vendredi 31 octobre 2014

Avishag Zafrani : Le défi du nihilisme : Ernst Bloch et Hans Jonas

Editions Hermann - 10 octobre 2014 Collection : Philosophie


Le diagnostic de Nietzsche sur les sociétés européennes, dans sa lucidité même, est un défi fondamental pour la philosophie contemporaine. Ce diagnostic consiste à considérer le temps présent comme celui du nihilisme. Négation de la volonté dans son affirmation, toute puissance et impuissance de la subjectivité, omniprésence et occultation de la mort : est-il possible de surmonter ce nihilisme ?
Telle a été la tâche d’Ernst Bloch et Hans Jonas qui, selon des voies différentes et même opposées, ont tenté de relever ce défi.
L’existence humaine a-t-elle un sens ? Ce sens est-il donné ou construit ?
Pour répondre à ces questions il fallait repenser le statut de l’homme dans son rapport à la nature et à l’histoire.
À travers ces interrogations se trouve renouvelée la problématique de l’être et du devoir-être, qui prend la forme d’une refondation de l’éthique et d’une reconsidération de l’existence sociale et politique.

Laurence Hansen-Love : La philosophie comme un roman

Editions Hermann - 10 octobre 2014


L’histoire de la philosophie est une œuvre collective qui s’étale sur une longue période. Les chapitres s’enchaînent sans avoir été coordonnés. Aussi, l’enjeu, pour chaque nouvelle génération, c’est de se réapproprier cette histoire. 
Les auteurs du présent ouvrage nous proposent une manière originale d’y arriver. Par le dialogue, les philosophes de la tradition semblent revivre pour faire le point sur leur cheminement. Socrate, Kant, Marx, Arendt et bien d’autres répondent aux questions de Laure Becdelièvre, Laurence Hansen-Löve et Fabien Lamouche.
Au fil de ces conversations imaginaires, nous découvrons comment l’esprit de résistance a pu s’incarner à travers les figures de penseurs aussi profonds que subtils et aussi novateurs qu’insoumis. 

Louis Pinto : Sociologie et Philosophie : libres échanges

Ithaque - Octobre 2014


Les échanges entre sociologie et philosophie sont à l'évidence une bonne chose, mais à quelles conditions ? À sa manière, le sociologue peut contribuer à dégager une vision plus claire de ce qu'est penser le monde social. Le présent ouvrage propose dans un premier temps une série d'études s'inscrivant dans une sociologie historique des rapports entre philosophie et sciences sociales avant d'interroger la prétention à l'objectivité que présuppose la connaissance sociologique. Il envisage enfin la circulation actuelle des mots et des labels « théoriques », se proposant de nous soustraire à l'attrait de la doxa intellectuelle. En donnant l'idée de ce que peut être une pratique raisonnée des croisements entre disciplines, ce livre invite philosophes comme sociologues à davantage de réflexivité.


Etienne Helmer : Diogène et les cyniques ou la liberté dans la vie simple

Le Passager Clandestin - 11 octobre 2014 - Collection : Les précurseurs de la décroissance


Du cynisme antique, on a souvent à l esprit le goût pour les conduites provocantes et l existence frugale. Il y a pourtant une pensée politique cynique ; Diogène, le plus célèbre d entre eux, imagina même, à l instar de Platon, une République aux institutions radicales nous invitant à mesurer l écart qui nous sépare de la nature et de nous-mêmes et à repenser les conditions de la liberté et du bonheur au sein de nos sociétés. Par sa visée profondément éthique, explique Étienne Helmer, le cynisme dévoile le mépris de la dignité humaine et le refus de l égalité propres à nos institutions, nos modes de vie et nos économies tournés vers la croissance sans mesure. Il nous enjoint à identifier dans la configuration des cités actuelles tout ce qui nous déshumanise et nous empêche d être vraiment « des hommes ».

Luc Brisson (éd., trad.) : Ecrits attribués à Platon

Flammarion - 15 octobre 2014 - Collection : GF


Écrits attribués à Platon Cette édition rassemble des écrits que la tradition attribue à Planton. Les formes sont diverses : on y trouve des dialogues socratiques, qui traitent de la justice, de la richesse ou encore de l'avidité, une introduction et une conclusion aux Lois que la mort empêcha Platon de terminer, mais aussi des textes plus informels, comme une liste de définitions, destinée à un usage scolaire, et même des épigrammes censées illustrer le talent littéraire du philosophe. Tous ces textes permettent d'élargir l'horizon du platonisme et de comprendre comment on contesta, peut-être même de son vivant, l'image que Platon donna de Socrate et la façon dont l'Académie administra son héritage.

jeudi 30 octobre 2014

Ronald Bonan : Platon

Les Belles Lettres - 14 octobre 2014 - Collection : Figures du savoir


Platon (c.428-c.347 av. J.-C.) est le nom propre qui signe l'avènement de la philosophie comme telle. Y sont attachés une méthode – le dialogue et, à sa suite, la dialectique –, ainsi qu’un objectif : celui de fonder le savoir vrai et la conduite juste sur des principes premiers. Ontologie et déontologie trouvent là leur acte de naissance ; elles sont un discours raisonné tenu de se justifier par une argumentation rigoureuse.
Prolongeant de manière personnelle la leçon éthique de Socrate, les dialogues de Platon inscrivent le Bien dans une philosophie des Idées qui s’interroge sur la teneur de la vérité, la possibilité de l’atteindre ou non par la science, la nature des erreurs dont dérivent nos errances, le statut épineux du non-être. Convaincu du fondement métaphysique de tout état de choses, Platon ouvre simultanément des réflexions sur la justice, la cité idéale, l’amour, la beauté et le plaisir, qui seront autant de cadres pour la philosophie morale et politique à venir.
Le présent livre explore la cohérence de la construction platonicienne en soulignant le pouvoir qu’ont les dialogues de mettre le lecteur sur le chemin de leurs thèses et d’ouvrir l’espace argumentatif de leur discussion. Le platonisme se montre ainsi sous son meilleur jour, celui d’une philosophie en prise sur le réel.

Eléonore Le Jallé : Hume et la philosophie contemporaine

Vrin - 14 octobre 2014 - Collection : Analyse et philosophie


A quoi reconnaît-on qu’une philosophie est toujours vivante? Si les positions qu’elle a défendues sont encore discutées. Si son type d’approche est toujours revendiqué. Si elle structure, voire polarise, certains domaines actuels. Ainsi en va-t-il de la philosophie de Hume aujourd’hui, dont la réception aux XXe et XXIe siècles est le sujet de ce livre. On y verra combien les positions humiennes animent les discussions actuelles sur la causalité, l’identité personnelle, l’action, la motivation, la convention, la justice et la morale. Mais aussi pourquoi la référence à Hume a pour effet de lier en réseau ces différents thèmes, jetant ainsi des passerelles entre la philosophie de l’esprit, la philosophie de l’action, la philosophie morale et politique contemporaines.

Jean-Benoît Mesqui : #Philo

Marabout - octobre 2014


Quoi ? Vous n'avez pas lu tout Kant ? C'est vrai que si tous ces grands hommes, de Lao-Tseu à Deleuze, avaient gentiment attendu le XXIe siècle, ils auraient tweeté en 140 caractères, espaces compris, au lieu de s'épancher sur des centaines et des centaines de pages.
Cela dit, pas de panique ! Ce livre vous offre, en quelques tweets, l'essentiel de la pensée des 26 plus grands philosophes de l'histoire de l'Humanité-avant-Internet. Avec leurs retweets, pour tout savoir sur qui a inspiré qui, des petites biographies et des conseils de lecture, honnêtes ou en mode bluff pour enfin pouvoir briller en ville, en cours, et dire sans rougir la phrase : « Je suis en train de relire Hegel. »

Jean-Claude Milner : La puissance du détail. Phrases célèbres et fragments en philosophie

Grasset - 29 octobre 2014 - Collection : Figures


« Pour bien voir un tableau et y prendre plaisir, il faut parfois se rendre attentif à un détail. Il en va de même pour les textes philosophiques. Une phrase, un mot manquant, une fracture du sens, et l’intelligence s’arrête, intriguée. Alors commence un travail de dépliage, d’où naît un texte nouveau.
Pour ceux qui aiment lire, un plaisir leur est alors promis : le plaisir de comprendre. Mais aujourd’hui, ce plaisir s’accompagne d’un devoir. Dans un univers que hantent les bouleversements de l’économie et les travestissements de la politique, ce qu’on ne comprend pas peut conduire à la servitude. On ne saurait s’y résigner, spécialement quand il s’agit de philosophes.
Platon, Kafka, Marx, Nietzsche, Lévi-Strauss, Primo Levi et Benny Lévy, Lacan, Foucault, Lénine, tous m’ont convoqué, un jour ou l’autre, au devoir de comprendre. Pour mon plaisir, j’ai donné à mes dépliages la forme de l’enquête. Amateur de fictions policières, j’en ai retrouvé le style. Mais à la fin, il ne s’agit pas de nommer un coupable. Il s’agit plutôt d’empêcher, détail par détail, la perpétuation d’un préjugé. Par ce moyen, la peinture, la philosophie et la politique s’entrecroisent et concourent à la liberté de penser. » J.C. M.

Dominic McIver Lopes : Comprendre les images. Une théorie de la représentation iconique

PU Rennes - 30 octobre 2014 - Collection : Aesthética


Un collage cubiste, une figure amérindienne de style dédoublé, une image en perspective à deux points de fuite sont des images qui attirent chacune l'attention sur des caractéristiques différentes de ce qu'elles représentent : il y a une infinité de façons de représenter le monde. Dans Comprendre les images, Lopes prend acte de cette diversité pour construire une théorie de la représentation iconique qui se situe au croisement d'une approche symbolique (comme celle de Nelson Goodman) et d'une approche perceptuelle (comme celle de Richard Wollheim), offrant ainsi une nouvelle explication de la phénoménologie de l'expérience iconique. L’ouvrage traduit est un«classique» de la réflexion contemporaine sur la représentation picturale. Classique, ou presque, il l’est immédiatement devenu lors de sa parution en 1996, en donnant lieu, dans le monde anglophone, à d’abondants commentaires et discussions. L’introduction à l’édition française proposée par Dominic McIver Lopes, présente son livre de 1996 dans la perspective de ses travaux ultérieurs et même de ceux qui vont paraître prochainement. On voit ainsi qu’on a affaire, avec le livre traduit, au premier élément d’une oeuvre philosophique de tout premier plan au sujet de la perception esthétique et de la nature de l’art.

mercredi 29 octobre 2014

Collectif : (In)actualité de la logique de l'inconscient

Analyse freudienne presse - Numéro 21 - Erès - Octobre 2014


Entre l’inconscient freudien et l’unebévue lacanienne, il y a une continuité fondamentale : l’inconscient est structuré comme un langage et ignore le temps. Avec l’abandon par Freud de l’hypnose et de sa neurotica, le souvenir traumatique n’est plus à retrouver dans un moment historique précis mais s’inscrit dans la logique du discours lui-même, de manière intemporelle, grâce à l’association libre. Pourtant, c’est avec l’argument d’une temporalité démodée que nombre des détracteurs de la psychanalyse tente aujourd’hui de démontrer que ces vieilles lunes freudiennes sont obsolètes au regard d’une modernité qui, forte de ses assises enfin scientifiques, pourrait maintenant se passer de cet embarrassant appareil psychique. L’activation de certaines zones de notre système limbique, révélée par l’imagerie médicale du cerveau, serait-elle la preuve irréfutable et définitive de la vétusté de nos concepts de mots d’esprit, de lapsus ou encore d’actes manqués ? C’est toute la logique de l’inconscient qu’il est aujourd’hui nécessaire de faire entendre dans l’actualité que lui donnent ses détracteurs, tout autant que dans son inactualité structurale puisque, en effet, l’inconscient ignore bien le temps.

Coordination : Catherine DELARUE - Chantal HAGUE

Ont participé à ce numéro : Laurent BALLERY - Claude BREUILLOT - Chantal CAZZADORI - Maria CRUZ ESTADA - Celine DEVALOIS - Laurent EL GHOZI - Michel FERRAZZI - Serge GRANIER DE CASSAGNAC - Brigitte HAMON - Roque HERNANDEZ- Annick HUBERT BARTHELEMY - Anna KONRAD - Robert LEVY - Charles MARCELLESI - Lola MONLEON - Eric MOREAU -Gilbert POLETTI - Serge SABINUS - Radjou SOUNDARAMOURTY - Joelle TOUBIANA-TONDOWSKI - Jean-jacques VALENTIN- Carol WATTERS - Philippe WOLOSZKO 

mardi 28 octobre 2014

Carole Talon-Hugon : Histoire philosophique des arts - Moyen Age et Renaissance

PUF - 15 octobre 2014 - Collection : Une histoire personnelle


Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquées par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art).

Alain Badiou : Le Séminaire - Parménide: L'être 1 - Figure ontologique (1985)

Fayard - Octobre 2014 - "Ouvertures"


« J’ai, dès 1983, commencé humblement le trajet qui devait aboutir, cinq ans plus tard, à la publication de L’être et l’événement par un examen renouvelé de la grande histoire de la philosophie. La médiocrité intellectuelle du démocratisme ambiant était telle que j’étais sûr de trouver, dans cette grande histoire, de quoi démonter cette moderne machination.
La méthode de ce Séminaire consiste à tenter de démontrer qu’il y a de sérieuses raisons de tenir Parménide pour le fondateur d’une discipline nouvelle, non parce qu’il a vaticiné sur l’être et le non-être, comme le firent de nombreuses mythologies, mais parce qu’il a convoqué dans cette vaticination poétique son contraire, à savoir la rigueur universelle absolue des procédures mathématico-logiques qui, au même moment, trouvaient en Grèce leur forme définitive. 
Il y a dans ce Séminaire un côté réjouissant de suspense, d’enquête policière, de contestation raisonnée des dires de quelques témoins importants, comme Platon ou Heidegger. Sa densité ne doit pas dissimuler l’espèce de science joyeuse qui l’anime. »

A. B.

Depuis 1966, une part importante de l’enseignement du philosophe Alain Badiou, aujourd’hui professeur émérite à l’École normale supérieure, a pris la forme d’un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l’ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd’hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le quatrième de la série.




Thierry Hoquet (éd.) : Samuel Butler : Darwin parmi les machines. Et autres textes néo-zélandais

Hermann - Octobre 2014 - "Evolution des machines"


Écrit dans un style alerte, par un écrivain de talent, Darwin parmi les machines adresse aux machines une déclaration de guerre. À première vue, les machines sont nos esclaves et sont un instrument au service de notre domination : elles favorisent l’extension de la vie, la conquête et la maîtrise de la nature brute. Mais elles deviennent bientôt nos rivales dans la lutte pour la suprématie sur terre. Si les machines ne peuvent pas encore se passer de nous pour leur survie et leur reproduction, déjà les humains ne peuvent plus se passer d’elles pour quantité d’opérations — voire pour leur propre reproduction. Aussi la question est-elle celle de la co-dépendance ou co-évolution entre humains et machines. Pour bénéficier de l’assistance des machines, n’avons-nous pas abdiqué une grande part de notre autonomie ? Que sont ces machines à qui nous avons confié les clefs de notre survie ? Les machines que nous connaissons aujourd'hui ne sont que la préfiguration grossière de ce que seront les machines de demain. Les machines, prédit Butler, vont évoluer, et bien plus rapidement que les humains : si bien qu’elles finiront par nous dépasser et feront de nous leur bétail.

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Alain Gallerand : Husserl et le phénomène de la signification

Vrin - Octobre 2014 - Bibliothèque d'Histoire de la philosophie


Le présent ouvrage propose une étude historique et critique d’une des questions les plus importantes de la philosophie contemporaine et des sciences humaines : qu’est-ce que signifier veut dire? L’auteur envisage la théorie de la signification dans l’ensemble du corpus husserlien et prend en compte ces différents aspects (discours scientifique et théorique, langage ordinaire). En inscrivant la théorie husserlienne dans son contexte historique (psychologie de Brentano, logique de Bolzano), ce travail s’attache ainsi à éclairer d’un jour nouveau un moment clé de l’histoire de la philosophie. Pour Husserl, la signification n’est ni un acte immanent de la conscience, ni l’objet – réel, fictif ou idéal – auquel il se rapporte, mais une objectité catégoriale. En tant que telle, elle est une espèce d’objet intentionnel : le corrélat de l’activité catégoriale, autrement dit l’objet tel qu’il est pensé, à distinguer soigneusement de l’objet qui est pensé et des vécus psychiques et linguistiques au moyen desquels il est pensé et exprimé. C’est à partir d’une réflexion sur le mode d’être de l’objet intentionnel que la phénoménologie de Husserl a pu dévoiler le statut ontologique de la signification qui avait échappé aux théories psychologiques et référentielles.

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