jeudi 29 octobre 2026

Nicolas Monseu : Conscience et libération. La découverte du soi dans la philosophie du yoga

 Hermann - Octobre 2026


La pratique du yoga n’est pas uniquement une technique de bien-être  ; elle repose sur une vision du monde et du sujet qui engage un renversement de perspective : la découverte du soi. Le travail éthique, philosophique et postural du yoga met en œuvre une « traversée » qui conduit le moi à se dessaisir de ses pensées et de ses multiples attraits en retournant progressivement le regard vers l’intériorité, en direction d’un principe de conscience, « témoin » de toute pensée. C’est à exercer ce réfléchissement – ou cette rotation –, que le yoga engage. En élevant l’humain à la conscience de sa nature profonde et à la libération de ce qui la conditionne, il propose une philosophie complète de l’humain enracinée dans le corps vivant et son expérience consciente.
Cet ouvrage propose d’explorer la dimension réflexive inhérente à la pratique du yoga, ainsi que la portée phénoménologique de l’attitude qu’elle cultive, fondée sur une posture de témoin. La découverte du soi n’est pas un retour à la vie personnelle, mais un retour à une capacité d’observation et de vigilance à l’égard de la vie psychique et du monde. Le moi n’est alors plus enfermé dans ses pensées personnelles, mais est capable de s’élever de son individualité empirique, pour réaliser en lui-même le soi en tant que pure présence à la manifestation, en portant un regard affranchi sur son expérience et sur le monde.

Nicolas Monseu est professeur au département de philosophie de l’Université de Namur (Belgique). Il enseigne l’histoire de la philosophie et la pensée indienne.

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Yves Vendé : Les Exercices spirituels de Confucius

 Albin Michel - Octobre 2026


Dans un ouvrage désormais incontournable, Pierre Hadot avait révolutionné notre regard sur la philosophie grecque en montrant qu'elle consistait avant tout en une « manière de vivre » mettant en oeuvre des « exercices spirituels ».
Yves Vendé, jésuite et enseignant aux Facultés Loyola Paris et à l'Université Catholique de Lille, nous invite au même changement de regard sur la tradition chinoise. À rebours d'une vision rigide, il nous montre pas à pas comment la philosophie pratique des Entretiens propose un art de vivre avec soi-même et avec les autres. « Étudier », « être en relation », « se poser et réfléchir », « pratiquer les rituels », « affronter l'exil et la mort », « vivre la musique » : autant d'actes quotidiens ou exceptionnels qui nous initient à l'humanité authentique.
Il en ressort une forme de spiritualité bienveillante et ancrée dans les relations, à l'étonnante modernité.

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Clément Bresch : L'éclat du jazz. Une philosophie de l'instant

 CNRS Editions - Octobre 2026


Une philosophie du jazz est-elle possible ? Si de nombreuses disciplines se sont intéressées à cette musique et en ont fait un objet d'analyse fructueux, la philosophie, elle, y est restée indifférente, quand elle n'en a pas été une détractrice. Souvent constatée, déjà examinée, mais jamais vraiment dépassée, cette insensibilité ne saurait pourtant occulter que la pratique jazzistique offre, à bien y écouter, une matière philosophique fertile.
En s'emparant du kairós, l'" instant opportun " des Grecs, Clément Bresch propose d'éclairer le " faire " du jazz sous un angle inédit. Le rôle qu'y tient l'improvisation donne en effet à cet " art du temps " un sens d'" art de l'instant ".
À la fois finalité éclatante du jazz et lieu par excellence de son surgissement, la performance apparaît comme le jeu singulier de musiciens avec et dans l'instant : un jeu qui, à travers son lot d'imprévus et de décisions prises sur le moment, semble faire jaillir le jazz du présent d'une façon spécifique.
Un essai original ouvrant la voie à une philosophie plus générale de l'instant.

Clément Bresch est docteur en philosophie.

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Isabelle Koch : La philosophie de Plotin. Repères

 Vrin - Octobre 2026


Plotin est souvent présenté comme le fondateur du « néoplatonisme », selon la catégorie historiographique en vigueur depuis le XIXe siècle. Mais lui-même se considérait comme un Platonicien, tout simplement. Il enseignait à Rome et écrivait pour diffuser la philosophie de Platon, six siècles après la création de l’Académie à Athènes, défendant sa supériorité sur les autres écoles philosophiques, contre les promesses de sagesse de certains courants chrétiens. Professant une simple exégèse des Anciens, Plotin en a tiré des notions métaphysiques originales – l’Un, la procession, l’émanation, les hypostases – et a développé un idéalisme à la fois intégral et paradoxal, qui affirme l’identité du rationnel et du réel tout en les subordonnant à un « au-delà de l’être ». Cet ouvrage vise à permettre au lecteur de s’orienter dans cette œuvre difficile, tant par ses thèses et ses apories que par son style à mi-chemin de l’oralité et de l’écriture.

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Søren Aabye Kierkegaard : Crainte et tremblement. Oeuvre lyrique en mode dialectique (traduction Hélène Politis)

 L'Harmattan - Octobre 2026


Célébrer Abraham comme le père de la foi, tout en s’interrogeant sur la foi dans son rapport à l’éthique, telle est la tâche que s’assigne Johannes de Silentio, le pseudonyme choisi par Kierkegaard pour Crainte et tremblement (1843).
Sans la « suspension téléologique de l’éthique » (suspension qui, loin d’abolir ce qu’elle suspend, en assure l’effective répétition), la foi ne peut paradoxalement regagner ce dont le devoir absolu envers Dieu exige le sacrifice. La mise à l’épreuve d’Abraham est ainsi l’épisode biblique dans lequel le chrétien est invité à déchiffrer les réquisits du mouvement que lui-même doit constamment effectuer.
Hélène Politis propose ici une nouvelle illustration des principes traductoriaux qu’elle applique à l’entièreté de l’œuvre kierkegaardienne afin de faire plus clairement apparaître, en version française, la dimension philosophique inhérente à la pensée existentielle de Søren Kierkegaard (1813-1855).

Agrégée de philosophie, docteur d’État, spécialiste d’histoire de la philosophie moderne et contemporaine, Hélène Politis est professeur émérite à l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Ses recherches et publications portent principalement sur l’œuvre de Søren Kierkegaard.

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Odile Gilon et Corentin Tresnie (coord.) : Histoire de la philosophie et éducation

 Vrin - Octobre 2026


L’histoire de la philosophie a souvent l’image d’une discipline érudite confinée dans les murs de l’institution universitaire. Que peut-elle pour la pratique éducative? Ce volume propose de mobiliser les contenus et les méthodes de la discipline pour nourrir la réflexivité pédagogique.
Il sollicite des textes classiques ou méconnus pour approcher des questions que ne peuvent manquer de se poser ceux qui enseignent ou éduquent. Qu’est-ce qu’enseigner? S’agit-il de faire éclore une semence ou de guérir un malade? Peut-on influencer un élève? Peut-on le rendre autonome sans le faire égoïste? Sur quoi repose l’idée de construction des savoirs? Les contributions rassemblées dans ce volume montrent comment l’étude de textes souvent anciens peut renouveler ces questionnements.

Ont participé à ce volume : A. Beccarisi, S. Delcomminette, Ch. Ehret, Th. Gennen, O. Gilon, D. Kambouchner, A. Marmodoro et C. Tresnie.

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Svetlana Boym : L'avenir d'une nostalgie

 Septentrion - Novembre 2026



Au croisement des études culturelles, une réflexion de fond sur l'exil et la nostalgie.

Svetlana Boym (1959-2015) née en URSS, est auteure d'une œuvre importante mais inachevée. L’avenir d’une nostalgie (New York 2001) associe à la fois mémoires personnelles, essai philosophique et analyse historique. Dans un style qui mêle sa propre expérience de l’exil et sa judéité à ses combats pour la liberté, elle écrira sur ces sujets près d’une dizaine d’ouvrages dont un roman et une pièce de théâtre. Devenue professeure à Harvard, elle explore ici les espaces d’une nostalgie collective, mêlant les notions de biographie nationale à celles de la construction de soi. Développant la notion de nostalgie dans une perspective à la fois esthétique et moderne, elle nous guide à travers les ruines et les sites en reconstruction de villes post-communistes (Berlin, Moscou, Saint-Pétersbourg, Prague) devenues reflets de cette nostalgie - miroir des écrivains de l’exil : « la nostalgie (de nostos - retour au pays natal - et algia - envie) c’est avoir le mal d’un pays qui n’existe plus et n’a jamais existé. La nostalgie est un sentiment de perte ». Svetlana Boym en trace ici la géographie affective pour montrer tous les symptômes d’une époque.

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Michael Holland, Hannes Opelz (dir.) : Dictionnaire Maurice Blanchot

 Classiques Garnier - Octobre 2026


« L'exigence de la parole fragmentaire » : ainsi Maurice Blanchot désignait une écriture vouée à la discontinuité, refusant l'unité totalisante du « Livre ». Consacrer un dictionnaire à Blanchot relève donc d'un paradoxe assumé : l'ordre alphabétique n'ordonne qu'en dispersant, égalise les vérités, favorise les bifurcations. Chaque notice devient une île, chaque renvoi une traversée, dessinant un archipel d'interprétations toujours renouvelées. Plus de cent contributeurs et contributrices y composent une cartographie critique à la fois rigoureuse et mouvante, qui restitue l'actualité d'un écrivain trop longtemps figé dans son mythe. Ce dictionnaire propose de redécouvrir une oeuvre qui n'a cessé d'élargir l'horizon de la littérature, de la critique et de la pensée contemporaines.

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mercredi 28 octobre 2026

Vincent Delecroix : Depuis Caïn. Le fratricide originel

 Rivages - Octobre 2026


Un homme tue un homme, Caïn tue Abel : ainsi commence l’histoire humaine, dit la Bible, comme une seconde Création, dans le meurtre, après la Création du monde. « Guerre est Père de toute chose », disait de son côté Héraclite. Mais pas n’importe quelle guerre, pas n’importe quelle violence inaugurale : celle qui pousse le frère contre le frère, guerre originelle, fratricide qui inaugure l’ordre humain. Toute cité, toute communauté, toute société, fondée sur le fratricide, hantée par lui, conjurant, reconduisant inexorablement ce qu’elle conjure. Sommes-nous sortis de cette histoire, de ce mythe, de ce fantasme ? Pouvons-nous penser l’association humaine sans cette hantise ?

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Luiz Renato Martins : La Conspiration de l’art moderne. Peinture, travail et révolution de David à Rothko

 Amsterdam - Novembre 2026


La forme de l’art moderne, parce qu’elle suit les luttes populaires, est nécessairement inachevée et tend vers une révolution permanente.
La Conspiration de l’art moderne ne propose rien de moins qu’une réinterprétation générale de l’histoire de la peinture, de David à l’expressionnisme abstrait. Si ses objets d’étude sont classiques – Manet, Monet, Van Gogh, Cézanne, Braque, le constructivisme, Pollock, Rothko –, l’ouvrage rompt avec les lectures esthétiques et formalistes encore hégémoniques en histoire de l’art.
La peinture moderne est intimement liée aux bouleversements sociaux et politiques qui débutent avec la Révolution et l’avènement du capitalisme industriel. Elle ne cesse de réinventer le réalisme, non pas seulement en tant que forme de représentation, mais en tant que réflexion sur la fabrication de l’art : l’artiste, prolétaire avant tout, est hanté par le problème de la production. Dans le même temps, il se confronte et s’oppose à l’énorme processus de destruction, de fragmentation et de standardisation enclenché par la modernisation capitaliste. C’est cette dialectique d’un art aux prises avec les convulsions de l’histoire que Luiz Renato Martins nous invite à explorer.

Luiz Renato Martins enseigne l’esthétique et l’histoire de l’art à l’université de São Paulo. Il est l’auteur de nombreux livres et articles sur le cinéma et l’art moderne et contemporain.

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Maxime Rovere : Apollonios. Aventures d'un Grec dans les sagesses antiques

 Flammarion - Octobre 2026 - Champs


« Nous ne sommes pas des voyageurs. Nous sommes les lieux, les places, les temples et les carrefours. Et les dieux se meuvent en nous. »
Au Ier siècle de notre ère, Apollonios de Tyane consacra sa vie à une sagesse sans frontières : de l’Inde à l’Afrique, il recueillit les enseignements des Perses, des bouddhistes, des hindous, des Égyptiens, des Nubiens… Les récits de sa vie et de ses enseignements furent interdits à partir du IVᵉ siècle par un empire qui ne voulait plus entendre parler que d’un seul « homme divin », Jésus de Nazareth.
Apollonios n’est donc pas un philosophe oublié, il révèle une philosophie et une spiritualité que l’on a délibérément effacées. Les voici restaurées : entre méditation philosophique et roman d’aventures, ce récit ancré dans l’histoire ancienne dessine un parcours profondément transformateur, donnant à percevoir l’extraordinaire beauté des spiritualités anciennes.

Maxime Rovere est philosophe, professeur d'université et spécialiste de Spinoza. Il a publié, en 2017, Le Clan Spinoza et Que faire des cons ? (2019) chez Flammarion. Ses livres sont traduits en plusieurs langues.

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Pierre Tevanian : Quand la pop adoucit les mœurs

Editions de la Variation - Octobre 2026


Certaines chansons ne font pas que nous plaire, elles nous transforment. Elles ouvrent un espace d’expression pour la peine et la peur. Elles libèrent la douceur, la vie et la douceur de vivre, trop longtemps étouffées sous des poses héroïques virilistes (« même pas surpris, même pas mal, même pas peur »), et nous projettent ainsi vers d’autres mondes relationnels possibles, moins plombés par l’orgueil et la domination.
Ce sont ces territoires existentiels, esthétiques, éthiques et théologico-politiques qu’explore Pierre Tevanian : ces mondes de la pop ou de la soul, qui transforment les vies et réforment les âmes. En nous replongeant dans trois sommets des années 1970 et 1971, formant un très singulier « Évangile » (What’s Going On de Marvin Gaye, Plastic Ono Band et Imagine de John Lennon), puis dans l’œuvre complète de Paul McCartney, l’auteur prend au sérieux la puissance consolante et transformatrice de la complainte et celle de la ritournelle. À rebours de toute une tradition « rock-critique » éprise de « souffre » et de « dureté », il nous invite à redécouvrir les messages d’amour de Paul, John et Marvin, leur refus de la guerre, de la brutalité policière ou de la destruction de la planète, mais aussi la matière et la manière proprement musicale et vocale de leur œuvre de bienfaisance.

Dans la continuité de ses précédents essais politiques (de La haine de la religion, La Découverte, 2013, à Politiques de la mémoire, Amsterdam, 2021) ou esthétiques (Mulholland Drive. La clé des songes, Dans nos histoires, 2019), dans la lignée surtout de Soyons woke. Plaidoyer pour les bons sentiments (Divergences, 2025), c’est à sa manière, en douceur, quelque chose comme une révolution qui s’esquisse dans ces lignes.
Pierre Tevanian est philosophe, enseignant et co-animateur du Collectif Les mots sont importants.

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Alexis de Tocqueville : De la démocratie en Amérique

 Calmann-Lévy - Octobre 2026


À travers son observation de la jeune nation américaine, Alexis de Tocqueville (1805-1859) explore les mécanismes de la démocratie, les aspirations des citoyens et les défis auxquels sont confrontées les sociétés modernes. S’il admire ce qu’il considère comme les garanties indispensables de la liberté (la décentralisation des institutions, l’égalité des conditions et la capacité des citoyens à agir collectivement), il en perçoit aussi les limites et annonce avec une étonnante clairvoyance des enjeux toujours actuels : la montée de l’individualisme, la participation citoyenne, le pouvoir de l’opinion publique et la tyrannie de la majorité, l’équilibre entre liberté et égalité, la centralisation excessive du pouvoir.

Chef-d’œuvre de la pensée politique paru entre 1835 et 1840, De la démocratie en Amérique invite le lecteur à réfléchir au fonctionnement de nos démocraties, à leurs dérives, et s’impose comme une lecture essentielle pour comprendre les enjeux du monde contemporain.

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lundi 26 octobre 2026

Julien Tricard (dir.) : Métaphysique de l'induction

 Hermann - Octobre 2026


Depuis sa formulation canonique par Hume, le problème de l’induction demeure l’un des nœuds théoriques majeurs, à l’articulation de l’épistémologie et de la métaphysique des sciences. Comment les inférences ampliatives, constitutives de la pratique scientifique, sont-elles être justifiées ? Et comment établir un principe d’uniformité de la nature sans supposer ce qu’il s’agit précisément d’établir : la stabilité des régularités naturelles ? Cet ouvrage entend réexaminer ce problème en desserrant l’emprise du cadre humien qui en a longtemps conditionné les termes.
Les contributions réunies ici interrogent les fondements métaphysiques de l’induction à partir des théories contemporaines des lois de la nature, des pouvoirs causaux et des nécessités naturelles ; elles évaluent également les formes que prennent les inférences inductives dans les sciences particulières – de la cosmologie aux sciences du passé profond, de l’économie expérimentale à la science des données. Enfin, des approches historiques (Helmholtz, Peirce, Nietzsche, Michotte, Piaget, Whitehead) permettent de reconfigurer le problème en dehors de sa formulation humienne classique.

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Gilles Achache : Le Temps épuisé. Mélancolie de la raison

Calmann-Lévy - Octobre 2026


Nous vivons dans un monde plus puissant, plus connecté, plus confortable que jamais. Pourtant, quelque chose en nous s’est éteint : notre capacité à imaginer l’avenir.
Comment sommes-nous passés d’une civilisation portée par l’idée de progrès à une époque habitée par la mélancolie, l’inquiétude et le sentiment d’un temps immobile ? Pourquoi les grandes promesses de la modernité se sont-elles épuisées ? Et comment comprendre que plus notre maîtrise technique du monde s’accroît, plus le sens de cette maîtrise nous échappe ?
À travers un parcours original qui passe par le western américain, les films de zombies, les Lumières, la philosophie politique, le tourisme de masse et les technologies contemporaines, l’auteur explore les racines spirituelles de notre désarroi. Il montre que la crise que nous traversons n’est pas seulement économique, écologique ou politique. Elle est d’abord une crise du temps.
Sans nostalgie ni renoncement à l’héritage des Lumières, ce livre propose de repenser notre rapport au progrès, à la technique et à l’histoire, afin de retrouver les conditions d’une liberté véritable et d’un temps que nous pourrions à nouveau habiter.

Gilles Achache est philosophe et éditeur. Après avoir enseigné la philosophie à l’Université (Paris IX-Dauphine, Sciences Po-Paris), il fut consultant d’entreprises. Il est aujourd’hui directeur de la collection « Liberté de l’Esprit » aux éditions Calmann-Lévy. Il est également l’auteur du Complexe d’Arlequin, Grasset, 2010.

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Maxime Rovere : Jouer aux Loups-garous. Réflexions sur notre cruelle humanité

 Flammarion - Octobre 2026


Nous serions toutes et tous les membres d'un village, mais parmi nous se cacheraient des loups-garous éliminant les villageois les uns après les autres. Serions-nous assez habiles pour nous unir - et sauver la communauté ? Fondé sur ce principe, le jeu des Loups-Garous de Thiercelieux a l'ampleur d'un phénomène de société : les enfants et les adolescents y jouent dans les cours d'école et de lycée, les adultes y jouent pour souder les groupes d'amis ou les équipes, et après sept millions de boîtes vendues dans seize pays, le jeu est aujourd'hui une série populaire diffusée sur Canal+, déjà déclinée dans six autres pays. Maxime Rovere a été l'un des joueurs de la saison 2, et son expérience lui a énormément appris. La présence de loups-garous dans un village reflète notre époque, ses impasses politiques et ses défis psychologiques. Réfléchir sur ce jeu, c'est donc se donner les moyens de mieux saisir notre situation politique, ou d'accompagner ses enfants, ses collègues ou ses étudiants dans une expérience d'autant plus riche et plus profonde qu'on la comprendra mieux : il s'agit d'explorer notre condition d'êtres humains, toujours en danger de perdre le sens des réalités et de faire les mauvais choix, dans l'impossibilité d'avoir à qui nous fier - bref, toujours en danger de devenir des "loups" les uns pour les autres.

Maxime Rovere est philosophe, professeur d'université et spécialiste de Spinoza. Il a publié, en 2017, Le Clan Spinoza et Que faire des cons ? (2019) chez Flammarion. Ses livres sont traduits en plusieurs langues.

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Émile Durkheim : Leçons de sociologie criminelle

 Flammarion - Octobre 2026 - Champs


Ce livre est né d'une découverte exceptionnelle : un manuscrit inédit de la main de Marcel Mauss, qui met au jour un cycle complet de leçons du sociologue Émile Durkheim sur le crime. Celles-ci renversent radicalement la perspective positiviste du XIXᵉsiècle qui, en faisant du crime une pathologie, s'affole devant l'éventuelle contagion des comportements "déviants". Pour Durkheim, c'est l'influence de la société, plutôt que les caractéristiques intrinsèques des individus, qui permet d'expliquer les différentes formes de criminalité. Le processus d'individuation, les bouleversements de la structure familiale, l'effacement des croyances religieuses sont constitués en variables clés. Durkheim est ainsi le premier à envisager le crime sans considération morale, comme la simple transgression d'une norme, si bien que "nous ne réprouvons pas un acte parce qu'il est criminel, mais il est criminel parce que nous le réprouvons".

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Philippe Büttgen : Des confessions

Vrin - Octobre 2026 -Bulletin de la Société Française de Philosophie


Les enjeux d’une philosophie des confessions dépassent ceux d’une philosophie des religions, et suggèrent pour celle-ci plusieurs raccordements ou développements possibles. Le problème de la confession ne se résout pas dans une épistémologie des croyances. Les thèmes du dernier Foucault, aveu et véridiction, ne l’atteignent aussi que de loin. Shema, credo, shahada – la question que soulèvent les grandes formules de foi et d’attestation des monothéismes : que m’est-il permis d’affirmer?, renvoie a ce qu’est devenue aujourd’hui notre capacite a proclamer. L’unité primordiale de la confession, entre confession des péchés et confession de foi, déploration des fautes et fierté d’adhérer, reste en jeu dans la politisation du remords public. Toutes les scènes de confession à ciel ouvert qui ont scande l’histoire récente, et avec elles toutes les dénonciations d’une supposée « repentance » de l’Occident, attendent leur réponse philosophique. Celle-ci pourra-t-elle se passer d’une philosophie de la pénitence, corollaire d’une philosophie des confessions?
À un moment ou les études décoloniales prennent toujours plus les traits d’une philosophie morale en orientant la discussion sur la réparation des torts historiques, une philosophie des confessions doit être en mesure de faire valoir son point de vue, constructif et lucide.
En repartant de l’unité de la confession, la question que l’auteur se propose de traiter est : vers quelle conviction nos demandes de pardon pointent-elles toujours?

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