vendredi 6 juillet 2018

Céline Flécheux, Pierre-Henry Frangne, Didier Laroque (dir.) : Le sublime. Poétique, esthétique, philosophie

Presses universitaires de Rennes - Juillet 2018 - Collection : Aesthetica


Quelle est la nature polymorphe, rebelle à toute délimitation, et donc proprement étonnante, du sublime ? En quoi consiste sa véhémence, sa force dynamique et dangereuse ? Comment expliquer les paradoxes de la sidération ou du plaisir négatif que son sentiment, sa passion ou même sa crise, engendrent chez tous ceux qui en font, moins l’expérience que l’épreuve ? Telles sont les trois principales questions que l’ouvrage entend poser dans l'inspiration des travaux de Baldine Saint Girons et de son livre Fiat Lux. Une philosophie du sublime (1993). Vingt-cinq chercheurs spécialistes reconnus de rhétorique, d’esthétique, de poétique, de philosophie, de peinture, de littérature, de musique, de psychanalyse, de sciences, de langues et cultures étrangères joignent ici leurs efforts afin de donner au lecteur — néophyte ou chercheur confirmé — les instruments les plus importants pour l’intelligence la plus vivante de la tradition du sublime. De l’antiquité jusqu’à l’époque actuelle, le lecteur est invité ici à saisir de façon organisée et claire les difficultés artistiques, philosophiques et existentielles de l’expérience de la grandeur.

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vendredi 29 juin 2018

Carolina Armenteros : L'idée française de l'histoire. Joseph de Maistre et sa postérité, 1794-1854

Editions Classiques Garnier - Juin 2018 - Collection : Classiques jaunes


Entre l’image de réactionnaire absolutiste et celle d’humaniste, la postérité de Joseph de Maistre s’est faite en clair-obscur. Carolina Armenteros se propose d’y jeter un regard neuf en défiant les habituels lieux communs de la critique maistrienne. Avec une originalité perçante, cette étude met au jour la place de précurseur tenue par de Maistre dans la France du xixe siècle, mais aussi dans l’histoire intellectuelle européenne. Elle permet ainsi de mieux saisir la portée d’une philosophie de l’histoire qui saura inspirer la droite comme la gauche pour réorganiser la connaissance, rendre obsolète la politique et préparer l’utopie de la fin des temps. Dans la réévaluation de l’oeuvre de Joseph de Maistre, cet essai est un jalon de première importance. 

Chercheuse indépendante, Carolina Armenteros a enseigné dans les universités françaises, américaines, britanniques et néerlandaises. Elle a coédité The New enfant du siècle: Joseph de Maistre as a Writer (St Andrews, 2010), Joseph de Maistre and the Legacy of Enlightenment (Oxford, 2011) et Joseph de Maistre and his European Readers: From Friedrich von Gentz to Isaiah Berlin (Leyde, 2011).

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Guy Lardreau : Faces de l'Ange déchu

Le Centurion - Juin 2018


« Ange est le nom dont nous désignions le sujet dont l'existence affirmée autorise la Grande Politique : politique qui casse en deux l'histoire du monde, telle qu'elle transforme l'homme en ce qu'il a de plus profond. L'entreprise visant à procurer aux hommes, par la grâce de formes inouïes, la vie bienheureuse, se renversa en machine d'enfer. Si j'ai décidé d'assembler ces avortons en une commune baraque, faire tronc à ces têtes mortes, c'est que je crois fini le temps des livres... » 

Guy Lardreau (1947-2008), professeur de philosophie en khâgne, fut au début des années soixante-dix avec Christian Jambet théoricien du « maoïsme à la française », qu'ils dépassèrent dans L'Ange (1976) et Le Monde (1978), premiers volets d'une « ontologie de la Révolution ». Lorsque la Politique, en tant que vie où la raison avait son espérance, lui fut morte, il se tourna vers l'érudition et l'étude de la patristique (Discours philosophique et discours spirituel, 1985), puis développa une métaphysique des petits objets (Fictions philosophiques et science-fiction, 1988) articulée à ce qu'il appelait une « philosophie négative » (La Véracité, 1993). Faces de l'Ange déchu, texte crépusculaire où il entre en dialogue avec les grands de la Contre-Révolution (Maistre, Bonald, Cortés) et s'interroge sur le pouvoir paradoxal des saints, constitue son testament philosophique et politique. Il y revient, pour lui donner sa formulation dernière, sur le logion qui charma sa jeunesse : on a (toujours) raison de se révolter.

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jeudi 28 juin 2018

Laurent Muller : Jean-Marie Guyau ou l'éthique sans modèle

Septentrion - Juin 2018


La morale s'est presque toujours référée à l’idée d’obligation, de sanction et de modèle. Penseur critique de l’évolution, Guyau propose de repenser la morale à l’aune de l’exigence vitale : bien comprise, la puissance anomique de la vie engendre une diversité heureuse des formes de l’obligation.
La philosophie morale y est exposée de manière critique sous la forme d’un antagonisme historique qui traverse les âges : idéalisme versus naturalisme. Le déclin des absolus et la loi de la sélection naturelle qui en résultent semblent nier la possibilité de la morale. Mais Guyau entend surmonter ces difficultés en élargissant l’évolutionnisme, afin d’inclure ce qu’il semblait d’abord nier : la générosité de la vie, inventive jusqu’à la poésie métaphysique. En découle une condamnation sans appel du devoir homogène et de la sanction morale – mais aussi la promotion d’une éducation qui fait de l’expansion de la vie l’idéal immanent d’une éthique résolument plurielle, esquissée et sans modèle.

Sommaire

Introduction
Une existence fulgurante et bien peu connue
Une œuvre sans héritiers
Fil directeur

Première partie :
comprendre les systèmes philosophiques passés

Chapitre I. Le commentaire philosophique comme embryogénie
L'exposition des systèmes
La critique des systèmes
Art et science du commentaire
Une philosophie de l’évolution

Chapitre II. Structure antagonique de l’histoire de la philosophie morale
Suivre les idées maîtresses

Deuxième partie :
l’obligation dans l’optique de la vie

Chapitre III. L’hypothèse métaphysique et l’avenir de la morale
Exposition critique du dogmatisme métaphysique
Par-delà le dogmatisme : deux hypothèses métaphysiques possibles

Chapitre IV. L’obligation naturalisée : l’éthique ouverte de l’anomie
Renouveler et radicaliser le naturalisme
Les équivalents naturalisés du devoir

Chapitre V. L’immoralité de la sanction
La sanction naturelle
La sanction morale
Genèse de la croyance à la moralité de la sanction
La sanction intérieure ou remords
La sanction religieuse et métaphysique

Chapitre VI. L’éducation morale : mordre sur l’avenir
Reproches et reprises
Principes de l’éducation morale
La suggestion comme éducation de l’instinct 

Conclusion
Appendice : Guyau, penseur du politique ?

Bibliographie
Œuvres de Jean-Marie Guyau
Études sur Guyau
Ouvrages d’intérêt général.

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mercredi 27 juin 2018

Jean-Marc Narbonne et Josiane Boulad-Ayoub (dir.) : Reflets modernes de la démocratie athénienne

Hermann - Juin 2018


La démocratie grecque, en prenant pour point de départ les réformes de Solon en 594 et comme terme la conquête romaine de la Grèce en 146, c’est plus de quatre siècles d’une histoire riche en expérimentations variées d’un gouvernement « de tous, par tous et pour tous », mais aussi de réflexions et d’intenses débats sur les différentes formes que peut endosser un « régime populaire » et les défis qui se présentent à lui.
Or après cette efflorescence exceptionnelle – unique, rappelons-le, dans toute l’Antiquité –, la démocratie grecque sombra pour quelque deux mille ans dans un oubli quasi total ou fut perçue comme un régime condamnable, voire dangereux, tout cela avant qu’une patiente revalorisation des vertus démocratiques ne s’entame quelque part dans le cours des XVIIe et XVIIIe siècles, une reconquête qui, à travers bien des contestations et nombre de reculs, se poursuit encore jusqu’à maintenant.
Comment un tel renversement des perspectives aussi surprenant que spectaculaire a-t-il été possible, quels chemins a-t-il dû emprunter et quel rôle, tantôt direct, tantôt plus marginal, l’expérience athénienne a-t-elle joué dans cette affaire, via quels auteurs et quels acteurs politiques ? Autant de questions complexes et cruciales auxquelles les contributions rassemblées dans cet ouvrage tentent d’apporter des réponses.

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mardi 26 juin 2018

REVUE DU M.A.U.S.S. : Le beau, le bon et le juste

La Découverte - Juin 2018 - Collection : REVUE M.A.U.S.S


À l'encontre de toute la dynamique de la pensée moderne qui, selon des modalités et à des degrés divers se caractérise par la critique et la déconstruction permanente qu'elle fait subir à toutes ces notions, ce numéro de la Revue du M.A.U.S.S. (re)met en exergue le beau, le bon, le bien, le vrai et le juste, laissant entendre que nous ne pouvons pas nous passer d'y aspirer.
Impossible de ne pas accepter l'héritage de la pensée critique. Pour autant, ne devient-il pas urgent de se demander si elle n'a pas épuisé une part de sa fécondité et de sa lucidité ? Pire encore, la posture constructiviste-déconstructionniste généralisée n'est-elle pas devenue largement contre-productive de par ses affinités électives avec l'hégémonie mondiale du capitalisme spéculatif ? Marx et Eng els l'avaient déjà parfaitement exprimé : tout – le bon, le juste, le beau – " part en fumée et se dissout dans l'air ". Dans l'air de la spéculation financière, parfait doublon de la spéculation conceptuelle, de cette critique stérile qu'ils dénonçaient en 1845 dans La Sainte Famille sous-titré, avec ironie, Critique de la critique critique. 
Peut-être est-il temps, au nom d'une exigence critique renouvelée – généreuse, créatrice et résolument anti-utilitariste – , de reconnaître la beauté, la bonté et la justice de ce qui est, de rappeler que le monde n'est pas seulement immonde, mais qu'il manifeste des qualités morales ou esthétiques dignes d'être dévoilées et ainsi approfondies. Sauf à rester enlisés dans les ornières du soupçon et de la dénonciation systématiques qui alimentent les passions tristes et, finalement, l'impuissance, comment pourrions-nous, sinon, comme y invitait Marx, " cueillir la fleur vivante " ?

Sommaire 

Présentation, par Alain Caillé, Philippe Chanial et François Gauthier

I / Le bon, le juste et le beau. Pour en finir avec la critique critique

A) La critique en état critique
Les dérives de la philosophie décorative. Postmodernisme, poststructuralisme, posthumanisme, par Frédéric Vandenberghe
Réflexions brutes sur le postcolonialisme, par François Gauthier
@ Sommes-nous en train de piller les marbres d’Elgin ? Les défis de la contestation de l’hégémonie intellectuelle occidentale, par James V. Spickard
La banalité du bien. Sherry Ortner et le côté obscur de l’anthropologie, par Émir Mahieddin
@ La face sombre de l’anthropologie, par Sherry Ortner
Ingouvernables ? Puissance poétique et/ou l'impossible réception du Comité invisible en Allemagne, par Franck Adloff et Marie Rotkopf
Du vrai, du beau, du juste et du bien. Hypothèses sur le déclin des idéaux de la culture occidentale, par Dany-Robert Dufour

B) Au-dessus de tout soupçon, le bon et le bien ?
Pour en finir avec les approches normatives des valeurs, par Nathalie Heinich
L’être humain est naturellement prédisposé à la bonté, par Jacques Lecomte
La littérature et l’expérience impitoyable du bien, par Michel Terestchenko
@ Les passions orphelines : l’inversion morale selon Michael Polanyi, par Jean-Baptiste Lamarche
Sur l’inversion morale, par Michaël Polyani
Au-delà de tout soupçon, par Fabien Robertson

C) Reconnaître la générosité de ce qui est : l'anti-utilitarisme comme anti-critique (critique)
Rompre cette bulle opaque que nous avons sécrétée, par Henri Raynal
Le côté lumineux de la force du social. En hommage sociophilique à la cosmophilie d’Henri Raynal, par Philippe Chanial
À bas les censeurs, vivent les artistes ! L’« anti-critique » créatrice de Théophile Gautier, par Julie Anselmini
L’amour est-il aussi désintéressé qu’on le dit ?, par Paul Audi
@ Relire Guyau : une sociologie dans l’optique de la vie, par Laurent Muller et Jordi Riba
Beautés du Coran, par Bruno Viard

II / Libre revue
Dossier : les critiques du capitalisme, quel renouveau ?, par Gaël Courty
@ Critiques contemporaines du capitalisme.
Introduction aux entretiens réalisés avec Honneth, Fraser et Wallerstein.
Capitalisme, critique et liberté sociale. Entretien avec Axel Honneth
@ Repenser le capitalisme, la crise et la critique. Entretien avec Nancy Fraser 
@ Capitalisme, crise structurelle et mouvements sociaux contemporains. Entretien avec Immanuel Wallerstein
@ Le mérite : tribulations d’une aspiration à la dépense, par Dominique Girardot
@ Sur l’enseignement de la philosophie au lycée, par Stéphane Bornhausen
Bibliothèque
@ Résumés & abstracts
Les Auteurs de ce numéro

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lundi 25 juin 2018

Annie Le Brun : Ce qui n'a pas de prix. Beauté, laideur et politique

Stock - Mai 2018 - Collection : Essais - Documents


C'est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s'intensifie depuis qu'elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d'extraire de la valeur. S'ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d'éblouissement et qui, pas plus que l'éclair, ne se laisse assujettir.
Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d'un certain art contemporain, à l'origine d'une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Et comme, dans le même temps, la marchandisation de tout recours à une esthétisation généralisée pour camoufler le fonctionnement catastrophique d'un monde allant à sa perte, il est évident que beauté et laideur constituent un enjeu politique.
Jusqu'à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l'argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l'essentiel, la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix ?

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samedi 23 juin 2018

Catherine Larrère et Raphaël Larrère : Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique

La Découverte - Juin 2018


Protéger la nature, une urgence dans le contexte de crise environnementale qui suppose d'affronter une question philosophique, car la notion même de " nature " ne va plus de soi. En articulant des questions qui s'ignorent souvent, les auteurs montrent qu'il est possible de concilier souci de la nature et diversité des cultures, exigence de justice et respect de l'environnement.

Que signifie " protéger la nature " ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de " nature " ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. 
Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de " nature " et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.

Catherine Larrère, professeur émérite à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, spécialiste de philosophie morale et politique, a notamment publié : Les Philosophies de l'environnement (PUF, 1997) ; Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l'environnement (avec R. Larrère, Aubier, 1997 ; rééd. Champs Flammarion, 2009). 
Raphaël Larrère, ingénieur agronome et sociologue, a été directeur de recherche à l'INRA. Il est notamment l'auteur (avec M. de la Soudière) de Cueillir la montagne (La Manufacture, 1985 ; rééd. Ibis Press, 2010) et de Des hommes et des forêts (avec O. Nougarède), Gallimard, coll. " Découvertes " 1993 ; rééd. 2003).

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Jean Malaurie : Oser, résister

CNRS - Juin 2018


Ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l'image et l'informatique. 
Oser, résister et s'aventurer ! C'est la philosophie de vie que Jean Malaurie poursuit depuis les années 1950 et son inoubliable combat pour les légendaires Inuit de Thulé, menacés par une scandaleuse base nucléaire au coeur de leur territoire. 
Réfractaire-résistant à l'ordre nazi, Jean Malaurie est un grand scientifique, géomorphologue devenu géophilosophe, et un défenseur résolu de l'alliance des sciences humaines et naturelles. 
Le père fondateur de la collection Terre Humaine réunit ici des réflexions rares et précieuses sur son parcours intellectuel, sur l'écologie humaine ou l'enseignement supérieur. Il nous découvre aussi des pans plus intimes de sa personnalité singulière. 

Directeur émérite au CNRS et à l'EHESS, ambassadeur de bonne volonté pour l'Arctique à l'Unesco, défenseur des minorités boréales, Jean Malaurie a fondé l'Académie polaire d'État à Saint-Pétersbourg, unique école des cadres pour les jeunes élites autochtones nord-sibériennes dont il est le président d'honneur.

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vendredi 22 juin 2018

Jun Jujita : Le Ciné-capital. D’Hitchcock à Ozu. Une lecture marxiste de Cinéma de Gilles Deleuze

Hermann - Mai 2018



« L’argent est l’envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l’endroit » écrit Gilles Deleuze dans le deuxième volet de Cinéma. Le capital est toujours derrière le cinéma. Le Capital hante Cinéma du début à la fin. C’est donc une lecture marxiste du diptyque composé de L’Image-mouvement et L’Image-temps que propose Jun Fujita dans Ciné-capital. 
Comment fonctionne le mode de production ciné-capitaliste ? Comment celui-ci fait-il produire de la plus-value aux images ? Pourquoi et comment s’approprie-t-il le travail même du spectateur ? En quel sens peut-on soutenir qu’Eisenstein et Hitchcock ont anticipé l’arrivée de la New Economy des années 1990 (dématérialisation du travail et financiarisation de l’économie) ? Quand et comment les images s’insurgent-elles contre l’exploitation ciné-capitaliste ? Comment se mettent-elles à valoir pour elles-mêmes ? Pourquoi le cinéma politique, depuis Straub et Huillet, a-t-il cessé de privilégier le tournage au bord de la mer ? Qu’est-ce qui permet à Deleuze d’affirmer qu’Ozu est un cinéaste de gauche ?Telles sont quelques-unes des questions abordées dans Ciné-capital.

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jeudi 21 juin 2018

Natalie Depraz et Florence Pignarre (dir.) : L'expérience de l'acteur en question

Publications de l'Université de Rouen et du Havre - Juin 2018 - Cahiers de l'ERIAC


La question de savoir ce que l'acteur vit lorsqu'il incarne un personnage, soit qu’elle ait été présentée comme relevant d’une expérience quasi mystique, soit qu’elle ait donné lieu à des débats philosophiques ou esthétiques les plus divers, a depuis longtemps et continue aujourd’hui encore, de susciter la curiosité et l’intérêt des chercheurs. Comment, en effet, appréhender cette expérience si singulière au cours de laquelle un homme se met à vivre irréellement dans les émotions et les sensations d’un être imaginaire?
C’est en croisant différentes approches portant sur cette question que cet ouvrage se propose d’y répondre. De Diderot à Sartre et en passant par Deleuze, il présente tout d’abord différents discours théoriques traitant de cette expérience, puis rend compte des démarches plus contemporaines relevant de la phénoménologie expérientielle, de l’anthropologie ou de la psychologie, qui puisent à même la parole des acteurs les données empiriques de leurs développements théoriques. Enfin, il montre que la diversité des expériences de jeu est elle-même fonction de celle des écritures si différentes d’un dramaturge à l’autre.

Sommaire

Introduction

Première partie : L'acteur vu « d'en haut » : les pensées de l'expérience de l’acteur

Marc Martinez – Diderot et le jeu sensible sur la scène anglaise du milieu du XVIIIe siècle ;
Flore Garcin-Marrou – Deleuze et les acteurs ;
Florence Pignarre – Les phénoménologues et l’acteur. Exemple et description ;
Annick Essoh – Jeu au théâtre, jeu social. L’expérience du comédien et la vie quotidienne des individus.

Deuxième partie : La parole de l’acteur : à la croisée de la théorie et de la pratique

Natalie Depraz – L’acteur d’Avatar à l’épreuve de son corps ;
Raluca Mocan – Habitudes motrices et conscience kinesthésique dans la formation des acteurs. Une perspective phénoménologique sur la pratique théâtrale ;
Nadia Foisil – Le corps du comédien. Terrain de recherche et instrument expressif au cœur du corps social ;
Célia Daniellou-Molinié – « Ne croyez jamais un acteur. » Le jeu comme objet d’étude, ou comment fonder une recherche sur le partage d’une expérience subjective.

Troisième partie : L’acteur et l’auteur : de la singularité d’une écriture à celle de son jeu

Nicolas Doutey – L’acteur dans l’écriture de Beckett ;
Sabrina Bastemeyer – Le concept de l’acteur chez Victor Hugo. Entre concurrence, collaboration et courtisanes.

Document
Programme du cours de jeu de l’école de théâtre Charles Dullin (Jean-Paul Sartre et Jean-Louis Barrault, texte inédit).
Bibliographie
Les auteurs

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mercredi 20 juin 2018

Alain B.L. Gérard : La pensée incroyante. Un parcours philosophique hors Dieu

Persée - Juin 2018


L’incroyance a toujours existé, mais discrète et peu appréciée. La norme était la croyance, la croyance en Dieu, sous toutes ses formes, universelle, définitive, suffisante. De nos jours, dans notre culture de civilisation post-moderne, cette situation a tendance à s’inverser : l’incroyance est devenue pratiquement dominante et la croyance, au contraire, rencontre des difficultés dans sa diffusion, sa pérennité, son influence.
Mais cette situation s’accompagne d’un paradoxe. L‘expansion de l’incroyance se produit en dehors de toute réflexion théorique sur elle-même, de toute représentation symbolique et même pratiquement de toute pensée philosophique. C’est une évolution spontanée, issue d’une progression des idées et de la force d’évidence des faits et événements de l’Histoire et de la connaissance en général. La grande réflexion philosophique européenne du XXe siècle, qui a été une des plus brillantes de son Histoire et qui s’est déroulée à peu près entièrement en dehors de toute référence d’ordre religieux, n’a jamais expliqué de façon précise pourquoi et comment elle se détachait d’une référence traditionnelle aussi considérable.
Il en découle une sorte de non-dit dans la réflexion qui ne manque pas de danger. Rejeter toute forme de croyance sans s’en expliquer laisse la porte ouverte à toutes les insinuations : l’incroyance et l’absence de religion seraient un vide intellectuel, la perte du sens, le désenchantement du monde, le relativisme de toute pensée et la cause de tous les maux de l’actualité la plus immédiate. Il importe donc encore à l’incroyance de s’expliquer.
Ce livre-ci tente une étude et une définition de l’incroyance en elle-même. Il voudrait combler un certain vide de la pensée, apporter une pierre nouvelle à la problématique engendrée par l’absence de religion. Il est composé par un philosophe de formation, à l’écriture limpide et au didactisme relativement facile d’accès.

Alain B.L. Gérard est docteur en Droit et docteur en Philosophie. Longtemps cadre supérieur de société dans différents pays, il a travaillé en philosophie avec Gérard Granel à Toulouse et soutenu en Sorbonne en 1982 une thèse de doctorat sur Marx et Heidegger.

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