samedi 30 mai 2026

Léon Brunschvicg : Oeuvres philosophiques de Léon Brunschvicg. Tome II : Les deux thèses

 Hermann - Mai 2026


Léon Brunschvicg soutient en 1897 ses deux thèses : La modalité du jugement et La vertu métaphysique du syllogisme selon Aristote. Après des premiers travaux consacrés à l’étude de Spinoza, sa philosophie se constitue dans l’étude du jugement. Par celle de ses conditions logiques, il entend élucider le rapport de la pensée à l’être. Mais cet « être » constitue-t-il ce que la pensée reproduit, ou n’est-il que ce qu’elle identifie réflexivement comme la forme de la copule de son affirmation ? En pensant l’être comme fonction du jugement, Brunschvicg dénonce la naïveté du réalisme ; pour autant il ne reprend pas strictement les thèses du criticisme. Réflexive et non transcendantale, sa philosophie se présente comme une théorie de la connaissance qui fait de la prise de conscience de la vie intellectuelle son but. Cette vie semble cependant dépendre d’un « en dehors » de l’esprit, « en dehors » qui ne peut être dit tel que depuis la pensée. Comment, dès lors, peut-on affirmer l’unité de la raison en même temps que le conflit, nécessaire à toute activité, des formes d’intériorité et d’extériorité ? Comment, telle est la question décisive posée par le jeune Brunschvicg, pourra-t-on, au travers de leur dualité et en étant conscient des dangers de leur séparation, tendre vers « l’esprit pur » et progresser dans l’ordre du vrai et du moral ?

Marion Marchal (éditrice), agrégée de philosophie et co-directrice de la collection Philosophie, est actuellement doctorante contractuelle à Sorbonne-Université. Ses travaux portent sur l'idéalisme et sur la tradition réflexive française, en particulier Léon Brunschvicg, dont elle dirige la nouvelle édition des Œuvres chez Hermann.

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Philippe Barrier : Un autre monde est possible. Penser avec Gilbert Simondon

 Frémeaux - Mai 2026


« L’être ne possède pas une unité d’identité, mais une unité de devenir. » Gilbert SIMONDON ― L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information, PUF, 1964 Gilbert Simondon (1924-1989) est surtout connu comme philosophe de la technique, domaine où il fut profondément novateur. Il peut être considéré comme le fondateur d’une « éco-technologie » : la technique n’y est pas domination du vivant, mais co individuation entre humains, objets techniques et milieux. L’objet technique n’est pas un simple outil : il évolue et s’intègre à son environnement. Toute invention doit ainsi respecter les équilibres énergétiques et biologiques qu’elle engage. La technique devient alors pratique d’ajustement et de soin, plutôt que geste extractiviste et destructeur. Philippe Barrier prolonge cette pensée en l’ouvrant à ses dimensions écologiques et politiques. Il en éclaire aussi la portée ontologique et métaphysique. Ces analyses bouleversent nos représentations et offrent des ressources pour affronter les crises contemporaines. Au coeur de cette philosophie se trouve le processus d’individuation, qui relie tout ce qui existe. Il dissout les dualismes classiques, notamment entre matière et forme, ou entre humain et nature. Il n’y a pas d’essences fixes : tout est métastable, traversé par du devenir. L’individu humain relève d’une individuation psycho-collective et porte en lui du pré-individuel. Avec l’individuation s’effondrent les bases de l’égoïsme souverain et des séparations modernes. Cette pensée, déjà active en design et en économie écologique, ouvre la voie à une politique du vivant en devenir.

Philippe Barrier est philosophe français, spécialiste de l’éthique médicale et de la relation de soin à partir de son expérience propre de patient chronique et de son interprétation de la normativité chez Georges Canguilhem.

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Gilles Vervisch : Le courage de renoncer. Comment faire le bon choix

 Flammarion - Juin 2026


Vous savez ce qu’on dit : pour réussir dans la vie, il faudrait croire en ses rêves, persévérer malgré les revers. Quand on veut, on peut ! C’est un peu la pensée à la mode.
C’est oublier que la persévérance peut virer à l’obstination, à l’acharnement aveugle. Qu’il faut parfois savoir quitter son travail, renoncer à son couple – ou à ses habitudes de célibataire –, abandonner un projet pour mieux rebondir ou se défaire de ses opinions plutôt que de s’enfoncer dans l’erreur. Jeter l’éponge peut demander du courage et du discernement.
Comment faire le bon choix ? Peut-être faut-il apprendre à se détacher du regard des autres et de leurs attentes. Peut-être faut-il s’écouter, vraiment, pour savoir ce qu’on veut.
Ce livre est un voyage philosophique au pays du renoncement constructif : de Sénèque à Star Wars en passant par Spinoza, Simone Biles ou Wicked, il propose d’explorer les chemins détournés, les bifurcations, les demi-tours soudains qui nous évitent de passer à côté de nous-mêmes.

Né en 1974, à Rouen, Gilles Vervisch est agrégé de philosophie et enseigne dans un lycée de la région parisienne. Il essaie de rendre la philosophie à la fois ludique et accessible, dans des ouvrages comme Star Wars, la philo contre-attaque (Le Passeur, 2015) ou encore Peut-on réussir sans effort ni aucun talent ? (Le Passeur, 2018).

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Nuccio Ordine : L'Utilité de l'inutile. Manifeste

 Les Belles lettres - Juin 2026


Il n’est pas vrai – pas même en temps de crise – que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d’une extraordinaire utilité.
Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l’utilité de l’inutile et sur l’inutilité de l’utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Campanella, Bacon, Kant, Tocqueville, Newman, Poincaré, Heidegger, Bataille) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, Alberti, l’Arioste, More, Shakespeare, Cervantès, Milton, Lessing, Leopardi, Hugo, Gautier, Dickens, Herzen, Baudelaire, Stevenson, Okakura Kakuzô, García Lorca, García Márquez, Ionesco, Calvino, Foster Wallace), Nuccio Ordine montre comment l’obsession de posséder et le culte de l’utilité finissent par dessécher l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l’amour et la vérité.

Nouvelle édition augmentée et illustrée par Scott Pennor’s.
Suivi d'un essai d'Abraham Flexner.
Traductions de Luc Hersant et Patrick Hersant.
Postface de Matteo Leta.

Nuccio Ordine (1958-2023) a enseigné la littérature italienne à l’Université de Calabre. Visiting professor dans diverses universités européennes (l’ENS, l’EHESS et l’Université Paris-IV-Sorbonne à Paris ; le Warburg Institute à Londres ; le Max- Planck Institut à Berlin) et américaines (Yale, NYU), il a publié plusieurs ouvrages sur Giordano Bruno et sur la Renaissance, traduits en neuf langues (dont le chinois, le japonais et le russe) : Le Seuil de l’ombre (2003), Giordano Bruno, Ronsard et la religion (2004), Le Mystère de l’âne (2005), Le Rendez-vous des savoirs (2009), Trois couronnes pour un roi (2011). Il a publié aux Belles Lettres, Les Portraits de Gabriel García Márquez. La répétition et la différence (2012), Une année avec les Classiques (2015), Les Hommes ne sont pas des îles (2018), George Steiner, l’hôte importun. Entretien posthume et autres conversations (2022).

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Jacques Derrida : Force de loi, Voyous, Fichus (nouvelles éditions). Précédées de Derrida. L’urgence de la justice, par Marie Goupy

 Seuil - Mai 2026


Au tournant des années 1990, alors que la chute du mur de Berlin et l’essor de la mondialisation bouleversent le monde, Derrida prononce à la Cardozo Law School sa célèbre conférence : « Du droit à la justice ». Devenu depuis l’un des textes majeurs de la philosophie contemporaine dans Force de loi, le livre était indisponible depuis des années. Il était urgent de lui donner un nouvel accès.
Réunir Force de loi, Voyous, tirés de deux conférences prononcées en pleine « Guerre contre la Terreur », ainsi que Fichus, le discours de remerciement tenu par Derrida lors de la réception du prix Adorno le 22 septembre 2001, permet d’élargir le regard porté sur ce texte classique. On y suit le fil d’une pensée politique qui n’a cessé de se confronter aux bouleversements du monde, en formulant l’exigence même qui n’a cessé de pousser Derrida à s’exposer aux événements : celle de répondre à l’appel de la justice, telle qu’il se formule, là, maintenant.
Au cœur de ces textes se dessine une inquiétude qui résonne avec une force particulière aujourd’hui : celle d’un effondrement toujours possible du droit et de la justice, emportés dans un mouvement d’autodestruction des démocraties, qui risque de faire sombrer, avec elles, l’héritage des Lumières dont elles sont issues.
Ces trois ouvrages sont précédés d’une préface de la philosophe Marie Goupy, qui propose une mise en perspective de ces textes importants depuis les enjeux du présent.
Ils sont suivis d’une lettre de Walter Benjamin à Gretel Adorno, ainsi que du discours de réception du prix Adorno par le philosophe allemand Blaise Waldenfels, dont la traduction inédite a été réalisée par Jean-Louis Schlegel.

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vendredi 29 mai 2026

Le Grand Continent (Giuliano da Empoli dir.) : L'Ennemi qui nous désigne. Apprendre à résister aux prédateurs

 Gallimard - Mai 2026


Nous sommes en 1965 à la Sorbonne. Un jeune philosophe est assis derrière une table. Face à lui, plusieurs grands maîtres de la philosophie française l'écoutent, avec un mélange d'intérêt et d'inquiétude. Il convient de revenir à sa phrase mystérieuse : "L'ennemi vous empêchera de cultiver votre jardin", pour comprendre le monde dans lequel la présidence de Donald Trump nous a spectaculairement plongés. C'est le point de départ de ce cinquième volume du Grand Continent qui réunit une nouvelle fois des spécialistes de premier plan et des voix décisives pour s'orienter dans ce moment géopolitique. Si nous éprouvons un tel vertige face aux bouleversements en cours, c'est peut-être parce que nous refusons encore d'intégrer une dimension massive du contemporain : la Chine. Nous lui consacrons un dossier exclusif en publiant - souvent pour la première fois en français - des sinologues de renom et des doctrinaires clefs de Xi Jinping. Depuis ses débuts, le Grand Continent s'efforce de fournir, outre des outils d'analyse, quelques moyens d'apprendre à résister aux prédateurs. Si les contours de la menace apparaissent, à ce stade, terriblement clairs, une réponse à la hauteur de l'époque peine à émerger. Pouvons-nous encore faire autrement ? (Giuliano da Empoli)

Avec les contributions de Michael Albertus, Robert-Henri Berger, Emily Feng, Stacie Goddard, Beeban Kidron, Phil Klay, Oleksandra Matviitchouk, Abraham Newman, Minxin Pei, Paul Saffo, Afra Wang, Dan Wang et Meredith Whittaker. Le dossier chinois sous la direction scientifique de David Ownby comprend les contributions de Lu Feng, Wang Huning, Jiang Shigong et Zhao Xiaozhuo. Contient : Introduction de Giuliano da Empoli et Gilles Gressani Stacie Goddard et Abraham Newman, Néo-royalisme : le nouvel ordre mondial de Donald J. Trump Phil Klay, Le Colisée numérique : géopolitique du Brainrot Meredith Whittaker, L'infrastructure numérique de la souveraineté dépend de nos choix Michael Albertus, Recolonisation : le retour de l'empire et de la prise de terre au XXIᵉ siècle Oleksandra Matviïtchouk, La force de notre lutteDan Wang, Un État-ingénieur : chiffres et tendances de la nouvelle hégémonie chinoise Minxin Pei, La modernisation totalitaire : aux sources du régime de Xi Jinping Emily Feng, "Que les fleurs rouges" : le problème de l'identité chinoise Wang Huning, L'Amérique contre l'Amérique : extraits choisis Lu Feng, Maximalisme industriel : la doctrine économique du siècle chinoisZhao Xiaozhuo, Le plan chinois pour prendre Taïwan Jiang Shigong, L'Empire et l'ordre mondial Paul Saffo, Le nouveau Moment GrotiusBeeban Kidron, Génération IA : notes pour les enfants perdus du numérique Robert-Henri Berger, Gagner la guerre : pour une armée nouvelle Postface de Afra Wang, L'Éveil de Lingao Présentation des auteurs. Le Grand Continent, revue née en ligne et portée par une nouvelle génération, s'est imposé comme la plateforme de référence pour le débat stratégique, politique et intellectuel à l'échelle continentale.

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jeudi 28 mai 2026

Léon Brunschvicg : Oeuvres philosophiques de Léon Brunschvicg. Tome I : Spinoza

 Hermann - Mai 2026


Sont pour la première fois réunis dans un même volume les travaux de Léon Brunschvicg portant explicitement sur Spinoza, dont il fut, pendant un demi-siècle, l’un des plus grands commentateurs et spécialistes européens. Le public a ainsi enfin accès, parmi les études inédites ici éditées, à son premier ouvrage couronné par l’Académie des sciences morales et politiques, permettant de compléter la compréhension de la congruence, si précoce dans son œuvre, de son intellectualisme critique et du spinozisme. Ce premier volume des Œuvres philosophiques de Léon Brunschvicg contient : La morale de Spinoza (1890), suivi de Spinoza et ses contemporains (1894-1923), l’article de La Grande Encyclopédie (1901), « Sur l’interprétation du spinozisme » (1921), « Spinoza » (1922), « Le platonisme de Spinoza » (1923), « Sommes-nous spinozistes ? » (1927), l’allocution à l’occasion de la commémoration du 250e anniversaire de la mort de Spinoza (1927), la préface à la traduction de l’Éthique par Guérinot (1930), la conférence d’ouverture de la Semaine Spinoziste (1932), les deux prises de parole, à La Haye et à la Société française de philosophie, à l’occasion de la commémoration du troisième centenaire de la naissance de Spinoza (1932), la conférence radiophonique « Spinoza » (1933), le compte-rendu de la publication de la Septimana Spinozana (1934) et l’intervention au Deuxième Congrès des Sociétés de philosophie françaises et de langue française (1939) ; en annexe, une lettre d’invitation à la commémoration de La Haye de 1932 exposant les modalités de la Semaine Spinoziste et le rapport de son déroulé (1932).

Léon Brunschvicg (1869-1944), philosophe français, développe une pensée qu’il caractérise lui-même d’« idéaliste ». Son œuvre comporte également de nombreuses études d’histoire de la philosophie et de philosophie des sciences. Dans son ampleur et sa variété, sa démarche détermine l’horizon complet de la philosophie française de la première moitié du xxe siècle.
Marion Marchal (édition), agrégée de philosophie et co-directrice de la collection Philosophie, est actuellement doctorante contractuelle à Sorbonne-Université. Ses travaux portent sur l'idéalisme et sur la tradition réflexive française, en particulier Léon Brunschvicg, dont elle dirige la nouvelle édition des Œuvres chez Hermann.

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Corto Santantonio : Ernst Mach : une épistémologie pour l'empirisme

 Hermann - Mai 2026


Le présent travail est consacré à l’épistémologie du physicien autrichien Ernst Mach. La traduction et la présentation de textes pour une part inédits en français révèlent qu’elle n’a pas grand-chose à voir avec le positivisme « naïf » ou l’empirisme « radical » auquel l’on a voulu, la plupart du temps, l’assimiler. L’indéniable valorisation de l’élément empirique dans le processus scientifique de connaissance n’implique aucunement la dévalorisation corrélative de l’élément spéculatif, celui que l’on dit être « librement » surajouté aux faits par le chercheur. Chercheur lui-même, expérimentateur particulièrement doué, Mach savait pertinemment que la science n’a rien d’une accumulation de positivités. Plus surprenant peut-être, il prétendait qu’il fallait même cesser de caractériser les sciences de la nature comme des sciences « inductives ». Tout n’est pas donné avec les faits, et c’est alors la libre reconstruction des faits en pensée, l’activité autonome de celui qui fait la science qui passe au premier plan. Cette épistémologie tire finalement l’essentiel de ses problèmes (et de ses solutions) d’une réflexion sur la pratique effective de la recherche scientifique, de son histoire et de ses méthodes, exposées aux jeunes générations de chercheurs afin que ceux-ci contribuent à la croissance de la connaissance, qui est la grande affaire de Mach.

Corto Santantonio est agrégé de philosophie et docteur de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur d'un certain nombre d’articles consacrés à Ernst Mach et a traduit quelques-uns de ses textes.

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Simon Dureuil : L'effacement du fou. Effets de la psychiatrie neuro-essentialiste néolibérale

 Hermann - Mai 2026


Nous sommes aujourd’hui face à la promotion ininterrompue d’une psychiatrie neuroscientiste de plus en plus exclusive. Cette tendance, qui s’appuie essentiellement sur des promesses non réalisées, s’articule à l’économie et à l’idéologie néolibérales, et tend à replacer toute personne psychiatrisée dans une logique de production-consommation. Ce large courant de la psychiatrie contemporaine prétend relever d’une « objectivité scientifique » dans une lecture neuro-essentialiste : le symptôme ne serait plus une production subjective signifiante, mais un trouble standardisé à supprimer. Il se produit alors un véritable effacement du fou, qui se trouve réduit à une position d’handicapé passif, de malade organique. Et s’il s’y refuse, il subit souvent la coercition et la violence. Sans compter que cette psychiatrie « quantifiable » et désincarnée, en renforçant la tendance gestionnaire à la réduction des coûts (moins de soignants, de lieux d’accueil…), conduit à un échec massif des prises en charge et des traitements.
À l’instar de nombreux soignants et patients qui refusent ce système inadapté et inhumain, cet ouvrage prône une autre voie. Commençant par un rappel historique de la figure du fou et son évolution depuis l’Antiquité – malade physique ou psychique, possédé, victime de ses passions, béni des dieux, génie… –, l’auteur propose de nouvelles possibilités de soin qui, pour être réellement efficaces, doivent être élaborées en concertation avec les patients eux-mêmes.

Simon Dureuil est docteur en psychologie clinique et psychothérapeute, ancien ATER (assistant temporaire d’enseignement et de recherche) à l’Université Paul Valéry Montpellier.

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Gilles Lévêque : Pour une philosophie non métaphysique

 L'Harmattan - Mai 2026


La philosophie n’est pas encore parvenue à s’arracher de la métaphysique, elle demeure donc spéculative, coupée du réel et par suite du vrai. Il en est ainsi parce que les philosophes ont toujours considéré que la perception ne peut nous donner accès qu’à des apparences. L’être s’en est trouvé d’emblée exclu de la présence, seulement accessible à l’intellect.
Je soutiens au contraire que l’être est donné dans la perception, si bien que la philosophie n’est pas condamnée à la spéculation, pour peu qu’elle veuille bien se défaire de la réduction du perçu au rang de pur phénomène.
Voilà qui conduit à redéfinir radicalement la philosophie, pour lui permettre enfin d’accéder au réel dont elle n’a cessé jusqu’ici de s’éloigner. Il s’agit donc, tout bonnement, de la ramener sur la voie de la vérité.

Gilles Lévêque, agrégé et docteur en philosophie, enseigne cette discipline à l’Université du Littoral Côte d’Opale. Il a notamment publié chez l’Harmattan Valeurs et liberté (2021), Conscience et vie (2023), ainsi que Du réel au vrai (2025).

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David Rabouin, Andrea Costa, Paul Rateau (dir.) : Le Séjour de Leibniz à Paris (1672-1676). Mélanges à la mémoire de Maria Rosa Antognazza

 Classiques Garnier - Mai 2025


Le séjour que Leibniz effectue à Paris de 1672 à 1676 constitue une étape déterminante de sa carrière intellectuelle. La période, marquée par la rencontre avec les savants les plus éminents du temps, correspond à une phase d'intense activité du philosophe : invention du calcul différentiel, création d'une « méthode de l'universalité » en géométrie, réflexions morales, premiers essais de métaphysique et de physique. Les contributions réunies dans le présent volume, dédié à la mémoire de Maria Rosa Antognazza (1964-2023), sont issues d'un colloque international commémorant, trois cent cinquante ans plus tard, cette époque féconde. Elles offrent une vision renouvelée de ce séjour, croisant approches philosophiques et scientifiques.

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Écologies & politique, n°72 : Imaginer le monde d’après-demain. Science-fiction et utopies écologiques

 Le Bord de l'eau - Mai 2026


Face à notre besoin urgent d’alternatives radicales aux sociétés capitalistes, patriarcales et coloniales, la science-fiction joue un rôle précieux d’ouverture de nos imaginaires politiques et écologiques. Souvent qualifiée de genre populaire, elle nous offre pourtant un héritage contre-culturel pour penser un monde d’après – ou d’avant – les catastrophes. Miroir dystopique et critique de notre modernité industrielle, elle est également un laboratoire d’expérimentation de sociétés en équilibre avec leurs écosystèmes et de relations interhumaines et inter-espèces renouvelées. C’est cet héritage écologique de la science-fiction, mais aussi ses élaborations les plus contemporaines, qui sont explorés ici. Plus encore que des propositions pratiques et réalistes appuyées sur des connaissances scientifiques, biologiques et sociologiques, ce sont des mondes entiers que la science-fiction nous permet de découvrir et de totaliser.


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mercredi 27 mai 2026

Chantal Jaquet, Ariel Suhamy, Lila Cazier, Arthur Duhé, Mathieu Le Pors (dir.) : Spinoza et les relations internationales

 Classiques Garnier - Mai 2026


La question des relations internationales reste un point aveugle des études spinozistes. La nature des rapports interétatiques joue pourtant un rôle décisif en matière de guerre et de paix. Le présent ouvrage propose d'éclairer cette zone d'ombre en rassemblant les contributions de spécialistes de Spinoza et des relations internationales. Croisant des approches juridiques et politiques, il s'interroge aussi bien sur le statut des étrangers et des multitudes non étatiques que sur le multiculturalisme ou le cosmopolitisme et il envisage la possibilité d'une confédération des États fondée sur des stratégies de commerce et d'alliance, jouant sur les convenances et les résistances.

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Jacques Colette : Levinas et le temps diachronique

 Hermann - Mai 2026


Chez Levinas, l’existence est investie comme liberté, se référant à un passé immémorial qui déformalise le fil temporel, diachronie d’un temps non synchronisable. C’est ce que mettent en lumière les textes ici réunis. Dans un dialogue critique avec Schelling et Kierkegaard, se dessine l’approche d’un profond jadis se soustrayant à toute substruction logique de l’être. En dialogue avec La pensée interrogative de Jeanne Delhomme, se développe une pensée modale, s’émancipant des servitudes de l’histoire, diachronie de l’immémorial. Dans la liberté de la création et de la jouissance artistiques, monde renversé chez Hegel, monde neutralisé chez Husserl, l’œuvre d’art paraît telle l’irréalité surgissant sur fond de monde à même la phénoménalité. Selon Levinas, c’est en son exotisme et son arrêt dans l’entretemps que l’œuvre d’art s’impose au paroxysme de sa matérialité, rendant perceptible dans l’émotion le mystère même de l’autre.

Jacques Colette est professeur émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Dialectique et phénoménologie (2008) et Dia­lectique et existence. De Hegel à Heidegger (2023).

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Vladimir Jankélévitch : L'Immédiat. Cours à la Sorbonne, 1959-1960

 Flammarion - Mai 2026


Lorsque Vladimir Jankélévitch prononce à la Sorbonne un cours sur "L'Immédiat", en 1959-1960, le contexte est déjà celui d'une époque où les médiations, les étapes et les obstacles, qui nourrissent le mystère, tendent à être supplantés au profit de ce qui se donne sans délai. À rebours de cette tendance, le philosophe pense la fécondité de la lenteur et des détours, pour explorer les différentes facettes de l'immédiat : l'accès immédiat à autrui ou à la vérité est-il possible ? Est-il seulement souhaitable ? Relisant Platon ou Pascal, il donne une leçon magistrale sur le temps et sur l'essence même de la philosophie, définie comme une approche du monde tantôt patiente, tantôt fulgurante. Ce volume, fidèle au style du professeur unique que fut Jankélévitch, est une extraordinaire introduction à sa philosophie. Il est préfacé par Françoise Schwab, ancienne étudiante qui assista à ce cours ; éditrice de ses oeuvres posthumes, elle a écrit sa biographie, Vladimir Jankélévitch. Le charme irrésistible du je-ne-sais-quoi (2023).

Vladimir Jankélévitch (1903-1985) est un philosophe et musicologue, professeur à la Sorbonne pendant près de trente ans. Philosophe du devenir et grand théoricien de la morale, son oeuvre a influencé beaucoup de penseurs contemporains. La collection " Champs " a publié une grand partie de ses ouvrages.

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Bertrand Russell : Propagande officielle et pensée libre

 Zones - Mai 2026


De graves menaces pèsent sur la liberté de penser : tel était l'avertissement visionnaire lancé dès 1922 par le grand philosophe britannique Bertrand Russell, témoin privilégié de l'essor des techniques modernes de propagande.
Ce texte court et percutant, d'une actualité saisissante, dresse un diagnostic d'une étonnante clairvoyance. La propagande, nouvelle méthode de gouvernement s'emparant des armes forgées par les publicitaires, ne se contente plus d'interdire les positions dissidentes : elle les étouffe par la pression économique, la distorsion et la manipulation des preuves. Elle offre ainsi un avantage indu, sur le terrain des idées, à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.
Comment résister à ces assauts contre la démocratie ? Russell mise sur l'éducation, à réformer d'urgence. L'école devrait ainsi enseigner l'" art de lire les journaux " et développer l'esprit critique. À l'ingurgitation passive d'informations, le philosophe oppose la cultivation de l'intelligence, entendue comme authentique capacité de penser et de juger par soi-même. À la crédulité servile, il oppose le doute rationnel, cette attitude libératrice dont il fait l'éloge.
Russell signe ici un véritable manifeste pour la pensée libre – un " anti-Propaganda ", antidote avant la lettre à cet art de la manipulation dont Edward Bernays devait, quelques années plus tard, exposer cyniquement les principes.

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Alain : Éléments de philosophie. (Édition de Alexandre de Vitry)

 Classiques Garnier - Mai 2026


En quatre-vingt-quinze brefs chapitres, Alain explore les grands thèmes de la philosophie, dans un style à la fois pédagogique et personnel. Partant des problèmes philosophiques les plus classiques, il aboutit à des considérations moralistes. Cette édition critique retrace la genèse et les enjeux de ce recueil.

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Shingo Akimoto : À l’image de l’Antiquité. Jean Bodin et la juris prudentia dans la France des humanistes

Classiques Garnier - Mai 2026


En 1566, à Paris, Jean Bodin publie sa Methodus, manifeste intellectuel de l'humanisme français en plein essor, initié par Guillaume Budé et prolongé par François Connan. S'appuyant sur les progrès des sciences juridique et historique, il y entreprend de réactualiser la pensée cicéronienne dans un royaume de France en mutation. Sa méthode de lecture de l'histoire vise à transmettre efficacement à l'élite judiciaire la juris prudentia, vertu fondée sur les savoirs indispensables au gouvernement juste. Dans ce cadre, Bodin définit l'État souverain, gouverné selon le ius gentium, droit rationnel commun à tous les peuples, à l'échelle d'un monde élargi par les grandes découvertes. La Methodus se présente ainsi comme l'amorce de la modernité.

Shingo Akimoto, docteur en philosophie et en droit, est chargé de recherche au CNRS et membre de l'Institut d'histoire du droit Jean Gaudemet de l'université Paris-Panthéon-Assas.

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mardi 26 mai 2026

Alain Badiou : Lacan et le réel. Philosophie et psychanalyse

Stilus - Mai 2026


Ce livre porte sur ce qu’est le réel selon la perspective de la psychanalyse orientée par l’enseignement de Jacques Lacan. Suivant des thèses de Lacan, l’auteur démontre ce qui distingue la psychanalyse et la philosophie, à partir notamment de ce qu’on entend par réalité, vérité, connaissance et acte. Dans ce parcours, une nécessité s’impose, qu’est-ce qu’on entend par politique. Il est essentiel de suivre le concept d’acte et ses liens avec la logique pour éclairer notamment la dimension de l’impuissance et de l’impossible avec ses conséquences, pour le philosophe et pour le psychanalyste. Ce livre ne porte pas sur la psychanalyse avec la philosophie mais il permet de saisir ce qu’on entend par Lacan anti-philosophe. L’auteur compare ici Lacan entre autres à Rousseau et Pascal en gardant comme horizon le rapport du sujet à l’acte.

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Johann Michel : Interpréter c'est jouer. Herméneutique musicale

 Minuit - Mai 2026


La musique exprime-t-elle, en elle-même, une signification, une émotion, une idée particulière ou relève-t-elle de l’ineffable ? Peut-on lire la musique comme on lirait n’importe quel texte ? L’interprète doit-il respecter scrupuleusement le texte musical et les intentions du compositeur ou bien peut-il s’en détacher librement ?
Autant de questions auxquelles l’herméneutique apporte des lumières nouvelles. Telle est l’ambition de cet ouvrage qui cherche à circonscrire et à articuler les grands modes opératoires de l’interprétation musicale. Interpréter, d’une part, c’est déchiffrer un texte, pour les musiques de tradition écrite. Interpréter, d’autre part, c’est performer des formes sonores en mouvement, avec l’appui ou non d’un texte préalable. Interpréter, enfin, c’est écouter une composition de forces sonores. L’auditeur reste l’interprète en dernière instance, à qui est destinée toute exécution et vers lequel se trament les existences musicales.

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Averroès : Épitomé de l’Organon d’Aristote suivi du Commentaire moyen de l’Isagogé de Porphyre

 Les Belles lettres - Mai 2026


Dès l’Antiquité tardive, les traités de logique d’Aristote, désignés sous le nom d’Organon, se sont imposés comme des textes fondamentaux dont la maîtrise conditionnait l’accès à l’ensemble du cursus philosophique. Afin d’en faciliter l’intelligibilité, enseignants et érudits entreprirent la rédaction de nombreux commentaires destinés à en éclairer les subtilités. Dans ce contexte, le philosophe néoplatonicien Porphyre de Tyr (234-305) composa l’Isagogè, appelé à devenir une introduction à toute la logique aristotélicienne. Ce corpus forma un dispositif conceptuel à la longévité et à la diffusion remarquables : Grecs, Byzantins, Latins, Syriaques, Arabes et Juifs ont tour à tour traduit, étudié, commenté et transmis ces textes jusqu’aux humanistes italiens.
La présente édition propose la traduction de deux oeuvres d’Averroès (1126-1198), l’un des plus éminents commentateurs d’Aristote : d’une part, l’Épitomé de l’Organon, conservé seulement en judéo-arabe et en hébreu et n’ayant jamais fait l’objet d’une édition ni d’une traduction intégrale, bien qu’il ait profondément marqué la tradition logique juive dès le XIIIe siècle, et ce jusqu’au XVIe siècle grâce à sa version hébreu-latine due à l’humaniste juif italien Abraham de Balmes (1440-1523) ; d’autre part, le Commentaire moyen de l’Isagogè, conservé uniquement en hébreu, témoignant d’une phase plus mûre de la pensée du philosophe andalou.
La diffusion de ces textes dans le monde juif illustre à la fois l’importance accordée à la logique dans l’apprentissage des sciences et la place centrale qu’Averroès occupa, au Moyen Âge, au sein de divers milieux intellectuels.

Traduction de l’hébreu et du judéo-arabe, introduction et annotations par Aïcha Belabid.

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Emmanuel Maudet, Nicolas Tenaillon : L'humanité

 Ellipses - Mai 2026


Il y a bien des façons d’aborder l’humanité. On peut le faire par le nombre et rappeler qu’elle est composée de plus de morts (110 milliards depuis 300 000 ans que l’homo sapiens existe) que de vivants (8, 3 milliards aujourd’hui) pour souligner l’importance des traditions héritées qui la déterminent. On peut chercher en quoi l’humanité se distingue de l’animalité ou de la divinité et méditer le mot de Pic de la Mirandole, célèbre humaniste de la Renaissance : « Quel caméléon que l’homme ! » pour mettre en avant l’extraordinaire plasticité de notre espèce. On peut voir aussi dans l’humanité un idéal moral à réaliser afin de mesurer ce qui nous en sépare et d’anticiper notre avenir à l’aube du post-humanisme. De Platon à Sloterdijk, de Homère à Asimov, croisant approche historique et thématique, ce manuel a pour ambition d’explorer les tensions qui traversent l’aventure humaine afin de mieux comprendre ce qui nous caractérise et d’imaginer, si cela est possible, un destin commun pour l’humanité.

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Jean Greisch : Le traumatisme de la transcendance ou l'accent grave de l'autrement

 Hermann - Mai 2026 - Cahiers Emmanuel Levinas


Cinquante ans après la publication d’Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, nous sommes loin d’avoir fini de nous interroger sur la position singulière que ce livre occupe dans la philosophie du XXe siècle. Son argument introductif égrène l’écheveau de concepts que suscite la tentative de penser et de dire la transcendance, mais en la pensant et la disant autrement.
Dans le sillage de son ouvrage Transcender. Libres méditations sur la fonction « méta », Jean Greisch propose ici une nouvelle lecture d’Autrement qu’être, dont le fil conducteur tient dans cette expression levinassienne : « Traumatisme de la transcendance ». Les six chapitres peuvent être lus comme autant de méditations méta­physiques, mais également comme un manifeste philosophique dirigé contre une philosophie myope « qui ne voit pas au-delà de l’être, réduisant le Dire au Dit et tout sens à l’intéressement ».

Jean Greisch est philosophe et théologien. Il a enseigné la philosophie à l’Institut catholique de Paris, au Boston College, à l’université Villanova aux États-Unis et à l’université Humboldt de Berlin. Il est notamment l'auteur de : Vivre en philosophant (2016), Rendez-vous avec la vérité (2017), Transcender. Libres méditations sur la fonction méta(2021).

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lundi 25 mai 2026

Denis Collin : Humain, trop peu humain. Réflexions sur l’humanisme et sa crise

 Ovadia - Mai 2026


Que reste-t-il de l’humanisme quand on prête aux machines une intelligence, quand la destruction même de l’humanité s’inscrit avec de plus en plus d’insistance dans notre horizon presque immédiat : catastrophes écologiques, épuisement des ressources, menace d’une apocalypse nucléaire ? Nous ne sommes pas « trop humains », mais trop peu humains. L’humanisme ne peut rester une pensée sublime pour une minorité de lettrés, comme il le fut dans le passé.
Au contraire, l’humanisme n’a de sens aujourd’hui que s’il est la source d’un programme politique et moral, d’une pratique (praxis). Or cette pratique s’impose et s’imposera demain encore plus, non parce que tous seront convaincus théoriquement, mais parce qu’il n’y aura plus d’autres solutions, que ce sera une question de vie ou de mort pour l’humanité.

Denis Collin est agrégé de philosophie et docteur de l’université. Il a enseigné en lycée général, en classes préparatoires et a été chargé de cours à l’université de Rouen. Il continue d’œuvrer dans l’éducation populaire à travers différentes associations. C’est un élève de Marx, tout en critiquant le marxisme. Il a publié de nombreux ouvrages : essais en philosophie morale et politique et en philosophie des sciences, des monographies consacrées à des auteurs classiques, et des livres destinés aux étudiants et lycéens.

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