samedi 18 octobre 2014

Philippe Danino : Le meilleur ou le vrai. Spinoza et l'idée de philosophie

Publications de la Sorbonne - 16 octobre 2014 - Collection : La philosophie à l'oeuvre

http://www.amazon.fr/gp/product/2859447954/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2859447954&linkCode=as2&tag=leslivrdephil-21&linkId=R32MMEWBMR773YG5 

Accusé par un correspondant de considérer sa propre philosophie comme la meilleure de toutes, Spinoza rectifie : il sait seulement qu’est vraie celle qu’il comprend. Mais on ne trouvera chez lui ni réelle thématisation ni véritable définition de l’idée de philosophie, pas plus qu’un programme des connaissances comme s’appliquent à en dresser Bacon, Descartes ou Hobbes. Cet ouvrage enquête alors sur la présence, chez Spinoza, d’une conception précise voire singulière de l’idée de philosophie. Il collecte les indices d’une telle idée conçue comme praxis de distinction ou, selon l’expression Althusser, comme activité de tracer des lignes de démarcation. Mais il établit encore que la philosophie prend elle-même sens en ce geste, et seulement en ce geste, c’est-à-dire par le biais de relations nécessaires avec ce qui a priori n’est pas elle : le vulgaire, l’ignorant, le théologien, le souverain ou même d’autres philosophes. L’idée de philosophie, en d’autres termes, s’autoproduit dans un système de rencontres singulières. En analyser les fruits permet alors de recomposer la nature de la «vraie philosophie» : une pratique de production d’idées et de leur communication. Mais se fait jour, en outre, comme un naturel philosophe, effort s’éprouvant selon une réjouissance propre au «vrai philosophe», déjà sage en vertu de son mouvement de se perfectionner et d’accroître sa puissance.  

Jean-Vincent Holeindre (dir.) : Le pouvoir; Concepts, lieux, dynamiques

Editeur : Editions Sciences Humaines - 2 octobre 2014 - Collection : Ouvrages de synthèse

http://www.amazon.fr/gp/product/2361060426/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2361060426&linkCode=as2&tag=leslivrdephil-21&linkId=7C2EZJSKHWNGLFEF

Le pouvoir a longtemps été conçu comme un bien détenu par certains individus ou certains groupes sociaux. Des expressions telles que « conquérir », « prendre le pouvoir » reflètent cette idée. Qui détient vraiment le pouvoir : les gouvernants ? la finance mondiale ? tel ou tel groupe social ? Sous quelle(s) forme(s) s’exerce-t-il ? Autant d’aspects que les sciences humaines ont largement explorés depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, le pouvoir s’analyse plutôt en termes de relations – de domination, d’influence, d’autorité… – entre gouvernants et gouvernés, entre groupes sociaux ; relations d’autant plus complexes qu’elles s’inscrivent dans un contexte mondialisé et diffus.

Cet ouvrage donne des clefs pour appréhender au mieux les différentes formes de pouvoir, des rapports entre individus aux relations internationales. Après avoir présenté les principaux concepts liés à la notion de pouvoir ainsi que les auteurs majeurs, il examine les dynamiques à l’œuvre, à travers les différents lieux de pouvoir (État, famille, groupes d’intérêt, organisations internationales, médias…). Enfin, il fait état des nouveaux débats sur ce sujet : assiste-t-on à un déclin des institutions ? Comment se recompose le pouvoir dans les démocraties contemporaines ? Quelles formes de gouvernance mondiale se dessinent ?

Avec les contributions de : D. Allès, R. Balme, R. Baumert, J.-L. Beauvois, D. Bertrand, L. Blondiaux, C. Bouillaud, P. Braud, S. Cadiou, G. Chantraine, Y. Déloye, V. Despret, A. Dézé, E. Enriquez, S. Fath, A. Faure, J.-P. Gaudin, M. Godelier, J. Joana, R.-V. Joule, P. de Lara, J. Laroche, T. Lindemann, B. Loveluck, J. de Maillard, J.-L. Missika, E. Neveu, M. Offerlé, F. Petiteville, F. Ramel, M. Revault d’Allonnes, P. Rolland, P. Rosanvallon, L. Rouban, F. Sawicki, Y. Surel, P.-H. Tavoillot, É. Tran, A.-C. Wagner.

jeudi 16 octobre 2014

Collectif : Philosophie, science-fiction ?

Ouvrage dirigé parFlorence Albrecht-Desestré, Estelle Blanquet, Jean-Luc Gautero & Éric Picholle
Éditions du Somnium, Enseignement & Science-Fiction, ESF 3 - Octobre 2014




La science-fiction, ses thèmes et ses esthétiques occupent désormais une place centrale dans notre imaginaire collectif, et en particulier dans celui des jeunes.
Riche d’outils pédagogiques novateurs et transdisciplinaires, elle s’enracine progressivement dans le monde de l’enseignement.

La philosophie était la discipline-pivot de la troisième édition des Journées Enseignement & Science-Fiction de l’ESPE de l’Académie de Nice Célestin Freinet.
Celles-ci ont permis d‘explorer en profondeur les liens qu‘entretiennent philosophie et fiction, des mythes platoniciens aux plus récentes variations badiousiennes, de la philosophie analytique à la phénoménologie de l‘imagination. Elles ont aussi montré par l’exemple combien, en philosophie comme dans bien d’autres disciplines, la science-fiction constitue un outil pédagogique de choix.

Ces actes intéresseront les enseignants désireux de renouveler et d’enrichir la rencontre de jeunes esprits avec certaines notions réputées abstraites, mais aussi tous ceux qui cherchent à élargir leur approche didactique, ainsi que les étudiants aspirant à enseigner la philosophie ;et, bien sûr, tout lecteur passionné par les enjeux des ouvrages de science-fiction !




samedi 11 octobre 2014

Luc de Brabandère : Les philosophes dans le métro

Le Pommier - 8 octobre 2014

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Comment présenter dans un même plan des sujets aussi différents que les débuts de l'informatique, la caverne de Platon, les règles de la logique ou l'éthique de Spinoza ? Par où commencer ? Comment terminer ? Le fil conducteur qui relie tous ces sujets est la créativité. Plus exactement la passion pour les idées nouvelles, qui a conduits les auteurs à découvrir les idées anciennes, tant en sciences qu en philosophie, autour d'une question centrale englobant toutes les autres : comment pense-t-on ?
La métaphore d'un réseau de transport, le plan de métro parisien, s'est alors imposée : chaque station porte le nom d un philosophe ou d un scientifique car l'histoire des Idées est avant tout celle des hommes et des femmes qui les ont eues ; les liens, les passerelles, les croisements expriment l interconnexion des connaissances, car les disciplines n'ont pas de frontière précise et aucun géant de la pensée ne peut être enfermé dans un seul champ de recherche.
Le résultat : 14 lignes thématiques, de « philosophie » à « humour » en passant par « logique »,
« épistémologie » ou « perception » et, bien sûr, « créativité » et « prospective », pour découvrir de façon amusante et vivante les grands penseurs, depuis Platon jusqu à Serres, en passant par Montaigne, Rousseau, Kant mais aussi Bacon, Hume, Camus et Foucault...
Ouvert par le plan de la ligne, chaque chapitre est illustré de dessins humoristiques et de photos. 


jeudi 9 octobre 2014

Gilbert Simondon : Imagination et invention (1965-1966)

PUF - 8 octobre 2014

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L'image mentale est comme un sous-ensemble relativement indépendant à l'intérieur de l'être vivant sujet. À sa naissance, l'image est un faisceau de tendances motrices, anticipation à long terme de l'expérience de l'objet ; au cours de l'interaction entre l'organisme et le milieu, elle devient système d'accueil des signaux incidents et permet à l'activité perceptivo-motrice de s'exercer selon un mode progressif. Enfin, lorsque le sujet est à nouveau séparé de l'objet, l'image, enrichie des apports cognitifs et intégrant la résonance affectivo-émotive de l'expérience, devient symbole. De l'univers de symboles intérieurement organisé, tendant à la saturation, peut surgir l'invention qui est la mise en jeu d'un système dimensionnel plus puissant, capable d'intégrer plus d'images complètes selon le mode de la compatibilité synergique. Après l'invention, le cycle recommence par une nouvelle anticipation de la rencontre de l'objet, qui peut être sa production. Imagination reproductrice et invention ne sont plus considérées comme des réalités séparées ni des termes opposés, mais des phases successives d'un unique processus de genèse.  


Olivier Rey : Une question de taille

Stock - Octobre 2014

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Pourquoi les araignées géantes des films d’horreur ou les Lilliputiens que découvre Gulliver au cours de ses voyages ne se rencontrent jamais « en vrai » ? Parce que dans la réalité, la taille n’est pas un paramètre que l’on pourrait fixer à volonté : chaque être vivant n’est viable qu’à l’échelle qui est la sienne. En deçà ou au-delà, il meurt, à moins qu’il ne parvienne à se métamorphoser. Il en va de même pour les sociétés et les cultures. La plupart des crises contemporaines (politiques, économiques, écologiques, culturelles) tiennent au dédain affiché par la modernité pour les questions de taille. Nous mesurons tout aujourd’hui, des volumes de transactions à la bourse aux taux de cholestérol, de la densité de l’air en particules fines au moral des ménages. Mais plus nos sociétés se livrent à cette frénésie de mesures, moins elles se révèlent aptes à respecter la mesure, au sens de juste mesure. Comme si les mesures n’étaient pas là pour nous aider à garder la mesure mais, au contraire, pour propager la folie des grandeurs.
Ce livre s’attache à décrire et comprendre par quelles voies, au cours des derniers siècles, nous avons perdu la mesure. Et aussi ce sur quoi nous pourrions nous fonder pour la retrouver, afin de mener une vie authentiquement humaine.


Jacques Derrida : Le dernier des juifs

Galilée - Octobre 2014 - "La philosophie en effet"

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« … quand je joue sans jouer, dans un carnet de 1976 cité dans “Circonfession”, à me surnommer “le dernier des Juifs”, je me présente à la fois comme le moins juif, le Juif le plus indigne, le dernier à mériter le titre de Juif authentique, et en même temps, à cause de cela, en raison d’une force de rupture déracinante et universalisante avec le lieu, avec le local, le familial, le communautaire, le national, etc., celui qui joue à jouer le rôle du plus juif de tous, le dernier et donc le seul survivant destiné à assumer l’héritage des générations, à sauver la réponse ou la responsabilité devant l’assignation, ou devant l’élection, toujours au risque de se prendre pour un autre, ce qui appartient à l’essence de l’élection ; comme si le moins pouvait le plus… »
 
Ce volume rassemble deux textes de Jacques Derrida dont le motif principal est sa propre « appartenance sans appartenance à la judéité ou au judaïsme » comme il le dit lui-même. Ces textes datent respectivement de 1998 ("Avouer l'impossible", paru dans Comment vivre ensemble ?) et de 2000 ("Abraham, l'autre", paru dans Judéités. Questions à Jacques Derrida).  


samedi 4 octobre 2014

Nathalie Depraz : Attention et vigilance

PUF - 1 octobre 2014 - Coll. Epiméthée

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Notre société connaît une mutation vertigineuse des modes de communication : chacun peut contacter chacun à tout instant et attend en retour une réponse immédiate. Un immense réseau nous mobilise, qui crée une dépendance grandissante en matière de « connexion », encourageant une posture de zapping qui génère une attention multifocale, mais aussi une tension nerveuse, elle-même source de déficit attentionnel. Destruction de l’écologie de l’attention (Stiegler) ou plasticité créatrice (Lévy) ?
Porter son attention sur l’attention, voilà l’urgence de notre humanisation contemporaine. Les sciences l’ont compris, qui depuis plus d’un siècle multiplient les travaux en psychologie et en neurosciences sur cette fonction globale, qui forme un réseau intégré transversal où jouent perception, mémoire, veille, émotion et décision. Quel rôle peut y jouer la phénoménologie ? Comparée aux autres approches philosophiques, elle possède ce privilège de tenir en un regard ouvert sur le monde : par son retour à l’expérience, elle fait alliance avec la visée expérimentale des sciences et, par sa méthode de suspension, elle entre en contact avec une quête contemplative qui est prise de recul. Elle joue ainsi un rôle charnière pour repenser l’attention en en faisant une expérience d’ouverture au monde davantage qu’un état mental interne. La phénoménologie apporte quelque chose d’inédit : une éthique de l’attention, qui réforme celle-ci en « vigilance ».  





Rolf Wintermeyer : Lichtenberg, Wittgenstein et la question du sujet

PU Paris-Sorbonne - 2 octobre 2014 - Collection : Monde germanique

 

Étincelle de la philosophie du langage moderne, Lichtenberg fait, le premier, apparaître que nous sommes toujours en train de parler déjà quand nous nous mettons à raisonner sur le langage. Nous ne pouvons sortir du langage avec le langage. La théorie ascétique et entièrement descriptive de Wittgenstein constitue une mise en application systématique de la maxime de Lichtenberg : « Toute notre philosophie est rectification de l’usage linguistique. » Wittgenstein cherche à appréhender ce qui, dans le langage, est seul susceptible de fonctionner (d’avoir du sens ou une utilisation concrète) et ce qui ne l’est pas. Le sujet n’est pas à proprement parler éliminé. Or si l’on se limite à ce qui est seul possible et sensé dans l’utilisation du langage, les problèmes posés par les prérogatives du sujet s’éteindraient d’eux-mêmes. Lichtenberg, en revanche, parvient à relier la mise au centre du sujet de l’expérience, caractéristique de son époque, à une approche non pas affirmative, mais performative, expérimentale et mouvante du sujet. Le dialogue entre ces deux auteurs si éloignés dans le temps est susceptible d’éclairer d’une lumière nouvelle l’œuvre de Wittgenstein, voire d’aider à mettre à distance les impasses et dualismes coutumiers : holisme et individualisme, langage privé et public, subjectif et intersubjectif, structure et rythme, identité et éclatement, profondeur et surface, explication causale et explication par l’usage ou par le jeu qui est déjà en cours...

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Antoine Arnauld, Pierre Nicole : La logique, ou l'art de penser (Edition critique par Dominique Descotes)

Honoré Champion - 2 octobre 2014

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Présentation de l'éditeur

Avec les Nouveaux éléments de géométrie et la Grammaire générale, la Logique est la pièce maîtresse de l'oeuvre pédagogique de Port-Royal, qui a exercé sur les lettres françaises une influence considérable. Arnauld et Nicole y réalisent une synthèse d'une richesse inégalée entre l'héritage aristotélicien et scolastique, la pensée augustinienne, l'humanisme et la pensée moderne, de Descartes à Gassendi et Pascal, pour forger un art de penser à l'usage de l'honnête homme. A travers les questions de méthode et d'épistémologie, de rhétorique et de morale, la Logique fait écho aux conflits dans lesquels Port-Royal a été embarqué : procès en Sorbonne, crise du formulaire, polémiques avec les protestants, et, de façon moins visible, controverses sur la casuistique et la probabilité. La présente édition suit les métamorphoses du livre, de la première édition (1662) jusqu'à la dernière vérifiée par les auteurs (1683).

Quatrième de couverture

«La logique de Port-Royal» a été publiée pour la première fois en 1662, à Paris et sans nom d'auteur. À la fois grammaire intellectuelle et compendium de l'épistémologie du classicisme cartésien et pascalien, cet art de penser est structuré selon les quatre aspects de la pensée rationnelle : comprendre, juger, déduire, ordonner. Toutes nos connaissances ont lieu à travers des idées qui reflètent les choses, et le jugement porté sur ces choses s'exprime dans des propositions constituées par un sujet et un prédicat. La justesse des propositions est examinée, lors de la déduction, sur la base du syllogisme. Enfin, l'ordonnancement des jugements et conclusions conduit à la science par le biais de la méthode (analyse et synthèse).Cette logique a voulu s'appuyer exclusivement sur les mathématiques dont elle pensait pouvoir transposer le modèle dans tous les autres domaines du savoir et de l'exercice de la raison, par conséquent aussi sur le terrain de la formation syntaxique et grammaticale de tous les énoncés de langage, proposant ainsi un idéal de langage rationnel qui voudrait concilier l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie : le discours classique par excellence.

Sophie Bessis : La double impasse

Editeur : LA DECOUVERTE - 2 octobre 2014 - Collection : Cahiers libres

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Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l'épuisement de la modernité et qu'on peut qualifier de fondamentalismes. D'un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l'autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l'anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ? Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l'histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s'interroge sur le sens qu'on peut donner à ses convulsions et sur la part d'universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l'essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l'abandon par ce dernier d'universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu'il connaît ?

mercredi 1 octobre 2014

Denis Collin : Libre comme Spinoza - Une introduction à la lecture de L'Ethique

Max Milo - 25 septembre 2014 - "Essais documents"

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Il y a de nombreux essais sur Spinoza. Des excellents et de moins bons. Notre propos n'est pas d'ajouter une nouvelle interprétation de Spinoza à la longue liste des interprétations rivales ou complémentaires. Il s'agit tout simplement de le lire, de comprendre la lettre du texte et d'en restituer l'esprit. Que veulent dire les énigmatiques définitions qui inaugurent la partie I ? " Cause de soi ", " attribut ", " modes ", " substance " : Spinoza pose, par un acte de l'intelligence, des catégories dont il emprunte le nom à la tradition scolastique mais qu'il pulvérise de l'intérieur par l'usage qu'il en fait. Et qu'est-ce donc que ce Dieu, substance éternelle et infinie dont nous ne sommes que des modes " finis " ? Quand Spinoza parle de Dieu, ne vaudrait-il mieux pas entendre " la nature " ? Avant Spinoza, il y a eu Giordano Bruno et Spinoza s'inscrit dans ce mouvement d'où émerge la science moderne. Mais d'un autre côté, en refusant de séparer le sujet pensant du monde pensé, en replaçant l'homme dans l'ordre des choses, il paraît redonner vie à la philosophie antique. Et comme pour les philosophes antiques, le but de la philosophie est la vie bonne ; la philosophie est un choix de vie qui doit conduire à la béatitude, cette plénitude de l'être que Spinoza appelle aussi " amour intellectuel de Dieu ", encore une de ces expressions énigmatiques qu'il faut sans doute traduire pour lui donner son sens véritable. La lecture de Spinoza, dès qu'on a franchi les premiers obstacles, nous donne déjà une idée de ce qu'est ce désir engendré par la raison qui nous conduit à mettre en action la meilleure partie de nous-mêmes, c'est-à-dire notre intellect. Notre objectif : permettre au plus grand nombre d'éprouver cette joie sans cesse renouvelée que procure la lecture de l' Éthique. 

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vendredi 26 septembre 2014

COHEN-LEVINAS Danielle, MICHAUD Ginette (dir.) : Appels de Jacques Derrida. Précédé d'un texte de Jacques Derrida "Justices"

Editions Hermann - Septembre 2014


«[...] je crois au contraire que notre temps, ce dont nous parlons, ce qui vient peut-être à travers le chaos, le désert, l’abîme, le désordre mondial, la déconstruction générale ou toutes les figures d’une apocalypse sans apocalypse, etc., cela nous impose de penser et de penser depuis cet aplomb fragile et nous met en ce lieu, dans cette situation, nous situe là où penser, et penser (politiquement et poétiquement) ce qui vient (donc l’avenir au présent), ne peut se faire que depuis le lieu de cet aplomb à la fois somnambulique et vertigineux.
Jacques Derrida, « Penser ce qui vient »

Autour de la grande conférence de Jacques Derrida intitulée "Justices", prononcée en 2003 et demeurée inédite en français à ce jour, cet ouvrage collectif convoque certains des meilleurs spécialistes de son œuvre. Il s’agit moins ici de commémorer ou de dresser un état des lieux que de penser, à partir de Derrida et avec lui, « ce qui vient » et de répondre à l’appel, aux appels pluriels qui résonnent dans son travail philosophique. Sont ainsi examinés les principaux legs de sa pensée dans les différents domaines (philosophie, politique, science des religions, esthétique, littérature) qu’elle a profondément transformés. Autant de réponses et de responsabilités, autant de provocations à lire et à relire l’œuvre de Jacques Derrida à sa hauteur, comme elle nous y engage toujours.

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lundi 22 septembre 2014

INCIDENCE N°10 : L'Europe au risque de ses paradoxes

Ed. Le Félin - Octobre 2014


Le propos de ce numéro, réalisé sous la direction scientifique de Philippe Crignon, serait d’aborder le phénomène de l’Europe – comme civilisation, comme ensemble politico-juridique, comme projet d’Union européenne ou comme institution désormais factuelle – à partir des paradoxes qui la constituent, c’est-à-dire aussi à travers les multiples oppositions conceptuelles qu’elle a elle-même produites : héritage / utopie, particularisme / universalisme, christianisme / sécularisme, affirmation / rejet de l’État, intellectualisme / technicisme, etc. L’idée générale est de proposer des clés de compréhension de l’Europe en évitant deux démarches trop étroites : l’une, étudiant l’actualité immédiate de l’Union et ses mutations institutionnelles ; l’autre, reconstruisant le mouvement européen à partir d’une destination supposée et en proposant le récit épique ou catastrophique, sans faire justice à la complexité de ce qui meut l’Europe : non pas une finalité ou une fatalité, mais une série de paradoxes constitutifs qui laissent son avenir ouvert et indéterminé. Il s’agira de fournir un gain d’intelligibilité à la trajectoire de l’Europe. Fidèle à notre projet, la revue Incidence demande à chaque contributeur d’appuyer sa réflexion sur un texte de référence, ici inédit en français : « Europa und sein Erbe. Skizze zu einer Geschichtsphilosophie », « L’Europe et son héritage. Esquisse d’une philosophie de l’histoire » de Jan Patočka. Ce texte, écrit par le philosophe quelques mois avant sa mort, approfondit l’idée que le souci de l’âme, principe fondateur de l’Europe hérité de la sagesse grecque, demeure une exigence à laquelle la construction européenne doit répondre pour éviter le double piège du particularisme et du technicisme.

Philippe Crignon 
Introduction 

Jan Patočka 
L'Europe et son héritage. Esquisse d'une philosophie de l'histoire 

Joseph H. H. Weiler 
La démocratie sans le peuple : l'extinction de la légitimité de l'Europe 

Aldo Schiavone 
Crise de la représentation et démocratie en Europe 

Philippe Crignon 
La résistible invention d’une nouvelle forme politique. L’échappée européenne 

Julien Barroche 
État-Europe et retour : les impensés d’un rapport dialectique 

Emmanuel Picavet et Anett Hadházy 
Sur l’internationalisation des enjeux éthico-politiques et les aspirations européennes 

Jean-Frédéric Schaub 
L’histoire européenne est-elle condamnée à l’eurocentrisme ?  

Christine Cadot 
L’Union européenne et l’évidence des commencements 

Jean-Marc Ferry
L’Europe politique : un changement de paradigme
 
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samedi 20 septembre 2014

Sophie Klimis : L'énigme de l'humain et l'invention de la politique : Les racines grecques de la philosophie moderne et contemporaine

De Boeck Édition - 5 septembre 2014 - Collection : L'atelier philosophique

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Qu'est-ce qu une spécialiste de la philosophie grecque peut bien avoir à transmettre à un auditoire de 500 juristes débutant(e)s ? Le plaisir de penser, dans la rigueur et l'audace. Le goût foncièrement démocratique pour le débat, c'est-à-dire la nécessité de confronter sa pensée à celle d'autrui, fût-elle sous-tendue par une raison contradictoire. Comment faire ? Plutôt qu un parcours classique dans l'histoire de la philosophie, l'auteur a choisi de construire le cheminement d'une enquête en deux étapes. La première, placée sous le signe d'Oedipe, interroge l'énigme de l humain. Elle fera voyager de la description poétique de l'homme comme mortel éphémère chez Homère à l'être-vers la- mort selon Heidegger, de la définition de l'homme comme animal rationnel d'Aristote à son retournement en animal fou par Castoriadis. La seconde étape prolongera ce questionnement en l'axant sur le collectif. Elle portera sur l'invention de la politique : de la cité grecque à l'État moderne, comment les sociétés humaines se sont-elles organisées ? Qu'ont-elles institué comme fondement à leur communauté ? Une grande attention sera également accordée à l'étude de philosophes contemporains, qui, en se fondant sur la discussion des penseurs grecs et modernes, ont proposé de nouvelles manières de penser la démocratie, la liberté et le pouvoir, les formes de vie et les types humains, les actions et les passions propres au politique. Plongeant dans les racines du passé pour mieux comprendre le présent et inventer le futur, cet ouvrage intéressera en réalité toutes les personnes désireuses de s'engager dans une réflexion citoyenne.