jeudi 15 novembre 2018

Denis La Balme : Le cours de philosophie. Conseils de méthode

Lambert-Lucas - Octobre 2018


Le professeur de philosophie est comme on sait entièrement libre dans son enseignement, même si le cadre dans lequel il exerce est précis et si les exercices demandés aux élèves sont clairement définis par les programmes officiels. Cette liberté fait de lui l’auteur de son cours, un cours compris aussi bien comme préparation intellectuelle d’un contenu d’enseignement que comme performance, interaction et conduite de la classe. Ce livre propose différentes façons d’articuler cette double dimension théorique et pratique de l’exercice du métier. Aucune de ces indications n’a toutefois le statut d’une prescription. Que chacun en retienne ce qui peut lui être utile – et écarte ce qui ne s’accorde pas à ce qu’il est, à ce qu’il veut transmettre.
Au-delà de la dimension pragmatique de ce livre, c’est la joie d’enseigner que nous voulons communiquer au collègue ou au futur collègue qui lira ces pages.
Ce livre s’adresse d’abord aux professeurs débutants, quel que soit leur statut, il s’adresse aussi aux étudiants et aux préparationnaires des concours (capes et agrégation). Il peut être utile aux professeurs aguerris soucieux de réfléchir à leur pratique.

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mardi 13 novembre 2018

Académos n°1 : La doctrine augustinienne de la Trinité

L'Harmattan - Octobre 2018 - coll. Orizons


Ce dossier La doctrine augustinienne de la Trinité fait suite à la publication de l'ouvrage de Michel Corbin, publié aux éditions du Cerf en 2016. L'auteur propose une lecture continue du De Trinitate de saint Augustin. La problématique qui le commande a incité l'Académie Catholique du Val de Seine à organiser une journée académique entièrement consacrée à cet ouvrage avec la participation de Michel Corbin. Celui-ci compte parmi les grands qui ont redécouvert des Pères de l'Église. Michel Corbin Dans La doctrine augustinienne de la Trinité, l'auteur se penche sur la doctrine de la Trinité telle qu'elle a pu être exposée dans deux grandes œuvres de l'Occident latin : le traité d'Hilaire de Poitiers un peu avant 360 et celui d'Augustin au début du siècle. L'ouvrage lit celui-ci en regard de celui-la qu'il éclaire. Michel Corbin met en lumière les interrogations qu'a suscitées l'approche augustinienne à travers les âges et qui restaient, jusque-là, irrésolues.

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Marges, n°27 : Ce que fait le concept à l'œuvre

Presses Universitaires de Vincennes - Novembre 2018


Marges revient avec ce numéro sur une thématique importante de l’art depuis l’avènement de l’art conceptuel dans les années 1960 : que fait le concept à l’œuvre ?
Les œuvres dites conceptuelles renvoient à un large éventail de situations que l’on peut observer au sein des multiples champs de la création jusqu’aux pratiques artistiques les plus contemporaines. Dans ce sens, la dimension conceptuelle de l’œuvre est à considérer dans une définition plus générale que celle, restreinte, qui concerne l’art conceptuel historique – celui du groupe d’artistes new-yorkais, regroupés autour de Seth Siegelaub à la fin des années 1960 – et touche à d’autres pratiques et domaines que les arts visuels. 
Marges questionne ici la manière dont le primat du concept affecte, modifie ou questionne la réception de l’œuvre au détriment de ses propriétés perceptives immédiates.

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Franck Damour, Stanislas Deprez, David Doat ('dir.) : Généalogies et nature du transhumanisme. Etat actuel du débat

Liber - Novembre 2018


Depuis plusieurs années déjà, le transhumanisme s’est imposé, tant dans l’espace médiatique que dans le monde universitaire, politique et économique, des deux côtés de l’Atlantique. Si son nom s’accompagne naturellement de l’image futuriste d’un homme « augmenté », « amélioré », grâce aux avancées remarquables des sciences et des techniques, le mouvement embrasse une pluralité de voix, d’acteurs et de réalités depuis sa naissance dans la seconde moitié du vingtième siècle. S’agit-il d’une nouvelle utopie ou d’une dystopie, d’un nouvel idéal civilisationnel ou d’un argument marketing, d’une philosophie ou d’une religiosité séculière, d’un nouveau paradigme anthropologique, d’un mouvement politique ou d’un projet de société, de tout cela à la fois ? Au fond, qu’est-ce que le transhumanisme ? Le présent ouvrage entend répondre à cette question. Faisant le pari de l’intelligibilité et du dialogue, il donne la parole à des transhumanistes, à des sympathisants du mouvement, à des adversaires déclarés et à des analystes qui ne sont ni pour ni contre. Il retrace ainsi l’histoire du mouvement, en confronte les lectures, réfléchit à ses promesses et à leur faisabilité, proposant de la sorte l’état le plus actuel du débat transhumaniste.

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lundi 12 novembre 2018

Bénédicte Coste (ed.) : Penser l'art du paysage avec Henri Maldiney

Editions Universitaires de Dijon - Novembre 2018 - Collection : Sociétés


À travers une phénoménologie où l'art éclaire le réel, à travers son choix des auteurs et des oeuvres qu'il a commentés, le philosophe Henri Maldiney (1912-2013) a proposé un décentrement du regard et du savoir propres à renouveler l'étude du paysage. Il part d'une question trompeusement simple : sommes-nous « devant » ou « dedans » le paysage ? Comment s'approche le paysage ? Comment se fait-il image ?
Ce recueil présente une pensée complexe de manière accessible à tous les spécialistes et les passionnés de littérature et d'études visuelles. Exemples littéraires, picturaux et photographiques, témoignent de la fécondité d'une pensée fondée sur l'aisthèsis, la présence et le rythme.

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André Stanguennec et Daniel Lancereau (dir.) : Arts et sciences du romantisme allemand

PUR (Presses universitaires de Rennes) - Novembre 2018 - Collection : Aesthetica


L'objectif de cette publication est de manifester l'intrication entre arts et sciences au sein du romantisme allemand. En effet, l'interprétation communément reçue est de considérer le romantisme comme un phénomène exclusivement esthétique. Or il n'en est rien et les différentes contributions de cet ouvrage visent à le montrer : l'esthétique est adossée à la science. Dans trois domaines tout particulièrement : en mathématiques, l'idée combinatoire ne manque pas de retentir sur la poétique ; en physique, la théorie des champs permet d'introduire une philosophie de la nature romantique ; en biologie, la théorie de la forme permet de penser une morphologie naissante.

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Philosophie antique, n°18/octobre 2018 : L'athéisme antique

Septentrion - Octobre 2018


En un sens très facile à délimiter, l'athéisme antique est pourtant très difficile à distinguer des notions voisines que sont l'impiété et l’agnosticisme. Platon, dans les Lois, distingue trois formes d’impiété : la croyance que les dieux n’existent pas, celle qu’ils ne se préoccupent pas des hommes, celle qu’on peut les fléchir par des prières et des sacrifices. En un sens, il va de soi que l’athéisme correspond à la première forme d’impiété : c’est la croyance que les dieux n’existent pas. Cependant, au Ve s., dans le théâtre d’Euripide comme dans les écrits des sophistes, le constat que les dieux ne se préoccupent pas des hommes et que les hommes peuvent mal agir sans punition divine conduit à des critiques des dieux où il est difficile de départager impiété et athéisme. Parallèlement, très peu de penseurs dans l’Antiquité sont connus pour avoir explicitement soutenu que les dieux n’existent pas. Il est dès lors difficile de distinguer l’athéisme qui rejette l’existence des dieux de l’agnosticisme qui se contente de soutenir la difficulté d’être certain de leur existence ou de l’impiété qui doute de leur providence. Physiciens et sophistes, d’autre part, expliquent comment les hommes ont conçu la notion des dieux sans pour autant remettre en cause l’existence de ces derniers : l’explication par Prodicos de l’apparition de la religion, comme l’analyse démocritéenne des mécanismes de la croyance peuvent être soupçonnées d’athéisme mais n’être au contraire qu’une rationalisation de la religion. C’est sur toutes ces ambiguïtés que ce numéro entend faire la lumière.

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Magali Année : La musique linguistique de la réminiscence. Le Ménon de Platon entre réinvention cratyléenne de la langue commune et réappropriation de l'ancienne langue parénétique

Editions Jérôme Millon - Novembre 2018 - Collection : Horos


La nouvelle lecture que je propose du Ménon part d’un double constat, l’un bien connu, l’autre moins : non seulement le nom du protagoniste Μένων correspond exactement à la forme de participe présent du verbe μένειν « tenir bon, résister », mais il s’avère encore que chaque adresse que Socrate fait à Ménon génère un phénomène de « clusters » phonico-syllabiques de séquences μεν, μην, μον, μν, μαν. En étudiant la structure d’ensemble du dialogue, plusieurs fois réflexive sur elle-même, et en menant une analyse serrée des nœuds de sa mécanique dictionnelle, par-deçà le niveau logico-syntaxique de son argumentation, on parvient à montrer que ce tissage sonore s’inspirant (sans jamais la nommer ni la citer explicitement) de la diction caractéristique des élégies d’exhortation de Tyrtée, participe tout entier d’un processus de réinvention perpétuelle du dire soi-même et du dire ensemble, destiné à servir l’effort d’introspection anamnétique sans laquelle nulle connaissance n’est possible. Cela nous amène à formuler l’hypothèse d’un fondement linguistique de l’anamnèse platonicienne et à considérer cette dernière comme une véritable expérience initiatique au cœur d’un langage ré-accordé à lui-même et à ses locuteurs – c’est-à-dire rendu à sa propre connaturalité (συγγενής), où réside toute la puissance intercommunicationnelle et cognitive qui est la sienne et qui ne présuppose pas la contemplation des Idées.

Préface par Egbert J. Bakker 
Incipit programmatique 
1. En guise d’introduction : le Tyrtée des Lois 
2. Ménon le mal nommé 
3. L’anamnèse ou l’expérience initiatique d’un langage συγγενής 
3. 1. Préambule en crescendo tyrtéen 
3. 2. La dimension cratyléenne de l’anamnèse 
3. 3. De l’importance d’être θεῖος 
3. 4. Un espace initiatique expérimental surplombé par l’ombre de Tyrtée 
3. 4. 1. Construction annulaire 
3. 4. 2. Symétrie citationnelle 
3. 5. Le redoublement du carré ou l’autonomisation linguistique de la connaissance 
3. 5. 1. Συγγενεῖα du langage et συγγενεῖα de l’âme dans le langage
3. 5. 2. Le langage de l’ἀρετή 
3. 5. 3. La quadrature poïétique du langage 
4. Épilogue. Mouvance contre mouvance : de la nécessité d’un langage συγγενής pour lutter contre les aléas du καλεῖν 
4. 1. Peu importe le nom ? 
4. 2. De la nécessité d’un ré-accord phonico-pragmatique 
4. 3. Δεσμός versus λογισμός : l’autre enchaînement (incantatoire) du discours philosophique 
5. En guise de conclusion : le « Quatrième » du Ménon 
Index locorum 
Index des mots et expressions grecs 
Index général des noms et des notions 
Références bibliographiques

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Maryvonne Saison : La nature artiste. Mikel Dufrenne, de l'esthétique au politique

Editions de la Sorbonne - Novembre 2018 - Collection : Philosophie


L’auteure parcourt le large spectre couvert par l’½uvre de Mikel Dufrenne, montre sa richesse et l’intérêt qu’elle présente pour le lecteur d’aujourd’hui. Elle ne se limite pas aux intérêts trop étroits qui ont marqué sa réception : l’esthétique et la phénoménologie, mais souligne la grande diversité des références et des thématiques et la place essentielle de l’éthique et du politique dans sa réflexion. Dufrenne propose une vision du monde qui confère à sa pensée unité et cohérence : chaque considération particulière mène à l’invocation d’une Nature naturante dans le cadre d’une philosophie non théologique. L’homme, voulu en quelque sorte par la Nature pour se penser, fait l’objet d’une anthropologie philosophique qui se développe au fil de l’½uvre. Dufrenne concilie une priorité donnée au sensible et au sentir, notamment dans l’expérience de l’art, et la recherche d’une fiction philosophique permettant de comprendre l’accord de l’homme et du monde à partir de la notion d’à priori. L’hypothèse d’une Nature artiste affinée dans des dialogues critiques avec les orientations qui voient le jour et dominent dans la deuxième moitié du vingtième siècle (le structuralisme, la phénoménologie et la philosophie Heideggerienne, la « french theory ») assure à Dufrenne une originalité qui fait son prix et son actualité.

Professeure de science politique et chargée de la mission égalité-diversité à l'université de Reims, Maryvonne Saison réfléchit aux mutations de la condition féminine contemporaine. Après un docu-fiction sur les femmes politiques (Dans la jungle, 2013), elle a fait paraître en 2015 La Révolution du féminin (Gallimard). Elle tient depuis des années un blog de réflexions féministes sur philomag. com, extrêmement suivi, où a été publiée dans une première version une large partie des analyses reprises dans Le Corps des femmes.

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Martin Steffens : L'amour vrai. Au seuil de l'autre

Salvator - Septembre 2018 - Collection : Forum


L'homme n'est pas fait pour aimer. Il est fait pour mourir d'amour. Cette vocation est si forte qu'elle contient en elle tous les égarements. C'est ainsi que la pornographie caricature l'amour, en mimant le désir humain de se donner sans réserve. Car l'amour vrai, c'est l'amour au sens fort. L'amour absolument donné et absolument reçu. L'amour comme un don de soi sans retour. L'amour comme accroissement des dimensions du coeur. L'amour comme blessure qu'il faut veiller à ne jamais refermer, dont il faudrait ne jamais guérir. Cet amour qu'on appelait autrefois "charité" et qui nous fait patienter, telle une prière, au seuil de l'autre.

Martin Steffens, né en 1977, enseigne en khâgne. Il a notamment écrit La vie en bleu (Marabout, 2014), Petit traité de la joie (Salvator, 2011), Prix de l'humanisme chrétien), Rien que l'amour (Salvator, 2016, Prix des libraires religieux) et L'éternité reçue (DDB, 2017).

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dimanche 11 novembre 2018

Anne Dufourmantelle : La Femme et le Sacrifice. D'Antigone à la femme d'à côté

Denoël - Novembre 2018 - Collection : Empreinte


Une réflexion essentielle sur le rôle et la place des femmes avant, maintenant et après… On a sacrifié les femmes au nom d’à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité… Malgré les discours d’émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations. Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel ? En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans les textes fondateurs de notre culture. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Juliette, Iseut ou encore Jeanne d’Arc. De quelle façon ces figures emblématiques influencent-elles notre inconscient ? Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge ces destins spectaculaires en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de nos amies, sœurs, voisines, ces femmes inconnues croisées tous les jours dans la rue… D’une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d’une véritable érotique du sacrifice au féminin.

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Robert Misrahi : L'Eden Mozart

Editions Le Bord de l'eau - Novembre 2018 - Collection : Nouveaux classiques



Robert Misrahi ne se veut pas musicologue, mais simple auditeur de Mozart. Il présente, sur son œuvre trois idées : on devrait dissocier la musique et les textes (livrets ou liturgies diverses) ; Mozart décrit des affects essentiels indépendants des circonstances ; et enfin tout l’œuvre Mozart peut valoir comme la joie et l’accomplissement d’un Eden. Implicitement, Robert Misrahi. relie cette œuvre à ses propres travaux sur le bonheur.

Tout en présentant une hypothèse originale sur la signification de la musique de Mozart, Robert Misrahi ne manque jamais de rendre hommage au grand musicologue et spécialiste de Mozart, Jean-Victor Hocquard et, comme celui-ci le fait parfois, il offre à ses lecteurs un travail non de musicologue, mais de simple auditeur, passionné de Mozart.
Selon Misrahi, pour comprendre et apprécier Mozart en profondeur il convient de dissocier la musique proprement dite de Mozart et les textes écrits qu’elle serait censée illustrer. Aussi bien les livrets d’Opéras que les textes liturgiques ou maçonniques ne sont liés à la musique que par convention et d’une manière contingente.
Ce premier pas permet à l’auteur de définir une compréhension intuitive de la musique, et de mettre en évidence le fait que le but et l’objet de la musique mozartienne sont bien des affects, mais considérés dans leur essence la plus générale, indépendamment des circonstances anecdotiques que les textes prétendent circonscrire. Le « Incarnatus est  » exprime la force, la tendresse et la joie bouleversée de tout amour, indépendamment de tout texte liturgique. De même, Robert Misrahi donne des exemples de quelques « affects essentiels  » : l’enthousiasme, l’angoisse, le proche et le lointain, l’adoration, la joie même, fondamentale, omniprésente.
Enfin l’auteur dégage une sorte d’itinéraire existentiel, indépendant de la chronologie des œuvres, mais non pas de leur sens. Elles disent toutes et la joie de la perfection musicale, et la joie finale de l’accomplissement. Cette joie du grand Désir accompli est le sens même de l’œuvre de Mozart.
Si cet Eden existe quelque part, c’est dans et par la perfection réelle et sensible de l’œuvre Mozart.

Robert Misrahi, philosophe, est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, notamment Intensités. Lumières sur les petits bonheurs de la vie quotidienne et des loisirs (Le Bord de L’eau, 2016), Ma Philosophie (Le Bord de l’eau, 2018). Il est aussi un grand spécialiste de Spinoza.

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