lundi 30 avril 2018

Lucien Sève et Louis Althusser : Correspondance 1949-1987

Editions Sociales/La Dispute - Avril 2018


De 1949 à 1987, Louis Althusser (1918-1990) et Lucien Sève (1926), tous deux philosophes et communistes, devenus amis pour la vie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, échangent une centaine de lettres nourries de vifs débats d’idées.
Dans cette correspondance, particulièrement riche entre 1963 et 1973, on voit s’affiner les analyses et se nouer les désaccords sur des questions de haute importance théorique et politique à leurs yeux – l’apport de Mao Zedong à la dialectique est-il valide ? Le matérialisme historique de Marx est-il un antihumanisme ? Une psychologie le prenant pour fondement est-elle pensable ? – et quelques autres. Au-delà d’un certain point, le dialogue se rompt, mais l’amitié subsiste jusqu’au bout, et fait porter l’attention sur de nouveaux objets.
Cette correspondance, qui réunit le fonds d’archives de l’IMEC et la collection personnelle de Lucien Sève, fait ici l’objet d’une édition critique. Relisant ces échanges cinquante ans après, Lucien Sève s’attache à décrypter lettre par lettre ce qui peut paraître aujourd’hui énigmatique. L’historien du communisme Roger Martelli apporte au lecteur nombre d’éclaircissements sous forme de notes et d’une substantielle postface où il s’attache à dégager les apports originaux de ce volume à l’intelligence d’un moment marquant dans l’histoire du communisme français et dans la vie intellectuelle au XXe  siècle.

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Camille Abettan : Phénoménologie et psychiatrie. Heidegger, Binswanger, Maldiney

Vrin - Avril 2018



Parce qu’elle promet de rapprocher médecine et philosophie, la phénoménologie psychiatrique constitue une entreprise réellement enthousiasmante. Mais cet enthousiasme ne doit pas masquer le fait qu’elle est aussi le lieu d’un problème. Tant d’auteurs y ont contribué et tant de propositions différentes ont été faites en son nom qu’il est bien difficile de dire à quoi elle correspond vraiment et de clarifier le statut de son discours. La présente étude vise fondamentalement à préciser « ce qu’est » la phénoménologie psychiatrique, en prenant pour fils conducteurs trois de ses plus éminents contributeurs. Un tel projet implique une triple tâche. Il faut d’abord comprendre pour quelles raisons elle est, à un moment, apparue, ce qui suppose de ressaisir le problème auquel elle se donnait initialement pour tâche de répondre. Il faut ensuite analyser et comparer les thèses qui entrent en débat lorsqu’il s’agit de caractériser davantage l’incontournable de la psychiatrie, à savoir l’existant. Enfin, il faut tenter de comprendre comment s’articulent en son sein son versant théorique et le versant pratique qui lui échoit en tant qu’elle revendique être psychiatrique, c’est-à-dire avoir un lien avec le champ médical.
La phénoménologie a-t-elle quelque chose à dire à la psychiatrie? Celle-ci a-t-elle quelque chose à apprendre aux philosophes? Autant de questions qui ne sont qu’apparemment simples et requièrent la conquête d’un point de vue à la fois équitable et démystifié sur cette passionnante aventure qu’est la phénoménologie psychiatrique.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Camille Abettan est docteur en médecine et docteur en philosophie.

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Frédéric Nef : La connaissance mystique. Emergences et frontières

Cerf - Avril 2018


Et si la mystique, souvent considérée comme une expérience de l’inconnaissable, obéissait, au contraire, aux normes communes de toute expérience ?
C’est la thèse que développe Frédéric Nef : appliquer à la mystique les normes de la connaissance en ce qui concerne d’abord la justification des croyances et le rôle premier de la perception pour affirmer l’existence d’une « connaissance mystique » et cerner son objet, l’essence ou la bienveillance de Dieu. Cette lecture va donc à contre-courant de la manière actuelle de concevoir la mystique – un territoire ineffable pour les enfants perdus –, en rapatriant la connaissance mystique sous l’autorité rectrice d’une épistémologie générale, et en favorisant des comparaisons fructueuses avec la physique et la métaphysique. Dans son argumentation exigeante l’auteur prend en compte tant les mouvements de la théologie mystique que des phénomènes mystiques (les stigmates, les sens spirituels), et des techniques spirituelles (l’aspiration ou la suspension). En ce sens ce livre est également la cartographie de tout un monde dont il cerne l’émergence splendide,
puis le tragique retrait. Un maître-ouvrage, l’oeuvre d’une vie.

Frédéric Nef est directeur d’études à l’EHESS. Auteur de nombreux articles et livres en sémantique, histoire de la philosophie, théologie philosophique, il a contribué à faire connaître la métaphysique à un large public, notamment grâce à son livre Qu’est-ce que la métaphysique ? (Gallimard, 2004). Il est l’auteur d’une trilogie fameuse : L’objet quelconque, Les propriétés des choses, L’anti-Hume (Vrin, 1999, 2006, 2017).

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Raffaele Carbone : La Vision politique de Malebranche

Classiques Garnier - Avril 2018


Cet ouvrage reconstruit la conception politique de Malebranche en dégageant de ses textes une autre possible déclinaison de la théorie politique à l’époque moderne à partir d’un examen critique des rapports de pouvoir. Il explore les liens entre les principes du malebranchisme et sa vision politique.


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Anne Lécu, Brice de Malherbe, Dominique Folscheid : Le transhumanisme, c'est quoi ?

Cerf - Avril 2018 - Idées


Comment est née l’idéologie transhumaniste ?
• Comment est-on passé de la volonté d’améliorer les conditions de la vie humaine au fantasme d’une nature humaine profondément modifiée ?
• Le transhumanisme est-il une utopie réalisable ?
• Quels en sont les fondements intellectuels ?
• Quels sont les dangers d’une telle entreprise ?
• Comment réhabiliter l’humanisme aujourd’hui ?

Trois spécialistes, un médecin, un philosophe et un théologien, répondent ici aux questions que pose aujourd’hui ce sujet de société aussi crucial que fascinant.
Un ouvrage accessible pour connaître et comprendre le transhumanisme.

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dimanche 29 avril 2018

Philippe Petit : Petite philosophie de la prostate

Cerf - Avril 2018 - Idées


La prostate ? Cette glande est la première cause de cancer masculin en France : 54 000 cas par an. Elle est aussi le siège de plaisirs intenses... Pourtant, aucun philosophe du corps, ni aucun philosophe du plaisir, n'a daigné écrire sur cette glande commune à tous les hommes, comme si elle était une chose honteuse ou vaine, trop personnelle. On n'en trouve trace ni dans les écrits de Michel Foucault, ni chez les historiens de la " virilité ". Pourquoi une telle ablation ? Pourquoi cette amnésie, à une époque où l'on parle sans cesse de plaisir et de sexualité ? Dans ce récit philosophique et autobiographique, Philippe Petit raconte sa maladie, et revisite même son enfance blessée, sa vie d'homme avant et après 1968... Il invoque Pascal, Cabanis, Nietzsche, François Dagognet et Philip Roth, dans une approche neuve de la philosophie médicale ; promouvant une véritable révolution " masculine " capable de conjoindre l'amour et la sexualité. Philippe Petit livre ici une admirable philosophie de l'expérience, qui nous plonge au coeur de la psychologie masculine.

Journaliste et philosophe, Philippe Petit a été rédacteur en chef de la rubrique " Idées " de Marianne et producteur de l'émission " Les nouveaux chemins de la connaissance " sur France Culture. Il est l'auteur de La France qui souffre parue chez Fammarion (2008).

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Hadrien France-Lanord : La couleur et la parole. Les chemins de Paul Cézanne et de Martin Heidegger

Gallimard - Avril 2018 - Collection : L'infini


Au départ de cet ouvrage, une phrase de Martin Heidegger prononcée en 1958 à Aix-en-Provence : "J'ai trouvé ici le chemin de Paul Cézanne auquel, de son début jusqu'à sa fin, mon propre chemin de pensée correspond d'une certaine manière". Comprendre cette correspondance entre la pensée de Heidegger et la peinture de Cézanne suppose de comprendre quelle mutation la révolution phénoménologique du XX ? siècle a fait subir à la pensée pour qu'un philosophe reconnaisse comme interlocuteur privilégié l'oeuvre d'un peintre et non d'un autre philosophe. L'exposition du dialogue entre Heidegger et Cézanne est aussi une manière d'interroger l'originalité de la correspondance entre la révolution phénoménologique et l'art moderne.

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Benoît Goetz : La Dislocation. Architecture et philosophie

Verdier poche - Avril 2017


La dislocation est l’événement qui affecte l’espace contemporain. Mais on peut dire tout aussi bien que cet événement était contenu de manière immémoriale dans l’espace lui-même qui est, par définition, une puissance d’écartement et de dispersion. Les mythologies du lieu, les représentations du monde empêchaient toutefois cet événement d’éclater au grand jour.
Cette survenue de la dislocation n’a rien, en soi, de catastrophique. Elle signifie simplement que les espaces désormais flottent librement, détachés, insuperposables à quelque image du monde que ce soit, désamarrés de tout système cosmique, de toute croix orientante. Ni lieux, ni non-lieux, des espaces – des esplaces – naissent et meurent au travers de processus complexes : construction, architectures, devenirs qui emportent la citadinité, gestes et attitudes d’habitants et de passagers. La description de ces espaces relève donc à la fois d’une poétique de l’architecture et d’une reprise de la question concernant le sens de l’habitation du monde.

Préface de Jean-Luc Nancy. Initialement paru aux éditions de la Passion (2001)

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vendredi 27 avril 2018

Antony Burlaud et Jean-Numa Ducange : Marx, une passion française

La découverte - Avril 2018 - Recherches


Des sciences humaines à la vie interne des partis politiques, des avant-gardes artistiques au monde colonial francophone, de l'extrême-gauche à la droite aronienne, un regard singulier qui permet de comprendre les multiples usages et déformations d'une œuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.
En octobre 2017, une enquête montrait qu'un jeune Français sur deux rejetait l'idée selon laquelle " le mot communisme fait ancien, dépassé ". Plus d'un quart des sondés exprimait une opinion positive sur la " pensée de Karl Marx ". 
Malgré la disparition de l'URSS, l'effondrement du Parti communiste, les séquelles laissées par le stalinisme et la doxa affirmant qu'" il n'y a pas d'alternative ", le spectre de Marx hante toujours l'imaginaire français. Nul hasard à cela : la vie intellectuelle comme l'histoire politique de la France ont été durablement marquées par les présences multiples de Marx. 
Deux siècles après la naissance de ce dernier, en 1818, cet ouvrage offre un éclairage historique et sociologique sur la façon dont la pensée de Marx a été reçue dans le contexte français, du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il propose non pas une nouvelle interprétation de Marx, mais un décryptage des formes complexes qu'y a prises son œuvre. 
Analysant la place et l'influence de Marx dans le débat intellectuel, politique et artistique français, de l'extrême gauche à la droite aronienne, et jusque dans le monde colonial francophone, les contributeurs de cet ouvrage proposent un regard singulier qui permet de comprendre les usages – et mésusages – d'une œuvre qui reste parmi les plus importantes de l'époque contemporaine.

Antony Burlaud est un ancien élève de l'ENS d'Ulm, docteur en sciences politiques, spécialiste de l'histoire du socialisme. 
Jean-Numa Ducange est historien, maître de conférences à l'université de Rouen. Il est spécialiste de l'histoire des gauches françaises et germanophones.

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Gerard de Vries : Bruno Latour. Une introduction

La découverte - Avril 2018


Gerard de Vries expose ici avec clarté le cheminement et la logique des travaux que Bruno Latour a menés pendant ces quarante dernières années. Depuis ses premiers écrits sur les sciences et les techniques jusqu'à son anthropologie des Modernes, on suit le développement de ses idées au fil de ses travaux ethnographiques, sans oublier les controverses qu'elles provoquent.
Bruno Latour est un des philosophes contemporains les plus influents. Ses études ethnographiques ont révolutionné notre compréhension des sciences, du droit, de la politique et de la religion. Il nous propose une philosophie et une approche des sciences sociales radicalement nouvelles, fondées sur un point de vue réaliste, matérialiste sur le monde. 
Dans ses livres fondateurs, il proposait de renoncer aux vieilles distinctions propres à la pensée " moderne " occidentale – en particulier entre nature et société – au profit d'une nouvelle description du monde dans lequel nous vivons. Elle l'a conduit à accorder une importance considérable à la crise écologique et au rôle des sciences en démocratie. 
La " philosophie empirique " de Latour a évolué au fil du temps. Gerard de Vries expose avec clarté le cheminement et la logique de tous les travaux et enquêtes qu'il a menés au cours des quarante dernières années. Il nous guide à travers ses principaux livres depuis ses premiers travaux sur les sciences et les techniques jusqu'à son anthropologie des Modernes (de Pasteur à Gaïa), montrant la façon dont ses idées se sont développées et les controverses qu'elles ont provoquées.

Gerard de Vries est professeur de philosophie des sciences à l'université d'Amsterdam.

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Bertrand Vergely : La destruction du réel

Le Passeur - Avril 2018


Bertrand Vergely poursuit sa réflexion amorcée dans La Tentation de l'homme-Dieu sur le désir d'immortalité, désir proprement totalitaire de faire advenir une société parfaite. 
Pour le philosophe, trois grandes névroses dues à l'idée de l'homme-Dieu caractérisent notre époque : la névrose à l'égard de la vie qui se traduit par les nouvelles parentalités, la névrose à l'égard de l'homme qui se traduit par l'apparition du robot affectif et la névrose à l'égard du réel qui se traduit par le triomphe du virtuel. Tous ces changements ont en commun la disparition du réel, ce que les philosophes appellent l'être. Cette disparition n'est pas un hasard. Derrière elle se profile le retour à la pensée magique. Un nouvel irrationalisme ainsi qu'un nouvel obscurantisme sont en train d'apparaître à travers la négation de nos limites biologiques pour qu'enfin l'homme puisse tout maîtriser. Cela répond à un fantasme profond inscrit dans l'inconscient du monde occidental à travers sa fascination pour le sujet indifférencié. 
L'homme-Dieu est fort tant qu'il n'est pas démasqué. Comme tous les pervers, il n'aime guère que sa perversion soit nommée. Elle perd alors tout son pouvoir. En ce sens, ce livre s'emploie à démasquer la perversion de l'homme-Dieu et à montrer que cette idée domine notre société post-moderne.

Bertrand Vergely est philosophe. Il enseigne en classes préparatoires à Orléans, ainsi qu'à l'Institut Saint-Serge à Paris. Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages de philosophie générale et d'essais, parmi lesquels Petite Philosophie du bonheur (2002), Le Silence de Dieu (2006), Retour à l'émerveillement (2010), Deviens qui tu es (2014), et au Passeur Editeur La tentation de l'Homme-Dieu et Traité de résistance pour le monde qui vient. Il a également coécrit avec Marie de Hennezel Une vie pour se mettre au monde (2010).

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Max Marcuzzi (dir.) : Fichte et l'ontologie

Publications de L'Université de Provence - Avril 2018


On sait que pour Kant « le nom orgueilleux d’une ontologie, qui prétend donner des choses en général des connaissances synthétiques a priori <…> doit faire place au nom modeste d’une simple analytique de l’entendement pur » (Critique de la raison pure). Serait-ce alors que l’ontologie, comme pensée de l’être, doive disparaître de toute philosophie transcendantale ? Telle est la question qui anime les textes du présent volume, où sont proposés des regards croisés sur une possible « ontologie » fichtéenne. Il en ressort la question du statut de l’absolu, et, corrélativement, du degré de la rupture chez Fichte entre métaphysique dogmatique et philosophie transcendantale. D’un côté, Fichte dit ne parler que du savoir et non de l’être – ce pour quoi son œuvre est une doctrine de la science. D’un autre côté, il affirme l’être sous la forme de Dieu, et son discours semble alors rejoindre la situation qui précède la distinction entre ontologie (comme métaphysique générale), et théologie (comme métaphysique spéciale), établie au cours du XVIIIe siècle.
Les présentes études montrent que la redétermination tant de l’être que de Dieu justifie chez Fichte leur identification, et une réduction de l’ancienne métaphysique au binôme être/image. Parce que l’être n’est pas chez Fichte un être mort, inerte, mais vie et réalité dynamique, il est par soi créateur et mérite à ce titre d’être compris comme Dieu. Si le concept d’être et l’idée de Dieu subissent ainsi une modification totale de leur détermination, une simple reconduction de la pensée de Fichte à une métaphysique précritique manquerait l’essentiel de la visée de sa doctrine. C’est ce que visent à établir les études du présent volume.

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jeudi 26 avril 2018

Claude Rabant : Néant et Création. Ce que peut le corps

Hermann - Avril 2018 - Psychanalyse


Freud, dès la Traumdeutung, en 1900, marquait l'existence d'une limite à l'interprétation du rêve, sous forme de "l'ombilic du rêve". C’est-à-dire un rapport à l'inconnu et à l'ininterprétable. Quinze ans plus tard, dans la Métapsychologie, il accentuait cette difficulté de situer l'origine du langage hors du champ du sens et de l'interprétation. Il rejoignait ainsi la question posée par les métaphysiciens du XVIIe siècle : fallait-il concevoir un Néant à la source de la création ? Si Dieu n'était pas fou, à quelle condition laissait-il la liberté humaine créer un univers rationnel qui soit à la fois celui de l'invention scientifique et celui de la création artistique ? La réponse était dans l'existence d'un Dieu réduit lui-même à ce néant créateur. Avec la peur suscitée chez les croyants sous couvert de l'athéisme. Où en sommes-nous aujourd'hui de cette déconstruction du "mythe endopsychique" qui nous maintient au plus loin du réel ?

Claude Rabant est est un psychanalyste et philosophe français. Il est l'auteur de nombreuses publications, dont : Métamorphoses de la mélancolie (2010), La Frénésie des Pères (2012 - prix Oedipe 2013), et Jalousie (2015).

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Jérôme Porée : Phénoménologie de l'aveu

Hermann - Avril 2018


On ne peut qu’être frappé, quand on commence à réfléchir sur l’aveu, par ses multiples acceptions : de la confession privée à l’autocritique imposée par les États totalitaires, en passant par la fonction qu’il remplit dans la plupart des cours de justice. Ces multiples acceptions sont en rapport avec les multiples domaines où il joue un rôle et qui invitent à y voir un « fait social total » : la religion, la morale, le droit, la politique. La première ambition d’une phénoménologie de l’aveu est de réduire cette multiplicité à l’unité. La seconde est de répondre au soupçon dont l’aveu est devenu l’objet chez des penseurs qui, à l’instar de Foucault, voient seulement en lui une intériorisation pathologique de la violence sociale. Car ce soupçon, sans doute, est légitime, mais quelle est sa revendication la plus constante ? L’innocence. Or cette innocence présente parfois, aujourd’hui, des traits plus effrayants que toutes les maladies de la culpabilité, que tous les méfaits de l’auto-accusation, que tous les appels à la reddition du désir. Défense de l’aveu : tel aurait donc pu être aussi le titre du présent ouvrage. 

Jérôme Porée est professeur de philosophie à l’université Rennes 1. Il est l’auteur notamment de La philosophie à l’épreuve du mal (1993), Le mal. Homme coupable, homme souffrant (2000), Sur la douleur (2017), L’existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricœur (2017).

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Jacques Arnould : Oublier la Terre? la conquête spatiale 2.0.

Le Pommier - Avril 2018


Jusqu’où conquérir l’espace… et pourquoi ?

Aujourd’hui, la Terre ne suffit plus aux GAFA. Elon Musk, à la tête de Space X, Jeff Bezos et sa société Blue Origin, ou encore le britannique Richard Branson, dirigeant de Virgin Galactic, investissent massivement dans le spatial. Et on peut dire que ces cowboys de l’espace n’ont pas peur de voir les choses en grand.

Le but de ces chantres de ce que l’on appelle le Newspace: changer le monde, ni plus ni moins. Or ce monde est aussi le nôtre et les questions que cette conquête spatiale 2.0 posent nous concernent tous. Passer quelques jours dans la Station Spatiale Internationale, pour la coquette somme de 30 millions d’euros, est-il vraiment un progrès pour l’humanité, ou un bon business ? Plus sérieusement, pourquoi l’humanité entreprendrait-elle la conquête, la colonisation, l’exploitation d’une autre planète, d’un astéroïde ? Pour sauver l’espèce humaine de l’extinction ? La Terre est-elle si mal en point qu’il faudrait tout simplement la mettre au rebut ? Justement, que penser des liens entre les perspectives du NewSpace et les courants transhumanistes ?

En tout cas, même si l’on peut légitimement s’interroger sur les véritables motivations de ces aventuriers d’un genre nouveau, les questions soulevées ont le mérite de nous faire nous interroger sur le futur que pourrait nous offrir le développement actuel des techniques et des politiques spatiales. Parce qu’aller habiter sur la Lune n’est peut-être pas si stupide que ça… Or, il faut y penser maintenant sous peine de louper la navette !

Philosophe et historien des sciences, Jacques Arnould est chargé des questions éthiques au Centre national d'études spatiales (CNES)

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Henri Atlan : Cours de philosophie biologique et cognitiviste. Spinoza et la biologie actuelle

Odile Jacob - Avril 2018


Les avancées de la biologie contemporaine posent de façon nouvelle des problèmes philosophiques anciens, tels que ceux des rapports entre le vivant et l’inanimé, entre le corps et l’esprit, l’erreur et la vérité. 
La philosophie de Spinoza, bien que datant du XVIIe siècle, apporte à ces problèmes des solutions plus pertinentes que la plupart des philosophies plus récentes, développées dans les siècles qui l’ont suivie. 
En retour, les acquis actuels des sciences physiques et biologiques, notamment des neurosciences cognitives, permettent de porter un nouveau regard sur certaines notions propres à la philosophie de Spinoza, telles que sa « petite physique », la nature cause de soi, la notion de matière, l’essence des choses, les genres de connaissance, qui acquièrent de ce fait un surcroît d’actualité. 
Une approche tout à fait nouvelle de la philosophie, et de Spinoza en particulier, grâce à la biologie et aux sciences cognitives. 

Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique, fondateur et ancien directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l’hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem. Il est également directeur d’études en philosophie de la biologie à l’EHESS. Il a notamment publié Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, ainsi que, aux éditions Odile Jacob, Le Vivant post-génomique, qui ont été de grands succès.

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mercredi 25 avril 2018

Jérôme Lèbre : Une pensée voisine. Lectures françaises de la philosophie allemande

Hermann - Avril 2018


L’Allemagne n’a plus de destin, et tant mieux. C’est ainsi qu’elle est devenue une voisine comme une autre. Mais peut-être est-elle le pays qui a le plus pensé sa destinée et celui qui s’en est le plus écarté. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a encore quelque chose à nous dire, qui n’est pas de l’ordre de la rigueur économique. Les textes présentés ici interrogent le romantisme et l’idéalisme allemands, puis se penchent sur la lecture qu’en font les passeurs et les penseurs français, de Blanchot à Nancy, pour brosser une esquisse de ce qui ne peut plus être ni une importation du vrai, ni une œuvre collective, ni un destin commun ; dans la relation avec l’Allemagne se joue plutôt la prise de distance vis-à-vis de l’œuvre, au nom de la singularité et de l’être en commun, ou, même si notre grande voisine en parle peu, de ce qui peut encore se nommer communisme.

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mardi 24 avril 2018

François-David Sebbah : L’éthique du survivant. Levinas, une philosophie de la débâcle

Presses universitaires de Paris Ouest - Avril 2018 - Collection : Humanités-Hominités


Ce livre propose une trajectoire à la double signification.

Il part à la recherche d’une philosophie aussi pessimiste qu’optimiste, pour nous qui survivons dans l’ombre portée
de l’événement traumatique de la débâcle et déjà auprès de gouffres insoupçonnés, jusqu’ici inimaginables – exemplairement, dans la possibilité effective de la fin du monde, de notre monde, pour ainsi dire au sens littéral.

Il propose une lecture de Levinas. Pour ce faire, il s’intéresse plus particulièrement à deux moments de l’oeuvre, disons, tout simplement et au risque d’une légère simplification, le début et la fin : de la débâcle traversée par le captif (les textes de la période de guerre – les Carnets de captivité, les romans inachevés, et De l’existence à l’existant ) vers le survivant et son éthique impitoyable.

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Estelle Ferrarese : La fragilité du souci des autres. Adorno et le care

Ecole Normale Supérieure - Avril 2018 - Collection : Perspectives du care


Ce livre renouvelle et acère la théorie critique par le féminisme. Il interroge la philosophie sociale de Theodor W. Adorno et propose de penser, au moyen des théories du care, la question de la fragilité sociale du souci des autres. Comment le geste moral émerge-t-il dans notre forme de vie capitaliste sous-tendue par une indifférence généralisée ? Quelles en sont les conditions sociales ? Son hypothèse est que le capitalisme compartimente l'attention à autrui, limite son possible développement en l’assignant aux femmes, dans des domaines et pour des tâches toujours spécifiques. Comment appréhender le contenu moral du care effectivement mis en actes, dès lors qu’il se révèle être le produit d’une distribution genrée des dispositions morales, celle-ci étant une condition de possibilité du marché ?

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François Duchesneau : Organisme et corps organique de Leibniz à Kant

Vrin - Avril 2018 - Mathesis


Leibniz a contribué à forger les notions d’organisme et de corps organique. Le modèle qu’il élabore à l’orée des Lumières suscitera adaptations et métamorphoses et servira de ferments aux théories proto-biologiques. Christian Wolff, mais aussi Louis Bourguet, développant les implications du « mécanisme organique », repensent des éléments clés de la science du vivant. Maupertuis, Buffon et Needham s’inspirent de la doctrine des monades pour rendre compte de l’organisation vitale et des lois de la génération. Déterminant l’irritabilité et la sensibilité comme propriétés de la vie organique et de la vie animale, Haller postule un cadre leibnizien pour les hypothèses que lui inspire l’harmonie préétablie. Charles Bonnet développe ces hypothèses en système et élabore les prémisses d’une monadologie physiologique. L’empreinte du modèle leibnizien se manifeste aussi chez Michael Christoph Hanov, créateur du vocable « biologie », reformulant les principes leibniziens-wolffiens pour les ajuster à l’épigenèse des corps organisés. Issues plus indirectement de ce même modèle, surgissent des théories d’inspiration vitaliste qu’illustrent aussi bien les philosophies de Diderot et de Jean-Claude de la Métherie, que les physiologies de Blumenbach et de Kielmeyer. Avec la théorie kantienne des êtres organisés se dévoile une ultime incarnation de cette « physique spéciale » vouée à l’organisme, que Leibniz faisait reposer conjointement sur la causalité efficiente et la finalité.

François Duchesneau est professeur émérite de philosophie et d’histoire des sciences à l’Université de Montréal. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire de la philosophie moderne et consacré une part importante de ses travaux aux études leibniziennes, ainsi qu’à l’épistémologie de la biologie.

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lundi 23 avril 2018

Olivier Sartenaer : Qu'est-ce que l'émergence ?

Vrin - Avril 2018 - Collection : Chemins philosophiques


Le concept d’émergence est récemment réapparu avec force sur le devant de la scène philosophique. La notion est séduisante, notamment en cela qu’elle permettrait de promouvoir une vision « non réductionniste » du monde naturel. À cet égard, elle se retrouve souvent mobilisée à tort et à travers à tous les niveaux du discours scientifique, de la physique aux sciences cognitives, en passant par la biologie. Mais qu’est-ce que l’émergence exactement? Est-ce seulement un concept cohérent? N’y gagnerait-on pas à identifier, derrière l’idée traditionnelle du « tout est plus que la somme des parties », une pluralité de lectures possibles, chacune associée à des limites et des enjeux différents?

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Philosophique 2018 : TRAVAIL – TECHNIQUE – PRODUCTION : [Marx-Fourier]

Presses universitaires de Franche-Comté - Avril 2018


Hegel-Marx, Marx-Trentin, le concept de production chez Marx, d'un côté, Fourier et les avant-gardes de la radicalité, Fourier et les ouvertures offertes à la sociologie et à la critique de l’économie de l’autre, le présent volume tente de tracer au cœur de la résignation un axe de lecture prospectant les sentiers oubliés de l’action sociale et politique.

Directeur éditorial : Louis Ucciani

TABLE

Éditorial
Hervé Touboul – La société civile hégélienne et Marx 
Jean-Pierre Cotten – Remarques à partir de La cité du travail de Bruno Trentin (1997, 1998, 2014) ;
Claude Morilhat – Marx, « puissance » ou « force » de travail ?
Christian Guinchard – Repenser la composition du monde avec Fourier ;
Louis Ucciani – Les postures de la radicalité [Notes sur la conception du travail chez Fourier] ;
Chantal Guillaume – Une nouvelle boussole économique
Notes de lecture pour aujourd'hui.
abien Ferri – L'herméneutique matérielle : une nouvelle phénoménologie de la connaissance ;
Florian Gulli – Les Allemands de Norbert Ellias ;
Florian Olivier – Des valeurs dans l'air du temps ;
Michaël Crevoisier – Les métamorphoses de l'intelligence de Catherine Malabou ;
Samuel Chaîneau – La stigmergie : un concept fécond pour pense l’intelligence collectives.

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Gérard Le Don : Voir la sculpture. Essai sur le dispositif sculptural

PUR - Avril 2018 - Aesthetica


Que se passe-t-il lorsque nous percevons une sculpture ? Et que faut-il, d’abord, entendre par « sculpture » ? À partir d’une définition très générale, empruntée au psychologue de la perception J. J. Gibson, du dispositif sculptural comme artefact symbolique communiquant par sa disposition, c’est-à-dire par « l’arrangement persistant des surfaces les unes par rapport aux autres et par rapport au sol », et en s’appuyant sur les découvertes récentes des neurosciences et des sciences cognitives, l’auteur s’attache à montrer comment notre appréciation d’une ½uvre de sculpture se construit sur une réponse multisensorielle à l’exploration visuelle de ses surfaces, mais aussi sur des mécanismes de restitution de la tridimensionnalité qui permettent de la saisir comme structure pleinement déployée dans l’espace. Une réflexion sur la nature de la représentation comme usage intentionnel des mécanismes naturels de la reconnaissance d’objet est l’occasion d’aborder la question de l’expression depuis le point de vue de la perception, et de la définir comme une détection d’invariants sans identification « à l’origine de réponses émotionnelles que nous ne comprenons pas » (J. LeDoux) mais que nous cherchons à nommer par la métaphore. Sculpture et perception s’interroge aussi sur les rapports entre la sculpture et l’image et sur la nature de la relation esthétique.

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samedi 21 avril 2018

Pierre Verstraeten : Philosophies de la liberté. Sartre, Deleuze, Badiou, Hegel…

Kimé - Avril 2018


Édition préparée et préfacée par Véronique Bergen

Afin que la pensée du philosophe Pierre Verstraeten circule, nous avons, sa fille Sarah Verstraeten et moi, opéré un choix de textes épuisés ou difficilement trouvables. De ses très nombreuses contributions, nous avons retenu un entretien avec Sartre, des questionnements relatifs aux problématiques de la liberté et de l’aliénation, de l’événement, de la possibilité d’une morale. Ces textes qui sondent les systèmes de Hegel, Sartre, Deleuze, Badiou, qui dialoguent avec la peinture de Maurice Matieu, avec le contemporain sous toutes ses formes (actualité politique, cinéma, littérature…) ne sont nullement des réflexions « sur » mais des explorations personnelles de problèmes philosophiques travaillés par la flamboyance d’une pensée jamais en repos. Au cœur des enjeux de sa pensée, la production d’une alliance entre la dialectique hégélienne, l’existentialisme sartrien et le vitalisme deleuzien.

Pierre Verstraeten (1933-2013), philosophe, figure marquante de l’Université Libre de Bruxelles, sartrien qui renouvela la pensée de Sartre, il est l’auteur de Violence et éthique (Gallimard, 1972), L’Anti-Aron (La Différence, 2008).

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Julia Beauquel : Danser, une philosophie

Carnets Nord - Avril 2018 - Une philosophie


« Pourquoi une personne danse-t-elle ? Parce qu’elle se sent vivante et joyeuse ; ou pour le bien-être que cela lui procure. Tantôt la joie engendre la danse, tantôt la danse engendre du plaisir. Le plaisir et la joie se cultivent et s’expriment en dansant. »

Pour célébrer la rencontre de la philosophie et de la danse, et nous mettre en mouvement, Julia Beauquel nous invite à rencontrer toutes les formes de danse, du ballet classique et contemporain aux danses thérapie, aux danses du monde, aux mouvements qui amènent la joie. Elle nous propose de cueillir le jour, en dansant. La philosophe convoque Nietzsche, Pascal, Rousseau, Descartes ; la danseuse fait lever les corps, les rend aériens, et nous entraîne dans la danse.

Docteure en philosophie, Julia Beauquel enseigne l’esthétique et la philosophie en école d’art et exerce parallèlement une activité de critique d’art contemporain. Après avoir longtemps pratiqué la danse, elle a notamment publié Philosophie de la danse, un ouvrage co-dirigé avec Roger Pouivet et paru dans la collection Aesthetica des Presses Universitaires de Rennes (2010), puis Esthétique de la danse, ouvrage issu de sa thèse de philosophie (dans la même collection, en 2015).

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Vincent Bontems : Bachelard et l'avenir de la culture. Du surrationalisme à la raison créative

Transvalor - Presses des mines - Avril 2018 - Sciences de la conception


« Le passé de la culture a pour véritable fonction de préparer un avenir de la culture ». Gaston Bachelard. L’Activité rationaliste de la physique contemporaine « Le surrationalisme » est un article de Gaston Bachelard qui occupe une place singulière dans sa production épistémologique. Publié en juin 1936, dans l’unique numéro de la revue Inquisitions, ce manifeste rédigé dans un style flamboyant défend la liberté de la raison face au conservatisme des habitudes de pensée. Le progrès de l’esprit en science, en art ou en politique, exige, selon Bachelard, une phase de « turbulence » et d’« agressivité » pour faire advenir la nouveauté. 80 ans plus tard, quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de Bachelard se penchent sur les enjeux actuels du surrationalisme. Ils précisent l’originalité de la notion dans l’oeuvre du philosophe, en questionnent la portée dans les sciences, et en dégagent les implications pour repenser la place de la science dans la société. Cette réflexion aboutit à une épistémologie de la « raison créative » inspirant les recherches actuelles sur la conception innovante et les régimes de création. Quand le préfixe « sur » promeut une expansion et une transgression des limites, le « rationalisme » rappelle à la rigueur et à la vigilance. Leur alliance forme une pointe, finement ciselée et précisément calculée, qui exprime les exigences quasi-paradoxales de toute invention. Comme Bachelard visait à éclairer le présent de la science en fonction d’un futur encore incertain, il s’agit aujourd’hui de créer des concepts neufs dont on ne peut encore garantir la validité mais qui peuvent orienter notre action en brisant les certitudes sur ce qui est possible ou impossible. En revisitant les ambitions surrationalistes de l’épistémologie bachelardienne, ce livre tâche donc aussi de livrer des clefs pour penser l’avenir de la culture.

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mercredi 18 avril 2018

Étienne Balibar : Spinoza politique. Le transindividuel

PUF - Avril 2018


Ce volume rassemble les principales études consacrées par Étienne Balibar à la philosophie de Spinoza, dans son rapport intrinsèque à la politique. Partant de la thèse que Spinoza avait reprise de Tacite (la « crainte des masses »), il aboutit à une interprétation renouvelée des modes de communication et des genres de vie, que résume la triple explication du Nom divin : Dieu c’est la Loi, Dieu c’est l’Homme, Dieu c’est la Nature. Pour accomplir cette transition, il faut parcourir plusieurs espaces théoriques : la construction de la démocratie comme limite des régimes étatiques, où s’exprime la puissance de l’être en commun ; l’ontologie du transindividuel, qui affirme le primat de la relation sur l’être isolé ; enfin la constitution du sujet comme une conscience recherchant l’intelligence des affections de son propre corps. Cette enquête permet alors d’approfondir la conception de l’anthropologie philosophique que l’auteur défend dans le cadre du débat contemporain sur l’actualité du spinozisme.

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Vincent Delecroix : Non ! De l'esprit de révolte

AUTREMENT - Avril 2018 - Collection : Les Grands Mots


Jamais dire Non n'aura été aussi à la mode, jamais être anti-conformiste n'aura été aussi répandu. Mais mesure-t-on vraiment l importance vitale que revêt ce petit mot?
Paradoxalement fécond, c'est un mot qui agit plus qu'il ne signifie. Or que se passe-t-il quand je dis Non? Du premier refus de l'enfant à la résistance politique, la révolte ou la destruction, en passant par un délicat «Non merci!» aux pouvoirs insoupçonnés, Non irrigue nos vies et nos sociétés. Mais comment éviter la posture stupide ou le repli stérile, comment en faire bon usage?
Vincent Delecroix explore les vertus du refus, déconstruit ses mythologies et propose, enfin, un autre Non. Un Non qui n est pas simple négation, mais un certain usage de la négativité, du retrait, de l'impertinence ou de l'ironie. Un Non intime, intelligent et indispensable à la vie de l'esprit et à la vie tout court.

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mardi 17 avril 2018

Transversalités 2018/2 (n°145) : Interpréter l’Écriture

ICP - Avril 2018


Page 5 à 6 : Olivier Artus - Liminaire | Page 7 à 21 : Olivier Artus - L’exhortation post-synodale Verbum Domini et la pratique de l’exégèse biblique | Page 23 à 38 : Jean-Daniel Macchi - Interprétations de la Bible dans le protestantisme | Page 39 à 63 : Emmanuel Durand - Relire Dei Verbum 11-13 dans son histoire... Pour surmonter une fausse division entre exégèse scientifique et théologie | Page 65 à 82 : Patrick Prétot - Sacramentalité de la Parole et liturgie des Heures. Une ouverture de Verbum Domini 56 | Page 83 à 100 : Kota Kanno - Doubles explorations d’« identité (ipséité) » dans le cas de l’Apologia pro vita sua | Page 101 à 122 : Chiara Pesaresi - L’anthropologie phénoménologique de Jan Patočka | Page 123 à 136 : Erwan Sommerer - L’oubli du pluralisme dans la démocratie agonistique. Schmitt lu par Mouffe : une offensive manquée contre le libéralisme post-politique | Page 137 à 142 : - Rapports de soutenance de thèse | Page 143 à 151 : - Liste des thèses soutenues à l’Institut Catholique de Paris en 2017 | Page 161 à 162 : - Liste des publications des enseignants-chercheurs de l’Institut Catholique de Paris. 

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lundi 16 avril 2018

Anne Sauvageot : Luc et Christian Boltanski. Fraternité

La lettre volée - Avril 2018


Luc Boltanski est un sociologue dont les travaux ont initié un tournant décisif dans l’histoire de la discipline, mais il écrit et publie aussi recueils de poèmes, pièces de théâtre et opéra. Christian Boltanski est un artiste plasticien reconnu internationalement, dont les œuvres ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’art contemporain. Même s’il prétend n’avoir guère étudié et ne jamais lire, il s’interroge constamment sur les énigmes du social. Si proches et si différents, ces deux frères font preuve, à travers leur biographie menée ici en parallèle, d’une forte proximité créative autour d’une préoccupation qui leur est commune – la fraternité – non pas seulement celle qui les a fait frères – mais une fraternité au-delà des frontières, une fraternité pensée, réfléchie, choisie.

Anne Sauvageot est professeur émérite de sociologie (Université Toulouse Jean Jaurès). Elle a publié entre autres Voirs et savoirs (PUF, 1994), L’Épreuve des sens (PUF, 2003), Sophie Calle. L’art caméléon (PUF, 2007), Jean Baudrillard. La passion de l’objet (PUM, 2014).

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Collectif : Des sciences sociales à la science sociale. Fondements anti-utilitaristes

Editions Le Bord de l'eau - Avril 2018 - Collection : La bibliothèque du MAUSS


On attend des sciences sociales qu'elles nous aident à comprendre la marche du monde. Or elles en semblent toujours plus incapables. Non seulement elles apparaissent le plus souvent en retard sur l'événement mais, noyées dans l'hyper spécialisation, perdues dans la guerre entre disciplines, elles voient toujours mieux certains détails mais de moins en moins bien l'ensemble. A côté des spécialistes, il est urgent de former des généralistes qui sachent faire dialoguer les différents champs de la science sociale. Parler de la science sociale, évoquer son unité, au moins à titre d'idéal régulateur, peut sembler un combat perdu d'avance, tant elle est fragmentée. Mais il existe déjà une certaine forme de science sociale généraliste, qui n'est autre que la science économique généralisée, inspirée par la théorie des choix rationnels, sous toutes ses formes, et par l'utilitarisme et ses dérivés (cognitivistes, constructivistes, etc.) C'est cette science sociale générale qui modèle la conception du monde dominante, hégémonique même à l'échelle planétaire, et qui inspire et légitime les politiques menées dans tous les pays. Avec des résultats discutables, tant aux plans théorique, qu'éthique ou politique. Il nous faut donc retrouver l'idéal et la réalité d'une science sociale généraliste (qu'a pu en son temps incarner la sociologie classique) mais la faire reposer sur d'autres fondements que l'utilitarisme. Par ailleurs, la globalisation du monde modifie en permanence l'échelle et la définition même des sociétés. Symétriquement, la globalisation des sciences sociales et la contestation de l'hégémonie conceptuelle occidentale imposent elles aussi de repenser le passé de nos disciplines pour les projeter vers l'avenir. C'est dans cette perspective que se sont réunis à Cerisy-la-Salle, en 2015, une quarantaine de chercheurs de renommée internationale, anthropologues, économistes, géographes, historiens, philosophes et sociologues. L'accord qu'ils ont su trouver est prometteur.

Direction : Alain Caillé, Philippe Chanial, Stéphane Dufoix, Frédéric Vandenberghe

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dimanche 15 avril 2018

Avicenne : Logica (Logique du Šifā)

Librairie Philosophique Vrin - Avril 2018 - Collection : Sic et Non


Voici enfin l’édition critique, par Françoise Hudry, d’un classique de la philosophie, connu jusqu’ici uniquement par une édition imprimée en 1508 à Venise.
La Logica Avicennae est la traduction latine médiévale de la première partie de l’encyclopédie du philosophe Avicenne/Ibn Sinā (980-1037) intitulée Kitāb al-Šifā ou Livre de la Guérison. Cette partie, al-Madkhal, traite de la logique et s’ouvre, selon l’usage, par un commentaire de l’Isagoge de Porphyre (234-305). Elle a été traduite d’arabe en latin par Abraham ibn Daud dit Avendauth (m. 1180), philosophe juif arabophone né à Cordoue.
Ce texte, relevant d’une première méthode d’Avicenne, est appuyé sur les auteurs hellénophones alexandrins, en particulier Ammonius (Ve -VIe s.). Il appelle donc une recherche des sources grecques avant d’examiner sa tradition arabe. Cette traduction latine semble être le plus ancien témoin jusqu’ici connu d’une première rédaction d’al-Madkhal.
La Logica ici publiée dans une version à la fois plus sûre et plus lisible, soigneusement annotée, est accompagnée d’une Introduction Doctrinale d’Alain de Libera, qui permettra au lecteur de prendre la mesure effective d’une œuvre demeurée trop longtemps inaccessible.

Texte latin, édition critique de la traduction médiévale par F. Hudry
introduction doctrinale par A. de Libera

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