samedi 12 octobre 2019

Céline Denat, Alexandre Fillon, Patrick Wotling (dir.) : Logiques du discours philosophique en Allemagne de Kant à Nietzsche

Presses Universitaires - Octobre 2019 - Langage et pensée


Le statut du discours philosophique est un fil conducteur fondamental de la philosophie allemande. Du discours transcendantal à l'exigence de système, la dialectique hégélienne, la poétique philosophique du fragment, l'émergence du discours universitaire moderne, jusqu'à cet "art nouveau du discours" revendiqué par Nietzsche, nous assistons à une période de réformes du discours philosophique d'une intensité et d'une profondeur stupéfiantes. Que signifie réfléchir sur le discours de la philosophie ? Quelles sont les modalités possibles pour ce discours ? Quels sont les rapports entre les théories du langage développées dans cette période historique et les formes du discours philosophique ? Surtout, quelles sont les raisons d'une telle réinvention permanente de ce discours ? Le présent volume collectif s'attache à étudier ces problèmes fondamentaux, et ainsi à constituer une véritable histoire du discours philosophique.

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Paul Audi : Curriculum. Autour de l'esth/éthique

Verdier - Octobre 2019


En 2010, Paul Audi publiait Créer aux éditions Verdier. Cette succession d'essais, réunis en un volume, tentait d'identifier les points de croisement possible de l'éthique et de l'esthétique, donc du bien et du beau, dans le contexte de la culture occidentale, au cours des Temps modernes. L'auteur y adossait alors sa pensée à un mot-valise, "l'esth/éthique", qui, en raison de sa signification conceptuelle, a suscité, depuis, un certain nombre de commentaires et de discussions. Avec Curriculum, Paul Audi poursuit sa réflexion en cherchant notamment à démentir l'idée communément admise que la "création" est un concept contradictoire, voire indéfinissable. Chemin faisant, il explique dans quelles conditions on pourrait "réinventer" ce concept en le soustrayant au cadre théologique dans lequel sa provenance biblique a tendance à l'enfermer. Mais surtout, Curriculum prend le parti de jauger l'esth/éthique à l'aune des pensées de Nietzsche, de Sartre, de Lacan, de Derrida, de Foucault... Tout en dressant un tableau ordonné de l'évolution de sa pensée, Paul Audi laisse enfin entendre que l'esth/éthique ne peut pas laisser dans l'ombre ce que lui-même avait jusqu'à présent soigneusement tenu à l'écart d'elle : son enjeu politique.

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Lucien Jerphagnon : L'absolue simplicité

Robert Laffont - Octobre 2019 - Bouquins


Ce volume rassemble quelques-uns des livres majeurs de Lucien Jerphagnon, enrichis de nombreuses transcriptions inédites de ses cours, conférences et émissions de radio qui permettent de mieux appréhender l'étendue de son oeuvre. On perçoit ainsi la sensibilité particulière d'un homme aux multiples visages.
Homme d'enseignement tout d'abord, dont le sens de la pédagogie s'impose dès ses premiers cours au Grand Séminaire de Meaux, publiés ici pour la première fois. L'essentiel s'y trouve déjà : la vivacité d'un style " démocratique ", selon Paul Veyne, qui d'emblée emporte le lecteur et le guide dans les raisonnements les plus complexes ; le ton, parfois badin, jamais guindé, toujours tenu ; surtout, le déploiement d'une pensée libre, profondément anticonformiste et d'une érudition inépuisable.
Homme de fidélité ensuite, tant à Vladimir Jankélévitch, auquel il consacre, avec Entrevoir et vouloir, un court texte étincelant, qu'à ses compagnons de toujours, les Anciens. Des présocratiques à Augustin et d'Homère à Julien l'Apostat, il n'a cessé de leur rendre hommage. Juste retour des choses, c'est son " plus cher disciple ", Michel Onfray, qui, rappelant dans sa préface ce qu'il doit à son " vieux maître ", prolonge cette chaîne de transmission et de savoir.
Homme de son temps enfin, comme en témoignent ses chroniques politiques des années 1990, Lucien Jerphagnon fut un virtuose du dialogue et de la conversation. Ses échanges avec Francesca Piolot, en conclusion de ce volume, sont à l'image d'une pensée en perpétuel mouvement où ne cesse d'affleurer la question qui traverse toute son oeuvre : pourquoi diable y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Lucien Jerphagnon (1921-2011) était professeur émérite des universités, membre de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques. Spécialiste de la pensée grecque et romaine, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Sont également disponibles dans la collection "Bouquins" : Les Armes et les Mots (2012) et L'Au-delà de tout (2017).

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vendredi 11 octobre 2019

Gilles Vervisch : Star Wars, le retour de la philo. La saga décryptée II (2)

Le Passeur - Octobre 2019 - Collection : Open philo


Après le succès public et critique de Star Wars, La philo contre-attaque, Gilles Vervisch poursuit son approche ludique et accessible de la philosophie à travers Star Wars. Cette saga est le fruit de la culture de son créateur, mêlant mythologie, psychanalyse et bouddhisme zen, et les questions philosophiques ne manquent pas : le bien et le mal, le destin et la liberté ou encore la solitude et la mort.
Il semblait déjà difficile de trouver de la profondeur à la saga de George Lucas, alors que dire de ces " suites " peu inspirées, décevantes et ressemblant souvent à un copier-coller des premiers films ? Gilles Vervisch décrypte pourtant, avec humour et sagacité, les nouveaux thèmes philosophiques présents. Notamment ceux autour de l'Histoire, la mémoire et le passé. Comment faire du neuf avec du vieux ? Cette question hante les nouveaux épisodes.
Si Star Wars est bien le mythe fondateur de la pop culture, ou du moins un monde " étendu " dont l'exploration est sans limite, on n'a jamais fini non plus d'en explorer la philosophie.

Gilles Vervisch est agrégé de philosophie et enseignant en lycée en région parisienne. Après avoir été chroniqueur à la radio et à la télévision, il est aujourd'hui auteur régulier sur le site Point Pop. Il a écrit une douzaine de livres dont Le secret de Platon (Michel Lafon) et Le Dico des mots qui n'existent pas (Omnibus).

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jeudi 10 octobre 2019

Frédéric Laupies : Sagesse du désir

Salvator - Octobre 2019


Entre caprice égoïste ou réduction à la seule dimension sexuelle, quelle est donc la vérité profonde du désir ? Tension vers ce qui manque, il est la marquea d'un être incomplet, incapable de se donner à soi-même ce qui peut le combler. Cette orientation étrange vers un bien absent est comme le signe d'une impuissance et d'une dépendance foncière. Le désir semble ainsi à l'opposé de la sagesse. La sagesse suppose un sujet maître de soi ; le désir signale l'impuissance du sujet. La sagesse suppose une connaissance claire ; le désir est un clair-obscur quant à sa source et quant à son terme. La sagesse exige la limite raisonnable ; le désir n'a pas de limite assignable, il demande toujours plus. Pourtant, explique le philosophe Frédéric Laupies, le désir est principe d'une authentique sagesse. En lui et par lui se dévoile la modalité essentielle de notre être fini, tendu vers ce qui le dépasse. En lui et par lui apparaît la subtile relation entre le présent et l'absent, entre le réel et l'imaginaire, entre le donné et le promis. Lui seul permet de comprendre le sens humain de la sexualité ; c'est aussi par lui que l'on peut comprendre les frustrations et les désillusions qui traversent notre existence. 

Frédéric Laupies, agrégé de philosophie, est professeur en classes préparatoires au lycée Notre-Dame-du-Grandchamp à Versailles. Il a notamment publié aux PUF un Dictionnaire de culture générale (coll. « Major », 2005), La liberté (coll. « Que sais-je ? », 2004) et Premières leçons de philosophie (coll. « Major », 2009).

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Jean-claude Monod : L'Art de ne pas être trop gouverné

Le Seuil - Octobre 2019 - L'Ordre philosophique


À la fin des années 1970, Michel Foucault a avancé le concept de " crise de gouvernementalité " pour approcher des phénomènes où la contestation de certains pouvoirs – religieux, politiques, disciplinaires... –, d'abord localisée, s'est élargie pour mettre en question un dispositif général de gouvernement, un ensemble de relations de pouvoir. Chaque fois s'y exprime quelque chose comme : " nous ne voulons plus être gouvernés ainsi ".
C'est l'une des ambitions de cet essai que de montrer la fécondité de ce concept pour éclairer des révoltes passées et présentes, pour compliquer et compléter les perspectives centrées sur la seule lutte des classes et celles qui se sont attachées à la construction de la démocratie, à la dynamique égalitaire et à l'institutionnalisation de ses formes. Il s'agit aussi de poser un diagnostic sur la crise actuelle de l'État néo-libéral, au sein duquel démocratie et libéralisme tendent à se dissocier et dont la vision de l'économie renvoie les dégâts sociaux et écologiques au rang d'externalités négatives.
Il s'agit enfin et peut-être surtout de penser " un art de ne pas être trop gouverné " qui ne serve pas d'auxiliaire involontaire aux formes de dérégulation économique et de dévastation écologique, mais s'articule à un souci ici thématisé comme celui de " l'usufruit du monde ".

Directeur de recherche au CNRS, Jean-Claude Monod enseigne à l'École normale supérieure de Paris. Il a notamment publié Penser l'ennemi, affronter l'exception. Réflexions critiques sur l'actualité de Carl Schmitt (La Découverte, 2006 ; Poche, 2016), Sécularisation et laïcité (PUF, 2007) et Qu'est-ce qu'un chef en démocratie (Le Seuil, 2012 ; Points, 2017).

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Etienne Helmer : Ici et là. Une philosophie des lieux

Verdier - Octobre 2019


Au nom de l'universel, la plupart des philosophes font abstraction de notre ancrage local : ils appréhendent l'homme comme être au monde en général, comme être-là. C'est pourtant toujours dans des lieux particuliers que nous nous trouvons, avec leurs contingences topographiques, historiques et matérielles : c'est toujours ici que nous sommes là. Mais qu'est-ce qu'un lieu, et qu'est-ce que la philosophie peut en dire ? En mobilisant la géographie, la littérature, l'anthropologie et l'histoire pour comprendre cet objet négligé de la philosophie occidentale, Etienne Helmer montre combien les lieux sont bien plus que les simples cadres physiques de nos existences : tout à la fois matrices identitaires et formes événementielles, ils engagent le rapport politique que les individus et les groupes entretiennent avec l'universel dans ses aspects théoriques et pratiques.

Etienne Helmer est né en 1975, il enseigne la philosophie à l'université de Porto Rico (Etats-Unis).

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mercredi 9 octobre 2019

Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy : Démocratie ! Hic et Nunc

François Bourin - Octobre 2019


La démocratie aurait-elle trahi toutes ses promesses ? Trente ans après la chute du Mur de Berlin, les peuples doutent et beaucoup sont habités par le ressentiment. Certains en appellent à une démocratie « directe », d'autres consentent à l'instauration de « démocraties illibérales ». Mais de quoi parle-t-on?
La naissance de la démocratie à Athènes, l'avènement de la République à Rome, et sa lente réémergence à partir des communes médiévales jusqu'aux révolutions anglaise, américaine et française, sont l'effet d'un long basculement de civilisation alors à peine soupçonné, lié, pour partie, aux évolutions de la technique, et dont les conséquences ne sont pas épuisées.
Si la démocratie est la manière dont des hommes libres et égaux choisissent de ne pas subir leur destin en délibérant entre eux, qu'en est-il donc de la liberté, de l'égalité et du peuple qu'ils forment ? Ces questions sont au c ur de la crise des démocraties contemporaines.
Renouer avec la démocratie au moment où les crises politiques, sociales, écologiques, culturelles, et l'empire de la technique et du calcul minent les démocraties contemporaines, appelle à une révolution d'un genre inédit. Sans doute fallait-il l'ébranlement de toutes les certitudes héritées de la modernité pour pouvoir commencer à le penser.
Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy ont mis en commun leurs approches philosophiques, anthropologiques, historiques et géopolitiques pour dégager ensemble les soubassements de la crise démocratique.

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Thomas Berns : La guerre des philosophes

PUF - Octobre 2019


En parcourant les représentations de la guerre produites par la philosophie, de Platon à Clausewitz, et en mettant à nu les stratégies constantes et les impensés qui les sous-tendent, ce livre montre combien le philosophe ne cesse de manquer un enjeu guerrier qui pourtant l'obsède mais qu'il ne peut toucher qu'en le neutralisant. Quelques figures à la fois insistantes et exclues de ces philosophies de la guerre - l'esclave, le pirate, le colonisé.... -, de même que des pratiques philosophiques restées plus marginales - la pensée romaine, le matérialisme machiavélien, la démarche généalogique ou la déconstruction... -, permettent à leur tour de bousculer ce discours philosophique neutralisant et, ce faisant, de révéler une certaine compromission de la philosophie dans la guerre.

Thomas Berns est professeur de philosophie politique à l'Université de Bruxelles. Spécialiste de la Renaissance et philosophe du politique, du droit et des normes au sens large, il est l'auteur de Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique. Ses travaux actuels portent sur la guerre et sur les nouvelles formes de normativité.

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Cédric Lagandré : Du contrat sexuel

PUF - Octobre 2019


Après deux millénaires de culpabilité chrétienne, on pourrait penser que la liberté de moeurs s'est imposée, or aucune liberté ne va sans angoisse. Afin de dissoudre cette angoisse de la sexualité, d'en éclairer les zones d'ombre, d'en annuler les déterminismes, la société contemporaine s'est lancée dans une folle entreprise : l'encadrer, comme tout échange, par les formes contractuelles des normes juridiques. Mais le contrat peut-il s'appliquer à la sexualité ? A-t-il les moyens de clarifier la relation humaine la plus intime qui soit, de résoudre toutes les tensions liées au contact avec l'altérité ? Cédric Lagandré reprend le débat du statut culturel de la sexualité en Occident pour défendre, sur le socle du consentement mutuel, sa nature nécessairement infra-juridique. On ne peut accéder innocemment à la sexualité, non au sens où le désir sexuel serait moralement coupable, mais au sens où il implique un vertige, une angoisse et une mise à nu. La forme juridique, loin de civiliser la sexualité, l'enferme donc dans un cadre défini par la prostitution, et ne la repousse pas moins que la pornographie dans le registre trivial du besoin. L'effort contemporain pour passer l'intégralité du réel au crible des catégories juridiques ne peut donc qu'échouer devant l'ordre du symbolique : l'obscurité du désir rend la sexualité insaisissable à toute volonté de l'encadrer par la règle.

Cédric Lagandré est philosophe. Ancien collaborateur de la revue Mouvement, il est l'auteur de L'inspiration des Grecs (L'Harmattan, 2000), La société intégrale (Climats, 2009) et, aux Puf, de L'Actualité pure, essai sur le temps paralysé (2009).

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mardi 8 octobre 2019

Jean-François Louette : Sartre et Beauvoir. Roman et philosophie

La Baconnière - Octobre 2019 - Nouvelle collection Langages


Relire et faire relire les textes narratifs de Sartre (Le Mur, Le Sursis), dans leur profondeur, leur virulence, leurs inventions formelles, voilà le premier objectif poursuivi dans cet ouvrage. Le deuxième est de faire sentir l’étroitesse des liens d’écriture qui ont uni Sartre à Simone de Beauvoir, par exemple dans une pièce comme Les Mains sales, dont la richesse n’éclate que si l’on mesure sa proximité de pensée avec Le Deuxième Sexe.
Proximité n’est pas identité, ce qui conduit enfin à s’interroger sur les liens, énigmatiques et souvent conflictuels, entre littérature et idées, ou plus précisément entre roman et philosophie – mais là le corpus s’élargit, et l’on se tourne vers Céline et Queneau, Aragon et Nimier, ainsi que vers le très beau et très drôle Molloy de Samuel Beckett.

Jean-François Louette est professeur de Littérature française du XXe siècle à la Sorbonne depuis 2005. Pour la Bibliothèque de la Pléiade, chez Gallimard, il a édité Romans et récits de Bataille (2004), «Les Mots» et autres écrits autobiographiques de Sartre(2010), Romans, récits, nouvelles de Drieu la Rochelle (2012). Il a publié des essais critiques sur Beckett («En attendant Godot» ou l’amitié cruelle, 2002), et sur Sartre (Jean-Paul Sartre, 1993; Sartre contra Nietzsche, 1996; Silences de Sartre, 2002, Traces de Sartre, 2009), ainsi que Chiens de plume. Du cynisme dans la littérature française du XXe siècle (La Baconnière, 2011).

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Richard Popkin : Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l'aube du XIXè siècle

Agone - Octobre 2019 - Banc d'essais


« À partir de Descartes, les philosophes les plus éminents passèrent une bonne partie de leur temps à développer des systèmes visant à répondre au danger que constituaient pour l’humanité les arguments sceptiques. Ceux-ci la privaient en effet de son ornement le plus noble : sa certitude. »

À la question « Qu’est-ce qu’être sceptique ? », Popkin répond en se plongeant dans la vie et les écrits des figures les plus significatives du scepticisme, de Savonarole à Pierre Bayle et David Hume, et montre que ces figures prirent deux visages radicalement opposés : le sceptique fut aussi bien le révolutionnaire et l’Aufklärer remettant en cause toutes les autorités et traditions, se fiant à son propre jugement et traquant sans relâche, pour le progrès du savoir, les faiblesses de la connaissance humaine, que celui qui doute de tout et renonce dès lors à toute entreprise de connaissance pour s’en remettre, en conservateur opposé aux Lumières, à l’autorité des pouvoirs en place, notamment politiques et religieux.
Il n’existe pas d’ouvrage sur le scepticisme qui ait l’ampleur de ce classique inédit en français, sur lequel l’auteur travailla pendant près de cinquante ans. Par sa vivacité et la limpidité de son propos, ce livre s’adresse, au-delà des étudiants et chercheurs en philosophie, au grand public curieux de se plonger dans une grande histoire intellectuelle – au demeurant largement française.

Richard Popkin (1923–2005), philosophe américain, spécialiste des Lumières et historien des idées, membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, a enseigné aux États-Unis et à l’université de Tel-Aviv.

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Jean-François Braunstein, Iván Moya Diez, Matteo Vagelli (dir.) : L'épistémologie historique. Histoire et méthodes

Editions de la Sorbonne - Octobre 2019


Qu'est-ce que l'"épistémologie historique" ? A cette question ce volume répond en esquissant le portrait d'un Janus bifrons, dont l'une des faces est tournée vers le "style français" traditionnel en histoire des sciences et l'autre vers les avancées épistémologiques anglo-saxonnes les plus contemporaines. Quels sont les échanges, les continuités et décalages, les convergences et divergences entre des philosophes ou historiens des sciences aussi divers que Gaston Bachelard, Georges Canguilhem, Michel Foucault, Ian Hacking, Hans-Jörg Rheinberger, Peter Galison ou Lorraine Daston ? De même que l'on peut distinguer différentes époques et versions de l'épistémologie historique et de l'historical epistemology, de même les "méthodes" mobilisées dans des contextes scientifiques particuliers sont très diverses. Ce volume vise à réfléchir plus avant, à partir de l'étude de cas précis, sur les modalités selon lesquelles des objets et des concepts émergent historiquement à l'intérieur des diverses sciences. Les objets mathématiques ont-ils une histoire ? Comment des sujets humains sont-ils devenus les objets d'une science de l'observation ? Le traitement statistique des données est-il la seule issue possible pour les sciences médicales ? En donnant ces exemples, parmi d'autres, des possibilités d'interactions entre sciences, philosophie et histoire, ce volume veut montrer que l'épistémologie historique n'est pas un "livre de recettes" méthodologiques, mais bien plutôt un champ de questionnement ouvert : la flexibilité de l'épistémologie historique lui permet de répondre à bon nombre des défis posés par la philosophie des sciences contemporaine.

Out collaboré à cet ouvrage : Audrey Benoit, Nicola Bertoldi, Jean-François Braunstein, Mathieu Corteel, François Delaporte, Juan Luis Gastaldi, Martin Herrnstadt, Gerardo Ienna, Laurent Loison, Fiorenza Lupi, Iván Moya Diez, Eugenio Petrovich, Sandra Pravica, Daniel R. Rodríguez-Navas, Laurens Schlicht, Jonathan Sholl, Samuel Talcott, Ferhat Taylan, Matteo Vagelli, Gabriele Vissio.

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samedi 5 octobre 2019

Bernard Barsotti : De la servitude volontaire. Pertinence du Contr'Un de La Boétie

Encre marine - Octobre 2019


De la révolte fiscale… à la philosophie.

La Boétie a dix-sept quand l’essoufflement d’un mouvement populaire avec lequel il sympathise l’amène à s’interroger sur les raisons de ce qui ressemble à un reniement de l’aspiration à la justice et à la liberté, pire, à une sorte de « servitude volontaire ». Armé d’encre et de philosophie, il tente d’éclairer le sens de cette attitude paradoxale, au cours d’une fulgurante enquête sur le comportement de la liberté humaine et le rapport complexe du peuple au pouvoir.
Bernard Barsotti propose une relecture originale du Discours de la Servitude volontaire, en mettant l’accent sur la force interrogeante du texte, plutôt que sur les réponses que les interprétations les plus variées ont pu y trouver. Ce qui compte, dans le Contr’Un, en plus de l’appel à la révolte politique et économique que les lectures marxistes et libertaires ont reconnu en lui, c’est l’invitation à questionner nos relations avec l’État et avec toutes les instances de domination qui « prennent soin » de nous.
Le Discours est un aiguillon pour la pensée : La Boétie nous pousse moins à identifier les raisons qui justifient la révolte des soumis et des opprimés, qu’à essayer de comprendre pourquoi, de manière récurrente, tant de révoltes avortent.

Bernard Barsotti enseigne la philosophie en classes préparatoires. Son travail porte principalement sur la phénoménologie de Husserl. Il a publié entre autres Motivation et intentionnalité. Sur un présupposé de la phénoménologie de Husserl, et La Représentation dans la philosophie contemporaine.

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Carlo Ossola : Les vertus communes

Les Belles lettres - Octobre 2019


Il n'est pas question ici des grandes vertus héroïques Carlo Ossola qui demandent de l'abnégation et qui participent du sublime. Les "vertus communes" concernent notre vie quotidienne, et leur vocabulaire est minime : ne pas peser sur la terre, s'en tenir à la discrétion de ne pas apparaître, à cette retenue pleine d'empressement qui est le centre de la vie sociale. Carlo Ossola nous invite à parcourir un chemin de sagesse en faisant halte auprès de douze petites vertus : l'affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l'urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité, qu'il est bon d'exercer chaque jour, au travail, dans la vie familiale, et avec nous-mêmes. Pour guider chacun à faire de sa vie ordinaire une vie heureuse.

Carlo Ossola est professeur au Collège de France, chaire de « Littératures modernes de l’Europe néolatine ». Il a notamment publié Le Continent intérieur (2013) ; À vif. La création et les signes (2013) ; Fables d’identité. Pour retrouver l’Europe (2018) ; avec Michel Butor : Conversation sur le temps (2012).

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Frédéric Lordon : Vivre sans ? Autorité, institution, économie...

La Fabrique - Octobre 2019


Peut-on se passer de gouvernement, de justice, de lois et de tout ce qui veille à les appliquer ? Peut-on déserter l’économie, le travail, abolir la monnaie ? Peut-on se rendre, en somme, « ingouvernables », et vivre sans institutions qui ordonnent le collectif ? Alors que l’échec différé des expériences révolutionnaires et des tentatives réformistes laisse une grande partie de la gauche paralysée, que nos vies semblent plus que jamais saturées d’État et de capital, l’idée a le mérite de prendre la mesure de l’époque. Et son succès grandissant dans les cortèges de la jeunesse indique assez sa puissance d’attraction. Reste à vérifier si elle peut désigner une politique. Tel est le lieu du débat pour Frédéric Lordon qui entreprend, dans cette discussion, de mettre à jour les soubassements philosophiques des discours et de l’imaginaire du « vivre sans ». Il identifie ce faisant chez Deleuze, Rancière ou Badiou, les éléments d’une atmosphère intellectuelle propice à cet imaginaire, où la politique se fait rare, singulière, se cristallise dans le devenir ou dans l’Événement, devient affaire de « virtuoses » – empruntant des voies parallèles (éthique, esthétique) pour, finalement, échapper à la politique. Une « anti-politique », donc, dont on trouve l’expression la plus achevée dans la philosophie de la destitution d’Agamben, objet d’un long développement qui est aussi pour Lordon l’occasion de redéployer sa lecture de Spinoza. Pour Agamben, destituer n’est pas seulement abattre un pouvoir, c’est faire en sorte que rien ne prenne sa place… et donc que la puissance de la multitude se retienne. Impossible, répond Lordon : « la puissance de la multitude s’exerce nécessairement » et affecte les parties qui la composent. Parvenu à ce point de désaccord théorique, c’est tout l’horizon politique associé au « vivre sans », avec ses expérimentations concrètes, qui sont discutées. Un collectif peut-il se passer d’institutions ? Pas si on entend sous ce terme « toute manifestation de la puissance de la multitude ». La ZAD n’est-elle pas, sous cet aspect, une institution, avec ses normes, ses manières, sa justice ? Dès lors son existence ne donne pas tant la formule d’une « vie sans » que celle d’un gouvernement commun des conduites dictées par des affects joyeux – une forme de vie, soit une certaine configuration des institutions. Pour Lordon, au risque de malmener quelques illusions, c’est encore là la meilleure alternative à l’État du capital et à sa police.

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jeudi 3 octobre 2019

Sandra Laugier : Nos vies en séries

Climats - Octobre 2019


Les séries ont tout changé : nos loisirs, nos vies, notre rapport à la culture. La « sériephilie » que ces grands récits du XXIe siècle suscitent le prouve : elles sont le coeur de la culture populaire aujourd'hui. Pour Sandra Laugier, fan parmi les fans, elles produisent également une philosophie nouvelle non pas une philosophie des séries, mais de véritables oeuvres de pensée. Aux ressorts traditionnels de la fiction (romans, films) -identification à des personnages, représentations du monde-, la série oppose l'attachement, le care qu'elle suscite chez le spectateur. Aux stéréotypes de genre, elle substitue nombre d'individus singuliers, souvent des héroïnes, aux prises avec les épreuves de la vie ordinaire. En lieu et place de morale traditionnelle, elle bâtit un répertoire de situations, d'expériences et de formes de vie ; elle élabore une compétence du spectateur. Les séries sont le lieu d'une nouvelle conversation démocratique, telle est la thèse radicale de ce livre-somme de Sandra Laugier, pionnière en philosophie de l'étude des séries et du care en France.

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Clément Rosset : La joie est plus profonde que la tristesse. Entretiens avec Alexandre Lacroix

Stock - Octobre 2019 - Collection : Essais - Documents


« Tout est foutu, soyons joyeux. » « Rassurons-nous, tout va mal. » Voilà les maximes préférées de Clément Rosset, telles des remèdes à notre époque contemporaine angoissante. Il nous apprend à nous foutre de tout et à rester joyeux malgré notre condition de mortel, à être capable d’embrasser gaiement l’existence pour accéder à la sagesse et au bonheur, à écarter toute raison de désespérer.
Clément Rosset a accordé une quinzaine d’entretiens à Alexandre Lacroix pour Philosophie magazine entre 2006 et 2017. Nous en avons sélectionné huit, qui permettent de faire un premier pas dans la pensée de ce grand homme. Philosophe de la joie et du tragique, mais non pessimiste, Clément Rosset défendait une vision incarnée de la philosophie, loin de l’image du penseur dans sa tour d’ivoire. Il défendait surtout un réalisme absolu et radical. Pour lui, seul le réel existe.
Le recueil idéal pour s’initier à la philosophie et découvrir les grands philosophes – Nietzsche, Spinoza, Platon, Heidegger, Pascal, Bergson – en décortiquant Tintin, Gaston Lagaffe ou encore un morceau de camembert.

Clément Rosset est né le 12 octobre 1939 à Carteret (Manche). Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm), agrégé de philosophie, docteur ès lettres, il a enseigné pendant 30 ans la philosophie à l’Université de Nice. Il est mort à Paris le 27 mars 2018.
Alexandre Lacroix est directeur de la rédaction de Philosophie Magazine. Il a publié une vingtaine de romans et d'essais, parmi lesquels Comment vivre lorsqu'on ne croit en rien ? (Flammarion, 2014) ou Devant la beauté de la nature (Allary éditions, 2018).

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Barbara Cassin (dir.) : Vocabulaire européen des philosophies (édition revue et augmentée)

Le Seuil - Octobre 2019


L'un des problèmes que pose l'Europe est celui des langues. On peut choisir une langue dominante, l'anglais global ou globish, pour l'économie des échanges, ou bien jouer le maintien de la pluralité, en rendant manifestes le sens et l'intérêt des différences. Ce Vocabulaire s'inscrit dans la seconde optique.
Dirigé par Barbara Cassin, entourée d'une équipe de près de 150 chercheurs aux profils linguistiques et philosophiques les plus variés, le Vocabulaire européen des philosophies, publié en 2004, a fait date. Rédigé en français, ce " Dictionnaire des intraduisibles " est aujourd'hui traduit, c'est-à-dire réinventé dans une dizaine de langues.
En capitalisant le savoir des traducteurs, il constitue une cartographie des différences philosophiques européennes. Il explore le lien entre fait de langue et fait de pensée, et prend appui sur ces symptômes que sont les difficultés de passer d'une langue à l'autre – avec mind, entend-on la même chose qu'avec Geist ou qu'avec esprit ? Pravda, est-ce justice ou vérité ? Et que se passe-t-il quand on rend mimêsis par imitation ? Chaque entrée part ainsi d'un " intraduisible " – non pas ce qu'on ne traduit pas mais ce qu'on ne cesse pas de (ne pas) traduire –, et procède à la comparaison de réseaux, terminologiques et syntaxiques, dont la distorsion fait l'histoire et la géographie des langues et des cultures. C'est un instrument de travail d'un type nouveau, indispensable à la communauté scientifique, en même temps qu'un guide de l'Europe philosophique pour les curieux de leur langue et de celles des autres.
La présente édition se trouve augmentée d'un florilège d'entrées significatives ajoutées dans les différentes traductions dont il fait l'objet. On comprend ainsi qu'il s'agit d'un geste plutôt que d'une œuvre close : il fait de la traduction, comme savoir-faire avec les différences, un nouveau paradigme des sciences humaines.

Barbara Cassin, Directrice de Recherches au CNRS (Centre Léon Robin, Paris IV- Sorbonne), a été assistée dans la direction de ces près de 150 auteurs (de diverses nationalités) par Charles Baladier, coordinateur scientifique, et de huit autres " directeurs de champ " :
Etienne Balibar (Professeur émérite (philosophie), Université de Paris X Nanterre, France), Marc Buhot de Launay (Chargé de recherche au CNRS en Philosophie (UMR 8547, Archives Husserl de Paris - ENS Ulm).), Jean-François Courtine (Prof. Université Paris-Sorbonne (Paris-IV), Membre de l'Institut Universitaire de France), Marc Crépon (directeur de recherches au CNRS, UMR 8547, Archives Husserl de Paris, ENS-Ulm), Sandra Laugier (Professeur de philosophie, membre de l'IUF Université de Picardie Jules Verne, Amiens, France), Alain de Libera (Professeur ordinaire d'histoire de la philosophie médiévale à l'université de Genève. Directeur d'études à l'École pratique des hautes études (section des sciences religieuses, chaire d'Histoire des théologies chrétiennes dans l'Occident médiéval), Jacqueline Lichtenstein (maître de conférences département de philosophie Paris X Nanterre), Philippe Raynaud (Professeur de science politique à l'Université Panthéon-Assas (Paris II)), et Irène Rosier-Catach (Directeur de recherches au CNRS UMR 7597 "Histoire des Idées Linguistiques", Université Paris 7 et Chargée de conférences à l'EPHE (4ème section).

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mardi 1 octobre 2019

Natalia Leclerc et Anne Pinot (dir.) : « La Révolution a été faite par les voluptueux ». La force du mal dans l'oeuvre de Dostoïevski

Hermann - Septembre 2019


Le mal est une question ancrée à la fois dans le champ de la morale et de la métaphysique, aux conséquences décisives sur les choix esthétiques des auteurs. Présente chez Dostoïevski dans ses romans aussi bien que dans ses textes de publiciste, elle permet une appréhension globale de l’œuvre. Dostoïevski est allé si loin dans la pensée du mal que sa création est un lieu où semblent converger ceux qui l’ont précédé comme ceux qui le suivent. Cet ouvrage se veut donc « polyphonique » et prend le parti de ne pas limiter les lectures à une approche univoque (qu’elle soit religieuse ou philosophique, psychanalytique ou structuraliste). L’intertextualité y est convoquée pour retrouver les sources de la création dostoïevskienne et mieux cerner ce qu’est l’expérience du mal et les raisons de son impossible éradication.

Natalia Leclerc est docteur en littérature comparée, PRAG à l’université de Bretagne occidentale, et membre de l’équipe HCTI (EA4249). Elle travaille en particulier sur la figure du joueur de hasard dans les littératures russe et française, essentiellement aux XIXe et XXe siècles.
Anne Pinot est docteur en littérature comparée, chargée de cours à l’ICES (85) et membre de l’équipe HCTI (EA4249). Elle travaille en particulier sur les littératures française et russe des XIXe et XXe siècles. Elle a dirigé, avec Christophe Réveillard, Russie d’hier et d’aujourd’hui (2016).

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Terry Eagleton : Materialism

Yale University Press - Août 2019


In this eye-opening, intellectually stimulating appreciation of a fascinating school of philosophy, Terry Eagleton makes a powerful argument that materialism is at the center of today’s important scientific and cultural as well as philosophical debates. The author reveals entirely fresh ways of considering the values and beliefs of three very different materialists—Marx, Nietzsche, and Wittgenstein—drawing striking comparisons between their philosophies while reflecting on a wide array of topics, from ideology and history to language, ethics, and the aesthetic. Cogently demonstrating how it is our bodies and corporeal activity that make thought and consciousness possible, Eagleton’s book is a valuable exposition on philosophic thought that strikes to the heart of how we think about ourselves and live in the world.

Terry Eagleton is Distinguished Visiting Professor of English Literature at Lancaster University and the author of more than fifty books in the fields of literary theory, postmodernism, politics, ideology, and religion. He lives in Northern Ireland.

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George Edward Moore : Éthique

Hermann - Septembre 2019


La philosophie de G. E. Moore est l’une des principales sources d’inspiration des réflexions contemporaines sur la morale. Éthique, publié en 1912, ne se contente pas de reprendre les thèses sur ce sujet présentées quelques années plus tôt dans Principia Ethica, mais élabore des analyses originales sur l’utilitarisme, le libre arbitre ou l’objectivité des jugements moraux. Moore, qui fut l’un des fondateurs de la philosophie analytique, s’y attache, en privilégiant la clarté des concepts et la rigueur du raisonnement, à défaire certains préjugés ancrés dans notre pensée morale tels que : "le bien est un, tandis que le mal est multiple", ou encore : "le bien implique toujours un devoir". Cet essai riche et concis, devenu un classique, est traduit ici en français pour la première fois. Il conserve, un siècle plus tard, une actualité inentamée.

Trad. : Jean-Pierre Cléro

George Edward Moore (1873-1958) est l’un des philosophes anglais les plus influents du XXe siècle. Il enseigna longtemps à l’université de Cambridge.

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dimanche 29 septembre 2019

Anne Prouteau et Carole Auroy (dir.) : Albert Camus et les vertiges du sacré

Presses universitaires de Rennes - Septembre 2019 - Interférences


La question du sacré a de nombreuses ramifications dans l’œuvre de fiction et dans les essais philosophiques d’Albert Camus. Les contributions rassemblées dans ce volume examinent l’articulation des représentations positives et négatives du sacré, au fil d’une œuvre qui fait ressortir avec acuité ses ambivalences : la dénonciation d’une force d’écrasement prompte à glisser de la sphère religieuse à la sphère politique y coexiste avec le lyrisme de la dilatation de l’être dans les extases cosmiques, ou encore avec l’approche aimante et douloureuse du mystère de l’autre.

Contributions

Carole Auroy et Anne Prouteau, Introduction

Première partie. La conscience du sacré

Laurent Bove, La différence du sacré ou la force de l’immanence chez Albert Camus

Pierre Masson, Le sacre du silence

Marie-Thérèse Blondeau, L’insoutenable vertige du sacré

Carole Auroy, Les récits brefs d’Albert Camus : expériences d’une mystique sauvage

François Vezin, Qu’entend Albert Camus par la « Grèce de l’ombre » ?

Sofia Chatzipetrou, La perception antique du sacré entre ivresse et démesure : Camus et la tragédie grecque

Deuxième partie. Poétique du sacré

Guy Basset, Camus et les signes extérieurs du sacré : personnes et lieux

Hélène Rufat, Du « sacré mythe » au mythe sacré : premier homme et Euphorion dans l’œuvre d’Albert Camus

Hervé Menou, La matérialité poétique du sacré

Virginie Lupo, La mise en scène du sacrifice ou la poétique de l’ascèse

Alexis Lager, Désert vivant ou l’« obstination sacrée » de la création

Troisième partie. Questions éthiques

Agnès Spiquel, Les « éclats de sacré » dans le monde de la révolte

Marylin Maeso, Albert Camus, le consentement révolté

Rémi Larue, L’Homme révolté ou la tentation de limiter la violence par le sacré

Damien Darcis, Albert Camus, le sacré ou l’humanité comme valeur

Raphael Luiz de Araújo, Némésis et le détour vers l’immanence

Samantha Novello, L’enjeu de l’« homme sacré » dans les essais philosophiques d’Albert Camus

Quatrième partie. SpiritulLités croisées

Hiroshi Mino, Sisyphe ou l’esprit du Boushido : Camus et Shuzo Kuki

Pascale Devette, Consentir à l’amour : le sacré chez Albert Camus et Simone Weil

Linda Rasoamanana, Calvaires croisés : la mère camusienne et ses frères en Jésus‐Christ, Mychkine et Bartleby

Jean-Louis Meunier, Albert Camus : de l’ascèse, pour la présence

Anne Prouteau, Exégèse d’un exégète : le sacré chez Camus selon Claude Vigée

Carole Auroy et Anne Prouteau, Conclusion

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Claude Lévi-Strauss : Anthropologie structurale zéro (inédit)

Seuil - Septembre 2019 - Librairie du XXIe siècle


Marqué par l’expérience de l’exil, ce volume témoigne d’un moment à la fois biographique et historique au cours duquel, comme nombre d’artistes et savants juifs européens, Claude Lévi-Strauss est réfugié à New York. Écrits entre 1941 et 1947, alors qu’il n’a pas encore délaissé ses réflexions politiques, les dix-sept chapitres de ce livre restituent une préhistoire de l’anthropologie structurale.
Ces années américaines sont aussi celles de la prise de conscience de catastrophes historiques irrémédiables : l’extermination des Indiens d’Amérique, le génocide des Juifs d’Europe. À partir des années 1950, l’anthropologie de Lévi-Strauss semble sourdement travaillée par le souvenir et la possibilité de la Shoah, qui n’est jamais nommée.
L’idée de « signifiantzéro» est au fondement même du structuralisme. Parler d’Anthropologie structurale zéro, c’est donc revenir à la source d’une pensée qui a bouleversé notre conception de l’humain. Mais cette préhistoire des Anthropologies structurales un et deux souligne aussi le sentiment de tabula rasaqui animait leur auteur au sortir de la guerre et le projet – partagé avec d’autres – d’un recommencement civilisationnel sur des bases nouvelles.

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Jérôme Thélot : Sophocle. La condition de la parole

Desclée De Brouwer - Septembre 2019


La parole selon Sophocle vient d'une violence originelle qui nourrit sa dualité : elle est parole de la vie, expression immédiate du vouloir-vivre, et discours du monde, représentation construisant l'ordre social. Ainsi s'ouvre en tout échange la possibilité d'un conflit entre ces exigences opposées, qu'il revient aux rites sociaux de juguler, mais qu'un héros de tragédie peut provoquer.
Ce conflit apparaît dans les sept tragédies conservées de Sophocle (Ajax, Les Trachiniennes, Antigone, oedipe roi, Électre, Philoctète, Oedipe à Colone). En lui se dressent les deux versants de la parole : cris, plaintes, pleurs, gestes du corps souffrant, d'un côté ; préjugés, jugements, doctrines, plaidoyers, de l'autre. Une division si forte peut déconsidérer, voire renverser l'ordre social, dénoncé comme fictif ou même illusoire.
La crise des croyances reçues et des valeurs partagées, la ruine des représentations communément admises constituent la pire catastrophe qui puisse avoir lieu parmi les hommes. Ce désastre, le présent essai lui donne un nom prestigieux : « le tragique », rétablissant sur de nouvelles bases ce grand concept éducateur.

Jérôme Thélot est professeur à l'Université de Lyon. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Poétique d'Yves Bonnefoy (1983) ; Baudelaire. Violence et poésie (1993) ; Au commencement était la faim (2005) ; L'Idiot de Dostoïevski (2008) ; Les Avantages de la vieillesse et de l'adversité. Essai sur Jean-Jacques Rousseau (2015). Il a aussi traduit Le Voyageur chérubinique d'Angelus Silesius, et le Woyzeck de Büchner.

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samedi 28 septembre 2019

Laurence Devillairs : Etre quelqu'un de bien. Philosophie du bien et du mal

PUF - Septembre 2019


On préfère de nos jours parler d'éthique plutôt que de morale. Les deux termes renvoient pourtant à une même réalité. Comment expliquer cette réticence ? Comment expliquer aussi que fleurisse l'expression "c'est une belle personne", qui ne veut rien dire, mais qui exprime ce refus de toute référence à la morale ? Serait-ce parce que la morale rappelle la "leçon de morale", entre punition et contrainte ? Pourquoi est-il si difficile d'être quelqu'un de bien ? Pourquoi nous sentons-nous obligés d'ajouter, lorsque nous disons de quelqu'un qu'il est gentil, que c'est là un compliment ? La gentillesse serait-elle un défaut et la méchanceté un signe d'intelligence, à tout le moins de lucidité ? Qu'est-ce que la méchanceté ? Philosophie du bien et du mal, des gentils et des méchants, cet ouvrage fait appel, sans jargon mais avec le sérieux requis, aux thèses, souvent radicales, et aux critiques, parfois étonnantes, des philosophes pour interroger notre rapport au bien et au mal, et pour tenter de déterminer ce qui peut faire de nous quelqu'un de bien.

Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, agrégée et docteur en philosophie, doyen de la faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Paris, spécialiste de Descartes et du cartésianisme, Laurence Devillairs est l'auteur aux Puf de Guérir la vie par la philosophie (2017) ainsi que des "Que sais-je ?" Descartes et Les 100 citations de la philosophie.

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Philippe Choulet : Méthodologie philosophique. Tome 2

Presses Universitaires de France - Septembre 2019 -  Quadrige Manuels


Quels sont les conseils fondamentaux pour rédiger une dissertation ou une explication de texte ? Comment construire une problématique ? Comment analyser un texte et s'en servir pour étayer son argumentation ? La philosophie est une discipline difficile. La lecture des textes, leur compréhension à partir de leur analyse, la rédaction d'un devoir dans cette discipline sont de vraies épreuves, exigeantes, résistantes, mais passionnantes, pour peu qu'on s'y intéresse. Ce second volume de Méthodologie philosophique prend le relais du premier et demeure obstinément fidèle à son esprit d'initiation et de préparation. Tout en rappelant les procédures fondamentales des exercices classiques (dissertation et explication de textes), il est essentiellement consacré aux travaux pratiques et vise à expliquer les différentes étapes de la composition, des premiers moments de la lecture au résultat final de la rédaction. Ce manuel propose une quinzaine de corrigés intégralement rédigés précédés d'une "feuille de route" destinée à accompagner l'étudiant pas à pas, afin de dédramatiser les difficultés rencontrées et de l'éclairer sur les secrets de fabrication.

Philippe Choulet est professeur honoraire de philosophie en classes préparatoires.

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Christian Mongay Nyabolondo : Aux sources de l'identité cosmopolitique

Les éditions du Cerf - Septembre 2019 - Collection : Cerf-Patrimoine


Le Projet kantien d'une paix perpétuelle fondée sur le droit trouve son origine dans les différents débats et thèmes de la philosophie juridico-politique et des relations internationales des Modernes (guerre juste, contrat entre États, paix perpétuelle, etc.). Kant les systématise dans son idée cosmopolitique visant à construire la paix suivant trois niveaux d'intégration du droit public : le niveau intraétatique, le niveau interétatique et le niveau transnational ou cosmopolitique. Cette triple intégration fonde l'identité cosmopolitique, et répond au premier souci de Kant de construire juridiquement la paix en unissant les États afi n de mettre fi n à l'état de nature éthique qui demeure présent même après la formation de la société civile. Cet état de nature éthique peut prendre plusieurs formes (violences, guerres, terrorisme, esclavage, etc.), et il est accentué par la méconnaissance du caractère multiculturel et pluriel de nos sociétés. La vitalisation de l'identité cosmopolitique passe par une cosmopolitisation basée sur la tolérance culturelle ; sur notre humanité partagée et plurielle ; et sur l'accueil quotidien de l'autre homme au nom de son humanité.

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vendredi 27 septembre 2019

Francis Wolff : Plaidoyer pour l'universel

Fayard - Septembre 2019 - Histoire de la Pensée


Jamais nous n’avons été aussi conscients de former une seule humanité. Nous nous savons tous exposés aux mêmes risques : changement climatique, crise économique et écologique, épidémies, terrorismes, etc. Mais alors qu’elle s’impose dans les consciences, l’unité de l’humanité recule dans les représentations : revendications identitaires, nationalismes, xénophobies, radicalités religieuses. L’universel est accusé de toutes parts : il serait oublieux des particularismes et des différences, en somme il serait trop universel. Ou il ne le serait pas assez, il ne serait que le masque du plus fort : du patriarcat (tous les hommes, mais pas les femmes), de l’Occident (tous les hommes, mais seulement les Blancs), ou de l’anthropocentrisme (tous les hommes, mais pas les animaux).
Contre ces replis, il faut que les idées universalistes retrouvent leur puissance mobilisatrice et critique. Contre la dictature des émotions et des opinions, défendre la raison scientifique. Contre l’empire des identités, refonder une éthique de l’égalité et de la réciprocité.
Sur quoi peut aujourd’hui reposer cet héritage des Lumières ? Ni sur un Dieu, ni sur la Nature, car ils prouvent tout et son contraire. Il faut s’y résoudre : l’humanité est seule source de valeurs. Pour autant, nous ne sommes pas condamnés au relativisme. Car l’humanité, ce n’est pas seulement l’ensemble des êtres humains,
c’est aussi la qualité présente en chacun de nous et qui nous lie aux autres : non pas la capacité de communiquer qui est aussi propre à d’autres espèces, ni l’aptitude à raisonner que possèdent certaines machines, mais la faculté de raisonner en communiquant, autrement dit de dialoguer.

Philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure (Paris), Francis Wolff est notamment l’auteur, chez Fayard, de Philosophie de la corrida (2007), Notre humanité (2010), Pourquoi la musique ? (2015), Il n’y a pas d’amour parfait (2016, prix Bristol des Lumières 2016 et prix lycéen du livre de philosophie 2018) et Trois utopies contemporaines (2017).


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