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mercredi 18 août 2021

Sébastien Motta : Le Mélange des genres. Critique de l'ontologie par l'élucidation du concept d'identité

 Classiques Garnier - Août 2021


Le passé existe-t-il ? Une statue est-elle identique à la matière qui la compose ? Combien y a-t-il de choses dans l'univers ? Se baigne-t-on jamais deux fois dans le même fleuve ? Ces questions paradigmatiques de la philosophie donnent aisément lieu à un type d'enquête qui prétendrait accroître nos connaissances : une enquête de métaphysique substantielle. L'objectif du présent ouvrage est de montrer qu'il serait égarant de s'y engager. Une telle enquête ontologique est égarante car elle risque - à chaque instant - d'adopter une conception confuse des termes clés en jeu (chose, catégorie, existence, identique, même, monde) et de se rendre ainsi coupable d'un mélange des genres.

Sébastien Motta est maître de conférences à Aix-Marseille Université (CGGG - UMR 7304). Il y enseigne la philosophie et la logique.

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lundi 25 janvier 2021

Patrice Guillamaud : Autrui, la chose et la technique. Essai d'ousiologie altérologique sur les trois essences de l'extériorité

 Kimé - Janvier 2021


Ce livre met en œuvre la méthode philosophique de l’ousiologie pour l’étude de l’extériorité. Il s’agit de définir les trois essences de l’altérité comme autrui, chose et technique. La véritable tolérance, comme réalité et non comme simple idéal, ne concerne pas seulement la sphère d’autrui mais la coexistence d’autrui avec, d’abord, les choses, dans leur valeur notamment économique, et avec, ensuite, la technique. Dans une perspective autant inspirée par Aristote et Simondon que par Lévinas, il s’agit de garantir ou plutôt de reconnaître la dignité d’être et de valeur des différentes sphères du réel comme transcendance. La perversion consiste dans la confusion entre les essences, par exemple dans la confusion entre la chose et la technique. Derrière une analyse conceptuelle rigoureuse, ce livre cache une condamnation de la théorie abstraite et de la confusion systématique, un hymne respectueux à la pluralité du réel.

Patrice Guillamaud enseigne la philosophie en khâgne. Fondateur d’une science philosophique nouvelle, l’ousiologie, il a dernièrement et notamment publié, aux éditions du Cerf, La Jouissance et l’espérance, et, aux éditions Kimé, Les Essences de la pensée.

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dimanche 30 août 2020

Les Études philosophiques 2020/3 (N° 203) : Les deux siècles de l’ontologie

PUF - Septembre 2020


Page 3 à 15 : Alice Ragni et Vincent Carraud - Présentation : le néologisme orgueilleux | Page 17 à 36 : Marco Lamanna - La naissance de l’ontologie à Saint-Gall : Jacob Lorhard et la métaphysique monastique. Un état de la question | Page 37 à 58 : Domenico Collacciani - Devenir cartésien ? La méthode de l’ontologie de Gerhard de Neufville à Johann Clauberg | Page 59 à 77 : Alice Ragni - L’ontologie à Genève : de David Derodon à Jean-Robert Chouet | Page 79 à 96 : Michaël Devaux - Leibniz s’est-il livré à l’ontologie ? | Page 97 à 108 : Giuliano Gasparri - L’ontologie dans le Lexicon philosophicum d’Étienne Chauvin | Page 109 à 128 : Francesco Valerio Tommasi - L’ontologie comme anthropologie transcendantale : Kant et le problème de la métaphysique aux alentours de 1775 | Page 129 à 147 : Vincent Boyer - Promesse et fiction chez David Hume | Page 153 : Ouvrages reçus à la rédaction.

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dimanche 12 juillet 2020

Rémi Paindavoine : La Fragilité du Réel - Esquisse phénoménologique II

L'Harmattan - Juillet 2020


Le Réel ne se suffit pas. Comme le Dieu de Silesius, il est à la merci de l'homme pour se déployer comme tel. Il lui manque ce qui lui serait le plus indispensable pour advenir, le rien ou le presque rien de la parole. Fragilité du Réel ! Quand nous pensons le Réel, nous pensons toujours trop peu. Nous présupposons l'homme, cette « brèche » (Heidegger) sans laquelle il n'aurait pas lieu.

Rémi Paindavoine a été professeur de philosophie de 1971 à 2005 à l'Ecole Normale Israélite Orientale.

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mercredi 4 mars 2020

Tristan Garcia : Forme et objet. Un traité des choses

PUF - Mars 2020 - Quadrige


Qu'est-ce qu'une chose ? Abattant les dernières barrières philosophiques qui circonscrivaient le champ des choses, ce Traité considérera sur un plan d'égalité une table, un silex taillé, un quark, un gène, une personne humaine, le mot « vérité », une robe rouge, la couleur d'un tableau abstrait, un tiers de branche d'acacia, l'espèce chimpanzé, cinq secondes, un rite de passage, l'inexistence d'un fait ou un cercle carré. Voilà les choses qui sont aujourd'hui les nôtres : un tohu-bohu de réel, de possible, de matière, de mots et d'idées. Face à ce paysage nouveau, ce Traité ne propose ni une phénoménologie réinventée, ni une analyse du concept de « chose », ni une pensée critique de la réification. Il invite plutôt à prendre le large pour une toute autre aventure théorique. Il suggère d'explorer d'abord notre monde comme s'il était vraiment plat, en lui ôtant toute détermination, toute intensité, tout relief. Dans un second temps seulement, à l'aide de concepts forgés dans cette pauvreté ontologique radicale, il invite à retrouver la possibilité d'un univers, c'est-à-dire l'ensemble de choses non plus seules, mais les unes dans les autres. Le désert formel se transformera en encyclopédie luxuriante de nos objets contemporains, de leur ordre et de leur désordre. Ainsi verra-t-on se dessiner les grandes querelles actuelles sur le classement des objets autour de nous, des objets en nous et de nous-mêmes en tant qu'objets : par parties, par espèces, par genres ou même par âges. Comment découper les choses pour vivre parmi elles et en être une soi-même ?

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dimanche 16 février 2020

Joël Balazut : De l'Être. Essai d'ontologie

L'Harmattan - Février 2020


Cet ouvrage pose à nouveaux frais la question de l'être, car si Heidegger est aujourd'hui incontournable, il ne semble pas avoir tenu ses promesses. Sa pensée est en réalité clivée, de sorte qu'il ne répond pas à la question de l'être et s'évertue, au contraire, à en préserver l'énigme. Nous nous efforcerons d'exhiber la réponse à la question du sens originel de l'être demeurée impensée chez Heidegger. L'outil philosophique que nous extrayons de cette pensée permettra d'éclairer les grands systèmes métaphysiques et de faire la critique de la civilisation technicienne mondialisée.

Joël Balazut est docteur en philosophie et spécialiste de la pensée heideggérienne.

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vendredi 15 novembre 2019

Anna Longo, Anthony Feneuil, Bruno Trentini (dir.) : Le paradoxe de la finitude Représentations, conditions, dépassements

Mimesis - Novembre 2019


Cet ouvrage présente une pluralité de réflexions qui attestent la centralité du paradoxe de la finitude, figure centrale ou schème structurant de ce que certains identifient aujourd’hui, dans le champ philosophique aussi bien qu’esthétique, comme un retour à la spéculation. Et c’est parce que ce paradoxe a acquis aujourd’hui cette centralité nouvelle qu’il est possible de porter un regard neuf sur la tradition philosophique, d’en déceler les marques antérieures, mais aussi d’aller chercher dans cette tradition de quoi penser et féconder les développements actuels.

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samedi 8 juin 2019

Peter van Inwagen : Des Êtres matériels

Les Éditions d'Ithaque - Juin 2019


Des Êtres matériels est un ouvrage majeur de la métaphysique contemporaine, qui traite de l’existence des objets à travers la question de la composition : À quelles conditions plusieurs choses en composent-elles une autre ? Or il existe deux réponses extrêmes et opposées qui consistent à soutenir ou bien qu’il n’y a jamais aucun objet résultant de la composition (le « nihilisme méréologique ») ou bien que n’importe quelle pluralité d’éléments compose un autre objet (l’« universalisme méréologique intégral »). Face à ces deux positions extrêmes qu’il rejette, Peter van Inwagen défend à son tour une thèse tout aussi paradoxale, qu’il nomme la « Thèse du Refus » : les objets matériels, en toute rigueur, n’existent pas, sauf s’ils composent l’activité d’un être vivant. C’est donc à l’examen de cette thèse surprenante, de sa justification et de ses conséquences philosophiques que se consacre ce traité métaphysique sur la composition.

Peter van Inwagen est un philosophe américain. Il enseigne actuellement la métaphysique et la philosophie de la religion à l’université de Notre-Dame, dans l’Indiana. Considéré comme l’un des méta­physiciens contemporains les plus éminents, il a notamment publié La Métaphysique (Ithaque, 2017), Essai sur le libre arbitre (Vrin, 2017), ainsi que The Problem of Evil (Oxford U. P., 2006). Jean-Pascal Anfray (traducteur) est maître de conférences en philosophie à l’École normale supérieure. Il a publié Qu’est-ce que la nécessité ? (Vrin, 2009).

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lundi 13 mai 2019

Josiane Cristina Bocchi, Daniel Omar Perez, Francisco Verardi Bocca : Ontologie sans miroirs. Essai sur la réalité Borges, Descartes, Locke, Berkeley, Kant, Freud

L'Harmattan - Mai 2019



Qu'est-ce que la réalité ? La première étude est basée sur le rapport entre la littérature et la philosophie. La question du réel apparaît sur le plan du récit et du jeu de l'argumentation, notamment dans l'oeuvre de Jorge Luis Borges. En second lieu, le thème est discuté en fonction de qui interroge et de son objet, en rapport à Descartes, Berkeley, Locke et Kant. Dans un troisième temps, identifiant le point où l'échec de ces présuppositions suscite une nouvelle formulation de la question sur la réalité, le recours à la psychanalyse apparaît nécessaire. Enfin, nous nous interrogeons sur : qu'est-ce que la réalité, en tant que question. Comment une telle question est-elle possible ?

Josiane Cristina Bocchi est psychologue, docteure en philosophie, postdoctorante en psychologie, professeure de psychopathologie à l'université d'État de São Paulo au Brésil (UNESP).
Daniel Omar Perez est psychanalyste, docteur en philosophie, professeur de philosophie à l'université d'État de Campinas au Brésil (UNICAMP).
Francisco Verardi Bocca est docteur en philosophie, postdoctorant en philosophie de l'université Paris VII-Denis Diderot, professeur de philosophie à l'université pontificale du Paraná au Brésil (PUCPR).

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vendredi 27 avril 2018

Max Marcuzzi (dir.) : Fichte et l'ontologie

Publications de L'Université de Provence - Avril 2018


On sait que pour Kant « le nom orgueilleux d’une ontologie, qui prétend donner des choses en général des connaissances synthétiques a priori <…> doit faire place au nom modeste d’une simple analytique de l’entendement pur » (Critique de la raison pure). Serait-ce alors que l’ontologie, comme pensée de l’être, doive disparaître de toute philosophie transcendantale ? Telle est la question qui anime les textes du présent volume, où sont proposés des regards croisés sur une possible « ontologie » fichtéenne. Il en ressort la question du statut de l’absolu, et, corrélativement, du degré de la rupture chez Fichte entre métaphysique dogmatique et philosophie transcendantale. D’un côté, Fichte dit ne parler que du savoir et non de l’être – ce pour quoi son œuvre est une doctrine de la science. D’un autre côté, il affirme l’être sous la forme de Dieu, et son discours semble alors rejoindre la situation qui précède la distinction entre ontologie (comme métaphysique générale), et théologie (comme métaphysique spéciale), établie au cours du XVIIIe siècle.
Les présentes études montrent que la redétermination tant de l’être que de Dieu justifie chez Fichte leur identification, et une réduction de l’ancienne métaphysique au binôme être/image. Parce que l’être n’est pas chez Fichte un être mort, inerte, mais vie et réalité dynamique, il est par soi créateur et mérite à ce titre d’être compris comme Dieu. Si le concept d’être et l’idée de Dieu subissent ainsi une modification totale de leur détermination, une simple reconduction de la pensée de Fichte à une métaphysique précritique manquerait l’essentiel de la visée de sa doctrine. C’est ce que visent à établir les études du présent volume.

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lundi 9 avril 2018

André Kopacz : De la présence pure. La plénitude ontologique du vide

Liber - Avril 2018


La formule « plénitude ontologique du vide » signifie que le vide n'est pas un néant, un rien ou une absence définitive mais, au contraire, l'affirmation en son autosuffisance de la présence à l'état pur. Le vide est plein de la présence pure, mieux il s'identifie à elle. De l'atomisme antique à la révolution scientifique en passant par la Renaissance, de Démocrite à Newton, d'Aristote à Descartes en tant que ses plus éminents adversaires, le vide n'a cessé de hanter tant le champ de la métaphysique que celui de la science, celui de l'expérience comme celui de l'imaginaire. Après avoir tenté de l'expulser de la physique au moyen de la notion d'éther, la cosmologie contemporaine redécouvre le rôle essentiel du vide dans le devenir et peut-être l'origine de l'univers. Aujourd'hui, c'est au tour de la métaphysique de soupeser à nouveaux frais le poids du vide dans le cadre de la problématique qui lui est propre. Après un siècle de dépassement, de déconstruction et autre célébration de la fin de la métaphysique, l'intention est de démontrer ici que, loin d'être oublieuse de la question de l'être, elle a pensé celle-ci avec une portée et une acuité sans égales.

Docteur en philosophie, André Kopacz s'intéresse aux connexions que peuvent entretenir différents champs de la connaissance, notamment à la transversalité de la philosophie et son croisement avec la science moderne. Il vit à Liège en Belgique.

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mercredi 6 décembre 2017

Isabelle Thomas-Fogiel (dir.) : Tristes réalismes, exploration d'un tropisme philosophique contemporain

Vrin - Décembre 2017 - Bulletin de la société française de philosophie


La réflexion proposée dans cette conférence prend sa source dans un étonnement, voire une stupéfaction, face à la configuration de la philosophie de ces trente dernières années. En effet, la production philosophique paraît s’y réduire à une unique revendication, que l’on pourrait résumer par cette injonction lancée aux enfants du siècle : « Faites-vous réalistes ».
Or, il semble difficile, pour l’historien de la philosophie, de ne pas s’interroger sur ce phénomène de cristallisation, qui est d’autant plus étonnant que ses origines sont à ce point multiples (de la phénoménologie à la philosophie du langage ordinaire, en passant par la métaphysique analytique comme continentale) qu’il transcende les grandes partitions qui ont structuré, depuis l’après-guerre, notre paysage philosophique (telle, celle entre analytique et continentale).
Trois questions seront ainsi posées : tout d’abord, que signifie, pour ceux qui le revendiquent aujourd’hui, le terme « réalisme », ou, pour le dire autrement, quels sont les actes fondamentaux qui, par-delà la diversité des approches, sont communs à tous et donnent quelque consistance à l’appellation affichée? Peut-on, ensuite, à partir de l’analyse de ces principes structurels qui délimitent la sphère du réalisme contemporain, en repérer les apories, ou pour le dire de manière moins négative, dessiner les interrogations que suscite cette actuelle configuration, interrogations qui peuvent être conçues comme autant de pistes de recherche pour qui voudrait affermir, ou à l’inverse critiquer, cette nouvelle constellation conceptuelle? Enfin, ces problèmes rencontrés ne nous conduisent-ils pas à revenir sur la définition de la vérité unanimement mise en avant par les actuels réalistes?

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samedi 30 septembre 2017

Santiago Espinosa : Traité des apparences

Encre Marine - Septembre 2017


"Le grand maître des apparences, Baltasar Gracián, dit que ce qui ne se voit pas est comme s’il n’était pas. Il n’a sans doute pas livré là, peut-être par prudence, le fond de sa pensée : ce qui ne se perçoit pas n’existe pas. Telle est la thèse en tout cas du présent Traité." Clément Rosset

Santiago Espinosa (Mexico, 1978) est docteur en philosophie et traducteur. Ses travaux ont comme centre d'intérêt le rapport entre musique, littérature et philosophie. Il a publié chez Encre marine Voir et entendre, critique de la perception imaginative (2016), préfacé par Clément Rosset.

TABLE DES MATIÈRES

Prélude 

I. Esthétique de l’apparence 

1. Chauvet. – 2. L’oeuvre et son double. – 3. Le hasard créateur. – 4. La belle apparence. Vérité et mensonge au sens intra-esthétique. – 5. L’apparence, l’apparition, l’apparaître. – Épilogue : la joie esthétique.

II. Politique de l’apparence 

1. Les infortunes de la vertu moralisante. – 2. Les vertus du paraître. – 3. La force du discours. Le roi et son portrait. 

III. Expression et illusion 

1. L’apparence et le bon sens. – 2. Monde apparent et mondes vrais. – 3. Expressionnisme transitif, illusion transcendante. – 4. Expressionnisme intransitif, illusion immanente. – 5. L’inexpressive réalité. – Coda. Langage et réalité. 

Finale. Narcisse ou l’apparence. Les simulacres de l’amour


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lundi 4 septembre 2017

Stefan Kristensen : La Machine sensible

 Hermann - Août 2017


La sensation d’être soumis à une contrainte implacable peut déclencher une souffrance intense, une activité délirante, ou bien une créativité irrépressible. Elle peut prendre la forme d’une "machine" à influencer. Cette figure majeure de la maladie psychique depuis deux cents ans est le point de départ et le fil conducteur pour éclairer la structure complexe et paradoxale de la subjectivité. Loin d’être un outil technique, elle est un enjeu existentiel et esthétique. De Tausk à Szondi et Maldiney, de Merleau-Ponty à Guattari et Deleuze, de Deligny à Nauman et Duchamp, de Sobchack à Epstein et Godard, et enfin, à nouveau, de Merleau-Ponty à Guattari, on voit émerger les contours d’une subjectivité en tension, toujours habitée d’une altérité qui la garde en mouvement. Et l’ontologie de la chair apparaît finalement comme un champ essentiellement politique.

Stefan Kristensen, docteur et habilité à diriger des recherches en philosophie, travaille à la croisée de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la théorie de l’image. Il est l’auteur de Parole et Subjectivité (2010) et Jean-Luc Godard Philosophe (2014).

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mardi 30 mai 2017

Matthieu Contou : Avant la faute. Jocelyn Benoist et la "déthéologisation extrême du réel"

Hermann - Mai 2017 - Le Bel aujourd'hui


L’enquête philosophique poursuivie par Jocelyn Benoist à travers l’ensemble de son œuvre se veut un « cheminement critique par rapport à la phénoménologie ». En publiant Le bruit du sensible, Jocelyn Benoist réalisait « le dernier pas » d’un tel cheminement, en rompant avec la phénoménologie sur le terrain même où elle semblait pourtant la plus convaincante, à savoir en philosophie de la perception. À partir d’une lecture minutieuse et attentive de cet ouvrage, Matthieu Contou montre combien l’athéisme constitue un fil directeur dans l’œuvre du philosophe, et contribue ainsi à mettre en évidence l’arrière-plan métaphysique et moral d’une pensée qui compte parmi les plus importantes du champ philosophique français contemporain.

Matthieu Contou est professeur agrégé de philosophie et doctorant à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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lundi 6 mars 2017

Jocelyn Benoist : L'adresse du réel

Vrin - Mars 2017 - Moments philosophiques


Le début du XXIe siècle a été marqué par le retour du réalisme en philosophie. Sous ce nom, on trouve cependant des doctrines et attitudes variées. Ce livre en propose une évaluation critique et développe une interrogation sur la signification de cette exigence réaliste. Il défend l’idée que, s’il faut maintenir la fonction critique, donc de départage, de la notion de « réalité », son sens n’implique pas qu’on doive ou puisse lui attribuer une adresse fixe, mais au contraire l’exclut. Il faut faire droit au caractère intrinsèquement contextuel du réel. Il faut également lui reconnaître une irréductible pluralité de dimensions, qui fait des expériences esthétique – requalifiée comme poétique – ou morale aussi bien qu’épistémique autant d’épreuves essentielles du réel.

Jocelyn Benoist est Professeur de philosophie contemporaine et philosophie de la connaissance à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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mercredi 1 mars 2017

Olivier Nannipieri : Du réel au virtuel. Les paradoxes de la présence

L'Harmattan - Mars 2017 - Ouverture philosophique


Peut-on tomber du sommet d'une colonne virtuelle ? La question peut paraître étrange. Or, immergé dans un environnement virtuel en trois dimensions, un individu peut éprouver la sensation paradoxale d'être dans un lieu dans lequel il n'est pas réellement, en l'occurrence au sommet d'une colonne, à plus de trente mètres de hauteur. Même s'il sait que cet environnement est une illusion perceptive, il déploie ses bras, cherchant l'équilibre, alors que ses pieds reposent, en réalité, sur le sol. 
Brouillant la frontière entre le réel et l'illusion, la réalité virtuelle permet d'expérimenter un type de présence au monde qui ne peut se réduire à une simple illusion mais qui, en même temps, ne peut être réelle au sens que nous donnons communément cette notion. 
Ainsi, loin d'être seulement une prouesse technologique, la réalité virtuelle n'exige-t-elle pas de repenser notre rapport au monde, qu'il soit réel ou virtuel ? 

Olivier Nannipieri est maître de conférences à l'Université de Toulon. Titulaire d'un master 2 en philosophie et épistémologie et d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication, ses recherches portent sur l'impact des nouvelles technologies sur notre rapport au monde.

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lundi 30 janvier 2017

Eric Hervieu : Histoire des ongles. Essai sur l'apparent et le manifeste

Editions L'Harmattan - Janvier 2017 - Collection : Acteurs de la Science


Les ongles font partie des productions apparentes et persistantes à la surface de la peau, que l'on regroupe sous le nom de « phanères », mot qui à l'origine signifie visible, évident, apparent, manifeste. 
Les ongles ont donné lieu à une symbolique tout aussi ancienne qu'abondante, que nous avons voulu suivre aussi bien dans les croyances populaires, dans le registre médical ou religieux, que chez certains auteurs et artistes - Kubin, Chardin, Poe, Mallarmé, etc. - afin de réunir différentes utilisations et ramifications du mot ongle. 
C'est précisément à partir de ces interprétations, et conjointement à elles, que se révèlent certains enjeux de la forme artistique — d'une peinture d'abord, d'un poème ensuite - et de ses rapports à l'extérieur, auteur ou public, puisque l'art lui-même est apparent et manifeste. Il ressort de cette fonctionnalité de la forme que celle-ci n'a d'autre fin que la pratique de quelque chose, spectrale, fantomatique, celle des apparitions, d'une épiphanie. 

Éric Hervieu, docteur en philosophie, est né en 1957 à Paris et enseigne actuellement dans le sud de la France. Il est auteur de romans et d'ouvrages d'études sur le XVIIè siècle.

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samedi 5 novembre 2016

Jean-Louis Chedin : La division ontologique. Le destin du dualisme

Hermann - Novembre 2016


La dualité objectif-subjectif constitue pour le dualisme une structure a priori par essence : ceci se vérifie aussi bien avec le couple contemporain de l'en-soi et du pour-soi qu'avec, sur une autre base, le couple cartésien de la chose étendue et de la chose pensante. Dans le champ théorique actuel, règne de facto un double monisme juxtaposé, qui se partage entre le réductionnisme phénoménologique et celui du néomatérialisme, aussi systématiques l'un que l'autre.
Aussi la difficulté générale inhérente au dualisme, loin de disparaître avec cette scission, a-t-elle pris une forme nouvelle. Au lieu de se réduire à une expérience subjective pure (comme dans la phénoménologie) ou à la seule expérience objective (dont se réclame l'explication néomatérialiste), l'auteur du présent essai explore une voie nouvelle pour interpréter la dualité du côté de l'ontologie, grâce à une division préalable et proprement ontologique. La détermination du fondement de cette dualité ne doit plus relever de l'expérience (toujours particulière) mais d'une déduction plus générale.

Jean-Louis Chédin, ancien maître de conférences en philosophie à la Sorbonne, est l'auteur de nombreux livres, dont La Condition subjective (1997), et Conscience et finitude (2010), dont le présent livre se veut une conclusion ontologique.


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mercredi 22 juin 2016

Jean-Claude Gens et Marc-Antoine Vallée (dirs.) : Gadamer, Art, Poétique et Ontologie

Mimesis - Juin 2016 - L'esprit des signes


Cet ouvrage collectif s ouvre sur la traduction d un texte de Gadamer encore inédit en français intitulé De la lecture des édifices et des images. En continuité avec ce texte, c est autour de la réflexion philosophique de Gadamer sur l art et l expérience du beau que gravitent les différentes contributions des spécialistes de l herméneutique qui participent à ce livre. Le but consiste non seulement à comprendre quel rapport entretiennent l art, la poétique et l ontologie dans la philosophie de Gadamer, mais aussi à proposer des éléments d interprétation renouvelée de Vérité et méthode. Cet ouvrage propose un aperçu des discussions les plus actuelles dans les études gadamériennes.

Jean-Claude Gens est professeur de philosophie contemporaine à l Université de Bourgogne. Spécialiste d herméneutique et de phénoménologie, il a entre autres publié sur Dilthey, Brentano, Jaspers (Karl Jaspers, 2003) et Heidegger (Les conférences de Cassel, 2003), et il est l auteur d Éléments d une herméneutique de la nature, 2009. Marc-Antoine Vallée professeur au Collège Edouard-Montpetit (Canada), il est notamment l auteur de Le sujet herméneutique. Étude sur la pensée de Paul Ric ur (2010) et de Gadamer et Ricoeur. La conception herméneutique du langage (2012).

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