vendredi 19 décembre 2014

Olivier Boulnois : Lire le Principe d’individuation de Duns Scot

Vrin - Décembre 2014 - Etudes & commentaires


Pourquoi chaque être est-il un être, distinct de tout autre, et indivisible sans destruction? En quoi le singulier est-il ultime, irréductible? Est-ce un fait brut, sans raison? Et pouvons-nous dépasser laproclamation que l’individu est ineffable et indéfinissable?
Pour résoudre ce problème, Scot recherche un principe métaphysique par lequel les substances deviennent individuelles. La matière est-elle ce principe? Suffit-il d’exister pour être individuel? Peut-on concevoir, par-delà l’essence indifférente, une nouvelle différence, qu’il appellera bientôt haeccéité? – Telles sont les questions difficiles qu’il affronte dans son Principe d’individuation (Ordinatio II, d.3).
Dans ce traité, Duns Scot élabore une nouvelle métaphysique du singulier. Celle-ci va de pair avec sa réévaluation de la contingence, son invention de la connaissance intuitive, et sa prise en compte de la finitude. Elle exercera son influence jusqu’à Leibniz.

Laurent Perreau (dir.) : Le Phénomène

Vrin - Décembre 2014 - Thema



Ont collaboré à ce volume : D. Bellis, B. Bondu, V. Bontems, F. Calori, A. Macé, L. Perreau, L. Peterschmitt, O. Tinland

Ce volume est consacré au concept de phénomène. Les études rassemblées se proposent de contribuer à son intelligence en revenant sur quelques-uns des moments les plus marquants de son histoire, sans prétendre à l’exhaustivité. L’ouvrage s’ouvre par deux études de philosophie antique. Arnaud Macé restitue tout d’abord la problématique séminale du phénomène, telle qu’elle s’élabore chez les présocratiques (Homère, Anaxagore, Parménide) et chez Platon. Baptiste Bondu étudie ensuite la question du phénomène dans l’école stoïcienne. Suivent deux contributions qui expose, pour l’une, la philosophie cartésienne des phénomènes (Delphine Bellis) et examine, pour l’autre, les principes et les difficultés du phénoménisme de Berkeley (Luc Peterschmitt). Deux articles attestent du renouvellement de l’approche philosophique des phénomènes dans l’idéalisme allemand. François Calori rappelle le rôle décisif joué par le criticisme et explicite la définition kantienne du phénomène comme « objet indéterminé d’une intuition empirique ». Comme le souligne Olivier Tinland, Hegel compose avec le legs de la philosophie kantienne tout en déplaçant le site même de la réflexion conduite sur les phénomènes, puisqu’il réfère désormais l’apparaître à une « idéalité objective ». Concernant la période contemporaine, Laurent Perreau examine la redéfinition du concept de phénomène opérée par la phénoménologie husserlienne. Enfin, la contribution de Vincent Bontems est consacrée à la philosophie de G. Bachelard : informée des développements historiques de la science physique, cette dernière voit dans le phénomène le produit d’une construction à la fois théorique et expérimentale.

lundi 15 décembre 2014

Savoirs et clinique, N° 17/2014 : Transferts cinéphiles. Le cinéma latino-américain et la psychanalyse

Erès - Décembre 2014 - "Savoirs cliniques"


Extrait

L'Impossible crime

«Ne pas arriver à...» : le cas particulier de Él dans l'oeuvre de Buñuel

Alain Bergala, essayiste de cinéma, réalisateur, enseignant à la femis, commissaire d'expositions.

« Ne pas arriver à...» est une des plus grandes constantes dans les films de Buñuel : à faire l'amour (Un chien andalou, L'âge d'or, Él, Viridiana, Cet obscur objet du désir), à dîner (Le charme discret de la bourgeoisie), à commettre un meurtre (Archibald de la Cruz), à sortir d'une pièce (L'ange exterminateur), etc. Souvent - presque toujours - c'est le personnage lui-même qui crée les obstacles empêchant la réalisation de son désir. Buñuel expliquait volontiers que, pour lui (dont une tradition critique postsurréaliste a voulu faire de façon absurde le chantre de la pulsion débridée et sans entraves), maintenir le désir était plus important que de l'exténuer dans le passage à l'acte.
Un film fait exception à cette règle, celui dont il a conscience, au moment où il le réalise, que ce sera son dernier : Cet obscur objet du désir, où le mot «désir» figure dans le titre même comme une épitaphe de son oeuvre. Il y revient une dernière fois sur le sujet qui l'aura hanté toute sa vie : la puissance du désir et son empêchement ou son empêtrement dans une sorte de ralenti poisseux au moment d'atteindre son objet, comme dans Le chien andalou. Buñuel est sans aucun doute le cinéaste qui a le mieux filmé la fulgurance du surgissement du désir, dont il a fait un élément essentiel de sa poétique cinématographique. Le mode irruptif et inscénarisable de ce surgissement l'exonère de l'exigence de continuité et de causalité de la logique narrative, l'autorisant à des apparitions fulgurantes d'images déconnectées, d'une puissance poétique sans équivalent.
Mais pour la première fois dans ce dernier film - en apparence tout au moins -, l'empêchement d'accomplir l'acte sexuel n'est pas le fait psychique de l'homme lui-même : c'est la femme qui se refuse objectivement à cet homme, tout en lui laissant croire à chaque fois qu'elle va céder enfin à sa demande sexuelle, le rendant littéralement fou de désir. Mais Buñuel laisse planer un doute : et si ce que nous voyons dans le film n'était qu'une réinterprétation a posteriori, par l'homme qui raconte, de ce qui s'est réellement passé entre lui et cette femme ? Él, film mexicain du cinéaste (il est arrivé au Mexique en 1946, six ans plus tôt), est le seul de son oeuvre à présenter cette particularité que le désir de l'homme y est entravé par l'image de la Vierge dont il est tombé amoureux «au premier regard», comme disent les Américains pour parler du coup de foudre, et ceci dans la première scène du film.
Francisco est un grand bourgeois célibataire, un notable, ami des prêtres. C'est aussi un grand propriétaire terrien, qui est cependant en train de se faire exproprier de ses terres ancestrales par la réforme agraire. Il perdra tous ses biens en s'entêtant dans un procès perdu d'avance, mais auquel son orgueil et sa mentalité féodale l'empêchent de renoncer, au nom de ses droits, à ses yeux imprescriptibles, comme le personnage du père dans Au hasard Balthazar de Robert Bresson, autre grand cinéaste de la paranoïa.
Dans Mon dernier soupir, Buñuel raconte que Él avait été mal reçu à Cannes, où Cocteau avait déclaré qu'avec ce film, il s'était «suicidé». Mais, dit-il avec une évidente satisfaction de revanche, «Lacan vit le film à Paris, au cours d'une projection organisée pour cinquante et un psychiatres, à la Cinémathèque. Il me parla longuement du film, où il reconnaissait l'accent de la vérité, et le présenta à ses élèves à plusieurs reprises.» Buñuel avait lu Freud et Sade lors de ses années de formation, à une époque où c'était encore exceptionnel, et la personnalité et l'aura de Lacan ne lui étaient pas inconnues.

Présentation de l'éditeur

Le cinéma latino-américain est, comme on sait, depuis dix ans (et plus), en pleine effervescence. Cinéma de crise, né dans l'urgence et la pauvreté, il continue de stupéfier le monde par sa vitalité créatrice et son invention visuelle. Sa grande originalité, qui le rend si aigu, est de ne jamais dissocier la crise et le symptôme : la rue et le divan, la psychanalyse et la politique, la patience du concept et la violence du monde.
À partir de 1955 et jusqu'à aujourd'hui, la psychanalyse s'est largement imposée dans les classes moyennes avides d'apports culturels extérieurs. Comment le cinéma latino-américain a été influencé par cet essor unique de la psychanalyse. Que nous enseigne donc ce cinéma qui a refusé de faire silence sur les dictatures contre lesquelles il n'a cessé de lutter ? Que nous apporte-t-il sur l'histoire contemporaine, notamment en Europe et sur ce que Freud appelait le «surmoi culturel» ?

Coordination : Franz KALTENBECK

Ont participé à ce numéro : Roberto ACEITUNO - Julie AMIOT-GUILLOUET - Isabelle BALDET - Alain BERGALA - Nancy BERTHIER - Lucile CHARLIAC - Alberto DA SILVA - Ignacio DEL VALLE - Monique DEWOLF - Teresa Cristina DUARTE-SIMOES - Emmanuel FLEURY - Daisuke FUKUDA - Patricia GHEROVICI - Marcela IACUB - Hervé JOUBERT-LAURENCIN - Diana KAMIENNY-BOCZKOWSKI - Sadi LAKHDARI - Joaquin MANZI - Paula MARKOVITCH - Luiz Renato MARTINS - Sylvain MASSCHELIER - Régis MICHEL - Geneviève MOREL - Paula ORTIZ - Esteban RADISZCZ - Josefina SARTORA - Monique VANNEUFVILLE - Antoine VERSTRAET - Fréderic YVAN -
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Natalie Depraz : Première, deuxième, troisième personne

Zeta Books - 7 décembre 2014



Ce qui apparaît dans ce volume, ce n’est pas seulement la personne comme sujet éthique voire religieux, mais les personnes en relation, dans le contexte d’une interrogation portant sur les leurs modes multiformes d’interaction à la croisée de leur signification épistémique, grammaticale, ontologie et théologiques. Ces quatre termes sont là pour désigner l’espace d’une réflexion croisée autour du sens relationnel des personnes. Qu’est-ce qu’une « première personne »? Est-ce seulement un Je, un moi ? Est-ce une entité grammaticale ou ontologique ? Qu’est-ce qu’une méthode en première personne ? Qu’en est-il de la singularité du vécu en jeu, de son irréductibilité ? Quels en sont les critères ?

vendredi 12 décembre 2014

Pierre Wagner : Logique et Philosophie. Manuel d'Introduction pour les Étudiants du Supérieur

Ellipses Marketing - 9 décembre 2014


La logique contemporaine développe des méthodes d'analyse applicables à un vaste champ de questions philosophiques. Celles-ci touchent par exemple à la vérité, la signification, la référence, le possible et le nécessaire, la temporalité, les preuves de l'existence de Dieu, aussi bien que la validité des inférences, l'axiomatique ou la formalisation des théories. Ce manuel d'introduction a pour ambition d'offrir aux étudiants et à tout lecteur philosophe une culture ainsi qu'une formation de base en logique. L'objectif est de donner accès à cette vaste partie de la littérature philosophique contemporaine qui suppose connus les concepts et les méthodes fondamentales de la logique formelle.


mardi 9 décembre 2014

Dragos Duicu : Phénoménologie du mouvement. Patocka et l'héritage de la physique aristotélicienne

Editions Hermann - Novembre 2014 - Collection : Philosophie


Le projet phénoménologique de Jan Patočka peut être lu comme une tentative de récupérer ce qui, de la Physique d’Aristote (que Heidegger appellait le « livre caché de la philosophie occidentale »), a été oublié par l’histoire de la philosophie. Notre ouvrage se concentre sur un des résultats les plus aristotéliciens de Patočka, que l’on pourrait résumer ainsi : le mouvement est phénoménologiquement et ontologiquement premier. 
Mais si le mouvement est premier, cela veut dire que les extases et les déterminations du mouvement ne sont, elles, que secondaires, c’est à dire phénoménologiquement et ontologiquement dérivées. La matière et la forme (du monde), l’acte et le possible, le temps et l’espace, l’hypokeimenon (le corps et le sujet) sont secondaires, car sédimentés, déposés par le mouvement, et ne s’éclairent donc fondamentalement que par leur reconduction au mouvement. C’est une telle reconduction que nous avons tâché d’accomplir à chaque étape de notre analyse.

Daniel Zamora (dir.) : Critiquer Foucault

ADEN BELGIQUE - Novembre 2014


Lorsque Michel Foucault décède en 1984, c'est également le monde de l'après guerre, ses institutions et ses espoirs de transformation sociale, qui s'éteint avec lui. Les décennies qui suivront seront indéniablement celles du triomphe du néolibéralisme et des attaques contre les droits sociaux. Si Michel Foucault n'en a pas été le témoin direct, son oeuvre dans ce domaine apparaît néanmoins visionnaire. La question du libéralisme occupe en effet une place importante dans ses derniers écrits. Depuis sa disparition, l'appareil de pensée foucaldien a, en outre, acquis une place centrale, pour ne pas dire dominante, au sein d'un large pan du monde intellectuel de gauche. Pourtant, comme le démontrent les différentes contributions qui composent cet ouvrage, l'attitude du philosophe face au néolibéralisme fut pour le moins équivoque. Loin de mener une lutte intellectuelle résolue contre la doxa du libre marché, Michel Foucault semble, sur bien des points, y adhérer. Comment en effet interpréter sa critique radicale de la sécurité sociale, qualifiée d'instrument d'accomplissement du « biopouvoir » ? Ou son soutien aux « nouveaux philosophes » ?
Foucault aurait-il été séduit par le néolibéralisme ? Cette question, loin d'incarner simplement les évolutions d'un intellectuel, interroge plus généralement les mutations d une certaine gauche de l'après-mai 68, les désillusions à venir et les transformations profondes du champ intellectuel français au cours des trente dernières années. Comprendre les années 1980 et le triomphe néolibéral, c'est également explorer les recoins les plus ambigus de la gauche intellectuelle à travers une de ses plus importantes figures.



Jean-Philippe Pierron : Mythopées Un portrait de la modernité tardive

Vrin - Matière étrangère - Décembre 2014

Pour l’écologue, la canopée désigne la couverture végétale qui déploie, en ses cimes, autant d’explorations aériennes, de branches qui sont comme des branchies. Quant à elle, la mythopée sera cette épaisseur feuilletée d’images qui fait la vie d’une culture, vivante d’expériences enracinées et de joies aériennes, d’ancrages et d’aspirations.
Ces mythopées sont, leur nom l’indique, un clin d’œil à ce que Roland Barthes avait pu appeler Mythologies. Miniatures philosophiques, concentrés poétiques, elles tentent de rendre ce milieu sensible grâce auquel une subjectivité s’individue, par lequel un collectif prend consistance, insiste et résiste. Qu’on ne se méprenne donc pas. On ne se contente pas ici de déployer un décor pittoresque sur le fond duquel s’agitent les existences. On épèle le cadre d’interprétation grâce auquel nos aspirations se précisent en s’y confrontant. S’y dessine le genre d’homme ou de femme que nous cherchons à promouvoir. Assumant une poétique de l’action, ces mythopées rendent alors la texture d’un monde dont nous sommes issus, moins pour gémir du monde qui va que pour épeler les horizons d’attente d’un monde qui vient. Il y a là un défi en somme : penser, sans système, à la hauteur de notre époque sans être dans le mépris qui ignore et la méprise qui adule.

Collectif : L'immortalité - Un sujet d'avenir

Favre - 2014


Depuis toujours, l'Homme rêve de la vie éternelle, comme en témoignent de nombreux récits, mythes, légendes, croyances et rites anciens, mais aussi beaucoup plus modernes. Aujourd'hui, dans un monde où l'on voudrait être éternellement jeune, l'Homme se tourne volontiers vers la science dans l'espoir de mener à bien sa quête d'immortalité. Les éditeurs du livre ont réuni autour de cette énigme une vingtaine d'auteurs venus de différents horizons. Qu'ils soient professeur de médecine ou de littérature, dessinateur, biologiste, psychiatre, avocat, architecte, mathématicien ou alpiniste, ils proposent, chacun à leur manière, en sortant parfois de leur réalité professionnelle, une réflexion en lien avec ce thème vaste, incertain et intemporel. Bertrand Ludes (professeur de médecine) : Immortalité des corps Bertrand David (dessinateur) et Jean-Jacques Lefrère (professeur de médecine) : Hommes de la préhistoire. Une immortalité réussie Christian Hervé (profeseur de médecine) : Vie et transmission : immortalité ou éternité Patrick Berche (médecin biologiste) : L'immortalité en biologie Hugues Marchal (professeur de littérature) : L'immortalité littéraire Olivier Hermine (professeur de médecine) et Elizabeth Blackburn (biologiste) : De l'immortalité cellulaire à l'immortalité de l'homme Olivier Garraud (professeur de médecine) : Anthropologie de l'immortalité Amaury Tissot (enseignant), Philippe Schneider (médecin hématologue) et Jean-Daniel Tissot (médecin) : Le génome du Christ Michel Pierssens (professeur de littérature) : Spiritisme et immortalité Murielle Louâpre (professeur de littérature) : L'immortalité par l'Histoire Laurent Keller et Elisabeth Gordon (biologistes) : Immortalité des fourmis Jacques Besson (psychiatre) : Psychiatrie et immortalité Vincent Barras (historien de la médecine) : Les médecins et la mort Bruno Pozzetto et Astrid Vabret (professeurs de médecine) : Les virus sont-ils des êtres immortels ? Charles Joye (avocat et professeur de droit) : Le droit des morts à l'immortalité Claude Calame (helléniste et anthropologue) : Cheminements de l'immortalité en Grèce ancienne Maurice Culot (architecte) : Monuments immortels Olivier Salon (mathématicien) : Une modélisation mathématique de l'immortalité Jean Troillet (alpiniste, guide de montagne) et Pierre-Dominique Chardonnens (écrivain) : Vaincre les cimes : entre impression d'immortalité ou d'humanité Pascal Singy (professeur de sociolinguistique) et Isaac Pante (écrivain, diplômé en linguistique) : La puissance des mots : immortalité, infini, fini, mort, éternité Jacques Thévenaz (mathématicien) : Le fini et l'infini Sommes-nous immortels ou le serons-nous un jour ? Entre utopie et réalité, des spécialistes abordent les différentes facettes de l'immortalité.




Marie-Pierre Grosjean (dir.) : La philosophie au coeur de l'éducation: Autour de Matthew Lipman

Vrin - Décembre 2014 - Annales de l’institut de philosophie de l’université de Bruxelles


La communauté de recherche et le dialogue constituent les deux concepts clés de la philosophie de l’éducation de Matthew Lipman. Forgés dans le sillage du pragmatisme de Peirce et de Dewey, ils portent les marques de l’influence de la philosophie de la culture d’Hannah Arendt, de la philosophie du langage de Wittgenstein, de l’herméneutique de Merleau-Ponty sans oublier les racines socratiques et aristotéliciennes. À partir de 2000, la philosophie de Lipman a pris une orientation nouvelle en s’ouvrant à l’holisme de Martha Nussbaum et d’Amartya Sen. Se trouvent ainsi confirmées les intuitions de jeunesse ainsi que l’importance des émotions et de la sollicitude dans la formation du jugement. Dès lors, la philosophie trouve sa place dans l’éducation dès le plus jeune âge en tant que discipline spécifique dont la finalité est de développer la pensée dans ses trois dimensions critique, créative et vigilante. La philosophie renoue ainsi avec la pratique socratique mettant au premier plan sa dimension sociale et éthique.

Ont participé à ce volume : D. Camhy, S. Coppens, M.-F. Daniel, J. Glaser, M. R. Gregory, M.-P. Grosjean, I. Jespers, F. G. Moriyon, M. Santi, A. M. Sharp et L. Splitter

samedi 29 novembre 2014

Thierry Hoquet et Francesca Merlin : Précis de philosophie de la biologie

VUIBERT - 19 novembre 2014 - Collection : Philosophie des sciences


La philosophie de la biologie est un domaine extrêmement actif de la recherche dans la tradition philosophique anglo-saxonne. Elle réunit philosophes et biologistes autour de la question de la définition des concepts fondamentaux : gène, cellule, organisme, espèce, développement, évolution, adaptation, etc. 
Ce livre, qui rassemble les contributions d une trentaine de spécialistes français et étrangers, présente en 24 chapitres l état de la recherche actuelle dans tous les principaux domaines de la biologie.
Il peut être utilisé comme manuel pour les cours de philosophie des sciences au niveau Master. 
Sommaire : Introduction : Qu est-ce que la philosophie de la biologie ; I. Le cadre théorique de la biologie (1. Structuration intra-disciplinaire 2. Structuration inter-disciplinaire 3. Biologie et philosophie générale des sciences) ; II. Ontologie de la biologie (1. Le mobilier du monde biologique 2. Dynamiques et processus)



Figures de la Psychanalyse n°28 - Neurosciences, Psychanalyse et Psychiatrie : Quels Enjeux ?

Ed. Erès - Novembre 2014


La question qui s'impose avec une certaine urgence, c'est la possibilité ouverte ou fermée pour la psychanalyse de rentrer dans le nouveau marché du soin. En effet, si la problématique du sujet est tout à fait fondamentale pour la psychanalyse, c'est le contraire qui arrive dans la nouvelle cartographie nosographique de la psychiatrie actuelle. De fait, la description dans celle-ci des petits bouts de comportements associés toujours à de quelconques médicaments, efface la référence au sujet. Il faut se demander quels sont les effets catastrophiques, au point de vue psychique et symbolique, de cet effacement du sujet.

Coordination : Christian HOFFMANN - Monique LAURET - Jacques SEDAT

Ont participé à ce numéro : Gérard BAZALGETTE - Nedra BEN SMAIL - Joel BIRMAN - Jean-Pierre BOURGEOIS - Edith CAMPI - Patricia DESROCHES - Yorgos DIMITRIADIS - Olivier DOUVILLE - Claire GILLIE - Patrick LANDMAN - Cédric LEVAQUE - Pascale MACARY-GARIPUY - Gérard POMMIER - Patricia ROSSI-NEVES - Catherine VANIER 


Guy Le Gaufey : Une archéologie de la toute-puissance : D'où vient A barré ?

Epel - 21 novembre 2014 - Collection : Essais


La toute-puissance a mauvaise presse : on L'envisage soit comme pur mirage, soit comme dévoiement d'une surpuissance, alors qu'elle a d'abord été une façon d'affirmer une altérité irréductible.
Théologique, elle a contribué à établir la liberté de Dieu au-delà de l'ordre dont il était le garant. Politique, elle a été au fondement de l'absolutisme royal à la française. Juridique, elle s'est immiscée dans l'état d'exception, en plein coeur des systèmes démocratiques. Dans tous les cas, elle repose sur l'existence d'une volonté tenue pour insondable, et donc : toute Autre.
En destituant l'Autre de toute qualité subjective, Jacques Lacan a creusé l'espace d'une question médite au regard de cette tradition : et si le monde de la toute-puissance ne recelait aucun agent ? Ne serait-ce point là le véritable athéisme ?


Alexandra Roux (dir.) : Schelling. Philosophe de la mort et de l’immortalité. Études sur Clara (avec la traduction française du texte de Schelling)

PU Rennes - 21 novembre 2014 - Collection : PHILOSOPHICA


Ce volume est le premier ouvrage entièrement consacré à Clara, texte sans équivalent non seulement dans l’ensemble de la production de Schelling mais aussi dans l’histoire de l’idéalisme allemand. Après six contributions consacrées à cette œuvre, ce volume présente la traduction française de Clara que l’on doit à Élisabeth Kessler, entièrement révisée par Pascal David et Alexandra Roux.

Avant-propos de Bernard Mabille

Sommaire

Lectures historico-critiques
Lectures immanentes
Lectures chiffrées
Lectures thématiques

John Dewey : La quête de certitude: Une étude de la relation entre connaissance et action

Gallimard - 28 novembre 2014 - Collection : Bibliothèque de Philosophie - Traduction Patrick Savidan


Lorsqu'en 1929 John Dewey (1859-1952) publie La Quête de certitude, il se tient à un moment déterminant de sa trajectoire : il a, depuis le début des années 1920, fait successivement paraître Reconstruction in Philosophy (1920), Human Nature and Conduct (1922), Experience and Nature (1925). Cette séquence traduit l'effort hors du commun que produit alors le philosophe pour donner à sa pensée tous les moyens et les outils qu'elle requiert, pour expliciter les raisons qui justifient l'urgence, politique et éthique, de sa mise en oeuvre. La Quête de certitude, dont on a souvent dit qu'il constitue l'exposé le plus précis et le plus complet du pragmatisme de Dewey, rassemble et réagence de manière décisive les résultats obtenus. Le point de départ en est la dénonciation des difficultés que suscite le besoin de certitude lorsque celui-ci se confond avec une quête de l'immuable et du permanent. S'appuyant sur l'exemple de l'enquête telle qu'elle se pratique dans les sciences de la nature, John Dewey se demande comment conduire l'intelligence dans le domaine des valeurs. Renonçant à l'opposition de la connaissance et de l'action, de la théorie et de la pratique, il propose une méthode visant à garantir, par la considération des conséquences, la sûreté du jugement. Tel est l'axe autour duquel pivote la révolution copernicienne qu'il appelle de ses voeux. Tiré des Gifford Lectures que John Dewey fut invité à donner au printemps 1929, La Quête de certitude est une oeuvre philosophique de maturité qui constitue en même temps un point d'accès privilégié à l'ensemble de la pensée du philosophe.