jeudi 27 août 2026

Pascal Chabot : Nos vies encapsulées. Quel avenir pour l'humanité ?

PUF - Août 2026


Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, objet technique total offrant autonomie, confort et connexion permanente dans lequel nos existences se sont peu à peu installées.
Cette vie encapsulée nous a permis d'aller plus vite, plus loin, de communiquer davantage, parfois même de nous sentir plus libres. Mais la promesse moderne d'émancipation semble aujourd'hui se retourner contre elle, pour produire narcissisme et dépendance. Continuons-nous vraiment d'exister dans ces capsules ? Ne serions-nous pas tous atteints de digitose, ce mal digital par excellence ?
Comme dans le mythe de la caverne, il nous faut apprendre à sortir de ces capsules, et à retrouver les liens subtils qui nous unissent au monde. À travers des exemples concrets - une couveuse, une mandarine dans une chambre d'hôtel, une capsule temporelle laissée par Baudelaire, un bar européen à Bruxelles -, Pascal Chabot explore les voies possibles d'une existence plus habitée et pose les questions philosophiques qui nous traversent : que désirons-nous devenir ? Et comment réinventer le progrès ?

Philosophe, Pascal Chabot est l'auteur d'une douzaine de livres parus aux Puf. dont Un sens à la vie (2024) et Global burn-out (2013, rééd. 2017). Son oeuvre, écrite dans une langue fluide et sensible, explore les métamorphoses du monde contemporain.

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Bernard Lahire : Pourquoi comprenons-nous le monde ?

 La découverte - Août 2026


S'il est loisible de méditer sur les mystères insondables du monde que nous habitons, le fait que la science parvienne à le rendre compréhensible devrait être un sujet d'étonnement. Pourquoi l'ingéniosité du vivant anticipe-t‑elle nos techniques ? Pourquoi les mathématiques les plus abstraites décrivent-elles le réel ? Conjuguant sciences sociales et sciences du vivant, Bernard Lahire remonte aux racines du réalisme pour élucider l'" éternel mystère " : pourquoi comprenons-nous le monde ?
Comment se fait-il que la nature ait déjà " inventé " tant de mécanismes que l'humanité s'efforce de concevoir techniquement ? À quoi faut-il attribuer cette analogie entre l'" ingéniosité sans ingénieurs " du vivant et l'ingéniosité intentionnelle humaine ? Comment expliquer que nos techniques efficaces aient souvent fourni des modèles de compréhension scientifique du monde ? De quel réalisme involontaire procèdent les mathématiques les plus pures lorsque, indépendamment de toute considération empirique, elles se révèlent adéquates pour saisir des phénomènes réels ?
Derrière ces questions apparemment différentes auxquelles Bernard Lahire s'attache à répondre dans ce livre se cache une énigme majeure : pourquoi comprenons-nous le monde ? Pour résoudre ce qu'Albert Einstein qualifiait d'" éternel mystère ", il faut résolument plonger vers les racines du réalisme, en faisant entrer dans la réflexion des faits tirés autant de l'histoire et de l'anthropologie des sciences et des techniques que de la biologie évolutive, de l'écologie, de l'éthologie, de la sociologie ou des neurosciences.
En revenant aux lois fondamentales du vivant, on prend alors conscience que la science et la technique prolongent culturellement des facultés sensorielles et cognitives issues de l'adaptation au monde dans lequel nous avons évolué. Dans le nouvel âge de l'ignorance que nous traversons, cette perspective nous rappelle que, loin d'être un luxe spéculatif ou une construction symbolique parmi d'autres, la connaissance scientifique s'ancre dans des contraintes réelles et nous permet de les maîtriser en vue d'assurer notre survie.

Bernard Lahire est directeur de recherche CNRS,professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon (Centre Max-Weber) et membre senior de l'Institut universitaire de France. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, parmi lesquels Les Structures fondamentales des sociétés humaines (La Découverte, 2023), Savoir ou périr (Seuil, 2025) et Vers une science sociale du vivant (La Découverte, 2025).

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Emilien Ruiz, Clarisse Berthezène (dir.) : Une certaine idée du politique. Histoire, administration et démocratie

 Septentrion - Août 2026


Prenant acte de trois décennies de renouvellements historiographiques majeurs, cet ouvrage collectif défend une certaine vision de l'histoire politique. Interdisciplinaire, attentive aux pratiques des acteurs comme à la fabrique et aux usages des savoirs, elle doit aussi être consciente de son rôle dans la Cité. À travers une trentaine de contributions, historiennes et historiens, mais aussi juristes, politistes et sociologues montrent, sans prétendre à l'exhaustivité, à quel point les terrains de jeu de l'histoire politique se sont élargis depuis une trentaine d'années. Quatre grands domaines sont explorés du XIXe siècle à nos jours : l'État et son administration ; les régimes autoritaires et la démocratie ; l'importance du dialogue entre l'histoire et le droit pour comprendre le politique ; l'histoire politique hors les murs universitaires. Chaque chapitre présente ainsi une approche, une méthode, une interprétation du politique pour illustrer l'incontestable vitalité d'une historiographie pluraliste et toujours en mouvement.

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Jacques Rancière : Aisthesis. Scènes du régime esthétique de l'art

 La fabrique - Septembre 2026


Le terme « aisthesis » désigne le mode d’expérience selon lequel, depuis deux siècles, nous percevons des choses très éloignées par leurs techniques de production et leurs destinations comme appartenant en commun à l’art. Du Torse du Belvédère analysé en 1764 par Winckelmann au décor des métayers de l’Alabama décrit en 1941 par James Agee, en passant par une visite de Hegel au musée de Munich, une conférence d’Emerson à Boston, une soirée de Mallarmé aux Folies-Bergère, une exposition à Paris ou à New York, une mise en scène à Moscou ou la construction d’une usine à Berlin, Jacques Rancière examine une quinzaine d’événements ou de moments, célèbres ou obscurs, où l’on voit se transformer la perception de ce qu’est l’art et ce qu’il fait. Les histoires et les philosophies de la modernité artistique qui font prime l’identifient à la conquête par chaque art de son autonomie, exprimée par des œuvres exemplaires qui se séparent à la fois de l’art du passé et des formes de la vie prosaïque. Quinze années de travail ont amené Jacques Rancière à des conclusions exactement inverses : le mouvement propre à la modernité esthétique, celui qui a soutenu les rêves de nouveauté artistique et de fusion entre l’art et la vie, tend à effacer les spécificités des arts et à brouiller les frontières qui les séparaient entre eux et les tenaient à l’écart de l’expérience ordinaire. Les quatorze scènes ici retenues, empruntées aux arts plastiques comme au théâtre, à la littérature comme au cinéma ou à la photographie, sont autant de témoignages de ce bouleversement dans l’expérience de l’art et de ses rapports avec la vie. On y apprend comment une statue mutilée peut devenir une œuvre parfaite, une image d’enfants pouilleux une représentation de l’idéal, une culbute de clowns l’envolée dans le ciel poétique, un meuble un temple, un escalier un personnage, une salopette rapiécée un habit de prince, les circonvolutions d’une robe de danseuse une cosmogonie et un montage accéléré de gestes la réalité sensible du communisme. Autant de moments où se brouillent les rapports admis entre l’art des esthètes, l’amusement du peuple, la description du monde vécu et sa transformation politique. Ces quatorze scènes dessinent une histoire de la modernité artistique bien éloignée du dogme moderniste.

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Didier Fassin : Ainsi pensait Michel Foucault. Enquête sur une philosophie pour notre temps

 La découverte - Août 2026


Après Leçons de ténébres, et à l'occasion du centenaire de la naissance de Michel Foucault, le nouveau cours de Michel Fassin au Collège de France.
L'œuvre de Michel Foucault jouit d'un rayonnement international et son influence n'a cessé de s'étendre dans de multiples disciplines et des domaines variés. Plus encore que ses concepts, tels que la biopolitique, la gouvernementalité, les problématisations, les régimes de vérité ou les techniques de soi, c'est le mouvement de sa pensée, son questionnement des évidences et sa démarche critique qui ont inspiré des générations de chercheuses et de chercheurs, y compris pour prospecter des territoires qu'il n'avait pas parcourus.
Reprenant le cycle de conférences qu'il a donné au Collège de France à l'occasion du centième anniversaire de la naissance du philosophe, Didier Fassin examine cette œuvre riche, multiforme, qui n'est exempte ni d'obscurités ni de contradictions, mais qui ne cesse de mettre à l'épreuve ce que nous croyons savoir. De la folie à la prison, du pouvoir au sujet, de la confession chrétienne à la répression de la sexualité, de l'affirmation d'une guerre des races à l'annonce de la fin de l'homme, il en analyse les grands thèmes, s'attachant également à saisir l'engagement tardif mais résolu de Michel Foucault dans des luttes collectives et son expérimentation audacieuse d'un reportage d'idées.
Ni exégèse de l'œuvre ni hagiographie de l'auteur, le livre explore cette pensée libre sans en éluder les points aveugles et les débats qu'ils ont suscités. Il en montre l'actualité dans les sciences sociales et les humanités et la pertinence pour appréhender les bouleversements du monde contemporain.

Didier Fassin est anthropologue, sociologie et médecin, professeur au Collège de France sur la chaire Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines et à l'Institute for Advanced Study de Princeton. Il est l'auteur de vingt-cinq livres traduits en douze langues, dont Leçons de ténèbres. Ce que la violence dit du monde (La Découverte, 2025), Une étrange défaite. Sur le consentement à la destruction de Gaza(La Découverte, 2024), et a dirigé une trentaine d'ouvrages collectifs, dont La société qui vient (Seuil, 2022).

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mercredi 26 août 2026

Yvon Quiniou : L'interprétation. De la religion à la pensée moderne

 L'Harmattan - Août 2026


Ce livre propose une réflexion critique sur la notion complexe d'interprétation, au-delà de Ricoeur, dans le champ de la réalité et de sa connaissance. Il part d'une critique de la religion comme interprétation fallacieuse de l'univers et de l'homme, qui a pourtant prétendu en fournir une vérité dogmatique. À l'inverse, il montre l'origine humaine de l'interprétation comme obstacle à la vérité, en tant qu'idéologie ayant pesé sur la philosophie elle-même depuis des siècles, selon Marx, tout en étant un fait social dont on peut comprendre la source et les effets.Mais l'interprétation s'est aussi transformée en source illusoire de connaissance chez Nietzsche, interprétant l'humanité à l'aune de la "volonté de puissance", avec ses méfaits humains naïvement revendiqués. Enfin, elle peut être aussi, paradoxalement, un instrument de connaissance à partir de Freud, qui interprète les comportements conscients en les déchiffrant à la lumière de l'hypothèse de l'inconscient. À la philosophie de s'inspirer de cette approche critique pour interroger la science elle-même, afin d'en extraire le sens implicite et de le formuler dans ses propres catégories. Loin de condamner l'interprétation en bloc, l'ouvrage en propose une relecture rigoureuse, distinguant ses usages idéologiques de ses potentialités cognitives, et invitant à une vigilance critique renouvelée.

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Jonathan Crary : L'attention en suspens. Crise de la perception dans la culture moderne

 Presses du réel - Août 2026


Dans cet ouvrage novateur, Jonathan Crary soutient que notre manière de regarder ou d'écouter attentivement le monde qui nous entoure résulte de transformations profondes de l'expérience perceptive, transformations qui remontent à la seconde moitié du XIXe siècle, et replace résolument la question de la contemplation esthétique dans le cadre d'une réflexion plus large sur la nature instable de la perception – en psychologie, en philosophie, en neurologie, dans les débuts du cinéma et en photographie.
Au cœur de son propos se trouve la nature paradoxale de l'attention moderne, condition essentielle de l'autonomie et de la créativité individuelles, mais aussi condition indispensable au bon fonctionnement des espaces économiques et disciplinaires, ainsi qu'à la consommation de masse et au spectacle. Se concentrant sur la période allant d'environ 1880 à 1905, Jonathan Crary examine les liens entre la modernisation de la subjectivité et l'expansion spectaculaire et l'industrialisation de la culture visuelle et auditive. L'ouvrage explore comment, en psychologie, en philosophie, en neurologie, dans les débuts du cinéma et en photographie, s'est opérée une prise de conscience collective de l'instabilité de la perception et la découverte que l'attention soutenue, loin de fixer ou de sécuriser le monde, conduisait à une dissolution perceptive et à une perte de présence.

Jonathan Crary (né en 1951) est professeur d'histoire de l'art et d'esthétique à l'université de Columbia, à New York. Co-fondateur de Zone Books, il est notamment l'auteur de L'Art de l'observateur, vision et modernité au XIXe siècle (1999) et de 24/7. Le capitalisme à l'assaut du sommeil (2014).

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Brian Massumi : Paraboles pour le virtuel

 Presses du réel - Août 2026


Le corps bouge. Le corps sent. Il bouge en sentant et il se sent bouger, se projetant non seulement à travers l'espace, mais aussi vers l'expression prochaine de ses potentialités. Cette simple constatation, qui relie mouvement, sensation et potentialité dans le devenir du corps, souligne l'insuffisance des conceptions du corps héritées du « tournant linguistique » de la pensée du XXe siècle, qui privilégient le « codage social », tout en interdisant un retour à sa compréhension en termes de localisation simple et concrète, propre à l'empirisme classique. La potentialité comme dimension immédiate du corps en mouvement marque le rôle actif de l'abstrait dans la constitution du corps : la réalité du virtuel dans l'existence incarnée. L'embranchement du mouvement et de la sensation, de leur part, invoque l'affect : la capacité d'affecter et d'être affecté comme moteur du devenir. Le virtuel et l'affect, pris ensemble, nous mettent sur le chemin d'un empirisme radical.
Paraboles pour le virtuel propose un voyage radical-empirique, développant une synthèse originale de concepts tirés des travaux de William James, Henri Bergson, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Gilbert Simondon et A.N. Whitehead. Le chemin serpente à travers des exemples tirés de domaines aussi divers que l'architecture, le body art électronique de Stelarc, les expériences sur les états perceptifs extrêmes et l'image-du-corps de Ronald Reagan.
Considéré comme ayant inauguré ce que l'on a appelé le « tournant affectif » en philosophie et en théorie culturelle, cet ouvrage est devenu un texte de référence à l'échelle interdisciplinaire. La traduction française comprend la préface de l'édition du 20e anniversaire, dans laquelle Massumi replace l'ouvrage dans le contexte des développements intervenus depuis sa publication originale et retrace l'évolution de ses principaux concepts.
C'est ainsi qu'une histoire philosophique de l'idée contemporaine de « perspectivisme » pourrait peut-être contribuer à nous réapprendre à devenir « terrestres ».

Philosophe et traducteur canadien, Brian Massumi a été professeur à l'Université de Montréal. Traducteur de Deleuze et Guattari en anglais, il a joué un rôle central dans la diffusion de leur pensée avec son ouvrage devenu classique A User's Guide to Capitalism and Schizophrenia: Deviations from Deleuze and Guattari (MIT Press, 1992).
Il publie en 2002 Parables for the Virtual: Movement, Affect, Sensation (Duke University Press, traduction française à paraître aux Presses du réel). Ses ouvrages récents comprennent L'économie contre elle-même (Lux, 2018), Ce que les bêtes nous apprennent de la politique (Éditions Dehors, 2019) et 99 Theses on the Re-Evaluation of Value. A Post-Communist Manifesto (University of Minnesota Press, 2018).
Brian Massumi collabore activement à SenseLab (créé en 2004 par l'artiste et théoricienne Erin Manning), réseau international d'artistes, d'universitaires, d'écrivains et de créateurs qui travaillent ensemble à la croisée de la philosophie, de l'art et de l'activisme.

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Gaëtan Flocco, Mélanie Guyonvarch : Jusqu'où critiquer la science ? Défendre la connaissance, sortir de la puissance

 Hermann - Août 2026


Peut-on critiquer la science ? Face aux attaques que lui lancent les gouvernements autoritaires, celle-ci est légitimement défendue par les chercheurs. Cependant, dans ce contexte menaçant, toute critique de la science paraît difficile. Il est pourtant urgent de la mener. En effet, ce que produisent les technosciences façonnent les sociétés, au motif qu’« on n’arrête pas le progrès » (5G, tout-nucléaire, IA, pesticides, OGM, etc.). Pousser toujours plus loin l’innovation scientifique n’est pas la solution mais la cause du désastre écologique. N’est-il pas temps de s’engager dans la voie de « moins de science » au lieu de ce « toujours plus » productiviste qui guide nos sociétés comme s’il allait de soi ? Comment se livrer à une telle critique sans tomber dans le piège d’une « antiscience réactionnaire », et sans nuire à la connaissance ?
Cet essai de sciences sociales propose une réflexion pour sortir de la puissance technique, industrielle et politique que la science alimente depuis deux siècles. Les auteurs y analysent les débats contemporains et les ambiguïtés des critiques actuelles des sciences. Ils envisagent une critique radicale et raisonnée de la science, dans ses liens inextricables avec le capitalisme et les technologies.

Gaëtan Flocco est enseignant et maître de conférence en sociologie à l’université Évry Paris-Saclay. Spécialiste de sociologie du travail et sociologie des sciences, il est l'auteur avec Mélanie Guyonvarch de nombreux articles sur les biotechnologies, parus dans les revues Socio, Terrestres ou Écologie et politique.
Mélanie Guyonvarch est enseignante et maîtresse de conférence en sociologie à l’université Évry Paris-Saclay. Spécialiste de sociologie du travail et sociologie des sciences, elle est l'autrice avec Gaëtan Flocco de nombreux articles sur les biotechnologies, parus dans les revues Socio, Terrestres ou Écologie et politique.

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mardi 25 août 2026

Christophe Dejours, Gabriel Perez : La souffrance éthique. Déserter, collaborer, ou résister ?

 Grasset - Septembre 2026


Suicides en entreprise, burn-out, harcèlement sexuel et moral, dégradation des conditions de travail et de la santé mentale des employés, surcharge, crise de la vocation... Tous ces symptômes témoignent d’un profond malaise et font du 21ème siècle une ère de souffrance psychique sans précédent dans le monde du travail. De quoi cette souffrance est-elle le nom ? C’est tout l’enjeu de cet essai, co-écrit par Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste, fondateur de la psychodynamique du travail, et Gabriel Perez, enseignant en philosophie, psychologue et syndicaliste.
Ensemble, ils analysent les mutations de l’organisation du travail et leurs conséquences sur la vie psychique des travailleurs : introduction de nouveaux dispositifs de gestion et de domination dans les secteurs privé comme public, plateformisation des services, développement d’une « domination logiciel », mesures des performances quantitatives, concurrence généralisée. Une bascule s’est opérée : si le travail a longtemps constitué un vecteur privilégié pour bâtir un « monde commun » entre les individus, il est à présent l’épicentre à partir duquel le « monde commun » est en train de se déliter. Car voilà que les organisations du travail contraignent désormais les travailleurs à accomplir des actions que leur sens moral réprouve. A ce conflit entre les prescriptions du travail et le sens moral des travailleurs, Christophe Dejours donne le nom de souffrance éthique.
Souffrance singulière de l’individu, elle témoigne par sa nature même de l’effondrement des collectifs de travail et des capacités de résistance des travailleurs. La clinique du travail devient alors la grille d’intelligibilité pour saisir la portée politique du néolibéralisme. Pourquoi les travailleurs peinent-ils autant à résister à la banalité du mal et de l’injustice sociale ? Comment redonner au travail un horizon au service de l’avenir et des rapports entre les générations ? C’est précisément la tâche que s’assigne cet essai qui assume d’entendre la souffrance éthique comme un symptôme politique.

Christophe Dejours est psychiatre, psychanalyste, médecin du travail, ergonome et professeur de psychologie français nommé professeur au CNAM, spécialiste en psychodynamique du travail et en psychosomatique. Il est l’auteur d’une œuvre considérable dont Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale qui fut un immense succès.
Gabriel Perez est professeur de philosophie dans un lycée d'Ile-de-France, syndicaliste et psychologue du travail. Il est aussi membre de l’Institut d’études lévinassiennes et de l’Institut de psychodynamique du travail. Il a publié, en 2025, chez Grasset, On achève bien l’école et dirige aux éditions de l’Atelier la collection "Les destins du travail".

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Benoît Bergeret : Qui pense quand je pense. Péril et riposte démocratiques à lʼère de lʼintelligence artificielle

Chemins de Tr@verse - Août 2026


Et si vous ne pensiez déjà plus tout à fait par vous-même? Chaque jour, nous déléguons à des systèmes algorithmiques une part croissante de ce que nous lisons, comprenons et croyons. Ce transfert imperceptible — que l'auteur nomme délégation cognitive — engendre un féodalisme cognitif inédit : le contrôle des conditions de notre pensée par quelques acteurs sans mandat ni contre-pouvoir. Peu à peu, le confort l’emporte sur le contrôle. Et la démocratie se perd là où personne ne regarde. Mais les technologies qui fragilisent le débat démocratique pourraient aussi, paradoxalement, contribuer à le refonder. Ce livre choisit d'y croire et trace des voies concrètes pour y parvenir. Car l'IA n'est plus une innovation, c'est une infrastructure politique. La question n'est plus de l'accepter ou de la refuser, mais de décider par qui elle sera gouvernée.

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Patrick Noël : Pour une épistémologie historique de l'épistémologie de l'histoire

 Hermann - Août 2026


Épistémologie historique et épistémologie de l’histoire sont des expressions et des domaines trop souvent confondus. Tous deux issus de la « réciprocité engageante » (Dominique Lecourt) entre épistémologie et histoire, ces domaines, qu’il faut bien distinguer, peuvent cependant se conjuguer. C’est précisément ce qu’entend faire cet ouvrage, en proposant une épistémologie historique de l’épistémologie de l’histoire. Au lieu de penser, comme on le fait habituellement, l’épistémologie de l’histoire dans sa formalité à partir d’enjeux tels que la vérité, l’objectivité, la causalité, le temps, le récit, il l’aborde dans sa diachronie comme un champ, pour en faire non pas une sociologie, mais une reconstruction rationnelle de ses programmes de recherche. C’est en fonction de ceux-ci que s’est développée et structurée l’élucidation de la nature du savoir historique dans le monde des philosophes depuis le xixe siècle. L’ouvrage constitue la première synthèse établie en français de deux phénomènes ayant marqué la vie intellectuelle depuis le xixe siècle, soit l’historicisation de l’épistémologie et l’épistémologie de l’histoire. L’exploration de leur zone de croisement, en plus de permettre à l'auteur de poser la délicate question méta-épistémologique du rapport qu’entretiennent les philosophes avec la pratique disciplinaire historienne, saura rejoindre tant les philosophes et les historiens que toutes les personnes qui s’intéressent à l’histoire de l’épistémologie, à l’épistémologie historique ou à l’épistémologie de l’histoire, trois domaines qui s’ignorent trop souvent.

Patrick Noël est Professeur d’histoire à l’Université de Saint-Boniface au Canada. Ses recherches portent sur l’épistémologie de l’histoire, qu’il étudie dans une perspective diachronique. Ses enseignements et travaux académiques portent essentiellement sur l'épistémologie et la méthodologie des sciences humaines, les fondements de la pensée scientifique, les rapports entre sciences et connaissances ainsi que ceux de l'épistémologie et de l'histoire. Ils ont été publiés notamment dans Recherches sociographiques, la Revue d’histoire de l’Amérique française et Science et esprit. Il est également Président de l’Association des professeurs et professionnels de l’Université de Saint-Boniface et de la Fédération des associations de professeurs d’université du Manitoba.

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lundi 24 août 2026

Michael Hardt, Jacques Bidet, Judith Revel, Etienne Balibar : Negri au-delà de Negri

 Mimesis - Août 2026


Penser le présent exige parfois de traverser une œuvre, puis de la dépasser.C’est le pari de ce livre.Figure majeure de la pensée critique contemporaine, Antonio Negri a profondément renouvelé la lecture de Karl Marx et l’analyse des transformations du capitalisme. De l’opéraïsme à la théorie du commun, son œuvre éclaire les mutations du travail, des subjectivités et des luttes. Mais que nous dit-elle encore aujourd’hui ? Réunissant philosophes, économistes et militants, cet ouvrage propose une traversée vivante de ses concepts : « composition de classe », de « travail vivant », de « multitude » ou de « commun ». Accessible sans rien céder à l’exigence intellectuelle, ce livre s’adresse à toutes celles et ceux qui cherchent à comprendreles formes actuelles de l’exploitation – mais aussi les puissances collectives capables de les transformer.Car il ne s’agit pas seulement de lire Negri.Il s’agit d’apprendre à penser avec lui – pour aller, aujourd’hui, au-delà de Negri.

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Fabien Rogier : Causalité et liberté chez E. Kant et D. Davidson, ou le problème de l'action libre dans une théorie causale de l'action

 Le lys bleu - Août 2026


Sommes-nous vraiment libres si chacun de nos actes s'inscrit dans une chaîne de causes ? À travers une confrontation entre les pensées d'Emmanuel Kant et de Donald Davidson, cet essai explore les liens entre libre arbitre, déterminisme causal et responsabilité. De la volonté kantienne au monisme anomal de Davidson, il interroge la manière dont les intentions et les croyances peuvent produire des effets dans le monde physique. En mettant en lumière les convergences, les divergences et les limites de ces deux philosophies, l'auteur propose une réflexion exigeante sur ce qui permet à l'être humain d'être non seulement la cause de ses actions, mais aussi leur véritable auteur.

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Dominico Losurdo : Le marxisme occidental. Comment il est né, comment il est mort, comment il peut renaître

Les Éditions de la Librairie Tropiques - Août 2026


Soixante ans après que Sartre eut finit par l’admettre, donc cent soixsante ans après que Marx eut publié le discours de sa méthode, la science marxiste est-elle bien encore « la philosophie indépassable de notre temps »?
Domenico Losurdo y répond positivement, avec son érudition, sa clarté et sa perspicacité coutumières, mais… la fin de cette histoire n’est pas pour aujourd’hui, ni pour demain…
Il s’agit moins que jamais de l’interpréter, comme on le ferait d’un fait accompli. Mais il est loisible à chacun de comprendre comment elle marche, pour la transformer.

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dimanche 23 août 2026

Anna Tamion : Droit et Valeurs. Essai sur la justification axiologique du droit

 Classiques Garnier - Septembre 2026


L'État libéral peut-il faire appel à des valeurs pour justifier son droit ? Peut-il, autrement dit, présenter ses règles juridiques comme les traductions d'une éthique ? Caractérisé par un impératif de tolérance, qui lui impose une réserve quant aux doctrines axiologiques, l'État libéral a pourtant besoin d'affirmer les idéaux qui président à sa légitimité et doit prendre position sur des questions de valeur. À quelles conditions la justification éthique du droit de l'État libéral est-elle alors possible ? Tel est le problème fondamental que doit affronter la pensée juridique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cette étude constitue une recherche des formes de justifications possibles de l'État libéral.

Anna Tamion est docteure en droit de l'université Paris-Panthéon-Assas et enseignante-chercheuse à CY Cergy Paris Université. Diplômée en droit ainsi qu'en philosophie, ses travaux portent principalement sur la théorie des droits fondamentaux, l'État de droit et la démocratie.

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Evrim Emir-Sayers : Le Voile de l'image: La peinture dans le soufisme et la phénoménologie

Paris Institute for Critical Thinking - Juillet 2026


Une singulière ligne d'inspiration traverse la philosophie du soufisme, l'art de la miniature au Moyen-Orient, l'oeuvre d'artistes du XXe siècle tels qu'Henri Matisse, et la phénoménologie de penseurs comme Martin Heidegger et Maurice Merleau-Ponty. Le Voile de l'image suit ce fil invisible, dévoilant la continuité des siècles et le socle philosophique que partagent ces traditions. Le livre s'achève en faisant dialoguer soufisme et phénoménologie, pour proposer une nouvelle manière d'aborder l'art.

EVRIM EMIR-SAYERS est docteure en philosophie et vit à Paris, où elle partage son temps entre la recherche, l'enseignement, l'écriture, l'édition et la traduction. Ses travaux explorent principalement l'existentialisme, la phénoménologie et la philosophie de l'art. En tant que traductrice, elle passe de Platon à une constellation d'auteurs et poètes turcs tels qu'Ahmed Arif, Aşık Veysel, Gün Benderli, Nazım Hikmet, Sabahattin Ali ou Sabiha Sertel. En 2021, son article The Real Academy in Exile (coécrit avec David Selim Sayers) a suscité un débat international dans la domaine des études turques. Elle est également cofondatrice et membre permanente de l'équipe pédagogique du Paris Institute for Critical Thinking (PICT).

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Jon Douglas Solomon : Foucault and Genocide. A Genealogy of the Fantasy of the West

Palgrave Macmillan - Mai 2026


Michel Foucault’s seminal realization that security is a species concept opens a new path for understanding how genocide is fundamentally related to aesthetic ideology. Fueled by the settler colonial imaginary, the logic of “speciation” inevitably acquires a fictional aspect that is an enduring site of potentially catastrophic instability for transitional modernity. The genealogical source of this catastrophic instability is nothing other than the West, the template for the apparatus of area and anthropological difference. The West's quest to control political transitions throughout the world is an essential part of a larger project to control “speciation.” Inasmuch as “speciation” is tied, says Foucault, to security, and genocide is tied, according to A. Dirk Moses, to the search for permanent security, the attempt to seek permanent security through control over “speciation,” i.e., transition, lies at the root of modern genocide.

Jon Douglas Solomon, Born in the United States and trained at Cornell University, Solomon has lived in east Asia for 25 years, Europe for 15, and North America for 23. He is competent in Chinese, Japanese, French and English, enjoys backpacking and cooking, and is a devoted practitioner and student of Vajrayana Buddhism. Recent publications include: The Taiwan Consensus and the Ethos of Area Studies in Pax Americana: Spectral Transitions (Palgrave Macmillan, 2023); The Genealogy of Defeat of the Left: Translation, Transition, and Bordering in the Hong Kong Anti-ELAB Movement (Taipei, 2022; in Chinese); and “Wynter is Coming: Black Communism, Translation, and Technics” in the exhibition catalogue Ceremony: Burial of an Undead World, Haus der Kulturen der Welt (2022).

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