lundi 18 mars 2019

Rue Descartes 2019/1 (N° 95) : Discours, performance et sexualités

Collège international de Philosophie - Mars 2019


Page 1 à 3 : Isabelle Alfandary - Présentation | Page 4 à 21 : Mireille Calle-Gruber - Des scènes qui font la nuit plus habitable que les jours. (Performer les différences sexuelles) | Page 22 à 43 : Isabelle Alfandary - L’identité entre sexe et genre chez Freud et Lacan | Page 44 à 57 : Nathanaël Wadbled - Avoir ou être ses pratiques sexuelles. Discours, performance et sexualité dans la théorie du genre de Judith Butler | Page 58 à 79 : Anne-Emmanuelle Berger, Isabelle Alfandary - Entretien avec Anne-Emmanuelle BERGER | Page 80 à 107 : Gabrielle Houbre - « Un individu d’un genre mal défini ». L’hermaphrodisme dans les procès en nullité de mariage (France, XIXe siècle) | Page 108 à 125 : Chantal Delourme - « Prohibition, psychoanalysis, and the heterosexual matrix » in Gender Trouble par Judith Butler : genres du récit et inflexions imaginaires | Page 126 à 141 : Cornelia Möser - Identités et différences sexuelles | Page 142 à 153 : Juan José Martínez Olguín - Écriture et éducation : enjeux philosophiques et pédagogiques | Page 154 à 163 : Barbara Eva Zauli - Pour une nouvelle Bildung : la critique de Nietzsche entre éducation et « spiritualité » | Page 164 à 173 : Philippe Lacour - Lecture du livre de Jean Lassègue, Ernst Cassirer. Du Transcendantal au sémiotique.

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Léon Vandermeersch : Ce que la Chine nous apprend. Sur le langage, la société, l'existence

Gallimard - Mars 2019 - Collection Bibliothèque des Sciences humaines


Ce court texte condense une vie de recherches du grand sinologue français. Il répond à l’éternelle question de savoir si la Chine représente un «ailleurs» inaccessible à notre compréhension d’Occidentaux (c’est ce que Foucault appelait une «hétéro-topie») ou s’il y a une manière de la comprendre qui la ramène à notre humanité commune.
Vandermeersch attaque le problème de trois côtés : d’abord par ses théories sur le langage, qui, en Chine, dériverait des pratiques divinatoires, entraînant une séparation complète entre le langage écrit et le langage parlé, à la différence du langage occidental, indo-européen, qui fonde la logique aristotélicienne. C’est ce que l’auteur a développé dans Les deux raisons de la pensée chinoise en 2013 («Bibliothèque des sciences humaines»).
L’auteur passe ensuite à l’organisation sociale, son apport le plus personnel, fondée sur un ritualisme qui a été renversé par des formes chinoises de modes de production très différentes de celles qu’a connues l’Occident.
Il complète son approche par l’analyse de ce qui, en Chine, s’est substitué à la religion, l’absence d’une coupure entre le monde humain et la transcendance divine. Au contraire, la Chine a trouvé un accord complémentaire avec le cosmos, que le confucianisme a théorisé et confirmé.

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Walter Benjamin : Pour une critique de la violence

Allia - Mars 2019


“Si la police peut paraître partout semblable jusque dans les détails, il ne faut pas finalement se méprendre : son esprit est moins dévastateur dans la monarchie absolue, où elle représente la violence d’un souverain qui réunit en lui l’omnipotence législative et exécutive, que dans les démocraties, où son existence, soutenue par aucune relation de ce type, témoigne de la plus grande dégénérescence possible de la violence.”
Benjamin pose dans cet essai la question de la validité morale de la violence, en tant que fondement ou partie intégrante du droit.

Le droit naturel ne voit aucun inconvénient à user de la violence pour des fins justes. L’adage en serait “la fin justifie les moyens”. Cet exercice-là de la violence a pu par exemple s’exprimer dans la Terreur pendant la Révolution française. Il revient à considérer la violence comme une donnée naturelle. Au contraire, le droit positif la définit comme le “produit d’un devenir historique”. Pour le droit naturel, seule la justesse de la fin compte. Pour le droit positif, tout droit s’établit sur la critique des moyens.

Il convient de distinguer les différents types de violence indépendamment des circonstances de leur exercice, de s’écarter du droit naturel comme du droit positif. Il faut se tourner vers l’histoire, la distinction des violences devant se fonder sur la “reconnaissance historique universelle de leurs fins”. C’est in fine le droit qui s’octroie le privilège de la violence vu qu’il serait menacé si elle venait à s’exercer en dehors de lui. Pour ce faire, il se retrouve à lui-même l’autoriser, par exemple sous la forme du droit de grève. Ou bien à user lui-même de la violence suprême, “celle qui dispose de la vie et de la mort”, à travers la peine de mort, laquelle le fortifie. Le pouvoir recourt à la violence, qui le fonde et le préserve.

Loin d'une critique naïve de la violence, Walter Benjamin en étudie méthodiquement les ressorts afin de pouvoir fonder en raison une véritable justice sociale.

Traduit de l'allemand par Antonin Wiser.

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dimanche 17 mars 2019

Lionel Astesiano : Bergson, pas à pas

Ellipses Marketing - Mars 2019 - Pas à pas


À l'aube du XXe siècle et des spectaculaires progrès technoscientifiques à venir, la métaphysique n'est nullement dépassée. Elle n'est en rien une activité qui devrait rester cantonnée au champ des sciences humaines voire au seul champ littéraire. Bergson est sans doute le dernier grand philosophe à avoir tenté de faire de sa discipline une science rigoureuse tout en ne sacrifiant pas la spécificité de son objet : l'esprit.
Ce qui exige de modifier entièrement sa méthode afin d'éviter de retomber dans ses travers habituels. Car les grands systèmes métaphysiques du passé ont manqué, par excès d'analyse, ce qui fait la spécificité du temps et de la liberté.
Or, depuis son premier ouvrage, la philosophie de Bergson s'est donnée pour tâche de renouer avec l'absolu par la saisie intuitive de ces objets et, par conséquent, de redonner un sens véritable à l'activité métaphysique.
Seul un renouvellement de méthode permettra aux philosophes à venir d'être à même de saisir ce que le réel, aussi imprévisible qu'impossible à conceptualiser et insérer dans les cadres tout faits de l'expérience courante, a d'indiciblement nouveau et unique. Singulière et atypique, la pensée de Bergson se distingue par un mélange d'exigence et de simplicité qui en font la beauté en même temps que la difficulté.
Parce que c'est avant tout une philosophie de la liberté elle est destinée à être toujours d'actualité, et parce que c'est une philosophie de la joie qui donne à voir et à vivre plus intensément la durée intime du réel, elle a des répercussions éthiques qui la rendent irremplaçable.

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Gilles Marmasse, Roberta Picardi : Ricoeur et la pensée allemande. De Kant à Dilthey

Cnrs - Mars 2019 - Philosophie/Politique/Histoire des idées

Paul Ricoeur a toujours entretenu un rapport passionné avec la philosophie allemande, jusqu’à entreprendre la traduction des Idées directrices de Husserl en captivité dans un stalag. S’il est connu pour son rôle clé dans l’acclimatation de la phénoménologie husserlienne en France, sa lecture de la philosophie allemande antérieure à Husserl a été non moins intense et influente. Lui-même a parfois défini sa position comme un « kantisme post-hégélien ». Mais il a su également mobiliser les pensées de Marx, de Nietzsche et de Freud comme des moments critiques indispensables à son projet intellectuel. Enfin, il a reconnu toute l’importance de Schleiermacher et de Dilthey en tant que fondateurs de la philosophie herméneutique.

Le présent ouvrage se propose d’examiner comment Ricoeur s’approprie l’héritage de la philosophie allemande du XXVIIIe et du XIXe siècle, et comment, à travers elle, il crée une œuvre extraordinairement originale. Quelles sont les règles implicites auxquelles ses lectures obéissent ? En quoi lui permettent-elles d’explorer ses propres intuitions ? Qu’ont changé ces lectures dans la réception de la philosophie allemande en milieu francophone ? Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage entend répondre.

Gilles Marmasse est professeur de philosophie à l’Université de Poitiers.
Roberta Picardi est professeure de philosophie à l’Université du Molise à Campobasso (Italie).

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Friedrich Nietzsche : Œuvres, tome II

Gallimard - Mars 2019 - La Pléiade



Au mois d'août 1876, le Palais des festivals de Bayreuth est inauguré. C'est la première fois que L'Anneau du Nibelung de Wagner est donné dans son intégralité. Nietzsche est présent. Le mois précédent paraissait la quatrième de ses Considérations inactuelles, consacrée au compositeur. Soudain, au beau milieu des cérémonies officielles, Nietzsche est victime d'un réveil brutal : «Où étais-je donc? Je ne reconnaissais rien, c'est à peine si je reconnaissais Wagner lui-même», écrira-t-il. Lheure est venue pour lui de s'affranchir de la figure tutélaire de Wagner. Mais la période qui s'ouvre alors est celle d'une plus vaste libération. Nietzsche s'éloigne aussi de la discipline dans laquelle il s'était illustré jusqu'ici : la philologie. Désormais il écrira en philosophe – et en «fugitif errant» plutôt qu'en professeur. Car, en arrière-fond, il y a le spectre de la maladie, qui progresse inexorablement. Elle l'oblige, en 1878, à renoncer aux cours qu'il donne au lycée, puis l'année suivante à démissionner de l'université de Bâle.
Les ouvrages rassemblés dans le présent volume, et publiés dans des traductions révisées, couvrent les années 1878-1882. Il s'agit moins d'une période intermédiaire, comme on l'a dit parfois, que d'une période décisive au cours de laquelle Nietzsche énonce les fondements de sa philosophie. Humain, trop humain (1878) est, à ses yeux, le «monument commémoratif de la crise» de 1876. Suivent immédiatement deux livres Opinions et sentences mêlées (1879) et Le Voyageur et son ombre (1880), qu'il réunira en 1886 pour former le second tome d'Humain, trop humain. En 1880 et 1881, séjournant à Venise, à Marienbad, ou encore à Gênes, il rédige Aurore (1881). Ce texte est l'un des plus méconnus de Nietzsche. Méconnaissance parfaitement injustifiée, car «c'est par ce livre, dira-t-il, que s'ouvre [sa] campagne contre la morale.» Enfin, il publie l'année suivante Le Gai Savoir (1882), dont une édition augmentée paraîtra cinq ans plus tard. Ce livre est pour lui «la victoire sur l'hiver», l'ouvrage de la santé (provisoirement) recouvrée. 
Humain, trop humain marque un tournant dans le style de Nietzsche. Abandonnant le désir d'être «persuasif», il opte en effet pour une forme à laquelle il se tiendra : celle de l'aphorisme. La nécessité de proposer une œuvre construite à partir de fragments découle pour lui de sa conception du langage selon laquelle «chaque mot est un préjugé». Mais, avec Humain, trop humain, Nietzsche ne se contente pas d'explorer un nouveau type d'écriture, il donne à sa pensée une orientation nouvelle : travailler à l'élaboration d'une «philosophie historienne». Aurore et Le Gai Savoir exploreront cette voie, procédant, en conséquence, à une profonde critique des valeurs. Cest dans ces deux derniers ouvrages, enfin, qu'émergent deux éléments capitaux de la philosophie nietzschéenne : la volonté de puissance, cette notion qui a prêté à de nombreux malentendus, et l'éternel retour.

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samedi 16 mars 2019

Yvon Quiniou : Apologie du matérialisme

Encre Marine - Mars 2019


Le matérialisme a toujours fait problème, étant donné les enjeux idéologiques et donc politiques qu’il a impliqués et qu’il implique toujours.
Cet ouvrage tente d’examiner le matérialisme sous ses différentes formes prises au cours des siècles et de justifier ses bases.
Ce qui est en jeu, c’est l’existence de la matière, la conception que l’on doit s’en faire, son extension et, bien entendu, notre capacité de la connaître et d’en expliquer les diverses formes, des plus humbles aux plus hautes. Il s’agit aussi de le confronter à différentes questions comme la foi religieuse, l’art, la dimension métaphysique des choses (si elle existe) et, question finale, celle du Sens (avec une majuscule).
Il faudra aussi envisager lucidement la question des limites éventuelles de l’ontologie matérialiste, quitte à surprendre et à la rendre plus modeste… mais aussi plus convaincante dans son ordre propre.

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Christian Godin : Qu'est-il arrivé à la beauté ?

Kimé - Mars 2019


La beauté, comme question et comme valeur, a été au centre de la culture occidentale depuis les Grecs jusqu’à l’aube du XXe siècle, en passant par le christianisme et l’âge classique. Elle occupe également une place centrale dans les civilisations orientales et arabo-musulmanes.
Cet essai, qui contient une dimension historique et sociologique autant que philosophique, a été rédigé avec l’intention d’être lu et compris par le plus grand nombre. La question traitée intéresse en effet tous les gens de bonne volonté, et pas seulement une élite cultivée. Comment, en effet, concevoir sans la beauté un monde véritablement humain, accueillant au plaisir, à la joie et au bonheur ?
Il semble que, depuis un siècle, cette centralité ait été perdue, les arts, qui l’exaltaient, ont joué à cet égard un rôle pionnier en cultivant des valeurs comme celles d’originalité, d’expressivité, d’étrangeté ou d’authenticité, qui peuvent jouer directement contre la beauté.

Philosophe, professeur émérite de l’université de Clermont Auvergne, Christian Godin a publié une cinquantaine d’ouvrages, parmi lesquels on compte des travaux académiques (La Totalité, en sept volumes), des ouvrages scolaires et universitaires (Dictionnaire de philosophie), des ouvrages destinés au grand public (La Philosophie pour les Nuls) et des essais portant sur le monde et la société d’aujourd’hui (La Haine de la nature, La Démoralisation, Ce que sont devenus les péchés capitaux, Les lieux communs d’aujourd’hui).

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Anoush Ganjipour (dir.) : Politique de l'exil. Giorgio Agamben et l'usage de la métaphysique

Nouvelles Editions Lignes - Mars 2019


Avec son dernier volume, L'Usage des corps (2015), le projet métaphysique de Giorgio Agamben, Homo Sacer, se clôt. Ayant été au coeur du travail théorique d'Agamben depuis les années 1990, Homo Sacer constitue dans son ensemble l'essentiel de l'oeuvre d'Agamben, où celui-ci développe l'une des constructions théoriques les plus saisissantes dans la pensée européenne contemporaine. En sont la preuve les lectures ou usages multipliés des différents aspects de Homo sacer dans les domaines aussi variés que la théorie contemporaine de l'art, la critique littéraire, les sciences humaines, la philosophie ou encore la pensée politique. A cet égard, force est de constater que Homo sacer a fini par devenir l'une des références incontournables dans les débats qui animent actuellement chacun de ces domaines. Son succès interdisciplinaire relève surtout de la singularité du projet d'Agamben : d'une part, il traverse dans son développement plusieurs domaines ou champs du savoir et, de l'autre, il engage un dialogue constant avec les grandes figures de la pensée occidentale, figures aussi bien classiques que contemporaines. Pour toutes ses raisons, il nous a semblé opportun de revenir dans le présent recueil sur l'ensemble du projet de Homo sacer afin de porter un regard critique sur ses apports théoriques, ses prémisses conceptuelles ou encore son rapport complexe avec les différents domaines du savoir. A cette fin, deux types de contributions composent ce volume. D'un côté, nous avons sollicité quelques-uns des interlocuteurs directs d'Agamben dans telle ou telle partie de Homo sacer, ce qui est notamment le cas d'Etienne Balibar, Jean-Luc Nancy et Thomas Bénatouïl, pour reprendre et prolonger à leur tour le dialogue avec Giorgio Agamben. De l'autre, une série de contributions sont consacrées à l'examen des aspects de Homo sacer qui nous ont paru fondamentaux pour mieux comprendre le projet d'Agamben et l'évaluer dans le contexte de la pensée contemporaine. Notre objectif a été de fournir pour la première fois au lecteur une approche panoramique de Homo sacer et, partant, de la pensée de Giorgio Agamben dans sa systématicité et cohérence interne.

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vendredi 15 mars 2019

Jean-Loup Amselle : A chacun son Marx ou les mésaventures de la dialectique

Editions Kimé - Mars 2019


L'idée générale de ce livre, est que la pensée de Marx appartient à tous ceux qui s'en réclament et qu'il n'est donc aucunement dans l'intention de l'auteur d'en fournir la seule version autorisée. Ce qui l'intéresse, c'est donc le marxisme en tant que source d'inspiration pour comprendre les impasses de la situation politique et intellectuelle actuelle, situation que l'on pourrait définir par le confusionnisme et le glissement d'un certain nombre d'intellectuels venus de la gauche et de l'extrême-gauche vers la droite et l'extrême-droite et surtout la fabrication médiatique de penseurs qui deviennent, en quelque sorte, les mannequins d'un défilé de mode des idées. Cette posture est aussi celle d'un anthropologue qui considère que sa discipline est englobante, sinon totalisante, et qu'elle a vocation à traiter de l'ensemble des formes de savoir, et donc également de la philosophie. L'intérêt d'une telle démarche est de confronter une expérience de terrain propre à l'Afrique à un savoir constitué comme le marxisme sans en projeter d'avance les catégories, comme cela a été souvent le cas, sur des réalités exotiques.

Jean-Loup Amselle, anthropologue est Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Il est l'auteur de nombreuses ouvrages sur l'Afrique et sur la France : Logiques métisses, Payot, 2010, Branchements, Flammarion, 2012, L'Ethnicisation de la France, Lignes, 2011, Les Nouveaux Rouges Bruns, Lignes, 2014.

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Thomas Skorucak : Le courage des gouvernés. Michel Foucault et Hannah Arendt

Cnrs - Mars 2019 - Philosophie/Politique/Histoire des idées


En ces temps marqués par la grande désillusion des citoyens face au politique, alors même que l'action collective est plus que jamais nécessaire, n'est-il pas urgent de réactualiser la notion de courage ? Mais comment penser ce courage loin de l'image d'une posture héroïque, apanage exclusif des puissants et des natures exceptionnelles, représentation à laquelle nous l'avons trop souvent cantonné ? 
Ce courage des citoyens, cette vertu des gouvernés, Thomas Skorucak la met en scène dans des procès emblématiques où s'affrontent l'autorité et la vérité. Procès de Socrate et Galilée où le vrai s'est progressivement imposé comme source unique de l'autorité. Procès des criminels nazis où est patente la difficulté à s'affirmer face au pouvoir de sujétion de la vérité et à la démultiplication des régimes d'obéissance. 
Comment dès lors élaborer une forme de courage qui serait une élaboration quotidienne et patiente de soi par soi, résistante à l'emprise du pouvoir sur notre conduite ? La question n'a rien de rhétorique. Michel Foucault et Hannah Arendt ouvrent la voie, revenant tous deux à l'Antiquité et à la figure tutélaire de Socrate. Ils permettent de penser un courage sans référence à aucune transcendance, comme fidélité à soi-même, ou comme stylistique de l'existence. 
Une tentative de désassujettissement, dont l'actualité n'est pas à démontrer.

Docteur en philosophie politique, spécialiste de Michel Foucault, Thomas Skorucak exerce aujourd'hui au sein de l'Institut d'Études Occurrence comme directeur d'études.

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Jérôme Ravat : Éthique et polémiques. Les désaccords moraux dans la sphère publique

Cnrs - Février 2019 - Philosophie/Politique/Histoire des idées


Euthanasie, gestation pour autrui, excision, prostitution, légalisation du cannabis, peine de mort, corrida, consommation de viande, immigration, fiscalité... Qu'ils prennent l'aspect de discordes ponctuelles ou de polémiques récurrentes, qu'ils donnent lieu à des délibérations policées ou à des explosions de violence, les désaccords moraux ne cessent d'irriguer, d'enflammer et de fissurer la sphère publique. En éveillant la stupéfaction ou l'indignation, ils entraînent dans leur sillage des collisions au sein d'un espace commun, d'intenses clivages entre des individus ou des groupes qui se perçoivent tour à tour comme des contradicteurs, des adversaires ou des ennemis. 
Mais quelles sont donc les sources des désaccords moraux ? Quelles sont les formes et les forces qui les animent ? Quels sont les cheminements qui mènent à leur éclosion, leur extension ou leur extinction ? Et comment remédier aux fractures qu'ils provoquent, sans pour autant imposer des dogmes (absolutisme) ni renoncer au discours critique (relativisme) ? 
Telles sont les questions auxquelles ce livre s'efforcera de répondre. Il s'agira ici de conduire une enquête qui s'appuiera tout particulièrement sur la philosophie pragmatiste, les sciences cognitives et les sciences sociales. L'enjeu, dès lors, consistera à équilibrer deux exigences : d'une part, encadrer les désaccords moraux afin d'éviter l'infinie prolifération des conflits, et d'autre part, promouvoir leur expression publique dans une perspective résolument pluraliste. 

Ancien élève de l'École normale supérieure de Lyon, agrégé et docteur en philosophie, Jérôme Ravat est professeur en classes préparatoires aux grandes écoles.

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jeudi 14 mars 2019

Cynthia Fleury : Dialoguer avec l'Orient

Cnrs - Mars 2019 - Collection : Biblis


Pourquoi " dialoguer " avec l'Orient ? Le dialogue se serait-il rompu ? A-t-il d'ailleurs jamais réellement existé ? Les divisions renforcées du monde d'aujourd'hui nous invitent, sans doute, à remanier les schèmes de la Renaissance, pour les dépasser. 
Cette époque signe en effet un rapport fécond entre Orient et Occident, notamment grâce à deux foyers du platonisme, celui de Perse et celui de la Renaissance florentine, pouvant s'articuler au-delà des territoires et des siècles. C'est en convoquant Marsile Ficin, Sohravardî, Nicolas de Cues, Rûzbehân, Pic de la Mirandole, Ibn Arabî et Giordano Bruno, que Cynthia Fleury relit ces échanges et reformule nos héritages communs. 

Philosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury a notamment publié La Fin du courage : la reconquête d'une vertu démocratique (2010) et Les Irremplaçables (2015).

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Simone Weil : Force et malheur

Tempête - Mars 2019


Ce livre permet de suivre la cohérence du parcours de Simone Weil à travers des articles écrits tout au long de sa vie. Partant de son engagement anarcho-syndicaliste et de la critique du marxisme, elle s'immerge dans la vie et le quotidien des ouvriers durant une année. Cette expérience lui inspirera une théorie de la force et du malheur. La force supprime l'humain et transforme l'homme en chose. Le malheur détruit l'âme, rend muet et empêche toute pensée et toute action. En refusant de détourner le regard de cette violence inouïe, Simone Weil produit une pensée vivante et en mouvement, dont la puissance résonne comme un cri d'alarme épris de liberté pour réveiller nos temps aphones.

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Paul Ricoeur : Politique, économie et société - Ecrits et conférences 4

Le Seuil - Mars 2019 - Collection : La Couleur des idées


De Ricœur on évoque souvent la pensée herméneutique et éthique. La réflexion politique est pourtant loin d'être absente. Elle constitue au contraire une préoccupation permanente, mais traverse des écrits demeurés dispersés jusqu'ici. Les principaux, souvent méconnus, sont réunis dans cet ouvrage, qui en sélectionne dix-sept, allant de 1958 à 2003.
Comme toujours chez Ricœur, ces textes répondent à des demandes qui s'enracinent dans l'actualité. Pourtant, son effort philosophique leur donne valeur universelle et durable. Ricœur insiste ainsi sur le paradoxe politique d'une tension continuelle entre " raison " et violence, et sur des préoccupations contemporaines, qu'il s'agisse du " mal " et de la responsabilité morale en politique, de l'autorité et de la conviction dans la vie démocratique, ou de la tolérance, de la condition de l'étranger, de l'identité et des enjeux de l'élaboration, difficile, d'un ethos européen.

Paul Ricœur (1913-2005) est l'un des plus grands philosophes du XXe siècle, auteur d'une œuvre immense, dans la tradition phénoménologie et herméneutique. Dans la série " Écrits et conférences ", aux Éditions du Seuil, ont paru Autour de la psychanalyse (2008), Herméneutique (2010) et Anthropologie philosophique (2013).

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mercredi 13 mars 2019

Guillaume Coqui : Pascal. Misère et grandeurs de la raison

Ellipses - Mars 2019 - Aimer les philosophes


Parfois réduit à quelques formules des Pensées, Pascal est l’auteur de travaux dont la diversité et la richesse défient la synthèse. Sans proposer une lecture exhaustive, le parcours que voici s’efforce de trouver, dans l’oeuvre de « cet effrayant génie » (Chateaubriand), un fil conducteur : la conception pascalienne de la raison — sa nature, son rôle, ses pouvoirs, ses limites — permet peut-être de relier l’un à l’autre le mathématicien, le physicien, l’expérimentateur, l’apologète chrétien, et, qui sait ? le philosophe qui contemple la vanité des institutions et des affaires humaines, et met en cause de façon aiguë certaines prétentions humaines à la science. C’est parce qu’elle comporte en tous ses aspects une contestation sans merci d’un certain optimiste rationaliste, que l’oeuvre de Pascal constitue une explication menée sans complaisance avec la philosophie.

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Eliane Escoubas : Ecrire sur l'art

La Part de l'Oeil Editions - Mars 2019 - Collection : Théorie


Ecrire sur l'art rassemble des études philosophiques d'Escoubas consacrées à ses patientes investigations des écrits sur l'art et de l'esthétique des philosophes et des théoriciens, depuis Kant, Schelling, Schiller, Goethe, Hölderlin, Fiedler, jusqu'aux plus récents Biemel, Loreau, Granel, Derrida, Janicaud, Blanchot et Levinas, en passant par le coeur phénoménologique de ses recherches : Heidegger, Merleau-Ponty et Maldiney. Tout en privilégiant une approche chronologique, l'ouvrage est organisé en trois grandes parties problématiques qui abordent "L'époque de l'esthétique", "La phénoménologie à l'oeuvre" et les "Actualité(s) de la philosophie de l'art". Un parcours se dégage où s'élabore une pensée originale des oeuvres et qui place en son centre la question de la sensation.

Éliane Escoubas est professeur émérite de Philosophie de l Université de Paris XII-Créteil. Son travail porte particulièrement sur la philosophie allemande, la phénoménologie et la philosophie de l art : peinture et poésie, domaine qu elle explore dans Imago Mundi. Topologie de l art (Paris, Galilée, 1986), L Espace pictural (La Versanne, Encre Marine, 1995), L Esthétique (Paris, Ellipses, 2003) et Questions heideggeriennes. Stimmung, Logos, traduction, poésie(Paris, Editions Hermann, « Le bel aujourd hui », 2010). Traductrice des Ideen II de Husserl (Paris, PUF, « Epiméthée », 1982), et du Kierkegaard et du Jargon de l authenticité d Adorno (Paris, Payot, 1995 et 1989).

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Thomas de Koninck et Jean-François de Raymond : Beauté oblige. Écologie et dignité

Hermann - Mars 2019


Nous appelons à une vision élargie à l’ensemble de la planète et au long terme, qui considère que le droit à la vie oblige absolument. La beauté qui oblige ne se limite pas à la beauté de la nature, mais décrit bien plus encore la beauté des actions visant à la sauver. La beauté en question est la beauté dite morale dont relève notre responsabilité de protéger.
Aussi, nous proposons la dignité à titre de nouveau paradigme pour penser, orienter et imprégner les actions visant à préserver les écosystèmes mondiaux et à assainir les relations humaines concernées, car la dignité est la cause la plus fondamentale de toute action d’aide et parce que le respect de « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », telle qu’elle est énoncée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, appelle au respect de notre oikos (« habitat ») auquel renvoie le mot « écologie », bref de notre « maison commune ».

Thomas De Koninck est professeur de philosophie à l’Université Laval et titulaire de la chaire « La philosophie dans le monde actuel ». Il a publié plusieurs ouvrages sur l’éducation et la dignité humaine.
Jean-François de Raymond, universitaire et diplomate, titulaire de plusieurs doctorats dont le doctorat d’État ès-lettres et sciences humaines (Paris I - Sorbonne), a enseigné dans des universités en France et à l’étranger, et publié une douzaine d’ouvrages de philosophie et d’histoire.

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mardi 12 mars 2019

Yves Charles Zarka : Métamorphoses des Barbares et de la barbarie

Mimesis - Mars 2019


Le barbare, c'est toujours l'autre. Mais quel autre ? Non pas l'autre en général mais une altérité déterminée. Est-ce celui qui appartient simplement à une autre civilisation ou à une autre culture et ne partage ni la même langue, ni les mêmes valeurs que nous ? Est-ce l'ennemi actuel ou potentiel prêt à fondre sur nous pour nous dominer ou nous détruire de toutes les manières possibles ? Est-ce celui qui, de l'intérieur même d'une société et d'une culture, né et élevé en elles, les rejette pourtant, voire leur voue une haine féroce et entend détruire indifféremment ceux qui y appartiennent ? Est-ce, comme certains le disent encore, le migrant envahissant et indésirable, se déplaçant en populations plus ou moins hétéroclites, vers des contrées censées être d'abondance et de bonheur ? Ce sont ces métamorphoses des Barbares et de la barbarie qui sont analysées du point de vue historique et philosophique dans le présent volume.

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Paula Lorelle : Le sensible ou l'épreuve de la raison. Une étude phénoménologique

Mimesis - Mars 2019


La raison phénoménologique s'est moins constituée d'ignorer le sensible, qu'elle ne s'est constituée à son contact, en son épreuve. Cette épreuve sensible de la raison est à la fois le thème de cet ouvrage et le principe de son déploiement. C'est d'abord celle, husserlienne, de l'attache de la raison au monde sensible qu'elle régule. La raison, de même que ses critères traditionnels et ses concepts clefs, se voit ainsi réévaluée à l'aune de la sensibilité. Mais l'épreuve de cette dépendance s'accompagne de la tendance adverse de la raison à se déprendre du sensible en lequel elle se reconnaît. Aussi s'agit-il de dégager, au sein même de la phénoménologie historique, la tendance résiduelle de la raison à l'autonomie. Cette autonomisation se noue autour de trois points névralgiques de la tradition : dans le rapport que la raison entretient à l'idéalité, à la constitution et, en dernière instance, à l'altérité.

Paula Lorelle est agregee et docteure en philosophie. Elle est actuellement chargee de recherche FNRS au Fonds Michel Henry de l Université catholique de Louvain.

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Fabio Frosini : De Gramsci à Marx. Idéologie, vérité et politique

Critiques Editions - Mars 2019


Ecrit par l'un des plus grands spécialistes de Gramsci, ce livre propose une relecture de Marx suivant les indications laissées dans Les Cahiers de prison. Prouvant combien ces deux auteurs sont toujours féconds, il propose de nouvelles pistes pour sortir d'impasses dans lesquelles un certain marxisme a pu se perdre. Au fil d'une lecture minutieuse, fondée sur une connaissance approfondie de ces deux auteurs, Fabio Frosini repense la dichotomie de notions telles que vérité/idéologie, théorie/pratique. L'auteur nous fait également découvrir un Gramsci immergé dans la lutte politique cherchant à comprendre la situation dans laquelle il intervient pour mieux agir sur celle-ci, et non comme un théoricien ou l'auteur d'une oeuvre achevée.

Fabio Frosini est professeur de philosophie à l'université d'Urbino. Reconnu comme l'un des plus grands spécialistes de Gramsci, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Gramsci et la philosophie ainsi que La religion de l'homme moderne. Politique et vérité dans "Les Cahiers de prison" d'Antonio Gramsci.

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Michel Fabre et Loïc Clavier (dir.) : Le religieux sans la religion. Vivre et éduquer sans absolu ? (1850-1950)

Publications de l'Université de Rouen et du Havre - Mars 2019


L'actualité semble mettre en cause les pronostics d'un déclin du religieux. Comprendre les phénomènes de permanence, voire de "retours" multiformes de ce type de croyance, exige un recul historique. Or de nombreux philosophes et sociologues, à la charnière du XIXe et du XXe siècle, se sont efforcés de penser les soubresauts idéologiques d'une sécularisation de la société. C'est le cas en Europe de Comte, Barni, Buisson, Durkheim, Guyau, Quinet, Renan ou Weber, mais également de Dewey aux Etats-Unis, de Tolstoï en Russie ou de Kang Youwei en Chine. Toutes ces doctrines ont comme point commun de tenter d'arracher le religieux aux religions traditionnelles pour le réinterpréter dans un sens humaniste. Comment ces penseurs peuvent-ils éviter les dérives opposées du moralisme et du relativisme ? Et comment - eux qui se soucient d'éducation, à des titres divers - peuvent-ils concevoir d'éduquer sans absolu, du moins sans l'absolu des religions ? Ces penseurs ont quelque chose à nous dire aujourd'hui pour définir ou redéfinir notre rapport philosophique, politique ou éducatif aux religions et au religieux.

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lundi 11 mars 2019

Sylvain Laurens : Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Mars 2019


Certains savants considèrent que la science s’arrête aux portes des laboratoires. D’autres passent leur temps à promouvoir auprès des citoyens l’« esprit scientifique », estimant que la science n’est pas seulement une profession mais le pilier d’un espace public reposant sur la vérité. C’est à ces derniers que s’intéresse ce livre, qui cherche à rendre compte des conditions sociales et intellectuelles de l’engagement public des savants en faveur de la science et du rationalisme, d’une manière différente de génération en génération, des combats anticléricaux des années 1930 jusqu’aux débats sur le principe de précaution au début du XXIe siècle.

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Catherine König-Pralong : La colonie philosophique. Ecrire l'histoire de la philosophie aux XVIIIe-XIXe siècles

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Mars 2019 - En temps et lieux


L’histoire de la philosophie est une invention des Lumières. En Allemagne comme en France, cette discipline nouvelle a contribué à façonner l’imaginaire occidental moderne en opérant une double colonisation savante de la pensée. Colonisation du temps, d’une part : l’Européen est considéré dorénavant comme le fruit d’une histoire longue de la pensée qui, grâce aux révolutions scientifique et morale, aboutit à l’âge de la raison, de l’autonomie et de la modernité. Colonisation de l’espace, d’autre part : les historiens de la philosophie, à l’instar des ethnologues ou des linguistes, distinguent désormais l’Europe des autres « cultures », qui deviennent le terrain des enquêtes empiriques.

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dimanche 10 mars 2019

Jean-Marie Roux : Les degrés du silence. Du sens chez Austin et Merleau-Ponty

Peeters Publishers - Mars 2019 - Bibliotheque Philosophique de Louvain


Peut-on espérer dire la vérité sur le monde si ce que nous disons n’est pas du même ordre que ce que nous percevons ? L’affirmation du silence des sens, qu’il soit le nom de leur mutisme, comme chez le philosophe d’Oxford John L. Austin, ou une dimension de leur signification originaire, comme chez le phénoménologue Maurice Merleau-Ponty, nous réduit-elle au silence ? 
Cet ouvrage compare deux ententes du silence de la perception, développées des deux côtés de la Manche au milieu du vingtième siècle, il examine les concepts de sens qui y sont convoqués et en déploie les conséquences épistémologiques contrastées. Par-delà la division analytico-continentale, il montre qu’aucune philosophie de la perception n’est pensable sans une philosophie du langage. Apparaît alors la situation métaphilosophique cruciale du concept de parole, par rapport auquel prend sens toute idée de silence, et qu’implique tout discours, ordinaire ou philosophique, qui en quelque manière interrompt celui-ci.

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I-Ning Yang : Blanchot - Lao Tseu. L'acte de nomination

L'Harmattan - Mars 2019


Lao Tseu, Blanchot et Merleau-Ponty proposent une lecture singulière de l'acte de nomination. Si, pour Merleau-Ponty, la langue fabrique du sens, pour Lao Tseu, elle va au-delà des significations que les mots portent pour s'abîmer dans l'impossibilité d'affirmer. Et c'est à travers les méandres du langage que Blanchot rencontre Lao Tseu. Ce dialogue hors du temps questionne le langage comme parole plurielle. L'intention de cet ouvrage est de proposer des pistes jamais entrevues entre la philosophie du Tao et l'acte de nomination de la tradition occidentale.

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Nicolas Grimaldi : Sortilèges de l'imaginaire. La vie et ses égarements

PUF - Mars 2019


Toute croyance consiste à prendre une fiction pour une réalité, et par conséquent à nous persuader que pourrait être objet de notre perception ce qui n'est pourtant objet que de notre imagination. Une telle confusion ou une telle équivoque seraient-elles possibles si l'imaginaire ne constituait l'étoffe de notre perception, au point que percevoir n'est le plus souvent qu'une occasion d'imaginer ? Voilà pourquoi on ne saurait comprendre ni engagement, ni foi, ni piété, ni militantisme, ni terrorisme, sans avoir élucidé quelle part revient à notre imagination dans le sens que nous donnons à la réalité.

Ancien professeur à la Sorbonne, Nicolas Grimaldi a consacré plus de trente ouvrages à tenter d'élucider les rapports du réel et de l'irréel, de l'esprit et de la nature, de la conscience et du temps.

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samedi 9 mars 2019

Arnaud Sorosina : Du régime philosophique. Nietzsche diététicien

Manucius - Février 2019


Si l’on connaît l’importance de la diète dans les éthiques grecques, les considérations gastronomiques des modernes paraissent souvent dérisoires. Le cas de Nietzsche est exemplaire à cet égard: on lit avec le sourire ses propos diététiques qui, aux papilles du lecteur contemporain, se chargent du goût rance que charrie avec elle une jactance surannée, mais au bon goût d’antan. On aurait pourtant tort de s’y méprendre: le registre gastroentérologique, chez Nietzsche, est au centre de ses préoccupations, tout à la fois quotidiennes, comme en témoigne sa correspondance, mais surtout philosophique, comme son œuvre en fait foi. En effet, le registre culinaire et diététique, chez Nietzsche, n’a pas vocation à être simplement édifiant, comme ce peut être le cas chez les penseurs antiques, mais sert de levier métonymique pour penser la nature et le devenir de la civilisation dans son ensemble. En explorant les viscères de l’histoire culturelle, le philosophe élève la digestion au statut de matrice d’interprétation permettant de comprendre la réalité – ontologique, organique et historique – dans son ensemble, et d’évaluer les productions de la culture en fonction d’un critère fondamental: le goût et le dégoût.

Agrégé et docteur en philosophie, Arnaud Sorosina est spécialiste de philosophie moderne. Il a notamment publié des éditions commentées de textes de Jankélévitch (L’Aventure, GF, 2017) et de Nietzsche (Sur l’invention de la morale, GF, 2018), (Pourquoi je suis si malin, Préface et postface, Manucius, 2018), (Le Scorpion de l’histoire. Généalogies de Nietzsche, Classiques Garnier, à paraître).

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Penser l'éducation, n° 42 / 2018

Presses universitaires de Rouen et du Havre - Mars 2019


La revue Penser l'éducation est une revue scientifique internationale à comité de lecture, adossée au Centre interdisciplinaire de recherches sur les valeurs, les idées, les identités et les compétences en éducation et en formation (CIVIIC), laboratoire de l'université de Rouen.
Cette revue, qui existe depuis 1996, s'inscrit dans le champ spécifique qui croise la philosophie de l'éducation et l'histoire des idées pédagogiques.
Traditionnellement, ces deux aspects sont reliés et relèvent de la philosophie de l'éducation. Penser l’éducation n’est pas un titre anodin, il porte une injonction et une promesse: en ces temps de mutation, il s’agit de (re)penser, à nouveaux frais, l’éducation, dans ses principes, ses finalités, ses valeurs, ses pratiques et leurs conséquences.
Deux numéros sont publiés chaque année. Ils ont la particularité d’être composés, sans contrainte thématique, uniquement de varia et de comptes rendus de lecture. La taille des articles n’est ni formatée ni normalisée, sans autre justification que celle d’un processus d’évaluation rigoureux.

Sommaire

Céline Chauvigné, « L'éducation à la santé : sens et usages des valeurs dans les établissements du second degré » ;

Alain Firode, « L'intention laïque et ses implications pédagogiques dans la philosophie de Karl Popper » ;

Patrice Galle, « Le partenariat, une modalité collaborative qui favorise les pratiques inclusives ? » ;

Johanna Henrion-Latché, Emmanuèle Auriac-Slusarczyk, Michel Tozzi, « Exercer une fraternité en acte au lycée professionnel : expérience de philosophie à partir d'un conte ad hoc » ;

Frédéric Maizières, Odile Tripier-Mondancin, « Les valeurs qui mobilisent les enseignants des premier et second degrés pour enseigner la musique à l'école » ;

Sophie Romero Pinazo, Christine Poplimont, « L'autorégulation, pour repenser avec Alain la difficulté scolaire. Propos sur les possibles modifications des représentations des adultes formés à l’autorégulation » ;

Colette Smentek, « Korczak, ou l’influence de Pestalozzi ? ».

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