mercredi 22 octobre 2014

David Lapoujade : Deleuze, les mouvements aberrants

Les Editions de Minuit - 16 octobre 2014 - Collection : Paradoxe

http://www.amazon.fr/gp/product/2707328170/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2707328170&linkCode=as2&tag=leslivrdephil-21&linkId=H7L5WJWOF3ENT5SV 

Pourquoi intituler cette étude : Deleuze, les mouvements aberrants ? C'est que, au premier abord, sa philosophie - et celle construite avec Félix Guattari - se présentent comme une sorte d'encyclopédie de mouvements aberrants. C'est ce qu'il a cherché dans le cinéma, dans la peinture, la littérature, les sciences, dans l'histoire des sociétés, dans la philosophie, et partout. Ainsi par exemple, les déformations des figures de Francis Bacon, les non-sens de Lewis Carroll, les lignes destructrices et créatrices des populations nomades à travers l'histoire, la démence du système capitaliste, les processus schizophréniques qui forment l'inconscient, toutes les forces qui traversent la vie et la pensée. Voilà ce qu'il faut d'abord expliquer : la présence de ces mouvements aberrants Mais on ne peut pas s'en tenir là. La philosophie ne peut pas se contenter de les décrire ou d'en dresser la carte, elle doit rendre raison de ces mouvements. D'où un deuxième aspect, tout aussi important : il faut produire les logiques irrationnelles de ces mouvements aberrants. C'est l'une des grandes nouveautés de l'oeuvre de Deleuze et Guattari : créer de nouvelles logiques, loin des modèles rationnels classiques, mais aussi loin de modèles contemporains, comme le marxisme ou le structuralisme orthodoxes des années 1960-1980. Mais ces logiques n'ont rien d'abstrait, au contraire : ce que veulent faire Deleuze et Guattari, c'est dégager les logiques de tous les modes de peuplements de la terre. Par peuplement, il ne faut pas seulement entendre les populations humaines, mais les populations géologiques, animales, cosmiques ou encore les populations mathématiques, esthétiques, philosophiques qui peuplent la pensée des hommes. Quelle est la logique de tous ces peuplements ? Poser une telle question, ce n'est pas seulement demander des explications, mais exiger des justifications. Par exemple, pour le capitalisme : de quel droit se déploie-t-il sur la terre ? De quel droit s'approprie-t-il nos cerveaux pour le peupler d'images et de sons ? De quel droit asservit-il les corps ? Aux logiques que le capitalisme met en oeuvre, ne faut-il pas opposer d'autres logiques, celles justement des mouvements aberrants ? Dès lors, la philosophie devient inséparable de combats contre toutes les formes d'organisation - politique, sociale, philosophique, esthétique, scientifique - qui tentent de nier, de conjurer, d'écraser l'existence de ces mouvements aberrants. Ce sont ces questions que cette étude examine, en proposant une traversée de toute la philosophie de Deleuze.  

Alexandre Soljenitsyne : Le Déclin du courage

Les Belles Lettres - 21 octobre 2014 - Collection : Le goût des idées

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En bref: Dans un discours resté mémorable, le prix Nobel de littérature (1970) condamne les deux systèmes économiques – le communisme et le capitalisme, et dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.
Prononcé devant les étudiants de Harvard le 8 juin 1978, Alexandre Soljenitsyne, expulsé 4 années plus tôt de l'Union Soviétique, à la suite de la publication de son livre L'Archipel du goulag où il dénonce les abus du système concentrationnaire soviétique, va prononcer un discours resté mémorable dans les murs de la prestigieuse université américaine d'Harvard, haut lieu de la formation des élites du monde entier. Dénonçant les deux régimes alors dominants, communisme et capitalisme, ce discours aux accents prophétiques n'a rien perdu de son actualité et de sa profondeur.

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie). Mobilisé en 1941 dans les rangs de l'Armée rouge, il est arrêté à la veille de la victoire pour avoir prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami, et purge huit ans de détention et trois de relégation. Libéré en 1956, et réhabilité, il enseigne les mathématiques et la physique dans des écoles de campagne, et surtout veut témoigner. En 1962, la parution d'Une journée d'Ivan Denissovitch, peinture véridique de l'univers du Goulag jusque-là tabou, révèle un écrivain au monde entier. Le Premier Cercle puis Le Pavillon des cancéreux assureront la gloire de Soljenitsyne. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1970. Il l'accepte, déchaînant une tempête d'injures dans la presse soviétique, et se remet au travail, commençant à écrire l'épopée qu'il intitulera plus tard La Roue rouge, histoire romancée de la Révolution russe. En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L'Archipel du Goulag, terrible condamnation de la répression exercée en Union soviétique sur des millions de citoyens et des peuples entiers. Le scandale est énorme: en février 1974, Soljenitsyne est déchu de sa citoyenneté et expulsé de son pays. Il se fixe d'abord en Suisse, puis aux Etats-Unis, dans le Vermont, où il poursuivra l'écriture de La Roue rouge. A la chute de l'URSS, sa nationalité lui est restituée et il rentre en Russie, près de Moscou, où il vivra jusqu'à sa mort, survenue le 3 août 2008.

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Pierre Rosanvallon : Science et Démocratie. Colloque 2013

Odile Jacob - Octobre 2014

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Gaz de schiste, OGM, énergie nucléaire, cellules souches, changement climatiq ue, efficacité des médicaments... La science, plus que jamais, suscite la méfiance, voire la défiance, des citoyens. Pour une large part, cela vient d'une incompréhension de ce qu'est la démarche scientifique. « À l'occasion du colloque de rentrée du Collège de France organisé à l'automne 2013, des scientifiques, des historiens, des juristes et des politiques se sont attachés à analyser et à clarifier les enjeux technologiques et scientifiques, en s'appuyant sur des exemples concrets au coeur des débats les plus actuels : comment aborder dans une société démocratique le problème du renouvellement des énergies et du remplacement des énergies fossiles par des formes d'énergie moins polluantes, ou celui qui lui est lié du réchauffement climatique, ou encore celui des thérapies géniques, en utilisant de la façon la plus rationnelle possible ce que la science nous apprend, pour optimiser la réponse de la société aux défis qui lui sont posés ? » S. H 

Auteurs : Serge Haroche , prix Nobel de physique, est administrateur du Collège de France et titulaire de la chaire de Physique quantique. Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique. Contributions de Yves Bréchet, Steven Chu (prix Nobel de physique), Marc Fontecave, Roger Guesnerie, Jean Jouzel, Philippe Kourilsky, Nicole Le Douarin, Hervé Morin, Helga Nowotny, Dominique Pestre, Alain Prochiantz, Yves Sintomer, Alain Supiot et Bernard Tardieu. 


Collectif : Annales bergsoniennes, VII

PUF - Octobre 2014 - Coll. Epiméthée

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Ce septième volume des Annales bergsoniennes, qui paraît dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, ne constitue pas seulement une contribution à une commémoration, mais est aussi l'occasion d'un effort historique et philosophique de synthèse et de contextualisation du rôle de Bergson pendant cette période. En effet, le philosophe fut à la fois un témoin et un acteur de ce conflit. Le statut exact des discours de guerre, l'émergence lente et progressive de la distinction entre clos et ouvert qui ne prendra son sens définitif que dans Les Deux Sources de la morale et de la religion , le destin ultérieur du bergsonisme tant dans son élaboration interne que dans sa diffusion après 1918 et jusqu'à nous sont, parmi d'autres, les enjeux auxquels un tel livre se devait de se confronter directement.
Toutefois, le cas de Bergson interdit de séparer, d'une part, la relation qui fut la sienne à la Première Guerre mondiale, et, d'autre part, sa relation à l'Allemagne, à la philosophie et à la culture allemande en général. Les deux aspects sont étroitement liés, c'est pourquoi le présent volume contient outre un dossier inédit « Bergson et la guerre de 1914 » quatre contributions majeures de philosophes, biologistes et sociologues allemands face à la réception du bergsonisme en Europe (Driesch, Scheler, Simmel et Horkheimer), ainsi que la réédition d'une recension consacrée à un ouvrage sur Kant par le jeune Bergson.

Arnaud François, maître de conférences à l'université Toulouse II-Le Mirail et secrétaire de la Société des amis de Bergson ; Nadia Yala Kisukidi, agrégée et docteure en philosophie, assistante en éthique à l'université de Genève ; Camille Riquier, maître de conférences en philosophie à l'Institut catholique de Paris ; Caterina Zanfi, rattachée à l'université de Bologne et au centre Marc Bloch (Berlin), enseigne la philosophie au Spring Hill College Italy Center (Bologne).  
 

samedi 18 octobre 2014

Philippe Danino : Le meilleur ou le vrai. Spinoza et l'idée de philosophie

Publications de la Sorbonne - 16 octobre 2014 - Collection : La philosophie à l'oeuvre

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Accusé par un correspondant de considérer sa propre philosophie comme la meilleure de toutes, Spinoza rectifie : il sait seulement qu’est vraie celle qu’il comprend. Mais on ne trouvera chez lui ni réelle thématisation ni véritable définition de l’idée de philosophie, pas plus qu’un programme des connaissances comme s’appliquent à en dresser Bacon, Descartes ou Hobbes. Cet ouvrage enquête alors sur la présence, chez Spinoza, d’une conception précise voire singulière de l’idée de philosophie. Il collecte les indices d’une telle idée conçue comme praxis de distinction ou, selon l’expression Althusser, comme activité de tracer des lignes de démarcation. Mais il établit encore que la philosophie prend elle-même sens en ce geste, et seulement en ce geste, c’est-à-dire par le biais de relations nécessaires avec ce qui a priori n’est pas elle : le vulgaire, l’ignorant, le théologien, le souverain ou même d’autres philosophes. L’idée de philosophie, en d’autres termes, s’autoproduit dans un système de rencontres singulières. En analyser les fruits permet alors de recomposer la nature de la «vraie philosophie» : une pratique de production d’idées et de leur communication. Mais se fait jour, en outre, comme un naturel philosophe, effort s’éprouvant selon une réjouissance propre au «vrai philosophe», déjà sage en vertu de son mouvement de se perfectionner et d’accroître sa puissance.  

Jean-Vincent Holeindre (dir.) : Le pouvoir; Concepts, lieux, dynamiques

Editeur : Editions Sciences Humaines - 2 octobre 2014 - Collection : Ouvrages de synthèse

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Le pouvoir a longtemps été conçu comme un bien détenu par certains individus ou certains groupes sociaux. Des expressions telles que « conquérir », « prendre le pouvoir » reflètent cette idée. Qui détient vraiment le pouvoir : les gouvernants ? la finance mondiale ? tel ou tel groupe social ? Sous quelle(s) forme(s) s’exerce-t-il ? Autant d’aspects que les sciences humaines ont largement explorés depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, le pouvoir s’analyse plutôt en termes de relations – de domination, d’influence, d’autorité… – entre gouvernants et gouvernés, entre groupes sociaux ; relations d’autant plus complexes qu’elles s’inscrivent dans un contexte mondialisé et diffus.

Cet ouvrage donne des clefs pour appréhender au mieux les différentes formes de pouvoir, des rapports entre individus aux relations internationales. Après avoir présenté les principaux concepts liés à la notion de pouvoir ainsi que les auteurs majeurs, il examine les dynamiques à l’œuvre, à travers les différents lieux de pouvoir (État, famille, groupes d’intérêt, organisations internationales, médias…). Enfin, il fait état des nouveaux débats sur ce sujet : assiste-t-on à un déclin des institutions ? Comment se recompose le pouvoir dans les démocraties contemporaines ? Quelles formes de gouvernance mondiale se dessinent ?

Avec les contributions de : D. Allès, R. Balme, R. Baumert, J.-L. Beauvois, D. Bertrand, L. Blondiaux, C. Bouillaud, P. Braud, S. Cadiou, G. Chantraine, Y. Déloye, V. Despret, A. Dézé, E. Enriquez, S. Fath, A. Faure, J.-P. Gaudin, M. Godelier, J. Joana, R.-V. Joule, P. de Lara, J. Laroche, T. Lindemann, B. Loveluck, J. de Maillard, J.-L. Missika, E. Neveu, M. Offerlé, F. Petiteville, F. Ramel, M. Revault d’Allonnes, P. Rolland, P. Rosanvallon, L. Rouban, F. Sawicki, Y. Surel, P.-H. Tavoillot, É. Tran, A.-C. Wagner.

jeudi 16 octobre 2014

Collectif : Philosophie, science-fiction ?

Ouvrage dirigé parFlorence Albrecht-Desestré, Estelle Blanquet, Jean-Luc Gautero & Éric Picholle
Éditions du Somnium, Enseignement & Science-Fiction, ESF 3 - Octobre 2014




La science-fiction, ses thèmes et ses esthétiques occupent désormais une place centrale dans notre imaginaire collectif, et en particulier dans celui des jeunes.
Riche d’outils pédagogiques novateurs et transdisciplinaires, elle s’enracine progressivement dans le monde de l’enseignement.

La philosophie était la discipline-pivot de la troisième édition des Journées Enseignement & Science-Fiction de l’ESPE de l’Académie de Nice Célestin Freinet.
Celles-ci ont permis d‘explorer en profondeur les liens qu‘entretiennent philosophie et fiction, des mythes platoniciens aux plus récentes variations badiousiennes, de la philosophie analytique à la phénoménologie de l‘imagination. Elles ont aussi montré par l’exemple combien, en philosophie comme dans bien d’autres disciplines, la science-fiction constitue un outil pédagogique de choix.

Ces actes intéresseront les enseignants désireux de renouveler et d’enrichir la rencontre de jeunes esprits avec certaines notions réputées abstraites, mais aussi tous ceux qui cherchent à élargir leur approche didactique, ainsi que les étudiants aspirant à enseigner la philosophie ;et, bien sûr, tout lecteur passionné par les enjeux des ouvrages de science-fiction !




samedi 11 octobre 2014

Luc de Brabandère : Les philosophes dans le métro

Le Pommier - 8 octobre 2014

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Comment présenter dans un même plan des sujets aussi différents que les débuts de l'informatique, la caverne de Platon, les règles de la logique ou l'éthique de Spinoza ? Par où commencer ? Comment terminer ? Le fil conducteur qui relie tous ces sujets est la créativité. Plus exactement la passion pour les idées nouvelles, qui a conduits les auteurs à découvrir les idées anciennes, tant en sciences qu en philosophie, autour d'une question centrale englobant toutes les autres : comment pense-t-on ?
La métaphore d'un réseau de transport, le plan de métro parisien, s'est alors imposée : chaque station porte le nom d un philosophe ou d un scientifique car l'histoire des Idées est avant tout celle des hommes et des femmes qui les ont eues ; les liens, les passerelles, les croisements expriment l interconnexion des connaissances, car les disciplines n'ont pas de frontière précise et aucun géant de la pensée ne peut être enfermé dans un seul champ de recherche.
Le résultat : 14 lignes thématiques, de « philosophie » à « humour » en passant par « logique »,
« épistémologie » ou « perception » et, bien sûr, « créativité » et « prospective », pour découvrir de façon amusante et vivante les grands penseurs, depuis Platon jusqu à Serres, en passant par Montaigne, Rousseau, Kant mais aussi Bacon, Hume, Camus et Foucault...
Ouvert par le plan de la ligne, chaque chapitre est illustré de dessins humoristiques et de photos. 


jeudi 9 octobre 2014

Gilbert Simondon : Imagination et invention (1965-1966)

PUF - 8 octobre 2014

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L'image mentale est comme un sous-ensemble relativement indépendant à l'intérieur de l'être vivant sujet. À sa naissance, l'image est un faisceau de tendances motrices, anticipation à long terme de l'expérience de l'objet ; au cours de l'interaction entre l'organisme et le milieu, elle devient système d'accueil des signaux incidents et permet à l'activité perceptivo-motrice de s'exercer selon un mode progressif. Enfin, lorsque le sujet est à nouveau séparé de l'objet, l'image, enrichie des apports cognitifs et intégrant la résonance affectivo-émotive de l'expérience, devient symbole. De l'univers de symboles intérieurement organisé, tendant à la saturation, peut surgir l'invention qui est la mise en jeu d'un système dimensionnel plus puissant, capable d'intégrer plus d'images complètes selon le mode de la compatibilité synergique. Après l'invention, le cycle recommence par une nouvelle anticipation de la rencontre de l'objet, qui peut être sa production. Imagination reproductrice et invention ne sont plus considérées comme des réalités séparées ni des termes opposés, mais des phases successives d'un unique processus de genèse.  


Olivier Rey : Une question de taille

Stock - Octobre 2014

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Pourquoi les araignées géantes des films d’horreur ou les Lilliputiens que découvre Gulliver au cours de ses voyages ne se rencontrent jamais « en vrai » ? Parce que dans la réalité, la taille n’est pas un paramètre que l’on pourrait fixer à volonté : chaque être vivant n’est viable qu’à l’échelle qui est la sienne. En deçà ou au-delà, il meurt, à moins qu’il ne parvienne à se métamorphoser. Il en va de même pour les sociétés et les cultures. La plupart des crises contemporaines (politiques, économiques, écologiques, culturelles) tiennent au dédain affiché par la modernité pour les questions de taille. Nous mesurons tout aujourd’hui, des volumes de transactions à la bourse aux taux de cholestérol, de la densité de l’air en particules fines au moral des ménages. Mais plus nos sociétés se livrent à cette frénésie de mesures, moins elles se révèlent aptes à respecter la mesure, au sens de juste mesure. Comme si les mesures n’étaient pas là pour nous aider à garder la mesure mais, au contraire, pour propager la folie des grandeurs.
Ce livre s’attache à décrire et comprendre par quelles voies, au cours des derniers siècles, nous avons perdu la mesure. Et aussi ce sur quoi nous pourrions nous fonder pour la retrouver, afin de mener une vie authentiquement humaine.


Jacques Derrida : Le dernier des juifs

Galilée - Octobre 2014 - "La philosophie en effet"

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« … quand je joue sans jouer, dans un carnet de 1976 cité dans “Circonfession”, à me surnommer “le dernier des Juifs”, je me présente à la fois comme le moins juif, le Juif le plus indigne, le dernier à mériter le titre de Juif authentique, et en même temps, à cause de cela, en raison d’une force de rupture déracinante et universalisante avec le lieu, avec le local, le familial, le communautaire, le national, etc., celui qui joue à jouer le rôle du plus juif de tous, le dernier et donc le seul survivant destiné à assumer l’héritage des générations, à sauver la réponse ou la responsabilité devant l’assignation, ou devant l’élection, toujours au risque de se prendre pour un autre, ce qui appartient à l’essence de l’élection ; comme si le moins pouvait le plus… »
 
Ce volume rassemble deux textes de Jacques Derrida dont le motif principal est sa propre « appartenance sans appartenance à la judéité ou au judaïsme » comme il le dit lui-même. Ces textes datent respectivement de 1998 ("Avouer l'impossible", paru dans Comment vivre ensemble ?) et de 2000 ("Abraham, l'autre", paru dans Judéités. Questions à Jacques Derrida).  


samedi 4 octobre 2014

Nathalie Depraz : Attention et vigilance

PUF - 1 octobre 2014 - Coll. Epiméthée

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Notre société connaît une mutation vertigineuse des modes de communication : chacun peut contacter chacun à tout instant et attend en retour une réponse immédiate. Un immense réseau nous mobilise, qui crée une dépendance grandissante en matière de « connexion », encourageant une posture de zapping qui génère une attention multifocale, mais aussi une tension nerveuse, elle-même source de déficit attentionnel. Destruction de l’écologie de l’attention (Stiegler) ou plasticité créatrice (Lévy) ?
Porter son attention sur l’attention, voilà l’urgence de notre humanisation contemporaine. Les sciences l’ont compris, qui depuis plus d’un siècle multiplient les travaux en psychologie et en neurosciences sur cette fonction globale, qui forme un réseau intégré transversal où jouent perception, mémoire, veille, émotion et décision. Quel rôle peut y jouer la phénoménologie ? Comparée aux autres approches philosophiques, elle possède ce privilège de tenir en un regard ouvert sur le monde : par son retour à l’expérience, elle fait alliance avec la visée expérimentale des sciences et, par sa méthode de suspension, elle entre en contact avec une quête contemplative qui est prise de recul. Elle joue ainsi un rôle charnière pour repenser l’attention en en faisant une expérience d’ouverture au monde davantage qu’un état mental interne. La phénoménologie apporte quelque chose d’inédit : une éthique de l’attention, qui réforme celle-ci en « vigilance ».  





Rolf Wintermeyer : Lichtenberg, Wittgenstein et la question du sujet

PU Paris-Sorbonne - 2 octobre 2014 - Collection : Monde germanique

 

Étincelle de la philosophie du langage moderne, Lichtenberg fait, le premier, apparaître que nous sommes toujours en train de parler déjà quand nous nous mettons à raisonner sur le langage. Nous ne pouvons sortir du langage avec le langage. La théorie ascétique et entièrement descriptive de Wittgenstein constitue une mise en application systématique de la maxime de Lichtenberg : « Toute notre philosophie est rectification de l’usage linguistique. » Wittgenstein cherche à appréhender ce qui, dans le langage, est seul susceptible de fonctionner (d’avoir du sens ou une utilisation concrète) et ce qui ne l’est pas. Le sujet n’est pas à proprement parler éliminé. Or si l’on se limite à ce qui est seul possible et sensé dans l’utilisation du langage, les problèmes posés par les prérogatives du sujet s’éteindraient d’eux-mêmes. Lichtenberg, en revanche, parvient à relier la mise au centre du sujet de l’expérience, caractéristique de son époque, à une approche non pas affirmative, mais performative, expérimentale et mouvante du sujet. Le dialogue entre ces deux auteurs si éloignés dans le temps est susceptible d’éclairer d’une lumière nouvelle l’œuvre de Wittgenstein, voire d’aider à mettre à distance les impasses et dualismes coutumiers : holisme et individualisme, langage privé et public, subjectif et intersubjectif, structure et rythme, identité et éclatement, profondeur et surface, explication causale et explication par l’usage ou par le jeu qui est déjà en cours...

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Antoine Arnauld, Pierre Nicole : La logique, ou l'art de penser (Edition critique par Dominique Descotes)

Honoré Champion - 2 octobre 2014

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Présentation de l'éditeur

Avec les Nouveaux éléments de géométrie et la Grammaire générale, la Logique est la pièce maîtresse de l'oeuvre pédagogique de Port-Royal, qui a exercé sur les lettres françaises une influence considérable. Arnauld et Nicole y réalisent une synthèse d'une richesse inégalée entre l'héritage aristotélicien et scolastique, la pensée augustinienne, l'humanisme et la pensée moderne, de Descartes à Gassendi et Pascal, pour forger un art de penser à l'usage de l'honnête homme. A travers les questions de méthode et d'épistémologie, de rhétorique et de morale, la Logique fait écho aux conflits dans lesquels Port-Royal a été embarqué : procès en Sorbonne, crise du formulaire, polémiques avec les protestants, et, de façon moins visible, controverses sur la casuistique et la probabilité. La présente édition suit les métamorphoses du livre, de la première édition (1662) jusqu'à la dernière vérifiée par les auteurs (1683).

Quatrième de couverture

«La logique de Port-Royal» a été publiée pour la première fois en 1662, à Paris et sans nom d'auteur. À la fois grammaire intellectuelle et compendium de l'épistémologie du classicisme cartésien et pascalien, cet art de penser est structuré selon les quatre aspects de la pensée rationnelle : comprendre, juger, déduire, ordonner. Toutes nos connaissances ont lieu à travers des idées qui reflètent les choses, et le jugement porté sur ces choses s'exprime dans des propositions constituées par un sujet et un prédicat. La justesse des propositions est examinée, lors de la déduction, sur la base du syllogisme. Enfin, l'ordonnancement des jugements et conclusions conduit à la science par le biais de la méthode (analyse et synthèse).Cette logique a voulu s'appuyer exclusivement sur les mathématiques dont elle pensait pouvoir transposer le modèle dans tous les autres domaines du savoir et de l'exercice de la raison, par conséquent aussi sur le terrain de la formation syntaxique et grammaticale de tous les énoncés de langage, proposant ainsi un idéal de langage rationnel qui voudrait concilier l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie : le discours classique par excellence.

Sophie Bessis : La double impasse

Editeur : LA DECOUVERTE - 2 octobre 2014 - Collection : Cahiers libres

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Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l'épuisement de la modernité et qu'on peut qualifier de fondamentalismes. D'un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l'autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l'anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ? Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l'histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s'interroge sur le sens qu'on peut donner à ses convulsions et sur la part d'universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l'essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l'abandon par ce dernier d'universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu'il connaît ?