samedi 12 octobre 2019

Céline Denat, Alexandre Fillon, Patrick Wotling (dir.) : Logiques du discours philosophique en Allemagne de Kant à Nietzsche

Presses Universitaires - Octobre 2019 - Langage et pensée


Le statut du discours philosophique est un fil conducteur fondamental de la philosophie allemande. Du discours transcendantal à l'exigence de système, la dialectique hégélienne, la poétique philosophique du fragment, l'émergence du discours universitaire moderne, jusqu'à cet "art nouveau du discours" revendiqué par Nietzsche, nous assistons à une période de réformes du discours philosophique d'une intensité et d'une profondeur stupéfiantes. Que signifie réfléchir sur le discours de la philosophie ? Quelles sont les modalités possibles pour ce discours ? Quels sont les rapports entre les théories du langage développées dans cette période historique et les formes du discours philosophique ? Surtout, quelles sont les raisons d'une telle réinvention permanente de ce discours ? Le présent volume collectif s'attache à étudier ces problèmes fondamentaux, et ainsi à constituer une véritable histoire du discours philosophique.

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Paul Audi : Curriculum. Autour de l'esth/éthique

Verdier - Octobre 2019


En 2010, Paul Audi publiait Créer aux éditions Verdier. Cette succession d'essais, réunis en un volume, tentait d'identifier les points de croisement possible de l'éthique et de l'esthétique, donc du bien et du beau, dans le contexte de la culture occidentale, au cours des Temps modernes. L'auteur y adossait alors sa pensée à un mot-valise, "l'esth/éthique", qui, en raison de sa signification conceptuelle, a suscité, depuis, un certain nombre de commentaires et de discussions. Avec Curriculum, Paul Audi poursuit sa réflexion en cherchant notamment à démentir l'idée communément admise que la "création" est un concept contradictoire, voire indéfinissable. Chemin faisant, il explique dans quelles conditions on pourrait "réinventer" ce concept en le soustrayant au cadre théologique dans lequel sa provenance biblique a tendance à l'enfermer. Mais surtout, Curriculum prend le parti de jauger l'esth/éthique à l'aune des pensées de Nietzsche, de Sartre, de Lacan, de Derrida, de Foucault... Tout en dressant un tableau ordonné de l'évolution de sa pensée, Paul Audi laisse enfin entendre que l'esth/éthique ne peut pas laisser dans l'ombre ce que lui-même avait jusqu'à présent soigneusement tenu à l'écart d'elle : son enjeu politique.

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Lucien Jerphagnon : L'absolue simplicité

Robert Laffont - Octobre 2019 - Bouquins


Ce volume rassemble quelques-uns des livres majeurs de Lucien Jerphagnon, enrichis de nombreuses transcriptions inédites de ses cours, conférences et émissions de radio qui permettent de mieux appréhender l'étendue de son oeuvre. On perçoit ainsi la sensibilité particulière d'un homme aux multiples visages.
Homme d'enseignement tout d'abord, dont le sens de la pédagogie s'impose dès ses premiers cours au Grand Séminaire de Meaux, publiés ici pour la première fois. L'essentiel s'y trouve déjà : la vivacité d'un style " démocratique ", selon Paul Veyne, qui d'emblée emporte le lecteur et le guide dans les raisonnements les plus complexes ; le ton, parfois badin, jamais guindé, toujours tenu ; surtout, le déploiement d'une pensée libre, profondément anticonformiste et d'une érudition inépuisable.
Homme de fidélité ensuite, tant à Vladimir Jankélévitch, auquel il consacre, avec Entrevoir et vouloir, un court texte étincelant, qu'à ses compagnons de toujours, les Anciens. Des présocratiques à Augustin et d'Homère à Julien l'Apostat, il n'a cessé de leur rendre hommage. Juste retour des choses, c'est son " plus cher disciple ", Michel Onfray, qui, rappelant dans sa préface ce qu'il doit à son " vieux maître ", prolonge cette chaîne de transmission et de savoir.
Homme de son temps enfin, comme en témoignent ses chroniques politiques des années 1990, Lucien Jerphagnon fut un virtuose du dialogue et de la conversation. Ses échanges avec Francesca Piolot, en conclusion de ce volume, sont à l'image d'une pensée en perpétuel mouvement où ne cesse d'affleurer la question qui traverse toute son oeuvre : pourquoi diable y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Lucien Jerphagnon (1921-2011) était professeur émérite des universités, membre de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques. Spécialiste de la pensée grecque et romaine, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Sont également disponibles dans la collection "Bouquins" : Les Armes et les Mots (2012) et L'Au-delà de tout (2017).

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vendredi 11 octobre 2019

Gilles Vervisch : Star Wars, le retour de la philo. La saga décryptée II (2)

Le Passeur - Octobre 2019 - Collection : Open philo


Après le succès public et critique de Star Wars, La philo contre-attaque, Gilles Vervisch poursuit son approche ludique et accessible de la philosophie à travers Star Wars. Cette saga est le fruit de la culture de son créateur, mêlant mythologie, psychanalyse et bouddhisme zen, et les questions philosophiques ne manquent pas : le bien et le mal, le destin et la liberté ou encore la solitude et la mort.
Il semblait déjà difficile de trouver de la profondeur à la saga de George Lucas, alors que dire de ces " suites " peu inspirées, décevantes et ressemblant souvent à un copier-coller des premiers films ? Gilles Vervisch décrypte pourtant, avec humour et sagacité, les nouveaux thèmes philosophiques présents. Notamment ceux autour de l'Histoire, la mémoire et le passé. Comment faire du neuf avec du vieux ? Cette question hante les nouveaux épisodes.
Si Star Wars est bien le mythe fondateur de la pop culture, ou du moins un monde " étendu " dont l'exploration est sans limite, on n'a jamais fini non plus d'en explorer la philosophie.

Gilles Vervisch est agrégé de philosophie et enseignant en lycée en région parisienne. Après avoir été chroniqueur à la radio et à la télévision, il est aujourd'hui auteur régulier sur le site Point Pop. Il a écrit une douzaine de livres dont Le secret de Platon (Michel Lafon) et Le Dico des mots qui n'existent pas (Omnibus).

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jeudi 10 octobre 2019

Frédéric Laupies : Sagesse du désir

Salvator - Octobre 2019


Entre caprice égoïste ou réduction à la seule dimension sexuelle, quelle est donc la vérité profonde du désir ? Tension vers ce qui manque, il est la marquea d'un être incomplet, incapable de se donner à soi-même ce qui peut le combler. Cette orientation étrange vers un bien absent est comme le signe d'une impuissance et d'une dépendance foncière. Le désir semble ainsi à l'opposé de la sagesse. La sagesse suppose un sujet maître de soi ; le désir signale l'impuissance du sujet. La sagesse suppose une connaissance claire ; le désir est un clair-obscur quant à sa source et quant à son terme. La sagesse exige la limite raisonnable ; le désir n'a pas de limite assignable, il demande toujours plus. Pourtant, explique le philosophe Frédéric Laupies, le désir est principe d'une authentique sagesse. En lui et par lui se dévoile la modalité essentielle de notre être fini, tendu vers ce qui le dépasse. En lui et par lui apparaît la subtile relation entre le présent et l'absent, entre le réel et l'imaginaire, entre le donné et le promis. Lui seul permet de comprendre le sens humain de la sexualité ; c'est aussi par lui que l'on peut comprendre les frustrations et les désillusions qui traversent notre existence. 

Frédéric Laupies, agrégé de philosophie, est professeur en classes préparatoires au lycée Notre-Dame-du-Grandchamp à Versailles. Il a notamment publié aux PUF un Dictionnaire de culture générale (coll. « Major », 2005), La liberté (coll. « Que sais-je ? », 2004) et Premières leçons de philosophie (coll. « Major », 2009).

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Jean-claude Monod : L'Art de ne pas être trop gouverné

Le Seuil - Octobre 2019 - L'Ordre philosophique


À la fin des années 1970, Michel Foucault a avancé le concept de " crise de gouvernementalité " pour approcher des phénomènes où la contestation de certains pouvoirs – religieux, politiques, disciplinaires... –, d'abord localisée, s'est élargie pour mettre en question un dispositif général de gouvernement, un ensemble de relations de pouvoir. Chaque fois s'y exprime quelque chose comme : " nous ne voulons plus être gouvernés ainsi ".
C'est l'une des ambitions de cet essai que de montrer la fécondité de ce concept pour éclairer des révoltes passées et présentes, pour compliquer et compléter les perspectives centrées sur la seule lutte des classes et celles qui se sont attachées à la construction de la démocratie, à la dynamique égalitaire et à l'institutionnalisation de ses formes. Il s'agit aussi de poser un diagnostic sur la crise actuelle de l'État néo-libéral, au sein duquel démocratie et libéralisme tendent à se dissocier et dont la vision de l'économie renvoie les dégâts sociaux et écologiques au rang d'externalités négatives.
Il s'agit enfin et peut-être surtout de penser " un art de ne pas être trop gouverné " qui ne serve pas d'auxiliaire involontaire aux formes de dérégulation économique et de dévastation écologique, mais s'articule à un souci ici thématisé comme celui de " l'usufruit du monde ".

Directeur de recherche au CNRS, Jean-Claude Monod enseigne à l'École normale supérieure de Paris. Il a notamment publié Penser l'ennemi, affronter l'exception. Réflexions critiques sur l'actualité de Carl Schmitt (La Découverte, 2006 ; Poche, 2016), Sécularisation et laïcité (PUF, 2007) et Qu'est-ce qu'un chef en démocratie (Le Seuil, 2012 ; Points, 2017).

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Etienne Helmer : Ici et là. Une philosophie des lieux

Verdier - Octobre 2019


Au nom de l'universel, la plupart des philosophes font abstraction de notre ancrage local : ils appréhendent l'homme comme être au monde en général, comme être-là. C'est pourtant toujours dans des lieux particuliers que nous nous trouvons, avec leurs contingences topographiques, historiques et matérielles : c'est toujours ici que nous sommes là. Mais qu'est-ce qu'un lieu, et qu'est-ce que la philosophie peut en dire ? En mobilisant la géographie, la littérature, l'anthropologie et l'histoire pour comprendre cet objet négligé de la philosophie occidentale, Etienne Helmer montre combien les lieux sont bien plus que les simples cadres physiques de nos existences : tout à la fois matrices identitaires et formes événementielles, ils engagent le rapport politique que les individus et les groupes entretiennent avec l'universel dans ses aspects théoriques et pratiques.

Etienne Helmer est né en 1975, il enseigne la philosophie à l'université de Porto Rico (Etats-Unis).

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mercredi 9 octobre 2019

Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy : Démocratie ! Hic et Nunc

François Bourin - Octobre 2019


La démocratie aurait-elle trahi toutes ses promesses ? Trente ans après la chute du Mur de Berlin, les peuples doutent et beaucoup sont habités par le ressentiment. Certains en appellent à une démocratie « directe », d'autres consentent à l'instauration de « démocraties illibérales ». Mais de quoi parle-t-on?
La naissance de la démocratie à Athènes, l'avènement de la République à Rome, et sa lente réémergence à partir des communes médiévales jusqu'aux révolutions anglaise, américaine et française, sont l'effet d'un long basculement de civilisation alors à peine soupçonné, lié, pour partie, aux évolutions de la technique, et dont les conséquences ne sont pas épuisées.
Si la démocratie est la manière dont des hommes libres et égaux choisissent de ne pas subir leur destin en délibérant entre eux, qu'en est-il donc de la liberté, de l'égalité et du peuple qu'ils forment ? Ces questions sont au c ur de la crise des démocraties contemporaines.
Renouer avec la démocratie au moment où les crises politiques, sociales, écologiques, culturelles, et l'empire de la technique et du calcul minent les démocraties contemporaines, appelle à une révolution d'un genre inédit. Sans doute fallait-il l'ébranlement de toutes les certitudes héritées de la modernité pour pouvoir commencer à le penser.
Jean-François Bouthors et Jean-Luc Nancy ont mis en commun leurs approches philosophiques, anthropologiques, historiques et géopolitiques pour dégager ensemble les soubassements de la crise démocratique.

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Thomas Berns : La guerre des philosophes

PUF - Octobre 2019


En parcourant les représentations de la guerre produites par la philosophie, de Platon à Clausewitz, et en mettant à nu les stratégies constantes et les impensés qui les sous-tendent, ce livre montre combien le philosophe ne cesse de manquer un enjeu guerrier qui pourtant l'obsède mais qu'il ne peut toucher qu'en le neutralisant. Quelques figures à la fois insistantes et exclues de ces philosophies de la guerre - l'esclave, le pirate, le colonisé.... -, de même que des pratiques philosophiques restées plus marginales - la pensée romaine, le matérialisme machiavélien, la démarche généalogique ou la déconstruction... -, permettent à leur tour de bousculer ce discours philosophique neutralisant et, ce faisant, de révéler une certaine compromission de la philosophie dans la guerre.

Thomas Berns est professeur de philosophie politique à l'Université de Bruxelles. Spécialiste de la Renaissance et philosophe du politique, du droit et des normes au sens large, il est l'auteur de Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique. Ses travaux actuels portent sur la guerre et sur les nouvelles formes de normativité.

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Cédric Lagandré : Du contrat sexuel

PUF - Octobre 2019


Après deux millénaires de culpabilité chrétienne, on pourrait penser que la liberté de moeurs s'est imposée, or aucune liberté ne va sans angoisse. Afin de dissoudre cette angoisse de la sexualité, d'en éclairer les zones d'ombre, d'en annuler les déterminismes, la société contemporaine s'est lancée dans une folle entreprise : l'encadrer, comme tout échange, par les formes contractuelles des normes juridiques. Mais le contrat peut-il s'appliquer à la sexualité ? A-t-il les moyens de clarifier la relation humaine la plus intime qui soit, de résoudre toutes les tensions liées au contact avec l'altérité ? Cédric Lagandré reprend le débat du statut culturel de la sexualité en Occident pour défendre, sur le socle du consentement mutuel, sa nature nécessairement infra-juridique. On ne peut accéder innocemment à la sexualité, non au sens où le désir sexuel serait moralement coupable, mais au sens où il implique un vertige, une angoisse et une mise à nu. La forme juridique, loin de civiliser la sexualité, l'enferme donc dans un cadre défini par la prostitution, et ne la repousse pas moins que la pornographie dans le registre trivial du besoin. L'effort contemporain pour passer l'intégralité du réel au crible des catégories juridiques ne peut donc qu'échouer devant l'ordre du symbolique : l'obscurité du désir rend la sexualité insaisissable à toute volonté de l'encadrer par la règle.

Cédric Lagandré est philosophe. Ancien collaborateur de la revue Mouvement, il est l'auteur de L'inspiration des Grecs (L'Harmattan, 2000), La société intégrale (Climats, 2009) et, aux Puf, de L'Actualité pure, essai sur le temps paralysé (2009).

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mardi 8 octobre 2019

Jean-François Louette : Sartre et Beauvoir. Roman et philosophie

La Baconnière - Octobre 2019 - Nouvelle collection Langages


Relire et faire relire les textes narratifs de Sartre (Le Mur, Le Sursis), dans leur profondeur, leur virulence, leurs inventions formelles, voilà le premier objectif poursuivi dans cet ouvrage. Le deuxième est de faire sentir l’étroitesse des liens d’écriture qui ont uni Sartre à Simone de Beauvoir, par exemple dans une pièce comme Les Mains sales, dont la richesse n’éclate que si l’on mesure sa proximité de pensée avec Le Deuxième Sexe.
Proximité n’est pas identité, ce qui conduit enfin à s’interroger sur les liens, énigmatiques et souvent conflictuels, entre littérature et idées, ou plus précisément entre roman et philosophie – mais là le corpus s’élargit, et l’on se tourne vers Céline et Queneau, Aragon et Nimier, ainsi que vers le très beau et très drôle Molloy de Samuel Beckett.

Jean-François Louette est professeur de Littérature française du XXe siècle à la Sorbonne depuis 2005. Pour la Bibliothèque de la Pléiade, chez Gallimard, il a édité Romans et récits de Bataille (2004), «Les Mots» et autres écrits autobiographiques de Sartre(2010), Romans, récits, nouvelles de Drieu la Rochelle (2012). Il a publié des essais critiques sur Beckett («En attendant Godot» ou l’amitié cruelle, 2002), et sur Sartre (Jean-Paul Sartre, 1993; Sartre contra Nietzsche, 1996; Silences de Sartre, 2002, Traces de Sartre, 2009), ainsi que Chiens de plume. Du cynisme dans la littérature française du XXe siècle (La Baconnière, 2011).

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Richard Popkin : Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l'aube du XIXè siècle

Agone - Octobre 2019 - Banc d'essais


« À partir de Descartes, les philosophes les plus éminents passèrent une bonne partie de leur temps à développer des systèmes visant à répondre au danger que constituaient pour l’humanité les arguments sceptiques. Ceux-ci la privaient en effet de son ornement le plus noble : sa certitude. »

À la question « Qu’est-ce qu’être sceptique ? », Popkin répond en se plongeant dans la vie et les écrits des figures les plus significatives du scepticisme, de Savonarole à Pierre Bayle et David Hume, et montre que ces figures prirent deux visages radicalement opposés : le sceptique fut aussi bien le révolutionnaire et l’Aufklärer remettant en cause toutes les autorités et traditions, se fiant à son propre jugement et traquant sans relâche, pour le progrès du savoir, les faiblesses de la connaissance humaine, que celui qui doute de tout et renonce dès lors à toute entreprise de connaissance pour s’en remettre, en conservateur opposé aux Lumières, à l’autorité des pouvoirs en place, notamment politiques et religieux.
Il n’existe pas d’ouvrage sur le scepticisme qui ait l’ampleur de ce classique inédit en français, sur lequel l’auteur travailla pendant près de cinquante ans. Par sa vivacité et la limpidité de son propos, ce livre s’adresse, au-delà des étudiants et chercheurs en philosophie, au grand public curieux de se plonger dans une grande histoire intellectuelle – au demeurant largement française.

Richard Popkin (1923–2005), philosophe américain, spécialiste des Lumières et historien des idées, membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, a enseigné aux États-Unis et à l’université de Tel-Aviv.

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