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lundi 22 novembre 2021

Sei Shônagon : Choses qui rendent heureux. Et autres Notes de chevet

Gallimard - Octobre 2021 - Folio Sagesses


Haruha akebono : « Au printemps, l’aurore. » Tous les Japonais connaissent par cœur l’ouverture du Makura no sôshi (les Notes de chevet), fleuron de la littérature ancienne dû à une dame de cour de l’an mille. Ses premières phrases évoquent un paysage en mouvement : cycle des saisons, parcours du soleil, traînées de nuages, vol de lucioles ou d’oies sauvages. La toile de fond de montagnes à la lumière changeante place d’emblée les fastes du palais de Heian-kyô (l’actuelle Kyôto), que le lecteur s’apprête à découvrir, sous le signe de la fugacité des phénomènes et de sa conséquence immédiate, le mono no aware, « la poignante mélancolie des choses ». — Corinne Atlan

« Choses qui rendent heureux », « Choses qui égayent le cœur », « Choses qui ont une grâce raffinée », « Choses impatientantes », « Choses qui ne font que passer »... Par listes délicates et perçantes, Sei Shônagon saisit, attentive à leur impermanence, l’essence poétique des êtres et des choses.

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vendredi 22 octobre 2021

Dôgen : Shobogenzo, Muchu setsumu. En rêve, dire le rêve

 Encre marine - Octobre 2021


En rêve, dire le rêve fait partie des textes fondamentaux de Dōgen (1200-1253) nécessaires à la compréhension du « Shōbōgenzō » et du bouddhisme qu’il représente, le Zen. Cependant, peu de traducteurs occidentaux se sont aventurés à en faire une analyse en profondeur.
Le « rêve », selon la tradition du bouddhisme, se développe selon deux axes qui se confondent : le caractère illusoire et éphémère du monde conventionnel et le vide, où toutes les distinctions et dichotomies se trouvent abolies.
Ce « rêve » unitaire est le monde archétypal où évoluent les bouddhas, un archétype qui inspire tous les bouddhas depuis un temps immémorial.
La traduction proposée par Charles Vacher est accompagnée d’un important appareil critique : introduction conséquente et commentaires.
Françoise Dastur, philosophe et phénoménologue, a rédigé une postface qui élargit le débat et met en regard la pensée de Dōgen et la philosophie européenne.
L’ouvrage est complété par la photographie d’un artefact propre au bouddhisme japonais, le stūpa des Cinq Éléments. L’artiste japonais, Sugimoto Hiroshi, qui fait de la lumière son champ d’action, en a réalisé une version très originale. Un essai lui est consacré.

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mercredi 2 septembre 2020

Coralie Camilli : L'art du combat

PUF - Septembre 2020 - Perspectives critiques


La pratique des arts martiaux est une pensée. Elle est une manière de reconfigurer ce que nous croyons savoir à propos des évidences les plus élémentaires de notre existence : la vie, la mort, l'espace, le temps, la force, le corps. En pratiquant un art martial, ce ne sont pas seulement les gestes et les mouvements qui changent, mais la manière même de voir le monde - la manière même de le réfléchir. Et si ce que peut un corps consistait d'abord à résister à la tentation de la maîtrise ? Et si atteindre un niveau plus élevé de sophistication dans notre rapport à la force impliquait d'abord de l'abandonner ? Et si la puissance véritable était d'abord une impuissance ? Conviant les grands maîtres de l'aïkido autant que Henri Bergson, Ludwig Wittgenstein ou Edmund Husserl, les grands poètes japonais que Spinoza ou Leibniz, Coralie Camilli propose dans ce court essai toute une série de réponses inattendues à ces questions, nourries de sa double expertise martiale et philosophique - des réponses qui restituent les arts du combat à leur horizon fondamental : celui de la sagesse.

Coralie Camilli est philosophe et championne d'aïkido. Elle enseigne à l'Université Paris-Est-Créteil. Elle est l'auteur aux Puf de Le temps et la loi (2013).

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dimanche 23 août 2020

Françoise Bonardel : Vacuités. Sortir du nihilisme grâce au bouddhisme ?

Kimé - Août 2020


Longtemps considéré comme un nihilisme et accusé de pratiquer un « culte du néant » par les penseurs européens du XIX° siècle, le bouddhisme aujourd’hui mieux connu ne cesse pour autant d’être déconsidéré par les monothéismes, portés à voir dans l’a-théisme bouddhique une forme pernicieuse d’athéisme et refusant d’accorder crédit à une « religion » sans Dieu créateur. Nietzsche fut par ailleurs le premier philosophe occidental à s’inquiéter d’une possible collusion entre « l’asthénie de la volonté » que le bouddhisme était supposé préconiser, et le nihilisme dont l’ombre délétère commençait à s’étendre sur l’Europe. Le propos de ce livre est de retourner la position nietzschéenne à la faveur des acquis contemporains relatifs à la philosophie bouddhique, et de montrer que l’autodépassement du nihilisme envisagé par Nietzsche, puis par Heidegger et Jünger, suppose un « surmontement » (Überwindung) paradoxal du nihilisme auquel la vision bouddhique de la vacuité (sk. sūnyatā) pourrait apporter un éclairage inédit, comme l’a envisagé le philosophe japonais Nishitani Keiji dans son ouvrage majeur Qu’est-ce que la religion ? Au lieu d’être un obstacle en raison du nihilisme qu’on lui prête, l’enseignement du Bouddha pourrait de surcroît contribuer à ce que ce nouveau combat de Géants dont dépend l’avenir du monde occidentalisé prenne une tournure pacifique.

Professeur à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, Françoise Bonardel enseigne la philosophie des religions de 1990 à 2010. Elle est également administratrice de l'Institut d'études bouddhiques. Elle a publié de nombreux ouvrages dont L'Irrationnel, PUF, coll. « Que sais-je ? », Philosopher par le feu. Anthologie de textes alchimiques, Seuil, Des héritiers sans passé. Essai sur la crise de l'identité culturelle européenne, Chatou, La Transparence.

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lundi 23 mars 2020

Christophe Bardyn : Socrate et Confucius. Introduction comparée aux philosophies chinoises et occidentales

Armand Colin - Mars 2020 - La lettre et l'idée 

Il semble entendu de nos jours que la pensée chinoise est radicalement différente de la philosophie occidentale. Il est même proposé à cette dernière de s’appuyer sur ce décalage pour mettre en cause l’évidence de ses principes et apprendre à s’orienter autrement dans la réalité. On se réfère habituellement pour cela au taoïsme (très critique à l’égard des conventions) plutôt qu’au confucianisme (toujours suspect de moralisme), malgré l’importance primordiale de Confucius aux yeux des penseurs chinois eux-mêmes. L’intention de cet essai est d’établir des rapprochements entre la tradition de pensée issue de Confucius et la philosophie occidentale d’origine grecque, principalement la philosophie socratique.

Christophe Bardyn est inspecteur pédagogique régional de philosophie (Toulouse). Il est l’auteur chez Armand Colin de Philosopher avec les œuvres littéraires et chez Flammarion de Montaigne, La splendeur de la liberté. Il a plusieurs années donné des cours de philosophie chinoise classique à l’UCO d’Angers.

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mercredi 19 février 2020

Lilian Truchon : Evolution et civilisation en Chine. Le darwinisme dans la culture politique chinoise

Classiques Garnier - Février 2020


Introduit en Chine à la fin du XIXe siècle, le darwinisme a provoqué une révolution intellectuelle dans un pays s'ouvrant au savoir occidental mais menacé dans son unité nationale. Non seulement les principes de la sélection naturelle et de la survie du plus apte ont été reçus comme une contribution essentielle à la science naturelle mais, prenant largement le pas sur le strict propos biologique, ils furent également les instruments d'une sociologie de la lutte pour la civilisation. Cette étude examine les modalités épistémologiques et les enjeux socio-politiques de cette réception et de ses suites au XXe siècle, traversées par de fortes tensions doctrinales dans les rapports entre science et idéologie, biologie et sciences humaines.

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samedi 8 février 2020

Liang Shuming : Aspects de la culture chinoise

Nuvis - Février 2020


Plus de trente ans après sa disparition, Liang Shuming (1893-1988) demeure l'un des penseurs les plus stimulants pour qui veut comprendre la Chine et les différences fondamentales qui la séparent de l'Occident. Né à la fin du XIXe siècle il connaît dans sa jeunesse les derniers soubresauts de la dynastie des Qing et voit la Chine sombrer. Fin connaisseur du monde occidental, de sa pensée et de sa philosophie, il est très tôt conscient de la nécessité de participer à la modernisation et à la revivification de son pays afin de lui permettre de reprendre sur l'échiquier mondial la place qui lui revient ; mais il se refuse à une complète occidentalisation de celui-ci considérant l'utilitarisme et le matérialisme européens comme voués à l'échec, leur opposant la culture traditionnelle chinoise, ses rites confucéens et sa spiritualité auxquels il est profondément attaché. Lire Liang Shuming, c'est cheminer en compagnie d'un de ces rares et si précieux passeurs entre l'Occident et l'Asie ; découvrir un penseur au vaste savoir qui fut aussi un homme d'action, d'une rectitude et d'une fermeté admirables dans ses convictions, n'hésitant pas à payer de sa personne pour défendre les idées qui lui semblaient justes. Parfois qualifié de Gandhi ou de Tagore chinois, considéré comme le dernier confucéen, Liang Shuming est bien plus que cela : un humaniste dont la pensée apparaît d'une singulière modernité pour qui prend le temps de réfléchir au monde occidental et au monde chinois, à leurs cultures et à leurs futurs.

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vendredi 6 décembre 2019

Wang Chong : Balance des discours. Traités philosophiques

Belles Lettres - Décembre 2019 - Bibliothèque chinoise


La Balance des discours (Lunheng) est l'une des grandes sommes philosophiques de la Chine ancienne. Elle consiste en un recueil de 85 traités rédigés par le lettré Wang Chong (27-97 ? ), l'un des principaux penseurs de la dynastie Han (206 av. J.-C.220 apr. J.-C.). Le but avoué de Wang Chong est la "lutte contre l'erreur" : dans ses traités, il s'en prend à toutes sortes de conceptions qui ont cours de son temps, que ce soit les idées de penseurs anciens, l'idéologie officielle de l'Empire ou des croyances plus largement partagées. Dans sa critique, il mobilise, outre son bon sens et ses qualités d'observation, une immense érudition, multipliant les arguments et les exemples, ce qui fait de la Balance des discours non seulement une oeuvre philosophiquement importante en tant que telle, mais aussi une véritable encyclopédie des savoirs de la Chine ancienne. La présente anthologie propose la traduction de vingt traités importants d'un point de vue philosophique. Wang Chong y aborde des questions centrales de la pensée chinoise ancienne, comme celle de la nature humaine ou de la destinée. Il traite de toutes sortes d'histoires et légendes rapportées par les anciens textes, n'hésitant pas à les critiquer même lorsqu'elles peuvent se réclamer de l'autorité des plus grands auteurs ; il se permet d'ailleurs de mettre en doute l'infaillibilité des Classiques du confucianisme eux-mêmes. Il s'en prend nommément à quelques-uns des penseurs de l'époque pré-impériale, et à Confucius lui-même, en des termes sévères, dans un traité, "Questions à Confucius", qui valut à Wang Chong d'être sévèrement condamné plus tard par les confucianistes bien-pensants.

Traduction de Nicolas Zufferey

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jeudi 31 octobre 2019

Belko Ouologuem : La philosophie de Confucius

L'harmattan - Octobre 2019 - Pour comprendre


Comment restaurer un ordre sociopolitique stable, prospère et harmonieux dans une société où les moeurs sont en dégénérescence et les institutions politiques en faillite ? Quelle forme de gouvernance peut incarner la réalisation d'une telle mission ? Quel type d'homme faut-il pour conduire une telle entreprise qui paraît utopique au commun des mortels ? De quelles ressources dispose-t-il pour éviter la déchéance morale ? Telles sont les préoccupations majeures de Confucius. Pour lui, l'homme est essentiellement responsable de la presque totalité des tragédies humaines et c'est par lui qu'il peut y avoir des solutions. Il propose un idéal d'homme à la fois ordinaire et moral, le junzi, comme remède à la mauvaise gouvernance qui produit crises et décadence.

Belko Ouologuem, né le 19 août 1974 à Ségou (Mali), est Docteur en philosophie chinoise de l'Université de Fudan à Shanghai et professeur de philosophie à l'Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako. Il dispense aussi des cours de philosophie antique à l'École Normale Supérieure de Bamako et de philosophie d'Aristote à l'Université Catholique de Bamako.

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mercredi 11 septembre 2019

François Chenet : La philosophie indienne

Armand Colin - Septembre 2019 - Collection : La lettre et l'idée


La philosophie indienne représente l'une des réalisations majeures de l'esprit humain : les doctrines qui sont nées sur la terre de l'Inde recèlent des trésors spéculatifs et spirituels, que l'Inde a légués à la philosophie universelle. Cet ouvrage offre un panorama concis de la philosophie indienne (écoles, courants, oeuvres majeures) ; dégage l'originalité de la philosophie indienne en la distinguant de la philosophie occidentale ; apprécie ses contributions à la philosophie universelle.

François Chenet, ancien élève de l'École normale supérieure (Ulm), est professeur à l'université de Paris-Sorbonne (Paris-IV).

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lundi 13 mai 2019

Christophe Richard : Et moi, et moi, et moi ! Le sujet dans le bouddhisme et la philosophie

L'harmattan - Mai 2019


Moi, je, ego, personne, individu, autant de termes par lesquels nous désignons le sujet substantiel que nous croyons être. Seulement, peut-on trouver en nous une quelconque unité singulière et constante ? Contre toute attente, certains philosophes osèrent en douter, mais c'est surtout le Bouddha qui fit peser les plus graves soupçons sur notre prétendue subjectivité. Si le sage indien ne nia pas l'existence de notre moi empirique, il remit en cause l'idée qu'il s'agissait d'une substance. Le moi existerait donc sans pour autant être réel. Comprendre la nature de cet ego permettrait de se libérer des souffrances qu'il engendre. Il en va ainsi de notre bonheur.

Professeur de philosophie en lycée et intervenant dans diverses universités, Christophe Richard est un spécialiste du tantrisme tibétain. Aussi enseigne-t-il également, dans diverses structures bouddhistes, l'histoire et la pratique de la sagesse du Bouddha.

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samedi 27 octobre 2018

Chantal Jaquet : La philosophie du kôdô. L’esthétique japonaise des fragances

Vrin - Octobre 2018 - Matière étrangère


Le kôdô, littéralement la voie des fragrances, est un art japonais unique au monde consistant à apprécier et célébrer les parfums des bois aromatiques précieux au cours d’une rencontre, mêlant combinaisons de senteurs et poésie. Comment comprendre qu’un tel art alliant sagacité olfactive et culture lettrée ait pu naître et se développer à partir de l’ère d’Edo en forgeant des catégories esthétiques très raffinées, alors que l’odorat est souvent considéré comme un sens ingrat et grossier? Le présent ouvrage vise à éclairer cette énigme et à élaborer une philosophie du kôdô qui en restitue l’esprit à travers l’histoire, en interrogeant ses soubassements métaphysiques et esthétiques. Penser la magnificence dans l’impermanence, tel est le défi auquel le nez est ici convié.

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vendredi 23 mars 2018

Zhao Tingyang : Tianxia, tout sous un même ciel

Cerf - Mars 2018


L'ordre du monde dans le passé et pour le futur. L'oeuvre essentielle du philosophe chinois dominant traduite pour la première fois. Les grandes controverses du moment traitées frontalement. Une pensée alternative aux impasses contemporaines. Un livre-événement, refondateur. A lire absolument. A-t-on raison d'avoir peur de la Chine ? Et si, au contraire, son intuition originelle représentait le meilleur antidote au choc des civilisations ? Si elle permettait de faire enfin rimer globalisation et réconciliation ? Aux théories modernes sur l'Etat, la nation, la guerre, la paix, le conflit des pouvoirs et la domination des nouveaux réseaux, Zhao Tingyang oppose le Tianxia, ce système antique incluant "tout ce qui existe sous le ciel". Un système qui inspira l'Empire du Milieu, vortex ayant su attirer, intégrer, harmoniser les peuples et les cultures. Un système à même, demain, de définir le monde comme sujet souverain. Qu'il critique les courants majeurs de la pensée occidentale, qu'il invoque l'histoire, l'économie ou la théorie des jeux, qu'il révèle des concepts inconnus, c'est toujours en jetant des ponts que Zhao Tingyang nous invite, dans ce maître-livre, à redécouvrir l'universalité.

Zhao Tingyang est l'un des philosophes chinois contemporains les plus renommés. Chercheur à l'Académie des sciences sociales chinoises, il enseigne également dans les universités de Qinghua, Pékin et Harvard. En 2005, il publie son livre phare, Le Système Tianxia, une introduction à théorie politique du monde. Sa correspondance avec Régis Debray est publiée en 2015 sous le titre Du Ciel à la Terre (Les Arènes). Jean-Paul Tchang est chercheur à l'Académie des Sciences sociales, professeur de renommée internationale, auteur d'une dizaine d'essais dont une correspondance avec Régis Debray, Du ciel à la terre, publiée simultanément à Paris et Pékin, Zhao Tingyang incarne l'essor planétaire de la philosophie chinoise.

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mercredi 10 janvier 2018

Jacques Senécal : Philosophies occidentales et sagesses orientales. Une approche amoureuse

Liber -  Janvier 2018


Est philosophe celui qui, se sachant en route, veut savoir où il va. Au cours de l'histoire, les réponses proposées à cette interrogation sont multiples. Elles sont en même temps traversées par des constantes et constituées en familles relativement cohérentes et durables. Or on constate, à l'examen des diverses doctrines sur les questions humaines fondamentales, des différences majeures entre celles transmises en Occident et celles entretenues en Orient. En quoi consistent ces divergences, mais aussi les points de rencontre ? Pourquoi dit-on « philosophies » occidentales mais « sagesses » orientales (hindouisme, taoïsme, bouddhisme, confucianisme) ? Cet essai a pour objectif d'approfondir cette distinction. À cette fin, il se laisse guider par dix notions de la pensée occidentale que l'on compare dès lors à l'usage qui en est fait dans l'autre tradition : la substance, la connaissance, l'essence, la raison, le dualisme, le moi, la liberté, le temps, le bonheur, le salut ; dix chantiers ouverts, dix chapitres d'une grammaire de base de civilisation. Philosophie ou sagesse ?

Jacques Senécala enseigné la philosophie au collège, à Rimouski et à Montréal (Canada) et au Lycée français international de Hong Kong. Il anime maintenant des cafés philosophiques et des ateliers de philosophie. Aux éditions Liber, il a publié ""Le bonheur philosophe"" (2011), ""Le cerveau amoureux"" (2010), ""Manières de dire, manières de penser"" (2004).

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mardi 19 décembre 2017

Hazrat Inayat Khan : La Coupe de l'Échanson. Éphéméride spirituelle

Actes Sud Editions - Novembre 2017 - Collection : Le souffle de l'esprit


Après La Danse de l’âme, paru en 2016, La Coupe de l’échanson est le second ouvrage de Hazrat
Inayat Khan à paraître dans la collection “Le Souffle de l’esprit”. L’ouvrage se présente comme un ensemble de 366 aphorismes du maître soufi, répartis sur les douze mois de l’année bissextile. Il s’agit donc d’un calendrier où figure une pensée pour chaque jour. L’auteur y tient le rôle de l’échanson, le serviteur qui sert traditionnellement le vin à table, mais aussi de tout homme qui sert à boire à celui qui a soif. Il s’agit bien entendu ici d’une soif spirituelle que l’échanson tente d’étancher par son enseignement sous forme d’aphorismes. Le texte est précédé d’une brève présentation qui resitue le thème et la figure de l’échanson dans la poésie et la spiritualité soufies.

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dimanche 19 novembre 2017

Michel Angot (éd.) : Mahābhāṣya de Patañjali. PaspaśᾹ

Les Belles Lettres - Novembre 2017 - Collection : Collection Indika


Le Mahābhāṣya (Grand Commentaire) est le nom donné vers le Ve siècle de notre ère par le philosophe et linguiste Bhartṛhari au commentaire grammatical rédigé anonymement quelque sept siècles auparavant sur la Grammaire de Pāṇini. Bhartṛhari l’attribue à une figure mythique : Patañjali était un grand Serpent. Dorénavant on parlera du « Mahābhāṣya de Patañjali ». Pendant quelque vingt siècles, le Mahābhāṣya sert de modèle au genre commentarial, lequel est le principal genre littéraire par lequel les brahmanes exposent philosophie, pensée, en général tous leurs savoirs.

La Paspāśā (Examen) constitue l’introduction du Mahābhāṣya. C’est la seule partie non technique de l’ouvrage, la seule qui puisse encore être lue aujourd’hui sans la connaissance technique de la grammaire de Pāṇini. « Patañjali » y expose sa conception du sanskrit, la langue de l’Ordre cosmique, dans un heureux mélange de linguistique, de philosophie, de logique et de mythologie. Le présent ouvrage est donc un des classiques de la langue et de la pensée des brahmanes, le socle de toute leur réflexion.

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samedi 17 juin 2017

Marc Ballanfat : Introduction aux philosophies de l'Inde

Ellipses - Juin 2017


Qu’attendre d’une introduction aux philosophies de l’Inde ?
D’abord, qu’elle donne des repères, qu’on appelle ici « plans », qu’elle fournisse des outils, les « concepts », et qu’elle fasse penser en posant des « problèmes ». On prend conscience alors de l’unité et de la diversité des argumentations indiennes, unité parce qu’elles utilisent des schémas conceptuels communs, dont certains sont présentés ici dans leurs grandes lignes, diversité parce que cela n’exclut pas que différents points de vue demeurent possibles et légitimes. Enfin, les extraits de textes traduits et commentés complètent cette présentation en permettant au lecteur de se confronter à la difficulté d’une pensée autre.

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mardi 18 avril 2017

Reza Rokoee : L'Iran autrement. Des conflits philosophiques à l'iconophobie

Editions L'Harmattan - Avril 2017 - Collection : L'Iran en transition


La brève histoire de la philosophie moderne en Iran exposée dans cet ouvrage se présente comme un préambule à la connaissance des hommes de lettres iraniens et à leur pensée dans une société tissée de paradoxes. L'herméneutique est sans doute l'un des exemples les plus significatifs de la modernisation théorique en cours en Iran. Après avoir acquis une nouvelle forme de langage, dépourvue de fondements, et créé une conception qui permet de travestir la réalité du monde, elle s'est substituée à son image classique pour devenir une manière de camoufler la décadence de la pensée traditionnelle. De même, l'iconoclasme, phénomène qui touche la conscience visuelle de la société iranienne, représente un autre exemple de ce paradoxe originel, à double tranchant, d'une vision qui ne parvient pas à identifier son trait ontologique et à déterminer l'éducation de la vue. Ainsi le sacré ne supporte pas de se voir et de percevoir l'autre comme sacré, car une conscience séculaire qui n'a pas accès à la vision demeure dans le domaine de la divinité obscurantiste moderne. 

Reza ROKOEE, après avoir fait des études philosophiques à I'EHESS (2008), s'intéresse aujourd'hui à la lecture phénoménologique de la philosophie médiévale et moderne. Il mène une étude parallèle sur le cas précis de l'Iran afin de mieux illustrer un certain nombre de problématiques. Il a déjà publié Le rêve et l'éveil dans les écrits de Husserl (L'Harmattan, 2013) et L'attitude phénoménologique comparée : de Husserl à Avicenne (L'Harmattan, 2015).

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vendredi 10 mars 2017

Motoori Norinaga : Le fou à la cangue

Kimé - Mars 2017


Introduction et traduction du japonais classique par Dominique Thomas

L’esprit libre et novateur de Motoori Norinaga (1730-1801) est unique dans le paysage intellectuel japonais du 18e siècle. Sa critique de l’esprit de système, qui « guide nos sociétés à ce jour et exerce autant de ravages », comme l’a dit C. Lévi-Strauss, est l’occasion d’une remise en cause des perspectives et des certitudes occidentales.
Dès la première page, on bascule dans le monde extraordinaire des récits mythiques, puis l’on traverse l’Antiquité du Japon dans son intimité avec la Chine et la Corée. Par une controverse passionnée avec son contemporain japonais Tô Teikan, Motoori Norinaga découvre le sens propre du mythe et le leurre d’une raison, qui se veut objective, à l’origine de ce que nous aimons croire être l’évolution de la pensée. Le questionnement humain reste le même et soulève les mêmes interrogations aujourd’hui, auxquelles seules les formes, qui y répondent, changent.
Le trait le plus caractéristique de la vie et de l’œuvre de Motoori Norinaga est la constance. Il est issu d’une famille de marchands de Matsuzaka, située dans la péninsule d’Ise. Sur la volonté de sa mère, il part étudier la médecine à Kyôto entre 1752 et 1757, mais par le même temps découvre l’importance des textes les plus anciens par une méthode philologique. De retour à Matsuzaka, il ouvre une clinique de pédiatrie et soigne essentiellement les femmes et les enfants. À la fin des années 1780, son activité de lettré devient prééminente comme l’atteste le nombre important de ses publications entre 1789 et 1792, date à laquelle il perçoit une pension à vie du fief de Kishû (actuel Wakayama).
Ses œuvres complètes, parues entre 1968 et 1993 aux Éditions Chikumashobô, se composent de 23 volumes. Son bâtiment mémorial, situé à Matsuzaka et dirigé par Yoshida Yoshiyuki, présente de nombreuses recherches sous forme de publication dont le dictionnaire Motoori Norinaga, paru en 2001 à l’occasion du bicentenaire de sa mort.

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mardi 17 janvier 2017

Zhenzhen Guo : Pensée chinoise et raison grecque

  • Editions Universitaires de Dijon - Janvier 2017 -  Histoire et philosophie des sciences


Après avoir longtemps méconnu, voire dénigré la pensée chinoise, l'Occident avait fini par la reconnaître et même la célébrer. Ces dernières années, un débat s'était instauré, au sujet de la spécificité chinoise, qui tendait à minimiser l'altérité de ce pays, voire même celle de sa langue et de son écriture. Cependant, les étonnants écarts entre le comportement et le raisonnement des deux cultures, occidentale et chinoise, montrent que les différences persistent malgré la forte volonté de se rapprocher, et il faut bien reconnaître que la compréhension mutuelle ne va jamais de soi. La recherche des raisons de ces différences pousse à trouver l'origine de l'altérité non dans des causes matérielles ou économiques mais dans l'existence de formes différentes de rationalité. Ce sont ces formes que le livre étudie à propos de la représentation de la nature, du temps, de la logique ou des mathématiques.

Zhenzhen GUO est docteur en Philosophie de l'université Lyon 3 et actuellement en postdoctorat à l'Université Tsinghua en République Populaire de chine. Elle est spécialiste de philosophie de la nature et des rapports entre les rationalités de Chine et d'Occident. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages de philosophie des sciences et des techniques, Daniel Parrochia, professeur émérite à l'université de Lyon est l'un des principaux représentants actuels de l'épistémologie française de tradition bachelardienne.

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