jeudi 28 février 2019

Pierre Klossowski : Sur Proust​ (inédit)

Serge Safran éd. - Février 2019


« En plein XXe siècle, dans cette vie parisienne de la précédente guerre et après guerre, avec les moyens et les normes de diverses traditions de la narration française, Proust a édifié un plateau du Tibet, a creusé dans la conscience occidentale une cité souterraine de Lhassa, a développé d’une manière des plus secrètes une discipline de dévoilement progressif des différentes toiles de fond, des différents écrans qui font obstruction à une vision dernière (une sorte de livre des morts tibétain)… » P. K.

Peintre et dessinateur, traducteur essayiste et romancier, Pierre Klossowski (1905-2001), frère aîné de Balthus, a partie liée avec bien des mouvements littéraires du siècle dernier. Il a des amitiés multiples : Rilke, André Gide, Georges Bataille, Breton, Foucault…

Michel Butor, en 1971, l’invite à participer à une émission de télévision sur « Proust et les sens ». Il saisit l’occasion de relire La Recherche du temps perdu et d’en livrer son interprétation personnelle. Voici comment Pierre Klossowski désigne une œuvre littéraire à nulle autre pareille, et offre, de façon souterraine, une expérience d’ordre spirituel confinant à l’extase.

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Jérôme Ravat : Ethique et polémiques. Les désaccords moraux dans la sphère publique

Cnrs - Février 2019 - Collection : Philosophie/Politique/Histoire des idées


Euthanasie, gestation pour autrui, excision, prostitution, légalisation du cannabis, peine de mort, corrida, consommation de viande, immigration, fiscalité... Qu'ils prennent l'aspect de discordes ponctuelles ou de polémiques récurrentes, qu'ils donnent lieu à des délibérations policées ou à des explosions de violence, les désaccords moraux ne cessent d'irriguer, d'enflammer et de fissurer la sphère publique. En éveillant la stupéfaction ou l'indignation, ils entraînent dans leur sillage des collisions au sein d'un espace commun, d'intenses clivages entre des individus ou des groupes qui se perçoivent tour à tour comme des contradicteurs, des adversaires ou des ennemis. 
Mais quelles sont donc les sources des désaccords moraux ? Quelles sont les formes et les forces qui les animent ? Quels sont les cheminements qui mènent à leur éclosion, leur extension ou leur extinction ? Et comment remédier aux fractures qu'ils provoquent, sans pour autant imposer des dogmes (absolutisme) ni renoncer au discours critique (relativisme) ? 
Telles sont les questions auxquelles ce livre s'efforcera de répondre. Il s'agira ici de conduire une enquête qui s'appuiera tout particulièrement sur la philosophie pragmatiste, les sciences cognitives et les sciences sociales. L'enjeu, dès lors, consistera à équilibrer deux exigences : d'une part, encadrer les désaccords moraux afin d'éviter l'infinie prolifération des conflits, et d'autre part, promouvoir leur expression publique dans une perspective résolument pluraliste. 

Ancien élève de l'École normale supérieure de Lyon, agrégé et docteur en philosophie, Jérôme Ravat est professeur en classes préparatoires aux grandes écoles.

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Jean-Claude Pastor : Grandes heures de la pensée chinoise. De la dynastie Song au XXe siècle

Les Indes savantes - Février 2019 - Collection : Etudes sur l'Asie


À partir du XIe siècle, la Chine connaît d’importantes transformations sociales et économiques, ses villes se développent considérablement, et les techniques de reproduction rapide des textes connaissent un essor spectaculaire, ce qui facilite la transmission du savoir et stimule les débats intellectuels. C’est cette conjonction d’un ensemble de facteurs qui favorise l’émergence d’un puissant courant philosophique qu’on appellera plus tard le « néo-confucianisme ». Les grandes figures de ce courant s’adonnent à un questionnement où la cosmologie est inséparable des préoccupations métaphysiques et morales. Après la longue période d’influence bouddhique que la Chine avait connue durant l’époque médiévale, pendant plusieurs siècles, ces lettrés seront animés par le désir de redonner à la pensée chinoise ses lettres de noblesse en rénovant la pensée confucéenne.

Au XIXe siècle, la Chine entre dans une phase de crise profonde qui donne lieu dans un premier temps à un courant confucéen réformiste qui s’essouffle rapidement. Une vague d’anti-traditionalisme lui succède au début du XXe siècle, à laquelle réagissent les premiers tenants du « confucianisme contemporain » qui adoptent une position plus sino-centrique tout en se réclamant de la science et de la démocratie. L’importation par ces penseurs de notions philosophiques occidentales provoque des hybridations conceptuelles révélatrices des énormes tensions qui parcourent une pensée qui se cherche depuis la chute de l’ordre impérial en 1911.

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mercredi 27 février 2019

Primo Levi : Ainsi fut Auschwitz. Témoignages (1945-1986)

Les Belles Lettres - Février 2019


Les vérités les plus précises — et les plus terribles, tant elles sont précises — sur la machine d’extermination. 
Quarante ans de témoignages, en grande partie inédits, d’une importance historique essentielle.

En 1945, au lendemain de la libération, les militaires soviétiques qui contrôlaient le camp pour anciens prisonniers de Katowice, en Pologne, demandent à Primo Levi et à Leonardo De Benedetti, son compagnon de détention, de rédiger un compte rendu détaillé sur les conditions sanitaires du camp. Le résultat est le Rapport sur Auschwitz, un témoignage extraordinaire, l’une des premières descriptions sur les camps d’extermination jamais élaborées. Publiée en 1946 dans la revue scientifique Minerva Medica, elle inaugure l’œuvre à venir de Primo Levi, témoin, analyste et écrivain. Dans les quatre décennies suivantes, Levi ne cessera jamais de raconter son expérience du Lager dans des textes de nature différente, qui, pour leur grande majorité, n’ont jamais été publiés ensemble. Des recherches entamées très tôt par Levi sur le destin de ses compagnons à la déposition pour le procès Eichmann, en passant par la « lettre à la fille d’un fasciste qui demande la vérité » et les articles parus dans des quotidiens et des revues spécialisées, Ainsi fut Auschwitz est une mosaïque de souvenirs et de réflexions critiques d’une valeur historique et morale inestimable.

Un recueil de témoignages, d’enquêtes et d’analyses approfondies qui, grâce à la cohérence, à la clarté de son style, à la rigueur de sa méthode, nous rendent le Primo Levi que nous avons appris à reconnaître comme un auteur classique de la littérature italienne.

Né à Turin en 1919, chimiste de formation, Primo Levi, déporté à Auschwitz en 1944, s’est donné la mort en avril 1987. Son livre Si c’est un homme, dont la réception en France fut tardive, est justement considéré comme l’un des plus importants témoignages sur l’univers concentrationnaire. Il a été traduit dans le monde entier.

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Driss Ksikès : Au détroit d'Averroès

Fayard - Février 2019


Ibn Rochd ? Averroès ? Le médecin-philosophe andalou n’a jamais cessé de muter et ressusciter. Né à Cordoue en 1198, il est mort en exil à Marrakech. Sa dépouille et ses manuscrits ont été exhumés et acheminés trois mois plus tard de Marrakech à Cordoue. Plus de vingt ans après, il a été rebaptisé à Paris du nom d’Averroès. Depuis, il a été ouvertement diabolisé par les théologiens puis secrètement réhabilité par les philosophes. Ce n’est qu’au xixe siècle que certaines de ses œuvres, écrites en hébreu et en latin, ont été retraduites en arabe. Au siècle dernier, redécouvert par libéraux et marxistes arabes, il est considéré comme subversif ou confiné dans des cercles d’initiés.
Dans ce récit plus vrai que vrai, Adib, professeur de philosophie dans un lycée de Casablanca, chroniqueur radio, tente avec panache de faire redécouvrir au public la voix de cet humaniste musulman. En toute maîtrise de l’anachronisme constitutif de notre temps, effaçant les frontières entre les personnages du xiie siècle et ceux du xxie, Driss Ksikes nous montre combien un homme libre d’esprit se sent encore à l’étroit chez lui. Parce que philosophe ?

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Sylvia Giocanti : Scepticisme et inquiétude

Hermann - Février 2019


Le philosophe sceptique serait-il voué à l’inquiétude ? Il est admis que le sceptique antique jouit de la tranquillité de l’âme non pas en dépit du doute mais grâce à lui. Est-on fondé à soutenir que l’âme du sceptique moderne, exilée de Dieu, est tourmentée par le doute ? Les Essais de Montaigne, modèle anthropologique, éthique et esthétique du scepticisme moderne, se présentent au contraire comme des pérégrinations enjouées, ou au moins consolatrices qui, se défiant de toute croyance, sont animées par un « souci de soi » non angoissé.
Relayée par des scepticismes partiels (Fontenelle, Nietzsche, Cl. Rosset, M. Conche, J.-F. Billeter, H. Blumenberg), la présente étude analyse les modalités sceptiques d’une quête sereine de la jouissance du monde, ainsi que leurs points de rupture avec les conceptions métaphysique (Augustin, Heidegger), pessimiste (Pascal, Leopardi) et foucaldienne de la subjectivité.

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mardi 26 février 2019

M.-Chr. Gomez-Géraud et J.-R. Valette (dir.) : Le Discours mystique entre Moyen Âge et première modernité, t. 1, La question du langage

Honoré Champion - Février 2019


La pensée commune peut bien associer mystique et silence, discours mystique et ineffable, il est difficile, après La Fable mystique de Michel de Certeau, de s’interroger sur ces questions sans chercher à articuler mystique et langage. C’est l’objet de ce volume, fondé sur un pari hermé­neutique qui déplace la borne temporelle situant l’avènement de la mystique aux XVIe-XVIIe siècles, et met en confrontation Moyen Âge et première modernité.
Il adopte une démarche pragmatique qui privilégie une réflexion sur les langues et leur aptitude à favoriser les mécanismes d’une littérature mystique, tout en s’interrogeant sur les modalités du langage où s’exprime le discours mystique (modalité du silence, codes et langue poétiques, fable). Une série d’études en miroir clôt l’ensemble : s’y voient associés, d’une manière aussi audacieuse que fructueuse, des grands noms de la littérature mystique : Maître Eckhart et Jean de la Croix, Bonaventure et François de Sales, Bernard de Clairvaux et Calvin.

Le présent volume est le fruit d’une collaboration au long cours entre médiévistes et modernistes – littéraires, historiens ou philosophes – ayant pour objet le discours mystique, et le premier d’une série de quatre : langage, sujet, Révélation, institution.

Marie-Christine Gomez-Géraud est professeur émérite de littérature française du XVIe siècle à l’université de Paris-Nanterre, spécialiste de la littérature de pèlerinage et de la Bible de Castellion.

Jean-René Valette est professeur de littérature médiévale à l’université de Paris-Sorbonne, spécialiste des liens entre littérature des XIIe-XIIIe siècles et histoire des idées.

Introduction de M.-C. Gomez-Géraud et J.-R. Valette.

Contributions de J. Canavaggio, J.-L. Chrétien, B. Darbord, I. Fabre, V. Ferrer, I. Garnier, C. Giraud, P. Gire, M.-P. Halary, P. Henriet, A. Mantero, H. Michon, F. Laurent, M. Mauriège, O. Millet, B. Petey-Girard, J. Rieu, J. R. Robbe, L. Solignac, J.-Y. Tilliette, F. Trémolières, J.-R. Valette, G. Veysseyre.

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Figures de l'art n°35 : Le devenir-cyborg du monde

Presses universitaires de Pau et des Pays de l'Adour - Février 2019


Sous la direction de Bernard LAFARGUE et BERNARD ANDRIEU

« Cyborg » est un mot composite. Il hybride ou marie pour le meilleur et pour le pire le kubernêtés (pilote de Platon) ou le cybernétique (logiciels informatiques permettant le bon fonctionnement de systèmes autorégulés de Norbert Weiner) et l’organique ou la chair. Manfred Clynes et Nathan Kline emploient pour la première fois le terme « cyborg » dans un article intitulé : « Drugs, Space and Cybernetics », qu’ils publient dans Cyborgs and Space, Astronautics, en septembre 1960 pour désigner un « humain amélioré » par un certain nombre de dispositifs de prothèses ou artefacts capables de s’autoréguler afin de lui permettre de survivre dans un environnement extraterrestre. Si ce livre, dont les articles proviennent pour l’essentiel d’un colloque que nous avons organisé en novembre 2017 à l'Université Bordeaux Montaigne, rend hommage aux inventeurs du concept, il prend acte de l’irrépressible et incontrôlable extension de sa signification durant ces dernières décennies. Notamment du fait de l’« artialisation » des romans et films de science-fiction. De quoi, de qui, « cyborg » est-il(le) le nom ? S’il s’avère que « cyborg » est le nom de cet être propre à toutes les hybridations, car « propre à rien », dont Rousseau repère dès son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes l’infinie « perfectibilité », quels sont ses droits et devoirs?

Telles sont les questions fondamentales auxquels s’efforcent de répondre les articles d’Alexandra Ain, Bernard Andrieu, Anaïs Bernard, Thomas Brunel, Johann Château-Canguillhem, Bernard Claverie, Giorgio Cipoletta, Cécile Croce, Jean-Paul Engelibert, Aurélia Gaillard, Carole Hoffmann, Fleur Hopkins, Akira Kurushima, Bernard Lafargue, Claire Lahuerta, Xavier Lambert, Albain Le Garroy, Avelino De Lima Neto, Aurélie Martinez, Salim Mokaddem, Judith Nicogossian, Petrucia Da Nobrega, réunis par Bernard Lafargue et Bernard Andrieu dans ce numéro 35 de Figures de l’art.

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Xavier de Jarcy et Marc Perelman (dir.) : Le Corbusier, zones d'ombre

Editions Non Standard - Novembre 2018


Pour la première fois, un ouvrage collectif rassemblant huit auteurs de cinq pays, et préfacé par le philosophe Emmanuel Faye, porte un regard calmement lucide sur un monument de l'histoire du XX° siècle : l'architecte et urbaniste Le Corbusier. Chercheurs, écrivains ou journalistes, tous animés par une même quête de vérité, abordent ici sans tabou l'illustre personnage. Ses relations avec le fascisme français, son désintérêt pour les questions sociales, sa vision biologique, hiérarchique et eugéniste de l'humanité, sa conception normative du corps et de l'espace, la légende qu'il a forgée au prix de quelques mensonges, l'opposition de ses fidèles à toute analyse critique de ses idées : chaque texte prend le temps d'étudier toutes ces facettes sous un angle inattendu. Car tout n'a pas encore été dit sur le prophète des " cités radieuses ", dont l'abondante prose est restée, jusqu'ici, beaucoup moins commentée que les fameuses constructions. Observé de plus près, Le Corbusier se révèle assez différent de son portrait officiel en bâtisseur apolitique et humaniste que de récents essais ont commencé d'écorner. Après des décennies de pieux éloges et d'explications édulcorées, une vraie réflexion s'est amorcée depuis quelques années. Elle s'approfondit dans ce livre puisant à des sources inédites.

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lundi 25 février 2019

Sociétés 2018/3 (n° 141) : Georges Bataille. Enracinement, actualités et perspectives

De Boeck Supérieur - Février 2019


Page 5 à 9 : Philippe Joron - Mise en garde... Redingote, gilet jaune et gros orteil | Page 9 à 16 : Juremir Machado Da Silva - Georges Bataille et la théorie de la religion | Page 17 à 24 : Edgar Morin, Philippe Joron - « De Bataille, je me sens très proche » | Page 25 à 33 : Michel Maffesoli - Une pensée inutile | Page 35 à 51 : Mario Perniola - Un désir non différable | Page 53 à 59 : Patrick Tacussel - La part de l’autre. Georges Bataille, notre prochain | Page 61 à 67 : Panagiotis Christias - La politique d’éros comme volonté de chance | Page 69 à 77 : Valeria Chiore - Laure. Le démon de la curiosité et ses échos | Page 77 à 85 : Fabián Sanabria - La part maudite des nouveaux chevaliers du monde | Page 87 à 97 : Onofrio Romano - Les Trente sans gloire vues par l’œil de Bataille | Page 99 à 105 : Alberto Abruzzese, Fabienne Perboyer - Des origines du capital. Bataille et Youporn | Page 107 à 117 : Breno Silva, Amélie Petiteau - L’hétérologie des phénomènes urbains | Page 119 à 131 : Philippe Joron - Le manque et le reste Georges Bataille et la part des choses maudites | Page 133 à 139 : Michel Baulaigue - Tensions à l’île de la Réunion : la puissance populaire des gilets jaunes | Page 141 à 143 : Fabio La Rocca, Fabio La Rocca - Edgar Morin, Le cinéma. Un art de la complexité. Articles et inédits – 1952-1962, Nouveau Monde Éditions, coll. Cinéma, Paris, 2018, 614 p..

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Émilie Du Châtelet : Correspondance

Cie 18è - Décembre 2018


La figure d'Émilie Du Châtelet (1706-1749) – née Gabrielle-Émilie Le Tonnelier de Breteuil et marquise Du Châtelet-Lomont par son mariage – ne s'est dégagée qu'à la fin du siècle dernier de cette aura de gloire auxiliaire qui avait si longtemps masqué, devant l'histoire, ses mérites et ses qualités propres: on l'avait le plus souvent réduite, par une misogynie généralement bien assumée, à rester l'«Émilie» de Voltaire, la dame et l'âme du «paradis terrestre» de Cirey, maîtresse passionnée, compagne d'étude et de vie, égérie d'une carrière orageuse, partageant dans une liaison mythique les travaux, les plaisirs et les peines du grand homme. Voltaire avait pourtant célébré en sa «divine Émilie», publiquement, avec une absolue sincérité, au-delà de la tendresse humaine, la femme d'exception douée de tous les dons de l'esprit, transcendant tous les préjugés de l'époque, du sexe, du rang, et portée par l'ambition moderne du savoir à investir d'un désir de survie une œuvre intellectuelle autonome et authentique. Tous les écrits d'Émilie Du Châtelet, ses Institutions de physique, son commentaire méthodique des Principia de Newton, partaient de là; et ils lui valurent de fait, dans un univers scientifique massivement masculin, une reconnaissance et un renom personnels, sans interférence trouble avec ceux de Voltaire. Le découplage récent des deux figures, effet complexe du développement de l'histoire des femmes, de l'histoire des sciences et de progrès décisifs intervenus dans l'analyse des sources et l'interprétation du dossier, rétablit une vérité historique trop longtemps refoulée.

Cette révolution trouve son prolongement naturel dans cette nouvelle édition de la correspondance d'Émilie Du Châtelet, la seconde après celle qu'en donna Theodore Besterman en 1958. Le caractère pluridisciplinaire du collectif éditorial, les éclairages nouveaux tirés des avancées de la recherche, les additions nombreuses apportées au corpus, en particulier de lettres relatives aux écrits savants et à leur réception, l'exploitation systématique des archives de famille redécouvertes en 2010, des documents du temps et de la presse européenne entre autres, permettront de recentrer l'intérêt sur la figure de l'auteur et de l'épistolière. La distribution du travail entre les collaborateurs a permis d'apporter une attention égale et aussi précise que possible aux diverses séries épistolaires – lettres savantes, intimes ou familiales, lettres de réseau, de dispute ou d'affaires – et aux divers correspondants dont la galerie reflète la richesse des intérêts et des rapports d'une vie: des amis de cur et de cour, des adversaires d'idées, un prince royal puis roi de Prusse, Frédéric II, des scientifiques français et européens, Maupertuis, Wolff, Clairaut, Cramer, Euler et Johann Bernoulli, des hommes de loi, des nouvellistes et même des poètes. Les lettres échangées avec Voltaire manquent encore – reparaîtront-elles un jour? mais cette lacune avive un paradoxe du recueil augmenté: ce lien privilégié, fait de séduction, d'admiration et de respect mutuels, diffuse ailleurs son exceptionnelle intensité, en creux ou en écho, jusque dans les lettres du dernier amour de Mme Du Châtelet pour Saint-Lambert, laissant au cur du recueil la voix féminine trop longtemps minorée. Peu de correspondances historiques et intellectuelles présentent une telle densité de passions, d'engagements, de risques, et l'évocation d'un accomplissement personnel aussi intense.

L'ouvrage comprend une introduction générale sur la vie et l'uvre de Mme Du Châtelet, l'historique des éditions, les principes de l'édition, une chronologie, des notices biographiques, le texte modernisé et annoté de toutes les lettres conservées, des annexes documentaires, des concordances avec les édition précédentes, des listes de lettres alphabétique et chronologique, une liste des manuscrits exploités et un index général.

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Abraham Rudnic (dir.) : La bioéthique au XXIè siècle

L'Harmattan - Février 2019



Cet ouvrage traite de questions aussi diverses que la fin de vie, la procréation médicalement assistée, la recherche sur les cellules souches, les nanotechnologies et la bioéthique spéculative. Comment prendre des décisions dans un contexte particulier de fin de vie où le traitement de maintien de vie prolonge la souffrance ? Comment élaborer une éthique des nanotechnologies ? Tels sont quelques-uns des enjeux éthiquement complexes que ce livre examine.

Abraham Rudnick, psychiatre et philosophe, est professeur à l'université de Dalhousie, Nova Scotia, Canada. Il est rédacteur en chef de la Revue canadienne de santé mentale communautaire et fondateur de l'unité canadienne du réseau international de la chaire UNESCO de bioéthique. Ses recherches portent essentiellement sur les aspects éthiques et philosophiques des soins de santé et les aspects psychiatriques et psychologiques des maladies mentales.

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dimanche 24 février 2019

Revue de métaphysique et de morale 2019/1 (N° 101) : Phénoménologie de la vie animale

PUF - Janvier 2019


Page 3 à 7 : Florence Burgat - Phénoménologie et différence anthropozoologique | Page 11 à 23 : Hernán Neira - Temps et moralité chez les animaux | Page 25 à 37 : Luca Vanzago - La manifestation de la douleur comme paradigme de l’interanimalité | Page 39 à 49 : Renato Boccali - Sur l’intercorporéité et l’interanimalité Merleau-Ponty et la chair primordiale | Page 53 à 64 : Garance Champlois - Le jeu et la vie animale : la distinction du monde et du milieu au regard d’un comportement limite | Page 65 à 76 : Annabelle Dufourcq - De l’imaginaire humain à l’imaginaire des animaux. Devenirs-animaux chez Bachelard, Deleuze et Guattari, et Haraway | Page 79 à 90 : Lucia Zaietta - Mélodie, essence et espèce. Thématisme et variations entre Raymond Ruyer et Maurice Merleau-Ponty | Page 91 à 100 : Dragos Duicu - La téléologie cachée dans la pensée biologique d’Uexküll | Page 101 à 142 : Laurent Joumier, Jacques English - Culture et civilisation chez Husserl | Page 143 à 149 : Anne Baudart - Gérard Jorland (1946-2018).

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Giorgio Agamben : Création et anarchie. L'œuvre à l'âge de la religion capitaliste

Rivages - Janvier 2019


Dans la culture occidentale, principe, création et commandement sont des notions étroitement liées. L'arche, l'origine, est aussi toujours déjà le commandement, et le commencement est toujours également le principe - "le prince" - qui gouverne et commande. C'est vrai aussi bien dans la théologie, où Dieu non seulement crée le monde, mais le gouverne et ne cesse de le gouverner par une création continue, que dans la tradition philosophique et politique, où principe et création, commandement et volonté forment ensemble un dispositif stratégique sans lequel s'écroulerait l'édifice de notre société.

Les cinq textes rassemblés ici tentent de désamorcer ce dispositif au moyen d'une minutieuse enquête archéologique des concepts d'oeuvre (Archéologie de l'oeuvre d'art), de création (Qu'est-ce que l'acte de création ? ), de commandement et de volonté (Qu'est-ce que le commandement ? ). Le territoire de l'archè est parcouru et exploré en tout sens à la recherche d'une issue anarchique. Jusqu'à ce que, dans le texte qui clôt le livre, l'anarchie apparaisse comme le centre secret du pouvoir, qu'il s'agit de mettre en lumière, pour qu'une pensée qui a déposé le principe et son commandement devienne possible.

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Régine Foloppe : Baudelaire et la vérité poétique

L'Harmattan - Février 2019


Quelle force de vérité accorder à la poésie ? Apparemment aucune selon Baudelaire. C'est pourtant lui qui assure le passage décisif vers une poésie qui remet en question ses fondements, son devenir, sa nécessité, une poésie qui exige d'être sans cesse perception à valeur existentielle. La réflexivité poétique qui s'exerce entre apparence et tréfonds de l'homme exacerbe le poétique et le menace. Où, quand, comment et vers quoi se joue le vrai du poème ? Pourquoi cette oeuvre pose-t-elle les enjeux de la modernité ? Se débattant contre tout Idéal absolu, la poétique baudelairienne désire la liberté incarnée et douloureuse de l'artiste, de l'humain.

Régine Foloppe, est l'auteur de plusieurs recueils poétiques, notamment : Tributaires du vent (Le Castor Astral, prix Max-Pol Fouchet) et Famines (Belin). Elle a publié des articles et des poèmes dans des revues (PO&SIE, Eidôlon, Friches, Diérèse...). Agrégée de lettres modernes, docteure en littérature française, elle enseigne à l'Université de Montpellier.

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Germanica 2018/2 (n° 63) : Heiterkeit. L'allégresse au cœur de l'écriture poétique et philosophique

Université Lille-3 - Février 2019


Page 7 à 14 : Béatrice Poulain - ‪Avant-propos‪ | Page 17 à 36 : Helmuth Kiesel - Heiterkeit im Schatten der Weltkriege und des Holocaust | Page 37 à 54 : Pierre Jean Brunel - ‪Hölderlin et l’idéal de la Heiterkeit classique selon Weinrich et Adorno‪ | Page 55 à 69 : Pola Groß - „Depression oder Fröhlichkeit?“ | Page 71 à 90 : Stefan Born, Tanja Angela Kunz - Literarische Erziehung im Zeichen philosophischer Heiterkeitsdebatten. Auf- und Entheiterung nach 1945 | Page 93 à 109 : Anja Gerigk - Lektionen in heiterer Ästhetik. Poetologische Jean-Paul-Rezeption für die Gegenwart | Page 111 à 126 : Elisa Primavera-Lévy - Die Freiheit eines Heiteren: Ernst Jüngers Marmorklippen | Page 127 à 145 : Béatrice Poulain - Le Voyage en Orient d’Hermann Hesse : un manifeste poétique et politique de l’allégresse | Page 147 à 162 : Jana V. Schmidt - Wir Überlebenden: Zur Heiterkeit des Unmöglichen | Page 163 à 178 : Ute Weidenhiller - Angstbesetzt ist das Leben, Überleben ist die Kunst. Zum Begriff der Heiterkeit in Herta Müllers Collagen | Page 179 à 183 : Martine Benoît - ‪Günter Kunert, Aus meinem Schattenreich – Gedichte, herausgegeben von Wolfram Benda, Carl Hanser Verlag‪ | Page 185 à 189 : Andrée Lerousseau - ‪Alexis Nouss à propos de Celan‪ | Page 191 à 193 : Marie Brunhes - Heidi Knörzer, Publicistes juifs entre France et Allemagne – Champions de la même cause ? | Page 193 à 196 : Cathy Guiffroy - ‪Ingrid Sonntag (Hrsg.), An den Grenzen des Möglichen. Reclam Leipzig 1945-1991‪ | Page 196 à 198 : Roxane Martin - L’œil et le théâtre | Page 198 à 199 : Martine Benoît - Hélène Leclerc (dir.), Le Sud-Ouest de la France et les Pyrénées dans la mémoire des pays de langue allemande au xxe siècle.

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Jean-François Petit, Vincent Puig, Vincent Laquais (dir.) : Boites noires et gilets jaunes. Regards croisés sur la socialité à l'ère de l'anthropocène

L'Harmattan - Février 2019


La période actuelle de l'anthropocène se caractérise par un bouleversement des équilibres systémiques. Cette situation nouvelle analysée par l'IRI et Ars Industrialis fait apparaître des questions nouvelles qui concernent, notamment, les réseaux sociaux, l'architecture du web, la gouvernementalité algorithmique, la contribution comme question politique, technologique et économique. Ces analyses croisent celles élaborées pendant trois ans au sein du groupe PHILOPRAT concernant l'identité collective dans une société d'individus, le statut des émotions et des peurs, l'enjeu des normes, le posthumanisme et le transhumanisme, le Buen Vivir et la capacitation, les Biens communs et les Commons.

Jean-François Petit, diplômé de l'IEP de Bordeaux et docteur Habilité à diriger des recherches, est Maitre de Conférences à l'Institut Catholique en Philosophie. Il appartient à l'Unité de Recherche « Religion, culture et Société » - EA 7403. Il est directeur du Réseau Philosophique de l'Interculturel (REPHI) et du groupe de recherche PHILOPRAT. 
Vincent Puig, diplômé de l'ESC Toulouse et titulaire d'un Master 2 en philosophie, est directeur de l'Institut de Recherche et d'Innovation du centre Pompidou qu'il a fondé avec Bernard Stiegler. Il prépare actuellement une thèse à l'Institut Catholique de Paris et est membre du groupe de recherche PHILOPRAT. 
Vincent Laquais, certifié et docteur en philosophie, est enseignant et chargé de mission à l'Institut St Louis St Clément de Viry-Châtillon et chargé d'enseignement à l'Institut Catholique de Paris. Il est membre du groupe de recherche PHILOPRAT.

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Carlos Alberto Gutiérrez V. : Parole et dialogue. De la pronominalité à l’engagement éthique : Rosenzweig, Buber, Levinas

Mimesis - Février 2019


L'homme contemporain affiche une méfiance à l'égard de la parole. Il lui est difficile d'y repérer un outil pour établir un dialogue et se lancer vers la rencontre de l'Autre. Dans ce livre on aborde cette question du point de vue d'une double triade, c'est-à-dire Dieu-Monde-Homme d'un côté, et Création-Révélation-Rédemption de l'autre. Cette double articulation est exposée dans la Nouvelle Pensée de Franz Rosenzweig, dans le Principe Dialogique de Martin Buber et dans l'appel du visage d'Emmanuel Levinas. Ils explorent, chacun à sa façon, les implications de la parole et du dialogue dans la construction de l'altérité. Dans ce contexte la séparation des rôles, voire la pronominalité, est une condition indispensable. Il faut l'assumer pour prendre un engagement éthique qui soit libre de tout calcul ou du commerce de la réciprocité.

Carlos A. Gutiérrez est Docteur en Philosophie à l'Université de Strasbourg, où il a obtenu un Master en Théologie. Il est professeur à l'Université Pontificale Antonianum à Rome. Il est membre de l'équipe de recherche en Anthropologie Philosophique et en Philosophie Latino-Américaine. Il a participé à des séjours de recherche à Jérusalem et à l'Université La Sapienza de Rome. Il enseigne principalement Phénoménologie et Philosophie française contemporaine.

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samedi 23 février 2019

Gérard Bensussan : Être heureux ? Ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas

Mimesis - Février 2019


Ce petit ouvrage essaie de circonscrire une seule et unique question : notre bonheur dépend-il de nous ou bien des circonstances extérieures et fortuites ? Peut-on considérer que les sujets prennent l'initiative de la quête active de leur bonheur, qu'ils sont en mesure de disposer des moyens visant à ce but et qu'ainsi ils contribuent à l'atteindre, selon leur propre puissance d'agir et de vivre ? Ou bien, comme l'étymologie de la « bonne heure » l'indique, le bonheur (comme le malheur) nous arrive sans que nous ne l'ayons jamais cherché, sans que les sujets que nous sommes n'en aient jamais envisagé la possibilité, et il relève de ce qui, à la lettre et comme toutes les choses essentielles de notre vie, ne dépend point de nous et nous entraîne ainsi dans celle que Levinas appelle la « dépendance heureuse»?

Gérard Bensussan est professeur émérite de philosophie à l Université de Strasbourg. Il a longtemps été chercheur aux Archives Husserl de Paris (ENS, 45, rue d Ulm). Il est membre de plusieurs centres de recherche en France et à l étranger et il a enseigné dans le monde entier. Ses principaux ouvrages sont : Questions Juives (Osiris, 1988), La philosophie allemande dans la pensée juive (PUF, 1998), Franz Rosenzweig. Existence et philosophie (PUF, 2000), Le temps messianique. Temps historique et temps vécu (Vrin, 2001), Éthique et expérience. Levinas politique (La Phocide, 2008), L impatience des langues (Hermann, 2010, avec D. Cohen-Levinas), Les Âges du monde de Schelling. Une traduction de l absolu (Paris, Vrin, 2015).

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Christine Browaeys : La matérialité à l'ère digitale. L'humain connecté à la matière

Presses Universitaires de Grenoble - Février 2019 - Collection : Rien d'impossible


Monde de la matière et monde digital, où en sommes-nous aujourd’hui ? Comment appréhender la matière dans un monde de plus en plus virtuel ?

Aujourd’hui, l’humain, le digital et le matériel se rejoignent pour constituer de nouvelles façons d’être dans le monde. Cet ouvrage met en perspective l’évolution des matériaux et du numérique, source de nouvelles réalités hybrides. Il repose la question de la matérialité au XXIe siècle de façon interdisciplinaire, car la matérialité se définit en relation avec la matière, tout en étant de l’ordre de l’émotion et de la pensée. Elle permet de comprendre comment se construit notre relation au monde. Elle questionne le scientifique comme l’artiste.

Pour bien ancrer le sujet dans la réalité de la matière, l’ouvrage est émaillé d’exemples concrets, mêlant approches scientifiques et artistiques : textile interactif, intelligence artificielle, hologramme poétique. Il intègre aussi quatre interviews de professionnels travaillant les matériaux d’aujourd’hui, qui apportent une réflexion authentique sur leur représentation de la matérialité.

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Mark Alizart : Cryptocommunisme

Presses Universitaires de France - Février 2019 - Perspectives critiques


Les crypto-monnaies sont en train de nous rendre fous. Investisseurs surexcités, nouveaux millionnaires en bitcoins, travailleurs des mines d'argent numérique, économistes effarés, cassandres de toutes sortes : les crypto-monnaies ont déjà bouleversé des pans entiers de la pensée économique, pour le meilleur et pour le pire. Mais est-ce tout ? N'ont-elle pour tout destin que celui de faciliter encore davantage des échanges qui n'en ont guère besoin ? Ne sont-elle que de la nourriture pour charognards avides de bénéfices soustraits à la gourmandise concurrente des états ? Pour Mark Alizart, il n'en est rien. Avec l'avènement des crypto-monnaies, c'est à un véritable bouleversement de la nature même de la valeur, de toute valeur, qu'elle soit financière ou autre, que l'on assiste. Désormais, la valeur n'est plus quelque chose qui est décidé par une institution ou un marché, mais quelque chose qui se construit et s'échange par le miracle d'une décision technique – rendant pour la première fois accessible un communisme qui ne soit pas utopie. Ce nouveau communisme, ce cryptocommunisme, ne sera pas celui de la propriété ; il sera celui de la valeur.

Mark Alizart est philosophe. Il est l'auteur, en " Perspectives Critiques ", de plusieurs ouvrages qui ont rencontré un vaste succès, parmi lesquels Informatique céleste (2017) et Chiens (2018).

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vendredi 22 février 2019

Lucien Vinciguerra : Celui qui parle. Science et roman

Hermann - Février 2019


À la Renaissance, le roman traverse une crise qui le conduit à prendre des formes paradoxales. De cette crise naîtront les formes romanesques de l’âge classique, en lesquelles sont renouvelées les modalités de la mise en récit et de la place du narrateur, ainsi que la manière pour le roman de construire un univers fictionnel. Au même moment ont lieu de grandes transformations scientifiques fondatrices de la modernité : invention de la physique galiléenne, de l’algèbre symbolique, de la perspectiva artificialis, de la matière-étendue cartésienne. Ne relèvent-elles pas aussi d’une nouvelle mise en récit ? Le cosmos infini de la nouvelle physique a-t-il à voir avec la nouvelle manière pour le roman de faire monde ? N’y a-t-il pas, dans le nouveau récit de l’équation, une voix narrative qui répond à celle qui émerge au même moment dans le roman ?
À travers ces questions, ce livre invite à une nouvelle manière de faire de l’histoire des sciences : non pas une histoire des concepts ou des méthodes, ni une histoire des pratiques et des styles, mais une histoire des modes d’intervention dans la science de celui qui en raconte le récit, modes d’intervention dont dépendent les méthodes et les concepts.

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François Galichet : Philosopher à tout âge. Approche interprétative du philosopher

Vrin - Février 2019 - Pratiques Philosophiques


Philosopher ne se réduit pas à problématiser, conceptualiser et argumenter. Il convient de prendre en compte une quatrième compétence : interpréter. L’ouvrage explore ses dimensions philosophiques, culturelles, didactiques. Dix fiches pratiques permettent de la mettre en œuvre sur des thèmes précis. Elles comportent de nombreuses activités pour tous les niveaux d’âge : école, collège, terminales de lycées, à partir d’œuvres facilement disponibles : tableaux, photos, poèmes, chansons, etc. Jean-Luc Nancy écrit dans sa préface, « il faut aujourd’hui que le jeune élève puisse découvrir l’exercice de la pensée réfléchie et critique bien avant d’être formellement exposé à l’épreuve des textes, opérations et outils proprement philosophiques ». On ne philosophe pas à partir de rien ni « à voix nues ». C’est d’abord à partir des œuvres culturelles qui nous entourent que la pensée réflexive et critique peut s’exercer. Ceux qui enseignent à philosopher trouveront ici des ressources pour enrichir et diversifier leurs pratiques.

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Bernard Charbonneau : Le totalitarisme industriel

L'Echappée - Février 2019 - Collection : Le Pas de côté


Le « Progrès » ? Bernard Charbonneau le représente sous la forme d’un bulldozer qui transforme les paysages en terrains vagues et nivelle tout sur son passage. Au cours du XXe siècle, la croissance a entraîné l’exode rural, l’annihilation des sociétés traditionnelles, le triomphe de l’agrochimie. Le marché quadrille désormais la planète alors que l’accélération des transports et l’essor des télécommunications compriment les distances. Cette civilisation des machines est aussi celle de la dépersonnalisation : la banlieue s’étend, les modes de vie s’uniformisent, la culture de masse formate les esprits. L’État enfle, l’organisation se fait de plus en plus contraignante, les consommateurs passifs sont pris en charge jusque dans leurs loisirs. Et chacun est sommé de s’adapter au changement incessant.
Standardisation, concentration, pollution... le développement exponentiel de la science, de la technique, de l’économie est ici analysé comme un phénomène social global. Face au totalitarisme industriel, l’écologie que défend Bernard Charbonneau est révolutionnaire, à la fois libertaire et conservatrice. Elle articule préservation de la nature et conquête de la liberté, et affirme la nécessité de décroître, de penser les limites et l’équilibre contre la quête destructrice de toute-puissance.

Bernard Charbonneau (1910-1996) est un penseur majeur de l’écologie politique. Tout au long de son œuvre guidée par la liberté, cet écrivain à l’ironie mordante a analysé les mutations radicales des sociétés provoquées par le développement technoscientifique, et les menaces que celui-ci fait peser sur l’homme et sur la terre.

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jeudi 21 février 2019

Jean-Pierre Dupuy : La guerre qui ne peut pas avoir lieu. Essai de métaphysique nucléaire

Desclée De Brouwer - Février 2019


Nous sommes plus près d'une guerre nucléaire que nous ne l'avons jamais été pendant la Guerre froide, mais la plupart des gens sont aveugles à ce danger. Ils ont appris que les armes nucléaires ne servent qu'à une chose : empêcher que les autres les emploient. C'est ce qu'on appelle la dissuasion. Ils pensent aussi que ces armes sont trop destructrices pour qu'on soit tenté de les utiliser. Telles sont les illusions qui leur permettent de dormir tranquilles.
Entre l'été 2017 et janvier 2018, nous avons plusieurs fois frôlé une guerre nucléaire que ses protagonistes, Donald Trump et Kim Jong Un, ne voulaient nullement, pas plus que ne la voulurent Kennedy et Khrouchtchev pendant la crise de Cuba. Les intentions des acteurs comptent en effet très peu. Des « machines apocalyptiques » décident aujourd'hui pour nous, des systèmes de déclenchement semi-automatique où le faux calcul, la mauvaise interprétation ou l'accident jouent un rôle déterminant.
On repose donc ici à nouveaux frais la question de l'efficacité et de la moralité de l'arme nucléaire.

Jean-Pierre Dupuy est professeur à l'Université Stanford. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages, parmi lesquels : L'Enfer des choses. René Girard et la logique de l'économie (avec Paul Dumouchel, 1979) ; La Panique (1991) ; Le Sacrifice et l'envie (1994) ; Pour un catastrophisme éclairé (2002) ; Petite métaphysique des tsunamis (2005) ; La Marque du sacré (2010) ; L'Avenir de l'économie (2012) ou La Jalousie. Une géométrie du désir (2016).

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Irving Goh : L'existence prépositionnelle

Editions Galilée - Février 2019 - Collection : La philosophie en effet


En passant par l'« être-à » de Jean-Luc Nancy, l'« à- venir » de Jacques Derrida, le « j'aime à toi » de Luce Irigaray et le « face à face » d'Emmanuel Levinas, ce livre souligne la force et les enjeux ontologique, éthique et politique de la préposition « à ». Pour une existence plus ouverte au monde et aux autres et aux différences, surtout exigeante à notre temps touché à une échelle sans précédent par le terrorisme mondial, les crimes haineux, les sentiments anti-immigrants, la brutalité de la police et l'ascension effrayante de la politique raciste et xénophobe, peut-être sa chance reste avec cette préposition.
La préposition « à » empêcherait-elle la captation de l'existence dans une ipséité ou dans une clôture face à son propre dehors. Contre une telle existence fixe dans une position quelconque, celle qui ne signale que la fin d'une existence véritablement libre, pensons une existence prépositionnelle », et entendons ainsi le terme « prépositionnelle en deux sens à la fois 1) prépositionnelle au sens linguistique, c'est-à-dire la préposition « à » ; et 2) pré-positionnelle, c'est-à-dire le mouvement ou l'élan presque fluide et libre avant qu'on prenne (une) position ou qu'on s'y fixe.

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Lumières n°31 : Diderot et les simulacres humains. Mannequins, pantins, automates et autres figures

Presses Universitaires de Bordeaux - Février 2019


Ce numéro interroge à la fois le concept de "simulacre" et son usage au XVIIIe siècle, particulièrement mais non uniquement, chez Diderot. En effet, le mot, rendu péjoratif par la critique de l’idolâtrie (conçue comme l’adoration des simulacres) au tournant des XVIIe et XVIIIesiècles, avec des auteurs comme Bayle ou Fontenelle, subit une revalorisation et une re-sémantisation au cours du XVIIIe siècle : le simulacre n’est plus alors une idole trompeuse mais bien une image, une forme, d’un type particulier qui vaut par sa présence et non parce qu’elle représente. C’est en ce sens que Diderot le théorise dans son court texte Mystification et c’est dans cette perspective, celle d’une figuration sensible et d’une expérience de pensée, que les différentes contributions de ce volume explorent et questionnent l’éventail extraordinaire de simulacres ayant figure humaine présent dans l’œuvre diderotienne : des mannequins, des pantins, des automates, des marionnettes, des statues, des fantômes… et peut-être même des thermomètres.

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Alain Milon (dir.) : Leçon d'économie générale : l'expérience-limite chez Bataille-Blanchot-Klossowski

Presses universitaires de Paris Ouest - Février 2019 - Résonances de Maurice Blanchot


"Klossowski, Bataille, Blanchot, ont été pour moi très importants. Et je crains bien de n'avoir pas fait dans ce que j'ai écrit la part suffisante à l'influence qu'ils ont dû avoir sur moi" : c'est en ces termes que Foucault reconnaît sa dette à l'égard de ces trois auteurs qui ont profondément pesé sur sa philosophie. Mais cette dette ne s'arrête pas à Foucault évidemment. On la retrouve chez Deleuze et Derrida, et bien d'autres intellectuels plus contemporains. L'intention de cet ouvrage est de proposer un débat autour de l'importance de ces trois essayistes, eux-mêmes marqués par les séminaires d'Alexandre Kojève sur Hegel de 1933 à 1939, sur la pensée contemporaine. Leur lecture critique de la filiation Hegel-Marx-Kojève sera à l'origine d'une pensée autre de la discontinuité, de la dissymétrie, de l'irréversibilité, de l'inconnu, de l'indétermination, autrement dit une façon différente de réfléchir sur la puissance d'une écriture hors langage pour reprendre l'expression de Blanchot. Face à ce triptyque Hegel-Marx-Kojève, nous proposons une autre filiation : Héraclite-Sade-Nietzsche, à l'origine de cette pensée du dehors. Que ce soit par l'expérience intérieure à partir de la négativité sans emploi chez Bataille, ou par l'expérience-limite et l'informulé dans le connu du mot chez Blanchot, voire par la simulation à partir de la gratuité chez Klossowski : c'est la remise en cause de notre usage du langage qui est mise en perspective. Bataille, Blanchot et Klossowski ont, pour reprendre les mots de Michel Foucault, "extrait quelque chose de toutes les oeuvres importantes de l'Occident, quelque chose qui leur a permis, non seulement de nous interpeller, mais aussi de faire partie du langage que nous parlons aujourd'hui" . Cet ouvrage se propose de redonner à ces trois auteurs la place qu'il leur revient.

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Walter Benjamin, Asja Läcis et Alfred Sohn-Rethel : Sur Naples

La Tempête - Février 2019


En 1925, Walter Benjamin, Asja Läcis et Alfred Sohn-Rethel séjournent ensemble dans la région de Naples. Ce voyage est l'occasion d'une fréquentation intense de la ville qui donne lieu à l'écriture des textes ici rassemblés. Benjamin et Läcis remarquent, dans la vie et l'architecture des Napolitains, la porosité entre espace privé et public. Sohn-Rethel quant à lui s'appuie sur les rapports comiques et ludiques que le peuple napolitain noue avec la technique pour élaborer une philosophie du cassé. À Naples, « c'est seulement quand les choses sont cassées qu'elles commencent à fonctionner ». Ces textes partagent une passion commune : faire de la ville un lieu d'exercice de la pensée.

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Jacques Le Brun : Dieu, un pur rien. Angelius Silesius. Poésie, métaphysique, mystique

Le Seuil - Février 2019 - Collection : La librairie du XXIe siècle


Au milieu du XVIIe siècle, dans un monde germanique déchiré par les guerres et les luttes religieuses, Johannes Scheffler, un jeune protestant lecteur des mystiques médiévaux et modernes, de maître Eckhart, de Jacob Boehme et de Jean de la Croix, publie un recueil de distiques et de quatrains, Le Pèlerin chérubinique, sous le nom d'Angelus Silesius. Une méditation assidue des textes et la fréquentation de contemporains d'une intense spiritualité le portent à sonder les mystères de la religion et de la philosophie, l'être, l'essence, la Déité, le néant, l'abandon. Son écriture, caractéristique de l'âge baroque, lui permet d'atteindre, grâce à la poésie, les limites des orthodoxies et même de la pensée.
Ces poèmes, défi aux philosophes et aux poètes, ne cesseront d'inspirer des lecteurs assidus : de Leibniz à Schopenhauer, de Heidegger à Roger Munier, de Maurice Blanchot à Lacan et à Derrida, nombreux sont ceux qui liront Le Pèlerin chérubinique. À partir de cette lecture, ils se découvriront eux-mêmes, n'hésitant pas à trouver dans ces vers l'écho rétrospectif de leur modernité.
À propos d'un vers célèbre de Gertrude Stein, " Rose is a rose is a rose is a rose ", et de " La rose sans pourquoi " de Heidegger, Blanchot se souvient du début du distique d'Angelus Silesius :
" La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit,
Elle ne fait pas attention à elle-même, ne demande pas si on la voit. "

Jacques Le Brun est directeur d'études honoraire à la section des Sciences religieuses de l'École pratique des hautes études et membre de l'École de psychanalyse Sigmund Freud. Éditeur des Œuvres de Fénelon, dans la " Bibliothèque de la Pléiade ", il a notamment publié au Seuil Le Pur Amour de Platon à Lacan, dans " La Librairie du XXIe siècle " (2002) et a participé à la Nouvelle Histoire de l'Église et à l'Histoire de l'enfance en Occident.

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