lundi 31 août 2020

Jean-Pierre Faye : Le corps miroir

Nous éditions - Juillet 2020 - Antiphilosophique


Dans Le corps miroir, la pensée explore à reculons le temps du commencement de l’univers. Cette exploration interroge la possibilité narrative, quand celle-ci est radicalement privée du témoignage d’un sujet. Provoquant une explosion du récit, sorti des gonds du « sujet » narrateur et de l’« objet » narré, Jean-Pierre Faye explore l’hypothèse d’une pensée narrative qui ne calcule ni ne juge, mais se transforme. La pensée narrative pousse le langage en avant des concepts qui la fixent, elle provoque en elle-même une espèce d’ébranlement de l’intelligence, toujours moins figurative, toujours plus dynamique, dont la trace est gardée dans les mots comme le dépôt mobile d’un processus infini de transformation.
« Supprimez le corps de femme et d’homme, il n’y a plus de corps d’univers : il n’y a plus de lever du soleil, ni crépuscule ni aube ne donnent de mesure du temps et l’univers entier cesse de savoir son âge, qui maintenant atteint le chiffre — fictif ? — de treize milliards sept cent mille années. »

Jean-Pierre Faye, né en 1925. Philosophe, poète, romancier. Son œuvre, qui compte plus de soixante livres, a pour clef de voûte Langages totalitaires (1972). Au nombre des essais philosophiques majeurs, on compte Le Récit hunique (1967), La raison narrative(1990), Le vrai Nietzsche (1998) et L’histoire cachée du nihilisme(2008), écrit avec Michèle Cohen-Halimi.

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Bernard Lahire : Ceci n'est pas qu'un tableau. Essai sur l'art, la domination, la magie et le sacré

La découverte - Septembre 2020


En 1657, Nicolas Poussin peint une Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s’opposent, des laboratoires d’analyse et des tribunaux s’en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s’approprier le chef-d’œuvre.
De quoi nous parle cette histoire aux allures d’intrigue policière ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art ? Et d’où vient cette aura attachée aux créateurs et aux œuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n’a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l’économie, la politique, le droit, la science ou l’art autant que dans la mythologie ou la religion. C’est cet effet d’enchantement qui transforme une sculpture d’animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d’œuvre.
Puisant avec érudition dans l’anthropologie, l’histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l’art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l’admiration des œuvres.

Bernard Lahire, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon (Centre Max-Weber) et membre senior de l'Institut universitaire de France, a publié une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels L'Homme pluriel (Nathan, 1998), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Dans les plis singuliers du social (La Découverte, 2013), Ceci n'est pas qu'un tableau (La Découverte, 2015), L'Interprétation sociologique des rêves (La Découverte, 2018) et Enfances de classe (Le Seuil, 2019).

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dimanche 30 août 2020

Les Études philosophiques 2020/3 (N° 203) : Les deux siècles de l’ontologie

PUF - Septembre 2020


Page 3 à 15 : Alice Ragni et Vincent Carraud - Présentation : le néologisme orgueilleux | Page 17 à 36 : Marco Lamanna - La naissance de l’ontologie à Saint-Gall : Jacob Lorhard et la métaphysique monastique. Un état de la question | Page 37 à 58 : Domenico Collacciani - Devenir cartésien ? La méthode de l’ontologie de Gerhard de Neufville à Johann Clauberg | Page 59 à 77 : Alice Ragni - L’ontologie à Genève : de David Derodon à Jean-Robert Chouet | Page 79 à 96 : Michaël Devaux - Leibniz s’est-il livré à l’ontologie ? | Page 97 à 108 : Giuliano Gasparri - L’ontologie dans le Lexicon philosophicum d’Étienne Chauvin | Page 109 à 128 : Francesco Valerio Tommasi - L’ontologie comme anthropologie transcendantale : Kant et le problème de la métaphysique aux alentours de 1775 | Page 129 à 147 : Vincent Boyer - Promesse et fiction chez David Hume | Page 153 : Ouvrages reçus à la rédaction.

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Revue de métaphysique et de morale 2020/3 (N° 107) : Raymond Ruyer

PUF - Septembre 2020


Page 299 à 303 : Éditorial | Page 305 à 308 : Fabrice Colonna - Présentation | Page 309 à 319 : Hugues Poltier - Ontologie et « activité finaliste » dans Néo-finalisme de Raymond Ruyer | Page 321 à 331 : Fabrice Colonna - La monadologie de Ruyer | Page 333 à 346 : Benjamin Berger - How « Strong » is Ruyer ? | Page 347 à 364 : Élie During - Survoler le temps : l’espace-temps comme schème, mythe et thème | Page 365 à 376 : Anne Sauvagnargues - Le dynamisme organisateur et son œuf. Ruyer et sa théorie molaire des multiplicités | Page 377 à 390 : Nicolas Zaslawski et Françoise Schenk - Cartes cognitives et miroirs à réminiscence : Ruyer et la neuro-éthologie contemporaine | Page 391 à 401 : André Conrad - Où sont nos souvenirs ? | Page 403 à 421 : François Lecoutre - Platon totalitaire ? Une controverse du XXe siècle | Page 423 à 425 : Alain Petit - Pierre Aubenque (1929-2020) | Page 427 à 430 : Laurent Bove - Alexandre Matheron (1926-2020) | Page 431 à 454 : Bulletin de philosophie ancienne 2020.

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La Pensée 2020/2 (N° 402) : Thomas d'Aquin

Fondation Gabriel Péri - Septembre 2020


Page 5 à 18 : Jean-Yves Rochex - Marxisme et sciences du psychisme | Page 19 à 27 : Yves Clot - L. Sève, R. Bahro et L. Vygotski. | Page 28 : Lucien Sève et La Pensée | Page 29 à 48 : Lucien Sève - Sur la catégorie de possibilité | Page 49 à 55 : Stéphane Bonnet - Théologie et matérialisme chez Thomas d’Aquin | Page 56 à 68 : Joël Biard - Réalisme et critique du matérialisme dans la théorie thomiste de la connaissance | Page 69 à 82 : Günther Mensching - Thomas d’Aquin, Jean Duns Scot et l’individualité | Page 83 à 94 : Sylvain Roudaut - Le rôle de la matière dans la génération selon Thomas d’Aquin | Page 95 à 105 : Adriano Oliva - Dieu et la matière chez Thomas d’Aquin | Page 106 à 121 : Véronique Decaix - Matière et Mémoire selon Thomas d’Aquin | Page 122 à 136 : Gabriella Zuccolin - Sommes-nous ce que nous mangeons ? | Page 137 à 151 : Philippe Büttgen et Iacopo Costa - Thomas d’Aquin : corps et occasions de salut | Page 152 à 163 : Stéphane Bonnet - La matière sociale chez Thomas d’Aquin | Page 164 à 176 : Alain Boureau - Le langage comme matière chez Thomas d’Aquin | Page 177 à 186 : Stéphane Bonnéry - L’école et la COVID-19.

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samedi 29 août 2020

Pascal Gaudet : Kant et le sens de l'existence. Une éthique de l'illusion

L'harmattan - Août 2020


L'illusion, dans la philosophie de Kant, est généralement interprétée comme ce dont il faut absolument se déprendre. Cet ouvrage reconnaît, quant à lui, l'illusion au sens de Kant dans sa fonction philosophique et dans sa valeur pour l'être humain. L'illusion apparaît ainsi comme prise dans un jeu incessant et nécessaire avec la raison. On comprend alors que l'illusion est un élément essentiel pour notre existence, qu'elle participe de l'éveil de la pensée critique et même la structure. Ainsi, la pensée critique instaure son propre rapport à l'illusion, ce qui apparaît notamment dans l'esthétique kantienne de l'illusion, pièce maîtresse d'une éthique de l'illusion.

Pascal Gaudet est agrégé de philosophie, docteur de l'Université de Paris XII et titulaire de l'habilitation à diriger des recherches.

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Jonathan Glover : Choisir ses enfants ? Conception, génétique et handicap

Labor et Fides - Août 2020


Les progrès réalisés dans les domaines de la génétique et des techniques de reproduction accroissent notre pouvoir d’élimination des handicaps et des maladies. Faut-il se réjouir de cette puissance, ainsi que de ses conséquences, ou au contraire la redouter ? Dans cet ouvrage, le philosophe britannique Jonathan Glover commence par s’interroger sur la légitimité des diagnostics préimplantatoires utilisés afin d’éviter la naissance d’enfants sourds ou aveugles, par exemple. D’où la nécessité d’une définition du concept même de « handicap ». Par ailleurs, il lui semble crucial de répondre à l’objection « expressiviste », selon laquelle le projet même d’éviter la naissance d’enfants porteurs de handicaps constituerait une atteinte à la dignité des personnes actuellement handicapées. En outre, la question se pose de savoir comment régler le conflit possible entre la liberté de choix des parents relative au patrimoine génétique de leur enfant et l’intérêt de ce dernier. Enfin, s’agissant de la distinction devenue classique entre une médecine strictement « thérapeutique » et une médecine « augmentative », Glover juge difficile, pour des raisons morales, de s’en tenir à la première.

Jonathan Glover fut longtemps professeur au New College d'Oxford, puis au King's College de Londres. Ses travaux portent essentiellement sur des questions éthiques.

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Gianluca Mori : Bayle philosophe

Vrin - Août 2020


Les travaux réunis dans le présent volume visent à remettre en question – par le biais d’une méthode de lecture tendant à retrouver le noyau conceptuel de la position de Bayle derrière son enveloppe rhétorique – un certain nombre de lieux communs très répandus : Bayle adepte du dualisme cartésien et de l’occasiona isme malebranchiste ; Bayle héritier de la doctrine protestante des droits de la conscience ; Bayle sceptique et tenant d’un fidéisme calviniste irréprochable… Bayle fut sans doute « influencé » par le cartésianisme, par Malebranche et par les théologiens protestants. Il reste à savoir si cette influence donne lieu, en dernière analyse, à une pensée qui peut encore être définie comme cartésienne, malebranchiste ou protestante. Car Bayle renverse de manière irréversible les doctrines qu’il adopte : le malebranchisme se transmue sous sa main en une nouvelle forme d’athéisme rationaliste, alors qu’en développant la thèse des droits de la conscience errante, il aboutit à une vision intégralement laïque de la tolérance. Même son fidéisme, tout en exploitant des formules théologiques traditionnelles, s’écarte par son radicalisme de toutes les doctrines précédentes, jusqu’à se retourner paradoxalement contre la religion chrétienne. Cette nouvelle édition comporte également une bibliographie mise à jour des œuvres de Bayle et des travaux sur Bayle de 1900 à 2020, classés par ordre chronologique.

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Eric Trémault : Structure et sensation. Une critique de la psychologie de la forme

Vrin - Août 2020


La psychologie de la forme (Gestalt Psychologie), qui connait son apogée à Berlin dans l'entre-deux guerres, présente d'abord, à rebours des idées recues, l'exemple d'une éethode introspective qui a réussi, puisque l'ensemble des faits empiriques qu'elle a établis restent valables aujourd'hui. Elle a aussi intégré ces faits en une philosophie naturaliste et holiste, ou les sensations notamment sont réduites a des structures de conscience. C'est ce holisme (terme trop vague) qu'il s'agit d'expliciter et de discuter ici. Il a fortement marque des philosophes comme Cassirer ou Merleau-Ponty, et converge encore avec les tentatives contemporaines pour supprimer les qualia.

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vendredi 28 août 2020

Anne Le Goff : L'animal humain

Vrin - Août 2020 - La vie morale


Comment, du petit animal qu'il est quand il nait, l'être humain devient-il un être capable de suivre des règles? C'est a ce paradoxe que s'intéresse ce livre. Ecartant les tentatives contemporaines de réduire l'être humain a sa biologie aussi bien que celles qui en font une exception au sein du monde animal, Anne Le Goff nous invite a penser l'être humain comme un animal, un animal dont la vie se trouve dans le langage et les normes. C'est d'abord en revenant à l'analyse aristotélicienne de la vertu qu'on peut donner sens a l'idée d'animal moral et rationnel. Le tout est de comprendre qu'il n'y a pas la, comme il pourrait y sembler dans les termes contemporains, de contradiction. En suivant Wittgenstein, en discussion critique avec John McDowell et a la lumière de travaux d'éthologie, l'ouvrage s'attache a montrer en quel sens suivre des règles fait partie de notre nature. La vie morale n'est pas l'existence d'un être sorti hors de la nature mais celle d'un animal dont la vie est de part en part traversée par le langage et les normes.

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Groupe Krisis : Manifeste contre le travail

Crise & Critique - Août 2020


Il y a cent cinquante ans, Marx affirmait la nécessaire sortie du capitalisme par le moyen de la lutte des classes. Cent vingt ans plus tard, l'Internationale situationniste, emmenée par Guy Debord et Raoul Vaneigem, élargissait la définition du prolétariat et mettait en cause la société du travail et de la consommation. Le Manifeste contre le travail reprend la critique là où les situationnistes l'avaient arrêtée. Dans une société obsédée par la « valeur travail » et l'effroi que suscite sa disparition, ce petit livre-manifeste reprend le combat contre la transformation de l'individu en « ressource humaine ». Il rappelle qu'une émancipation digne de ce nom ne peut faire l'économie d'une critique radicale du travail. Autrement dit, en rupture avec l'anticapitalisme tronqué de la gauche du capital, il ne s'agit pas de libérer du travail, mais de se libérer du travail.

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mercredi 26 août 2020

Geneviève Azam et Françoise Valon : Simone Weil et l'expérience de la nécessité

Le Passager Clandestin - Août 2020


« Les hommes se reproduisent, non le fer. » Simone Weil (1909-1943) fut une lanceuse d'alerte dont la voix fut recouverte en son temps. Elle nous parvient aujourd'hui alors que les menaces qu'elle avait identifiées s'accomplissent : le système capitaliste est sur le point de se heurter aux limites de notre planète. Aucune existence humaine n'échappant à la nécessité des besoins, ceux conjoints du corps et de l'âme, Simone Weil a tenté de concevoir un projet de civilisation capable d'accorder la tension entre liberté et nécessité. Par son exigence d'une pensée lucide, le refus de la force et de la vitesse, la coopération, la décentralisation, l'amitié et le sens de la beauté, son projet annonce celui de la décroissance. Pour Geneviève Azam et Françoise Valon, son appel à une dissidence ultime doit donc plus que jamais être entendu.

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Barbara Cassin : Discours de réception à l'Académie française

Fayard - Août 2020


« Je ne peux pas m’empêcher de penser, mais c’est sans doute encore un préjugé, qu’il est plus facile d’épouser la diversité, le pluriel et le temps quand on est une femme – je veux dire : avec le côté femme de nous-mêmes. Plus facile, de prendre ses distances avec l’Un, la Vérité, la Raison, la Pensée, l’Universel, plus facile de croire moins quand on est une femme. Nous avons été si longtemps privées de philosophie et de politique, depuis la Grèce jusqu’à la génération de ma mère qui, jeune, ne votait pas et n’avait pas de chéquier. C’est cela qui a changé. L’Académie, un monde d’hommes, fait par des hommes pour des hommes, s’ouvre. »

Barbara Cassin, directrice de recherche émérite au CNRS, membre de l'Académie française, est philologue et philosophe, spécialiste de philosophie grecque. Elle a reçu en 2018, la médaille d’or du C.N.R.S.

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Agnes Heller : La valeur du hasard. Ma vie

Payot & Rivages - Août 2020


La vie extraordinaire d’Ágnes Heller (1929-2019), l’une des grandes philosophes et sociologues du xxe siècle. Une vie intense et mouvementée, traversée par une constante et courageuse quête de liberté. Au cours de sa longue existence, elle aura connu de près quatre systèmes différents : la société autocratique de classes, les totalitarismes nazi puis communiste, la démocratie libérale. Dans les dernières années de sa vie, forte de son expérience, elle lutte contre le nationalisme renaissant et la démocratie illibérale. Au cœur de son parcours existentiel et intellectuel, la rencontre avec György Lukács et la naissance de l’école de Budapest, avec son cortège d’amitiés et d’intrigues amoureuses. La vocation philosophique d’Ágnes Heller, son vif esprit d’indépendance, s’accompagnent d’un engagement politique sans concession qui la projette en première ligne des événements cruciaux du xxe siècle : la révolution de 1956, Mai 1968, la chute du Mur en 1989, et jusqu’au gouvernement d’Orbán. Elle raconte son émigration en Australie puis en Amérique et ses fébriles années new-yorkaises (elle occupera la chaire Hannah Arendt à la New School for Social Research). Dans ce kaléidoscope d’expériences défilent les plus grands noms de la pensée du xxe siècle, de Foucault à Derrida, d’Adorno à Löwenthal, de Jonas à Habermas, de Kołakowski à Bauman.

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mardi 25 août 2020

Florent Bussy : Gunther Anders et nos catastrophes

Le passager clandestin - Août 2020


« C'est en tant que morts en sursis que nous existons désormais. » Infatigable pourfendeur de la bombe atomique, Günther Anders (1902-1992) qui préférait au titre de philosophe celui de « semeur de panique », a fait des catastrophes de son siècle le point de départ de ses réflexions. Il a analysé le décalage périlleux, provoqué par la société industrielle, entre nos compétences techniques et nos facultés d'imagination. Alors que la technique rend infinie notre capacité de nuisance, notre aptitude à appréhender les conséquences de nos actes s'amoindrit ostensiblement. En soulignant le caractère visionnaire de son oeuvre, Florent Bussy nous rappelle que la peur est un instrument de lucidité et d'adaptation au présent face à l'imminence de catastrophes planétaires.

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Jonathan Daudey : Nietzsche et la question des temporalités. Lecture en trois temps

L'Harmattan - Août 2020 - Ouverture philosophique


À rebours de la métaphysique, Friedrich Nietzsche a, tout au long de ses textes, interrogé le temps. Si sa pensée, inactuelle et antisystème, est loin de se focaliser sur cette question, son oeuvre regorge pourtant d'une authentique philosophie du temps qui s'agence selon des perspectives transversales : des temporalités. La philosophie de Nietzsche n'a de cesse de les réinventer : le présent, la modernité, l'histoire ou l'avenir. Tandis qu'il renouvelle l'intuition antique de l'éternel retour, Nietzsche accorde sa préférence à la méthode généalogique en tant que pratique de la philosophie : il s'agit désormais de porter son regard sur la temporalité d'une idée, plutôt que sur son essence.

Jonathan Daudey est professeur de philosophie et directeur de publication de la revue en ligne Un Philosophe.

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lundi 24 août 2020

Jean Bodin : Les Six Livres de la République / De Republica libri sex. Livre second - Liber II

Classiques Garnier - Août 2020


Dans le deuxième des Six livres de la République (1576 ; en latin, 1586), Jean Bodin jette les fondements d’une doctrine achevée de la souveraineté, très discutée encore de nos jours. Cette édition critique présente les deux textes en regard, précédés d’une conséquente introduction.


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dimanche 23 août 2020

Françoise Bonardel : Vacuités. Sortir du nihilisme grâce au bouddhisme ?

Kimé - Août 2020


Longtemps considéré comme un nihilisme et accusé de pratiquer un « culte du néant » par les penseurs européens du XIX° siècle, le bouddhisme aujourd’hui mieux connu ne cesse pour autant d’être déconsidéré par les monothéismes, portés à voir dans l’a-théisme bouddhique une forme pernicieuse d’athéisme et refusant d’accorder crédit à une « religion » sans Dieu créateur. Nietzsche fut par ailleurs le premier philosophe occidental à s’inquiéter d’une possible collusion entre « l’asthénie de la volonté » que le bouddhisme était supposé préconiser, et le nihilisme dont l’ombre délétère commençait à s’étendre sur l’Europe. Le propos de ce livre est de retourner la position nietzschéenne à la faveur des acquis contemporains relatifs à la philosophie bouddhique, et de montrer que l’autodépassement du nihilisme envisagé par Nietzsche, puis par Heidegger et Jünger, suppose un « surmontement » (Überwindung) paradoxal du nihilisme auquel la vision bouddhique de la vacuité (sk. sūnyatā) pourrait apporter un éclairage inédit, comme l’a envisagé le philosophe japonais Nishitani Keiji dans son ouvrage majeur Qu’est-ce que la religion ? Au lieu d’être un obstacle en raison du nihilisme qu’on lui prête, l’enseignement du Bouddha pourrait de surcroît contribuer à ce que ce nouveau combat de Géants dont dépend l’avenir du monde occidentalisé prenne une tournure pacifique.

Professeur à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, Françoise Bonardel enseigne la philosophie des religions de 1990 à 2010. Elle est également administratrice de l'Institut d'études bouddhiques. Elle a publié de nombreux ouvrages dont L'Irrationnel, PUF, coll. « Que sais-je ? », Philosopher par le feu. Anthologie de textes alchimiques, Seuil, Des héritiers sans passé. Essai sur la crise de l'identité culturelle européenne, Chatou, La Transparence.

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samedi 22 août 2020

Franck Salaün : Le genou de Jacques. Singularités et théorie du moi dans l'oeuvre de Diderot

Hermann - Août 2020 - Fictions pensantes


Diderot, qui n’a cessé de s’interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l’objet du présent essai. Trois questions l’organisent : Comment dire les singularités ? Qu’est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit à inventer des fictions d’un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D’Alembert. C’est précisément pour définir cette catégorie d’œuvres que Franck Salaün a forgé le concept de fiction pensante.

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Arne Naess : Ecologie, communauté et style de vie

Dehors - Août 2020


Écologie, communauté et style de vie est le chef d’œuvre de la philosophie environnementale d’Arne Næss. L’ouvrage présente sous une forme synthétique les fondamentaux de la deep ecology et en élucide les principes dans les divers registres où elle s’exprime : en théorie de la connaissance (où l’enjeu est d’examiner le lien qui existe entre agir, évaluer et éprouver des émotions), en éthique (où il s’agit de lier des jugements de valeur au sein d’un système normatif), en métaphysique (où il en va de déterminer la réalité comme système de relations et de processus interconnectés), et en politique (où l’objectif est de clarifier les grandes lignes d’un mouvement social susceptible de fédérer le plus grand nombre de bonnes volontés). Déjà traduit en cinq langues, cet ouvrage fondateur ambitionne de susciter de nouvelles formes de coexistence sociale, en ouvrant une voie pleine de promesses pour tenter d’échapper à la catastrophe vers laquelle nous continuons de courir.

Arne Naess (1912-2009), né en Norvège, il fut formé à la philosophie en partie à Paris, où il suivra les cours de Bergson, mais surtout au sein du Cercle de Vienne. Engagé dans la résistance contre les nazis, mandaté puis censuré par l'Unesco pour définir le concept de "démocratie pour le monde", Naess a enseigné dans les universités les plus prestigieuses et a fondé la célèbre revue Inquiry. Après trente ans d'enseignement, il s'est retiré pour la défense de l'environnement.

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vendredi 21 août 2020

John Cowper Powys : Une philosophie de la solitude

Allia - Août 2020


“Il n’est pas besoin d’appartenir à aucune religion organisée pour sentir le choc spirituel de cette procession d’antiques pensées ; les unes sont flétries, surannées, les autres vides de toute espérance, comme les tiges de plantes mortes, mais aucune ne manque absolument d’un certain pathétique planétaire.
Sources répudiées de l’Inspiration de notre espèce ! Qui, nous infusant leur sang de vie, nous autorisent à nous écarter d’elles et à les oublier !”
John Cowper Powys est un électron libre, un insatiable lecteur et un érudit fervent. Cependant il emploie ses savoirs davantage pour critiquer que pour rendre hommage. Car le monde est en crise et le soi aux abois, guetté par l’amertume. Dès lors comment trouver des solutions crédibles de bonheur ? Le philosophe prend sa plume en guise de plumeau pour dépoussiérer les vieilles doctrines. Il développe une pensée sur le fil du rasoir, résolument stimulante et profondément singulière, se proposant de “retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire”.
Philosophe virtuose s’il en est, il fait dialoguer stoïciens et présocratiques avec les pensées de Rousseau et Lao-Tseu. Ainsi seulement il est possible de renouer avec “cette grande et secrète sagesse qui coule comme une eau pure et souterraine”. Ne demeure en fin de compte que sa voix propre, car c’est seulement dans la solitude que l’auteur perçoit une voie d’émancipation.
Suite à la lecture de cet ouvrage, reste la croyance aux vertus de la simplicité, et à la malléabilité de l’univers : “Écoutons ces eaux sombres, ces golfes de lumière, et notons ce que nous éprouvons.”
Traduit de l'anglais par Michel Waldberg.

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jeudi 20 août 2020

Pascale Gillot : La question du sujet. Descartes et Wittgenstein

CNRS Editions - Août 2020


" Qui suis-je ? " La question formulée par Descartes dans les Méditations métaphysiques traverse les courants les plus divers de la philosophie, sous des formes variées et conflictuelles. Wittgenstein, trois siècles plus tard, la reprend et la retravaille. Est-il possible, par un jeu de confrontation entre Descartes et Wittgenstein, de renouveler cette question de l'identité subjective ? C'est le projet que se fixe Pascale Gillot dans cet ouvrage.
Elle nous fait entendre, chez ces deux philosophes traditionnellement opposés, une même attention à la grammaire spécifique de la subjectivité, qui n'est ni un quelque chose, ni un rien. Les expériences de pensée proposées par Wittgenstein, autour d'une expérience phénoménale ne renvoyant pas au corps propre (la possibilité d'avoir mal dans le corps d'un autre), rencontrent alors les analyses cartésiennes d'un Je, le Je métaphysique, un sujet sans référent corporel. Loin de s'identifier à une substance fantomatique, à un moi psychologique, ce Je inassignable donne à entendre le caractère constitutivement évanouissant de la subjectivité, une subjectivité rétive à la grammaire de l'objectification.
Paradoxalement, le caractère insaisissable du sujet, sa vacuité, offrent un socle de résistance aux injonctions managériales à " être soi-même ". Ainsi se conçoit une possible libération à l'égard des multiples assignations à tel statut civil ou social ; autrement dit, un refus des identifications aliénantes autant qu'imaginaires.

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Pierre-Damien Huyghe : Travailler pour nous. A quoi tient le design

De l'incidence - Août 2020


S’attachant à dire à quoi tient le design, Travailler pour nous établit que le design ne s’est pas engouffré dans le système de la grande industrie, dont il est né, mais s’est intéressé à la forme, à donner forme. S’il a bien émergé dans le temps de la machination productive par Marx appelée « grande industrie », il n’a pas acquiescé pour autant à l’économie majeure de cette machination. Ainsi ne s’est-il proposé d’en développer ni les usages ni les services. L’enjeu, qui demeure, était ailleurs. Il s’agissait, étant donnée la présence des machines, de travailler, vraiment travailler, avec elles, de faire porter sur la disposition des techniques une tension utile, d’opérer contre l’uniformité, bref de chercher la vivacité de l’époque en allant aux formes. Tout cela nous regarde encore. Quelles que soient la taille et la nature des puissances en jeu.

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mercredi 19 août 2020

Jean Duns Scot : Questions métaphysiques. Volume 11. Livres IV à VI

PUF - Août 2020 - Epiméthée


Les Questions sur la métaphysique de Duns Scot (XIVe siècle) sont le plus important traité de métaphysique entre saint Thomas et Descartes. Dans ce commentaire original et par questions, Duns Scot dépasse le projet d'Aristote et construit la métaphysique comme une science. Il n'hésite pas à critiquer le Stagirite et à harmoniser sa pensée avec celles des philosopes arabes et chrétiens. Le volume II, traduit par Olivier Boulnois, Dominique Demange, Ide Lévi, Kristell Trego et Magali Roques, comprend les questions des livres IV (sur l'univocité de l'être et les premiers principes), V (sur les concepts fondamentaux : catégories, causalité, relation) et VI (sur les sciences et leurs divisions).

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Stéphane Patrice : Eclats de philosophies

Grandvaux - Août 2020


Eclats de philosophies est un manuel synthétique de culture générale critique. Il rend accessible les philosophes, les scientifiques et les artistes incontournables de l'histoire, de l'Antiquité à nos jours. Outre la forme transdisciplinaire de bibliothèque idéale et de musée imaginaire, l'un des mérites de cet ouvrage est de traiter les 17 notions du nouveau programme de philosophie en 12 chapitres sous la forme exemplaire de dissertations : Temps – Nature et technique – Liberté, raison, vérité et science – Conscience et inconscient – Travail – Justice – Devoir – Religion – Etat – Bonheur – Langage – Art. Eclats de philosophies présente les modèles civilisationnels qui ont dominé les siècles passés, la mondialisation à l'oeuvre aujourd'hui, la fragilisation de la vie, et propose une alternative. Celle-ci dessine, dans le sillage de grandes révolutions intellectuelles, la nécessaire protection de l'environnement et l'ambition d'une citoyenneté cosmopolitique. Eclats de philosophies est destiné aux lycéens, aux étudiants (classes préparatoires, universités, instituts d'études politiques, écoles de commerce) ainsi qu'à tous les lecteurs soucieux d'appréhender les grands enjeux du monde contemporain, la crise de l'humanité, le déficit d'une solidarité mondiale, la complexité des interrelations généralisées et l'urgence de la bataille.

Docteur en philosophie, Stéphane Patrice enseigne en école de commerce après avoir enseigné en classes de terminale, en classes préparatoires et à l'université, en France, en Equateur et au Sénégal. Il a codirigé Les Lectures de Marguerite Duras (Presses Universitaires de Lyon, 2005). Il est l'auteur de Marguerite Duras et l'Histoire (PUF, 2003), Koltès subversif (Descartes & Cie, 2008), Macbeth et le mal (Descartes & Cie, 2010), L'Ile d'Arros (L'Harmattan, "Théâtres", 2012) et Sous Andromaque (Descartes & Cie, 2017).

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mardi 18 août 2020

Antoine-Baptiste Filippi : La Corse, terre de droit. Essai sur le libéralisme latin et la révolution philosophique corse (1729-1804)

Mimesis - Août 2020


Voltaire, Rousseau, Catherine II, Frédéric II, Robespierre, Mirabeau, La Fayette, Franklin, Jefferson, ou encore Goethe et Nietzsche. Quel est donc le point commun entre ces illustres personnages ? Au moins un : chacun s'est intéressé ou a vibré pour la philosophie de la Révolution corse (1729-1769). Rien de surprenant donc à ce que Chateaubriand écrive que cette même révolution fut « l'école primaire des révolutions » futures. Dans cet essai historique, à l'approche philosophique et politique, des personnages, guerriers et politiques, surgissent. Ce sont les inventeurs d'une res publica qui a fasciné : droit des peuples à disposer d'eux mêmes, séparation des pouvoirs, souveraineté nationale. Avec Théodore, roi constitutionnel, Paoli, démocrate et patriote, et Napoléon, empereur de la République française, culmine l'idée d'un pouvoir fondé sur la loi et le principe d'un partage de la souveraineté avec un peuple en armes et libre.

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lundi 17 août 2020

Cahiers philosophiques de Strasbourg, n° 47 : Moïse

Presses Universitaires de Strasbourg - Juillet 2020


  • Jacob Rogozinski
    Présentation 
    Moïse : de Freud à Spinoza
  • Stéphane Gumpper
    Transfiguration par l’exil ?
    Transfiguration through Exile ?
  • Eran Dorfman
    Freud, double de Moïse 
    Freud as a Double of Moses
  • Monique Selz
    De l’exil individuel à l’exil collectif ou comment s’édifie une société 
    From Individual Exile to Collective Exile, or How to Build a Civil Society
  • Jean-Michel Hirt
    Puissances du renoncement 
    Powers of Renunciation
  • Isabelle Alfandary
    Le Moïse de Sigmund Freud ou l’autre en soi 
    Freud’s Moses or the Other Within
  • David Lemler
    Spinoza, critique ou lecteur radical de Maïmonide ?
    Spinoza, Critic or Radical Reader of Maimonides? The Case of the Prophecy of Moses?L’exemple de la prophétie de Moïse
  • Pierre-François Moreau
    Législation mosaïque et anthropologie des affects 
    Mosaic Legislation and Anthropology of the Passions
  • Hadi Rizk
    Théocratie et pouvoir constituant 
    Le geste fondateur de Moïse contrevient-il aux lois de la politique ?
    Moses’ Theocracy. A political Commitment Rather than a Theological Authorship
  • Gérard Bras
    Celui qui tient la place de Dieu 
    Moïse, prophète-législateur
    The One Who Holds God’s Place. Moses, Prophet and Legislator
  • Blanche Gramusset-Piquois
    Moïse patriote 
    Théocratie hébraïque et pensée patriotique chez Spinoza
    Moses Patriot: Hebrew Theocracy and Patriotic Thought in Spinoza’s Philosophy
  • Isabelle Sgambato-Ledoux
    La vocation de Moïse et l’élection des Hébreux dans le Traité théologico-politique 
    The Vocation of Moses and the Election of the Hebrew People in the Theologico-Political Treatise
  • Varia

    • Yoann Colin
      L’écriture de Svetlana Alexievitch : une résonance lévinassienne ? 
      Levinas’s Influence on Svetlana Alexievitch’s Writing
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dimanche 16 août 2020

Romantisme 2020/3 (n°189) : Les écologies du XIXe siècle

Armand Colin - Juillet 2020


Page 5 à 18 : Julien Vincent - Les écologies du XIXe siècle : un diorama (Spitzberg, 1841) | Page 19 à 30 : Jean-Baptiste Fressoz et Julien Vincent - « La Terre est un animal ». Religion naturelle, cycle de l’eau et circulation monétaire pendant la Révolution | Page 31 à 40 : Charles-François Mathis - De l’esthétique du cottage comme vision de l’environnement : Robert Southey, critique de la Révolution industrielle | Page 41 à 51 : Agathe Frochot - Science, épreuve et passion des glaces chez Daniel Dollfus-Ausset (1797-1870) | Page 52 à 61 : Bertrand Guest - Des sorcières écologistes au XIXe siècle ? Figures imaginaires en lutte | Page 62 à 73 : Maxime Decaudin - Les paysages stériles de Hong Kong : controverses scientifiques, transformations environnementales et mythe fondateur à l’heure de la colonisation britannique | Page 74 à 84 : Élisabeth Plas - « Je n’accuse que l’homme » : responsabilité humaine et complaintes du vivant dans l’œuvre de Jules Michelet | Page 85 à 95 : Amélie Bonney - Entre utopie environnementale et environnement industriel insalubre : les papiers peints arsenicaux de William Morris | Page 96 à 99 : Bibliographie | Page 100 à 109 : Fabienne Bercegol - Usages romanesques du portrait dans Dominique de Fromentin | Page 110 à 123 : Alexandre Klein - La figure du médecin dans le théâtre grand-guignol d’André de Lorde et Alfred Binet (1905-1928) | Page 129 à 146 : Comptes rendus.

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