dimanche 14 octobre 2018

Jacques Aumont : Fictions filmiques. Comment (et pourquoi) le cinéma raconte des histoires

Vrin - Septembre 2018 - Collection : Philosophie et cinéma


Il y a un bon quart de siècle qu'on dit que le cinéma n'est plus le cinéma, et aujourd'hui ce sentiment a deux noms - la mondialisation, le numérique - et un symptôme majeur, les nouvelles circulations d'images. Peut-on estimer pour autant qu'on est passé au "post-cinéma", comme on le dit beaucoup ? Et, dans ces réarrangements des dispositifs et des médiums de l'image mouvante, que devient ce caractère, en droit secondaire, mais en pratique essentiel, de l'euvre cinématographique : elle véhicule une fiction ? En s'interrogeant sur ces nouvelles limites de la fiction, mais aussi sur ses lois permanentes, on s'aperçoit qu'elle a remarquablement résisté à tout ce qui, de l'intérieur comme de l'extérieur du cinéma, tend à en réduire la part. Le cinéma est l'art de la production et de la gestion du temps ; la fiction, c'est tout simplement l'art, universellement pratiqué, de mettre imaginairement de l'ordre dans le monde. Leur rencontre n'a pas fini de nous poser des questions.

Jacques Aumont est universitaire et critique, auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur les images et l'esthétique - spécialement celles du cinéma.

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Muriel Plana : Fiction queer. Esthétique et politique de l'imagination dans la littérature et les arts du spectacle

Editions Universitaires de Dijon - Octobre 2018


Cet essai se propose de définir une nouvelle forme de fable, la fiction queer, et d’en montrer la pertinence esthétique et politique en contexte postmoderne. 
En effet, dans la mesure où elle expérimente, par le libre travail de l’imagination, d’autres pensées du corps et des relations humaines, elle remet en question les évidences du genre, des sexualités et des identités sociales dont nous héritons ; elle échappe de même aux dispositifs formels dominants et aux idéologies postmodernistes en s’écartant de la réalité sur un mode dialogique, ce qui lui permet de la saisir, de l’interroger, de la critiquer et de la réinventer. 
Composé d’un volet théorique et de trois analyses d’œuvres exemplaires (roman, théâtre-musique, cinéma), Fictions queer se présente comme une poétique alternative pour la littérature et les arts du spectacle d’aujourd’hui.

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Rue Descartes 2018/4 (N° 94) : Le sens de l’existence

Collège international de Philosophie - Octobre 2018


Page 1 à 3 : Isabelle Raviolo - Le sens de l’existence | Page 4 à 16 : Frederic Laupies - Le sens de l’existence, un faux problème ? | Page 17 à 23 : Alain Chauve - Qu’est-ce que l’existence ? | Page 24 à 44 : Thibaut Gress - L’existence comme hors-sens : de quoi parlons-nous quand nous parlons de l’existence ? | Page 45 à 59 : Jérôme de Gramont - La fragilité comme existential | Page 60 à 68 : Philippe Richard - De la chute dans l’existence à l’existence dans la chute | Page 69 à 97 : Isabelle Raviolo - L’imminence d’une coïncidence (La musique de l’existence) | Page 98 à 116 : Alain Cugno, Isabelle Raviolo - Le paradoxe d’exister ou l’épreuve de la promesse | Page 117 à 127 : Roselyne Desgremont - L’existence sensible | Page 128 à 143 : Jean-François Riaux - Jaspers (1883-1969) : De la phénoménalité empirique à la phénoménalité existentielle | Page 144 à 156 : Laurence Lacroix - Emmanuel Levinas (1905-1995) : De l’être à l’existence ou l’existence comme élection | Page 157 à 168 : Pierre Magnard - Comment j’ai découvert l’existence.

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P.-A. Fabre, A. Cantillon & B. Rougé (dir.) : À force de signes. Travailler avec Louis Marin

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Octobre 2018 - En temps et lieux


Comment l’œuvre de Louis Marin a-t-elle travaillé, dans sa grandeur discrète, depuis la disparition du philosophe, historien et sémiologue, en 1992? Comment sa méthode d’approche des objets, textes et images, sur lesquels il a fait porter son attention patiente depuis ses Études sémiologiques (1971) jusqu’au Pouvoir des images, dernier livre publié de son vivant, a-t-elle profondément imprimé sa trace dans un grand nombre de recherches conduites par des historiens de la littérature, de l’art, de la philosophie, et plus généralement des sociétés moderne? Les études réunies ici s’échelonnent sur les vingt-cinq ans qui nous séparent de sa mort et veulent rendre compte de l’unité d’une œuvre mais aussi de l’extrême variété de ses effets. Louis Marin n’a pas fait système, mais il a aidé de nouvelles générations à concevoir et à comprendre les systèmes de représentation au sein desquels ont été produits les gestes d’écriture et de peinture qu’il a su interroger. Avec un texte inédit de Louis Marin (proposition d’enseignement «Arts et langage» conçue pour le Collège de France en 1989).

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vendredi 12 octobre 2018

Michel Guérin : Le temps de l'art. Anthropologie de la création des Modernes

Actes sud - Octobre 2018


L'enquête consacrée à "ce que l'an dit du temps et ce que le temps fait de l'art" ancre la réflexion dans une analyse du concept d'époque en partant de la situation présente et en s'appuyant sur la notion d'ambition. L'essai reconstitue, sur un mode narratif, une histoire réflexive de la création artistique depuis la Renaissance et su ère avec force que l'oeuvre est d'abord figuration du temps. De fait, à maure que les grands ordonnateurs faiseurs d'éternité (Dieu, la Nature, la Beauté, l'Idéal) s'éclipsaient, laissant l'acte créateur orphelin de sa raison d'âtre, une éclosion "explosive" du présent se produisait, aussi séduisante que déstabilisatrice. En se détournant ainsi des transcendantaux qui longtemps l'inspirèrent, l'an grisé par sa propre liberté se condamnerait-il à buter sur le constat qu'il n'est plus rien qu'une activité gratuite coulée dans le temps, vulnérable et incertaine, dont le sens et la portée font question ? Moderne, hypermoderne, postmoderne, ce que l'acte de créer rapporte du temps, c'est une énergie inquiète, une expérience singulière qui ne conquiert son originalité qu'en débat avec sa "condition épochale". En critiquant son héritage, la négativité nourrit une ambition créatrice que, parfois, le nihilisme menace. Et si chaque mon annoncée de l'art le conduisait pourtant à se réinventa une enfance ? Dans le sillage des deux "chercheurs d'art" Walter Benjamin et André Malraux, à qui le livre est dédié, cette anthropologie de la création des Modernes invite à une nouvelle lecture de l'histoire des modernités en révélant les étapes d'un dévoilement du lien affectif et réflexif entre le sentiment intime du temps et le geste d'autonomie de l'art.

Michel Guérin, philosophe, est professeur émérite de l'université d'Aix-Marseille (AMU) et membre honoraire de l'institut universitaire de France. La majeure partie de son oeuvre a été publiée chez Actes Sud, en particulier Philosophie du geste (1995, 2e éd. 2011). La Grande Dispute (2006) et Nihilisme et modernité (Jacqueline Chambon, 2003) esquissent les premiers linéaments du Temps de l'art.

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Myriam Revault d'allonnes : La faiblesse du vrai

Seuil - Octobre 2018 - La couleur des idées


L'irruption de la notion de " post-vérité ", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité beaucoup de commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun.
En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du " régime de vérité " de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des " vérités de fait " en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif.
Loin d'enrichir le monde, la " post-vérité " appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.

Myriam Revault d'Allonnes est professeur à l'École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne dutemps (2012).

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Jean-Pierre Cléro et Annie Hourcade : Le soin, l'aide. Care et cure

Publications de l'Université de Rouen et du Havre - Octobre 2018 - Cahiers de l'ERIAC


Ce volume réunit des compétences diverses et, à l'intérieur de ces compétences, des sensibilités diverses. Loin de partir des définitions, la philosophie tente de les gagner. Le point commun de toutes ces recherches, qu'elles soient celles des philosophes, de l'éthologue, de la juriste, de la spécialiste de l'éducation, du géographe et du médecin, qui aura le dernier mot, tient donc dans la volonté de définir le soin dans ce qu'il a de spécifique en l'opposant à des activités qui lui sont voisines mais qui relèvent plutôt de l'aide. Les Anglo-Saxons, qui dominent les recherches en éthique médicale, ont deux mots pour parler du soin : care et cure; ce qui crée dans les traductions et les débats en français une grande confusion, laquelle a donné lieu à une sorte de querelle à propos de la philosophie dite du care, dont on trouvera ici les échos sous la forme d'antinomies.

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Thierry Galibert : La Sauvagerie

Sulliver Editions - Octobre 2018 - Collection : Mouvements de pensée


Si le sauvage sert de point d'appui à ce livre par opposition à un barbare de type féodal qui initie pour sa part le libéralisme c'est afin de trouver en lui le fondement commun des êtres humains et ainsi mieux justifier la nécessité d'un régime politique répondant à la logique du vivant. Notamment au travers de leur pratique de la coopération et du fédéralisme les sauvages promeuvent une organisation fondée sur la responsabilité individuelle et la participation commune. Au croisement de plusieurs sciences humaines (histoire anthropologie littérature politique biologie...) qui permettent d'en cerner toutes les implications cet essai démontre que la fracture historique entre la sauvagerie et la barbarie conditionne le destin libéral des sociétés occidentales.

Historien des idées et de la littérature, Thierry Galibert est professeur à l Université d Aix-Marseille. Il a notamment publié Le Poète et la modernité (1998), La Bestialité (2008) et Le Mépris du peuple (2012), ces deux derniers ouvrages parus chez Sulliver, où il dirige également la collection Archéologie de la modernité.

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Didier Durmarque : Phénoménologie de la chambre à gaz

L'Age d'Homme - Octobre 2018


La chambre à gaz n'est pas seulement le lieu de la destruction des êtres " indignes de vivre " : Juifs, Tziganes, Slaves, handicapés. Elle n'est pas simplement l'industrialisation du massacre. Faute de cela, nous en restons au simple point de vue des nazis, point de vue qui ne dit pas tout de la chambre à gaz, parce qu'il escamote sa dimension ontologique. Si l'on pense la chambre à gaz, du point de vue des victimes, elle devient l'expérience d'un fond irréductible, que l'on ne peut faire sans trépasser, le lieu d'une opacité fondamentale, radicale, trace ontologique dans la structure ontique de l'objet, pliure de l'Être dans l'étant de la chambre à gaz. Elle apparaît comme une expérience négative qui renverse et dissout l'Être comme métaphysique et comme Sinaï. Plus fondamentalement, la chambre à gaz est sortie de l'Être, solution finale de l'Être comme question, comme texte, inauguration d'une nouvelle civilisation dont on n'a pas pris la démesure. 
Comme un fil est conducteur, la chambre à gaz conduit à repenser la métaphysique occidentale et la parole juive à partir de l'idée selon laquelle la solution finale, en tant que solution technique, c'est-à-dire solution définitive d'un problème, serait la réponse définitive et décisive à la question de l'Être. La chambre à gaz, si elle veut être saisie en tant que telle, engendre également une reprise de la pensée philosophique de la technique, particulièrement l'idée selon laquelle l'essence de la technique dévoile l'opposition entre la présence, l'utilisation de l'objet technique et sa finalité. 

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches de la question de la Shoah : son très remarqué Philosophie de la Shoah (2014) et Enseigner la Shoah: ce que la Shoah enseigne (2016) constituent une tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie.

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mercredi 10 octobre 2018

Giorgio Agamben et Jean-Baptiste Brenet : Intellect d’amour

Verdier - Octobre 2018 - coll. Philosophie


Ce texte est un essai sur l’amour et le désir que les deux auteurs, comme en dialogue, nourrissent d’une réflexion sur la doctrine d’Averroès concernant l’intellect.
D’un poème notoirement énigmatique de Guido Cavalcanti, premier ami de Dante, Giorgio Agamben propose une lecture « averroïste » qui souligne le caractère fantasmatique de l’expérience amoureuse et révèle jusqu’où porte l’intimité entre l’intellect et l’imagination.
Dans le même esprit, Jean-Baptiste Brenet s’intéresse à l’intrication radicale de la pensée, du désir et de l’image, dont il montre qu’elle doit paradoxalement s’abolir avant de reparaître ailleurs et autrement. Dans l’analyse de l’intellect d’amour, où l’homme fait diversement l’épreuve de sa propre puissance, poésie, philosophie et politique s’entremêlent.

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Benjamin Constant : Œuvres complètes, tome XIII. Articles de journaux (1819-1820)

De Gruyter, Berlin - Octobre 2018


Benjamin Constant était aussi un journaliste de premier plan.
L’écrivain vaudois Benjamin Constant (1767-1830), auteur du célèbre roman Adolphe (1816), a également fait carrière dans la presse.
Ce volume contient l’ensemble des articles publiés par Benjamin Constant durant les années 1819-1820, soit près de 120 contributions. Parus dans les principaux journaux libéraux de cette période (La Minerve française, La Renommée, Le Courrier français…), ces textes révèlent une facette essentielle et méconnue de l’engagement intellectuel de Constant sous la Restauration.
Il s’agit de la première édition véritablement scientifique et exhaustive de cet important corpus d’articles dont la qualité et la diversité démontrent que Benjamin Constant n’était pas seulement un grand romancier et théoricien politique, mais aussi un journaliste de premier plan.

Ce volume, dirigé par Léonard Burnand (Institut Benjamin Constant), s’inscrit dans le cadre de l’édition scientifique des Œuvres complètes de Benjamin Constant.

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dimanche 7 octobre 2018

Laurent Pernot : L'art du sous-entendu. Histoire, théorie, mode d'emploi

Fayard - Octobre 2018


Fines allusions, esquives polies, ambiguïtés volontaires ou non : dans notre vie quotidienne, les sous-entendus sont partout. Nous sommes entraînés à les employer et à les décrypter. Mais avons-nous songé aux implications de ce phénomène ? Il ne se limite pas à des ruses ponctuelles et représente à lui seul une dimension du langage et des rapports sociaux. Le sous-entendu plonge ses racines dans une lecture allégorique du monde. Il est utilisé en littérature et en politique, notamment comme arme contre les totalitarismes. Il pose de délicats problèmes d'interprétation, car qui dit sous-entendu dit risque de malentendu. Deux moments clés sont mis en relation : l'Antiquité classique et la Modernité, depuis les philosophes et les sophistes grecs de l'Empire romain jusqu'à Stendhal, Balzac, Aragon ou Foucault, en passant par Hemingway, Orwell et d'autres. La démonstration s'appuie sur des exemples, des citations et des études de cas, tantôt graves, tantôt drôles - parfois osés. Pour la première fois, vous est proposée une enquête d'ensemble sur le non-dit et le dire autrement. Ce livre aura atteint son but s'il aide à voiler et à dévoiler, à mieux dire et à mieux recevoir. 

Laurent Pernot, membre de l'Institut, est professeur à l'Université de Strasbourg, membre senior de l'Institut universitaire de France et ancien président de la Société internationale d'histoire de la rhétorique. Il se consacre à la littérature gréco-latine, à l'art du discours antique et à leurs prolongements jusqu'au monde actuel.

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