : tel semble être le dur destin de la notion d' "âme" dans la réflexion contemporaine, qui a résolument réhabilité la dimension corporelle de l'être humain, insuffisamment pensée jusque-là. Pour l'âme, la légitimité même de la notion paraît ébranlée, et c'est un autre paradigme qui se déploie, à rebours d'une longue tradition, aussi bien philosophique que théologique. Faut-il parler d'un "oubli de l'âme" ? Force est de constater, cependant, que malgré toutes ces mises en cause, l'âme continue de hanter le discours philosophique et théologique contemporain.
Elle ne peut être si aisément remplacée : serait-elle donc "inoubliable" ? Les contributions de ce volume articulent le vif du questionnement et la patience de la recherche. Elles explorent tant l'actualité de la notion que la tradition qui l'a façonnée. Elles conjuguent les regards pour dépasser toute évaluation hâtive et pour soutenir la complexité de ce qui fait "l'âme" , entre anthropologie et éthique, entre philosophie et théologie, entre expérience et réflexion.
La triade "corps-âme-esprit" , les rapports entre "l'âme et le monde" et la vive interrogation sur "l'avenir de l'âme" forment les trois moments d'une réflexion à plusieurs voix. L'âme ne saurait s'offrir "seule" à la pensée comme au discours : elle ne se découvre qu'à être pensée en relation. Cet ouvrage constitue les actes de la recherche trisannuelle de l'Equipe de recherche "Dialogue des rationalités" de l'Institut Catholique de Paris (EA 7403 - "Religion, Cultures et Société").

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