lundi 2 novembre 2026

Marcelo Real : Micropolitiques de la sensation. Analyse de l'inconscient et psychédélie

 Presse du réel - Octobre 2026


La « cure par la parole » ne se limite pas à parler ; elle porte également sur les sensations érogènes d'odeur, de couleur ou de bruit, voire sur l'angoisse, la douleur, le plaisir et même les anesthésies. Mais alors, la psychanalyse – au sens large, sans la limiter au cabinet ni au domaine exclusif des experts – a-t-elle pour but de dominer ou d'éliminer ces événements sensibles ? Vise-t-elle à les produire, ou à en amplifier, à en démultiplier les effets ? À les rendre signifiants, ou à en faire des signes ? En définitive, à quel point les différentes modalités d'analyse de l'inconscient − présentes ou à venir, au sein des institutions et en dehors de celles-ci − permettent-elles de sentir autrement ?
L'analyse en tant qu'exercice critique de la sensibilité engage l'analysant et l'analyste dans un rapport de sensations qui implique paradoxalement l'insensible. Il est notable que les premiers textes freudiens problématisent cette logique de la sensation, pourtant longtemps négligée par une grande partie de la tradition psychanalytique qui privilégie plutôt celle du sens, et en mettent en évidence les nuances, la distinguant ainsi de la métapsychologie de l'affect. C'est précisément dans ce sillon que l'analyse de Lacan – et, toute proportion gardée, la philosophie de Deleuze – relève le pari de construire une esthétique − au sens strict du grec aisthesis (sensation) – non kantienne qui tienne compte de l'inconscient.
Face à la nature éminemment sensible des effets des psychotropes, leur étude s'impose pour explorer ces questions, comme en atteste le phylum remontant depuis les expérimentations de Freud sur la cocaïne jusqu'à la reprise lucide, par Guattari, de la molecular revolution de la Beat Generation. Les expériences psychédéliques – induites par l'ayahuasca, le peyotl, les champignons ou des molécules comme le LSD, la DMT, la mescaline et la psilocybine – se répandent en tant que telles depuis les années 1950 en France, dans les Amériques et ailleurs, dans des usages tantôt dissidents, tantôt réactionnaires. Déployées dans des contextes littéraires, néochamaniques et cliniques nourris d'une certaine conception de l'inconscient, elles relèvent d'une analyse au prisme des intensités maximales, de visions impossibles et de fantasmes aberrants.
Focalisé sur leur versant expérimental radical, ce parcours montre comment, par des moyens spécifiques, la psychanalyse et la psychédélie constituent des pratiques sémiotiques et micropolitiques de rupture du sens commun et de dérèglement des sens, qui bouleversent les rapports entre le sens et les sens, et produisent des mutations plus ou moins permanentes des conditions du sentir.

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Critique n°947 : Cosmopolitiques

 Minuit - Octobre 2026


Comment faire monde sans réduire la pluralité des mondes ?
Longtemps associée à l'idéal d'une humanité réunie par-delà les frontières, la cosmopolitique connaît aujourd'hui de profondes transformations. À l'heure des guerres entre grandes puissances, des bouleversements écologiques et de l'intensification des logiques extractivistes, elle désigne aussi la recherche de formes de coexistence capables d'accueillir des différences irréductibles : entre humains, mais également entre humains et non-humains, savoirs scientifiques et savoirs vernaculaires, cosmologies et manières d'habiter la Terre. De la philosophie à l'anthropologie, de la pensée écologique aux luttes autochtones, ce déplacement ouvre un nouvel espace théorique et politique, en pleine effervescence.
Ce numéro explore les multiples vies d'une notion devenue cruciale pour comprendre comment habiter ensemble un monde qui ne sera jamais un seul monde.

Dossier coordonné par Germana Berlantini et Davide Gallo Lassere.

Sommaire

Jamila Pinheiro Dias : Ailton Krenak et la reforestation du temps
Jeanne Etelain : Les êtres-Terre. Un cosmopolitisme de la divergence
Julien Pallotta : Réflexions sur l'équivocité de l'idée cosmopolitique aujourd'hui
Pierre Sauvêtre : Géopolitique de la lutte des mondes Sarah Vanuxem : Des communs sans communisme
Patrice Maniglier : Faire revenir la politique sur Terre Sophie Gosselin : Contre-récits de l'Anthropocène
Entretien avec Étienne Balibar
Entretien avec Philippe Descola
Entretien avec Isabelle Stengers

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Marie-Laure Léandri, Daniel Metge (dir.) : La question du père

 Erès - Octobre 2026


Comment penser le père aujourd'hui ? Au carrefour d'une fonction, d'un personnage et d'une personne, il reste, malgré sa fin annoncée, un organisateur central de la vie psychique de l'infans. Si le complexe d'oedipe est un moment central du complexe paternel, celui-ci se préfigure dès la naissance de l'enfant, voire dès sa conception. La présence corporelle et relationnelle du père concourt au développement de l'enfant, de façon directe mais aussi dans son lien à la mère. Et ce lien complexe définit des champs d'identifications mutuelles essentielles pour l'enfant.
Les diversités contemporaines des modes de conception ouvrent à de nouvelles questions relatives au rôle paternel et confirment que la question du père se pose, même là où on ne l'attend pas.
Quelle place a, quelle place prend le père auprès du bébé ? Est-on père dès le début de la même façon, à l'identique, d'une fille ou d'un garçon ? Quelles conséquences a le fait de devenir père sur le psychisme de l'homme ? Et le rôle de la mère dans cette construction ?
Telles sont quelques-unes des problématiques que nos auteurs explorent en interrogeant les différentes figures du père que la clinique nous donne à entendre.

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Thibaut Sallenave : Des amitiés ordinaires. Éloge des liens imparfaits

 Editions de l'Aube - Novembre 2026


Pourquoi attendons-nous tant de nos amis?? Nous rêvons l’amitié comme un lien sans faille, fait de confiance, de fidélité et de compréhension. Pourtant, nos amitiés réelles sont rarement à la hauteur de cet idéal. Nous nous décevons, nous nous blessons, nous nous éloignons. Certains amis disparaissent, d’autres nous surprennent. Et les liens que nous pensions indéfectibles se révèlent parfois fragiles. Faut-il pour autant parler d’échec?? En prenant ses distances avec les représentations idéalisées que nous ont léguées la philosophie et la littérature, Thibaut Sallenave explore nos amitiés telles qu’elles sont?: imparfaites, ambiguës, changeantes – et pourtant essentielles. Car c’est peut-être en renonçant à demander à l’amitié d’être parfaite que nous pouvons comprendre ce qui fait véritablement sa valeur. Un essai philosophique sensible sur nos liens, leurs fragilités et la place irremplaçable qu’ils occupent dans nos vies.Thibaut Sallenavenormalien, agrégé et docteur en philosophie, enseigne en classes préparatoires. Il est notamment l’auteur du Petit traité de la ponctualité, Prix lycéen du livre de philosophie 2025, chez le même éditeur.

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dimanche 1 novembre 2026

Michel Guérin : Kant. Servitude et grandeur du transcendantal

 Hermann - Octobre 2026


Quoique synthétique, cet essai ne vise aucunement à présenter dans ses grandes lignes l’ensemble de la philosophie de Kant. Celle-ci est appréhendée à travers la problématique spécifique du transcendantal. Partant de l’hypothèse que ce concept condense l’esprit de la pensée du philosophe, l’auteur s’efforce d’en examiner ce qu’il recèle à la fois d’anticipation décisive et d’obédience plus ou moins assumée à la tradition de la métaphysique.
En portant une attention particulière aux trois Critiques, l’analyse croit pouvoir y déceler autant de hardiesse que de prudence. Car le transcendantal, qui fonde sur l’énergie propre des facultés, par un côté marque la rupture tant avec l’empirisme qu’avec l’innéisme en reconnaissant à l’esprit un pouvoir constituant (dans le domaine théorique), réalisateur (sur le plan pratique), régulateur dès qu’il s’agit des fins. Par l’autre côté, toutefois, il se heurte à une limite génétique : celle-ci n’est autre que la séparation des sensibles et des intelligibles, soit la transcendance dont le point culminant est Dieu.
Qu’il y ait de l’intelligible est une chose ; qu’il emprunte nécessairement le format d’un monde à part en est une autre. C’est proprement à la tension, potentiellement agonale, entre un transcendantal du monde et la transcendance de Dieu, que s’intéresse la présente recherche.

Michel Guérin, est l’auteur de nombreux ouvrages philosophiques s’inscrivant à l’enseigne d’une figurologie. Il a également publié chez Hermann André Leroi-Gourhan, l’Évolution ou la liberté contrainte et Le Signe et la touche (philosophie du toucher).

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Gisèle Chaboudez : Petite préhistoire du rapport sexuel

 Erès - Octobre 2026


Et si l’origine du langage humain était fondamentalement sexuelle ? En s'appuyant sur les découvertes récentes de la préhistoire, cet ouvrage explore comment l'évolution biologique a fait basculer l'humanité de la simple reproduction à l'érotisme continu.
L’évolution des connaissances dans le champ de la préhistoire comporte des faits qui viennent résonner de façon nouvelle avec la conception d’une cause sexuelle du langage. Cette rencontre inattendue a poussé Gisèle Chaboudez à en explorer les termes, à en évaluer les fondements et en esquisser les conséquences.
En cessant de décrire l’activité sexuelle préhistorique comme simplement reproductrice, des préhistoriens changent la donne et ouvrent ce champ à la jouissance spécifique des corps parlants, rejoignant ainsi, sans le savoir, des travaux méconnus de Lacan. Avec le langage, l’Homo sapiens manifeste la jouissance qui résulte de l’interaction du corps et du langage, la représente dans l’art pariétal, lui donne une importance sociale et même sacrée.
Cette préhistoire du rapport sexuel, comme celle du rapport des sexes, intéresse particulièrement notre époque. Or les structures de domination et d'organisation sociale pourraient découler de la façon dont les communautés parlantes répondent au manque structurel du rapport sexuel, pour y suppléer. Que recèle le sexe entre l’homme et la femme pour connaître un destin aussi singulier ? Ce livre offre une grille de lecture anthropologique inédite de nos systèmes de croyances et de pouvoir.

Gisèle Chaboudez est psychiatre, psychanalyste à Paris, membre du bureau d'Espace analytique, rédactrice en chef de Figures de la psychanalyse.

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Jérémy Attard : La connaissance scientifique du monde social

 Matériologiques - Novembre 2026


Les sciences sociales sont-elles, ou peuvent-elles être, des sciences comme les autres ? Cet ouvrage propose de réactualiser le débat sur le monisme et le pluralisme épistémologique en le cadrant à partir des buts épistémiques poursuivis par les diverses disciplines à vocation scientifique : peuvent-elles ou doivent-elles toutes (1) poursuivre les mêmes buts épistémiques, et si oui, (2) être soumises aux mêmes contraintes de justification ?
De ce point de vue, nous dégageons trois positions épistémologiques possibles : une position pluraliste forte considérant que chaque discipline a ses propres buts épistémiques qui dépendent du type d’objets étudiés et ne peuvent donc pas être jugées selon les mêmes critères ; une position moniste forte soutenant que pour être scientifique, une discipline doit poursuivre un ensemble de buts bien déterminés et être jugée selon des critères qui ne dépendent que de ces buts ; et une position intermédiaire, selon laquelle les disciplines à vocation scientifique, et plus particulièrement les sciences sociales ici, peuvent poursuivre les mêmes buts épistémiques que les sciences naturelles (indépendamment de la poursuite éventuelle d’autres buts) et, le cas échéant, doivent être jugées selon les mêmes critères.
Dans cet ouvrage, nous défendons cette dernière position selon un dispositif argumentatif se déployant en trois temps. Après avoir catégorisé les différents arguments classiquement donnés pour soutenir une position pluraliste forte, nous leur opposons des contre-arguments théoriques pour finalement enrichir la défense d’une position moniste intermédiaire par des exemples concrets de courants contemporains en sciences sociales qui, tout en produisant des connaissances scientifiques authentiques sur le monde social, ne semblent pas requérir d’épistémologie drastiquement distincte de celle ayant cours en sciences naturelles.

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samedi 31 octobre 2026

Blaise Bachofen : Jean-Jacques Rousseau. Eléments d'une théorie de la guerre

 PUF - Octobre 2026


Peut-on voir en Rousseau un théoricien de la guerre ? La récente découverte de ses Principes du droit de la guerre invite à relire l’ensemble de son œuvre politique et à y chercher les éléments d’une enquête sur la guerre, qui se révèle beaucoup plus féconde qu’il n’y paraît au premier abord.
Pour Rousseau, la guerre n’a rien d’une relation consentie ou quasi-contractuelle. Elle est une réalité éminemment politique mais ne se laisse pas aisément soumettre au droit, puisqu’elle est une lutte pour l’exercice de la souveraineté, seule instance capable de créer un droit effectif. De là une réflexion profondément originale et toujours actuelle sur la « vie » et la « mort » des corps politiques, qui explique son intérêt pour les guerres insurrectionnelles menées par des « peuples naissants » et qui permet de comprendre les raisons de son scepticisme concernant l’établissement d’un droit des gens et d’une paix perpétuelle.

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Michel Foucault : La Place de l'homme dans la pensée occidentale moderne. Cours de Tunis (1966-1967)

 EHESS/Gallimard/Seuil - Novembre 2026


En 1966-1967, première année de son enseignement à l’université de Tunis, Michel Foucault consacre un cours public à la place de l’homme dans la pensée occidentale moderne. Quelques mois plus tôt, la parution des Mots et les Choses avait suscité de vives controverses en annonçant la « disparition » imminente de l’homme dans les a priori du savoir contemporain.
Pourquoi est-il si difficile de renoncer à l’idée d’homme ? Foucault répond en proposant d’interpréter cette idée comme un « mythe », nécessaire pour que la culture occidentale puisse s’y retrouver malgré l’extraordinaire dispersion de ses manifestations. Il en révèle les motifs et les limites. Il dénoue le paradoxe d’une revendication humaniste qui s’affirme avec d’autant plus de force que ses fondements épistémologiques et culturels commencent à s’effriter. On découvre ainsi un Foucault inédit, « ethnologue » de sa propre culture. Il en explore les lignes de fracture à travers les arts, les sciences, la littérature ou les technologies, et diagnostique l’« universalisation » par le savoir et la colonisation qui conduit toute culture à se définir dans son rapport à l’Occident.
Prononcé dans une Tunisie récemment indépendante, à un moment où les enjeux de cette universalisation croisent ceux de la décolonisation, ce cours invite à relire la critique foucaldienne de l’humanisme à la lumière des tensions intellectuelles et politiques de son temps.

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Jacques Derrida : Être témoin. Séminaire (1993-1994). Secret et témoignage, vol. III

 Seuil - Novembre 2026


Édition établie par Geoffrey Bennington et Peggy Kamuf

Entièrement inédit, ce séminaire poursuit, sous le titre général des « Questions de responsabilité », la problématique du témoignage ouverte en 1992. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que « témoigner » veut dire, mais ce que c’est qu’« être témoin ». C’est ainsi depuis une minutieuse relecture de Être et Temps de Martin Heidegger que Jacques Derrida avance le concept d’attestation. Son analyse reconduit le Dasein (« Être-là ») heideggérien tout entier à sa structure de témoin, jusqu’à la question du Schuldigsein– cet être-en-dette ou être-coupable que Derrida traduit par un mot-valise de son invention, la « culparesponsabilité » – et à celle de l’inquiétante étrangeté, l’Unheimlichkeit, pour laquelle il propose une traduction inédite : « la horde chez soi ».
Que le séminaire s’ouvre par le mot de « porter » donne le ton car Derrida en tire toute la polysémie, du porter témoignage à la portée musicale ou la mère porteuse, en passant par cette traditionnelle mais douteuse dissymétrie – relevée par Freud dans « L’Homme aux rats » puis par Joyce dans Ulysse– entre la supposée certitude sensible de la maternité, et l’hypothèse toujours risquée de la paternité. Dissymétrie que la procréation assistée et le droit du corps mort viennent aujourd’hui déstabiliser plus encore.
Entre lectures de Nietzsche, de Hamlet, ou de Blow-Up d’Antonioni, Derrida témoigne à son tour – jusqu’à cette question qui hante tout le volume : « Serais-je coupable de faux-témoignage ? »

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Didier Fassin : Michel Foucault retrouvé. 16 leçons de philosophie

 Seuil - Novembre 2026


La publication des cours donnés par Michel Foucault au Collège de France a renouvelé la compréhension de son œuvre. En effet, s’y déploient librement sa méthode, son travail critique, son franchissement des frontières disciplinaires, son souci de toujours mettre en cause ce que l’on croit savoir, mais s’y révèlent également ses hésitations, ses obscurités, son humour. Au fil des années, son questionnement se déplace, et l’on passe de la psychiatrie naissante au tribunal des anormaux, de la guerre des races au pouvoir sur la vie, du gouvernement des populations aux écoles du néolibéralisme, des techniques de soi au courage de la vérité, du christianisme au stoïcisme. Prolongement d’une série de podcasts qui a permis, à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, de faire entendre sa voix, ce livre propose une sélection d’extraits des cours, présentés et commentés, qui permettent de ressaisir la cohérence et la créativité d’une pensée en mouvement dont la pertinence et l’actualité ne se démentent pas.

Didier Fassin est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines ». Il est notamment l’auteur de L’Exil, toujours recommencé. Chronique de la frontière (Seuil, 2024, avec AnneClaire Defossez), et a récemment publié Ainsi pensait Michel Foucault. Enquête sur une philosophie pour notre temps (La Découverte, 2026).

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Drouet Griselda, Richard Élisabeth, Bourvon Marie-François (dir.) : Dire et redire II. Bis repetita ?

 PU de Rennes - Octobre 2026


Bis repetita placent ? Assurément, la répétition « plaît ». Délibérée ou spontanée, discrète ou affichée, assumée ou rejetée, la répétition, pour qui prête attention à la langue, est omniprésente. Elle assure le lien entre les locuteurs autant qu’elle garantit à chacun une énonciation propre et originale. Nécessaire dans le cadre d’un apprentissage linguistique, la répétition développe les compétences langagières et permet à chaque locuteur d’ouvrir, d’interroger, de confronter le champ des possibles de la langue. Le discours s’étaye en se re-disant. La répétition facilite la communication et structure l’avancée du discours. Ce qui est redit acquiert une dimension dynamique. Loin d’être des erreurs, la répétition et la redite assurent au contraire la lisibilité et la continuité du discours. C’est ainsi toute la créativité de l’élaboration linguistique tissant les relations intra et intertextuelles qui est ici observée : pouvoir de la répétition qui fait du commun une singularité !

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vendredi 30 octobre 2026

Philippe Hilaire : Le libre parcours. De l'expérience et de la représentation : le paysage

 Hermann - Octobre 2026


Le Libre parcours est une modalité mobile et incertaine du sens de la relation que nous avons à notre environnement. Il modifie, par l’expérience physique, la forme de l’espace en tant qu’elle est un objet perçu du monde et une représentation réalisée et remémorée dans l’instant même de cette expérience. Le paysage devient une saisie du réel qui ne se produit que dans un instant poétique.
Ces deux versants différents de l’appréhension et de la compréhension du sens, se font par un ensemble complexe de relations. Le Libre parcours est alors un système tramé dans lequel le frottement à l’espace, les mémoires, les imaginaires, les savoirs, permettent d’introduire l’impureté, le flou parfois, qui sont les conditions de possibilité du partage de subjectivités. Vient alors un objet immatériel, articulé à une situation pourtant mondaine, que nous savons inépuisable et renouvelable à l’infini dans la manière que nous avons, chacun, de nous l’approprier.
Le texte explore d’abord le paysage comme représentation puis comme expérience. La lecture de deux jardins fait ensuite passage pour faire émerger des significations cachées compréhensibles à travers l’idée du Libre parcours.
Enfin, l’ensemble se présente comme un outil critique des discours, si ce n’est des espaces, pour un regard renouvelé sur le paysage, afin de montrer son opérationnalité par un nécessaire pragmatisme poétique : repère pour la compréhension et, du point de vue du concepteur – paysagiste mais aussi plasticien, musicien et poète en d’autres circonstances – pour la conception de nos espaces contemporains.

Philippe Hilaire est paysagiste dplg, praticien et paysagiste-conseil de l'État. Il est docteur en histoire et sémiologie du texteet de l'image (Paris VII Diderot) et maître de conférencesà l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette.

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Rares Badescu : Le décalage prométhéen. Nature, culture et technique chez Günther Anders

 Otrante - Octobre 2026


Pour unifier son œuvre foisonnante, tant par les styles et périodes d’écriture que par les thèmes abordés, Günther Anders suggère lui-même de la lire comme une série de variations sur un même thème : le décalage prométhéen. Ce concept désigne l’écart sans cesse croissant entre l’humain et son monde, qui condamne celui-là à une insatisfaction de ses besoins, à une vie sociale dominée par l’idéologie, ainsi qu’à une infériorité face aux produits qu’il a lui-même créés.
À cette pente pessimiste s’oppose cependant un mouvement inverse, celui du rattrapage, tentative sans cesse renouvelée pour produire un monde plus humain, selon l’intention du titan prévoyant, voleur de feu et bienfaiteur ambivalent de l’humanité, Prométhée.
Cet ouvrage prend donc au sérieux cette référence mythologique, en proposant une analyse d’inspiration structuraliste qui révèle l’opposition du décalage et du rattrapage à travers les trois états de nature, de culture et de technique. Leur articulation constitue la partie initiale et fondamentale d’une philosophie du décalage.

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Constant Spina : Cicatrices. Comment la vulnérabilité fait monde

Les Liens qui Libèrent - Octobre 2026


À la suite d’une maladie dégénérative et d’une greffe du cœur, Constant Spina devient une personne handicapée et voit profondément transformé son rapport au corps et au monde. Par les cicatrices, il interroge ce que le handicap et la vulnérabilité font à nos corps, à nos relations et à nos manières de faire société. Si la vulnérabilité est souvent racontée comme une expérience universelle, elle ne se vit pas de la même façon selon la classe, la race et le genre. La vulnérabilité est plus ou moins prise en charge en fonction d’une ressemblance à ce que la classe hégémonique considère être la norme, considère être l’humain.
Face à ce constat et à la perspective d’un monde toujours plus marqué par les génocides, les catastrophes sociales, les extinctions d’espèces et les syndémies, Constant Spina interroge les impensés de la gauche radicale et rappelle l’urgence de structurer nos luttes autour d’une “démocratie du soin”. En réinscrivant les politiques du corps dans les conditions matérielles de l’existence, en faisant du soin, de l’interdépendance, du travail, du logement, des revenus ou encore de l’accès
Biographie de l'auteur

Constant Spina est auteur, essayiste et journaliste, de société Manifesto XXI dont il a assuré la direction éditoriale pendant plus de dix ans. Depuis 2019, ses recherches portent sur la montée des extrêmes droites en Occident et sur les politiques du soin, notamment dans les luttes queers. Il est l'auteur de Manifeste pour une démocratie déviante. Amours queers face au fascisme et Lettre infinie (éditions trouble, 2023, 2026).

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Fabrice Guého : Entretiens de Robert Misrahi avec Maurice Barbot

 L'Harmattan - Octobre 2026


Pour résoudre les problèmes qui se posent à l’être humain, il faut comprendre sa nature et se libérer des illusions culturelles. On découvre alors que tout individu est un sujet libre, conscient et capable de choisir. Mais face à des choix souvent hasardeux, cette liberté doit se construire : réflexion et désir doivent s’harmoniser dans la construction de soi.
L’éthique ne repose ni sur le caprice ni sur une prétendue objectivité des valeurs, mais vise le plus désirable : le bonheur du plus grand nombre. Sans politique, elle reste inefficace ; sans éthique, la politique devient arbitraire et injuste. Une existence heureuse, fondée sur des relations harmonieuses et un amour véritable, devient ainsi accessible à tous.

Fabrice Guého, M2 et agrégé de philosophie, a développé une philosophie personnelle librement inspirée par celle de Robert Misrahi à laquelle il est resté fidèle tout en gardant une distance parfois critique. Il a réalisé la présente édition de ces dialogues dans un ordre logique et cohérent, en ajoutant de nombreuses notes pour approfondir et saisir les enjeux d’une philosophie exigeante et néanmoins accessible à tous.

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Archives de philosophie, n° 89 | 2026 : Métamorphoses de Sénèque. Fortune de l’éthique stoïcienne du Moyen Âge à la Renaissance

Facultés Loyola Paris - Octobre 2026




 

jeudi 29 octobre 2026

Nicolas Monseu : Conscience et libération. La découverte du soi dans la philosophie du yoga

 Hermann - Octobre 2026


La pratique du yoga n’est pas uniquement une technique de bien-être  ; elle repose sur une vision du monde et du sujet qui engage un renversement de perspective : la découverte du soi. Le travail éthique, philosophique et postural du yoga met en œuvre une « traversée » qui conduit le moi à se dessaisir de ses pensées et de ses multiples attraits en retournant progressivement le regard vers l’intériorité, en direction d’un principe de conscience, « témoin » de toute pensée. C’est à exercer ce réfléchissement – ou cette rotation –, que le yoga engage. En élevant l’humain à la conscience de sa nature profonde et à la libération de ce qui la conditionne, il propose une philosophie complète de l’humain enracinée dans le corps vivant et son expérience consciente.
Cet ouvrage propose d’explorer la dimension réflexive inhérente à la pratique du yoga, ainsi que la portée phénoménologique de l’attitude qu’elle cultive, fondée sur une posture de témoin. La découverte du soi n’est pas un retour à la vie personnelle, mais un retour à une capacité d’observation et de vigilance à l’égard de la vie psychique et du monde. Le moi n’est alors plus enfermé dans ses pensées personnelles, mais est capable de s’élever de son individualité empirique, pour réaliser en lui-même le soi en tant que pure présence à la manifestation, en portant un regard affranchi sur son expérience et sur le monde.

Nicolas Monseu est professeur au département de philosophie de l’Université de Namur (Belgique). Il enseigne l’histoire de la philosophie et la pensée indienne.

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