lundi 12 octobre 2026

Carlo Ossola : L’Avenir de nos origines. Le copiste et le prophète

 Les belles lettres - Octobre 2026


À l’origine fut la poésie des fondateurs : le récit épique ; ensuite surgit la poésie de l’homme : la tragédie, la lyrique ; puis l’histoire de ses gestes, de ses entreprises ; enfin, le sens à donner à toute cette œuvre issue de ses mains, à cette fabrication d’outils et de monuments : la philosophie de l’histoire.
Par ses négations, ses ruptures de civilisation, le XXe siècle a humilié le savoir de l’histoire, le livre de la famille humaine. Nous livrant à des savoirs analytiques qui creusent et renvoient sans cesse le moment et la possibilité même d’une soudure, d’une synthèse, nous ne pouvons plus « nous représenter » nous-mêmes, notre statut d’êtres vivants, uniques.
Ce livre s’est donc formé comme un parcours « étiologique », une recherche des causes, dont la poésie – comme aux origines des écritures et au-delà des apories de l’histoire et des sciences – reste le témoin le plus fidèle. Une poésie néanmoins consciente de son inactualité : car sa parole – comme l’écrit Paul Celan – n’est pas d’ici ; elle est le Zeltwort, le « mot-tente » qui nous réunit, « au nord du futur ».

Carlo Ossola (Turin, 1946) est professeur émérite au Collège de France, chaire de « Littératures modernes de l’Europe néolatine ». Il est membre de l’Accademia Nazionale dei Lincei ; de l’American Academy of Arts and Sciences ; fellow de la British Academy. Parmi ses ouvrages récents aux Belles Lettres : L’Automne de la Renaissance (2018), Les Vertus communes (2019), La Vie simple (2023), Entrez sans frapper (2025), L’Avenir de nos origines (2026) et Alléger le temps (2026).

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Pierre-Marie Morel : Aristote

 Flammarion - Octobre 2026 - GF


L’œuvre d’Aristote traduit la volonté constante de comprendre le réel dans sa diversité. Contre le risque d’une réduction du savoir aux abstractions vides, mais également contre la fascination qu’exerce la multiplicité considérée pour elle-même. Lire Aristote, c’est donc mettre la philosophie à l’épreuve, et cela dans tous les domaines où s’accomplit le travail de la raison : les principes de la philosophie naturelle, les problèmes de méthode, la science de l’être en tant que tel, la connaissance du vivant, la recherche de l’excellence morale et du bien commun. Tel est le parcours que cet ouvrage propose au lecteur. Il le fait ainsi participer à un défi radical et fondateur.

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Cécile Alduy : D'abord ils sont venus chercher les mots

 Les Arènes - Septembre 2026


Cécile Alduy, professeure à Stanford et chercheuse en analyse du discours, étudie depuis des années comment l'extrême droite mène sa guerre culturelle. Depuis l'élection présidentielle américaine de 2024, ses recherches l'ont rattrapée brutalement : soudain, des centaines de mots ont été censurés, des bases de données effacées, des enseignements interdits, les universités et la démocratie attaquées. Et bientôt ce sont des étudiants, des voisins, qui disparaissent.
Comment analyser un pouvoir quand il commence par détruire les mots et les savoirs qui permettent de le comprendre ? Quand il détruit la langue elle-même ?
Dans cette enquête saisissante, Cécile Alduy raconte la bascule autoritaire américaine de l'intérieur, depuis la disparition des mots jusqu'à celle des personnes. Mais le cas américain dit plus que lui-même : il révèle la matrice commune des extrêmes droites occidentales, leur guerre contre les savoirs, les minorités, la mémoire et la réalité elle-même. Un signal d'alarme pour la France, à quelques mois de la présidentielle.

Cécile Alduy est professeure de littérature à l'université Stanford et chercheuse associée au Cevipof de Sciences Po Paris. Elle a publié La Langue de Zemmour (Seuil, 2022) et Marine Le Pen prise aux mots (Seuil, 2015).

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Olivier Mannoni : La pensée piétinée. Pourquoi le fascisme écrase la culture

Éditions Héloïse d'Ormesson - Octobre 2026


Rarement la culture aura été aussi attaquée. Olivier Mannoni démontre pourquoi la voir suffoquer est la promesse d'une mort démocratique certaine.
Avec la lucidité qui le caractérise, le traducteur Olivier Mannoni part de la langue pour décrypter les coups portés à la culture. Par le verbe, il extrapole et scrute les derniers événements qui ont manqué de mettre à terre un écosystème déjà fragilisé par des enjeux technologiques comme le numérique ou l'intelligence artificielle. De la réaction à la scène d'ouverture des Jeux olympiques de 2024 à la commission d'enquête de Charles Alloncle contre l'audiovisuel public, en passant par la mainmise de Vincent Bolloré sur les univers du livre, de la presse et du cinéma, il analyse les outils belliqueux utilisés ainsi que les cibles visées, afin de lever le voile sur ce qu'hier encore l'on nommait pudiquement la droitisation de la société, mais qui apparaît bel et bien être une fascisation de la pensée. Magnats de l'industrie et de la presse, politiciens d'extrême droite et " intellectuels " bas du front semblent ne plus avoir qu'un seul but : détruire la culture pour la récupérer et l'accommoder à leur sauce (brune, évidemment).
Si avec son précédent essai paru en 2024, Coulée brune, Olivier Mannoni pouvait encore se positionner en lanceur d'alerte, les enjeux actuels exigent d'aller au-delà. Ce livre est donc porteur d'une analyse de ces manœuvres de sape, mais aussi de clés pour passer à l'action, proposer quelques moyens de les contrer et entrevoir, derrière la boue, l'espoir.

Né en 1960, Olivier Mannoni a fondé l'École de traduction littéraire en partenariat avec le CNL et a présidé l'ATLF. Traducteur de plus de 200 titres, spécialisé dans les textes sur le IIIe Reich, il est aussi critique littéraire et biographe. Entre 2011 et 2021, il s'est attelé à la réédition critique de Mein Kampf d'Adolf Hitler. Il s'en expliquera dans Traduire Hitler publié en 2022 aux éditions Héloïse d'Ormesson et dans Coulée brune paru en 2024.

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Pascale Molinier : Prêter attention. Care, science, psychanalyse

 MSH Paris - Octobre 2026


Les études de care se sont développées en France depuis 2005, d’abord difficilement : la non-traduction du concept le rendait douteux, on l’imaginait « mièvre » et sans consistance politique. La pandémie de Covid-19 lui a donné une légitimité, parenthèse vite refermée.Pascale Molinier, psychologue sociale et spécialiste des situations de soin et du travail, se place au carrefour de ses terrains, en Seine-Saint-Denis ou en Colombie, pour renouveler les interrogations sur le care.D’abord, l’autrice relève les contradictions entre care et psychanalyse, dont les pères, Freud ou Lacan, ne considèrent pas les femmes comme des sujets éthiques, tandis que l’anthropologie du care fait la promotion des femmes comme agentes morales, mais dont la violence est laissée hors champ, au risque d’un dévoiement vers une morale de bons sentiments.De plus, elle montre que l’institutionnalisation du care (notamment l’effervescence du cuidado en Amérique latine) comporte des risques d’instrumentalisation en faveur des personnes privilégiées et du contrôle social des pauvres par les politiques publiques.Enfin, l’autrice introduit une distinction entre travail de soin et travail de care, au sens où la non traduction du concept embarque de fait la dimension éthique et, avec elle, des réponses aux besoins des autres et d’attention à leur vulnérabilité.Avec pour fil rouge le concept lacanien de sublimation, élévation à la fois individuelle et collective, mais ici dépouillé de toute notion de reconnaissance, Pascale Molinier termine par une réflexion sur le travail des chercheurs, dans ce moment où la science est attaquée, pour rappeler que celle-ci ne se réduit pas au spectacle consternant d’une forme de productivité effrénée, mais qu’elle forme une communauté passionnée.

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vendredi 9 octobre 2026

Nicolas Lema Habash, Ernesto Ruiz-Eldredge Molina (dir.) : Les Temps de la critique: Recherches sur la temporalité

 Classique Garnier - Octobre 2026


Le temps sort-il indemne dans notre société ? Que peut encore la critique dans un présent hanté par la catastrophe et les discours de la fin ? En croisant marxisme et théorie critique dans leur rapport à l'histoire, ce volume montre que la temporalité n'est pas un cadre neutre, mais une réalité produite par une forme sociale déterminée. De Bloch, Benjamin et Marcuse à Anders, Adorno et Mariátegui, il suit les lignes de fracture d'un temps historique traversé par le conflit, où se nouent expérience temporelle, rapport à l'histoire, hétérochronies, finitude et révolution. Une enquête sur les formes historiques du temps et sur un autre rapport au temps, seulement possible sans garantie, à partir d'une critique du temps du capital.

Ernesto Ruiz-Eldredge Molina est docteur en philosophie de l'université de Poitiers et de l'université Goethe de Francfort. Il a enseigné à l'université de Poitiers et à l'université Humboldt de Berlin. Membre associé du Centre Marc Bloch de Berlin, il est également membre du comité de rédaction de la revue Iconoclasia. Investigaciones sobre y desde Marx.
Nicolas Lema Habash est professeur associé au département de philosophie de l'université de los Andes, Bogotá, et membre associé au Centre d'histoire des philosophies modernes de la Sorbonne. Docteur en philosophie de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il est l'auteur de Duratio vitalis. Figures et variations de la vie dans la philosophie de Spinoza (Paris, 2022).

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Ernest Becker : Le déni de la mort

 Editions Carmin - Octobre 2026


Prix Pulitzer de l’essai en 1974 ― première traduction française. Pourquoi la peur de la mort joue-t-elle un rôle si profond dans nos vies ? Dans Le Déni de la mort, Ernest Becker défend une thèse devenue classique : la conscience de notre mortalité constitue l’un des ressorts fondamentaux du comportement humain. Pour supporter cette condition, nous construisons des systèmes de sens, des croyances, des œuvres et des formes d’héroïsme qui nous donnent le sentiment de participer à quelque chose qui nous dépasse. À la croisée de la psychologie, de la psychanalyse, de l’anthropologie, de la philosophie et de la religion, Becker relit Freud, Kierkegaard, Otto Rank et plusieurs grands penseurs du XXe siècle pour montrer comment notre besoin de transcender la mort façonne aussi bien la personnalité individuelle que la culture et la société. Publié en 1973 et récompensé l’année suivante par le prix Pulitzer, Le Déni de la mort est aujourd’hui considéré comme l’œuvre majeure d’Ernest Becker. Cette édition en constitue la première traduction française.

Ernest Becker (1924-1974) est un anthropologue et penseur américain, connu pour ses travaux sur la peur de la mort, l’héroïsme et les fondements symboliques de la culture. Croisant anthropologie, psychologie, psychanalyse et philosophie, il a développé une réflexion originale sur la manière dont l’être humain construit du sens pour affronter sa finitude. Son ouvrage majeur, Le Déni de la mort, publié en 1973, a reçu à titre posthume le prix Pulitzer de l’essai en 1974.auteur.

Radu Stoenescu est traducteur et éditeur. Diplômé de philosophie de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et de lettres modernes, il a traduit plusieurs ouvrages de philosophie et de sciences humaines. Il dirige les Éditions Carmin, spécialisées dans la traduction française d’essais majeurs encore inédits ou indisponibles.

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Patrick Tort : L'origine du symbolique. Histoire naturelle et sociale du paraître

 Champion - Octobre 2026



Avec ce livre fondateur, Patrick Tort explore la genèse, les métamorphoses et l'hypertrophie contemporaine du symbolique. Sous les lumières croisées des sciences naturelles, psychologiques et sociales, il révèle une puissance d'illusion et d'imposture qui, aujourd'hui détachée de la vie et de la vérité, en vient à dominer la politique mondiale.
La " faculté symbolique " est devenue, dans la modernité, le nouveau "propre de l'Homme". L'idéalisme philosophique, que l'on pensait banni par l'exigence scientifique, en a fait son cheval de Troie au cœur des sciences humaines. L'intelligence y butte comme sur le mystère d'une nouvelle religion.
Dans sa genèse la plus naturelle, le symbolique n'a cependant pour source et pour ressource que le corps vivant et ses multiples échanges écosystémiques avec les autres corps.
Ce livre d'une rare ambition théorique raconte comment le symbolique naît dans le mensonge et dans l'illusion, dans l'affrontement et dans la séduction, et montre que le matérialisme, qui restaure périodiquement la lisibilité des processus, n'est pas une philosophie, mais la condition méthodologique de la connaissance objective.

PATRICK TORT, Philosophe, linguiste, historien des sciences biologiques et humaines, a joué un rôle majeur dans la connaissance et la compréhension contemporaines de la pensée et de l'œuvre de Darwin, dont il est l'éditeur en français. Lauréat de l'Académie des sciences, il a dirigé le Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution, a publié une soixantaine de livres et près de 2 600 articles. Tout en poursuivant l'explicitation des principes méthodologiques de son Analyse des complexes discursifs, il dirige actuellement la réalisation du Dictionnaire du matérialisme.

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Alexandra Guité-Verret, Syliane Malinowski-Charles (dir.) : Apprivoiser la mort au XXIe siècle. Enjeux philosophiques, perspectives scientifiques et sociales

 PU de Laval - Octobre 2026


Les textes rassemblés dans cet ouvrage abordent la mort, ses significations au fil du temps, ainsi que ses limites, tant physiques que métaphysiques. Que pouvons-nous encore dire de la mort au XXIe siècle ? Que nous dit le rapport des époques passées à la mort sur les liens que nous entretenons aujourd’hui avec elle ? Quel sens pouvons-nous attribuer à la souffrance qu’elle fait naître ? Que nous est-il permis d’espérer et comment nous est-il possible de l’apprivoiser, lorsqu’elle surgit concrètement dans nos vies ? Nous vivons dans une société où la réalité de la mort est désymbolisée et niée, pour ne pas dire dénuée de sens face aux mœurs et aux politiques actuelles, centrées autour du désir de repousser toujours plus loin les limites de la finitude humaine. Réfléchir aujourd’hui au sens à donner à la mort, en utilisant les outils que nous fournissent différentes sciences, nous permet paradoxalement de vivre plus pleinement notre vie.

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Sören Kierkegaard : Correspondance (1829 - 1855)

 DES SYRTES - Octobre 2026


La correspondance de Søren Kierkegaard offre un rare portrait intime du philosophe : tendre, polémique ou stratège, mais toujours animé par la même exigence éthique. Rassemblées et commentées, ces lettres - de la jeunesse amoureuse à la maturité théologique puis aux controverses finales - révèlent la genèse d'une pensée où l'individu et la relation à l'oeuvre occupent le centre. Plus qu'un simple document d'archives, ce volume se lit comme un texte littéraire : il met en lumière la vie affective, morale et publique d'un auteur dont les paradoxes éclairent encore notre présent. Cette correspondance permet de mieux comprendre les motifs intimes qui ont nourri l'oeuvre kierkegaardienne et devient, à elle seule, un outil essentiel pour saisir la naissance et le développement de sa pensée.

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Paul Colrat : Salvations

 Editions du Cerf - Octobre 2026


Et si la question la plus urgente n’était pas « être sauvé », mais « se sauver » ?

Cet ouvrage propose un déplacement radical : penser non pas le salut comme destinée ultime, mais la salvation comme expérience concrète, quotidienne, vitale. Se sauver, c’est fuir un danger, guérir, résister, se protéger, autant de gestes ordinaires sans lesquels aucune existence ne se maintient. Car vivre, c’est d’abord échapper, sans cesse, à ce qui menace.
À rebours d’une tradition centrée sur l’être, ce livre affirme la primauté de la donation de la salvation sur toute effectivité. Avant même de savoir ce qu’est une chose, encore faut-il en avoir pris soin. Avant même d’avoir une identité, si cela est possible, il faut s’être échappé de l’inexistence.
De Platon à Jacques Derrida, la philosophie n’a cessé de poursuivre ce geste : se sauver de l’erreur, de l’illusion, de la perte. Mais cette entreprise est traversée de paradoxes, on ne se sauve parfois qu’en renonçant, en perdant, voire en détruisant.
À partir d’analyses fines de nos expériences les plus simples comme la naissance, le souffle, la souffrance, le répit, Paul Colrat dessine ici une sotériologie rationnelle, affranchie de tout cadre strictement théologique. Car aimer, soigner, ou simplement éviter un danger, c’est déjà vouloir la salvation : la sienne comme celle des autres, toujours avant même de savoir qui ils sont.
Un livre puissant et original, qui invite à repenser la philosophie depuis son urgence la plus fondamentale.

Ancien élève de l’ENS de Lyon, agrégé et docteur en philosophie, Paul Colrat est l’auteur de nombreux ouvrages dont La communion qui vient, Platon, sauver la cité par la philosophie ou Le mythe du philosophe-roi.

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jeudi 8 octobre 2026

Foucauld Giuliani : L’Espérance ravivée À partir d’Arthur Rimbaud et de Philippe Jaccottet

 Van Dieren - Octobre 2026


Croyants, vivant au cœur d’une foi essoufflée, parfois ressentie comme obscure ou vaine, nous pouvons nous laisser informer par l’expérience existentielle et le témoignage littéraire de non-croyants qui ont lutté pied à pied avec le désespoir.
Cela suppose sans doute de se délester de nos appareils dogmatiques, de tenter – autant que faire se peut – d’aborder ces œuvres à mains nues, avec honnêteté et amour.
Alors, peut-être, l’espérance deviendra plus vraie et son chemin étroit à nouveau possible.

Foucauld Giuliani est né en 1990 à Lyon, il vit dans l’Aisne et enseigne la philosophie à Paris. Cofondateur du café-atelier solidaire parisien “Le Dorothy”, lieu issu de la tradition du christianisme social, il est l’auteur de plusieurs ouvrages.

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Laure Bordonaba et Nathalie Chouchan (coord.) : L’État de droit

 Vrin - Octobre 2026 - Cahiers philosophiques


« Qui ne respire pas mieux lorsqu’il apprend que le droit règne et que l’État et le droit marchent main dans la main? », note en 1965 dans son dernier essai le juriste Otto Kirchheimer, comme pour souligner l’évidence du besoin d’un État de droit autant que la faiblesse et l’inconsistance d’une caractérisation aussi indéterminée. La notion fait l’objet de controverses théoriques qui, aujourd’hui comme par le passé, s’articulent à des divergences politiques. Conçu comme un simple cadre formel et procédural destiné à garantir les droits et libertés individuels, l’État de droit accompagne la logique du marché. A l’opposé, on peut réfléchir à un « État de droit social » qui place au cœur de ses préoccupations la question de la justice du droit.
L’histoire du XXe siècle nous a appris qu’il ne suffit pas qu’un État soit régi par le droit pour prévenir une bascule autoritaire. La violence et l’arbitraire de nouveaux modes d’action politiques et policiers prennent alors pour cible la hiérarchie des normes juridiques et l’État qui s’y adosse.
Mais l’État de droit est déjà affaibli quand sa lettre seule est respectée et son esprit plus ou moins gravement bafoué, qu’il s’agisse de l’indépendance de la justice, de la manière de gouverner ou de la capacité effective des citoyens à être entendus.

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Proclus : Éléments de théologie

 Vrin - Octobre 2026


Œuvre capitale, les Éléments de théologie de Proclus (412-485) obéissent à un double projet de systématisation et de totalisation de la métaphysique néoplatonicienne. À travers une adaptation de la méthode géométrique d’Euclide à la théologie, ils déroulent, au fil de 211 propositions, la « chaîne d’or » des réalités premières, depuis l’Un-Bien jusqu’aux âmes, tout en démontrant les lois qui président à leur ordonnancement.
Cette nouvelle traduction, appuyée sur un texte grec entièrement révisé, s’accompagne d’un commentaire qui reconstitue le mouvement argumentatif de chaque proposition comme leur place dans l’enchaînement déductif global. Elle vise ainsi à rendre de nouveau accessible à un large public une oeuvre fondamentale pour toute la tradition philosophique, un admirable monument spéculatif.

Sous la direction de Gwenaëlle Aubry et Laurent Lavaud avec la collaboration de Luc Brisson et Philippe Hoffmann.Texte grec de l’édition de E.R. Dodds révisé par Carlos Steel.Traduction, notes et commentaires par G. Aubry, L. Brisson.

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Pierre Vinclair : Le Mot juste. Essai sur la politique du langage

 PUF - Octobre 2026


Le langage est devenu un champ de bataille. Des policiers de la langue officielle aux militants qui y voient la première instance révolutionnaire, des critiques du fascisme de la « novlangue » aux paranoïaques de la « bataille culturelle », les mots semblent désormais investis d’un pouvoir sans limite, que chacun souhaiterait se réapproprier.
Derrière cette illusion, toutefois, se cachent un ensemble de croyances et de clichés relatifs à l’usage public et politique des mots – qui en font autant d’instances magiques. À rebours de cette tendance qui fait les débats et les querelles du présent, Pierre Vinclair livre une enquête urgente, à la fois poétique et métaphysique, sur les conditions réelles de la puissance politique du langage.
Que peut-on vraiment faire avec les mots ? Comment le faire ? Comment dire enfin le mot juste ? Pour répondre à ces questions, il n’y a qu’un seul chemin possible : retrouver, au cœur même des phrases, de leurs articulations et de leur syntaxe, leur propre capacité anarchique de création, en dehors de toute institution établie.

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mercredi 7 octobre 2026

Olivier Grenouilleau : L'invention du travail

 Cerf - Octobre 2026


L'histoire d'un phénomène qui a transformé l'humanité.Le travail est partout. Il structure nos vies, nos sociétés, nos imaginaires. Pourtant, loin d'être une donnée éternelle, il est une invention de l'histoire. Comment l'activité humaine est elle devenue ce principe d'organisation, de dignité, mais aussi de contrainte qui définit les sociétés modernes ?Du Néolithique aux mutations technologiques de notre temps, en passant par le Moyen Âge et la Belle Époque, Olivier Grenouilleau remonte aux sources de cette métamorphose décisive. Croisant histoire, philosophie et anthropologie, il montre que le travail est moins un destin qu'une construction, une idée que les hommes n'ont jamais cessé de penser.Un livre majeur pour comprendre ce que travailler veut dire ― hier, aujourd'hui, demain.Membre de l'Institut, Olivier Grenouilleau est l'auteur d'une oeuvre récompensée par de nombreux prix et internationalement reconnue. Il compte parmi les grands historiens d'aujourd'hui.

Membre de l'Institut, Olivier Grenouilleau est l'auteur d'une oeuvre récompensée par de nombreux prix et internationalement reconnue. Il compte parmi les grands historiens d'aujourd'hui.

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Jonathan Sterne : À mon corps défaillant. Phénoménologie politique de la déficience

 Philharmonie éditions - Octobre 2026


Au sortir d’une série d’opérations, Jonathan Sterne se réveille et sent sa voix le « trahir » : de cette faille surgit une enquête nécessaire. Dans cet essai qui mêle les genres et les tons (notes autobiographiques, réflexions philosophiques, visite guidée d’une exposition imaginaire, petit manuel théorique à usage pratique…), le grand théoricien des sound studies se penche sur ce que « déficience » veut dire. Une corde vocale paralysée, un dispositif technique d’amplification, une perte d’audition, une phénoménologie de la fatigue sont autant de prétextes à une méditation sur la capacité d’un sujet à agir ou à être conscient de soi. Jonathan Sterne met sa verve et son savoir au service d’un questionnement et d’une critique radicale de la soi-disant « normalité ».

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Collectif : Vrai, faux et preuve à la Renaissance. « Au jugement de notre suffisance » (XVe-XVIIe siècle)

 Classiques Garnier - Octobre 2026


À la Renaissance, le vrai et le faux ne se présentent pas comme des essences stables, mais comme le produit de pratiques situées, de procédures et de dispositifs de preuve. Ce volume explore les lieux où s'élaborent les régimes de vérité : ateliers scientifiques, fabriques du langage littéraire, controverses historiques et confessionnelles, rituels du corps et de la foi, jusqu'aux interrogations sceptiques sur la possibilité même de juger. En refusant de rapporter le vrai et le faux au seul jugement de notre suffisance, les contributions réunies ici abordent la Renaissance comme un laboratoire épistémique marqué par la pluralité et la concurrence des formes de véridiction.

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