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jeudi 21 octobre 2021

Emmanuel Cattin : La venue de la vérité. Phénoménologie de l’esprit selon Jean

 Vrin - Octobre 2021

Dans son évangile, Jean témoigne de ce qu’il a vu et entendu. Il a vu la venue de la vérité, il en a entendu la parole. Il écrit pour garder et annoncer la nouvelle de cette venue, il écrit pour que la parole « reste ». La langue grecque, la langue maternelle de la philosophie, accueille ainsi en elle un témoignage absolument déconcertant. La vérité a paru en personne, dans la première personne du singulier, et des hommes l’ont vue, entendue, ils pouvaient la toucher, lui adresser la parole. Dans le récit de Jean, il n’y a que des témoins : lui-même, Jean, l’autre Jean, celui qui baptise dans l’eau, la vérité qui témoigne pour elle-même et pour celui qui l’a envoyée, lui, le Père, qui témoigne pour elle, et l’Esprit, dont elle-même annonce la venue et qui témoignera pour elle. Tous les témoins témoignent les uns pour les autres, seule la vérité témoigne pour elle-même. Ils témoignent dans ce que Jean appelle le monde, à la fois contre lui, qui est un règne, et pour lui, pour le « sauver ». Dans le monde, la vérité accomplit l’expérience du non qui lui est opposé. Le chemin de son paraître est le chemin de son service et de son sacrifice, jusqu’à l’heure de la mort, qui est l’heure de la manifestation, qui est l’heure de l’esprit. Pour une philosophie qui en reçoit comme tout homme le témoignage et à sa façon s’arrête devant lui, Jean, dans son évangile, a écrit une phénoménologie de l’esprit.

Emmanuel Cattin est professeur de métaphysique à Sorbonne Université.

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lundi 18 octobre 2021

Jean-Luc Marion : Questions cartésiennes I. Méthode et métaphysique

 PUF - Octobre 2021 - Epiméthée


En deçà des thèses, qui visent à la cohérence, demeurent, comme des sources cachées mais vitales, des questions toujours ouvertes. Ce sont certaines de ces questions récurrentes dans les études cartésiennes qui sont abordées ici, chacune pour elle-même, mais en dialogue constant avec la tradition des grands interprètes. Pourquoi le philosophe de l’évidence commence-t-il à penser en faisant trois rêves – et en les interprétant sans même se réveiller ? Pourquoi et jusqu’où le Discours de la méthode ne livre-t-il pas exactement la même métaphysique que celle des Meditationes ? En quoi et jusqu’où les Meditationes respectent-elles la méthode ? Le « sujet » cartésien se définit-il par une thèse théologique au moment précis où il prétend « mettre à part les vérités de la foi » ? Pourquoi la générosité semble-t-elle devoir répéter le« je pense » sur le mode de l’auto-affection ? Pourquoi Descartes ne parvient-il finalement pas à reconnaître un alter ego à l’ego et ferme-t-il la possibilité de tout accès à l’autre ? L’argument dit ontologique appartient-il encore à une ontothéo-logie avant et après Descartes ? Ces recherches dont le fil directeur est une enquête sur la méthode et la métaphysique attestent que les soubassements historiques et les conséquences modernes, voire post-modernes, de Descartes restent encore, pour une large part, à déceler et à mesurer. Car nous ne pouvons étudier seulement Descartes comme un objet : nous en provenons. Même pour s’en défaire, il faut encore y revenir.

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lundi 4 octobre 2021

John Heil : What is Metaphysics ?

Polity Press - Septembre 2021


If we didn't possess certain beliefs about such things as time, appearance and reality, and how effect follows cause, we wouldn't be able to get out of bed in the morning, let alone read a book about metaphysics, which is the study of our experience and those ideas, or presuppositions, which allow us to make sense of it.
Drawing on examples from art, science, and daily life, John Heil shows how metaphysics begins in questioning our everyday assumptions about how the world "works" and ends with speculation on the nature of the universe itself. In chapters that cover the major topics in the academic study of metaphysics, from free will and consciousness to time and objectivity, Heil explains how metaphysical questions underpin everything human beings do.
This accessible book will show you how professional philosophers try to categorize and make sense of our world of perception and experience and explains why everyone should take metaphysics seriously.

John Heil is Professor of Philosophy at Washington University in St Louis, Professor of Philosophy at Durham University, and an Honorary Research Associate at Monash University. Professor Heil is a Fellow of the Australian Academy of Humanities and is listed among the 50 Most Influential Living Philosophers.

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jeudi 9 septembre 2021

Laurent Cournarie : Le principe. Une histoire métaphysique

Vrin - Juillet 2021 - Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie


Le principe est certainement la première question de la métaphysique. Mais s’accorder sur sa nécessité n’est pas s’accorder sur sa nature ni sur le moyen de le connaître. L’histoire de la métaphysique n’aura cessé de se heurter à la même difficulté : ne pouvoir le dire qu’en lui conférant une assise transcendante ou transcendantale. Sans pareil surcroît de rationalité, on en reste au double constat : qu’il n’y a pas de science du principe mais aussi qu’il n’y a pas de science possible sans principe. Il faut donc s’y résoudre : la pluralité des principes, irréductiblement régionaux ou relatifs, est l’horizon indépassable de toute pensée du principe.

Laurent Cournarie enseigne la philosophie en Première supérieure au lycée Saint-Sernin de Toulouse.

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lundi 5 juillet 2021

Alexander Schnell : Le clignotement de l'être

 Hermann - Juin 2021


La métaphysique fait de nouveau l’objet d’une attention particulière. Le présent ouvrage développe une position transcendantale qui diffère des approches « réalistes » récentes. Dans les élaborations systématiques de la philosophie allemande classique, les « idéalistes allemands » se comprenaient en même temps comme les plus grands réalistes. Dans le débat actuel, en revanche, toute position idéaliste semble être compromise puisque relevant d’un subjectivisme désuet. L’idéalisme transcendantal ici défendu poursuit une perspective dans laquelle la question de l’« être » doit être posée à l’horizon de ses « corrélations » en deçà d’un rapport sujet-objet hypostasié. Ce traité de métaphysique phénoménologique s’inscrit ainsi dans un débat contemporain qui est autant philosophique (notamment grâce au « nouveau[x] réalisme[s] ») qu’anthropologique (à propos du statut du « relationnisme »).

Alexander Schnell est professeur de philosophie à l’université de Wuppertal où il dirige l’Institut de Philosophie transcendantale et de Phénoménologie (ITP). Ses spécialités sont la philosophie allemande classique et la phénoménologie. Il est l’auteur de nombreuses monographies dans ces domaines.

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vendredi 21 mai 2021

Emmanuel Grimaud : Dieu point zéro. Une anthropologie expérimentale

 PUF - Juin 2021 - MétaphysiqueS


Un dieu peut-il s'incarner dans une machine ? Une machine fait-elle un bon piège à dieux ? Comment se préparer ici et maintenant à l'émergence de formes de divinités inconnues, à travers quel genre d'expérience-limite ? La métaphysique occidentale a progressivement soustrait le concept du divin au domaine de l'expérience, au point de le réserver à la pure spéculation. Les sciences humaines l'ont reconduit sur terre, mais au prix de n'étudier que les mécanismes de la croyance ou de la pratique religieuses. C'est par un tout autre biais que ce livre aborde ce problème, en plaidant pour un véritable tournant expérimental en anthropologie. Dans la tumultueuse ville de Mumbai, on suit les aventures métaphysiques d'une machine télé-opérée à l'apparence du dieu Ganesh, qui permet à n'importe qui d'incarner Dieu et d'avoir un dialogue avec un interlocuteur. Très vite, les incarnants affluent ainsi que les interlocuteurs prêts à tester la capacité de ce dispositif à faire un bon support de divinité. C'est alors que l'anthropologie rejoint la métaphysique, car quiconque se prête à ce jeu d'incarnation, soit comme incarnant soit comme interlocuteur, prend le risque au cours du dialogue de voir ses certitudes s'effondrer et de devoir tout reprendre à zéro : Dieu, l'humain, la technologie, la politique, la religion ou encore l'écologie.

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dimanche 28 mars 2021

Philosophique, 2021 : Le commun, la métaphysique

PUFC - Mars 2021 


Le numéro de philosophique de cette année articulé autour de la notion du commun et de la question de la métaphysique, nous permet d'aborder différents thèmes et différents auteurs. Paradoxalement, apparaît une continuité entre les deux thèmes notamment quand ils sont abordés à partir d'auteurs comme Schopenhauer ou Husserl. Nous trouverons ici par exemple une étude sur l'approche épistémologique du commun, mais aussi une proposition autour de Husserl, Aniel ou Schopenhauer voire même Stirner. Des études autour de la métaphysique aujourd'hui et des analyses de jeunes chercheurs prenant pour objet Kant ou, dans une vision plus anthropologique, notre crise contemporaine.

La science et le commun
Sarah Carvalho

La variété des perspectives chez Arendt : l'édification du monde commun par la fenêtre
Lucie Jeanguyot

Kant : la nécessité au fondement de l'idée de communauté humaine
Angèle L'hôte

L'escamotage du commun
Agathe Huet

Vers une société d'uniques ?
Roméo Delatte

Schopenhauer ou les deux portes de la conscience
Louis Ucciani

La croyance au fini
Jean-Michel Le Lannou

La Puissance d’être et le besoin de métaphysique
Alexandre Lissner

Philosophie première comme expérience transcendantale du sujet chez Husserl
André Simha

La métaphysique ou l’infini amour de soi selon Le Lannou
Marion Marchal

NOTES DE LECTURE

Les transformations technologiques du sublime
Michaël Crevoisier

Capitalisme et relations négatives en amour
Samuel Chaîneau

Hegel dans Marx
Guillaume Méjat

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vendredi 19 février 2021

Jean-Marc Ferry : Métaphysiques. Le sens commun au défi du réel

 Cerf - Février 2021

Vie extraterrestre, expériences de mort imminente ?... Pluralité des mondes ? La vraie philosophie, parce qu'elle demeure ouverte à toutes les questions, toutes les possibilités, n'est jamais très éloignée de la science-fiction. Qu'est-ce que la physique contemporaine nous apprend sur l'espace et sur le temps ? Que faire des vérités dites " contre-intuitives " qui heurtent le sens commun, mais qui résistent et s'appuient tout de même sur le réel ?
Un enjeu direct est de procurer à l'entendement un horizon d'intelligibilité. Peut-être y va-t-il même d'une libération de l'esprit face aux assignations de l'espace et du temps : de l'espace qui impose à nos corps un lieu juxtaposé, du temps qui de nos existences ne fait qu'un moment.
Réunir ce qui est séparé, montrer ce qui est caché à nos yeux : voilà le défi de Jean-Marc Ferry qui enquête sur les forces de la vie autant que sur l'énigme de la mort.

Philosophe, Jean-Marc Ferry, est auteur d'une trentaine d'ouvrages dont Les Puissances de l'expérience, Les Grammaires de l'intelligence, La Religion réflexive, La Raison et la foi, Qu'est-ce que le réel ? 

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mardi 16 février 2021

Alexandre Declos et Claudine Tiercelin (dir.) : La métaphysique du temps. Perspectives contemporaines

Collège de France - Février 2021


Qui ne s’est un jour demandé ce qu’est vraiment le temps ? Quelle est sa réalité ? Quelles propriétés lui reconnaître ? Nous avons l'impression que le temps passe ou s’écoule. Mais cela correspond-il à sa nature réelle ? Comment rendre compte des distinctions entre passé, présent, futur ? Les enseignements des sciences contredisent-ils notre conception ordinaire du temps ?
Ces interrogations, aussi anciennes que la philosophie elle-même, ont fait l’objet d’un examen renouvelé dans la métaphysique contemporaine. Sans prétendre à l'exhaustivité, les contributions réunies dans ce volume entendent offrir un guide des questions les plus disputées, aujourd'hui, en ce domaine.


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vendredi 29 janvier 2021

Alexandre d'Aphrodise : Commentaires à la Métaphysique d'Aristote. Livres Petit Alpha et Beta

 Vrin - Janvier 2021


Parmi les commentateurs d'Aristote, Alexandre d'Aphrodise (IIe -IIIe siecles) est, depuis l'Antiquite, tenu pour l'Exégète par excellence. Titulaire de la chaire impériale de philosophie péripatéticienne a Athènes, il a rédigé nombre de commentaires aux oeuvres d'Aristote. Son commentaire à la Métaphysique a servi a la fois de modèle et de source à la tradition ultérieure, des Néoplatoniciens grecs à la pensée médievale byzantine, arabe et latine. Le livre Petit alpha de la Métaphysique lui donné l'occasion de revenir sur le projet général de la sagesse ou philosophie premiere, qui guide l'ouvrage en son entier. Aux interpretes antérieurs, qui ont doute de l'authenticité et de l'appartenance du livre au traite, Alexandre répond qu'il ne peut être que l'oeuvre d'Aristote. En organisant en un systeme déterminé les intuitions éparses de Petit Alpha, Alexandre transforme durablement la figure de la métaphysique aristotélicienne. Le livre Beta est, quant a lui, connu comme le livre des apories, ces difficultés qui se posent a tout métaphysicien. Le livre constitue a ce titre, du point de vue d'Alexandre, le vrai commencement de la Metaphysique. Alexandre voit dans ces apories un moment proprement exploratoire, formant, de ce fait, autant de manieres de mettre le métaphysicien en quete de la vérité. La traduction ici présentée est la première donnée en francais de l'un des grands Commentaires lemmatiques qui ont fait la réputation d'Alexandre. Elle repose sur un texte grec révisé en profondeur.

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lundi 11 janvier 2021

Jean Grondin (dir.) : Herméneutique et métaphysique. Une articulation renouvelée ?

Le Cercle Herméneutique - Janvier 2021 - Revue Le Cercle Herméneutique, 34-35


Ont contribué à ce volume : M. Beuchot, R. Boutet, C. Canullo, G. Charbonneau, Fr. Jaran, A. Joli, J. Greisch, J. Grondin, Chr. Perrin, R. Rodríguez, P.-Ét. Schmit, M.-A. Vallée.

Herméneutique et métaphysique sont deux autres noms du désir de savoir humain. Le point de départ de l’herméneutique est que l’homme est un être de compréhension. La métaphysique nous apprend, pour sa part, que ce que l’on cherche à comprendre, ce sont l’être et ses raisons. Il y a ainsi de l’herméneutique et de la métaphysique dans tout ce que nous faisons. Or jusqu’à maintenant, les deux disciplines se sont souvent ignorées parce qu’on a tenu pour acquis que l’herméneutique, avec son insistance sur la part d’interprétation en toute compréhension, devait être une pensée post-métaphysique. Comme le démontre ce volume important, qui rassemble quelques-uns des meilleurs représentants de la pensée herméneutique, il est des manières plus conséquentes de penser les liens de la métaphysique et de l’herméneutique. Il montre, en effet, comment la métaphysique n’est possible qu’en tant qu’herméneutique, c’est-à-dire en tirant au clair ses propres présupposés interprétatifs, et comment l’herméneutique n’est ellem-ême possible qu’en tant que métaphysique, c’est-à-dire en se reconnaissant comme effort de comprendre le réel et les aspirations fondamentales de l’humain.

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vendredi 6 novembre 2020

Jean-Luc Marion : D'ailleurs, la révélation

 Grasset - Novembre 2020


« Des révélations, nous en avons tous eu : tranchant sur l'insignifiance quotidienne, elles seules, inoubliables, décident de notre vie réelle. Mais nous ne savons pas ce que signifie une révélation, parce qu'elle ne peut ni se commander ni se reproduire, donc jamais s'objectiver. Ainsi restons-nous muets devant ce qui nous caractérise le mieux. Les ignorant, nous nous ignorons. Ce livre voudrait nous les rendre accessibles.
Le lieu privilégié de la révélation se trouve dans ce que la tradition juive et chrétienne a reçu et médité à partir des deux Testaments. Nous y sommes donc allés voir, malgré leur technicité et les limites de toute science.
Pourtant il faut d'abord déconstruire, car aucun terme biblique ne correspond exactement au concept moderne de Révélation. Plus étonnant encore : ce terme ne s'est imposé que tardivement (Thomas d'Aquin) dans l'opposition de la connaissance rationnelle à connaissance inspirée de Dieu. La modernité (les Lumières jusqu'à Kant) n'eut donc aucun mal à récuser la Révélation biblique au nom de sa trop étroite appréhension de la rationalité.
Puisque les théologiens modernes ont maintenu le terme de Révélation sans le re-penser à fond, il fallait tenter de le redéfinir à partir de la phénoménalité. Car les textes bibliques offrent d'abord et surtout des récits de phénomènes, à la fois simples et hors du commun : manifestations, apparitions, signes et miracles, éblouissements, des ténèbres obscures et une Résurrection. On peut par principe les récuser comme des fables, mais en stricte philosophie et phénoménologie tout ce qui se manifeste doit, avant qu'on juge de son (in-) existence, se décrire.
D'où l'essai de décrire ce que les textes bibliques proposent obstinément à voir. Ainsi s'est ouverte une nouvelle définition de la connaissance : non plus accepter ce que l'on a d'abord cru comprendre, mais voir (on non) ce que d'abord on accepte (ou refuse) de recevoir, en renversant l'ordre de l'entendement et de la volonté. Ce qu'Augustin a thématisé d'une formule : « On n'entre dans la vérité que par la charité ».
Et alors, même l'être et le temps peuvent se recevoir comme ils se donnent : non dans la clôture de notre monde, mais comme un don d'ailleurs. Car c'est dans cet ailleurs que nous vivons, respirons et même sommes.»

Jean-Luc Marion a publié, chez Grasset, L’Idole et la distance, Le Phénomène érotique, Certitudes négatives et Brève apologie pour un moment catholique. Spécialiste de Descartes et de l’histoire de la philosophie moderne, phénoménologue, il a enseigné à l’Université Paris-Sorbonne et au département de philosophie de l’Université de Chicago. Son œuvre philosophique est traduite dans de nombreux pays.

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samedi 10 octobre 2020

Eleonora Alfano : Dieu est Rien. La métaphysique matérialiste de Dom Deschamps

 L'Harmattan - Octobre 2020


C'est au sein d'une ancienne tradition philosophique et théologique, se trouvant à la fois à l'origine de la pensée canonique chrétienne et de ses manifestations les plus hétérodoxes, que le moine Deschamps a puisé les principes de sa métaphysique matérialiste, dont l'esprit rationaliste et sensualiste des Lumières n'a pas saisi l'ascendance ou la portée novatrice. Le système deschampsien représente un cas rare en métaphysique où sont simultanément affirmées l'immanence et la finitude de l'univers (Le Tout) ainsi que l'existence négative du principe transcendant la réalité (Tout). La coïncidence entre les contradictoires Dieu et Rien, principe dialectique aussi bien « novateur » que plein de réminiscences, permet à cet athée éclairé de concilier les théories matérialistes et athées les plus radicales avec des thèmes de la mystique spéculative.

Eleonora Alfano est doctorante en philosophie de l'Università degli studi di Roma « Tor Vergata » et de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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mardi 29 septembre 2020

Francis Herbert Bradley : Apparence et réalité. Essai de métaphysique

 Hermann - Octobre 2020


Longtemps négligée dans un siècle qui fut oublieux, la philosophie de Francis Herbert Bradley, qui a pourtant eu une influence notable dans la gestation du pragmatisme américain, l’émergence du néo-réalisme anglais et suscité quelques réflexions notables dans la philosophie réflexive française du XXe siècle, a été redécouverte dans les pays anglo-saxons depuis une trentaine d’années. Publié initialement en 1893, puis réédité avec des notes substantielles en 1897, Apparence et réalité, ouvrage-phare du mouvement idéaliste britannique de la fin du XIXe siècle, est le livre le plus connu du philosophe, et l’ouvrage de métaphysique sur lequel toute une génération de philosophes s’est interrogée.
Cet essai, devenu un classique indispensable de la philosophie britannique, n’avait jamais été traduit en français.

Francis Herbert Bradley (1846-1924) est un philosophe britannique et le principal représentant de l'idéalisme anglo-saxon. Sa pensée métaphysique se fonde sur une conception moniste de la réalité.

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mercredi 17 juin 2020

Augustin Dumont : Le néant et le pari du possible. Puissances de l'idéalisme allemand

Hermann - Juin 2020 - Le Bel Aujourd'hui


A partir d'une relecture du Faust de Goethe, cet essai s'attache à suivre le chemin de crête conduisant d'un sommet de la métaphysique allemande à l'autre avant de faire halte dans le lyrisme hölderlinien. L'objectif de cette pérégrination est d'interroger à nouveaux frais la complicité inédite qui se noue dans l'idéalisme allemand entre la rénovation indissociablement critique et métaphysique du " possible " et les actes imaginatifs par lesquels les auteurs de cette tradition ont affirmé leur liberté contingente de s'inventer moderne. Entre les deux se glisse l'ombre de Méphistophélès et d'une négativité intransigeante avec laquelle il leur a fallu composer, assumant chacun à sa manière les conséquences du " pacte " qu'il aura signé avec elle. A rebours de la fascination si fortement réactivée aujourd'hui, de part et d'autre du " divide " analytique/continental, pour l'autosuffisance logico-discursive du discours philosophique, les coupes transversales du moment classique allemand proposées ici visent à réveiller la dimension essentiellement problématique du geste réflexif. Chemin faisant, c'est tout à la fois la force et la précarité de notre imagination configuratrice d'un monde habitable et partageable qui se voit repensée dans sa foncière indétermination.

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mardi 9 juin 2020

Benoît Donnet : La métaphysique

Ellipses - Juin 2020 - Pas à pas


Considérée dans son histoire, la métaphysique désigne tant un corpus de thèmes et de thèses qu'une certaine compréhension de la tâche propre de la pensée. Dès lors, on ne saurait être attentif à ce qui se passe en métaphysique qu'en assumant une double ambition : connaître et lire les textes de la tradition, méditer ce qui les anime et les motive comme leur centre dérobé. 
Soumise à un tel examen, la métaphysique peut apparaître comme la tentative toujours renouvelée et jamais accomplie d'assigner à ce qui est un fondement ou un principe. Mais elle pourra aussi s'avérer comme la découverte progressive, toujours plus radicale, d'une vérité absolue : celle du Soi, de la vie propre à la conscience philosophante, qui s'avance et se reconnaît peu à peu dans la suite historique de ses affirmations comme leur contenu même. 
Cette alternative sera alors décisive : la métaphysique devra-t-elle être tenue pour une errance sans issue entre des positions toujours destituables, ou comme la marche de la pensée vers la connaissance enfin véritable du sens que revêt au fond son intime vocation à nommer, dans ce qui est, l'ultime ? 

Normalien, docteur et agrégé de philosophie, Benoît Donnet est actuellement professeur de classes préparatoires à Clermont-Ferrand.

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mardi 12 mai 2020

Vincent Holzer et Jérôme de Gramont (dir.) : La Révélation. Lectures philosophiques et théologiques

Hermann - Mai 2020


Lorsque, le 15 avril 1630, dans une lettre adressée à Mersenne, Descartes décréta que révélation et théologie étaient des réalités non seulement réversibles mais identiques, le destin philosophique de la notion de révélation fut scellé et consommé. L’identité posée entre théologie et révélation est un événement instaurateur, une décision philosophique et nullement théologique. Elle a pour conséquence de ne laisser à la théologie qu’un espace de plus en plus réduit, jusqu’à ce qu’il devienne indiscernable et relègue ainsi la théologie hors de toute vérification rationnelle. Si la théologie est identique à la révélation, elle n’en est plus l’interprète puisqu’elle se confond totalement avec son objet. Cette identification tendancielle laisse le champ libre à l’investigation philosophique qui s’empare du concept de révélation et le soumet à la critique. Ce faisant, théologie et philosophie ne peuvent plus se rencontrer puisque, pour théologiser, il faudrait « être plus qu’un homme ». Lorsque Kant réclame une « théologie de la raison », il réclame que la révélation ne soit plus conçue comme un phénomène. C’est à cet endroit que la théologie impose une résistance qui va lui permettre de renaître, réclamant que le rapport de l’Idée au phénomène se résolve selon les dimensions propres à un événement de révélation qu’aucune théologie naturelle ou rationnelle ne peut raisonnablement épuiser.

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samedi 21 mars 2020

Georg Simmel : Méditations sur la vie. Quatre chapitres métaphysiques

Circé  - Mars 2020


Simmel entreprend à la fin de sa vie quatre méditations. Il y présente sa propre philosophie. Il s'engage dans une réflexion sur la vie humaine dans son élan incessamment renouvelé, mais aussi sur les formes où cet élan se dépose, qui constituent les oeuvres de la culture : les institutions, les réalisations de la technique ou l'art. En considérant ce qui excède la vie, Simmel fait place à la négativité. Penser la mort à même la vie, c'est considérer la finitude, mais aussi la condition de la culture. La mort est ce qui sépare l'individu, qui rend les mondes partagés nécessaires. Et si, étant mortels, les êtres sont individuels, quelle serait la morale pour un individu séparé, sinon de tâcher de suivre sa propre loi ? Comment penser jusqu'au bout l'individualisme de notre modernité ?

Georg Simmel, né en 1858 à Berlin et mort en 1918 à Strasbourg est un philosophe et sociologue allemand. Sociologie et philosophe atypique et hérétodoxe, Georg Simmel dépasse les clivages, pratiquant l'interdisciplinarité avant l'heure.

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vendredi 28 février 2020

Marie-Clotilde Roose : Désir d'être et parole poétique

L'Harmattan - Février 2020


La parole poétique jaillit-elle du désir d'être ? La phénoménologie de Mikel Dufrenne est confrontée à la lecture de poètes. L'expérience poétique est décrite par Dufrenn, pour en analyser les conditions de possibilité, et formuler l'hypothèse de son origine, s'inspirant de Spinoza lu par Schelling : une Nature au double visage, tantôt bienveillant tantôt aveugle. Ici la tentation métaphysique de passer du transcendantal à l'ontologique fait l'objet d'une critique. La question vise alors l'éthique du désir du sujet, auquel répond l'éclairage de psychanalystes. Enfin, la nature du désir d'être se précise à l'écoute des textes des poètes.

Marie-Clotilde Roose est enseignante et chargée de cours à l'UCLouvain. Sa thèse de doctorat, Désir d'être et parole poétique. De la tentative phénoménologique à la tentation métaphysique (Lyon 3) a obtenu le Prix Charles Plisnier (Essai, 2006).

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vendredi 7 février 2020

Henry More : Manuel de métaphysique. Ou dissertation courte et claire sur les substances incorporelles

Les Belles Lettres - Février 2020 - Encre marine


Henry More est le plus connu des Platoniciens de Cambridge et l’Enchiridion Metaphysicum, son dernier ouvrage, représente l’accomplissement de sa pensée. Il s’agit d’une enquête métaphysique dont le principal objectif est d’établir l’existence d’une substance immatérielle, d’une âme du monde, sorte d’intermédiaire entre Dieu et le monde par laquelle les choses agissent. More nous invite ainsi à découvrir la vraie métaphysique qui consiste en la découverte de la nature véritable de l’étendue des êtres spirituels comme Dieu, les anges et les démons, l’espace, les âmes individuelles des hommes ou des bêtes. Ce manuel de métaphysique prend appui sur le mécanisme cartésien pour mieux le contredire et démontre que l’extension spirituelle est la principale qualité des esprits. Cette doctrine conduira More à re-diviniser l’espace pour l’instituer à l’instar des kabbalistes de l’école de Safed, comme lieu de la possibilité de l’existence du monde. More montre ainsi les limites des mécanismes d’Hobbes et de Descartes tout en essayant de composer avec d’autres savants mécanistes tels que Robert Boyle et Robert Hooke. Quelques années plus tard, à Cambridge, Newton, sur les pas d’Henry More, pensera la nature de son espace physique comme un espace de nature divine, comme un Sensorium Dei.

Françoise Monnoyeur est Docent en philosophie (Associate Professor). Elle enseigne la philosophie et l’histoire des sciences en France, aux États-Unis et en Suède. Elle est chercheur associée au centre Jean Pépin, Paris, France. Ses principaux ouvrages portent sur Descartes, l’infini, la matière, la vie.

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