dimanche 30 mai 2021

Felwine Sarr et Gaël Giraud : L'Économie à venir

 Les liens qui libèrent - Mai 2021


Repenser l’héritage des Lumières, réfléchir la modernité, déconstruire le capitalisme, retisser le lien social en décomposition, ou encore panser les blessures de la colonisation… Gaël Giraud et Felwine Sarr mêlent philosophie, spiritualité, politique et économie. Ils rappellent que l’économie n’est pas une finalité et insistent sur la nécessité pour l’humanité de se définir un projet plus grand que la maîtrise des instruments. Ils proposent non seulement de repenser la macroéconomie pour la faire dialoguer avec toutes les sciences afin de faire advenir une pensée de l’économie relationelle, mais aussi de modifier les structures épistémologiques de nos sociétés dans leur ensemble.
Pour remédier aux maux contemporains, Gaël Giraud et Felwine Sarr appellent à un travail intérieur, qui ouvre à l’altérité et au dialogue, à la capacité d’accueil, qu’ils érigent en fondement de l’humanité.

Gaël Giraud, jésuite, est économiste, directeur de recherche au CNRS, directeur du Georgetown Environmental Justice Program à l’université de Georgetown. Il a été économiste en chef de l’Agence Française de Développement. Il est notamment l’auteur de Vingt Propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion, 2009) et l’Illusion financière (Éditions de l’Atelier, 2014).
Felwine Sarr est un économiste et écrivain sénégalais. Il est Anne-Marie Bryan Distinguished Professeur à l’Université de Duke en Caroline du Nord. Il est l’auteur entre autres de Afrotopia (Philippe Rey, 2016) et de La saveur des derniers mètres (Philippe Rey 2021).

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Philippe Muray : Ultima Necat IV. Journal intime (1992-1993)

 Les Belles Lettres - Mai 2021


À la niche, les approuveurs du monde !
Philippe Muray, 7 janvier 1992

Philippe Muray (1945-2006) est un essayiste et romancier français connu pour son grand talent de polémiste. L'intégralité de l'œuvre de Philippe Muray est en cours de publication, aux Belles lettres, son éditeur historique. Les Essais, regroupant sept de ses ouvrages phares, ont été publiés en 2010. Plus récemment : Postérité (roman, 2014) et La Gloire de Rubens (essai, 2013) ont rejoint le catalogue.

Editions d'Anne Sefrioui (veuve de Philippe Muray).

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Renaud Hétier : L’humanité contre l’Anthropocène. Résister aux effondrements

 PUF - Mai 2021



Devant la menace d'un effondrement global de la vie et des civilisations, il est impératif de s'interroger sur les causes et les remèdes du phénomène. Cause première : le système capitaliste qui depuis son origine épuise le monde et l'humain, tout en vendant à ce dernier des compensations qui masquent le problème... jusqu'à un certain point. Chaque phase du capitalisme (industrialisation, consumérisme, virtualisation) a accentué et accéléré cet épuisement. Et désormais, c'est le monde qui a lui aussi besoin de notre soutien. Quels remèdes ? Il s'agit de penser une transformation fondamentale, qui ne peut intervenir que par la grâce d'une éducation profonde, d'un aménagement des conditions de l'enfance. On aura alors à penser la formation de nouvelles forces. Des forces spirituelles susceptibles de nous relier au monde, de sentir quelle est sa réalité (et pas seulement de la penser). Des forces psychiques pour se passer des compensations épuisantes et savoir jouir d'être réel et vivant.

Renaud Hétier est professeur en sciences de l’éducation à l’UCO (Angers). Il développe une réflexion sur l’enfance aux prises avec l’attention, la présence et les médiations culturelles, et s’intéresse aux conditions de l’éducation en Anthropocène.

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Elena dell'Agnese : Ecocritical Geopolitics. Popular culture and environmental discourse

 Routledge - Mai 2021


What is the role of popular culture in shaping our discourse about the multifaceted system of material things, subjects and causal agents that we call "environment"? Ecocritical Geopolitics offers a new theoretical perspective and approach to the analysis of environmental discourse in popular culture. It combines ecocriticial and critical geopolitical approaches to explore three main themes: dystopian visions, the relationship between the human, post-human, and "nature" and speciesism and carnism.
The importance of popular culture in the construction of geopolitical discourse is widely recognized. From ecocriticism, we also appreciate that literature, cinema, or theatre can offer a mirror of what the individual author wants to communicate about the relationship between the human being and what can be defined as non-human. This book provides an analysis of environmental discourses with the theoretical tools of critical geopolitics and the analytical methodology of ecocriticism. It develops and disseminates a new scientific approach, defined as "ecocritical geopolitics", to offer an idea of the power of popular culture in the realization of environmental discourse.

Referencing sources as diverse as The Road, The Shape of Water, Lady and the Tramp, and TV cooking shows, this book will be of great interest to students and scholars of geography, environmental studies, film studies, and environmental humanities.

Table of Contents

Acknowledgments Introduction: Why we need an "Ecocritical Geopolitics" Part 1. Theoretical framework 1.1 Geo(-)graphy, Critical Geopolitics, Popular Geopolitics 1.2 What kind of environmental discourse is that? 1.3 Assembling the toolkit Part 2. Landscapes and fears: discourse about the environment (and unavoidably also about race and gender) in dystopian texts and post-apocalyptic narratives 2.1 Re-visioning the future 2.2 Dystopian settings and (post)human landscapes 2.3 Gulliver and beyond: gender, race and "environmental" clichés Part 3. Posthuman worlds 3.1. Post-human/Transhuman/Posthuman 3.2 Viewing dogs with (post)human lenses 3.3 Posthuman (dis)orders: monsters, hybrids, metamorphosis Part 4. Reframing carnism 4.1. Carnism in popular culture 4.2 Engendering meat 4.3. Carnonormativity and its discontents Index

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Revue de Métaphysique et de Morale 2021/2 (N° 110) : Varia

 PUF - Mai 2021

Page 135 à 156 : Mathias Girel - Pragmatisme, positivisme et vérification : Peirce critique de Comte | Page 157 à 174 : Jean-Christophe Bardout - Le moi et son corps. Lelarge de Lignac et les matérialistes | Page 175 à 190 : Paula Lorelle - De l’âme à la chair. Les Ideen II de Husserl | Page 191 à 208 : Olivier D’Jeranian - Chrysippe, les possibles et l’éternel retour | Page 209 à 229 : Constant Bonard - Émotions et sensibilité aux valeurs : quatre conceptions philosophiques contemporaines | Page 231 à 238 : Laurent Jaffro - Présentation de la leçon de Thomas Reid sur La Théorie des sentiments moraux d’Adam Smith | Page 239 à 255 : Thomas Reid et Laurent Jaffro - Leçon sur la théorie des sentiments moraux du Dr Smith | Page 257 à 261 : Lectures | Page 263 à 280 : Chronique de métaphysique et d’épistémologie.

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Dylan Simon : Max Sorre, une écologie humaine

Editions de la Sorbonne - Mai 2021 - Histoire environnementale


Construire la géographie comme une écologie humaine, tel fut le projet de Max Sorre (1880-1962). Cette biographie inédite retrace la trajectoire de ce pionnier de la pensée écologique, tout à la fois géographe de terrain, théoricien et savant encyclopédiste. Par son œuvre, qui s'attache aux relations entre l’homme et son environnement, il s’est intéressé à des questions jusque là délaissées par les sciences sociales, comme les maladies, l’alimentation, le climat, les genres de vie, le rapport des sociétés aux végétaux et aux animaux, ou encore la mobilité.

L’œuvre de Sorre est dense, depuis sa thèse en 1913, Pyrénées méditerranéennes, à son essai de 1961 L’Homme sur la Terre, en passant par Les fondements de la géographie humaine (1943-1952). Élève de Paul Vidal de La Blache, formé à l’écologie végétale par Charles Flahault, il a traversé de multiples scènes savantes : à l’université de Lille, à la Sorbonne, au Centre universitaire méditerranéen, à la direction de l’Enseignement primaire, au sein des réseaux résistants, au Centre d’études sociologiques qu’il dirige dans les années 1950, il collabore avec des scientifiques de tous horizons, multipliant avec eux les échanges intellectuels.

Le portrait brossé dans ce livre, loin de faire l’hagiographie d’un classique, replace ainsi Max Sorre dans les pratiques, les discussions savantes et les controverses de son temps. Dévoilant une part importante et méconnue de la tradition écologique, dans la diversité de ses origines et de ses redéploiements, cette biographie dessine une histoire collective des sciences humaines aux prises avec l’environnement.

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samedi 29 mai 2021

Henri Roorda : Intelligence à louer

La Baconnière éditions - Mai 2021


Henri Roorda (1870-1925) est sans doute le meilleur humoriste qu’ait connu la Suisse romande ainsi que son meilleur moraliste.
Malgré une vénérable tradition en la matière, un moraliste n’est pas forcément ennuyeux. La méchanceté s’explique, la bonté se nuance... Ou – car tout comprendre n’est pas tout pardonner du premier coup – selon l’aveu d’ignorance brusque de Joseph de Maistre que Roorda aime citer: «J’ignore ce que peut être un scélérat, mais le coeur d’un honnête homme, c’est affreux.»
En marge de son activité d’enseignant et des nombreux textes qu’il consacra à la question pédagogique, il a publié pendant une dizaine d’années plus de 650 chroniques caustico-édifiantes dans les principaux journaux romands. Parmi celles qui n’ont toujours pas été réimprimées jusqu’ici, cette édition en propose une centaine, donnant autant de points de vue sur l’actualité d’alors que sur l’humanité éternelle (entendez: celle qui s’améliore si lentement qu’elle n’a pas changé depuis qu’on est en âge de l’observer). Il y traite, pêle-mêle, de l’idiotie de 1914-1918 et de l’hypocrisie des moralisateurs durant et après le conflit ; des savants que leur spécialité rend myopes au quotidien ; de la langue de bois politicarde ou marchande et des vanités allant avec ; des raidissements des sentiments d’appartenances, allant des micro-nationalismes au théories mégalo-complotistes ; et bien d’autres de nos travers.

Né le 30 novembre 1870 à Bruxelles, Henri Roorda van Eysinga voit le jour au sein d’une famille ouverte aux idées révolutionnaires et anticolonialistes. En 1872, la famille Roorda déménage dans le canton de Vaud, où le jeune Henri fréquentera le géographe anarchiste Élisée Reclus. En 1892, il obtient sa license en mathématiques à l’Université de Lausanne et débute une carrière d’enseignant dans un collège pour jeunes filles. Le nouvel instituteur s’interroge sur l’éducation inculquée aux élèves en constatant l’échec de l’enseignement traditionnel, il s’applique à créer de nouvelles méthodes pédagogiques libertaires, notamment inspirées par l’Émile de Jean-Jacques Rousseau. Le 7 novembre 1925, Henri Roorda met fin à ses jours. À titre posthume sera publié son dernier texte, Mon suicide (Allia, 2017).

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Olivier Haralambon : Comment lire des livres qu'on ne comprend pas

Premier Parallèle - Mai 2021


Un récit hilarant et très sérieux et un encouragement salutaire à ne jamais juger un livre "trop difficile".
Après avoir passé un doigt sur la surface du texte pour en apprécier le niveau de grain, lire. Une première fois. Résonance du choc. Dégringolade en pied de page.
On a lu pourtant, et reconnu les grands équilibres, la structure grammaticale ou la tonalité de sa langue maternelle. Mais on n'a rien compris.
On recommence, on repasse.
On pose ses coudes de part et d'autre, il faudra bien que le texte s'attable.
Mais pour y parvenir, il ne suffira pas, même si c'est indispensable, de l'attaquer bille en tête, de le bloquer entre ses coudes et de se prendre la tête à deux mains. Il faudra ruser avec lui : le traiter comme un sujet, comme un oeil qui vous voit, comme un corps qui vous sent. Tourner autour, le lire dans toutes les pièces et toutes les positions, le maltraiter et le surprendre, le faire rire, le séduire. Alors il vous donnera tout, ou presque.

Olivier Haralambon a longtemps été coureur cycliste. C'est à l'âge de 40 ans qu'il ouvre son premier livre de philosophie et qu'il commence à écrire. Il a publié, en 2014, Le Versant féroce de la joie (Alma), salué par la critique. Avec Le Coureur et son ombre (2017), essai littéraire consacré à la course cycliste, puis Mes coureurs imaginaires (2019), il s'est imposé comme un nom important de la littérature sportive.

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Michel Serres : La Fontaine (inédit)

 Le Pommier - Juin 2021


Précédé de Jean de La Fontaine, Michel Serres et le palimpseste des Fables par Jean-Charles Darmon 

La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres. Cet inédit inachevé en est l'ultime témoignage. Serres y explore les Fables comme de prodigieux palimp­sestes donnant accès aux origines de notre pensée. Il montre comment, en des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, elles mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses interrogeant différentes manières de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau d'une étonnante fécondité, dont il scrute les balancements les plus subtils. On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.

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Alexander Masca Ovejero : Castoriadis et l'étroit sentier de l'émancipation. Ontologie, politique, autonomie

 L'Harmattan - Mai 2021


Contre certaines interprétations qui distinguent et séparent un Castoriadis militant et un Castoriadis philosophe, cet ouvrage prend pour acquise l'unité de son oeuvre. Il problématise les rapports, les affinités et les tensions existant entre les aspects politique et ontologique de la pensée de Castoriadis. S'il est impossible de tirer des préceptes politiques de l'ontologie, celle-ci est néanmoins liée à la politique dans la mesure où elle rend possibles (mais pas nécessaires) certaines postures politiques. C'est donc au nom du projet politique d'autonomie que sont étudiés certains pans de la philosophie castoriadienne, allant de sa critique de la pensée héritée à sa conception du vivant, en passant par sa théorie de la socialisation.

Alexander Masca Ovejero est étudiant en sciences sociales et titulaire d'un master en philosophie contemporaine qu'il a obtenu à l'Université Paris Sciences et Lettres (ENS, EHESS, EPHE, Observatoire de Paris).

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Eithan Orkibi et Ruth Amossy (dir.) : Ethos collectif et identités sociales

 Classiques Garnier - Mai 2021


Partis politiques, institutions, entreprises, mouvements sociaux, groupes artistiques doivent tous projeter une image de soi appropriée pour réaliser leurs objectifs. L'ethos collectif est cette image qu'une instance plurielle construit d'elle-même dans son discours. À travers une réflexion théorique soutenue et l'examen de cas particuliers, cet ouvrage explore la façon dont l'ethos collectif se construit pour assurer son homogénéité et son efficacité. Il montre l'importance de ses enjeux en relevant les diverses fonctions qu'il remplit : faire exister un collectif, construire ou renforcer des identités, rassembler, faire entendre une protestation sociale, promouvoir, réparer une réputation endommagée, autoriser des positionnements.

Eithan Orkibi est membre du groupe ADARR de Tel-Aviv et maître de conférences au département de sociologie de l'université d'Ariel (Israël). Il a publié Les étudiants de France et la guerre d'Algérie : Identité et expression collective de l'UNEF, et est l'auteur de divers travaux sur les mouvements sociaux et sur la violence verbale en France et en Israël. Il a introduit dans la recherche la notion d'ethos collectif.
Ruth Amossy est professeur émérite de l'université de Tel-Aviv et spécialiste d'argumentation rhétorique et d'analyse du discours. Elle dirige avec R. Koren le groupe de recherche ADARR. Elle a publié Les Idées reçues, L'Argumentation dans le discours, Apologie de la polémique et Une formule dans la guerre des mots. Elle est l'auteur de nombreux travaux sur l'ethos, dont La Présentation de soi. Ethos et identité.

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Çınla Akdere : L’Arrière-plan philosophique de l'économie politique de John Stuart Mill

 Classiques Garnier - Mai 2021


La discussion qui s'est menée les trente dernières années parmi les économistes et philosophes sur l'oeuvre de John Stuart Mill a débouché sur de nouvelles interprétations sur la théorie et l'épistémologie économique de Mill. L'objectif de cet ouvrage est d'interroger les causes et les conséquences de cet intérêt progressif. Cet ouvrage montre que Mill considère la réalité économique dans toute sa complexité. L'étude sur les influences que la pensée de Mill a subies expose le vaste arrière-plan philosophique présent dans sa façon de comprendre la causalité des phénomènes sociaux et le caractère pluridisciplinaire des phénomènes économiques.

Çınla Akdere a étudié l'économie à la faculté des sciences politiques de l'université d'Ankara et l'histoire de la pensée économique au laboratoire PHARE (Philosophie, histoire et analyse des représentations économiques) de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où elle a reçu son doctorat. Actuellement elle est maître de conférence en économie à l'université technique du Moyen-Orient (METU) et est associée à PHARE.

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vendredi 28 mai 2021

Jean Grondin : Paul Ricoeur

 PUF - Mai 2021 - Que sais-je ?


Ceux qui ont eu le privilège d'être ses contemporains et de suivre l'évolution de son oeuvre étaient habitués à voir un gros livre de Ricoeur paraître tous les cinq ou six ans. Ce livre revenait sur des sujets familiers de ses lecteurs, comme la volonté, l'agir ou l'identité, la question du temps, de l'histoire, de l'interprétation, le langage, le texte ou le récit, mais les abordait à partir d'angles et de références chaque fois nouveaux. L'oeuvre est maintenant achevée, lue dans le monde entier. Elle exerce une profonde influence sur les sciences humaines.Pour introduire à cette oeuvre complexe, Jean Grondin suit le fil rouge de l'herméneutique. Il donne ainsi à comprendre la richesse de la pensée de l'un des plus importants philosophes du XXe siècle. Il offre aussi un portrait sensible de celui qui a proposé une philosophie de l'homme agissant et souffrant.

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Philippe Cabestan : Tomber malade, devenir fou. Essai de phénoménologie existentielle

Vrin - Mai 2021 - Problèmes & Controverses


Quand il est question de troubles psychopathologiques, la scène médiatique est désormais accaparée par les neurosciences dont les nombreux succès éclipsent progressivement une psychanalyse sur le déclin. Il est possible naturellement de s’en réjouir mais aussi de s’en inquiéter. Inspirée de la phénoménologie existentielle, une autre approche est toutefois possible, qui a le mérite insigne de ne pas faire abstraction de l’être de l’homme malade. La folie est alors envisagée comme une possibilité authentiquement humaine sans laquelle, comme l’écrivent Ludwig Binswanger aussi bien que Henri Maldiney, l’homme ne serait pas ce qu’il est. Comprendre la folie requiert dans ces conditions une autre anthropologie dont les éléments permettent de montrer de quelle manière l’homme peut tomber malade et devenir fou.

Philippe Cabestan est professeur de philosophie en classes préparatoires à Janson de Sailly et président de l’Ecole Française de Daseinsanalyse.

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Jacques Le Goff : Emmanuel Mounier d'hier à aujourd'hui. L'actualité d'une pensée. Entretiens avec Jean-Yves Boudehen

 PU de Rennes - Mai 2021


Lorsqu'il meurt le 22 mars 1950, Emmanuel Mounier n'a que 45 ans. C'est un coup de tonnerre bien traduit par Jean Daniel, futur patron du Nouvel Obs : « Je n'ai jamais eu l'occasion de dire ce que pouvait représenter Mounier pour moi et pour tout un groupe d'Alger. Je suis désarmé par l'accablante nouvelle de sa mort subite ». Même écho, chez tant d'autres comme René Cassin, le cardinal Gerlier, Louis Althusser, Bazaine, Chagall… Il laisse une oeuvre déjà considérable et la forte empreinte de son personnalisme communautaire sur la pensée et l'action de son époque. En des temps de flottement intellectuel et spirituel, ce « personnalisme » demeure aujourd'hui encore une ressource de première grandeur à la fois pour alimenter les existences individuelle et collective, et pour fonder philosophiquement une alternative à notre crise de civilisation sans doute plus radicale encore que celle des années 1930. Après avoir retracé à grands pas le parcours du fondateur de la revue Esprit de la fin des années 1920 à 1950, ce livre d'entretiens s'attache à mettre en valeur l'étonnante actualité pensée de l'évènement. Que ce soit sur le versant économique ou sociétal, culturel, politique ou éthique, sa réflexion livre un puissant socle d'intuitions, de convictions et de valeurs pour une alternative d'ampleur civilisationnelle.

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Revue d'histoire des sciences humaines n°37 : Nommer les savoirs

 Ed. de la Sorbonne - Mai 2021


Les noms des savoirs sont souvent des boîtes noires que l'on manipule avec ingénuité. Pourtant, qu’ils forgent de nouveaux intitulés pour leurs pratiques savantes ou reprennent des dénominations existantes, les savants eux-mêmes y prêtent une grande attention. Étudier la façon dont on nomme et regroupe les savoirs permet de travailler sur leur émergence, les conditions de leur succès, leurs resémantisations invisibles ou les controverses qui les ont traversés. La dénomination et l’agrégation des savoirs sont indissociables de partitions, de découpages et de distinctions. À travers l’analyse des différentes épithètes feuilletant la « géographie » dans la France des XIXe-XXe siècles, on met par exemple au jour une histoire beaucoup moins unitaire que ne le voudraient les représentations autochtones. Souvent transnationaux, les cas étudiés témoignent des appropriations variées d’un même terme comme « enquête », « ethnopsychiatrie » ou le diptyque philologie/linguistique. Enfin, en s’arrêtant sur « behavioral sciences », « moral sciences », « Geisteswissenschaften » ou « sciences humaines » c’est l’objet même de la Revue d’histoire des sciences humaines qui se trouve interrogé.

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Christian Bessy et Michel Margairaz (dir.) : Les biens communs en perspectives. Propriété, travail, valeur (XVIIIe-XXIe siècle)

 Ed. de la Sorbonne - Mai 2021


Cet ouvrage propose une approche pluridisciplinaire des biens communs, ni prescriptive, ni soucieuse de définir une voie nouvelle – à l'inverse de ce que certains auteurs ont pu proposer, croyant y voir une perspective radicalement renouvelée –, dépassant ainsi l’alternative entre propriété privée et propriété publique.
En adoptant la perspective des biens communs, les auteurs ici rassemblés questionnent la dynamique des trois institutions majeures de l’économie (capitaliste), lesquelles scandent et structurent l’ouvrage, que sont la propriété, le travail et la valeur, ainsi que leur imbrication qui suscite différents modes d’organisation des activités et de la vie démocratique. Les douze contributions participent ainsi à la construction d’un cadre analytique permettant d’étudier les modes de gouvernance, les structures de propriété et les évolutions des activités économiques. Cet ouvrage analyse en particulier le processus historique suivant lequel l’État, après avoir été l’« englobant » – par la définition et la garantie d’un service public –, devient aujourd’hui l’« englobé », du fait des contraintes imposées par d’autres figures ou personnes morales représentant l’action publique, impulsant diverses transformations sociales (transport, urbanisme, culture, environnement, patrimoine, finance…). Ce faisant, les auteurs invitent aussi à être attentif au maintien de formes de copropriété – toujours menacées par des acteurs dominants cherchant à acquérir la pleine propriété de certains actifs afin de les valoriser au mieux sur les marchés.

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Francesca Poggiolesi et Pierre Wagner : Précis de philosophie de la logique et des mathématiques. Vol. 1 Philosophie de la logique

 Editions de la Sorbonne - Mai 2021


Ce Précis, auquel ont contribué trente chercheurs spécialisés en histoire et philosophie de la logique et des mathématiques, comble une lacune éditoriale dans la philosophie contemporaine francophone. Chacun des dix chapitres du premier volume est consacré à l'examen philosophique d'une question ou d'une notion fondamentale en logique : la conséquence logique, la démonstration, la vérité, le sens et la référence, la logique du second ordre, la négation, les conditionnels, l'universalisme logique, les logiques non classiques et le pluralisme, et le phénomène d'incomplétude.
Il intéresse à la fois les philosophes qui possèdent une formation de base en logique et les logiciens qui souhaitent porter un regard philosophique sur les concepts fondamentaux de leur discipline.
Le second volume, de philosophie des mathématiques, est dirigé par Andrew Arana et Marco Panza. Le projet commun est d'offrir une introduction riche, pédagogique et claire aux principaux débats contemporains de philosophie de la logique et des mathématiques.

Introduction

1. LA RELATION DE CONSÉQUENCE LOGIQUE (Denis Bonnay))

1. La définition de la conséquence logique par Tarski
1.1. Les attendus de la définition tarskienne
1.2. De la définition substitutionnelle à la définition sémantique
1.3. Le retour des critères d'adéquation
1.4. Prodromes chez Bolzano
1.5. Postérité dans la théorie des modèles

2. La définition de Tarski à l’épreuve du feu
2.1. Le défi de la réduction
2.2. Le défi de la démarcation
2.3. Le défi de la nécessité
2.4. Le défi de la pertinence

2. QU’EST-CE QU’UNE DÉMONSTRATION ? (Jean Fichot et Alberto Naibo)

1. La préhistoire : de Frege à Jas´kowski
1.1. Frege
1.2. Russell
1.3. Jas´kowski

2. L’histoire commence avec Hilbert

3. Un moderne : Gentzen
3.1. La déduction naturelle
3.2. Le calcul des séquents

4. L’histoire contemporaine
4.1. Des programmes et des preuves
4.2. Extensions de la correspondance de Curry-Howard

3. LA VÉRITÉ (Henri Galinon)

1. Tarski
1.1. Définir la vérité : pourquoi et comment
1.2. Du paradoxe au théorème
1.3. Définition et usages cohérents de la vérité
1.4. Fécondité de la définition
1.5. Les limites de la définition

2. Vrai de vrai : Kripke
2.1. Motivation
2.2. Modèles partiels
2.3. Interpréter LVr
2.4. Énoncés fondés, énoncés pathologiques
2.5. Interprétation et limites de la construction de Kripke

3. Après Kripke
3.1. La théorie révisionnelle de la vérité
3.2. Enrichir le langage
3.3. Approches axiomatiques classiques

4. Théories de la vérité et nature de la vérité
4.1. Déflationnisme
4.2. La question de la conservativité
4.3. Les principes de réflexion

4. LOGIQUE, SENS ET RÉFÉRENCE (François Schmitz)

1. Frege, sens et référence
1.1. Présentation de la distinction
1.2. Logique et référence
1.3. Le discours indirect et le sens

2. Russell : de l’extensionnalisme des classes à la « no-class theory »
2.1. L’extensionnalisme des classes dans les Principles
2.2. La « no-class theory » dans les Principia

3. L’extensionnalisme dans le Tractatus de Wittgenstein

4. L’émergence des logiques « intensionnelles »

5. Objections de Quine

6. Intension, extension et modalités dans Meaning and Necessity (1947)

7. Logiques intensionnelles

5. LES LOGIQUES D’ORDRE SUPÉRIEUR (Méven Cadet et Gabriel Sandu)

1. Le calcul des prédicats du deuxième ordre
1.1. Langage
1.2. Système déductif
1.3. Sémantique

2. Une défaite en trois actes
2.1. Le théorème de complétude de Gödel
2.2. L’avènement de la théorie des ensembles
2.3. La critique de Quine

3. Les limites du premier ordre
3.1. Théorème de compacité
3.2. Catégoricité
3.3. Un choix cornélien

4. Le deuxième ordre : ontologie et fondements
4.1. Plaidoyers en faveur du deuxième ordre
4.2. Deuxième ordre et théorie des ensembles

6. LA NÉGATION (Luca Tranchini)

1. La négation dans la tradition aristotélicienne
1.1. Affirmation et négation
1.2. Vérité et fausseté dans la tradition aristotélicienne
1.3. Les lois de non-contradiction et du tiers exclu
1.4. Le carré logique
1.5. La négation-prédicat

2. La conception moderne du jugement et de la négation
2.1. Acte de jugement et contenu de jugement
2.2. La négation appliquée au contenu du jugement
2.3. Bivalence, tiers exclu et non-contradiction
2.4. Conséquence logique et contraposée

3. Vérité, fausseté et négation dans les logiques multivalentes
3.1. La négation dans K3 et LP
3.2. La négation dans FDE et au-delà
3.3. La négation dans les logiques de Gödel

4. La négation intuitionniste
4.1. Le rejet du tiers exclu
4.2. Le rejet de l’élimination de la double négation
4.3. L’intuitionnisme n’est pas une logique trivalente

5. Les difficultés soulevées par la négation intuitionniste
5.1. La signification informelle de ⊥ et le principe ex falso
5.2. Négation, propositions-comme-ensembles et bivalence

6. Négation et dualité
6.1. La négation forte de Nelson
6.2. Des dialogues aux para-preuves

7. La négation comme opérateur modal
7.1. La sémantique de Kripke pour la négation intuitionniste
7.2. La sémantique de compatibilité pour la négation
7.3. La sémantique étoile

7. LES CONDITIONNELS (Francesca Poggiolesi)

1. Conditionnels : conditions de vérité et conditions de déductibilité
1.1. L’implication matérielle
1.2. L’implication stricte
1.3. Les logiques de la pertinence

2. Conditionnels et conditions de croyance
2.1. Croyances et probabilités
2.2. La logique d’Adams

3. Les conditions de vérité repensées à l’aune des conditions de croyance
3.1. Stalnaker et l’usage du test de Ramsey
3.2. Les approches de Lewis et de Nute
3.3. La théorie de la démonstration pour les logiques de Stalnaker, Lewis et Nute

8. SUR L’UNIVERSALISME LOGIQUE (François Rivenc)

1. Frege et la critique des domaines du discours

2. Frege et la possibilité d’une métalogique

3. Russell et l’unité typologique de l’univers

4. Carnap et le programme d’une syntaxe logique

5. Tarski et la définissabilité d’un prédicat de vérité

6. Le naufrage de l’universalisme logique était-il inéluctable ?

9. LOGIQUES NON CLASSIQUES ET PLURALISME LOGIQUE (Paul Égré)

1. La logique classique et le principe de bivalence

2. La logique intuitionniste

3. Les logiques trivalentes
3.1. La logique trivalente de Łukasiewicz
3.2. Bochvar, Kleene, et les paradoxes sémantiques
3.3. Vague et présuppositions
3.4. Logiques quantiques

4. Le principe d’explosion et la logique FDE

5. Logiques contra-classiques et supra-classiques
5.1. Une logique connexive
5.2. Une logique substructurelle : la logique stricte-tolérante

6. Le pluralisme logique
6.1. Choisir la logique la plus forte ? la plus inclusive ?
6.2. Le pluralisme radical
6.3. Le contextualisme
6.4. Principes et paramètres

7. Traductions entre logiques
7.1. Changement de logique, changement de sujet ?
7.2. Le cas de la logique intuitionniste
7.3. Logique déviante, logique classique enrichie ?

10. LE PHÉNOMÈNE D’INCOMPLÉTUDE (Pierre Wagner)

1. Variété du premier théorème d’incomplétude

2. Démonstrations du premier théorème d’incomplétude
2.1. Démonstrations fondées sur la théorie de la calculabilité
2.2. Démonstration d’incomplétude par la méthode de Gödel 430

3. Ce que le premier théorème dit ou ne dit pas

4. Le second théorème d’incomplétude
4.1. Énoncé du second théorème d’incomplétude
4.2. Démonstration du second théorème d’incomplétude et corollaires
4.3. Ce que le second théorème d’incomplétude dit ou ne dit pas

5. Le phénomène d’incomplétude en mathématiques

6. Incomplétude, arithmétique et entiers naturels

7. Les remarques de Wittgenstein sur l’incomplétude

8. Les mathématiques sont-elles la syntaxe du langage ?

Bio-bibliographie des auteurs

Index des noms


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mercredi 26 mai 2021

Yves Mény : Mythes antiques pour le temps présent: La vie, le sexe, la mort

L'Harmattan / Mai 2021


La vie, la mort, le sexe : ces trois thèmes n'ont cessé de hanter l'homme, cet étrange animal pensant. Peu de civilisations anciennes cependant ont développé, comme l'ont fait les Grecs 500 ans avant notre ère, des réflexions et des pratiques sociales aussi voisines des nôtres encore aujourd'hui. Ils ont été plus loin que quiconque dans l'élaboration d'une pensée qui s'interroge sur la place et le rôle de l'homme au sein de l'univers. Certes, les dieux sont omniprésents. Mais ce sont des humains divinisés qui ne différent guère des mortels que par leur privilège de l'immortalité. Les Grecs ont anticipé comme personne nos questionnements, nos angoisses, nos passions, nos interrogations, nos rapports avec la vie, la nature, le temps, l'amour, la mort. Nous divergeons parfois, nous convergeons souvent, mais le plus fascinant est le dialogue qui ne cesse de s'établir avec eux depuis 2500 ans.

Yves Mény, politologue et ancien président de l'Institut universitaire européen de Florence, a publié de nombreux ouvrages sur les institutions démocratiques, la corruption et le populisme dans une perspective comparative.

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Pascal Sévérac : Renaître: Enfance et éducation à partir de Spinoza

 Hermann : Mai 2021


On ne saurait trouver chez Spinoza une théorie toute prête de l’enfance et de l’éducation. Mais à partir de sa philosophie et des indices qu’elle nous laisse, l’enquête peut être menée, qui se heurte à plusieurs questions : qu’en est-il de la nature de l’enfant ? Comment comprendre son développement ? Quel type d’éducation lui convient le mieux ?
Cette enquête nous conduit à jeter les bases d’une anthropologie de l’enfance bien particulière. La nature de l’enfant est certes un processus d’humanisation, mais difficile de dire qu’elle est d’emblée humaine ; l’enfant est certes en développement, mais ce développement exige un effort commun de transformation — quelque chose comme une mort ; l’enfant doit certes être éduqué, mais la « bonne éducation » s’entend en un sens éthique plutôt que moral.
En somme, le présent ouvrage s’essaie à percer cette énigme : que signifie penser l’enfance et son éducation comme une renaissance ?

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lundi 24 mai 2021

Bernard Bourgeois : Schopenhauer – Nietzsche Ou du Non confortable au Oui déchirant à la vie

 Vrin - Février 2021


Le XIXe siecle s'est politiquement ouvert dans l'opposition exterieure ou abstraite du Oui traditionnel et du Non revolutionnaire a l'histoire. Philosophiquement, mais selon une vision non reconciliatrice-hegelianisante de lui-meme il s'acheve dans la contradiction interieure ou concrete du Non, mais confortable, de Schopenhauer, et du Oui, mais dechirant, de Nietzsche, a la vie.

Bernard Bourgeois est membre de l’Institut et professeur émérite d’Histoire de la philosophie à l’Université de Paris I.

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Julia de Funès : Socrate au pays des process

 Flammarion - Mai 2021


Durant quelques années, j’ai été chasseuse de têtes : j’étais censée évaluer des candidats expérimentés qui occupaient des fonctions complexes et techniques, auxquelles je ne pouvais, du haut de mes vingt-deux ans, rien comprendre. Je me suis aussitôt retrouvée confrontée au non-sens absolu. Comment évaluer ce que je ne connaissais pas ? Comment juger des compétences nécessaires à des métiers dont j’ignorais tout ?
C’est la philosophie qui m’a pour ainsi dire sauvée : mes études de philo m’ont enseigné à dynamiter mes préjugés et à rechercher le sens de ce qui est. C’est désormais ce que je m’emploie à faire, à la demande des entreprises, avec leurs collaborateurs. Je vous invite donc à un voyage philosophique, au ton volontairement léger, dans le monde des affaires.

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Ernst Wolff : Lire ricoeur depuis la périphérie. Décolonisarion, modernité, herméneutique

 U. de Bruxelles - Mai 2021


Ce livre offre une perspective inédite sur la philosophie de Paul Ricoeur en la situant dans le contexte de son engagement socio-politique. Réfutant l'opinion commune que cette philosophie serait une pratique savante abstraite, née en réaction à la modernité et à la sécularisation, il reconstruit l'engagement de Ricoeur dans son époque, face aux grandes questions de (dé)colonisation, géopolitique, modernité, mondialisation, pluralisme culturel et activisme politique. On y découvre également comment ces préoccupations ont influencé sa vision de l'herméneutique et sa trajectoire philosophique. Le plaidoyer de Ricoeur en faveur d'un monde multipolaire et de l'égalité des traditions culturelles prend tout son sens et, pour la première fois, ses pratiques académiques anti-eurocentriques sont pleinement mises en évidence. Ernst Wolff ne se contente pas d'évaluer le travail de Ricoeur selon les termes de ce dernier, mais aussi à la lumière des sciences sociales. De plus, pour aller jusqu'au bout de la pensée même du philosophe, il la met en dialogue avec ses contemporains africains. Un travail nuancé et minutieux qui met en lumière la surprenante actualité de la pensée de Ricoeur et interpelle le lecteur sur la nature et les possibilités de l'herméneutique.

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Rodolphe Olcèse et Vincent Deville (dir.) : L'art tout contre la machine

 Hermann - Mai 2021


A travers une vingtaine de contributions de chercheurs et d'artistes, L'art tout contre la machine invite à réfléchir à la médiation de la technique dans notre rapport au monde telles que les pratiques artistiques contemporaines en esquissent le sens. Il se divise en trois parties, qui tissent de nombreux liens entre elles : " Technique et nature " ; " Interfaces relationnelles et dispositifs génératifs " et " Outils conviviaux et machines domestiques " . Les objectifs sont multiples : interroger des oeuvres et des procédures artistiques pour leur capacité à mettre en évidence les incidences des dispositifs machiniques sur nos environnements d'existence ; faire apparaître les filiations de dispositifs de création a priori hétérogènes en interrogeant les circulations entre différents régimes de technicité ; mettre en relief enfin la portée politique et artistique d'une compréhension conviviale des outils de création et la spécificité du rapport à la technique qui la sous-tend.

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Jean-Max Gaudillière : Naissance d'un sujet politique. Séminaires 8-14

 Hermann - Mai 2021


Jean-Max Gaudillière a tenu pendant quarante ans avec Francoise Davoine un séminaire à l’EHESS intitulé « Folie et lien social », soit quarante années de recherche à partir de leur pratique d’analystes à l’hôpital psychiatrique. Folie de la guerre, incestes, trahisons, folie « politique » – en ce sens qui s’insurge contre l’effacement des traces et cherche à établir la vérité historique des faits passés sous silence au fil des générations. Jean-Max Gaudillière et Francoise Davoine qualifient leur travail de co-recherche avec le patient, dans des zones catastrophées, étendues arides et muettes aux limites de l’expérience humaine. L’auteur poursuit, au fil de son œuvre, la pensée d’un analyste therapôn (terme emprunté à Homère qui désigne le second au combat, et qui est responsable des rites funéraires). Ces séminaires s’appuient sur différents auteurs : Wifried Bion, Vassili Grossman, Robert Musil, Rabelais, Yvette Guilbert, Jack Kerouac et Kurt Vonnegut.

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Anne Beyaert-Geslin : L’invention de l’Autre. Le Juif, le Noir, le paysan, l’Alien

 Classiques Garnier  - Mai 2021


Comment la peinture et les oeuvres que nous aimons ont-elles inventé un Autre négatif, inférieur, étranger ? Comment, jouant de leur autorité, nous y ont-elles fait croire ? Cet essai fait le lien entre les études visuelles, qui observent comment les images déterminent notre regard social, et la sémiotique visuelle, l'anthropologie et l'histoire de l'art, qui analysent ces images, pour saisir le fonctionnement des stéréotypes. Si la question a souvent été abordée dans les médias, il importe de comprendre comment les chefs d'oeuvre de la peinture ont contribué à façonner notre imaginaire social. Cette étude met au jour diverses stratégies qui ont inventé un Autre : le Juif, le Noir, le paysan et l'Alien des portraits contemporains.
Biographie de l'auteur

Anne Beyaert-Geslin, professeur de sémiotique à l'université Bordeaux Montaigne, a notamment publié quatre ouvrages personnels : L'Image préoccupée ; Sémiotique du design ; Sémiotique des objets. La matière du temps et Sémiotique du portrait. De Dibutade au selfie.

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dimanche 23 mai 2021

Ernest Renan et Marcellin Berthelot : Correspondance

 Classique Garnier - Mai 2021


« Il semble que nous fussions taillés l'un pour l'autre » écrit Ernest Renan alors qu'il vient de faire la connaissance de Marcellin Berthelot à la pension Crouzet. L'un a vingt-deux ans, l'autre dix-huit ; ils ne se quitteront plus. Cette correspondance met au jour l'amitié extraordinaire des deux hommes, au fil des événements intimes et historiques qui pavent leur existence de 1847 à 1892. Mais elle est aussi le témoignage unique du dialogue entre deux figures majeures qui ont marqué leur siècle dans les champs intellectuel, scientifique et politique. Document d'une époque, elle est rééditée aujourd'hui d'après les manuscrits originaux, enrichie de soixante-deux lettres retrouvées et accompagnée d'un apparat critique.

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Martin Steffens et Pierre Dulau : Faire face. Le visage et la crise sanitaire

 Première partie - Mai 2021


La crise sanitaire nous impose de masquer nos visages. Cette mesure sanitaire a un impact sur notre propre perception de nous-mêmes et de notre relation à l'autre car le visage est une porte ouverte sur la nudité de notre être. Pierre Dulau et Martin Steffens interrogent la crise actuelle sous un angle social, anthropologique et philosophique et montrent l'importance de son impact sur les relations sociales. Au-delà d'un constat qui peut conduire au désespoir, les auteurs invitent le lecteur à soutenir le regard et dévoilent une stratégie de possible de résistance qui jamais ne nie la gravité de l'épidémie. Un ouvrage qui s'adresse à tous ceux qui cherchent à comprendre le sens de cette crise et ne souhaitent pas qu'elle fasse de la méfiance et de la prophylaxie les maîtres-mots de notre contrat social.

Martin Steffens est agrégé de philosophie et enseigne en classes préparatoires à Strasbourg. Conférencier, il est chroniqueur régulier à La Croix et à La Vie. Auteur connu pour de nombreux ouvrages comme Petit traité de la joie, consentir à la vie, Rien que l’amour, repères pour le martyre qui vient, ou L’éternité reçue. Il a déjà collaboré avec Christophe André et Chantal Delsol.
Pierre Dulau est docteur ès Lettres et agrégé de philosophie, matière qu’il enseigne en classes préparatoires à Strasbourg. Il a écrit plusieurs ouvrages de philosophie : commentaires d’œuvres classiques, essais, dictionnaires…

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Valérie Tesnière : Au bureau de la revue. Une histoire de la publication scientifique (XIXe-XXe siècle)

EHESS éditions - Avril 2021


Entre histoire des sciences et histoire de l'édition, Valérie Tesnière retrace une histoire de la publication scientifique et des ressorts du travail intellectuel, de la fin du XVIIIe siècle aux mutations numériques d'aujourd'hui. « Au bureau de la revue » est une adresse figurant sur les revues savantes au XIXe siècle, qui désigne aussi bien la rédaction scientifique que le lieu de diffusion. Le livre interroge le collectif qui se trouve derrière cette expression, ses aspirations et les tensions qui le traversent.
La revue suscite un large engouement au lendemain de la Révolution française : la vie scientifique se structure désormais autour de la publication. Élément central de la science en construction, la revue traduit le mouvement de la recherche comme sa dimension collective. Auteurs et éditeurs s'allient pour renforcer la diffusion de ce qui devient le support privilégié des échanges du monde académique, donnant naissance à une nouvelle économie de la connaissance. Centré sur l'exemple de la production française éclairé par le contexte international, Au bureau de la revue approfondit les rôles des différents acteurs de la chaîne de publication ainsi que les fonctions et les formes éditoriales des publications, actuellement bousculées par le numérique.

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Études Germaniques 2020/3 (n° 299) : Tolérance / Intolérance. Dynamiques historiques et philosophiques dans les pays de langue allemande

Klincksieck - Mars 2021


Page 419 à 424 : Olivier Agard, Françoise Lartillot et Uwe Puschner - Tolérance / Intolérance. Lecture critique d’une dynamique interculturelle historique et philosophique | Page 425 à 440 : Maiwenn Roudaut - Tolérance, sécularisation et pensée postmétaphysique. Habermas et les Lumières | Page 441 à 460 : Gérard Raulet - Comment enchaîner ? Réflexions sur le déchaînement de la pensée tolérante | Page 461 à 474 : Daniel Meyer - Philosophische Grabenkämpfe. Zur Frage der Toleranz bei Heidegger und Jaspers während der Anfangsjahre der Weimarer Republik | Page 475 à 491 : Olivier Agard - L’État face au pluralisme des valeurs. Réflexions sociologiques des années 1920 en France et en Allemagne | Page 493 à 508 : Catherine Julliard - Charles de Villers, avocat de Fichte dans le Spectateur du Nord (1799). Un plaidoyer pour la liberté de pensée ? | Page 509 à 519 : Claire Placial - La notion de tolérance dans les milieux juifs de Metz, d’Isaïe Berr-Bing (1787) au Sermon sur la tolérance de Lazare Wogue (1840) | Page 521 à 532 : Ulrich Wyrwa - Vom Lessing-Verein zur Antisemiten-Liga. Zur Umdeutung des Toleranzbegriffs durch den Ingenieur und Schriftsteller Hector de Grousilliers (1842-1899) | Page 533 à 560 : Ralf Zschachlitz - „Es kann die Spur von meinen Erdetagen nicht in Äonen untergehn“? Der Mythos von Philemon und Baucis im letzten Akt von Goethes Faust II als Topos der Ökokritik avant la lettre | Page 561 à 562 : Jean-Marie Valentin - In memoriam Giuseppe Bevilacqua (1926-2019) | Page 563 à 567 : Jean-Marie Valentin - Actualité de la Dramaturgie de Hambourg | Page 569 à 572 : Clemens Peck - Der europäische Geist im Exil. Ein neuer Blick auf Stefan Zweigs (un)politische Praxis nach 1933 | Page 573 à 577 : Michel Espagne - Les germanistes français et l’Allemagne (1925-1949) | Page 579 à 589 : Bibliographie critique.

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