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dimanche 12 septembre 2021

John Goldsmith et Bernard Laks : Aux origines des sciences humaines. Linguistique, philosophie, logique, psychologie (1840-1940

 Gallimard - Septembre 2021 - Folio essais


Aux origines des sciences humaines s'intéresse à l'histoire des idées et aux hommes qui les ont portées, incarnées et défendues tout au long des XIXe et XXe siècles. Les sciences du langage, la psychologie, les mathématiques et la logique, la philosophie sont au centre d'une analyse interdisciplinaire qui éclaire les échanges, les emprunts et les influences entre ces disciplines naissantes, toutes préoccupées de la nature de l'esprit humain, des langues et des cultures. Sur la toile de fond des changements politiques, économiques et sociaux formidables qui se produisent de 1840 à 1940 se déploie une autre histoire, intellectuelle et conceptuelle, où se forgent la conception moderne de l'homme et bientôt les sciences humaines et sociales. Si la linguistique est au centre de cette enquête, c'est parce que, plus qu'aucune autre, elle a reçu la fertilisation croisée de toutes les sciences de l'homme. La vieille philologie et la vieille grammaire en sont sorties totalement bouleversées et une science nouvelle, la science du langage, est apparue. Ce livre est l'histoire de celles et ceux qui, dans un débat passionné tissé de continuités déniées et de ruptures proclamées, ont fait advenir ce bouleversement et de ceux qui les ont influencés et ont nourri leur réflexion.

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vendredi 28 mai 2021

Revue d'histoire des sciences humaines n°37 : Nommer les savoirs

 Ed. de la Sorbonne - Mai 2021


Les noms des savoirs sont souvent des boîtes noires que l'on manipule avec ingénuité. Pourtant, qu’ils forgent de nouveaux intitulés pour leurs pratiques savantes ou reprennent des dénominations existantes, les savants eux-mêmes y prêtent une grande attention. Étudier la façon dont on nomme et regroupe les savoirs permet de travailler sur leur émergence, les conditions de leur succès, leurs resémantisations invisibles ou les controverses qui les ont traversés. La dénomination et l’agrégation des savoirs sont indissociables de partitions, de découpages et de distinctions. À travers l’analyse des différentes épithètes feuilletant la « géographie » dans la France des XIXe-XXe siècles, on met par exemple au jour une histoire beaucoup moins unitaire que ne le voudraient les représentations autochtones. Souvent transnationaux, les cas étudiés témoignent des appropriations variées d’un même terme comme « enquête », « ethnopsychiatrie » ou le diptyque philologie/linguistique. Enfin, en s’arrêtant sur « behavioral sciences », « moral sciences », « Geisteswissenschaften » ou « sciences humaines » c’est l’objet même de la Revue d’histoire des sciences humaines qui se trouve interrogé.

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samedi 22 mai 2021

Communications, n° 108 : La circulation des rêves

 Le seuil - Mai 2021


Comment les rêves s’échangent-ils et se partagent-ils ? À partir d’études de cas et d’enquêtes, les anthropologues, les sociologues, les psychanalystes, les historien(ne)s, les philosophes, les spécialistes de littérature qui ont contribué à ce recueil décrivent et analysent des circulations de récits, d’interprétations, d’images, de collections, de croyances, de discours savants, caractéristiques de certains mondes oniriques d’ici, d’autrefois ou d’ailleurs.

Sommaire

Motion commune du Parlement des revues

Introduction

Jacqueline Carroy

Les portes de corne et d’ivoire de l’Odyssée, enjeu originel et relectures

Danièle Auger

Récit de rêve et calcul mental chez Wittgenstein

Christiane Chauviré

Rêver à l’âge des extrêmes. Pour une lecture historique des transcriptions de rêves

Willibald Steinmetz

Collecter, commenter, transmettre des rêves. Le Magazine de la science de l’âme issue de l’expérience intérieure (1783‑1793)

Claire Gantet

L’intériorité polyphonique des rêves. La collection au long cours d’un philosophe français (1872‑1908)

Jacqueline Carroy

Carambolage onirique. Des automobiles qui chutent / rêves en cascade

Lancelot Hamelin

Le rêve 2.0. Communiquer et interpréter des expériences oniriques en ligne

Damien de Blic

Rêves de femmes de Tchernobyl

Alfredo Pena-Vega et Michel Grappe

Croire aux songes ou en jouir ? Les débats du Mercure galant (1678‑1714)

Juliette Lancel

Fellini ou le créateur en rêveur

Giordana Charuty

« C’est très rare que je rêve pour moi. En général, je rêve pour les autres. »

Circulation des rêves dans les quartiers nord de Marseille

Arianna Cecconi

Espace du rêve et espaces rêvés. Une topologie onirique à 'Uvea (Wallis, Polynésie occidentale)

Alice Fromonteil

Une iconographie de la nuit en Mésoamérique. Visions et rêves chez les enfants otomi de la Sierra Madre orientale

Jacques Galinier

Cauchemars épidémiques

Juan Rigoli

Rêve partagé, rêve réécrit : circulation du désir dans un conte de la Chine classique

Aude Lucas

Partager des choses oniriques : auto‑analyses et traductions après Freud

Andreas Mayer

Rêves de confins. Esquisses sur la vie onirique au temps du Covid‑19 et du confinement

(entretien avec Jacqueline Carroy)

Hervé Mazurel et Élizabeth Serin

Entretien sur la polyphonie du rêve

Jacqueline Carroy et René Kaës


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vendredi 22 janvier 2021

Recherche et formation, n°92 : La théorie de l'enquête de John Dewey (Joris Thievenaz éd.)

 ENS Editions - Janvier 2021


Le concept d'enquête (inquiry) forgé par John Dewey fait l’objet d’un intérêt renouvelé en sciences humaines et sociales (SHS), notamment en sciences de l’éducation et de la formation (SEF). Cet engouement pour l’enquête est certes à relier à de récentes traductions en français des ouvrages fondateurs de la pensée de John Dewey, mais aussi avec le besoin d’aborder la problématique de l’expérience et de son élaboration en prenant appui sur une approche universelle de l’agir et du développement humain. Penser avec ou à partir de la lecture de J. Dewey les problématiques actuelles qui traversent les milieux de l’éducation, de la formation ou encore de la santé, est aussi l’occasion de les approfondir par un point de vue à la fois holiste et analytique, singulier et universel. Les contributions réunies dans ce numéro thématique explorent le caractère heuristique de cette théorie de l’expérience en mettant en évidence ses fondements, son actualité et ses formes de renouvellement pour la recherche et la formation.

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mardi 29 octobre 2019

Hermès, La Revue 2019/2 (n° 84) : Les incommunications

CNRS Editions - Octobre 2019


Page 9 à 12 : Franck Renucci, Thierry Paquot - Introduction générale : incommunications et autres acommunications | Page 13 à 14 : - Sélection bibliographique | Page 17 à 27 : Thierry Paquot - Malaise dans la communication. Petit lexique des mots de l’incommunication et de l’acommunication | Page 28 à 30 : Jean-Michel Besnier - L’incommunication comme résistance | Page 31 à 37 : Pierre-Antoine Chardel - La communication et ses écarts. Réflexions sur les limites de l’idéalisme technologique | Page 38 à 44 : Éric Dacheux - Deux sources cosmopolites des réflexions sur l’incommunication : Vilem Flusser et René-Jean Ravault | Page 45 à 51 : Mylène Hardy - Les limbes de la communication humaine. L’apport chinois d’une réinterprétation de l’incommunication | Page 52 à 56 : Michaël Oustinoff - Le langage est l’instrument du malentendu | Page 57 à 63 : Céline Bryon-Portet - Une incommunication fondatrice et ambivalente : le cas de la franc-maçonnerie | Page 64 à 69 : Chris Younès - Ménager des terrains d’entente dans la fabrique territoriale | Page 71 à 79 : François Ansermet - Les malentendus de l’origine | Page 80 à 82 : Stéphane Amato - Le surhandicap de situations d’incommunication | Page 83 à 88 : Ariane Giacobino - Incommunication et épigénétique | Page 89 à 92 : David Galli - Le pharmaphone | Page 93 à 94 : Costas Bekas - Watson debater: conversation with a machine | Page 95 à 97 : Caroline Dubois, Jean Marc Salotti, Dominique Seminel, Nicolas Simonazzi - Le chatbot : un outil de la relation aux clients | Page 98 à 103 : Francis Jauréguiberry - Désir et pratiques de déconnexion | Page 104 à 110 : Agnès Giard - Affects électroniques au Japon. Les systèmes de rencontre par machines interposées | Page 111 à 117 : Elianne Ivo Barroso, Pedro de Alencar - Violences policières au Brésil : quand les images témoignent… | Page 118 à 122 : Joseph R. Moukarzel - L’univers numérique et l’architecture du virtuel : une scénographie de l’utopique | Page 123 à 126 : Angelina Toursel, Philippe Useille - Le journalisme immersif, nouvelle forme d’incommunication ? | Page 127 à 133 : Alexandra Saemmer - Le parler fransais des Gilles et John. Enquête sur les crypto-langages militants au sein des plateformes | Page 134 à 139 : Brigitte Juanals - Les changements climatiques, une question incommunicable dans l’espace public ? Vers une communication écologique | Page 140 à 145 : Cédric Villani - Communication humaine et masse d’information | Page 147 à 150 : Béatrice Bonhomme - Androgyne mon amour | Page 151 à 158 : Jean Caune - L’incommunication, moteur de la dynamique théâtrale | Page 159 à 163 : Macha Makeïeff, Hervé Castanet - Une conversation : « Dire ce qui est incertain dans le monde, ou communiquer l’incommunicable » | Page 164 à 168 : Céline Fribourg - Éditer des livres d’art | Page 169 à 174 : Bernard Lamizet - Esthétique de l’incommunication | Page 175 à 178 : Anne-Cécile Lenoël - Incommunication : design et médiation | Page 179 à 186 : David Le Breton - Rires et malentendus | Page 187 à 193 : Véronique Nahoum-Grappe - « Je t’aime ! » Faut-il y croire ? | Page 194 à 199 : Pascal Robert - Incommunication et ironie de l’objet chez Hergé | Page 200 à 205 : Dominique Wolton - Communication, incommunication et acommunication | Page 207 à 215 : Michel Mathien - Pour une humanité solidaire. L’écologie de la communication projetée par Moles comme perspective actuelle | Page 217 à 228 : Brigitte Chapelain - Lectures | Page 229 à 234 : Béatrice Bonhomme - Marie-Claire Bancquart (1932-2019) | Page 235 à 238 : Alexandre Tran - Aziz Chouaki (1951-2019) | Page 239 à 247 : Thierry Paquot - Paul Virilio (1932-2018).

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mercredi 26 juin 2019

Aline Caillet : L’art de l’enquête. Savoirs pratiques et sciences sociales

Mimesis - Juin 2019


Les pratiques artistiques de l'enquête se sont multipliées ces vingt dernières années, en arts visuels comme en littérature. Empiétant sur le terrain des sciences humaines et sociales, dont elles viennent expérimenter, mimer, mais aussi souvent contester, les procédures et méthodes, elles suscitent une interrogation tant du côté de l'esthétique que de l'épistémologie. Dans quelle mesure les dispositifs d'enquêtes, initiés par les artistes, peuvent-ils ? Une démarche artistique - littéraire, documentaire, plastique - peut-elle produire un savoir, dissident, alternatif, et modéliser de nouvelles manières de fabriquer de la connaissance dans le champ des humanités ? Au travers d'une étude différenciée des différentes formes d'enquête, cet ouvrage qui pointe les enjeux autour de ces formes hybrides, instaure un dialogue entre art et sciences, tout en ouvrant le débat sur ses enjeux publics et critiques.

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jeudi 24 mai 2018

Florence Hulak et Charles Girard (dir.) : Philosophie des sciences humaines. Tome 2 : Méthodes et objets

Vrin - Mai 2018 - Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie


Ont contribué à ce volume : Ét. Bimbenet, J. Christ, I. Drouet, R. Fanciullacci, S. Ferrando, Ch. Girard, F. Hulak, A. Le Goff, L. Paltrinieri, L. Perreau

Les sciences humaines se distinguent les unes des autres par leurs méthodes et leurs objets privilégiés. En élaborant des procédures d’enquête spécifiques, elles s’efforcent de comprendre la vie psychique ou les pratiques collectives, la distribution des populations ou les rapports entre groupes, les idéaux sociaux ou les échanges matériels. Leur fin commune est toutefois d’éclairer de leurs lumières croisées une même réalité humaine et sociale. Leurs objets ont donc vocation à se rejoindre, leurs méthodes à se compléter.
En interrogeant leur pluralité sans la reconduire à une illusoire unité, la philosophie peut éclairer l’espace conceptuel et problématique qu’elles ont en commun. Elle ne ressort toutefois pas indemne d’une telle étude : ses propres questionnements, épistémologiques et politiques, se trouvent radicalement altérés par leur confrontation à ces disciplines.
Les contributions réunies dans le second tome de cet ouvrage analysent, dans cette perspective neuf concepts essentiels : la population, le psychisme, la pratique, les classes, le genre, la comparaison, les statistiques, le public et la critique.

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jeudi 14 décembre 2017

Sophie Richardot et Sabine Rozier (dirs.) : Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat

Septentrion; Édition - Décembre 2017 - Collection : Paradoxa


Comment expliquer que les savoirs de sciences humaines et sociales soient à ce point contestés voire ignorés dans les lieux où ils pourraient pourtant éclairer la réflexion et l'action ? Comment expliquer la défiance et l’incompréhension qu’ils suscitent parfois ? Les savoirs de sciences humaines et sociales ont la particularité de circuler dans des espaces variés et de devoir composer avec une critique prompte à remettre en cause leur validité et leur légitimité. Leur acceptabilité sociale ne se joue pas dans la seule communauté savante mais bien dans les multiples réinterprétations et traductions auxquelles ils donnent lieu. Les études réunies dans ce volume analysent sept controverses ayant pour enjeu le sort réservé à des savoirs issus de la réflexion philosophique, sociologique, psychologique ou se revendiquant d’une économie hétérodoxe. Elles montrent que les résistances qu’ils rencontrent sont la marque paradoxale de leur vigueur et de leur capacité à bousculer les évidences partagées.

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mardi 30 août 2016

Gérard Renaudo : Des sciences pour nous comprendre. Vérité et réalisme en sciences humaines

Presses universitaires du Midi - Août 2016 - Philosophica


Pouvons-nous être réalistes et dire le vrai lorsque nous étudions nos manières de faire sens, de nous comporter, de nous entendre ? Les sciences humaines et sociales tendent à éviter ces questions en considérant comme acquis ce qu'elles devraient montrer, le mode d'existence particulier de l'humain, et y fondent la vérité de leurs énoncés. Cette métaphysique par défaut crée une circularité que nous sommes tentés de dépasser en considérant ces énoncés comme des interprétations relatives à nos discours, à nos cultures. Mais s'agit-il alors encore de science ? Un autre point de vue soutient que la compréhension de l'humain est d'abord une activité ordinaire, et que ces questions doivent donc être posées dans les usages du langage. Mais à réduire l'humain à un ensemble d'usages, ne finit-on pas par considérer tout savoir à ce propos comme relatif à des situations ? Montrant que ces sciences peuvent hériter d'une certaine manière de philosopher dans le langage (Cavell, Austin, Diamond), l'auteur s'efforce de dissoudre l'impasse relativiste dans un renversement de perspective permettant une pratique réaliste de ces sciences et un usage de vrai. L'ouvrage analyse de nombreux exemples puisés en anthropologie, psychanalyse, linguistique, sociologie, histoire, et se conclut par une analyse détaillée de l'effort réaliste de Michel Foucault.

vendredi 6 mars 2015

Joan Stavo-Debauge, Philippe Gonzalez & Roberto Frega (eds.) : Quel âge post-séculier ? Religions, démocraties, sciences

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Mars 2015 - Collection : Raisons pratiques


Que signifient les discours actuels en faveur du « post-séculier », ? Et pourquoi faudrait-il en finir avec l’âge séculier ? Qui l’exige ou le demande ? Quels sont les événements qui le requièrent ?
Ces dernières années, un débat sur la place de la religion dans les démocraties libérales s’est engagé dans le monde intellectuel. Si certains ont parlé d’un Âge séculier et d’autres d’une « société post-séculière », c’est parfois la dynamique même de sécularisation de l’espace public qui semble avoir été remise en cause. Plus profondément, ce sont les rapports entre religions, sciences et démocraties qui ont été questionnés.

En faisant délibérément usage de ces termes au pluriel – pour indiquer qu’il existe différentes formes de religion, plusieurs genres de sciences et plusieurs conceptions de la démocratie – les contributions rassemblées dans ce volume entendent sonder ces rapports et cette pluralité. Le lecteur y trouvera la traduction française de plusieurs interventions de John Dewey sur l’anti-naturalisme et la religion, des contributions de pragmatistes contemporains et des enquêtes sur le rôle public de la foi ou sur la mise en cause de l’autorité épistémique des sciences, aussi bien aux États-Unis, qu’en Europe et en Afrique du nord.

SOMMAIRE 
Introduction au volume

1. John Dewey, passé et présent d'une critique pragmatiste des religions
Introduction aux textes de Dewey (J. Stavo-Debauge)
John Dewey : « Interventions sur la religion et l’anti-naturalisme » (1922-1943)
Philip Kitcher : « Les défis pour le sécularisme »
Louis Quéré : « Religion et sphère publique au prisme du naturalisme pragmatiste »

2. Affrontements théoriques et pratiques contemporains : la raison publique en chantier
Joan Stavo Debauge : « Mauvaise foi. Du revival de la philosophie analytique de la religion à l’introduction de l’objection intégraliste en théorie politique »
Mathias Girel : « Enseigner la controverse » : retour sur une migration conceptuelle
Roberto Frega : « Les droits religieux sont-ils compatibles avec le pluralisme démocratique ? Une réponse pragmatiste aux limites de la raison publique »

3. Des religions en politiques : terrains
Philippe Gonzalez : « Montrer les minarets pour imposer une Suisse « chrétienne ». Les sources évangéliques d’une initiative populaire »
Smaïn Laacher et Cédric Terzi : « Quand les revendications religieuses investissent les arènes judiciaires. L’« affaire Persepolis » comme révélateur des enjeux de la transition politique tunisienne »
Jeffrey Goldfarb : « La politique des petites choses : de la gauche à la droite chrétienne »

4. Positions : histoire, théorie sociale, théologie
David Hollinger : « Les idées religieuses : doit-on les soumettre à la critique ou leur accorder un “laissez-passer” ? »
Estelle Ferrarese : « Unités miraculeuses et convergences nécessaires. L’âge post-séculier des luttes politiques »
Olivier Abel : « La protestation herméneutique de Paul Ricœur et l’océan mondial des opinions religieuses »

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mercredi 4 mars 2015

Olivier Dekens : Le structuralisme

Armand Colin - Mars 2015


Le structuralisme aura été l’un des courants majeurs de la vie intellectuelle du 20ème siècle. La thèse est : le langage est un système dont le fonctionnement est basé sur des relations identifiables et stabilisées entre des éléments de base en nombre fini, l’ensemble formant un ordre structural permettant l’articulation, par un jeu de différences et d’analogies, entre des signifiants et des signifiés, des signes acoustiques et des concepts. Cette découverte de la linguistique peut être étendue à la totalité des produits de la culture, et même au-delà, à la totalité des phénomènes humains. Cela signifie qu’il y a structuralisme à partir du moment où trois positions conceptuelles sont posées ensemble : la langue est système ; tout en l’homme fonctionne comme une langue ; en conséquence : l’ordre linguistique constitue le paradigme d’analyse devant être utilisé, à l’exclusion de tout autre, par les sciences humaines. Ces trois éléments, qui constituent autant de critères d’identification, permettent à l'auteur d’esquisser déjà le tableau des représentants du structuralisme et une partie de son histoire.

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dimanche 20 avril 2014

Un nouveau libre arbitre

Krystèle Appourchaux

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CNRS Editions - Avril 2014

Le « libre arbitre », cette capacité à choisir librement ou encore à déterminer notre propre volonté, semble menacé par les avancées de la psychologie et des neurosciences contemporaines. Or, certaines interrogations philosophiques doivent être résolues avant de tirer les conséquences de ces résultats empiriques : le déterminisme causal, qui est au fondement de toute démarche scientifique, est-il compatible avec la notion de libre arbitre ? Quel type de relation entretiennent l’esprit et le cerveau ? L’examen de ces problèmes fondamentaux constitue le préalable à l’interprétation des données issues des neurosciences, en particulier des expériences de Benjamin Libet qui ont semblé remettre en question l’efficacité causale de nos décisions conscientes. Par ailleurs, il est légitime de se demander si les limites de la conscience et le rapport qu’elle entretient avec les processus inconscients, qu’ils relèvent de l’Inconscient freudien ou de l’ « inconscient cognitif » mis en lumière par les neurosciences, constituent un frein à l’exercice de notre liberté.

Cet ouvrage esquisse une solution nouvelle à ces questions. Il montre comment la psychologie et les neurosciences, bien que menaçant la conception traditionnelle du libre arbitre, permettraient de concevoir en leur sein même une redéfinition de cette notion, envisagée comme une capacité relative et non plus absolue, nécessitant un apprentissage.

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mercredi 15 janvier 2014

Sérendipité. Du conte au concept

Sylvie Catellin


Seuil - "Science ouverte" - Janvier 2014

Quand Walpole invente le mot « sérendipité » en 1754, il évoque la faculté de découvrir, « par hasard et sagacité », ce que l’on ne cherchait pas. Aujourd’hui, le terme connaît une vogue croissante au sens de « découverte par hasard ». Mais si cette focalisation permet d’affirmer la dimension imprévisible et non programmable de la recherche, l’occultation de la sagacité empêche de saisir ce que « sérendipité » désigne véritablement, et qui est au cœur de toute découverte.

Pour comprendre le sens profond du terme, il faut remonter aux contes orientaux qui ont inspiré Walpole et Voltaire (pour la « méthode de Zadig »), et lire les romanciers et les savants qui se sont passionnés pour cette idée. Parmi eux, Balzac et Poe, Freud et Poincaré, Cannon et Wiener. Tous ont cherché à saisir le fonctionnement de l’esprit humain quand il est attentif à ce qui le surprend et en propose une interprétation pertinente, par l’association d’idées, l’imagination, la réflexivité.

L’étonnante histoire du mot révèle de profonds changements dans la conception des processus de création, et dans les rapports entre sciences, littérature et politique. Au terme de l’enquête, ce mot venu d’un conte ancestral acquiert la puissance d’un concept, porteur d’enjeux épistémologiques, politiques et humanistes.

Préface de Laurent Loty

samedi 14 janvier 2012

Philosophie des sciences humaines

Charles Girard, Florence Hulak (dir.)


Janvier 2011 - Vrin - Bibliothèque d’histoire de la philosophie- 12 €

Les sciences humaines ont en partage des concepts. L’histoire et la géographie, la sociologie et l’anthropologie, l’économie et la linguistique, la psychologie et la psychanalyse trouvent leur unité dans l’usage divers qu’elles en font, plutôt que dans un objet commun aux contours incertains. Pour s’établir comme sciences, elles ont dû affronter les problèmes épistémologiques, ontologiques et pratiques qu’ils suscitent ou révèlent. En s’efforçant d’éclairer le sens et l’efficace de ces concepts, en rendant compte de l’articulation et de l’évolution de ces problèmes, la philosophie peut contribuer au développement des sciences humaines. Elle ouvre aussi pour elle-même un accès plus sûr à leurs savoirs et questionnements, sans lesquels elle ne saurait désormais avancer. Les contributions réunies dans ce recueil explorent, dans cette perspective, neufs concepts essentiels : la causalité, les normes, l’interaction, l’événement, la nature, la société, l’inconscient, l’expérimentation et la neutralité.

Table des matières


INTRODUCTION par Florence Hulak et Charles Girard
LA CAUSALITÉ par Pierre Demeulenaere
LES NORMES par Ruwen Ogien
L’INTERACTION par Céline Bonicco-Donato
L’ÉVÉNEMENT par Florence Hulak
LA NATURE par Pierre Charbonnier
LA SOCIÉTÉ par Eva Debray
L’INCONSCIENT par Claire Pagès
L’EXPÉRIMENTATION par Stéphanie Dupouy
LA NEUTRALITÉ par Francesco Callegaro et Charles Girard

lundi 10 octobre 2011

Pensées du corps. La matérialité et l'organique vus par les sciences sociales

Édité par Mélina Balcazar Moreno, Sarah Anaïs Crevier Goulet

27000100299790L

Septembre 2011 - Presses Sorbonne Nouvelle – 25 €

Ce début de XXIe siècle aura vu le corps s'imposer comme le « lieu commun » par excellence dans les médias mais aussi dans l'art, la littérature et les sciences humaines. Le pari de cet ouvrage est de s'en emparer en tant que carrefour disciplinaire, afin de dessiner une épistémologie du corps qui soit propre aux sciences humaines. Les différentes contributions abordent la question de la surexposition médiatique des corps en reparcourant quelques-uns des grands jalons théoriques qui, de la modernité au post-structuralisme, auront marqué les réflexions sur le corps. Sont ainsi examinés les effets de sa marchandisation ou des lois qui visent à le régir, mais aussi la question des modifications corporelles ou les problématiques du corps-machine, de l'anomal, du rapport du psychique au somatique, du matriciel. A la croisée de l'esthétique, des études littéraires, de la philosophie, des études culturelles, des études de genre et de la psychanalyse, cet ouvrage rassemble des textes qui s’ancrent dans des expériences singulières du corps et explorent en même temps la possibilité de métamorphose de celui-ci. Tout en allant au plus près de la fragilité et de la vulnérabilité du vivant, ce livre donne à voir et à penser l’infinie transformabilité de la matière qui est celle même du corps.

dimanche 10 octobre 2010

Historiographie, littérature et philosophie : une longue et difficile conversation triangulaire

Revue A contrario n° 14 - 2010/2

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Editeur : Association a contrario

ÉDITORIAL
Historiographie, littérature et philosophie : une longue et difficile conversation triangulaire

DOSSIER

Claire Clivaz
Ricoeur, White et le retour de la question du réel
Lorenzo Bonoli
Histoire, littérature et philosophie : un travail d'innovation langagière
Christian Indermuhle
L'histoire comme « opération », « deuil » et « meurtre ». Notes sur Michel de Certeau et les « arts de mourir »
Antonin Wiser
L'expérience de la poésie. À propos de l'utopie de la littérature chez Adorno
Aurélien Métroz
Espaces phénoménologiques d'Équipée de Victor Segalen
Joanne Chassot
« Dusky Sally » La femme esclave entre histoire et fiction

VARIA

Bermal Karli
Ressources et stratégies notabiliaires à l'épreuve du temps. Grandeur et déclassement des notables Mîran du Kurdistan d'Irak
Yannick Rumpala
« Développement durable » : du récit d'un projet commun à une nouvelle forme de futurisme ?
Hadrien Buclin
Une autonomie délicate : Maurice Blanchot dans le champ littéraire de la Libération
COMPTES RENDUS
Lecture critique d'ouvrages récents

mercredi 6 octobre 2010

Dictionnaire des concepts nomades en Sciences Humaines

Olivier Christin (dir.)

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Sortie le : 07/10/2010 – Editeur : Métailié – Prix : 28 €

En partie inspiré d’entreprises antérieures, ce dictionnaire regroupe des textes consacrés à quelques-uns des termes ou des concepts à travers lesquels les sciences sociales et l’histoire pensent le monde social et se pensent elles-mêmes.
Mais à la différence des précédents ouvrages qui avaient choisi un champ bien précis (le vocabulaire des groupes sociaux, les concepts centraux des idéologies ou des formes constitutionnelles…) et surtout une seule aire linguistique, aucune discipline, aucune nation, aucune langue n’est privilégiée. Au contraire, les articles rassemblés ici et confiés à des spécialistes reconnus et de nationalités différentes décrivent la naissance, la carrière et la circulation, à travers les époques et les langues, de noms communs, d’expressions idiomatiques ou de termes apparemment techniques dont on porte au jour le caractère de constructions idéologiques et de produits de l’activité des acteurs sociaux.
On y rencontrera donc des vocables, des concepts, des expressions de nature très hétérogène et ne présentant pas les mêmes caractères de variabilité : certains relèvent de la description des groupes sociaux par eux-mêmes et par les sciences sociales (Avant-garde, Mouvement ouvrier, Junker…), d’autres des sciences de l’Etat et du savoir administratif (Administration, Moyenne, Droit musulman…), d’autres encore de constructions idéologiques particulières dont les conditions d’émergence et d’imposition de sens appellent à une mise en perspective (Occident, Laïcité, Absolutisme…).
L’essentiel n’est donc ni dans le choix des termes, ni dans la poursuite d’une forme d’encyclopédisme. Seules importent la démarche et l’exemplarité de l’analyse, tournées vers la dénaturalisation et l’historicisation des usages lexicaux qui font des exemples retenus autant de cas d’école, c’est-à-dire de cas exemplaires sur lesquels penser ce que les structures académiques, les usages linguistiques, les routines et les inconscients intellectuels imposent de manière subreptice.
Renonçant à tout but normatif, ce dictionnaire a l’ambition d’apporter sur quelques cas significatifs des exemples d’enquêtes méticuleuses, associant sémantique historique, comparatisme et objectivation critique des conditions sociologiques et historiques de possibilité et d’opérationnabilité des concepts et des usages lexicaux des sciences sociales, qui montrent que les rapports et les conflits de sens sont également des rapports et des conflits de force.
En mettant en avant la dimension « nomade » des concepts historiques, il s’agit ainsi de favoriser les bases d’un dialogue dans les sciences sociales européennes, conscient du poids des héritages socio-linguistiques.