vendredi 4 septembre 2026

Eric Hoffer : L'épreuve du changement

 Les Belles lettres / Machine arrière - Septembre 2026


Chaque grand changement soulève un dilemme pour les individus et les sociétés : leur faut-il s’accrocher à la stabilité ou y renoncer pour évoluer ?
L’Épreuve du changement, paru en 1963, nous livre les réflexions d’Eric Hoffer sur les sources et conséquences de ce dilemme. Pour Hoffer, si les bouleversements sociaux et technologiques provoquent un déchirement du tissu social, ils révèlent également un puissant potentiel créateur chez ceux qui y font face.
À la lumière de thèmes variés tels que le goût du travail, le rôle des intellectuels et des marginaux dans les révolutions, ou l’impact du monothéisme sur notre rapport au monde, l’auteur parvient à donner au mot « changement » une profondeur rare.
Déjà acclamé pour Le Vrai croyant et son analyse des mouvements de masse, le docker-philosophe n’en tenait pas moins L’Épreuve du changement pour la pièce maîtresse de son oeuvre.
Depuis longtemps disparu, ce texte d’un penseur hors norme revient aujourd’hui avec une traduction revue et enrichie.

Eric Hoffer (1902-1983) était autodidacte. Refusant l’étiquette d’intellectuel, il considérait les marginaux comme les pionniers de la société. Issu d’une famille d’immigrants alsaciens, il craint, enfant, de devenir aveugle. Cette peur le transforme en lecteur compulsif, notamment de Montaigne qu’il admire. Sa vie est faite de petits riens : vendeur d’oranges, chercheur d’or, serveur dans des restaurants, ouvrier agricole itinérant… Après Pearl Harbor, il travaille comme docker à San Francisco pendant vingt-cinq ans. Auteur de plus de dix livres, dont The Passionate State of Mind, The Ordeal of Change et The Temper of Our Time, Eric Hoffer a reçu la médaille présidentielle de la liberté en 1983.

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Santiago Espinosa : Fantômes de la liberté

 Encre marine - Septembre 2026


On a beau montrer et démontrer la vacuité d’un mot, on ne s’en débarrasse pas pour autant, tant s’en faut. C’est le cas de cette prétendue liberté humaine, aussi inexplicable que contradictoire : on y croit quand même, ne serait-ce qu’à titre de bel idéal. Les illusions s’enracinent dans le désir et sont, de ce fait, indéracinables.
Pourtant, si le concept traditionnel, et métaphysique, de liberté ne désigne aucune réalité ; si l’homme est, tout autant que les autres êtres vivants, soumis au déterminisme de la physis ; s’il est, en outre, soumis inévitablement aux lois de la polis, il n’empêche que l’individu libre existe. Seulement, là où on l’attendait le moins : aux antipodes de la morale, de la « bien-pensance », de l’académie même. À ce titre, il convient de dire que l’« esprit libre » est, non pas celui qui s’oppose à la nature ou à la loi civile, mais celui qui, au sein de ces cadres non modifiables à sa guise, vit et pense comme il veut. Encore faut-il pour cela, et c’est bien le problème, parvenir à vouloir quelque chose.

Santiago Espinosa (Mexico, 1978) est philosophe et traducteur. Il est le lauréat 2015 de la Bourse Cioran du Cnl. Encre Marine a déjà publié de lui L’Inexpressif musical (2013), Voir et entendre (2016), Traité des apparences (2017), L’Impensé (2019), L’Objet de Beauté (2021).

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Pierre Crétois : La république des biens communs

 Amsterdam / Multitudes - Septembre 2026


C’en est fini du « doux commerce ». L’illusion d’un marché porteur de paix, de prospérité et de civilisation s’est dissipée sous nos yeux. Celui qui s’est consolidé avec les républiques modernes a débouché sur un paradoxe dont n’importe qui peut désormais faire l’expérience quotidienne : la promesse de l’émancipation par la richesse a engendré l’effondrement de notre monde commun. L’accumulation de l’opulence est une accumulation de la destruction, et, n’en déplaise aux (néo)libéraux, on ne peut attendre du marché qu’il résolve un problème dont il est lui-même la cause.
Ce qui détruit nos biens communs, c’est l’architecture même d’un ordre social marchand qui, prétendant pouvoir se passer de volonté commune, produit des structures que personnes n’a choisies et qui pourtant gouvernent nos vies.
La notion de « République des biens communs » ne tient donc pas du pléonasme. Elle entend rompre avec les républiques existantes, qui sacralisent la propriété privée et font de la vie collective un agrégat d’intérêts propriétaires pour repartir de biens englobants, dont le maintien dépend exclusivement de notre capacité à coopérer et à nous organiser politiquement. Réinscrire le commun dans la délibération politique, reconnaître et protéger les biens communs : cet ouvrage ambitieux nous invite à imaginer des institutions capables de donner forme à notre interdépendance. Une utopie ? Non, une nécessité vitale.

Pierre Crétois est philosophe, maître de conférences à l’Université Bordeaux-Montaigne. Aux éditions Amsterdam, il a publié La Part commune (2020) et La Copossession du monde (2023).

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Laurent Lavaud : Acte et mouvement. Aristote au prisme de ses exégètes de l’Antiquité tardive

 Les belles lettres - Septembre 2026


Comment Aristote pense-t-il le rapport entre les concepts d’acte (energeia) et de mouvement (kinēsis) ? C’est là l’une des questions les plus centrales de sa philosophie puisqu’à travers elle se décide la possibilité même de construire une science de la nature. C’est aussi l’une des plus chaudement débattues dans les recherches contemporaines sur l’oeuvre d’Aristote. Ce livre se propose de guider le lecteur à travers le maquis des interprétations possibles de la doctrine aristotélicienne du mouvement en suivant le fil des commentaires de l’Antiquité tardive, qui anticipent et éclairent les principaux débats contemporains.
Ce parcours permet aussi d’enquêter sur les différentes pratiques d’histoire de la philosophie : l’exégèse au plus près du texte d’Aristote (Alexandre d’Aphrodise, Thémistius ou Simplicius) ou la lecture polémique (Plotin, critique méthodique de la doctrine aristotélicienne du mouvement ou Jamblique, adversaire déclaré de la critique plotinienne…). L’un des enjeux de ce livre est cependant de montrer qu’il ne faut pas trop s’y fier : derrière les intentions déclarées et les positionnements de façade se jouent, dans les coulisses de l’exégèse, des distorsions inconscientes ou des trahisons dissimulées ou, à rebours, des affinités inavouées et des alliances de circonstance. Ainsi Plotin, par-delà son approche critique d’Aristote, est-il peut-être, parmi ses lecteurs, celui qui revivifie le plus authentiquement certaines intuitions centrales du Stagirite concernant l’entrelacement des concepts d’acte et de mouvement.

Laurent Lavaud est actuellement Professeur de philosophie ancienne à l’École Normale Supérieure de Lyon. Il est spécialiste de l’histoire du néoplatonisme et de ses prolongements dans la patristique. Il a traduit et commenté Alexandre d’Aphrodise et Plotin, et a co-dirigé une traduction commentée des Éléments de Théologie de Proclus.

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Meryem Sebti : Penser le monde avec Avicenne. Une introduction à sa philosophie

 Les Belles lettres - Septembre 2026


Abū ʿAlī al-Ḥusayn ibn ʿAbdallāh Ibn Sīnā – né en 980 à Afshana, près de Boukhara, dans l’actuel Ouzbékistan – est connu sous le nom d’Avicenne dans le monde latin, où une partie importante de son corpus fut traduite dès le XIIe siècle. Sans conteste le philosophe le plus important du monde islamique, penseur systématique, il aspirait à substituer à celle d’Aristote sa propre synthèse de tout le savoir humain. Son oeuvre marque un tournant décisif dans l’histoire intellectuelle du monde islamique.
Ce livre offre une initiation aux questions qui constituent le coeur de sa philosophie. Partant de la vie et de la formation d’Avicenne, il expose les fondements métaphysiques de son système, la démonstration de l’existence et de l’unicité de Dieu, la doctrine de l’émanation, la théorie de l’âme et de l’intellect, avant d’aborder la quête avicennienne de la science dans ses dimensions logique, naturelle et médicale. Une troisième partie examine la place de l’homme dans le monde : gouvernance divine, liberté humaine, prophétologie, statut du politique.
Le livre s’achève sur l’héritage et l’actualité d’une pensée dont on montre qu’elle peut encore enrichir les débats contemporains les plus urgents. Qu’il s’agisse de l’intrication du religieux et du politique dans les sociétés islamiques, des prétentions universalistes des Lumières, ou de l’écologie, la métaphysique avicennienne offre des ressources conceptuelles d’une remarquable fécondité.

Meryem Sebti est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de philosophie en Islam, elle a publié notamment Avicenne. Prophétie et gouvernement du monde (2021).

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jeudi 3 septembre 2026

Georg Simmel : Les problèmes de la philosophie de l'histoire

 PUF - Septembre 2026


Dans ce livre, devenu un classique des sciences sociales, Georg Simmel examine la manière dont l’histoire peut prétendre à une validité scientifique. Il soutient que les faits historiques ne sont pas donnés immédiatement, mais construits à travers des catégories et des points de vue qui sélectionnent et organisent la réalité passée, anticipant en cela nombre de résultats des sciences cognitives à venir. L’histoire ne reproduit donc pas le passé tel quel : elle en propose une interprétation cohérente à partir de valeurs et de significations. Simmel insiste ainsi sur le rôle actif du sujet connaissant et sur la spécificité méthodologique des sciences historiques, distinctes des sciences naturelles par leur rapport au sens et à l’individualité des phénomènes. Il prolonge en partie les réflexions de Wilhelm Dilthey dans le grand débat intellectuel de l’Allemagne de la fin du XIXe siècle concernant le statut scientifique des sciences humaines face au modèle des sciences de la nature.

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Torquato Accetto : De la dissimulation honnête

Éditions de la Reine Rouge - Septembre 2026


Rédigé par le secrétaire d’un aristocrate napolitain au cours de l’occupation du royaume de Naples par l’Espagne au XVIIe siècle, ce traité, à destination des lettrés italiens subissant le joug de l’Empire, propose de transfigurer une attitude contingente en vertu morale.
La dissimulation est une ruse nécessaire à la survie de tout individu ou groupe placé sous domination, mais contrevient en principe à l’éthique de vérité qui oblige à ne pas mentir. Pour ne pas se compromettre dans le mensonge, trahissant ainsi ses propres valeurs, ni s’exposer dangereusement à la violence d’un pouvoir tyrannique, le dominé devra apprendre à avancer masqué, afin de distraire et de subjuguer l’ennemi pour mieux le vaincre.
La dissimulation n’est pas le travestissement de la réalité, mais l’art de ne pas laisser voir les choses telles qu’elles sont.
« Dissimuler n’est rien d’autre qu’un voile fait d’ombres honnêtes et de précautions imposées par la contrainte : cela ne produit pas le faux, mais accorde à la vérité quelque repos, afin de la montrer au moment voulu.
Et de même que la nature a voulu que, dans l’ordre de l’univers, il y eût le jour et la nuit, il faut aussi que, dans le cours des actions humaines, il y ait la lumière et l’ombre, c’est-à-dire que l’on agisse ouvertement ou en secret, selon la raison qui règle la vie et les événements qui s’y produisent. »
Loin de s’opposer à la bravoure, la dissimulation honnête, bien qu’elle puisse sembler passive, réclame parfois plus d’efforts que de parler à voix haute ou de révéler ses desseins au grand jour. De plus, elle peut procurer un certain plaisir à celui qui la pratique intelligemment.

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Olivier Boulnois : La domination de la nature

 Vrin - Septembre 2026


Comment expliquer que l’homme occidental ait dominé la nature jusqu’à la dévaster?
L’idée vient-elle de la Bible? Mais celle-ci ne fait que promettre à l’homme qu’il pourra vivre paisiblement d’agriculture et d’élevage.
De la philosophie? Certes, la pensée grecque fait de l’homme un être redoutable et une fin de la nature, mais il est lui-même dominé par le ciel et les dieux. De la théologie médiévale? Mais lorsqu’elle harmonise la Bible avec la philosophie, elle reconnaît certaines limites : si l’activité humaine imite la nature, elle ne la détruit pas. C’est seulement avec la science et la philosophie modernes que la domination a pris un sens technique. Or sous le règne de l’homme par la technique, une histoire plus fondamentale s’est déroulée : celle des manières de penser l’activité humaine, d’arracher l’homme à la nature, et de réduire celle-ci à un fonds exploitable. C’est cette histoire souterraine qui vient aujourd’hui à échéance. Si l’on veut prendre un nouveau départ, il faut examiner ses principales étapes et interroger sa signification.

Olivier Boulnois est directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études.

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Byung-Chul Han : Contre la société de la peur

 PUF - Septembre 2026


Du désespoir le plus profond naît aussi l'espoir le plus intime. L’espoir nous propulse vers l’inconnu, nous met sur la voie de la nouveauté, de ce qui n'a jamais existé.
Guerres, migrations massives, attentats, catastrophes climatiques, crises et pandémies : des scénarios apocalyptiques très divers nous confrontent à une menace imminente d’effondrement et d’extinction. Et tandis que nous passons de catastrophe en catastrophe, notre vraie vie s’étouffe et se réduit à une simple survie. Cependant, l’espoir nous ouvre des temps futurs et des espaces inédits, dans lesquels nous entrons en rêvant. C’est toute une manière d’exister, qui ne résulte pas de faits donnés, mais qui rend possibles de nouveaux événements précisément lorsqu’ils semblent les plus impossibles.

Figure majeure de la scène philosophique internationale, Byung-Chul Han est l’auteur d’une vingtaine d’essais, traduits dans le monde entier, dont notamment aux Puf La Société de trans­parence (2017), Amusez-vous bien ! (2019), L’Expulsion de l’autre (2020), La Société palliative (2022) et Infocratie (2023).

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Études sartriennes 2026, n°30 : Sartre inédit : le manuscrit Gorz (1952-1953)

 Classiques Garnier - Septembre 2026


Jean Bourgault, « Présentation du manuscrit Gorz » - Jean-Paul Sartre, « Le manuscrit Gorz. Société, collectifs, aliénation » - Jean Bourgault, « "Que reste-t-il de Marx ? Eh bien tout". Introduction à une approche génétique du manuscrit Gorz de Sartre » - Grégory Cormann, « Sartre et les Cahiers internationaux de sociologie. Les rapports de l'existentialisme avec la sociologie dans le manuscrit Gorz (1952-1953) »

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Jean-Clet Martin : Le silence de Perelman. La genèse de l'espace

 Kimé - Septembre 2026


Grigori Perelman a résolu l'un des plus grands problèmes mathématiques du XXe siècle, puis il a refusé la médaille Fields et le million de dollars qui l'accompagnait. Il s'est retiré dans le silence. Ce geste n'était pas une provocation. Il marquait une fidélité : son travail ne visait ni la gloire ni la récompense, mais l'accès à une vérité plus profonde, celle de la structure même de l'espace. À partir des travaux de Thurston et de Hamilton, ce livre montre comment Perelman transforme notre compréhension du réel. L'espace n'y apparaît plus comme un simple cadre où les choses se placent, ni comme un corrélat de la conscience, mais comme une réalité dynamique, capable de se modifier, de traverser ses propres déchirures et de produire ses formes. Il ne s'agit pas d'expliquer des équations, mais de saisir la portée d'une révolution discrète : une genèse de l'espace et du temps qui oblige à repenser notre rapport au monde. Le silence de Perelman devient alors le signe d'une exigence rare : laisser parler l'univers lui-même. Après avoir exploré les multiplicités dans l'art (L'oeil des choses), l'histoire (Ossuaires), et la fiction (Plurivers), Jean-Clet Martin plonge ici dans les profondeurs de l'espace mathématique, où les géométries de Thurston deviennent des feuillets vivants, traversés par le travail silencieux de Perelman. Une nouvelle étape dans sa réflexion sur des lignes qui franchissent les fissures du réel.

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Revue de métaphysique et de morale 2026/2 N°126 : Responsabilité, II

 PUF - Juin 2026


Présentation / Chevarie-Cossette, Simon-Pierre 
La responsabilité morale existe-t-elle par degrés? / Rachel Frenette 
Le devoir de répondre de nos bonnes actions / Patricia Sanchez Oliva 
Fission et prison / Benoît Gaultier 
Que fait le temps à l'affaire? / Elodie Boissard 
Le sens des responsabilités / Edgard Darrobers 
Strawson et les excuses / Chevarie-Cossette, Simon-Pierre 
Chronique de métaphysique et de philosophie de la connaissance 

Frédéric Gros : Violence de la propriété

 Albin Michel - Septembre 2026


Il existe une part maudite de la propriété privée. Celle qui affirme que ce que je possède est à moi seul ; que devenir propriétaire prive un autre de ce que j'ai ; que ce qui fonde mon droit de propriété, c'est d'être autorisé à en user et à en abuser. Les grandes crises climatiques, sanitaires, sociales, relationnelles, géopolitiques peuvent se lire comme une conséquence du déchaînement de cette appropriation prédatrice.
Mais l'appropriation n'est pas par essence du côté de cette dernière. Son sens premier - celui d'une appropriation réciproque, mutuelle, régulatrice, écologique - se retrouve dans trois activités fondamentales qui permettent de construire un rapport harmonieux de l'homme au monde : habiter, apprendre, accueillir. Ainsi, habiter ne signifie plus occuper tout l'espace ; apprendre, consommer à outrance ; accueillir, assimiler coûte que coûte. C'est bien là tout l'enjeu de ce livre que de retrouver le sens perdu de l'appropriation.
Essai politique, livre de combat, Violence de la propriété propose une nouvelle définition de cette dernière : plus juste, redistributive, consentie. En un mot : heureuse.

Frédéric Gros, ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, est professeur d'Humanités politiques à Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Le Pouvoir de la honte, essai sur un sentiment révolutionnaire, et de Pourquoi la guerre ?, parus dans la même collection.

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Matthieu Péchenet : L'hypothèse du témoignage critique. Film, histoire, actualité

 PU de Septentrion - Septembre 2026


Ce livre propose une théorie du témoignage critique en cinéma, mobilisant la pensée de Walter Benjamin pour analyser des films-essais réalisés ces cinquante dernières années.
Dans cet ouvrage, l'auteur analyse des films de Chantal Akerman, Claire Angelini, Alain Cavalier, Arnaud des Pallières, Vincent Dieutre, Chris Marker, Agnès Varda ou encore Peter Watkins. Ces cinéastes partagent une certaine idée de l’histoire, proche de celle défendue en son temps par Walter Benjamin. Les témoins y prennent la parole pour dire la souffrance, la violence qui s’exerce sur les dominés au sein de nos sociétés. Dans les œuvres analysées, leurs discours font résonner l’expérience des exclus d’autres époques. Par le film, ces cinéastes relient ainsi les destinées des « vaincus de l’histoire ». Ils et elles incarnent à leur tour des témoins, qui observent d’un regard inquiet le monde qui les entoure. Par le film-essai, ils et elles font l’hypothèse du témoignage critique.

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mercredi 2 septembre 2026

Martin Mees, Isabelle Ost, Philippe Sabot (dir.) : Esthétique de l'existence. Généalogies à partir de Michel Foucault

 Les Impressions nouvelles - Septembre 2026


Dans les dernières années de sa vie, le philosophe Michel Foucault explore dans ses cours au Collège de France comme dans ses ouvrages et entretiens une idée qui va progressivement s’imposer dans sa pensée : la possibilité de façonner sa propre vie comme on ferait une oeuvre d’art. Cette formation autonome et singulière de soi se résume par la formule de « l’esthétique de l’existence », qui revient de façon récurrente sous la plume de Foucault. Elle constitue l’un des héritages les plus féconds de sa pensée, bien qu’elle demeure peu développée et donc fortement énigmatique.
Cet ouvrage collectif se saisit du voeu formulé par Foucault, jusqu’à présent resté sans suite, d’écrire la longue histoire de « l’esthétique de l’existence ». Sont ainsi esquissées les généalogies possibles de cette notion, tant en philosophie que dans la littérature, de l’Antiquité au XIXe siècle, puis en poursuivant ses devenirs dans le monde contemporain.
Au regard de notre actualité traversée par des phénomènes de mise en scène de soi, par des injonctions au développement personnel, par des pratiques artistiques qui entendent visibiliser certaines existences, la réflexion autour de ce concept semble n’avoir jamais été aussi urgente et essentielle qu’aujourd’hui.

Martin Mees est Maître de conférences en philosophie et littérature à l’Université de Lille. Il est l’auteur de Nerval ou la pensée du poétique. Essai de philosophie à l’œuvre (2021) et de La Forme du sublime (2025).
Isabelle Ost est professeur en philosophie et en littérature à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Elle y codirige le Centre Prospéro et a fondé avec Martin Mees et Philippe Sabot le réseau de recherche «Philature ». Son dernier essai : Regarder le monde. Littérature et cartographie (2026).
Philippe Sabot est Professeur de philosophie contemporaine à l’Université de Lille et Président du Centre Michel Foucault. Il a contribué à l’édition des œuvres de Michel Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade (2015) et également à l’édition de cours et travaux consacrés à la phénoménologie et à l’archéologie du savoir.

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mardi 1 septembre 2026

Thérence Carvalho : L'influence. Comment les idées conquièrent le monde

 PU de Rennes - Septembre 2026


À l’ère des réseaux sociaux, des fake news et des guerres informationnelles, l’influence est partout : elle façonne nos opinions, guide nos désirs et oriente nos choix. Mais que savons-nous vraiment de cette force invisible ? Pourquoi certaines idées marquent l’histoire quand d’autres disparaissent dans l’oubli ? De l’éloquence antique aux plateformes numériques, des philosophes des Lumières aux influenceurs contemporains, cet essai dévoile comment les idées se propagent, séduisent, évoluent et deviennent de véritables puissances d’action. On y découvre les stratégies de ceux qui influencent, les mécanismes de ceux qui se laissent influencer et les médiations qui transforment une simple pensée en force collective. Autour de trois questions – Qu’est-ce que l’influence ? Comment influencer ? Qu’est-ce qu’être influencé ? – il jette les fondements d’une « influologie » : une manière neuve et stimulante de comprendre le destin des idées et leur pouvoir de conquérir le monde.

Agrégé des facultés de droit, Thérence Carvalho est professeur à Nantes Université où il enseigne l’histoire du droit et des idées politiques.

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Florian Laguens (dir.) : La philosophie des physiciens (XXe-XXIe siècle)

 Matériologiques - Septembre 2026



La philosophie est-elle l’affaire des seuls philosophes ? D’Albert Einstein à Stephen Hawking, de Niels Bohr à Werner Heisenberg, notamment, les plus grands physiciens des XXe-XXIe siècles n’ont cessé de réfléchir aux fondements, aux limites et au sens de leur propre science. Cet ouvrage explore cette voie plurielle : celle de savants qui, confrontés aux révolutions de la relativité, de la mécanique quantique, de la physique de la matière condensée ou de la cosmologie, ont élaboré de véritables pensées philosophiques enracinées dans la pratique scientifique. Ni simples commentaires ni spéculations extérieures, leurs positions – parfois convergentes, souvent opposées – interrogent le réalisme et l’idéalisme, l’objectivité et le rôle de l’observateur, la réduction et l’émergence, la nature même du réel. Loin de promouvoir une école unique ou de proposer une orthodoxie, ce volume met en lumière la diversité des styles de pensée, des engagements ontologiques et des stratégies conceptuelles qui traversent la physique contemporaine.
En réunissant des spécialistes de philosophie et d’histoire de la physique, ce livre offre une entrée à la fois rigoureuse et accessible dans ces débats, au croisement de la science la plus avancée et des grandes questions philosophiques. Un outil indispensable pour les étudiants, chercheurs et lecteurs désireux de comprendre comment la physique contemporaine transforme notre manière de penser le monde.

Introduction
Florian Laguens "Physiciens-philosophes ?"
Chapitre 1
Quentin Serot : "Einstein et la théorie de la relativité : le réalisme scientifique en question"
Chapitre 2
Florian Laguens : "Arthur S. Eddington : deux tables et un morceau de cire"
Chapitre 3
Hans Halvorson : "Niels Bohr : physicien-philosophe en action"
Chapitre 4
Corentin Fève : "L’épistémologie néokantienne de Werner Heisenberg"
Chapitre 5
Thomas Boyer-Kassem : "Une critique de la position de Dirac concernant le choix entre des interprétations quantiques"
Chapitre 6
Holger Lyre : "La philosophie de l’esprit de Carl Friedrich von Weizsäcker"
Chapitre 7
Pierre Uzan : La philosophie du réel voilé de Bernard d’Espagnat
Chapitre 8
Núria Muñoz-Garganté & Bernardo Marques : "La compatibilité entre émergence et réduction : quelques remarques sur l’héritage de P. W. Anderson
Chapitre 9
Océane Gusching : "Stephen Hawking : la physique a-t-elle tué la philosophie ?"
Chapitre 10
Michel Bitbol : "La phénoménologie et les physiciens quantiques"

Gabriel Darriulat : Démocratiser la république. La philosophie politique de Condorcet

 Vrin - Septembre 2026


Faut-il que les individus acceptent de sacrifier une partie de leur liberté, celle que l’on nomme politique, et qui consiste dans l’exercice du droit de souveraineté, pour conserver le reste de leurs droits naturels? Ce problème guide l’analyse des évolutions de la philosophie politique de Condorcet. Au contact des révolutions américaine et française, Condorcet passe de la conviction qu’un gouvernement monarchique, éclairé par l’essor des sciences politiques et morales, peut garantir les droits de l’homme, à l’élaboration d’une théorie républicaine. Celle-ci est désormais conçue comme l’unique solution constitutionnelle capable de préserver ces droits.
L’ouvrage parcourt les principales étapes de la démocratisation de l’idée de république chez Condorcet : l’évolution vers une citoyenneté inclusive, rejetant le modèle du citoyen-propriétaire et incluant les femmes; la conception de l’élection comme un lien de confiance entre représentants et représentés, et non comme une simple sélection des meilleurs; enfin, l’élaboration de mécanismes de participation populaire au-delà des moments électoraux. Ceux-ci incluent des formes indirectes (droit de pétition, presse libre) et directes (mécanismes de surveillance citoyenne permanente des représentants, exercice démocratique du pouvoir constituant).

Gabriel Darriulat est agrégé et docteur de philosophie. Membre associé du laboratoire Sciences, Normes, Démocratie (UMR 8011) de Sorbonne Université, il a été post-doctorant au Collège de France et est actuellement ATER à Sorbonne Université.

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