vendredi 24 juillet 2015

Bénédicte Bouillot : Le noyau de l'âme selon Edith Stein. De l'épochè phénoménologique à la nuit obscure

Editeur : Editions Hermann - Juillet 2015 - Collection : De Visu


La notion de noyau de l'âme, qu'Edith Stein élabore en réponse à l'interrogation sur l'énigme de la singularité humaine, est l'une des plus originales de sa pensée. Traversant l'ensemble de son oeuvre, comme catégorie phénoménologique, ontologique et spirituelle, son étude permet de mettre à jour les motifs philosophiques de l'évolution de sa pensée, et de dégager l'unité d'une oeuvre d'inspiration fondamentalement phénoménologique, jusque dans son ouverture à la métaphysique et à la mystique (carmélitaine). Dégager les enjeux philosophiques et religieux de la notion steinienne de noyau de l'âme conduit ainsi au coeur des débats contemporains sur les relations de la phénoménologie tant à la métaphysique qu'à la théologie - le french debate' -, et fait apparaître comme d'autant plus paradoxale l'ignorance de la phénoménologie française à l'égard de l'ancienne étudiante et assistante de Husserl.

Bénédicte Bouillot est docteur en philosophie (université de Poitiers, ICP), et possède une licence canonique en théologie (ICP). Membre de la communauté du Chemin Neuf, elle enseigne la philosophie aux facultés jésuites de Paris (Centre Sèvres) et au Studium de philosophie de Chartres.

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Didier Moulinier : Hérésies non-philosophiques

Les Contemporains favoris - Juillet 2015 - Coll. Bleue/essais


Partie I. Critique du principe de philosophie suffisante
Partie II. Pour une pensée (vraiment) non-religieuse
Partie III. Etudes laruelliennes

L'objet unique de ce livre est la Philosophie considérée comme pensée et discours comportant un certain nombre d'invariants structuraux. Le projet d'étudier la philosophie selon un point de vue spécifiquement non-philosophique paraîtra étrange et ne saurait être perçu que comme une hérésie (aux yeux des philosophes). Pourtant il ne s'agit nullement de renier la philosophie mais au contraire de l'aider à s'affranchir d'un certain nombre de limitations. La première partie dénonce ce que François Laruelle appelait naguère le Principe de philosophie suffisante, soit le droit non-critiqué que s'arroge la philosophie d'être présente absolument partout sous le mode de la Question (son obsession de faire monde, aux antipodes de l'esprit d'hérésie), alors même qu'elle confirme régulièrement son incapacité à penser démocratiquement, sa volonté de dominer conceptuellement les autres discours et notamment les sciences, sa prétention de pouvoir constituer (sinon définir) le réel. La seconde partie tente de poser les fondements d'une 'pensée (vraiment) non-religieuse' ce qui n'est encore concevable que non-philosophiquement. En effet l'on ignore encore trop que la philosophie et la religion font système en tant que pensées fonctionnant pour partie à la raison et pour partie à la foi. La méthode non-philosophique s'appuie sur le concept d'hérésie en le laïcisant radicalement - pour essayer de passer outre ce véritable « paradigme philosophico-religieux ». Enfin la troisième partie, la plus importante de l'ouvrage, rassemble des 'Etudes laruelliennes' mettant en oeuvre dans divers domaines de la philosophie (épistémologie, ontologie, éthique, politique, anthropologie...) le mode de penser uni-latéralisant proposé par François Laruelle. Ces études sont autant de synthèses, de développements, de comptes-rendus parfois critiques destinés à éclairer la pensée et l'oeuvre considérables (mais atypiques) de François Laruelle, assurément l'un des philosophes français contemporains les plus importants (mais aussi l'un des moins lus). L'une des motivations de ce livre est de contribuer à réparer cette injustice. (Source : l'éditeur)

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Luc Foisneau (dir.) : Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle. Acteurs et réseaux du savoir

Editions Classiques Garnier - Juillet 2015 - Dictionnaires et synthèses


Le Dictionnaire des philosophes français du xviie siècle présente, dans l’ordre alphabétique, les vies et les œuvres de 690 auteurs qui ont écrit au moins un texte, publié ou inédit, en France entre 1601 et 1700. L’acception large du mot « philosophe » au xviie siècle fait de ce dictionnaire une véritable encyclopédie du savoir baroque et classique, englobant la logique, la métaphysique, mais aussi la littérature (incluant la poésie d’idée), le droit, l’histoire, la philosophie des arts, la physique et les sciences secrètes (alchimie, astrologie, cabbale). La méthode mise en œuvre permet de montrer que les œuvres et les vies les plus minimes en apparence peuvent révéler des relations insoupçonnées entre courants de pensée, approches scientifiques et obédiences religieuses et politiques.
La version anglaise, parue à Londres et New York en décembre 2008, s’inscrivait dans un projet intellectuel de grande ampleur visant à appliquer à l’Europe entière et aux États-Unis, du xviie au xxe siècle, une nouvelle approche de la pensée philosophique, à travers l’étude des auteurs réputés mineurs (minores). C’est cette même approche que l’on retrouve dans la version française, mais avec un élargissement important du périmètre d’étude, puisque cette version comporte 108 entrées supplémentaires, ainsi que, après l’Avant-propos (Luc Foisneau), 8 introductions thématiques qui proposent autant de parcours possibles dans l’ouvrage : « Les cartésiens français » (Emmanuel Faye) ; « Philosophies et théologies scolastiques » (Jacob Schmutz) ; « “Libertins” et esprits forts » (Isabelle Moreau) ; « La pensée clandestine » (Gianni Paganini) ; « Les sciences » (Philippe Hamou) ; « Théorie des arts » (Carole Talon-Hugon) ; « Controverses religieuses et naissance de la République des lettres » (Antony McKenna) ; « Lieux, sociabilités et pratiques philosophiques » (Stéphane Van Damme). En outre, alors que la version anglaise ne disposait que d’un index des noms propres (personnes et lieux), la version française propose un index historique et raisonné de plus de 300 pages, qui contient des notules donnant des informations sur toutes les personnes nommées dans le texte des notices principales. Les bibliographies, qui accompagnent chacune des notices, ne prétendent pas à l’exhaustivité : elles sont un choix raisonné visant à orienter le lecteur vers les ouvrages susceptibles de l’aider dans sa recherche.
Le sous-titre de la version française du Dictionnaire, « acteurs et réseaux du savoir », indique que l’ouvrage est destiné à tous les spécialistes du xviie siècle. (Source : Wikipedia)

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jeudi 23 juillet 2015

Dominique Cardon et Antonio A. Casilli : Qu'est-ce-que le digital labor ?

Editeur : INA - Juillet 2015 - Collection : Etudes et controverses


Cet ouvrage est le résultat d’un dialogue engagé en juin 2014, lors d’une séance des ateliers de recherche méthodologique organisés par l’Ina, entre Dominique Cardon et Antonio Casilli sur le thème du digital labor. Au travers d’échanges nourris, antagonistes parfois, ils ont abordé avec une hauteur de vue exemplaire les questions liées aux enjeux de la production de valeur sur Internet et à la qualification des usages numériques ordinaires comme travail. Ces ateliers, animés depuis 2009 par Louise Merzeau, Maître de conférences HDR en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ont vocation à accompagner les usages de recherche sur et à partir du web archivé. Ils sont l’occasion de débats sur les grands enjeux de la transition numérique.

Antonio Casilli est maître de conférences en Digital Humanities à Telecom Paris-tech, chercheur en sociologie au centre Edgar Morin de l’EHESS, où il dirige depuis 2009 un séminaire intitulé "etudier les cultures du numérique". Il est l’auteur de l’ouvrage Les liaisons numériques (Seuil) et anime le blog Body Space Society. Dominique Cardon est sociologue et chercheur au laboratoire des usages de France Telecom, et professeur associé à l’université de Marne-la-Vallée. Il est l’auteur de l’ouvrage La démocratie Internet-Promesses et limites, ainsi que de Médiactivistes avec Fabien Granjon.

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Alexandra Roux : L'ontologie de Malebranche

Editions Hermann - Juillet 2015


Dans l'Exposé de la philosophie rationnelle pure professé par Schelling dans les années 1847-1852, Malebranche est présenté comme un jalon majeur de l'histoire des conquêtes remportées graduellement par la raison moderne : pour avoir eu l'audace de désigner Dieu même par le seul mot de "l'Etre", il aurait su donner son vrai nom au concept suprême de la raison. Schelling propose toutefois une critique perspicace de son ontologie, critique qu'on a voulu mettre ici à l'épreuve des textes de Malebranche. Elle engage en effet des questions décisives pour la compréhension de la métaphysique du philosophe français :1) Que faut-il que soit Dieu pour que l'idée de "l'être" suffise à le penser ? 2) Si cette idée est celle de l'être "en général", l'ontologie de Malebranche ne prend-elle pas le risque de parler abstraitement de la Divinité, en outre d'être univoque ? 3) Comment Dieu peut-il bien être incompréhensible s'il est seulement celui qui comprend en lui-même tous les intelligibles ? 4) En quel sens sa substance est-elle participable par les êtres qu'il crée. et d'où lui vient au juste cette possibilité qu'elle a depuis toujours d'être participée ?

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vendredi 3 juillet 2015

Collectif : Pour et contre le scepticisme. Théories et pratiques de l'antiquité aux lumières

Honoré Champion - Juin 2015


Cet ouvrage se propose de mener l’enquête tant sur les accusations de scepticisme et sur les modes de défenses spécifiques que ces dernières imposent de mettre en place, que sur la façon dont les mêmes arguments circulent et peuvent servir à des projets contraires. Cette perspective polémique permet ainsi de s’interroger sur les étiquettes philosophiques, sur la circulation des arguments, et sur leur force et leur portée, non seulement au sein du corpus sceptique, mais aussi à l’intérieur des systèmes sommés de répondre aux questions qu’ils posent.

TEXTES RECUEILLIS ET ÉDITÉS PAR ÉLODIE ARGAUD, NAWALLE EL YADARI, SÉBASTIEN CHARLES ET GIANNI PAGANINI

Nawalle El Yadari, ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, agrégée de philosophie, poursuit une thèse sous la direction de Pierre-François Moreau portant sur les réactions au scepticisme à l’âge classique, intitulée «Traitement du doute et émergence du sujet ».

Élodie Argaud, agrégée de Lettres modernes, achève une thèse sous la direction d’Antony McKenna, sur la pensée de Pierre Bayle, intitulée « Une affinité paradoxale. Épicurisme et augustinisme dans la pensée de Pierre Bayle ».

Sébastien Charles est professeur de philosophie à l’Université de Sherbrooke (Canada), où il dirige le Laboratoire de recherche sur la pensée moderne. Ses recherches portent sur l’idéalisme et le scepticisme à l’âge classique. Sur ce sujet, il a fait paraître dernièrement Berkeley au siècle des Lumières (Paris, Vrin, 2003), Bonheur et volonté dans le cartésianisme : L’Art de vivre heureux du Pseudo-Ameline et le Traité de la volonté de Ameline (Paris, Vrin, 2008) et plusieurs volumes collectifs.

Gianni Paganini est à présent détaché à l’Académie des Lincei (Rome). Il a publié de nombreux volumes, parmi lesquels : Les Philosophies clandestines à l’âge classique (Paris, PUF, 2005) ; Skepsis. Le débat des modernes sur le scepticisme (Paris, Vrin, 2008) ; Th. Hobbes, Moto, luogo e tempo, Turin, UTET, 2010, et plusieurs volumes collectifs. Il a reçu le prix La Bruyère de l’Académie Française (2010) et celui pour la philosophie de l’Accademia dei Lincei (2011).

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lundi 29 juin 2015

Etienne Balibar, André Tosel, Marie-Claire Caloz-Tschopp, Ahmet Insel : Violence, civilité, révolution. Autour d'Etienne Balibar

La Dispute - Juin 2015


Suite de la réflexion sur les rapports entre violence, civilité et révolution dans les sociétés contemporaines, initiée par le philosophe Etienne Balibar dans son ouvrage «Violence et civilité» et prolongée par un colloque international en 2014. ©Electre 2015

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dimanche 28 juin 2015

Catherine Rémy et Laurent Denizeau (dirs) : La Vie, mode mineur

Presses de l'Ecole des mines - Juin 2015


Si la vie était telle que la décrivent le plus souvent les sciences sociales, elle serait sans nul doute invivable. Entièrement tournées vers les enjeux de sens de l’existence, les sciences humaines et sociales tendent à délaisser ce que Bergson appelait la souplesse intérieure de la vie. Pourtant, sans cette souplesse, le monde ne serait qu’un lieu de stratégies sociales, d’échanges contrôlés de messages toujours pertinents en regard d’un système de représentations ; le monde serait enfermé dans des règles rigides dictant à chacun sa façon de jouer son rôle dans l’espace collectif, dans un monde fermé aux paradoxes, aux décalages, à l’ironie.
Pourtant, un observateur attentif remarque que l’accomplissement des activités sociales s’accompagne d’une multitude de détails non-pertinents ou latéraux, ce qu’Albert Piette a nommé le « mode mineur de la réalité ». Des détails qui donnent à penser que l’homme n’est jamais pleinement absorbé dans une activité : il participe certes, mais de façon toujours un peu décalée, injectant à l’occasion d’autres mondes dans la situation présente ou bien tout simplement s’abandonnant à la rêverie ou au pas de côté.
Ce livre réunit les contributions de plusieurs auteurs, sociologues, philosophes, anthropologues, qui ont cherché à mettre au jour cette strate de l’expérience qui fait de l’humain un être à la fois présent et absent, croyant et sceptique, engagé et distant.

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