mercredi 2 avril 2025

Anne-Françoise Schmid : Scripts philosophiques II. Le cogito des multiplicités

Chisokudō Publications - Avril 2025


Le deuxième tome de l’ouvrage Scripts philosophiques se présente sous la forme d’un lieu de multiplicités philosophiques. Qu’est-ce qui les tient ensemble ? Une fidélité, à la philosophie sans doute, une fidélité au réel surtout. Contempler les philosophies dans leur multiplicité change l’écriture philosophique. La multiplicité fonctionne comme une plateforme, voire un ensemble de plateformes superposées, où il est possible d’extraire des fragments à recomposer autrement. Les concepts sont les voyageurs entre les plateformes et charrient des extraits qui s’adaptent graduellement à leur nouveau lieu.

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Stefan Hertmans : Quel présent vivons-nous ? Une sémantique du présent

 Actes sud - Avril 2025


“Nous ne savons rien du présent parce que nous y sommes”, disait Victor Klemperer. Ce constat, Stefan Hertmans s’en empare pour mieux y résister. Face à des phénomènes planétaires dont nous sommes à la fois l’acteur et l’objet – dérèglement climatique, pandémie, mouvements migratoires, domination des réseaux sociaux, radicalisation politique, idéologie masculiniste –, face au monde autistique que façonne le néolibéralisme, Hertmans part à la recherche d’instruments d’analyse.
Grâce au mot-clé “déplacement”, il embrasse non seulement l’évolution des biotopes, les déplacements de populations animales et humaines, mais aussi les glissements de sens ou les inversions de valeurs, comme celles de liberté et d’identité qui ont “joué à saute-mouton” entre la droite et la gauche au cours des dernières décennies. Ces réalités mouvantes, Hertmans les déchiffre en romancier et en philosophe, cheminant avec des auteurs classiques et des penseurs du XXe siècle, de Arendt à Derrida, de Heidegger à Adorno, ou de grands inspirateurs actuels dont Bruno Latour.
Si Hertmans ne prétend pas prédire, il ne se borne pas à constater. Il parvient à déceler l’obscurité derrière les lumières et les apparences trompeuses de l’époque. Il nous envoie un message de résistance intellectuelle, humaniste, solidaire. Il partage nos indignations, nos incertitudes et nos espoirs. Et ses réflexions, formulées pour la plupart entre la fin de la pandémie et les premiers mois de la guerre en Ukraine, nous apparaissent aujourd’hui plus éclairantes encore.

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Thierry Hoquet : Histoire (dé)coloniale de la philosophie française. De la Renaissance à nos jours

 PUF - Avril 2025


Y eut-il un philosophe français pour protester contre la conquête d'Alger en 1830 ? Les cours de philosophie, généralement, ne nous l'apprennent pas. Et c'est ce vide que vient combler cette nouvelle histoire de la philosophie française, qui n'est pas une somme de problèmes abstraits, l'incar-nation hexagonale ou francophone d'une philosophie pérenne. Elle naît de la rencontre des autres peuples au fil de diverses entreprises coloniales, à mesure que se modifient les contours de la France : « Nouvelle-France », « France antarctique » ou « équinoxiale », « Grande France ». La philosophie française ne naît donc pas avec le cogito de Descartes, mais dans une scène exemplaire, quand Montaigne, en 1562, rencontre à Rouen trois Tupinambas du Brésil, et en rend compte dans son essai « Des cannibales ». Le point de vue des autres sur la société française, tel qu'il s'exprime dans les textes des philosophes, renouvelle profondément notre regard et nous permet de penser autrement.

Thierry Hoquet est philosophe. Après des travaux consacrés à l'histoire naturelle au siècle des Lumières, il a travaillé sur les questions de sexe et de race au croisement entre biologie et société, de Darwin à nos jours. Il est l'auteur du Nouvel Esprit biologique (Puf, 2022).

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Emmanuel Mounier : Une pensée combattante pour des temps incertains. Pages choisies

Desclée De Brouwer - Avril 2025


Guerre d'Espagne, Munich, Résistance, luttes anticoloniales, réconciliation franco-allemande, les combats menés par le philosophe Emmanuel Mounier furent nombreux. Cet enracinement dans les luttes de son temps n'a pas détourné cet homme engagé de sa foi chrétienne. Au contraire, elle était la matrice de son action, contre la platitude et l'indigence ambiantes.C'est bien en effet, insiste Mounier, tout l'homme qui doit être considéré. Son destin ne concerne pas que ses dimensions matérielles, mais aussi sa vocation intérieure et transcendante. Un rappel salutaire en ce XXIe siècle marqué par une forme de désillusion, où les grandes institutions qui encadraient jusqu'alors nos sociétés ont vu leur importance considérablement s'atténuer. Plus que jamais, la voix de Mounier nous appelle au « goût du risque », au « courage intellectuel ».Ce recueil de soixante-dix courts textes introduits par des experts reconnus du philosophe, permettra au lecteur, non seulement de se rendre plus familier de l'homme, de ses engagements sociaux et politiques, mais aussi de mieux comprendre le courant personnaliste qui l'a porté et les défis qu'il réclame.

Emmanuel Mounier (1905-1950) est un philosophe français, fondateur de la revue Esprit et à l'origine du courant personnaliste. Catholique engagé, résistant, il a contribué après-guerre à travailler à la réconciliation franco-allemande. Il est l'auteur de plusieurs livres dont L'affrontement chrétien, Traité du caractère, Qu'est-ce que le personnalisme ?

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Alessia Bauer, Rachel Lauthelier-Mourier : Le voyage : lieu de rencontres, d'échanges et d'imagination

 Hermann - Avril 2025


Dans le cadre de cet ouvrage, le voyage joue le rôle d’intermédiaire entre diverses zones culturelles, sans restriction d’époque ou de discipline.

Nous avons d’abord questionné la médiation du voyage selon deux paradigmes, celui des « transferts culturels », concept dynamique théorisé par Michel Espagne et Michael Werner en 1988, et celui des « images mentales » – stéréotypes ou topoï –, concept statique dont l’appareil critique remonte à l’Antiquité. Les deux journées d’études que l’équipe HISTARA (EA 7347) de l’École Pratique des Hautes Études (EPHE-PSL) a consacrées à ces thématiques ont révélé un fort intérêt pour ces sujets de la part de disciplines aussi variées que l’histoire, l’histoire des arts, l’anthropologie ou la linguistique, ainsi qu’en témoigne la richesse des contributions de ce volume. Néanmoins, la notion de « rayonnement culturel » d’une zone géographique sur une autre, encore appelée « influence », notion liée au recouvrement synchronique ou diachronique, perdure encore aujourd’hui, tant elle a marqué les esprits : elle s’est donc imposée à nous comme troisième paradigme d’analyse.

Si les articles ici réunis montrent combien les relations interculturelles ont été dépendantes de la vision statique et dominante de zones culturelles sur d’autres, ils révèlent aussi qu’il est essentiel de puiser dans l’appareil critique des transferts culturels pour révéler le dynamisme des échanges sous-jacents entre de multiples zones d’influence.

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Pierre Singaravélou, Samantha Besson, Dario Mantovani : Aux confins de la loi. La Nature, les Colonies, l’Espace

Anacharsis - Avril 2025


Ce premier volume des « Conférences de L’histoire à venir » réunit trois textes prononcés lors du festival du même nom en 2024 à Toulouse.

Dario Mantovani se penche sur la notion de droit de la nature dans la Rome antique, éclairant les questions aujourd’hui brûlantes de la législation sur le non-humain ; Pierre Singaravélou interroge les transformations du droit confronté aux questions posées par l’expansion coloniale ; Samantha Besson, enfin, retrace les origines de la logique propriétaire en droit international de l’espace et propose une réinstitution des communs pour faire venir une autre histoire.
Des réflexions stimulantes qui démontrent combien mobiliser l’histoire pour penser notre monde contemporain et ses bouleversements peut être fécond.

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mardi 1 avril 2025

Critique n°935 : Après Canguilhem. Nouveaux dialogues entre médecine et philosophie

 Minuit - Avril 2025


« Ôtez Canguilhem et vous ne comprenez plus grand-chose à toute une série de discussions. »

Par ces mots, Michel Foucault faisait de Georges Canguilhem l’invisible clef de voûte de la philosophie française. Pourtant, à son décès en 1995, l’austère historien des sciences ne nous avait légué qu’une œuvre bien circonscrite, consistant pour l’essentiel en cinq livres. Ce premier ensemble, où trônaient Le Normal et le Pathologique et La Connaissance de la vie, n’est plus que la pointe émergée d’un iceberg. Les Œuvres complètes de Canguilhem, dont le sixième volume paraît ce mois-ci, comptent désormais plusieurs milliers de pages. Renouvelé et enrichi, ce corpus modifie profondément l’image que nous nous formions de sa pensée. Trente ans après, l’œuvre de Canguilhem, plus vivante que jamais, ouvre de nouvelles pistes – à l’histoire des sciences biologiques et médicales, mais aussi à la philosophie tout court.

Sommaire 

Thierry HOQUET : (De quoi) Canguilhem fut-il philosophe ?

ENTRETIENS
Pierre-Olivier MÉTHOT : « Canguilhem pense avant Foucault que “tout est normé dans une culture” »

Élodie GIROUX : « Canguilhem peut servir de ressource pour appréhender une médecine extrêmement technicisée »

Marie GAILLE et Agathe CAMUS : En quête de matière étrangère. La philosophie de terrain à l’épreuve des maladies chroniques

Lucie LAPLANE : PhiLabo. La philosophie dans le laboratoire

VARIA
Frédéric KECK : Portrait de René Girard en Maître Renard

Francis WOLFF : Engel lecteur de Foucault. Pour une généalogie positive

Pierre VINCLAIR : L’infra-révolutionnaire


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Etienne Anheim et Paul Pasquali : Bourdieu et Panofsky. Essai d'archéologie intellectuelle, suivi de leur correspondance

 Minuit - Avril 2025


Ce livre raconte, à partir d’archives inédites, l’histoire de la rencontre entre deux figures emblématiques des sciences humaines du XXe siècle, Pierre Bourdieu (1930-2002) et Erwin Panofsky (1892-1968). Rien de commun, en apparence, entre le jeune sociologue français, œuvrant au milieu des années 1960 à la refondation de sa discipline dans un monde intellectuel dominé par le structuralisme, et le vieil historien d’art allemand reconnu internationalement, émigré aux États-Unis après avoir fui le nazisme. Et pourtant, c’est dans la collection « Le sens commun », dirigée par Bourdieu aux Éditions de Minuit, que paraît la première traduction française de Panofsky, Architecture gothique et pensée scolastique, au printemps 1967, en même temps que les Essais d’iconologie chez Gallimard.
L’édition d’Architecture gothique et pensée scolastique est minutieusement préparée par Bourdieu qui, fait unique dans sa carrière, réalise lui-même la traduction. Il y joint une longue postface qui deviendra célèbre : c’est là qu’apparaît sous sa plume la première théorisation du concept d’habitus.
En s’appuyant sur des sources multiples – dont la correspondance des deux savants reproduite en annexe –, cette enquête retrace pas à pas une aventure éditoriale et intellectuelle unique, moment clé dans la réception d’Erwin Panofsky, mais aussi dans la carrière d’un Pierre Bourdieu en pleine construction des outils qui lui permettront de s’imposer dans les décennies suivantes comme l’auteur d’une œuvre capitale.

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Nathalie Casemajor, Eve Lamoureux, Louis Jacob, William-J. Beauchemin (dir.) : Cohabiter. Imaginer les médiations culturelles au XXIe siècle

 Hermann - Avril 2025


Issu des travaux de l’Observatoire des médiations culturelles (OMEC), cet ouvrage propose de penser les médiations culturelles et leurs enjeux sociopolitiques à travers le prisme de la cohabitation. Ces enjeux concernent non seulement les pratiques professionnelles, mais aussi une diversité de formes d’expression, qu’elles soient artistiques, sociales, intellectuelles ou interculturelles. Comment les défis majeurs du xxie siècle nous poussent-ils à composer de nouvelles manières de cohabiter ? Quelles formes de mise en commun sont investies et produites à travers la cohabitation ? Comment les médiations culturelles contribuent-elles à la production d’espaces, de pratiques et d’imaginaires de la cohabitation ? Nous invitons à prendre en compte les dynamiques parfois conviviales et parfois antagonistes de la cohabitation, à examiner les potentiels et les limites des pratiques de médiation culturelle et à imaginer des formes de cohabitation à investir collectivement.

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Danielle Cohen-Levinas, Serge Margel : Entretiens sur la métaphysique. Jusqu au souffle coupé

 Hermann - Avril 2025


Dans cet ouvrage, deux philosophes conversent sur l’histoire de la métaphysique. Ils interrogent les grands axes qui la constituent, en rejouant des positions théoriques dominantes et convoquant différentes disciplines comme les sciences religieuses, la philosophie politique et les études littéraires.
Il pourrait paraître audacieux d’avancer un propos sur la métaphysique après son prétendu dépassement. Mais alors que son glas a cessé de sonner depuis bien longtemps, ces deux voix différenciées, qui se succèdent et s’enchevêtrent par le jeu du dialogue, inventent cette altérité nécessaire pour repenser la métaphysique et ses grandes problématiques — comme la temporalité, la conscience, l’esprit, les liens entre philosophe et littérature, ou encore la question du religieux qui revient sans cesse au-devant de la scène. Il n’y a pas de métaphysique sans une certaine altérité, disciplinaire, institutionnelle, historique. Ces deux voix inscrivent cette altérité au cœur de la métaphysique.

Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, professeure à l’université Paris-Sorbonne, responsable du « Collège des études juives et de philosophie contemporaine – Centre Emmanuel Levinas », chercheuse associée aux Archives Husserl de l’ENS-CNRS de Paris et à la République des Savoirs (Collège de France-ENS et CNRS).
Serge Margel est philosophe et philologue. l enseigne les sciences bibliques et la langue hébraïque à l'université de Neuchâtel, et est chercheur au Fonds national suisse de la recherche scientifique. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Hermann, dont Altérités de la littérature (2018) et La philosophe dans le miroir (2023).

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Jérôme Boutinaud (dir.) : Image du corps : quelles cliniques ? Du corps du patient au corps du clinicien

 In Press - Avril 2025


Quelles représentations avons-nous de notre corps ? Comment le percevons-nous ? Comment l’approche clinique peut-elle aider des patients en souffrance ?
S’appuyant sur leur expérience clinique et les apports théoriques, les auteurs mettent en perspective les modélisations sur les voies par lesquelles nous nous représentons notre corps et nous nous l’approprions.
Sont convoqués des concepts déjà bien connus (image du corps, schéma corporel…) qui sont questionnés pour en éprouver les lignes de force et les fragilités. Cet ouvrage s’attache
aussi à la singularité des vécus corporels dans le cadre de rencontres cliniques : thématique du genre, dyspraxie, problématique du virtuel, image du corps chez la personne âgée, chez le sujet présentant un polyhandicap…
Une place notoire sera aussi donnée à l’étude du « contre-transfert corporel », notion émergente et prometteuse permettant de dessiner une voie nouvelle pour comprendre les ressentis des cliniciens en séance, mais facilitant aussi une meilleure compréhension des problématiques des patients.
Le directeur d’ouvrage

Jérôme Boutinaud est psychomotricien, psychologue clinicien, MCU-HDR (Université de Paris Cité-Laboratoire PCPP, UR 4056).

Séverine Assouline, Rémi Bailly, Jean-Marc Baleyte, Jérôme Boutinaud, Laurent Branchard, Fabien Joly, Marie Loiret, Sylvain Missonnier, Gaëtan Munoz, Roland Obéji, Charlotte Paumel, Éric W. Pireyre, Catherine Potel, Michael Stora, Benoît Verdon, Xanthie Vlachopoulou.

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Didier Bottineau, Yves Macchi, Marine Poirier (dir.) : ChronosyntaxeS. Approches processives et dynamiques de la construction du sens

 Septentrion - Mai 2025


Ce recueil est le premier à organiser la rencontre entre plusieurs modèles théoriques développés indépendamment les uns des autres, mais tous centrés sur une même proposition originale : la prise en compte du facteur temps dans la construction du sens dans la syntaxe de plusieurs langues.
La phrase est généralement considérée par les grammairiens et les linguistes comme un agencement d'unités susceptible d’être modélisé spatialement, sous forme d’arbres ou de structures topo-syntaxiques. Cependant, du point de vue des sujets parlants, qui font l’expérience des énoncés lors de l’activité de parole et d’interprétation, une phrase se déroule dans le temps. La durée opérative qui s’écoule entre l’instant où elle commence et celui où elle s’achève est celle de la construction du sens. De ce point de vue, une syntaxe ne peut être que chrono-syntaxe.
Cet ouvrage réunit sous l’appellation « Les ChronosyntaxeS » plusieurs approches théoriques et descriptives impliquant le facteur temps en syntaxe, et confronte leurs complémentarités et divergences. Les différents chapitres s’intéressent aux protocoles de construction du sens de langues aussi diverses que le français, l’anglais, l’espagnol, le portugais, l’arabe, l’allemand, le guarani, le tahitien ou le breton.

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lundi 31 mars 2025

Mario Bunge : Ontologie II. Un monde de systèmes (4e tome du "Treatise on Basic Philosophy")

 Matériologiques - Mars 2025


Voici la seconde étape du périple entamé dans Ontologie I. L’agencement du monde. Au sortir du premier volume, nous savons ce qu’est une chose, sa substance et ses propriétés ; ce qui distingue la possibilité réelle de la possibilité conceptuelle ; comment l’actuel et le potentiel se définissent par la licéité, c’est-à-dire grâce aux lois, elles-mêmes des propriétés mutuelles particulières ; comment toutes les choses changent, de manière déterministe, stochastique ou hybride, selon ces lois ; comment décrire ce changement par l’approche de l’espace d’état ; et comment les choses et leurs relations spatiotemporelles constituent l’espace-temps. Ces concepts et bien d’autres ont été élucidés de manière exacte, c’est-à-dire formelle et conforme aux connaissances scientifiques contemporaines. Que le lecteur n’ayant pas lu Ontologie I se rassure : comme le précise Mario Bunge dans sa présentation, le présent volume peut « être lu séparément sous réserve d’accepter les notions fondamentales qui ont été analysées et systématisées dans le premier volume ». Le système ontologique bâti dans Ontologie I a une vocation générale et constitue le socle sur lequel s’appuient les étages supérieurs (ou, dans le vocabulaire du présent ouvrage, les « niveaux ontiques ») de l’ontologie bungéenne. Après avoir exploré le territoire ontologique de la physique dans le volume précédent, c’est donc vers les rivages de la chimie (La chimie est-elle une simple branche de la physique ou autre chose ? Quelles sont les briques chimiques fondamentales de la vie ?), de la biologie (Qu’est-ce que la vie, la mort, la santé, la maladie, l’évolution, l’adaptation, le progrès biologique ?), de la psychologie (Qu’est-ce que l’esprit, la pensée, la mémoire, la conscience, la volonté, le libre arbitre ?) et de la sociologie (Qu’est-ce qu’une société, une institution, une nation ? Quelles sont les structures sociales fondamentales ? Qu’est-ce que le travail ?) que Mario Bunge nous invite à poursuivre notre réflexion ontologique.

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Sergio Ghirardi Sauvageon : La Falsification du Monde. De la société du spectacle à la technocratie totalitaire

 Jacques-Marie Laffont - Mars 2025


Le culte effréné que le capitalisme voue à la croissance économique a réduit la société à un supermarché planétaire. Dans un univers social aliéné et réifié, toute la nature, les êtres humains et les autres formes du vivant ne sont plus que des choses avec un prix dans une circulation marchande qui annihile le vivant entre l'argent de la guerre et la guerre de l'argent. Le parachèvement de la raison marchande nous a poussés au-delà de la société du spectacle jusqu'à la falsification du monde. Peu importe par quelle idéologie religieuse ou politique le capitalisme en phase terminale obscurcit aujourd'hui les esprits, attriste les coeurs et gangrène le vivant. Notre conscience in fieri nous le dit, nous le crie : défendez la vie partout avant qu'il ne soit trop tard ! Contre la technocratie totalitaire du mode de production capitaliste et le nihilisme délirant de la civilisation qui l'utilise, un autre monde n'est plus seulement possible, il est nécessaire.

Sergio Ghirardi Sauvageon est né à Gênes en 1947 et a grandi, vécu et étudié en Italie. Il vit en France depuis 1980, renouant avec ses racines maternelles auvergnates. Il a enseigné l'histoire et la philosophie mais aussi l'italien et le latin de façon ponctuelle : quelques années en Italie, une année en Angleterre, à Sheffield, puis en France. Traducteur en italien d'une grande partie de l'oeuvre de Raoul Vaneigem, il a publié en français «Nous n'avons pas peur des ruines - Les situationnistes et notre temps», L'insomniaque 2004 et «Lettre ouverte aux survivants», Les éditions libertaires, 2014.

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samedi 29 mars 2025

Cités N° 101/2025 : Raymond Aron, ou la liberté de la pensée

 PUF - Avril 2025


Dans un hommage rendu à R. Aron par l'École Normale Supérieure en 1989, son condisciple G. Canguilhem affirmait que celui-ci avait ouvert un chapitre nouveau dans la philosophie de l'histoire française. Il s'agit donc d'examiner cette affirmation à l'aune de l'ensemble de sa philosophie et de montrer comment jusqu'à aujourd'hui la pensée aronienne occupe une place singulière qu'il s'agisse de l'analyse de la place de l'individu dans le monde ou de la marche des sociétés. Aron fut en ce sens un penseur singulier. Non seulement parce qu'il occupa une place à part dans le monde intellectuel en raison de ses engagements durant la Seconde Guerre mondiale comme dans les années 1950 mais parce qu'il trouva dans la manière d'allier liberté et déterminité, individuel et collectif, réflexion et action une posture critique qui lui permit de s'opposer aux idéologies mais également de défendre une conception originale de nos sociétés modernes. Enfin parce que cette posture de la Raison critique de l'histoire demeure encore féconde aujourd'hui.

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Savoirs et clinique n°32 : Dégenrez-moi ! Enjeux artistiques, psychanalytiques et politiques

 Erès - Mars 2025


Dans les années 1980, les mouvements camp ou queer déconstruisaient les normes esthétiques du genre proposant un 'être de genre ambigu. Loin de la "destinée anatomique" et du "roc biologique" (Freud), loin des "logiques binaires" (Deleuze), des oeuvres artistiques et théoriques redistribuent aujourd'hui des rôles et des territoires pour sortir d'une identité séparée d'une "vérité" du sexe attendue qui limitent nos perceptions. Le mot "genre", devenu un repéra performatif, a modifié notre manière de penser les assignations. Sa force de perturbation en profondeur crée de véritables brèches dans les totems de pensée. Changer de genre et de sexe peut être le parcours de survie pour le sujet, une question de vie et de mort. Dans notre époque de crise du long terme, l'appel quasi injonctif "Dégenrez-moi ! " se fait l'écho d'un profond désir de découvrir les plasticités psychiques et corporelles de façon à pouvoir mettre en oeuvre des refontes théoriques et des pratiques émancipatrices.

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Jeanne Etelain : Zones. Terre, sexes et science-fiction

 Flammarion - Avril 2025


Zone : ce terme omniprésent reste pourtant insaisissable. Dans une enquête conceptuelle étonnante à la croisée de la géographie, de la psychanalyse et de la science-fiction, Jeanne Etelain explore la façon dont la « zone » est devenue centrale pour comprendre l’espace, dans le contexte contemporain de crise des conditions d’habitabilité de la planète. La zone apparaît dès lors comme une modalité spatiale défiant les catégories habituelles, nous confrontant à la puissance d’agir de l’espace, qu’il s’agisse de la nature, de la Terre ou du corps.

Jeanne Etelain, titulaire d’un doctorat de la New York University et de l’université Paris-Nanterre, enseigne la philosophie et la théorie contemporaine à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier.

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Bertrand Prévost : L'Élégance animale

 Minuit - Mars 2025


Cet essai voudrait faire droit à l’incomparable richesse de formes, de motifs et de couleurs que prodigue le monde animal : zébrures, taches, ocelles, couleurs chatoyantes, plumages iridescents, traînes, crêtes, collerettes… Une profusion de signes intenses qui dit moins une beauté qu’une profonde expressivité – autant dire une puissance visuelle à même de faire se lever une image subtile, détachée de tout substrat physique ou organique. C’est en cela qu’il y a « élégance animale », une élégance qui n’est pas sans résonner jusque dans nos propres manières d’apparaître, nos modes vestimentaires, notre cosmétique. On ne pourra pas dès lors s’épargner une critique de l’utilitarisme darwinien qui, en se focalisant sur la fonction des formes, s’empêchait de penser la singularité de cette forme, autant dire sa valeur distinctive. C’est précisément là retrouver le geste fondamental du zoologue suisse Adolf Portmann (1897-1982), qui avait fait de la présentation-de-soi une réalité irréductible à toute utilité physiologique et ainsi éprouvé la diversité des apparences animales dans leur profonde vitalité. Peut-être faut-il alors en arriver à penser ces apparences comme des images en soi, des apparences sans destinataire, capables non seulement de communiquer entre elles, par-delà la distance des milieux animaux, mais encore de se conjuguer avec les fleurs, les rochers, le ciel ou la mer, et de transfigurer ainsi la cosmétique animale en une authentique cosmologie.

Bertrand Prévost est professeur d’histoire de l’art et d’esthétique à l’université Bordeaux-Montaigne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire et la théorie des images, de la Renaissance à l’art contemporain.

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