samedi 31 octobre 2020

Clément Layet : Hölderlin. La démesure et le vivant

 Vrin - Novembre 2020

Une parole peut-elle résister à l’hégémonie humaine? Lorsqu’elle affirme que la nature et la liberté sont deux règnes distincts, ou que l’objet et le sujet subsistent indépendamment, la philosophie présente le monde comme un domaine à conquérir. Dès 1795, le poète allemand Friedrich Hölderlin rompt avec cette position en se fondant sur un principe essentiellement relationnel. Tandis que l’unité première doit se nier elle-même en se différenciant, les pôles différenciés exigent une seconde unité, qui intègre, sans le dépasser, le processus de leur scission. Le vivant est la manifestation de cette double nécessité, paradoxale mais non dualiste, de séparation et d’unification. La langue n’en traduit le rythme et n’en matérialise l’image qu’à condition de devenir poétique. En s’appropriant une telle forme, la cité est appelée à s’insurger et à fonder sa propre unité dans celle du vivant.
Cette conception du principe, du langage et de l’esprit subvertit la Trinité chrétienne, à travers une tension avec Héraclite, Pindare et Sophocle, et lui redonne vie. Mais, en s’opposant à l’athéisme comme au dogmatisme religieux pour laisser paraître le divin, en s’approchant du point où l’origine se scinde nécessairement, Hölderlin s’expose lui aussi à une démesure. Avant même d’être atteint par la folie, il est constamment menacé par le soupçon que sa parole ne se réduise à celle d’un exalté.

Agrégé de philosophie, docteur de l’université de Clermont-Ferrand, Clément Layet est l’auteur d’articles, de traductions et d’éditions critiques concernant la poésie, la philosophie et les arts plastiques.

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Yvon Quiniou : L'inquiétante tentation de la démesure. L'Homme face à la Nature et à lui-même

 L'Harmattan - Novembre 2020


La montée d'une fascination incontrôlée pour la démesure, à travers le développement des sciences et des techniques, est inquiétante : le monde naturel aujourd'hui est détruit, notre vie et notre identité sont menacées par la consommation marchande. La cause principale s'en trouve dans un capitalisme débridé et irresponsable, déjà dénoncé par Marx, mais aussi dans des affects humains visant la puissance dont le transhumanisme est la forme ultime. Contre cela, Yvon Quiniou refuse les réactions irrationnelles de ceux qui, comme Nietzsche ou Heidegger, veulent nous faire revenir en arrière et nient les bienfaits possibles d'une maîtrise de la nature. Il appelle donc à un réveil critique général et à une nouvelle sagesse humaniste, politique et sociale : retrouver un sens de l'humain au service d'une vie « mesurée ».

Yvon Quiniou est philosophe, auteur d'une oeuvre matérialiste sur la religion, la morale et la politique. Il collabore à de nombreuses revues (Actuel Marx, La Pensée, Raison présente) et intervient dans le débat public à travers les journaux (L'Humanité, Le Monde, Marianne ou Mediapart), mais aussi la radio (France Culture) et la télévision.

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Patrice Micolon : Le Monde existe-t-il ?

 Ovadia - Novembre 2020


Quel est au juste le statut existentiel de Louis XIV ? Qu’est-ce qu’une fourmi peut connaître du monde ? Combien existe-t-il d’objets qui n’existent pas? Une pierre est-elle constituée d’atomes ? Un atome d’un élément radioactif est-il lui-même radioactif ? Nos actes sont-ils causés par des évènements du passé, ou sont-ils la conséquence de nos représentations du futur? Le réel est-il le stade ultime d’une dégradation, celui du champ des possibles ? Le lan- gage est-il un moyen d’exprimer la pensée, ou un moyen de la générer ? Et à la toute fin des fins, peut-on avoir la prétention de traiter de ces questions sans être Kant, Kierkegaard ou Heidegger ? C’est le pari de cette « prome-nade ontologique » dont la seule prétention au mérite réside dans la mise en œuvre d’un langage simple, décrivant des situations du quotidien. Au lecteur de juger. Au nombre des grandes questions qui se sont très tôt posées à l’humanité figure l’interrogation sur la nature profonde du monde, constitué des objets qui nous entourent: celui-là et ceux-ci existent-ils réellement par eux-mêmes, indépendamment de tout observateur, ou bien ne sont-ils que des constructions de notre esprit, comme peut l’être le monde virtuel décrit dans la trilogie «Matrix» des Wachowski ?

Patrice Micolon est ingénieur de formation, il a effectué l’essentiel d’une carrière de chef de projet, puis de cadre administratif, au sein d’un grand centre de recherche fondamentale en physique. « Le monde existe-t-il ? » est son premier ouvrage. Il est le fruit de réflexions aux frontières de la science et de la philosophie, conduites dans un environnement intellectuel particulièrement riche et stimulant.

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mercredi 28 octobre 2020

Emmanuel Tourpe : Un temps pour penser et un temps pour parler. Les tout-petits-cours

Racine Lannoo - Octobre 2020


Docteur en philosophie, directeur des antennes de Arte, Emmanuel Tourpe propose de courtes chroniques liant la sagesse philosophique et la sagesse communicationnelle. Spirituels et variés, ses tout-petits cours ont pour titres Je danse donc je suis - philosophie sur un air de polka, les fées existent-elles ? L'enchantement du réel, Oui, les robots et l'intelligence artificielle vont nous remplacer ! Ou pas, d'ailleurs. "Manipuler sans convaincre : les limites de la trumperie"...

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Geoffroy de Lagasnerie : L'art impossible

 PUF - Octobre 2020 - Des mots


Tout créateur devrait se poser la question de savoir comment ne pas être complice, volontairement ou involontairement, des systèmes des pouvoirs. Pour cela, il est nécessaire de substituer une éthique des oeuvres à une valeur inconditionnelle de la culture. Dans Penser dans un monde mauvais, Geoffroy de Lagasnerie proposait de placer au coeur des sciences sociales et de la philosophie la production de « savoirs oppositionnels » : comment transposer ces analyses au champ de l'art ? Dès qu'on le confronte au monde et à l'action, que l'on refuse l'autonomisation de la sphère esthétique, il est difficile de ne pas devenir sceptique sur la valeur de l'art : peut-on définir un « art oppositionnel » ? Sur quelles valeurs reposerait-il ? Contre quelles valeurs s'affirmerait-il ? Quelles relations entretiendrait alors l'artiste avec les institutions du monde culturel ?

Geoffroy de Lagasnerie est philosophe et sociologue. Il est professeur à l'Ecole nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy. Auteur récemment de Penser dans un monde mauvais (Puf, 2017) et La conscience politique (Fayard, 2020).

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Luc Foisneau (dir.) : Dictionnaire des philosophes français du 17è siècle. Acteurs et réseaux du savoir

 Classiques Garnier - Octobre 2020


Huit introductions thématiques, six cent quatre-vingt-dix entrées et un index historique et raisonné font du Dictionnaire des philosophes français du XVIIᵉ siècle un instrument indispensable pour une exploration nouvelle des réseaux et des acteurs du savoir entre la Renaissance et les Lumières.


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lundi 26 octobre 2020

Véronique Le Ru : Oser penser avec Emilie du Châtelet, D’Alembert, Poincaré… La distinction entre croire et savoir

 Matériologiques - Octobre 2020


Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la distinction entre croire et savoir, dix ans après la première édition du livre ? La science ne s’est-elle pas libérée, depuis l’énoncé du postulat d’objectivité par Galilée et Descartes au XVIIe siècle, du joug de la théologie et de la religion ? Ces deux penseurs n’ont-ils pas proscrit, dans l’activité scientifique, les causes finales ? Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut s’immiscer dans l’enseignement des sciences et dans la théorie et la pratique scientifiques, on peut se dire qu’il est important de rappeler que la science et le domaine de la foi ont des droits séparés, que la première est l’indispensable instance cognitive du savoir sur les choses, les processus, les phénomènes, que la seconde ne saurait posséder aucun privilège ni préséance quant à ces savoirs.
Revenir aux moments de la formulation du postulat d’objectivité – lors de l’essor des sciences modernes puis des révolutions de la pensée mues par le mouvement des Lumières, notamment à travers les fermes résolutions d’Émilie du Châtelet – pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son indépendance à l’égard de toute référence à Dieu se révèle fort utile pour contrecarrer les tentatives de brouiller les cartes entre croire et savoir.
La triste et trouble période que nous vivons, celle d’un réarmement théologique des obscurantistes, celle du scepticisme irraisonné, rend ce livre d’une utilité, voire d’un soutien indispensables.

Introduction (page 5). Le postulat d’objectivité

Chapitre 1 (page 15). Deux lectures différentes du livre de la nature : celle de Kepler tournée vers Dieu et celle de Galilée tournée vers l’expérience

Chapitre 2 (page 31). Les savants et l’accusation d’impiété au XVIIe siècle

Chapitre 3 (page 47). Les Institutions de physique d’Émilie du Châtelet : un guide pour la recherche

Chapitre 4 (page 59). Émilie du Châtelet : oser penser

Chapitre 5 (page 75). Passage d’une utilisation métaphysique des principes d’économie et de simplicité à une utilisation scientifique de ces principes métaphysiques

Chapitre 6 (page 91). Les principes d’économie et de simplicité se réfèrent-ils à la nature et à Dieu, son créateur, ou à la science ?

Chapitre 7 (page 107). Le conventionnalisme de Poincaré ou la régulation des rapports entre science et métaphysique

Chapitre 8 (page 119). La science peut et doit se passer de Dieu

Conclusion (page 139). Le créationnisme : asile de l’ignorance

Bibliographie (page 145)

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Alexandre Berkman : Mémoires de prison d’un anarchiste

 L'échappé - Novembre 2020


Très tôt engagé dans les luttes pour l’émancipation humaine, l’anarchiste russe Alexandre Berkman émigre en 1888 aux États-Unis. Il y rencontre celle qui sera sa complice d’une vie : Emma Goldman. Elle en fera de lui l’un des personnages les plus attachants de sa formidable autobiographie Vivre ma vie, publiée à L’échappée en 2018. Le succès de ce livre a permis de (re)découvrir celui qui, un jour de juillet 1892, tenta d’assassiner le magnat de l’acier Henry Clay Frick. Malgré son échec, Berkman purge quatorze années de prison, où il survit grâce à son refus de céder devant l’ennemi et à la solidarité de ses codétenus. C’est eux qui lui décillent les yeux sur les amours masculines, sujet alors tabou qu’il n’hésitera pourtant pas à aborder. À sa sortie, il entreprend un long processus de reconstruction qu’il appelle sa « résurrection ». La rédaction de ses mémoires en constitue un passage obligé : son récit foisonnant mêle horreur du présent, rêveries du passé et espoir d’un avenir révolutionnaire. Cette première traduction intégrale en français constitue une fresque bouleversante où se côtoient lyrisme de la littérature russe et parlers populaires des bas-fonds américains, où se croisent des prolétaires opprimés et des révolutionnaires acharnés, où se combinent colère individuelle et grands desseins collectifs.

Renaud Garcia enseigne la philosophie au lycée et s’efforce d’appliquer le principe du refus de parvenir. Ses recherches portent sur l’anarchisme, la critique sociale et la décroissance. Il a publié à L’échappée Le Désert de la critique (2015) et Le Sens des limites (2018). Il a contribué à faire (re)découvrir Kropotkine et Murray Bookchin.

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Yann Damezin, Nathalie Prince, Christophe Prince : Ainsi parlait Nietzsche

 Les petits platons - Novembre 2020


Retiré dans les montagnes, Nietzsche a trouvé le sens de la terre et la beauté de la vie. Il retourne désormais auprès des hommes pour leur offrir ce merveilleux cadeau : mais ceux-ci sont prisonniers du terrible dragon Tudois, de leurs craintes et de leurs rancoeurs. Leur montrer le chemin de la joie s'avère plus ardu que prévu... On redécouvre ici la pensée d'un des plus grands philosophes de l'histoire : une pensée rebelle, engagée et surtout joyeuse. La plume enchanteresse de l'auteur fait revivre pour les jeunes lecteurs la mythologie nietzschéenne développée dans Ainsi parlait Zarathoustra : un univers fascinant et fantastique. Ainsi parlait Nietzsche est un véritable récit initiatique dont on ressort grandi.

Avec ce 31ème titre de la collection Les petits platons, les lecteurs - de 9 à 99 ans ! - plongeront avec malice et émerveillement dans l'univers du plus fascinant des philosophes. Dans Ainsi parlait Nietzsche, le gai savoir est mis à l'honneur !
Nietzsche prône une pensée libre. Son verbe solaire invite chacun à se dresser contre les idéaux au rabais et les morales rances pour créer de nouvelles valeurs. Et c'est un livre à mettre entre toutes les mains d'enfants ! Ils apprendront comment gravir des sommets, comment se faire légers tels des funambules et comment devenir ce qu'ils sont : des étoiles dansantes.

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dimanche 25 octobre 2020

Didier Durmarque : Bilan métaphysique après Auschwitz. Les écrivains incandescents

Les éditions Ovadia - Octobre 2020


Après le trou noir d'Auschwitz, il est temps de faire un bilan de ce que l'homme peut faire à l'homme et de ce que cette analyse donne à voir, à penser, à problématiser de l'idée de Dieu.
Les écrivains incandescents sont ceux qui nous brûlent. Cette brûlure est précisément le déploiement de cette somme métaphysique après Auschwitz parce que cette synthèse bouscule complètement l'idée que l'on peut se faire de l'homme et de Dieu.
Les écrivains incandescents sont ceux qui font que nous ne sommes plus les mêmes, avant et après leur rencontre, leur lecture. Ils désintègrent les représentations confortables et stéréotypées. C'est l'humanité de l'homme qui a rendu possible la Shoah, non sa monstruosité, et Dieu n'a pas répondu. Il nous faut alors repartir de zéro, formule que Theodor W. Adorno utilisait quand il parlait d'Auschwitz, ce point zéro de la pensée.

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches philosophiques de la Shoah : Philosophie de la Shoah (2014), Enseigner la Shoah (2016), Phénoménologie de la chambre à gaz (2018) (nommé au prix Europe 2019 du festival du livre de la Licra ) constituent une tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie. Conférencier à l’Université populaire de Caen, il a organisé récemment un colloque scientifique sur le camp de Vittel (1941-1944) et sa relation à Auschwitz, dont les présidents d’honneur étaient Beate et Serge Klarsfeld.

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Jean-Luc Guichet : Figures du moi et environnement naturel au 18e siècle

Editions de la Sorbonne - Octobre 2020


Cet ouvrage articule deux notions fondamentales des Lumières : d'une part, le moi et, d'autre part, la nature proche, en rapport vécu avec l'homme, qui correspond avec quelques nuances à ce qu'on appelle aujourd'hui "environnement". Si ces deux objets ont souvent été étudiés, c'est sans prendre en compte leur lien mutuel. Or, au sortir du XVIIe siècle, le moi, dépouillé par la critique philosophique de son armature d'âme ou de substance, est en quête d'une matrice pour se penser sur un mode non essentialiste. C'est alors en se concevant dans de nouveaux types de rapport qu'il pourra produire des modèles d'intelligibilité originaux de lui-même, contribuant ainsi indirectement à la genèse de l'anthropologie en cours : qu'il s'agisse du moi fragile, exposé aux déterminismes extérieurs et foncièrement incertain de lui-même ; du moi cadré, observant un ordre fixé par une volonté surplombante, souvent - mais pas toujours - celle de Dieu lui-même ; du moi fort, maître d'une nature à administrer et de climats à transformer (mais susceptible aussi de formes différentes) ; ou enfin du moi saturé, débordé par une capacité d'émotion se projetant à travers l'extériorité naturelle. Ces différentes figures - qui se croisent et se combinent chez Locke, Hume, Condillac, Dubos, Montesquieu, Volney, Linné, Diderot, Buffon, Marivaux, Prévost, Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre... et bien d'autres encore -, loin de types rigides et séparés, sont autant de visages du même moi multiple, celui de la modernité et peu ou prou toujours le nôtre. Cette reconfiguration fondamentale opérée au XVIIIe siècle, nouant le destin du moi à son environnement, installe un terrain de sensibilité qui permettra aux siècles suivants, malgré tous les obstacles, retards et difficultés, l'invention de l'écologie scientifique, puis politique et enfin aujourd'hui éthique, horizon irréductible à une simple nécessité extérieure et fonctionnelle.

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samedi 24 octobre 2020

Edith Fuchs : L'humanité et ses droits

 Kimé - Octobre 2020


Après tous les dénis totalitaires du siècle passé, la nécessité de reconnaître l'humanité en chacun comme en la totalité des êtres humains doit de nouveau être vivement défendue pour protester contre un double déni contemporain désormais paré du prestige de la science : la réduction d'une part, de l'homme à l'animal ― et d'autre part, la réduction du cerveau et de la pensée à la machine et aux prouesses de celle-ci. Le succès de ce double déni est d'autant plus inquiétant que les vieux démons du racisme identitaire et assassin, loin d'avoir disparus, font un retour fracassant sur la grande scène du monde accompagnés par les dénégations ou approbations de beaucoup de clercs. Ne pas oublier quelles voies peut prendre l'inhumanité dont seuls les êtres humains sont capables permet sans doute de défendre sans illusion l'humanité et ses droits ― mais cette « défense et illustration » n'évite pas de mettre en lumière les difficultés qu'elle soulève.

Edith Fuchs, ancien professeur de khâgne et maître de conférence à Sciences-Po, est notamment l’auteur d’Entre chiens et loups, dérives politiques de la pensée allemande du XXe siècle, Le Félin, 2011.

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Pierre Musso : Saint-Simon et le saint-simonisme

 Manucius - Octobre 2020


La philosophie de Claude Henri de Saint-Simon (1760-1825) est à l’origine de nombreuses disciplines comme la sociologie ou la science politique. Elle est à la source des grandes idéologies contemporaines, socialisme, libéralisme, positivisme, anarchisme, technocratisme, communication. Chevalier d’un monde industriel nouveau, ce pionnier veut changer la société, faire l’unité européenne et promouvoir «l’association universelle». Il pense une nouvelle société qu’il nomme «la société industrielle» et qui demeure la matrice de la vision occidentale du monde.
Les disciples saint-simoniens contribuent ainsi aux Révolutions de 1830 et 1848. Certains deviennent de grands financiers et des capitaines d’industries, réalisant les grands travaux de chemins de fer ou du télégraphe, créant les maisons de crédit et les entreprises françaises de réseaux.
Les utopies sociales et technologiques saint-simoniennes continuent aujourd’hui de se réaliser et de faire rêver.

Pierre Musso, professeur des universités, est un des meilleurs spécialistes de la pensée de Saint-Simon auquel il a consacré de nombreux ouvrages. Il a notamment co-dirigé l’édition critique des Œuvres complètes de Henri Saint-Simon en 4 volumes (Paris. PUF, « Quadrige », 2013).

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Pierre Livet et Bernard Conein : Processus sociaux et types d'interaction

 Hermann - Octobre 2020


Tenir compte du fait qu'une société est toujours en devenir exige de la comprendre en termes de processus. Les processus de base sont des interactions, mais les processus sociaux ne se bornent pas aux interactions directes, face-à-face. Les auteurs de ce livre, un philosophe et un sociologue, montrent qu'il existe au moins trois autres types d'interactions : celles par lesquelles nous tenons compte des interactions de nos partenaires en notre absence ; les longues chaînes et réseaux d'interactions auxquelles nous appartenons directement ; nos propres interactions qui sont re-décrites de manière symbolique et sont réglées par des institutions. Les processus sociaux, même lorsque nous les vivons comme des reprises, explorent sans cesse des virtualités nouvelles. Sont ici étudiées ces différents types d'interactions et les manières dont elles combinent reprises et virtualités, en analysant les coordinations de mouvements, les conversations – en particulier les commérages –, les formations d'action de groupe, le rôle social des artefacts, le fonctionnement social des connaissances, les réseaux sociaux, les organisations, les institutions, les émotions collectives et les rituels sociaux.

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vendredi 23 octobre 2020

Lucien Sève : Interventions

 La dispute - Octobre 2020


L'oeuvre de Lucien Sève, disparu en mars 2020 à l'âge de 93 ans, est immense et plurielle. Du communisme à la psychologie, de l'éducation à la bioéthique, nombreux sont les domaines dans lesquels ce philosophe, qui s'appuyait de façon vivante et créative sur ce qu'il nommait la «?pensée-Marx?», a apporté une décisive contribution. Étrangère à toute recherche purement académique, sa réflexion revêtait le caractère d'une intervention dans des luttes ou des débats en cours. Ce choix de textes brefs, articles ou communications publiques, jamais rassemblés jusqu'ici sous forme de livre, vise à faire découvrir à un large public l'ensemble de sa pensée et de son parcours, des années 1950 jusqu'à aujourd'hui.

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Theodor Adorno et Max Horkheimer : Vers un nouveau Manifeste

Editions la Tempête - Octobre 2020


Vers un nouveau manifeste montre Theodor Adorno et Max Horkheimer dans un échange d'idées unique, animé et fluide. Ce livre est un compte rendu de leurs discussions pendant trois semaines au printemps 1956, enregistrées en vue de la production d'une version contemporaine du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels. Une jam-session philosophique au cours de laquelle les deux penseurs improvisent librement, souvent de manière sauvage, sur des thèmes centraux de leur travail - théorie et pratique, travail et loisirs, domination et liberté - dans un registre politique unique. Un exemple passionnant de philosophie en action et une carte convaincante d'un passage possible vers un nouveau monde.

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Renaud Garcia : La collapsologie ou l’écologie mutilée

 L'échappée - Octobre 2020


Des feux ravageant des milliers d’espèces animales et végétales aux pandémies, en passant par le dérèglement climatique, tout conspire à signer la faillite du projet moderne de contrôle intégral de la nature par l’ingénierie humaine. L’effondrement des sociétés industrielles deviendrait sinon certain, du moins probable. À l’ombre de ce curieux futur sans avenir, les nouvelles consciences politiques sont façonnées par un discours écologiste effondriste, qui ne cesse de s’étendre. Voilà qui paraît encourageant. À ceci près que cette collapsologie, autrement dit l’étude des effondrements passés, présents et à venir, et des moyens de s’y préparer, pourrait bien n’être qu’une énième recomposition du Spectacle. Cet ensemble de constats scientifiques, de grandes orientations éthiques et de conseils pratiques de survie participe de l’occultation d’une part de l’écologie politique. Celle qui a pourtant mené la critique la plus pertinente du capitalisme industriel, et a proposé les voies les plus sûres pour en sortir. En ce sens, la collapsologie est l’écologie mutilée.

Renaud Garcia enseigne la philosophie au lycée et s’efforce d’appliquer le principe du refus de parvenir. Ses recherches portent sur l’anarchisme, la critique sociale et la décroissance. Il a publié à L’échappée Le Désert de la critique (2015) et Le Sens des limites (2018).

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Gwendoline Jarczyk : La contingence dans sa finitude fondatrice

 Kimé - Octobre 2020


Intitulé La Contingence dans sa finitude fondatrice – Dans la Science de la logique de Hegel, ce nouvel ouvrage de Gwendoline Jarczyk est une recherche portant sur la contingence, alors même que le processus logique exclut toute intervention extérieure, forcément marquée de contingence, c’est-à-dire d’« arbitraire ». Cependant, la nécessité, qui marsque la Logique objective, implique sa négativité, son autre, la contingence, précisément, de telle sorte que lorsque la nécessité parvient à sa manifestation comme liberté, la contingence elle aussi se manifeste comme liberté – quoique de façon inverse. Il est donc légitime d’affirmer qu’il y a une contingence logique. A partir de là, l’auteure aborde la contingence humaine.

G. Jarczyk, docteur d’Etat, est l’auteure de plusieurs ouvrages de philosophie. En collaboration avec Pierre-Jean Labarrière, elle a publié en outre notamment de nouvelles versions de la Science de la Logique et de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel.

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Pascal Engel : Manuel rationaliste de survie

 Agone - Octobre 2020


« Que le lecteur se rassure : ce livre n’est pas un livre de plus sur l’héritage des Lumières. On ne sait plus très bien ce qu’elles ont été. Depuis deux siècles, il y en a autant de versions qu’il y a d’anti-Lumières. Ce livre part seulement d’un constat : la raison n’a plus la cote, on ne sait plus ce qu’elle est. On ne sait plus en quoi peut consister le rationalisme. La raison ne semble plus désigner qu’une notion vague et confuse, qui semble revenir à l’idée que si l’on a “ses” raisons, elles sont aussi bonnes que d’autres, aussi irrationnelles soient-elles. Même les mystiques, les fous, les sorciers ont “leur” rationalité, paraît-il. Je crois au contraire qu’il existe, dans la pensée et dans l’action, indépendamment des lieux et des époques, un ensemble de capacités et de principes constitutifs de ce que nous appelons “raison”, et qu’il est possible de les décrire en examinant un ensemble de circonstances où elle nous manque et en essayant de répondre à diverses attaques dont elle est régulièrement l’objet. » PE
Pascal Engel propose dans ce Manuel des outils intellectuels permettant de résister aux assauts du « parti irrationaliste ». Ces outils ne s’y trouvent pas simplement décrits : la forme dialoguée de quatre des huit chapitres qui composent l’ouvrage permet au lecteur de voir comment s’emploient les armes conceptuelles à utiliser contre l’adversaire.
Et c’est sur plusieurs fronts que se mène la controverse : sur la nature et les possibilités de la raison, sur la nature de la vérité, contre la force de séduction du relativisme et sur la question de savoir si internet pourra sauver et renouveler la connaissance. Un dialogue est consacré à chacun de ces thèmes, qui se trouvent approfondis dans les autres chapitres de l’ouvrage.
Avec une ironie mordante, l’auteur débusque les paralogismes, les sophismes et les tropes qui, sur toutes ces questions, ont envahi la pensée contemporaine.

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François Laruelle : Le nouvel esprit technologique

 Les Belles lettres - Octobre 2020


Sous le sigle NET (Nouvel Esprit Technologique), François Laruelle propose la description du rapport contemporain de la pensée occidentale à ses technologies. Il analyse l’histoire et la culture, les hésitations et les manières ambivalentes dont nous nous rapportons à des objets très anciens et très nouveaux, et les illusions qui se fabriquent à leur contact. Le Nouvel Esprit Technologique propose sur cette base une évaluation de ce qu’il y a de pensable et peut-être d’impensable dans l’expérience technologique. Il n’est pas sûr que « la » technologie, en sa simplicité, existe, c’est peut-être un fantasme nourri par la philosophie.
Existe sûrement en revanche un esprit technologique partiellement nouveau dont il s’agit de décrire le mécanisme. Ce livre s’y emploie en élaborant une critique de la « raison technologique ». La thèse principale de cet ouvrage est que ni cette description, ni cette critique ne sont possibles en dehors d’une référence à la science et d’abord d’un renouvellement de la compréhension de l’essence de la science.

François Laruelle, né en 1937, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de philosophie, docteur d’État, est professeur émérite de philosophie générale et contemporaine à l’Université de Paris Ouest Nanterre, fondateur de la non-philosophie ou philosophie non-standard comme pensée d’une immanence radicale et critique des prétentions philosophiques à définir le réel.

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jeudi 22 octobre 2020

Sens-Dessous 2020/2 (N° 26) : Végétal

Éditions de l'Association Paroles - Octobre 2020


"Mon ami, deviens végétal ! » aurait dit Diogène de Sinope, invitant ainsi à prendre pour modèle la plante qui sait recevoir et grandir de ce qui lui est donné. Devenir végétal dans la bouche du philosophe cynique c’est être en mesure de se tenir à sa place, « la bonne », celle que la nature a ordonnée. « Devenir végétal » ne signifie parfois guère autre chose aujourd’hui que de transformer des protéines animales en végétales, si l’on évoque la substance, ou peut encore signifier si l’on se place du point de vue du sujet qui le devient : se transformer en légume c’est-à-dire être inerte presque mort. Aussi, « l’être végétal » qui signifiait la persistance de la vie en nous et malgré nous s’est tourné en un contre-modèle repoussoir : il qualifie celui qui végète et en un mot gâche la vie. Ce retournement qui aboutit à dire plutôt à son ami : agis, prends toi en main, réveille la bête en toi… fût long et lent. Il est l’effet d’une transformation progressive des valeurs qui se parachève dans un rapport hygiéniste aux végétaux : il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Là où la sagesse invite a diminué sa consommation de viande, se replier ainsi sur le végétal me paraît un peu trop facile. Et on manque l’essentiel. Nous oublions que notre rapport aux plantes est aussi complexe que notre rapport aux bêtes. Nous omettons que le fait de se tenir à une place ne veut pas dire être mort. Aussi « mangeons végétal » oui ! Mais nous ne serons jamais autre chose que des cannibales et cela Diogène l’avait bien compris." Nadia Taïbi

Page 1 : Nadia Taïbi - Devenir végétal | Page 5 à 14 : Catherine Benoît - Jardins d’esclaves/jardins bourgeois dans les zones sacrifiées des Amériques | Page 15 à 18 : Georges Feterman - L’arbre mutant | Page 21 à 32 : Benoit Cordelier - Greenwashing ou écoblanchiment | Page 33 à 39 : Jocelyne Porcher - Végétal/Animal : l’inévitable conversation | Page 41 à 49 : Aliénor Bertrand - Sociabilités végétales ? | Page 51 à 60 : Hervé Davodeau - Penser le végétal par le paysage | Page 61 à 71 : Karine Prévot - Peut-on penser l’individu à l’aune du végétal ? | Page 73 à 94 : Anne Dalsuet - Végéter | Page 95 à 103 : Nadia Taïbi - Simone Weil : penser le réel et revenir aux limites | Page 105 à 110 : Éric Marion - Le végétal ou la traversée du visible | Page 111 à 130 : Nicholas Henderson et Quentin Lefèvre - Un regard relationnel sur le monde, la Nature et un jardin | Page 131 à 136 : Bruno Serralongue et Nadia Taïbi - Photographier, occuper le monde.

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Daphné Savoie : Fetischismus. Une reconstruction conceptuelle de la théorie du fétichisme de Freud

 Hermann - Octobre - Zêtêsis


Qu’est-ce que le fétichisme, selon Freud? En dépit du nombre limité de textes qui dans l’œuvre de Freud traitent spécifiquement du fétichisme sexuel, ce thème s’est révélé chez lui être l’objet d’un intérêt particulier et aura même, à ses propres yeux, reçu de sa part une pleine élucidation. Parallèlement, même si la théorie du fétichisme de Freud a captivé de nombreux commentateurs, on ne compte encore à ce jour que très peu d’ouvrages théoriques qui y sont intégralement consacrés.

Épousant une perspective philosophique et historique sur son objet, ce livre propose une reconstruction et un débrouillage conceptuels de ce qui, dans l’œuvre de Freud, se présente non comme une, mais bien comme deux théories concurrentes du fétichisme. L’origine et le développement de cette notion nous y sont restitués dans leur détail, ce qui nous permet de mesurer le degré de cohérence auquel ce concept est parvenu, la place qu’il s’est vu attribuer dans l’ensemble de la psychanalyse de Freud, de même que son influence sur l’évolution de cette dernière.

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Jérôme Porée : L'espérance mélancolique. Un dialogue entre philosophie et psychiatrie sur le temps humain

 Hermann - Octobre 2020


La mélancolie a pu être définie comme une « maladie du temps ». Ne faut-il pas cependant, pour admettre cette définition, savoir déjà ce qu’est le temps ? Et la psychiatrie ne doit-elle pas, pour cela, entrer en dialogue avec la philosophie ? La compréhension de la mélancolie sort enrichie de ce dialogue. Mais ce n’est pas moins le cas de la compréhension du temps. La philosophie a donc beaucoup à apprendre, elle aussi, de sa rencontre avec la psychiatrie. C’est ce que voudrait montrer ce livre, qui assume à cette fin ce qu’il faut bien appeler l’énigme de la mélancolie. Si, en effet, celle-ci est la forme achevée du désespoir, alors pourquoi tous les mélancoliques ne se tuent-ils pas ? Comment la plupart d’entre eux se maintiennent-ils malgré tout dans la situation qui est la leur ? Qu’espèrent-ils encore ?

Jérôme Porée est professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes 1. Il est notamment l'auteur de : La philosophie à l'épreuve du mal (1993), Le mal. Homme coupable, homme souffrant (2000), Sur la douleur (2017), L'existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricoeur (2017) et Phénoménologie de l’aveu (2018).

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mardi 20 octobre 2020

Dix-huitième siècle 2020/1 (n° 52) : Barbaries, sauvageries ?

Société Française d'Étude du Dix-Huitième Siècle - Septembre 2020


Catégories transhistoriques, barbarie et sauvagerie s’inscrivent dans l’histoire des nombreux visages d’une altérité lointaine ou toute proche, mais aussi dans une histoire propre au 18e siècle au sein de laquelle les découpes traditionnelles entre « nous » et « les autres » s’émoussent. Dans des territoires où des Européens qu’on dit « ensauvagés » côtoient les populations autochtones, et en un siècle où barbarie et sauvagerie servent de caution légitimante des aspirations de l’aristocratie anti-absolutiste, elles peuvent aussi être porteuses d’une énergie régénératrice des arts et des lettres. Le tournant révolutionnaire rebat les cartes, y compris celles de la barbarie et de la sauvagerie, termes entre lesquels pourtant jusque là on faisait des différences. Et l’opinion devenant la reine du monde, qui saura s’emparer des deux catégories, d’abord ambiguës, ensuite stigmatisantes ? En enchevêtrant finalement barbarie et sauvagerie, le siècle se termine dans une confusion lourde de conséquences pour le 19e siècle.

Page 3 à 5 : Sophie Audidière - Éditorial | Page 7 à 10 : Marcel Dorigny - Roland Desné, « fils des Lumières » | Page 11 à 29 : Jean-Luc Chappey, Sébastien Côté, Maxime Gohier, Sylviane Léoni, Jean-François Lozier, Pierre Serna et Camille Noûs - Barbares, sauvages et civilisés. Contradictions et faussetés | Page 31 à 48 : Sylviane Léoni et Camille Noûs - Barbaries et violences : une histoire égoïste | Page 49 à 61 : Sylviane Albertan-Coppola - Barbarie et christianisme : un enjeu apologétique au siècle des Lumières | Page 63 à 81 : Hélène Cussac - Barbares et sauvages dans les récits de voyages européens en Afrique de 1687 à 1832 | Page 83 à 100 : Jean-Luc Martine et Camille Noûs - Au commencement, il y a les barbares. Lecture de l’Essai sur le mérite et la vertu | Page 101 à 118 : Dominique Deslandres - L’intimité française avec la « sauvagerie » à Montréal aux 17e-18e siècles | Page 119 à 138 : Marie-Christine Pioffet - Adario et Antoine : figures emblématiques de la Huronie des Lumières ? | Page 139 à 151 : Luc Vaillancourt - Représentations et constructions identitaires chez Pierre-François-Xavier de Charlevoix | Page 153 à 173 : Charles Doutrelepont - Le « Sauvage » en combattant allié : le diptyque chanté du père Baron (Fort Duquesne, 13 juillet 1755) | Page 175 à 189 : Edmond Dziembowski - « L’air qu’on respire ici est contagieux ». Sauvageries et ensauvagements pendant la Guerre de Sept Ans | Page 191 à 198 : Sébastien Côté, Maxime Gohier et Jean-François Lozier - Avis aux personnes de pieté (anonyme), suivi d’une lettre de Louis Atienon, chef algonquin, à Louis XV (1724) | Page 199 à 219 : Jean-Luc Chappey, Pierre Serna et Camille Noûs - L’invention du Barbare sauvage et du Sauvage barbare : un coup d’état sémantique contre la Révolution | Page 221 à 236 : Jean-Jacques Tatin-Gourier et Camille Noûs - Le procès du Barbare : une constante de l’œuvre d’André Chénier | Page 237 à 256 : Anne Rolland - Les nouveaux barbares de la fin du 18e siėcle : les Vendéens à l’assaut de la République | Page 257 à 265 : Sauvagerie : des animaux et des hommes | Page 267 à 285 : Erwan Aidat et Camille Noûs - Penser la Mer dans l’économie politique : l’horizon « altercolonial » de l’Histoire des deux Indes. Pour une histoire intellectuelle du fait maritime au 18e siècle | Page 287 à 302 : Emmanuel Boussuge - La chronologie de l’Encyclopédie interdite. Les dix derniers volumes : tomes VIII à XVII (1762-1765) | Page 303 à 320 : Pierre Dubois - L’invention du piano-forte organisé : Claude Balbastre et l’imaginaire sonore des Lumières | Page 321 à 336 : Yoshiho Iida - « Cercle vicieux » dans l’article Droit naturel de Diderot. Deux principes de la justice mis en cause | Page 337 à 353 : Christine Lehman - Les éloges de Pierre Joseph Macquer (1718-1784) : une vision de la chimie du dix-huitième siècle | Page 355 à 378 : Véronique Meyer et Camille Noûs - Laurent Cars, un graveur-éditeur entrepreneur sous Louis XV | Page 379 à 395 : Élise Pavy-Guilbert et Camille Noûs - La langue comme monnaie au 18e siècle | Page 397 à 415 : Philippe Rabaté et Camille Noûs - Réappropriations génériques et discours national dans le 18e siècle espagnol | Page 417 à 436 : Yuka Saito - Goût et origine, ambiguïté du terroir dans l’œuvre de Grimod de la Reynière | Page 437 à 451 : Gerhardt Stenger et Camille Noûs - Sur les traces du Lexicon Medicum Universale du chevalier de Jaucourt | Page 453 à 470 : Jan Synowiecki et Camille Noûs - De la plante comme un homme. Penser la sexualité végétale au 18e siècle | Page 471 à 491 : Benoît Walraevens et Camille Noûs - Castel de Saint-Pierre, critique utilitariste de Mandeville | Page 493 à 599 : Élise Pavy-Guilbert - Notes de lecture.

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Rocco Ronchi : La Ligne mineure. Pour une philosophie de la nature

 Mimesis - Octobre 2020


Depuis trois siècles un modèle majeur propose une philosophie humaniste, moraliste et anthropocentrique. Au sein de ce modèle, l'auteur repère un modèle mineur, celui de William James aux États-Unis, Henri Bergson en France, Giovanni Gentile en Italie, Alfred North Whitehead en Grand Bretagne, le seul capable de répondre à la vocation la plus urgente de la philosophie contemporaine : celle de tourner notre attention vers la nature, vers la splendeur de son immanence absolue. Une lecture originale des courants dominants de la philosophie occidentale, un traité qui relève les défis essentiels de la pensée contemporaine : renoncer à l'idée d'une supériorité de l'homme sur le vivant et découvrir la nature comme horizon d'enquête.

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Sigrid Weigel : Walter Benjamin. La créature, le sacré et les images

 Mimesis - Octobre 2020


Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

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lundi 19 octobre 2020

Revue d'éthique et de théologie morale 2020/3 (N° 307) : Éthique et intelligence artificielle

 Cerf - Septembre 2020


Page 7 à 9 : Alain Thomasset - Éditorial. Quelle éthique pour l’intelligence artificielle ? | Page 11 à 27 : Isabelle Linden - Entre rêves et illusions… L’intelligence artificielle en question | Page 29 à 41 : Pierre Gueydier - Intelligence artificielle et travail des données | Page 43 à 61 : Jérôme Perrin - Éthique de responsabilité et de sollicitude dans la conception et l’usage des véhicules autonomes | Page 63 à 80 : Peter Warrian et Alain Thomasset - Négocier l’« autonomie » | Page 81 à 92 : Jean-Marc Moschetta - L’intelligence artificielle entre science et théologie | Page 93 à 110 : Paolo Benanti, Alain Thomasset et IA DeepL - Algor-éthique : intelligence artificielle et réflexion éthique | Page 111 à 116 : Annexe. L’appel de Rome pour une éthique de l’IA | Page 117 à 132 : Bruno Vandenbulcke - Penser le couple homosexuel chrétien dans le cadre de la formation des sujets | Page 133 à 136 : Comptes rendus critiques.

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