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lundi 21 septembre 2020

Michel Serres : Mes profs de gym m'ont appris à penser

Cherche Midi - Septembre 2020


"Considérons le sport en tant que processus d'humanisation. Nous ne serions pas les hommes que nous sommes s'il n'y avait pas eu au début le contrat, le lien social, matérialisés par le ballon, ce traceur de relations – viennent ensuite les décisions juridiques prises par l'arbitre. L'idée que la violence puisse être régie par des règles strictes auxquelles tout équipier obéit est l'hominisation par excellence. Arrêter le geste de violence, comme Dieu arrête le bras d'Abraham sur Isaac, c'est cela qui donne naissance à l'humanité.
Quant au spectateur de cette scène incroyablement politique et religieuse, il peut apprendre sur le stade, comme dans une faculté de droit, le collectif sans texte, la tragédie sans texte et le droit sans texte. Il y a là, en modèle réduit, tout ce que l'on peut souhaiter en pédagogie des sciences humaines." MS

Michel Serres compte parmi les rares philosophes sportifs. Son éloge du sport est fondé, sa philosophie du sport est incarnée. L'enseignant qu'il a été confère à l'éducation physique des vertus pédagogiques spécifiques et efficientes pour contribuer à faire de la jeunesse des adultes au corps sain et à la tête bien faite, selon les mots de Montaigne. Dans le sport se jouent notre modèle de société, notre rapport au corps et à la technique.

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mercredi 8 juillet 2020

Raphaël Verchère : Philosophie du triathlon

Eds du Volcan - Juillet 2020


« Nagez 3,8 km. Pédalez 180 km. Courez 42,195 km. Vantez-vous pour le reste de votre vie. » Voici le mot d'ordre du triathlon Ironman, tel qu'énoncé par John Collins, l'un des pionniers de la discipline dans les années 1970. Ce programme séduit toujours et davantage, et n'en finit pas de recruter des adeptes. D'où vient ce sport ? Comment s'est-il installé ? Pourquoi tant de personnes éprouvent-elles le besoin de se mettre à l'eau, de pédaler, de courir ? Quelle nécessité y a-t-il à toucher ses limites d'endurance, voire les dépasser, dans des formats qui peuvent paraître déraisonnables ? Quels sens à s'infliger ces souffrances à première vue démesurées ? Quel curieux plaisir peut-on prendre à cette pratique ? Le triathlon pourrait bien avoir à dire sur notre temps, sur notre société, sur notre rapport à l'effort, à la nature et à la technologie.

Docteur et agrégé en philosophie, Raphaël Verchère est Professeur de philosophie titulaire, Lycée Charlie Chaplin, Décines (69). Chercheur associé, Laboratoire sur les Vulnérabilités et l'Innovation dans le Sport (L-ViS, EA 7428), Université Claude Bernard-Lyon 1. Membre de la Société Francophone de Philosophie du Sport. Membre de la Société Rhodanienne de Philosophie. Membre du Comité scientifique du Philosophical Journal of Conflict and Violence. Qualifié aux fonctions de maître de conférences des sections 17 (philosophie) et 72 (épistémologie, histoire des sciences et des techniques).

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dimanche 5 mai 2019

Marc Augé : Match retour. Anthropologie de la revanche et autres textes

Payot Rivages - Avril 2019


« La compétition sportive est un terrain anthropologique. Quand on pense à l’organisation financière mondiale du sport, on demeure surpris par la manière dont les pulsions les plus primaires de l’homme sont exploitées et mises en scène. L’idée de revanche est commune aussi bien au sport qu’à la politique. Toujours néfaste et périlleuse, elle privilégie une représentation du passé et une vision de l’avenir qu’elle mythifie toutes deux. »
Six textes, six sujets, et une interrogation en filigrane : comment se libérer du mythe ? La passion sportive ouvre une réflexion sur le temps et le politique influencés par les technologies de la communication et de l’image. Nous devrions apprendre à penser le temps sans le mythifier. En commençant par l’individu qui, pour grandir, doit se libérer de son propre fond mythique comme des mythes qu’il partage avec d’autres.

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vendredi 6 avril 2018

Jean-Claude Michéa : Le plus beau but était une passe. Ecrits sur le football

Climats - Avril 2018 - (nouvelle édition)


"Le football s'est progressivement transformé en sport business et en sport spectacle, où les valeurs traditionnelles du beau jeu et du fairplay sont en voie de disparition parce qu'elles ne sont pas rentables. Il est certain, en effet, qu'aux yeux des classes dominantes l'industrie du football représente un élément décisif du sort power, ou de ce contrôle du temps de cerveau disponible destiné à faire passer l'amère potion libérale. Au même titre, là encore, que l'industrie de la mode, l'univers numérique ou celui de la world music et de ses concerts géants. Avec, toutefois, cette différence notable qu'il est à peu près impossible d'exercer le moindre regard critique sur la dynamique du capitalisme en se situant, par exemple, à l'intérieur du monde de la mode - puisque celle-ci ne constitue que le commentaire poétique de cette dynamique déshumanisante. Alors que l'univers du football offre encore un certain nombre de prises à une vision non capitaliste de la vie." JCM

Jean-Claude Michéa a enseigné la philosophie aux terminales du Lycée Joffre à Montpellier. Tous ses ouvrages ont été publiés chez Climats. Il est reconnu comme l'un des plus atypiques des penseurs français. Son dernier livre, Notre ennemi le capital, parait bientôt dans la collection "Champs".

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lundi 25 mai 2009

Petite philosophie du tennis

Christophe Lamoure



Editions : Milan
Prix : 13,50 €
Sortie : mai 2009

Des multiples voies de traverse qui peuvent agréablement conduire à la philosophie, le sport – vécu comme une pratique et/ou comme une passion – est sans doute l’une des moins explorées. Il y a là une injustice et une aberration. Une injustice car si le philosophe est celui qui, comme l’écrit Platon, se demande « ce que cela peut bien être un homme », comment pourrait-il ignorer le sport qui tient une place si grande dans la vie des sociétés et des individus ? Une aberration, dans la mesure où le philosophe se prive d’enquêter sur l’un des phénomènes humains les plus riches : trouve-t-on un lieu qui concentre et dévoile avec autant d’intensité les passions humaines ?Ainsi le tennis est comme une arène où se donne à voir un combat en plusieurs sets. Héraclite disait que Polémos (le combat) est le père de toutes choses, alors à quoi donne naissance une telle lutte, raquette à la main ? Lutte avec un adversaire mais aussi terrible lutte avec soi-même. Quelle expérience humaine retire-t-on de la fréquentation assidue d’un court de tennis, cet espace rectangulaire qui est comme un monde en miniature ? Explorer ces plis et replis du monde du tennis est l’affaire du philosophe.