lundi 30 mai 2016

Philippe Descola : L'écologie des autres. L'anthropologie et la question de la nature

Quae éditions - Mai 2016 -  Sciences en questions


Depuis la fin du XIXe siècle, l'anthropologie qui étudie l'unité de l'humanité dans la diversité de ses manifestations n'échappe pas au partage entre nature et culture. Elle est scindée entre une anthropologie physique qui établit l'unité par-delà les variations et une anthropologie culturelle ou sociale qui fait état des variations sur fond d'unité. Mais l'anthropologie culturelle est elle-même divisée entre deux explications : celle qui considère les diversités culturelles comme autant de réponses adaptatives aux contraintes du milieu naturel et celle qui insiste sur le traitement symbolique d'éléments naturels choisis dans le milieu environnant. Selon Philippe Descola, c'est en se libérant du dualisme et en recomposant une écologie des relations entre humains et non-humains que l'anthropologie, acceptant de renoncer à son anthropocentrisme, pourra sortir des débats entre déterminismes naturels et déterminismes culturels.

Après des études de philosophie, Philippe Descola s'est orienté vers l'ethnologie américaniste. Il étudie les relations à l'environnement des Achuar de haute Amazonie. Parallèlement, il se consacre à l'étude anthropologique des relations entre humains et non-humains. En 1996, ses travaux sont récompensés par une médaille d'argent du CNRS. Il mène toute sa carrière à l'Ecole des hautes études en sciences sociales avant d'être nommé, en 2000, professeur au Collège de France dans la chaire d'anthropologie de la nature ; il y dirige le laboratoire d'anthropologie sociale.

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Pablo Iglesias Turrion : Machiavel face au grand écran, cinéma et politique

La Contre Allée - Mai 2016 - Un singulier pluriel


Et si nous allions au cinéma en compagnie de Machiavel ? Si Pablo Iglesias est désigné comme le porte-parole de Podemos, ce professeur de sciences politiques est avant tout l'un des penseurs et fondateurs de ce parti antilibéral. Machiavel face au grand écran se présente comme la somme de ses cours de Cinéma politique à l'université Complutense de Madrid entre 2006 et 2010. Sa lecture de la représentation du pouvoir au cinéma nous permet de mieux connaître la pensée d un homme qui bouscule la scène politique internationale et pour qui le 7ème art ne relève pas seulement du divertissement intellectuel mais permet aussi de parler de politique telle que l'entendait Machiavel, c'est-à-dire comme la science du pouvoir. En analysant des films tels que Apocalypse now, La Bataille d Alger, Dogville... Pablo Iglesias aborde les thématiques de la violence politique, la mémoire historique, la nation, le colonialisme, la post-modernité capitaliste en Amérique latine, le genre et le féminisme. Figure historique « maudite », Machiavel reste aujourd'hui une référence que d'aucuns pourraient considérer dangereuse pour ceux qui veulent comprendre et pratiquer la politique. Pablo Iglesias Turrión tient ici à faire entendre que la politique ne concerne pas que « les politiques » et ne se limite pas à la recherche du consensus.

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Marie-Thérèse Desouche et Monique-Lise Cohen (dirs.) : Emmanuel Levinas et la pensée de l'infini

DOMUNI PRESS - Mai 2016 - Humanités


Cet ouvrage est le fruit du colloque international organisé par l’Institut catholique de Toulouse en 2011, pour fêter le 50e anniversaire de « Totalité et infini », ouvrage-phare d’Emmanuel Levinas. Le texte est exploré, confronté à d’autres pensées, contextualisé dans la tradition juive du philosophe, ouvert au questionnement des autres traditions religieuses…
Responsabilité de l’humain envers autrui, envers la création; dialogue entre les religions et la philosophie; dérives politiques : tous ces enjeux contemporains prennent sens à la lumière de « Totalité et Infini ». C’est l’enseignement novateur de ce colloque.

Avec les contributions de :

Monique-Lise COHEN
Marie-Thérèse DESOUCHE
Branko KLUN
Edvard KOVAC
Jean-Michel MALDAMÉ
Daniel VIGNE
Abraham Harold WEIL

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dimanche 29 mai 2016

John Dewey : L'influence de Darwin sur la philosophie et autres essais de philosophie contemporaine

Gallimard - Mai 2016 - Bibliothèque de philosophie


Si Darwin est le nom d'une révolution, pour Dewey, né la même année que la publication de L'Origine des espèces, il ne s'agit pas seulement d'une révolution scientifique concernant notre compréhension des espèces végétales et animales. Il s'agit d'une révolution intellectuelle dont on n'a pas encore suffisamment pris la mesure philosophique ni tiré toutes les conséquences théoriques et pratiques : " En touchant à l'arche sacrée de la permanence absolue et en considérant comme ayant une origine et un terme les formes qui avaient été conçues comme des types de fixité et de perfection, L'Origine des espèces a introduit une manière de penser qui, finalement, ne pouvait que transformer la logique de la connaissance, et ainsi le traitement des questions morales, politiques et religieuses ". Loin d'appliquer telle quelle la théorie darwinienne aux problèmes que posent la connaissance, la morale, la politique ou la religion, il s'agit au contraire d'opérer dans ces domaines le même type de volte-face intellectuelle qu'il a fallu à Darwin pour accoler ensemble les deux termes d'" origine " et d'" espèce ". Comment abandonner les manières de penser fixistes et finalistes lorsqu'on se réclame de la vérité ou lorsqu'on invoque certaines valeurs pour orienter notre action ? Mais s'il n'y a plus de principes fixes ou de valeurs absolues et que tout ce qui reste est notre expérience sans cesse changeante, comment pouvoir encore garantir nos croyances ou justifier notre action ? Ces essais que Dewey réunit en 1910 montrent le caractère obsolète et inadapté d'une grande partie de notre bagage intellectuel et posent les premiers jalons, avant les grandes oeuvres de la maturité, pour reconstruire les outils conceptuels dont nous avons besoin pour vivre et penser dans un monde post-darwinien. Ils sont eux-mêmes le fruit et le témoin de toute une évolution intellectuelle de la part de Dewey, que l'on voit passer de Hegel à Darwin et de l'absolutisme au pragmatisme.

Philosophe et pédagogue américain, John Dewey (1859-1952) est considéré comme l'un des chefs de file du pragmatisme et de la psychologie appliquée. De lui, les Editions Gallimard ont publié Le public et ses problèmes (Folio essais n° 533), L'art comme expérience (Folio essais n° 534), Expérience et nature (Bibliothèque de Philosophie, 2012), Reconstruction en philosophie (Folio essais n° 585), La Quête de certitude (Bibliothèque de philosophie, 2014).

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mercredi 25 mai 2016

Nadine Salamé : L'hyperréalité du monde postmoderne selon Jean Baudrillard

L'Harmattan - Avril 2016


La philosophie de Baudrillard est inédite puisqu’il possède une façon originale de voir le monde, ses yeux étant ceux d’un philosophe critique, d’un sociologue, d’un journaliste et d’un pataphysicien. Ce faisant, il possède une manière fort intéressante de nommer les faits. D’où toute la série de termes qu’il revisite ou invente surtout ceux formés par le préfixe hyper comme hyperconsommation, hypermarché, hyperréel, hypercorps, hyperespace et bien d’autres. Malgré sa quête du sens et du réel, Baudrillard débouche sur le non-sens et proclame moyennement l’absence du réel. C’est comme si tout l’objectif de sa quête était uniquement la description du réel disparu et non la recherche et l’instauration du réel voire d’un nouveau réel. La recherche conduite ici s’attaque à la pensée hyperréelle de Jean Baudrillard tout en présentant l’originalité de cette pensée singulière et controversée.

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Sébastien Gandon et Ivahn Smadja (dir.) : Textes clés de Philosophie des mathématiques. Vol. 2 : Logique, preuve et pratiques

Vrin - mai 2016 - textes clés


Avec des textes de S. Awodey, S. Feferman, S. Shapiro, J. Tappenden, Th. Tymoczko, M. Wilson.

Le compagnonnage entre la philosophie et les mathématiques ne date pas d’hier. Mais l’émergence des nouvelles logiques, au début du XXe siècle, a profondément modifié la forme des interactions entre les deux disciplines, suscitant de nouvelles interrogations et modifiant la formulation des problèmes hérités de la tradition. Le premier tome du volume « Philosophie des mathématiques » était consacré tant aux questions ontologiques qu’à celles liées aux fondements. Ce second tome porte sur des questions qui sont davantage en prise avec les mathématiques du XXe siècle. Comment, après l’émergence de l’axiomatisation, rendre compte de l’évolution et de la formation des concepts et des théories mathématiques? Comment concevoir l’articulation entre langue formelle, théorie axiomatisée et pratiques mathématiques après l’échec des grands mouvements fondationnalistes? Les avancées mathématiques récentes posent-elles de nouvelles questions philosophiques? Qu’en est-il par exemple du rôle joué par les ordinateurs dans certaines preuves ?

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lundi 23 mai 2016

Revue Le Philosophoire n°45 : "La Mort"

Vrin - Mai 2016


Editorial. La mort comme problème anthropologique, politique, existentiel et ontologique. Par Vincent Citot

Entretien avec Françoise Dastur
Par Jean-Claude Poizat

–Philosopher après les EMI, parYann Flipo

–La mort in vivo et le vivantpostmortem, par Mathieu Corteel

–La sagesse du droit : mort naturelle, mort violente, mort suspecte, par Sylvie Taussig

–Savoir vivre est-il autre chose que savoir mourir ? Ulysse, Socrate et le Samouraï, par Claude Obadia

–« Le boudoir de la mort » : le couloir de la mort…, par Etienne Pierre

–Le pédagogue et la mort : penser l’éducation avec Michel de Certeau, par Baptiste Jacomino

–Se passer de la pulsion de mort ? Une diagonale à travers le système philosophique d’Alain Badiou, par Livio Boni

Les Livres passent en Revue

–L’idéologie de la régénération: ce legs délétère de la Révolution (à propos du dernier livre de Lucien Jaume), par Jean-François Bacot

–Peut-on encore parler de race ?, par Charles Boyer

–Critique de la destruction créatrice de Pierre Caye, par Sylvie Taussig

–Notices sur quelques publications récentes et ouvrages envoyés à la rédaction

Hors Thème

–Nishida et l’idée d’une autre histoire de la philosophie, par Bernard Stevens

–Sur quelques questions épistémologiques à propos de l’épistèmê aisthêtikê, par Marc Jiménez

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dimanche 22 mai 2016

Arnaud Milanese : Bacon et le gouvernement du savoir. Critique, invention, système: la pensée moderne comme épreuve de l'histoire

Classiques Garnier - Mai 2016 - Constitution de la modernité


« Bacon est souvent jugé sans nuance. Conservateur pré-moderne ou héraut de la science nouvelle, les historiens défont volontiers cette articulation de la permanence et de la nouveauté. C’est à la condition de saisir son ambition de reconstruction dans toute son ampleur, philosophique et politique, que Bacon est a contrario lu à partir de ses propres questions : comment, à partir d’une critique des conditions historiques qui sont les nôtres, saisir le système des institutions épistémiques et politiques, et ouvrir une nouvelle époque centrée sur une invention maîtrisée ? Comment répéter et poursuivre l’autonomie des Grecs ? Comment concevoir donc un bon gouvernement du savoir et par le savoir ? Tel est le sens que Bacon semble avoir imprimé à notre modernité. »
Collection « Constitution de la modernité »

Bacon et le gouvernement du savoir est le premier ouvrage paru dans la collection « Constitution de la modernité (Classiques Garnier) », dirigée par Jean-Claude Zancarini.
Cette collection, liée aux recherches menées par le LABEX COMOD publie des ouvrages concernant la généalogie de la rationalité moderne et les rapports entre Etat, religions et citoyens.

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Didier Heulot : Bernard Stiegler ou Le poisson volant

Apogée - Mai 2016 - Ateliers Populaires De Philosophie


Le capitalisme de notre époque, numérique, nous entraîne avec lui vers la catastrophe. Ce mouvement planétaire n'offre aucun refuge. Pour le combattre, notre seule issue est de le penser. Bernard Stiegler nous le propose.
Notre capitalisme est une « prolétarisation généralisée » Les algorithmes prennent au salarié son savoir-faire et au consommateur son savoir-vivre, le big data automatise son existence, loisirs compris. Le savoir théorique est passé dans les machines, qui décident pour nous.
La solution de Bernard Stiegler passe par une « relance du désir ». Nous désirons travailler et ne nous contentons plus d'un emploi. Nous désirons consommer ce que nous aimons et souffrons d'une consommation addictive. Nous désirons employer notre temps hors travail à autre chose qu'à être des clients d'industries culturelles. Nous désirons et rêvons à l'improbable, interdit par ce capitalisme.
Nous désirons et aimons l'intelligence.
Nous sommes ces poissons empoisonnés dans leur milieu qui ne rêvent que de s'en échapper « par intermittences » et voler. L'urgence est que l'Europe mette le savoir au coeur de sa politique industrielle, le pharmakon numérique en est l'instrument.
Telle est la proposition de Bernard Stiegler pour « réenchanter le monde ».

Didier Heulot enseigne la philosophie dans un lycée rennais. Il a fait paraître en 2014 aux Éditions Apogée Qui sont les bêtes ?

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Antoine Destutt de Tracy : Oeuvres complètes VII. Commentaires sur L'esprit des lois de Montesquieu

Librairie Philosophique Vrin - Mai 2016 - Bibliothèque des Textes Philosophiques


Dans les premières années du XIXe siècle, la pensée libérale est confrontée à l’exigence d’une profonde reformulation. Il ne s’agit plus, comme au siècle précédent, de s’élever contre un État d’inspiration absolutiste; il s’agit désormais d’accomplir positivement les promesses de liberté et d’égalité de la Révolution française. Écrit en 1806 et 1807, le Commentaire sur l’Esprit des lois de Montesquieu participe de ce travail de refondation. Fort de l’expérience – récente et difficile – du gouvernement représentatif et de la réflexion théorique qui l’a accompagnée, Destutt de Tracy soumet le chef-d’œuvre de Montesquieu à l’épreuve des principes et de la méthode de l’Idéologie et dessine les contours d’un nouvel art social respectueux à la fois des lois naturelles et de la volonté générale exprimée par le « corps entier de la nation ». Aussi, comme cela a été souvent souligné, l’ouvrage est-il moins un « commentaire » qu’une œuvre originale renouvelant en profondeur la science politique, au même titre que les Principes de politique rédigés au même moment par Benjamin Constant. Dans la mesure où Destutt de Tracy, devenu aveugle, n’a pas écrit son volume de Législation (troisième partie du Traité de la volonté et de ses effets), ce Commentaire en tient lieu et renferme toutes les idées qui y auraient été présentées dans un ordre sans doute plus systématique.

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Adriano Tilgher : La philosophie de Léopardi

Editions de la revue Conférence - Mai 2016 -  Lettres d'Italie


Dès sa parution en 1940, Giuseppe Capograssi souligne l’intérêt de cet essai sur Leopardi: « c’est, de l’intérieur, une exploration et une reconstruction complètes de cette pensée organique, comme ja- mais on ne l’avait tentée ». Le premier, Tilgher a su reconnaître l’existence d’une « philosophie de Leopardi », alors même que les voix de l’époque les plus autorisées, à la suite de Benedetto Croce, lui refusaient cette dimension. Il le fait — au sommet de sa maturité et de son propre cheminement philosophique — dans un ouvrage d’une grande élégance d’écriture ; un voyage captivant, pas à pas, dans la pensée leopardienne, selon les étapes que constituent les grands thèmes de la réflexion du poète de Recanati. Et ces thèmes sont toujours les nôtres.

Traduit de l’italien par Arnaud Clément. Préface de Stefano Biancu.

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vendredi 20 mai 2016

Walter Benjamin : Technique et expérience. Mélancolie de gauche et autres textes

Eterotopia - Mai 2016


Le choix de textes de Walter Benjamin (1929-1933) présentés dans ce livre concerne le rapport entre la technique et l’existence, avec un essai encore inédit en France, Mélancolie de gauche. Au centre de ce livre il y a le rapport entre corps et transformations techniques qui transforment les subjectivités et le social, surtout eu égard à ce que Benjamin appelle la « pauvreté de l’expérience ». Benjamin a été sans doute un des premiers philosophes à avoir compris comment un tel processus de transformation du capital pouvait agir en vue d'une domestication à travers l’introduction de la technique dans la vie et vice-versa. Voici ce que le philosophe allemand écrit dans Expérience et pauvreté : « De barbarie ? Mais oui. Nous le disons pour introduire une conception nouvelle, positive, de la barbarie. Car à quoi sa pauvreté en expérience amène-t-elle le barbare ? Elle l’amène à recommencer au début, à reprendre à zéro, à se débrouiller avec peu, à construire avec presque rien, sans tourner la tête de droite ni de gauche. Parmi les grands créateurs, il y a toujours eu de ces esprits impitoyables, qui commençaient par faire table rase. Il leur fallait en effet une planche à dessin, ils étaient des constructeurs ».

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