samedi 18 mai 2019

Joseph Roth : L'autodafé de l'esprit

Editions Allia - Mai 2019 - La très petite collection


“Le monde menacé et terrorisé doit se rendre compte que l’intrusion du caporal Hitler dans la civilisation européenne ne signifie pas simplement le début d’un nouveau chapitre dans le domaine de l’antisémitisme : non ! Ce que disent les incendiaires est vrai, mais dans un autre sens ; ce Troisième Reich est le commencement de la destruction! En battant les Juifs, on poursuit le Christ. Pour une fois, on n’assomme pas les Juifs parce qu’ils ont crucifié Jésus, mais parce qu’ils l’ont engendré. Quand on brûle les livres des auteurs juifs ou soupçonnés tels, on met le feu, en réalité, au Livre des livres : à la Bible. Quand on expulse et qu’on enferme des juges et des avocats juifs, on s’attaque, en esprit, au droit et à la justice.”
Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs ou jugés “décadents” sous le Troisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle qui agite son époque. Nous sommes fin 1933. Roth, lui-même exilé, écrit à chaud. Et, au nom de tous les écrivains juifs de langue allemande, il reconnaît : “Oui, nous sommes battus.” Mais il ajoute plus loin : “Nous sommes fiers de notre défaite.”Peu de temps après l’arrivée au pouvoir du parti national-socialiste en 1933, la chancelier Adolf Hitler lance une “action contre l’esprit non allemand”. Le 10 mai 1933, devant l’opéra de Berlin et dans 21 autres villes allemandes, est mise en scène une cérémonie mortuaire : des dizaines de milliers de livres sont publiquement jetés au bûcher par des étudiants, des enseignants et des membres du parti nazi.
Face aux dérives nationalistes du savoir institutionnel, Roth se fait le défenseur des “écrivains véritables”, dont les œuvres sont détruites sur ordre de dirigeants qu’il juge analphabètes. Cette opération d’anéantissement de la pensée s’appuie selon Roth sur une idéologie matérialiste et militaire qui remonterait à Bismarck et dont l’Allemagne hitlérienne figurerait le paroxysme. Ces écrivains, bien avant Hitler, se sentaient déjà des émigrés et des sans-patrie “dans le royaume de la technique, des caporaux, des parades et du garde-à-vous”. Sous le Troisième Reich, ce sentiment devient effectif.
Or, les autodafés menés par les idéologues nazis annihilent par glissement l’origine même de la culture judéo-chrétienne. En brûlant un seul livre, ce sont les livres dans leur ensemble qu’ils détruisent. Et surtout ils portent atteinte au « livre des livres », à savoir la Bible. En brûlant ces livres sur leurs bûchers, c’est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies. Là où l’Église catholique a passé un “concordat” avec le Reich et où les protestants ont créé une “église allemande” en brûlant la Bible, les écrivains juifs restent les seuls défenseurs de l’Europe spirituelle.

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Cynthia Fleury : Le soin est un humanisme

Gallimard - Mai 2019 - Tracts


Tel est le chemin éternel de l'humanisme : comment l'homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l'éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n'est pas soin, elle n'est rien. Cynthia Fleury Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps qui est confisqué, ce temps qui n'est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l'incurie du monde, de poser au coeur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l'exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l'existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l'hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d'échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l'attention créatrice de chacun à chacun.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie du droit de fuite

Kimé - Mai 2019


L’essai reconsidère la notion d’exil. Il pose des ancrages pour des pratiques de l’agir d’égaux libres qui vivent une condition d’exilés. Il s’appuie sur Hannah Arendt (liberté politique), revisite le droit d’avoir des droits, aborde l’égalité versus l(in)égalité politique avec Rancière, la solidarité, la sororité/fraternité, l’hospitalité (féministes matérialistes, délit de solidarité, Roya, Kant). L’enjeu est de briser l’exil, d’inventer le desexil, un concept en mouvement (Deleuze&Guattari) en considérant la nouvelle situation générale d’un peuple multiple, hétérogène, en conflits, d’exilés prolétaires dans le l’hypercapitalisme globalisé (Tosel) caractérisé par une civilisation d’expulsion-extermination-annihilation. La politique, la philosophie ont besoin de s’ancrer dans l’histoire des sans-Etat, des politiques d’expulsions (Sassen), de déportation (Sustam), l’exil forcé dans l’expansion capitaliste (Batou, Frazer, Fillipati), le terrible et court XXe siècle (guerre totale, extermination) et ses traces. La prise en compte aujourd’hui de l’effet boomerang imprévisible de l’impérialisme (Rosa Luxemburg) est un point fondamental dans l’essai. L’apartheid banalisé (Monnier) est la vitre invisible qui cache les rapports de domination de classe/sexe/race. La figure des disparus (Cortazar, Veloso) qui se globalise en poussant les limites de la violence dans un nihilisme absolu, amène à devoir intégrer leur figure pour articuler pouvoir et violence dans ces rapports. L’essai se termine, par une réflexion après-coup sur un parcours qui partant de la migration aboutit à l’universalisation de la liberté politique de se mouvoir. Des ancrages philosophiques réflexifs sont autant d’outils (imagination radicale, Castoriadis), (affect de la compréhension, Arendt), (aporie entre violence et révolution, Arendt) et pari pour une politique d’anti-violence (Balibar).

Marie-Claire Caloz-Tschopp a enseigné la philosophie et la théorie politique (tradition officielle et minoritaire dans des universités et lieux de formation populaire liés au mouvement ouvrier, aux mouvements sociaux (Lausanne, Genève, Louvain, Bogota, Paris). Elle a dirigé des recherches sur les politiques migratoires, le droit d’asile, les services publics, les féministes matérialistes, la violence et la guerre, l’Europe, la philosophie de l’action. Elle a participé à la création du mouvement de défense du droit d’asile en Suisse, aux Assises européennes sur le droit d’asile (Lausanne, Genève, Bruxelles, Rome), au Groupe de Genève Violence et droit d’asile en Europe. Elle participe aux activités de Solidarité Sans Frontière (SOSF) Berne, ex-directrice de programme au Collège International de philosophie (2010-2017).

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vendredi 17 mai 2019

François Jullien : L'Inouï. Renverser ce si lassant réel

Grasset - Février 2019


"L’histoire que je raconte ici est celle de tout le monde…
Car qui ne s’est pas trouvé lassé, au fil des jours, du spectacle si merveilleux du ciel, ou du visage de l’Amante, et même d’abord d’être en vie ?
On s’en lasse parce qu’on n’en attend – on n’en entend – plus rien.
Ce qui s’étale, revient toujours, s’enlise en effet dans sa présence et dans sa récurrence et n’émerge plus, n’apparaît plus. On ne pourra y accéder qu’en découvrant ce qui s’en est enfoui d’in-ouï.
Non par dépassement dans un Au-delà, mais par débordement de notre expérience. C’est-à-dire en ouvrant une brèche dans ses cadres constitués et normés, libérant ainsi ce qui s’y révèle autre et qui se donne alors à rencontrer.
Aussi rendre ce si lassant réel à ce qu’il contient en soi d’inintégrable et donc de vertigineux, proprement inouï, est, en amont de toute morale, autour de quoi se jouent – basculent – nos existences.
L’inouï en devient ce concept premier, ce concept clé, ouvrant un minimum métaphysique où s’opère, ici et maintenant, un tel renversement.
Car que peut-on attendre d’autre – espérer entendre d’autre – que l’inouï ? " — F.J.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : Une philosophie pour la République. La longue transition (1799-1871)

Kimé - Mai 2019


Walter Tega est connu pour ses travaux sur l’idée d’Encyclopédie dans la culture européenne. Il a toujours insisté sur les liens que cette idée entretient avec les combats politiques fondateurs de l’idée républicaine. Dans cet ouvrage, Walter Tega retrace l’histoire du socialisme français dans ses liens avec une exigence de culture scientifique, critique et démocratique à la base du combat républicain. Cet ouvrage vient ainsi combler un manque dans la généalogie de l’idée républicaine en France. Issu de la recherche telle qu’elle est pratiquée par-delà les Alpes, il permet de multiplier les points de vue originaux et des rapprochements qui ne viendraient pas spontanément à la conscience d’un chercheur hexagonal. Le livre se veut enfin un témoignage ardent sur la grandeur de l’idée sociale dans un moment de crise de la représentation européenne.

Walter Tega est professeur émérite à l’Université de Bologne. Son œuvre de chercheur engagé est considérable, tant par les travaux publiés que par les nombreux élèves qui se reconnaissent dans la suite de son enseignement. Walter Tega est Président de l’Académie des Sciences de l’Institut de Bologne.

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Juan Vicente Cortés : La notion de jouissance chez spinoza. Essai de reconstruction conceptuelle

Editions de la Sorbonne - Mai 2019 - La philosophie à l'œuvre


Bien que marginale, la notion de jouissance joue un rôle fondamental dans le programme philosophique de Spinoza. Or, bien que certains commentateurs se soient penchés sur cette notion, à partir notamment de l’étude de l’affect de gaudium, précisément identifié et défini par Spinoza, aucune étude n’a été proposée qui aille au-delà de l’analyse de cet affect. En se centrant uniquement sur les problèmes que peut poser l’affect de gaudium à l’éthique spinozienne, on passe sous silence le rôle structural de la notion de jouissance, qui se dévoile pourtant à qui prête attention à son champ lexical. Aussi ce livre ouvre-t-il la recherche à la trame complexe qui relie les termes de gaudium, fruitio, delectatio et obtinentia dans la philosophie de Spinoza, et rend par là possible une reconstruction du concept de jouissance. Il s’agit ici de montrer que la notion de jouissance n’est pas réductible à l’affect passif de joie dénommé gaudium et défini en E3, ni même à un simple affect, actif ou passif. Quelle est donc la vraie place de la jouissance dans le système de Spinoza ? Qui jouit ? De quoi jouit-on ? Voici quelques questions que ce livre s’efforce d’éclairer, en parcourant des chemins divers (analyse lexical, reconstruction conceptuelle, comparaison structurale), mais toujours à partir de textes précis pris à l’ensemble de l'oeuvre de Spinoza.

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jeudi 16 mai 2019

Julien Pieron (dir.) : Habiter le trouble avec Donna Haraway

Editions Dehors - Mai 2019


Habiter le trouble, avec Donna Haraway est un ouvrage collectif qui vise à contribuer à la réception francophone du travail récent de Donna Haraway. Ce livre rassemble un grand entretien avec la philosophe et croise des essais issus des champs des sciences humaines et de la philosophie. Cet ouvrage tentent de situer les travaux d'Haraway dans les débats contemporains sur l’anthropocène et réinscrivent l'auteure dans une trajectoire théorique des luttes éco-féministes et pacifistes. Il propose également une série d’enquêtes consacrées à Fukushima, aux institutions psychiatriques, aux pratiques d’élevage et d’abattage…, s'inscrivant ainsi dans la démarche d’Haraway, et à la façon dont ses textes cultivent avec une égale ferveur l’imagination spéculative et l’attention passionnée au réel.

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André Gorz : Penser l'avenir. Entretiens avec François Noudelmann

La Découverte - Mai 2019 - Collection : Cahiers libres


Penser l'avenir se constitue d'une série d'entretiens menés par François Noudelmann auprès d'André Gorz quelques années avant sa disparition. Á la faveur de ces échanges, l'auteur du Traître nous offre un regard original sur l'ensemble de son parcours intellectuel.

Penseur singulier, inspiré notamment par Jean-Paul Sartre, André Gorz (1923-2007) pose sans relâche la question fondamentale du sens de la vie et du travail, maintenant le cap sur la liberté et l'émancipation du sujet. Existentialiste, marxiste atypique, anticapitaliste, il est aussi l'un des premiers artisans de l'écologie politique. 
Au fil du temps, ses réflexions ont porté sur l'aliénation de l'homme contemporain, la question du travail à l'époque de l'automatisation, la libération de la vie tandis que s'imposaient l'urgence écologique et la nécessaire décroissance, la précarité et le dépassement du salariat. Une pensée audacieuse qui refuse le conformisme et le confort de positions établies pour explorer de nouveaux champs et rendre à l'humain toute sa place. 
En 2005, François Noudelmann a mené un long entretien avec le philosophe, pour partie diffusé sur France Culture. Penser l'avenir restitue la totalité de ces échanges qui revisitent le parcours de Gorz, et offrent une introduction accessible à son œuvre.

Préface de Christophe Fourel.

André Gorz (1923-2007) est un philosophe et journaliste français. Disciple de l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, il devient l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique. En 1964, il est cofondateur, sous pseudonyme, du Nouvel Observateur, avec Jean Daniel. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont notamment Le Traître (Avant-propos de Jean-Paul Sartre, Seuil, 1958), de Métamorphoses du travail (Galilée, 1988) et de Lettre à D. Histoire d'un amour (Galilée, 2006). 
François Noudelmann, ancien directeur du Collège international de philosophie, est professeur à l'université Paris 8, membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de Sartre, il a entre autres publié Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano (Gallimard, 2008), Les Airs de famille. Une philosophie des affinités (Gallimard, 2012) et plus récemment une biographie d'Édouard Glissant, L'identité généreuse(Flammarion, 2018) 
Christophe Fourel, économiste de formation, travaille actuellement au ministère des Affaires sociales. Il est par ailleurs Président de l'Association des lecteurs d'Alternatives Économiques, Responsable du Pôle Solidarité de Terra Nova et directeur d'ouvrages : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (La Découverte, 2012), Le Moment Gorz (avec Alain Caillé, Le Bord de l'eau, 2017).

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Marcel Lamy : Moments de philosophie. Lectures, notions, méthode

Presses universitaires de Rennes - Mai 2019 - Collection : Didact


Cet ouvrage propose de façon profonde, claire et simple des interprétations de grands auteurs comme Platon, Aristote, Machiavel, Hobbes, Pascal, Hegel, Marx, Bergson, Sartre, Bachelard. En traitant les questions de l'amitié, de la justice, du pouvoir, de l'histoire, du travail, du droit, de l'art, de l'imagination ou de la vie, il envisage sur des exemples privilégiés les domaines du savoir philosophique les plus importants : l’éthique, la politique, l’esthétique et la métaphysique. Ces textes, qui possèdent une portée méthodologique, mettent en oeuvre — à toutes les pages et de façon tout à fait vive — l'étonnement qui est le principe de toute philosophie et de son enseignement dont Wittgenstein disait « qu'il n'était pas fait pour donner à l'élève une nourriture à son goût mais une nourriture capable changer son goût. »

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mercredi 15 mai 2019

Nathalie Ferrand (dir.) : Écrire en Europe. De Leibniz à Foscolo

CNRS - Mai 2019

C’est à une enquête dans un vaste atelier d’écriture à l’échelle de la République des lettres européennes que nous convie cet ouvrage : de Leibniz à Foscolo, en passant par Vico, d’Argenson, Voltaire, Diderot, L.-S. Mercier, Alfieri, J.-B. Say. Études de manuscrits de travail, livres annotés, papiers d’écrivains proposent ici autant d’entrées diverses et spécifiques dans la production d’œuvres appartenant à des genres différents.
Cette exigence d’incorporer la question des manuscrits à l’analyse des œuvres promeut l’idée que l’œuvre se cherche au lieu d’être donnée. Ainsi, dans ce volume certains auteurs sont pour la première fois envisagés du point de vue de leurs manuscrits (d’Argenson, Jean-Baptiste Say). On notera l’étude génétique de textes philosophiques, une lettre à Arnauld de Leibniz par Michel Fichant, montrant une pensée en devenir.
Des études de cas renouvelant nos interprétations des textes et des auteurs de l’âge moderne.
Directrice de recherche au CNRS, responsable de l’équipe « Écritures des Lumières » à l’Institut des textes et manuscrits modernes, Nathalie Ferrand consacre ses travaux au XVIIIe siècle, notamment au roman dans un contexte européen. Elle a entre autres collaboré à l’édition des Œuvres complètes de Voltaire à Oxford et prépare actuellement la première édition génétique des manuscrits de La Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau.
Table des matières
Nathalie Ferrand (ENS/CNRS), « Expériences du manuscrit »
Études génétiques
Guillaume Peureux (Université de Nanterre), « Comment étudier la genèse d’une œuvre sans contexte ? Le ‘manuscrit de Maastricht’ » Michel Fichant (Université Paris-Sorbonne), « L’écriture philosophique de Leibniz : points de vue génétiques » Andrew Jainchill (Queen’s University, Kingston), « Genèse d’une pensée politique : les manuscrits des Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France du marquis d’Argenson » Chiara Piola Caselli (Université de Pérouse), « Dans “l’atelier” d’Ugo Foscolo. Le cas de l’Essai sur les principes de la littérature et sur une méthode d’institutions littéraires»
Bibliothèques annotées
Fabrizio Lomonaco (Université de Naples), « Genèse et mouvement d’écriture philosophique dans les réimpressions anastatiques des œuvres de Giambattista Vico » Gillian Pink (Université d’Oxford), « Le Vrai Sens d’une esquisse de Voltaire classée parmi ses marginalia » Christian Del Vento (Université Paris Sorbonne Nouvelle), « Manuscrits et livres comme manuscrits. Réflexions à partir d’Alfieri »
Destinée des papiers d’écrivain
Caroline Warman (Université d’Oxford), « Du manuscrit à l’ouvrage manuscrit : Naigeon présente Diderot dans les Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Denis Diderot (1821) » Jean-Claude Bonnet (Université Paris Sorbonne/CNRS), « Le fonds Mercier de la Bibliothèque de l’Arsenal » Michèle Moulin-Sacquin (Bibliothèque de l’Institut de France), « L’atelier de Jean-Baptiste Say : les rêves d’écriture d’un économiste d’après les manuscrits de la Bibliothèque nationale de France »

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Julien Zanetta : Baudelaire, la mémoire et les arts

Classiques Garnier - Mai 2019 - collection "Baudelaire"


Partagée, singulière, profonde, répétitive, créative, la mémoire que Baudelaire définit dans ses écrits esthétiques est à géométrie variable. Un seul terme embrasse, en effet, des opérations aussi différentes que l’apparition passive du souvenir, sa recherche active, la mémorisation, la remémoration ou encore le souvenir réélaboré par l’imagination. Mais toutes sont essentielles au «culte des images » la « grande », « unique », « primitive passion » du poète des Fleurs du Mal. Et s’il fallait trouver une figure à qui ce culte serait dédié, nul doute que l’honneur reviendrait à Mnémosyne, mère des Muses.

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Anne Querrien, Anne Sauvagnargues, Arnaud Villani (dir.) : Agencer les multiplicités avec Deleuze

Hermann - Mai 2019


Issu d’un colloque de Cerisy consacré en 2015 à Gilles Deleuze, cet ouvrage expose les efforts joints de la jeune génération de chercheurs et ceux de ses aînés pour tenter, à partir d’une multitude de points de vue, de rendre compte de la fascination qu’exerce cette pensée, et de l’importance qu’y prend aussi, parallèlement aux personnalités de Deleuze et de Guattari, ce personnage créé entre eux comme un tiers, une « fonction » : D&G.
Attaché, dès avant 1953, à restituer des processus, des actes, des mouvements, des transformations, pour remplacer les substances, arrêts sur image, interprétations et représentations, Deleuze n’a cessé de suivre deux lignes qui, échappant au « transcendant » et répondant à une nouvelle théorie du signe, ne cessent de « bifurquer » tout en conservant leur mouvement infini : 1) la ligne de vie et de pensée, qui expérimente les multiplicités, c’est-à-dire manifeste et prend en compte librement l’éclair issu de la rencontre aléatoire entre singularités chargées d’une différence de potentiel ; 2) la ligne de l’art, qui agence les multiplicités, c’est-à-dire produit, « involontairement » et « à côté », des blocs de vie indépendants, à la fois créateurs et propageant un esprit et un acte de résistance. Cette double direction de recherche s’est afirmée dans la rencontre avec Guattari. Elle inspire aujourd’hui cet ouvrage.

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