vendredi 30 avril 2021

Jean-Luc Nancy (éd.) : Amitiés de Bernard Stiegler

 Galilée - Avril 2021


Textes de Emily Apter, Didier Cahen, Michel Deguy, Divya Dwivedi, Erich Hörl, Yuk Hu, Achille Mbembe, Shaj Mohan, Jean-Luc Nancy, Peter Szendy, Esther Tellermann, Colette Tron

Bernard Stiegler écrit : « Ce que j'aime, je l'aime sans limites, sans condition : je ne peux l'aimer que de manière (fantasmatiquement) illimitée. Ce que j'aime et ceux que j'aime, vous, c'est-à-dire nous en tant que nous sommes susceptibles de former un nous, tout cela je l'aime et je les aime et je vous aime infiniment [...] faute de quoi il n'y a pas de nous possible. »

Ici sont rassemblés douze témoignages d'amitié, sans aucune exhaustivité ni exclusivité, sans brevets de compétence ni d'expertise. Non pas des travaux sur l’œuvre mais des réponses à celui qui intitulait une conférence : Veux-tu être mon ami ? parce que cette question signifiait pour lui le début de ce qu'il nommait « l'avenir du nous. »
Voici douze réponses en forme d'à venir.

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Jean-Christophe Cavallin : Valet noir. Vers une écologie du récit

 Corti - Avril 2021


C'est aux abords de la nuit que les hommes racontent des histoires.
Des Guayaki de Pierre Clastres au chanvreur de George Sand et de Shéhérazade aux parents d'aujourd'hui, il existe un lien atavique entre l'usage du récit et la peur d'un univers livré aux puissances nocturnes.
Ou plutôt : il existait. La domestication du monde a fini par dispenser l'imagination des hommes d'opérer la catharsis de l'effroi des lieux qu'ils habitent. Affranchie de son ancien rôle, la littérature ne célèbre plus que son propre office.
Mais voilà que le monde change. Voilà qu'un nouveau contexte - hostile, inhospitalier - fissure nos systèmes de climatisation. Les désordres climatiques nous remplissent de terreur, l'agonie de la vie sauvage nous accable de pitié. Nous pleurons pour la planète et tremblons pour le futur. Ce nouveau sentiment tragique invite la littérature à sortir de sa réserve et à reprendre du service. Court-circuiter le réel n'est plus une solution. Licencier l'imaginaire n'est plus une solution. La hantise du contexte travaille de nouveau sous le plaisir du texte. L'économie de la fiction se réouvre aux cycles longs d'une écologie du récit.

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Chantal Delsol et Joanna Nowicki (dir.) : La vie de l'esprit en Europe centrale et orientale depuis 1945. Dictionnaire encyclopédique

Les éditions du Cerf - Avril 2021


Faisons véritablement tomber le rideau de fer. Pour que la pensée ne périclite pas à l'Ouest, il faut qu'elle renoue avec la vitalité qu'elle revêt à l'Est. Cette encyclopédie des intellectuels de l'autre Europe révèle un continent inconnu mais insuffle surtout des raisons d'espérer. Un monument.
Parce qu'elle ne saurait marcher sur un seul pied, l'Europe a besoin de recueillir les interprétations diverses et les compréhensions multiples de ses principes et de ses projets. Or, témoins et acteurs des bouleversements majeurs du xxe siècle, résistants au nazisme, dissidents du communisme, victimes de l'emprise totalitaire et promoteurs de la transition démocratique, les penseurs d'Europe centrale n'en demeurent pas moins les grands oubliés du débat contemporain des idées.
Pourtant, ces penseurs de l'Est n'ont cessé de vivre avec les penseurs de l'Ouest. Ils ont édifié à partir de leur particularité et de leur expérience une autre conception du monde et de l'histoire, de l'homme et de la cité. Et, en vertu de cet autre humanisme, apte à nourrir l'esprit européen, ils ont beaucoup à nous dire sur notre destin commun.
Cette encyclopédie des intellectuels de l'autre Europe qui réunit 150 spécialistes veut contribuer à rétablir les ponts rompus par la méconnaissance pour en finir avec les préjugés réciproques et réinstaurer un indispensable dialogue.

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Martin Heidegger : Réflexions XII-XV. Cahiers noirs (1939-1941)

 Gallimard - Avril 2021


Ce troisième volume des Réflexions regroupe les Cahiers XII à XV dont la rédaction court de 1939 à 1941. Comme les précédents, il témoigne de l'approfondissement décisif que connaît la pensée de Heidegger dans les années 1930 : non à la manière d'un "journal philosophique" écrit en contrepoint de l'oeuvre, mais plutôt d'un espace de travail et d'écriture où s'exerce ce qu'il nomme quelques années plus tard "un regard au coeur de ce qui est". S'y répondent les différents chemins explorés par cette pensée, toujours à nouveau repris d'un pas qui change librement de rythme et d'allure : la préparation d'un autre commencement dont l'enjeu est une métamorphose de l'être humain dans son rapport essentiel à l'être ; la remémoration du premier commencement grec où s'est initialement exposé ce rapport ; enfin, la méditation de l'histoire de ce premier commencement, histoire dont l'achèvement dessine le visage de notre époque, celui d'un monde soumis au déchaînement uniforme de la puissance. Au moment où les événements prennent en Europe un tour terriblement dramatique - le déclenchement de la guerre, le pacte germano-soviétique, l'attaque allemande en Russie -, les Réflexions consignées dans ces quatre Cahiers font face à cet inquiétant visage du monde, avec angoisse mais sans aucune déploration stérile, attentives avant tout à entendre, en retrait du vacarme public, "le bruit et la germination du temps" dont parlait Ossip Mandelstam.

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Friedrich Engels : Socialisme utopique et socialisme scientifique

Les Editions sociales - Avril 2021


Socialisme utopique et socialisme scientifique (1880) est un des textes les plus connus et diffusés de Friedrich Engels. Pourtant, il n'existe aucune édition de référence faisant précisément le point sur le contexte de l'élaboration du texte, et sur les raisons de son extraordinaire postérité. La présente édition, préparée dans le cadre de la GEME, proposera, outre une édition du texte avec des annotations précises, une introduction historique et scientifique, ainsi qu'une série d'annexes de documents du XIXe siècle permettant de mieux comprendre les multiples facettes des utopies de l'époque , utopies à propos desquelles Engels exprimait des critiques en vue de dépasser ce qu'il percevait comme une impasse politique.

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Fanny Arama, Riccardo Raimondo, Grégory Jouanneau-Damance (dirs.) : Expériences mystiques. Énonciations, représentations et réécritures

 Classiques Garnier - Avril 2021


Contrairement à une idée admise, le mystique n'est jamais passif, apathique ou absenté de la langue. Bien au contraire, il « parle », même si son discours ne cesse de se heurter aux cadres et aux limites des langages. L'expérience mystique est inextricablement liée à l'acte d'énonciation, impliquant que ce dernier recrée la langue, en dépit de l'ineffable auquel il se trouve confronté. Le présent ouvrage étudie la transcription linguistique de l'expérience mystique et l'évolution des analyses théoriques et critiques cherchant à en rendre compte. Il s'agira, bien au-delà de la seule approche théologique, d'expliquer les raisons de cette fascination.

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mercredi 28 avril 2021

George Orwel : Chroniques du temps de la guerre (1941-1943)

Belles Lettres - Avril 2021


De 1941 à 1943, Orwell fut engagé par le service indien de la BBC destiné à porter une bonne parole culturelle et politique aux sujets du bon roi George VI du sous-continent asiatique. Esprit libre entre tous, Orwell se passionna rapidement pour sa tâche.
Du côté culturel, il s’attacha à faire mieux connaître des auteurs comme Jack London, Jonathan Swift, Bernard Shaw, Shakespeare ou Oscar Wilde. Il improvisa des dialogues autour d’œuvres d’Anatole France et H.G. Wells.
Du côté politique, il tint une chronique hebdomadaire commentant la situation militaire sur le front de l’Est. Cette expérience lui fit prendre conscience de l’importance de la propagande dans le monde contemporain. Elle est directement à l’origine des deux chefs-d’œuvre qu’il écrivit ensuite : La ferme des animaux et 1984. À travers ces écrits de circonstance, on retrouve le génie d’Orwell à l’état originel.

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Revue d'histoire des sciences humaines, n° 37 : Nommer les savoirs (W. Feuerhahn, dir.)

 Ed. de la Sorbonne - Avril 2021


Les noms des savoirs sont souvent des boîtes noires que l'on manipule avec ingénuité. Pourtant, qu’ils forgent de nouveaux intitulés pour leurs pratiques savantes ou reprennent des dénominations existantes, les savants eux-mêmes y prêtent une grande attention. Étudier la façon dont on nomme et regroupe les savoirs permet de travailler sur leur émergence, les conditions de leur succès, leurs resémantisations invisibles ou les controverses qui les ont traversés. La dénomination et l’agrégation des savoirs sont indissociables de partitions, de découpages et de distinctions. À travers l’analyse des différentes épithètes feuilletant la « géographie » dans la France des XIXe-XXe siècles, on met par exemple au jour une histoire beaucoup moins unitaire que ne le voudraient les représentations autochtones. Souvent transnationaux, les cas étudiés témoignent des appropriations variées d’un même terme comme « enquête », « ethnopsychiatrie » ou le diptyque philologie/linguistique. Enfin, en s’arrêtant sur « behavioral sciences », « moral sciences », « Geisteswissenschaften » ou « sciences humaines » c’est l’objet même de la Revue d’histoire des sciences humaines qui se trouve interrogé.

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Réseaux 2021/2-3 (N° 226-227) : Globalisation de la culture

 La découverte - Avril 2021


Page 9 à 15 : Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre - La globalisation de la culture à l’aune de la circulation des produits culturels | Page 19 à 43 : Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre - La culture à l’âge global | Page 45 à 70 : Victor Roudometof et Sarah-Louise Raillard - Qu’est-ce que la glocalisation ? | Page 71 à 98 : Philippe Bouquillion et Christine Ithurbide - La globalisation culturelle et les nouveaux enjeux d’hégémonie à l’heure des plateformes | Page 99 à 125 : Olivier Vanhée - Les usages de la « japonité » | Page 127 à 153 : Gisèle Sapiro et Tristan Leperlier - Les agents de la globalisation éditoriale | Page 155 à 183 : Ana Vinuela - Les exportateurs de films dans la globalisation du cinéma du monde | Page 185 à 207 : Delia Guijarro Arribas - De la circulation internationale à la globalisation des normes éditoriales | Page 209 à 234 : Dimitra Laurence Larochelle - Le soft power à l’épreuve de la réception | Page 237 à 266 : Thomas Douniès - Mobiliser les études de réception pour l’analyse multi-niveaux de l’action publique | Page 269 à 273 : Lucie Delias - Catherine D’IGNAZIO et Lauren F. KLEIN (2020). Data Feminism, Cambridge, Mass., The MIT Press, coll. « Strong Ideas », 328 p. | Page 274 à 277 : Benjamin Ferron - Ivan CHUPIN (2018). Les écoles du journalisme. Les enjeux de la scolarisation d’une profession (1899-2018), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Res Publica », 329 p. | Page 278 à 282 : Sébastien Chailleux - Sara Ann WYLIE (2018). Fractivism: corporate bodies and chemical bonds, Durham, Duke University Press, coll. « Experimental Futures », XVI-403 p..

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Vie sociale 2021/1 (n° 33) : Consentements et contraintes

 Erès - Avril 2021


Page 7 à 11 : Brigitte Bouquet, Ève Gardien et Marcel Jaeger - Introduction | Page 13 à 27 : Brigitte Bouquet - Consentement et contrainte : des notions polysémiques | Page 29 à 46 : Emmanuel Decaux - Consentement et contrainte dans les situations de crise | Page 47 à 59 : Jacques Riffault - Le consentement : ouverture clinique sur un espace potentiel | Page 61 à 77 : Sandrine Turkieltaub - Les pathologies guer(r)issables du consentement | Page 79 à 97 : Lucas Bemben - Quels repères éthiques pour penser le consentement en institution ? | Page 99 à 116 : John Ward - La place des familles dans l’hospitalisation sous contrainte | Page 117 à 126 : Flore Capelier - Du consentement à la contrainte en protection de l’enfance : accord, adhésion ou avis ? | Page 127 à 140 : Dominique Argoud et Marion Villez - L’État, les vieux, les professionnels : la crise sanitaire, un puissant révélateur du mode de gestion de la vieillesse | Page 141 à 152 : Agnès Brousse - Protection juridique des majeurs, comment favoriser l’autonomie d’une personne vulnérable dans le cadre d’une mesure contrainte | Page 153 à 170 : Marcel Jaeger - L’accompagnement social face à l’incertitude et à la défiance : les effets induits de la Covid‑19 | Page 171 à 182 : Catherine Dekeuwer, Yoann Jeanselme et Tiphaine Lacaze - L’accompagnement des personnes sans-abri au prisme d’une éthique partagée | Page 183 à 195 : Alice Casagrande - Mieux désigner les contraintes inacceptables pour mieux les prévenir : la démarche nationale de consensus sur la maltraitance | Page 197 à 214 : Lisa Goï - Paradoxes de l’accompagnement social et dilemmes de l’accompagnant : le cas des MNA | Page 215 à 220 : Ferdinand Njoh Njoh et Brigitte Bouquet - Interview de Ferdinand Njoh Njoh | Page 221 à 231 : Jacques Eloy - L’engagement initial des centres sociaux dans l’action sociale et l’éducation populaire (1880-1910) | Page 233 à 237 : Ève Gardien et John Ward - Notes de lecture.

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Christophe Bouriau : Alfred Adler et la philosophie. La psychologie du « comme si »

 Classiques Garnier - Avril 2021


Cet ouvrage présente la fécondité de la psychologie d'Alfred Adler demeuré, en France, dans l'ombre de la psychanalyse freudienne. Cette fécondité est abordée sous trois angles complémentaires. D'abord, Adler se réapproprie des concepts issus de la philosophie, celle de Nietzsche et celle du néokantien Hans Vaihinger, pour construire une approche originale du psychisme humain. Ensuite, il apporte des aménagements importants à la théorie freudienne, qu'il critique sur certains points sans pour autant la rejeter. Enfin, il fournit au couple mythique de la philosophie française, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, des éléments théoriques qui seront au coeur de leurs approches respectives.

Christophe Bouriau, professeur de philosophie à l'université de Lorraine et membre des archives Poincaré, est l'auteur de plusieurs livres consacrés à l'histoire de la philosophie allemande, ainsi qu'aux fictions théoriques et pratiques. Il est l'auteur de plusieurs traductions, notamment La philosophie du comme si de Hans Vaihinger.

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Alain Badiou : Le Séminaire. S'orienter dans la pensée, s'orienter dans l'existence (2004-2007)

 Fayard - Avril 2021 - Ouvertures


« Le séminaire des années 2004 à 2007 s’articule à la fois à une conjoncture et à une oeuvre en cours : une contre-révolution libérale victorieuse depuis la deuxième moitié des années 1990 et une théorie de la singularité des mondes telle que déployée dans Logiques des mondes, qui paraît en 2006.
Pour autant que l’adversaire libéral de toute vérité l’emporte provisoirement, la pensée supporte une dure désorientation. Pour autant qu’il s’agit de penser ce qu’est un monde, et notamment le nôtre – celui de la désorientation –, la tâche est de repérer les appuis pour s’y orienter vers la naissance de vérités neuves. Le but est donc bien de “s’orienter dans la pensée, s’orienter dans l’existence”. D’où que les matériaux examinés dans ce séminaire sont fortement marqués par leur contemporanéité. Ils doivent en effet témoigner de la singularité du monde contemporain. » A.B.

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lundi 26 avril 2021

Norbert Lenoir : Déconstruction du néolibéralisme

 Le temps des cerises - Avril 2021


« […] On peut désormais comprendre tout l’intérêt de présenter les discours économiques comme relevant de la science. En effet, si on applique à la société des lois d’organisation qui ont la même exactitude que des lois naturelles, alors les longues délibérations politiques ne sont plus utiles. Ainsi, les régressions sociales concernant le droit du travail ne relèvent pas de l’idéologie politique, mais de la nécessité même du fonctionnement du marché économique.
Par conséquent, le recours au titre de science pour l’économie néoclassique est une utilisation idéologique : il permet de dépolitiser l’économie. Une fois légitimées par un discours revendiquant son appartenance à la science, les décisions économiques peuvent échapper à la volonté des peuples et être placées hors de portée des critiques des citoyens et des syndicats. »
Fruit d’un immense travail documentaire et philosophique, ce livre plonge au coeur de la pensée néolibérale pour en débusquer les mythes, au premier chef desquelles la dépolitisation de l’économie. Dans un langage aussi clair que rigoureux, l’auteur entreprend d’analyser une grande partie des questions qui brûlent notre société (vote, dette, multinationales, travail, fédéralisme européen, publicité, police, prisons) à travers le prisme du discours néolibéral et de ses répercussions.

Norbert Lenoir est professeur de philosophie en CPGE, membre du GEMR. Ses publications principales sont : « Gilets jaunes et libéralisme autoritaire », ouvrage collectif, Éditions Le Temps des Cerises, 2019, « Marx et la double structure de la religion », Éditions Cécile Defaut, 2014, « Marx : de la critique du capitalisme à l’invention de la démocratie », Alter Éditions, 2013 , Isabelle Koch et Norbert Lenoir, « Démocratie et espace public : quel pouvoir pour le peuple? », Éditions Olms Verlag, 2008, « La démocratie et son histoire », PUF, 2007

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Serge Ressiguier : Marx en liberté. Humour et imaginaire dans Le Capital

Le Temps des Cerises - Avril 2021


« Marx en liberté », tout un programme ; avec son sous-titre « humour et imaginaire dans Le Capital » c’est un Marx « déconfiné » et libérateur qui nous est ici présenté. Entreprise jamais tentée, ce voyage à travers les premiers chapitres du Capital nous donne à lire en 180 extraits ce qui était presque toujours passé inaperçu : un véritable feu d’artifice à la fois polémique et pédagogique.
Cette approche inédite proposée par un agrégé de Lettres classiques spécialiste de Marx, jette sans cesse des ponts avec notre temps. Elle fournit des clés précieuses qui donnent à voir ce qu’est Le Capital : une arme géniale de libération massive, où les « germes » de « l’individu intégral » sont déjà en travail dans la société capitaliste actuelle pour la subvertir et passer à un autre type de civilisation. Un immense champ des possibles s’ouvre enfin. De quoi surprendre les ennemis de Marx, et aussi beaucoup de ses amis ; de quoi, surtout, répondre à l’attente latente de tant d’humains en quête de sens pour comprendre et transformer le monde.

Agrégé de Lettres classiques, diplômé de philosophie, président d’une association d’éducation populaire, Serge Ressiguier a enseigné tout en s’investissant dans le théâtre. Admirateur de Marx et soucieux de son appropriation populaire, il a fait de la pédagogie du marxisme et de sa diffusion son cheval de bataille.

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Raisons politiques 81, février 2021 : Pragmatism and Epistemic Democracy

 Science Po - Avril 2021


La vérité a-t-elle à voir avec la démocratie ? A priori, pas vraiment. En démocratie le droit de vote n’est-il pas indépendant du savoir, de la vertu, de la richesse ou de le l’origine des citoyens ? Le philosophe pragmatiste américain Charles Sanders Peirce établit pourtant un lien fort entre vérité et démocratie selon Cheryl Misak et Robert Talisse : il nous offre une justification originale et séduisante de la démocratie fondée sur notre intérêt à savoir si nos idées sont vraies ou non. Préférable à d’autres justifications dites épistémiques, elle se révèle également moins clivante que ses alternatives morales ou politiques dans les sociétés divisées. Ce numéro examine les avantages et les écueils d’une lecture peircéenne de la démocratie.

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Collectif : Cause animale, luttes sociales

 Le Passager clandestin - Avril 2021


Souvent réduite à un régime alimentaire ou à la lubie passagère d'une époque déboussolée, la cause animale est de plus en plus médiatisée mais aussi instrumentalisée, récupérée et dépolitisée. Dans cette anthologie, Roméo Bondon et Elias Boisjean explorent ses racines historiques pour mieux souligner le non-sens d'un engagement animaliste qui se passerait d'une remise en cause du capitalisme.

Bien avant l'invention du concept d'antispécisme, des hommes et des femmes ont conjugué leurs convictions socialistes et libertaires avec une sensibilité particulière pour ces « autres exploités » que sont les animaux. Dénonciation de la corrida, de la chasse, de l'élevage ou de l'abattage industriels, défense du végétarisme... Loin d'être désuets, leurs propos témoignent de l'urgence de bâtir une société résolument écologiste et animaliste.

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Alain Pessin et Mimmo Pucciarelli (dir.) : La culture libertaire: actes du colloque international - Grenoble 1996 (réed.)

 ACL - Avril 2021


En mars 1996, l’Atelier de création libertaire et le Centre de sociologie des pratiques et des représentations sociales organisèrent un colloque sur « La culture libertaire », qui devint un moment important pour le futur de notre maison d’édition. En effet, la préparation de cette rencontre nous permit non seulement de faire entrer à l’Université un débat sur une culture qui était (et qui est encore partiellement) considérée comme mineure, marginale et peu ou pas du tout liée à la réalité quotidienne de chacun·e d’entre nous, pas plus qu’au domaine de la recherche « scientifique ». D’autre part, notre objectif était aussi de présenter la diversité et la richesse des théories libertaires, tout en mettant en valeur certaines de ses réalisations. Et, pour les discuter, nous invitâmes aussi bien des universitaires que des militant·es.
Un quart de siècle plus tard, le chemin de « notre » culture libertaire s’est élargi au-delà du petit cercle militant auquel elle semblait devoir se confiner, à une époque où les grands récits n’avaient plus le vent en poupe. En réalité, des démarches cherchant à mettre en pratique une démocratie horizontale, ainsi que des initiatives menées par des groupes de personnes souhaitant les faire vivre, par la collaboration et la mise en place de moyens de décisions collectives, continuent à faire leur chemin un peu partout dans le monde. La pensée libertaire, aujourd’hui, est par ailleurs présente aussi bien dans bon nombre de maisons d’édition, pas spécialement issues du sérail « anarchiste », que parmi les enseignant·es d’écoles secondaires ou encore dans les universités. Sans compter les revues, organisations, groupes et individu·es se réclamant explicitement de l’idéal libertaire (ou anarchiste).
Enfin, nous espérons que la réédition de ces textes contribuera à maintenir vivant les échanges que nous avions eus lors de cette rencontre, ainsi qu’avec la publication de centaines de textes et les dizaines de colloques se rapprochant de ce thème et qui ont été organisés depuis.

Ont contribué à cet ouvrage : Pietro Adamo, Pierre Ansart, Claire Auzias, René Bianco, Roland Breton, John Clark, Eduardo Colombo, Daniel Colson, Ronald Creagh, Roger Dadoun, Rossella Di Leo, Gerda Fellay, Philippe Garnier, Daniel Grinberg, Tomás Ibañez, Rudolf de Jong, Emmanuel Lizcano, Jean-Olivier Majastre, Gaetano Manfredonia, Camille Martin, Marie-Dominique Massoni, Anna Niedzwiecka, Edson Passetti, Philippe Pelletier, Alain Pessin, Mimmo Pucciarelli, Floréal Romero, Peter Schrembs, Patrice Terrone, Alain Thévenet, Jean-­Manuel Traimond, Salvo Vaccaro, Cristina Valenti, Colin Ward.

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Arne Naess : L'écologie profonde

 PUF - Avril 2021


En 1973, le philosophe norvégien Arne Næss publie un article fondateur, traduit et reproduit dans cette édition. Ce manifeste a pour ambition de réunir sous un ensemble de principes généraux à visée pluraliste les vues exprimées à l'époque au sein du mouvement écologiste radical, afin de permettre l'émergence d'une « plateforme de l'écologie profonde ». C'est probablement le texte le plus connu de l'auteur, et il a été à l'origine de virulents débats au sein de l'écologie radicale d'expression anglo-saxonne. Cette présentation synthétique de la deep ecology permet d'en saisir les tenants et aboutissants aussi bien du point de vue de la philosophie morale que du point de vue des places respectives de l'homme et du vivant dans le monde, afin de fonder une pratique écologiste pour toutes les personnes engagées dans l'auto-défense de la Terre.

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Mathias Girel : L’esprit en acte. Psychologie, mythologies et pratique chez les pragmatistes

Vrin - Avril 2021 - Problèmes & Controverses


En affirmant que l’esprit est organiquement relié à l’agir, le pragmatisme a nourri de nouvelles approches de l’enquête, de la signification et du mental. L’épistémologie et la sémantique pragmatistes sont aujourd’hui mieux connues. En revanche, les controverses au sujet de l’esprit, notamment entre James et Peirce, restent à explorer. Elles fournissent une introduction privilégiée à leurs pensées respectives, au moment même où elles trouvent leur première expression originale. On corrigera par là quelques idées tenaces : l’idée d’un James « passant » de la psychologie à la philosophie, l’idée d’une opposition frontale entre Peirce et James, l’idée d’un « tournant pratique » qui s’opérerait brutalement dans les premières années du mouvement. C’est donc un regard nouveau que jette sur le pragmatisme la présente étude, à partir des vifs dialogues entre Peirce et James, des différends avec des positions voisines, celles du jeune Dewey, de Royce, de Bergson, comme des critiques de Helmholtz et Spencer.

Mathias Girel, enseignant-chercheur au département de philosophie de l'Ecole normale supérieure (Ulm), mène une double recherche: en philosophie américaine, et notamment sur le courant "pragmatiste", en explorant les philosophies de Charles S Peirce, William James et John Dewey; en histoire des sciences et en philosophie de la connaissance, sur la question de l'ignorance.

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dimanche 25 avril 2021

David Abram : Comment la terre s'est tue

 La découverte - Avril 2021


Comment se fait-il que les arbres ne nous parlent plus ? Que le soleil et la lune se bornent à décrire en aveugle un arc à travers le ciel ? Et que les voix de la forêt ne nous enseignent plus rien ? À de telles questions répondent souvent des récits qui font de nous, " enfants de la raison ", ceux qui ont su prendre conscience que les humains étaient seuls au sein d'un monde vide et silencieux.
Les peuples de tradition orale savent qu'il n'en est rien et l'enquête passionnante de David Abram leur donne raison. Plutôt qu'une prise de conscience, ce qui nous est arrivé est une brutale mutation écologique, qui a interrompu la symbiose entre nos sens et le monde.
Toutefois, ce n'est pas l'ancien pouvoir d'animation des choses qui s'est tari. Ne sommes-nous pas témoins de scènes étranges ? N'avons-nous pas des visions ? Ne faisons-nous pas l'expérience d'autres vies... lorsque nous lisons ? Et si la magie vivifiante de nos sens avait été capturée par les mots écrits ? Les mots de David Abram possèdent cette magie, et surtout, ils réactivent l'expérience d'un monde au présent. Ce monde alentour qui, en sourdine, continue à nourrir nos manières de penser et de parler, de sentir et de vivre.
Parce que la terre parle...

David Abram est philosophe et écologiste. Il vit au pied des montagnes rocheuses aux États-Unis. Son travail a été salué comme " véritablement original " et " audacieux " par la revue Science.

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Mark K. Fulk : Interpreting Susan Sontag’s Essays. Radical Contemplative

 Routledge - Avril 2021


Interpreting Susan Sontag’s Essays: Radical Contemplative offers its readers a scholarly examination of her essays within the context of philosophy and aesthetic theory. This study sets up a dialogue between her works and their philosophical counterparts in France and Germany, including the works of Hannah Arendt, Jacques Derrida, Roland Barthes, and Walter Benjamin. Artists and concepts discussed in relation to Sontag’s essays include the works of Andy Warhol, Pop Art, French New Wave Cinema, the music of John Cage, and the cinematic art of Robert Bresson, Leni Riefenstahl, Ingmar Bergman, and Jean-Luc Godard. Her aesthetic formalism is compared with Harold Bloom, and this is the first volume to examine her late works and their position within the American events of 9/11/01 and the War on Terror(ism).

Dr. Mark K. Fulk is an associate professor of English and Women and Gender Studies at SUNY Buffalo State. He is the author of one other book, Understanding May Sarton (2001), as well as articles and reviews on many topics including queer theory, Jane Austen, John Dryden, Romantic Landscape Poetry, and John Milton. He is also an Appalachian poet. He was executive president for The Aphra Behn Society for Women in the Arts, 1660-1830. He is a contemplative, affiliated with the Benedictine confraternity out of St. Gregory's Abbey.

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Sens-Dessous 2021/1 (N° 27) : Trouble

Éditions de l'Association Paroles - Avril 2021


Page 1 : Nadia Taïbi - Crépuscule des glands | Page 5 à 12 : Marion Guémas et Nadia Taïbi - Maintenir l’ordre. De quel État notre police est-elle le nom ? | Page 13 à 30 : Nadia Taïbi - Fauteurs de troubles | Page 31 à 44 : David Le Breton - Devenir quelqu’un en tuant | Page 45 à 56 : Gina Stoiciu - La crise sociale des « gilets jaunes », révélateur des troubles | Page 57 à 64 : Laurent Erbs - Rendre à chacun le sien | Page 65 à 73 : Frédéric Médard - La divergence de récits sur une période de troubles | Page 75 à 84 : Dany Joseph - Ambivalences et désastres dans la relation mère-fille en Guadeloupe | Page 85 à 101 : Odette Barbero - Descartes : le clair-obscur des troubles | Page 103 à 108 : Robert Muller - Ataraxie | Page 111 à 121 : Christophe Meignant - Disparitions | Page 123 à 135 : Andrei Minzetanu - Idées et attitudes | Page 137 à 162 : Giovanni Copertino - L’institut Luce sous la présidence Sardi 1928-1933 | Page 163 à 170 : Fabien Hein - Troubles dans la scène punk rock | Page 171 à 181 : Julia Elchinger - Le flou, représentation ou réalité ?.

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Eleni Philippou : Speaking Politically. Adorno and Postcolonial Fiction

 Routledge - Avril 2021


In this monograph Theodor Adorno’s philosophy engages with postcolonial texts and authors that emerge out of situations of political extremity – apartheid South Africa, war-torn Sri Lanka, Pinochet’s dictatorship, and the Greek military junta. This book is ground-breaking in two key ways: first, it argues that Adorno can speak to texts with which he is not historically associated; and second, it uses Adorno’s theory to unlock the liberatory potential of authors or novels traditionally understood to be "apolitical". While addressing Adorno’s uneven critical response and dissemination in the Anglophone literary world, the book also showcases Adorno’s unique reading of the literary text both in terms of its innate historical content and formal aesthetic attributes. Such a reading refuses to read postcolonial texts exclusively as political documents, a problematic (but changing) tendency within postcolonial studies. In short, the book operates as a two-way conversation asking: "What can Adorno’s concepts give to certain literary texts?" but also reciprocally, "What can those texts give to our conventional understanding of Adorno and his applicability?" This book is an act of rethinking the literary in Adornian terms, and rethinking Adorno through the literary.

Dr Eleni Philippou is currently a Postdoctoral Research Fellow at the Centre for Comparative Criticism and Translation (OCCT) at the University of Oxford. Beyond her key research interests in postcolonial and world literature, she is also interested in critical theory, comparative literature, and translation studies. She is an award-winning poet, with a number of poems published in both British and international anthologies and journals.

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Bruno Dallaporta : Prendre soin du prochain, prendre soin du lointain

 Bayard culture - Avril 2021


Avec l'épidémie de Covid-19, par un retournement inattendu, les valeurs du soin sont devenues les premières valeurs de la République : les médecins sont devenus des stars des plateaux de télévision, on vante les mérites des soignants... Les métiers du « care » sous-payés, de l'aide-soignant à l'éboueur, reçoivent une reconnaissance sociale inédite. Est-ce un épiphénomène ou un nouveau monde qui se lève ? Comment articuler désormais les valeurs du soin avec celles de la République et de l'écologie ? Et pourquoi est-ce nécessaire d'établir les liens entre le corps souffrant et la Terre malade ? La responsabilité à l'égard de la vulnérabilité du corps peut-elle être élargie aux écosystèmes et à la biosphère vulnérable ? En quoi l'approche chrétienne de l'écologie intégrale peut-elle héberger cette évolution ? Fort de sa pratique médicale et de sa formation philosophique, Bruno Dallaporta propose d'explorer ces questions avec un récit sensible, documenté et illustré par l'actualité de ces dernières décennies. Une démarche profondément originale et pertinente.

Bruno Dallaporta est médecin, néphrologue, et s'intéresse aux questions philosophiques portant sur l'éthique et les relations humaines. Il préside la commission Éthique de la Société nationale de néphrologie, dialyse et transplantation. Il a soutenu une thèse d'éthique médicale en 2018 sous la direction du Pr Emmanuel Hirsch. Prendre soin du prochain, prendre soin du lointain est son premier ouvrage.

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samedi 24 avril 2021

Hermès, La Revue 2020/2 (n° 87) : L’érudition

 CNRS Editions - Avril 2021


Page 11 à 14 : Dominique Wolton - « L’érudition ne sert à rien… » | Page 15 à 16 : Franck Renucci - Introduction | Page 17 : Sélection bibliographique | Page 21 à 35 : Bernard Valade - L’érudition : usages et enjeux | Page 36 à 43 : Vincent Lambert et Paul Rasse - Des cabinets de curiosités aux muséums, des classiques aux modernes | Page 44 à 58 : William Marx - L’érudition, c’est l’altérité | Page 59 à 67 : Brigitte Munier - Léonard ou la démiurgie | Page 68 à 75 : Philippe Nemo - Philosophie et connaissances « érudites » | Page 76 à 81 : Denis Mollat - « Le confinement a prouvé que le livre était essentiel » | Page 82 à 85 : Joanna Nowicki - L’essai littéraire polonais, une érudition ouverte sur le monde | Page 86 à 89 : Édouard des Diguères - Les Jésuites, la Chine et l’érudition | Page 90 à 97 : Léa Renucci - Académies, lettres et sociabilités. Des pratiques aux lieux d’érudition (XVIIIe siècle) | Page 98 à 107 : Patrick Watier - Georg Simmel : connaissance et culture, individu et vie | Page 108 à 111 : Jean Pruvost - « L’érudit, c’est celui qui sait le mieux ce que les autres peuvent apporter » | Page 112 à 118 : Olivier Poncet - L’École des chartes et l’érudition : une identité bicentenaire | Page 119 : Bruno Racine - « Faire entendre la voix de l’exigence » | Page 121 à 128 : Christophe Evans, Anne Lehmans et Vincent Liquète - « Les bibliothèques donnent accès à une autre temporalité » | Page 129 à 135 : Marianne Froye - Éditer numériquement des textes : galvaudage de l’œuvre ou démocratisation de l’accès ? | Page 136 à 140 : Clara Galliano - L’érudition à l’heure du « tout »-numérique | Page 141 à 142 : Olivier Pétré-Grenouilleau - Plaidoyer pour l’érudition | Page 143 à 144 : Lionel Lavarec - L’érudition scientifique, une exclusivité in silico | Page 145 à 158 : Gérald Kembellec - L’érudition numérique palimpseste | Page 159 à 168 : Laurence Leveneur - La figure de l’érudit dans les jeux télévisés français : entre fascination et discrédit | Page 169 à 175 : Stéphanie Lukasik - Les réseaux socionumériques, un mirage pour l’érudition | Page 176 à 180 : Michel Melot - Érudition et bibliothèques | Page 181 à 188 : Olivier Galibert - La figure de l’érudit au risque d’Internet | Page 189 à 192 : Anne Lehmans - La plateforme Érudit : une utopie documentaire | Page 193 à 195 : Rime Fetnan - L’érudition selon Paul Otlet, ou le dépassement utopique du livre | Page 196 à 202 : Michaël Oustinoff - Les nouvelles formes de l’érudition « humaine » à l’heure de la traduction du monde | Page 205 à 212 : Frédéric Darbellay - L’érudition : faire du neuf avec du vieux ? Interdisciplinarité, polymathie, indiscipline | Page 213 à 216 : Laure Adler - « Chaque culture a sa forme d’érudition » | Page 217 à 225 : Serge Dufoulon - Érudition et tradition orale en communication | Page 226 à 229 : Barbara Elia - Le corps dansant | Page 230 à 234 : Christian Gerini - Érudition, oui mais… Retours d’expérience | Page 235 à 242 : Agnès Giard - L’érudition dissidente des otakus japonais. Accumuler du vent, jouir de n’être que néant | Page 243 à 247 : Cristina Lindenmeyer - L’érudit et sa pulsion de savoir | Page 248 à 250 : David Galli - L’impératif de recherche | Page 251 à 252 : Ashok Adicéam - L’érudit, militant du cosmopolitisme | Page 253 à 258 : Michaël Oustinoff - Après Babel, ou la traduction comme clé de compréhension majeure du monde contemporain | Page 259 à 261 : Guy Maruani et Dominique Christian - L’érudition… dans la corbeille de l’ordinateur | Page 262 à 264 : Ian Simms - L’érudition située | Page 265 à 266 : Éric de Chassey - L’érudition n’est pas l’accumulation de connaissances | Page 267 à 270 : Jean-Paul Demoule - Archéologie et érudition | Page 271 à 276 : Éric Letonturier - L’érudition face à la communication | Page 277 à 292 : Antoine Compagnon - « Je ne me suis jamais senti contraint par une définition disciplinaire » | Page 293 à 299 : Juremir Machado Da Silva - Le bolsonarisme, idéologie de l’acommunication | Page 301 à 315 : Brigitte Chapelain - Lectures | Page 317 à 325 : Thierry Paquot - Alain Rey (1928-2020) | Page 326 à 328 : Bruno Ollivier - Yves Jeanneret (1951-2020).

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Nathalie Dauvois : Pour une autre poétique. Horace renaissant

 Droz  - Avril 2021


La théorie de la littérature a valorisé une généalogie et un modèle conceptuel unique, celui de la Poétique d’Aristote. L’objet de ce bref ouvrage est de suggérer que d’autres modèles théoriques ont compté, notamment à la Renaissance. Centré non plus sur la construction d’une intrigue, d’une histoire, mais sur le personnage, l’art poétique d’Horace place la voix, le discours, la « fiction de personne » au cœur de la création et de l’invention poétiques. Mais Horace est aussi un poète qui offre à la fois la théorie et la pratique d’une langue spécifiquement poétique. Enfin cette œuvre, entièrement à la première personne, permet de repenser la relation du poétique à l’éthique, de penser la littérature, et singulièrement la poésie, comme expérience.

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Judith Schlanger : Une histoire de l'Intense

 Hermann - Février 2021


Un univers régi par le hasard est un univers où ce qui advient n’est pas intentionnel. Dans l’ordre humain, les intentions ne manquent évidemment pas ; chacun est riche de projets et de plans, et tout groupe humain abonde d’initiatives volontaires et d’activités dirigées. Mais les événements viennent toujours remettre en question les intentions, qui se trouvent menacées par un désordre immaîtrisable.
La vie de l’humanité est prise dans ce jeu du sort et c’est, dit Tolstoï, l’objet même de l’histoire, qui s’attache avant tout aux mouvements des peuples, aux migrations et aux guerres. Ce qui concentre tout est la guerre, cette image directe du caractère instable et brutal des affaires humaines. Parce que concentrée et mortelle, la guerre présente une vision dramatique du hasard dans sa violence et son aveuglement. Dès lors, que nous révèle l’intensité d’un récit de guerre sur l’existence individuelle prise dans l’histoire ? Qu’apprend-on sur les liens entre violence et histoire en relisant autrement Guerre et Paix ?

Judith Schlanger a publié de nombreux ouvrages sur la pensée, ses métaphores, son invention et sa mémoire, dont : Présence des œuvres perdues (2010), Le Neuf, le différent et le déjà-là (2014), Trop dire ou trop peu (2016), Ma vie et moi (2019).

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Andrea Potestà : Contre toute attente. Autour de Gérard Bensoussan. Suivi de Ostalgérie

 Classiques Garnier - Avril 2021


Contre toute attente est le manifeste d'une pensée qui se refuse à la passivité et ne peut qu'infinitiser la « faible force » de l'espoir d'un avenir autre, spectral, mélancolique. Ce livre réunit plusieurs travaux autour de la pensée de Gérard Bensussan qui retracent les chemins de sa réflexion autour de Schelling, Levinas, Rosenzweig, Derrida, Proust, Hegel, Marx, Maïmonide. En appendice s'ajoute un entretien qui offre une entrée biographique aux questions philosophiques de Gérard Bensussan : le départ d'Algérie ainsi que le départ d'Allemagne de l'Est (l'« Ost ») s'entremêlent en disposant la pensée à sa confrontation avec la disparition des lieux, la mémoire et la politique d'un passé qui ne cesse de hanter le présent d'un non-lieu.

Andrea Potestà est professeur de philosophie à l'univesité catholique du Chili. Il est auteur de La « pragmatica » di Kant ; Voyage à Syracuse. La déception face à l'écriture de la vérité ; El origen del sentido. Husserl, Heidegger, Derrida ; Pensar el arte et El pensamiento del grito.

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Ngoc Tiem Tran : La pensée franciscaine. Une pensée à la lisière du singulier et de l'universel

 L'Harmattan - Avril 2021


Partant de saint François d'Assise, l'auteur nous montre comment les principales intuitions du saint fondateur commencent à être développées par les générations de penseurs qui lui succèdent, tous hommes d'action et pas seulement de réflexion : saint Antoine de Padoue, saint Bonaventure, Pierre de Jean Olivi, Roger Bacon, Raymond de Lulle, Duns Scot, Guillaume d'Ockham. La pensée franciscaine est une pensée pratique et plurielle : ce qui est premier, ce n'est pas tant l'abstrait et l'universel, ni la pensée rationnelle, mais le concret et la pratique, là où le singulier et l'universel concret se rencontrent. Cette pensée, qui a fait école, ne s'arrête pas à l'aube des temps modernes, mais les graines semées, les intuitions et les découvertes continuent à illuminer les siècles futurs, jusqu'à atteindre la pensée de l'autre François, le Pape, qui, suivant les chemins du Poverello, a donné au monde deux encycliques.

Ngoc Tiem Tran est un religieux franciscain et prêtre. Il a obtenu une Maîtrise de théologie à la Faculté de théologie de Lyon, puis un doctorat en Physique, spécialité Physique des Particules, à l'Université Claude Bernard Lyon-I. Il a participé aux collaborations OPERA et BELLE 2, et il a travaillé comme coordinateur académique et administratif à l'Université franco-vietnamienne de Hanoi. Actuellement, il est coordinateur pour l'Europe centrale du bureau Justice-Paix et Intégrité de la Création (JPIC) pour l'ordre des frères mineurs.

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Deven Burks : Le concept de concept dans la philosophie de Deleuze. Polymorphisme(s) et pluralisme(s)

 L'Harmattan - Avril 2021


Qu'est-ce que la philosophie ? Pour Deleuze, il s'agit de la création de concepts qui répondent chacun à un problème précis. Selon la théorie du concept deleuzienne, les concepts philosophiques partagent en plus une certaine forme : une multiplicité de composantes, un volume absolu, des variations intensives, un ordre de voisinage. Or, cette interprétation de l'activité philosophique est à son tour un concept : « le concept de concept ». Ce concept répond lui aussi à un problème : « quel est le propre de la philosophie ? ». Il recèle une multiplicité, un volume, des variations, un voisinage. Même si le concept de concept saisit l'essentiel de l'activité philosophique, on pourra alors croire qu'il est d'une portée limitée et voué à être dépassé. Sinon, il encourt le risque d'auto-réfutation. Sous quelles conditions la théorie du concept deleuzienne peut-elle échapper à ce sort ? Cet ouvrage propose une lecture transcendantale selon laquelle le concept de concept est la condition de l'expérience et du discours philosophiques.

Deven Burks est chercheur postdoctoral à l'Université du Luxembourg. Sa recherche porte sur la philosophie morale et politique, la métaphilosophie et le pragmatisme américain.

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