lundi 26 septembre 2022

Alain Milon : La philosophie de Francis Ponge. La révolte des choses contre les mots

 Hermann - Septembre 2022


Francis Ponge, souvent qualifié de poète des choses ordinaires, écrit sur la chèvre, le savon, le crottin… Il tente ainsi, hors de tout procédé rhétorique et de toute technique poétique, d’entrer dans les choses comme telles ou telles qu’elles sont. Mais ce « telles qu’elles sont », souvent nous en faisons un « telles qu’elles nous paraissent être » à nous-mêmes, nous qui ne savons pas réellement rendre compte de la part sensible des choses. Comment comprendre alors cette immersion dans un univers sensible que l’on sait par avance hors des choses ? Cette immersion s’inscrit-elle dans une lecture philosophique de la réalité, une sorte de réduction phénoménologique merleau-pontienne, ou dans une vision naturaliste du monde faisant de la nature un principe fondamental, à la manière de la religion naturelle de Diderot ou de l’écriture naturaliste de Zola ? Francis Ponge écrit-il pour montrer les lacunes du langage courant, ou au contraire pour mettre en place un autre langage ? Écrit-il ou est-il dans une tentative d’écriture comme tous ces écrivains, tels Sarraute, Blanchot ou Beckett, qui résistent à l’écriture en écrivant ?

Alain Milon est professeur de philosophie des Universités à l’Université Paris Nanterre et membre senior de l’Institut Universitaire de France. Spécialiste de Maurice Blanchot, il travaille sur la question de l’acte de nomination et le corps de la langue à partir d’une étude croisée de la philosophie et de la littérature contemporaines. Ses recherches portent essentiellement sur la question de la relégation et la figure de l’étranger dans la langue et dans la communauté.

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dimanche 25 septembre 2022

Olivier Boulnois : Le désir de vérité. Vie et destin de la théologie comme science, d'Aristote à Galilée

 PUF - Octobre 2022 - Epiméthée


Comment la « science théologique », qui accomplissait par excellence le désir de savoir et constituait le sommet de la métaphysique d'Aristote, a-t-elle intégré dans un système rationnel (le néoplatonisme) les symboles et les rites du polythéisme grec ? Comment, chez les stoïciens, la théologie physique (philosophique) a-t-elle appris à rendre compte des rites de la théologie politique et des symboles de la théologie mythique ? Comment le christianisme s'est-il emparé du projet, au point de construire à son tour une rationalité discursive à partir des images et des récits contradictoires de l'Écriture ? Comment, en terre d'islam, la théologie métaphysique s'est-elle alliée à la théologie politique pour régler l'interprétation des mythes et rejeter l'apologétique religieuse ? Comment et pourquoi la théologie mystique et la théologie symbolique ont-elles été refoulées hors du champ de la théologie spéculative ? Enfin, comment et pourquoi, à partir de Galilée, la théologie a-t-elle cessé d'être la science suprême, et dû reconnaître l'autonomie critique de la science ? ― Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage s'efforce de répondre.

Olivier BOULNOIS est directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses travaux portent principalement sur la philosophie médiévale et la métaphysique. Il a publié une dizaine d'ouvrages dont, aux Puf, Métaphysiques rebelles (2013) et Etre et représentation (2e éd. 2014). Il a reçu en 2008 le prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.

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Jean Luc Viaux : Les incestes. Clinique d'un crime contre l'humanisation

Erès - Septembre 2022 


Cet ouvrage entend renouveler le regard sur l’inceste : L’inceste est un crime contre la famille et l’humanisation autant qu’un crime sexuel. À partir de nombreux exemples cliniques recueillis en quarante ans de pratique, l’auteur décrit les différentes configurations familiales menant à l’inceste et son effet de déshumanisation.
À partir de nombreux exemples cliniques recueillis en quarante ans de pratique, Jean Luc Viaux entend renouveler le regard sur l’inceste ou plus exactement les incestes, car il n’est pas une seule façon de fabriquer une famille incestueuse. L’inceste n’est pas qu’un crime sexuel. C’est un crime généalogique qui attaque la filiation en créant des liens innommables.
Revenant sur l’inceste père-fille dit « paradigmatique », l’auteur apporte une analyse des multiples configurations familiales construisant les incestes des pères, des mères, des fratries, etc., et leurs effets de déshumanisation. Le traumatisme de l’inceste ne se réduit pas aux seuls symptômes cliniques, c’est aussi un meurtre psychique par destruction des repères.
Les mouvements sociétaux récents, qui permettent que l’on entende la parole des victimes, ont engendré une frénésie législative pénale (quatre lois en cinq ans !). Or on ne peut combattre par la seule force répressive une problématique plurimillénaire et surtout solidement ancrée dans nos inconscients individuels et collectifs. Avant d’énoncer des réponses pour entendre/traiter/punir, il est important de s’interroger sur ce qu’il y a de plus troublant : pourquoi ce crime universellement réprimé continue de se perpétrer sur des millions d’êtres humains ?

Jean Luc Viaux est docteur en psychologie, professeur des Universités, expert honoraire, enseignant en psychologie légale.

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samedi 24 septembre 2022

Cités n° 2022/3 - N° 91 : La causalité diabolique : nouvelles figures

 PUF - Septembre 2022


Page 3 à 6 : Yves Charles Zarka - Éditorial | Page 9 à 19 : Virginie Tournay - Présentation | Page 21 à 34 : Gérald Bronner - L’anthropophobie : l’humain comme figure du mal contemporain | Page 35 à 46 : Jacques de Saint-Victor - « Le Mal blasphémateur » et le retour de l’éloge de la censure | Page 47 à 62 : Guy Saez - Diabolisation et dédiabolisation des cultures populaires | Page 63 à 74 : Virginie Tournay - La plume du diable et les écarts de la nature | Page 75 à 88 : Janine Mossuz-Lavau - Le diable au corps | Page 89 à 98 : Virginie Tournay et Guy Saez - Entretien avec un prêtre exorciste | Page 99 à 112 : Renée Fregosi - Ces réactionnaires du diable ou le retour des religions séculières | Page 113 à 120 : Pascal Perrineau - La logique du bouc émissaire en politique : usages et mésusages de la notion d’anti-fascisme | Page 121 à 137 : Avishag Zafrani - La diabolisation des Juifs : fonction d’une fiction | Page 139 à 154 : Valérie Kokoszka - Les deux sens du califat et la conversion du monde | Page 155 à 174 : Éric Marty - Jacques Lacan et la question de l’écriture | Page 175 à 179 : Jean-Pierre Cléro - Roger-Pol Droit et Claude Jeandel (dir.), Vie bonne et grand âge, Paris, Puf, 2021 | Page 181 à 183 : Marie-Anne Lescourret - Massimo Cacciari, Enfanter Dieu, trad. fr. J. Malherbe-Galy et J.-L. Nardone, Paris, Éditions de l’Éclat, 2022.

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Michael Löwy : La théorie de la révolution chez le jeune Marx

 Les éditions sociales - Septembre 2022


Classique de la pensée marxiste, traduit dans de nombreuses langues et épuisé depuis plusieurs années en France, ce livre est un essai d'analyse marxiste de la pensée du jeune Marx. Michael Löwy, spécialiste mondialement reconnu des études sur Marx, n'étudie pas cette pensée comme un tout abstrait, statique et homogène mais comme un itinéraire politico-philosophique qui mène Marx du néo-hégélianisme de gauche à la théorie de la révolution communiste (des années 1842 à 1847, moment de la publication du Manifeste communiste). L'auteur montre les rapports complexes entre l'évolution philosophique et la radicalisation politique du jeune Marx et leur aboutissement dans le fondement de la théorie de l'auto-émancipation révolutionnaire du prolétariat.

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vendredi 23 septembre 2022

Jeanyves Guérin : Albert Camus, La Peste et le coronavirus. Contribution à des humanités citoyennes

 Champion - Septembre 2022


Dès que le coronavirus appelé aussi covid-19 s’est installé dans toute la planète, les journalistes un peu partout ont relu et fait lire ou relire La Peste. Camus avait pensé son roman sous l’Occupation. Il l’a publié en 1947. Soixante-quinze ans ont passé. Ce qu’on a interprété justement comme un roman antitotalitaire est devenu aussi un récit épidémique où il est question de contagion et d’immunité. Le lecteur d’aujourd’hui croit qu’il évoque l’événement contemporain. Alors que les sociétés ont changé, il retrouve les tergiversations et improvisations des autorités, les restrictions imposées et acceptées, le couvre-feu, la quarantaine, la pérennisation des mesures commandées par l’urgence, le poids des chiffres, le dévouement des soignants, les égoïsmes et les peurs, l’évolution des comportements, les effets inégalitaires sur la société, le jeu des médias, le retour longtemps attendu à une vie normale... L’auteur en appelle à la vigilance éthique et civique et à un travail de mémoire. Il dit aussi la nécessité de réformes car les pandémies ont des causes et peuvent revenir. La lutte contre les fléaux est à recommencer sans cesse.

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jeudi 22 septembre 2022

Nilufer Gole, Richard Rechtman, Sandra Laugier, Yves Cohen : Revendiquer l'espace public

 CNRS - Septembre 2022


Maïdan, Tahrir, Gezi, Occupy Walt Street, Nuit debout... Les mouvements des places qui ont émergé au cours des années 2010 dans différentes parties du monde ont rénové l'espace public et signalent une nouvelle manière de faire de la politique. À chaque fois, des individus de tout horizon se réunissent pour résister aux pouvoirs en place, proclamer leur présence sans mettre en avant de leader, partager des émotions, expérimenter " sur place " une nouvelle convivialité et célébrer leur diversité. Ces citoyens s'emparent des questions d'intérêt général afin de peser concrètement sur le bien commun. La démocratie semble réalisable, ici et maintenant.
Comment saisir la signification de ces mouvements ? Annoncent-ils véritablement une nouvelle ère politique ? Ou bien ne sont-ils que des épiphénomènes isolés ? Jusqu'ici, il se sont " naturellement " essoufflés, ou ont été étouffés par une violente répression. Ne représentent-ils qu'un rêve éphémère ? Rien n'est moins sûr. Les effets de certains perdurent même après leur extinction, comme dans le cas de Maïdan. Surtout, ils mettent en lumière une tendance de fond : la rencontre verticale désormais impossible entre une société hétérogène qui revendique un espace bien réel, et un pouvoir politique national renonçant à sa capacité d'action face aux problèmes d'ordre planétaire que sont la crise financière, la dévastation environnementale, l'expansion du terrorisme ou la pauvreté croissante.
L'aspiration portée par ces occupations de la place publique a encore de beaux jours devant elle.

Nilüfer Göle est sociologue, Richard Rechtman est anthropologue, Sandra Laugier est philosophe et Yves Cohen est historien.

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Laurent Van Eynde : Deja vu. Essai sur le retard de la création au cinéma

 Vrin - Septembre 2022


Ce livre explore quelques-unes des formes selon lesquelles la mélancolie devient moteur de l’acte de création artistique. Le cinéma hollywoodien, qui assume pleinement son statut d’art industriel, est le terrain choisi pour cette exploration. L’histoire du cinéma, brève pourtant, est l’une des plus discontinues qui soit, traversée de ruptures formelles, techniques et esthétiques. Ainsi, la création cinématographique est-elle tout particulièrement dépendante d’une historicité heurtée qui la confronte sans cesse au fait d’être dans un « après » – après une forme, un enjeu, une invention, un genre qui s’effacent mélancoliquement. Il s’agit donc de penser le cinéma comme lieu où la création s’assume comme recréation, dans la répétition d’une origine perdue et pourtant encore si prégnante. <br/>L’auteur analyse des films de William Dieterle, Alfred Hitchcock, Billy Wilder, Brian De Palma et enfin Damien Chazelle.

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Ghislain Casas : La dépolitisation du monde. Angélologie médiévale et modernité

 Vrin - Septembre 2022


La modernité – politique et scientifique – n’est pas née d’un geste de rupture avec le Moyen Âge. L’État et la science modernes peuvent en effet être envisagés comme les conséquences lointaines d’une contradiction logée au cœur de la théologie scolastique. Ce livre raconte l’histoire de cette double genèse en faisant remonter l’idée foucaldienne d’une « dégouvernementalisation du cosmos » du XVIIe au XIIIe siècle. Pour cela, il prend pour objet les débats qui ont animé l’angélologie médiévale au sujet des « anges-moteurs » et s’intéresse à la tentative échouée des Médiévaux pour accorder le concept théologico-politique de hiérarchie à la question cosmologique du mouvement des cieux. Cette étude ne cherche toutefois pas principalement à antidater de quelques siècles l’émergence de la modernité. Il s’agit de présenter les matériaux historiques indispensables à la compréhension du hiatus entre la politique et le monde, que notre époque cherche à surmonter sans y parvenir encore.

Ghislain Casas est agrégé et docteur en philosophie (EPHE-EHESS).

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Gérard Pommier : Mon aventure avec Lacan

 Galilée - Septembre 2022


"J’ai raconté d’abord comment cela s’est passé sur ce divan, alors qu’en même temps, debout et les pieds sur terre, se déroulait l’histoire de ceux qui écoutaient Lacan. Ma mémoire m’a guidé, avec la plasticité qu’elle imprime aux événements. Elle s’appuie sur des visages, des moments suspendus, des émotions la distorde et l’ordonne. Elle ne vaut pas plus que ça, et donc elle vaut beaucoup.
Quand je me suis assis devant le papier blanc, longtemps plus tard, j’ai d’abord noté ce que j’avais retenu de mon analyse – selon la luminosité des souvenirs les plus marquants. Puis, au fur et à mesure que je me les remémorais – même de petits fragments – dès qu’ils étaient couchés sur le papier, d’autres réminiscences émergèrent toujours plus nombreuses. Elles apparurent entre les lignes de ce que j’écrivais, selon les couleurs de mes stylos : bleu, vert, noir – beaucoup de rouge. Elles remontaient à la surface du papier blanc, comme du fond d’une pièce d’eau, à contrecourant du quotidien qui oublie le passé pour accueillir le présent.
Et puis mon aventure avec Lacan ne s’arrêta pas à l’heure de son décès. Elle continue jusqu’à aujourd’hui dans une sorte de monde parallèle. Il ne s’agit pas tant d’idées ou de réflexions théoriques, que d’images qui ne sont pas virtuelles : elles ont le visage, l’habit, le geste de l’homme au cigare torsadé. Par en dessous, par en dessus, par le travers et souvent vent debout, je continue de naviguer en me souvenant d’un style, d’une poésie, d’un geste plutôt que d’une pensée. Car pour moi du moins, si Lacan survit, c’est grâce à sa poésie de grand Aède au verbe étincelant, qui métamorphosa la pâle psychothérapie réglementée des héritiers de Freud en une pratique si inspirée que l’on peut à peine la qualifier de « clinique »." JP

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mercredi 21 septembre 2022

Stéphanie Cudré Mauroux et Marta Sábado Novau (éds.) : Correspondance de Georges Poulet et Jean-Pierre Richard

Slatkine - Septembre 2022


La correspondance Georges Poulet – Jean-Pierre Richard se déploie sur près de quarante ans. Bien plus que le seul témoignage d’une vive amitié intellectuelle, ces échanges racontent aussi une période clé de l’histoire littéraire en France, celle de la « nouvelle critique ». Ils constituent en outre un point de vue privilégié et nouveau pour la connaissance des œuvres de Poulet et Richard.
Le souhait de voir publier ces lettres remonte à 1981 lors de la parution de la correspondance entre Georges Poulet et Marcel Raymond. Poulet relit alors dans un même élan les lettres de son ami Jean-Pierre Richard, et les trouve magnifiques : « elles sont, lui écrit-il, non seulement dans leur rapport avec leur destinataire, mais en elles-mêmes, d’une richesse exceptionnelle. Elles vous font honneur, elles vous révèlent, et c’est à mes yeux, le motif essentiel de les publier. » Dans la lettre suivante, Georges Poulet exprime le désir « si ingénu ou déraisonnable » puisse-t-il sembler, « que dans un avenir mal déterminé, en quelque niche des histoires littéraires, réservée peut-être au développement et aux aléas de la “critique” dans la seconde moitié du XXe siècle, il nous soit alloué (près de quelques amis que nous n’avons même pas besoin de nommer) des places très voisines l’une de l’autre, où, en partie, grâce au témoignage de ces lettres, alors publiées, apparaîtrait plus évidemment ce qui nous unit. » Ce vœu est désormais exaucé.

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Jean-Paul Frick : Le Concept d'organisation chez Saint-Simon

 Classiques Garnier - Septembre 2022


À l'heure où certains responsables politiques invoquent avec légèreté une filiation avec Saint-Simon (1760-1825), l'ouvrage de Jean-Paul Frick s'avère être un texte rigoureux, indispensable pour saisir le contenu philosophique de l'oeuvre d'un des grands penseurs dits utopistes. C'est le coeur même de son système de pensée qui est mis à jour, au travers du concept d'organisation, partant des sciences naturelles pour aboutir à la définition de la science de l'homme. Apparaissent alors la signification de l'industrialisme saint-simonien, mais aussi une nouvelle définition du politique en rapport avec le républicanisme. C'est la possibilité́ d'une religion terrestre émancipatrice non contradictoire avec la science sociale qui est dégagée.

Jean-Paul Frick (1939-1991) a été professeur de philosophie à l'université de Nancy. Il a soutenu sa thèse consacrée à Saint-Simon à Sorbonne Université en 1981. Il a collaboré à la traduction des Principes de philosophie du droit de Hegel (Paris, 1982) et publié un ouvrage sur Comte : Auguste Comte ou la République positive (Nancy, 1991). Il est également l'auteur de plusieurs articles sur Comte, Condorcet, Saint-Simon et Say.

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Michel Agier : La peur des autres. Essai sur l'indésirabilité

 Rivages - Septembre 2022

La peur des autres – proches ou lointains – se transforme en repli sur soi, souvent en mépris, rejet. Plus encore, elle fonde des politiques. C’est ainsi que naît l’indésirable, image spectrale et effrayante de celle ou celui qui peut être chassé à la frontière, nationale ou urbaine, voire abandonné à la mort.
Il n’y a pas de compromis possible avec ces politiques de la peur et de la haine des autres. Une autre description du monde, un autre horizon des possibles et d’autres imaginaires sont nécessaires pour redonner à chacun et chacune le sens et le courage de la vie commune.

Michel Agier est anthropologue, directeur de recherches à l'Institut de Recherche pour le Développement et directeur d'études à l'EHESS. De 2005 à 2009, il a coordonné ASILES, un vaste de programme de recherches sur les réfugiés, migrants et "clandestins" dans le monde.

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mardi 20 septembre 2022

Étienne de la Boétie : Discours de la servitude volontaire (nouvelle édition, annotée et commentée)

 Klincksieck - Septembre 2022


Texte établi par Malcolm Smith, annoté par Malcolm Smith et Michel Magnien. Transcription par Charles Teste.

Avec des textes de Miguel Abensour, Arlette Jouanna, Francine Markovits et André Pessel, Pascal Quignard et James C. Scott

Penseur météorique, auteur d’une hypothèse aussi subversive que scandaleuse, Étienne de La Boétie est âgé de dix-huit ans lorsqu’il écrit un texte que son ami Montaigne intitulera plus tard Discours de la servitude volontaire et auquel les calvinistes donneront le titre régicide de Contre Un.

L’hypothèse de la « servitude volontaire » inaugure une des enquêtes les plus vertigineuses sur la domination puisqu’elle interroge le « vice monstrueux » conduisant les dominés à consentir à leur servitude, et même à combattre pour elle. Selon un mouvement d’analyse inconnu jusqu’alors, La Boétie questionne la capture dangereuse du désir par le nom d’Un et ouvre le passage du psychique au politique. Interrogation intempestive de notre rapport au politique, médiateur de la dimension d’énigme de la domination, le Discours de la servitude volontaire n’a jamais cessé d’ouvrir et de déplacer le périmètre de sa réception.

Le parti pris de cette édition est de croiser l’interprétation d’une historienne (Arlette Jouanna) avec celles d’un anthropologue (James C. Scott), d’un écrivain (Pascal Quignard) et de trois philosophes (Miguel Abensour, André Pessel et Francine Markovits) pour que l’entrée dans la lecture suive une découpe pluridisciplinaire, prometteuse de nouvelles lumières.

Table des matières

Notice éditoriale

Arlette Jouanna, Liberté et obéissance
André Pessel et Francine Markovits, L’ouvroir de la tyrannie

LE DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE
Manuscrit de Mesmes
Transcription

James C. Scott, Une part non négligeable de la résistance consiste à simuler la servitude volontaire. « Ce n’est quand même pas à toi que je vais apprendre ça, Étienne ! »

Pascal Quignard, Lettre sur La Boétie. Sur la dépendance passionnée de l’âme à sa parole

Miguel Abensour, Lettre et notes inédites sur La Boétie
Du bon usage de l’hypothèse de la servitude volontaire
Spinoza et l’épineuse question de la servitude volontaire


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Gilbert Hottois : La science-fiction. Une introduction historique et philosophique

 Vrin - Septembre 2022


« Pour Gilbert Hottois, la science-fiction nous aide à penser le futur en confrontant le lecteur à tous les avenirs imaginables. Pétrie de fantasmes et de spéculations transhumanistes, la science-fiction est un lieu idéal pour tester symboliquement les limites de l’humain. La grande science-fiction – de Stapledon à Egan, Banks ou Benford, en passant par Clarke, Lem et quelques autres – conduit de façon passionnante au seuil des singularités. Toutes les merveilles et toutes les abominations sont là, écrites : toutes les utopies, toutes les apocalypses, toutes les transfigurations et tous les anéantissements, tous les progrès et toutes les régressions… La rhétorique de la science-fiction dit que l’espèce humaine peut errer et s’autodétruire ou être victime d’un cataclysme cosmique, mais aussi poursuivre indéfiniment l’exploration et l’invention de soi-même et de l’univers. » (Jean-Noël Missa, préface)

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Guillaume Moussard : Histoires de calcul infinitésimal. De l'étude des courbes aux dérivées et aux intégrales

 Ellipses - Septembre 2022


Comment sont apparues, dans l’histoire, les notions de fonction, de dérivée ou encore d’intégrale, qui sont aujourd’hui à la base de tout enseignement élémentaire de l’analyse ? En déjouant nos représentations a priori, les neufs auteurs de ce livre, à la fois enseignants et chercheurs en histoire des mathématiques, donnent à voir au long de dix chapitres comment ces notions ont progressivement été élaborées et raffinées, du XVIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, de l’étude des courbes et des surfaces à la construction des théories de l’intégration.

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lundi 19 septembre 2022

Annabelle Bonnet : La barbe ne fait pas le philosophe. Les femmes et la philosophie en France (1880-1949)

 CNRS éditions - Septembre 2022


" Femme, être incomplet et condamné à une éternelle enfance, tu prétends t'élever à la philosophie ! Quel aveuglement est le tien ? " Les mots de Victor Cousin, personnage clé de l'institutionnalisation de la philosophie en France au XIXe siècle, donnent le ton. La IIIe République perpétue cette politique d'exclusion : tandis que la philosophie est élevée au rang de couronnement des études secondaires et de pratique culturelle républicaine par excellence, chargée de suppléer la religion dans l'organisation morale de la société, elle se trouve exclue par la loi des cours prodigués aux jeunes filles.
Qu'est-ce donc qu'être philosophe en France entre 1880 et 1949 ? C'est d'abord et avant tout porter une barbe : être un homme. Pourtant, Plutarque défiait déjà quiconque de mesurer la sagesse du penseur à la longueur de son poil... Cette situation n'est pas sans susciter des rébellions, des transgressions, parfois des travestissements – et, ainsi, des évolutions.
Mêlant combats individuels et collectifs, cette enquête novatrice révèle un pan de l'histoire des femmes aux XIXe et XXe siècles et fait ressortir une galerie de femmes philosophes qui s'affirment en dépit des obstacles : de Jenny d'Héricourt et Julie Favre jusqu'à Dina Dreyfus et Simone de Beauvoir, en passant par Jeanne Crouzet, Julie Hasdeu, Clémence Royer, Jeanne Baudry, Léontine Zanta, Alice Steriad,
Lucy Prenant, Hélène Metzger, Renée Déjean, Yvonne Picard,
Simone Weil ou Marguerite Buffard Flavien.

Sociologue et philosophe, Annabelle Bonnet est chercheuse associée au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS).

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C.RIQUIER ET C.BOBANT (dir.) Donner lieu Conférences et débats sur la cosmologie phénoménologique de Renaud Barbaras

Les éditions des Compagnons d’humanité - Septembre 2022


Dans son dernier ouvrage, L’Appartenance. Vers une cosmologie phénoménologique, Renaud Barbaras propose de considérer, pour la première fois, l’appartenance au monde comme le sens d’être de tout étant, y compris des consciences auxquelles celui-là paraît. En conférant à l’appartenance le statut de fait primitif ou de phénomène originaire, l’auteur la comprend comme la modalité d’être véritable de la corporéité et non plus comme ce qui en procéderait : c’est, non pas parce que nous avons un corps que nous appartenons au monde mais, bien plutôt, dans la mesure où nous appartenons au monde que nous avons un corps. Une telle perspective ne saurait être sans retentissement sur le statut de ce monde dont tout étant fait partie. Il ne peut être le sol véritable de l’étant qu’en tant qu’il en est la source, cette puissance originaire dont tout mouvement procède, de sorte qu’il donne lieu à sa propre phénoménalisation. La philosophie de l’appartenance débouche donc sur une cosmologie phénoménologique pour laquelle la présence du monde dans l’étant est nécessairement présence du monde à l’étant. Ainsi, en envisageant l’appartenance d’une façon renouvelée, l’auteur produit vis-à-vis du dispositif mis en œuvre dans ses ouvrages précédents un déplacement à la fois infime et considérable. La radicalité et la systématicité de l’entreprise exigeaient bien tout un livre pour en parler, en déplier les nombreuses chicanes et donner à lire les échanges entre Renaud Barbaras et toute une génération de phénoménologues formée à son contact.

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