Gallimard - Janvier 2026 - Folio essais
L’homme est bon à l’état de nature, c’est la société qui le corrompt. Telle est la grande idée de Rousseau. Et si l’homme était bon à l’état de nature, c’est parce qu’il était seul et solitaire. Ce qui le corrompt dans la société, c’est le regard des autres.
D’où cette impasse : l’état de nature est impossible (et peut-être n’a jamais existé), mais il serait préférable ; l’état de société est bien réel, mais il est décevant. Deux solutions s’offrent donc : soit devenir pleinement et uniquement citoyen, au risque de dénaturer l’homme – c’est la voie explorée dans Du contrat social ; soit devenir individu solitaire, au prix de la sociabilité – voie explorée dans Les Confessions et Les Rêveries. Or, Rousseau ne suggère-t-il pas luimême une voie médiane, notamment dans l’Émile ? une issue qui promettrait un « frêle bonheur », mais un bonheur tout de même ?
Avec une éblouissante hauteur de vue, Tzvetan Todorov livre ici une incomparable introduction à une œuvre protéiforme, mettant au jour sa grande cohérence et explicitant les réponses que Rousseau a apportées aux grands problèmes qui se posent à la condition humaine.
Né en 1939 à Sofia et décédé en 2017, critique littéraire, philosophe et historien des idées, Tzvetan Todorov est, avec Roland Barthes, l'un des représentants du structuralisme. Il est l'auteur de plus de trente livres, dont Théorie de la littérature, textes des formalistes russes (Le Seuil, 1965), Mémoire du mal, tentation du bien (Robert Laffont, 2000), Les Aventuriers de l'absolu (Robert Laffont, 2006) ou encore Le Triomphe de l'artiste (Flammarion, 2017). Il a reçu plusieurs prix pour l'ensemble de son oeuvre.
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