dimanche 12 juillet 2009

Machiavel

Marie Gaille



Paru le: 01/07/2009
Editeur : LGF/Livre de Poche
Collection : references
Prix : 6,60 €

Les écrits de Machiavel et son personnage hantent nos réflexions politiques depuis le début du XVIe siècle.
Machiavel, auteur d'une ?uvre " écrite avec les doigts de Satan " ? Et pourtant. C'est d'abord la richesse de style et de genres qui apparaît à qui se penche sur cette ?uvre sans se contenter du best-seller qu'est Le Prince. Marie Gaille restitue Niccolò Machiavelli en son temps et en ses lieux : ses missions au service de Florence, son arrestation par les Médicis en 1513 et la torture à laquelle il fut soumis, sa frustration lorsqu'il fut écarté des affaires de la cité, l'âpre réalité politique et militaire des années 1490-1530.
Et l'on voit comment sont nées une pensée et une écriture politiques parmi les plus fascinantes qui soient.

Court traité du rien

Arnaud Villani



Paru le: 01/07/2009
Editeur : Hermann
Collection : Philosophie
Prix : 16 €

«Le Vide des Anciens, c'était tout sauf rien. Notre vide ne laisse aucune place au Tout, leur vide ne laissait nulle place au rien. Tout avait son rôle dans le grand banquet des choses-mêmes. Parce que, sous le "réel", se tenait le néant fondateur, capable - dans sa façon bien à lui - de détourer les formes et de s'en faire le père.»

Ce livre propose un parcours à travers les cultures, les philosophies et les anecdotes du rien. Il n'a en vérité d'autre objet que de redonner à la pensée son mouvement et sa vitesse, c'est-à-dire de fluidifier la philosophie

Leçon philosophique sur La vie

Frédéric Laupies



Paru le: 01/07/2009
Editeur : PUF
Collection : Major
Prix : 11 €

Là réflexion sur la vie peut donner lieu à une épistémologie qui examine le vivant.
ou à une éthique dont l'objet est le vécu. Ces deux voies divergent : la première est objective, la seconde subjective. Cette divergence rend impossible une pensée cohérente de la vie. C'est cette impossibilité qu'il s'agit de mettre en cause. La vie ne se laisse pas couper en tranches. Une pensée de la vie est nécessairement une pensée de l'unité de la vie, puisque c'est la vie elle-même qui produit l'unité.
Aucun vivant ne peut vivre la vie d'un autre ni s'excepter de sa propre vie. Vis ta vie : voilà la sagesse ! La vie n'est donc pensable que par le verbe vivre. Elle ne saurait être un objet. Penser la vie, c'est penser au-delà ou en deçà de l'objet.

mercredi 8 juillet 2009

Phares Volume 9, 2009,

La distinction corps-esprit est-elle encore valable aujourd’hui ?




Le fameux « Mind-Body Problem » offre sans contredit au philosophe actuel une des problématiques les plus riches et les plus discutées, notamment du fait de son interdisciplinarité. Longtemps une chasse gardée de l’analyse philosophique et théologique, l’âme ou l’esprit se sont vus de plus en plus investis comme objet de recherche par les sciences empiriques. C’est donc avant tout au regard des avancées récentes dans le domaine des neurosciences, où l’on considère généralement les actes mentaux comme étant réductibles à des faits psychophysiques, que la question de la distinction entre corps et esprit se pose actuellement. Cette réduction est-elle valide ? La science peut-elle avoir le dernier mot sur ce thème, qui a été reconnu par le passé pour ses implications tant épistémologiques qu’éthiques ? Car, au fond, la science semble bien « fonctionner » et ce, sans avoir à utiliser ces catégories distinctes. Ainsi, le besoin même de la distinction, pour des fins explicatives, semble dépassé. Mais ces catégories pourraient-elles encore apporter quelque chose de plus à notre compréhension de nous-mêmes et du monde ? Des arguments proprement philosophiques ou, même, métaphysiques devraient-ils avoir préséance sur les arguments scientifiques fondés sur l’empirie ? La question, épistémologique et pratique, nous amène aussi inéluctablement sur le terrain anthropologique : l’humain est-il ou a-t-il un corps ? S’il a un corps, qu’est-il donc de plus ? Bref, que sont aujourd’hui corps et esprit et quelle est la nature de leur lien ?

Quatre auteurs nous présentent des perspectives différentes pour aborder ces problèmes. En premier lieu, Louis-Philippe Demars s’intéresse à la source même du dualisme corps-esprit tel qu’on l’a compris dans la modernité, soit à la conception cartésienne du corps et de l’âme. En parcourant les différents aspects du problème chez Descartes et en analysant les arguments (et contre-arguments) se rapportant au dualisme, il est amené à rejeter une distinction réelle entre le corps et l’esprit, et à supporter les conclusions de la science. En deuxième lieu, Raphaël Simard, s’en prenant aussi au dualisme, adopte cependant un autre angle d’attaque en montrant que la réduction matérialiste s’opère à l’intérieur d’une compréhension particulière du monde, de laquelle l’on doit prendre conscience en la rendant explicite et à laquelle il serait alors possible d’opposer une autre compréhension, spiritualiste cette fois. Il tente donc de faire valoir les droits d’un monisme de l’esprit comme solution aux difficultés du dualisme corps-esprit. En troisième lieu, Denis Courville se penche sur la distinction dans le cadre de la phénoménologie husserlienne, telle que développée dans les Méditations cartésiennes. Ce faisant, il fait ressortir une tension entre les subjectivités transcendantale et charnelle, entre un point de vue opérant la distinction corps-esprit en se concentrant sur une conscience désincarnée et un autre où l’ego se présente avant tout comme corps-chair. L’ambiguïté du corps, à la fois objet et chair, si elle ne rend pas la réponse aisée, offrirait néanmoins une perspective différente pour aborder la question posée. En quatrième lieu, Gabriel Bergevin-Estable nous propose une perspective issue de la Chine antique, alors qu’il met en dialogue les idées-forces du texte fondateur de l’école daoïste, le ZhuangZi, avec les conceptions occidentales usuelles du corps et de l’esprit ; et ce, afin de dégager, dans les disciplines théorétiques et pratiques, les modalités selon lesquelles peut s’appliquer ou non la distinction corps-esprit. S’inspirant donc des enseignements du ZhuangZi, l’auteur cherche à montrer l’inéluctabilité de cette distinction pour les sciences noétiques contemporaines qui, pour celui-ci, voudraient bien faire abstraction de l’esprit pour ne conserver que le corps.

DOMINIC CLICHE
JULIEN DELANGIE

Table des matières
Dossier : La distinction corps-esprit est-elle encore valable aujourd’hui?

La distinction corps-âme est-elle encore valable aujourd’hui ? Une critique du dualisme cartésien
LOUIS-PHILIPPE DEMARS

Éloge du tiers toujours exclu: reconsidérer le monisme de l’esprit
RAPHAËL SIMARD

L’ambiguïté du corps chez Husserl : entre une égologie
désincarnée et une phénoménologie de la chair
DENIS COURVILLE

Le Corps et l’Esprit : une épistémologie contrastée au ZhuangZi
GABRIEL BERGEVIN-ESTABLE

Commentaires

Le prince et le génie : la vertu comme adéquation avec soi
THOMAS OUELLET-SAINT-PIERRE

La genèse du républicanisme moderne et la Constitution de 1787
FRANÇOIS CÔTÉ-VAILLANCOURT

Préjugé, autorité et tradition chez Hans-Georg Gadamer dans Vérité et méthode
ALPHEE CLAY SOREL MPASSI

Albert Camus, au-delà du nihilisme
KATERI LÉTOURNEAU

Réplique

Kafka ou l’Enfer, du point de vue de la rédemption : réplique aux Héritiers déshérités
JULIEN DELANGIE

lundi 6 juillet 2009

Les Stoïciens - Ordre du cosmos et liberté spirituelle, parcours et anthologie

Dominique Bourdin



Paru le : 26/06/2009
Editeur : Bréal
Collection : La philothèque

Les stoïciens, cinq cent ans de philsophie/Parcours stoïciens/Textes choisis.
Parcours stoïciens - L'ancien stoïcisme : hymne à Zeus/L'ancien stoïcisme : Zénon, Cléanthe et Chrysippe/L'ancien stoïcisme : la logique stoïcienne/L'ancien stoïsme : la physique stoïcienne/Cicéron stoïcien? /Sénèque/Epictète/MarcAurèle/L'appropriation de soi et la vie politique/Dieu, le temps, la providence/Du bon usage des représentations à la liberté du sage/Devenirs et portée du stoïcisme/Le stoïcisme, une philosophie intempestive ?
Textes choisis - L'ancien stoïcisme/La logique et la morale/
La physique/Cicéron/Sénèque/Epictète : les Entretiens
Epictète : le Manuel
Marc Aurèle.

mercredi 1 juillet 2009

Philosophie, n° 102

Juin 2009



Editons de Minuit

Sur le rapport du réal et de l'idéal dans la nature (II) (Schelling)
Capitalisme et nihilisme : Marx et le problème du dépassement de la métaphysique (J. Vioulac)
Levinas et l'autre solitude (C. Perrin)
L'individualité biologique et la mort (P. Huneman).

Les êtres sociaux : processus et virtualité

Pierre Livet et Frédéric Nef



Parution : 10 juin 2009
Editeur : Hermann, Paris
Collection : Philosophie

Construction sociale de la réalité ou construction de la réalité sociale, l'ontologie post-moderne de la société se veut dans un rapport étroit aux thèmes de la construction. Les thèmes constructionnistes profitent d'une sorte d'évidence, et les travaux de I. Hacking, J. Searle, V. Descombes ou B. Smith n'ont pas bénéficié de toute l'attention qu'ils méritent de la part de ceux qui ont affaire au social.

Cet ouvrage fait le point, de manière critique, sur le constructionnisme, tout en proposant une ontologie sociale inédite, à destination de ceux qui ont affaire au social, sociologues, psycho-sociologues, économistes... en même temps qu'à destination des philosophes intéressés par le renouveau de l'ontologie. Cette ontologie sociale prend une forme dynamique de processus singuliers et propose de véritables règles de construction qui n'entament pas la conviction réaliste des auteurs.

Nature, histoire, Dieu

Xavier Zubiri



Parutio : 15 juin 2009
Editeur : L'Harmattan, Paris
Collection : Ouverture philosophique

Naturaleza, Historia, Dios de Xavier Zubiri (1898-1983), désormais en français, fut publié pour la première fois en 1944. Il réunit une série d'études couvrant la période 1932-1944, réparties autour de trois grands thèmes : réalité, science et philosophie - la philosophie dans son histoire - nature, histoire, Dieu (d'où le titre).

Ces études correspondent à une époque de la vie intellectuelle de l'auteur, dont la réflexion philosophique présente une inspiration commune : la philosophie des choses, marquée par la phénoménologie. La phénoménologie avait représenté pour Zubiri le «grand retournement du psychique vers les choses elles-mêmes», la «libération de la philosophie de l'esclavage de la psychologie ou de la science». Bien que son influence ait été forte, la réflexion personnelle de l'auteur prit, à l'intérieur de cette inspiration, une tournure particulière. Pour la phénoménologie, les choses étaient le corrélat objectif et idéal de la conscience. Pour Zubiri, les choses ne sont pas simplement des objectivités, mais des choses dotées d'une structure entitative propre. Cette investigation sur les choses, qui s'appelait à l'époque indifféremment ontologie ou métaphysique, va donc suivre un autre chemin : construire une logique de la réalité où l'être, à la différence de Heidegger, est fondé sur la Réalité. Ses idées acquièrent ainsi un développement qui va en-deçà de toute de toute ontologie, et déboucheront plus tard sur une nouvelle métaphysique, exposée magistralement dans le Traité de l'essence (1962), la Structure dynamique de la réalité (1968 ; 1989), et la trilogie : Intelligence sentante (1980), Intelligence et Logos (1982), Intelligence et Raison (1989). Tous ces ouvrages sont désormais disponibles en français chez L'Harmattan.

Ce livre est toutefois essentiel pour comprendre la genèse de la philosophie de Xavier Zubiri.

Proudhon : un socialisme libertaire

Edouard Jourdain



Parution : 18 juin 2009
Editeur : Michalon, Paris
Collection : Le bien commun

« Qu'est-ce que la propriété ? C'est le vol ! », « Dieu, c'est le mal ».

On ne retient le plus souvent de Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) que ces formules provocatrices, dont l'écho n'a d'égal que leur incompréhension.

Il a été taxé de petit-bourgeois, de communiste, ou de réactionnaire par ses adversaires de tous bords. Sa pensée mérite pourtant d'être redécouverte, car sa critique radicale des institutions sociales ouvre sur une pensée du droit très originale.

Proudhon n'envisage jamais la justice comme une simple idée abstraite : elle constitue avant tout une force en prise avec l'histoire. En critiquant la Loi pervertie par l'Etat, la religion ou la propriété, il entend redonner toute sa crédibilité et toute sa puissance au droit afin qu'il se rapproche au mieux de la Justice. « Pour qu'il y ait une société entre des créatures raisonnables, il faut qu'il y ait engrenage réciproque : ce qui ne peut se faire qu'à l'aide d'un autre principe, le principe mutuelliste du droit. »

L'anarchie prônée par Proudhon est une philosophie du droit.

L'argent

Mathieu Meyrignac



Paru le: 25/06/2009
Editeur : Gallimard (Editions)
Collection : La bibliothèque
Prix : 6,20 €

Derrière l'argent, ce terme aussi froid que technique, se déploient des rapports au monde variés dont la littérature rend compte.
L'Harpagon de Molière est l'homme qui retient son existence, la vie des autres, sa cagnotte sans pouvoir s'ouvrir au monde ; autour de la Banque Universelle inventée par Zola se cristallisent les attitudes les plus contrastées vis-à-vis de l'argent, depuis la fascination respectueuse jusqu'à la crainte de tout perdre. C'est Simmel, le philosophe du tournant du XXe siècle qui interroge le réel et cherche à théoriser, au-delà de l'économie, la présence de l'argent dans les sociétés industrielles.