lundi 27 avril 2026

Paul Rateau : Ordre et défiguration. Malebranche et la raison du mal

 Vrin - Mai 2026


La pensée de Malebranche (1638-1715) marque, en matière de « théodicée », une rupture avec la tradition héritée d’Augustin et de Thomas d’Aquin, en affirmant l’existence de défauts réels et d’irrégularités flagrantes dans le monde, qu’aucune harmonie universelle ne saurait réduire, dissoudre ni atténuer. La réalité de désordres dans l’ordre naturel (tels que les monstres) aussi bien que dans le domaine moral, loin d’être niée, devient sous la plume de l’oratorien un argument en faveur d’une justification de Dieu originale : ils sont vus comme le résultat inévitable du mode opératoire divin par des lois simples, générales et uniformes. Le livre examine la manière dont est traitée la question du mal, considérée dans ses aspects à la fois théologiques et anthropologiques, à travers l’ensemble de l’oeuvre de Malebranche. Ce faisant, il revisite un certain nombre de thèmes centraux de sa philosophie, tels que la vision en Dieu, l’explication de l’union de l’âme au corps, l’occasionnalisme, son (anti)cartésianisme, le rapport entre l’entendement et la volonté, ou encore la liberté de l’homme.

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Quarto n°142 : Rencontres

 Ecole de la Cause Freudienne - Avril 2026


C’est à la rencontre comme événement contingent, sur fond d’impossible, telle que Lacan la met en valeur dans son dernier enseignement, que nous nous intéresserons dans ce numéro de Quarto. Si la rencontre est imprévisible, si nous ne pouvons prédire, dans ce que nous croisons sur notre chemin, ce qui constituera ou non un événement, ce qui nous affectera ou non, c’est que, dans l’espèce humaine, il y a quelque chose de fondamentalement déréglé, sans loi, du fait de l’incidence du signifiant sur ce qui est supposé naturel. Il y a pour chaque être parlant, dès le début de la vie, des signifiants qui marquent le corps, y produisant une jouissance singulière qui ne cesse de se répéter et de nourrir un désir énigmatique.

Sommaire

Éditorial
Nathalie Laceur, Le risque de la rencontre

L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller, Réinventer la passe

Freud
Alice Delarue, Quand le réel objecte. Freud et les hystériques
Esthela Solano-Suárez, Rattenwährung

Lacan
Jean-Claude Encalado, De la tuchè à la contingence
Ma rencontre avec Lacan
Carole Dewambrechies-La Sagna, Un nom et un oui
Lilia Mahjoub, Ce qui fit hors-série

Rencontres de Lacan
Hervé Castanet, Picasso & Lacan. Une farce théâtrale devenue sinthome cubiste
Francesca Biagi-Chai, Parce que c’était lui, Lacan. Parce que c’était elle, Aimée

Avec un analyste
Hélène Bonnaud, Rencontre et transfert
Andrea Orabona, Conférences

Un par un

Sylvie Berkane Goumet, Les mésaventures d’Apollon
Anne Semaille, Bonne pour le service
Jean-François Lebrun, De l’ethos humain
Isabelle Orrado, De la continuité à la rencontre
Philippe Hellebois, Un ours en peluce
France Jaigu, D’une femme à l’autre

En contrôle

Éric Zuliani, Le contrôle comme antidocte
Patricia Bosquin-Caroz, Le sujet supposé savoir dans le contrôle
Dominique Holvoet, Le contrôle après la passe

La passe

Avec les passeurs
Pénélope Fay, 1 + 2
Catherine Lacaze-Paule, L’élan d’un dire

Après

Sophie Gayard, Se hâter lentement
Rose-Paule Vinciguerra, Eutuchia… dustuchia…
Guy Briole, Brûlures du réel
Philippe Stasse, Les après-coups de la rencontre
Jacqueline Dhéret, « Cela s’appelle l’éveil »

De l’amour

Nathalie Laceur, Le miracle de la rencontre
Sonia Chiriaco, Coup de foudre au cinéma

Belles-lettres

Dominique Corpelet, « Tant loin tu sois ». Rencontre entre François Ier et Charles Quint
Antoine Cahen, Cicatrice de la contingence
Irina Solano, Valère Novarina, André Marcon et le public. Une motérialité jubilatoire

Entretien

Lionel Amiaud et Marc Sauvage, Rencontre avec le ciel

Vie de l’École

Communiqué de presse de l’ECF, Santé mentale : L’utilité publique de la psychanalyse


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Caroline Fourgeaud-Laville : Humanités

 L'Observatoire - Avril 2026


Contrairement aux idées reçues, les humanités - le grec et le latin, mais aussi la philosophie, la philologie, ou encore l'histoire antique - ne sont pas élitistes : elles démocratisent l'accès au sens des mots, déjouent les pièges de la novlangue, aiguisent l'esprit critique. Des neurosciences à l'IA, des start-ups aux champs de bataille, du grec biblique aux cryptomonnaies, de la Défense à l'économie, l'auteure démontre leur actualité brûlante. Elle nous fait parcourir le monde, d'une école d'Irlande du Nord où Sénèque apaise les enfants traumatisés, aux vétérans américains qui se reconstruisent en lisant Sophocle, des campus de Princeton aux laboratoires qui percent les secrets des papyrus carbonisés d'Herculanum.
Nourri de rencontres concrètes – ces élèves de banlieue qui découvrent dans un alphabet étranger la clé de leur propre langue, ces scientifiques qui trouvent chez les Grecs les intuitions de la physique quantique –, Humanités est un plaidoyer lumineux pour que ces langues deviennent ce qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être : un bien commun, un outil d'émancipation, une arme contre la barbarie.

Agrégée de lettres classiques et fondatrice de l'association Eurêka qui initie les enfants au grec ancien dès le primaire, Caroline Fourgeaud-Laville défend depuis vingt ans la transmission des langues anciennes comme outil d'émancipation et de citoyenneté. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Grèce antique, vérités et légendes (Perrin, 2025).

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samedi 25 avril 2026

The Friends of Attention : Attensité ! Manifeste du mouvement de libération de l'attention

 La découverte - Mai 2026


NOTRE ATTENTION EST EN CRISE
Tout le monde le constate, tout le monde le ressent. Au lieu de s'en plaindre, un collectif transnational, The Friends of Attention, entreprend d'organiser la résistance.
RÉSISTER CONTRE QUOI ?
Contre la fracturation attentionnelle – équivalent du fracking qui fracasse les roches pour en extraire du pétrole de schiste. En pressurisant notre attention sur les réseaux sociaux, le capitalisme de plateforme détruit nos capacités mentales, isole les individus et fragilise nos démocraties.
RÉSISTER COMMENT ?
Collectivement, en développant des formes communes d'activisme attentionnel. Cela passe par des pratiques d'étude, par la constitution de " sanctuaires attentionnels ", par le montage de larges coalitions pour défendre et expérimenter les forces collectives de l'ATTENSITÉ, cette qualité transformatrice du libre mouvement de l'attention, dans toute sa plénitude, librement partagée.
CE LIVRE EST LE MANIFESTE DE CE MOUVEMENT ÉMERGENT
Il appelle à davantage qu'une simple lecture. Accompagné de manuels d'activation collective, il fraie des façons concrètes de rejoindre un mouvement mondial de lutte contre l'exploitation et pour la libération de l'attention.

The Friends of Attention un collectif international d'activistes, d'artistes et de chercheurs et chercheuses. D. Graham Burnett est professeur d'histoire des sciences à Princeton University. Alyssa Loh est réalisatrice, elle a codirigé le court métrage Twelve Theses on Attention. Peter Schmidt est le directeur de la Strother School of Radical Attention.
Yves Citton est traducteur, professeur de littérature et média à l'université Paris-8 et codirecteur de la revue Multitudes.

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Joshua de Paiva : Ce que le vivant fait à l’art. Art, écologie et non-humains : des enjeux contrastés

 Mimesis - Mai 2026


Depuis une vingtaine d’années, de plus en plus d’artistes mettent en scène des êtres vivants autres qu’humains. Alors que la définition de ce que l’on peut entendre par oeuvre d’art « vivante », ou par « vivant(s) » dans l’art est faussement évidente, ce livre propose une cartographie des différentes manières dont le vivant peut être présent dans l’art contemporain, en fonction à la fois des gestes artistiques et de nos modes de réception. Ces modalités de présence dans l’art sont ancrées dans des définitions variables, historiquement et socio-culturellement déterminées. Elles témoignent de, et surtout nous engagent à, différents types de rapports au vivant qu’elles entretiennent, reconduisent, interrogent et/ou reconfigurent. Dans le contexte actuel d’une crise de la sensibilité au monde vivant, où l’indifférence nourrit l’inaction, quels sont les enjeux contrastés de telles pratiques, et quelles relations renouvelées aux non-humains les artistes pourraient-ils rendre possible ?

Joshua DE PAIVA est docteur en philosophie, membre associé du Centre Victor Basch (Sorbonne Université) et du collectif Nuée.

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Pierre-Jean Renaudie : Anatomie philosophique. Réflexions sur les parties du corps humain

 Mimesis - Mai 2026


Un corps vivant se comprend toujours à partir de l’ensemble des parties matérielles qui le constituent comme un organisme, c’est-à-dire comme un être biologiquement intégré dont la vie ne peut être maintenue que grâce à la cohésion et à la hiérarchisation des parties qui le composent. Le lien qui unit le corps à ses parties est à cet égard si puissant et fondamental qu’on pourrait affirmer que c’est seulement à partir de ses parties et toujours en relation à elles qu’un corps se définit comme corps. C’est la raison pour laquelle toute philosophie du corps suppose et requiert une « anatomie philosophique ».
Poursuivant le fil de cette pensée pour en examiner les conséquences philosophiques, les seize contributions rassemblées dans ce volume abordent la question du corps en montrant comment l’étude et l’analyse des différentes parties du corps ont façonné les réflexions des philosophes sur les liens qui nous unissent aux corps – aussi bien à celui qui nous est « propre » qu’à ceux qui nous environnent.

Pierre-Jean Renaudie est maître de conférences à l’Université de Lyon, où il enseigne la philosophie allemande contemporaine et la phénoménologie. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage consacré à la théorie husserlienne de la connaissance : Husserl et les catégories. Langage, pensée et perception.

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Gaëtan Gatian de Clérambault : Le sensible et le cruel. La passion érotique des étoffes chez la femme

Etérotopia - Mai 2026


Dans ce texte, Clérambault, il nous offre une analyse lucide de certaines « perversions » féminines qui se distinguent nettement du sadomasochisme et du fétichisme masculins. La « froide passion » des femmes pour les tissus et surtout pour la soie, témoigne de l'apparition de ce que Clérambault définit comme l'automatisme primitif, c'est-à-dire l'affirmation d'instances qui dissolvent le moi incapable de les contrôler, la voix d'un désir qui ne se rapporte pas à l'autre mais se complète en lui-même. L’automatisme mental L’automatisme mental, tel que l’a défini Gaëtan Gatian de Clérambault, désigne une irruption silencieuse et tyrannique du psychisme en dehors de toute maîtrise du sujet. Ce ne sont plus les pensées qui naissent de l’âme, mais des pensées qui s’imposent à elle , ce ne sont plus les actes qui procèdent de la volonté, mais des mouvements qui se produisent comme d’eux-mêmes. Le sujet ne pense plus : il est pensé. Enfin, l’automatisme atteint l’action elle-même. Les gestes s’accomplissent sans intention, les actes se produisent sans décision. Le sujet n’agit plus : il est agi. Sa propre corporéité devient le théâtre d’une puissance anonyme. La passion érotique des étoffes chez les femmes Dans la passion érotique des étoffes, telle que l’a décrite Gaëtan Gatian de Clérambault, le tissu cesse d’être un simple objet pour devenir un foyer d’excitation autonome, détaché de toute finalité sexuelle ordinaire. La matière, par sa texture, son plissé, sa souplesse ou son éclat, acquiert une puissance affective propre, immédiate, irréductible à la représentation de l’autre. Il ne s’agit pas d’un goût, ni même d’une préférence, mais d’une véritable passion, au sens clinique du terme: un état où le sujet se trouve saisi, captif, gouverné par un mécanisme qui s’impose à lui. Le contact de l’étoffe, son froissement, parfois sa seule vue, provoque une émotion intense, souvent accompagnée d’un apaisement profond ou d’une jouissance muette, presque impersonnelle. Ce que la clinique isole comme phénomène pathologique peut être relu, à la suite de Deleuze et Foucault, comme un indice critique du fonctionnement ordinaire du pouvoir sur les corps. Ce sentiment de froideur qui règne aujourd'hui se révèle être un état de masse, c'est pourquoi le présent ouvrage revêt une importance extrême.

Gaëtan Gatian de Clérambault (1872-1934), médecin, psychiatre et spécialiste en esthétique, maître inspirateur de Jacques Lacan, s'est occupé pendant presque toute sa vie de médecin des psychoses, parvenant à identifier des formes spécifiques de maladie que la médecine de l'époque n'avait pas su prendre en considération, figure singulière et décisive de la clinique surtout connu pour avoir formulé la théorie de l’automatisme mental. Passionné d'art et d'ethnographie, il effectua de nombreux voyages, notamment en Afrique du Nord, où il photographia des femmes entièrement enveloppées dans leurs tissus, et développa sa propre « érotisme vestimentaire ». La plupart de ses oeuvres sont rassemblées dans le volume Gaëtan Gatien de Clérambault Œuvres psychiatriques, Paris, Editions Frénésie,1987.

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vendredi 24 avril 2026

Pierre Laromiguière : Premiers travaux métaphysiques (1785-1805)

 Classiques Garnier - Mai 2026


Professeur de Victor Cousin et premier titulaire de la chaire de philosophie de la Faculté des lettres de Paris, Pierre Laromiguière (1756-1837) demeure une figure mal connue, voire mal comprise. En donnant à lire ses textes philosophiques antérieurs à sa nomination à la Sorbonne et en s'appuyant sur de nombreux documents inédits, cette édition met en lumière son projet théorique ambitieux fondé sur l'analyse des idées, la critique de l'innéisme et un empirisme attentif aux questions morales et religieuses. Elle donne ainsi à voir le parcours institutionnel et intellectuel complexe et original d'un philosophe qui, au lendemain de la Révolution, n'avait déjà plus rien d'un inconnu et dont l'influence discrète caractérise la « philosophie française » au XIXe siècle.

Pierre Brouillet (éd.) est agrégé de philosophie. Il prépare une thèse de doctorat à l'École normale supérieure de Lyon sous la supervision de Delphine Antoine-Mahut. Ses recherches portent sur la philosophie et la psychologie françaises des XVIIe et XVIIIe siècles.
Félix Barancy (éd.) est maître de conférences à l'université de Lorraine. Ses recherches croisent l'histoire de l'éducation et la philosophie française du XIXe siècle, dont il est spécialiste.

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Jean-Marc Talpin, Pierre Marie Charazac (dir.) : Vivre, mourir : pourquoi, comment ?

 In press - Avril 2026


Présente tout au long de la vie – et pas seulement à l'approche de la vieillesse –, la question de la mort est souvent écartée de notre esprit. Nous la travestissons souvent sous des formes symboliques ― « mort sociale », « mort cellulaire » ―, nous éloignant ainsi davantage de la disparition réelle. Entre la pensée abstraite de notre mortalité et son intégration dans notre vie affective persiste un écart profond, que seule une expérience intime peut réduire. Vivre encore, pour quoi, pour qui ? Mourir, mais pourquoi ? À quoi bon se maintenir en vie si les objets et les liens essentiels s'éteignent autour de soi ? À ces « pourquoi » s'ajoute le « comment », peut-être la question la plus déterminante, car la plus difficile à anticiper et à se représenter, même lorsque la mort est annoncée. Face à cette inconnue, la dépendance se réactive, le besoin de protection refait surface, et l'accompagnement, autant familial que soignant, devient un soutien crucial pour affronter la peur de disparaître. Des enjeux qui résonnent avec les débats sociétaux actuels sur la fin de vie.

Les directeurs d’ouvrage : Pierre Marie Charazac est psychiatre honoraire des hôpitaux, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris (SPP). Jean-Marc Talpin est professeur émérite de psychopathologie et psychologie clinique, Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique (CRPPC), Université Lumière Lyon 2, psychologue clinicien. Les auteurs : Marie-Christine Aubray, Régis Aubry, Catherine Caleca, Pierre Marie Charazac, Jérôme Fredouille, Philippe Gutton, Charlotte Hardy-Mainguené, Georges Jovelet, Serge Alain Josserand, Janice

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jeudi 23 avril 2026

Walter Benjamin, Gershom Scholem : Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940

 L'Eclat - Mai 2026


« Pour ce que tu appelles de tes vœux, le souci de “préserver ce que nous avons en commun”, on y pourvoit actuellement, pour autant que je puisse en juger, encore bien mieux qu’il y a vingt-cinq ans. Disant cela, je ne pense pas à nous, mais aux manifestations de l’esprit du temps, qui a marqué le paysage désertique de notre époque de signes sur lesquels les vieux Bédouins que nous sommes ne se trompent pas. Si triste qu’il soit de ne pouvoir converser ensemble, j’ai pourtant le sentiment que les circonstances ne me privent pas de disputes aussi enflammées que celles qui, de loin en loin, s’élevaient entre nous. Cela n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Et peut-être même est-il bon d’être séparé par un petit océan, lorsque vient le moment de se tomber spirituellement dans les bras l’un de l’autre» écrit Walter Benjamin à Gershom Scholem dans sa dernière lettre du 11 janvier 1940.
Notre édition comprend toutes les lettres entre 1933 et 1940 que Scholem avait pu rassembler après la découverte d’archives miraculeusement sauvées de la destruction en 1960. ­Correspondance exemplaire d’une ‘amitié stellaire’, elle apporte un éclairage déterminant sur ­l’œuvre de Benjamin qu’on ne cesse de re-découvrir, et confirme le statut pleinement philosophique et politique de Scholem, par-delà son activité d’historien de la mystique juive.

Édition établie et présentée par Gershom Scholem
Traduit de l’allemand par Didier Renault et Pierre Rusch

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Benoît Heilbrunn : Le poison de la reconnaissance. Quel prix payer pour être quelqu'un ?

 L'Aube - Mai 2026


Et si la reconnaissance, loin de nous émanciper, était devenue le poison le plus subtil du capitalisme contemporain ? Ce qui est désormais un diktat – dans une course effrénée aux likes, aux followers, au personal branding – nous enferme dans une spirale infinie de validation sociale, nous transforme en marchandise, alimente l’envie et la rivalité, et génère une souffrance sans fin. Démontant les ressorts de ce phénomène, cet essai critique, philosophique et sociologique analyse les différentes facettes d’une quête devenue le moteur du capitalisme, et invite à réapprendre à exister sans tomber dans ce piège.

Benoît Heilbrunn est professeur à l’ESCP Business School, codirecteur de l’observatoire « Marques, imaginaires de consommation et politique » à la Fondation Jean-Jaurès et auteur, chez le même éditeur, de Ce que nous cache le mythe du pouvoir d’achat.

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Henri Lefebvre : Éléments de rythmanalyse et autres essais sur les temporalités

 Erotopia - Av ril 2026


Théoricien de la critique de la vie quotidienne, Henri Lefebvre, s’intéresse aussi bien aux habitudes, à la routine, aux rites calendaires qu’aux rythmes individuels et sociaux, qui donnent à chacun, comme à toute société, son tempo. L’ordinaire entrelace mille et un rythmes et combine aussi bien des moments répétitifs, comme dans l’usine taylorisée, que des ruptures festives ou cultuelles. Avec l’urbanisation les temporalités se modifient, le temps vécu se distingue à la fois du temps représenté et du temps rêvé. Pas de territorialité sans ses temporalités, d’où une rythmanalyse que Bachelard avait esquissée et que Lefebvre commence à théoriser. Publiés en 1992, ces Éléments de rythmanalyse. Introduction à la connaissance des rythmes, avec une préface de René Lourau et en annexe « Essai de rythmanalyse des villes méditerranéennes », rédigé avec Catherine Régulier, sont ici complétée de trois articles : « Musique et sémiologie » (1971), « La musique et la ville » (1976) et « Le projet rythmanalytique » (avec Catherine Régulier, 1985). Cet ensemble de textes constitue un précieux et indispensable corpus lefebvrien pour qui souhaite, non seulement approfondir sa connaissance d’un penseur exceptionnel, mais aussi prolonger ses réflexions sur les rythmes.

Henri Lefebvre (1901-1991), est un marxiste « indépendant », en cela il se présente comme « marxien », même si à plusieurs reprises il chemine avec le Parti communiste français (PCF). Il se dit également « utopien » et un temps « situationniste ». Incroyablement inventif et intuitif, il perçoit l’importance de la vie quotidienne, de l’urbanisation et de la ville qu’il analyse dans six ouvrages, dont Le droit à la ville, sans compter ses réflexions sur l’État, la dialectique, la cybernétique, l’altérité...

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Forum des psys n°1, avril-mai 2026 : Les ingénieurs du mental

Le Forum des psys - Avril 2026


Face à une offensive mensongère débridée
Le champ psy défend la psychanalyse
➢ Une offensive multiple a été lancée contre la psychanalyse, visant son discrédit et son effacement. Depuis, de nombreuses personnalités et professionnels du champ psy prennent position et engagent des actions afin d’éviter le pire.
➢ Ce premier numéro du magazine Forum des psys s’attache à identifier les personnages par lesquels passe la propagande anti-psychanalyse. Un incroyable capharnaüm : experts autoproclamés, managers obtus, journalistes militants, d’autres qui répètent, politiques crédules, d’autres enfin, fossoyeurs de la santé mentale. Cette déferlante liberticide veut faire taire les professionnels comme les patients.
Cette offensive prend la forme d’amendements et de propositions de loi, mais tente aussi de s’imposer par d’autres voies. Lisez comment les ingénieurs du mental entendent faire main basse sur le champ psy.

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Denis Thouard : La Réduction de la lecture

 Circé - Avril 2026


Nous sommes entrés dans une culture où l’écrit est de plus en plus présent, mais où nous lisons pourtant de moins en moins. Le livre s’interroge sur ce paradoxe qui fait que nous nous entourons de facilitations technologiques de plus en plus puissantes et raffinées, mais que nous négligeons dans le même temps la clé de ces usages : notre capacité à lire.
L’ouvrage porte sur la lecture dans un contexte non scolaire, dans sa portée universelle. Il rappelle quelle conquête fut pour l’esprit la maîtrise de l’écrit et l’exercice du jugement que celle-ci permettait. En même temps il s’interroge sur les transformations que nous observons depuis peu. Nous lisons peut-être plus souvent, mais nous lisons aussi beaucoup moins.
Pour s’adresser à ce public de « moins lecteurs », l’ouvrage est volontairement léger. Il est composé de cinq chapitres. Le premier se demande ce que nous faisons quand nous lisons. Le second chapitre expose les trois modalités de la lecture que l’on rencontre le plus souvent et fait le constat d’une réduction de la lecture à son usage le plus utilitaire. Le troisième chapitre cherche à situer la place de la lecture parmi les inventions techniques qui nous facilitent la vie. Le quatrième chapitre s’autorise un retour en arrière sur la généalogie de l’art de lire. La thèse défendue est que les techniques associées à la lecture depuis l’Antiquité ont contribué au bagage critique qui a produit une aspiration á l’émancipation et á la liberté de pensée entre la Renaissance et les Lumières. Le dernier chapitre interroge la dynamique propre à la lecture.

Denis Thouard enseigne au Centre Marc Bloch de Berlin ; il est Directeur de recherche au CNRS. Il travaille sur la philosophie de l'interprétation, la lecture et les traditions savantes. Il a publié notamment : Le partage des idées (CNRS, 2007), Pourquoi ce poète ? (Seuil, 2016), Et toute langue est étrangère (Encre Marine/Belles Lettres, 2016), Herméneutiques contemporaines (Hermann, 2020), Les enfants de Georg Simmel (Circé, 2024).

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Georges Roque : Penser la couleur

 Gallimard - Avril 2026


Spécialiste reconnu de la couleur en art et auteur du best-seller Qu’est-ce que l’art abstrait ?, Georges Roque nous livre ici un de ses ouvrages les plus ambitieux, résultat de vingt ans de réflexion. La couleur était jusque-là le parent pauvre de l’histoire de l’art : elle est à présent repensée dans ses différentes dimensions ; ses significations sont interrogées, ainsi que ses fonctions.
Une méthodologie, qui faisait cruellement défaut, est aussi apportée afin d’éclaircir le rôle que les couleurs jouent dans les oeuvres. La disposition des couleurs est abordée à partir du XVIIᵉ siècle au travers de ses principaux systèmes d’organisation : couleurs primaires, couleurs chaudes et froides, couleurs complémentaires. L’approche proposée permet aussi de mieux saisir la révolution impressionniste et plus généralement la manière dont les artistes ont abordé l’utilisation des couleurs dans leurs œuvres du point de vue de leur syntaxe et de leur sens.
Le texte est agrémenté de très belles analyses détaillées, de La Sainte Famille de Poussin à l’Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, Argenteuil de Manet et Ocre (ocre, rouge sur rouge) de Rothko.

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mercredi 22 avril 2026

Jean-Marc Mouillie : Une histoire de la norme

 Les Belles Lettres - Mai 2026


De façon inattendue, il n’existe pas d’histoire de la notion de norme. Et cette histoire, retracée, se révèle étrange. Le mot est ancien dans les langues européennes, mais rare. Son usage ne se répand, soudainement, qu’à la fin du XIXe siècle. Et tout en devenant omniprésent dans le champ des savoirs, il n’y est guère explicité. La norme se trouve au contraire confondue avec la règle édictée et devient l’un des noms du mal moderne. Se plaindre d’un monde excessivement encadré est pourtant un lieu commun ancien. Et la norme ne manifeste pas tant un pouvoir désireux de contrôler et de conformer que le fondement de la socialisation culturelle. Alors que nous dénonçons en elle des préjugés, des monotonies, des enfermements, des rapports autoritaires, la négation des singularités et la mise en coupe réglée du monde, la norme est avant tout ce qui, au coeur de notre humanité, structure du commun, inhibe des excès, et permet le lien social.
En ce sens, loin d’être « asphyxiés par les normes », nous sommes aujourd’hui assujettis à un système productiviste, technologique et dirigiste qui fait régresser la vie normative. Il ne s’agit donc pas, dans cette enquête, d’une simple histoire de mots, ni même des idées, mais de cerner la confusion qui fait interpréter comme envahissement normatif le processus tout à la fois « sans normes » et programmatique qui se déchaîne. Notion bouc-émissaire de la modernité, la norme pourrait bien en vérité désigner ce que détruisent l’ambition absurde de dominer le réel et le projet morbide de recréerla vie qui s’intensifient dans ce nouveau siècle.

Jean-Marc Mouillie est Maître de Conférences de philosophie à l’université d’Angers et membre de La République des Savoirs (UMR 8241, ENS-CNRS-Collège de France).

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François Bafoil, Paul Zawadzki (dir.) : Violences, cruautés, dénis. Sciences sociales et Psychanalyse. Vol. II

 Hermann - Avril 2026


Après Politiques de la destructivité (2024), ce second volume édité par François Bafoil et Paul Zawadzki poursuit l’effort de ranimer le dialogue entre sciences sociales et psychanalyse, qui avait fécondé il y a plus d’un demi-siècle aussi bien la connaissance universitaire que la pensée politique. Cet ouvrage explore la part de réalité située aux confins de ces deux champs. Les psychanalystes savent généralement que le savoir issu des cures ne leur permet pas de penser, sans médiation, l’expérience historique collective. De leur côté, historiens, philosophes, sociologues et politistes se heurtent souvent au point où leur démarche explicative se dérobe devant l’opacité de l’expérience humaine. Parmi les phénomènes qui mettent l’explication et les dispositifs de mise en intelligibilité à rude épreuve, figurent au premier chef les violences extrêmes et les cruautés, souvent accompagnées de dénis. C’est à l’exploration de cette face sombre de la vie sociale et politique que se consacrent les études ici réunies.

Avec les contributions de 
Jacques André, Paul-Laurent Assoun, François Bafoil, Dominique Bourg, Gilbert Diatkine, Julien Guillou, Laurence Kahn, Paul Luciani, Cédric Michon, Daniel Sabbagh, Paul Zawadzki.

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Philippe Hoffmann : Etudes de philosophie grecque, de l'âge classique au néoplatonisme

 Les Belles lettres - Mai 2026


Ce volume rassemble dix-huit études majeures de Philippe Hoffmann, helléniste et historien de la philosophie antique, directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il restitue les articulations essentielles d’une oeuvre qui a profondément renouvelé, au cours des dernières décennies, l’étude de la philosophie grecque, tout en s’inscrivant dans la tradition parisienne des études néoplatoniciennes, illustrée par de grands savants tels qu’André-Jean Festugière, Jean Trouillard, Jean Pépin, Henri Dominique Saffrey, Ilsetraut et Pierre Hadot. Alliant rigueur philologique et analyse approfondie des doctrines métaphysiques, théologiques et cosmologiques, les études réunies dans ce volume éclairent en particulier les figures dominantes de la fin de la tradition philosophique grecque – Proclus, Damascius, Simplicius – et révèlent la vitalité et la grandeur d’une pensée qui, à la charnière du monde antique et du monde chrétien, a représenté pendant plusieurs siècles le fer de lance de la « réaction païenne » face à la christianisation de l’Empire.

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