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mercredi 1 décembre 2021

Nicolas Le Dévédec : Le mythe de l'humain augmenté. Une critique politique et écologique du transhumanisme

Ecosociété - Novembre 2021


Faciliter les ruptures amoureuses au moyen d’un médicament qui estomperait le sentiment d’attachement, jugé néfaste et «addictif». Neutraliser chimiquement nos tendances les plus agressives dans le but de pacifier les relations humaines. Réduire génétiquement la taille des êtres humains afin de limiter notre empreinte écologique sur Terre. Et, ultimement, repousser les frontières de la mort jusqu’à ce que celle-ci ne soit plus une fatalité, mais bien un choix indivi­duel. Le continent des promesses transhumanistes semble sans limi­tes et suscite autant de fascination que d’effroi.

Mouvement prônant une amélioration radicale de nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, le transhumanisme et l’idé­o­lo­gie de l’humain augmenté gagnent de plus en plus en notoriété. Or, le sensationnalisme futuriste de ses thèses nous empêche de bien réfléchir à leur réalité scientifique, à leur rôle économique et à leur sens politique. En resituant le débat sur le terrain du politique, Nicolas Le Dévédec montre avec clarté que ce mouvement n’est en rien révolutionnaire: changer l’être humain pour mieux ne pas changer notre modèle de société constitue son ressort politique profond.

Adhérant à l’horizon productiviste de notre temps, le transhu­manisme est indissociable du néolibéralisme et de l’appropriation capitaliste toujours plus poussée de nos corps et de nos vies, comme en témoigne l’intériorisation des normes de performance individuelle calquées sur le modèle de l’entreprise. Cristallisant l’imaginaire de la maîtrise de la nature, le mouvement contribue éga­lement à entre­tenir un rapport au monde, à l’humain et au vivant profondément dévastateur. À l’ère de l’Anthropocène, il est temps de reconquérir notre autonomie politique et de formuler une véritable «éco­logie politique de la vie et du vivant».

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dimanche 28 novembre 2021

Alain Juranville : L'universalité du judéo-christianisme. Par la philosophie contemporaine jusqu'aux commandements du Décalogue

 Parole et silence - Décembre 2021


On veut ici s'élever contre l'opinion répandue selon laquelle le judéo-christianisme serait au principe de tous les maux actuels de la société et de l'homme en général : développement insupportable du capitalisme, notamment à travers la mondialisation ; ruptures diverses avec la nature (dont la sexualité), mais aussi avec les sagesses élaborées par bien des peuples depuis les origines ; etc. On veut ici au contraire proclamer l'universalité du judéo-christianisme. Soutenir, à partir de la philosophie, que le judéo-christianisme a apporté et apporte des contenus qui valent pour tous les hommes, quels que soient les mondes culturels auxquels ils appartiennent au départ. Cela concernant notamment l'éthique judéo-chrétienne, cette éthique donnée par l'Autre divin sur le mont Sinaï dans les commandements de ce qu'on dénomme le Décalogue. Éthique qui appelle tous les hommes à accéder à l'individualité véritable, cette individualité que le paganisme sous toutes ses formes a cherché à empêcher d'advenir par la violence collective (sacrificielle décisivement). Que ce soit le paganisme des sociétés « primitives » ou « traditionnelles ». Celui dans lequel risque sans cesse de retomber le monde chrétien. Celui dont a le plus grand mal à se défaire le monde islamique. Celui qu'abandonnent au peuple les religions les plus raffinées de l'Asie. Le néo-paganisme enfin (sous couvert de science ou d'écologie) de l'ordinaire monde actuel. On veut ici montrer que cette proclamation de l'universalité du judéo-christianisme est ce vers quoi dirige le mouvement de la pensée philosophique contemporaineattachée, depuis Kierkegaard, à l'affirmation de l'existence, de l'être comme existence.

Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure de la Rue d'Ulm, agrégé de philosophie, Docteur d'Etat, Alain Juranville a été maître de conférences de philosophie moderne et contemporaine à l'Université de Rennes 1. Il est également psychanalyste.

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samedi 27 novembre 2021

Christos Nikou : Imaginaires postapocalyptiques. Comment penser l'après

 UGA Editions - Novembre 2021


Pandémie, fléaux, holocauste nucléaire, volcanisme, astéroïde ou comète entrant en collision avec la Terre, réchauffement climatique, violences cataclysmiques, crise malthusienne, invasion extraterrestre, cybergeddon… autant de scénarios postapocalyptiques qui nourrissent de manière exceptionnelle l'imaginaire de bon nombre d'écrivains, de cinéastes (films ou séries télévisées), de créateurs de BD ou de jeux vidéo. Le genre postapocalyptique, dont Le Dernier Homme (1805) de Jean-Baptiste Cousin de Grainville et The Last Man (1826) de Mary Shelley sont les premières manifestations, reproduit aussi bien le début de la fin du monde que l'après, dans une ambiance anxiogène. Vouloir raconter un monde différent afin d'interroger la réalité actuelle (écologique, politique, morale, sociale, théologique, psychique, philosophique, etc.) et notre rapport au monde, c'est désormais, à l'ère de l'anthropocène et du capitalocène, une conscience et une angoisse : celles d'habiter postapocalyptiquement le monde.

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mercredi 24 novembre 2021

Franck Damour, Olivier Dard, David Doat (dir.) : L'homme augmenté en Europe. Rêve et cauchemar de l'entre-deux-guerres

 Hermann - Novembre 2021


Le transhumanisme contemporain est souvent rapproché de précédents dans l’entre-deux-guerres. En effet, dans l’espace européen, entre les deux conflits mondiaux, nombre de penseurs ont porté le vœu d’élever l’homme au-delà de sa condition « naturelle » par différentes techniques, que celles-ci modifient les comportements, les corps, ou les aspirations humaines. Des intellectuels, des scientifiques, des industriels et politiques ont concouru à l’élaboration de discours qui configurent différemment les rapports entre politique et technologie. Ces discours ne se réduisent pas aisément aux catégories bien identifiées de l’« homme nouveau », de l’eugénisme ou de projets d’ordre technocratique. L’« Ultra-humain » de Teilhard de Chardin, le « post-humain » de Julian Huxley, le « super-homme » de Voronoff, le « surhumain » de Jean Rostand, l’homme « minotaure » d’Ortega y Gasset : autant de tentatives pour nommer une humanité qui a perdu de son évidence en face de la machine et qui, par le même et paradoxal mouvement, découvre sa part d’artificialité. En ces temps troublés, l’idée d’un homme augmenté est une idée commune en Europe.

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dimanche 17 octobre 2021

Chantal Delsol : La fin de la Chrétienté

 Cerf - Octobre 2021


N'en déplaise aux déclinistes, la fin de la civilisation chrétienne n'est pas la fin du monde. Ce qui se joue à travers l'inversion normative et la transformation radicale des mœurs, c'est le retour du monde païen. Seize siècles de Chrétienté s'achèvent. Le temps présent connaît une inversion normative et philosophique qui nous engage dans une ère nouvelle. La transition est brutale. Elle est difficile à accepter pour les défenseurs de l'âge qui s'efface. De même que le vieillard tend à colorer le monde de sa propre décrépitude et à le voir décadent, de même il est des chrétiens qui, aujourd'hui, se plaisent à contempler le déclin du monde dans leur propre déclin.Nous assistons en fait à une métamorphose. Le temps païen qui s'ouvre restaure les anciennes sagesses en même temps que les anciennes sauvageries. Le grand Pan est de retour. L'ère chrétienne qui s'achève avait vécu sur le mode de la domination. Le christianisme doit inventer un autre mode d'existence. Celui du simple témoin. De l'agent secret de Dieu.

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jeudi 16 septembre 2021

Andreas Weber : Invitation au vivant. Repenser les Lumières à l'âge de l'Anthropocène

 Seuil - Septembre 2021


Qu'est-ce que la vie et quel rôle y jouons-nous ? Notre culture héritée des Lumières, tout comme la biologie conventionnelle, ont jusque récemment évité de s'intéresser à la vie dans sa puissance créatrice et signifiante. Toutes deux étaient trop attachées aux catégories de l'individu, de la rationalité et de la concurrence, et concevaient le monde à travers un réductionnisme passant à côté de la vie elle-même. Mais que se passe-t-il si on repense les organismes, y compris les nôtres, comme des corps sensibles autant que physiques, qui vivent des expériences subjectives et produisent du sens ? Quels nouveaux chemins sont possibles si, en héritant des Lumières mais en les vivifiant par un rapport renouvelé à la biosphère, nous sommes attentifs à nos besoins intérieurs en tant que créatures vivantes ? Quelles relations avons-nous, ou devrions-nous avoir, avec les puissances d'agir des vivants autres qu'humains ? Comment produisons-nous ? Pour nos besoins ou pour le marché ? Comment désintoxiquer la biologie de ses métaphores et cadres de pensée hérités de l'industrialisme libéral du XIXe siècle ? Une proposition essentielle pour repenser nos existences terrestres.

Andreas Weber a étudié la biologie marine et la philosophie en Allemagne et aux États-Unis, notamment sous la direction de Francisco Varela. Docteur en études culturelles, auteur et journaliste, il a beaucoup écrit dans la tradition de la " Nature Writing ". Chercheur indépendant, il explore la " biopoétique " et les conceptions de la vie comme signification, issues des recherches les plus récentes en biologie.

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mardi 3 août 2021

Edgar Martínez Castillo : Capitalisme virtuel. Au carrefour du contrôle

 Notre savoir - Août 2021


Le texte qui suit traite d'un concept essentiel à l'heure de la mondialisation et des catastrophes planétaires : le capitalisme virtuel. Et où cette dernière a été possible grâce au www qui a ouvert un espace dominé par les dispositifs électroniques, les algorithmes et l'hyperconnectivité 24/7, qui a déclenché la construction d'une distribution politique (nomos) dans laquelle se visualise ce que Deleuze - de manière visionnaire - appellerait des sociétés ouvertes de contrôle. Dans ce carrefour de contrôle apparaît un phénomène guidé par une politique globale de capitalisme capable de monétiser nos désirs, nos goûts, nos passions, nos données, etc. par le biais des clics que nous laissons sur le www. Ainsi, le capitalisme virtuel est un experimentum mundi qui s'est immiscé dans la partie privée de nos vies et où la question se pose : quels types d'espaces créatifs sont possibles dans cette hypercomplexité planétaire ?

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mercredi 30 juin 2021

Futuribles 2021/4 (N° 443) : L’évolution des valeurs des Européens

 Futuribles - Juin 2021


Page 3 à 4 : Hugues de Jouvenel - Prospective et politique | Page 5 à 23 : Pierre Bréchon - Europe : des valeurs en évolution mais toujours aussi clivées | Page 25 à 38 : Gilles Ivaldi - La montée du populisme autoritaire | Page 39 à 50 : Raùl Magni-Berton - L’évolution de la tolérance en Europe | Page 51 à 63 : Thierry Lavoux, François Guerquin et Katarzyna Marini - La Méditerranée face au changement climatique | Page 65 à 74 : Matthieu Auzanneau - L’inexorable déclin du pétrole | Page 75 à 85 : Geoffrey Delcroix - Vers un monde plus contesté ? | Page 86 à 90 : Marie Ségur - La 5G, à la croisée des chemins | Page 91 à 95 : Geneviève Ferone Creuzet - Mesurer l’information extrafinancière | Page 97 à 107 : Quentin Scavardo - Penser l’avenir sous l’emprise du présent | Page 109 à 115 : Jean-François Drevet - L’Europe et les libertés fondamentales | Page 117 à 132 : Idées & faits porteurs d’avenir | Page 133 à 148 : Analyses critiques & comptes rendus.

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jeudi 17 juin 2021

Frédéric Monneyron : Mythe et race

 Entremises - Juin 2021


Mettre au jour et démêler les confusions qui gravitent autour d'un concept, celui de « race », qui apparaît d'emblée comme des plus flous, analyser les fondements des constellations mythiques et des idéologies politiques qui se nourrissent de ce concept - alors même que les idéologies assument dans le monde occidental les mêmes fonctions que les mythologies dans les sociétés traditionnelles -, telle est la délicate tâche de démystification qu'entreprend Frédéric Monneyron dans ce livre. Ainsi comprend-on comment les élaborations historiques qui se développent au XIXe siècle pour justifier la suprématie ethnique voire biologique des peuples blancs - des origines aryennes et sémites aux Hamites, en passant par les Hyperboréens - ont imprégné durablement l'imaginaire occidental et continuent aujourd'hui d'influencer nos représentations sociales, notamment à travers nos canons esthétiques. Un livre magistral et salutaire.

Frédéric Monneyron est Professeur des Universités et enseigne la littérature générale et comparée à l'Université de Perpignan- Via Domitia et la sociologie de la mode à Mod'Art International, Paris.

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samedi 12 juin 2021

Emanuele Quinz (dir.) : Le Comportement des Choses

 Presses du réel - Juin 2021


Une enquête polyphonique qui révèle le potentiel de suggestion fictionnelle et philosophique de l'animation des choses, en questionnant la persistance de formes d'animisme au sein du projet de la modernité, dans l'horizon d'une remise en question des fondements anthropocentriques de la culture occidentale.

Que se passe-t-il quand, soudainement, un objet qui nous fait face s'anime ? Comment envisager de tels objets qui tendent à se comporter comme des sujets ? Faut-il les reléguer au rang de curiosités parascientifiques, de phénomènes paranormaux, de bizarreries surréalistes ? Faut-il les considérer comme des produits d'ingénierie, en apprécier l'exploit mimétique qui permet de leur prêter vie ? Ou les regarder comme des objets d'art, saisir les ouvertures critiques qu'ils apportent ? Faut-il les prendre au sérieux, comme les personnages d'un conte moral qui nous fait prendre conscience de la nécessité de penser un monde habité par d'autres ? Ou, encore, faut-il en avoir peur, comme de créatures qui se révoltent contre leurs créateurs, menaçant notre sécurité, nos certitudes ?

Cet ouvrage réunit un ensemble de textes de registres stylistiques différents, du récit narratif à l'essai analytique, du témoignage à la dystopie. Construit comme une enquête à plusieurs voix, il révèle le potentiel de suggestion fictionnelle et philosophique de l'animation des choses, en questionnant la persistance de formes d'animisme au sein du projet de la modernité.

Dans l'horizon d'une remise en question des fondements anthropocentriques de la culture occidentale, ces épisodes dessinent une autre histoire, qui se creuse à la frontière entre nature et artifice, entre sujet et objet, entre vivant et non-vivant, où toutes ces polarités apparaissent suspendues par l'inquiétante étrangeté, le vertige et le doute qui nous saisissent face au comportement des choses.

Contributions de Sofian Audry, James Auger, Thierry Bardini, Marie‑Ange Brayer, Samuel Bianchini, Mathieu Briand, Pierre Cassou-Noguès, Stephane Degoutin, Anne-Marie Duguet, Thierry Dufrêne, Anne Faucheret, Sophie Gräfe, Julien Hanna, Caroline A. Jones, Rahma Khazam, Jürg Lehni, Frédéric Migayrou, Sally Jane Norman, Nicolas Nova, Marcel O'Gorman, Filipe Pais, Arnauld Pierre, Simon Penny, Olivier Schefer, Sara Touiza, Gwenola Wagon, Olivier Zeitoun.

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dimanche 18 avril 2021

Jean-Claude Maes (dir.) : Les grands récits occidentaux, T.3 : Le pilier européen

Liber - Avril 2021


La psychanalyse – particulièrement chez Sigmund Freud – s’est inspirée, dans sa théorisation, des récits de la mythologie grecque. Les grandes figures de Narcisse, Œdipe, Icare, Aphrodite, miroirs grossissants de la complexité de la psyché humaine, ont été empruntées pour approfondir et illustrer des symptômes psychiques contemporains. L’originalité des trois tomes des Grands récits occidentaux est d’élargir cette réflexion sur d’autres époques, d’autres lieux, d’autres figures marquantes qui constituent notre mémoire collective occidentale.
Dans ce troisième tome, comme dans les précédents, les auteurs, historiens et philologues, ne racontent pas les récits mythologiques ou historiques. Ils sont suffisamment connus et, de toute manière, facilement accessibles dans diverses versions. Ce qui les intéresse c’est plutôt leurs structures, leurs significations et leurs portées. Il sera question ici des Vikings, des chevaliers de la Table ronde, d’Abélard et Héloïse, ainsi que Frankenstein, Don Juan, Don Quichotte, Hamlet, Jekyll et Hyde, Dorian Gray...
L’expérience de psychothérapeute de Jean-Claude Maes, directeur de ce collectif, lui a démontré la valeur significative du recours au paradigme narratif : « il me semble que les ‟récits de vie” des individus, des couples et des familles que je reçois en consultation s’appuient toujours peu ou prou sur les ‟grands récits” expliquant le collectif... Voilà ce à quoi ont été invités à réfléchir les contributeurs de notre projet : ces récits, que notre mémoire collective a conservés et qu’ils nourrissent encore, que nous disent-ils du monde qu’ils ont contribué à mettre en place ? ».

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samedi 17 avril 2021

Philippe Fleury : Fin de l'histoire, fin de la géographie

 L'Harmattan - Avril 2021


Les discours sur la fin de l'histoire, dominants à la fin du siècle dernier, ont laissé place aux discours marquants la fin de la géographie, à l'urgence climatique et à l'effondrement. Ces considérations s'enracinent dans l'histoire de la philosophie, chez Montesquieu en particulier. La mondialisation et les multiples crises (économique, sociale, politique et sanitaire) que nous traversons, nous imposent un nouveau questionnement pour nous resituer historiquement et géographiquement ; ces deux dimensions étant, de plus, inséparables. La géographie conceptualisant l'espace rend intelligible la temporalité historique. Peut-on pour autant entériner la fin de l'histoire ou de la géographie, la contraction d'un monde englouti par les nouvelles technologies et les moyens de communication instantanés ?

Philippe Fleury est professeur de philosophie au Lycée Daudet à Nîmes. Agrégé de philosophie et docteur, ses recherches portent sur la philosophie de l'histoire et la philosophie politique.

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vendredi 9 avril 2021

Éric Essono Tsimi : Vous autres, civilisations, savez maintenant que vous êtes mortelles. De la contre-utopie

 Classiques Garnier - Avril 2021


Cette étude porte sur la contre-utopie, entendue comme genre émergent en France, distinct de la dystopie. La réflexion recouvre et parcourt littérature, politique et philosophie, pour proposer un état des lieux psychologique d'une certaine littérature francophone. Au-delà de la définition de la contre-utopie, ce qu'elle est, il y a une préoccupation structurelle qui sous-tend ce livre, comment elle se fait, sa mise en oeuvre.

Éric Essono Tsimi est Assistant Professor à New York (Baruch College ‒ The City University of New York) et membre associé du Laboratoire de recherche en psychologie dynamiques intra et inter-subjectives (LARPSYDIS) de l'université de Lausanne. Titulaire de deux doctorats de l'université Grenoble Alpes, puis de l'université de Virginie, il est l'auteur notamment de Migrants Diaries.

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vendredi 2 avril 2021

Xavier Pavie (dir.) : Imaginer son futur

 L'Harmattan - Avril 2021


Imaginer son futur est l'engagement que nous devons prendre si nous voulons envisager un monde meilleur. Il est même du ressort de chacun de s'engager à inventer ce monde à venir, si nous ne voulons pas qu'un autre le fasse à notre place. Cet ouvrage rassemble des personnalités qui ont cherché à imaginer différemment, à penser autrement le futur et à dessiner leur propre avenir de manière singulière. Qu'ils soient philosophes, activistes, scientifiques, artistes, politiques, architectes ou artisans, chacun a cherché à modifier les lignes de son existence, si ce n'est de son domaine. Car l'imagination se trouve en tout lieu, à chaque instant, dans notre quotidien. C'est avec elle que l'on pourra bâtir un monde nouveau.

Sous la direction de Xavier Pavie, professeur à l'ESSEC Business School, directeur du centre iMagination et chercheur associé à l'Institut de Recherches Philosophiques à l'Université Paris Nanterre. Avec les contributions de : André Chiang, Cyrille de Lasteyrie, Janas Devan, Seah Chee Huang, Tan Ying Hsien, Nilushika Jayaweera, Nathalie Joffre, Kathirasan K, Peter Lee, Philippe Lemoine, Dave Lim, Eunice Lim, Madame, Moon Ribas, Jens Naumann, King Wang Poon, Nazhath Faheema, Jérôme Ruskin, Harry Seah, Speak Cryptic, Walter Tay, Andrew Tan, Maria Tan, Paul Valin.

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jeudi 25 mars 2021

Jean-Hugues Barthélémy : Ego Alter. Dialogues pour l’avenir de la Terre

 Matériologiques - Mars 2021


Ego Alter, notre alter ego et notre observateur non humain, dialogue ici avec une scientifique et un philosophe pour nous aider à accomplir le Grand Décentrement qui manque à notre espèce, devenue destructrice de l’équilibre biosphérique à la faveur d’une occidentalisation techno-capitaliste nommée « mondialisation ». Au fil de ces entretiens profondément novateurs, tous les thèmes majeurs de notre époque, si décisive pour l’avenir de la Terre, sont abordés : les religions et la naïveté de l’anthropocentrisme ; la nature à la fois inattendue et incontournable du faire-droit qui devrait fonder les normes juridiques ; la question trop vite oubliée du progrès humain, et sa différence avec le « développement » et la « croissance » ; la notion d’Anthropocène et le problème de sa véritable signification philosophique ; enfin, la question du sens comme question philosophique la plus fondamentale et la plus difficile. Le Grand Décentrement provoqué par Ego Alter révèle alors qu’à l’heure de l’alliance objective entre l’obscurantisme créationniste et le relativisme « post-vérité », à l’heure aussi du fantasme transhumaniste d’immortalité et des paranoïaques « théories du complot », c’est notre recul sur nous-mêmes qui est en crise. Or, cette réflexivité possède en réalité trois formes, et c’est pourquoi la crise bien connue des idéologies politico-économiques s’accompagne des deux crises de l’exemplarité et de la synthèse des savoirs, qu’il faut pouvoir surmonter elles aussi pour éviter la catastrophe écologique ultime. À cette fin, il s’agit de comprendre que les trois formes de la réflexivité en crise correspondent aux trois dimensions du sens même de toute chose, qui ne se réduit jamais à la seule dimension de l’ob-jet de connaissance. En définitive, c’est notre finitude que nous devons repenser, par-delà notre puissance écologiquement destructrice, et pour y remédier.

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lundi 22 mars 2021

Jacques Ellul : L'Homme et l'argent

 La Table ronde - Mars 2021

“La faim de l’argent n’est jamais chez un homme que le signe, l’apparence d’une autre faim : l’amour de l’argent n’est jamais que le signe d’une autre exigence. Faim de puissance, de dépassement, de certitude, amour de soi-même que l’on veut sauver, du surhomme, de survie etd’éternité. Et quel moyen meilleur que la richesse pour atteindre jusque-là ? Dans cette recherche hallucinée, haletante, ce n’est pas seulement la jouissance que cherche l’homme, mais l’éternité, obscurément.”
En 1989, cinq années avant la mort de Jacques Ellul, la chute du mur de Berlin a brusquement libéré le système capitaliste de la nécessité qui l’avait obligé après-guerre à respecter certaines normes de décence. Partout dans le monde, l’homme s’est retrouvé seul face à la puissance de l’argent. À cet instant, les analyses de Jacques Ellul sur l’exploitation des richesses de la planète et leur distribution inéquitable sont apparues plus prophétiques que jamais. Mais attention. Dans la tradition biblique, le prophète n’est pas celui qui prédit l’avenir. C’est un homme d’intimité avec Dieu qui sait L’écouter et qui voit. Et Jacques Ellul avait vu. (Extrait de la préface de Sébastien Lapaque)

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Revue des Sciences Humaines, n° 341/janvier-mars 2021 : Transhumanisme et Fictions posthumanistes

 PU Septentrion - Février 2021



Ce numéro consacré au transhumanisme et au posthumanisme confronte pour la première fois des points de vue de chercheurs en littérature, en philosophie, en sciences avec des écrivains français concernés par les modifications apportées à l'homme via les technologies NBIC. Les entretiens de Pierre Ducrozet, d’Isabelle Jarry, d’Antoine Bello, de Jean-Gabriel Ganascia et de François-Régis de Guenyveau montrent à quel point les écrivains contemporains se nourrissent des théories et des expériences tissées autour du posthumain ainsi que des personnalités qui peuplent de plus en plus notre quotidien comme Elon Musk, Ray Kurzweil ou Nick Bostrom.

Le numéro est structuré en trois parties : une partie dédiée à l’analyse du posthumain dans la fiction et d’autres formes d’art, une deuxième partie dédiée aux approches philosophiques et interdisciplinaires du transhumanisme et du posthumanisme et enfin une partie dédiée aux entretiens avec les cinq écrivains.

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vendredi 13 novembre 2020

Alberto Romele, Franck Damour, Stanislas Deprez (dir.) : Le transhumanisme : une anthologie

 Hermann - Novembre 2020


Encore confidentiel il y a trente ans, le transhumanisme est un courant de pensée discuté dans des cercles académiques, politiques et médiatiques sans cesse élargis. Il n’est pas seulement une sous-culture d’origine californienne ou un mouvement de futurologie, mais une vision du monde, porteuse de valeurs et de récits sur l’humain, la nature et la technologie. La place qu’il prend dans nos sociétés confrontées à une technicisation croissante est révélatrice de la pertinence sinon de ses réponses du moins de ses questions. Il devient important de pouvoir le discuter sur pièces.
Au fil des années, un corpus transhumaniste s’est constitué, rassemblant des textes de nature variée : certains sont des articles académiques, d’autres sont issus de revues plus ou moins confidentielles, d’autres encore ont eu une existence numérique. Ils sont spéculatifs ou fictionnels, programmatiques ou critiques, et souvent tout cela à la fois. Leurs auteurs sont des romanciers, des philosophes, des activistes… Cette dimension hétéroclite et hybride est le signe d’une pensée en mouvement qui se construit sous nos yeux.

Alberto Romele, philosophe, est maître de conférences à ETHICS (université catholique de Lille).
Franck Damour, historien, est chercheur à ETHICS associé à l'université catholique de Lille.
Stanislas Deprez, philosophe et anthropologue, est chercheur à ETHICS associé à l'université catholique de Lille.

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jeudi 12 novembre 2020

Patrick Tort (Entretiens avec Michel Joli, Fabien Ollier et Clément Paradis) : Capitalisme ou civilisation

Gruppen - Novembre 2020


Patrick Tort analyse dans ces trois entretiens les enjeux majeurs d’une crise de civilisation qui chaque jour frappe plus violemment notre humanité. 
" Le capitalisme ne guérira pas la misère du monde car il a besoin de la misère du monde.
De cette évidence, les révoltes d’aujourd’hui doivent être ré-instruites. 
Arrêtons d’espérer. Commençons à vouloir. "

Comprendre le monde contemporain requiert une analyse de la complexité adéquate à l’enjeu d’une telle entreprise : définir en termes scientifiques (et non « philosophiques ») les conditions et les modalités optimales de la survie des sociétés humaines au sein d’un environnement global soumis d’une manière de plus en plus irréversible à un régime de catastrophes.
L’Analyse des complexes discursifs, élaborée dans l’œuvre de Patrick Tort, est à la fois un déchiffrage critique de l’idéologie dans l’univers du discours et un outil d’exploration des tendances évolutives et des symptômes de crise d’un système qui ne peut envisager ni ses antinomies, ni ses limites, ni ses échecs, ni son remplacement. Le concept d’hypertélie (désadaptation par excès de croissance), dont Darwin a fourni la substance, permet de modéliser la situation d’un dispositif économique et social dont l’effondrement peut être précipité à tout moment par un facteur environnemental tel qu’un changement climatique. Les diverses fictions « transhumanistes » ne font qu’exprimer, sous leur négation fantasmée de la mort, la conscience sourde et obsédante d’une agonie qui a déjà commencé. 
Face à cela, la théorie darwinienne de la civilisation, énoncée en 1871 dans La Filiation de l’Homme, fixe l’horizon évolutif de celle-ci dans la paix, l’éducation, la prévision à long terme, la protection solidaire des existences fragiles, l’extension indéfinie de la sympathie et de la reconnaissance de l’autre comme semblable, ainsi que dans l’intelligence des équilibres naturels au sein d’un milieu transformé en adjuvant de survie par une espèce humaine respectueuse de tous les êtres sensibles. Il s’agit aujourd’hui de transformer l’horizon en programme, et le programme en action.

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mercredi 11 novembre 2020

Jack Goody : Renaissances. Au singulier ou au pluriel ?

Armand Colin - Septembre 2020


Un sociologue/anthropologue de renommée mondiale s’attaque dans ce livre à l’une des questions clés de l’historiographie occidentale : la Renaissance mérite-t-elle de conserver son statut unique de fondement de la modernité européenne économique, artistique et scientifique ?
Jack Goody observe le modèle européen à la loupe pour le comparer aux renaissances qui ont eu cours dans d’autres espaces culturels, notamment dans le monde islamique et en Chine. Tous ces pays ont en fait connu des moments analogues de remise en cause des dogmes et des arts suivis d’une ouverture culturelle et économique. En mettant l’accent sur la dette de l’Europe envers ses influences extérieures, Renaissances s’inscrit donc dans la droite ligne des études d’histoire critiques de l’eurocentrisme que Goody a développées dans ses derniers livres pour finalement arriver à mettre en doute que le capitalisme, le libéralisme ou l’individualisme puissent être encore considérés comme des inventions européennes.
Puissant, mené de main de maître, cet ouvrage d’envergure constitue un modèle inégalé d’histoire globale. Il s’adresse à tous les passionnés de l’histoire de la civilisation occidentale, aux anthropologues, aux sociologues, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent à la construction de la modernité.

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