jeudi 8 janvier 2026

A contrario, n° 37 : Le Malentendu/L’Inattendu (dir. Federico Bravo)

 A contrario - Janvier 2026


Le malentendu n’est ni nécessairement, ni même principalement, un concept linguistique : il relève d’un acte d’interprétation qui, autant que sur la parole, peut porter sur des faits, sur des croyances, sur des représentations du monde. C’est ainsi qu’on parle des malentendus de l’histoire ou de malentendus culturels, religieux, sociaux, politiques, etc. Plus loin encore, contrairement à ce que laisse penser sa définition lexicographique, le malentendu n’est pas toujours un « entendu » : dans le domaine des arts visuels, par exemple, il pourrait avoir pour corrélat la figure du « mal-vu ». Par extension, le malentendu englobe toute divergence interprétative, quelle que soit la visée de l’acte d’interprétation, et pose ainsi crucialement la question du sens, de sa construction et, surtout, de sa déconstruction.

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mardi 6 janvier 2026

Patrice Foutakis : Hommage à la mort

 L'Harmattan - Décembre 2025


Deux films, si différents mais si complémentaires, se prêtent à une réflexion au sujet de la mort. Deux œuvres d’art qui ont tant de points communs qui les séparent et autant de différences qui les lient : Mort à Venise de Luchino Visconti et Les années de plomb de Margarethe von Trotta. La lumière et l’ombre, la musique et le silence, l’amour et la passion, l’activisme et la passivité, l’altruisme et l’égoïsme qui ponctuent les deux histoires narrées par les deux films sont relevés pour arriver au but de cet essai : ce sont le point de départ pour une exploration des rapports de l’être humain à la mort ; face à la mort des autres et face à celle de soi-même. Les titres des chapitres sont des tempos qui correspondent au caractère du chapitre respectif. Cependant, ce texte n’est pas une partition ; il est destiné à être lu et pas écouté. Par conséquent, la musicalité sous-jacente du texte, qui n’est point de la poésie, appuie la lecture et pas l’audition.

Patrice Foutakis est docteur en philosophie (Université Paris I, Panthéon-Sorbonne), et auteur des publications sur les affinités philosophiques de Nietzsche avec Dionysos et Socrate, la philosophie matérialiste et esthétique de Diderot, les tapisseries de la Dame à la licorne, la symbolique de reliefs normands, le château vénitien de Modon, les chevaliers de l’Ordre de Malte, l’héraldique et épigraphie vénitiennes, l’étude et datation des tableaux vénéto-byzantins, la prétendue application du nombre d’or dans l’architecture grecque antique et l’utilisation des colonnes de granite et des sarcophages chez les Romains.

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Le Journal des psychologues n°417 : La clinique de l’« aller vers » à l’épreuve du réel

 Le Journal des psychologues - Août 2025



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Jean-Michel Galano : L'œil ailé. Naissance de l'athéisme

 Pont 9 - Décembre 2025


Leo Battista Alberti (1404-1472) est l’un des tous premiers humanistes, témoin du Moyen-âge finissant et acteur pleinement engagé dans les travaux et les débats de la Première Renaissance italienne. S’il fait dans le Momus la satire impitoyable d’une papauté en crise, c’est au bénéfice d’un projet politique nouveau : améliorer concrètement la vie des êtres humains en développant les sciences et leurs applications techniques, au premier rang desquelles l’architecture et l’urbanisme. Tirant les conséquences d’un athéisme radical, il appelle les êtres humains et ceux qui les éduquent à se détourner des illusions religieuses et mythologiques aliénantes et à se réapproprier les richesses matérielles et immatérielles qu’ils créent pour vivre enfin la vie divine à laquelle ils ont droit.

Jean-Michel Galano, né en 1953, est ancien élève de l’école normale supérieure et agrégé de philosophie. Il a enseigné en classes préparatoires au lycée de Saint-Cloud, au lycée Montaigne (Paris) ainsi qu’à l’école supérieure des arts appliqués Duperré. Il est l’auteur de nombreux articles publiés notamment dans les revues Commune, Cause commune, où il dirige la rubrique « Philosophie », et La Pensée.

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Anonyme : Éloge de rien

 Allia - Janvier 2026


Genre littéraire particulier, initialement associé à l’oraison funèbre célébrant la vie d’une personne défunte, l’éloge n’est ici dédié à Rien. Ou bien est-il rédigé pour Rien. Ne glorifiant que le Rien, sous toutes ses formes, cet ouvrage défie le ton grave et solennel, cultive à plaisir les paradoxes. En ne chantant les louanges de Rien, l’auteur célèbre tout et Rien. Ce panégyrique pour le moins flatteur à l’adresse du vide et de l’absence offre l’occasion d’un morceau remarquable de rhétorique : Rien est la plus belle des œuvres poétiques, parce qu’est-ce qui est plus beau que l’Iliade ? Rien. Saisissant éloge du néant, réflexion métaphysique digne des plus grands philosophes pessimistes, déconstruction de la logique dans la lignée d’Agrippa et de Rabelais, Éloge de rien s’ouvre sur une dédicace sarcastique À Personne, petit chef-d’œuvre d’humour noir.
Publié en 1730, en plein Siècle des Lumières, il s’inscrit dans la tradition des éloges parodiques de l’Antiquité grecque – on doit à Lucien un éloge de la mouche, à Synésios de Cyrène celui de la calvitie – et de la Renaissance, avec Érasme et son Éloge de la folie. Cependant, l’auteur pousse ici cette logique jusqu’à l’absurde, tournant en dérision les éloges académiques de son siècle, occasions de célébrer les sciences, la littérature et les arts. Subtil compromis entre raison et déraison, forme légère et ton sublime, cet Éloge de rien pourrait servir de modèle pour toutes les énonciations de circonstances.

L’Éloge de rien a paru anonymement, mais on sait qu’il est l’œuvre d’un certain Louis Coquelet, né à Péronne en 1676 et mort à Paris en 1754. On lui doit également un Éloge de quelque chose dédié à quelqu’un, une Critique de la charlatanerie, un Éloge de la goutte et un autre des Femmes méchantes.

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Jean d'Andlau : Fonder la République par la loi (1792-1795)

 Septentrion - Janvier 2026


Un éclairage captivant sur le quotidien d'un organe central de la Révolution, où s’est façonnée jour après jour la Première République.
Comment redonner à un peuple sa voix, sa loi, sa dignité ? Comment, au milieu du fracas, faire naître une République ?
Entre 1792 et 1795, des hommes travaillent sans relâche à cette œuvre immense : fonder un ordre nouveau, non par la force, mais par le droit. Le Comité de législation de la Convention est leur lieu. Là, dans la rigueur du quotidien, juristes et représentants débattent, tâtonnent, construisent. Ce livre raconte cette fabrique silencieuse de la République. Il donne chair à celles et ceux qui, dans l'ombre des tribunes, ont cru que la loi pouvait changer le monde. En redonnant sa place à ce comité souvent oublié, il éclaire une vérité essentielle : la démocratie ne se décrète pas. Elle se bâtit, jour après jour, avec le peuple, pour le peuple. Une leçon précieuse en ces temps où la promesse républicaine demande à être réaffirmée.

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lundi 5 janvier 2026

Karl Marx : Le caractère fétiche de la marchandise et son secret

 Allia - Janvier 2026


Dans le monde de l'économie, le caractère fantasmagorique de la marchandise est nommé fétichisme par Karl Marx. Afin d'analyser les formes que prennent les rapports sociaux engendrés par l'échange marchand, l'auteur cherche à décrypter le secret de la valeur. De ces pages géniales, qui appartiennent au premier chapitre du livre I du Capital, sont directement issues la théorie de la réification de Lukács et celle du spectacle de Debord.

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Jean-Paul Jouary : Les derniers jours du promeneur solitaire

 Les Impressions nouvelles - Janvier 2026


Ce roman reconstitue dans les moindres détails les dernières semaines de la vie de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville où le Marquis René-Louis de Girardin l’accueille dans sa propriété. Ce noble est un disciple de sa philosophie et deviendra un acteur de la Révolution de 1789. Rousseau, persécuté depuis dix-huit ans et se méfiant de tous, trouve ici une totale sérénité, il herborise, joue avec les enfants, bavarde avec la population locale, boit de grands vins, se promène dans le parc et écrit ses Rêveries du promeneur solitaire, ultime œuvre restée inachevée. Jean-Paul Jouary mêle cette reconstitution romancée des derniers jours de Rousseau à une série de rêves que ce dernier confond avec la réalité. Il se persuade que Diderot, qui fut son meilleur ami avant de le trahir, vient le harceler puis peu à peu se réconcilier avec lui, retraçant ce qui fut une relation d’une exceptionnelle fécondité. Après s’être affrontés, les deux hommes se rappellent leur rencontre et leur rupture, leurs discussions et leurs parties d’échecs… Tout s’avère complexe et contradictoire : la personnalité de Rousseau, son couple, sa mort, le destin de Girardin qui croise la route de Robespierre, autre rousseauiste aussi contradictoire que la Révolution à laquelle il participe. Inhumé dans l’île des Peupliers, sur le lac du parc d’Ermenonville, le corps de Rousseau sera transporté au Panthéon, pour des raisons que le philosophe n’aurait sans doute pas approuvées.

Né en 1948, Jean-Paul Jouary est docteur en philosophie. Auteur d'une trentaine d'ouvrages, il a notamment publié Entrer en philo (Stock, 1994) Rousseau, citoyen du futur (Livre de poche, 2012), Préhistoire de la beauté. Et l'art créa l'homme (Les Impressions Nouvelles, 2012), Diderot, la vie sans Dieu (Livre de poche, 2013), Mandela, une philosophie en actes (Livre de poche, 2014), Vivre et penser dans l'incertitude (Flammarion, 2021).

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Jenny d’Héricourt : La Femme Affranchie

 Hypatia Logoi - Janvier 2026


Jenny d’Héricourt poursuit ici le combat des philosophes du XVIIIe siècle réclamant l’égalité de principe entre citoyens. Elle désire l’étendre aux femmes, grandes oubliées de 1789. Après l’échec de la révolution de 1848 et des revendications pour les droits des femmes, Jenny d’Héricourt continue la lutte, par la plume.
Son haut fait d’arme aura été de clouer le bec à la misogynie de Proudhon dans une revue philosophique proche des courants socialistes. La controverse aboutira en effet à ce que le penseur français renonce même à répondre.
Avec La Femme Affranchie, Jenny d’Héricourt délivre une œuvre de synthèse qui fera date dans l’histoire du féminisme. Publié en Belgique, le livre est immédiatement interdit en France. C’est qu’il s’agit d’une œuvre non seulement engagée, mais qui ouvre également des perspectives philosophiques et sociologiques radicalement novatrices. Formée en médecine, l’auteure n’hésite pas à opposer les faits bruts aux discours abstraits de philosophes peu soucieux de vérifier ce qu’ils avancent. Ces critiques virulentes contre les intellectuels de son temps (Comte, Proudhon, Michelet) mais aussi contre les socialistes qui restent attachés à une forme de mysticisme, resteront parmi les plus percutantes. Jenny d’Héricourt aura également su éviter le piège de l’argument différentialiste, pour proposer une lutte féministe adaptée à son temps.

Préface de Jérôme Correia

Jenny d’Héricourt [1809-1875] est l’un des grands noms du féminisme, voilé par les brumes de l’histoire. Cette intellectuelle a dédié sa vie à la cause en animant avec éloquence des débats parmi les ouvrières et ouvriers de Paris durant la révolution de 1848, en écrivant pour des revues engagées, ou encore en créant la Société pour l’émancipation des femmes. Au soir de sa vie, elle proposera la création d’une Ligue internationale des Femmes.

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dimanche 4 janvier 2026

Études théâtrales, n°18 : Théâtre et pensée

 L'Harmattan - Octobre 2025


L’enjeu du numéro Théâtre et pensée est de revenir sur la relation dialectique, à la fois subtile et complexe, entre pensée théorique et pratique théâtrale. Le désir réflexif, si manifeste chez les artistes du XXe siècle, l’exigence empirique, si prégnante dans les études théâtrales depuis leur émergence dans les années 1960, demeurent-ils d’actualité, à l’heure où s’affirme une nouvelle doxa, qui considère qu’en passer par la réflexion théorique (se nourrir des sciences humaines, de la pensée dramaturgique, interroger l’historicité des discours, etc.) est superflu ou obsolète et que doivent primer l’intuition et l’émotion ?
La relation entre théâtre et pensée demeure-t-elle néanmoins féconde aujourd’hui ? Si oui, comment est-elle vécue, expérimentée, analysée ?
Pour nourrir la réflexion, nous avons proposé à quelques spécialistes en études théâtrales de faire le point sur leur rapport à la pratique. Ces réflexions sont suivies d’un florilège de textes de Jean-Marie Piemme : ils occupent une place centrale dans ce numéro parce qu’ils présentent un exemple remarquable de cette complémentarité nécessaire entre théorie et création. Il s’agit du deuxième volume de ses Accents toniques(2017-2023), que nous sommes heureux de publier ici. Pour finir, trois entretiens avec des artistes nous éclairent sur la relation qu’ils établissent entre théorie et pratique dans leurs créations. Ce sont ces réflexions, analyses, projets et témoignages qui, réunis, donnent corps à ce numéro.

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Myriam Revault d'Allonnes : Passions publiques

 Seuil - Janvier 2026


L’emprise des émotions, dit-on, emporte tout sur son passage, y compris les conditions du débat public. Mais leur absence est-elle la condition d’une raison publique qui ne saurait s’exercer que dans le silence des passions ?
C’est dans le champ de la philosophie politique et en mettant la pensée à l’épreuve de l’événement que Myriam Revault d’Allonnes défait le grand partage du sensible et de l’intelligible, de la raison et des passions. En montrant comment s’entrelacent la rationalité politique, les sensibilités collectives et les conditions de l’agir humain, elle revisite des traditions de pensée qui, attentives au caractère incontournable des affects, ont interrogé la dynamique qui soutient l'élaboration du lien social.
Ce chemin nous aide à mieux comprendre les nouvelles mobilisations où le vécu, le sentiment d’injustice, le souci de l’égale dignité jouent un rôle majeur. Comment leur émergence s’accorde-t-elle avec la capacité d’agir de l’homme raisonnable ? Parce que la raison publique s’enracine dans les dispositions sensibles qui font l’humanité de l’homme, son exercice nous incite à résister aux fureurs antipolitiques qui menacent notre existence démocratique.

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Norbert Elias : La solitude des mourants

 Flammarion - Janvier 2026 - Champs


Postface de Didier Eribon
Traduction (Anglais allemand) : Sybille Muller, Claire Nancy

Dans nos sociétés modernes, la mort s’est peu à peu retirée du regard des vivants. Jadis entouré des siens, le mourant est désormais isolé derrière les murs des hôpitaux ou des maisons de retraite, véritables déserts de solitude. Entre progrès médicaux et perte du sentiment religieux, la prévalence de l’individualisation qui caractérise notre époque a conduit à ce que vieillir signifie devenir de plus en plus seul.
Avec une lucidité bouleversante, Norbert Elias analyse en sociologue cette dissimulation silencieuse du mourir. À l’abri de tout passéisme, il nous invite à repenser les structures collectives de la solidarité nécessaires pour redonner une place à nos aînés.
Une tâche d’autant plus urgente que comprendre la mort c’est aussi mieux comprendre la vie.

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samedi 3 janvier 2026

Christophe Bouton : Sur les traces du temps

 Editions de Minuit - Janvier 2026


Qu’est-ce que le temps ? Constitue-t-il une réalité autonome ou une simple relation entre les êtres ? Un élément irréductible du monde ou une forme de la conscience, voire une illusion subjective ? S’écoule-t-il vers le passé ou vers l’avenir ? Est-il réversible ou irréversible ? Peut-il même être défini ?
Ce livre se propose d’instruire ces questions à nouveaux frais, en s’appuyant sur plusieurs apports récents de la philosophie et des sciences de la nature. Son point de départ est la conviction qu’il faut libérer la pensée du temps du primat ontologique du présent, qui consiste soit à affirmer que seul le présent existe, en reléguant le passé et l’avenir dans le néant, soit à concevoir ceux-ci sur le modèle du présent, dont ils ne seraient que des formes dérivées ou dégradées. L’avenir, le présent et le passé existent tout autant, mais selon des modalités différentes que cette enquête se donne pour tâche d’analyser selon trois catégories principales, unies comme les volets d’un triptyque : la puissance, la présence et la trace. Si ces trois concepts s’appliquent en premier lieu au monde des choses et des événements, la dernière étape de cet ouvrage examine la forme spécifique qu’ils revêtent pour les êtres humains.

Christophe Bouton est professeur de philosophie à l'université Bordeaux Montaigne. Auteur d'une thèse sur Temps et esprit dans la philosophie de Hegel (Vrin, 2000), il a élargi ses recherches aux théories de l'histoire et à la question du temps dans la philosophie contemporaine. Dans ses travaux sur le temps, il associe deux domaines habituellement séparés : la philosophy of time anglo-saxonne et la philosophie dite " continentale " de tradition européenne. Ses dernières publications incluent un ouvrage collectif codirigé avec Philippe Huneman, Temps de la nature, nature du temps (CNRS Editions, 2018), et deux monographies : L'Accélération de l'histoire (Seuil, 2022) et Le Temps de l'urgence (nouvelle édition revue et augmentée, Le Bord de l'eau, 2025).

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Georges Perros : Pensées collées (Jean-Pierre Siméon éd.)

 Gallimard - Janvier 2026 - Folio


Le choix que j’ai opéré, parmi les milliers de pages de Georges Perros, a pour but de faire apparaître la constance et la cohérence de ce vœu ardent qui soustend toute l’œuvre de ce veilleur des embruns parti vivre à Douarnenez le compagnonnage du ciel ouvert et du grand large : vivre une vie intense et libre au plus près du réel, au cœur de la vie ordinaire, au diapason de la poésie. Mais il n’y a pas de vérité assénée ici, pas de coaching du mal-être, de voie à sens unique ni de système clefs en main, seulement du donné à penser. — Jean-Pierre Siméon
« Avoir de l’esprit, c’est proprement ne pas savoir ce qu’on va dire dans cinq minutes », « La poésie donne le plaisir de ne pas avoir à comprendre », « La poésie n’est pas exacte. Elle est juste »… Plus de 350 fragments de l’œuvre – publiée ou inédite – de Georges Perros, choisis et présentés par Jean-Pierre Siméon.

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vendredi 2 janvier 2026

Irena Martínkova, Bernard Andrieu, Jim Parry (dir.) : Slow Sport and Slow Philosophy

 Routledge - Janvier 2026


This book explores the emerging concept of ‘slow sport’ – recreational movement practices that emphasize mindful engagement over competition. Targeted at philosophers of sport, wellness researchers, physical education specialists, and practitioners of mindful movement disciplines, this collection examines how intentional, non-competitive bodily practices cultivate deeper experiential connections with our environments. From yoga, meditation, and martial arts to Saharan recreational activities, contributors analyze how slowing down physical practice creates space for enhanced well-being, environmental attunement, and phenomenological richness.
Ideal for academic readers interested in alternative approaches to physical culture, this book challenges conventional sport paradigms by highlighting how deliberate slowness transforms recreational movement into a philosophical practice – one that prioritizes qualitative experience over quantifiable results, fostering a more contemplative relationship between the human being and the environment.
The chapters in this book were originally published as a special issue of Sport, Ethics and Philosophy.

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jeudi 1 janvier 2026

Pierre Cassou-Noguès : La Ville aux deux lumières. Géographie imaginaire

 MF éditions - Janvier 2026


La perspective et le style de l'ouvrage proposé est déterminé par l'idée que la philosophie est fondée sur des fictions. Les fictions donnent une expression à des concepts qui sans elles tournent à vide. Elles mettent en évidence les relations entre nos concepts et permettent d'organiser ceux-ci en des propositions qui forment finalement un système. Il comprend deux grands récits ou fictions qui peuvent se lire comme tels mais aussi comme les expressions d’une cosmologie imaginaire inspirée de l’oeuvre du philosophe anglais Alfred North Whitehead (pour le premier) et d’une théorie de la coexistence (pour le second). Dans le premier texte, le narrateur parcourt une Terre animée qui contient dans son estomac les germes de chaque chose et de chaque couleur, de tout ce que l'on peut dire et faire : Dieu devenu Terre. Dans le second, il est confronté à des machines à coexister (au sens où Le Corbusier parlait des machines à habiter) qui regroupent aussi bien les maisons et les moyens de locomotion que les outils de l'écriture, les vêtements et finalement de la peau même, laquelle constitue le premier et le plus intime des dispositifs nous inscrivant dans le monde extérieur. 
Des deux textes que l'ouvrage réunit, l'un a déjà été publié en 2008 mais il est ici profondément remanié et le second a été écrit pour cette réédition.

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M. Crubellier, L. Gazziero (dir.) : Le « Peri ideôn » d’Aristote

 Peeters - Décembre 2025


Le peu de sympathie d’Aristote pour la doctrine des Idées ne fait aucun doute. En revanche, l’allure récapitulative et le style laconique de ses réquisitoires laissent le lecteur perplexe quant à la question de savoir si Aristote a rendu justice aux arguments des partisans des Idées. D’où l’intérêt sans cesse renouvelé qu’une source quasi-canonique, le traité perdu d’Aristote sur les Idées, continue de susciter.
Pourtant, depuis les premières tentatives de reconstruction jusqu’aux interprétations les plus récentes, le Peri ideôn demeure un texte énigmatique, au sujet duquel on peut notamment se demander si la langue et le contenu, tels que nous les livre le témoignage d’Alexandre d’Aphrodise, reflètent la lettre de l’original ou si celui-ci a été remanié selon des modalités et une finalité qui étaient à la seule discrétion du commentateur.
C’est sous l’angle de cette adéquation problématique que la traduction et les huit études réunies dans le volume reprennent à nouveaux frais le dossier de cette pièce maîtresse de l’Aristote perdu.

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Danielle Leeman (éd.) : Pour une co-construction du sens. En hommage à Alain Rabatel

Lambert-Lucas - Janvier 2026


Les linguistes que réunit ce volume d’hommage mettent leur intelligence en commun pour tester les thèses rabateliennes sur de nouveaux corpus. Il y est d’abord question du point de vue (PDV) en matière d’énonciation et de ses liens avec la référenciation et l’interprétation de récits en prose, comme dans Homo narrans, puis de l’extension de la théorie du PDV à un domaine peu investigué par Alain Rabatel, la poésie, avant un ensemble de méta-analyses portant sur des questions plus générales liées à la place des récepteurs dans la construction des messages. On aborde alors les liens entre théorie du PDV et pragmatique cognitive ou sémiotique des images et la gestion de la plurisémie ou des ambiguïtés. Dans une seconde partie, le livre interroge les relations entre PDV et prise en charge ou responsabilité énonciatives ainsi qu’entre PDV, subjectivité et altérité ou entre PDV et argumentation. Tous ces concepts jouent un rôle dans la façon dont les récepteurs des messages verbaux et les spectateurs des images perçoivent les enjeux des PDV et participent à la co-construction du sens.

Contributions de Jean-Michel Adam, Marc Arabyan, Pierluigi Basso Fossali, Gabriel Bergounioux, Elżbieta Biardzka, Marc Bonhomme, Éric Bordas, Collectif Programma (Zoé Camus, Alfredo M. Lescano, Álvaro Magalhães Pereira da Silva, Fortunato Morales Ávila, Maxime Vétier), Bernard Combettes et Annie Kuyumcuyan, Patrick Dendale et Danielle Coltier, Wander Emediato de Souza, Alice de Georges, Michel Favriaud, Pierre Fleury, Ligia Stela Florea, Lucile Gaudin-Bordes, Jean-François Jeandillou, Roselyne Koren, Hans Kronning, Grégoire Lacaze, Houda Landolsi, Véronique Magri, Dominique Maingueneau, Sophie Marnette et Laurence Rosier, Maria Aldina Marques et Isabel Duarte, Michèle Monte, François Nemo, Gilles Philippe, François Provenzano, Laura Santone, Louis de Saussure, Agnès Steuckardt, Hélène Vassiliadou, Stefano Vicari et Julien Longhi, Esme Winter-Froemel.

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