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jeudi 11 novembre 2021

Marcel Mauss et Henri Hubert : Correspondance (1897-1927)

 Classiques Garnier - Novembre 2021


En sciences humaines, nul n'ignore le nom de Marcel Mauss, ni celui d'Henri Hubert. Ce volume augmente le corpus de leurs écrits, rendant publique une correspondance longue de trois décennies. Les deux hommes se considèrent comme complémentaires, au sein d'une relation cependant complexe, assez éloignée de l'osmose d'une condition affichée de « jumeaux de travail ». Ces lettres témoignent d'une « collaboration fraternelle » que traversent des grands événements de l'époque : l'Affaire Dreyfus, les rapports entre science et politique, la Grande Guerre et la reconstruction de la sociologie après 1918. Elles ouvrent aussi des perspectives émouvantes, pas toujours tendres, sur une vie partagée, d'amitié et de science.

Éditeurs scientifiques: Faraco Benthien (Rafael), Labaune (Christophe), Lorre (Christine)
Préfacier: Merllié (Dominique)

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dimanche 31 octobre 2021

Rachel Bespaloff : La vérité que nous sommes. Lettres de Rachel Bespaloff avec Benjamin Fondane et Léon Chestov

 Non-lieu - Octobre 2021 - Lettres ouvertes


Pour Rachel Bespaloff, la pensée de Léon Chestov fut une pensée d’éveil et le commencement d’une vocation philosophique. Mais, contrairement à Benjamin Fondane, elle ne demeura pas disciple du penseur russe. Entrée en désaccord avec le maître, elle lui conserva néanmoins une forme de fidélité. Cette correspondance inédite de Rachel Bespaloff avec Fondane (1898-1944) et Chestov (1866- 1938) couvre une période qui s’étend de 1930 à 1939. Elle éclaire leurs œuvres respectives et apporte des éléments décisifs sur la réception des œuvres de Heidegger et de Kierkegaard dans le milieu de la philosophie existentielle d’avant-guerre. Elle donne aussi à entendre la voix intime de Rachel Bespaloff, ses espoirs, ses attentes, et son inflexible passion pour la vérité. Une annexe contient des documents inédits pour la compréhension des discussions philosophiques qui unissent et parfois séparent les deux disciples de Léon Chestov.

Édition établie, introduite et annotée par Olivier Salazar-Ferrer, maître de conférences en littérature et philosophie à l’université de Glasgow.

Rachel Bespaloff, née en 1895 à Nova Zagora, en Bulgarie et morte par suicide le 6 avril 1949 à South Hadley, dans le Massachusetts (États-Unis où elle s'était réfugiée, après avoir été contrainte de fuir la France) est une écrivaine et philosophe existentielle de langue française, fille de Daniel Pasmanik, théoricien du sionisme.

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mercredi 4 août 2021

Madame Du Deffand : Lettres à Voltaire

Rivages, Petite Bibliothèque - Juillet 2021


Rapide, imaginative, douée du sens de l'impromptu, forte d'une gaieté d'autant plus sûre qu'elle relevait d'un pessimisme radical, la marquise du Deffand (1696-1780) fut, de son vivant, célèbre pour son salon, où se réunissaient hommes politiques, philosophes, écrivains. À l'âge de 56 ans elle devient aveugle. La parole demeure son seul mode d'être. Les lettres de la marquise à celui qu'elle considère comme le dernier détenteur du bon goût sont un modèle de style, d'humour et de lucidité. S'y déploient, avec une rare élégance, le génie de la langue française et celui de l'amitié. (Chantal Thomas)

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dimanche 23 mai 2021

Ernest Renan et Marcellin Berthelot : Correspondance

 Classique Garnier - Mai 2021


« Il semble que nous fussions taillés l'un pour l'autre » écrit Ernest Renan alors qu'il vient de faire la connaissance de Marcellin Berthelot à la pension Crouzet. L'un a vingt-deux ans, l'autre dix-huit ; ils ne se quitteront plus. Cette correspondance met au jour l'amitié extraordinaire des deux hommes, au fil des événements intimes et historiques qui pavent leur existence de 1847 à 1892. Mais elle est aussi le témoignage unique du dialogue entre deux figures majeures qui ont marqué leur siècle dans les champs intellectuel, scientifique et politique. Document d'une époque, elle est rééditée aujourd'hui d'après les manuscrits originaux, enrichie de soixante-deux lettres retrouvées et accompagnée d'un apparat critique.

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samedi 15 mai 2021

Cicéron : Correspondance. Lettres 1 à 954

 Les Belles lettre - Avril 2021


La correspondance de Marcus Tullius Cicéron est l’une des plus abondantes que l’Antiquité nous ait léguées : près d’un millier de lettres qui représentent un formidable témoignage à la fois historique, politique, social et personnel, celui d’un citoyen qui se trouvait au coeur des intrigues au dernier siècle de la République romaine. Elles nous entraînent dans les coulisses du pouvoir. Elles nous brossent surtout le portrait d’un homme, avec ses forces et ses faiblesses, ses erreurs et ses doutes, ses incertitudes et ses contradictions. Elles permettent d’humaniser une figure tutélaire qui laisse percer, au fil des pages, ses soucis d’homme, ses défauts, ses humeurs, son manque de courage, son égoïsme, ses sentiments intimes. Était-il toujours sincère ? Certes, non. Le mensonge, la duplicité, la clabauderie, le goût très romain du trait qui assassine sa cible sont partout présents… Elles révèlent encore un homme de lettres qui goûte certains plaisirs plus que de raison et plus fort que sa fortune ne le lui permet, tout cela en contradiction avec les beaux principes énoncés dans ses traités de philosophie. Qui eût imaginé Cicéron gourmand jusqu’à s’en rendre malade, ou amateur du plaisir de la conversation avec « un petit coup dans le nez », comme il l’écrit lui-même. « Que de plaisanteries qui sont mises dans la correspondance paraîtraient déplacées si on les rendait publiques », reconnaît-il dans l’une de ses missives. La correspondance n’offre pas à lire la Vérité, mais bien plutôt la vérité d’un homme qui fut l’une des plus grandes figures de cette République agonisante et à qui nous devons les fondements d’une pensée proprement romaine ainsi que l’élaboration d’une philosophie de l’histoire qui a nourri pour des siècles notre civilisation. Cicéron fut, en son temps, le plus grand défenseur de la liberté, cette libertas au nom de laquelle il luttait contre le pouvoir du tyran, qu’il se nommât César, Pompée, Antoine ou Octave. Le coeur de son engagement.

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Auguste Comte : Correspondance avec Clotilde de Vaux (Édition de Arnaud Guigue)

 Mercure de France - Mai 2021

Éminent philosophe du XIXe siècle et fondateur du positivisme, Auguste Comte (1798-1857) aima passionnément Clotilde de Vaux (1815-1846) pendant une « année sans pareille », entre avril 1845 et avril 1846. Séparé de sa femme, il a quarante-sept ans, Clotilde de Vaux en a trente et un. Flattée de son affection, de l’encouragement qu’il lui dispense dans ses projets d’écriture, elle l’admire mais ne lui offre que son amitié. De son côté, le philosophe l’idolâtre, et se résout à cet amour platonique. Lorsque Clotilde de Vaux meurt le 5 avril 1846 de la tuberculose, elle devient l’objet d’un culte quotidien par Auguste Comte, culte entretenu et développé jusqu’à la fin de sa vie en 1857.
Entre Auguste Comte et Clotilde de Vaux, ce sont donc cent quatre-vingt-trois lettres échangées. Cette correspondance apporte un regard neuf et inattendu sur un penseur souvent jugé austère. Elle prépare et contient aussi en germe la seconde philosophie de Comte sur la religion de l’Humanité. Elle constitue enfin un document littéraire remarquable par le contraste qu’elle offre entre les déclarations enflammées d’Auguste Comte, rédigées dans le ton de ses ouvrages philosophiques, et les réponses de Clotilde de Vaux écrites dans une belle langue classique.

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lundi 29 mars 2021

Montesquieu : Œuvres complètes, 20, Correspondance, III

Classiques Garnier - Mars 2021 - Bibliothèque du XVIIIe siècle


De 1747 à 1750, Montesquieu prépare avec minutie et prudence la publication de L’Esprit des lois ; il en savoure le triomphe et affronte les critiques, répondant par la Défense de L’Esprit des lois et luttant contre l’Index, tout en soutenant l’académie de Bordeaux contre l’intendant Tourny.


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samedi 13 mars 2021

Ernst Jünger et Carl Schmitt : Correspondance 1930-1983

Krisis - Coédition Pierre-Guillaume de Roux - Octobre 2020


Publiée en Allemagne chez le grand éditeur Klett-Cotta, cette correspondance a connu outre-Rhin un succès immédiat. Une deuxième édition augmentée a d'ailleurs été publiée récemment. La traduction française, due à François Poncet, a été faite d'après cette dernière édition. La moitié environ de l'ouvrage regroupe les commentaires et les notes explicatives de l'un des meilleurs spécialistes allemands de l'oeuvre d'Ernst Jünger, Helmut Kiesel. L'édition française comporte également une préface inédite de Julien Hervier, qui a notamment assuré l'édition de l'oeuvre de Jünger dans la collection de la Pléiade (Gallimard).

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dimanche 22 novembre 2020

Agnès Cousin de Ravel : Blaise Pascal, un autre visage - au fil de sa correspondance

 L'Harmattan - Novembre 2020


De Blaise Pascal, on connait son génie précoce, ses fulgurances et son intransigeance. Pour les uns, c'est un grand savant ; pour les autres, un homme de foi et un polémiste. Or, c'est un autre homme qui apparaît dans sa correspondance. Au fil des lettres à sa famille et ses amis, aux scientifiques et penseurs de son temps, Pascal se montre passionné, attachant et engagé. S'il est bien un homme qui doute, il est aussi un hyperactif qui ne néglige pas ses intérêts. Pascal est un inventeur, un entrepreneur. On lui doit la première machine à calculer et le premier réseau de transports en commun à Paris. Au-delà, lire Pascal aujourd'hui, c'est aussi pouvoir nous interroger sur nous-mêmes. Comment nous connaître ? Comment maîtriser notre corps ? Comment vivre en société alors que notre raison est soumise aux passions et à l'imagination ? Qu'est-ce qui régit nos relations et nos choix ?

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lundi 15 juin 2020

Karl Marx, Friedrich Engels : Correspondance, tome 13 (1875-1880)

Les Editions sociales - Juin 2020 - Les essentielles


Avec ce volume de lettres inédites, les Éditions sociales reprennent la publication de la correspondance de Marx et Engels, un des derniers grands éléments du corpus marxien à ne pas avoir été intégralement traduit en français. On y (re)découvre Marx et Engels au quotidien, à travers des lettres chargées d’anecdotes qui ramènent ces deux géants à hauteur d’homme.
Mais c’est bien leur activité politique et théorique qui occupe la première place. L’échec de la Commune de Paris a déplacé le centre de gravité du mouvement révolutionnaire de la France vers l’Empire allemand où commence à se constituer un parti socialiste. Le Congrès d’unification de Gotha en 1875 marque à cet égard un tournant que Marx et Engels accompagnent de façon critique. Accaparés par la situation allemande, ils ne négligent pas pour autant le mouvement ouvrier des autres pays, d’autant que la deuxième moitié des années 1870 est marquée par la dislocation définitive de l’Association internationale des travailleurs (AIT), et l’entrée dans un nouveau cycle politique dans une Europe en ébullition.
Ce volume contient également une série de lettres de tiers à Marx et Engels (Wilhelm Liebknecht, August Bebel, Eduard Bernstein et Karl Kautsky) dont la lecture permet souvent de découvrir une autre facette des discussions présentées dans cette correspondance.

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dimanche 22 décembre 2019

Friedrich Nietzsche : Lettres d'Italie

Nous - Novembre 2019 - Via


Ce livre propose un choix de lettres de la correspondance de Nietzsche dans lesquelles il est question de l’Italie. écrites de différentes villes italiennes entre 1876 et 1889, elles font apparaître le philosophe sous un angle inattendu : voyageur, marcheur (« Je suis au moins huit heures par jour sur les chemins : c’est à ce prix que je supporte la vie »), « médecin et patient en une seule personne », homme qui aime le Sud, qui cherche et trouve l’endroit où le travail est enfin porté par une force vitale débordante.
Ce n’est qu’en Italie — aimée pour son climat, sa lumière, ses villes — que Nietzsche trouvera les conditions d’une vie désirable, conforme à « ce que nous sommes et ce que nous voulons ». Soit : « du calme, de la grandeur, du soleil ». C’est cette « grande trinité de la joie » qui le guidera dans ses errances, à la recherche d’« une nouvelle nourriture, un nouveau soleil, un nouvel avenir ». De Sorrente à Venise, où il fera de nombreux séjours et dont il appréciera la sereine beauté, puis Gênes, où il se construira l’existence la plus clandestine, jusqu’à Turin, ultime séjour paradoxal et tragique, moment de sa plus grande créativité et lieu de son effondrement.

« En toutes choses, je trouve qu’ici la vie vaut la peine d’être vécue. »

Choix et traduction de Florence Albrecht et Pierre Parlant
Préface de Pierre Parlant

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dimanche 18 novembre 2018

Theodor Adorno et Siegfried Kracauer : Correspondance 1923-1966

Le bord de l'eau - Novembre 2018


Initiée par une histoire amoureuse d’une grande intensité, la correspondance entre Theodor W. Adorno et Siegfried Kracauer constitue un matériau littéraire et intellectuel d’une rare densité entre deux penseurs «hors norme». La lecture de leurs échanges offre une immersion dans cette partie de l’histoire du XXesiècle et de l’intelligentsia allemande et internationale qu’il nous est ainsi permis d’explorer à travers le prisme d’une relation exceptionnelle et en prise perpétuelle avec l’histoire qui mena de l’entre-deux-guerres à la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale, et contraignit de nombreux intellectuels à l’exil et à une vie précaire, souvent jusqu’au désastre. Bien que les positions intellectuelles et statuts professionnels d’Adorno et de Kracauer furent différents et qu’ils permirent au premier d’accéder, dans l’exil, à une reconnaissance et à une sécurité matérielle que ne connut que bien plus tard le second, cette histoire souvent très émouvante n’est pas celle de la rivalité qui aurait pu opposer les deux hommes mais le témoignage d’une relation sans concession, dont les disputes intellectuelles révèlent les désaccords profonds, tout en manifestant sans cesse l’intense amitié qui les lia jusqu’à la mort de Kracauer. Enfin, si la correspondance entretenue par les deux hommes pendant toutes ces années recèle un caractère si singulier, elle participe plus généralement des relations parfois étroites qu’ils entretinrent avec d’autres penseurs et artistes majeurs de ce siècle (Berg, Benjamin, Bloch, Lukács, Horkheimer, Löwenthal, etc.). Cet ouvrage constitue une source indispensable à la connaissance des conditions historiques, politiques et intellectuelles dans lesquelles ces penseurs élaborèrent, l’un comme l’autre, une œuvre indispensable à la compréhension du monde contemporain. 

Theodor W. Adorno (1903-1969), penseur majeur de l’École de Francfort, travailla sans relâche à l’élaboration d’une critique radicale du monde contemporain qui aboutira à ce «grand livre» que constitue la Dialectique négative . Tout au long de son œuvre, il déploya sa pensée dans les domaines de la philosophie, de l’esthétique, de la musique, de la littérature et de l’éducation. 
Siegfried Kracauer (1889-1966) participa, à plus d’un titre, à l’histoire de l’École de Francfort. Essayiste, critique culturel, sociologue, théoricien du cinéma, romancier, philosophe, il est longtemps resté, en France, dans l’ombre d’Adorno et de Benjamin. Nous redécouvrons depuis quelques années toute la richesse de son œuvre et l’importance de son travail pour le développement de la Théorie critique.

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samedi 26 mai 2018

Claude Lévi-Strauss et Roman Jakobson : Correspondance 1942-1982 (inédit)

Seuil - Mai 2018 - Coll. La Librairie du XXIe siècle


La correspondance publiée ici, pour la première fois, s’ouvre par des contrepèteries et se referme sur la couleur des voyelles. Elle entrecroise sur presque un demi-siècle le fil de deux vies dans la trame d'une amitié savante qui ne s'interrompra qu’avec la mort. Il y est question de poésie et de mathématiques, de champignons et d’épopées médiévales, autant que de langues et de mythes. Car, loin de l’image dont on les a parfois affublés, le linguiste Roman Jakobson (1896-1982) et l’anthropologue Claude Lévi-Strauss (1908-2009), ces deux grands sphinx des sciences sociales du xxe siècle, furent, plus que d’autres, des médiateurs entre l’abstraction de la science et l’expérience sensible. La théorie et la volupté se conjoignent dans leurs œuvres respectives autant que dans leur rencontre.

Dans l’éloge qu’il fera de Lévi-Strauss, Jakobson insistera sur un point : il faut concilier le sens de la variation et la recherche des invariants, ne pas opposer la passion pour le singulier, le différent, l’unique, et le souci des formes universelles – bref la science et l’expérience, le concept et la sensation, la vérité et la vie. Il attribue à son ami la solution : faire de ces fameuses structures invariantes rien d’autre que des matrices de variation. Nous n’avons rien en commun sinon ce qui nous fait différer les uns des autres ! Et cela, non seulement au sein de l’humanité, mais jusque dans l’immense concert de la diversité biologique et cosmique. Saisir sa place dans ce jeu de variations, c’est se comprendre soi-même – et telle est la tâche la plus haute des sciences humaines, pour laquelle témoigne cette correspondance inédite.

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lundi 30 avril 2018

Lucien Sève et Louis Althusser : Correspondance 1949-1987

Editions Sociales/La Dispute - Avril 2018


De 1949 à 1987, Louis Althusser (1918-1990) et Lucien Sève (1926), tous deux philosophes et communistes, devenus amis pour la vie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, échangent une centaine de lettres nourries de vifs débats d’idées.
Dans cette correspondance, particulièrement riche entre 1963 et 1973, on voit s’affiner les analyses et se nouer les désaccords sur des questions de haute importance théorique et politique à leurs yeux – l’apport de Mao Zedong à la dialectique est-il valide ? Le matérialisme historique de Marx est-il un antihumanisme ? Une psychologie le prenant pour fondement est-elle pensable ? – et quelques autres. Au-delà d’un certain point, le dialogue se rompt, mais l’amitié subsiste jusqu’au bout, et fait porter l’attention sur de nouveaux objets.
Cette correspondance, qui réunit le fonds d’archives de l’IMEC et la collection personnelle de Lucien Sève, fait ici l’objet d’une édition critique. Relisant ces échanges cinquante ans après, Lucien Sève s’attache à décrypter lettre par lettre ce qui peut paraître aujourd’hui énigmatique. L’historien du communisme Roger Martelli apporte au lecteur nombre d’éclaircissements sous forme de notes et d’une substantielle postface où il s’attache à dégager les apports originaux de ce volume à l’intelligence d’un moment marquant dans l’histoire du communisme français et dans la vie intellectuelle au XXe  siècle.

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jeudi 25 janvier 2018

Nietzsche et Wagner : Correspondance

Kimé - Janvier 2018


Nietzsche et Wagner dans leur intimité ! Compte tenu de l'importance des personnages, la chose suffirait déjà amplement à mériter notre attention. Mais il y a bien plus pour mériter notre attention dans cette correspondance. Bien plus, car on assiste ici à la naissance de la philosophie de Nietzsche cherchant alors un modèle de sagesse chez Wagner censé ressusciter les tragiques grecs. Bien plus encore, car en voyant ici Wagner travailler à son rêve de Bayreuth et, plus profondément, à son ambitieux projet de renaissance de la civilisation allemande et en voyant ici le jeune Nietzsche tenter d'oeuvrer à ce double projet au côté de Wagner, son aîné de 31 ans, ce qu'on voit, à sa source, c'est le projet, plus ambitieux encore, de refondation de la civilisation humaine tout entière que Zarathoustra viendra chanter bien des années plus tard. Bien plus enfin, car on peut aussi à la lecture de ces lettres comprendre pourquoi les sentiments chaleureux dont elles témoignent devaient se transformer en farouche hostilité : on accepte mal de s'être laissé longtemps fasciner, subjuguer - fût-ce par le plus charmeur des artistes - quand on s'appelle Nietzsche.

Présenté par Pierre Héber-Suffrin et traduit par Hans Hildenbrand.

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mardi 30 août 2016

Élie Halévy : Correspondance et écrits de guerre (1914-1919)

Les Belles Lettres; Édition - Août 2016 - Œuvres complètes de Élie Halévy


Si la compréhension de la Grande Guerre a permis d'appréhender l'ampleur de la crise mondiale et l'entrée de l'Europe dans « l’ère des tyrannies », elle le doit fondamentalement à Élie Halévy.
Fils du célèbre librettiste d’opéras Ludovic Halévy et de Louise Bréguet, frère de l’essayiste et écrivain Daniel Halévy, le jeune Élie Halévy lance avec plusieurs de ses amis philosophes la très renommée Revue de métaphysique et de morale. Rapidement, sous l’effet notamment de l’affaire Dreyfus où il joue un rôle important, le philosophe se fait historien et s’attèle aux immenses dossiers du libéralisme anglais et du socialisme européen qu’il travaillera jusqu’à sa mort soudaine en 1937.
La Grande Guerre va retenir toute son attention d’historien-philosophe, alors qu’il est engagé volontaire dans des hôpitaux militaires, principalement à Albertville. Accomplissant son devoir patriotique, Élie Halévy s’estime libre d’analyser le conflit et ses conséquences avec une forte acuité, une rare lucidité et une remarquable puissance d’analyse. Ce volume très largement inédit de sa correspondance et de ses écrits de guerre, édité par Vincent Duclert et Marie Scot, préfacé par Stéphane Audoin-Rouzeau, révèle le pouvoir d’une pensée à l’œuvre pour la liberté et la connaissance.
Cet ouvrage forme le premier tome des Œuvres d'Élie Halévy publiées sous l'égide de la Fondation nationale des sciences politiques et des Belles Lettres.

Philosophe de formation, auteur d'une thèse sur Platon et d’une somme sur La formation du radicalisme philosophique et animateur dès 1893 de la nouvelle Revue de métaphysique et de morale, Élie Halévy (1870-1937) peut également être rangé parmi les grands historiens du XXe siècle français.

vendredi 10 juin 2016

Jacques Maritain et Emmanuel Mounier : Correspondance

DESCLEE DE BROUWER - Juin 2016


Cet ouvrage propose la première édition intégrale des lettres retrouvées à ce jour entre les philosophes Jacques Maritain et Emmanuel Mounier. Cette correspondance enrichit largement, de 133 à plus de 200 lettres, la première édition partielle de 1973, qui n'était qu'une sélection de lettres illustrant la genèse de l'ouvrage collectif sur Péguy et celle de la revue Esprit. Elle est éclairée par la connaissance des Carnets personnels de Maritain, et du Journal complet de Mounier qui sont en cours de parution. Cette publication réévalue très largement l'image que l'on pouvait se faire de leur relation, révélant davantage encore la profondeur humaine et spirituelle de cette grande amitié. À l'instar d'Yves Simon ou de Henry Bars, Emmanuel Mounier se donne le beau titre de « filleul » de Jacques Maritain, de « fils aimant » : un fils libre et indépendant. Il prolonge à sa manière la philosophie politique, sociale et culturelle de Jacques Maritain, s'appuyant sur les jalons forts de sa pensée tels l'humanisme intégral, les moyens pauvres, « l'exister avec le peuple » ou l'amitié civique, l'ouverture aux autres religions et aux incroyants, la participation à une oeuvre commune mais aussi réalisant un travail personnel, parfois en décalage avec celle du philosophe de Meudon. N'est-il pas symbolique qu'emprisonné par le régime de Vichy, Emmanuel Mounier ait choisi de présenter à ses camarades de cellule, le 10 octobre 1942 « un soir Péguy, un soir Maritain » ?

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mercredi 18 mai 2016

Gottfried Wilhelm Leibniz et Burcher De Volder : Correspondance

Vrin - Mai 2016 - Bibl. des textes Philosophiques


La correspondance entre Leibniz et le physicien hollandais Burcher De Volder, menée de 1698 à 1706, est un texte important pour comprendre la science nouvelle de la puissance et de l’action que Leibniz a inventée et désignée par le néologisme de dynamica. Cet ouvrage présente la première traduction en français d’une correspondance cruciale pour saisir le rapport de la dynamique avec la métaphysique. A cet égard, le concept d’action joue un rôle central : il est, sous la plume de Leibniz, l’objet du principe de conservation (l’action motrice) et la caractéristique essentielle de la substance. Ce concept d’action est ambivalent dans la mesure où Leibniz choisit d’utiliser le même terme et de le doter de la même signification (actio in se ipsum) dans les deux champs théoriques distincts que sont la dynamique et la métaphysique. Le concept d’action permet, en effet, à Leibniz de penser le rapport entre le mouvement dans les corps physiques et la série des perceptions dans les substances simples. La dynamique est, par conséquent, un moyen de rendre intelligible la substance. Cette correspondance est déterminante pour comprendre le renouveau que la dynamique offre à la métaphysique de Leibniz à la fin des années 1690 : l’unité métaphysique de la réalité est assurée et rendue intelligible par l’intégration à la dynamique du lexique métaphysique de l’action. Cette opération conduira au dispositif monadologique de la dernière métaphysique de Leibniz.

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lundi 23 novembre 2015

Ludwig Wittgenstein : Correspondance philosophique

Gallimard - Novembre 2015 - Collection : Bibliothèque de Philosophie


Traduit par Élisabeth Rigal

De 1911, date à laquelle il entama ses études de philosophie, jusqu'à la veille de sa mort en 1951, Ludwig Wittgenstein entretint une abondante correspondance philosophique avec des philosophes fort célèbres, avec d'autres moins reconnus, mais aussi avec des grands intellectuels. Dans les année 1910, il fut en correspondance avec ses maîtres en logique, Gottlob Frege et Bertrand Russell, avec George Edward Moore, avec l'économiste John Maynard Keynes, ainsi qu'avec Ludwig von Ficker, l'éditeur de Der Brenner, et l'architecte Pat Engelmann, dont il fit la connaissance à Olmütz en 1916 et qui devint son ami. Pendant les années 1920 parfois qualifiées d'"années perdues" (puisqu'il ne faisait plus alors de philosophie), Wittgenstein eut néanmoins de nombreux échanges avec C K Odgen autour de la traduction anglaise du Tractatus logico-philosophicus., et il entra également en correspondance avec l'un des traducteurs de l'ouvrage, le logicien-mathématicien Frank P Ramsey, et avec Moritz Schlick qui prit contact avec lui dès 1924, et dont le Cercle s'engagea dans l'exégèse du Traité. A ces premiers correspondants, s'en ajoutèrent de nombreux autres après le retour de Wittgenstein à la philosophie en 1929 : Friedrich Waismann, Rudolf Carnap auquel il adressa une unique lettre l'accusant de plagiat, l'économiste Piero Sraffa qui eut une réelle influence sur l'évolution de ses idées, et quantité d'élèves et disciples dont certains devinrent ensuite des wittgensteiniens reconnus - notamment Norman Malcolm, Rush Rhees et Georg Henrik von Wright.

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lundi 7 septembre 2015

Martin Buber et Franz Rosenzweig : Dialogue, tradition, traduction : Choix de lettres. 1919-1929

Editions Hermann - Août 2015


Ce choix de lettres retrace l'amitié exceptionnelle qui lia Martin Buber et Franz Rosenzweig, deux penseurs qui incarnent la richesse de la culture judéo-allemande avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Leur amitié voit le jour en 1921, dans le cadre de la Maison d'études juives de Francfort, et s'intensifie progressivement. La nouvelle traduction de la Bible, que les deux hommes entreprennent en 1925, vient d'une certaine manière sceller cette affection. C'est ce projet qui la mènera à la postérité, même si Buber est contraint de le mener seul à son terme, après le décès de Rosenzweig en 1929. Mais au-delà de ce projet majeur, ces lettres rendent comptent de toute une réflexion culturelle et théologique sur le judaïsme, la manière de l'enseigner et de lui redonner une signification vivante pour la population assimilée de l'Allemagne de l'entre-deux guerres.

Martin Buber (1878-1965) est né à Vienne. Engagé dans les mouvements sionistes, il édite un journal, Die Welt, en même temps qu'il entreprend des études de philosophie. Au début du XXe siècle, il se passionne pour les courants hassidiques dont il publie une anthologie de textes. Pendant la Première Guerre mondiale, il devient rédacteur de la revue Der Jude, qui publiera les premiers textes de Kafka.

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