samedi 19 janvier 2019

Enzo Traverso : La pensée dispersée. Figures de l'exil juif

Nouvelles Éditions Lignes - Janvier 2019


Arendt, Adorno, Benjamin, Broch, Kracauer… Quelques-uns des noms des intellectuels juifs à avoir fui l’Europe, ou à l’avoir tenté, après la prise du pouvoir par Hitler. Leurs œuvres comptent parmi les plus grandes, que l’exil a traversé de part en part. Enzo Traverso en étudie l’effet dans ce livre, dont une première édition a paru en 2004, qui reparaît ici très augmenté, entre autres d’une longue étude sur l’exil des intellectuels juifs italiens.

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Raisons politiques 2018/4 (N° 72) : La représentation-incarnation

Presses de Science Po - Janvier 2019


Page 5 à 19 : Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer - La représentation-incarnation | Page 21 à 52 : Yves Sintomer - La représentation-incarnation : idéaltype et configurations historiques | Page 53 à 70 : Lorenzo Tanzini - Représentation et décision politique dans les assemblées communales italiennes du 13e siècle | Page 71 à 88 : Alessandro Mulieri, Samuel Hayat - La représentation-incarnation chez Marsile de Padoue | Page 89 à 123 : Quentin Skinner, Christopher Hamel - Hobbes et la représentation | Page 125 à 136 : Barbara Stollberg-Rilinger, Marc Saint-Upéry - Tuteurs sans mandat. Jusqu’à quel point les États territoriaux (Landstände) allemands représentaient-ils le peuple ? | Page 137 à 164 : Samuel Hayat - Incarner le peuple souverain : les usages de la représentation-incarnation sous la Seconde République | Page 165 à 181 : Quentin Schwanck - L’obsolescence du politique : l’« ordre spontané » dans la philosophie de l’histoire évolutionniste de Gustave de Molinari | Page 183 à 190 : Georges Meyer - Bernard Lahire, L'interprétation sociologique des rêves, Paris, La Découverte, collection Laboratoire des sciences sociales, 2017, 487 pages | Page 191 à 197 : Julien Debonneville - Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, Zones, 2017, 254 pages.

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Villani Tiziana : Corps Mutants.Technologies de la sélection de l'homme et du vivant

Eterotopia - Janvier 2019 - Collection : Rhizome


Ce livre interroge les mutations, qui à travers les processus de domestication et de sélection, dessinent les paysages du troisième millénaire. Les corps mutants sont les corps humains mais aussi des territoires et des vivants qui sont sont appelés à faire face à une transformation extraordinaire et accélérée. Les corps, les territoires et les espèces partagent aujourd'hui une condition particulière et commune: celle d'un devenir suspendu entre la persistance du passé et les sollicitations d'un présent-futur marqué par les nouvelles technologies. Cette analyse concerne principalement les « lignes de fuite » et les métamorphoses dans leur capacité à envisager des chemins de création et de liberté dans une période particulièrement violente.

Tiziana Villani est philosophe. Elle dirige les revues millepiani et millepiani/urban. Parmi millepiani/urban ses publications : Cavalieri del vuoto, il nomadismo nel moderno orizzonte urbano, Mimesis, Milan, 1992; Athena Cyborg. Per una geografia dell'espressione : corpo, territorio, metropoli, Mimesis, Milan, 1995 ; Gilles Deleuze. Un filosofo dalla parte del fuoco, Costa & Nolan, Milan, 1998 ; Il tempo della trasformazione, Manifestolibri, Rome, 2006 ; Ecologia Politica, Manifestolibri, Rome, 2013 ; Psychogéographies urbaines. Corps, territoires et technologies, éditions Eterotopia France, Paris, 2014.

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vendredi 18 janvier 2019

McKenzie Wark : Théorie du gamer

Les Prairies Ordinaires - Janvier 2019


Le monde tel que nous le vivons et le « ludespace », l’espace des jeux vidéo, entretiennent des rapports ambivalents. D’une part, ce ludespace propose une représentation idéalisée de certaines de nos utopies contemporaines, qui voient leurs fantasmes s’y réaliser : rétribution juste des efforts et de la persévérance, récompense des savoir-faire ou égalité stricte face aux « règles », à l’algorithme. Autant de souhaits qui ne se réalisent que très rarement en dehors du monde virtuel. D’autre part, le « monde réel » se trouve de plus en plus affecté par des valeurs qui sont celles du ludespace : un certain rapport à l’espace, sur lequel se greffent de plus en plus de données, analyses et soucis d’optimisation, une permanence des rapports de concurrence (dans les études, le travail, les relations personnelles). À la frontière de ces deux territoires, une subjectivité émerge : celle du gamer, avec son rapport particulier au monde et aux règles, perçus et réinterprétés à travers le jeu. Une position, une approche qui, transposée dans nos sociétés contemporaines, permet d’en décrypter les ressorts, voire de les subvertir. Se présentant comme une série de thèses regroupées sous les intitulés des jeux dans lesquels McKenzie Wark s’est plongé pour son étude, ce livre décortique les liens et subjectivités mis en œuvre dans les jeux vidéo, de façon à la fois synthétique et programmatique. S’extirpant des oppositions souvent schématiques entre adoration ou défiance vis-à-vis de la technique, il propose des pistes à ceux qui souhaiteraient comprendre, voire déjouer les mécanismes contemporains de la reproduction sociale. Quant aux gamers, ils trouveront là enfin un outil, exigeant et accessible, pour réfléchir à leur propre pratique sans avoir à en passer par le sempiternel discours sur les « risques ». Il s’agit de rendre au joueur son statut de first player, dans un ludespace qui, de plus en plus, tend à le transformer en produit plutôt qu’en acteur.

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Revue d'histoire des sciences humaines (RHSH), n° 33 : Après 1918. Un nouveau paysage savant ?

Éditions de la Sorbonne - Janvier 2019


La Première Guerre mondiale est considérée comme une rupture majeure de l’histoire contemporaine. Ses conséquences territoriales, politiques, sociales et technologiques, à l’échelle nationale et internationale, ont été amplement étudiées. Certains ont interrogé ses répercussions pour les sciences médicales et de la nature. Mais qu’en est-il des sciences de l’homme ? Que deviennent ces connaissances que leurs promoteurs continuaient à définir comme des sciences morales, au moment où l’humanité même semblait connaître ses « derniers jours » (Karl Kraus) ?
Mesurer l’impact du conflit sur ces domaines savants, tel est l’objectif de ce dossier. Il s’agit de retracer la transformation de la carte des sciences de l’homme en traitant de disciplines, de lieux et de techniques jusqu’ici peu abordés. Quelles sont les lignes de force structurant le redéploiement de ces savoirs après l’armistice ? Selon quelles modalités idéologiques, théoriques et pratiques prennent-ils acte – ou non – des effets du conflit ? Entre résilience et reconfigurations, changements et permanences, poursuite des oppositions en temps de paix et volonté de reconstituer une certaine communauté savante internationale, comment les sciences de l’homme ont-elles été « travaillées » par la Grande Guerre ?

Dossier: "Après 1918. Un nouveau paysage savant ?"

La Grande Guerre, parenthèse ou nouvelle donne dans l’histoire des sciences de l’homme ?
Nicolas Ginsburger et Christine Laurière

« Elle est tombée Babylone ».
Reconfigurations du champ disciplinaire des religions durant et après 1914-1918
Corinne Bonnet et Annelies Lannoy

Guerre du droit, droit de la guerre.
La faculté de droit de Paris, observatoire de l’enseignement supérieur en guerre (1914-1925)
Anne-Sophie Chambost et Alexandra Gottely

L’histoire à l’épreuve du feu.
Penser la Révolution française dans la France d’après-guerre (1918-1932)
Jean-Luc Chappey et Guillaume Lancereau

La fin d’un internationalisme savant.
La préhistoire française face à l'Allemagne entre les deux guerres mondiales
Arnaud Hurel

De Rühl à Christaller : le développement de la géographie économique allemande « classique » (1918-1933), un produit de la Grande Guerre ?
Nicolas Ginsburger

Un outil de la paix ?
La photographie aérienne, la Grande Guerre et les sciences sociales (1915-1939)
Serge Reubi

L’université de Strasbourg dans l’immédiat après-guerre (1919-1925)
Bertrand Müller

Document
L'ébranlement du monde jaune

Lucien Lévy-Bruhl et l’imaginaire anti-colonial en Asie
Frédéric Keck

Débats, chantiers et livres
La technologie, science humaine ?

De quoi la technologie est-elle le nom ?
Anne Saada

Enquête sur les sciences humaines et sociales dans les écoles d’ingénieurs.
Le cas de l’enseignement à l’Université de Technologie de Compiègne
Timothée Deldicque, Sacha Loeve et Pierre Steiner

Laetitia Guerlain, L’École de Le Play et le droit. Contribution à l’histoire des rapports entre droit et science social (Jean-Louis Halpérin)

Thomas Hirsch, Le temps des sociétés. D’Émile Durkheim à Marc Bloch (Sabina Loriga)

Nicolas Adell et Jérôme Lamy (dir.), Ce que la science fait à la vie (Dylan Simon)

Jacques François, Le siècle d’or de la linguistique en Allemagne. De Humboldt à Meyer-Lübke (Gabriel Bergounioux)

Plusieurs siècles de fabrique des chaires au Collège de France.
À propos de l’ouvrage collectif dirigé par Wolf Feuerhahn, La politique des chaires au Collège de France, Paris, Les Belles Lettres/Collège de France, 2017, 560 pages (Emanuel Bertrand)

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Bernhard Waldenfels : Phénoménologie de l'étranger. Motifs fondamentaux

Hermann - Février 2019


Si l’étranger a traditionnellement constitué l’écueil inassimilable dont la philosophie n’a cessé de se détourner, la phénoménologie de l’étranger de Waldenfels, au cœur des débats contemporains, entend au contraire faire droit à sa requête. Waldenfels ne traite pas l’étranger comme un simple objet, mais bien comme un motif – qui ébranle et met la pensée en mouvement. Dans ses Motifs fondamentaux, chaque texte constitue une invitation à cheminer à travers son œuvre foisonnante, érudite, méthodiquement rigoureuse. En dialogue serré avec la tradition classique, la phénoménologie, mais aussi avec l’anthropologie, la littérature et la linguistique, il décline l’étranger en ses diverses facettes : l’ordre, le pathos, la réponse, le corps propre, l’attention, l’interculturalité. Waldenfels mène ces réflexions en s’inspirant autant de Merleau-Ponty, dont il fut l’élève et le traducteur, que de Levinas et de Foucault.

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jeudi 17 janvier 2019

Jan Patocka : Correspondance avec Robert Campbell et les siens. 1946-1977

Editions Jérôme Million - Janvier 2019 - Collection : Krisis


"Il faudrait que quelqu'un chez vous fasse un roman sur un intellectuel d'Europe centrale sous le coup des derniers événements. Pas seulement pour la curiosité psychologique. Pour apprendre à voir ce que vous n'aimez pas regarder", écrivait le phénoménologue tchèque Jan Patocka, en juillet 1949, à son ami Robert Campbell, philosophe et mathématicien français, auteur, en 1945, du premier ouvrage consacré aux écrits et à la pensée de Jean-Paul Sartre. Mieux qu'un roman, la correspondance amicale et philosophique que les deux hommes échangeront pendant une trentaine d'années, avec deux hiatus dus aux aléas des circonstances, publiques et privées, depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à travers le virage totalitaire de l'"autre Europe", le relatif dégel des années 1960 et l'avant-"printemps de Prague", jusqu'à l'engagement de Patocka dans le mouvement de la Charte 77 pour la défense des droits de l'homme, représente, dans ses trois dimensions indissolublement enchevêtrées de l'intime-quotidien, de l'historico-politique et de la pensée, un document d'une rare valeur précisément en ce sens. Un document qui nous met sous les yeux un exemple concret de ce que Patocka nomme "la vie dans l'idée".

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Georg Simmel : Philosophie de l'amour

Circé - Janvier 2019


L'héritage théorique de Georg Simmel a longtemps été soumis à des jugements fortement réducteurs : philosophe de " l'à peu près ", théoricien de " l'impressionnisme ", amateur d'une philosophie journalistique. Il s'agit de jugements qui ne touchent en rien la profonde capacité du penseur allemand à représenter les tensions et les fureurs d'une époque. Son refus de tout rationalisme universaliste, son relativisme individualiste expriment quelque chose de plus qu'un simple schématisme descriptif : ils sont le résultat d'un malaise dont on ne peut nier la profonde valeur historique. Les écrits sur l'amour en sont une manifestation exemplaire : ici, Simmel considère l'amour comme le fruit d'une motivation primaire, étrangère à l'opposition entre action égoïste et action altruiste. L'éros abolit toute distance entre le je et le tu, en vertu d'une projection de sentiments qui entraîne la complète solidarité, l'adhésion absolue de l'objet au sujet. L'essence de l'amour est par conséquent unitaire ; elle n'est pas la synthèse de facteurs hétérogènes, bien qu'elle se manifeste via une variété de modes et d'attributs différents : sensualité et sentiment, instinct et affection, attirance et sympathie. Ainsi interprété, l'amour est avant tout un rapport que l'individu entretient avec lui-même, sorte de défi de réalisation de soi individuel et irrésolu, qui a pour effet une tension érotique continuelle.

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Henry de Lumley (dir.) : Le Symbolique, le Sacré et l'Homme. Emergence de la transcendance

CNRS Editions - Janvier 2019



L'Homme, cet être vivant doué de raison, fabricant d'objets élaborés, doté d'un langage articulé, chez lequel a émergé la pensée conceptuelle et symbolique, se caractérise par une aptitude à l'émerveillement, et une capacité d'espérance accompagnée d'un refus de l'absurde. Avec l'invention de l'outil manufacturé et les premiers témoignages d'une pensée symbolique, comment la fabuleuse aventure culturelle et spirituelle de l'Homme a-t-elle débuté ? Pourquoi à travers les temps, même les plus anciens, et dans toutes les cultures, l'émergence du sens de la transcendance n'a-t-il cessé de se manifester et de s'inscrire au cœur de notre humanité ? Comment est-il devenu une caractéristique de l'Homme, une de ses aspirations profondes ? Comment définir le sens du sacré ?
C'est de cette dimension intrinsèquement humaine, et des traces qu'elle a laissées, qu'il est ici question.
Après L'Univers, la Vie et l'Homme : émergence du sens de la Conscience et Le Beau, l'Art et l'Homme : émergence du sens de l'Esthétique, voici le troisième et dernier opus dirigé par Henry de Lumley, issu d'un cycle de conférences au Collège des Bernardins. L'ambition de ces rencontres ? Faire dialoguer physiciens, astrophysiciens, géologues, biologistes, paléoanthropologues, préhistoriens, historiens de l'art, philosophes et théologiens autour de questions qui ont trait à l'essence de l'humanité.

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mercredi 16 janvier 2019

Maurizio Ferraris : Postvérité et autres énigmes

PUF - Janvier 2019


Tout comme le capitalisme a été l'essence du XIXe siècle et les médias celle du XXe siècle, la postvérité serait-elle l'essence de notre époque ? L'arrivée de Donald Trump au pouvoir a considérablement changé le monde : elle a démontré que refuser la vérité objective était bien devenu une option politique crédible. Mais en quoi cette " postvérité " dépasse-t-elle le mensonge ? Maurizio Ferraris démonte ce concept pour en étudier tous les rouages et en comprendre le succès. Il décrit, avec l'exactitude et l'engouement qui le caractérisent, la façon dont le nouveau paradigme du vrai découle d'une rencontre : celle de la philosophie postmoderne avec la technologie internet, de la parole avec son média, de l'acteur avec son théâtre. Pour peu que la voix porte, chaque énonciation devient potentiellement vraie et, si la vérité est parfois décevante, voire frustrante, la postvérité est réconfortante. Jusqu'à ce qu'elle se confronte aux autres.

Maurizio Ferraris est professeur de philosophie à l'université de Turin. Il est notamment l'auteur de Mobilisation totale. L'appel du portable (Puf, 2016) et de L'imbécillité est une chose sérieuse (Puf, 2017).

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Nicolas Gauvrit et Sylvain Delouvée (dir.) : Des têtes bien faites. Défense de l'esprit critique

PUF - Janvier 2018


L'esprit critique est sur toutes les lèvres. Depuis l'explosion des fake news diffusant sur Internet, des rumeurs trompeuses, des théories du complot poussant certains jeunes sur la voie de la radicalisation, il semble que nous vivions dans un monde parsemé de pièges pour nos cerveaux trop enclins à croire. Des philosophes et des chercheurs tentent de comprendre ce qui nous rend si prompts à adhérer à des idées parfois farfelues, pourquoi notre raison, en général efficace, recèle quelques " bugs ", que d'aucuns ne se privent pas d'utiliser. De leur côté et dans le même objectif de défense intellectuelle, des vidéastes, des journalistes, des médiateurs et des enseignants tentent de développer l'hygiène mentale de leurs contemporains par divers moyens. Dans cet ouvrage, les chercheurs exposent certaines failles mentales qui nous rendent vulnérables aux erreurs, tandis que les médiateurs témoignent des pratiques qu'ils ont mises en place pour participer à l'effort pédagogique. Ensemble, ils imaginent une approche critique de l'autodéfense intellectuelle, une collaboration à venir pour un enseignement de l'esprit critique fondé sur les preuves.

Nicolas Gauvrit est chercheur en sciences cognitives au laboratoire " Cognitions Humaine et Artificielle " de l'Ecole pratique des hautes études à Paris. Ses recherches portent notamment sur le raisonnement humain et l'éducation à l'esprit critique. Sylvain Delouvée est enseignant-chercheur en psychologie sociale à l'Université de Rennes. Ses recherches portent notamment sur l'adhésion aux théories du complot et l'évaluation de l'esprit critique. 
Anouk Barberousse, Gérald Bronner, Niluphar Ahmadi, Maud Besançon, Paul Bertin, Jean-Michel Abrassart, Sebastian Dieguez, Romy Sauvayre, Pascal Waggner-Egger, Rudy Reichstadt, Valérie Igounet, Thomas Durand, Vled Tapas, Rose-Marie Farinella, Elodie Cherel, Ronan Cherel, Sophie Mazet, Jean-Paul Krivine, Mathieu Hainselin

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François Jullien : L'inouï. Renverser ce si lassant réel

Grasset - Janvier 2018


"L’histoire que je raconte ici est celle de tout le monde…
Car qui ne s’est pas trouvé lassé, au fil des jours, du spectacle si merveilleux du ciel, ou du visage de l’Amante, et même d’abord d’être en vie ?
On s’en lasse parce qu’on n’en attend – on n’en entend – plus rien.
Ce qui s’étale, revient toujours, s’enlise en effet dans sa présence et dans sa récurrence et n’émerge plus, n’apparaît plus. On ne pourra y accéder qu’en découvrant ce qui s’en est enfoui d’in-ouï.
Non par dépassement dans un Au-delà, mais par débordement de notre expérience. C’est-à-dire en ouvrant une brèche dans ses cadres constitués et normés, libérant ainsi ce qui s’y révèle autre et qui se donne alors à rencontrer.
Aussi rendre ce si lassant réel à ce qu’il contient en soi d’inintégrable et donc de vertigineux, proprement inouï, est, en amont de toute morale, autour de quoi se jouent – basculent – nos existences.
L’inouï en devient ce concept premier, ce concept clé, ouvrant un minimum métaphysique où s’opère, ici et maintenant, un tel renversement.
Car que peut-on attendre d’autre – espérer entendre d’autre – que l’inouï ?" FJ

François Jullien est philosophe, helléniste et sinologue.

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mardi 15 janvier 2019

Hent de Vries : Le Miracle au cœur de l’ordinaire

Encre Marine - Janvier 2019


Est-ce que des miracles se produisent encore ? S’en est-il jamais produit, à strictement parler ? Qu’est-ce qui dans le passé les a rendus possibles, sinon nécessaires, et qu’en est-il maintenant ?
La notion de miracle et les multiples manières dont la croyance au miracle a été conceptualisée peuvent nous aider à mieux comprendre deux phénomènes contemporains. Premièrement, elles aident à comprendre les rapports de plus en plus complexes entre, d’une part, les véritables événements de la vie quotidienne – qu’elle soit privée, publique ou politique – et, d’autre part, ceux qui relèvent du domaine de l’artificiel et du calculé, technologique et médiatique. Deuxièmement, elles permettent de saisir le lien structural entre les irruptions de la religion dans l’espace public mondialisé et les nouvelles technologies de la communication.

Hent de Vries est actuellement Professeur à New York University et Directeur de la School of Criticism and Theory (SCT) à Cornell University. Son enseignement et ses recherches se concentrent sur les rapports entre religion, théologie et philosophie d’une part, et, d’autre part, entre celles-ci et des questions politiques et juridiques concernant le plus contemporain.

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Annemie De Gendt et Alicia Montoya : La pensée sérielle du Moyen Âge aux Lumières

Annemie De Gendt and Alicia Montoya - Décembre 2018


La pensée sérielle : du Moyen Age aux Lumières se propose d’étudier le phénomène discursif de la série, du Moyen Age à la première modernité. Le volume enrichit nos connaissances sur la façon dont la notion de série – actualisée entre autres sous la forme des sept vices et vertus, des cinq sens, de l’hexaëmeron - a été pensée et mise en forme dans les écrits philosophiques et littéraires et, de manière moins exhaustive, dans la peinture et la musique. Une réflexion méthodologique et théorique introduit le volume, offrant de nouvelles pistes scientifiques.

Introduction
Anne-Marie De Gendt et Alicia C. Montoya
Penser la sérialité, de l’Antiquité au XVIIIe siècle
Enrico Nuzzo

Partie 1
Pensée sérielle au Moyen Age, de la tradition chrétienne aux listes profanes
L’Origine du monde à l’épreuve de la série : variations sur l’hexaëmeron (XIIe-XIIIe siècles)
Emilie Deschellette
Les Recueils de distinctions bibliques et leur structure : quelques réflexions
Iolanda Ventura
Cithares à géométrie variable dans les exégèses médiévales des Psaumes ou comment la pensée sérielle crée l’instrument de musique
Jean-Marie Fritz
Musica et Natura dans les manuscrits enluminés des XIIIe et XIVe siècles : une pensée sérielle en images ?
Martine Clouzot
Les Neuf Preux: vie d’une liste à la fin du Moyen Age
Anne Salamon

Partie 2
Nouvelles organisations du savoir profane durant la première modernité
Penser l’histoire littéraire au Moyen Age: les listes d’auteurs
Madeleine Jeay
Art et Science : le défilé des animaux dans L’Arche de Noé sur le Mont Ararat, peinture de Simon De Myle (1570)
Paul J. Smith
Faire l’inventaire des rues, quartiers et types. Conceptions sérielles de la ville dans les représentations de Madrid à la fin du XVIe siècle
Konstantin Mierau
Pensée sérielle et pensée encyclopédique : l’esprit de combinaison et l’ordre naturel des idées selon Leibniz et les encyclopédistes
Claire Fauvergue

Partie 3
Continuités : Vices et Vertus et l’ordre du monde, du Moyen Age aux Lumières
« Venez les bénis ... venez les maudits » : Permanence des listes de vices et de leurs vertus contraires dans la morale occidentale (Moyen Age – première modernité)
Richard G. Newhauser
Dame Vice ou Dame Sens? Correspondances sérielles au seuil de la Renaissance
Anne-Marie De Gendt
La Pensée sérielle dans le théâtre de Calderón
Didier Souiller
Multiplier les vices à l’époque des philosophes : « nature » ou géométrie (Loquet, Sade) ?
Alicia C. Montoya

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Claire Crignon et David Lefebvre : Médecins et philosophes. Une histoire

CNRS - Janvier 2019


Depuis la séparation entre médecine et philosophie traditionnellement attribuée à Hippocrate, les relations entre ces disciplines ont toujours été intenses et parfois conflictuelles. C'est une histoire de ces rapports que proposent les quinze études réunies dans cet ouvrage, en se centrant sur quelques figures ou moments déterminants : Platon, Aristote, Galien, les écoles empirique et méthodiste, al-Rāzī, Averroès, le XVIe siècle italien, Locke, Kant, Cabanis, les philosophes-médecins de la IIIe République, Canguilhem ou encore Jaspers. 
Si aujourd'hui la demande adressée à la philosophie par les médecins concerne principalement l'éthique, le dialogue entre les deux disciplines a porté historiquement d'abord sur le statut épistémologique de la médecine : le meilleur médecin est-il nécessairement philosophe ? Que peut apprendre la philosophie de la méthode du médecin ? La médecine est-elle un art du cas singulier, une science ou les deux ? 
En s'inscrivant dans le temps long, ces études rappellent que l'institutionnalisation actuelle de la philosophie de la médecine s'accompagne parfois d'un oubli des origines historiques de la réflexion sur la médecine. Le contact avec la médecine conduisant aussi la philosophie à se souvenir qu'elle se définit comme un genre de vie, c'est la question de l'amélioration du bien-être et de la santé des hommes qui se pose alors, dans un environnement que l'introduction de techniques thérapeutiques nouvelles modifie en permanence. 

Claire Crignon est Maître de Conférences à Sorbonne Université. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la tradition médico-philosophique anglaise de la période moderne et des Lumières. Elle a publié en 2016 Locke médecin, manuscrits sur l'art médical. 
David Lefebvre est Professeur d'histoire de la philosophie ancienne à Sorbonne Université. Auteur de nombreux articles sur Aristote et la biologie aristotélicienne, il a publié en 2018 Dynamis. Sens et genèse de la notion aristotélicienne de puissance.

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lundi 14 janvier 2019

La Part de l’Œil n° 32 : L’œuvre d’art entre structure et histoire & Greimas et la sémiotique de l’image

La Part de l'Oeil - Janvier 2019


Le structuralisme a constitué un moment marquant de la pensée du XXe siècle opérant un nouage stimulant entre la linguistique, l'anthropologie, la psychanalyse et la philosophie. Les contributions ici rassemblées réinterrogent la notion de structure comme outil d'interprétation dans le domaine de la création. Il s'agit d'en examiner les ressources et les limites en prenant pour point d'attention principal les relations entre l'oeuvre d'art et l'histoire. Trois dossiers d'artistes viennent apporter leur éclairage sensible. La seconde partie de ce volume est consacrée à l'une des figures marquantes de l'analyse structurale. Les contributions rassemblées autour de l'oeuvre d'Algirdas Julien Greimas montrent à quel point les hypothèses théoriques avancées par le sémioticien constituent encore aujourd'hui des outils d'analyse pour penser les arts plastiques.

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Journal international de bioéthique et d'éthique des sciences 2018/3-4 (Vol. 29) : Transhumanisme. Approche pluridisciplinaire d’une nouvelle utopie

Eska - Janvier 2019


Page 7 à 13 : Claude Huriet - Le Transhumanisme : une utopie « réaliste » ? | Page 15 à 30 : Roland Gori - L’inquiétante étrangeté de l’homme augmenté | Page 31 à 53 : Nathalie Nevejans - La robotisation de l’homme au regard du droit | Page 54 à 70 : Anne-Blandine Caire - La cryogénisation | Page 71 à 91 : Peggy Larrieu - La neuro-amélioration des sujets « sains » : enjeux anthropologiques, sociologiques et juridiques | Page 93 à 108 : Nicolas Le Dévédec, Johanne Collin - Le médicament augmenté : l’usage du médicament dans les discours transhumanistes et ses significations sociales | Page 109 à 125 : Xavier Bioy - Quels droits de l’Homme pour l’humain « programmé » ? | Page 126 à 134 : Philippe Pedrot - Le transhumanisme : une utopie à déconstruire | Page 135 à 153 : Gilbert Hottois - L’anthropologie philosophique technicienne du transhumanisme | Page 154 à 169 : Christian Godin - Que deviendraient les droits de l’Homme avec le posthumain ? | Page 170 à 188 : Bernard Baertschi - Plus vite, plus haut, plus fort, plus… Pour aller où ? Transhumanisme et aspiration au bonheur | Page 189 à 203 : Klaus-Gerd Giesen - Le transhumanisme comme idéologie dominante de la quatrième révolution industrielle | Page 204 à 231 : Hervé Fischer - Mythanalyse du transhumanisme | Page 233 à 240 : Joël de Rosnay - Transhumanisme ou hyperhumanisme ? L’avenir de l’humanité.

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Complete Works of Voltaire 21: Essai sur les moeurs et l'esprit des nations (I): Introduction generale

Voltaire Foundation - Octobre 2018 - Complete Works of Voltaire


Aboutissement des travaux d’une équipe de spécialistes internationaux, la toute première édition critique de l’Essai sur les mœurs est désormais disponible dans son intégralité avec la publication du volume I, qui comprend l’Introduction générale. Cette introduction propose des sections sur la genèse de l’œuvre, sa parution et sa réception, ainsi que la vision historique de Voltaire. Ce volume profite d’une bibliographie détaillée des éditions du vivant de Voltaire. Indispensable pour tout historien et étudiant du siècle des Lumières.

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dimanche 13 janvier 2019

Bénédicte Delignon : La morale de l'amour dans les Odes d'Horace. Poésie, philosophie et politique.

PU Paris-Sorbonne - Janvier 2019 - Collection : Rome et ses renaissances


Dans les odes érotiques, Horace conjugue exaltation de la passion et morale de l’amour : il chante la puissance et les beautés du désir, mais n’en invite pas moins les jeunes filles à se marier, les matrones à être fidèles, les jeunes gens à se contrôler et les vieilles femmes à renoncer à l’amour. Il rompt ainsi avec la tradition qui le précède, de Sappho aux élégiaques latins en passant par Anacréon, Alcée ou Catulle. Pour comprendre cette intrusion de la morale dans le domaine érotique, il faut tenir compte de tout ce qui fonde la lyrique horatienne : l’ambition de devenir une voix de la cité, la nécessité de dire son adhésion au nouveau régime, mais aussi l’intérêt pour la philosophie, y compris l’Académie, dont on sous-évalue l’importance dans son œuvre.

Les enjeux moraux sont cependant indissociables des choix poétiques. C’est en poète qu’Horace se fait philosophe, jouant sur la coïncidence de certains motifs proprement lyriques avec une morale d’origine philosophique. C’est également en poète qu’il réconcilie l’exaltation de la passion et la morale, grâce à un jeu sur les genres, les formes et leur pragmatique. Cet ouvrage éclaire la manière dont se tissent, dans les Odes, l’inspiration érotique, le substrat philosophique, le contexte politique et les choix poétiques de celui qui se regarde comme l’inventeur de la lyrique latine.

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Myriam Watthée-Delmotte : Dépasser la mort. L'agir de la littérature

Actes Sud - Janvier 2019


Cet essai présente la façon dont la littérature (qu’il s’agisse de romans, de poésie, de théâtre, de chansons, etc.) se met en action pour tenter de dépasser la mort. Depuis la possibilité de résister au choc de la confrontation à l’irrémédiable jusqu’à la commémoration sereine avec le recul des années, en passant par l’accomplissement des différentes étapes du deuil. Cet essai montre aussi comment les écrivains prennent en charge des fonctions que les discours institutionnels ou médiatiques ne peuvent pas assumer, comme dresser la stèle manquante des effacés de l’Histoire, exprimer l’inavouable, apprivoiser sa propre mort.

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Cahiers philosophiques 2018/3 (N°154) : T. W. Adorno

Vrin - Janvier 2019


Ce numéro consacré à Theodor W. Adorno donne un aperçu précis de sa démarche philosophique, de la manière dont il trace progressivement la voie de la dialectique négative par le jeu de lectures critiques qui s’étayent les unes les autres. Lors d’une discussion avec Horkheimer, à l’époque de la rédaction de La dialectique de la raison, Adorno affirmait : « une négation déterminée de la position hégélienne serait l’optimum d’une vérité théorique telle que je peux me la représenter ».
Pour élaborer une dialectique matérialiste, sans synthèse ni perspective d’une fin de l’histoire, une lecture fine et pugnace de Hegel est nécessaire : contre le dépassement dialectique de la scission du sujet et de l’objet, il faut ainsi maintenir le primat de l’objet, ce qu’une reprise critique de la « chose en soi » permet de faire. Kant, Nietzsche, Marx aussi bien que Freud sont lus et mis à contribution pour parvenir à délivrer la dialectique de son essence affirmative et réussir à viser la concrétude sans la dissocier artificiellement des rapports sociaux et des conflits qui s’y déploient. L’interprétation divergente du concept hégélien d’expérience par Heidegger et Adorno manifeste leur opposition inconciliable et le choix affirmé, contre la pensée de l’être, d’une métaphysique renouvelée.

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samedi 12 janvier 2019

Sophie Duhem et Christine Noacco : L’Homme sauvage dans les lettres et les arts

PUR (Presses universitaires de Rennes) - Janvier 2019


Ce livre veut cerner et définir le motif de l’homme sauvage dans les lettres et dans les arts, ainsi que retracer l’histoire et la complexité de sa représentation dans une perspective résolument diachronique et transdisciplinaire. De la Préhistoire à l’Âge contemporain, l’homme sauvage pose à l’homme civilisé la question de sa nature et des limites de son acculturation et il lui renvoie, par le miroir de la représentation, l’image de ce qu’il n’est pas ou une vérité ontologique à assimiler.

Sommaire :
L’homme primitif : figures des origines et des confins du monde
L’homme des « seuils » : osmose des lieux et ambivalence des signes
L’homme des bois : figure du lieu et du territoire
Figurer la nature hybride de l’homme végétal et sylvestre
L’état sauvage : état de nature et contre nature

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