mercredi 8 avril 2026

Florence de Coccola : Tant qu’il reste quelqu’un pour se lever. De la chair du récit à la parole qui dévoile

 L'Harmattan - Avril 2026


Nous ne savons jamais vraiment ce que vivent les autres, mais parfois une phrase, un silence, un visage suffit pour deviner qu’ils portent, comme chacun de nous, une histoire invisible.
Ce livre rassemble des portraits humains. Ils n’ont rien d’exemplaire : ils existent, ils aiment, ils peinent, ils tombent, ils se relèvent. Leur vie n’est pas spectaculaire, mais elle est vraie. À chaque portrait répond une lecture psychanalytique, non pour diagnostiquer, ni corriger, mais pour ouvrir un espace : une brèche où l’intime devient lisible, habitable, pensable. Cet écrit parle de ce qui traverse chacun de nous : la blessure primitive, le désir, la solitude, la fatigue morale, l’amour impossible, la perte, la reconstruction, le courage de continuer. Il s’adresse à ceux qui cherchent. À ceux qui ont vécu. À ceux qui veulent tenter de comprendre, non pas la théorie, mais la vie.
À la frontière du récit littéraire et de la clinique, cet ouvrage est un geste : celui de rendre visibles les existences discrètes, les blessures silencieuses, les recommencements fragiles. Il invite à percevoir, derrière les symptômes, le sujet ; derrière l’histoire, l’élan ; derrière le chaos, la part irréductible du vivant. Un livre pour lire l’humain, sans le réduire. Un livre pour écouter ce qui ne se dit pas encore. Un livre pour se rappeler qu’il suffit parfois d’une seule personne, pour que la vie recommence.

Florence de Coccola est psychanalyste, écrivaine, ingénieure pédagogique et directrice d’établissements et de services sociaux et médico-sociaux. Son travail se situe au croisement de la clinique et du soin institutionnel et elle explore les fractures existentielles, les processus psychiques ainsi que les formes contemporaines de la vulnérabilité humaine. Ses écrits conjuguent rigueur conceptuelle et sensibilité poétique pour rappeler qu’au-delà des fonctions et des symptômes, chaque être demeure un sujet.

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Marie de Gandt, Apostolos Lampropoulos (dir.) : Repenser la différance sexuelle

 Hermann - Avril 2026


En conceptualisant le refus de la binarité conceptuelle aussi bien que sexuelle, la déconstruction a ouvert la question de la différence sexuelle à son dépassement, et a contribué à la naissance des études de genre. Mais celles-ci, alors qu’elles formulent explicitement leur dette envers le French Feminism, se sont souvent avérées réticentes à entamer un dialogue systématique avec la déconstruction. La différance, concept introduit par Jacques Derrida dès les années 1960, n’a pas été perçue comme une réflexion sur la différence sexuelle. Est-ce faute d’avoir explicité ses liens conceptuels avec les pensées féministes ? Faire l’anarchive de la critique du « phallogocentrisme » implique de rouvrir les débats, héritages, ruptures et échanges qui ont irrigué la vie intellectuelle mondiale depuis plus d’un demi-siècle au point de constituer un des socles de notre pensée contemporaine. Alors que la déconstruction est critiquée comme participant d’une tradition philosophique occidentale, certaines traditions des études féministes sont aujourd’hui, elles aussi, parfois considérées comme dépassées, par des penseur.se.s du genre qui les disqualifient pour leur essentialisme limitant la possibilité d’une approche intersectionnelle. Pour approfondir ces débats, il est crucial de s’interroger sur l’actualité de la différance sexuelle aujourd’hui, en revenant à son creuset m/p-atriciel.

Marie de Gandt est maîtresse de conférences en littérature comparée à l'université Bordeaux III.
Apostolos Lampropoulos est professeur de littérature comparée et de littérature et culture à l'Université Bordeaux-Montaigne.

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Victor Béguin : Leçons sur les trois Critiques de Kant

 Ellipses - Avril 2026


La Critique de la raison pure (1781), la Critique de la raison pratique (1788) et la Critique de la faculté de juger (1790) sont les trois ouvrages fondamentaux d’Immanuel Kant (1724-1804) : toute la philosophie – « critique » ou « transcendantale » – qu’il a construite à partir de 1781 s’organise autour d’eux. Ce cours se propose d’accompagner leur lecture en présentant leurs principaux enjeux, les grandes étapes des démonstrations qu’elles déploient et les principaux concepts qu’elles forgent. Chaque Critique est saisie dans sa spécificité afin de faire apparaître de quelle manière elle s’appuie sur les précédentes pour traiter des questions nouvelles, et comment elle introduit des remaniements dans l’ensemble de l’édifice critique. Une attention toute particulière est accordée à l’analyse des concepts kantiens, et – surtout – à la manière dont Kant fait varier leurs définitions en fonction des raisonnements dans lesquels il les mobilise. Enfin, sans entrer dans des discussions spécialisées, ce cours s’efforce de faire apparaître les principales tensions repérables dans le texte des trois Critiques, et les principaux problèmes interprétatifs qu’elles soulèvent.

Victor Béguin est maître de conférences en histoire de la philosophie allemande à l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié Dictionnaire Hegel (Ellipses, 2022) et Fonder la philosophie. Essai sur le système hégélien (Hermann, 2024).

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Sophie Djigo : La solidarité n'est pas un crime

 Textuel - Avril 2026


Dans un monde où la « solidarité » est sur toutes les lèvres mais souvent vidée de son sens, Sophie Djigo en propose une clarification philosophique audacieuse. Ce livre montre comment les pouvoirs néolibéraux et néofascistes criminalisent les formes authentiques de solidarité pour maintenir les inégalités. Appuyé sur des enquêtes de terrain (migrations, hébergement citoyen, quartiers populaires), il dévoile la mécanique de cette répression. Entre philosophie et sociologie critique, il redonne au concept de solidarité sa dimension universelle et résistante. Un ouvrage essentiel pour penser et défendre la solidarité face aux logiques de clôture et d’exclusion.

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Augustin Berque, Damien Deville : Géographie des mondes à venir

Editions de l'Atelier - Avril 2026


Dans ce dialogue philosophique et géographique, Augustin Berque et Damien Deville nous invitent à reposer les pieds sur Terre en considérant autrement les territoires dans lesquels nous vivons.
Car une géographie fondée sur des cartes froides, par trop quantitatives et qui séparent les individus de leur « environnement », entretient une opposition qui n’a pas lieu d’être. « L’être se crée en créant son milieu. »
Rendre compte de cette réciprocité et des liens qui rattachent chaque lieu à celles et ceux qui s’y épanouissent, en utilisant d’autres noms et d’autres représentations, c’est se donner les moyens de veiller sur l’ensemble des milieux terrestres.
Du Japon à la France, les deux grands géographes mobilisent les paysages qu’ils ont parcourus et étudiés pour que nous puissions à notre tour porter un regard éclairé sur le monde.

Augustin Berque, Géographe et philosophe, il est une figure majeure de la pensée écologique et du rapport entre l’humain et son milieu. Son œuvre est nourrie par une connaissance approfondie des cultures orientales et occidentales.
Damien Deville, Géographe et anthropologue de l’environnement, Damien Deville explore les liens entre les humains et leurs territoires, en mettant en avant l’importance des savoirs écologiques et des cultures locales.

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Le Philosophoire, n°65, 1, 2026 : La Poésie

 Vrin - Avril 2026


Entretien avec Judith Chavanne, par Sébastien Labrusse
L’IA générative, symptôme de la dépoétisation du monde, par Alexis Piat
La poésie pense-t-elle ? L’approche de Dieu dans un poème d’Yves Bonnefoy, par Patrick Werly
Du nom au poème et aux choses. Maldiney lecteur de Francis Ponge, par Jérôme de Gramont
La poésie du concept chez Nietzsche. De Nietzsche à Rimbaud, le retour de la philosophie à la sensation, par Marie Denieuil
La raison poétique de María Zambrano, par Jean Marc Sourdillon

Lectures

Patmos, de Hölderlin
Notice sur Friedrich Hölderlin, par Ahmet Soysal
Patmos. Traduit de l’Allemand par Ahmet Soysal
Le risque du sens, par Ahmet Soysal

Un poème de Philippe Jaccottet
Notice sur Philippe Jaccottet, par Sébastien Labrusse

Intervention de Renaud Barbaras
Intervention de Florent Dumontier
Intervention de Jérôme de Gramont
Intervention d’Étienne Pinat

Les Livrent Passent en Revue

Le maître timide (à propos de Vers Philippe Jaccottet, de S. Labrusse), par Baptiste Jacomino
Neutralité axiologique en sciences sociales (à propos de La savante et le politique d’É. Fassin et C. Ibos), par Laurent Fedi
Notices sur quelques publications récentes et ouvrages envoyés à la rédaction
Hors Thème

Entretien avec Jean-Paul Sartre sur Hegel et l’hégélianisme
Présenté et traduit par Mathias Goy et Manu Braganca


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samedi 4 avril 2026

Emanuele Coccia : Traité de l'amour moderne

 Climats - Avril 2026


"Les chroniques et les romans en témoignent, les essais et les rapports statistiques en apportent la confirmation, et il est devenu le thème favori de la sociologie, de l'anthropologie et du journalisme contemporains : l'amour fait mal, l'amour est triste, l'amour a changé, l'amour est fini. Pourtant, ces diagnostics reconnaissent implicitement à l'amour un rôle prépondérant et inédit dans la constitution de nos formes de vie. Ce que nous appelons la modernité semble être le fruit doux-amer de l'importance accordée à Éros, depuis cinq siècles, pour définir la relation que nous entretenons avec nous-mêmes, avec le monde et avec les autres. Nous sommes modernes non pas parce que nous disposons de technologies avancées, ni parce que nous habitons des métropoles d'une densité inédite, ni même parce que les peuples de la Terre se sont brassés et affrontés comme jamais auparavant, mais parce que nous avons donné à l'amour une place qu'il n'avait jamais occupée dans l'histoire humaine." À l'heure où les familles se recomposent, où le mariage s'ouvre à tous, où les transmissions de noms, de patrimoines et de cultures invitent à créer de nouvelles généalogies, il était temps de reconnaître à l'amour son pouvoir révolutionnaire et sa puissance créatrice. Emanuele Coccia mobilise toutes les ressources d'un esprit libre, érudit et iconoclaste, puisant aux sagesses de l'Antiquité comme à la musique pop, pour réinventer l'amour au XXIᵉ siècle.

Emanuele Coccia, philosophe et essayiste, est l'auteur de nombreux ouvrages publiés chez Payot, dont le bestseller La Vie des plantes de Philosophie de la maison (Rivages) et de Philosophie des formes (avec Alessandro Michele, Flammarion, 2025)

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Hiroki Azuma : Philosophy of Correctability

Urbanomic - Avril 2026


A profound rethinking of the political categories of openness and closedness.

In a new work building upon his Philosophy of the Tourist, Hiroki Azuma reconsiders the connection between the figure of the tourist and that of the family. Setting out from the reevaluation of the family as a figure of containment following the COVID-19 pandemic, in this exploration of the inside and outside of community, Azuma questions the shifting values of openness and security, challenging the distinction between the openness of civil society and the closedness of the family, which he deciphers as an artefact of a Western philosophical standpoint in which polis is opposed to oikos.
Via Wittgenstein’s notion of family resemblance and Kripke’s interpretation of language games, Azuma develops a new concept of the family as a closed unit that is paradoxically open to drastic transformations of its own rules of inclusion. The tourist, an anomaloous agent that escapes Carl Schmitt’s opposition between friend and enemy, can then be reinterpreted as a familial figure.

Hiroki Azuma is the founder of Genron, a publisher and live forum for critical thought in Tokyo, Japan. A leading cultural critic in Japan, he is the author of seven books, including Ontological, Postal, which won the 2000 Suntory Literary Prize, Otaku: Japan’s Database Animals, General Will 2.0: Rousseau, Freud, Google, and Philosophy of the Tourist.

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Henri Stephanou : Raisonner avec les machines. Philosophie de l’ordinateur

 PUF - Avril 2026


Voici comment l’informaticien Anatol Holt se remémore sa rencontre avec les ordinateurs en 1952 : « Je fus frappé par une énigme. Comme tant d’autres technologies, l’ordinateur était un enfant de la guerre. Dans ce contexte, il était censé aider à effectuer des calculs fastidieux, qui conduisaient à des nombres, qui conduisaient à une plus grande puissance de feu contre l’ennemi. C’est pourquoi on l’appelait un ordinateur (computer). Cependant, peu de clients de cette nouvelle machine avaient de tels problèmes. Ils l’utilisaient pour trier des données, contrôler le trafic ferroviaire, ou émettre la paie. Dans mon jeune esprit, cela soulevait une question brûlante : si l’ordinateur ne sert pas vraiment à calculer, alors, à quoi sert-il ? »
Alors que l’intelligence artificielle est aujourd’hui au cœur de bien des discussions, pouvons-nous dire que nous avons résolu l’énigme toute simple de Holt ? Tournant le dos aux formules toutes faites (« l’ordinateur exécute des algorithmes, traite l’information, automatise des tâches »), ce livre tente de repenser le phénomène numérique à son fondement. L’informatique n’est pas une affaire d’électronique, ni même une technologie cognitive, comme on l’entend parfois. Elle procède d’une nouvelle conception du savoir pratique comme résolution de problème, qui se veut dès l’époque moderne exacte et exhaustive, selon le modèle mathématique. Le contenu de la connaissance prend alors la forme de procédures effectives, « mécaniques », où le jugement humain peut être congédié. C’est le règne de la machine, qui n’est pas tant un artefact qu’une projection du raisonnement, une exigence de prédictibilité formulée à l’égard de toute chose.

Agrégé de philosophie, Henri Stéphanou est titulaire d’une chaire à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Ancien élève de l’École polytechnique, de l’École normale supérieure, il a travaillé pendant vingt ans dans l’industrie, l’énergie et les télécommunications. Il est notamment l’auteur de Machines and Problem Solving (De Gruyter, 2025).

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Christophe Laroche : Être exceptionnel. Une pression ordinaire

 Orphée Gramma - Avril 2026


Un essai sensible sur l’exigence d’être exceptionnel et la transformation silencieuse de notre rapport à l’existence.

Il faut être remarquable. Se distinguer. Laisser une trace. Très tôt, quelque chose s’installe. Pas comme une règle. Plutôt comme une évidence silencieuse : exister ne suffit pas toujours. Alors, peu à peu, une attente s’impose. Se démarquer. Compter. Ne pas disparaître dans l’ensemble.
Mais à force de vouloir être quelqu’un de plus… que devient la possibilité d’être simplement là ?
Ce livre explore une tension discrète mais profonde : celle d’une existence qui ne se vit plus seulement, mais qui se mesure, se projette, se raconte — jusqu’à dépendre, parfois, de ce qui se voit, de ce qui reste, de ce qui peut être compris.
À travers une écriture sensible et sans jugement, ce texte s’approche de ce qui se joue lorsque l’ordinaire ne semble plus suffire, lorsque la trace devient nécessaire, lorsque le récit prend peu à peu le pas sur l’expérience. Non pour corriger. Non pour proposer une issue. Mais pour laisser apparaître ce que cette exigence d’exception déplace — en profondeur — dans notre manière d’exister.

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Jürgen Habermas : "Il fallait faire mieux..." Entretiens avec Stefan Müller-Doohm et Roman Yos

 Gallimard - Avril 2026 


Jürgen Habermas, dernier philosophe de l'école de Francfort (né en 1929), héritier de la tradition des Lumières, a construit son oeuvre en discussion avec les penseurs majeurs du XXᵉ siècle, en Allemagne comme ailleurs. Commentant sa décision d'être non pas seulement philosophe mais philosophe et sociologue, afin de s'évertuer à améliorer le monde au lieu de le décrire - "il fallait faire mieux" est un impératif fondamentalement politique -, Habermas revient sur les grands événements de son existence. Il expose la genèse des concepts proprement habermassiens (éthique de la discussion, espace public), décrit le contexte dans lequel il a rédigé ses livres, commente ses prises de position (sur la construction européenne notamment), répond aux critiques que ses interlocuteurs, fins connaisseurs de sa pensée, n'hésitent pas parfois à lui adresser. Rompant avec les règles de l'exercice académique, Habermas parle de lui-même, de ses sentiments, de ses craintes et de ses hésitations, ainsi que de sa vie familiale et amicale, lieu de discussions intellectuelles. Pour qui n'a jamais lu Habermas, cet ouvrage constitue l'introduction idéale, fluide et accessible, sous forme de dialogue, à son oeuvre philosophique. Pour qui le connaît déjà, il est la synthèse limpide des grands thèmes de sa pensée, toujours exposés dans leur contexte biographique et social.

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vendredi 3 avril 2026

Cahiers Philosophiques n°184 : Nelson Goodman

 Vrin - Avril 2026


Une grande toile de Tintoret recouvrant des objets mis au rebut dans les sous-sols de la cathédrale de Milan! Cette anecdote, relatée par Étienne Gilson, préfigure sans le savoir une des interrogations majeures formulées par Nelson Goodman. Le tableau ainsi détourné demeure certes un objet mais reste-t-il également une œuvre d’art? La question semble futile et un rien provocatrice. Au rebours d’une interrogation sur la nature intrinsèque de l’œuvre d’art, elle ouvre pourtant un vaste champ de réflexion sur les conditions qui permettent à un artefact de « fonctionner » ou non, comme une œuvre d’art.
L’art aussi bien la science, quoique selon des modalités différentes, sont pour Goodman des systèmes sémiotiques qui produisent connaissance et compréhension non parce qu’ils seraient des médiations vers la réalité même mais parce qu’ils sont des « agents qui produisent et posent des mondes qui leur sont propres ». À la manière de la maquette d’une ville qui donne une certaine prise sur celleci ou d’un modèle scientifique qui permet d’explorer les conséquences d’une hypothèse. Que l’on partage ou non son rejet d’une métaphysique réaliste, la lecture de Goodman dessille petit à petit le regard car elle explore l’étendue des compétences sémiotiques que nous mettons sans cesse en œuvre dans notre relation au monde, que celle-ci passe par les mots ou par les images.

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Jean-Claude Devèze : Le courage du dialogue. Se rencontrer, débattre, délibérer

 Chronique sociale - Avril 2026


Dans nos existences marquées par des pesanteurs et des grâces, comme dans notre monde à la fois si beau et si chaotique, une priorité pour mieux vivre ensemble est de promouvoir une culture de la rencontre et du dialogue. Si nos dialogues sont de qualité, ils contribuent à ce que les personnes et leurs organisations et communautés avancent courageusement pour donner sens et cohérence à nos vies, à nos cultures, à nos sociétés, au monde qui nous entoure. Encore faut-il avoir le courage de dialoguer, avec soi-même et avec autrui pour approfondir nos identités racines, cultiver nos identités relations et choisir nos identités vocations. Des personnes et des communautés aux socles assumés, dialoguant, débattant, délibérant, permettent de conduire nos transformations personnelles et collectives. Ainsi pourra se coconstuire une alliance des forces de vie qui mobilise nos consciences, énergies, créativités, solidarités, sens des responsabilités, pour sauver notre humanité et l’Humanité. Dans cet essai, l’auteur propose sa vision, ses réflexions, ses expériences, au service de la promotion d’un humanisme fraternel, mais aussi des outils pour débattre et délibérer ainsi que pour nous autoévaluer et améliorer nos pratiques d’échanges interpersonnels. Convaincu de l’importance de tisser des liens sur des bases solides, il nous appelle au courage du dialogue, du local au mondial, de l’intime à l’universel, au quotidien et dans la durée, car il croit à la force de la rencontre, de l’écoute attentive, de la parole juste et libre, de la vision ouverte à ce qui est et à ce qui vient.

Ingénieur agronome, Jean-Claude Devèze milite à Démocratie et spiritualité, au Pacte civique, au mouvement Convivialiste, à l’Archipel des confluences. Il a publié de nombreux ouvrages chez Chronique sociale dont Pratiquer l’éthique du débat et, chez Le Lys bleu, un récit, Zéralda.
Contribution de Gilles Le Cardinal, professeur émérite en sciences de l’information.

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Michel Guérin : Ethique de l’écriture philosophique. L’ultime méthode

 Encre marine - Avril 2026


Suivant la voie empruntée par quelques prédécesseurs exemplaires, l’auteur a pensé qu’il importait de différer aussi longtemps que possible le moment opportun de sacrifier à une sorte d’introduction à la philosophie. La quête de la sagesse n’enquête sérieusement sur elle-même qu’après que des livres ont succédé aux livres. Il est bien connu que l’oiseau de Minerve prend son vol au crépuscule.
Aussi bien, avec le présent ouvrage, l’auteur renoue avec les intuitions qui, voici à peu près un demi-siècle, l’ont poussé à écrire en philosophe. L’une d’elles tient à la conviction que la philosophie, en dernière analyse, n’apprend d’elle-même qu’en enseignant ; une autre qu’il importe de chercher dans l’écriture, sous certaines rigoureuses réserves, le secret (dès lors éthique) de la méthode.
L’interrogation débute par l’analyse du concept de méthode, à travers le paradigme incontournable de Descartes. Le renversement d’un discours de la méthode en méthode du discours prépare à l’identification d’une ultime méthode, que l’auteur, poursuivant les analyses de La Fin des phénomènes, thématise en tant que figurologie.

Michel Guérin poursuit dans le présent livre un travail d’élucidation de la Figure visant à élaborer une figurologie. Il a publié à « Encre marine » : Le Fardeau du monde (de la consolation), 2011, Origine de la peinture, 2013, La Croyance de A à Z, 2015, Le Cimetière marin au boléro (un commentaire du poème de Paul Valéry), 2017, La Fin des phénomènes (2023).

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Émilie Dardenne : Penser la condition animale. Outils critiques

Les Presses de Sciences Po - Avril 2026


Comment, dans la société occidentale contemporaine, l'idée d’une suprématie humaine s’est-elle installée ? Le bienêtre animal est-il le bon outil pour penser le traitement des individus dits « d’élevage » ? Quel rôle joue le choix des mots dans la façon dont sont pensés les animaux ? Leur oppression a-t-elle un lien avec les autres dominations à l’œuvre au sein de l’espèce humaine ? Peut-on envisager un horizon d’émancipation pour les animaux non humains ?
Voilà quelques-unes des vastes questions traitées dans cet ouvrage, qui propose une synthèse des connaissances issues de la philosophie, des sciences du vivant et des sciences sociales pour penser la condition animale sous toutes ses formes.

Emilie Dardenne : Professeure des universités en études anglophones et études animales à l'université Rennes 2 et membre de l'Institut Universitaire de France.

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Georg Simmel : Philosophie de la mode

 Allia - Avril 2026


Stilettos ou mini-short, la mode a ceci d'original qu'elle ne confère nulle utilité pratique aux choses utiles, en l'occurrence se chausser et se protéger du froid. Elle est essentiellement arbitraire. Et c'est ainsi qu'elle exerce pour Simmel son empire. Ce n'est pas un besoin vital mais social. L'homme manifeste dans le choix de sa tenue son appartenance à un groupe mais il ressent aussi le besoin de se différencier. Or, adopter un style d'une autre communauté, c'est d'emblée se détacher de son groupe d'origine. Variant sans cesse ses contenus, la mode suit les progrès sociaux, moyen de marquer la différence de classes. Pour Simmel, la classe moyenne est sa première victime. Prompte au changement, elle se reconnaît dans ce présent sans cesse mouvant, moteur de toute marchandise.

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Antonia Birnbaum : Courage sans héroïsme

Klincksieck - Avril 2026


Qu’est-ce que le courage introduit d’effectivement différent par rapport aux catégories classiques de l’héroïsme, telles la souveraineté, le sacrifice, la vertu, le nom propre ? Les multiples références à la péremption historique de l’héroïsme, mais aussi bien à sa résurgence, au ton héroïque mortifère que charrie la vague fascisante actuelle tendent à confondre héroïsme et courage. D’où le passage par un détour : comment penser le courage quand il n’agit pas de manière héroïque ? Cette discontinuité est explorée dans le contexte de la modernité. Le livre lui-même prend la forme d’une casuistique. Il interroge l’Antigone de Sophocle, la dialectique hégélienne, le poème « Timidité » de Hölderlin, les Minima Moralia d’Adorno, la décomposition de la rhétorique révolutionnaire chez Kleist, la colère chez Benjamin.
La réécriture du courage se saisit de l’éclairage apporté par Freud sur les effets de la Première Guerre mondiale, comme des conséquences qu’en tire Lacan. La question de savoir à quoi sont sacrifiées des millions de vies dans les batailles de matériel meurtrières, à quels intérêts, à quelle logique d’État, périme l’idée d’un ordre du Bien pour lequel une vie pourrait être prête à mourir. Pour accéder à la précarité ontologique de la vie anonyme, à ses perturbations, il faut changer de question : non plus demander « Pour quoi un sujet est-il prêt à mourir ? », ni même : « À quel idéal est-il prêt à sacrifier ? », mais, pour paraphraser Lacan : « Quel refus de renoncer au désir fait advenir un sujet ? »
D’où une torsion dont s’affecte le courage : il n’affronte pas la mort en se résolvant au néant, mais s’attache dans l’excès mortel à ce qui de la vie n’est pas encore joué. De cette différence provient un courage qui est non pas démesure, mais expérimentation d’une vie sans mesure. Il y va de l’excès du risque, de l’insistance sur les objets toujours singuliers que cette expérimentation investit, aussi bien hors de la gangue normative du capital que hors de son déchaînement nihiliste. En l’arrachant à une situation du monde catalysé par le hasard, dans la brèche soudaine raturant la mesure qui l’ordonne, le courage renvoie le sujet à ce que la vérité comporte d’incalculable.

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jeudi 2 avril 2026

Bertrand Geay, Jérôme Camus, Pierre Clément, Pierig Humeau (dir.) : La Reproduction au 21e siècle. Actualité de la sociologie de Bourdieu et Passeron

 Editions du Crocquant - Avril 2026


L’égalité des chances, la méritocratie et la mobilité sociale sont au coeur de l’idéal républicain : dans une République sociale, le statut des individus ne devrait dépendre ni de la naissance ni de l’héritage. Or, force est de constater que les mécanismes qui s’opposent à cette promesse et assurent la reproduction des positions sociales d’une génération à l’autre semblent plus puissants et plus agissants que jamais. C’est précisément à la déconstruction de ces mécanismes que ce livre entend contribuer en revenant sur les apports et l’actualité d’un ouvrage fondateur pour la sociologie en général et la sociologie de l’éducation en particulier : la reproduction de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Publié six ans après Les Héritiers et deux ans après le vaste mouvement de révolte de 1968, il constitue l’un des ouvrages les plus marquants et les plus cités de ces auteurs. Il est en effet venu couronner tout un ensemble de recherches sur l’éducation et la culture et a été à l’origine de nombreux travaux ― venant en discuter les thèses ou en exploiter la portée empirique ― tout en constituant l’un des ouvrages les plus en phase avec certaines des avant-gardes politiques de cette période. En un sens, le livre a été victime de son succès. Sans toujours être lu et cité à bon escient, il est devenu une sorte de point de repère commode, convoqué à l’appui de tous les projets de dépassement d’une sociologie jugée trop déterministe. Ne cherchant ni à rendre hommage ni à régler des comptes, les autrices et auteurs réunis ici revisitent et actualisent, à partir de leurs propres travaux, les analyses de Bourdieu et Passeron pour proposer un panorama inédit sur la reproduction sociale à l’école et par l’école dans la France du 21e siècle. Réunissant les contributions d’une trentaine d’autrices et auteurs, français et étrangers, ce livre collectif s’organise en cinq parties. La première revient sur la genèse de La reproduction ainsi que sur sa réception et sa diffusion à l’étranger. La seconde prend à bras le corps la question des stratégies de reproduction des différentes classes sociales en mettant l'accent sur la place qu'y occupe l’école. La troisième propose quant à elle sur une sociologie politique des savoirs scolaires en rattachant, là encore, leurs transformations aux intérêts et aux stratégies de différents groupes sociaux. La quatrième partie réexamine alors cette question centrale de la sociologie de l’éducation à savoir les relations entre les pratiques pédagogiques et la re-production (ou la réduction) des inégalités. Enfin, la cinquième partie met au jour les mécanismes de sélection et de ségrégation à l’oeuvre dans le système d’enseignement contemporain.

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