Minuit - Avril 2025
« Ôtez Canguilhem et vous ne comprenez plus grand-chose à toute une série de discussions. »
Par ces mots, Michel Foucault faisait de Georges Canguilhem l’invisible clef de voûte de la philosophie française. Pourtant, à son décès en 1995, l’austère historien des sciences ne nous avait légué qu’une œuvre bien circonscrite, consistant pour l’essentiel en cinq livres. Ce premier ensemble, où trônaient Le Normal et le Pathologique et La Connaissance de la vie, n’est plus que la pointe émergée d’un iceberg. Les Œuvres complètes de Canguilhem, dont le sixième volume paraît ce mois-ci, comptent désormais plusieurs milliers de pages. Renouvelé et enrichi, ce corpus modifie profondément l’image que nous nous formions de sa pensée. Trente ans après, l’œuvre de Canguilhem, plus vivante que jamais, ouvre de nouvelles pistes – à l’histoire des sciences biologiques et médicales, mais aussi à la philosophie tout court.
Sommaire
Thierry HOQUET : (De quoi) Canguilhem fut-il philosophe ?
ENTRETIENS
Pierre-Olivier MÉTHOT : « Canguilhem pense avant Foucault que “tout est normé dans une culture” »
Élodie GIROUX : « Canguilhem peut servir de ressource pour appréhender une médecine extrêmement technicisée »
Marie GAILLE et Agathe CAMUS : En quête de matière étrangère. La philosophie de terrain à l’épreuve des maladies chroniques
Lucie LAPLANE : PhiLabo. La philosophie dans le laboratoire
VARIA
Frédéric KECK : Portrait de René Girard en Maître Renard
Francis WOLFF : Engel lecteur de Foucault. Pour une généalogie positive
Pierre VINCLAIR : L’infra-révolutionnaire