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jeudi 25 novembre 2021

Olivier Boulnois : Généalogie de la liberté

 Seuil - Novembre 2021 - L'ordre philosophique


La question de la liberté est à la fois fondamentale et posée en des termes qui la rendent insoluble : comment penser une action libre si l'on admet que les phénomènes sont soumis à la causalité ?
En analysant l'émergence du concept de libre arbitre, Olivier Boulnois propose une autre généalogie de la morale. Sous un problème en apparence évident (la liberté de la volonté, née de l'idée de responsabilité, et la difficulté de penser cette liberté dans un monde régi par des rapports de cause à effet), l'auteur débusque une série de questions correspondant aux différents sens de la liberté : la liberté à l'égard d'une contrainte n'est pas la liberté à l'égard des causes extérieures ou internes ; elle peut viser la liberté d'agir, mais aussi la liberté de choisir entre plusieurs options et la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir.

Les approches classiques et modernes (celles d'Aristote, d'Augustin, de Descartes ou de Leibniz) sont confrontées aux pensées critiques des XIXe-XXe siècles (de Nietzsche à Freud et Wittgenstein). D'une liberté à l'autre, les questions ne sont pas les mêmes – ainsi, Aristote élabore une théorie cohérente de l'action sans poser la question de la liberté. Il fallait faire apparaître l'" impensé " des théories du libre arbitre pour poser correctement la question, et espérer la résoudre.

Olivier Boulnois est spécialiste de la philosophie médiévale et de l'histoire de la pensée occidentale. Directeur d'études à l'École pratique des hautes études, il a publié une dizaine d'ouvrages dont, au Seuil, Au-delà de l'image. Une archéologie du visuel au Moyen Âge. Il a reçu en 2008 le prix de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.

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mercredi 22 septembre 2021

Fausto Fraisopi : Philosophie et Demande. Sur la métaphilosophie

 Classiques Garnier - Septembre 2021


« Hic Rhodus, hic salta ». Face à un savoir dont les problèmes se multiplient de façon démesurée et que l'on ne peut plus renfermer dans une architecture définie ; face à un réel qui se complexifie et qui suspend toujours plus radicalement l'idée de la centralité de l'homme, la philosophie semble avoir perdu tout son sens, elle semble désormais incapable de répondre à, ou tout simplement, d'articuler la demande de sens. C'est sur ce seuil métaphilosophique entre sens et non-sens que se place, et que doit se placer la quête de la pensée pour regagner la dimension spéculative d'une science première au-delà de la métaphysique et pour se ressaisir comme forme de connaissance (Mathesis).

Fausto Fraisopi est professeur (apl. Prof.) à l'Albert-Ludwigs-Universität de Freiburg im Breisgau en Allemagne. Ses recherches portent sur la philosophie moderne et contemporaine (philosophie classique allemande, néokantismes, phénoménologie), sur l'ontologie et la métaphysique, et sur la philosophie et l'histoire des sciences.

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Philippe Capelle-Dumont : Le principe alliance. T.1. Phénoménologie de l'alliance

 Hermann - Septembre 2021


L’alliance est la grammaire principale du monde. Phénomène commun, local et universel, le plus pauvre et le plus noble. Elle se trouve cependant aujourd’hui plus que jamais contrariée. Le monde est en dés-alliance sur le plan social, politique, anthropologique, écologique, techno-scientifique, métaphysique. Les demandes répétées de « recréer du lien » en corroborent le fait plus qu’elles n’en dessinent une alternative : affranchies de tout « principe », elles échouent à leur tour sur les rives du nihilisme. C’est que le principe est tombé dans l’oubli. Ses titres ont été, dès la fin du xixe siècle et tout au long du xxe siècle, durement contestés et ses droits confisqués. Nombre de succédanés se sont imposés, avec leurs antinomies et leurs tragédies humaines : Raison suffisante, Progrès, Destin, Cause, État. Le principe ainsi reclassé, déclassé, fut biffé derechef au titre de ce qui lui fut imputé : voracité de l’Un, maîtrise formelle de l’universalité, logique de sécurisation historique.
Reconsidérer le principe autrement, i.e. comme alliance, tel est l’enjeu phénoménologique du présent ouvrage : loin de tout Deus ex machina, elle est le jeu de la différence initiatrice, de la pluralité unitaire, de la donation herméneutique. Ainsi, au principe, l’alliance fait être et fait temps. Elle est notre première promesse.

Philippe Capelle-Dumont, professeur de philosophie à l’université de Strasbourg, doyen honoraire de la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages dont certains sont traduits en plusieurs langues. L’Académie française lui a décerné le Grand prix Grente pour l’ensemble de son œuvre.

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vendredi 17 septembre 2021

Michel Blay : A vif. Penser la vie au-delà du concept

 Encre marine - Septembre 2021


Peut-on cerner la vie que nous vivons, l’ici et le maintenant d’une vie, à vif sans qu’elle soit obscurcie par le concept comme l’a fait la science de Galilée à nos jours ? Peut-on penser la vie sans risquer de la perdre ?

Michel Blay tente ici de montrer, faisant référence à la parole évangélique de Jean – en deçà de la tradition théologique dogmatique qui la dévoie –, à la mystique (Nicolas de Cues), à l’architecture de Suger qui tente de magnifier la lumière dans la construction des cathédrales, comment la vie peut s’exprimer sans la médiation du concept qui la prive de sa « vitalité ». Ne nous désolons pas, n’espérons pas une autre vie, la vie est là, dans toute sa prégnance, et il suffit de se laisser envahir pour battre avec elle à l’unisson.

C’est sans doute en se mettant à l’écoute des poètes que nous pouvons entendre cette vie que nous vivons, toute puissante, jaillissante, charnelle, et ainsi sentir à nouveau en soi son épiphanie :
« Prendre chair de l’oiseau, pour savoir le bonheur […]
Trouver toujours le monde entre son cri de peur
et son ravissement. »

Michel Blay a été Directeur de recherche au CNRS en histoire et philosophie des sciences. Il est aujourd’hui Président du Comité pour l’histoire du CNRS. Il a publié de nombreux essais et récemment : Dieu, la nature et l’homme. L’originalité de l’Occident, Paris, Armand Colin, 2013 ; L’Existence au risque de l’innovation, Paris, CNRS éditions, 2014 ; La Chair vive et la beauté de l’exister. Quatre chapitres sur l’infini dans le fini, Paris, Jean Maisonneuve, 2015 ; Penser ou cliquer ? Comment ne pas devenir des somnambules ?, Paris, Cnrs éditions, 2016 ; Critique de l’histoire des sciences, Paris, CNRS éditions, 2017 et Neuropédagogie. Le cerveau au centre de l’école, (en collaboration avec Christian Laval), Paris, Tschann & Cie, 2019, La Déchirure du penser, Les Belles Lettres/encre marine, 2020.

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vendredi 25 juin 2021

Jean Greisch : Transcender. Libres méditations sur la fonction méta

 Hermann - Juin 2021


Exister, c’est transcender. Rapporté aux données de l’expérience philosophique, ce verbe peut s’entendre en quatre sens : transascendance, transdescendance, transpassibilité et transpossibilité. Ces six libres méditations, qui se rapportent à l’histoire plurimillénaire de la métaphysique, mais qui se laissent également instruire par l’art et la littérature, sans oublier les données de la psychopathologie, se livrent à une enquête approfondie sur l’espace de jeu de ces quatre termes, en vue d’en tirer une compréhension nouvelle de la « fonction méta ». En prêtant attention aux différentes acceptions du préfixe « méta- » qui a donné naissance au terme « métaphysique », ces méditations battent en brèche le préjugé répandu qui veut que le désir métaphysique soit désormais sans objet.

Jean Greisch est philosophe et théologien de formation. Il a enseigné la philosophie à l’Institut catholique de Paris, au Boston College, à l’université Villanova aux États-Unis et à l’université Humboldt de Berlin. Il est l'auteur de plusieurs livres, parmi lesquels : Entendre d’une autre oreille (2006), Qui sommes-nous ? (2008), Vivre en philosophant (2016), Rendez-vous avec la vérité (2017).

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mercredi 28 avril 2021

Alain Badiou : Le Séminaire. S'orienter dans la pensée, s'orienter dans l'existence (2004-2007)

 Fayard - Avril 2021 - Ouvertures


« Le séminaire des années 2004 à 2007 s’articule à la fois à une conjoncture et à une oeuvre en cours : une contre-révolution libérale victorieuse depuis la deuxième moitié des années 1990 et une théorie de la singularité des mondes telle que déployée dans Logiques des mondes, qui paraît en 2006.
Pour autant que l’adversaire libéral de toute vérité l’emporte provisoirement, la pensée supporte une dure désorientation. Pour autant qu’il s’agit de penser ce qu’est un monde, et notamment le nôtre – celui de la désorientation –, la tâche est de repérer les appuis pour s’y orienter vers la naissance de vérités neuves. Le but est donc bien de “s’orienter dans la pensée, s’orienter dans l’existence”. D’où que les matériaux examinés dans ce séminaire sont fortement marqués par leur contemporanéité. Ils doivent en effet témoigner de la singularité du monde contemporain. » A.B.

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vendredi 19 février 2021

Philippe Danino : Philosophie du problème

CNRS Editions - Février 2021


Les problèmes que nous rencontrons relèvent de registres les plus variés : individuel ou collectif, théorique ou matériel. Qu’ils nous « tombent dessus » au quotidien ou qu’ils soient élaborés par un scientifique, ils révèlent les limites de notre compréhension, de notre savoir ou de notre savoir-faire. Mais ces obstacles attestent en même temps, en la stimulant, notre capacité à nous interroger et à mobiliser nos ressources.
La philosophie n’a nullement le monopole du problème. Mais l’activité de produire et d’examiner des problèmes lui est consubstantielle. Il s’agit dans cet ouvrage d’instruire une spécificité du problème philosophique. Cette caractérisation conduit Philippe Danino à interroger la pertinence d’une histoire de la philosophie conçue à l’aune de l’idée même de problème.
Enquêter sur la nature du problème philosophique, autrement dit questionner le questionnement, c’est rencontrer l’exigence fondamentale de la philosophie. Aussi cette dernière manquerait en quelque sorte à elle-même si elle ne s’interrogeait sur ce qu’elle fait en interrogeant, si elle ne tâchait d’éclairer les ressorts et la signification du questionnement humain.
Une invitation à produire une pensée capable de se mobiliser elle-même contre les fallacieuses adhésions et à se donner un devoir de patience. « Dépayser la pensée », selon le mot de l’auteur.

Philippe Danino, agrégé et docteur en philosophie, est membre associé du CHPMS (Centre d’Histoire des Philosophies Modernes de la Sorbonne, EA 1451) de l’Université Paris 1–Panthéon-Sorbonne

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dimanche 6 décembre 2020

Le Philosophoire n°54 : La Philosophie générale

 Philosophoire-Vrin - Novembre 2020


–Editorial. La philosophie générale, par Dan Arbib et Elena Partene

–Entretien avec Pascal Engel, Préparé et réalisé par Dan Arbib et Elena Partene 

–Entretien avec Frédéric Laupies, Préparé et réalisé par Géraldine Maugars

–Esquisse d’une histoire française de la « philosophie générale », par Bruno Poucet

–Descartes et l’ambivalence de la philosophie générale, par Dan Arbib

–La philosophie et le philosopher : retour sur un débat allemand, par Elena Partene

–« Cette universalité est la plus belle ». Note sur Pascal, Pensées, L. 195, par Yoen Qian-Laurent

–L’esprit des connaissances humaines : la philosophie générale de d’Alembert, par Louis Guerpillon et Johanna Lenne-Cornuez

–Qu’est-ce qu’une philosophie vivante ?, par Alexandre Feron
TRADUCTION

–La « philosophie générale » de T.W. Adorno : critique, dialectique, négativité, par Aurélia Peyrical

–Sur l’étude de la philosophie (1955), de Theodor. W. Adorno

Traduction et commentaire, par Aurélia Peyrical
LES LIVRES PASSENT EN REVUE

–L’enseignement des pleurs, par Baptiste Jacomino

–Notices sur quelques publications récentes et ouvrages envoyés à la rédaction
HORS THEME

–Ce qu’enseigne la comparaison entre les philosophies européenne, chinoise et japonaise du XVIIIe s. sur les rapports de la philosophie à la culture savante, par Vincent Citot
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lundi 14 septembre 2020

Helder Serpa : Matrice. Méditations sartriennes

L'harmattan - Septembre 2020


Imaginez-vous que le cloporte de la métamorphose kafkaïenne vous enjoigne de le lire et de le juger. Qu'il vous mette en procès sur la foi de la parole de Sartre : « l'enfer, c'est les autres », tout en prenant les traits d'une matrice et en vous implorant, d'emblée, de l'engendrer. Si vous demeurez perplexe et que vous ne vous sentez ni le génie, ni le courage de le rendre à son état natal, lisez-le. Vous saurez au moins pourquoi notre commune finitude, une fois habillée d'abjection, vous oblige déjà à jouer les sages-femmes. Car c'est à vous-même que ce Socrate impénitent et intransigeant vous apprendra à renaître. Mais sachez que si vous préférez, par prudence, le marginaliser dans son état létal pour échapper à ses imprécations, il vous rend d'ores et déjà incapable de jouir à jamais de votre scepticisme divin. Car, même alors, la méditation de votre néant vous attend, incontournable mais contagieuse, dans sa niche cynique. Et vous regretterez de ne pas l'avoir lue.

Helder Serpa, écrivain et philosophe, a publié de nombreux ouvrages dont Arguments 1- Dieu (Bod, 2015), Arguments 2- L'homme (BoD, 2015) et Arguments 3- L'Être (BoD, 2015).

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mardi 18 février 2020

Marcel Conche : La nature et la beauté

H Diffusion - Février 2020


Pour le philosophe, la vérité est au bout d’un long chemin – de réflexions, de méditations, d’analyses. Mais il y a ce qui lui est offert dès qu’il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté – beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme.
La vérité est un point d’arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.

Marcel Conche est professeur émérite de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre correspondant de l’Académie d’Athènes et citoyen d’honneur de la ville grecque de Mégare. Il est auteur chez Hdiffusion de nombreux ouvrages de philosophie : La nature et nous ; Présentation de ma philosophie ; Ultimes Réflexions

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mardi 21 janvier 2020

Emmanuel Banywesize Mukambilwa et Marcel Nguimbi (dir.) : Logique et Argumentation. Autour du discours philosophique

L'Harmattan - Janvier 2020


Chaque fois qu'un humain produit une idée ou écrit un texte, il produit un monde ou un individu autopoïèse, capable de se produire lui-même et de se maintenir, voire d'évoluer dans une interaction permanente avec son environnement. L'autocritique a une valeur rédemptrice, en ce qu'elle est un moyen d'identifier les failles et les impasses qui risqueraient de nous précipiter au désastre. La philosophie n'est pas une donnée, mais un construit de la raison, au départ des problèmes qui génèrent l'étonnement, c'est-à-dire la découverte de l'ignorance. La philosophie est un construit de la raison qui discourt, c'est-à-dire qui court d'un lieu à un autre et à tous les autres, pour tenter de comprendre l'objet-problème qui suscite l'étonnement et d'y apporter une solution. En dis-courant, on apprend ou on réapprend à comprendre la pensée, l'homme et la société.

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jeudi 2 janvier 2020

Hélène L'Heuillet : Eloge du retard

Albin Michel - Janvier 2020


Une angoisse nous hante : être en retard. Nous vivons notre vie quotidienne, notre travail, l'éducation de nos enfants, et même nos vacances dans une telle crainte du retard que nous finissons par être en avance sur tout, par tout anticiper, et par fabriquer tant de précocité que le sentiment de vivre nous abandonne. Nous avons perdu le sentiment du temps, et avec celui-ci le sentiment de notre existence. Ce livre nous montre qu'il n'est pourtant pas difficile à retrouver.
Être en retard, c'est faire l'école buissonnière, prendre des chemins de traverse, ne pas aller droit au but, c'est introduire d'infimes variations qui peuvent faire dérailler les rouages bien huilés de nos vies trop machinales. C'est finalement vivre. Face aux valeurs dominantes de nos sociétés modernes - fluidité, flexibilité, urgence et vitesse - et aux pathologies qui en découlent, le retard, un « laps » de temps qui nous permet de ressaisir notre condition temporelle, devient une véritable stratégie de résistance.

Hélène L'Heuillet est maître de conférences en philosophie à l'Université Paris-Sorbonne et psychanalyste. Elle a notamment publié, chez Albin Michel, Du voisinage. Réflexions sur la coexistence humaine (2016) et Tu haïras ton prochain comme toi-même. Les tentations radicales de la jeunesse (2018).

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samedi 16 novembre 2019

Jerôme de Gramont : La pensée monotone

Lessius - Novembre 2019 - Donner raison - Philosophie


Une invitation à reprendre les mêmes questions en inventant de nouveaux chemins de pensée.
Toute répétition n'est pas stérile et n'interdit pas ipso facto l'originalité du chemin de pensée qu'il faut prendre. Tout lecteur de Platon sait qu'il faut réinventer à chaque dialogue le chemin vers l'Idée, et ce que cela suppose en fait de difficile alliage de répétition et d'imprévisible.
Poètes et penseurs écrivent des dizaines de livres et nous en lisons des milliers, mais peut-être seulement pour que nous puissions prononcer un seul mot – mais le prononcer enfin, le prononcer vraiment, avec cette autorité qui nous manque en ces jours qui sont incertains.
Qu'importe alors la monotonie de la pensée, et que le pluriel de ses commencements, ses multiples chemins, ses variations quasi infinies, conduisent invariablement au même motif, à une même pensée, au même nom ultime – le Nom propre par excellence, orient de tous les noms communs : le nom de Dieu ? – s'il s'agit là d'une monotonie heureuse.

Jérôme de GRAMONT est professeur de philosophie à l'Institut catholique de Paris. Il a dirigé de nombreux colloques, et publié une dizaine d'ouvrages, dont parmi les plus récents : Au commencement : parole, regard, affect (Cerf, 2013), L'appel de la loi (Peeters, 2014), Kafkabuch (Corlevour, 2015). En même temps que cet ouvrage, nous publions une version revue et corrigée de son premier ouvrage : La vie quotidienne.

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vendredi 27 septembre 2019

Francis Wolff : Plaidoyer pour l'universel

Fayard - Septembre 2019 - Histoire de la Pensée


Jamais nous n’avons été aussi conscients de former une seule humanité. Nous nous savons tous exposés aux mêmes risques : changement climatique, crise économique et écologique, épidémies, terrorismes, etc. Mais alors qu’elle s’impose dans les consciences, l’unité de l’humanité recule dans les représentations : revendications identitaires, nationalismes, xénophobies, radicalités religieuses. L’universel est accusé de toutes parts : il serait oublieux des particularismes et des différences, en somme il serait trop universel. Ou il ne le serait pas assez, il ne serait que le masque du plus fort : du patriarcat (tous les hommes, mais pas les femmes), de l’Occident (tous les hommes, mais seulement les Blancs), ou de l’anthropocentrisme (tous les hommes, mais pas les animaux).
Contre ces replis, il faut que les idées universalistes retrouvent leur puissance mobilisatrice et critique. Contre la dictature des émotions et des opinions, défendre la raison scientifique. Contre l’empire des identités, refonder une éthique de l’égalité et de la réciprocité.
Sur quoi peut aujourd’hui reposer cet héritage des Lumières ? Ni sur un Dieu, ni sur la Nature, car ils prouvent tout et son contraire. Il faut s’y résoudre : l’humanité est seule source de valeurs. Pour autant, nous ne sommes pas condamnés au relativisme. Car l’humanité, ce n’est pas seulement l’ensemble des êtres humains,
c’est aussi la qualité présente en chacun de nous et qui nous lie aux autres : non pas la capacité de communiquer qui est aussi propre à d’autres espèces, ni l’aptitude à raisonner que possèdent certaines machines, mais la faculté de raisonner en communiquant, autrement dit de dialoguer.

Philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure (Paris), Francis Wolff est notamment l’auteur, chez Fayard, de Philosophie de la corrida (2007), Notre humanité (2010), Pourquoi la musique ? (2015), Il n’y a pas d’amour parfait (2016, prix Bristol des Lumières 2016 et prix lycéen du livre de philosophie 2018) et Trois utopies contemporaines (2017).


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lundi 23 septembre 2019

Alain Cambier : Philosophie de la post-vérité

Hermann - Septembre 2019


Bullshitting et fake news se propagent partout. Le succès rencontré par les partisans de la post-vérité est symptomatique de notre société post-moderne, marquée par la montée du relativisme. Ce renoncement au "dire vrai" sape notre confiance dans le progrès des connaissances et nuit aux critères nécessaires pour s'orienter dans l'existence en tant qu'homme et citoyen. Les réseaux sociaux semblent en être devenus le creuset privilégié. Cependant, les menaces que fait peser la post-vérité n'ont-elles pas des racines beaucoup plus profondes ? La post-vérité ne relève-t-elle pas d'une volonté humaine tenace d'occulter le vrai, toujours prête à resurgir aux dépens du rationalisme ? Une généalogie de la post-vérité permet ici de mettre au jour les tenants et les aboutissants d'une telle attitude. Cette entreprise requiert un travail de recontextualisation philosophique des rapports entre l'exigence de vérité et la puissance de son déni.

Alain Cambier est docteur en philosophie, chercheur associé à l'UMR 8163 "Savoirs, Textes, Langage", professeur chargé de cours à SciencesPo Lille. Son objet privilégié de recherche est l'apport de la philosophie analytique en métaphysique et en politique.

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lundi 16 septembre 2019

Augustin Dumont : Repenser le possible. L'imagination, l'histoire, l'utopie

Kimé - Septembre 2019 - Collection : Philosophie en cours


Introduite par Thomas More en 1516, la notion d’utopie a rapidement pénétré le champ de la littérature et de la philosophie. La double apparition de la problématique de l’utopie dans l’univers de la fiction et dans celui de la réflexion philosophique n’a toutefois été accompagnée d’aucune promotion à proprement parler. En effet, la référence à l’utopie a suscité, de la part des philosophes modernes et contemporains, davantage de réserve que d’adhésion. Il n’est pas exagéré de dire qu’une telle notion continue de faire difficulté aujourd’hui, cinq siècles après la publication, par More, de sa fameuse Utopia. Ce volume collectif e propose d’ouvrir à nouveau le dossier problématique de l’utopie. À cette occasion, l’on propose de revisiter quelques moments essentiels de l’histoire de la philosophie au cours desquels ont été façonnés les outils qui nous ont permis et nous permettent encore d’interroger notre rapport au « possible ». Le contexte de crise généralisée que l’on traverse aujourd’hui (bouleversements climatiques et environnementaux, remise en cause de la démocratie représentative, retour des fascismes, panne des systèmes éducatifs, crise du libre-échange, crise des religions, etc.) invite de manière plus pressante que jamais à revisiter l’utopie, un concept forgé à l’époque renaissante à partir du grec ou-topos, « ce qui est sans lieu », précisément dans le contexte d’une crise profonde et systémique : ébranlement des certitudes médiévales par la découverte de l’Amérique, conflits sanglants entre catholiques et protestants, bouleversements artistiques, émergence d’un sentiment d’impuissance devant l’exercice du pouvoir politique, etc. Ce rapport entre la crise du sens, à la fois individuelle et propre au vivre-ensemble, et la nécessité de se projeter dans un avenir susceptible de rouvrir du possible, est très précisément ce que le concept d’utopie a jadis voulu problématiser. Il ne s’est donc pas naïvement proposé comme « solution » à la crise, voire comme simple pansement idéologique, contrairement à ce que suggère l’image d’Épinal.

Né en 1984, Augustin Dumont est Professeur adjoint de philosophie à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en philosophie transcendantale. Il est notamment l’auteur de : L’opacité du sensible chez Fichte et Novalis. Théories et pratiques de l’imagination transcendantale à l’épreuve du langage (Jérôme Millon, 2012) ; De l’Autre imprévu à l’Autre impossible. Essais sur le romantisme allemand (LIT-Verlag, 2016) ; Le Néant et le pari du possible. Puissances de l’idéalisme allemand (Kant, Fichte, Hegel, Schelling, Hölderlin), à paraitre. Traducteur de Novalis (aux Presses universitaires du Septentrion, 2012, et aux Belles-Lettres, 2014), Augustin Dumont a également dirigé de nombreux ouvrages collectifs et est l’auteur d’une quarantaine d’articles portant notamment sur l’idéalisme allemand, le romantisme allemand, la philosophie de l’imagination ou encore la philosophie de la littérature.

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jeudi 4 juillet 2019

Pierre Hadot : La philosophie comme éducation des adultes. Textes, perspectives, entretiens. (Édition établie par Arnold I. Davidson et Daniele Lorenzini)

Vrin - Juillet - Philosophie du présent


« Le philosophe n’apprend pas aux hommes un métier particulier, […] mais il cherche à transformer leur sensibilité, leur caractère, leur manière de voir le monde ou d’être en rapport avec les autres hommes. On pourrait dire qu’il leur apprend le métier d’homme. »
Si la tâche de la philosophie est de former plutôt que d’informer, la philosophie est précisément l’éducation des adultes.
C’est en ces termes que Pierre Hadot évoque une conception de la philosophie comme manière de vivre que toute son œuvre aura brillamment contribué à réactiver. Grand lecteur des philosophes antiques, de Socrate et Platon à Épictète, Marc Aurèle et Plotin, mais aussi des philosophes modernes ou contemporains, de Montaigne et Descartes à Nietzsche et Merleau-Ponty, dans ce recueil de textes – introuvables ou inédits – Pierre Hadot relit l’histoire de la pensée afin de nous aider à réorienter notre vie et à réapprendre à voir le monde. Ces textes témoignent de sa capacité de parler à la fois au public universitaire et aux non spécialistes passionnés de philosophie. On y reconnaît toujours la clarté et la puissance de sa pensée. Sommes-nous prêts à être (trans)formés par la philosophie?

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jeudi 6 juin 2019

Patrice Guillamaud : La jouissance et l'espérance

Les éditions du Cerf - Juin 2019


L'homme peut-il atteindre au sublime sans s'anéantir ? Ou se sublime-t-il en renonçant à l'extrême pour trouver dans l'art le dépassement du sacrifice inutile ? Entre vie et mort, le manifeste théorique d'un philosophe contemporain majeur qui a exploré toutes les expressions limites.
Le bonheur est-il dans la jouissance ou dans l'espérance ? 
La jouissance est le plaisir infini. L'espérance est l'attente d'un bonheur infini. Pour le poète-philosophe Schiller, la jouissance exclut l'espérance et l'espérance exclut la jouissance. Mais est-ce si sûr ? 
À partir d'une étude des pensées du marquis de Sade et de Thérèse d'Àvila, Patrice Guillamaud montre que la véritable jouissance est dans l'espérance elle-même. 
L'unité de la jouissance et de l'espérance, c'est le bonheur paradoxal de la renonciation. Le bonheur est la béatitude dans le renoncement, l'accomplissement dans la relativisation d'une aspiration à l'absolu. 
Ce livre est aussi un manifeste qui introduit de manière pédagogique à une nouvelle philosophie. Il s'agit de penser le réel tel qu'il est et tel qu'il ne l'a jamais été. Il s'agit de penser le réel comme étant lui-même une pluralité irréductible et tolérante d'espérances.

Patrice Guillamaud enseigne la philosophie en khâgne à Tours. Ses derniers livres sont, aux Éditions du Cerf, Le Charme et la sublimation (2017) et, aux éditions Kimé, La Renonciation ou la vie de la pensée (2018).

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mercredi 15 mai 2019

Anne Querrien, Anne Sauvagnargues, Arnaud Villani (dir.) : Agencer les multiplicités avec Deleuze

Hermann - Mai 2019


Issu d’un colloque de Cerisy consacré en 2015 à Gilles Deleuze, cet ouvrage expose les efforts joints de la jeune génération de chercheurs et ceux de ses aînés pour tenter, à partir d’une multitude de points de vue, de rendre compte de la fascination qu’exerce cette pensée, et de l’importance qu’y prend aussi, parallèlement aux personnalités de Deleuze et de Guattari, ce personnage créé entre eux comme un tiers, une « fonction » : D&G.
Attaché, dès avant 1953, à restituer des processus, des actes, des mouvements, des transformations, pour remplacer les substances, arrêts sur image, interprétations et représentations, Deleuze n’a cessé de suivre deux lignes qui, échappant au « transcendant » et répondant à une nouvelle théorie du signe, ne cessent de « bifurquer » tout en conservant leur mouvement infini : 1) la ligne de vie et de pensée, qui expérimente les multiplicités, c’est-à-dire manifeste et prend en compte librement l’éclair issu de la rencontre aléatoire entre singularités chargées d’une différence de potentiel ; 2) la ligne de l’art, qui agence les multiplicités, c’est-à-dire produit, « involontairement » et « à côté », des blocs de vie indépendants, à la fois créateurs et propageant un esprit et un acte de résistance. Cette double direction de recherche s’est afirmée dans la rencontre avec Guattari. Elle inspire aujourd’hui cet ouvrage.

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mercredi 8 mai 2019

Collectif : La raison au service de la pratique. Hommage à André Tosel

Kimé - Avril 2019 - Philosophie en cours


André Tosel, décédé en mars 2017, était un philosophe engagé, attaché tout au long de son existence à faire vivre un marxisme critique puisant notamment dans le meilleur de la tradition italienne de ce courant de pensée ; il fut l'un des rares français à introduire et discuter les oeuvres majeures d'A. Labriola et surtout d'A. Gramsci, ainsi par ailleurs que celles de Vico dont il fut un fin connaisseur. Il consacra sa thèse de doctorat d'état aux rapports entre religion, politique et philosophie chez Spinoza et contribua de façon décisive à de nouvelles lectures du philosophe en le mettant en miroir de Marx. Professeur de philosophie des universités de Besançon, Franche Comté, de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Nice Sophia-Antipolis, dans lesquelles il occupa de nombreuses fonctions de directions administratives et scientifiques, il était un homme de collectif attaché à faire vivre le savoir, s'engageant dans la vie universitaire et politique, contribuant également de manière décisive au lancement et à l'animation de la revue Actuel Marx. Passionné par l'évolution des pensées contemporaines, il intervenait régulièrement dans des débats d'actualité, sous la forme de contributions dans L'Humanité ou dans des ouvrages destinés à un public large, tout particulièrement dans la dernière période sur les questions de sécularisation, de laïcité et de religion. Cet ouvrage entend lui rendre hommage en abordant les différentes facettes de son oeuvre, traversant un demi-siècle de vie intellectuelle.

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