samedi 3 octobre 2026

Fanny Lederlin : L'ersatz. L'ère du toc

 PUF - Octobre 2026


« Ersatz : L'Ère du toc » Ersatz. Le mot vient de la langue allemande et signifie « produit de substitution ». En comblant le manque par la profusion de substituts fallacieux, et en s'imposant comme un intermédiaire numérique incontournable entre le monde et nous, l'ersatz nous empêche d'avoir prise sur notre environnement aussi bien que sur les évènements qui y surgissent. Comment sortir de cette ère du toc ?

Docteure en philosophie politique et autrice, Fanny Lederlin réfléchit à des manières de penser et d'agir capables d'ouvrir des espaces de viabilité, de beauté et de liberté dans un monde abîmé et dominé par des logiques instrumentales.

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Roxanne Breton : Trois fois rien. Blanchot. Deleuze. Hegel

 PU Paris-Ouest - Octobre 2026


Maurice Blanchot, obscur pour rien, et Gilles Deleuze, précis pour rien, écrivent la réponse paradoxale de la philosophie française contemporaine à l’invitation immémoriale de Hegel.
Aller plus loin que la dialectique ? C’est trois fois rien. Maurice Blanchot, obscur pour rien, et Gilles Deleuze, précis pour rien, écrivent la réponse paradoxale de la philosophie française contemporaine à l’invitation immémoriale de Hegel. Par l’écriture, par le concept, celle du neutre, celui de l’événement, ces curieux interlocuteurs du maître moderne de la dialectique cherchent ici en littérature, ici en philosophie, à réduire au silence son appel toujours en attente. Le paradoxe, qu’il désœuvre ou qu’il refonde, dit les limites dont s’autorise la pensée de l’écrivain et du philosophe pour ne dire, écrivant, rien de rien. C’est indistinctement épuisant et héroïque. Et peut-être même autrement dialectique. D’une dialectique avant la dialectique, primitivement nommée antilogie, qui recueillerait en elle de tout temps les voix singulières qui voudraient s’arracher du bruit. Pour cela, il suffit de rien. Et c’est déjà beaucoup.

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Alexandre Billon : Le négationnisme scientifique

 Eliott - Octobre 2026


Pourquoi, au XXI? siècle, des millions de personnes pensent-elles encore que les vaccins sont dangereux, que le climat ne se réchauffe pas ou que la Terre est plate ? La réponse facile – ils seraient incultes, irrationnels ou manipulés – ne tient pas. Les enquêtes le montrent : les négationnistes connaissent les arguments des scientifiques, ils les ont lus, ils ne sont pas crédules. Et ils continuent à dire non. Dans cet essai, Alexandre Billon propose une thèse aussi inconfortable que stimulante : le négationnisme scientifique n'est pas un vestige obscurantiste, c'est un enfant des Lumières. Né à la Révolution française, quand les sciences sont devenues trop complexes pour rester accessibles au peuple, il exprime une révolte démocratique contre une expertise jugée confisquée. Une révolte délétère, certes – mais étonnamment raisonnable. En convoquant la philosophie des sciences, l’histoire, la psychologie et l'épistémologie sociale, ce livre déplace radicalement le regard. Il distingue le négationnisme du complotisme, montre ses liens avec le populisme politique, et conclut par une question vertigineuse : si nous ne pouvons plus combler le fossé entre la science et les citoyens, sur quoi peut encore reposer notre démocratie ? Un essai limpide qui parlera à quiconque s'est déjà senti désemparé devant un proche qui ne croit plus aux experts.

Alexandre Billon, philosophe, écrivain et poète, est maître de conférences à l’Université de Lille. Outre ses recherches en métaphysique, il est l’auteur de deux livres de poésie, Lettres d’une île (2017) et Comptines de l’inexistence (2021). Il a récemment publié un roman remarqué, Le tutoiement des morts, et l’essai Tout près des choses, chez Éliott.

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Vincent Duclert : La philosophie contre l'antisémitisme. Ce que l’histoire nous apprend

 PUF - Octobre 2026


À la fin du XIXe siècle, l'affaire Dreyfus marque une rupture déterminante dans la haine des juifs. L'arbitraire politique, les attaques contre les libertés individuelles et les menaces contre ce peuple sans État sont alors portés à leur comble avec l'affirmation d'une doctrine sociale, nationale et raciale : l'anti-sémitime. Mais l'Affaire a aussi été la scène d'une lutte inédite contre cette terreur moderne, avec l'engagement d'une rare mais courageuse minorité d'esprits libres. Ces premiers combats sont autant de modèles pour l'avenir, condition de la survie des sociétés démocratiques.
Si l'histoire de l'antisémitisme a été très largement étudiée, celle des mobilisations contre l'antisémitisme demeure méconnue. Centré sur l'affaire Dreyfus, et donnant largement la parole à ses acteurs, ce livre questionne aussi notre temps, dominé par le défi d'affronter une nouvelle fois cette idéologie de la destruction. L'importance de ces luttes réside dans le soubassement philosophique qui les anime. Il n'en est que plus urgent de retrouver l'histoire, de l'écrire et de la faire.

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Christophe David : Introduction à Günther Anders

 La découverte - Octobre 2026


Longtemps prophète de malheur, Günther Anders est devenu le philosophe de notre présent. De la honte face aux machines à l'aveuglement devant la catastrophe nucléaire ou climatique, il montre l'obsolescence d'un humain dépassé par sa propre puissance technique. Il est celui qui nous permet de comprendre pourquoi nous sommes à la fois techniquement des géants et moralement des nains.
Cet ouvrage est le premier en langue française à donner une vue d'ensemble de la vie et de l'œuvre de Günther Anders (1902-1992), en s'appuyant sur les textes publiés et d'autres inédits, déposés au Literaturarchiv de Vienne. Si Anders est connu pour ses engagements (contre le nazisme puis le néonazisme, le nucléaire militaire puis civil et la guerre du Vietnam), sa philosophie de la technique, que déploient les deux tomes de L'Obsolescence de l'homme publiés respectivement en 1956 et 1980, repose sur une philosophie de la culture elle-même soutenue par une anthropologie philosophique. Sans former un système, cette œuvre profonde et stimulante présente une grande cohérence, dont elle tire sa puissance. C'est de cette cohérence et de cette force que ce livre rend compte, en éclairant les principaux concepts d'Anders. Anders est l'un des principaux penseurs, aux côtés de Lewis Mumford et Jacques Ellul, à avoir montré que plus la technique gagnait en autonomie, plus les humains perdaient en liberté.

Maître de conférences en philosophie à l'université Rennes 2, Christophe David a traduit de nombreux ouvrages de Günther Anders, Walter Benjamin et Theodor W. Adorno. Il a coédité le volume collectif Walter Benjamin en exil : entre expérience et pauvreté (avec Florent Perrier, Pontcerq, 2025) et a réuni, traduit puis préfacé les textes qu'Anders a consacrés à Sartre : Sur Sartre (Fario, 2026).

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Charles Bobant, Élodie Boublil & Charles-André Mangeney (dir.) : La vie

 Vrin - Octobre 2026


S’il peut sembler évident que la « vie » constitue, depuis maintenant plus d’un siècle, l’une des prérogatives principales de l’analyse phénoménologique – sinon son thème de prédilection – et ceci à tel point que Renaud Barbaras a pu déclarer que « la phénoménologie est toujours une phénoménologie de la vie », il semble néanmoins que la thématisation phénoménologique de cette notion aura fait montre d’un grand nombre d’ambiguïtés et de glissements sémantiques provoqués par une inflation sans pareil de son usage analogique et métaphorique. Défendre, par exemple, l’existence d’une « vie transcendantale », est-ce réinscrire la subjectivité phénoménalisante dans son appartenance naturelle et biologique, ou au contraire élever cette naturalité à la transcendantalité? Dans quelle mesure peut-on, par suite, apercevoir l’œuvre d’une véritable vitalité dans les prestations phénoménologiques des sujets? Dans quelle mesure les réflexions phénoménologiques contemporaines sur la générativité, l’historicité des formes de vie et leur phénoménalité différentielle, infléchissent ou non le sens de cette transcendantalité? Y a-t-il, en somme, un concept proprement phénoménologique de « vie », et que peut-il nous apprendre de la manière dont nous concevons nos rapports aux vivants et plus encore, que peut-il faire à la manière dont nous envisageons nos rapports à ce monde en tant qu’il porte l’ensemble des ressources sans lesquelles cette « vie » ne sera plus possible?

C’est à ce type de question, et à d’autres encore, que s’attellent les contributions ici réunies, contributions qui ont été communiquées dans le cadre de la seconde biennale internationale de la Société Francophone de Phénoménologie qui a eu lieu à Université Côte d’Azur en 2025. Ces contributions sont suivies de la retranscription de la table ronde réunissant Renaud Barbaras et Étienne Bimbenet, à l’initiative de Grégori Jean (hôte) et d’Alexander Schnell et qui a pu voir le jour grâce à la collaboration entre la Société Francophone de Phénoménologie, Université Côte d’Azur et le Collège Doctoral « Nouvelles Phénoménologies dans l’Espace Franco-Allemand (Nice – Wuppertal – Prague – Leuven) ».

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Frédéric Worms : L'urgence la plus vitale

 PUF - Octobre 2026


Ce livre est porté par une conviction et une urgence. La vie, la science, et la démocratie : ces trois principes majeurs de notre société sont aujourd’hui menacés. Ils sont pourtant notre unique boussole, qui a permis à notre humanité d’avancer, de résister et de s’orienter. C’est à ce titre qu’ils doivent être défendus et figurer au cœur de l’action collective, quitte même à en faire notre nouvelle devise : « Science, Vie, Démocratie ».
Nourri de son parcours personnel, cet ouvrage ne s’en tient pas à une déclaration d’intention. Fin de vie, rôle des sciences humaines face aux conflits, lien entre la recherche fondamentale et les défis planétaires : sur tous ces thèmes, Frédéric Worms revient sur ses expériences passées au sein du Comité national d’éthique et à l’Ecole normale supérieure, et fixe un cap éthique et politique clair. Car pour faire face aux nombreuses crises contemporaines (climatique, énergétique, politique, sanitaire), il est nécessaire de s’orienter dans (et entre) les urgences.
La route est certes longue, difficile, critique, mais elle aussi stimulante, vitale et joyeuse.

Frédéric Worms est professeur de philosophie à l’École normale supérieure, membre du Comité consultatif national d’éthique et directeur du Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine. Ses travaux portent particulièrement sur deux grands axes : Spécialiste d’Henri Bergson, il dirige aux Puf l’édition critique des œuvres de Bergson, la collection « Philosophie française contemporaine », ainsi que les Annales bergsoniennes. Travaillant sur la philosophie du soin et l’éthique médicale, il dirige aux Puf la collection « Questions de soin » et il préside, depuis sa création en janvier 2016, le conseil scientifique de la chaire de philosophie de l’Hôtel-Dieu dont la titulaire est Cynthia Fleury.

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vendredi 2 octobre 2026

Avital Ronell : America. Continent trouble de la pensée

Klincksieck - Octobre 2026


Tour à tour référence matérielle et phantasme historique, l’Amérique, site d’une pulsion de mort nationale, a fini par sortir de ses gonds et constituer une menace mondiale. Si le chemin destructeur sur lequel elle est engagée a été ouvert par certains suprémacismes philosophiques, il a aussi été marqué par d’autres types de pensée, notamment la psychanalyse. En tant qu’objet de phobie ayant à la fois rebuté et fasciné poètes et philosophes des deux côtés de l’Atlantique, l’« Amérique » opère comme un philosophème qu’on retrouve aussi bien dans la pensée de Marx que de Nietzsche, Rilke, Freud, Heidegger, Arendt, Cavell, Pasolini et Derrida.
Cet essai retrace le traumatisme non résolu d’une Allemagne déplacée en Amérique à la fois sous la forme d’une souveraineté prédatrice et d’une zone de danger philosophique. Le livre s’ouvre sur une analyse de l’« affreux Américain », selon l’expression d’Arendt, en répertoriant les désaveux qui définissent l’emprise nihiliste des États-Unis et leur divorce inaccompli avec la « vieille Europe ».

Avital Ronell, philosophe, est professeure de sciences humaines et de littérature comparée à l’université de New York, où elle a animé pendant dix ans un séminaire annuel avec Jacques Derrida. Au nombre de ses publications récentes figure La Plainte (traduit par Vincent Broqua et Stéphane Vanderhaeghe). Son oeuvre est mise en lumière par un film récent, « Surviving Derrida: A Politics of Friendship with Avital Ronell in Six Parts » (réalisé par Jesús-Mario Lozano), avec notamment Anne Dufourmantelle, Pierre Alferi et Suzanne Doppelt.

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Sylvain Delcomminette : L'Âme, la connaissance, la dialectique. Études platonicienne

 Les belles lettres - Octobre 2026


Les études rassemblées dans ce volume, rédigées au cours des vingt dernières années, témoignent toutes d’une interprétation unitaire de la philosophie platonicienne qui cherche à prendre au sérieux l’identification que celle-ci opère entre la connaissance et la dialectique ancrée dans le désir du bien. Pour ce faire, elles cherchent d’abord à comprendre comment Platon, en définissant l’âme comme un mouvement automoteur, en fait à la fois le principe de vie, le lieu de la pensée et le fondement de la liberté. Elles prennent ensuite la mesure de l’assimilation de la connaissance à une faculté radicalement différente de l’opinion et dont l’exercice est l’intelligence. Elles s’attachent enfin à circonscrire exactement ce que Platon appelle (et n’appelle pas) « dialectique », et les rapports qu’entretiennent ses différentes figures (réfutation, maïeutique, méthode de rassemblement et de division). Ce parcours permet ultimement d’éclairer les raisons pour lesquelles Platon place au sommet de sa pensée l’Idée du bien, justifiant la caractérisation de sa philosophie comme une « agathologie ».
Parmi les dix-huit articles ici réunis, quatre sont totalement inédits, trois sont des traductions françaises de textes parus dans d’autres langues et plusieurs autres étaient devenus difficilement accessibles.

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Jacques Rancière : Le philosophe et l'archive. Dialogues sur l'histoire

 Presses de SciencePo - Octobre 2026


Édité par Vianney Griffaton, Samuel Hayat

Organisé autour d'un grand entretien et d’un texte inédit de Jacques Rancière, accompagné d’une étude sur la période historienne de son œuvre éclairée par ses archives personnelles, ce livre donne la parole à des historiennes qui ont suivi son parcours et travaillé avec lui. Lire la suite
Jacques Rancière, intellectuel français parmi les plus reconnus internationalement pour ses recherches sur la politique et l'esthétique, est aussi l’un des philosophes qui s’est le plus directement engagé dans un travail d’historien. Depuis sa thèse sur les prolétaires français du xixe siècle (La Nuit des prolétaires, 1981) jusqu’à ses réflexions sur l’écriture de l’histoire (Les Mots de l’histoire, 1992), puis dans ses travaux suivants, sa philosophie a été marquée par la discipline historique et par la confrontation à son matériau principal, l’archive. Organisé autour d’un grand entretien mené par Vianney Griffaton et d’un texte inédit de Jacques Rancière, accompagné d’une étude sur la période historienne de son œuvre éclairée par ses archives personnelles, ce livre donne la parole à des historiennes qui ont suivi son parcours et travaillé avec lui, parfois étroitement, Arlette Farge, Geneviève Fraisse et Michelle Perrot, ainsi qu’à une historienne et à un politiste, Déborah Cohen et Samuel Hayat, qui s’inspirent de son œuvre dans leurs travaux. Ce faisant, c’est un Jacques Rancière historien dont on découvre ici l’influence sur les manières de faire et de penser l’histoire.

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Onur Erdur : L'Ecole du Sud. Les racines coloniales de la French Theory

 Philosophie magazine éd. - Octobre 2026


Et si la French Theory était née au Sud ? Dans cet essai-enquête, Onur Erdur révèle l’influence décisive des expériences coloniales sur la formation des penseurs majeurs de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Bourdieu, soldat en Algérie ; Lyotard, professeur à Constantine ; Derrida et Cixous nés en Algérie ; Barthes et Foucault en quête d’expériences sexuelles en Afrique du Nord ; Balibar et Rancière, hantés par la guerre d’indépendance algérienne : autant de trajectoires qui dessinent une autre géographie de la pensée française. En huit portraits incisifs, L’École du Sud montre qu’ils ont tous élaboré leurs concepts au cœur d’un monde colonial souvent laissé hors champ. En dévoilant cet angle mort – celui de l’expérience coloniale française, mais aussi des intellectuels qui en ont été les témoins, les acteurs ou les héritiers – Erdur éclaire une part refoulée de la pensée française, indispensable pour comprendre les débats qui traversent aujourd’hui notre société.

Onur Erdur est historien. Docteur de l’Université de Zurich, il enseigne à l’université Humboldt de Berlin.

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Walter Benjamin : Correspondance I - 1910-1928

 Editions de l'Eclat - Septembre 2026


Les deux volumes de la correspondance de Walter Benjamin, édités en 1966 et préfacés par Gershom Scholem et Theodor W. Adorno, proposent un choix de plus de 300 lettres, écrites entre 1910 et 1940. L’édition française a paru pour la première fois en 1978. La traduction avait été réalisée par Guy Petitdemange qui clôturait le volume par une courte postface intitulée « Treize facettes de Walter Benjamin au fil de ses lettres». L’ensemble a été révisé et mis à jour pour notre édition par Pierre Rusch, qui comprend un corpus de lettres de 1913 à Ludwig Strauss sur la question du sionisme, qui a été retrouvé après la première édition allemande et n’a pu être intégré dans les éditions successives.

Même si cette édition est incomplète par rapport à la grande édition allemande en six volumes établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz (Suhrkamp, 1996), elle a le mérite d’avoir été éditée par deux proches amis de Benjamin, et leurs notes témoignent de cette amitié aussi fidèle que compliquée et de «l'exceptionnelle aisance dans le genre épistolaire qui lui était comme naturelle» écrit Scholem. Elle éclaire en tout cas suffisamment et d’un jour nouveau l’œuvre de Benjamin qui a marqué durablement la pensée du 20e siècle et est chaque jour redécouverte par une nouvelle génération de lecteurs et d'exégètes. La liste des correspondants donne bien la mesure de son importance: outre les deux éditeurs, dont plusieurs lettres sont également reproduites, on trouve Hannah Arendt, Hugo von Hoffmansthal, Bertolt Brecht, Max Horkeimer, Martin Buber, Adrienne Monnier, Rainer Maria Rilke etc. Toute la pensée du 20e siècle est là, avec son cortège de drames et d’espérances.

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jeudi 1 octobre 2026

Alexandre Chèvremont, Muriel Joubert, Denis Le Touzé (dir.) : Écouter, écrire la résonance Tome 2

 PU Septentrion - Octobre 2026


À la croisée théorique de l'écologie sonore, de la phénoménologie et de la sociologie politique, la résonance est ici confrontée à des gestes qui n’en finissent pas de confronter sa temporalité à la constitution d’un espace.
Ce volume continue à explorer les différentes dimensions de la résonance, comme geste à la fois compositionnel et d'écoute, qui appelle un éclaircissement quant au rapport au monde qu’elle induit. À la croisée théorique de l’écologie sonore, de la phénoménologie et de la sociologie politique, la résonance est ici associée à des gestes qui n’en finissent pas de confronter sa temporalité à la constitution d’un espace. Amplification, instauration, feedback et retentissement offrent des prolongements ou des contrepoids à sa présence obsédante et singulière, qui s’inscrit toujours dans une relation – technique, interpersonnelle, cosmique ou ontologique.

Alexandre Chèvremont est professeur d’esthétique et de philosophie de l’art au département Arts de l’université de Lille (faculté des Humanités), membre du CEAC (Centre d’Etude des Arts Contemporains). Il a publié aux Presses du réel en 2024 Donner lieu au son.
Denis Le Touzé est Maître de Conférences à l’Université Lumière-Lyon 2 et membre de l’Unité de recherche Passage – Arts et Littératures XX-XXI. Il poursuit des recherches dans les domaines de l’écriture et de l’analyse musicale.Titulaire d'une Habilitation à diriger des recherches (HDR)
Muriel Joubert est Maîtresse de conférences au Département de Musique et musicologie de l'Université Lyon 2 et membre de Passages – Arts et litt XX-XXI. Passionnée par la dimension de l'espace des profondeurs dans la musique, elle s'intéresse également aux relations entre les arts.

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Critique n°947, Automne 2026 : Cosmopolitiques

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Dossier coordonné par Germana Berlantini et Davide Gallo Lassere

Comment faire monde sans réduire la pluralité des mondes ?
Longtemps associée à l’idéal d’une humanité réunie par-delà les frontières, la cosmopolitique connaît aujourd’hui de profondes transformations. À l’heure des guerres entre grandes puissances, des bouleversements écologiques et de l’intensification des logiques extractivistes, elle désigne aussi la recherche de formes de coexistence capables d’accueillir des différences irréductibles : entre humains, mais également entre humains et non-humains, savoirs scientifiques et savoirs vernaculaires, cosmologies et manières d’habiter la Terre. De la philosophie à l’anthropologie, de la pensée écologique aux luttes autochtones, ce déplacement ouvre un nouvel espace théorique et politique, en pleine effervescence.
Ce numéro explore les multiples vies d’une notion devenue cruciale pour comprendre comment habiter ensemble un monde qui ne sera jamais un seul monde.

Sommaire 

Jamila Pinheiro Dias : « Reforester le temps » avec Ailton Krenak
Patrice Maniglier : « Faire revenir la politique sur Terre »
Julien Pallotta : « Une internationale cosmopolitique est-elle possible ? »
Sarah Vanuxem : « Des communs sans communisme »
Jeanne Etelain : « Les êtres-Terre. Un cosmopolitisme de la divergence »
Pierre Sauvêtre : « Géopolitique de la lutte des mondes »
Sophie Gosselin : « Contre-récits de l’Anthropocène »
Entretien avec Isabelle Stengers : « Les cosmopolitiques demandent que les décisions politiques se prennent en présence de leurs victimes »
Entretien avec Étienne Balibar : « Il faut faire dérailler « la locomotive de l'histoire »»
Entretien avec Philippe Descola : « Il est impossible de transformer le système capitaliste sans s’attaquer en même temps à ses soubassements ontologiques »

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Gilles Deleuze : Sur Foucault. I. Les formes du savoir. Cours octobre-décembre 1985

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Édition établie par David Lapoujade

Lors de l’année universitaire 1985-1986, Gilles Deleuze décide de rendre hommage à la pensée de Michel Foucault, disparu en 1984, dont il fut longtemps proche et dont l’œuvre constitue à ses yeux « la plus grande philosophie moderne ». Ce cours est un témoignage vivant de l’admiration qu’il lui portait.
Ce volume aborde principalement la question du Savoir à travers l’analyse de ce que Foucault nomme « archéologie ». En quel sens les histoires de Foucault (histoire de la folie, de la clinique, de la sexualité...) sont-elles différentes de celles des historiens ? Deleuze dégage les deux conditions du Savoir chez Foucault : d’un côté, le grand tableau des visibilités ; de l’autre, le vaste tissu des énoncés.
Qu’est-ce qu’une époque fait voir ? Qu’est-ce qu’elle peut énoncer ? Ces deux questions permettent à Deleuze de confronter la pensée de Foucault à la phénoménologie, au structuralisme et à la linguistique dont elle se démarque singulièrement, mais sont aussi l’occasion pour Deleuze de revenir sur des thèmes et des auteurs qui lui sont chers : le masochisme, les multiplicités, la jalousie, Faulkner, Tchekhov, à côté de Raymond Roussel, Magritte ou Blanchot.
Si voir et parler, ces deux dimensions irréductibles l’une à l’autre, s’entrelacent pour constituer les strates du Savoir, ne faut-il pas introduire, pour l’expliquer, quelque chose d’une tout autre nature, un élément « non-stratifié » : les foyers de Pouvoir, deuxième axe de la pensée de Foucault ?

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Georges Didi-Huberman : Formes d'émois, questions d'éthique

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Après avoir exploré différentes manières dont les affects peuvent nous égarer dans leurs brouillards ou, à l'inverse, nous enfermer dans leurs fabriques contraignantes d'émotions rivales, il restait à s'engager dans le territoire des gestes instaurant une relation affective plus juste : ni affolés d'eux-mêmes, ni hostiles envers autrui. On découvre alors qu'un émoi ayant inventé puis assumé sa forme parvient à « sortir de son moi », c'est-à-dire à s'ouvrir un destin éthique.
Donner forme à ses affects, donc : pour les engager dans un rapport à l'autre. C'est déjà ce que fait un enfant lorsqu'il entrelace quelques spirales en nous appelant à y voir un certain état du cosmos. C'est ce que fait un historien de l'art (Aby Warburg) en montrant comment les « formes du pathos » sont d'abord des formations migratoires qui traversent toutes les frontières de l'identité. C'est ce que fait un psychanalyste (Wilfred Bion) à l'écoute des « turbulences émotionnelles » d'autrui. Ou un musicien (Jean-Philippe Rameau) quand il introduit ce demi-ton inattendu qui fait tout basculer. Ou un peintre (Francisco Goya) lorsqu'il parvient à « commouvoir l'air » d'un espace apparemment vide. C'est ce que fait un écrivain (Georges Perec) quand il bouleverse - à tous les sens du mot - son écriture en faisant émotion d'une simple « motion du e ».
À partir de ces exemples et de quelques autres, il devient possible de revisiter quelques grandes leçons philosophiques - Nietzsche, Benjamin... - sur la dialectique de l'affect et de la distance. Cette leçon est esthétique, puisqu'elle dépend des formes. Mais elle engage aussi notre tact envers autrui là même nous sommes touchés, prolongeant toute réponse émotionnelle vers ce geste de responsabilité dont Emmanuel Levinas a pu faire le coeur de toute éthique.

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mercredi 30 septembre 2026

Pierre Musso (dir.) : Henri Saint-Simon (1760-1825), le fondateur des fondateurs

 Hermann - Septembre 2026


L’œuvre du philosophe Saint-Simon se situe à la source des idéologies des XIXe et XXe siècles : socialismes, libéralismes, républicanisme, saint-simonisme, positivismes, technocratisme, etc. Le seul « isme » que l’auteur a créé et défendu est celui d’industrialisme.
Cet ouvrage, issu du colloque du Bicentenaire de la mort de Saint-Simon tenu sous la direction de Pierre Musso, montre la richesse et la cohérence de cette œuvre majeure. Elle a ouvert tous les possibles.
Trop longtemps perçue comme un ensemble de brochures ou de textes inachevés, cette œuvre demeure une mine d’idées neuves, y compris deux siècles plus tard. C’est ce que souhaitait Saint-Simon lui-même qui s’est qualifié de « novateur ». Parce qu’il ne cessa d’inventer, de créer et de produire des idées et des concepts, il a pu devenir le « fondateur des fondateurs ».
Cet ouvrage permet aussi de revisiter les liens du saint-simonisme et du positivisme nés de Saint-Simon. Il est divisé en deux parties : la première porte sur l’œuvre de Saint-Simon, la seconde sur ces proches héritiers, Auguste Comte et les saint-simoniens.

Pierre Musso est philosophe de formation, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes 2 et à Télécom ParisTech. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’imaginaire des techniques, des réseaux et de l’industrie ainsi que sur Saint-Simon et le saint-simonisme.

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Aïda N'Diaye : La honte. Quand le regard de l'autre nous façonne

 Autrement - Septembre 2026


La honte est une émotion singulière. Elle est partout - dans nos corps, nos silences, nos imaginaires, nos relations. Que savons-nous vraiment de ce sentiment qui nous écrase et nous constitue ? De ce qui le produit et l'entretient ? De Cyrano de Bergerac au procès Pelicot, de Sartre, Ernaux et Guibert à bell hooks et La Lettre écarlate, ce livre propose une traversée philosophique, littéraire et intime de l'une des émotions les plus universelles et les moins comprises. Il montre comment la honte naît du regard des autres, circule des coupables vers les victimes, mais dévoile aussi les ressources insoupçonnées qu'elle recèle. Tissant théorie et expérience vécue, Aïda N'Diaye ne propose pas de guérir de la honte mais d'apprendre à vivre avec cette marque qui nous définit.

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