vendredi 28 avril 2017

Alain Badiou : Le Séminaire. Que signifie "changer le monde ?" (2010-2012)

Fayard - Avril 2017


« Ce séminaire part d’un lieu commun : l’expression “changer le monde”, qui a largement enchanté les deux siècles précédents. Dans nos contrées dites “occidentales”, riches mais en crise, “démocratiques” mais rongées par le virus identitaire, l’expression “changer le monde” a un double statut. D’un côté, pour autant qu’elle a désigné un vouloir révolutionnaire, elle est tenue pour le nom périmé d’une utopie criminelle. D’un autre côté cependant, on nous enseigne qu’à tout instant le monde change à une vitesse extraordinaire, que nous sommes toujours en retard sur ce changement, et que d’incessantes “réformes” doivent plier les sujets à y consentir. On ne peut qu’en conclure que, dans cette affaire, “changer” est un verbe équivoque. Si tout change, y compris les acteurs, témoins et victimes dudit changement, rien ne peut attester le changement. Si en revanche il existe un repère fixe, un invariant relatif d’où prendre mesure du changement comme changement réel, quel est le statut de cet invariant ? Il faut reprendre entièrement la question du changement réel au-delà de l’antinomie rupture totale ou continuité d’une incessante innovation. Le problème est celui du lieu subjectif, d’où l’on peut concevoir, dans une subtile dynamique de l’immanence et du retrait, ce qu’est un changement orienté. » A. B.

acheter ce livre

Collectif : Dire les inégalités. Représentations, figures, savoirs

PU Rennes - Avril 2017


Depuis les années 1980, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l'art et les médias ont appréhendé l'injustice sociale à travers le prisme de la misère et de l'exclusion. Sans contester la pertinence de cette perspective, cet ouvrage s'efforce d'en élargir le spectre : plutôt que la seule catégorie de l'exclusion, c'est la notion d'inégalité qui permet ici d'interroger les manières de figurer le caractère juste ou injuste de l'ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l'opprimé en tant qu'exclu du champ social, ce sont les représentations de l'écart, de la cohabitation, des misères de position, qui se trouvent au centre de la réflexion. L'ambition est ici de saisir et de questionner, dans l'écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences humaines, la diction de l'inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations, arguments et idéaux à travers lesquels elle se constitue comme injustice et comme violence.

acheter ce livre

Cynthia Fleury et Anne-Caroline Prévot (dirs.) : Le Souci de la nature. Apprendre, inventer, gouverner

CNRS - Avril 2017



La nature nous relie les uns aux autres et à l'ensemble du vivant. 
Mais quelles expériences avons-nous aujourd'hui de la nature ? 
Celles-ci, ou leur absence, façonnent-elles nos façons de vivre et de penser, d'agir et de gouverner ? Existe-t-il une valeur ajoutée de l'expérience de nature pour l'éthique et la politique ? Il est urgent de préserver un " souci de la nature " qui soit au cœur des institutions, des politiques publiques, de nos dynamiques de transmission et d'apprentissage. 
Cet ouvrage, s'affranchissant des frontières disciplinaires, interroge, de l'enfance à l'âge vieillissant, de l'individu aux différents collectifs qui organisent nos vies, la spécificité des expériences de nature, et de leur éventuelle extinction, l'hypothèse de l'amnésie environnementale, ou à l'inverse les nouveaux modes de partage et de reconnexion avec la nature, et leur continuum avec notre humanisme. 
Une invitation à inventer un mode de partage. 

Cynthia Fleury est professeur à l'American University of Paris, chercheur associé au CESCO (MNHN-CNRS-UPMC). Citons parmi ses nombreux ouvrages, Les irremplaçables. Elle est membre du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et dirige la Chaire de Philosophie à l'Hôpital Hôtel-Dieu de Paris. 

Anne-Caroline Prévot est directrice de recherches au CNRS, chercheure au Muséum national d'histoire naturelle et vice-présidente du comité MAB-France (UNESCO). Écologue de formation, elle travaille à l'interface entre biologie et psychologie de la conservation pour comprendre les relations des humains à la nature et inventer de nouveaux futurs. 

Cynthia Fleury et Anne-Caroline Prévot ont dirigé l'ouvrage 
L'Exigence de la Réconciliation : biodiversité et société (2012).

acheter ce livre

lundi 24 avril 2017

Rudolf Carnap : L’Espace. Une contribution à la théorie de la science

Gallimard - Avril 2017 - Bibliothèque de philosophie


Au moment où Carnap fait paraître L'Espace, en 1922, les mathématiques du XIXe siècle ont si profondément transformé la géométrie héritée d'Euclide et de Descartes que les questions soulevées par le concept d'espace sont multiples et âprement discutées : de quel genre d'objets est-il question en géométrie ? Quelles sont les sources de notre connaissance de l'espace ? Dans le même temps, la physique fait elle aussi surgir de nouvelles interrogations. La théorie de la relativité générale d'Einstein révolutionne en effet les conceptions usuelles des relations entre géométrie et expérience. Aussi n'est-il pas étonnant que le jeune Carnap, à l'issue de ses études de philosophie, de mathématiques et de physique à l'université d'Iéna, choisisse de contribuer à la "théorie de la science" par une thèse sur l'espace dans ses multiples significations. Cette oeuvre de jeunesse nous fait découvrir une première philosophie des sciences de Carnap, avant que, sous l'influence de la lecture du Tractatus de Wittgenstein, l'analyse logique du langage ne devienne sa méthode philosophique de prédilection. Il y a loin de cette réflexion empreinte de néokantisme et marquée par la pensée de Husserl au Carnap empiriste logique, membre du Cercle de Vienne, de La Construction logique du monde (1928) et de La Syntaxe logique du langage (1934). Mais son approche du problème de l'espace reste d'une étonnante pénétration philosophique.

acheter ce livre

Emilie Dardenne (dir.) : Peter Singer et La libération animale. Quarante ans plus tard

PU Rennes - Avril 2017 - Collection : Essais


Dans son ouvrage La libération animale, Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d'égale considération des intérêts, le rejet du spécisme, et la nécessité de mettre un terme à certains types d'exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l'élevage industriel. Cette uvre phare a connu un retentissement immense, à tel point que sa publication, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l'émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne. Ce mouvement extrêmement protéiforme a fait l'objet de débats intenses à l'interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses, comme à l'externe, entre ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. L'objet de ce recueil est de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l'éthique animale de l'auteur a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale, et comment a-t-elle évolué ? Quelle place la doctrine utilitariste occupe-t-elle dans le travail de Singer et dans les débats qu'il a engendrés ?

acheter ce livre

Collectif : La valeur de l'émotion musicale

PU Rennes - Avril 2017 - Collection : Aesthetica


Au sein des recherches actuelles sur l'émotion musicale, ce livre possède une approche originale: il ne s'agit pas tant de décrire la nature, les opérations et les fonctions de cette émotion, que de s'interroger sur les enjeux conceptuels, culturels, sociaux et artistiques de sa valorisation ou de sa dévalorisation. Autour de ce souci axiologique, il s'agit donc d'articuler des perspectives anthropologiques, esthétiques, historiques et pragmatiques afin de poser la question : au nom de quoi, en vue de quoi et dans quels moments de la musique occidentale, les acteurs impliqués par son exercice et sa compréhension revendiquent-ils ou refusent-ils l'émotion ? Dans la mesure où cette question engage les propriétés de la création, de l'exécution et de l'expérience musicale individuelle et collective, l'ouvrage tente de déterminer les points de vue multiples (religieux, philosophique, éthique, politique, esthétique et artistique) à partir desquels sont posées la valorisation ou la dévalorisation de l'émotion, tant dans les discours que dans les pratiques. Appréhender historiquement et conceptuellement la relation entre musique et émotion ; étudier certaines époques qui ont posé les termes du débat de façon cruciale ; explorer les dispositifs, les pratiques et les rôles joués par le compositeur, l'interprète et l'auditeur ; saisir le rapport que tel et tel type de musique ou genre musical (opéra, rock, jazz) entretient avec l'émotion, telles sont les quatre finalités de cet ouvrage.

Pierre-Henry Frangne est professeur de philosophie de l'art, Hervé Lacombe est professeur de musicologie, Timothée Picard est professeur de littérature comparée, tous les trois à l'université Rennes 2. Marianne Massin est professeur de philosophie de l'art à l'université Panthéon-Sorbonne.

acheter ce livre

mercredi 19 avril 2017

Sophie Nordmann : Levinas et la philosophie judéo-allemande

Vrin - Mars 2017 - Bibliothèque d'histoire de la philosophie


En explorant les sources judéo-allemandes de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas, Sophie Nordmann met en évidence un motif récurrent chez les grandes figures de la philosophie juive contemporaine que sont Hermann Cohen, Franz Rosenzweig, Martin Buber, Gershom Scholem et Emmanuel Levinas lui-même. Pour chacun d'eux, elle montre que c'est par le recours aux sources juives qu'ils sortent de l'impasse philosophique dans laquelle ils sont pris – celle de la contradiction interne à l'éthique pour Cohen, celle du présupposé du "Tout pensable" pour Rosenzweig, celle de l'hégémonie du Cela pour Buber, celle de la conception linéaire de l'histoire pour Scholem, celle de l'enfermement dans l'être pour Levinas – et donnent corps à un projet philosophique inédit. En retour, les interprétations philosophiques qu'ils nous livrent éclairent la richesse de la tradition juive sous de multiples aspects : le monothéisme chez Cohen, le judaïsme biblique chez Rosenzweig, le hassidisme chez Buber, la Kabbale chez Scholem, le Talmud chez Levinas. Cet ouvrage enrichit et renouvelle l'interprétation de ces auteurs, en dégageant le rôle moteur que joue, chez chacun d'eux, la référence aux sources juives. Il contribue ainsi à une réflexion plus générale sur les implications d'un recours philosophique à des sources religieuses, ici celles du judaïsme.

Sophie Nordmann enseigne la philosophie à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et est membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (GSRL, UMR 8582). Ses travaux portent sur l'histoire de la philosophie juive moderne et contemporaine.

acheter ce livre

Pierre Musso : La Religion industrielle. Monastère, manufacture, usine. Une généalogie de l'entreprise

Fayard  - Avril 2017


L’industrie est une vision du monde et pas seulement un phénomène historique. Avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles.
Cet ouvrage porte un regard anthropologique et philosophique de l’Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
L’industrie absorbe tout. Elle fait tenir l’architecture culturelle de l’Occident. Car l’Occident a bien une religion. Il ne s’est produit aucune « sécularisation ». La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la « Révolution industrielle », un « nouveau christianisme » technoscientifique a été formulé.
Cet ouvrage donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d’une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L’esprit industriel s’est emparé du plus grand mystère de l’Occident chrétien, celui de l’Incarnation, et l’a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l’Humanité et de l’Ordinateur.
Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l’usine (xixe), avant de constituer l’entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s’est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

Pierre Musso, philosophe de formation, professeur émérite de sciences de l'information et de la communication à l'Université Rennes 2 et à Télécom Paris Tech, a créé la chaire de recherches "Modélisations imaginaires, innovation et création". Il est fellow associé et conseiller scientifique de l'Institut d'Etudes avancées de Nantes. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur Saint-Simon, la philosophie des réseaux et l'imaginaire industriel. Il a codirigé l'Edition critique des Oeuvres complètes d'Henri Saint-Simon, publiée aux PUF, coll. "Quadrige", 2013.

acheter ce livre

mardi 18 avril 2017

Reza Rokoee : L'Iran autrement. Des conflits philosophiques à l'iconophobie

Editions L'Harmattan - Avril 2017 - Collection : L'Iran en transition


La brève histoire de la philosophie moderne en Iran exposée dans cet ouvrage se présente comme un préambule à la connaissance des hommes de lettres iraniens et à leur pensée dans une société tissée de paradoxes. L'herméneutique est sans doute l'un des exemples les plus significatifs de la modernisation théorique en cours en Iran. Après avoir acquis une nouvelle forme de langage, dépourvue de fondements, et créé une conception qui permet de travestir la réalité du monde, elle s'est substituée à son image classique pour devenir une manière de camoufler la décadence de la pensée traditionnelle. De même, l'iconoclasme, phénomène qui touche la conscience visuelle de la société iranienne, représente un autre exemple de ce paradoxe originel, à double tranchant, d'une vision qui ne parvient pas à identifier son trait ontologique et à déterminer l'éducation de la vue. Ainsi le sacré ne supporte pas de se voir et de percevoir l'autre comme sacré, car une conscience séculaire qui n'a pas accès à la vision demeure dans le domaine de la divinité obscurantiste moderne. 

Reza ROKOEE, après avoir fait des études philosophiques à I'EHESS (2008), s'intéresse aujourd'hui à la lecture phénoménologique de la philosophie médiévale et moderne. Il mène une étude parallèle sur le cas précis de l'Iran afin de mieux illustrer un certain nombre de problématiques. Il a déjà publié Le rêve et l'éveil dans les écrits de Husserl (L'Harmattan, 2013) et L'attitude phénoménologique comparée : de Husserl à Avicenne (L'Harmattan, 2015).

acheter ce livre

vendredi 14 avril 2017

Paul Ricoeur : Philosophie, éthique et politique. Entretiens et dialogues

Le Seuil - Avril 2017 - Collection : La couleur des idées


On retrouve dans ces entretiens, réalisés entre 1981 et 2003, les grands thèmes ricœuriens : « l’homme capable », la justice et ses conflits, l’action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l’écologie, la bioéthique). Une curiosité : l’entretien entre Paul Ricœur et Michel Rocard quand il était Premier ministre. Il s’agit de questions toujours actuelles, qui se posent et se reposent en permanence dans nos démocraties mal portantes. La méthode fait ici partie du contenu : presque toujours sont noués un contexte politique (la fin des idéologies et la séduction des solutions purement techniques), la mise en avant d’institutions (qui inscrivent les questions dans la durée), l’imagination ou l’utopie d’un avenir meilleur.
Comme le dit Michaël Fœssel, Paul Ricœur, éducateur politique, ne cesse de rappeler à tous « la pression constante que la morale de conviction exerce sur la morale de responsabilité ». En ce temps de basses eaux démocratiques et d’expansion des populismes, ce rappel des principes de l’action politique et de leurs raisons n’est pas seulement utile : il est absolument nécessaire.

acheter ce livre

Jonathan Israel : Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Agone - Avril 2017 - Collection : Banc d'essais


1770. Depuis un siècle, deux camps s’affrontent au sein des Lumières. Héritiers de Locke, Leibniz, Montesquieu, les modérés dominent. Sous la houlette du vieux Voltaire, ils s’efforcent de maintenir le corps et l’âme séparés, de concilier raison et religion, de réformer la société en préservant l’aristocratie et la monarchie, et de réserver les lumières aux élites dirigeantes. Face à eux, les radicaux, héritiers de Bayle et Spinoza, n’ont pas de meilleure arme que leurs livres clandestins, massivement diffusés dans toute l’Europe. Sous l’impulsion de Diderot et de d’Holbach, ils placent l’homme au sein d’une nature sans transcendance, opposent la raison à toute autorité religieuse, combattent pour l’abolition des privilèges, pour l’égalité des peuples et des sexes, et inclinent vers une démocratie représentative.
1770 : les radicaux prennent le dessus. S’opère alors, en deux décennies, une révolution des esprits qui va rendre possible dès 1789 la révolution en acte. Ce livre offre un panorama clair et vivant des affrontements entre radicaux et modérés sur la plupart des grandes questions philosophiques, morales, économiques, politiques en ce moment charnière.

Depuis quinze ans, les travaux de Jonathan Israel bousculent les idées dominantes sur les Lumières. Il en réordonne les cadres spatio-temporels : résolument internationales, ses Lumières commencent en 1650 en Hollande, puis s’étendent à toute l’Europe et à l’Amérique pour devenir mondiales vers 1770. Plaçant au cœur de l’histoire des idées la reconstitution des controverses, il fait apparaître les stratégies intellectuelles, les alliances, les divorces et leurs enjeux. Il redonne ainsi une nouvelle jeunesse à l’idée que les révolutions politiques de la fin du XVIIIe siècle n’ont pu avoir lieu que parce qu’elles ont été précédées par une « révolution de l’esprit » opérée par des philosophes.
Ce livre est issu d’un cycle de conférences (2008) dans lesquelles l’auteur, se tournant vers un large public, a condensé l’essentiel de ses idées.

Professeur au prestigieux Institute for Advanced Study à Princeton (États-Unis), Jonathan Israel est notamment l’auteur d’une monumentale tétralogie sur les lumières radicales, dont le premier tome a paru aux éditions Amsterdam en 2005.

acheter ce livre

Nicolas de Cues : La Chasse de la sagesse. Et autres œuvres de philosophie tardive

Les Belles Lettres - Avril 2017 - Collection : Sagesses médiévales


Nicolas de Cues (1401-1464) marqua de son empreinte la pensée européenne, de la Renaissance à l'époque moderne. 

Lecteur assidu de la tradition philosophique de l'Antiquité et du Moyen Âge, curieux de science, de médecine et des arts, Nicolas de Cues rédigea notamment La Docte Ignorance, Les Conjectures, La Pensée, La Paix de la foi et La Vision de Dieu. 

On trouvera ici un ensemble cohérent et très largement annoté de textes de la philosophie tardive du Cusain : Le Dialogue à trois sur le Pouvoir-est, La Chasse de la sagesse, Le Compendium et La Cime de la contemplation.

Avec l'invention du néologisme pouvoir-est, Nicolas de Cues développe une philosophie du pouvoir et de la puissance qui lui permet de résoudre, tant d un point de vue ontologique que gnoséologique, les difficultés nées de ses thèses infinitistes antérieures. Il cherche à éviter l'aporie aristotélicienne entre l'infinité du possible, requise par la toute puissance de Dieu, et l'actualité finie de la création. La puissance divine se révèle successivement comme pouvoir-est, pouvoir-faire et pouvoir-même. Nicolas de Cues initie ainsi une métaphysique de l'expression qui trouve son plein essor chez Giordano Bruno qui le copie abondamment, puis chez Spinoza et Leibniz. 

Rédigée à la lecture de Diogène Laërce, La Chasse de la sagesse, véritable testament philosophique, permet en outre de ressaisir l'ensemble des principales intentions du Cusain : sa conception augustinienne de la philosophie comme recherche et théorie de l'unité, sa doctrine de la participation à l'un, le dernier développement de son principe de la coïncidence des opposés, un dernier infléchissement de sa pensée de l intellect, et sa compréhension de la nomination.

Né à Cues en Moselle, Nicolas Krebs, dit Nicolas de Cues, fut évêque, puis cardinal. Son oeuvre est d'une importance telle que Descartes le cite comme un des précurseurs de la pensée scientifique moderne. Juriste, philosophe, théologien, mathématicien, diplomate, il s est illustré dans bien des disciplines. Après avoir écrit la Concordance catholique (1433-1434), où il s efforçait de donner des objectifs précis au concile de Bâle auquel il participait, Nicolas de Cues a écrit un ouvrage capital, La Docte Ignorance (1440), dans lequel il montre que le savoir humain est marqué par une limite constitutive qui doit devenir de plus en plus évidente avec l'avancée des connaissances : le sommet de la connaissance humaine est un savoir conscient de son ignorance, que ce soit en métaphysique, en philosophie de la nature, en mathématiques ou en théologie.

acheter ce livre