samedi 29 juin 2019

Garba Oumarou : Communication ou différend. Le grand débat Habermas-Lyotard

L'Harmattan - Juin 2019


Communication ou différend constitue une étude comparative entre le paradigme communicationnel de Habermas et celui de Lyotard. Il s'agit, de questionner la validité de ces démarches dans la perspective de la réalisation de l'entente entre citoyens. La théorie argumentative habermassienne postule la possibilité d'une entente consensuelle par le truchement de l'argumentation. Lyotard se propose d'explorer la sensibilité afin de fonder une approche communicationnelle qui puisse rendre justice à la dimension individuelle.

Né à Madetta (Commune de Tajaé) dans la Région de Tahoua au Niger, Garba Oumarou est Docteur en philosophie. Il a soutenu une thèse de doctorat unique en 2017 et est actuellement enseignant-chercheur à l'université Zinder au Niger.

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Chantal Delsol et Giulio De ligio (dir.) : La démocratie dans l'adversité. Enquête internationale

Editions du Cerf - Mai 2019


Ce sont cent intellectuels de France et des quatre coins du monde que Chantal Delsol et Giulio De Ligio ont réunis ici pour une enquête sans précédent sur l’état planétaire de la démocratie.
À l’heure des isolationnismes, des autocraties et des populismes, qu’en est-il de la théorie et de la pratique de ce qui semblait hier encore le bien politique absolu, et le premier critère progressiste de l’ère moderne ?
Embrassant de Washington à Beijing, de Dublin à Bucarest, sans oublier Bruxelles et Paris, mais aussi l’Amérique du Sud ; détaillant les concepts et les idéologies ; décrivant les institutions et les pouvoirs, cette somme, savante, libre et engagée, répond à cette question cruciale.
Face à la tentation illibérale, un véritable ouvrage collectif de débat et un appel à la raison des peuples.

Avec les contributions de : Daniel Andler, Martin Andler, Luis Barrón, Stéphane Bauzon, Daniel A. Bell, Jean Birnbaum, Mathieu Bock-Côté, Maté Botos, Bernard Bourdin, Ionel Buse, Giuseppe Busiello, Gerardo Caetano, Alessandro Campi, Monique Canto-Sperber, Gerard Casey, Marek Cichocki, Jean-Marc Coicaud, Vincent Coussedière, Olivier Dard, Marcin Darmas, Giulio De Ligio, Olivier Delacrétaz, Gil Delannoi, Chantal Delsol, Gaëlle Demelemestre, Mark Dooley, Alessandro Ferrara, Sylvain Fort, Domingo Gonzalez, Philippe d’Iribarne, Julius Krein, Blandine Kriegel, Stephen Launay, Carole Leal Curiel, Jean-Thomas Lesueur, Frédéric Louzeau, Jean-François Mattei, Jean-François Mayer, Olivier Meuwly, Sergiu Miscoiu, Jerónimo Molina, Horst Möller, Thierry de Montbrial, Dalmacio Negro Pavón, Damiano Palano, Gladden Pappin, Richard H. Pildes, Cristian Pîrvulescu, Grégor Puppinck, Michaël Rabier, Jenny Raflik, Myriam Revault d’Allonnes, Olivier Rey, Jacques Sapir, Stefano Semplici, Georges-Henri Soutou, Wolfgang Streeck, Antony Todorov, David Uzal, Adrian Vermeule, Jorge Verstrynge, Stéphane Vibert, Michel Wieviorka, Melissa S. Williams, Yves Charles Zarka.

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Miche Lisse : Quatre essais sur Maurice Blanchot

Editions Le Retrait - Juin 2019


Blanchot n’a pas toujours été le même. Les entrelacements de sa vie comme de son œuvre posent comme relevant du paradoxe le plus exigeant, le statut de la parole. Réfutant l’assertion de Wittgenstein selon laquelle, il faudrait taire ce qui ne peut se dire, l’auteur de L’Entretien infini n’en mesure pas moins l’invraisemblable d’une parole qui se croirait au-dessus de tout soupçon. Tous les camps s’appellent Auschwitz et dans tout nom, il y en a un nom qui dérange : Auschwitz. Faire comme si l’holocauste n’avait pas eu lieu et n’avait pas dramatiquement impacté le statut de la parole, l’opération s’avère impossible. Alors, quelle parole ? « Il y aurait dans toute vie un moment où l’injustifiable l’emporte et où l’incompréhensible reçoit son dû ». En faisant résonner cette phrase tirée des « Intellectuels en question », Michel Lisse éclaire la position de Blanchot à l’endroit de l’écueil auquel se confronte toute littérature dès lors qu’elle se heurte à la question des camps et à travers elle, à celle de sa parole. Livrant une lecture croisée de Blanchot lisant Derrida (et inversement), dont le point de rencontre demeure la figure de Paul Celan (« que nous n’avons pas su préserver du naufrage »), Michel Lisse propose une lecture de la mort dans et par l’écriture. Magistrale est la démonstration si tant est que le mot entende bien dévoiler des monstres. Le livre de Michel Lisse Quatre essais sur Maurice Blanchot est préface par Vincent Engel.

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vendredi 28 juin 2019

Laura Péaud et Véronique Mehl (dir.) : Paysages sensoriels. Approches pluridisciplinaires

Presses universitaires de Rennes - Juin 2019


Si le paysage constitue un objet d’étude ancien en géographie, il est aussi abordé par les autres sciences humaines et sociales. Depuis la fin du XXe s., l’expérience sensorielle est au c½ur des réflexions des historiens, des sociologues, des anthropologues et des philosophes. Ces questionnements épistémologiques ont permis de faire évoluer, par ricochet, d’autres notions, comme celle du paysage. Récemment, s’est développée la notion de « paysage sensoriel », appréhendé non plus seulement par la vue mais par les autres sens, isolément ou de manière synesthésique. L’ouvrage offre une lecture pluridisciplinaire des paysages sensoriels. Il ne s’agit pas simplement de voir comment les disciplines les unes à côté des autres analysent une situation mais d’envisager l’interdisciplinarité comme une force et un renouvellement. Au travers de chapitres épistémologiques, théoriques, didactiques et d’études de cas, ce sont des paysages monosensoriels (l’ouïe, l’odorat, le toucher) et plurisensoriels qui sont analysés, abordant ainsi le sensible, les émotions, la subjectivité. L'ensemble des textes présente un panorama riche des recherches récentes et innovantes sur les paysages, tout en questionnant une catégorie classique de l'analyse historique et géographique.

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Jacques Paul : Histoire intellectuelle de l'Occident médiéval

Armand Colin - Juin 2019 - Collection U


La culture, enjeu essentiel de la vie politique et sociale, diffuse les goûts, les idées et les règles de conduite d'un groupe dominant. Elle amplifie les nombreuses images de l'accomplissement humain et en dénonce les failles. Elle assure l'intégration de ceux qui savent l'assimiler.
L'histoire de la culture des civilisations anciennes ou plus proches est un volet essentiel dans la connaissance du passé, comme pour le Moyen Âge qui voit l'élaboration d'une culture originale, née d'une longue réflexion sur le savoir antique et les aspirations chrétiennes.
L'Histoire intellectuelle de l'Occident médiéval rassemble autour des grands débats qui font cette histoire de la culture, du IVe au XVe siècle, tous les éléments de connaissance nécessaires : contexte politique, langues vivantes et mortes, écriture, écoles et universités, enseignement, auteurs et oeuvres. 

Jacques Paul a été maître de conférences à l'université de Provence, Aix-Marseille ; spécialiste de l'histoire du Moyen Âge, il s'est particulièrement attaché à l'étude des rapports entre vie religieuse, culture et mentalités.

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Carl Schmitt : Loi et jugement. Une enquête sur le problème de la pratique du droit

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Juin 2019


Comment savoir si une décision judiciaire est correcte ? Telle est la question qui se pose à nous tous, qui souhaitons que le droit vienne à notre secours quand nous en avons besoin. En 1912, celui qui n’est pas encore le sulfureux Carl Schmitt donne à cette interrogation une réponse surprenante qui, aujourd’hui peut-être plus que jamais, nous parle encore. Dans Loi et jugement, ouvrage de jeunesse brillant et érudit, traduit et replacé par Rainer Maria Kiesow dans une perspective critique, on perçoit déjà le goût de l’auteur pour la rhétorique, le style et, plus précisément, le goût pour les concepts en opposition, pour les mots en guerre, par lesquels il deviendra célèbre : ami/ennemi; légalité/légitimité ; théologie/politique ; règle/exception ; État/mouvement/peuple ; terre/mer ; mais aussi juif/aryen. Or c’est avec l’examen de la relation loi/jugement que tout a commencé. Y a-t-il harmonie ou tension? Déduction ou déconnexion? Continuité ou rupture? Là réside tout le problème de l’État de droit et de l’état de légalité – une question toujours ouverte.

Traduit de l’allemand et présenté par Rainer Maria Kiesow

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jeudi 27 juin 2019

Elisabeth Bart : Les incandescentes. Simone Weil, Cristina Campo et Maria Zambrano

PG de Roux - Mai 2019


« Elles ont brûlé, dans les ténèbres du xxe siècle cette longue nuit de guerres, de totalitarismes, de barbarie où nous errons encore , de leur désir de vérité et de cette volonté qui consiste à aimer inconditionnellement. Trois femmes, trois voix qui s'entrelacent sans le savoir en une seule flamme dans la nuit ou le Verbe se fait silence, dans trois langues vivantes et soeurs, le français, l'italien, l'espagnol. Si différentes dans leur absolue singularité, elles se ressemblent, toutes trois de la lignée d'Antigone, éminente figure du sacrifice, de l'offrande sans concession, de l amour sans conditions, du moi consumé pour accéder à l'être, sans lesquels il n'est pas de révolte authentique. Dans le temps de vie qui leur fut imparti, brève et fulgurante trajectoire de Simone Weil (1909-1943), morte à trente-quatre ans, longue vie de María Zambrano (1904-1991) du début à la fin du siècle, parcours orienté dès la naissance par la maladie pour Cristina Campo (1923-1977) qui ne connut pas la vieillesse, elles ont eu cette capacité si rare de transformer leur vie en destin. Chacune de ces femmes laisse entendre une voix singulière, libérée de la pesanteur, d'une extraordinaire pureté, voix monacale, dépouillée comme le chant grégorien de Simone Weil, voix transparente aux mythes et aux rites de Cristina Campo, voix oÙ bruissent les fleuves de l'exil, charriant les douleurs et les pleurs secrets de María Zambrano. »

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Réseaux 2019/4 (n° 216) : « Quantified Self »

La découverte - Juin 2019


Page 9 à 16 : Éric Dagiral, Christian Licoppe, Anne-Sylvie Pharabod - Présentation | Page 17 à 54 : Éric Dagiral, Christian Licoppe, Olivier Martin, Anne-Sylvie Pharabod - Le Quantified Self en question(s) | Page 55 à 81 : Minna Ruckenstein, Mika Pantzar - Par-delà le Quantified Self | Page 83 à 117 : Moustafa Zouinar - Théories et principes de conception des systèmes d’automesure numériques | Page 119 à 156 : Éric Dagiral, Séverine Dessajan, Tomas Legon, Olivier Martin, Anne-Sylvie Pharabod, Serge Proulx - Faire place aux chiffres dans l’attention à soi | Page 157 à 187 : Anne-Sylvie Pharabod - « Faire ses 10 000 pas », vraiment ? | Page 189 à 217 : Claude Compagnone - Tensions épistémiques dans les écrits d’ingénieurs | Page 219 à 241 : Frank Afom - Les scandales Vanessa Tchatchou et Monique Koumateke | Page 243 à 248 : Sylvain Le Berre - Jenny Andersson, The Future of the World. Futurology, Futurists and the Struggle for the Post-Cold War Imagination, Oxford, Oxford University Press, 2018, 288 p. | Page 249 à 252 : Luca Perrig - Alex Rosenblat, Uberland: How algorithms are rewriting the rules of work, Oakland, California University Press, 2018, 271 p. | Page 253 à 256 : Cécile Dolbeau-Bandin, Elsa Jaubert - Romain Badouard, Le désenchantement de l’internet. Désinformation, rumeur et propagande, Limoges, FYP Éditions, 2017, 179 p..

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Cosmin Toma : Neutraliser l'absolu. Blanchot, Beckett et la chose littéraire

Hermann - Juin 2019


Que reste-t-il de la littérature ? Telle fut la question soulevée, il y a maintenant plus d’une décennie, par William Marx, Antoine Compagnon et Tzvetan Todorov, pour ne nommer qu’eux. Mais de cette polémique autour des fins de la littérature, que reste-t-il aujourd’hui ? Si la critique littéraire peine toujours autant à définir son objet d’étude, elle privilégie désormais le mutisme face à cette problématique insoluble : stratégie pragmatique visant à mettre la res publica literaria à l’abri des controverses lassantes. Or ce silence risque de laisser entendre que nous sommes plus que jamais persuadés de l’évidence de la littérature, comme si cette chose n’avait plus rien d’étrange et de déroutant.
C’est l’ambiguïté de ce silence que le présent essai tente d’interroger, aux côtés de deux écrivains du XXe siècle qui n’ont pas encore dit leur dernier mot : Samuel Beckett et Maurice Blanchot.

Cosmin Toma, né en Roumanie, est titulaire d’un doctorat en littératures de langue française de l’université de Montréal et d’un master en lettres modernes de l’université de Strasbourg. Il est actuellement chercheur associé à la Faculty of Medieval and Modern Languages de l’université d’Oxford.

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mercredi 26 juin 2019

Aline Caillet : L’art de l’enquête. Savoirs pratiques et sciences sociales

Mimesis - Juin 2019


Les pratiques artistiques de l'enquête se sont multipliées ces vingt dernières années, en arts visuels comme en littérature. Empiétant sur le terrain des sciences humaines et sociales, dont elles viennent expérimenter, mimer, mais aussi souvent contester, les procédures et méthodes, elles suscitent une interrogation tant du côté de l'esthétique que de l'épistémologie. Dans quelle mesure les dispositifs d'enquêtes, initiés par les artistes, peuvent-ils ? Une démarche artistique - littéraire, documentaire, plastique - peut-elle produire un savoir, dissident, alternatif, et modéliser de nouvelles manières de fabriquer de la connaissance dans le champ des humanités ? Au travers d'une étude différenciée des différentes formes d'enquête, cet ouvrage qui pointe les enjeux autour de ces formes hybrides, instaure un dialogue entre art et sciences, tout en ouvrant le débat sur ses enjeux publics et critiques.

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Nicolas Piqué : L'histoire discrète. Époque, catastrophe, révolution

Hermann - Juin 2019


Une représentation schématique de l’histoire de la philosophie attribue aux siècles une préoccupation caractéristique, au XVIIe siècle la raison, au XIXe l’histoire. La réalité des œuvres est évidemment plus complexe. Ce livre cherche à nourrir l’analyse de cette complexité en identifiant, sur le long terme, la construction d’une pensée de l’histoire dès le Grand Siècle. L’historicité ne peut plus alors être pensée comme une découverte tardive de la modernité. Plus spécifiquement, il cherche à circonscrire une pensée singulière du temps historique fondée sur la discontinuité. 
À travers l’analyse de trois schèmes (l’époque, la catastrophe et la révolution), il fait apparaître une conception discrète, discontinue du temps historique, qui précède l’avènement des représentations ultérieures, systématiques et unifiantes de l’histoire. La découverte de l’historicité du monde semble donc avoir débuté par l’attention aux ruptures, par la nécessaire prise en compte des discontinuités que manifeste l’apparence chaotique des événements historiques.

Nicolas Piqué est maître de conférence en philosophie à l’université de Grenoble. Après avoir étudié l’apparition d’une conception moderne et sécularisée du temps historique au XVIIe siècle, ses travaux portent sur la discontinuité historique, d’un point de vue généalogique et en fonction de ses enjeux contemporains.

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Jean Gayon : Darwin et l'après-Darwin Une histoire de l’hypothèse de sélection naturelle (réed.)

Matériologiques - Juin 2019


Très vite après sa parution en 1992, ce livre a été reconnu comme l’ouvrage de référence sur l’histoire du darwinisme et de ses relations avec la génétique. Aujourd’hui, c’est toujours une somme incontournable et une formidable leçon d’histoire des sciences. Sa traduction aux États-Unis quelques années plus tard et le renom mondial qu’elle a immédiatement conféré à son auteur invitent à le considérer comme un classique. Mais il méritait d’être réédité, car il comportait des erreurs et les figures étaient pour la plupart illisibles.
Jean Gayon y soutient que les historiens et les biologistes n’ont pas assez distingué la théorie de l’hypothèse de sélection naturelle. En tant que théorie générale de l’histoire de la vie, la doctrine de la sélection naturelle a sans aucun doute eu un immense impact sur les sciences et la culture de son temps. L’hypothèse centrale de cette théorie a été très vite exposée à des difficultés redoutables, venues en grande partie des généticiens. La sélection darwinienne n’était pas compatible en effet avec toutes les hypothèses concevables sur l’hérédité. Ce livre a pour objet de reconstituer cette longue crise de l’hypothèse de sélection naturelle, les étapes décisives de sa résolution et les traits majeurs du darwinisme théorique rénové qui en a émergé. De Darwin à Kimura, l’histoire de l’hypothèse de sélection est ici reconstruite sous l’angle partiel mais crucial de son rapport à l’hérédité. Il s’agit de savoir en quoi l’hypothèse darwinienne était compatible avec les connaissances disponibles sur l’hérédité et la variation, comment elle pouvait être quantifiée, comment la quantification statistique et l’interprétation génétique de la sélection naturelle ont modifié le sens de l’hypothèse, comment l’hypothèse ainsi reformulée était testable et de savoir quel genre de théorie de la sélection des populations la génétique a finalement produit.
Ce livre inaugure les très nombreux travaux scientifiques et philosophiques dans lesquels Jean Gayon s’est intéressé à la portée explicative de la théorie de l’évolution par sélection naturelle. Il est l’un des piliers majeurs de l’exploration des mondes darwiniens.

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mardi 25 juin 2019

Amir Biglari (dir.) : La sémiotique et son autre

Kimé - Mai 2019


Dans le prolongement de La Sémiotique en interface (Kimé, 2018), cet ouvrage se propose de faire dialoguer la sémiotique et d’autres domaines de recherche, avec une volonté accrue de mettre en avant la vie et les pratiques, voire l’empirie, à travers un grand nombre de terrains variés : les artefacts culturels, la lecture littéraire, l’image, le numérique, l’expertise financière, l’espace urbain, la santé, la psyché, etc.
Une quarantaine de chercheurs réputés, issus d’une douzaine de pays, nous donnent concrètement à voir à quel point ces interactions sont fécondes, sinon inéluctables : la sémiotique est susceptible de fournir à ses consœurs une rigueur méthodologique inédite, leur permettant d’affiner leurs concepts, de modéliser autrement leurs objets ou d’y découvrir des clartés insoupçonnées ; en retour, les autres secteurs s’avèrent une chance pour la sémiotique, car ils lui offrent l’opportunité de faire son autocritique, de réviser ses fondamentaux, d’interroger son champ de pertinence.
En outre, ce livre montre que, si une synergie disciplinaire est requise pour affronter le monde complexe et mouvant dans lequel nous vivons, le rôle de médiateur pourrait être dévolu à la sémiotique, dans la mesure où elle semble être la mieux armée pour croiser et fédérer les points de vue de différentes disciplines. Somme toute, ce volume convie les chercheurs de tout domaine à se projeter hors de soi et à se doter de la lucidité nécessaire pour relever les grands défis actuels de l’homme et de la société.

Amir Biglari est chercheur associé à l’équipe d’accueil « Sens, Texte, Informatique, Histoire » de Sorbonne Université. Il a dirigé, entre autres, Entretiens sémiotiques (Lambert-Lucas, 2014), Valeurs. Aux fondements de la sémiotique (L’Harmattan, 2015) et La Sémiotique en interface (Kimé, 2018).

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Raisons politiques 2019/2 (N° 74) : Théories politiques du transhumanisme

Presses de science po - Juin 2019



Quelles sont les théories politiques du transhumanisme ?
Les articles de ce dossier proposent une analyse des pensées politiques transhumanistes en France et aux États-Unis. Il s'agit de comprendre les sources mobilisées, les auteurs convoqués, les réappropriations et les déplacements des arguments et concepts fondamentaux à l’oeuvre dans cet ensemble hétéroclite que sont les pensées transhumanistes.
Le dossier éclaire les enjeux de la division, de plus en plus affirmée, entre transhumanisme dit libertarien et transhumanisme démocratique ou progressiste et tente, plus largement, de rendre compte de la manière dont les transhumanistes pensent le politique. Avec des approches différentes, les articles questionnent la cohérence et le sens des concepts politiques fondamentaux mobilisés par le transhumanisme : la liberté, la démocratie par exemple ; mais ils dévoilent aussi les apories, les limites et les tensions qui traversent le transhumanisme.
La mise en perspective des idées transhumanistes au regard de la théorie et de la philosophie politiques nourrira la réflexion sur la place et le rôle du transhumanisme dans nos sociétés contemporaines.

Page 5 à 12 : Benjamin Bourcier - Les théories politiques du transhumanisme | Page 13 à 28 : Sébastien Caré - La route (libertarienne) de la servitude (transhumaniste) | Page 29 à 50 : Stanislas Deprez - Le transhumanisme peut-il échapper au libertarianisme ? Le cas de James Hugues | Page 51 à 71 : Jean-Yves Goffi - Contours et courants de la politique transhumaniste | Page 73 à 81 : Apolline Taillandier - Lectures et langages du transhumanisme | Page 83 à 97 : Nicolas Le Dévédec - La grande adaptation | Page 99 à 117 : Benjamin Bourcier - La « liberté morphologique » transhumaniste, un nouvel esprit anti-cosmopolitique | Page 119 à 132 : Pierre Bourgois - Une critique politique du transhumanisme : le bioconservatisme de Francis Fukuyama | Page 133 à 137 : David Copello - Federico Tarragoni, L'énigme révolutionnaire, Paris. Les Prairies Ordinaires, 2015, 325 pages.

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Cahiers Philosophiques, 156 (1/2019) : Walter Benjamin critique

Vrin - Juin 2019


Si Benjamin n’a jamais achevé la rédaction d’un essai consacré à la critique, elle n’en est pas moins une des préoccupations principales de son travail philosophique et un fil de lecture de son œuvre. Par strates et essais successifs se dégage un concept de critique articulé à de nouveaux modèles et de nouvelles pratiques, au rebours de tout jugement esthétique porté sur les œuvres comme de toute histoire de l’art formelle et érudite. La critique des œuvres doit être « immanente », mettre au jour leur « teneur de vérité » au prix d’un arrachement à de multiples entraves, au rang desquelles le primat de la forme sur le contenu et le poids conformiste de leur transmission.
Cette méthode qualifiée par Benjamin de dialectique fait place à de nouveaux objets réputés mineurs, auprès desquels la critique doit se mettre à l’épreuve à partir d’une actualité qui les rend dignes d’intérêt. Cela appelle, écrit-il dans Paris capitale du XIXe siècle, une vision de l’histoire qui dépasse en tous points l’idéologie du progrès. L’histoire n’est pas linéaire et il revient à la critique d’apercevoir la constellation qui associe passé et présent, qui leur confère une actualité supérieure, la conscience d’être « à la croisée des chemins ».

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lundi 24 juin 2019

Alastair Hemmens : Ne travaillez jamais !

Crise et Critique - Juin 2019


Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? À gauche comme à droite, on répond que le travail est à la fois une nécessité naturelle et un bien social. On peut critiquer sa gestion et son indemnisation, mais jamais le travail lui-même. Hemmens démonte ces idées reçues et démontre que le capitalisme et sa crise finale ne peuvent être compris que sous l'angle du caractère historiquement spécifique et socialement destructeur du travail. Il se livre à une analyse critique des penseurs français qui, au cours des deux derniers siècles, ont contesté frontalement la forme travail : Charles Fourier, Paul Lafargue, André Breton, Guy Debord. 

Alastair Hemmens est chercheur, il vit au pays de Galles.

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Alain Berthoz et Carlo Ossola : Les libertés de l'improbable

Odile Jacob - Juin 2019


L’improbable est souvent considéré comme un vain exercice d’hypothèses oiseuses ou comme un supplément d’incertitude dans la culture occidentale, qui préfère le prévisible à l’incertain. Et pourtant…
Que ce soit dans la recherche scientifique fondamentale ou dans l’invention artistique, dans la discussion philosophique ou dans l’évolution du vivant, l’improbable est cette source de liberté d’où peuvent jaillir idées, solutions ou événements nouveaux et imprévus.
Autour d’Alain Berthoz et de Carlo Ossola, une dizaine de chercheurs d’envergure internationale abordent dans une approche multidisciplinaire les mystères et les ressorts de l’improbable, puissant facteur de créativité aux frontières du possible et de l’impossible.
L’improbable au cœur de la création dans les sciences, les arts et dans la vie sociale !

Alain Berthoz est neurophysiologiste et professeur honoraire au Collège de France (chaire « Physiologie de la perception et de l'action »).

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Gilles Campagnolo (dir.) : La Philosophie économique au Japon

Vrin - Juin 2019 - Revue de Philosophie Économique, 20 (2019)/1


La Revue de philosophie économique propose deux numéros thématiques consacrés à l’Asie orientale.
Ce premier numéro traite du Japon. Il présente les productions d’économistes et de philosophes japonais d’hier et d’aujourd’hui dont une grande partie de l’œuvre restait hors d’atteinte. Le lecteur découvrira, dans une perspective historique, que la philosophie économique au Japon remonte à l’Entre-deux guerres, quand le champ d’études y est fondé par Sôda et Sugimura, présentés ici dans un texte inédit d’Yûichi Shionoya (1932-2015). Un hommage spécial est rendu à ce représentant contemporain majeur de la discipline, par Bertram Schefold. Dans une perspective plus récente, les contributeurs discutent les libertés économiques, les principes du revenu de base et de l’imposition au Japon, comme la réception de l’œuvre d’Adam Smith (soumise à des errances), la diffusion du nationalisme (qui passe par la socio-économie) et les philosophies inspirées par l’Occident (Kiyoshi Miki est présenté par une autre figure majeure du domaine, Kiichirô Yagi).

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dimanche 23 juin 2019

Maryvonne Holzem (dir.): Les sciences contre la post-vérité

Editions du Croquand - Mai 2019


Les informations pléthoriques et dérégulées découragent toute controverse et dévalorisent les notions mêmes de vérité et de connaissance objective de notre monde commun.
Cette connaissance reste d’autant plus indispensable que nous nous trouvons à l’échelle planétaire face à de multiples dangers politiques, sanitaires et environnementaux, notamment une évolution climatique aussi complexe qu’imprévisible.
Or, du lobbying généralisé qui fabrique du mensonge à dessein pour semer le doute à la « foutaise » qui prétend n’importe quoi (Trump ne ment pas, il se fout de la vérité), l’ère de la post-vérité revêt de multiples facettes détaillées dans cet ouvrage.
Né d’une table ronde organisée par l’association Sciences Citoyennes, ce livre dépasse un cadre disciplinaire strict et bénéficie d’une pluralité de points de vue. Il dépasse le stade des constats pour éclairer le phénomène de la prétendue « post-vérité » dans un domaine où l’idée de vérité partagée est essentielle : celui des sciences.
Il explore plusieurs pistes pour démocratiser la connaissance scientifique et la pensée critique à l’heure où la précarisation de l’information redouble la précarité économique de bon nombre de citoyens qui exigent à juste titre de n’être plus des intermittents de la vie politique.

Table des matières

Préface, Stéphane Foucart
Introduction. Pour sortir de l’ère viciée de la « post-vérité », Maryvonne Holzem
Autour de la « post-vérité », de menaçantes convergences, François Rastier
La post vérité : une maladie intellectuelle guérissable, Jean-Jacques Rosat
De la post-vérité à la foutaise, Pascal Engel
La fraude dans les sciences : des pratiques nouvelles banalisées, Jacques Testart
Les sciences au risque de la post-vérité. Sciences pour la croissance et sciences non faites, Catherine Bourgain
L’étude des controverses sociales à thème scientifique. Quelle formation pour les jeunes universitaires ?, Michel Goldberg
L’opinion française et le conspirationnisme : retour sur une enquête critiquée, Rudy Reichstadt et Valérie Igounet
Conclusion. Reconstruire les vérités objectives, Maryvonne Holzem

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Robert Misrahi : Plaidoyer pour un autre bonheur

Le bord de l'eau - Juin 2019



L’auteur répond aux objections à son éthique du bonheur.
Robert Misrahi présente sa propre doctrine d’un bonheur tout-autre.
S'appuyant sur une doctrine du sujet libre à deux niveaux, il reconnaît la légitimité d'un bonheur-confort mais en souligne, lui aussi, les insuffisances et les fragilités. Il propose alors sa propre doctrine d'un bonheur totalement différent. Elle repose sur un premier acte de conversion réflexive et, confiant dans les capacités de l'être humain il décrit un tout-autre bonheur. Constitué par l'autonomie, la réciprocité et la jouissance charnelle et spirituelle. Cette doctrine à la fois rationnelle et existentielle débouche sur une visée politique, celle d'une démocratie heureuse.
Mais ce n'est pas la transformation de la société qui rend possible l'épanouissement des individus, c'est au contraire, la transformation des individus par la culture et la conversion qui rend possible la transformation de la société.

Philosophe, Robert Misrahi est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, notamment Intensités. Lumières sur les petits bonheurs de la vie quotidienne et des loisirs (Le Bord de L’eau, 2016), Ma Philosophie (Le Bord de l’eau, 2018). Il est aussi un grand spécialiste français de Spinoza.

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Simon Canat : Face au harcèlement, une éthique de la parole

Les Contemporains favoris - Juin 2019


Le harcèlement nous apparaît comme un mal contemporain, voire comme un mal du siècle. De l'école jusqu'à la politique, en passant par le bureau, le phénomène s'est banalisé et semble atteindre toutes les strates de la société. Nous voyons naître des maux, des maladies, des violences, qui n'existaient pas auparavant y compris de nouvelles formes d'esclavagisme. Nous faisons l'hypothèse que le harcèlement non seulement en fait partie, mais qu'il en résume l'esprit. Il est devenu l'autre nom du Pouvoir et le Pouvoir le sait bien. D'un autre côté, si le harcèlement est partout, il n'est nulle part. Or s'il est important de nommer le mal, pour le dénoncer, il n'est pas moins requis de l'imputer à des sujets, pour tenter de les traiter. Le fait est que nous avons affaire à des actes singuliers, impliquant des individus dotés d'une structure psychique particulière, que nous n'hésiterons pas à caractériser comme perverse. Où certes le rapport à la loi est biaisé, mais où la prééminence de la chose sexuelle est non moins patente. Quiconque ne voit pas le motif systématiquement sexuel, explicitement sexiste, de tout acte de harcèlement, assurément ne voit rien. Un acte qui est de parole. C est là l'autre point essentiel : le harcèlement dit « moral » est un phénomène essentiellement verbal. C'est pourquoi, spécifiquement, il s'agirait de réfléchir à un usage éthique de la parole pour contrer cet usage vicié du langage qu'est, selon nous, le harcèlement. Que faire au mieux face au harcèlement ? Comment y répondre ? C'est donc bien la dimension du langage, plus précisément de la parole, qu'il convient de pointer. Que dire, comment dire, comment ne pas laisser dire ?

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samedi 22 juin 2019

Cités n° 78 (2019-2) : Jürgen Habermas politique

PUF - Juin 2019


Parfois présenté comme le « Hegel de la social-démocratie » ou le dernier « grand philosophe européen vivant », Habermas fait désormais partie du patrimoine de la pensée occidentale. C'est le penseur contemporain dont l'œuvre est la plus importante et dont, en outre, les intervention dans la vie politique, pas seulement en Allemagne, mais à travers le monde, ont un poids considérables. Cette œuvre a marqué un tournant dans l'histoire de l'Ecole de Franckfort : elle concerne non seulement la philosophie avec l'inauguration d'une pensée post-métaphysique, mais aussi les sciences sociales, la théorie du droit et la théorie politique, avec une défense de la démocratie libérale, dont l'importance est considérable aujourd'hui où se répand en Europe et ailleurs le concept de « démocratie illibérale », avec la charge d'autoritarisme politique que cette notion d'illibéralité comporte. Le lien indissociable de la démocratie avec la liberté individuelle et collective, la défense d'une Europe véritablement démocratique qui doit mettre au centre de sa constitution le citoyen, la nécessité d'un tournant écologique de nos sociétés. Tels sont, parmi d'autres, les combats intellectuels d'Habermas. Ils sont au centre de ce numéro de Cités.

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Balthasar Thomass : S'affirmer avec Nietzsche

Eyrolles - Juin 2019


Au coeur de l'oeuvre de Nietzsche, cette oeuvre résolument à contre-courant qui malmène nos préjugés sur la souffrance et la douleur, se situe la maladie. Se soigner, c'est lutter, se dépasser en se révoltant contre la souffrance et affirmer son envie de vivre. Le processus de guérison exclut alors une santé qui serait seulement une « norme » de confort, à des fins de longévité. Ce livre est autant une rencontre avec la pensée subversive de Nietzsche qu'une véritable cure d'optimisme pour découvrir sa vitalité, sa « volonté de puissance ». Comment sortir des ornières d'un bonheur facile et « sortir du troupeau » ? Comment, enfin, dire oui à la vie ?

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Aurélien Chukurian : Descartes et le christianisme. L’approche philosophique de l’eucharistie

Classiques Garnier - Juin 2019


Présentant Descartes comme un penseur cherchant à établir un accord entre ses principes philosophiques et le christianisme, l’ouvrage détermine le sens de cet accord à l’aune des explications eucharistiques, de sorte à dégager les modalités d’articulation entre sa philosophie et le champ théologique.


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vendredi 21 juin 2019

Jean-Marie Vidament : La philosophie d’Alain Juranville. Un hégélianisme de l’inconscient

Les Contemporains favoris - Juin 2019


Nous pensons que Juranville a eu une bonne idée. Et que de cette bonne idée sont nées beaucoup de bonnes idées, jusqu'à produire une œuvre aux dimensions hors-normes.
En effet ce que nous nous apprêtons à présenter ici est un vaste système, en réalité infini dans son déploiement possible, développé depuis une vingtaine d'année au travers d'une dizaine de livres. Comme tout vrai système il est sans entrée ni sans sortie, et tout y fait entrée, la difficulté étant que tout y est aussi essentiel. Chaque terme (concept) est la clé de voûte qui soutient l'ensemble. Mais qui supporte encore aujourd'hui les systèmes, cathédrales arrogantes trouant les ciels bas de nos temps crépusculaires ?
La philosophie est au sujet social ce que la psychanalyse est au sujet individuel. Toute l’œuvre de Juranville peut commencer à se lire depuis cette thèse. Comme A. Juranville le rappelle dans sa préface, la philosophie est avant tout « discours qui fait acte dans l’histoire universelle, comme la psychanalyse le fait dans l’histoire individuelle. Acte contre la répétition, désolante, de ce que Freud a appelé la pulsion de mort ». Ainsi, de même que l’analysant trouve la paix en reconstituant son histoire et en la formulant dans un récit, de même l’humanité peut reconstituer son histoire et en produire le récit achevé, où se dépose le savoir de son existence. Il est temps que la philosophie s’appuyant sur la psychanalyse, affirmant non seulement l’existence et son savoir mais aussi l’inconscient (soit notre identité vraie), réaffirme clairement son ambition : introduire à une société juste laissant toute sa place à l’individu.
Ce livre essaie donc d'approcher les choses pas à pas, de manière souvent intuitive et personnelle, et nous entraîne ainsi au cœur du vertigineux système juranvillien.

Jean-Marie Vidament a étudié la philosophie à Rennes. Il est aujourd'hui psychanalyste et directeur d'un centre de formation spécialisé dans l'éthique des soins psychiatriques.

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Philostrate : Vies des sophistes suivies de Lettres érotiques

Les Belles Lettres - Juin 2019 - Collection : La roue à livres


Dans ses Vies des sophistes, Philostrate établit une filiation entre les sophistes contemporains de Socrate et ceux qui, entre la fin du ier siècle et le début du IIIe siècle après J.-C., en reprirent le titre ou le rôle, dans un contexte historique et social très différent. Conscient de ces écarts, Philostrate introduit une distinction qui fera date : à la « première sophistique », celle des « Présocratiques » comme diront les Modernes, aura succédé bien plus tard une « deuxième sophistique », défendant les vues des milieux hellénisants dans le cadre de l’Empire romain. Cette sophistique-là servira d’école aux grands noms de l’éloquence chrétienne, qui à leur tour modèleront une bonne part de l’enseignement médiéval grec et latin. C’est l’une des nombreuses raisons du regain d’intérêt des historiens, ces dernières décennies, pour ce texte de Philostrate, qui n’avait jamais été traduit intégralement en français.
Fictives, très différentes de ton, les Lettres érotiques ne se résument pas à un délassement de l’historien des sophistes, elles éclairent un pan des relations intimes sous l’Empire romain. 
La préface de Pierre Sorlin analyse certaines survivances actuelles de chacune de ces sophistiques.

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Florent Coste : L'Inflammatorium pœnitentiæ. Le vice de l'acédie et les vertus de l'imagination

Droz - Juin 2019


Parmi les sept péchés capitaux au Moyen Âge, l’acédie est considérée traditionnellement comme l’ancêtre de la paresse, de la mélancolie ou de la dépression. Elle se signale par un manque de ferveur qui plonge le religieux dans un état spirituel de tristesse et de torpeur. La théologie morale du Moyen Âge a dressé un tableau clinique de l’acédie, sans toujours détailler les moyens concrets de lutter contre cette pathologie spirituelle. 
Le texte édité et présenté ici – l’Inflammatorium pœnitentiæ – constitue à cet égard une notable exception. Cet exercice spirituel enrôle l’imagination pour concevoir un monde parfait, rutilant et plaisant propre à enflammer un désir vacillant de paradis. 
Florent Coste situe cet usage spirituel de la fiction au sein de traditions théologiques et littéraires qui le rendent plus intelligibles : l’hédonisme des paradis coraniques, la psychologie cistercienne de l’imagination, l’ascèse franciscaine de la méditation.

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jeudi 20 juin 2019

Debarati Sanyal : Mémoire et complicité. Au prisme de la Shoah

Presses Universitaires de Vincennes - Avril 2019 - Culture et Société


Comment la Shoah est-elle devenue le modèle pour décrire la situation de populations stigmatisées (notamment lors de la colonisation) ?
Debarati Sanyal étudie les profits politiques de cette analogie et ses dangers moraux. Quelles carences et quels apports la mise en relation de la mémoire d’un crime historique avec un autre comporte-t-elle ?
« Mémoire et complicité » est une analyse nouvelle, selon un « regard éloigné », sur des sujets polémiques en Europe. Une approche historique et discursive des traumas et de la violence politique.
À travers une réflexion sur la complicité, l’ouvrage s’attache à montrer comment la littérature et le cinéma peuvent témoigner de la violence et de la barbarie lorsqu’ils rapprochent des réalités historiques éloignées, comment littérature et cinéma sont de puissants vecteurs pour ce travail de mémoire.
À travers les œuvres d’Albert Camus, Alain Resnais, Primo Levi, Assia Djebar, Jonathan Litell, Giorgio Agamben et Boualem Sansal.

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Olivier Schefer : Conversations silencieuses. L’art, la beauté et le chagrin

Arléa - Juin 2019 - Collection : La rencontre


Si la vie des peintres nous intéresse autant que leur peinture, ce n’est pas que la première explique la seconde. L’art n’explique rien, laissons cela aux philosophes et aux théologiens ! La création est souvent à l’antipode de la vie d’un artiste. Celui-ci extirpe la substance de ce qu’il vit, il s’en éloigne même strictement ; il ne suffit pas de raconter quelque chose. Certains écrivains vont au bord de la mer planter le décor d’une histoire et d’autres imaginent la forêt vierge amazonienne depuis une chambre d’hôtel en Normandie. Nous n’avons que les mots pour aller au-delà des mots, les peintres ont leurs images pour crever l’illusion.
Les conversations silencieuses furent d’abord celles d’un enfant avec son père, avant de devenir celles de l’amitié, riche de tout ce qui reste toujours à dire, du seul fait d’aimer. Elles passent par le regard et empruntent les méandres que le narrateur entretient avec l’art.
C’est ce goût de l’art qu’Olivier Schefer nous fait partager. Les œuvres, nourries de nos joies et de nos blessures, nous révèlent alors à nous-mêmes.

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