Pour remonter aux racines de la « crise environnementale » et de nos difficultés à y faire face, sans doute importe-t-il de questionner l'anthropocentrisme qui structure notre rapport au monde. C'est-à-dire, le système de valeurs et de représentations qui place l'humain en son centre orbital. Ce livre, inscrit dans le champ de recherche de l'écophénoménologie, se propose de contribuer à cette réflexion par l'exploration de l'expérience vécue de la nature. C'est-à-dire, l'expérience sensible et immédiate d'un monde vivant, un monde plus qu'humain partagé par une multitude de formes de vie. Notre mode d'être fondamental, proposons-nous de le comprendre, est celui de la participation. Comme ont pu le révéler les analyses phénoménologiques de Merleau-Ponty, avant même que nous puissions nous saisir d'un « je » - distinct du monde comme de son corps - une part de nous-mêmes se trouve déjà et toujours en prise avec les choses. Ainsi, l'expérience de participation nous ramène à notre condition de vivant et donne chair à l'idée d'un « soi écologique ». Plus encore, elle s'invite au coeur de la quête de la vie bonne et offre un fondement sensible à l'engagement éthique et politique. En définitive, soutenons-nous, la clé de la « transition écologique » est à rechercher d'abord dans la qualité de notre présence au monde.
Christophe Gilliand est docteur en Science de l'environnement et en Philosophie pratique des universités de Lausanne et de Paris-Est. Inscrites dans le champ de l'écophénoménologie, ses recherches se concentrent sur la description de l'expérience vécue de la nature. Au croisement de l'éthique et de l'esthétique environnementales, il s'interroge sur la dimension pratique et affective d'une transition vers d'autres façons d'habiter le monde.
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