jeudi 5 mars 2026

Albert Schweitzer : La philosophie de la religion de Kant de la Critique de la raison pure jusqu’à La religion dans les limites de la simple raison

 PU de Strasbourg - Mars 2026


Pour la toute première fois en français, une édition augmentée de la thèse d’Albert Schweitzer sur la philosophie de Kant, dans laquelle le pasteur, médecin et prix Nobel de la paix alsacien élabore les prémisses de sa thèse du « respect de la vie ».
Cet ouvrage propose la première traduction française de la thèse d’Albert Schweitzer sur la philosophie de la religion de Kant, publiée en allemand en 1899. Dans cet ouvrage majeur mais méconnu, Schweitzer montre que le développement progressif de la pensée de Kant est caractérisé par une tension entre sa théorie de la connaissance et sa « profondeur morale ». Schweitzer est amené plus largement à poser la question de la possibilité même d’une philosophie de la religion et à discuter du rapport entre ce que la philosophie peut dire de la religion et ce qu’affirment les textes sacrés.
La traduction, richement annotée, de cette thèse est précédée d’une introduction substantielle, qui situe Schweitzer et ses maîtres parmi les lignes d’interprétation de la pensée kantienne à la fin du XIXe siècle et met en perspective la réflexion d’un jeune doctorant dont on s’aperçoit, en le lisant, qu’il était à la fois audacieux et d’une grande puissance spéculative.

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Geneviève Lafrance, Judith Sribnai (dir.) : Dans l'atelier de la sociocritique

 PU de Montréal - Mars 2026


En étudiant les interactions entre textes littéraires et imaginaire social, la sociocritique permet d’appréhender aussi bien le roman que la poésie ou la chronique sportive, du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Ses artisans, issus de part et d’autre de l’Atlantique, soulignent ici les dérives polysémiques et les décalages dans l’écriture quand celle-ci ébranle les idées du jour et les assises de la communauté – ce qui la fonde, la nourrit, la transforme, la menace.
C’est pour nous faire redécouvrir cette approche, élaborée depuis plusieurs décennies, que les contributeurs de cet ouvrage nous invitent dans leur atelier. Ils répondent, chacun à sa manière, à la question lancée par Pierre Popovic, une figure de proue de ce champ de recherche : « Sociocriticiens, qu’est-ce qui vous fait marcher ? »

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Laurence Plazenet, Claudine Tiercelin (dir.) : Pascal intempestif

 Classiques Garnier - Mars 2026


La plupart des travaux consacrés à Pascal font valoir la pérennité de ses analyses, brossant le portrait d'un auteur presque inactuel. Pascal, pourtant, surgit de fractures : fracture du monde clos de la science médiévale, fractures théologiques, fractures politiques lorsque s'instaure l'absolutisme, fractures philosophiques autour de Descartes, fractures esthétiques quand naît l'Écrivain. Reflet des croyances et des savoirs de son temps, provocante par sa déconsidération de la science, par son exigence morale, son apparent anti-humanisme dressé contre la prétention de l'homme « à se rendre le centre de lui-même » ou « à se faire Dieu », son oeuvre est en fait clivante et problématique. Pascal s'avance à contresens de ses propres contemporains et heurte notre modernité.

Claudine Tiercelin est membre de l'Académie des sciences morales et politiques (philosophie), de l'Academia Europaea et de l'Institut Jean Nicod, et membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Ancienne élève de l'École normale supérieure, elle est professeure émérite au Collège de France (chaire de métaphysique et philosophie de la connaissance).
Laurence Plazenet, professeur de littérature à l'université Clermont Auvergne, ancienne élève de l'École normale supérieure, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, étudie le renouveau du genre romanesque au milieu du XVIe siècle sous l'impulsion des Éthiopiques d'Héliodore, ainsi que le roman de l'âge classique. Également spécialiste de Port-Royal et de l'augustinisme, elle a publié des éditions de Mme de Lafayette, Pascal et La Rochefoucauld.

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Laurent Perrin : Le langage, l'énonciation et le cri. Sens et formes linguistiques de l'expérience énonciative

 Sorbonne Université Press - Février 2026


À contre-courant des modèles théoriques dominants, cet ouvrage invite à se ressaisir de l’expérience énonciative pour ne plus réduire le sens des mots et des phrases à la portion congrue de ce qu’ils disent.

Des a priori nous conduisent parfois à réduire le sens des mots et des phrases de la langue à ce qu’ils disent, et ce faisant à ignorer l’expérience en quoi consiste le fait de le dire. À contre-courant des modèles théoriques dominants, cet ouvrage révèle ce qui est montré dans le langage et jusque dans la langue, dont procède l’expérience énonciative, associée au sens même des énoncés et des discours, plus profondément à la qualité de nos pensées, par les formes linguistiques de l’énonciation. Nombre de propriétés interprétatives dévolues aux actes de langage, aux modalités subjectives qui s’y rapportent, sont abordées ici à nouveaux frais. Par-delà ce qui concerne les marqueurs discursifs, connecteurs argumentatifs, verbes performatifs et autres modalisateurs, la prise en compte de l’expérience énonciative renouvelle notre appréhension, non seulement de ce qui a trait à l’ethos discursif du locuteur, aux effets polyphoniques et échoïques associés, mais aussi de ce qui caractérise les proverbes et expressions idiomatiques, les métaphores et figures de rhétorique plus ou moins figées, ou lexicalisées, parmi d’autres propriétés énonciatives du langage et de la pensée. À partir de ce qui oppose et articule ce qui est dit à ce qui est montré à l’intérieur du sens, cette étude interroge les qualités de l’esprit dont procède cette division sémantique irréductible entre propriétés référentielles et énonciatives, constitutive du sens linguistique des énoncés et des discours.

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Umberto Eco : La fabrique de l'ennemi

 Grasset - Février 2026


Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher

« Il semble qu’il soit impossible de se passer d’un ennemi. Le besoin est inné, même chez l’homme doux et ami de la paix. Celui-ci déplace l’image de l’ennemi d’un objet humain à une force qui nous menace et doit être combattue, que ce soit l’exploitation du capitalisme, la faim dans le monde ou la pollution environnementale. L’éthique est-elle donc impuissante face au besoin ancestral d’avoir des ennemis ? »
Umberto Eco interroge la nécessité pour les hommes d’avoir, toujours et en toutes circonstances, un ennemi : de la chasse aux sorcières en passant par la propagande guerrière du passé – jusqu’aux populismes du présent. Après l’immense succès de Reconnaître le fascisme, une éblouissante leçon politique.

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Selami Varlik : The Appropriation of Islamic Philosophy. Creation in Ricoeur and Avicenna

Bloomsbury Academic - Février 2026


Phenomenology and philosophical hermeneutics are deepening their dialogue with ancient and medieval metaphysics. Yet Islamic philosophy - typically relegated to a distant past - remains strikingly absent despite its recognized impact on European thought.

To counter this absence, The Appropriation of Islamic Philosophy revitalizes the work of Avicenna - the seminal Islamic thinker - for contemporary philosophy, making a case for a Ricoeurian hermeneutics of appropriation.
Selami Varlik brings Avicenna into dialogue with Ricoeur through their shared concern with putting belief in tension with rational discourse. The notion of creation, common to both Islam and Christianity, plays a pivotal role in this convergence - particularly through Avicenna's distinction between ontological creation and temporal creation.
By establishing a shared conceptual language between both traditions, this work makes a vital contribution to the development of a living Islamic philosophy, transcending the scope of the two thinkers examined here.

Table of Contents
Introduction

Part I: Necessity and Difficulties of Appropriation
A. Need for a Hermeneutical Approach
1. The Problem of Appropriation of Islamic Philosophy
2. Need for a Hermeneutics of Appropriation

B. Difficulties in the Appropriation Process
1. The Appropriation Process in Ricoeur
2. The Religious Obstacles

Part II: A Double Solution in Form and Content
A. Possibility of a Common Language
1. Proximity in Religious Belonging
2. Conceptual Distanciation in Common

B. Creation Ex Nihilo as a Shared Notion
1. Creation in Ricoeur
2. Creation in Avicenna

Part III: Appropriation as Innovation and Transformation
A. Creation and Semantic Innovation
1. Creation and Innovation in Avicenna
2. Innovation and Appropriation of Avicenna

B. Creation and Transformation of the Subject
1. Concomitance of the Cause and Ontological Indigence
2. Causality Against the Domination of the Subject

Conclusion
Bibliography
Index


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mardi 3 mars 2026

Jean-Pierre Coutard : Penser l'être chez Aristote. De l'essence à l'existence

 L'Harmattan - Mars 2026


La dimension aporétique de cette ' science de l'être en tant qu'être ' évoquée par Aristote dans sa Métaphysique nous amène ici à poser autrement la question ontologique, dans une perspective existentielle.

Jean-Pierre Coutard, docteur en philosophie et auteur d’ouvrages philosophiques et poétiques explore une pensée existentielle où le sentiment du tragique émerge de notre temporalité.

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Evelyne Fauconnier Gérard : Un monde en proie à la violence ou la haine de la raison. Essai sur les raisons de la déraison

 Mimesis - Mars 2026


Face au déferlement contemporain de la haine et de la violence – du champ politique aux réseaux sociaux, jusqu’à la sphère éducative – cet essai interroge les «raisons de la déraison». Il met au jour un double mal : une misologie (haine de la raison) et une rationalité instrumentale devenue folle, qui vident nos existences de sens. En dialogue critique avec la tradition antique (Platon, Aristote) et les débats actuels, l’ouvrage plaide pour une raison redevenue jugement, mesure et quête de sagesse, capable de désamorcer la spirale des affects et de rendre à la pensée sa vertu pacificatrice.

Evelyne Fauconnier Gérard est professeure agrégée de philosophie. Enseignante depuis 1984, elle a animé séminaires et conférences (éthique, bioéthique, philosophie politique). Elle travaille sur la personne, le jugement et les effets du numérique sur l’éducation et la démocratie.

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Tilman Schwarze et Matt Dawson (dir.) : The Anthem Companion to Henri Lefebvre

Anthem Press - Mars 2026


Reassesses Henri Lefebvre’s enduring relevance to sociology, examining themes from Marxism to urban life and proposing new directions for Lefebvrian research on rhythm, embodiment and utopian thought.

Henri Lefebvre’s work, particularly his theory of the production of space, has been remarkably influential historically within geographical research. While this extensive research has shown the continuing relevance of Lefebvre’s oeuvre for urban geographical research, Lefebvre’s contributions to sociology have been less explored. This is surprising and a missed opportunity, not least because Lefebvre’s writings on the urban, space and everyday life were fundamentally informed by and connected to his sociology. This volume responds to this lacuna in sociological engagements with Lefebvre’s work, bringing together leading scholars on Lefebvre’s sociological work who discuss elements from across his sociological oeuvre. This includes topics for which Lefebvre is well known such as space, rhythm-analysis and Marxism, through to lesser-known topics such as the rural, autogestion, the state and violence and finally to studies which push Lefebvre into new areas such as time, phenomenology and the environment. Therefore, this volume not only achieves a breadth of coverage but also provides fresh insights for those familiar with Lefebvre and new points of interest for those encountering his sociology for the first time. Our volume makes a critical addition to the long list of established and influential Anthem Companions to Sociology by adding a new volume on one of the most influential Marxist sociologists and philosophers of the twentieth century. An engagement with the work of Henri Lefebvre remains indispensable for sociology as this volume shows.

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Stéphane Magarelli etJean-Baptiste Grongnard (dessins) : Ivresse au miroir d’Alice. Essai de philosophie merveilleuse

 L'Harmattan - Mars 2026


Et si l’alcoolisme n’était pas qu’une fuite, mais la recherche d’un monde perdu ?
À travers les univers fantasques de Lewis Carroll, cet essai interroge la fonction de certaines ivresses chroniques dans un monde trop rationnel pour toujours faire sens.
Comme Alice qui s’égare dans le rêve au gré de métamorphoses inattendues, le dodo qui propose un jeu sans règles ni gagnant, l’être-éthylique, par le transport de l’alcool, déforme le réel et tente de raviver l’imaginaire déserté.
Dès lors, si l’alcoolisation chronique n’est plus la chute programmée à laquelle on la condamne trop souvent, pourrait-elle être pour certains une élévation désirée, une invitation à repenser l’absurde de nos existences productives ?
Un essai poétique de philosophie subversive pour la reconnaissance de notre part merveilleuse.

Professionnel de l’éducation spécialisée, Stéphane Magarelli exerce dans un centre d’addictologie et en clinique psychiatrique, où il anime des ateliers de « philosophie ensauvagée ». Il est également chargé d’enseignement pour l’Institut Régional du Travail Social de Paris. Après La Métamorphose éthylique (L’Harmattan, 2021), Ivresse au miroir d’Alice est son deuxième essai de philosophie sur la consommation d’alcool chronique.
Après avoir collaboré à La Métamorphose éthylique par sa participation aux échanges cliniques préalables, Jean-Baptiste Grongnard, graphiste passionné de littérature et d’art, met de nouveau à contribution son expérience de l’ivresse-euphorique et sa sensibilité carrollienne au service d’hypothèses philosophiques sur la consommation d’alcool chronique.

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Valentine Prouvez : Canguilhem lecteur de Freud. D’une philosophie de l’erreur, au fondement d’une théorie des valeurs et des normes

 PU du Midi - Mars 2026


Fruit d’une relecture systématique de l’œuvre de Georges Canguilhem, fondée sur l’ensemble de ses textes publiés et, de façon inédite, sur l’exploration minutieuse de ses archives, ce livre révèle une dimension jusqu’alors méconnue de sa pensée : l’attention soutenue que le philosophe porta à Freud, dès le milieu des années 1930, et la fécondité de ce dialogue pour sa réflexion sur l’erreur, la valeur et la norme.
Cette étude, qui suit pas à pas l’évolution de ses positions grâce à la datation rigoureuse de ses manuscrits, met en lumière la cohérence profonde d’une œuvre traversée par la question de l’erreur : loin d’être un motif secondaire, celle-ci apparaît comme le véritable fil conducteur de sa philosophie, au croisement de la critique du scientisme, de la théorie des valeurs et de la normativité. Loin de se limiter à une critique de la psychologie et des sciences humaines, Canguilhem, à l’appui de sa lecture de Freud, élabore une thèse originale : l’erreur, loin d’être un simple écart à la vérité, manifeste la puissance normative du vivant et la liberté du jugement. Ce travail inédit éclaire ainsi, à partir des sources les plus directes, la genèse et la portée d’une philosophie de l’erreur qui renouvelle de fond en comble la compréhension des rapports entre science, subjectivité et action.

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lundi 2 mars 2026

Pascal Engel : Epistémologie pour une marquise. Le pouvoir et l'éthique du savoir

 Eliott - Mars 2026


Un dialogue fictionnel sur les sciences et la connaissance
Deux personnages, la Marquise d'U*** et le chevalier d'E*** sont réunis à la campagne et se livrent à des entretiens sur les sciences et la philosophie naturelle. Ils passent en revue les principaux problèmes de la philosophie des sciences – la nature de la découverte, des faits, de la probabilité, le réalisme et l'instrumentalisme, fictions et expériences de pensée – et abordent quelques grands sujets de la science d'aujourd'hui – astronomie, chaos et hasard, objets quantiques, nature des entités mathématiques – et s'intéressent particulièrement à la biologie évolutionniste et à l'éthologie. Ils débattent des valeurs et des idéaux du savant et de la relation entre la science et la religion. Un dialogue stimulant et souvent drôle qui traite des grandes interrogations à propos des sciences et des découvertes scientifiques, et de la nature et de l'importance du savoir.

Pascal Engel, philosophe, est l'auteur de Va savoir ! De la connaissance en général (2007) ; Les vices du savoir. Essai d'éthique intellectuelle (2019) et, chez Éliott, Les lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison (nouvelle édition, 2023), et Foucault et les normes du savoir (2024).

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Bernard Bénit : Penser la danse au prisme du politique

 L'Harmattan - Mars 2026


Longtemps considérée comme un art mineur dans les sociétés occidentales, la danse fut d’abord exclue du questionnement philosophique. Désormais, elle s’affirme comme objet d’étude qui pose un double problème. Le problème du sens de la danse : que fait le danseur lorsqu’il danse ? Et en vue de quoi danse-t-il ? Le problème du rapport de la danse au politique : quelle relation la danse entretient-elle avec le politique ? Est-elle un instrument au service de la propagande de l’État ou le vecteur d’une micropolitique de résistance à celui-ci ?
À travers l’enquête menée sur ce double problème, philosophique et politique, Bernard Bénit tente de saisir l’étonnante proximité de l’œuvre philosophique de Deleuze et Guattari avec les chorégraphes contemporains. Certaines pratiques de la danse actuelle témoignent notamment d’un lien avec la pensée micropolitique de ces deux philosophes, lorsqu’elles considèrent les actes de création chorégraphique comme des actes de résistance politique.

Bernard Bénit, docteur en philosophie, a enseigné la philosophie au lycée, puis comme formateur à l’INSPÉ de l’Université Paris-Est Créteil. Ses travaux, consacrés à la pensée de Deleuze –Deleuze. La critique de l’image représentative de la pensée (2018) ; Deleuze. La pensée sans image (2018) ; Deleuze. L’usage de l’art (2022) ; Arbre et rhizome. L’autre image de la pensée de Deleuze et Guattari (2025) –, explorent les effets et l’actualité de sa philosophie.

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Laurent Cesalli, Leone Gazziero, Frédéric Goubier, Alain De Libera, Clarisse Reynard (dir.) : Sophismata. Histoire d’une pratique philosophique

Schwabe Verlag Basel - Février 2026


The manner in which philosophy was practised in the Middle Ages was highly variagated. Until now, historiography has largely focused on the canonical genres of commentaries and treatises. This volume is devoted to another and fundamental type of medieval philosophical practice and demonstrates that the so-called sophismatic practice and literature, largely neglected to this day, had a significant influence on scholastic philosophical thought.

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Salima Boutebal : Penser le métis. Pour une psychanalyse de la subjectivité contemporaine

 Hermann - Mars 2026


Croisant psychanalyse, pensée décoloniale, études féministes et queer, cet ouvrage examine la manière dont les logiques héritées de la colonialité continuent d’influencer nos structures psychiques, nos représentations et nos rapports à l’altérité. Il met en lumière les effets psychiques d’un monde façonné par la classification, la hiérarchie et la peur de l’ambiguïté.
S’appuyant sur une pratique clinique située, Salima Boutebal explore la manière dont ces tensions se manifestent dans la vie psychique de sujets identifiés comme métis, tout en éclairant plus largement les problématiques cliniques contemporaines. Le métis y apparaît comme une figure paradigmatique qui incarne la complexité, la contradiction et la pluralité. Il symbolise un sujet contemporain contraint de composer avec des appartenances multiples, des assignations contradictoires, et de créer, dans cet entre-deux, de nouvelles possibilités d’existence.
En introduisant la notion de subjectivité Métisse, Penser le métis propose une révision critique de la psychanalyse : non pour la déconstruire, mais pour la renouveler à partir des voix et des expériences qui révèlent ses angles morts. Le métis devient ainsi non seulement un objet de réflexion, mais un opérateur de pensée, ouvrant l’accès à une psychanalyse du multiple, attentive à la conflictualité, à la création et à l’inédit.

Salima Boutebal, docteure en études psychanalytiques, psychologue clinicienne et psychanalyste, explore les zones de tension entre intime et politique. Ses travaux croisent psychanalyse et épistémologies critiques, et portent notamment sur les mutations identitaires contemporaines, les effets des violences systémiques et de genre sur la subjectivation.



Thomas Franck, François Provenzano : Discours et contre-pouvoir. Six gestes de rhétoriques critiques et situées

 Hermann - Mars 2026


Cet ouvrage propose un aperçu original de la tradition rhétorique dans sa dimension interactionnelle, à la croisée des sciences du langage et de la théorie critique. Par sa dimension synthétique, il vise avant tout un usage didactique, tantôt dans l’optique d’une compréhension des techniques oratoires, tantôt dans celle d’une mise en œuvre des gestes discursifs quotidiens. Parsemé d’exemples tirés d’un imaginaire culturel large, allant du discours médiatique à l’interaction plus intime, ce petit traité suggère de pousser plus avant la démarche rhétorique dans sa dimension politique, dialogique et critique. Nécessaire dans une société où la parole produit des effets sur le découpage du réel et sur les identités subjectives, ce livre se veut être à la fois une initiation fouillée et une ouverture vers un approfondissement libre.

Thomas Franck travaille à l'Université de Gand. Ses domaines d'enseignement et de recherche sont l'analyse des discours, les études rhétoriques et la linguistique de corpus.
François Provenzano travaille à l'Université de Liège. Ses domaines d'enseignement et de recherche sont les rhétoriques des discours, la sémiotique sociale et les approches critiques des médias.

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Christophe Pradeau, Jessica Desclaux, Théo Millot (dir.) : Albert Thibaudet. Une cité des livres

Sorbonne Université Presses - Mars 2026


Albert Thibaudet est le critique le plus important de l’entre-deux-guerres mais aussi le plus actuel : l’essentiel de son œuvre a été réédité au cours des vingt dernières années. Il fut l’élève de Bergson, proche de Gide et de Valéry, l’un des chroniqueurs les plus respectés de la NRF. Il a laissé des ouvrages de référence sur Thucydide, sur Flaubert et sur Mallarmé, et a été un observateur clairvoyant de la vie politique française. Aux yeux de ses contemporains, il passe pour un nouveau Montaigne, bâtissant sa cité des livres, sa tour bibliothèque à Tournus en Bourgogne.
Le présent ouvrage invite à pénétrer dans cette bibliothèque, dont nous connaissons la composition grâce à un catalogue de vente aux enchères, mais plus encore dans la bibliothèque intérieure de Thibaudet, celle d’un homme « multilatéral », ouvert aux tendances les plus diverses.
Littérature de toutes les époques, française ou étrangère, mais aussi philosophie, histoire, politique, cinéma : une quinzaine d’études rendent compte de l’extrême variété des rayons qui la composent.
Elles sont complétées par une anthologie réunissant une dizaine d’articles du critique lui-même, rares ou inédits, parmi lesquels un important ensemble consacré à Proust.

Table des matières

Introduction. « La bibliothèque est fille du dialogue »
Christophe Pradeau et Jessica Desclaux

Première partie
LE RAYON POÉTIQUE

Le Ronsard de Thibaudet (1896) : avec et contre l’École
Emmanuelle Kaës
Le Moyen Âge d’Albert Thibaudet
Alain Corbellari

Deuxième partie
LE RAYON ROMANESQUE

La bibliothèque de Thibaudet comme « ligne de vie »
Isabelle Daunais
Le Stendhal de Thibaudet
Xavier Bourdenet
Flaubert, le laboratoire d’un classique
Jacques Neefs
« La France n’est pas une île ». Albert Thibaudet et la géographie internationale de la littérature
Anne-Frédérique Schläpfer

Troisième partie
LE RAYON PHILOSOPHIQUE

Socrate en mouvement : Socrate insaisissable ? Remarques sur le Socrate d’Albert Thibaudet
Étienne Helmer
Thibaudet, Montaigne et Bergson : le mouvement des Essais au prisme de la durée
Mayeul Delpeuch
Montaigne : de la bibliothèque de Thibaudet au catalogue de Gallimard
Bernard Baillaud
« De nouveaux noms appliqués à de vieilles choses ». Les théories freudiennes et la critique selon Albert Thibaudet
Céline Surprenant

Quatrième partie
LE RAYON POLITIQUE

Thibaudet et Coppet. Anomalies dans la géographie littéraire d’un libéral
Paola Cattani
Albert Thibaudet, penseur de l’individualisme littéraire
Alexandre de Vitry

Cinquième partie
LE RAYON DES ARTS VISUELS

La pulsion imageante d’Albert Thibaudet
Bernard Vouilloux
Thibaudet et le cinéma : une « révolution » à distance
Laurent Le Forestier

ANTHOLOGIE DE TEXTES D’ALBERT THIBAUDET
SUR L’IDÉE DE BIBLIOTHÈQUE

Les vieux papyrus
Revue critique des idées et des livres, 25 janvier 1920
La littérature cosmopolite
Revue critique des idées et des livres, 25 mars 1921
La bibliothèque de la Brède
Journal de Genève, 23 mai 1926
Une bibliothèque de château
Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 21 juillet 1934

UN LIVRE DE CHEVET

Du style de Montaigne
Boletim do Instituto Frances de Portugal, t. IV, no 3-4, 1934 ;
publication en plaquette : Coimbra, Institut français au Portugal/
Coimbra Editora, 1934

LE DOSSIER PROUST

Introduction. Le devenir-classique d’un écrivain
Christophe Pradeau
Marcel Proust et le roman d’analyse
The London Mercury, mai 1920
Un nouveau Jean-Christophe
Forum, Stockholm, juin 1920
La Prisonnière de Marcel Proust
L’Europe nouvelle, 9 février 1924
Une correspondance de Marcel Proust
L’Europe nouvelle, 24 octobre 1925
Albertine disparue
L’Europe nouvelle, 13 février 1926
La Correspondance générale de Marcel Proust
Candide, 31 juillet 1930

Index des noms propres
Éditions de référence
Liste des auteurs
Remerciements


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dimanche 1 mars 2026

Bruno Perreau : Sphères d'injustice. Pour un universalisme minoritaire

 La Découverte - Mars 2026


Qu'est-ce qu'une minorité ? un état d'infériorité numérique ? une identité dominée ? une catégorie protégée par le droit ? une communauté partageant certains traits culturels ? Pour Bruno Perreau, être minoritaire, c'est vivre dans un rapport de substituabilité. Devant le spectacle de George Floyd, tué par la police de Minneapolis, toute personne noire savait qu'elle aurait pu être à sa place. Toute autre personne victime de violence ne put que se sentir interpellée.
Sphères d'injustice réfléchit aux résonances entre différents types d'expériences minoritaires : comment articuler les combats minoritaires et éviter qu'ils soient en compétition ? Comment impliquer la majorité ? Comment éviter les dérives managériales et résister aux attaques réactionnaires ? Comment représenter les minorités à l'ère des algorithmes ?
Bruno Perreau montre que les dispositifs juridiques qui protègent le genre peuvent protéger la race, ceux qui protègent le handicap peuvent protéger l'âge, la classe, l'orientation sexuelle, et ainsi de suite. C'est ce que l'auteur appelle l'intrasectionnalité. En actualisant Sphères de justice, l'ouvrage classique du philosophe Michael Walzer, Sphères d'injustice démontre l'utilité d'un universalisme minoritaire pour relever les défis de l'interdépendance économique, numérique et écologique au XXIe siècle.

Bruno Perreau est professeur au MIT où il est titulaire de la chaire Cynthia Reed en French Studies. Il est également chercheur associé au Centre d'études européennes de Harvard. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages parmi lesquels, en langue française, Penser l'adoption, Qui a peur de la théorie queer ? et Les Défis de la République (avec Joan W. Scott).

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