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lundi 27 septembre 2021

Actuel Marx N° 70 : Reproduction sociale

 PUF - Septembre 2021

Ce qu'on appelle aujourd'hui théorie de la reproduction sociale est un développement récent des théories féministes qui renouvelle la question des rapports du marxisme et du féminisme tout en développant des tactiques politiques inédites ayant fortement retenu l'attention (comme la " grève des femmes "). L'actualité des théories de la reproduction sociale tient également au fait que la crise pandémique en cours peut être décrite comme une crise de la reproduction sociale et comme l'un des effets d'une contradiction générale entre capitalisme et reproduction sociale.
Le dossier de ce numéro d'Actuel Marx poursuit un double objectif : rendre compte de la richesse des débats qui se sont développés dans le cadre de la théorie de la reproduction sociale, inviter à déplacer ces débats en tenant compte d'autres conceptions de la reproduction sociale que celles qui sont privilégiées dans ces théories.

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jeudi 23 septembre 2021

Pierre-Joseph Proudhon : Solution du problème social et autres textes (mars-juillet 1848)

 Classiques Garnier - Septembre 2021


Le 24 février 1848, la deuxième République est proclamée. De mars à juillet 1848, Pierre Joseph Proudhon participe à cette révolution en cours. Il développe sa pensée monétaire comme réponse aux désordres économiques, sociaux et politiques : une monnaie enfin débarrassée de la tyrannie de l'or, une monnaie dont la valeur est fondée sur le travail des hommes et qui exprime leur capacité sociale, le mutualisme et la réalité de leurs productions comme de leurs échanges. Peut-être le lecteur se souviendra-t-il que l'abandon de l'étalon-or comme élément fondateur de la valeur internationale de la monnaie ne date que des accords de la Jamaïque en 1976.

Marc Laudet (éd.), spécialisé en histoire de la pensée économique, enseigne tant dans le privé que le public à Caen. Il a notamment publié Fourier, émergence d'une théorie sociale, édité le Traité de l'oeconomie politique d'Antoine de Montchrétien et traduit Un traité sur la monnaie de John Maynard Keynes.

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dimanche 19 septembre 2021

James Suzman : Travailler. La grande affaire de l'humanité

 Flammarion - Septembre 2021


Le travail détermine les personnes avec qui nous passons la plupart de notre temps, alimente nos valeurs morales et politiques, façonne nos perspectives d'avenir. L'histoire des premiers homo sapiens révèle pourtant un monde où le travail ne jouait pas ce rôle primordial. Pourquoi travaillons-nous autant ? Comment le travail a-t-il pu façonner à ce point notre évolution ? Pour répondre à ces questions, il faut s'aventurer au-delà de la science économique et pénétrer dans le monde de la physique, de la biologie de l'évolution et de l'anthropologie. James Suzman propose une nouvelle histoire du travail et déconstruit nos représentations ordinaires en s'appuyant sur vingt-cinq ans de recherches, à l'interface entre les tribus de chasseurs-cueilleurs, les premières sociétés agricoles et le monde industrialisé. Il révèle comment les révolutions technologiques successives ont déformé notre conception de l'effort et de la récompense, engendrant une série de problèmes sociaux, économiques et environnementaux. On comprend dès lors que l'émergence de l'intelligence artificielle et la perspective d'une automatisation généralisée constituent un point d'inflexion sans précédent dans notre histoire, susceptible de transformer en profondeur nos sociétés laborieuses, et révélant l'urgence de réinventer notre rapport au travail.

James Suzman est anthropologue, directeur du groupe de recherches anthropologiques Anthropos et membre du Robinson College de l'Université de Cambridge, ainsi que de la Royal Geographic Society. Ses recherches novatrices sur le travail ont donné lieu à plusieurs articles (New York Times, The Guardian, Observer, New Statesman et Atlantic).

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samedi 18 septembre 2021

Céline Marty : Travailler moins pour vivre mieux. Guide pour une philosophie antiproductiviste

 Dunod - Octobre 2021

Pourquoi nous sentons-nous aliénés par le travail ? D'où vient l'injonction à être toujours plus productifs ? De quels jobs avons-nous vraiment besoin ? La crise du covid-19 a renversé la hiérarchie entre les emplois, en révélant le caractère essentiel des emplois les plus précaires, les moins rémunérés, et surtout les moins valorisés de nos sociétés.
Dans le débat public on discute souvent des conditions de travail, du Code du travail, de sa protection sociale et surtout de son coût. Mais les finalités de nos emplois et la place centrale que nous leurs accordons dans nos existences sont rarement questionnées. Cet ouvrage nous invite à interroger la valeur-travail et les conséquences sociales et écologiques du productivisme.
Axé solutions, il propose 10 conseils pour réorganiser la production, repenser la place du travail dans nos vies, voire imaginer d'autres modèles d'organisation sociale et « travailler moins, produire moins et consommer moins pour vivre mieux » selon la devise décroissante d'André Gorz.

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lundi 13 septembre 2021

Fred Poché : Le malaise identitaire

 Le Bord de l'eau - Septembre 2021


Présent dans tous les esprits, un spectre hante notre actualité : l’identité. Sur fond de mémoires blessées, certains citoyens s’inquiètent, alors, d’une remise en cause des valeurs de la République, pendant que d’autres dénoncent la persistance des logiques coloniales et les souffrances qu’elles engendrent. Dans ce contexte, des mots s’entrechoquent : « Racisation », « privilège blanc », « racisme systémique », « islamo-gauchisme », « essentialisme », « identitarisme ».

Au-delà des invectives ou des polémiques, il convient de clarifier les courants de pensée qui irriguent les études postcoloniales et décoloniales.

Pour quelle raison et à quelle fin, leurs promoteurs mobilisent-ils la psychanalyse ? Sur quelles traditions philosophiques appuient-ils leurs analyses ? Les penseurs décoloniaux interrogent, pour leur part, la modernité/colonialité en remontant à la « conquête » de l’Amérique (1492). Cette prise en compte d’une histoire s’étalant sur plusieurs siècles permet-elle d’éclairer notre situation actuelle ? Par ailleurs, le retour de la « race » dans les discours contemporains conduit-il à effacer la question sociale et à faire ressurgir un « racialisme » dont nous pensions être débarrassés ? Les réponses à cette myriade de questions se révèlent essentielles pour relever le défi politique d’un pays plus que jamais morcelé.

Fred Poché est professeur de philosophie contemporaine à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de l’UCO, ainsi que membre du RPPsy « Recherche en psychopathologie et psychanalyse », composante d’Angers. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il est le lauréat du prix Jean Finot de l’Académie des Sciences Morales et Politiques pour son livre : Blessures intimes, blessures sociales (2008).

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samedi 11 septembre 2021

Paul Pasquali : Héritocratie. Les élites, les grandes écoles et les mésaventures du mérite

 La Découverte - Août 2021


Pour relancer un " ascenseur social " interminablement en panne, les grandes écoles affichent depuis quelques années leur ouverture à la " diversité " et leur volonté de renouer avec la méritocratie qu'elles auraient incarnée par le passé. Certains les accusent au contraire d'instaurer des critères étrangers au mérite, quand d'autres dénoncent une volonté de sceller le sort des universités, reléguées à la gestion des flux étudiants. Mais, de la IIIe République à nos jours, les grandes écoles ont-elles jamais récompensé le mérite ?
En retraçant les controverses oubliées et les choix politiques qui ont garanti les prérogatives de ces établissements et ainsi légitimé un haut niveau de reproduction sociale, cette enquête sociohistorique montre que rien n'est moins sûr. Si l'évocation rituelle de figures emblématiques de boursiers entretient le mythe d'un âge d'or méritocratique, l'histoire de ces filières d'excellence révèle la pérennité d'un système héritocratique, grâce auquel des élites résolues à défendre leurs frontières et leurs intérêts parviennent à consacrer leur héritage comme un privilège mérité.
Replacée dans des rapports de force qu'occulte la croyance en l'égalité des chances, l'introuvable démocratisation des grandes écoles ne s'explique pas par un complot de caste, mais par une succession de luttes dont les élites en place sont régulièrement sorties victorieuses. Face aux perspectives de changement et aux projets de réforme, elles ont su se mobiliser pour restaurer l'ordre qui était sur le point de s'ébranler. Des lendemains de la Commune au Front populaire et à la Résistance, de la Libération à Mai 68 et aux années Mitterrand jusqu'à Parcoursup et la refonte de l'ENA, la continuité qui s'observe derrière les secousses éphémères et les évolutions structurelles ne relève donc pas d'une mécanique implacable – ni d'une fatalité politique.

Paul Pasquali est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il a notamment publié Passer les frontières sociales. Comment les " filières d'élite " entrouvrent leurs portes (rééd. La Découverte/Poche,
 2021).

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dimanche 8 août 2021

Raison présente 2021/2 (N° 218) : Le travail à la peine

 Union rationaliste - Juin 2021


Page 3 à 6 : Roland Pfefferkorn - Le travail à la peine | Page 7 à 16 : Danièle Linhart et Roland Pfefferkorn - Quand la subordination salariale se personnalise, se pare de séduction et s’installe à domicile | Page 17 à 26 : Marc Loriol - Les dimensions collectives des risques psychosociaux et de la souffrance au travail | Page 27 à 34 : François Caroli - Dépression hostile et contexte professionnel | Page 35 à 43 : Nicolas Deffontaines - Les suicides des agriculteurs : le déni de la dimension sociale | Page 45 à 55 : Tarik Chakor et Jessica Attali-Colas - L’évolution du traitement de la pénibilité au travail | Page 57 à 66 : Catherine Cavalin, Emmanuel Henry, Jean-Noël Jouzel et Jérôme Pélisse - De la loi de 1919 à la Covid-19 | Page 67 à 78 : Mohamed Kasdi et Didier Terrier - Dire sa fatigue à l’usine au XIXe siècle : une parole ouvrière atrophiée | Page 79 à 87 : Damien Collard - Comment sortir du New Public Management ? | Page 89 à 98 : Nicola Cianferoni - Le télétravail après la pandémie : une nouvelle frontière dans la flexibilisation de l’emploi ? | Page 99 à 108 : Roland Pfefferkorn - Laïcité maltraitée en France | Page 110 à 112 : Marc Lachièze-Rey - Nobel 2020 (2) | Page 113 à 114 : Michel Casevitz - Sur un inceste omis | Page 115 à 118 : Gilbert Cabasso - Remarques sur En thérapie | Page 119 à 122 : Christian Ruby - Au risque des arts contemporains | Page 123 à 126 : Jean-Louis Lavallard - Stravinsky par lui-même | Page 127 à 130 : Roland Pfefferkorn - Libertés | Page 131 à 143 : Emmanuelle Huisman-Perrin, Fabienne Bock, Jean-Michel Besnier, Fabienne Bock, Michèle Leduc et Louise Bruit Zaidman - Notes de lecture.

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lundi 28 juin 2021

Jacques Ferrier : La ville machine. Se libérer de l'emprise technologique

 L'Herne - Juin 2021


L'épreuve pandémique que nous traversons a révélé l'incapacité des villes à prendre soin de leurs habitants. À partir de ce constat, cet essai interroge le rôle prépondérant qu'a pris la technique dans nos vies métropolitaines, et envisage la crise sanitaire comme une occasion de remettre l'humain au centre du projet urbain. Des transports de masse à la climatisation, des appareils ménagers aux outils informatiques, des réseaux d'énergie à ceux de communication, rien ne semble plus possible sans la technique. En accompagnant l'urbanisation planétaire, de servante, elle est devenue maîtresse. La ville a fini par se confondre avec une gigantesque infrastructure. On aurait pu attendre d'elle, en contrepartie, qu'elle soit protectrice. Or, il n'en est rien. Il faut remettre en jeu le corps dans la ville, prendre la question des sens - des cinq sens - au sérieux et placer le vécu de l'habitant au cœur du design urbain. La crise a montré que la relation est la valeur fondamentale de la ville résiliente. Cet essai souligne l'urgence de concevoir la ville autrement, de créer une architecture de la résonance ; résonance avec la planète, avec le contexte, avec l'habitant.

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samedi 26 juin 2021

Paul Mattick : Les limites de l'intégration. L'homme unidimentionnel dans la société de classe

 Grevis - Juin 2021


En 1964 Marcuse publie L'homme unidimensionnel dans lequel il analyse les mutations de la consommation et la réalisation d'un consensus social-libéral épuisant la critique et les potentialités révolutionnaires : la classe ouvrière aurait été parfaitement intégrée au processus de stabilisation de la société de classe, déplaçant l'enjeu révolutionnaire vers les marginaux, la contre-culture et l'intelligentsia. Paul Mattick, un des plus grands penseurs marxistes américain, y répond en montrant les limites de l'intégration prolétaire dans le capitalisme. Un texte de 1969 d'une actualité déconcertante au regard du soulèvement des Gilets Jaunes et des quartiers populaires.

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mardi 4 mai 2021

José Claudio de Sousa da Silva et José Aldo Camurça de Araújo Neto : Axel Honneth et la théorie de la reconnaissance. Une approche de la formation des conflits sociaux

 Notre Savoir - Mai 2021


L'objectif de ce livre est d'examiner le concept de reconnaissance dans la pensée du philosophe contemporain Axel Honneth. Pour cela, cette étude utilise comme ouvrage principal le livre "Struggle for recognition : The moral grammar of social conflicts". L'auteur y présente la reconnaissance comme un facteur essentiel de la construction des conflits sociaux. Dans un premier temps, Honneth identifie dans les écrits du jeune Hegel et dans les tests empiriques de Mead la distinction de trois formes positives de reconnaissance : l'amour, la loi et la solidarité. Cependant, ces concepts identifiés ne fournissent pas l'élan nécessaire aux luttes pour la reconnaissance qui sont motivées par la morale. Les conflits trouvent leur origine dans les expériences de manque de respect : mauvais traitements et violations, privation de droits et exclusion, et enfin, offense et dégradation. De plus, la lutte pour la reconnaissance se constitue sur la base d'une action continue, la recherche de droits est un processus qui ne se constitue pas immédiatement, mais sur la base d'un processus historique. Tout au long de ce travail, nous pouvons observer la grammaire morale qui est capable de permettre le processus de formation des conflits sociaux.

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mercredi 21 avril 2021

Monique Canto-Sperber : Sauver la liberté d'expression

 Albin Michel - Avril 2021


Jusqu'où ? Jusqu'où laisser les apprentis censeurs d'aujourd'hui définir ce qu'on peut dire et ce qu'il faut taire ? Jusqu'où tolérer que défoulements et protestations envahissent le monde numérique ? Jusqu'où supporter que des extrémistes privatisent les règles de la parole, refusent le débat et installent leur hégémonie ? La parole publique est déjà l'objet d'un rapport de forces, elle sera demain l'enjeu d'un conflit. Le temps des injonctions est révolu, il faut désormais résister.
La parole fait mal, change le seuil du tolérable et peut même réduire au silence. Il est donc légitime de la limiter, mais au plus près des délits et sans censure préventive. Bien sûr, on peut tout dire, mais pas n'importe comment et à condition de ne pas vouloir être seul à parler.
Le concept moderne de liberté d'expression fut forgé entre le xviie et la fin du xviiie siècle. Les outils numériques, le multiculturalisme, la démocratisation de la parole l'ont rendu peu à peu inadéquat pour régler la parole publique. Fidèle à la tradition libérale, ce livre revient sur l'histoire de la liberté d'expression et en renouvelle le sens, comme la garantie de la plus grande diversité de points de vue.
Pour la défendre, une philosophie des limites, des concepts sobres, des moyens inventifs seront plus utiles qu'une croisade. Ne pas se lamenter sur l'état des choses, mais combattre pour ne pas nous retrouver un cadenas sur la bouche et une prothèse dans la tête.

Directrice de recherche au CNRS, philosophe, spécialiste de la pensée morale et politique, Monique Canto-Sperber a notamment publié La morale du monde (2010) ; L'idée de guerre juste (2010) ; La philosophie morale (avec Ruwen Ogien, rééd. 2017) et La fin des libertés ou comment refonder le libéralisme (2019).

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vendredi 5 mars 2021

Thierry Ribault : Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs

 L'échappée - Mars 2021

Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de « rebondir » à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l’origine de son bonheur, l’assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
À la fois idéologie de l’adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l’une des nombreuses impostures solutionnistes de notre époque. Cet essai, fruit d’un travail théorique et d’une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part à sa critique.
La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d’une ignorance organisée. Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vie insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d’un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d’impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.

Thierry Ribault est chercheur en sciences sociales au CNRS. Il est coauteur, avec Nadine Ribault, des Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima(Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2012).

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samedi 17 octobre 2020

Marc Crépon : Ces temps-ci. La société à l'épreuve des affaires de moeurs

 Payot - Octobre 2020 - Rivages


Les « affaires de mœurs », comme celles qui touchent au harcèlement et à la pédophilie, déplacent le seuil de tolérance pour ces mêmes souffrances et ces mêmes humiliations. Il était grand temps que la honte change de camp. Les responsables des violations ne se sentent plus protégés par le silence de la société, de sa complaisance ou de son indifférence. Mais jusqu’où doit s’étendre leur mise en accusation ? Quelle est la part de l’hypocrisie d’une société qui s’achète une vertu rétrospective ? Ces « affaires » constituent une épreuve pour la société, non seulement parce qu’elles la mettent en face de son silence passé, mais parce qu’elles l’exposent, en guise d’expiation, à un empiètement de la vertu sur les libertés fondamentales, à commencer par celles de l’expression et de la création.

Docteur agrégé en philosophie, Marc Crépon est notamment l'auteur de L'Orient au miroir de la philosophie (Pocket), d'une édition de Herder (Pocket) et de La Langue, source de la nation. Messianismes séculiers en Europe centrale et orientale, XVIIIe (en collaboration avec Pierre Causset et Dariusz Adamski, Mardaga).

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dimanche 11 octobre 2020

Tony Ferri : La criminologie ou la nouvelle science pénitentiaire. Théorie et pratique de la criminologie

FYP éditions - Novembre 2020


Cet ouvrage traite du sens et du devenir des sanctions pénales. Le philosophe Tony Ferri, spécialiste du champ pénitentiaire et de l’application des peines, propose un panorama complet de toutes les notions de la criminologie. Avec un éclairage philosophique, clinique et sociologique, enrichi d’une pratique quotidienne, il expose tous les concepts de déviance et de délinquance et montre l’apport des connaissances théoriques à la criminologie.
Puis il fait le bilan des connaissances les plus actuelles de cette discipline et détaille toutes les pratiques fondamentales de la science pénitentiaire : variété des mesures pénales, modalités d’emprisonnement, aménagements de peine, alternatives à l’incarcération, techniques d’entretien… Enfin, il analyse la récente loi de programmation de la Justice et l’ordonnance du 25 mars 2020, et révèle les effets pervers de certaines pratiques pénales et de la surveillance électronique.
Cet ouvrage de référence livre une vue exhaustive et sans précédent de cette discipline, une approche constructive et qualitative de la réponse pénale, ainsi que des pistes de réflexion pour tous les étudiants, chercheurs et praticiens.

Préface de Jean Pradel
Postface de Jean Motte dit Falisse

Tony Ferri est docteur en philosophie, criminologue, chercheur au Gerphau et conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation au sein du ministère de la Justice depuis près de vingt ans. Spécialiste du monde carcéral et du registre de l’application des peines, ses recherches s’articulent autour de la question de l’évolution et du sens des pénalités contemporaines, de la surveillance électronique pénale, de l’hypersurveillance et d’un renouveau du droit de l’exécution des peines.

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mercredi 2 septembre 2020

Nicolas Bouzou : L'amour augmenté. Nos enfants et nos amours au XXIe siècle

L'observatoire - Septembre 2020


L'économiste Nicolas Bouzou défend avec force les nouvelles formes de relations amoureuses et de procréation qui, loin de tuer la famille, en font la valeur sûre de demain. Le capitalisme de l'hyperchoix fait de nous des enfants gâtés ne supportant plus la frustration ; des consommateurs, des employés, des électeurs structurellement infidèles. D'où notre difficulté à vivre en couple ― cette institution qui encadre notre liberté et gêne notre individualisme ― et le succès des applications de rencontres. Sommes-nous pour autant condamnés à l'infidélité et au divorce ? Faut-il être célibataire pour être heureux ? La PMA, la GPA et surtout l'extraordinaire progrès des biotechnologies modifient également notre rapport aux enfants et la façon dont nous procréons. Existe-t-il pour autant un risque d'« enfants sur commande » ? Ou au contraire une peur de procréer et un déclin démographique ? Mêlant économie, démographie et philosophie, Nicolas Bouzou démontre que la liberté sexuelle, l'extension de la PMA et la génétique nous offrent de nouvelles opportunités pour construire des familles basées sur l'amour. Dans cette période de destruction-créatrice inédite par son ampleur et sa vitesse, le couple et la famille sont peut-être même la « maison » la plus solide et la plus rassurante qui soit. Les conservateurs inquiets peuvent être rassurés : la famille résiste à tous les assauts. La modernité ne la tue pas, elle la renforce. Le XXIe siècle pourrait être celui de l'« amour augmenté ». C'est entre nos mains.

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mercredi 20 mai 2020

La règle du jeu n°71 : La dépression : mal du siècle ?

Grasset - Mai 2020


De quoi la dépression est-elle le signal ? Que nous dit-elle du monde ? Car nous pouvons partir d’une seule certitude : la dépression est désormais une épidémie mondiale. Épidémie aveugle, impalpable, sans contagion manifeste ni provenance identifiable – mais qui en est d’autant plus redoutable, elle qui touche un Français sur cinq, et 300 millions de personnes dans le monde.
Est-elle une maladie comme les autres, avec ses diagnostics et ses traitements ? Ou le symptôme d’un malaise plus large, touchant à l’organisation même de notre société ?
Nous invite-t-elle surtout à repenser le suicide ? Car tel est son visage ultime, qui frappe 800 000 personnes chaque année dans le monde – mais qui est lui-même plus ancien que la dépression. Cette dernière serait-elle une maladie mortelle, à l’image de bien d’autres pathologies ? Y a-t-il, en ce cas, une médecine du suicide ?
La dépression est-elle le mal du siècle ? Et si oui, quelles conclusions en tirer ? Est-ce à dire qu’elle est le visage d’une souffrance coextensive à notre époque ? Ou qu’elle est le nouveau nom donné à une maladie anhistorique - à une seule et même maladie qui, parce qu’elle serait ineffable, traverserait les siècles en changeant à chaque fois d’appellation ? La dépression serait-elle alors la réincarnation moderne d’un mal que nous avons connu à travers les mots d’asthénie, d’ennui, de spleen et de mélancolie ?
Nécessité, donc, d’un double travail : d’une photographie de nos souffrances contemporaines, et d’une archéologie du mal-être.

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dimanche 17 mai 2020

Savoir/Agir 2020/1 (N° 51) : varia

Editions du Croquant - Mai 2020


Page 7 à 14 : Le collectif des revues en lutte - Sciences en danger, revues en lutte | Page 15 à 22 : Maxime Quijoux, Arnaud Saint-Martin - Start-up : avènement d’un mot d’ordre | Page 23 à 32 : Erwan Lamy - Les politiques françaises de « startupisation » de la science | Page 33 à 40 : Antoine Gouritin - Légitimité de la critique et critique de la légitimité entrepreneuriale | Page 41 à 49 : Olivia Chambard - Tous « startupeurs » ? | Page 51 à 58 : Jean Frances, Stéphane Le Lay - Docteurs, Pitches et ascenseurs | Page 59 à 67 : Gaëtan Flocco, Mélanie Guyonvarch - Modifier le vivant pour sauver la planète ? | Page 69 à 77 : Samir Bedreddine - Des grandes entreprises et des start-up | Page 79 à 86 : Arnaud Saint-Martin - Note sur les « penseurs » de la Silicon Valley | Page 87 à 94 : Anonyme - Marche ou crève | Page 95 à 104 : Gaëla Keryell - Un licenciement collectif dans une université finlandaise | Page 105 à 109 : Annie Collovald - Chirac après Chirac ? | Page 111 à 115 : Gérard Mauger - En quête de « respectabilité » | Page 117 à 123 : Gérard Mauger - Des Gilets jaunes aux syndicalistes en grève.

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dimanche 22 septembre 2019

Bertrand Quentin : Les invalidés. Nouvelles réflexions philosophiques sur le handicap

Erès - Septembre 2019 - Connaissances de la diversité


Certains hommes pâtissent dans cette vie d'une forme d'invalidation. Ce qui transforme les invalides en invalidés relève d'une composante physique, physiologique, psychique, mais aussi de la manière dont une société donnée construit son rapport au handicap. Mais se contenter du "modèle social" comme unique grille d'analyse, c'est aussi faire disparaître à bon compte les personnes handicapées et la singularité de leur "être-au-monde". Loin d'un transhumanisme qui prône un homme augmenté, Bertrand Quentin nous appelle aujourd'hui, à une compréhension augmentée de l'homme. Pour cela il s'attache à conduire, en philosophe, une approche multifactorielle du handicap. Il aborde maintes questions étonnantes comme : Les handicapés existent-ils ? Y a-t-il un critère de "qualité de vie" qui permet de décider des handicaps acceptables par la société ? Y a-t-il un droit à la sexualité pour les personnes handicapées ? La techno-science va-t-elle faire disparaître le handicap ? L'auteur revendique un "polythéisme méthodologique" où la philosophie se nourrit de sociologie, d'anthropologie, de psychologie, de sources inattendues comme les comics ou le cinéma. Elle devient ainsi vivante et accessible à tous.

Bertrand Quentin est agrégé et docteur en philosophie. Maître de conférences HDR à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée, il est directeur du LIPHA Paris-Est (Laboratoire Interdisciplinaire d'Étude du politique Hannah Arendt / EA7373) et responsable du Master 1 de philosophie, parcours « éthique médicale et hospitalière appliquée » (École éthique de la Salpêtrière). Il développe une réflexion philosophique sur les apports de la vulnérabilité dans la compréhension de l'homme.

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lundi 24 juin 2019

Alastair Hemmens : Ne travaillez jamais !

Crise et Critique - Juin 2019


Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? À gauche comme à droite, on répond que le travail est à la fois une nécessité naturelle et un bien social. On peut critiquer sa gestion et son indemnisation, mais jamais le travail lui-même. Hemmens démonte ces idées reçues et démontre que le capitalisme et sa crise finale ne peuvent être compris que sous l'angle du caractère historiquement spécifique et socialement destructeur du travail. Il se livre à une analyse critique des penseurs français qui, au cours des deux derniers siècles, ont contesté frontalement la forme travail : Charles Fourier, Paul Lafargue, André Breton, Guy Debord. 

Alastair Hemmens est chercheur, il vit au pays de Galles.

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jeudi 27 septembre 2018

Gérard Wajcman : Les séries, le monde, la crise, les femmes

Verdier - Septembre 2018


La série n’est pas simplement un genre télévisé en vogue, c’est d’abord une forme. C’est du neuf esthétique, et on sait que les inventions de formes sont rares. Pour la décrire, il faut se lancer dans une anatomie comparative et la confronter à d’autres formes, au cinéma, évidemment, mais aussi à des formes plus anciennes, fondamentales dans notre civilisation : au mythe, au roman, aussi au tableau.
La question de la série se pose depuis toujours, dans la littérature, avec le feuilleton par exemple, ou dans l’art, avec les Nymphéas de Monet, la reproductibilité technique selon Walter Benjamin ou la collection, notamment.
Mais la forme-série n’est pas qu’un problème esthétique, et cette forme n’est pas seulement nouvelle, elle est profondément actuelle. La forme-série pourrait être le langage du monde comme il est : en crise. La série serait une forme de crise. Elle serait structurée comme le monde en crise, ou le monde serait lui-même structuré comme une série.
D’où l’interrogation qui anime le propos : de quoi la série est-elle la forme ? La série symptôme du monde comme il va, ou comme il ne va pas. Une forme témoin du malaise dans la civilisation. Cela conduit, pour finir, à la question de savoir pourquoi les femmes occupent le devant de la scène des séries.

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