lundi 15 décembre 2025

Arnaud Miranda : Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire

 Gallimard - Janvier 2025


Au cours des années 2010 et 2020, aux États-Unis, une nouvelle contre-culture de droite radicale s'est développée sur internet. Ses figures centrales, comme Curtis Yarvin ou Nick Land, écrivent le plus souvent sous pseudonymes, sur des blogs et sur les réseaux sociaux. Ils ont donné à ce mouvement son nom, la "néoréaction", ou encore les "Lumières sombres". Les idées qu'ils défendent sont à la fois anciennes et hypermodernes : détruire la démocratie, établir une monarchie, diriger l'État comme une entreprise, rétablir les inégalités entre hommes et femmes, affirmer les différences entre patrimoines génétiques... D'abord marginaux, ils ont peu à peu obtenu le soutien de certains milliardaires de la Silicon Valley, et leur audience n'a cessé de s'élargir depuis. Avec la victoire de Donald Trump en novembre 2024, ils estiment avoir désormais les mains libres pour faire de l'Amérique le laboratoire de leurs voeux les plus fous. Cette première analyse met en lumière l'originalité des néoréactionnaires tout en les inscrivant dans l'histoire longue des idées. Elle donne à lire leurs textes et permet de prendre la mesure de ce qui pourrait bien, si nous n'y prenons garde, devenir notre futur.

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Mikaël Cozic : Choisir rationnellement. Une introduction philosophique à la théorie de la décision

 Matériologiques - Décembre 2025


Qu’est-ce que choisir rationnellement ? La théorie de la décision est née des efforts conjoints de philosophes, d’économistes et de mathématiciens pour fournir des réponses rigoureuses et cohérentes à cette question. Elle le fait en proposant des modèles qui s’intéressent à la rationalité des choix dans différents contextes de décision. L’objectif de cet ouvrage est d’explorer ces modèles et de mener une analyse philosophique de leurs principes fondamentaux, centrée sur leur validité normative. Le premier volume est consacré à la décision individuelle. Il met en place les concepts-clés de préférences, d’utilité et de probabilité. Il examine en détail la théorie de l’espérance d’utilité, dans ses différentes variantes. Il discute également les rapports entre la rationalité et le temps. Le second volume sera consacré à la rationalité des choix dans un contexte social.
Par l’étendue du domaine qu’il couvre, et par la perspective, philosophique, qu’il adopte, un tel ouvrage est inédit. Il s’adresse prioritairement aux étudiants (à partir de la L3) et aux enseignants-chercheurs philosophes intéressés par la rationalité pratique et désireux de découvrir ou d’approfondir la théorie de la décision ; et aux étudiants (à partir de la L3 également) et enseignants-chercheurs économistes qui souhaitent avoir un point de vue réflexif sur des modèles qui leur sont déjà familiers.

Mikaël Cozic est professeur de philosophie contemporaine à l’Université Jean Moulin Lyon 3, membre honoraire de l’Institut universitaire de France, chercheur à l’IRPHIL (Lyon 3) et chercheur associé à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (UMR 8590). Ses domaines de recherche sont la théorie de la décision, la philosophie de l’économie et la philosophie formelle.

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Pierre Wolfcarius : Thomas Bernhard, omni-objecteur d'esprit. Essai, transformation, défiguration peut-être

 Le Lys bleu - Décembre 2025


Le grand projet de Bernhard a toujours été d'écrire une « condamnation définitive de l'intelligence », et cette condamnation, naturellement intelligente, entraînera dans sa foulée celle de la raison, de la logique et des concepts. Attila littéraire et « comico-philosophique », où il a chevauché, rien de sensé ne pourra repousser - d'autant plus que tout ce que Bernhard a pensé sera dé-pensé, tout ce qu'il a dit contredit ; c'est un peu la politique de Pénélope : un point à l'endroit, l'autre à l'envers, immédiatement sinon plus tard. Bernhard objecte à tout ; sa phrase est un mécanisme à détruire les concepts qu'elle a utilisés ; de TOUT, RIEN ne doit rester ; lui-même est naturellement compris dans sa tabula rasa : « tout ce qu'on dit est absurde, mais nous disons tout de même ces absurdités de manière persuasive ». Oui, la manière, c'est ça qui compte : l'esprit, la forme, le style et l'art, évidemment - mais surtout la musique, exsudée par l'écriture à ces moments, toujours exceptionnels, où elle décolle ; eux seuls survivent à la dévastation ; l'art qui dit l'absurdité peut lui-même être absurde, il se trouve que Bernhard s'y sent bien ; car il écrit primo pour se soulager, secundo pour son plaisir, et ça, ce n'est pas absurde.

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Juste Lipse : La Constance

 Classiques Garnier - Décembre 2025


La Constance est le seul traité proprement philosophique de Juste Lipse, dernier grand humaniste de la Renaissance et restaurateur du néostoïcisme. Dans la lignée de Sénèque, il y défend la vertu de constance entendue comme endurance et force d'âme face aux malheurs publics. Il fonde cette vertu sur une théorie métaphysique : celle de la nécessité de l'ordre du monde et des événements, voulue par un dieu bon et provident. Il reprend donc la théorie stoïcienne du destin soutenue par Sénèque et Cicéron mais en l'adaptant aux exigences du christianisme. Ce traité qui eut une énorme influence, notamment sur Guillaume du Vair, n'avait pas été traduit en français depuis 1870. Cette traduction annotée permet de redécouvrir une oeuvre majeure du courant néostoïcien.

Jacqueline Lagrée (traduction et édition) est professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes 1. Elle a publié Juste Lipse et la restauration du stoïcisme (Paris, 1994), « Constancy and coherence » dans Stoicism. Traditions and Transformations (dir. Steven Strange et Jack Zupko), p.148-176 (Cambridge, 2004) et Le Néostoïcisme (Paris, 2010).

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Christian Graff, Luc Gwiazdzinski (dir.) : Le rythme à l'épreuve des corps et du vivant

Rhuthmos - Décembre 2025


En traversant les disciplines, la notion de « rythme », comme grille de lecture et d’écriture de ce qui anime les corps et le vivant, s’étoffe et s’étend largement au-delà de l’évidence des régularités et des périodicités. Elle permet d’appréhender, par la théorie et par le vécu, les structures et les fonctionnements du flux d’événements et d’états foisonnant dans la grande musique du monde contemporain – comment, vivant dans la matière, nos êtres agissent les uns sur les autres, en harmonie ou en rupture dans un contexte en accélération, fait de mutations, d’incertitudes et d’impermanence. En recherche de modèles généralisables ou de mots à mettre sur un vécu artistique individuel, cet ouvrage invite à changer d’imaginaire pour mieux saisir les dynamiques de création et définir des modes d’habiter en polyrythmie avec le réel.

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dimanche 14 décembre 2025

Ulrich Metende (dir.) : Écrire le corps, penser le vivant. Réflexions autour de la bioéconomie

 Classiques Garnier - Janvier 2026


La critique de la bioéconomie invite la réflexion philosophique à réinvestir la perspective de l'en-commun en posant les fondements d'une politique humaniste. Cette politique se matérialiserait par la primauté du consentement dans les rapports aux corps à partir d'une approche relationnelle au Tout-vivant. Cela débouche sur une double finalité : ré-enchanter le monde et ré-enchasser l'économie et le politique dans le social. Écrire le corps et penser le vivant aujourd'hui, consiste donc à se réapproprier de nouveaux outils théoriques et méthodologiques en vue d'une décolonisation de notre rapport aux corps, aux vivants, au genre et à la Terre.

Ulrich Metende est philosophe et universitaire. Il a été Gertrude F. Wheaters Fellow en études francophones à Indiana University Bloomington (USA). Il a notamment publié Du désir de vie. Essai sur une écologie de libération en postcolonie (Paris, 2024) et Critique de la bioéconomie. Essai sur le statut politique des corps et du vivant aux XXIe siècle (Paris, 2024).

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Accès à la psychanalyse, n°16 : L’objet, entre manque et jouissance

 Association de la cause freudienne Val de Loire Bretagne - Décembre 2025


De quelle façon la psychanalyse envisage-t-elle l’objet ? Quel rapport entretient-elle avec lui ?
Dès ses débuts, Freud note combien l’objet supposé satisfaire l’être parlant est d’emblée frappé d’un manque : cela en fait un objet toujours déjà perdu. Ce qui vient à la place rappelle la perte inaugurale tout en se faisant le lieu d’une jouissance… insatisfaisante.
Cette dysharmonie profonde, voire ce malaise, installe l’objet à une place essentielle de la subjectivité humaine. Aussi est-ce parce que l’être parlant fait l’expérience de ce manque fondamental qu’il va pouvoir s’affronter à la question du désir – l’objet perdu s’avère ainsi cause d’un désir, cause du désir.
Comment l’être parlant élabore-t-il sa propre réponse face à l’épreuve du manque ? La clinique de l’enfant est, à cet égard, particulièrement enseignante.
Une question se pose aujourd’hui : comment, dans ce monde saturé de gadgets prêts-à-combler qu’est notre modernité, la voie d’un désir peut-elle se frayer ?
Ce numéro d’Accès à la psychanalyse apporte quelques réponses qui rappellent la singularité contemporaine de l’approche analytique en la matière.

SOMMAIRE

Liminaire, Romain Aubé
Le mot du délégué régional, Benoît Delarue
Manque d’objet
Le manque selon la philosophie d’aujourd’hui, conversation avec Mazarine Pingeot
Le goût du manque, Lisa Toullec
L’ombre de rien, Dora Zaouch
Dysharmonie dans le rapport à l’objet, Romain Aubé
L’objet de l’amour et l’(a)mur, Emmanuelle Borgnis Desbordes
Une affaire d’objet a
Les deux faces de l’objet, Christelle Sandras
Destins de l’objet perdu, Danièle Olive
L’obscur objet du désir, Laure Naveau
Un regard dans la scène traumatique, Alexandre Gouthière
Chiharu Shiota : faire exister « l’absence », Marjolaine Mollé
Subversion analytique et objet a, Isabelle Buillit
L’enfant : entre objet et sujet
Le petit Hans : sa phobie, ses objets, conversation avec Jean-Louis Gault
L’énigme et les fictions du petit Hans, Éric Zuliani
L’enfant, objet du malentendu, Sylvie Mothiron
L’enfant et sa réponse, Adeline Suanez
Métamorphoses adolescentes, Nathalie Morinière
Modes de jouir
La civilisation, c’est l’égout, Dominique Carpentier
La substance d’un plus-de-jouir, Laëtitia Belle
Je suis un junkie, Lennig Le Touzo
L’appel du gadget, Sarah Camous-Marquis
La vie est-elle un objet comme un autre ?, Caroline Doucet

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Jean-Jacques Rousseau : La paix perpétuelle ?

 Vrin - Décembre 2025


Dans son Projet de paix perpétuelle, l’Abbé de Saint-Pierre appelait à former une « République européenne » qui garantisse la paix entre les États et les protège des agressions, tout en laissant à chacun la plénitude de sa souveraineté. Rousseau propose à la fois un « Extrait » afin d’argumenter au mieux en sa faveur, et un « Jugement » destiné à jauger le réalisme de son prédécesseur. Si le projet de confédération européenne suscite l’enthousiasme, sa réalisation demeure impossible dans l’Europe du XVIIIe siècle, dominée par les monarques. Il faut s’y résoudre : le principe de souveraineté les incite plutôt à « étendre leur domination au-dehors et la rendre plus absolue au-dedans ».

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Alexandra David-Néel : L'Inde mystique. Une Occidentale à la rencontre de Vedànta

 Plon - Novembre 2025


Introduction et notes de Françoise Bonardel

Lorsqu'elle part en Inde en 1911, Alexandra David-Neel a un but bien précis : récolter sur place les documents de première main lui permettant d'assoir sa carrière d'" orientaliste-reporter ", et de faire ainsi taire ceux des érudits qui jugeraient ses connaissances trop légères.
Forte du succès remporté par Le Modernisme bouddhiste, c'est cette fois-ci le Védanta –la philosophie religieuse de l'Inde – qu'Alexandra David-Neel ambitionne de présenter au public français et européen. Déplorant les vulgarisations hâtives et puériles qui en sont faites, c'est le Védanta authentique qu'elle s'en va recueillir, dans la ville sainte de Bénarès en particulier et de la bouche même des Hindous lettrés et des gourous qui aujourd'hui encore le pensent et le vivent.
On ne s'attardera pas sur les raisons qui ont conduit David-Neel à abandonner ce projet supplanté, dès son arrivée au Sikkim en avril 1912, par la rencontre avec le monde religieux tibétain et par l'attrait irrésistible des grands espaces himalayens. Ce qu'il reste dans plusieurs de ses Cahiers de ce livre inachevé mérite pourtant qu'on s'y intéresse, tant pour le regard porté par une bouddhiste militante sur " l'Inde mystique ", que pour les questions posées à ses interlocuteurs hindous sur la signification véritable des textes anciens qu'elle lit dans leur langue sacrée d'origine.
Précédé d'une Introduction substantielle permettant à un large public de se familiariser avec l'univers spirituel d'Alexandra David-Neel, le livre ainsi composé rappellera également que c'est en Inde, et non au Tibet, qu'a réellement débuté l'aventure qui allait donner sens à son existence et la rendre mondialement célèbre.

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vendredi 12 décembre 2025

Rémy Bertaux d'Orgeville : La question de Dieu dans l'oeuvre de Samuel Beckett

 Cerf - Décembre 2025


Et si Dieu hantait toute l'oeuvre de Beckett ― sans jamais s'y montrer tout à fait ? Longtemps cartée des études universitaires francophones, la question du rapport de Samuel Beckett à Dieu mérite d'être revisitée. Car derrière l'image d'un auteur de l'absurde ou du silence, se dessine une figure profondément travaillée par le mystère de la transcendance.Nourri par une éducation religieuse rigoureuse et de vastes lectures mystiques,Beckett explore dans ses textes une relation complexe, ambivalente, souventdouloureuse au divin. Il rejette tout dogme, toute croyance instituée, et pourtant,l'ombre de Dieu - un Dieu désanthropomorphisé, insaisissable - imprègne sesécrits.De l'Innommable aux Textes pour rien, en passant par les échos bibliquesdisséminés dans toute son oeuvre, cet essai révèle un Beckett fasciné par la figuredu Christ et les interrogations vertigineuses de l'Incarnation. Entre apophatisme,silence et attente, il se tient aux lisières du mystique, là où Dieu n'est jamaisnommé, mais toujours présent.Un regard inédit et éclairant sur l'un des écrivains les plus secrets du XXe siècle.

Rémy Bertaux d'Orgeville est né en 1965, professeur agrégé de Lettres Classiques, Docteur ès Lettres, enseigne en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles depuis plus de 15 ans, en casses littéraires à la Réunion tout d'abord et depuis 2016 en prépa HEC au Lycée international de Valbonne-Sophia-Antipolis où il enseigne la Culture Générale.

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Lumières n°46 : Visions antiques, visions utopiques

 PU de Bordeaux - Décembre 2025


En croisant les fils de l'Antiquité et de l'utopie, ce numéro s’efforce de comprendre comment le XVIIIe siècle a tenté de penser voire de façonner le réel par le détour de la mise à distance. Du roman égyptien à Volney en passant par Wieland, Goethe ou encore Hölderlin, les œuvres qui y sont examinées mettent les modèles et les mythes antiques à l'épreuve des enjeux propres au siècle des Lumières. Qu'il s'agisse de fictions, de textes poétiques, d'études à visée scientifique ou encore d'oeuvres à portée éducative et politique, les études rassemblées dans le dossier fournissent un aperçu représentatif des dynamiques d'actualisation au XVIIIe siècle.

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Roland Vaschalde : Éclats de phénoménologie, suivi de Souvenirs de Michel Henry

 L'Harmattan - Décembre 2025


Ce recueil de textes s’attache à approfondir la lecture d’une des pensées majeures de l’histoire de la philosophie : la phénoménologie matérielle, ou philosophie de la vie, de Michel Henry. Il s’agit de poursuivre l’analyse de ses catégories fondamentales et d’ouvrir, à partir d’elles, de nouvelles perspectives d’étude sur des sujets rarement ou jamais abordés. Avec toujours comme objectif premier de penser dans sa radicalité le concept de vie comprise comme présence absolue, c’est-à-dire, aussi bien, comme unique réalité qui vaille.
Un rassemblement de souvenirs personnels et de documents inédits entend également projeter un éclairage complémentaire sur la personne comme sur l’œuvre de ce penseur essentiel, par ailleurs incontournable pour comprendre en profondeur les problèmes des sociétés contemporaines.

Roland Vaschalde a suivi une carrière de conservateur de bibliothèque après des études de philosophie à l’Université Paul Valéry de Montpellier, où il fut l’élève de Michel Henry, de qui il est ensuite resté très proche tout au long de sa vie, produisant sur lui ou avec lui de nombreux articles et entretiens. Ce livre est le quatrième qu’il consacre à cette figure majeure du courant phénoménologique qui a marqué l’histoire de la philosophie contemporaine.

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Louis Rouquayrol, Raphaël Authier (dir.) : Inventer la modernité. L'idéalisme allemand face à Descartes

 Classiques Garnier - Décembre 2025

Si Descartes est vu comme le fondateur de la modernité, c'est en partie à l'idéalisme allemand qu'on le doit : c'est dans ce contexte que Descartes est qualifié de « moderne » en un sens nouveau du terme. Cet ouvrage tente de comprendre pourquoi les idéalistes ont référé la modernité à la figure de Descartes, et de mettre en lumière la façon dont ils ont compris le fait d'être moderne et la période des temps modernes. Les auteurs interrogent à la fois les grands récits de la modernité philosophique, la figure de Descartes reconstruite par les idéalistes et le dialogue qu'ils engagent avec elle. On peut alors voir en quoi ce que nous appelons « le problème de la modernité » doit aux lectures de Descartes élaborées dans ce contexte.

Raphaël Authier est ancien élève de l'École normale supérieure, docteur en philosophie et maître de conférences à l'université de Strasbourg. Il est notamment l'auteur de Figures de l'histoire, formes du temps. Hegel, Schelling et l'élaboration d'un concept d'histoire (Paris, 2023).
Louis Rouquayrol est professeur agrégé et docteur en philosophie des universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Ca'Foscari de Venise. Il a édité le Traité des premières vérités de Claude Buffier (Paris, 2020). Il est l'auteur de Descartes et la culture des esprits (Paris, 2024) et de La Sagesse ordinaire. Descartes, philosophie pratique (Paris, 2025). Il est actuellement postdoctorant au CNRS.

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jeudi 11 décembre 2025

Emmanuel-Juste Duits, Renaud Evrard (dir.) : Face à l'invisible. Paranormal : du mythe à la réalité

 Kimé - Décembre 2025


L’invisible, mythe ou réalité ? Nombreux sont ceux qui affirment s’être confrontés directement aux perceptions extra-sensorielles, aux expériences de mort imminente ou encore aux ovnis. Que penser de tels récits, en particulier lorsqu’ils émanent d’Occidentaux se disant cartésiens ?
En France, une poignée de scientifiques étudient ces sujets d’une manière rigoureuse et réflexive. Ils représentent l’anthropologie, le folklore, la psychologie ou encore les sciences de la nature. Seize chercheurs se sont ainsi réunis pour réfléchir à la manière dont « l’invisible » traversait encore et toujours nos sociétés. Jamais n’avait été tentée une telle approche interdisciplinaire de ces sujets souvent cloisonnés.
Cet ouvrage, unique en son genre, extirpe le paranormal de ses marges habituelles et en fait un outil pour questionner la civilisation contemporaine. C’est une rencontre à partir de rencontres, animée par le désir de développer une culture commune pour penser certaines facettes méconnues de notre humanité. Une plongée inattendue aux confins du réel.

Avec les contributions de : Michel Boccara, François Brune, Evelyn Elsaesser, Renaud Évrard, Emmanuel-Juste Duits, Thibaut Gress, Yves Lignon, Jacques Louys, Bertrand Méheust, Paul-Louis Rabeyron, Thomas Rabeyron, Olivier Rimbault, Djohar Si Ahmed, Jacques Vallée, Mario Varvoglis.
Emmanuel-Juste Duits : Enseignant en philosophie et auteur de plusieurs essais. Renaud Évrard : Psychologue clinicien, Enseignant-chercheur en psychologie à l’Université de Lorraine, président de l’association AnHomalies.

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Jean-Luc Marion : Le phénomène et le donné

 PUF - Novembre 2025 - Quadrige 


Ce recueil regroupe les textes de Jean-Luc Marion relatifs à la phénoménologie du don. Sont réunis ici : Réduction et donation (1989) ; Étant donné (1998) ; De surcroît (2001) ; Reprise du donné (2016) ; et Figures de phénoménologie (Vrin, 2015). L'ensemble est accompagné de « Repères retrospectifs » rédigés à l'occasion de cette parution.

Professeur émérite à l’université de Chicago et de l’université Paris-Sorbonne, membre de l’Académie française, Jean-Luc Marion est l’un des plus grands philosophes aujourd’hui. D’abord spécialiste de Descartes, il s’intéresse à l’histoire de la métaphysique, à la phénoménologie du don et à la théologie chrétienne. Il propose une philosophie originale dans la tradition phénoménologique. Son œuvre, aussi importante que diverse, est largement traduite, diffusée et discutée (Gifford Lectures, prix Humboldt-Stiftung, prix Karl-Jaspers, prix Ratzinger, prix Prince-de-Monaco, etc.).

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Giorgio Grassi : La construction logique de l'architecture

Caryatide - Novembre 2025


Première traduction française du texte de 1967 de Giorgio Grassi, La construction logique de l'architecture est une prise de position forte en faveur d'une architecture pensée pour elle-même, à contre-courant des dérives expérimentales qui marquent aussi bien son époque que la nôtre. En s'appuyant sur l'histoire des traités et des théories architecturales depuis le XVIIe siècle, Grassi défend une discipline autonome, rigoureuse et responsable, capable de répondre aux enjeux du territoire et du phénomène urbain. Ce texte fondamental dessine les contours d'une architecture entendue comme une théorie pratique, où la construction devient l'expression la plus aboutie de la pensée.
« La théorie et l'expérience de l'architecture en tant que conscience analytique de l'architecture, c'est ce que ce texte souhaite illustrer selon certains aspects particuliers et essentiels. De fait, la caractéristique analytique de l'architecture peut être vue comme un aspect relatif au problème de la connaissance; elle peut être considérée comme un moyen de connaissance, sinon comme un principe de l'architecture, aussi bien comme son principe fondamental : à ce titre, l'analytique de l'architecture est intrinsèquement l'expression de sa structure logique. Dans ce texte, je m'efforce à déterminer une ligne méthodologique pour une théorie et une expérience de l'architecture dans le temps correspondant à cette acception et à ce choix. »
Giorgio Grassi

Publié pour la première fois en 1967, l'un des textes fondamentaux du débat architectural des années soixante et soixante-dix du XXe siècle, La construction logique de l'architecture paraît pour la première fois en édition française. Pour les éditions Caryatide, il s'agit d'une nouvelle étape importante dans leur travail de relance des classiques de la théorie de l'architecture. Se référant à la version actualisée par Giorgio Grassi lui-même en 2008, l'essai est accompagné de la présentation de cette édition, d'une introduction de Carlos Martí Arís (2008) et d'une postface de Giorgio Peghin (2025).

Giorgio Grassi (né en 1935 à Milan) est un architecte et universitaire italien. Diplômé en architecture du Politecnico de Milan en 1960, membre de la rédaction de la revue Casabella-Continuità dirigée par E. N. Rogers de 1961 à 1964, il a enseigné dans les facultés d'architecture de Milan, de Pescara, de Valence, de Lausanne et de Zurich. Depuis 1977, il est professeur titulaire de composition architecturale à la faculté d'architecture du Politecnico de Milan. Membre d'honneur du B.D.A. (Bund Deutscher Architekten), il a reçu en 1985 le « Premio de Arquitectura de la Comunidad Valenciana » et en 1992 la « Heinrich Tessenow Medaille in Gold » décernée par la Stiftung F.V.S. de Hambourg. Il a publié et édité de nombreux ouvrages.

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Georges Charbonneau et de Nicolas Borderes (dir.) : La présence cannabisée. Phénoménologie de l’expérience cannabique

 Le Cercle herméneutique - Décembre 2025


La psychopathologie phénoménologique (psychiatrie phénoménologue, Daseinsanalyse, anthropologie phénoméno-structurale) met de côté les causes et les motifs pour se pencher sur la présence au monde, à soi, à autrui, au temps et à l’espace dans l’expérience commune et dans des expériences particulières, telles qu’elles sont vécues par ceux qui les traversent. Nous proposons d’en suivre les indications pour explorer un état pathologique particulier, celui de l’imprégnation cannabique. Une imprégnation moyenne et continue qui correspond au syndrome amotivationnel, cet état bien défini qui caractérise la plupart des usages chroniques et soutenus du cannabis. Ce syndrome amotivationnel sert de témoin pour mieux comprendre l’effet du cannabis sous tous ses aspects, ceux de la consommation a minima, occasionnelle ou régulière, aussi bien que les usages extrêmes et les états de manque.
L’usage du THC (D-9-Tétrahydrocannabinol) modifie nos structures d’expérience, notre présence au monde. Il induit plus qu’une ivresse; il modifie durablement notre implication au monde. Nous pourrons ainsi comprendre la temporalité cannabique sous ses différents aspects (relation à l’instant, au passé et au futur, aux époques de notre existence), la spatialité cannabique, et son célèbre Planer, les modifications de la corporéité, de la sensorialité, de la conscience de soi, le rapport aux autres (intersubjectivité cannabique), aux évidences et aux évènements. Nous tenterons de définir l’imprégnation cannabique et ses rapports avec l’êtreensemble, et explorerons sa fonction supposée récréative, son éventuelle action anxiolytique (à distinguer d’une stressolyse). Nous analyserons le manque et proposerons une synthèse sur les rapports complexes entre cannabis et schizophrénie, telle qu’elle peut se formuler à partir de cinq praticiens psychiatres qui rencontrent quotidiennement l’usage du cannabis en psychiatrie.
Par cette étude sur un psychotrope non thérapeutique très répandu, plutôt sédatif, elle veut créer des repères et suggérer une méthode pour la compréhension des effets structuraux de nouvelles générations de psychotropes se déclarant « récréatifs » ou « distractifs ».

Ont participé à ce volume : J.-J. Alrivie, M. Billeci, N. Borderes, Ph. Cabestan, A. Chapy, G. Charbonneau, G. Di Petta, C. Gal, F. Landazuri, P. Leconte, Fr. Moreau, A. Payen de la Garanderie, S.&nbs

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mercredi 10 décembre 2025

Critique n°943 : L’année critique

 Minuit - Décembre 2025


Fidèle à sa vocation de « revue générale des publications françaises et étrangères », Critique propose ici une « revue » de l’année éditoriale 2025. Donnant un aperçu de la couleur du temps, ce numéro offre un portrait nécessairement partiel et partial – mais également intempestif – de ce que furent les grands moments de la vie des idées pendant les mois écoulés.

Sommaire

L’année critique
Marc CERISUELO : L’étrange cas du docteur Bayard
Peter SZENDY : De la photographie restreinte à la photographie générale. Wolfgang Tillmans au Centre Pompidou
Rien ne nous y préparait – tout nous y préparait
Anne LAFONT : L’esthétique sociale selon Wole Soyinka
Clélia ZERNIK : Le poète en enquêteur
Pierre VINCLAIR : Le Fantôme de saint Jérôme
Marielle MACE : « Des phrases pour la suite »
Clotilde THOURET : Déplacer les montagnes, ou reprendre pied dans la pente ?
Charles COUSTILLE : Au-dessus des disciplines
Gabrielle RADICA : La philosophe et les projets
Élie DURING : Bachelard, une vie invivable
Vincent DEBAENE : Symétriser Bougainville ?
Thierry HOQUET : Les Lumières entre chien et loup

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