vendredi 24 avril 2026

Pierre Laromiguière : Premiers travaux métaphysiques (1785-1805)

 Classiques Garnier - Mai 2026


Professeur de Victor Cousin et premier titulaire de la chaire de philosophie de la Faculté des lettres de Paris, Pierre Laromiguière (1756-1837) demeure une figure mal connue, voire mal comprise. En donnant à lire ses textes philosophiques antérieurs à sa nomination à la Sorbonne et en s'appuyant sur de nombreux documents inédits, cette édition met en lumière son projet théorique ambitieux fondé sur l'analyse des idées, la critique de l'innéisme et un empirisme attentif aux questions morales et religieuses. Elle donne ainsi à voir le parcours institutionnel et intellectuel complexe et original d'un philosophe qui, au lendemain de la Révolution, n'avait déjà plus rien d'un inconnu et dont l'influence discrète caractérise la « philosophie française » au XIXe siècle.

Pierre Brouillet (éd.) est agrégé de philosophie. Il prépare une thèse de doctorat à l'École normale supérieure de Lyon sous la supervision de Delphine Antoine-Mahut. Ses recherches portent sur la philosophie et la psychologie françaises des XVIIe et XVIIIe siècles.
Félix Barancy (éd.) est maître de conférences à l'université de Lorraine. Ses recherches croisent l'histoire de l'éducation et la philosophie française du XIXe siècle, dont il est spécialiste.

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Jean-Marc Talpin, Pierre Marie Charazac (dir.) : Vivre, mourir : pourquoi, comment ?

 In press - Avril 2026


Présente tout au long de la vie – et pas seulement à l'approche de la vieillesse –, la question de la mort est souvent écartée de notre esprit. Nous la travestissons souvent sous des formes symboliques ― « mort sociale », « mort cellulaire » ―, nous éloignant ainsi davantage de la disparition réelle. Entre la pensée abstraite de notre mortalité et son intégration dans notre vie affective persiste un écart profond, que seule une expérience intime peut réduire. Vivre encore, pour quoi, pour qui ? Mourir, mais pourquoi ? À quoi bon se maintenir en vie si les objets et les liens essentiels s'éteignent autour de soi ? À ces « pourquoi » s'ajoute le « comment », peut-être la question la plus déterminante, car la plus difficile à anticiper et à se représenter, même lorsque la mort est annoncée. Face à cette inconnue, la dépendance se réactive, le besoin de protection refait surface, et l'accompagnement, autant familial que soignant, devient un soutien crucial pour affronter la peur de disparaître. Des enjeux qui résonnent avec les débats sociétaux actuels sur la fin de vie.

Les directeurs d’ouvrage : Pierre Marie Charazac est psychiatre honoraire des hôpitaux, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris (SPP). Jean-Marc Talpin est professeur émérite de psychopathologie et psychologie clinique, Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique (CRPPC), Université Lumière Lyon 2, psychologue clinicien. Les auteurs : Marie-Christine Aubray, Régis Aubry, Catherine Caleca, Pierre Marie Charazac, Jérôme Fredouille, Philippe Gutton, Charlotte Hardy-Mainguené, Georges Jovelet, Serge Alain Josserand, Janice

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jeudi 23 avril 2026

Walter Benjamin, Gershom Scholem : Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940

 L'Eclat - Mai 2026


« Pour ce que tu appelles de tes vœux, le souci de “préserver ce que nous avons en commun”, on y pourvoit actuellement, pour autant que je puisse en juger, encore bien mieux qu’il y a vingt-cinq ans. Disant cela, je ne pense pas à nous, mais aux manifestations de l’esprit du temps, qui a marqué le paysage désertique de notre époque de signes sur lesquels les vieux Bédouins que nous sommes ne se trompent pas. Si triste qu’il soit de ne pouvoir converser ensemble, j’ai pourtant le sentiment que les circonstances ne me privent pas de disputes aussi enflammées que celles qui, de loin en loin, s’élevaient entre nous. Cela n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Et peut-être même est-il bon d’être séparé par un petit océan, lorsque vient le moment de se tomber spirituellement dans les bras l’un de l’autre» écrit Walter Benjamin à Gershom Scholem dans sa dernière lettre du 11 janvier 1940.
Notre édition comprend toutes les lettres entre 1933 et 1940 que Scholem avait pu rassembler après la découverte d’archives miraculeusement sauvées de la destruction en 1960. ­Correspondance exemplaire d’une ‘amitié stellaire’, elle apporte un éclairage déterminant sur ­l’œuvre de Benjamin qu’on ne cesse de re-découvrir, et confirme le statut pleinement philosophique et politique de Scholem, par-delà son activité d’historien de la mystique juive.

Édition établie et présentée par Gershom Scholem
Traduit de l’allemand par Didier Renault et Pierre Rusch

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Benoît Heilbrunn : Le poison de la reconnaissance. Quel prix payer pour être quelqu'un ?

 L'Aube - Mai 2026


Et si la reconnaissance, loin de nous émanciper, était devenue le poison le plus subtil du capitalisme contemporain ? Ce qui est désormais un diktat – dans une course effrénée aux likes, aux followers, au personal branding – nous enferme dans une spirale infinie de validation sociale, nous transforme en marchandise, alimente l’envie et la rivalité, et génère une souffrance sans fin. Démontant les ressorts de ce phénomène, cet essai critique, philosophique et sociologique analyse les différentes facettes d’une quête devenue le moteur du capitalisme, et invite à réapprendre à exister sans tomber dans ce piège.

Benoît Heilbrunn est professeur à l’ESCP Business School, codirecteur de l’observatoire « Marques, imaginaires de consommation et politique » à la Fondation Jean-Jaurès et auteur, chez le même éditeur, de Ce que nous cache le mythe du pouvoir d’achat.

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Henri Lefebvre : Éléments de rythmanalyse et autres essais sur les temporalités

 Erotopia - Av ril 2026


Théoricien de la critique de la vie quotidienne, Henri Lefebvre, s’intéresse aussi bien aux habitudes, à la routine, aux rites calendaires qu’aux rythmes individuels et sociaux, qui donnent à chacun, comme à toute société, son tempo. L’ordinaire entrelace mille et un rythmes et combine aussi bien des moments répétitifs, comme dans l’usine taylorisée, que des ruptures festives ou cultuelles. Avec l’urbanisation les temporalités se modifient, le temps vécu se distingue à la fois du temps représenté et du temps rêvé. Pas de territorialité sans ses temporalités, d’où une rythmanalyse que Bachelard avait esquissée et que Lefebvre commence à théoriser. Publiés en 1992, ces Éléments de rythmanalyse. Introduction à la connaissance des rythmes, avec une préface de René Lourau et en annexe « Essai de rythmanalyse des villes méditerranéennes », rédigé avec Catherine Régulier, sont ici complétée de trois articles : « Musique et sémiologie » (1971), « La musique et la ville » (1976) et « Le projet rythmanalytique » (avec Catherine Régulier, 1985). Cet ensemble de textes constitue un précieux et indispensable corpus lefebvrien pour qui souhaite, non seulement approfondir sa connaissance d’un penseur exceptionnel, mais aussi prolonger ses réflexions sur les rythmes.

Henri Lefebvre (1901-1991), est un marxiste « indépendant », en cela il se présente comme « marxien », même si à plusieurs reprises il chemine avec le Parti communiste français (PCF). Il se dit également « utopien » et un temps « situationniste ». Incroyablement inventif et intuitif, il perçoit l’importance de la vie quotidienne, de l’urbanisation et de la ville qu’il analyse dans six ouvrages, dont Le droit à la ville, sans compter ses réflexions sur l’État, la dialectique, la cybernétique, l’altérité...

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Forum des psys n°1, avril-mai 2026 : Les ingénieurs du mental

Le Forum des psys - Avril 2026


Face à une offensive mensongère débridée
Le champ psy défend la psychanalyse
➢ Une offensive multiple a été lancée contre la psychanalyse, visant son discrédit et son effacement. Depuis, de nombreuses personnalités et professionnels du champ psy prennent position et engagent des actions afin d’éviter le pire.
➢ Ce premier numéro du magazine Forum des psys s’attache à identifier les personnages par lesquels passe la propagande anti-psychanalyse. Un incroyable capharnaüm : experts autoproclamés, managers obtus, journalistes militants, d’autres qui répètent, politiques crédules, d’autres enfin, fossoyeurs de la santé mentale. Cette déferlante liberticide veut faire taire les professionnels comme les patients.
Cette offensive prend la forme d’amendements et de propositions de loi, mais tente aussi de s’imposer par d’autres voies. Lisez comment les ingénieurs du mental entendent faire main basse sur le champ psy.

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Denis Thouard : La Réduction de la lecture

 Circé - Avril 2026


Nous sommes entrés dans une culture où l’écrit est de plus en plus présent, mais où nous lisons pourtant de moins en moins. Le livre s’interroge sur ce paradoxe qui fait que nous nous entourons de facilitations technologiques de plus en plus puissantes et raffinées, mais que nous négligeons dans le même temps la clé de ces usages : notre capacité à lire.
L’ouvrage porte sur la lecture dans un contexte non scolaire, dans sa portée universelle. Il rappelle quelle conquête fut pour l’esprit la maîtrise de l’écrit et l’exercice du jugement que celle-ci permettait. En même temps il s’interroge sur les transformations que nous observons depuis peu. Nous lisons peut-être plus souvent, mais nous lisons aussi beaucoup moins.
Pour s’adresser à ce public de « moins lecteurs », l’ouvrage est volontairement léger. Il est composé de cinq chapitres. Le premier se demande ce que nous faisons quand nous lisons. Le second chapitre expose les trois modalités de la lecture que l’on rencontre le plus souvent et fait le constat d’une réduction de la lecture à son usage le plus utilitaire. Le troisième chapitre cherche à situer la place de la lecture parmi les inventions techniques qui nous facilitent la vie. Le quatrième chapitre s’autorise un retour en arrière sur la généalogie de l’art de lire. La thèse défendue est que les techniques associées à la lecture depuis l’Antiquité ont contribué au bagage critique qui a produit une aspiration á l’émancipation et á la liberté de pensée entre la Renaissance et les Lumières. Le dernier chapitre interroge la dynamique propre à la lecture.

Denis Thouard enseigne au Centre Marc Bloch de Berlin ; il est Directeur de recherche au CNRS. Il travaille sur la philosophie de l'interprétation, la lecture et les traditions savantes. Il a publié notamment : Le partage des idées (CNRS, 2007), Pourquoi ce poète ? (Seuil, 2016), Et toute langue est étrangère (Encre Marine/Belles Lettres, 2016), Herméneutiques contemporaines (Hermann, 2020), Les enfants de Georg Simmel (Circé, 2024).

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Georges Roque : Penser la couleur

 Gallimard - Avril 2026


Spécialiste reconnu de la couleur en art et auteur du best-seller Qu’est-ce que l’art abstrait ?, Georges Roque nous livre ici un de ses ouvrages les plus ambitieux, résultat de vingt ans de réflexion. La couleur était jusque-là le parent pauvre de l’histoire de l’art : elle est à présent repensée dans ses différentes dimensions ; ses significations sont interrogées, ainsi que ses fonctions.
Une méthodologie, qui faisait cruellement défaut, est aussi apportée afin d’éclaircir le rôle que les couleurs jouent dans les oeuvres. La disposition des couleurs est abordée à partir du XVIIᵉ siècle au travers de ses principaux systèmes d’organisation : couleurs primaires, couleurs chaudes et froides, couleurs complémentaires. L’approche proposée permet aussi de mieux saisir la révolution impressionniste et plus généralement la manière dont les artistes ont abordé l’utilisation des couleurs dans leurs œuvres du point de vue de leur syntaxe et de leur sens.
Le texte est agrémenté de très belles analyses détaillées, de La Sainte Famille de Poussin à l’Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, Argenteuil de Manet et Ocre (ocre, rouge sur rouge) de Rothko.

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mercredi 22 avril 2026

Jean-Marc Mouillie : Une histoire de la norme

 Les Belles Lettres - Mai 2026


De façon inattendue, il n’existe pas d’histoire de la notion de norme. Et cette histoire, retracée, se révèle étrange. Le mot est ancien dans les langues européennes, mais rare. Son usage ne se répand, soudainement, qu’à la fin du XIXe siècle. Et tout en devenant omniprésent dans le champ des savoirs, il n’y est guère explicité. La norme se trouve au contraire confondue avec la règle édictée et devient l’un des noms du mal moderne. Se plaindre d’un monde excessivement encadré est pourtant un lieu commun ancien. Et la norme ne manifeste pas tant un pouvoir désireux de contrôler et de conformer que le fondement de la socialisation culturelle. Alors que nous dénonçons en elle des préjugés, des monotonies, des enfermements, des rapports autoritaires, la négation des singularités et la mise en coupe réglée du monde, la norme est avant tout ce qui, au coeur de notre humanité, structure du commun, inhibe des excès, et permet le lien social.
En ce sens, loin d’être « asphyxiés par les normes », nous sommes aujourd’hui assujettis à un système productiviste, technologique et dirigiste qui fait régresser la vie normative. Il ne s’agit donc pas, dans cette enquête, d’une simple histoire de mots, ni même des idées, mais de cerner la confusion qui fait interpréter comme envahissement normatif le processus tout à la fois « sans normes » et programmatique qui se déchaîne. Notion bouc-émissaire de la modernité, la norme pourrait bien en vérité désigner ce que détruisent l’ambition absurde de dominer le réel et le projet morbide de recréerla vie qui s’intensifient dans ce nouveau siècle.

Jean-Marc Mouillie est Maître de Conférences de philosophie à l’université d’Angers et membre de La République des Savoirs (UMR 8241, ENS-CNRS-Collège de France).

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François Bafoil, Paul Zawadzki (dir.) : Violences, cruautés, dénis. Sciences sociales et Psychanalyse. Vol. II

 Hermann - Avril 2026


Après Politiques de la destructivité (2024), ce second volume édité par François Bafoil et Paul Zawadzki poursuit l’effort de ranimer le dialogue entre sciences sociales et psychanalyse, qui avait fécondé il y a plus d’un demi-siècle aussi bien la connaissance universitaire que la pensée politique. Cet ouvrage explore la part de réalité située aux confins de ces deux champs. Les psychanalystes savent généralement que le savoir issu des cures ne leur permet pas de penser, sans médiation, l’expérience historique collective. De leur côté, historiens, philosophes, sociologues et politistes se heurtent souvent au point où leur démarche explicative se dérobe devant l’opacité de l’expérience humaine. Parmi les phénomènes qui mettent l’explication et les dispositifs de mise en intelligibilité à rude épreuve, figurent au premier chef les violences extrêmes et les cruautés, souvent accompagnées de dénis. C’est à l’exploration de cette face sombre de la vie sociale et politique que se consacrent les études ici réunies.

Avec les contributions de 
Jacques André, Paul-Laurent Assoun, François Bafoil, Dominique Bourg, Gilbert Diatkine, Julien Guillou, Laurence Kahn, Paul Luciani, Cédric Michon, Daniel Sabbagh, Paul Zawadzki.

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Philippe Hoffmann : Etudes de philosophie grecque, de l'âge classique au néoplatonisme

 Les Belles lettres - Mai 2026


Ce volume rassemble dix-huit études majeures de Philippe Hoffmann, helléniste et historien de la philosophie antique, directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il restitue les articulations essentielles d’une oeuvre qui a profondément renouvelé, au cours des dernières décennies, l’étude de la philosophie grecque, tout en s’inscrivant dans la tradition parisienne des études néoplatoniciennes, illustrée par de grands savants tels qu’André-Jean Festugière, Jean Trouillard, Jean Pépin, Henri Dominique Saffrey, Ilsetraut et Pierre Hadot. Alliant rigueur philologique et analyse approfondie des doctrines métaphysiques, théologiques et cosmologiques, les études réunies dans ce volume éclairent en particulier les figures dominantes de la fin de la tradition philosophique grecque – Proclus, Damascius, Simplicius – et révèlent la vitalité et la grandeur d’une pensée qui, à la charnière du monde antique et du monde chrétien, a représenté pendant plusieurs siècles le fer de lance de la « réaction païenne » face à la christianisation de l’Empire.

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Manuel Cervera-Marzal, Bruno Frère : Pour une démocratie sauvage. Une sociologie charnelle au c ur des luttes et des conflits

 La découverte - Mai 2026


Face aux turbulences que traverse la sociologie contemporaine, accusée d'être, d'une part, trop militante et, de l'autre, scientiste et coupée de celles et ceux dont elle prétend rendre compte, Manuel Cervera-Marzal et Bruno Frère proposent une voie nouvelle : la sociologie charnelle.
En effet, le sociologue est toujours plongé dans la " chair " du social – son ordre et ses désordres, ses héritages et ses possibles. Inspirés par Maurice Merleau-Ponty, Cornelius Castoriadis, Pierre Bourdieu, Bruno Latour, Isabelle Stengers et Chantal Mouffe, les auteurs défendent une science politique (au sens premier du terme), radicalement démocratique, qui, non contente de décrire la société, accompagne les formes de vie émancipées. De la Zad de Notre-Dame-des-Landes au Chiapas zapatiste, le sociologue doit ainsi embrasser une multiplicité de luttes qui fragilisent le roc du capitalisme racial et patriarcal.
Loin des visions trop lisses d'une société pacifiée comme des dénonciations désespérées d'une domination implacable, la sociologie charnelle voit dans les conflits, impossibles à étudier sans les habiter, le moteur même de la démocratie. Renouant avec sa vocation subversive, la sociologie se place ainsi du côté des petits, contre les puissants. Dans le tumulte des luttes se dessine non pas un autre monde, mais l'envers de ce monde, son double intempestif. C'est à cette part sauvage que ce livre entend donner voix. Et il entend le faire scientifiquement.

Manuel Cervera-Marzal est sociologue, chercheur au FNRS et professeur associé à l'université de Liège. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels Le Populisme de gauche (La Découverte, 2021) et Résister (10/18, 2022).
Bruno Frère est sociologue, professeur à l'université de Liège. Spécialiste des théories critiques et de l'épistémologie des sciences sociales, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels La Fabrique de l'émancipation (Seuil, 2022).

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Vincent Bourdeau : Pourquoi avons-nous besoin des classes moyennes ? Essai de philosophie sociale républicaine

 Armand Colin - Avril 2026


« En beaucoup de domaines, le meilleur est dans la moyenne », et « dans la cité » en particulier, on doit vouloir « être au milieu », affirmait Aristote dans Les Politiques. Cette idée d’une bonne citoyenneté a pris corps au lendemain de la Révolution, opposant l’égalité aux privilèges par l’avènement d’une large classe centrale. Mais que reste-t-il de ces idéaux républicains, quand une partie de notre classe moyenne hurle sur les ronds-points les inégalités sociales et la peur du déclassement ?
Dans un tableau culturel, historique, sociologique, politique et philosophique des classes moyennes, Vincent Bourdeau explore et élargit le sens d’une expression, « classes mitoyennes », que l’on rencontrait dans les écrits de Germaine de Staël. En revisitant cette appellation, il réaffirme leur pouvoir d’intégration sociale et d’accomplissement de soi par une véritable culture du lien.
En remplaçant le concept éculé de méritocratie – qui institutionalise les injustices sociales – par celui de considération, l’auteur trouve un moyen de réveiller la république mitoyenne. Il ne questionne plus seulement le rang mais aussi le rôle des classes moyennes : celui de rendre sa place à chacun ; de transformer les institutions de la République sans les mettre à bas ; de faire advenir une société solidaire et agissante qui prenne son avenir en main.

Vincent Bourdeau est enseignant-chercheur en philosophie sociale et politique à l’université Marie et Louis Pasteur. Ses travaux abordent les liens sociaux, les actions collectives et les institutions dans leur rapport à l’émancipation individuelle. Il a codirigé La République et ses démons. Essais de républicanisme appliqué et Quand les socialistes inventaient l’avenir. Presse, théories et expériences, 1825-1860. Son dernier livre Le Marché et le Mérite explore l’imaginaire social républicain.

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Hervé Glevarec, Thibaut de Saint Maurice, Clément Combes : Des séries qui comptent. Sociologie d’un goût contemporain

 L'Aube - Avril 2026


Depuis l’arrivée de Netflix en 2014, la « plateformisation » a bouleversé les pratiques audiovisuelles : en 2022, un Français sur deux regarde des séries en VOD aussi souvent qu’à la télévision en direct. S’appuyant sur une enquête sociologique, Des séries qui comptent explore l’évolution des usages et des goûts, la diversité accrue des thématiques, et le rôle des personnages emblématiques qui marquent les spectateurs. Les séries ne sont plus seulement un loisir : elles deviennent des expériences qui nourrissent l’attachement, la réflexion et la discussion. Elles apparaissent comme des ressources cognitives et morales, élargissant l’expérience et affinant les perceptions du monde contemporain. Une lecture ­passionnante ! »

Hervé Glevarec est directeur de recherches au CNRS. Clément Combes est maître de conférences en sociologie à l’université Sorbonne Nouvelle, et chercheur à l’IRMÉCCEN. Thibaut de Saint Maurice est chercheur en philosophie à l’université Panthéon-Sorbonne.

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mardi 21 avril 2026

Louis Althusser : Sur le matérialisme. Thèses de juin et autres textes (1980-1986)

 PUF - Avril 2026 - Perspectives critiques


En novembre 1980, après le meurtre de sa femme Hélène Legotien, Louis Althusser disparaît de la scène publique. Il continue pourtant à écrire et à se confronter avec des rares interlocuteurs, afin de prolonger la séquence politique et théorique des années 1970 dont il a été l’un des protagonistes intellectuels. Dans des textes et des interventions tourmentés, pris entre recommencements perpétuels et formulations fragmentaires, Althusser poursuit ses réflexions dans la décennie qui s’ouvre et questionne la conjoncture qui suit la crise du communisme international. Ces matériaux tardifs témoignent ainsi d’une pensée aux directions multiples : Althusser revient sur la genèse de la théorie de Marx et s’efforce d’élaborer une forme singulière de matérialisme dit de la « rencontre », dont il retrace la généalogie dans les marges de la tradition philosophique occidentale. Mais il interroge aussi les perspectives d’une politique émancipatrice dans le contexte de la mondialisation, par-delà les États-nations et les Parti-États. Par-là, il rencontre sur son chemin la théologie de la libération et l’idée d’une fraternité à pratiquer ici et maintenant, finalement dépourvue de garanties métaphysiques.

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Jean Vioulac : Penser la technique avec Marx et Heidegger

 PUF - Avril 2026 - Quadrige


En devenant majoritairement urbaine, l’humanité a abandonné le monde naturel pour intégrer un monde artificiel, intégralement constitué d’objets techniques. L’ouvrage aborde de front la question la plus urgente aujourd’hui : celle du devenir de l’humanité sous la domination de la technique. Il analyse ainsi les profondes mutations, le plus souvent inaperçues, que la technique fait subir à l’existence humaine, et dans tous ses aspects. Il propose en outre une relecture nouvelle de Marx, totalement indépendante de l’idéologie marxiste, dans une approche inspirée de Heidegger qui tente d’en souligner la portée phénoménologique et ontologique.
Jean Vioulac montre à la fois l’emprise totale de la technique sur les hommes et sur le monde aujourd’hui, en même temps qu’il met au jour la nouveauté radicale de cette technique par rapport aux usages anciens de l’outil, et découvre finalement dans cette domination de la technique une menace portant sur l’humanité comme telle.
L'époque de la technique est suivi d'un inédit intitulé Machination et capitulation. Heidegger et Marx revisités.

Jean Vioulac est agrégé et docteur en philosophie.

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Günther Anders : Sur Sartre

 Fario - Avril 2026


Bien qu’ils se soient sans doute croisés physiquement, notamment au cours d’Alexandre Kojève, ou qu’ils aient publiés dans un même numéro des Recherches philosophiques, la revue d’Alexandre Koyré, les chemins de Sartre et d’Anders sont restés énigmatiquement parallèles. Sartre ignorant ou feignant d’ignorer son contemporain viennois, Anders découvrant l’existentialisme avec un train de retard comme il le dira lui-même.
Si Anders retrouve ― on ne sait trop si c’est avec humour ou amertume ― la reprise de certaines de ses thèses des années trente dans les ouvrages à succès de Sartre, quinze ans plus tard, la lecture qu’il en fait, après avoir assisté à New-York à une représentation des Mouches, est tout simplement magistrale.
Anders ne reproche pas seulement à Sartre d’employer des concepts ou des notions déjà existantes, entre autres sous sa plume, il se livre à une archéologie de ce qu’il nomme l’illusion sartrienne. Son regard s’exerce tant sur le plan de la tragédie ― Oreste est un Prométhée récusant l’autorité de Zeus, dans la lignée de ceux de Shelley, de Goethe ou d’Ibsen ― que dans le registre philosophique.

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Ghislain Casas : Théorie du feu de camp. Une métaphysique de la hiérarchie sociale

 La Tempête - Avril 2026


La hiérarchie, loin d'être le mauvais souvenir d'une époque révolue, continue de régenter nos rapports, que ce soit dans les relations de travail ou dans les groupes militants. Pourtant, personne, pas même ceux qui prétendent s'organiser sans elle ou contre elle, ne parvient à s'en défaire. Sans doute est-ce parce que nous peinons à nous la figurer et donc à la penser. En renversant l'image classique de l'échelle verticale, Ghislain Casas propose de considérer la hiérarchie depuis l'horizontalité d'un groupe réuni autour d'un feu de camp central dont chacun cherche à s'approcher le plus possible. En développant cette image et en interrogeant ses présupposés philosophiques et sociologiques, ce livre pose de manière inédite la question d'une vie sans pouvoir.

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