mercredi 30 septembre 2020

Robert Tirvaudey : Esthétique de l'existence. Ou comment faire de sa vie une œuvre d'art. Essai sur Michel Foucault

 L'Harmattan - Septembre 2020


Avec l'« esthétique de l'existence », il n'y a pas de coupure chez Foucault, ses oeuvres renvoyant à une « histoire du sujet ». Tous les registres du rapport à soi confirment le lien entre esthétique et éthique. L'« esthétique de l'existence » n'est pas la production d'une beauté artistique, mais une tekhné au sens artisanal. La déconstruction du sujet traditionnel mène à sa réinvention sur un plan pratique. Dès lors, la philosophie devient thérapeutique et vise une reconversion. Pour Foucault, l'oeuvre dont il faut se soucier, c'est soi-même. Par un travail critique sur soi, il s'agit de se construire, de forger une oeuvre. L'« esthétique de l'existence » est donc une éthique : celle du sujet contraint de se définir lui-même. Ce que Foucault retient des Grecs, c'est qu'il s'agit de mieux se gouverner. « Être soi », c'est s'appartenir. La philosophie vise la belle vie. En cela, Foucault est philosophe.

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Marie-Laurence Desclos (dir.) : La Poésie dramatique comme discours de savoir

 Classiques Garnier - Septembre 2020


Deuxième volet du programme « Le problème de la réappropriation par la philosophie des discours de savoirs antérieurs », il s'agit dans cet ouvrage d'étudier les compositions des poètes, qu'il s'agisse de la poésie épique historique (Choérilos de Samos), de la tragédie (Eschyle, Sophocle, Euripide) et de la comédie (Aristophane). Quelles relations entretenaient-ils avec leurs prédécesseurs de l'époque archaïque ? Quels sens donnaient-ils aux mots sophos, sophia ou sophistès ? De quels types de savoirs se faisaient-ils les passeurs ou les promoteurs ? Savoirs anciens qu'ils pouvaient se réapproprier tout en les transformant ; savoirs qui, parfois, pouvaient entrer en conflit ; savoirs nouveaux, enfin, dont ces poètes étaient les promoteurs.

Marie-Laurence Desclos est professeur à l'université Grenoble Alpes. Elle a notamment publié Aux marges des dialogues de Platon : essai d'histoire anthropologique de la philosophie ancienne ; La Poésie archaïque comme discours de savoir, et coédité La Sagesse présocratique. Communication des savoirs en Grèce archaïque : des lieux et des hommes.

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Dorian Astor : La passion de l'incertitude

L'Observatoire de l'Editions - Septembre 2020


Contre les opinions trop assurées et les convictions aveugles, contre ce germe de fanatisme qui couve sous toute certitude trop tranchée, le philosophe Dorian Astor fait l'éloge de l'incertitude, entre souffrance et légèreté. Partant de cet aphorisme provocant de Nietzsche : « Ce n'est pas le doute qui rend fou, c'est la certitude », Dorian Astor s'est mis en quête d'un scepticisme heureux à la Montaigne - il sait toutefois que l'incertitude reste une inquiétude inhérente à la vie et aux signes équivoques du monde, tissée de crainte, de courage, mais aussi de curiosité passionnée. Il l'a traquée chez les animaux, chez les humains, en lui-même, loin des procédures classiques d'établissement de vérités certaines. Se faisant tour à tour moraliste, éthologue, anthropologue, psychologue, romancier, poète, le philosophe dissèque, d'une écriture aussi subtile que lumineuse, la passion de l'incertitude - sans être assuré du sens qu'il faut retenir du terme « passion » : grand amour ou martyre... ?

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mardi 29 septembre 2020

Sylvain Roux : Homère et les philosophes

 Hermann - Septembre 2020


L’œuvre d’Homère n’a jamais laissé indifférent. De nombreux philosophes, depuis l’Antiquité, y ont puisé des éléments visant à nourrir leurs recherches propres. Ils ont par exemple réfléchi sur les situations vécues par certains personnages ou sur leur caractère, mais ils ont aussi cherché, par un travail d’interprétation, à saisir le sens des textes du poète ou à en critiquer le contenu. En éclairant l’usage que les philosophes font de l’œuvre d’Homère, il ne s’agira pas ici de proposer une interprétation de celle-ci ou d’en renouveler la lecture. Il s’agira plutôt de rendre possible une autre approche de la philosophie, de permettre une compréhension différente des philosophes qui ont manifesté un intérêt particulier pour Homère. Car la présence de ce dernier dans les œuvres philosophiques nous renseigne tout autant sur elles que sur l’œuvre d’Homère elle-même. Pourtant, peu d’études contemporaines ont cherché à proposer une analyse approfondie et systématique de cette présence dans l’histoire de la philosophie alors que la réception et l’usage de l’œuvre d’Homère ont donné lieu à de nombreux commentaires dans le champ des études littéraires, linguistiques, historiques ou anthropologiques. C’est à combler ce manque que cet ouvrage est en partie consacré.

Sylvain Roux est professeur de philosophie ancienne à l’université de Poitiers et membre du laboratoire « Métaphysique allemande et philosophie pratique » (université de Poitiers). Ses travaux portent sur le platonisme ancien, particulièrement sur Plotin et le néoplatonisme et sur les prolongements de la pensée ancienne dans la pensée française contemporaine. Il a notamment publié La recherche du principe chez Platon, Aristote et Plotin (2004), L’être et le substrat. Essai sur Plotin et la métaphysique (2017) et La Réserve de l'être – Actualités du platonisme (2017).

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Francis Herbert Bradley : Apparence et réalité. Essai de métaphysique

 Hermann - Octobre 2020


Longtemps négligée dans un siècle qui fut oublieux, la philosophie de Francis Herbert Bradley, qui a pourtant eu une influence notable dans la gestation du pragmatisme américain, l’émergence du néo-réalisme anglais et suscité quelques réflexions notables dans la philosophie réflexive française du XXe siècle, a été redécouverte dans les pays anglo-saxons depuis une trentaine d’années. Publié initialement en 1893, puis réédité avec des notes substantielles en 1897, Apparence et réalité, ouvrage-phare du mouvement idéaliste britannique de la fin du XIXe siècle, est le livre le plus connu du philosophe, et l’ouvrage de métaphysique sur lequel toute une génération de philosophes s’est interrogée.
Cet essai, devenu un classique indispensable de la philosophie britannique, n’avait jamais été traduit en français.

Francis Herbert Bradley (1846-1924) est un philosophe britannique et le principal représentant de l'idéalisme anglo-saxon. Sa pensée métaphysique se fonde sur une conception moniste de la réalité.

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Benny Lévy : La Pensée du Retour après Rosenzweig et Levinas

 Verdier - Octobre 2020


Déployer la pensée du Retour, en affirmer la possibilité et lever tout ce qui y fait obstacle, à travers la lecture exigeante des textes fondamentaux de Levinas, tel est l’enjeu de ce séminaire, le dernier qu’a donné Benny Lévy.
Pour autant qu’elle naît dans l’exil, la pensée du Retour commence dans la philosophie, et pour autant que sa visée est précisément le Retour à ce lieu de la Réception, à savoir l’enseignement du Sinaï, elle est explicitement antiphilosophique.
Ce séminaire constitue la chair, le matériau à partir duquel fut rédigé Être juif.

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dimanche 27 septembre 2020

Marion Zilio : Le livre des larves

 PUF - Septembre 2020


Il n'y a rien de plus répugnant qu'une larve. Pourtant, leur grouillement anonyme, dénué de toute pensée, exprime un état fondamental du monde : celui de la transformation permanente de la vie. Plonger dans le monde des larves, c'est plonger dans le coeur mouvant, luisant, blafard, de la matière dont tout est fait, à commencer par nous. Mais, en nous en rapprochant, ce n'est pas une horreur que le spectacle des larves révèle. Au contraire, elles nous apprennent que la putréfaction dont elles sont le symbole dessine la scène d'un devenir autre, où le plus hideux reçoit la chance de donner naissance au plus beau. À la fois esthétique, éthique, économique, politique et ontologique, nourri d'art, d'entomologie, de culture populaire et des derniers développements de la pensée contemporaine, le Livre des larves est une traversée fascinante de l'espace paradoxal où naissent et croissent les larves, et où s'effondrent les évidences les mieux partagées à propos de ce que nous croyons être. Car nous ne sommes rien d'autre, en réalité, qu'une larve qui a réussi.

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Yann-Hervé Martin : La fragilité assumée. Cinq méditations sur la précarité des choses

 Salvator - Septembre 2020


Une très ancienne légende juive raconte que Dieu, étant enfin parvenu à créer ce monde, aurait eu ces paroles inquiètes : « Pourvu qu'il tienne!» Le monde, notre monde, serait ainsi essentiellement fragile et, pour le faire tenir, Dieu aurait besoin de l'homme dont l'existence même, pourtant, est instable et désordonnée. Mais l'homme vulnérable, c'est aussi l'homme capable de prendre ses responsabilités devant les désordres du monde et d'incarner ainsi la figure du Juste. Pour y conduire, ce petit livre propose un cheminement en cinq étapes ou plutôt en cinq variations sur un même thème : celui de la précarité des choses, qu'il s'agisse de nos affaires morales, de nos responsabilités politiques ou de notre vie intérieure. 

Yann-Hervé MARTIN est agrégé de philosophie. Il a enseigné en classes préparatoires et il est l'auteur du Petit traité de la liberté intérieure (préface de Rémi Brague, Le Passeur, 2014), de La saveur de la vie ou la grâce d'exister (Salvator, 2012), d'essais à plusieurs voix et de romans. Il est membre de l'Académie d'Alsace, des sciences, lettres et arts.

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Claude Lafleur : La « Vieille logique » des Communia. Version parisienne du Pseudo-Robert Grosseteste

Vrin / Presses de l’Universite Laval - Septembre 2020 - Zêtêsis


Ce livre fournit – avec présentation, annotation, appendices, bibliographie et index – l’édition critique et la traduction française de la, jusqu’ici inédite, Vieille Logique (Vetus Logica) tout uniment intitulée Points communs de logique (Communia logice) dans le manuscrit 16617 du fonds latin de la Bibliothèque nationale de France à Paris – l’appellation Pseudo-Robert Grosseteste étant tirée d’une attribution (fautive) d’un second manuscrit, salmantin.
Le manuscrit 16617 est singulier parce que, encore considéré aujourd’hui comme « d’une suprême importance pour l’histoire de la logique au XIIIe siècle », il a été originellement conçu et constitué comme document relatif au trivium (logique, grammaire, rhétorique) par Pierre de Limoges, un des premiers sociétaires du Collège de Sorbonne (maître ès arts au moins dès les années 1260), et légué par lui (†1306) à cette illustre institution, où – déjà en accord avec la perspective prévalant toujours aujourd’hui – ce document fut enchaîné sans doute pendant plus d’un siècle « inter libri logicales » dans la Grande bibliothèque, c’est-à-dire en tant que livre de référence pour la logique dans la Libraria communis.
Ces Communia logice sur la « Vieille Logique », qui s’ouvrent par un débat sur la nécessité de cette dernière, constituent un riche texte didascalique en forme de polycommentaire questionné – sur l’Introduction de Porphyre, les Catégories et le De l’interprétation d’Aristote, l’Anonyme Six principes, les Différences topiques et le Livre des divisions de Boèce – à rapprocher de la production artienne de Pierre d’Auvergne (recteur de l’Université de Paris en 1275), devenu lui aussi sociétaire du Collège de Sorbonne.
Pour compléter ce cycle de publications originales d’une précieuse archive didactique de la deuxième moitié du XIIIe siècle, d’autres volumes suivront.

Claude Lafleur, professeur titulaire, enseigne, depuis 1988, la philosophie médiévale à la Faculté de Philosophie de l’Université Laval (Québec), où Joanne Carrier est professionnelle de recherche depuis 1989.

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samedi 26 septembre 2020

Christophe Bouriau et Jochen Sohnle (dir.) : La dimension kantienne de l'État de droit. Approches juridiques et philosophiques

Presses universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine - Septembre 2020


Sans Kant, la notion actuelle de l'État de droit serait inconcevable, telle est l’hypothèse de départ du présent livre. Le fondement kantien de la notion, développé, enrichi, mis en cause également, est ici examiné par Hegel, Léon Duguit, Ernst Cassirer, Hans Kelsen, Hannah Arendt, Niklas Luhmann, Jürgen
Habermas et Ingeborg Maus. La présentation théorique et historique de la notion d’État de droit est complétée par l’analyse, plus pratique, de la manière dont la font vivre les juges des Cours européennes. L’originalité du volume, au carrefour de la philosophie politique, de la théorie de l’État et de la pensée juridique, consiste dans le regard croisé que philosophes et juristes portent sur cette notion. Il montre à quel point les deux champs disciplinaires ont aujourd’hui besoin l’un de l’autre.

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Miguel de Unamuno : Traité de cocotologie

Les Editions de Paris - Max Chaleil - Septembre 2020


Sous une forme à la fois savante et ironique, le Traité de cocotologie établit une nouvelle discipline du savoir : la science des cocottes en papier. Anatomie, sexualité, origine et finalité : la cocotte est abordée ici dans les divers aspects de son être jusqu'à nous livrer tous ses secrets, son mystère enfin. Car ce jeu enfantin, cette pure projection géométrique, ce tripode parfait illustrent également les heureux desseins de la Providence en nous faisant douter de la notion même d'évolution et de progrès.

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Harold Bernat : Asphyxie. Manuel de désenfumage pour notre temps

 L'escargot - Septembre 2020


Nous sommes tous en overdose de commentaires. Partout dans les médias, les « maîtres causeurs » nous pompent l'air : communicants, éditorialistes, consultants business, experts politistes. Ces faiseurs d'opinion nous ennuient d'interminables sophismes. Tous passent de l'exemple à la généralité avec une mauvaise foi bien commode. Exemple : l'énervement d'un homme en gilet jaune devient le populisme, la colère d'un autre la haine de la démocratie. Eteindre la télé ne suffit pas. Il faut démanteler leur monde. Comment s'y prendre ? Le monde des « maîtres causeurs » n'est pas simplement une option économique que l'on pourra corriger avec des plans de croissance mieux maîtrisés. Ils ont avec eux la force de l'évidence et les lois du marché, leurs bouées de com et leurs sourires gonflables. Nous devons créer notre propre oxygène, inventer même notre façon de respirer. Cet essai propose une expérience de désenfumage collectif. Chaque chapitre passe au crible de la critique les intoxications des plus grands sophistes de l'hexagone. En renouant avec la pensée de Baudrillard et la tradition debordienne, Harold Bernat ouvre les fenêtres et laisse entrer un air neuf. Nous devons nous désenfumer, et vite. Car nous venons de plus loin, d'un autre horizon, d'une autre tradition de pensée. En somme, d'un autre air. 

Harold Bernat est professeur agrégé de philosophie. Né en 1975, il a déjà publié Vieux réac ! Faut-il s'adapter à tout ? (Flammarion, 2012) et Le néant et la politique : Critique de l'avènement Macron (L'échappée, 2017).

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vendredi 25 septembre 2020

Christian Sachse : Philosophie de la biologie. Enjeux et perspectives

Presses Polytechniques - Septembre 2020


Cet ouvrage propose un panorama complet des débats contemporains en philosophie de la biologie. Il consacre une large place à la présentation des principes fondateurs de la théorie de l'évolution et des principaux concepts et lois génétiques, ainsi qu'à l'examen des questions posées par la sélection naturelle comme par la notion de fitness et l'unité de sélection. L'auteur discute en ces pages la définition du vivant et la notion de fonction biologique, et développe notamment une conception causale et mécaniste des processus biologiques dans une perspective réductionniste originale. Clair et didactique, cet ouvrage résume systématiquement l'état actuel des connaissances, présente les différents concepts et positions, propose une évaluation des résultats et montre que les questions ouvertes dépassent largement le seul cadre de la biologie. Il vise ainsi à contribuer au développement d'une philosophie de la biologie nouvelle, en lien étroit avec la philosophie des sciences dans son ensemble.

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Sylvaine Gourdain : Transformations de l'image. Les images et l'éthos de l'existence

 Mimesis - Septembre 2020


L'image n'est jamais neutre, qu'elle soit produite par l'imagination ou qu'elle s'origine dans le monde lui même : loin de seulement l'illustrer ou le refléter, elle ne cesse de former, déformer et transformer le réel. Les contributions de ce volume portent sur les différentes modalités de ces transformations de l'ethos et de l'humanité même de l'homme qu'engendrent les images en perturbant, interrompant, déplaçant et ébranlant notre rapport au monde. À partir d'auteurs aussi variés que Spinoza, Nietzsche et Merleau-Ponty, elles montrent comment les multiples types d'images viennent moduler et bouleverser notre façon spécifiquement humaine d'habiter le monde.

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Emanuela Scribano : Anges et bienheureux. La connaissance de l’infini de Thomas d’Aquin à Spinoza

Librairie Philosophique Vrin - Septembre 2020


C’est en puisant dans les ressources de la pensée médiévale que la philosophie moderne a élaboré ses propres théories de la connaissance, à la fois inédites et empruntées. La connaissance des anges et celle des bienheureux constituent deux modèles qui ont présidé au destin de la philosophie au XVIIe siècle. Le choix de l’un ou de l’autre de ces modèles, le choix de l’un contre l’autre, engage le fait de déterminer dans quelle mesure un esprit fini doit par ticiper au divin pour accéder à la vérité, notamment à la connaissance vraie de l’infini. Ni ange ni bienheureux, à quelle connaissance l’homme aura-t-il accès? Dans cet ouvrage, Emanuela Scribano interroge la philosophie moderne à partir de choix fondamentaux qui délimitent le lieu propre du savoir humain.

Traduction de Juliette Morice

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Jean-Baptiste Vuillerod : Hegel féministe. Les aventures d'Antigone

Librairie Philosophique Vrin - Septembre 2020


La pensée de Hegel n’est-elle pas l’emblème et le symbole de la manière dont la philosophie, sous couvert d’arguments rationnels, a légitimé dans l’histoire la domination masculine et l’exclusion des femmes hors du progrès de l’esprit? C’est précisément ce présupposé, longtemps partagé, que ce livre voudrait contribuer à nuancer et à corriger.
Prenant acte de la réappropriation récente de la philosophie hégélienne dans certains débats féministes contemporains, il entreprend à la fois une clarification et une actualisation sur cette question. À cette fin, il prend pour point de départ la figure d’Antigone discutée dans la Phénoménologie de l’esprit et propose à partir de là une lecture des grands textes hégéliens et de certaines parties du système. La lutte pour la reconnaissance entre hommes et femmes en vient à transformer en profondeur la fameuse dialectique du maître et de l’esclave et ouvre la perspective d’un dialogue entre féminisme et hégélianisme. Il en ressort que l’ironie féminine de la communauté, dont Antigone était la représentante dans le monde grec, paraît plus que jamais faire référence à notre présent.

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lundi 21 septembre 2020

Michel Serres : Mes profs de gym m'ont appris à penser

Cherche Midi - Septembre 2020


"Considérons le sport en tant que processus d'humanisation. Nous ne serions pas les hommes que nous sommes s'il n'y avait pas eu au début le contrat, le lien social, matérialisés par le ballon, ce traceur de relations – viennent ensuite les décisions juridiques prises par l'arbitre. L'idée que la violence puisse être régie par des règles strictes auxquelles tout équipier obéit est l'hominisation par excellence. Arrêter le geste de violence, comme Dieu arrête le bras d'Abraham sur Isaac, c'est cela qui donne naissance à l'humanité.
Quant au spectateur de cette scène incroyablement politique et religieuse, il peut apprendre sur le stade, comme dans une faculté de droit, le collectif sans texte, la tragédie sans texte et le droit sans texte. Il y a là, en modèle réduit, tout ce que l'on peut souhaiter en pédagogie des sciences humaines." MS

Michel Serres compte parmi les rares philosophes sportifs. Son éloge du sport est fondé, sa philosophie du sport est incarnée. L'enseignant qu'il a été confère à l'éducation physique des vertus pédagogiques spécifiques et efficientes pour contribuer à faire de la jeunesse des adultes au corps sain et à la tête bien faite, selon les mots de Montaigne. Dans le sport se jouent notre modèle de société, notre rapport au corps et à la technique.

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Aurélien Aramini : Le matérialisme militant chez Lénine

H Diffusion - Septembre 2020


Tout en réaffirmant les thèses fondamentales d'une ontologie matérialiste radicale contre les tentatives de « révision » du marxisme, l'originalité de la pensée de Lénine consiste à inscrire la défense du matérialisme dans la perspective de la lutte des classes. Ni abstrait ni opportuniste, le propos de Lénine pose ainsi les conditions qui permettent de militer, en matérialiste, pour le matérialisme.

Aurélien Aramini est agrégé et docteur en philosophie, il enseigne au lycée Gustave Courbet de Belfort, il a publié avec Florian Gulli, Une Introduction à la pensée de Lénine (2017).

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Muriel Prévot-Carpentier, Massimiliano Nicoli, Luca Paltrinieri (dir.) : Le philosophe et l'enquête de terrain. Le cas du travail contemporain

 Octarès - Septembre 2020


Dans le contexte que nous vivons, de forte conflictualité autour du travail et de son avenir, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage font partie de celles et ceux qui pensent que la philosophie doit se rapprocher de cette thématique longtemps délaissée ou considérée comme résiduelle en philosophie politique et sociale. Cependant, la reconnaissance de centralité du travail dans l’agenda philosophique nécessite une remise en question du rapport de la philosophie aux sciences humaines et sociales, et en particulier à la sociologie, l’économie ou la psychologie et l’ergonomie, qui ont fait du travail humain un terrain d’enquête empirique. Si le rapport de la philosophie aux sciences humaines et sociales a déjà fait l’objet de discussions, nous nous y attachons sous un angle caractéristique : celui de l’interrogation philosophique de la notion et de la pratique du « terrain », à travers les questions du travail.
Alors que la philosophie elle-même devient une pratique au sens d’un travail conduit de plus en plus sur des « matières » qui lui sont « étrangères » (Canguilhem), l’ambition n’est pas de fournir de réponse définitive mais bien plus d’ouvrir un chantier sur la pratique philosophique elle-même et ses multiples hybridations. En refusant toute position de surplomb du philosophe et en s’intéressant aux cas où la philosophie elle-même est productrice d’une connaissance spécifique et située du travail, l’ouvrage conteste ainsi la division du travail entre « sciences du social » et spéculation philosophique.

Rassemblant des chercheur.e.s jusqu’alors relativement isolés dans leur pratique et dans leur posture épistémologique, cet ouvrage intéressera des universitaires ou intervenant.e.s dans le champ du travail ainsi que les épistémologues préoccupé.e.s par les questions de l’enquête en philosophie et plus largement dans les sciences humaines et sociales. Pour leur propre réflexivité ou leur professionnalité, les étudiant.e.s en philosophie, sociologie, psychologie ou ergonomie pourront également être interpellé.e.s par les différentes manières d’aborder ces questions, que ce soit en faisant émerger la pensée des pratiques, en opérant des croisements disciplinaires entre sciences du travail et philosophie ou allant vers un usage ergologique.

Les coordinateurs :
Muriel Prévot-Carpentier, philosophe et ergonome.
Massimiliano Nicoli, philosophe.
Luca Paltrinieri, philosophe.

Les contributrices et contributeurs :
Alexandra Bidet, sociologue ;
Gaspard Brun, philosophe ;
Pierre-Louis Choquet, géographe ;
Mariagrazia Cairo Crocco, philosophe ;
Liliana Cunha, psychologue du travail ;
Flore Garcin-Marrou, philosophe du théâtre ;
Eric Hamraoui, philosophe ;
Marianne Lacomblez, psychologue du travail ;
Yves Schwartz, philosophe ;
Nial Tekin, sociologue ;
Christiane Vollaire, philosophe.

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dimanche 20 septembre 2020

Michel Guérin : Expérience et intention

Presses de L'Université de Provence - Septembre 2020


Créer suppose la réunion de deux sortes de savoir : commencer et continuer. Une condition indispensable pour la création est d'abord qu'elle soit voulue, résulte d'une intention vive. Cette dernière situe au plus loin du vœu pieux ou de la chimère, car il lui faut composer, sans rien céder d'essentiel, avec des conditions souvent imprévisibles. Ce n'est qu'à ce prix qu'une création touche le réel et satisfait ensemble à deux partis pris : celui de la liberté et celui des choses. L'expérience est une traversée qui enseigne la limite et sa transgression. L'esprit aussi bien que le cœur, voire le corps lui-même, ont à se frotter à une extériorité multiple. L'intention qui préside à l'acte créateur, loin d'être figée comme un a priori, ressemble à un axiome souple apte à s'infléchir sans perdre sa ténacité. L'intentionnalité se reconnaît, trempée par l'expérience, à son art de serpenter. La création est une négociation, mais pas un compromis. Ni le réel n'admet d'être dénié, ni le vouloir d'être rogné. C'est ce que s'efforcent de rendre manifeste six chapitres, six accès au problème : par l'origine, par l'émotion, par l'expérience, par le jeu, par le médium, par le lieu enfin, demeure de l'œuvre.

Michel Guérin, professeur émérite d'AMU et membre honoraire de l'Institut universitaire de France, est écrivain et philosophe. Auteur de quelque trente ouvrages théoriques, sa réflexion porte essentiellement sur la question du geste et développe une problématique de la figuration et de la création.

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Robert Chenavier : André Gorz. Fonder l'écologie politique

Editions Michalon - 17 septembre 2020 - Le bien commun


Parti d'une philosophie du sujet d'inspiration phénoménologique, suivie d'une tentative de refondation du marxisme, André Gorz (1923-2007) devait rencontrer le mouvement écologiste. L'écologie, cependant, ne peut qu'être politique, plus radicale que celle qui est défendue par les courants qui entendent se limiter à la protection de la nature. L'écologie politique naît d'une protestation spontanée contre la destruction de la « culture du quotidien » qui constitue notre milieu de vie. L'exigence de libération implique une dimension écologique, mais à partir d'une critique du capitalisme, de la rationalité économique devenue envahissante, et d'une réflexion novatrice sur les conséquences des « métamorphoses du travail ». Par le réenracinement de la théorie critique dans une phénoménologie appliquée, l'oeuvre de Gorz représente une entreprise unique dans la pensée contemporaine.

Agrégé et docteur en philosophie, Robert Chenavier est l'auteur de "Simone Weil. Une philosophie du travail" (Cerf, 2001) et de "Simone Weil, l'attention au réel" (Michalon, coll. « Le bien commun », 2009). Il dirige l'équipe éditoriale chargée de l'établissement des "Œuvres complètes" de Simone Weil (Gallimard). Ses recherches en philosophie du travail l'ont conduit à publier plusieurs articles sur André Gorz, qu'il a connu et avec qui il a entretenu une correspondance de 1978 à 2006.

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Thomas Bénatouïl : La science des hommes libres. La digression du Théétète de Platon

 Vrin - Septembre 2020 - Tradition de la pensée classique












« Il n’est pas facile à l’occupation la meilleure d’avoir bonne réputation auprès de ceux qui s’occupent d’activités toutes contraires. » Pourquoi, demande la République, les philosophes sont-ils ainsi déconsidérés? Quand Socrate reprend cette question dans le Théétète, il la traite de façon « digressive » et brosse deux portraits antithétiques.
Le philosophe est alors vu du dehors : ce n’est pas ce qu’il dit mais sa manière de vivre avec loisir et liberté qui donne lieu à éloge. En comparaison, les urgences, obligations et valeurs sociales semblent risibles. La recherche de la vérité impliquerait-elle un genre de vie différent de celui du commun des mortels? La situation n’a-t-elle d’ailleurs pas évolué au point de faire du philosophe le détenteur d’une sagesse accessible à tous, face aux langages de plus en plus techniques des divers domaines de connaissance? À partir d’une lecture profonde du rôle que la digression joue au cœur du Théétète, cet ouvrage explore les différents contextes dans lesquels elle s’inscrit. Il peut ainsi retracer la naissance et l’évolution de la thèse, si influente dans l’histoire occidentale et si discutée aujourd’hui, d’un savoir rationnel, autonome et en droit universel, mais voué à être incompris de la plupart.

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samedi 19 septembre 2020

Jerrold Levinson : L’expérience musicale. Appréciation, expression, émotion

 Vrin - Septembre 2020


Jerrold Levinson est une des figures majeures de l’esthétique contemporaine. On lui doit notamment de nombreux articles qui ont largement contribué au renouveau de la philosophie de la musique dans le monde anglo-saxon depuis une trentaine d’années. Le présent ouvrage fait suite à un premier recueil d’Essais de philosophie de la musique, paru en 2015. Ce nouveau volume rassemble six essais du philosophe ayant trait à la question de l’expérience musicale. Qu’est-ce qui fait le propre d’une expérience esthétique de la musique? Quelle est la valeur de la musique? Quel sens la musique revêt-elle pour nous? D’où provient la signification motionnelle et expressive que nous attribuons à la musique? Pourquoi éprouvons-nous un plaisir intense à l’écoute de certaines musiques? Ces questions fondamentales trouvent sous la plume de Jerrold Levinson des réponses claires et argumentées, qui intéresseront aussi bien les philosophes et les psychologues que les musicologues.
Cet ouvrage s’accompagne d’une série de textes introductifs qui permettront aux lecteurs de resituer les textes de Jerrold Levinson au sein des débats qui animent la philosophie de la musique anglo-saxonne de ces trente dernières années, et d’appréhender les liens inévitablement complexes que l’on peut tracer aujourd’hui entre l’esthétique musicale et les sciences cognitives de la musique.

Jerrold Levinson est Distinguished Professor of Philosophy à l’Université du Maryland.
Introduction, traduction et notes de C. Canonne et P. Saint-Germier.

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Maria Dzielska : Hypatie d'Alexandrie

 Des Femmes - Septembre 2020


Cette biographie de référence sur la célèbre philosophe et mathématicienne grecque, Hypatie d'Alexandrie, parue aux éditions des femmes-Antoinette Fouque en 2010, est enfin disponible en édition de poche. Brillante philosophe et mathématicienne grecque de la fin du IVe et du début du Ve siècle de notre ère, Hypatie d'Alexandrie est longtemps restée célèbre pour sa mort tragique que le beau film Agora (2009) d'Alejandro Amenábar, consacré à cette figure emblématique de l'Antiquité tardive, reconstitue avec forces détails. Massacrée en l'an 415 de notre ère par un groupe de moines après avoir enseigné avec éclat, Hypatie fascine depuis des siècles artistes, poètes et romanciers aussi bien qu'historiens et philosophes. Mais ceux-ci se sont emparés du personnage et l'ont souvent instrumentalisé pour défendre des causes aussi diverses que l'anticléricalisme, l'anti-catholicisme ou le féminisme... Prenant le contrepied des visions romantiques qui nous sont parvenues jusqu'ici, l'historienne Maria Dzielska, spécialiste de l'Empire romain, a le mérite de dénouer le mythe qui entoure le personnage d'Hypatie grâce à une approche véritablement scientifique des différentes sources historiques. Un livre novateur qui a contribué à renouveler complètement la vision de cette immense créatrice.

Maria Dzielska (1942-2018) a été professeure d'Histoire de la Rome Antique à l'université Jagellonne de Cracovie. Historienne internationalement reconnue pour ses travaux sur la vie culturelle sous l'Empire romain, elle s'est fait connaître du grand public avec cet essai sur Hypatie d'Alexandrie, paru en 1995 aux États-Unis (Harvard University Press) et traduit dans plusieurs langues.

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Axel Kahn et Denis Lafay : L'éthique dans tous ses états

Nouvelles éditions de l'Aube - Septembre 2020


L'éthique est une interrogation « sur la vie bonne et les valeurs qui la fondent ». Elle est périple intérieur, voyage au fond de soi, passionnant et insatisfaisant, aventure dévorante et nécessairement inaboutie. L'éthique, au final, est une exploration de l'âme à l'issue de laquelle nous pouvons mesurer l'être que nous sommes à l'aune de celui que nous aurions voulu être. Dans ce dialogue avec le journaliste Denis Lafay, Axel Kahn met l'éthique à l'épreuve des faits : libéralisme, capitalisme, Europe, démocratie, entreprise, progrès scientifique, intelligence artificielle, création artistique, écologie, mort, vie, spiritualité, guerre… Une lumineuse plongée dans une exigence d'être, qui constitue pour tout lecteur en cheminement éthique un exceptionnel éclairage.

Axel Kahn scientifique, médecin généticien et essayiste français, préside la Ligue contre le cancer.

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vendredi 18 septembre 2020

Michel Juffé : Nietzsche lecteur de Heidegger

Editions de l'Elan - Septembre 2020




















Nietzsche est l'auteur le plus cité et évoqué par Heidegger. Il lui a consacré plusieurs cours et a publié en deux voulues un Nietzsche. Sa lecture montre, à qui connait Nietzsche, qu'il l'a outrageusement travesti. J'ai imaginé quelles auraient pu être ses réactions à cette falsification et, pour le coup, l'ai laissé discuter de ce "Nietzsche" mal venu, et commenter l'oeuvre majeure Etre et Temps. M'appuyant sur d'autres auteurs, anciens et récents, j'ai voulu monter que l'ensemble de la "pensée Heidegger" est non seulement un discours peu sensé mais surtout un puissant toxique pour qui l'absorbe sans protection.

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Georgiana Huian : Augustin. Le coeur et la crise du sujet

Les éditions du Cerf - Septembre 2020



















Comment le cœur se présente-t-il comme le lieu d'un secret qui déclenche la crise du sujet ? Est-il possible de remonter, au fil de cette crise, vers le sens originel du cœur ? Finalement, le cœur est-il plus qu'une métaphore ? Georgiana Huian se penche sur ces questions, en " pensant avec " Augustin et en le faisant dialoguer avec la tradition gréco-orientale du cœur. L'auteur se propose de reconstruire la conception augustinienne du mystère de l'homme à partir d'un soi confronté à sa crise. La crise n'est pas simplement la manifestation des maladies spirituelles et des paradoxes du soi, mais un horizon de visibilité qui s'ouvre dans la lumière
de Dieu. Or, dans cette lumière, l'homme peut voir son cœur comme le centre de toutes ses potentialités, mais aussi comme une profondeur insondable qui abrite l'image de Dieu. C'est cette vision qui dévoile le sens transfi gurateur de la crise, et entraîne le cœur à redécouvrir sa vocation itinérante et liturgique.

Georgiana Huian est Docteur en philosophie de l'Université Paris-Sorbonne et de l'Université de Bucarest (2012) et Docteur en théologie orthodoxe de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris (2018). Elle est actuellement professeure assistante de théologie systématique et œcuménique à l'Institut de théologie catholique-chrétienne de l'Université de Berne.

Préface de Jean-Luc Marion

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Arnaud Villani : Gilles Deleuze. La guêpe et l'orchidée

Rue d'Ulm - Septembre 2020


Deleuze. La guêpe et l’orchidée est parue en 1999 aux éditions Belin dans la collection « L’extrême contemporain ». Cet ouvrage était prêt pour l’essentiel des années auparavant et avait été lu en manuscrit par Gilles Deleuze, qui en évoque la lecture dans une lettre privée, publié pour la première fois dans ce livre. Épuisé depuis longtemps, l’ouvrage est réédité par les éditions Rue d’Ulm avec l’adjonction d’un chapitre introductif, insistant sur l’apparition, à côté de Deleuze et de Guattari, d’une sorte de tiers que l’on peut nommer D&G. Les progrès considérables de la littérature secondaire sur l’œuvre majeure de Gilles Deleuze n’ont pas paru devoir inciter à renoncer à cette réédition, qui permet entre autres d’accéder à une lettre essentielle de Deleuze sur les raisons qui légitiment une publication en philosophie, et à ses réponses à un questionnaire où il affirme notamment qu’il « se sent pur métaphysicien ».

Arnaud Villani est agrégé de lettres classiques et de philosophie, docteur d'Etat de philosophie. Il a enseigné la philosophie de 1969 à 2010 en classes préparatoires littéraires, au lycée Masséna de Nice. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels interviennent aussi des essais et des recueils de poésie. Ses champs de recherche sont, outre Kafka, Gilles Deleuze et le poète Peter Huchel, la philosophie présocratique et une critique de la philologie de Heidegger.

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jeudi 17 septembre 2020

Frédéric Cossutta : Les concepts en philosophie. Une approche discursive

Lambert-Lucas - Septembre 2020



















Sans prétendre répondre à la question spéculative : « Qu’est-ce qu’un concept philosophique ? », cet ouvrage analyse la façon dont les philosophes élaborent, produisent, faut-il dire créent des concepts. Ils définissent des termes, reconfigurent des notions communes ou des concepts canoniques hérités, inventent des néologismes qui, pour certains, deviennent de véritables signatures doctrinales (« monade », « évolution créatrice », « différance »). Analyser l’activité discursive par laquelle sont forgés des vocables, élaborés des ensembles notionnels, c’est pénétrer dans l’atelier du philosophe pour mieux comprendre la fabrique des concepts.
Cette activité sera analysée dans un double contexte :
–  Contexte clos des univers philosophiques qui donnent sens aux concepts, que ceux-ci soient reconnus comme un moyen privilégié pour penser, comme c’est le cas depuis Aristote jusqu’à Husserl en passant par Leibniz ou Kant, ou que l’usage en soit critiqué ou destitué, quitte à ce que doive être inventée une prose post-conceptuelle (Nietzsche, Kierkegaard, Bergson, Wittgenstein, Levinas, Deleuze ou Derrida).
–  Contexte plus ouvert consécutif à leur extraction lorsque, détachés de leur site textuel, les concepts essaiment, transitent dans l’espace public où ils s’agrègent à un patrimoine commun (ils peuvent être simultanément marqueurs d’une identité philosophique et porteurs d’un sens général, ex. : « déconstruction »). Ou bien, lorsque de trajets en réinscriptions, ils sont retravaillés dans les commentaires, voire resémantisés, ou même enclos dans la nomenclature alphabétique d’un dictionnaire philosophique comme le Lalande.

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mardi 15 septembre 2020

Agnès Louis : Le corps politique. Introduction à la phénoménologie politique. Arendt, Lefort, Merleau-Ponty, Ricœur

Ousia - Août 2020


Pendant des siècles, les Européens se sont représenté leur vie commune à travers une image simple, l’image du corps politique. Cette image signifiait que l’homme ne s’accomplit véritablement que par son inscription dans une Cité qui le dépasse. Sans cesse reprise et réinventée, la métaphore du corps politique a constitué un lieu commun de la pensée européenne jusqu’au XXe siècle. Elle devient alors suspecte, dans la mesure où elle semble réduire l’individu à n’être qu’un organe au service de la collectivité.
On aurait pu croire la métaphore du corps politique périmée. Elle se retrouve pourtant sous la plume de penseurs contemporains, ayant en commun de s’inscrire dans la tradition phénoménologique. Arendt, Merleau-Ponty, Lefort et Ricœur réaffirment la nécessaire appartenance de l’homme à un corps politique, ou encore l’existence d’une chair du politique. Comment comprendre la présence, chez ces auteurs, de l’image ancienne du corps politique? Que nous apprend cette image de la phénoménologie et de notre condition politique?

Agnès Louis est maître de conférences en science politique au département de droit de l’Université du Littoral Côte d’Opale. Elle est actuellement rattachée au Laboratoire de Recherche Juridique (LARJ).

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