mercredi 20 juillet 2016

Sophie Coignard et Louis Lourme (dirs.) : Politique et cosmopolitique

PUF de Bordeaux - Juin 2016 - Lumières n°28


Le dix-huitième siècle a été l'occasion d'un retour de la notion de cosmopolitisme qui a donné lieu à une redéfinition. Ce retour a ouvert une nouvelle ère pour le cosmopolitisme, ère dans laquelle nous évoluons encore de nos jours. En effet, que le terme serve à caractériser les relations qu'entretenaient alors les élites européennes, qu'il soit utilisé pour qualifier les relations juridiques que les individus devraient entretenir, ou qu'il puisse servir à imaginer un nouveau type de relations interétatiques, le concept de cosmopolitisme acquiert à cette époque une dimension politique que la période contemporaine est toujours en train d'approfondir. Ce numéro de la revue Lumières se propose d'interroger les caractéristiques du cosmopolitisme contemporain à la lumière de cette généalogie du concept. En particulier, les analyses se concentreront sur la dimension politique (juridique, institutionnelle, etc.) de la notion, c'est-à-dire sur le lien entre le cosmopolitisme et la pratique politique effective.

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Philippe Fleury : Walter Benjamin. Un itinéraire philosophique

L'Harmattan - Juillet 2016 - Ouverture Philosophique


Walter Benjamin (1892-1940), témoin du Xxe siècle, à travers son itinéraire semé d'embûches, a dû affronter l'arrivée au pouvoir des nazis. Amené à sillonner l'Europe, Berlin, Ibiza, Moscou, Paris, il développe une activité de critique littéraire et une philosophie de l'histoire, notamment dans ses ultimes « Thèses » de 1940. Ce testament philosophique est influencé par le messianisme juif et le marxisme. Décrit comme sentinelle messianique, l'oeuvre de Walter Benjamin se déploie aux confins de la sociologie, de l'esthétique et de la théologie. Sa philosophie de l'histoire contraste avec celle de Nietzsche, mais le rapproche de Simone Weil. Analyste privilégié des tourments de l'Europe, il participera indirectement l'Ecole de Francfort. 

Philippe Fleury est professeur de philosophie au lycée Daudet à Nîmes. Agrégé de philosophie et docteur, ses recherches et ses publications l'ont amené à s'intéresser à la philosophie de l'histoire et à la philosophie allemande.

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Bernard Andrieu : Sentir son corps vivant. Émersiologie I

Vrin - Juin 2016 - Moments Philosophiques


L’activité du corps vivant précède notre conscience du corps vécu et produit en nous des gestes involontaires : émotions, vertige, orgasme, réminiscences et douleurs. Sentir son corps vivant nous éveille à une nouvelle connaissance de soi et d’autrui, et exige une attention à soi dans le cours de notre existence, mais aussi à travers une intercorporéité.
En s’appuyant sur les neurosciences in vivo et les techniques immersives, l’auteur analyse les apports d’une phénoménologie neurobiologique de l’action, décrit l’écologie corporelle à partir de l’activation prémotrice du vivant, et dévoile ces émersions expérientielles qui éveillent dans le vivant des capacités inédites. Il nous présente ainsi l’émersiologie, une philosophie du corps qui lie le vivant et le vécu et propose de dynamiser nos sensations profondes pour changer notre schéma corporel et notre action dans le monde.

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mardi 12 juillet 2016

Andrea Cavazzini : Sciences de la vie, mathesis, infini. Nouvelles études d archéologie des savoirs

Hermann - Juin 2016


La connaissance de la vie pourrait-elle nous instruire sur la rationalité général ? Cela ne saurait se produire sans élaborer les valeurs rationnelles propres au savoir biologique, par-delà les bricolages empiriques et l’emprise des métaphores mécanistes. Mais la vision dominante des sciences, orientée par le culte des données et de l’utilité pragmatique, fait obstacle à cette élaboration. C’est par une régression archéologique vers des strates oubliées de la pensée antique et moderne qu’il faudra saisir l’exigence de penser la vie comme un questionnement de la raison elle-même. Des mathématiques « romantiques » à la querelle du vitalisme, de Hegel et Grassmann à Georges Canguilhem et Gilles Deleuze, du Néoplatonisme à la Naturphilosophie, autant de moments où la réflexion sur le vivant a impliqué une (auto-)réflexion sur l’Absolu contingent qu’est l’essence de l’animal rationnel.

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Ayse Yuva : Transformer le monde ? L'efficace de la philosophie en temps de révolution, France-Allemagne, 1794-1815

Maison des Sciences de l'Homme - Juillet 2016 - Bibliothèque allemande


A aucun moment l'on n'a cru au pouvoir de la philosophie à transformer le monde plus que pendant la Révolution française. 1789, préparé par les écrits des philosophes des Lumières, devait ouvrir la voie à l'application et à la réalisation de principes philosophiques dans le gouvernement des hommes. La révolution puis la république seraient l'oeuvre de la philosophie. Le présent ouvrage a pour but d'explorer ce lieu commun qui prévaut encore aujourd'hui. Il vise à reprendre l'enquête en amont : que veut-on dire lorsque l'on parle de la nature "philosophique" de la révolution, des rapports de la théorie à la pratique, ou des dangers politiques de l'abstraction philosophique ? La philosophie est-elle l'instrument d'un élitisme intellectuel et politique ? Confrontant entre eux des textes d'auteurs français et allemands, où se croisent des traditions philosophiques distinctes, Ayse Yuva prend à rebours un second lieu commun, hérité du XIXe siècle, celui d'une Allemagne qui penserait la révolution sans chercher à l'accomplir, et d'une France qui l'accomplirait sans la penser. Elle met en avant une époque et des acteurs qui, loin de s'être contentés d'interpréter le monde, ont bien visé, par la philosophie, à le transformer.

Ayse Yuva est agrégée et docteur en philosophie de l'université Paris 1, diplômée de Sciences-Po Paris, enseignante-chercheuse à l'université de Lorraine, elle est également associée au Centre Marc Bloch (Berlin). Ses recherches portent notamment sur la politique de la philosophie, les sciences de la réforme politique et sociale, et les écritures de l'histoire. Elle est coéditrice de l'ouvrage France-Allemagne : figures de l'intellectuel entre révolution et réaction (1780-1848), paru en 2014.

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jeudi 30 juin 2016

Gianluca Briguglia et Irène Rosier-Catach (dir.) : Adam, la nature humaine, avant et après. Épistémologie de la chute

Publications de la Sorbonne - Juin 2016


Que se serait-il passé si Adam n'avait pas péché ? Le récit de la Chute ne raconte pas seulement comment le premier homme et la première femme ont désobéi et ont été chassés du jardin de l’Éden. C’est aussi un instrument formidable pour penser philosophiquement la nature humaine, ses potentialités et ses limites, pour dessiner les différents plans d’une anthropologie complexe et diversifiée. La rupture du péché originel, qui instaure un Avant et un Après de la nature humaine, a représenté un défi intellectuel, une provocation pour la philosophie que la pensée médiévale – et moderne – a voulu recueillir et affronter. Cette nécessité s’est faite d’autant plus pressante que d’autres modèles anthropologiques devenaient disponibles, au premier rang desquels le modèle aristotélicien, où l’idée d’une rupture dans l’histoire humaine ou d’une naturalité scindée n’avait pas sa place.
Les réflexions sur la Chute ont donné lieu à des débats importants sur le langage, la liberté et le mal, le bonheur, les passions, le corps, la vie et le pouvoir politique, le droit, le travail, qui sont l’objet des chapitres de ce livre.
Prises ainsi dans leur dimension anthropologique, ces questions autour de la Chute deviennent un véritable modèle épistémologique pour penser la naturalité de l’homme et son histoire, en termes de dégradation ou de progrès, modèle qui dépasse l’époque médiévale et rejoint des questionnements que l’on retrouve notamment à l’âge classique.

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Christoph König : L'intelligence du texte. Rilke – Celan – Wittgenstein

Presses Universitaires du Septentrion - Juin 2016


L'intelligence de la compréhension des textes littéraires a pour présupposé l'intelligence à l'œuvre dans les textes eux-mêmes.
Comment lire des œuvres de Schiller, Friedrich Schlegel, Uhland, Rilke, Kafka et Celan ? s’interroge Christoph König. La réflexion kantienne sur les conditions de possibilité d’une connaissance littéraire trouve un prolongement dans une herméneutique critique moderne.
Les lectures proposées portent sur de grandes œuvres de la littérature allemande, depuis l’époque du classicisme de Weimar jusqu’à la modernité où la tradition symboliste de Paul Valéry est revisitée. Le livre traite aussi de la rivalité entre des philosophes lecteurs de littérature et des philologues qui travaillent à une théorie de leur pratique. Les lectures philosophiques de Wilhelm von Humboldt et Wittgenstein et la démarche théologique de Walter Benjamin sont ainsi évoquées, ainsi que les lectures toujours neuves de poèmes de Celan par son ami le comparatiste Peter Szondi.

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Richard Lussier : Socrate, un portrait inédit. En deçà des Socrate dramatiques

Hermann - Juin 2016


Aux confins de l’histoire et de la philosophie, l’auteur rouvre le dossier Socrate en faisant porter son enquête principalement sur le procès qui eut lieu en 399 avant notre ère. Au terme d’une minutieuse analyse de trois œuvres essentielles à la compréhension du personnage, à savoir Les nuées d’Aristophane, l’Apologie de Socrate de Platon et les deux premiers chapitres des Mémorables de Xénophon, le lecteur verra poindre le portrait d’un Socrate fort éloigné des images d’Épinal que ses disciples gravèrent de leur maître.
Ce livre intéressera aussi bien le lecteur non averti que l’helléniste bien au fait des publications savantes sur le personnage de Socrate. Le premier y découvrira les portraits que trois de ses contemporains, Aristophane, Platon et Xénophon, firent de cette icône de la philosophie ancienne, alors que le lecteur chevronné des humanités gréco-latines sera surpris, voire interpellé, de découvrir dans cet essai un portrait inédit de Socrate.
L’auteur conteste, du moins en partie, l’opinion généralement admise par les hellénistes selon laquelle il est impossible de connaître le Socrate historique. Il montre qu’au-delà des apparences ou qu’en deçà des masques des Socrate dramatiques se tapit un même personnage historique, fruit d’une convergence des témoignages d’Aristophane, de Platon et de Xénophon.

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vendredi 24 juin 2016

Jean-Baptiste Dussert et Adnen Jdey : Mikel Dufrenne et l'esthétique

PU de Rennes - Juin 2016


Ce livre s’efforce de réparer une injustice : proposer une réflexion d’ensemble sur l’œuvre du philosophe français Mikel Dufrenne (1910- 1995) qui semble un peu délaissée voire méconnue aujourd’hui. Si sa démarche phénoménologique héritée de Husserl le conduit immanquablement à s’interroger sur la place singulière que l’objet esthétique occupe dans notre monde, son projet est plus ambitieux. L’attention que Mikel Dufrenne porte aux différents arts (les arts plastiques, la musique, la poésie) ainsi qu’à la richesse des expériences esthétiques vécues, décrites et commentées, lui permet en effet de viser un but supérieur : non seulement redéfinir et réorganiser la phénoménologie autour de la question de l’art, mais faire de l’œuvre ce qui permet de remonter vers un principe originaire, la Nature, qui fonde toute création. Cette tâche singulière et méconnue méritait bien un effort philosophique collectif dont le présent ouvrage est le fruit.


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May Paul : Philosophies du multiculturalisme

Presses de Science-po - Juin 2016 - Fait politique


Omniprésent dans les médias, régulièrement convoqué pour analyser des phénomènes sociaux aussi divers que les flux migratoires en Europe, les programmes éducatifs aux États-Unis ou la place de l'islam dans les pays d'Europe de l'Ouest, le multiculturalisme se trouve au centre de plusieurs thématiques cruciales de notre monde globalisé : l'immigration, la cohésion sociale et le devenir de l'État-nation, pour n'en citer que quelques-unes. Il n'en est pas moins méconnu en tant qu école de pensée. Quels sont ses origines philosophiques, ses principaux courants, les différentes critiques qui lui sont adressées ? Paul May invite à un tour d'horizon des principaux théoriciens tels Bhikhu Parekh, Charles Taylor, Will Kymlicka ou encore James Tully , qui ont élaboré et discuté la notion de multiculturalisme et dont la plupart des travaux n'ont jamais été traduits en français. Un vade-mecum pour l'étudiant, pour le chercheur et pour le citoyen engagé.

Paul May enseigne la science politique à l'Université Harvard (Department of Government). Il est également chercheur associé au Weatherhead Center for International Affairs de la même université.

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jeudi 23 juin 2016

François Gachoud : Quand la philo donne le vertige. Exercices et initiation

Source Vive - Juin 2016 - Collection : Philo/sagesse


Nous nous posons tous des questions sur notre vie et celle des autres, sur le monde, le temps qui passe, la souffrance, la mort. Questions vertigineuses. La philosophie est là pour nous aider à les poser de manière plus précise, plus juste, au plus près de ce que nous ressentons et vivons. En quinze chapitres clairs et sans jargon, l’auteur aborde ces questions fondamentales en se référant aux plus grands philosophes occidentaux.
Ce livre est une initiation. Il ne donne ni réponses ni recettes, mais montre comment la philosophie peut ouvrir nos esprits, éclairer nos actes, guider nos pas dans l'inconnu.

François Gachoud, philosophe et professeur de philosophie, a également été chroniqueur au journal La Liberté (Fribourg) et a créé un espace de discussion publique, Agora. Il a publié entre autres Par-delà l’athéisme au Editions du Cerf et Sagesse de la montagne aux Editions St. Augustin.

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Collectif : Inégalités entre globalisation et particularisation

PU Paris-Sorbonne - Juin 2016 - Collection : Philosophie appliquée


Comment élaborer une autre conception des inégalités ? En partant des données des injustices les plus extrêmes, fruits de recherches menées, entre autres, en Haïti et au Cameroun, à rebours des principes généraux traditionnels, ce livre questionne les injustices à travers le monde, et non plus au sein d'une seule société. Globale, la réflexion pose les limites des théories de la justice qu'ont été, depuis John Rawls, la plupart des théorisations contemporaines des inégalités, axées qu'elles étaient sur la recherche de principes universels. Après avoir dressé une cartographie des théories de la justice, les auteurs portent leur démarche à travers trois applications : les inégalités de genre, les inégalités ethnoculturelles et les inégalités liées au changement climatique. L'ouvrage s'emploie à tirer de ces renouvellements dans la pratique de la philosophie une saisie elle-même transformée des injustices du monde dans leur extrême radicalité, et conduit à la question de savoir comment l'humanité reste capable de s'infliger à elle-même et, plus spécialement, à certaines parties d'elles-mêmes de telles inégalités injustifiables.

Alain Renaut est professeur à Paris-Sorbonne et à Science-Po Paris, directeur du Centre international de philosophie appliquée (CIPPA). Il a publié une trentaine d'ouvrages et traduit de l'allemand une douzaine de livres de Kant, Fichte et Adorno. L'injustifiable et l'extrême. Manifeste de philosophie appliquée a paru en 2015 aux éditions Le Pommier. Etienne Brown est enseignant à Paris-Sorbonne. Ses travaux portent sur la philosophie politique fondamentale et appliquée, et notamment sur la justice ethnoculturelle. Marie-Pauline Chartron, diplômée d'HEC, développe une recherche sur Violence(s) et injustices de genre. Elle est ingénieure d'études du Centre international de philosophie politique Appliquée, et travaille également à une philosophie du cinéma. Geoffroy Lauvau, agrégé et docteur, est spécialisé en philosophie de la justice et de l'économie. Il a publié de nombreuses études de philosophie politique et d'éthique.

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