mardi 31 octobre 2023

Julien Molard : Les philosophes et leurs emblèmes (2e édition). De Pythagore à Lévinas

 Arnaud Franel - Novembre 2023


De Pythagore à Lévinas, cet ouvrage simple se veut une ouverture sur la philosophie à travers les expressions associées dans la culture populaire à 100 grandes figures de cette discipline essentielle.
La philosophie intéresse vraiment l’homme et la femme du XXIe siècle. Mais son langage est souvent affaire d’initiés. Il est abscons, difficile, voire (surtout pour la philosophie contemporaine) impénétrable sans une formation adéquate. Ce simple ouvrage se veut une ouverture sur la philosophie , il n’est pas un dictionnaire, encore moins un manuel de philosophie. Il s’adresse à tous ceux qui veulent connaître ce que fut l’émergence de la pensée (le logos) du VIe siècle avant J.-C. en Grèce jusqu’à nos jours. Il nous a semblé que le bon moyen de réussir cette ouverture serait d’évoquer en termes simples la vie et l’œuvre de 100 philosophes occidentaux connus soit par une expression qui leur était familière, soit pour l’objet précis de leur recherche. Des expressions, dont quelques-unes sont devenues proverbiales, sont attachées à la vie des philosophes de l’Antiquité à nos jours. Ainsi évoque-t-on le rire de Démocrite, le démon de Socrate, le songe de Descartes, la critique de Kant, la nausée de Sartre. Il nous a paru intéressant de sélectionner les expressions les plus connues, car elles situent souvent très bien un philosophe, son époque, son environnement, ses désirs ou son action. Ainsi, en procédant chronologiquement et en retenant cent philosophes parmi ceux qui ont marqué la philosophie occidentale, nous allons aborder la philosophie de façon simple et pédagogique. C’est dans ce cheminement de la pensée occidentale que nous vous invitons. Venez avec nous et allons à la rencontre de ces 100 philosophes qui sont comme des lanternes qui éclairent le chemin de la connaissance, chemin difficile, abrupt, qu’il n’est pas souhaitable d’emprunter tout seul.

Julien Molard doctorant en philosophie, enseignant et animateur de plusieurs cercles de philosophie pour adultes, consacre ses loisirs à des travaux historiques et de philosophie.

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Annabelle Dufourcq et Karel Novotný (dir.) : Surpuissance et finitude. Renaud Barbaras aux limites de la phénoménologie

 Vrin - Novembre 2023


Revenir aux fondamentaux de la phénoménologie, c'est, affirme Renaud Barbaras dans Dynamique de la Manifestation, trouver dans l'a priori de la corrélation l'impulsion nécessaire pour une double transgression : vers une cosmologie asubjective de l'archi-vie d'une part, vers une métaphysique de l'archi-événement d'autre part. La phénoménologie se voit ainsi profondément transformée et ses limites radicalement contestées au nom d'un respect plus rigoureux de ses principes. Ce recueil invite les phénoménologues et les philosophes du vivant et de la vie à dialoguer avec la pensée de Renaud Barbaras, autour des questions radicales d'une phénoménologie-cosmologiemétaphysique qui constitue sans doute une voie nouvelle dont nous tentons ici de circonscrire l'originalité, les enjeux et les difficultés.

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Philippe Quéau : L'exil et l'extase. Une philosophie de la conscience

 L'Harmattan - Novembre 2023


Quoi de plus mystérieux que la conscience ? Les neurosciences en ont effleuré quelques manifestations, sans jamais en percer l’essence. Les intelligences artificielles en simuleront peut-être un jour l’apparence, mais leurs algorithmes en resteront toujours dépourvus. Seule une approche philosophique et anthropologique de la conscience peut éclairer le spectre de ses états, la profondeur de ses racines et l’élévation de ses aspirations, ses abysses et ses odyssées, ses exodes et ses exils, ses plongées et ses extases, et tous les dépassements dont elle est capable, – en un mot, sa capacité à s’outrepasser, à chercher sans cesse un au-delà d’elle-même, dans une quête inassouvie d’un état où elle serait enfin présente à soi, et aussi proche que possible du Soi.

Philippe Quéau, philosophe, est l’auteur de plusieurs essais, dont : Éloge de la simulation (1986), Metaxu - Théorie de l’Art intermédiaire (1989), Le Virtuel - Vertus et Vertiges (1993), La Planète des esprits (2000), La fin du monde commun (2016), Sombres éclats, pâles lueurs (2019). Il publie depuis une dizaine d’années un Blog sur l’anthropologie de la conscience (metaxu.org).

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Eva Illouz et Dana Kaplan : Le Capital sexuel

 Seuil - Novembre 2023


Traduit par Charlotte Matoussowsky

Recours à la chirurgie esthétique, apparition de coaches en séduction, développement du marché du sex-toy et du roman érotique… De plus en plus, le sexe est une ressource en vue de gains.
Mais il y a davantage : au-delà de la marchandisation des corps, la liberté sexuelle augmente la valeur économique des individus. Nombreux sont ceux qui se servent du sexe pour se valoriser, c’est-à-dire augmenter leur valeur sur le marché du travail. Les états psychologiques, dispositions émotionnelles et autres expériences sexuelles contribuent à l’employabilité des personnes, ainsi qu’à leurs succès professionnels. Non seulement notre sexualité concourt à la reproduction du capitalisme, mais le néolibéralisme a étendu son pouvoir à notre sphère la plus intime.
Un essai-phare entre sociologie, science politique et philosophie, pour une approche critique de la sexualité – et du capitalisme.

Dana Kaplan est docteure de l’Université hébraïque de Jérusalem. Sociologue de la culture, elle travaille sur les sexualités hétéro et LGBTQ en lien avec la classe sociale et les processus de subjectivation.
Sociologue, directrice d’études à l’EHESS, Eva Illouz travaille sur la marchandisation des émotions et l’impact du capitalisme sur nos affects. Récompensée en 2018 par le prix EMET pour l’ensemble de son œuvre, elle est l’autrice d’une quinzaine de livres traduits dans le monde entier, tels que Pourquoi l’amour fait mal (Seuil, 2012) et La Fin de l’amour (Seuil, 2020).

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Michel Gribinski : Au bord des mères

 Fario - Novembre 2023


« Qu’est-ce qu’une mère ? » est la question à laquelle ce livre prétend ne pas répondre. Question trop vaste, insondable, autant que son objet lui-même. On se tient donc, on s’en tient donc au bord. Le bord d’une mère, c’est peut-être son image, comme première désincarnation, dont on se défait mal : un malentendu ou un trop bien vu ? Et c’est d’une image que part Michel Gribinski pour aborder, une image de sa mère dont aucun récit ni aucun commentaire n’aura épuisé tout à fait l’énigme.


Comme il est préférable de ne pas demeurer seul sur le rivage, l’auteur fait appel à des compagnons. À des écrivains mais aussi à des psychanalystes qui ont écrit à leur mère. Remarquable le fait que beaucoup écrivent alors qu’il est trop tard, que leur mère a disparu : la distance d’un au-delà serait-elle propice, voire indispensable à ce dernier recours, épistolaire ? D’une bibliographie dont on peut dire qu’elle est tout sauf homogène — les mères sont fort diverses, celle de Simenon n’est pas celle de Léautaud —, il ressort toutefois une sorte d’ostinato dont la clé serait la plainte. La mère est celle à qui s’adresse toute plainte, toute réclamation ; et peu importe au fond l’objet de cette réclamation, le mouvement qui la porte est l’essentiel.
Si la question initiale demeure en suspens, c’est aussi que ce qui cherche à s’écrire est du côté de l’impensable. Au point que le maternel, la substance des mères pour ainsi dire, serait justement le contrepoint de la chose pensante, du logos, mais aussi son envers : du côté de la chose étendue, de la matière. Le « grain » ou la « chair » que l’on prête aux mots parlent de ce versant de l’écriture.
Ce qui se dessine enfin, c’est la question de la permanence : entre l’enfant, aussi ancien soit-il, et sa mère, il faut que quelque chose ne bouge pas, il faut du stable, du perpétuel, et qui sait, de l’intangible. Et si l’amour, même sans limites, ne suffisait pas, s’il n’était pas éternel, alors il y aurait plus sûr, plus indéracinable : la haine. Elle est souvent au rendez-vous.
Un élément métissé, un mélange de femme et de mère participerait en secret de la culture du monde, laïque et religieuse, une organisation sur le modèle des paires contrastées, du certain et de l’impossible. […] La concordance absolue entre mère et femme tend un piège à la mère — c’est-à-dire aux enfants car il ne s’agit pas d’elle mais de leurs représentations d’elle : pile, elle est mauvaise si elle choisit d’être une femme et que cela jette un doute sur l’exclusivité de notre relation ; face, si elle ne choisit pas, elle est les deux, simultanément femme et mère, et cette duplicité est clairement le fait des mauvaises personnes.
J’ai eu la chance que ma mère, un jour que nous jouions à chat, me dise en riant : « Cours après moi que je t’attrape ! » : je sais que je me lance dans une course où je serai attrapé, où je le suis déjà. Mais j’ai mes appuis. — Michel Gribinski

Michel Gribinski est psychanalyste. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont : Le Trouble de la réalité, Gallimard, 1996 ; Les Séparations imparfaites, Gallimard, 2002 ; Dialogue sur la nature du transfert, en collaboration avec Josef Ludin, PUF, 2005 ; Les Scènes indésirables, L'Olivier, 2009 ; Qu'est-ce qu'une place ? , L'Olivier, 2013 ; Personnages en quête de psychanalyse avec Thomas Lepoutre, PUF, 2020 ; La Technique psychanalytique. Une archéologie, avec Josef Ludin, PUF, 2022 ; Le Psychanalyste amoureux, PUF, 2023. Il a traduit de l'anglais plusieurs titres de D. W. Winnicott, Aharon Applefeld et Adam Phillips. Il a également créé la revue Penser/Rêver et la collection éponyme qu'il a dirigées aux éditions de l'Olivier. Aux éditions Gallimard, il a dirigé la collection "Connaissance de l'inconscient" .
Aux éditions Fario il a publié : Portes ouvertes sur Freud (James Strachey - Michel Gribinski), collection Le silence des sirènes, 2020. Les Choses vagues, collection Le silence des sirènes, 2022.

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Elisabeth Vasseur : Marcel Jousse, lecteur de Bergson

 Cerf - Septembre 2023


« Jousse – il a trouvé un filon, comme on dit », confie Bergson dans un entretien avec Lydie Adolphe.
La relation que Marcel Jousse, chercheur, professeur, homme d’Église, entretient tout au long de ses quelque quarante ans d’enseignement avec le philosophe Henri Bergson est pour le moins paradoxale. Entre admiration et rejet, Jousse revendique « sa » lecture de Bergson. Libre et inspirante, souvent critique, voire frôlant la caricature, cette lecture tonique agit en retour sur le lecteur, qu’il soit connaisseur de l’oeuvre de Bergson ou pas. Selon Jousse, le geste corporel-manuel, le geste global, est au coeur de la pensée du philosophe. Bergson joue sa pensée avec ses mains, avec tout son corps avant de la jeter dans ses livres. La connaissance des lois anthropologiques du Style oral formulées par Jousse permet de mieux saisir la particularité du style de Bergson, proche de celui de Péguy, et qui s’apparente au style oral des rythmo-mimeurs. Jousse, Bergson : deux noms qui ont marqué leur époque. Le lien fort qui unit les deux penseurs est au coeur de cette enquête – que l’on pourrait aussi écrire « en quête » – à la fois philosophique et historique. Ce livre s’inscrit dans la longue liste des « lecteurs de Bergson » qu’ils soient ou non bergsoniens.

Élisabeth Vasseur, docteur en philosophie, vit en Allemagne. Elle a contribué à faire connaître l’oeuvre de Marcel Jousse par ses travaux, en particulier outre-Rhin.

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Marianne Simon-Oikawa, Hélène Campaignolle-Catel (dir.) : Espaces du blanc. Concepts et pratiques

 Hémisphères - Novembre 2023


Le blanc est un concept majeur dans la réflexion sur les relations entre écriture et figure. Il renvoie, sans s’y réduire, au support sur lequel s’inscrivent le texte et l’image dans l’espace du livre, de l’estampe, de la peinture, de la paroi ou du mur.
Souvent théorisé en Occident comme un vide, un manque qui s’oppose à la matérialité de la figure ou du signe écrit, il est aussi susceptible d’assumer un rôle énonciatif, sémantique et plastique dont les artistes et les écrivains se sont souvent emparés, et qui reste à interroger. Lien constitutif entre les figures et les graphismes, séparateur syntaxique – pause rythmique ou segmentation logique –, il couvre une surface de lisibilité qui autorise, voire sollicite, la participation active du lecteur/spectateur.
Cet ouvrage se donne pour but d’explorer la richesse conceptuelle de la notion de blanc, et la multiplicité des enjeux qu’elle ouvre dans l’étude des formes mixtes associant figure et support. Plus qu’à ses usages culturels et à ses codes symboliques comme couleur, il approche le blanc comme espace et forme à interpréter. Les théories esthétiques et sémiotiques du blanc, le rapport vide / plein dans la création, les fonctions et les usages du blanc dans les systèmes d’écriture, sont quelques-unes des pistes abordées.

Marianne Simon-Oikawa est professeure d’études japonaises à l’Université Paris-Cité, membre du Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale (CRCAO) et du Centre d’étude de l’écriture et de l’image (CEEI), chercheuse associée à l’UMR Thalim (Sorbonne Nouvelle/CNRS/ENS) et à l’Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise (UMIFRE 19 MEAE-CNRS).
Hélène Campaignolle est chercheuse en lettres et arts à l’UMR Thalim (Sorbonne Nouvelle/CNRS/ENS). Docteure en Sémiologie du texte et de l’image (Université Paris Cité), elle dirige le Centre d’étude de l’écriture et de l’image (CEEI) et la revue écriture et image (https://ecriture-et-image.fr/).

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Vivien Krystkowiak (dir.) : Y a-t-il une logique du social ?

 Raison publique - Novembre 2023


Y a-t-il une logique du social? Et s'il en est-une, quelle est-elle? Dans ce dossier, qui fait la part belle à la psychologie sociale, au pragmatisme et à l'utilitarisme, Ali Benmakhlouf, Céline Bonicco-Donato, Jean-Marie Chevalier et Vivien Krystkowiak, tentent de répondre à ces questions. Dans cette livraison de la revue des humanités politiques, Raison publique, on trouvera également des contributions de Justin Desaultel-Stein et Samuel Moyn (sur l'histoire critique du droit), de Federico Tarragoni (sur la politisation de la culture à travers la correspondance entre Adorno et Benjamin), de Johann Michel (sur le phénomène de la réparation), et des recensions par Jean-Baptiste Mathieu et Charles Girard.

Vivien Krystkowiak est docteur en philosophie. Ses recherches portent principalement sur des questions relevant de la philosophie morale et de la philosophie du langage.

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lundi 30 octobre 2023

Francesca Bocca-Aldaqre : Nietzsche au paradis. Vies parallèles entre islam et Occident

 Editions Fenêtres - Octobre 2023


Quel est le point commun entre les Méditations métaphysiquesde Descartes et Robinson Crusoé de Daniel Defoe ? Immenses classiques de la littérature et de la pensée occidentale, ils ont été inspirés par des figures du monde musulman. La relation est à double sens, comme en atteste l’exemple de Nietzsche et de son influence sur la pensée d’un Muḥammad Iqbāl. Séparés par des milliers de kilomètres et jusqu’à une dizaine de siècles, les réflexions des hommes présentent souvent des similitudes troublantes. Sans hiérarchiser ni crier au plagiat, Francesca Bocca‑Aldaqre souligne les jeux de miroir avec malice et poésie. Parfois, l’héritage est assumé. Parfois, il est inconscient et reste donc tacite. Mais le lien entre l’islam et l’Occident est bien là, il se glisse dans les recoins les plus insoupçonnés de nos bibliothèques, entre les pages de nos manuels scolaires.

"L’Orient et l’Occident, l’islam et la tradition judéo-chrétienne constituent la chaîne et la trame qui permettent de tisser le commentaire approfondi de Francesca Bocca-Aldaqre, plus pertinent que jamais en ces temps où règnent l’exclusion et la discorde. À ne pas manquer."
Convenzionali

"C’est un exercice révolutionnaire, qui consiste à renverser le modèle désormais dépassé d’un islam en opposition et en confrontation avec l’Occident. Nietzsche au paradis est parmi les premiers ouvrages à proposer une historiographie complètement inédite de la pensée. Il propose une voie, une alternative au choc des civilisations et à la fin de l’Histoire."
L’intellettuale dissidente

Traduction : Anaïs Massot 

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dimanche 29 octobre 2023

Frédéric Jacquet : L’énergie de l’Être. Métaphysique et phénoménologie dans l’œuvre de Mikel Dufrenne

Les éditions des Compagnons d’humanité - Octobre 2023


Penser l’énergie de l’être, ou mieux encore l’être comme énergie – telle est la visée aussi discrète que décisive de la philosophie élaborée par Mikel Dufrenne. Il engage une refonte de la phénoménologie accomplie au prisme de l’esthétique qui se déploie elle-même selon une phénoménologie du sentiment. Or, le sentiment esthétique est toujours la révélation d’’un monde – allègre, tragique etc. – où le monde affleure en sa puissance-de-manifestation. La question est alors celle d’un approfondissement métaphysique de la phénoménologie où le monde, c’est-à-dire la Nature, est comprise comme « Terre-mère abyssale et féconde », source productrice universelle. Cependant, comment ce qui existe indépendamment de l’homme peut-il accéder, comme tel, à la manifestation? Comment l’humaine finitude peut-elle atteindre ce qui la précède et l’excède? Menant une réflexion épistémique sur les limites de la phénoménologie, Dufrenne chemine vers une métaphysique en quête de la transcendance non théologique du naturant, et il élabore par ailleurs une érotique, une éthique et une politique qui en sont le legs fécond.
Ces conquêtes s’effectuent de surcroît dans une confrontation avec Merleau-Ponty, Minkowski, Heidegger et Bergson, mais aussi avec Schelling et Plotin, le préciser permet d’établir la singularité de la voie tracée, celle d’une métaphysique de l’énergie édifiée depuis une phénoménologie du sentiment.

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Jean-Loup Amselle : Critique de la raison animiste

 Mimesis - Novembre 2023


Ce livre est consacré au retour de l’animisme, vu comme catégorie d’origine coloniale et comme une notion commune à un certains courants de pensée en vogue en Afrique et à l’extérieur de ce continent : afrocentrisme, afro-futurisme, panafricanisme. Il ne s’agit pas ici de faire la généalogie ou l’archéologie de ces différents thèmes, mais au contraire de montrer comment ils constituent le soubassement intellectuel de l’animisme politique, tendance qui inspire la redéfinition de la politique franco-africaine telle qu’elle est menée actuellement.

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Pol Quadens : Philosophie de la soustraction. Pour une vie de liberté et d'épanouissement dans la soustraction des biens contre le dogme de la soumission à la société de l'addition

 Les Impliqués - Novembre 2023


Les événements des années 2020-2022 ont décidé Pol Quadens à se plonger dans la communication de concepts qui mûrissaient en lui depuis de longues années. Passionné de philosophie, il rythme son livre d’extraits de textes de philosophes allant des Présocratiques aux philosophes du XIXe siècle. Il nous rappelle d’anciens préceptes qui conservent tout leur sens dans une société contemporaine abîmée par le profit.
Il propose ici une sortie de crise personnelle, anti-dogmatique, anti-communautaire. Soustraire les valeurs, les besoins, les biens, en regardant la société de la marchandise comme une pieuvre qui avale tout sur son passage. Sortir de ses griffes pour retrouver notre être générique, notre histoire, notre âme. Le faire par la curiosité, la recherche, la compréhension du monde et le faire en parcourant le chemin dialectique de l’en-soi, du pour-soi et du retour à soi. Cet ouvrage nous ouvre la voie du chemin qui mène à la réalisation de soi par la compréhension du monde au travers de multiples thèmes traités en profondeur, disséqués, qui nous éclairent sur la face cachée d’une réalité subjective imposée.

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Guillaume Dreidemie, Pamela Krause (dir.) : Penser le monde de Kant à aujourd'hui

 Kimé - Novembre 2023


L’œuvre de Kant présente dès ses débuts un vif intérêt pour le concept de monde, manifestant une admiration devant sa diversité et sa beauté : son cours de géographie physique (donné entre 1747 et 1770) présente une compilation érudite de connaissances, reprenant le geste itinérant des cosmographes du XVIème. Les précisions méthodologiques quant à la finalité de l’enseignement (exposées dans les Introductions de 1757, 1765, 1772) témoignent de la répulsion (caractéristique, nous l’avons vu, de l’imaginaire du monde) pour le chaotique, orientant l’agrégat de données dans le sens d’une organisation d’une totalité cohérente. En effet, ce qui étonne Kant, c’est précisément le fait que le monde ne soit pas radicalement incompréhensible comme totalité… Il s’agira de voir en quoi la prétention de constituer un monde se trouve frappée d’un aveu d’impuissance vu l’irréductible finitude de l’homme – trouvaille qui entachera durablement la phénoménologie. De nombreuses lectures phénoménologiques de Kant ont été proposées, à commencer par celles de Husserl, de Fink, de Heidegger, de Merleau-Ponty…Cet ouvrage collectif a pour objectif de questionner en profondeur la pertinence et les limites de telles lectures, à commencer par celle de Michaël Foessel. L’effondrement du monde comme Cosmos a suscité, en gros, deux types de réactions : - Une première réaction a consisté dans l’affirmation d’un absolu (l’esprit chez Hegel, le Moi chez Fichte ou chez le jeune Schelling, le Je ironique d’un Solger ou d’un Schlegel, le Moi romantique de Novalis, la vie chez Bergson…). Le caractère problématique de cet absolu, qu’il conviendra d’interroger en ses diverses manifestations, réside dans sa rupture plus ou moins radicale avec un monde placé sous le signe de la contingence. - Une deuxième réaction a pris la forme d’un investissement du monde sous le signe de la contingence (le citoyen chez Hobbes, « l’habitant du monde » de Kant, l’être au monde de Heidegger, le monde selon Arendt…). Un tel investissement ses envisagé dans ses aspects problématiques, notamment au travers de l’idée d’une perte possible du monde.

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Jean-Pierre Béchu : La pensée de Gandhi

 Entremises - Novembre 2023


Artisan de l'indépendance de l'Inde et inlassable défenseur des opprimés, Gandhi s'impose parmi les figures les plus charismatiques du XXème siècle. Sa pensée, à la fois nourrie par l'Orient et par l'Occident, a profondément bousculé les idéologies et les valeurs de son époque. Irréductible adversaire de la colonisation, il a aussi condamné le capitalisme industriel et la mondialisation, les discriminations et les injustices sociales. Apôtre de la non- violence et de la fraternité, il a plaidé en faveur d'une société rurale et artisanale, décentralisée et sans Etat : une « anarchie éclairée » repliée sur ses villages et rebelle à toute forme de modernité occidentale. Son rayonnement spirituel a répandu un idéal humanitaire fondé sur la préoccupation permanente de Dieu et sur un altruisme absolu. Ce message universel a inspiré d'éminentes personnalités politiques du monde contemporain et en inspirera sans aucun doute encore beaucoup d'autres.

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Franziska Nietzsche : Les billets de la folie

 Bouquins - Novembre 2023


La mère de Nietzsche, Franziska Nietzsche raconte dans une correpondance, pour la première fois traduite en français, les dernières années de la vie de son fils qui sombre peu à peu dans la folie.

Le 3 janvier 1889, à 44 ans, Friedrich Nietzsche est victime d'un effondrement mental à Turin. Avant d'être pris en charge par son ami Franz Overbeck, il envoie nombre de billets délirants, souvent signés " Dionysos " ou " Le Crucifié ", au pape et à diverses têtes couronnées d'Europe. Il est alors enfermé plusieurs mois dans un asile psychia - trique à Iéna avant que sa mère, Franziska Nietzsche, l'accueille chez elle à Naumbourg et prenne soin de lui jusqu'à sa propre mort en 1897. Ce livre compile les " billets de la folie " et, pour la première fois en français, les lettres que Franziska Nietzsche adressa à Franz Overbeck.

Celles-ci décrivent de l'intérieur les dernières années de la vie du philosophe, qui tombe progressivement dans un état végétatif. Franziska raconte avec simplicité et émotion son combat pour en obtenir la garde. Elle évoque sa certitude, vite déçue, de voir son fils guérir, mais aussi les petites joies du quotidien de " Fritz " – ses promenades, ses plaisanteries, le plaisir qu'il éprouve à écouter de la musique ou à ce qu'on lui fasse la lecture.

En parallèle, la renommée de Nietzsche croît. Les admirateurs en pèlerinage à Naumbourg se succèdent, les demandes de traduction et de contrats affluent, tandis que se profile la figure menaçante et intéressée de sa sœur, Elisabeth Förster-Nietzsche. Franziska se voit, pour un temps, attribuer la tutelle juridique de son œuvre même si, dévote et peu lettrée, elle avoue n'y rien comprendre, voire la désapprouver. Comme le précisait Stefan Zweig lors de la parution de cet ouvrage dans sa version originale en 1937, " c'est précisément celle qui comprenait peut-être le moins ses œuvres, la pieuse, la recluse, l'ignorante mère, qui a – miracle de la force de l'amour – le mieux décrit sa nature. "

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samedi 28 octobre 2023

Martin Heidegger : Histoire de la philosophie de Thomas d'Aquin à Kant

 Seuil - Novembre 2023 - L'Ordre philosophique


Au semestre d’hiver 1926-1927, tandis que Heidegger est en train d’achever son maître-livre Être et Temps, il dispense un cours qui offre une grande traversée dans l’histoire de la philosophie. Celui-ci constitue à bien des égards le laboratoire de l’ouvrage.
Heidegger y trace en effet un chemin entre la métaphysique moderne et la théologie médiévale, en avançant l’idée que la doctrine moderne de l’être qui se déploie autour du « Je » cartésien doit se comprendre à partir de la doctrine de saint Thomas. Le philosophe scolastique apparaît lui-même comme le point de consolidation de la métaphysique antique, entièrement refondue dans le cadre de la théologie chrétienne. Heidegger entreprend ensuite une analyse – inédite dans son œuvre - de l’Éthique de Spinoza, faisant émerger le spinozisme comme la seule philosophie moderne, avant Hegel, qui soit parvenue à penser l’être absolument.
Tout en corrigeant l’idée que Heidegger aurait exclu Spinoza de sa compréhension de la métaphysique, ces leçons représentent également un document de premier ordre pour reconstituer la genèse de sa réflexion : ce serait pour pallier les lacunes d’une métaphysique au sein de laquelle l’être est rabattu sur la substance ou le sujet que le philosophe se serait vu confronté à la nécessité de tenter un nouveau commencement pour la pensée.

Martin Heidegger (1889-1976) est considéré comme l’un des philosophes majeurs du XXe siècle, dont l’influence a été considérable, d’Arendt à Foucault en passant par Sartre ou Levinas. Son engagement en faveur du national-socialisme à partir des années 1930 a été présenté et discuté dans de nombreux ouvrages, dont, au Seuil, Heidegger et l’antisémitisme de Peter Trawny (Points, 2023).

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Isabelle Krier : Marie de Gournay, philosophe morale et politique à l'aube du XVIIe siècle

 Classiques Garnier - Novembre 2023


Première étude consacrée à Marie de Gournay, philosophe morale et politique, ce livre a pour but de réparer une négligence. « Fille d'alliance » de Montaigne et éditrice des Essais, Gournay est aussi l'autrice d'une oeuvre peu lue : Les Avis. Analyste de l'absolutisme et satiriste de la société de cour, elle y propose une refonte sans précédent du pouvoir et de l'ordre élitaire d'Ancien Régime. Sa défense de l'égalité tant sociale que genrée prévaut. Religion et langage sont l'objet d'une approche inédite où l'importance du peuple est reconnue. Héritière du scepticisme de Montaigne, Gournay voit cependant dans la raison un instrument de justice crucial. Ses idées ne sont pas sans échos avec des revendications révolutionnaires bien plus tardives.

Isabelle Krier est professeure de philosophie et docteure en philosophie. Ses recherches portent sur Montaigne, Marie de Gournay, le scepticisme moderne, la philosophie morale et politique du XVIe et du XVIIe siècle et le féminisme. Elle a publié Montaigne et le genre instable (Paris, 2015) et dirigé un collectif : Les Matérialistes paradoxaux (Paris, 2023).

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Michel de Montaigne : Journal de voyage en Italie par la Suisse et l'Allemagne

 Bouquins / Mollat - Octobre 2023


Montaigne est surtout connu pour ses Essais, mais il a laissé derrière lui une autre œuvre mémorable : le journal du voyage qu'il entreprit à travers la Suisse, l'Allemagne et l'Italie entre 1580 et 1581. Les raisons réelles ou présumées de ce périple sont multiples : fréquenter les sources thermales les plus connues d'Europe pour soigner sa maladie de la pierre, fuir les troubles des guerres de Religion et les tracas domestiques, se confronter à l'altérité, ou encore briguer un poste d'ambassadeur en Italie. L'une des originalités de ce journal est d'avoir été écrit partiellement par un mystérieux secrétaire, avant que Montaigne lui-même ne reprenne la plume, en français mais aussi en italien.

" La lecture du Journal de voyage est un plaisir continu parce que Montaigne garde les yeux ouverts sur le monde ", rappelle Antoine Compagnon dans sa préface. " Il nous reste un recueil primesautier d'observations merveilleuses sur la nature, l'architecture, l'urbanisme, l'habitat, les hommes, les mœurs, les croyances, les aliments. En toute liberté ! "

Cette édition, réalisée par Nina Mueggler avec l'aide de Laura Piccina, annotée et richement illustrée, offre une nouvelle adaptation du texte selon les usages du français moderne, de façon à le rendre plus accessible au lecteur contemporain. Toutefois, il ne s'agit pas d'une traduction mécanique ou systématique, mais d'un travail délicat de restauration, fidèle à l'esprit de l'édition des Essais parue dans la collection Bouquins en 2019. Les interventions concernent surtout la syntaxe et le vocabulaire, quand ce dernier a changé de sens ou a disparu. La ponctuation, l'accentuation et l'orthographe ont été adaptées aux critères d'aujourd'hui. On n'en apprécie que mieux la saveur, le rythme de la langue d'époque et, à travers elle, tout le génie de ce voyageur singulier.

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Anaïs Delambre : Présences du spinozisme dans l'esthétique allemande du XVIIIe siècle

 L'Harmattan - Octobre 2023


Spinozisme et esthétique. Ces deux éléments majeurs de l’historiographie allemande ne semblaient pas faits pour se rencontrer. D’une part, la réception tourmentée du spinozisme est nourrie de critiques métaphysiques et théologiques, depuis les premières diffusions de certains écrits du vivant de Spinoza. D’autre part, l’esthétique naît officiellement en 1750 avec le souhait de réhabiliter la sensibilité au moyen du goût et de la connaissance sensible. Or, en dépit des apparences, l’ouvrage fait l’hypothèse qu’une rencontre s’est produite en des lieux précis que sont la théorie de l’imagination, l’art d’inventer ou la doctrine des affects, en un mot : l’anthropologie. Cette hypothèse conduit à affronter la problématique d’une « réception esthétique » du spinozisme et de son rôle dans la constitution de l’esthétique. La réponse proposée ici prend appui sur des « signes » au moyen desquels sont identifiées les « présences » du spinozisme dans l’esthétique rationaliste, de Tschirnhaus à Lessing. In fine, l’ouvrage s’attache à inclure Spinoza parmi les précurseurs de l’esthétique.

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Frédéric Le Blay : La fascination du volcan. Les mythes et la science

 Vrin - Septembre 2023


L’entreprise consistant à retraduire et commenter le poème anonyme latin sur l’Etna, unique traité antique consacré au volcanisme transmis jusqu’à nous, invite à une enquête approfondie sur le statut des « montagnes de feu » au sein des sciences et savoirs des Anciens. Ce phénomène, parmi les plus fascinants, relève de l’étude des météores selon la définition donnée par Aristote à cette partie de l’investigation sur le monde tel que nous le connaissons. Les volcans restent cependant les grands absents de la météorologie antique, si l’on en juge par les témoins conservés. La littérature de langue grecque ou latine regorge par ailleurs de récits mettant en scène le spectacle qu’offrent les éruptions des volcans connus. Il faut comprendre les raisons d’un tel paradoxe. Cet essai constitue la première étude de synthèse sur la « volcanologie » gréco-romaine.
Étude accompagnée d’une nouvelle édition du poème latin Sur l’Etna.

Frédéric Le Blay est maître de conférences à Nantes Université, attaché au Centre François Viète. Ses travaux en philosophie des sciences portent sur les savoirs environnementaux dans les mondes anciens.

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Markus Gabriel : Fictions

 Vrin - Novembre 2023


Fictions s’interroge sur l’esprit du temps, le Zeitgeist : comment une ère dite post-factuelle a-t-elle pu s’installer et comment un tel régime des apparences a-t-il pu à ce point brouiller les rapports entre faits et fictions? Si les rapports entre être et apparence sont le premier élan de la philosophie, répondre aux enjeux ontologiques contemporains demande de reprendre à nouveaux frais les objets fictionnels et de proposer ce qui, à bien des égards, s’apparente à un traité de l’imagination. L’ontologie des champs de sens – théorie de la complexité –, dans cette nouvelle étape du Nouveau réalisme, s’y emploie en trois mouvements. Le réalisme fictionnel propose une analyse des objets fictifs et fictionnels; le réalisme mental s’attache aux objets de l’imagination, décrypte la fabrique des illusions et discute pied à pied avec la phénoménologie; le réalisme social décrit la dimension publique de l’esprit et propose des analyses d’ontologie sociale.
C’est à proprement parler une « philosophie de l’esprit » qui trouve ici son développement, esprit pensé comme la manifestation irréductible et incontournable qu’a le sujet de se représenter lui-même, en un mot sa capacité à l’autoportrait. Les fictions sont au centre de ce mode de représentation, elles en sont aussi la clé. En comprendre le fonctionnement, les limites et surtout la nécessité (les fictions sont bien réelles) permet d’en circonscrire l’incidence et surtout de renforcer les outils critiques des sciences humaines et sociales, souvent les grandes perdantes des arbitrages socio-économiques et politiques.

Markus Gabriel, né en 1980, est professeur d’épistémologie et de philosophie moderne et contemporaine à l’Université de Bonn en Allemagne.Traduction de Frédéric Gendre.Préface de Jocelyn Benoist.

Traduction de Gendre Frédéric

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vendredi 27 octobre 2023

Jean-Marie Jadin : La périphérie philosophique de la psychanalyse

 Erès/Arcanes - Septembre 2023


La visée de ce livre est de présenter la relation entre la psychanalyse et la philosophie autrement que comme une opposition. L’auteur montre que la pratique analytique développe des idées très particulières concernant les questions traditionnelles que se posent les philosophes. Mais aussi en retour, il éclaire certaines données de la théorie psychanalytique en déplaçant le centre de gravité vers la manière qu’a la philosophie de les traiter.
Avec cette vision double, un certain relief sera donné aux thèmes classiques de la philosophie que sont la parole, le temps, la conscience, ou encore moins classiques, comme l’analogie, la perte, la triade de l’imaginaire, du symbolique et du réel, et enfin l’inadaptation de l’homme au monde. 
Jean-Marie Jadin philosophe en psychanalyste sur les processus qui créent l’inconscient : la condensation et le déplacement. Toutes ces questions formulées dans un langage accessible sont illustrées par de nombreux exemples cliniques.

Jean-Marie Jadin est psychiatre et psychanalyste à Mulhouse depuis bientôt cinquante ans. Ancien interne et chef de clinique du chu de Strasbourg, il est aussi l’auteur de plusieurs livres et de très nombreux articles consacrés à la pratique et la théorie psychanalytique.

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Franck Cosson : Tocqueville

 Ellipses - Novembre 2023


Philosophe atypique dont la pensée peut apparaître déroutante à première lecture, pratiquant une exceptionnelle attention au réel, Tocqueville n’expose dans aucun de ses ouvrages de doctrine prédéfinie ou de système de pensée ayant en lui-même sa propre valeur explicative.
S’appuyant sur l’intuition décisive d’une égalité des conditions, il ne perd jamais de vue la réflexion sur la liberté et sur la condition humaine en général considérée du point de vue des causes démocratiques qui la déterminent dans le domaine de la société et de la culture portant sur les institutions politiques, les idées, les habitudes, les pratiques intellectuelles et artistiques, les sentiments, les passions, les mœurs ou encore les manières.
Articulée à une véritable anthropologie, cette philosophie, riche et nuancée, éclaire d’une manière originale nos manières d’être, de faire et de penser ; elle devrait nous permettre, selon le vœu de Tocqueville lui-même qui songeait « à l’avenir », de porter sur nous-mêmes un regard plus distancié propice à une meilleure connaissance des sociétés démocratiques dans lesquelles nous vivons.

Agrégé et docteur en philosophie, qualifié aux fonctions de maître de conférence, Franck Cosson enseigne en classes préparatoires au Lycée Henri Poincaré à Nancy.

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Alban Leveau-Vallier : IA. L'intuition et la création à l'épreuve des algorithmes

 Champ Vallon - Novembre 2023


Depuis le début des années 2010, à mesure que les réseaux de neurones d’apprentissage profond (deep learning) défrayent la chronique (AlphaGo, voitures autonomes, ChatGPT…) et s’intègrent à un nombre croissant de domaines (traitement des images, du son, du langage…), une rumeur enfle : les algorithmes feraient preuve d’intuition, voire de créativité. Est-ce à dire, comme le prétendent leurs inventeurs, que le projet d’intelligence artificielle serait sur le point de percer les mystères de l’origine et du fonctionnement de la pensée, et ainsi de prouver que rien ne distingue les humains ni les vivants des machines ?
Ce livre s’appuie sur une description précise des réseaux de neurones d’apprentissage profond (leur histoire, leur fonctionnement et leurs usages) et s’arrête sur la manière dont ils simuleraient certaines de nos facultés (perception, induction, imagination) afin d’aborder de front les questions que soulèvent leurs inventeurs : Est-il possible de reproduire artificiellement la naissance de l’intelligence ? La créativité se laisse-t-elle mécaniser ? Que manque-t-il aux comparaisons avec les machines pour bien définir l’humain ?
Du côté des tenants de l’IA comme de leurs détracteurs, les réponses sont trop vite tenues pour acquises, alors qu’elles peuvent être l’occasion de renouveler notre regard sur certains problèmes fondamentaux de la philosophie, aussi bien classiques, comme l’opposition entre la « pensée aveugle » selon Leibniz et l’intuition selon Descartes, que contemporains, comme la tension entre les tenants de la subjectivité et les pensées de la structure sans sujet, ou encore la frontière entre humains et non-humains. Surtout, en soulevant l’origine des idées et de la pensée en général, elles nous incitent à revisiter le problème de l’émergence, ce que l’auteur fait en proposant l’hypothèse d’une contingence première que l’esprit partagerait avec le monde.

Alban Leveau-Vallier, né en 1986, est ancien élève de l’école Normale Supérieure de la rue d’Ulm, de HEC et docteur en philosophie. Il est chercheur associé au laboratoire LLCP de l’Université Paris 8 et chargé de cours à Sciences Po Paris.

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Arne Næss : Vers l’écologie profonde

Wildproject - Novembre 2023


En fondant l’écologie profonde, Arne Næss a donné à l’écologie sa première expression philosophique. Revendiquant l’héritage de Spinoza et de Gandhi, Næss définit l’écologie profonde par opposition à une écologie « superficielle » qui n’aurait pour but que la préservation des ressources en vue du développement des pays riches. Replacer la nature au cœur de la pensée et au centre de nos valeurs : tel est le renversement auquel il invite la philosophie occidentale.
Dans ce savoureux dialogue autobiographique avec son complice David Rothenberg, Næss nous emmène dans quelques-uns de ses lieux de prédilection, et revient sur son parcours intellectuel et humain. De sa formation en philosophie à son amour de la montagne, en passant par ses activités de résistant, on refait avec lui le chemin qui l’a conduit à quitter l’université pour mettre en œuvre cette « révolution copernicienne ».

Arne Næss (1912-2009), alpiniste, résistant, fondateur du mouvement mondial de « lʼécologie profonde », est lʼun des grands philosophes du 20e siècle.

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La revue lacanienne 2023/1 (N° 24) : Haines

 Erès - Octobre 2023


Que dire de la haine actuelle qui aujourd’hui se déploie dans un rejet du langage et du sexuel ? N’est-elle qu’un prolongement des mécanismes repérés dans le champ social et dans la clinique en 2002 par Charles Melman, ouvrant à l’hypothèse d’une nouvelle économie psychique ? Faut-il y voir une torsion supplémentaire, le déchainement ― la désintrication comme le disait Freud ― de la haine de soi, c’est-à-dire l’exacerbation d’une contradiction interne au parlêtre, un côté de lui-même repoussant l’autre, que nous pourrions nommer une « passion du Réel » ? Si tel est le cas, sommes-nous condamnés à une exclusion de plus en plus large, qui visera tout autant le sujet en l’Autre ― de nouveaux génocides sont inévitables ­― que le sujet en soi ― à savoir l’autodestruction ? Le poumon d’acier au UN par UN comme sinthome­ peut-il encore faire symptôme dans le champ social ? Ou pour le dire autrement, quelle valeur accorder aujourd’hui à l’affirmation de Lacan : l’inconscient, c’est le politique ?

Page 9 à 10 : Claude Landman - Éditorial | Page 11 à 13 : Marc Morali - Ouverture | Page 17 à 27 : Marc Estenne - Déclinaisons contemporaines de la haine : du langage, du sexuel, du corps | Page 29 à 36 : Thierry Florentin - Trempée dans lalangue | Page 37 à 42 : Michèle Dokhan - Je n’ai rien à dire sur la haine | Page 43 à 53 : Jean-Paul Beaumont - La haine est liée au langage | Page 55 à 64 : Gérard Amiel - La haine de l’amour est-elle une passion spécifiquement psychanalytique ? | Page 65 à 70 : Marc Morali - Autojustice, le retour des Érinyes ? | Page 73 à 80 : Esther Tellermann - Le wokisme : archipélisation de la pensée ou du ressentiment ? | Page 81 à 93 : Fernanda Costa-Moura - L’impensable, l’indicible, l’inconcevable : ce qui est là depuis toujours et ce qui est venu pour rester | Page 95 à 105 : Marika Bergès-Bounes - L’enfant, la haine et la psychanalyse | Page 107 à 114 : Sophie Dencausse - Le harcèlement à l’école | Page 115 à 126 : Monique Lauret - L’identité contemporaine en souffrance : le trans symptôme | Page 127 à 133 : Nazir Hamad - La haine chez l’enfant et l’adolescent | Page 137 à 149 : Jean-Louis Chassaing - La haine, colistière de l’ennui | Page 151 à 155 : Olivier Mannoni - Un nouveau visage de la haine | Page 157 à 164 : Jean-Pierre Lebrun - Une haine indicible | Page 167 à 176 : Alexis Chiari - La Haine contre elle-même | Page 177 à 185 : Omar Guerrero - D’une haine du politique à une politique pour la haine | Page 187 à 199 : Valentin Husson - Foules ressentimistes : de la haine qui vient | Page 201 à 211 : Dominique Jacques Roth - La haine est-elle haïssable… ? | Page 215 à 221 : Thierry Florentin - Les apologues de Jacques Lacan de Nicolas Dissez | Page 223 à 229 : Micha Vandermeulen - De l’évidemment à l’évidement… Pardit ! | Page 231 à 242 : Freddy Guilloteau - La force libératrice de la pulsion de mort | Page 243 à 244 : Valentin Nusinovici - Charles Melman, un message avant départ.

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