mercredi 11 février 2026

Jean-Paul Jouary : Que peut-on prévoir ?

 BloomTime - Février 2026


Professeur de chaire supérieure, agrégé et docteur en philosophie. Conseiller dans le cabinet ministériel de Charles Fiterman de 1981 à 1984 (chargé de la recherche et des déplacements des personnes handicapées) puis rédacteur en chef de l'hebdomadaire culturel Révolution de 1985 à 1995, il se consacre depuis totalement à ses enseignements, ses publications et ses recherches, notamment comme commissaire de la salle consacrée à l'art contemporain du futur Musée international de Lascaux Montignac.

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Daniel Sibony : La Torah, une lecture laïque

 Odile Jacob - Février 2026


« Lecture laïque : non pas “rationaliste”, qui ramène tout à la raison, mais rationnelle, respectant la raison et laissant la place qu’ils méritent aux points d’irrationnel, que je nomme aussi des points d’inspiration ; autrement dit, une lecture qui n’efface pas l’amour au profit de la seule raison. Et qui sort ce grand texte de l’emprise religieuse et le révèle accessible et parlant pour quiconque réfléchit sur l’humaine condition. Accessible et universel, à travers même ses enjeux singuliers, comme de fonder un peuple et de le maintenir par des lois qui finissent par prendre la place du divin. La Torah, conçue comme transmission symbolique, au-delà de porter un peuple, a une portée pour beaucoup d’autres, en dehors des religions qui en dérivent.
Parler du divin dans une lecture laïque ? Pourquoi pas si le divin c’est ce qui rassemble tous les points d’inspiration ? Ce livre en donne aussi une approche rationnelle d’ordre infini. Cela éclaire aussi la mise en scène du texte ; que signifient : “Dieu parla Moïse” ? et le sacrifice d’Abraham ? et les miracles ? et l’idée de terre promise qui provoque tant de conflits ?
Ce livre donne un cadre conceptuel où croyants et athées peuvent, sans insulte ni mépris, cohabiter. » D. S.

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Cédric Sueur : Décoloniser notre rapport aux animaux. Comment repenser notre relation aux êtres vivants

 Odile Jacob - Février 2026


Et si la véritable question n’était pas : « Faut-il (ou non) manger des animaux ? » mais : « Pourquoi les exploitons-nous ? »
Depuis des siècles, la pensée occidentale a hissé l’humain au sommet : maître de la Nature et du vivant, des territoires et des destins animaux. Cette colonisation du vivant a façonné nos lois, nos fermes, nos laboratoires, nos récits, jusqu’à nos gestes les plus ordinaires.
Pourtant, d’autres peuples voient le monde autrement. Ils savent que la Terre n’appartient à personne, que l’animal n’est pas seulement une ressource, mais d’abord une présence, une relation, une existence sensible et que nous devons composer avec lui parce que nous vivons avec lui.
Dans cet essai, Cédric Sueur explore les racines de cette domination et propose une révolution du regard : décoloniser notre rapport au vivant. Décoloniser les animaux, c’est apprendre à les voir autrement : non plus comme des objets d’usage, mais comme des partenaires de monde. C’est reconnaître la conscience, la mémoire, la joie et la souffrance de celles et ceux avec qui nous partageons la Terre.
Un essai engagé et lumineux qui invite à réparer nos imaginaires et à refonder nos pratiques, pour rappeler cette évidence simple : Nous faisons monde ensemble, avec les animaux et avec les autres êtres vivants.

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Sénèque : Les derniers jours de l'humanité

 Les Belles Lettres - Janvier 2026


Introduction, traduction et notes par Jean-Louis Poirier. Illustrations d'Hubert Le Gall

« Il ne s’agit pas simplement de ravager la terre, il s’agit de la faire disparaître. »

Dans ce court texte sublime, mais à la vérité insupportable, Sénèque philosophe et poète raconte le raz-de-marée ultime qui rayera l’humanité de la carte… et fera voler en éclats toutes nos certitudes. La fin du monde n’est pas seulement le jeu vertigineux des éléments emportés par des forces déchaînées et destructrices, faisant irruption dans tous les replis de la nature, c’est surtout, chez les humains, l’absolu de la détresse : ils sont désormais tenus de comprendre qu’il y a pire que la mort. Comment mesurer l’angoisse infinie du vivant quand son monde se dérobe, mis en face de sa radicale incapacité à survivre?
En faisant voir, inscrite dans la fin du monde, la fin de l’humanité, Sénèque fait apparaître la solidarité de l’homme et de sa planète. Essentielles pour comprendre l’Éternel retour, ces pages représentent aussi l’une des premières traces humaines de l’éco-anxiété, magistralement expliquées par Jean-Louis Poirier et illustrées par Hubert Le Gall qui nous offre ici son « reportage photo » du déluge. Voilà l’occasion, pour le lecteur, d’affronter — qui sait ? — l’apocalypse avec sagesse.

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François-René de Chateaubriand : Génie du christianisme I (édition de Pierre Reboul)

 Flammarion - Février 2026 - GF


Au sortir du Siècle des lumières et alors que les feux de la Révolution sont à peine éteints, Chateaubriand, qui n’a pas trente ans, entreprend l’apologie de la religion chrétienne. En plus de redorer l’image d’une religion malmenée, il entend apporter de nouvelles preuves de l’existence de Dieu. Mais loin de lui le langage du théologien défendant son culte : il est déjà ce grand poète qui prône, non sans frémir, l’excellence, la beauté et le « génie » du christianisme. La profusion de cette vaste entreprise a pu surprendre ; elle demeure un pilier de son œuvre et du romantisme naissant.
Dans un premier mouvement, qui constitue le présent volume, Chateaubriand aborde l’origine des créations de l’homme, de la nature et de ses mystères. La religion chrétienne étant «la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres», il s’ensuit que toute la littérature, tous les beaux-arts, toute la pensée philosophique et savante ne sont pas autre chose, nous dit-il, que l’émanation de Dieu.

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mardi 10 février 2026

Donna J. Haraway : Savoirs situés. Suivi d'un entretien avec Jeanne Burgart Goutal (Nouvelle traduction)

 Wildproject - Février 2026


"Comment voir ? Depuis où ? Qui peut avoir plus d'un seul point de vue ? Qui se retrouve aveuglé·e ? Qui porte des oeillères ? " D. ? H. En 1988, Donna Haraway donnait naissance à une notion devenue virale dans les mondes universitaires, artistiques et militants. Quarante ans plus tard, à la croisée de l'écologie, des pensées décoloniales et du féminisme, cette idée de "savoirs situés" est désormais incontournable.
Un outil majeur pour construire les savoirs terrestres du 21e siècle.

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Ernst Bloch : Le Principe Espérance (Joël Gayraud éd.)

 Libertalia - Février 2026


« Ce que l’homme veut, c’est réaliser son bonheur ; ce sont là de bien vieilles paroles, mais elles sont sans doute plus dignes de foi que tous ces discours péjoratifs relatifs à l’éternel instinct prédateur. »

Cette anthologie du Principe Espérance a été conçue de façon à rendre accessible à un public non nécessairement rompu au langage abstrait une œuvre d’un abord difficile. Après en avoir élucidé les concepts clés, nous avons choisi des passages illustrant les diverses manifestations de la pulsion utopique.
Aujourd’hui, alors que notre horizon est borné par la menace guerrière et la catastrophe climatique, le recours à l’utopie est plus que jamais nécessaire pour nous donner l’audace d’envisager comme possible l’avènement d’une société enfin heureuse, délivrée de toute forme de domination, d’exploitation et d’aliénation.
Dans cette perspective, la conception blochienne de l’« utopie concrète » nous fournit des armes théoriques et critiques de première importance.

Philosophe allemand de tradition marxiste, Ernst Bloch (1885-1977) est l’auteur d’une œuvre centrée sur l’idée-force d’espérance révolutionnaire.

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Eric Blondel (éd.) : L'amour

 Flammarion - Février 2026 - GF


Quoi de plus varié que les différentes nuances de l'amour ? Amour-passion des amoureux, amour filial, amour platonique, amour hétéro- ou homosexuel, amour des belles choses, du vin ou du chant, amour du pouvoir, amour de Dieu, "de Saint-Simon et des épinards" (Stendhal) : où situer l'unité conceptuelle de l'amour ? Aimer, c'est élire. L'aimé est exceptionnel. Mais d'où vient cette préférence pour un être plutôt qu'un autre ? L'amour est-il ce je-ne-sais-quoi qui nous fait tomber sous le charme, ou est-ce la reconnaissance de qualités intellectualisées ? L'amour suspend parfois le réel, et nous fait voir l'être aimé meilleur qu'il n'est en réalité. Il s'apparente alors à une illusion, une chimère, une image idéalisée. Aimer, serait-ce une folie ? Aime-t-on toujours au risque de se perdre ? Entre félicité et soumission, coup de foudre et déception, l'amour se décline dans toutes les langues et sur tous les tons. Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'amour, de Platon à Levinas, en passant par Aristote, Sophocle, saint Paul, saint Augustin, Descartes, Molière, Racine, Pascal, Spinoza, Leibniz, Rousseau, Kant, Balzac, Hugo, Stendhal, Kierkegaard, Schopenhauer, Nietzsche, Freud, Thomas Mann ou encore Proust.

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Scilicet, 2026 : Il n’y a pas de rapport sexuel (XVe Congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse)

 AMP - Janvier 2026


« Depuis que Lacan a énoncé qu’il n’y a pas de rapport sexuel, on se casse la tête pour savoir ce qu’il entend par rapport sexuel. Pour le formuler au plus simple, Lacan appelle rapport sexuel  ce qui constitue la référence de Freud dans sa théorie de la libido et des pulsions, la référence par rapport à laquelle il mesure les substitutions de la jouissance. » Jacques-Alain Miller,

Table des matières

Préface
Il n’y a pas de rapport sexuel, Christiane Alberti p. 7

L’orientation lacanienne
Il y a, il n’y a pas, Jacques-Alain Miller p. 11

Introduction
Un savoir toujours en construction, Ricardo Seldes

Aphorismes

I

« [L]’interdiction dans la vie amoureuse de la femme est assimilable au besoin, chez l’homme, de rabaisser l’objet sexuel ».

Sigmund Freud

Présentation, Marcus André Vieira, plus-un (EBP)

Le ravalement et son au-delà, Damien Guyonnet (ECF)

De la fiction au réel, et retour ?, Dossia Avdelidi (NLS)

Les sexes et le rugissement de l’inconscient, Eduardo Suárez (EOL)

Interdire ou aimer les traces d’un exil ?,

Mariela Rodriguez Méndez (NEL)

II

« [Les] seconds mariages [pour les femmes] sont souvent

meilleurs que les premiers ».

Sigmund Freud

Présentation, Gustavo Stiglitz, plus-un (EOL)

Faire couple avec la double boucle, Erick González (ELP)

De la fixité à la fluidité des mariages, Marie-Claude Sureau (ECF)

Hétéros, Paola Cornu (NEL)

L’hypothèse freudienne du second mariage, Paula Kalfus (EOL)

III

« On pourrait presque dire que la femme dans son entier est tabou. »

Sigmund Freud

Présentation, Maria Bolgiani, plus-un (SLP)

Le tabou de la division subjective, Camila Candiotti (EOL)

Virginité, frigidité, altérité, Giuliana Capannelli (SLP)

L’indénombrable, Laura Sokolowsky (ECF)

Altérité taboue, Nassia Linardou (NLS)

IV

« L’homme sert […] de relais pour que la femme devienne

cet Autre pour elle-même, comme elle l’est pour lui ».

Jacques Lacan

Présentation, Manuel Fernándéz Blanco, plus-un (ELP)

Incidence du phallus sur la subjectivité de la femme,

Fabiana Lifchitz (ELP)

Autre pour elle-même : un consentement, Lorena Greñas (NEL)

Déclinaisons de la jouissance féminine, Paula Husni (EOL)

Pas de langue au chat et pas de chat qui se mord la queue,

Valeria Sommer-Dupont (ECF)

V

« [La] sexualité féminine apparaît comme l’effort d’une jouissance enveloppée dans sa propre contiguïté ».

Jacques Lacan

Présentation, María Josefina Sota Fuentes, plus-un (EBP)

D’une immersion infinie, Isabelle Orrado (ECF)

Une jouissance tissée avec l’amour, Eugenia Insua (ELP)

Contiguïté, Matias Meichtri Quintans (EOL)

Mots d’amour, Riccardo Andolcetti (SLP)

VI

« Au phallus se résume le point de mythe où le sexuel

se fait passion du signifiant. »

Jacques Lacan

Présentation, Laura Storti, plus-un (SLP)

« Un tiers irréductible », Alice Delarue (ECF)

Le phallus : une ombre qui voile, Ennia Favret (EOL)

Le phallus, signifiant et envers…, Marita Salgado (EOL)

La double fonction du mythe, Ruzanna Hakobyan (NLS)

VII

« L’il n’y a pas de rapport sexuel n’implique pas qu’il n’y ait pas

de rapport au sexe. »

Jacques Lacan

Présentation, Pamela King, plus-un (NLS)

Le ravage du non-rapport sexuel et la substance attendue

du rapport au sexe, Leticia Varga (EOL)

L’amour du deux, Rik Loose (NLS)

L’inexistence du rapport sexuel et le rapport au sexe,

Susane Vasconcelos Zanotti (EBP)

VIII

« [Ce] ratage en quoi consiste la réussite de l’acte sexuel ».

Jacques Lacan

Présentation, Éric Zuliani, plus-un (ECF)

Faire l’amour, entre acte et poésie, Andrea Berger (EOL)

Le ratage réussi dans Voyage de noces, de Rubem Fonseca,

Antonio Teixeira (EBP)

Le partenaire-symptôme, conséquence du non-rapport sexuel,

Christel Van den Eeden (NLS)

Ratage ou damnation, Pascale Fari (ECF)

IX

« Seul l’amour permet à la jouissance de condescendre au désir. »

Jacques Lacan

Présentation, Angèle Terrier, plus-un (ECF)

Amour et désir au masculin, Alejandra Breglia (EOL)

L’illusion de l’amour, Christine Maugin (ECF)

Amour et angoisse : entre jouissance et désir, Eva Bocchiola (SLP)

Amour féminin et jouissance, Natalie Wülfing (NLS)

X

« [L]’absence du rapport sexuel n’empêche manifestement pas,

bien loin de là, la liaison, mais lui donne ses conditions ».

Jacques Lacan

Présentation, Carolina Koretzky, plus-un (ECF)

Il faut garder la corde, Daniela Teggi (EOL)

Un lien possible entre nécessaire et impossible,

Giada Ceridono (SLP)

La condition du transfert dans l’absence de rapport sexuel,

Mirmila Musse (EBP)

Jusqu’au « rapport intersinthomatique »,

Rose-Paule Vinciguerra (ECF)

XI

« [Le] phallus, c’est l’objection de conscience faite par

un des deux êtres sexués au service à rendre à l’autre ».

Jacques Lacan

Présentation, Simone Souto, plus-un (EBP)

Comme feuilles dans le vent, Alessandra Fontana (SLP)

Qu’une femme fasse mal à tout le corps, Celeste Stecco (ELP)

Seuil, Manuel Zlotnik (EOL)

La galanterie, Sonia Chiriaco (ECF)

XII

« Tout ce qui est écrit part du fait qu’il sera à jamais impossible d’écrire comme tel le rapport sexuel. »

Jacques Lacan

Présentation, Camilo Ramírez, plus-un (ECF)

Écrire l’inexistence, Alejandra Glaze (EOL)

L’écriture entre ce qu’elle est et sa fonction, Rafaelle Calabria (SLP)

Ce qui s’écrit comme défense et l’inexistence du rapport sexuel,

Valéria Ferranti (EBP)

La contingence de la rencontre, Victoria Paz (ECF)

XIII

« Ce qui supplée au rapport sexuel, c’est précisément l’amour. »

Jacques Lacan

Présentation, María Cristina Giraldo, plus-un (NEL)

Du sens de l’amour, Cyrus Saint Amand Poliakoff (NLS)

XIV

« À cause de ce qu’elle parle, ladite jouissance, lui,

le rapport sexuel, n’est pas. »

Jacques Lacan

Présentation, Ligia Gorini, plus-un (ECF)

Une autre satisfaction, Gregorio Di Ciaccia (SLP)

Le « nœud dans le dicible » et le non-rapport sexuel,

Laura Rubião (EBP)

Le virage de l’impuissance à l’impossible… et le reste,

Laura Vigué (ECF)

Les pièces ne s’emboîtent pas, Ludmila Malischevski (EOL)

XV

« Il n’y a pas de rapport sexuel parce que la jouissance de l’Autre prise comme corps est toujours inadéquate ».

Jacques Lacan

Présentation, Luis Tudanca, plus-un (EOL)

Exil du rapport sexuel et pouvoir créatif, Ana Viganó (NEL)

Le sinthome et l’inexistence du rapport sexuel,

Cristiano Alves Pimenta (EBP)

La jouissance énigmatique, Guy Briole (ECF)

Il n’y en a pas, bien que… aïe, aïe, aïe !, Marisa Moretto (EOL)

XVI

« [Il] n’y a de responsabilité que sexuelle ».

Jacques Lacan

Présentation, Alejandro Reinoso, plus-un (NEL)

Se faire responsable de son ronron, Concha Lechón (ELP)

Opacités, Dolores Amden (EOL)

« Réponse à côté », Philip Dravers (NLS)

Responsabilité et habileté, Philippe Lacadée (ECF)

XVII

« J’ai été conduit par le rapport sexuel, c’est-à-dire par l’hystérie ».

Jacques Lacan

Présentation, Carmen Carceller, plus-un (ELP)

L’hystérie comme principe, Fabiana Chirino (NEL)

« Je n’y suis plus pour personne », Gloria Aksman (EOL)

L’hystérie et le rapport sexuel, Maria Inês Lamy (EBP)

« J’ai été conduit par le rapport sexuel, c’est-à-dire par l’hystérie »,

Sylvie Berkane Goumet (ECF)

XVIII

« [U]ne femme est un sinthome pour tout homme ».

Jacques Lacan

Présentation, Claudia Iddan, plus-un (NLS)

Tomber ensemble, Fabio Galimberti (SLP)

Symptôme, sinthome, Julia Solano (EBP)

Le courage du sinthome ?, Laure Naveau (ECF)

Le mystère du corps parlant est-il sexué ?, Nieves Soria (EOL)

XIX

« [L]’homme est pour une femme […] un ravage ».

Jacques Lacan

Présentation, Daniel Millas, plus-un (EOL)

Ravage et événement de corps, Andréa Reis Santos (EBP)

Modalités du ravage, Andrés Borderías (ELP)

Un partenaire qui va à ravir… ou à ravage, Bruno Alivon (ECF)

D’un amour dans sa propre contiguïté, Ramón Ochoa (NEL)

XX

« Il y a un sinthome il et un sinthome elle. […]

Le rapport sexuel est un rapport intersinthomatique ».

Jacques Lacan

Présentation, Jorge Assef, plus-un (EOL)

Les couleurs du sinthome, Alexandre Stevens (ECF)

Il y a et il n’y a pas, Markus Zöchmeister-Bénard (NLS)

Ce qu’il y a, c’est la différence, Paloma Larena (ELP)

Faire avec le non-rapport sexuel, Rocío Cid (ELP)

XXI

« La notion d’ensemble vide est ce qui convient au rapport sexuel. »

Jacques Lacan

Présentation, Shula Eldar, plus-un (ELP)

La lettre qui convient à l’ensemble du rapport sexuel,

Jessica Jara (NEL)

Ce qui convient à ce qui n’existe pas, Flávia Cêra (EBP)

L’ensemble vide est le lieu de l’inexistant, Luis Solano (ECF)

Le cercle carré et le rapport sexuel, Mónica Lax (EOL)

XXII

« Rien ne montre mieux l’absence du rapport sexuel

dans le réel que [le porno] ».

Jacques-Alain Miller

Présentation, Oscar Zack, plus-un (EOL)

Le porno… et le fantasme ?, Gladys Martínez (NEL)

De la contingence à l’impossible, Jean-Louis Gault (ECF)

La pornographie et le trou de la vérité, Laura Canedo (ELP)

Ça laisse une marque, Hamutal Shapira (NLS)


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Jean-Jacques Wunenburger : L’imagination géopoïétique. Espaces, images, sens

 Mimesis - Février 2026


L’espace est un emboitement de structures et de significations qui vont de l’immédiat au médiat, de l’abstrait au concret, du simple au complexe. Comment saisir ces dimensions de spatialités, comment accompagner leur déploiement et leur reconnaissance ? À partir des philosophies modernes et contemporaines, phénoménologie et herméneutique, entre autres, on peut établir que non seu¬lement le langage poétique de l’espace peut compléter le langage scientifique, mais qu’il peut même se révéler comme la relation première et indépassable de l’être-au-monde et le fondement d’une géopoïétique. La subjectivité est notre lieu naturel pour aborder l’espace, qui n’est pas seulement une catégorie extensive du dehors mais une catégorie extensive et intensive du dedans.

Jean-Jacques Wunenburger, professeur émérite de philosophie à l’université Jean Moulin Lyon3, il est auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’image, de l’imaginaire aux médias. Dans le sillage de Gaston Bachelard et de Gilbert Durand, il a déjà publié L’imaginaire (PUF) et Gaston Bachelard, poétique de l’espace (Mimésis). Il préside le Centre de recherches internationales sur l’imaginaire et l’Association internationale Gaston Bachelard.

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Marguerite Bordry, Flavia Crisanti, Alexandra Khaghani, Anna Sansa, Ambra Zorat (dir.) : "Di quella umile Italia". L'humilité dans la culture italienne du Moyen Age à nos jours

 Mimesis - Février 2026


Issu du latin humus, le terme « humilitéâ » désigne ce qui est bas, proche de la terre, et s’oppose à l’orgueil et à la vanité. Vertu chrétienne par excellence, elle trouve au XIIIe siècle un modèle inédit avec le franciscanisme, qui associe pauvreté, dépouillement et attention au vivant, influençant durablement l’art et la culture italienne, de Giotto à la littérature médiévale. De Dante à Auerbach, l’humilitas apparaît comme une voie vers la sublimitas. Mais l’humilité se sécularise aussi, traversant les siècles : Verga, Fo, Manzoni, Gramsci, Pasolini ou Morante l’érigent en outil critique, politique ou poétique, capable de donner voix aux oubliés, de repenser les hiérarchies et d’opposer au pouvoir institué une autre vision du monde. L’humilité, comme valeur spirituelle et geste de contestation, constitue-t-elle dès lors un trait distinctif de la culture italienne ?

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lundi 9 février 2026

Eric Dagiral : Quantified self

 Ecole des Mines - Février 2026


Dormir mieux, marcher davantage, manger plus sainement, optimiser sa productivité, surveiller son rythme cardiaque ou encore anticiper une maladie : les promesses du Quantified Self, ce mouvement qui valorise le recours aux données personnelles pour se connaître et se transformer, se sont diffusées bien au-delà de ses pionniers technophiles. À partir d'une enquête sociologique approfondie, ce livre propose une lecture critique de ces pratiques de quantification de soi. Que fait-on vraiment des données collectées ? Quels savoirs produit-on sur soi à travers capteurs, applications et tableaux de bord ? Quels régimes de vérité, de responsabilité et de normalité s'y construisent ? Entre quête de maîtrise de soi et injonctions à l'auto-optimisation, entre autonomie proclamée et pilotage algorithmique, le Quantified Self interroge en profondeur notre rapport au corps, à la santé, au temps, et à la performance.

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Camille Dejardin : Introduction à la pensée de Nietzsche

 Ellipses - Février 2026


De jeune philologue prometteur à « immoraliste » incompris de son vivant, Nietzsche a-t-il accompli son souhait de « couper l’histoire en deux » ? Sa pensée, servie par une plume brillante mais retorse, requiert d’être « ruminée » et fut sujette à des récupérations funestes. Aujourd’hui appréhendée plus indépendamment des idéologies, elle révèle une approche du réel radicalement anti-métaphysique qui tranche avec toute la tradition : plus d’Idées ni d’absolu chez Nietzsche, mais une réhabilitation des instincts, de l’évolution, du travail des affects et des conflits latents qui façonnent la vie. Plus de vérité, de norme éternelle ni même de concepts proprement dits, mais des valeurs qui reflètent des besoins vitaux autant qu’elles les entretiennent. Plus de certitudes, mais des problèmes qui transforment notre appréhension de l’existence, avec une dimension toujours interprétative et créatrice.
Ce nouveau livre sur Nietzsche, proposant plusieurs parcours de lecture, entend compléter ou précéder les études préexistantes en rendant accessibles les traits saillants de sa philosophie tout en s’attachant à démystifier les préjugés et les formules devenues des clichés. Car, si Nietzsche est célèbre, il n’en est pas moins souvent malmené. Or, se familiariser avec lui, c’est saisir quel tournant l’histoire intellectuelle a pris à la fin du XIXe siècle, ouvrant la voie à nos tours de pensée actuels sans pourtant perdre de sa puissance subversive. C’est aussi et surtout découvrir un monument de la philosophie, stimulant et souvent féroce, dont les idées iconoclastes ne peuvent que laisser leur lecteur transformé.

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Hélène Trespeuch : Kandinsky et l'image photographique. De la culture visuelle d'un artiste devenu pionnier de l'art abstrait

 Les Presses du Réel - Février 2026


Une étude inédite sur le rapport qu'a entretenu Vassily Kandinsky, pionnier de l'art abstrait, avec l'image photographique.Cet essai pose un nouveau regard sur Vassily Kandinsky : en explorant sa culture visuelle nourrie par l'image photographique, cette étude met en évidence certaines des interrogations et pratiques communes au monde de l'art de la première moitié du XXe siècle. S'appuyant sur des archives de l'artiste peu ou jamais étudiées, l'ouvrage propose également plusieurs traductions inédites en français.
S'interroger sur le rapport que ce pionnier de l'art abstrait a entretenu avec l'image photographique peut, de prime abord, sembler incongru : l'art non figuratif s'éloigne volontairement des formes du monde perçu alors que la photographie les enregistre. Pour autant, cet essai rappelle qu'un artiste, quelles que soient ses orientations plastiques, demeure attentif à son environnement. Kandinsky ne fait pas exception : il fut un artiste extrêmement curieux des images photographiques, notamment celles imprimées dans les magazines en plein essor dans l'entre-deux-guerres. Certes, il n'a été ni un grand photographe, ni un adepte de la modernité photographique, cependant il a envisagé avec une remarquable acuité la photographie comme un outil. Il a rêvé pendant un temps que celle-ci lui permette d'enregistrer des images de ses pensées picturales ; il l'a utilisée pour promouvoir son œuvre et diffuser ses conceptions artistiques ; il a en outre collecté de nombreuses images photographiques pour son enseignement au Bauhaus. Il était ainsi pleinement de son temps.

Hélène Trespeuch est professeure d'histoire de l'art contemporain à l'université Bordeaux-Montaigne. Ses travaux portent tout à la fois sur les mécanismes d'écriture de l'histoire de l'art, sur les images imprimées, sur l'exposition et son catalogue, etc. Elle a fondé et codirige la revue numérique exPosition. Elle est la commissaire associée de l'exposition Kandinsky face aux images au LaM (Villeneuve d'Ascq) en 2026, qui se fonde en partie sur ses recherches présentées dans Kandinsky et l'image photographique.

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Jean-Louis Chrétien : Fragilité

 Minuit - Février 2026


Les Grecs anciens, méditant la condition humaine, voyaient dans la faiblesse, le manque ou le dérobement de la force un de ses traits essentiels. Les Latins introduiront la fragilité, la possibilité de se briser, parfois tout à coup et de façon imprévisible. Ce « lieu commun » de notre compréhension de nous-mêmes parcourt tous les domaines, de la philosophie à la poésie, du roman à la peinture ou à l’histoire. Bien que nul ne l’ignore, chaque homme le découvre en acte avec une sorte de saisissement et d’effroi.
Ce livre en décrit d’abord les figures variées : le dénuement du nourrisson, les matières fragiles (verre, argile, bulle de savon), la fêlure invisible qui soudain produit la catastrophe, ou enfin la poétique des ruines.
Il y va dans un second temps du concept même de fragilité, de Sénèque à Kant en passant par saint Augustin, qui donnera à la fragilité un sens moral que la modernité tentera d’écarter.
Le livre s’achève sur la fragilité de la voix humaine, qu’un rien peut briser, qui pourtant dit le sens qui ne périt pas et que l’homme se transmet, en le renouvelant, d’une génération à l’autre.

Jean-Louis Chrétien est né en 1952 à Paris. Professeur de philosophie à la Sorbonne, il a publié entre 1985 et 2017 une trentaine d’ouvrages de philosophie, de théologie et de poésie. Il est mort en juin 2019.

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Denis Clerc : Les économistes non-conformistes en France au XIXe siècle

 Les Petits matins - Janvier 2026


Dans une France en pleine révolution industrielle, entre les chantres du libéralisme économique et les rêveurs d’utopies, une troisième voie a tenté de se frayer un chemin : celle des économistes non-conformistes. Ni marginaux ni dogmatiques, ils ont été les premiers à dénoncer la misère ouvrière, les journées de travail interminables et l’absence de protection sociale.
Ce livre retrace leur trajectoire, analyse leurs propositions et interroge les raisons de leur occultation. Exclus des sphères de pouvoir intellectuel et divisés entre eux, ces penseurs n’ont jamais pu constituer une véritable école. Pourtant, nombre de leurs idées – réduction du temps de travail, protection contre le chômage… – s’imposeront plusieurs décennies plus tard.
En revisitant ces figures méconnues – parmi lesquelles Jean de Sismondi et Louis Blanc, mais aussi une dizaine d’autres restées dans l’ombre –, cet ouvrage éclaire une histoire alternative de l’économie, guidée par une exigence de justice sociale et par la volonté de corriger les déséquilibres du capitalisme naissant.

Denis Clerc est le fondateur du magazine Alternatives économiques. Depuis de nombreuses années, il s'attache à rendre l'économie accessible à un large public, et défend une approche critique et engagée de la discipline.

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dimanche 8 février 2026

Emmanuel Carré : Avoir question à tout. Anthropologie communicationnelle d’une crise sanitaire

 L'Harmattan - Février 2026


Pourquoi avons-nous accepté de signer une auto-attestation pendant la crise sanitaire de 2020 ? Comment la peur s’est-elle propagée au point de justifier un conditionnement social sans précédent ? Comment comprendre l’enchaînement des décisions prises à l’échelle individuelle et collective qui continuent à marquer nos modes de communication ?
Emmanuel Carré propose une analyse communicationnelle rigoureuse de cette période en relisant les auteurs des sciences de l’information et de la communication, de la psychologie sociale et de l’anthropologie. Une préface documentée de Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, complète ce décryptage des processus systémiques à l’œuvre.
Avoir question à tout : une posture nécessaire pour comprendre les fondements et les enjeux de la communication et du pouvoir à l’ère numérique et pour cultiver un esprit critique plus que jamais nécessaire.

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Joëlle Hansel, Michel Olivier (dir.) : De Bergson à Levinas. Le "sens de l'humain"

 PU de Paris-Nanterre - Mars 2026


Le « sens de l’humain » est-il le thème autour duquel s’articulent les interrogations propres aux philosophes français du xxe siècle ? Est-il, pour eux, un point d’ancrage ou une pierre d’achoppement ? Telles sont les questions directrices de cet ouvrage collectif, fruit d’un dialogue entre des spécialistes européens, américains et israéliens de Levinas, Bergson, Lyotard, Jankélévitch, Sartre, Derrida, Foucault, Deleuze et Blanchot. Ils les abordent sous l’angle de la philosophie et de la phénoménologie, de l’anthropologie, du Talmud et de la philosophie juive, de la psychanalyse, de la littérature et de l’éthique du soin. La question du « sens de l’humain » fait aussi l’objet d’un entretien exclusif avec Corinne Enaudeau, fille de Lyotard et spécialiste de son œuvre.
Si Levinas et Jankélévitch ont affirmé, au nom de l’éthique, le primat du « sens de l’humain », ce privilège a été contesté par Derrida, Foucault et Deleuze. Comme Sartre et Lyotard, ils lui ont opposé les conditions extérieures qui pèsent sur l’humain. Faut-il pour autant accepter la fin ainsi proclamée de l’humanisme face au spectacle de l’inhumain ? Penser le « sens de l’humain » en un xxe siècle qui fut marqué par des tragédies sans nom, n’est-ce pas faire la part du « dés-humain » et de « l’in-humain » ?

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Claudel Madéni, Quérini Nicolas, Landenne Quentin, Frémont Matthieu (dir.) : Bildung: Figures d'un idéal moderne intempestif

‎ Publications des Facultés universitaires Saint-Louis - Février 2026


Alors que les études portant sur la Bildung abordent d’ordinaire isolément les théories des auteurs de cette période, il convient aujourd’hui d’entreprendre une comparaison systématique des philosophies de la Bildung dans la philosophie classique allemande (Herder, Mendelssohn, Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Schiller, Schleiermacher, Goethe, Humboldt) qui puisse se construire autour de différents axes thématiques, où s’expriment des tensions entre des pôles opposés portant sur sa vocation émancipatrice et les modalités de sa fonction transformatrice. Mais outre ce travail de reconstruction historique et systématique, il faut aussi pouvoir montrer jusqu’à quel point l’idéal moderne de la Bildung est encore actuel dans ses ressources conceptuelles et normatives, d’une part en le mettant à l’épreuve des reprises critiques dont il a pu faire l’objet depuis la fin du XIXe siècle, et d’autre part en le confrontant à certains enjeux politico-éducatifs contemporains. Ce qu’il faudra interroger et problématiser, c’est plus généralement le sens même de l’inactualité inévitable et tout à la fois d’une actualité possible d’une idée philosophique qui s’est développée dans une époque et un contexte qui ne sont plus les nôtres et qui pourtant continue à faire sentir son influence, sa pertinence et ses effets dans les représentations, les discours et les pratiques. C’est à ce double travail de reconstruction historico-systématique de la philosophie moderne de la Bildung et de mise à l’épreuve de sa pertinence actuelle que se consacre le volume intitulé « Bildung. Figures d’un idéal moderne et intempestif. / Bildung. Figures of a Modern and Inactual Ideal ».

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Jacques Derrida : Le monolinguisme de l'autre

 Gallimard - Février 2026 - Folio essais


« Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne. » C’est par cet aveu déconcertant que Jacques Derrida ouvre Le monolinguisme de l’autre. Livre hybride, il renferme à la fois un essai de philosophie du langage et un témoignage de l’auteur sur l’acculturation qu’il a vécue durant son enfance en Algérie française.
Dans ce récit, Derrida fait état des facteurs psychologiques parfois contradictoires dont est investi le sujet colonisé, tiraillé entre le désir de renouer avec une langue d’origine « perdue » et l’ambition de maîtriser celle du colonisateur. En comparant sa trajectoire avec celles d’autres penseurs bilingues, notamment ashkénazes, il met également au jour la singularité culturelle, linguistique et historique de la diaspora juive sépharade.
Retraçant la construction de son identité par le langage, Derrida revient par la même occasion sur un passé colonial que la France peine à exorciser, et offre un texte d’une rare fécondité sur les questions de l’occidentalisme, de l’ethnocentrisme et de la décolonisation.

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Vivek Chibber : La matrice des classes sociales. La théorie sociale après le "tournant culturel"

 Agone - Février 2026


Suivant la logique du marxisme classique, on devait conclure que l'organisation de la classe ouvrière depuis le XIXe siècle conduirait inexorablement au renversement du système capitaliste. Pourquoi cela ne s'est-il pas produit ? Comment le capitalisme survit-il ? Qu'est-ce qui limite l'existence d'une résistance collective ? Selon les penseurs critiques de l'après-guerre, la théorie matérialiste des classes n'avait pas les moyens de répondre à la question. Dans les années 1970, le « tournant culturel » a inversé la perspective marxiste : pour expliquer et prédire les comportements des acteurs sociaux, cette nouvelle théorie impute un pouvoir bien plus important à la culture, au langage et à l'identité (la « superstructure ») qu'à la structure sociale (l'« infrastructure »). Si nous avons gagné quelques éléments de réponse théorique, nous n'avons pas gagné en réponse pratique, c'est-à-dire en termes de lutte contre la domination du capital à l'heure de l'anthropocène. Face au néolibéralisme mondialisé, qui creuse les inégalités en matière de richesse et de pouvoir, Vivek Chibber est convaincu qu’il faut revitaliser les réflexions matérialistes négligées par le « tournant culturel », mais dont il faut tenir compte des acquis. Chibber s'engage donc dans une fusion des bases du matérialisme et des idées les plus fécondes de la théorie culturelle. Il apporte ainsi une pierre essentielle à la théorie sociale en montrant qu'il est possible d'intégrer les principaux arguments du tournant culturel dans un cadre matérialiste solide. Tout en montrant qu’est possible une théorie de la structure et de la constitution en classe qui repose sur des fondements « matérialistes » identifiables, Chibber montre comment la culture joue un rôle central dans de nombreuses sphères pour étudier ces questions. Il revient ainsi sur les notions d'« agentivité sociale » et de « contingence » pour tester ce qui résiste de l’universalité des propriétés structurelles du capitalisme. Ainsi, plutôt que d'opposer les courants qui ont permis d'analyser les rapports de domination de la société capitaliste, Chibber en tire le meilleur.

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César Chesnau Du Marsais : Le Philosophe, et autres textes philosophiques clandestins

 Hypatia Logoi - Février 2026


César Chesnau Du Marsais [1676-1756], philosophe matérialiste, et prolifique collaborateur de l’Encyclopédie de Denis Diderot, compte parmi les premiers penseurs radicaux des Lumières. Son œuvre, qui touche à la fois à la grammaire et à la philosophie, a joué un rôle important au siècle des Lumières. Malgré cela, il n’existe à ce jour aucune monographie consacrée à ce penseur, et ses œuvres, notamment ses écrits philosophiques clandestins, restent méconnus.

Sont ici rassemblés :Le Philosophe, œuvre clandestine très prisée à l’époque, et qui a été réutilisé dans l’Encyclopédie pour l’article devant présenter au monde le portrait idéal de l’homme éclairé.
Les Réflexions sur l’existence de l’âme et sur l’existence de Dieu soulèvent quelques objections contre l’existence d’une âme distincte du corps et d’un Dieu transcendant.
L’Analyse de la Religion Chrétienne est une œuvre inspirée par la critique biblique de Spinoza et qui tente de montrer le peu de crédit que l’on doit accorder aux Écritures.
De la Raison est une courte synthèse sur la doctrine empiriste de la connaissance telle que la concevait le philosophe grammairien.
Les articles de l’Encyclopédie (Éducation, Caractère, Expérience, Abstraction) offrent quelques aspects de la conception de la connaissance et du langage chez Du Marsais.

Cette édition est accompagnée d’annotations, d’une bibliographie, et d’une introduction consacrée à l’œuvre et à la doctrine de César Chesnau Du Marsais, permettant d’inscrire son œuvre dans les débats de son temps.

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