dimanche 29 septembre 2019

Anne Prouteau et Carole Auroy (dir.) : Albert Camus et les vertiges du sacré

Presses universitaires de Rennes - Septembre 2019 - Interférences


La question du sacré a de nombreuses ramifications dans l’œuvre de fiction et dans les essais philosophiques d’Albert Camus. Les contributions rassemblées dans ce volume examinent l’articulation des représentations positives et négatives du sacré, au fil d’une œuvre qui fait ressortir avec acuité ses ambivalences : la dénonciation d’une force d’écrasement prompte à glisser de la sphère religieuse à la sphère politique y coexiste avec le lyrisme de la dilatation de l’être dans les extases cosmiques, ou encore avec l’approche aimante et douloureuse du mystère de l’autre.

Contributions

Carole Auroy et Anne Prouteau, Introduction

Première partie. La conscience du sacré

Laurent Bove, La différence du sacré ou la force de l’immanence chez Albert Camus

Pierre Masson, Le sacre du silence

Marie-Thérèse Blondeau, L’insoutenable vertige du sacré

Carole Auroy, Les récits brefs d’Albert Camus : expériences d’une mystique sauvage

François Vezin, Qu’entend Albert Camus par la « Grèce de l’ombre » ?

Sofia Chatzipetrou, La perception antique du sacré entre ivresse et démesure : Camus et la tragédie grecque

Deuxième partie. Poétique du sacré

Guy Basset, Camus et les signes extérieurs du sacré : personnes et lieux

Hélène Rufat, Du « sacré mythe » au mythe sacré : premier homme et Euphorion dans l’œuvre d’Albert Camus

Hervé Menou, La matérialité poétique du sacré

Virginie Lupo, La mise en scène du sacrifice ou la poétique de l’ascèse

Alexis Lager, Désert vivant ou l’« obstination sacrée » de la création

Troisième partie. Questions éthiques

Agnès Spiquel, Les « éclats de sacré » dans le monde de la révolte

Marylin Maeso, Albert Camus, le consentement révolté

Rémi Larue, L’Homme révolté ou la tentation de limiter la violence par le sacré

Damien Darcis, Albert Camus, le sacré ou l’humanité comme valeur

Raphael Luiz de Araújo, Némésis et le détour vers l’immanence

Samantha Novello, L’enjeu de l’« homme sacré » dans les essais philosophiques d’Albert Camus

Quatrième partie. SpiritulLités croisées

Hiroshi Mino, Sisyphe ou l’esprit du Boushido : Camus et Shuzo Kuki

Pascale Devette, Consentir à l’amour : le sacré chez Albert Camus et Simone Weil

Linda Rasoamanana, Calvaires croisés : la mère camusienne et ses frères en Jésus‐Christ, Mychkine et Bartleby

Jean-Louis Meunier, Albert Camus : de l’ascèse, pour la présence

Anne Prouteau, Exégèse d’un exégète : le sacré chez Camus selon Claude Vigée

Carole Auroy et Anne Prouteau, Conclusion

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Claude Lévi-Strauss : Anthropologie structurale zéro (inédit)

Seuil - Septembre 2019 - Librairie du XXIe siècle


Marqué par l’expérience de l’exil, ce volume témoigne d’un moment à la fois biographique et historique au cours duquel, comme nombre d’artistes et savants juifs européens, Claude Lévi-Strauss est réfugié à New York. Écrits entre 1941 et 1947, alors qu’il n’a pas encore délaissé ses réflexions politiques, les dix-sept chapitres de ce livre restituent une préhistoire de l’anthropologie structurale.
Ces années américaines sont aussi celles de la prise de conscience de catastrophes historiques irrémédiables : l’extermination des Indiens d’Amérique, le génocide des Juifs d’Europe. À partir des années 1950, l’anthropologie de Lévi-Strauss semble sourdement travaillée par le souvenir et la possibilité de la Shoah, qui n’est jamais nommée.
L’idée de « signifiantzéro» est au fondement même du structuralisme. Parler d’Anthropologie structurale zéro, c’est donc revenir à la source d’une pensée qui a bouleversé notre conception de l’humain. Mais cette préhistoire des Anthropologies structurales un et deux souligne aussi le sentiment de tabula rasaqui animait leur auteur au sortir de la guerre et le projet – partagé avec d’autres – d’un recommencement civilisationnel sur des bases nouvelles.

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Jérôme Thélot : Sophocle. La condition de la parole

Desclée De Brouwer - Septembre 2019


La parole selon Sophocle vient d'une violence originelle qui nourrit sa dualité : elle est parole de la vie, expression immédiate du vouloir-vivre, et discours du monde, représentation construisant l'ordre social. Ainsi s'ouvre en tout échange la possibilité d'un conflit entre ces exigences opposées, qu'il revient aux rites sociaux de juguler, mais qu'un héros de tragédie peut provoquer.
Ce conflit apparaît dans les sept tragédies conservées de Sophocle (Ajax, Les Trachiniennes, Antigone, oedipe roi, Électre, Philoctète, Oedipe à Colone). En lui se dressent les deux versants de la parole : cris, plaintes, pleurs, gestes du corps souffrant, d'un côté ; préjugés, jugements, doctrines, plaidoyers, de l'autre. Une division si forte peut déconsidérer, voire renverser l'ordre social, dénoncé comme fictif ou même illusoire.
La crise des croyances reçues et des valeurs partagées, la ruine des représentations communément admises constituent la pire catastrophe qui puisse avoir lieu parmi les hommes. Ce désastre, le présent essai lui donne un nom prestigieux : « le tragique », rétablissant sur de nouvelles bases ce grand concept éducateur.

Jérôme Thélot est professeur à l'Université de Lyon. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Poétique d'Yves Bonnefoy (1983) ; Baudelaire. Violence et poésie (1993) ; Au commencement était la faim (2005) ; L'Idiot de Dostoïevski (2008) ; Les Avantages de la vieillesse et de l'adversité. Essai sur Jean-Jacques Rousseau (2015). Il a aussi traduit Le Voyageur chérubinique d'Angelus Silesius, et le Woyzeck de Büchner.

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samedi 28 septembre 2019

Laurence Devillairs : Etre quelqu'un de bien. Philosophie du bien et du mal

PUF - Septembre 2019


On préfère de nos jours parler d'éthique plutôt que de morale. Les deux termes renvoient pourtant à une même réalité. Comment expliquer cette réticence ? Comment expliquer aussi que fleurisse l'expression "c'est une belle personne", qui ne veut rien dire, mais qui exprime ce refus de toute référence à la morale ? Serait-ce parce que la morale rappelle la "leçon de morale", entre punition et contrainte ? Pourquoi est-il si difficile d'être quelqu'un de bien ? Pourquoi nous sentons-nous obligés d'ajouter, lorsque nous disons de quelqu'un qu'il est gentil, que c'est là un compliment ? La gentillesse serait-elle un défaut et la méchanceté un signe d'intelligence, à tout le moins de lucidité ? Qu'est-ce que la méchanceté ? Philosophie du bien et du mal, des gentils et des méchants, cet ouvrage fait appel, sans jargon mais avec le sérieux requis, aux thèses, souvent radicales, et aux critiques, parfois étonnantes, des philosophes pour interroger notre rapport au bien et au mal, et pour tenter de déterminer ce qui peut faire de nous quelqu'un de bien.

Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, agrégée et docteur en philosophie, doyen de la faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Paris, spécialiste de Descartes et du cartésianisme, Laurence Devillairs est l'auteur aux Puf de Guérir la vie par la philosophie (2017) ainsi que des "Que sais-je ?" Descartes et Les 100 citations de la philosophie.

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Philippe Choulet : Méthodologie philosophique. Tome 2

Presses Universitaires de France - Septembre 2019 -  Quadrige Manuels


Quels sont les conseils fondamentaux pour rédiger une dissertation ou une explication de texte ? Comment construire une problématique ? Comment analyser un texte et s'en servir pour étayer son argumentation ? La philosophie est une discipline difficile. La lecture des textes, leur compréhension à partir de leur analyse, la rédaction d'un devoir dans cette discipline sont de vraies épreuves, exigeantes, résistantes, mais passionnantes, pour peu qu'on s'y intéresse. Ce second volume de Méthodologie philosophique prend le relais du premier et demeure obstinément fidèle à son esprit d'initiation et de préparation. Tout en rappelant les procédures fondamentales des exercices classiques (dissertation et explication de textes), il est essentiellement consacré aux travaux pratiques et vise à expliquer les différentes étapes de la composition, des premiers moments de la lecture au résultat final de la rédaction. Ce manuel propose une quinzaine de corrigés intégralement rédigés précédés d'une "feuille de route" destinée à accompagner l'étudiant pas à pas, afin de dédramatiser les difficultés rencontrées et de l'éclairer sur les secrets de fabrication.

Philippe Choulet est professeur honoraire de philosophie en classes préparatoires.

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Christian Mongay Nyabolondo : Aux sources de l'identité cosmopolitique

Les éditions du Cerf - Septembre 2019 - Collection : Cerf-Patrimoine


Le Projet kantien d'une paix perpétuelle fondée sur le droit trouve son origine dans les différents débats et thèmes de la philosophie juridico-politique et des relations internationales des Modernes (guerre juste, contrat entre États, paix perpétuelle, etc.). Kant les systématise dans son idée cosmopolitique visant à construire la paix suivant trois niveaux d'intégration du droit public : le niveau intraétatique, le niveau interétatique et le niveau transnational ou cosmopolitique. Cette triple intégration fonde l'identité cosmopolitique, et répond au premier souci de Kant de construire juridiquement la paix en unissant les États afi n de mettre fi n à l'état de nature éthique qui demeure présent même après la formation de la société civile. Cet état de nature éthique peut prendre plusieurs formes (violences, guerres, terrorisme, esclavage, etc.), et il est accentué par la méconnaissance du caractère multiculturel et pluriel de nos sociétés. La vitalisation de l'identité cosmopolitique passe par une cosmopolitisation basée sur la tolérance culturelle ; sur notre humanité partagée et plurielle ; et sur l'accueil quotidien de l'autre homme au nom de son humanité.

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vendredi 27 septembre 2019

Francis Wolff : Plaidoyer pour l'universel

Fayard - Septembre 2019 - Histoire de la Pensée


Jamais nous n’avons été aussi conscients de former une seule humanité. Nous nous savons tous exposés aux mêmes risques : changement climatique, crise économique et écologique, épidémies, terrorismes, etc. Mais alors qu’elle s’impose dans les consciences, l’unité de l’humanité recule dans les représentations : revendications identitaires, nationalismes, xénophobies, radicalités religieuses. L’universel est accusé de toutes parts : il serait oublieux des particularismes et des différences, en somme il serait trop universel. Ou il ne le serait pas assez, il ne serait que le masque du plus fort : du patriarcat (tous les hommes, mais pas les femmes), de l’Occident (tous les hommes, mais seulement les Blancs), ou de l’anthropocentrisme (tous les hommes, mais pas les animaux).
Contre ces replis, il faut que les idées universalistes retrouvent leur puissance mobilisatrice et critique. Contre la dictature des émotions et des opinions, défendre la raison scientifique. Contre l’empire des identités, refonder une éthique de l’égalité et de la réciprocité.
Sur quoi peut aujourd’hui reposer cet héritage des Lumières ? Ni sur un Dieu, ni sur la Nature, car ils prouvent tout et son contraire. Il faut s’y résoudre : l’humanité est seule source de valeurs. Pour autant, nous ne sommes pas condamnés au relativisme. Car l’humanité, ce n’est pas seulement l’ensemble des êtres humains,
c’est aussi la qualité présente en chacun de nous et qui nous lie aux autres : non pas la capacité de communiquer qui est aussi propre à d’autres espèces, ni l’aptitude à raisonner que possèdent certaines machines, mais la faculté de raisonner en communiquant, autrement dit de dialoguer.

Philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure (Paris), Francis Wolff est notamment l’auteur, chez Fayard, de Philosophie de la corrida (2007), Notre humanité (2010), Pourquoi la musique ? (2015), Il n’y a pas d’amour parfait (2016, prix Bristol des Lumières 2016 et prix lycéen du livre de philosophie 2018) et Trois utopies contemporaines (2017).


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Etienne Klein : Ce qui est sans être tout à fait. Essai sur le vide

Actes Sud Editions - Septembre 2019


Le vide, dit-on ordinairement, est ce qui reste après qu'on a tout enlevé. Mais si l'on retirait absolument tout, il ne resterait plus rien... du tout. Pas même le vide. Alors peut-on réellement Faire le vide ? Au demeurant, le vide existe-t-il vraiment ? A-t-il même jamais existé ? Le vide, c'est à la fois tout un monde et toute une histoire. Une histoire pleine d'idées, de concepts, de délires aussi. A l'image du temps et de la matière, le vide a hanté les philosophes et les physiciens, qui parlent rarement de la même chose. Chez les premiers, il a dès l'Antiquité donné lieu à d'intenses débats au sujet du néant, du non-être, du rien. Chez les seconds, le vide est devenu un objet d'expérimentations, et son existence, du moins celle d'un certain vide, a été prouvée au milieu du XVIIe siède et a contribué à la naissance de la physique dite "moderne". Depuis, chaque nouvelle théorie propose "son" vide. Etienne Klein mène l'enquête, traverse l'histoire des idées, interroge les mots. Et il apparaît que la vie du vide est contre toute attente une vie dense. De plus en plus dense à mesure que la physique progresse. Au XXIe siècle, toutes sortes de vides cohabitent houleusement, de la substance subtile au vide quantique, arrière-monde renfermant la source secrète de la matière, en passant par les ressorts intimes de la dynamique de l'Univers... La question du vide serait-elle en passe de devenir le plus grand défi de la physique contemporaine ?

Physicien, philosophe des sciences, Etienne Klein dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au Commissariat à l'énergie atomique (CM) et enseigne à CentraleSupélec. Il a notamment publié Les Tactiques de Chronos, Discours sur l'origine de l'Univers, En cherchant Majorana. Le physicien absolu, Le pays qu'habitait Albert Einstein et Matière à contredire.

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Eric de Rus : Anthropologie phénoménologique et théorie de l'éducation dans l'oeuvre d'Edith Stein

Les éditions du Cerf - Septembre 2019 - Collection : Cerf-Patrimoine


Éduquer engage " une certaine conception de l'homme, de sa place dans le monde, de ce à quoi il s'occupe, de même que des possibilités d'agir pratiquement sur l'homme et de le former ". Malgré l'importance que revêt chez Édith Stein la thématique éducative, elle reste néanmoins disséminée dans son oeuvre, sans faire l'objet d'une élaboration systématique. L'enjeu de notre travail est de déterminer méthodiquement les liens qui rattachent la conception steinienne de la structure de la personne humaine et sa conception de l'éducation. Il s'agit de rendre compte de la manière dont se constitue sa phénoménologie de la personne humaine, de telle sorte que soit possible une théorie de l'éducation porteuse d'un certain idéal. À partir d'une analyse phénoménologique de la constitution de la personne, où l'intériorité de l'âme tient une place essentielle, nous cherchons à rendre compte de l'éducation comme " façonnement de l'être humain dans sa complétude pour qu'il devienne ce qu'il doit être ", c'est-à-dire " un homme véritable " et " authentiquement lui-même ". La théorie steinienne de l'éducation apparaît comme une doctrine compréhensive de l'être humain et du sens de son existence qui porte le sceau de l'orientation métaphysique de sa recherche philosophique.

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mardi 24 septembre 2019

Aurélien Fouillet : Détours vers le futur. Des muses et des zombies

Liber - Octobre 2019


Les différentes parties de ce court essai vous amèneront dans le passé pour éclairer un présent qui semble se néantiser dans un avenir incertain. Cette référence aux films de Zemeckis n’est pas qu’une astuce pour attirer le regard du flâneur de librairie. Mon intention est aussi de montrer ici comment la vie quotidienne et la culture populaire de nos sociétés sont des marqueurs de la mutation. "Détours vers le futur", Batman, Spiderman, Vie de merde, ponctueront notre parcours et s’accoupleront avec Homère, Emma Bovary ou les cathédrales du Moyen Âge. Anachronismes ? "Détours vers le futur" est un essai sur l'époque actuelle qui ne cherche ni à la décrier ni à la défendre, mais à la comprendre à partir des similitudes formelles qu'elle partage avec d'autres périodes charnières du passé (esprit carnavalesque et grotesque du Moyen Âge, spleen du XIXe siècle, etc.) qui ont aussi marqué une rupture dans l'évolution sociale et une réorganisation par la marge. Le ludisme de nos sociétés, leur inclination au divertissement et au mélange des genres, à la relecture parodique du passé et de la grande culture, ne témoigne peut-être pas tant de la décadence de notre monde, selon l'auteur, que de son réagencement en de nouveaux possibles. Pour le meilleur et pour le pire.

Aurélien Fouillet enseigne la philosophie du design à l'École nationale supérieure de création industrielle - Les Ateliers et à la Conférence des écoles supérieures d'arts appliqués de Paris. Auteur de "L’empire ludique. Comment le monde devient (enfin) un jeu" (François Bourin, 2014), il est également codirecteur éditorial de la revue Sociétés, membre de la rédaction des Cahiers européens de l'imaginaire et rédige la rubrique «La tête et les mains» pour le magazine de design "Intramuros".

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Markus Gabriel : Propos réalistes

Vrin - Septembre 2019 - Moments Philosophiques


Dans ce livre Markus Gabriel poursuit et généralise sa réflexion sur des domaines aussi variés que la théorie de la connaissance, l’ontologie et l’esthétique. La contextualité de ces Propos, conçus lors d’un séjour en France et adressés en premier lieu à toute une série d’interlocuteurs français, reflète l’intégration du discours philosophique dans la réalité du dialogue franco-allemand au sein de la philosophie contemporaine. Dans une introduction approfondie, Markus Gabriel poursuit plus particulièrement le débat avec le contextualisme de Jocelyn Benoist et développe, au cours de ses Propos, une théorie innovante de la non-existence.

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Michel Foucault : Folie, langage, littérature

Vrin - Septembre 2019 - Philosophie du présent


La folie, le langage et la littérature ont longtemps occupé une place centrale dans la pensée de Michel Foucault. Quels sont le statut et la fonction du fou dans nos sociétés « occidentales », et en quoi se différencient-t-ils de ce qu’ils peuvent être dans d’autres sociétés? Mais également : quelle étrange parenté la folie entretient-elle avec le langage et la littérature, qu’il s’agisse du théâtre baroque, du théâtre d’Artaud ou de l’œuvre de Roussel? Et, s’il s’agit de s’intéresser au langage dans sa matérialité, comment l’analyse littéraire s’est-elle elle-même transformée, en particulier sous l’influence croisée du structuralisme et de la linguistique, et dans quelle direction évolue-t-elle?
Les conférences et les textes, pour la plupart inédits, réunis ici illustrent la manière dont, à partir des années 1960 et pendant plus d’une décennie, Foucault n’a eu de cesse de tisser, de reformuler et de reprendre ces questionnements. Éclairant d’un jour nouveau des thématiques que l’on croyait connaître, ils permettent également de percevoir l’étonnant regard de lecteur que Foucault portait par exemple sur La Recherche de l’Absolu de Balzac, ou sur La Tentation de saint Antoine et Bouvard et Pécuchet de Flaubert.

Édition établie par H.-P. Fruchaud, D. Lorenzini et J. Revel. Introduction par J. Revel.

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lundi 23 septembre 2019

Alain Cambier : Philosophie de la post-vérité

Hermann - Septembre 2019


Bullshitting et fake news se propagent partout. Le succès rencontré par les partisans de la post-vérité est symptomatique de notre société post-moderne, marquée par la montée du relativisme. Ce renoncement au "dire vrai" sape notre confiance dans le progrès des connaissances et nuit aux critères nécessaires pour s'orienter dans l'existence en tant qu'homme et citoyen. Les réseaux sociaux semblent en être devenus le creuset privilégié. Cependant, les menaces que fait peser la post-vérité n'ont-elles pas des racines beaucoup plus profondes ? La post-vérité ne relève-t-elle pas d'une volonté humaine tenace d'occulter le vrai, toujours prête à resurgir aux dépens du rationalisme ? Une généalogie de la post-vérité permet ici de mettre au jour les tenants et les aboutissants d'une telle attitude. Cette entreprise requiert un travail de recontextualisation philosophique des rapports entre l'exigence de vérité et la puissance de son déni.

Alain Cambier est docteur en philosophie, chercheur associé à l'UMR 8163 "Savoirs, Textes, Langage", professeur chargé de cours à SciencesPo Lille. Son objet privilégié de recherche est l'apport de la philosophie analytique en métaphysique et en politique.

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François Rastier : Témoignages inconcevables. Exterminations et littérature

PUF - Septembre 2019


Né de la première guerre mondiale, élaboré dans la seconde par des survivants de l'extermination, le témoignage littéraire des violences politiques de masse est aujourd'hui un genre international majeur. De la Russie à la Chine, en passant par le Rwanda, l'Amérique latine, l'Algérie et le Cambodge, le témoignage va au rebours des conceptions cyniques ou décoratives de l'art par son ambition éthique et son exigence de vérité. Il bouleverse les catégories de la philosophie du langage et de la critique littéraire : les faits deviennent inséparables des valeurs, la stylisation de la recherche de la vérité. Le témoignage littéraire dépasse la mission éducative du " devoir de mémoire " et contribue à faire évoluer la notion de littérature mondiale autour de valeurs fondamentales liées aux Droits de l'homme. Toutefois, de faux témoignages et des romans historiques complaisants occupent également le devant de la scène. En prenant notamment appui sur les oeuvres de Primo Levi, et celles d'auteurs qui estiment qu'après la mort des témoins, la fiction romanesque l'emporte sur l'histoire, François Rastier interroge la " déconstruction " de l'histoire et de la littérature.

François Rastier, linguiste, est directeur de recherche au CNRS. Son ouvrage sur la poésie de Primo Levi, Ulysse à Auschwitz (Les éditions du Cerf, 2005) a reçu le prix de la Fondation Auschwitz. Il a publié depuis plusieurs études sur la littérature de l'extermination et le genre du témoignage. Il est notamment l'auteur, aux Puf, d'Apprendre pour transmettre (2013) et Naufrage d'un prophète. Heidegger aujourd'hui (2015).

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Michel Tozzi (dir.) : Perspectives didactiques en philosophie. Eclairages théoriques et historiques, pistes pratiques

Lambert-Lucas - Septembre 2019


L’enseignement de la philosophie (en France) reçoit des remaniements importants avec la réforme du baccalauréat, son arrivée en classe de première à la rentrée 2019 et le changement des programmes des terminales à la rentrée 2020. Il nous a paru opportun de faire le point sur cet enseignement à l’intention des étudiants, des enseignants et des formateurs, comme plus généralement de tous les praticiens de la discipline. Cet ouvrage rend compte des recherches menées ces trente dernières années en didactique de la philosophie et propose un certain nombre de pistes pour développer sa pratique tant chez les élèves que chez les adultes intéressés. Il rappelle les principaux repères historiques, théoriques et pratiques sur les manières d’enseigner et les façons d’apprendre en faisant notamment appel à des chercheurs reconnus de France, de Belgique, du Québec et de Suisse.

Avant-propos d’Abdennour Bidar
Préface d’Edwige Chirouter
Postface de Jean-Charles Pettier

Contributions de Nathalie Frieden (Université Fribourg, Suisse), Mathieu Gagnon (Université de Sherbrooke, Québec), François Galichet (Université Strasbourg), Nicole Grataloup (GFEN), Gaëlle Jeanmart (Université Liège, Belgique), Michel Sasseville (Université Laval, Québec) et Michel Tozzi (Université Montpellier).

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dimanche 22 septembre 2019

Helena Rosenblatt : Rousseau et Genève. Du Premier discours au Contrat social, 1749-1762

Markus Haller éditions - Septembre 2019 -  Modus vivendi


La pensée politique de Jean-Jacques Rousseau n'est pas d'une transparence absolue : aussi a-t-elle donné lieu à des interprétations opposées, sinon contradictoires : père de la Révolution française, «défenseur passionné de la liberté et de la démocratie», ou inspirateur de la Terreur, voire du totalitarisme ? Aux Etats-Unis, on dit même qu'il serait "à l'origine de la récente explosion du populisme à travers le monde" et que Trump (mais non !) trouverait en lui son héraut. L'idée de Helena Rosenblatt, professeur d'histoire à l'université de New York, est que «la clef de la pensée politique de Rousseau» se trouve… à Genève. Aussi, tout en reconstituant la formation et le parcours philosophique de Rousseau, met-elle au jour, grâce aux archives genevoises, la "modernité" que représentait la cité-Etat suisse "où les principales idées politiques du XVIIIe siècle ont influencé au quotidien, plus que partout ailleurs en Europe, les débats et les luttes politiques qui ont précédé la Révolution française". R.M.

Helena Rosenblatt est professeure d'histoire à l'université de New York.

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Bertrand Quentin : Les invalidés. Nouvelles réflexions philosophiques sur le handicap

Erès - Septembre 2019 - Connaissances de la diversité


Certains hommes pâtissent dans cette vie d'une forme d'invalidation. Ce qui transforme les invalides en invalidés relève d'une composante physique, physiologique, psychique, mais aussi de la manière dont une société donnée construit son rapport au handicap. Mais se contenter du "modèle social" comme unique grille d'analyse, c'est aussi faire disparaître à bon compte les personnes handicapées et la singularité de leur "être-au-monde". Loin d'un transhumanisme qui prône un homme augmenté, Bertrand Quentin nous appelle aujourd'hui, à une compréhension augmentée de l'homme. Pour cela il s'attache à conduire, en philosophe, une approche multifactorielle du handicap. Il aborde maintes questions étonnantes comme : Les handicapés existent-ils ? Y a-t-il un critère de "qualité de vie" qui permet de décider des handicaps acceptables par la société ? Y a-t-il un droit à la sexualité pour les personnes handicapées ? La techno-science va-t-elle faire disparaître le handicap ? L'auteur revendique un "polythéisme méthodologique" où la philosophie se nourrit de sociologie, d'anthropologie, de psychologie, de sources inattendues comme les comics ou le cinéma. Elle devient ainsi vivante et accessible à tous.

Bertrand Quentin est agrégé et docteur en philosophie. Maître de conférences HDR à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée, il est directeur du LIPHA Paris-Est (Laboratoire Interdisciplinaire d'Étude du politique Hannah Arendt / EA7373) et responsable du Master 1 de philosophie, parcours « éthique médicale et hospitalière appliquée » (École éthique de la Salpêtrière). Il développe une réflexion philosophique sur les apports de la vulnérabilité dans la compréhension de l'homme.

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Alexis Cukier et Isabelle Garo (dir.) : Avec Marx, philosophie et politique

La dispute - Septembre 2019


Cet ouvrage donne la parole à cinq philosophes marxistes français et de renommée internationale, qui présentent l'évolution de leur rapport à Marx, à la philosophie et à la politique, depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui. En revenant sur leurs parcours intellectuels et militants respectifs, ils nous aident à mieux comprendre les transformations du marxisme depuis l'immédiat après-guerre, et plus largement les évolutions idéologiques et socio-politiques dont notre période est issue - et qui continuent de l'éclairer.
Chacun à leur tour, les auteurs ont répondu aux questions posées par deux philosophes de générations différentes : Comment avez-vous rencontré la pensée de Marx, et avez-vous commencé à en faire usage ; dans quel contexte théorique et politique, pour répondre à quelle urgence et quel problème, en rapport avec quels engagements militants ? Quelles ont été les évolutions de leurs conceptions du communisme et que devraient être une action ou une organisation politique communiste aujourd'hui ? Que retenez-vous d'essentiel de la pensée de Marx pour penser la période politique présente ?
Au fil de leurs réponses à ces questions, les auteurs analysent ainsi les rapports entre philosophie et politique, la trajectoire du marxisme en France, la signification du communisme aujourd'hui. Dans leur introduction à l'ouvrage, Alexis Cukier et Isabelle Garo analysent les complexes coordonnées théoriques et politiques de ces trajectoires singulières, leurs convergences et divergences, mais aussi leurs enseignements pour comprendre le renouvellement en cours de la philosophie marxiste et de l'engagement communiste.

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samedi 21 septembre 2019

Léa Veinstein : Les philosophes lisent Kafka. Benjamin, Arendt, Anders, Adorno

Maison des Sciences de l'Homme - Septembre 2019 - Collection : Bibliothèque allemande


Entre les années 1930 et les années 1950, quatre philosophes dont les liens intellectuels, biographiques et affectifs s'avéreront nombreux (Walter Benjamin, Hannah Arendt, Günther Anders et Theodor W. Adorno) se mettent à lire Franz Kafka. Dans un élan presque compulsif fait d'admiration, d'identification et de fascination, ils commencent chacun, simultanément, à écrire sur lui. Kafka dresse devant eux un défi : celui de penser à travers son oeuvre les multiples métamorphoses qu'ils sont eux-mêmes en train de vivre : métamorphose de l'homme, du sujet, du sens, et surtout de la philosophie, qui se défigurent alors sous l'impulsion de l'Histoire. Eparpillés, les textes de ces quatre auteurs sont pour la première fois ici rassemblés et interprétés ensemble, dessinant un carrefour de l'histoire de la pensée. Car à travers ces quatre rencontres se constituent les prémices de ce qu'on appellera l'Ecole de Francfort, et se dessinent les jalons d'une forme inédite jusqu'alors de modernité philosophique. Dans cet essai qui mêle histoire des idées, philosophie et littérature, Léa Veinstein montre que les philosophes ont lu et lisent Kafka avec une intensité lumineuse - preuve s'il en faut que cette oeuvre demeure une matière vive et féconde, qui aujourd'hui encore nous saisit et nous donne à penser.

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Helmut Schoeck : L' Envie. Une histoire du mal

Les Belles Lettres - Septembre 2019 - Collection : Le Goût des idées


L’une des principales passions humaines. L’un des grands moteurs de nos actions. Et qui pourtant n’avait jamais fait l’objet d’une étude complète. Le livre d’Helmut Schoeck, en nous proposant la première analyse exhaustive de l’envie à travers les temps et selon tous ses modes, a comblé une lacune considérable.
Des sociétés traditionnelles aux sociétés modernes, des mythes à l’économie, voici une extraordinaire « coupe » de l’histoire de l’humanité vue à travers ce sentiment essentiel et les comportements qu’il engendre. Le crime peut-il être inspiré par l’envie ? Quels sont les rapports entre l’envie et l’esprit de compétition ? C’est à des questions éternelles aussi bien qu’aux plus contemporaines que répond ce livre.
Loué par Karl Popper comme un livre essentiel, cet ouvrage qui puise dans l’histoire, la littérature, la théologie, le droit et la psychologie se lit – presque – comme un roman et permet à chacun de mieux se connaitre. Un texte véritablement fondamental.

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Sebastian Junger : Tribu

Les Belles lettres - Septembre 2019


Tout homme est mû par un fort instinct : celui qui le pousse à appartenir à de petits groupes délimités par des objectifs clairs et une compréhension mutuelle, autrement dit, des tribus. Et à se sentir responsable de leurs membres.
Ce livre parle de ce sentiment, et pourquoi il est aujourd’hui si rare, si précieux dans la société moderne, comment son absence nous a tous affectés. Il parle de ce qu’on peut apprendre de sociétés tribales quant à la loyauté, au sentiment d’appartenance et à l’éternelle quête de sens de l’humanité. Au fait que, pour beaucoup de gens, la guerre est plus rassurante que la paix, que les difficultés peuvent être une véritable bénédiction, et que l’on se souvient avec davantage de tendresse de catastrophes que de vacances sous les Tropiques.
L’être humain n’a pas peur des moments difficiles, en fait, ils lui permettent de prospérer. Ce qu’il redoute, c’est le sentiment d’être superflu. La société moderne maîtrise à la perfection l’art de donner aux gens l’impression qu’ils ne servent à rien.
Il est temps que ça cesse.

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vendredi 20 septembre 2019

Robert Kurz : La Substance du capital

L'Échappée - Septembre 2019 - Versus


Perte de sens du travail, chômage de masse, ravages psychologiques, catastrophes écologiques, révoltes sociales : les jours de cette société semblent comptés, et dans de nombreuses régions du monde elle ne fonctionne plus du tout. Tout en remontant aux racines de cette crise qui pourrait bien être la dernière, Robert Kurz souligne les impasses de la pensée de gauche comme du marxisme traditionnel, qui prétendent offrir une alternative au système économique dominant. Tous deux se sont construits sur une opposition entre travail et capital, valorisant une classe ouvrière productrice de richesses dont il faudrait revendiquer une meilleure distribution. Kurz avance pour sa part une thèse provocatrice : le travail n’est rien d’autre que la substance du capital, et ce qu’il fabrique ne ressemble en rien à des richesses. Ne pas questionner le travail, c’est donc s’interdire de remettre en question l’organisation de la production, ses modalités techniques, ses conséquences sociales et environnementales. C’est oublier aussi que les luttes populaires n’ont jamais été aussi fortes que lorsqu’elles ont refusé la condition ouvrière. En omettant de critiquer le travail, la gauche et le marxisme traditionnel ont finalement adopté le point de vue du capital. à partir d’une réactualisation de certaines intuitions de Marx, Robert Kurz propose au contraire une théorie critique de la société actuelle qui ne s’arrête pas à son écorce, mais l’attaque dans son noyau substantiel.

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Max Picard : Le Monde du silence

Editions La Baconnière - Septembre 2019


La Baconnière choisit aujourd’hui de republier une série d’œuvres du philosophe tessinois Max Picard (1888-1963), injustement ignoré en France mais dont l’importance fut suffisante à rallier les hommages d’Emmanuel Lévinas (qui salue son travail dans Noms propres), de Gabriel Marcel (qui lui consacra une préface, dans la première traduction française du Monde du silence parue aux P.U.F. en 1953), ou, plus récemment, de John M. Oesterreicher (essai paru chez Ad Solem en 2005). Le propos de ce livre d’abord paru en Allemagne en 1948 et peut-être le plus traduit de son œuvre (en japonais, anglais, italien) consiste à tracer les contours d’une phénoménologie du silence ou du « se taire » (schweigen en allemand), entendu comme lieu de naissance à une parole vraie (« Parole et silence font un : la parole est instruite du silence comme le silence de la parole. »). Il se double d’une très fine et très visionnaire tentative d’épuisement de la modernité comme négation du silence. Tout en se tournant le dos à toute tentation systématique, sa pensée se love dans une forme légère et poétique, rejoignant par là la grande tradition rhénane des grands spirituels allemands (par ailleurs perceptible dans ses références : Goethe, Hölderlin, Jean-Paul). Forme qui méritait une « mise à jour » (et au jour) en français, à la hauteur de l’époque, en même temps qu’un accompagnement critique. Le livre est passionnant parce qu’il offre plusieurs niveaux de lecture et plusieurs entrées, en même temps qu’il propose un manuel de résistance métaphysique pour des temps de peu de silence. Comme l’écrit Emmanuel Lévinas : « Comme si dans son histoire personnelle ― à condition de ne laisser vide aucun instant ― l’homme trouvait refuge contre la contemporanéité même. Comme si dans sa paix intérieure ― à condition qu’elle ait un sens ― il pouvait paralyser le bras des violents et faire tomber les armes de leur main.»

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Peter van Inwagen : Des êtres matériels

Les Éditions d'Ithaque - Septembre 2019


Des Êtres matériels est un ouvrage majeur de la métaphysique contemporaine, qui traite de l’existence des objets à travers la question de la composition : À quelles conditions plusieurs choses en composent-elles une autre ? Or il existe deux réponses extrêmes et opposées qui consistent à soutenir ou bien qu’il n’y a jamais aucun objet résultant de la composition (le « nihilisme méréologique ») ou bien que n’importe quelle pluralité d’éléments compose un autre objet (l’« universalisme méréologique intégral »). Face à ces deux positions extrêmes qu’il rejette, Peter van Inwagen défend à son tour une thèse tout aussi paradoxale, qu’il nomme la « Thèse du Refus » : les objets matériels, en toute rigueur, n’existent pas, sauf s’ils composent l’activité d’un être vivant. C’est donc à l’examen de cette thèse surprenante, de sa justification et de ses conséquences philosophiques que se consacre ce traité métaphysique sur la composition.

Peter van Inwagen est un philosophe américain. Il enseigne actuellement la métaphysique et la philosophie de la religion à l’université de Notre-Dame, dans l’Indiana. Considéré comme l’un des méta­physiciens contemporains les plus éminents, il a notamment publié La Métaphysique (Ithaque, 2017), Essai sur le libre arbitre (Vrin, 2017), ainsi que The Problem of Evil (Oxford U. P., 2006). 

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mercredi 18 septembre 2019

Frédéric Worms : Pour un humanisme vital. Lettres sur la vie, la mort et le moment présent

Odile Jacob - Septembre 2019


« Nous avons besoin aujourd’hui d’un humanisme vital.
Et cela nous ramène à la “valeur” de l’humain qui est la condition de tout humanisme et sur laquelle on s’est beaucoup trompé.
Car cette “valeur” n’est pas une propriété simple qui excepterait l’humain du vivant ou qui pourrait être écrasée par lui. Elle réside plutôt dans des inventions humaines, réponses toujours perfectibles à tous les dangers vitaux à la fois. Ainsi, cet humanisme est vital non seulement parce qu’il situe l’humain dans le vivant, mais parce qu’il le considère comme nécessaire et urgent, pour la vie de tous les vivants.
L’humanisme suppose encore autre chose : un accès universel à tous les humains. Or, ici, nous partageons bien quelque chose mais n’est-ce pas d’abord une inquiétude ? Oui, en effet. C’est même ce qui m’a poussé à vous écrire. Mais je savais, dès que je m’y suis engagé, que cela nous permettrait aussi de rejoindre nos joies. »
F. W.

Dans ces lettres adressées à une amie « inquiète et qui sait penser », Frédéric Worms explique pourquoi l’humanisme vital est la réponse philosophique aux dangers de notre temps.

Frédéric Worms est professeur de philosophie contemporaine à l’École normale supérieure, dont il est directeur adjoint depuis 2015, et l’auteur remarqué d’ouvrages de philosophie. Il est membre du Comité consultatif national d’éthique et l’un des producteurs, sur France Culture, de l’émission Matières à penser.

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Mark Lilla : L'esprit de réaction

Desclée De Brouwer - Septembre 2019 - Collection : Cahiers


La figure imposante du révolutionnaire est morte. Mais celle du réactionnaire a survécu et prend de l'ampleur partout dans le monde. Il n'en reste pas moins l'inconnu de notre temps. Certes, il nous agace et nous fait peur. Mais nous ne nous interrogeons pas sur lui. Qui est-il ? Quelle est sa vision du monde ? On sait ce qu'il déteste, mais on sait moins ce qu'il veut.
Le révolutionnaire se nourrissait d'espoir, le réactionnaire se nourrit de nostalgie. Il n'est pas conservateur, car il pense que l'Apocalypse est arrivée : dégoûté par tout ce qui l'entoure, il est électrisé par la splendeur du passé. Comme Don Quichotte, chaque expérience le confirme dans ses rêves. Car la nostalgie est irréfutable...
Ce pessimisme historique inspire des figures aussi hétéroclites que des djihadistes rêvant d'un califat mondial et des polémistes qui voient dans ces attentats la confirmation de leur fatalisme, des catholiques intégristes et des maoïstes qui ont conservé leurs petits livres rouges, des antimondialistes et des néo-impérialistes russes, turcs et hindous. Tous avancent dans le passé.
L'heure de la réaction a sonné. Il importe de l'entendre.

Mark Lilla est historien des idées et essayiste. Enseignant à l'Université Columbia de New York, il écrit souvent dans The New York Review of Books et pour The New York Times. Il a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels : Le Dieu mort-né. La religion, la politique et l'Occident (2010) ; La Gauche identitaire : l'Amérique en miettes (2018).

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Julia de Funès : Le développement (im)personnel. Le succès d'une imposture

L'observatoire - Septembre 2019


Comment se « développer » quand on est sans cesse « enveloppé » par des coachs ? Comment le développement serait-il « personnel » quand guides et manuels s'adressent à chacun comme à tout autre ? La philosophe Julia de Funès fustige avec délectation les impostures d'une certaine psychologie positive. « L'authenticité en 5 leçons », « La confiance en soi : mode d emploi », « Les 10 recettes du bonheur »... Les librairies sont envahies d'ouvrages qui n'en finissent pas d'exalter l'empire de l'épanouissement personnel. Les coachs, nouveaux vigiles du bien-être, promettent eux aussi sérénité, réussite et joie. À les écouter, il n'y aurait plus de « malaise dans la civilisation », mais une osmose radieuse. Nous voici propulsés dans la « pensée positive » qui positive plus qu'elle ne pense ! C'est le non-esprit du temps. Pourquoi le développement personnel, nouvel opium du peuple, rencontre-t-il un tel engouement ? Sur quels ressorts psychologiques et philosophiques prend-il appui ? L'accomplissement de soi ne serait-il pas à rechercher ailleurs que dans ces (im)postures intellectuelles et comportementales ? Pour lutter contre la niaiserie facile et démagogique des charlatans du « moi », Julia de Funès propose quelques pépites de grands penseurs. Si la philosophie, âgée de 3 000 ans, est toujours là, c est qu en cultivant le point d'interrogation, elle développe l'intelligence de l'homme, fait voler en éclats les clichés et les lourdeurs du balisé, et permet à chacun de mieux affirmer sa pensée et vivre sa liberté. L'esprit n'est jamais mort, la réflexion ne rend pas les armes, une libération est toujours possible !

Docteure en philosophie, diplômée d'un DESS en RH, conférencière, Julia de Funès est notamment l'auteure de Socrate au pays des process (Flammarion, 2017) et, avec Nicolas Bouzou, du best-seller La Comédie (in)humaine (Éditions de l'Observatoire, 2018).

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