Hermann - Juillet 2026
Lorsqu’il est question de technologie, le registre du religieux est souvent mobilisé, soit pour promettre des merveilles, soit pour dénoncer les dangers de ces technologies. Cette mobilisation du religieux est non seulement le fait de commentateurs, mais aussi d’acteurs de la technique : scientifiques, ingénieurs, utilisateurs, commanditaires.
Comment expliquer ce mélange des genres ? Ne serait-il pas le signe d’une relation plus profonde, mais peu discutée, entre le développement des techniques et le questionnement théologique ? Ce recours au religieux ne serait-il pas le signe que la « question théologico-technique » est laissée en friche ? Trop souvent, comme le regrette Giorgio Agamben, la sécularisation est confondue avec une « dé-théologisation ». Or la théologie peut être utilement convoquée, en dehors de toute question de croyance, pour nous aider à penser la technique. La théologie peut avoir une fonction critique, en nous aidant à chasser la sacralité malvenue qui trop souvent enveloppe les techniques, mais aussi archéologique, pour nous aider à comprendre comment le complexe technique s’est mis en place, et enfin être force de proposition, pour aider à penser autrement les techniques. Cette anthologie raisonnée entend ouvrir un chantier en proposant de lire des auteurs qui, au long de l’histoire occidentale, ont tenté de penser l’homo technicus.
Franck Damour, agrégé d’histoire, est professeur associé à ETHICS (EA 7446) et membre de la chaire Éthique, Technologie et Transhumanisme(s) à l’université catholique de Lille.
David Doat est maître de conférences en philosophie, et actuellement titulaire de la chaire Éthique, Technologie et Transhumanisme(s) au sein du département ETHICS (EA 7446) de l’université catholique de Lille.
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