lundi 28 juillet 2014

Charles Zacharie Bowao and Shahid Rahman (eds.) : Entre l'orature et l'écriture. Relations croisées

Collège publications - Juillet 2014

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Voilà deux ans que le Réseau LACTO («Langage, argumentation et cognition dans les traditions orales») a été mis en place à l'initiative conjointe des Universités CDG-Lille 3 et MNG-Brazzaville. Des rencontres à caractère scientifique et organisationnel se sont tenues alternativement au Congo (du 19 au 21 janvier 2013) et en France (du 7 au 9 novembre 2013), avec l'implication d'autres universityés, en vue de circonscrire la complexité épistémologique du rapport entre l'oralité et la scripturalité, ou plutôt entre l'orature et l'écriture. Le présent ouvrage est, pour l'essentiel, le résultat des discussions issues de ces rencontres, en guise de tentative de réponse à la question principalement soulevée.

Ainsi, contre l'exclusion de l'une ou l'autre instance dans la définition des deux paradigmes du discours philosophique ou scientifique - le paradigme oral et le paradigme écrit - les contributions des uns et des autres s'accordent sur la vision que l'une ne saurait aller sans l'autre. Autrement dit, aucun paradigme ne saurait être pensé en totale exclusion de l'autre, si tant est qu'ils obligent le discours à s'implémenter dans l'espace et à travers le temps. Les catégories de l'espace et du temps constituent de ce fait tout à la fois une trame empirique et un cadre sémantique de déploiement du discours aussi bien oral qu'écrit, dans une optique qui se veut clairement et fondamentalement dialogique.

Il est par ailleurs une certaine lecture de la présente réflexion qui laisse entrevoir une triple articulation d'essence logique et herméneutique. Car c'est bien d'une quête de la connaissance et du sens qu'il s'agit : d'abord concernant les rapports épistémologiques de l'orature à l'écriture et de l'écriture à l'orature dans leur histoire, en ouvrant sur la dimension dialogique (Charles Zacharie Bowao, Marcel Nguimbi); ensuite relativement à la mise en situation de l'oralité, qu'il s'agisse du philosopher en langue orale africaine (Mahamadé Savadogo), de la parole proverbiale prise, dans sa dimension logique, mais aussi sociale et politique, tant dans son être que dans son expression sentencielle en contexte d'oralité et de néo-oralité (Mamadou Kabirou Gano, Gildas Nzokou), ou encore relativement à la temporalité propre à la prise de décision et à l'action aujourd'hui (Oumar Dia) ; enfin, relativement à la forme et au contenu du dialogue dans des perspectives herméneutique (Christian Berner), logique (Bernadette Dango Adjoua, Shahid Rahman) et psychanalytique (Dieu-donné Limikou). 


samedi 19 juillet 2014

Sandra Laugier et Marie Gaille (dir.) : Raison Publique, N° 18 : Retour à la vie ordinaire

PU de Rennes, mai 2014

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Retour à la vie ordinaire

  • Sandra Laugier, Introduction
  • Pascale Molinier et Lise Gaignard, L’ordinaire tient à un fil…
  • Hélène L’Heuillet, Le sujet de l’inconscient, une exception ordinaire ou L’ordinaire dans la cure psychanalytique
  • Sylvie Servoise, L’« ordinaire » des camps (R. Antelme, P. Levi, Imre Kertész)
  • Michel Naepels, Après toutes ces guerres
  • Albert Ogien, Revenir à l’ordinaire, l’exercice de la connaissance en situation d’intervention
  • Marie Gaille, Le retour à la vie ordinaire : un enjeu épistémologique pour la philosophie morale. Ce que nous apprend l’enquête éthique en contexte médical
  • Séverine Mayol, L’ordinaire comme commencement du travail sur soi : le cas de la prise en charge des hommes et des femmes sans domicile
  • Magali Bessone, Le territoire national comme ordinaire de la solidarité politique : réflexions à partir du cas des Roms migrants en Europe
  • Hourya Bentouhami Qu’est-ce que réparer ? De la justice réparatrice à la réparation du bien commun

Questions présentes

  • Stephen Holmes , Repenser le libéralisme et la Terreur
  • Johann Michel , Le paradoxe de l’origine des institutions
  • Laura Quintana , Démocratie, conflit, violence. Du pari conceptuel aux impasses politiques de la Marche patriotique en Colombie

Critiques

  • Jean-Baptiste Mathieu, Quand la recherche littéraire redécouvre les émotions
  • Naël Desaldeleer, La République n’a pas dit son dernier mot
  • Diogo Sardinha, Revers silencieux de la violence

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Stéphane Lemaire (dir.) : L'aveu - La vérité et ses effets

PU Rennes -10 juillet 2014 - Collection : Philosophica

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L’ambition de ce livre est de présenter les éléments d’une réévaluation de l’aveu. Introduit par une réflexion sur son usage contemporain dans le droit, il croise des approches philosophiques profondément distinctes si ce n’est opposées. La phénoménologie, la psychanalyse et la philosophie analytique sont autant d’éclairages sur ce phénomène multiforme.

Sommaire
  • Le sens contemporain de l’aveu en matière pénale : entre habits neufs et oripeaux
  • L’aveu : nature, effets et valeur
  • La psychanalyse s’apparente-t-elle à une procédure d’aveu ?
  • Phénoménologie de l’aveu

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mercredi 16 juillet 2014

Philosophia Scientiae Volume 18 N° 2/2014 : Hugo Dingler et l'épistémologie pragmatiste en Allemagne

Kimé ed. - Juillet 2014

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Édité par Oliver Schlaudt

Oliver SCHLAUDT
Introduction générale
Hugo DINGLER
Sur l’histoire et l’essence de l’expériment
Hugo DINGLER
Sur la théorie des sciences d’Henri Poincaré
Hugo DINGLER & Henri POINCARÉ
Correspondance Dingler-Poincaré
Rudolf CARNAP, Moritz SCHLICK et Hermann WEYL
Comptes rendus sur Dingler, Physik und Hypothese (1921)
Christophe BOURIAU
Présentation de la traduction de l’article de Walter Scholz : Conventionnalisme critique et philosophie du comme si (1924)
Walter SCHOLZ
Conventionnalisme critique et philosophie du comme si
Alexandre MÉTRAUX
« Expériment » en 1823, à propos d’un néologisme français mort-né
Norbert SCHAPPACHER
Pour une lecture continue de Hugo Dingler
Detlef THIEL
Eine Morgenröte der Wissenschaft? – Hugo Dinglers Diskussion mit Ernst Marcus und Salomo Friedlaender/Mynona
Oliver SCHLAUDT
La réception de Hugo Dingler par l’École d’Erlangen

Varia
Thierry GOURIEUX
Les thèses et les mesures photoélectriques de Jakob Kunz (1909-1913)


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Nathalie Heinich, Jean-Marie Schaeffer, Carole Talon-Hugon : Par-delà le beau et le laid : enquêtes sur les valeurs de l'art

Editeur : PU Rennes - 10 juillet 2014 - Collection : Aesthética

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Cet ouvrage collectif analyse les valeurs, autre qu'esthétiques, qui confèrent à l'oeuvre d'art son attrait: l'authenticité, l'autonomie, la célébrité, la cherté, la moralité, l'originalité, la pérennité, le plaisir, la rareté, la responsabilité, la significativité, le travail, l'universalité, la virtualité.....Les analyses ne portent pas sur l'oeuvre d'art en elle-même, ni sur la valeur de l'art en lui-même, mais sur les attentes axiologiques projetées sur le monde de l'art et différemment déclinées selon les arts, le contexte historique et culturel, la position sociale des individus ou des groupes qui en sont les porteurs.

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lundi 7 juillet 2014

Christophe Martin, Jacques Berchtold, Yannick Séité (dir.) : Rousseau et le spectacle

Editeur : Armand Colin - 2 juillet 2014 

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Le spectacle apparaît comme une notion centrale dans l’œuvre et la vie de Rousseau. Sa réflexion critique sur les spectacles procède, en effet, d’une problématique à la fois intellectuelle et existentielle impliquant le « système » de l’œuvre en sa totalité. Car le spectacle, chez Rousseau, n’est pas seulement l’emblème de la dénaturation : s’il est bien à l’origine du mal dans la société, il est aussi une expérience essentielle. D’une part Rousseau expose à ses contemporains le haut prix du « spectacle de la nature » consolateur de tous les maux et preuve persistante de la Providence. D’autre part il se révèle toujours hanté d’images et de chimères et il voit dans la fête antique le spectacle (humain et sociétal) pur par excellence : celui où rien n’est représenté et où le spectateur est à lui-même (et à ses congénères en empathie) son propre spectacle. Ce volume, qui réunit quelques uns des meilleurs spécialistes de Rousseau, s’efforce de relire son œuvre à la lumière d’une notion qui permet en particulier de considérer simultanément le penseur et le créateur de formes : loin de se limiter au Rousseau pourfendeur des spectacles, on s’est proposé non seulement de réévaluer la composante proprement dramatique de sa production, mais d’insister sur une dimension essentielle de sa pensée et de son écriture. En cette œuvre où le registre visuel est sollicité en permanence, fût-ce pour faire signe vers un invisible qui le dépasse, c’est cette partie liée de l’écriture et du spectacle qu’il s’agit d’explorer. 

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Frédéric Laupies : La vérité. Leçon philosophique

Editeur : PUF - 2 juillet 2014 - Collection : MAJOR

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La vérité s’impose comme l’objet de la connaissance. Elle est aussi le principe de la grandeur morale! Loin de la duplicité et du mensonge manipulateur, la vérité a la simplicité de l’authenticité.
Pourtant, les choses ne sont pas si simples. Le chercheur peut désespérer de trouver la vérité. La sagesse morale peut s’en méfier comme du pire des maux : fondée sur l’exclusion, elle est intolérante par nature toujours déjà déterminée, elle se retourne contre la liberté.
Peut-on faire la vérité sur la vérité ? 
 

Jean-Clet Martin (Auteur), Laura Acquaviva (Illustrations) : Comprendre Foucault

Editeur : MAX MILO - 3 juillet 2014 - Collection : COMPRENDRE

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Extrait à lire sur le site de l'auteur :

"La résistance constitue une courbure, un front que Foucault a interrogé déjà dans la manière dont Artaud résiste au pouvoir psychiatrique qui s’empare de la Folie. On en dira de même de l’existence des hommes infâmes. Il y a des points et des lignes de résistance. Ce que révèle le crime de Pierre Rivière[1], c’est que « plus on en sait, moins on comprend ». Ils ont beau être éclairés par des processus de savoir, ils n’en restent pas moins un mystère, tout à fait obscurs au pouvoir, invisibles aux modes d’enquêtes qui cherchent à en établir la vérité. Il y a des singularités qui ne laissent que peu de traces dans l’histoire, mais qui constituent d’infimes fragments de vie qui s’affrontent et modifient des relations de pouvoirs[2]. Il en va ainsi de Gilles de Rais, Cartouche, Sade et Lacenaire. Ce sont autant de données locales pour pervertir les rapports de pouvoir selon des devenirs devenus répréhensibles, condamnables, dangereux, et qui laissent apparaître les failles d’un système. (...) "  > lire la suite

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mardi 1 juillet 2014

Collectif : Le luxe de la peinture

Editions de la revue Conférence - 18 juin 2014

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Textes de Olivier Boulnois, Christophe Carraud, Alberto Frigo, Alain Madeleine-Perdrillat, Pierre-Alain Tâche.

OEuvres de Agnès Bracquemond, Martine Clerc, Hélène Crettien, Pierre-Yves Gabioud, Chantal Happe, Pascale Hémery, Alexandre Hollan, Claire Illouz, Hélène Kuhn-Ferruzzi, Patrick le Corf, david Maes, Maurice Maillard, Nicolas Poignon, Anita Porchet, Philippe Ségéral, Pascal Vinardel.

Le luxe de la peinture : ces mots veulent souligner que la société dite d’abondance où nous nous trouvons manque cruellement et paradoxalement d’objets véritables, et que ceux-ci se présentent en conséquence comme le luxe le plus simple qui lui fait défaut : simple parce que patient, artisanal, amoureux, exigeant, vivant et sensé - comme le travail de la peinture, de la gravure, de la sculpture. Peinture, gravure, sculpture ont toujours eu partie liée avec le luxe. non pas d’abord pour des raisons « sociologiques » tenant à l’histoire de la commande, du mécénatou de la protection des arts ; ni, au premier chef, parce que les oeuvres qu’elles constituent sont marquées par la rareté, ou prennent souvent pour thème, dans l’histoire, ce qui porte ce caractère ; mais parce qu’elles sont le luxe même, en ceci qu’elles portent l’expérience du monde à son plus haut degré d’intensité, et qu’elles invitent chaque individu à en enrichir sa propre humanité, à vivre par elles et avec elles. À cet égard, un art « non-industriel », un art qui n’est pas affaire de quantités (de visiteurs,de mentions, d’affaires, de réseaux), permet par sa mesure et sa modestie à la fois d’embellir le décor de la vie et de pénétrer dans la dimension la plus individuelle et la plus personnelle de l’expérience humaine : restaurant ainsi une richesse d’une autrenature — la seule qui vaille.

Revue CONFÉRENCE, Nº 38, printemps 2014 : L’homme empêché (IV)

" Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la conférence... La cause de la vérité devrait être la cause commune..." Montaigne III, 8

 

Servitude d’élite.

Cyrille Blandin de Chalain

Alice au pays des oreilles.

Hamm Mélanie

Gravures et dessins.

Claire Illouz

L’homme de Guichardin.

Francesco De Sanctis

Le drame de Ugo Horloch, Florentin.

Francesco Semi

Derniers plis de la promesse.

Pierre Voélin

La maison l’île, suivi de Le pays que l’on quitte.

Laurent Fassin

Loin.

Murièle Camac

Conversation avec l’ange.

Alberto Nessi

Le Messie aux portes de Rome.

Jean-Pierre Sonnet

Présentation.

Christophe Carraud

Construire sur l’eau.

Franco Mancuso

Venise à vol de mouette.

Diego Valeri

Poèmes et de Acier sur la lagune.

Diego Valeri

L’église de la Salute.

Cesare Brandi

La « ruffiane » et la douceur.

Francesco Carnelutti

Giudecca.

Roberto Ferruzzi

La petite fille et sa guerre.

Maria Luisa Semi

Plaine interdite.

Cesare Garboli

Cézanne et Zola : une nouvelle pièce s’ajoute au dossier.

Alain Madeleine-Perdrillat

Le « problème » Sullivan.

Christophe Guillouët

Le style.

Louis H. Sullivan

Rosalie L. Colie, Poèmes.

Pierre Dupont

Antonio Rosmini, Nouvel essai sur l’origine des idées.

Marie-Catherine Bergey-Trigeaud

Comment faire une revue.

Renato Serra

Un vœu.

Pietro Giordani

lundi 30 juin 2014

Alyette Degrâces (Traduction) : Les Upanisad

Editeur : Fayard (25 juin 2014) - Collection : Espace intérieur


Textes majeurs de la tradition indienne, les upaniṣad marquent un tournant décisif. Elles créent un nouveau mode d’expression et une voie de connaissance se détachant du rituel. La transmission de ces douze anciennes upaniṣad, dont les deux plus importantes et les plus longues sont antérieures au Buddha, constitue un très haut moment de la pensée. Cesupaniṣad sont ici étudiées et traduites, ensemble pour la première fois, du sanskrit en français. Le livre met en valeur leur audace de pensée, respecte le texte dans son oralité mais l’ouvre aussi à un double espace de questionnement, celui des textes eux-mêmes et celui que dévoila au VIIIe siècle Śaṅkara, ce grand commentateur né au Kérala, créateur du courant de pensée que l’on nomme le Vedānta non-duel.
La force des concepts rassemblés en des mots simples, la richesse des images, la liberté à l’intérieur de la langue et le souci de créer une structure dynamique qui remet en question le sens établi, tout cela rend ces textes essentiels et vivants pour notre époque.

Alyette Degrâces, sanskritiste et philosophe indianiste, a publié aux Editions Fayard Upaniṣad du renoncement (1989), Les Yogasoûtra (2004).



Anne Boissière, Christophe Boulanger, Savine Faupin (dir.) : Mythologies et mythes individuels : A partir de l'art brut

Editeur : Presses Universitaires du Septentrion (26 juin 2014)- Collection : Esthétique et sciences des arts


À partir des notions de « mythologie individuelle » et de « mythe individuel », il s'agit d’interroger les caractéristiques prêtées à l’art brut, renouvelées par leur extension ou déplacement dans le champ de la création moderne et contemporaine, ainsi que leur rapport à l’histoire.

Ce qu’on nomme « l’art brut », en incluant ses extensions dans l’Outsider Art, mérite une considération nouvelle. On doit se garder de réifier ou d’essentialiser cette notion : l’art brut, en vérité, est une question. Le point de départ de la recherche se trouve dans l’intitulé « Mythologie individuelle », désignation par Harald Szeemann d’une section de la Dokumenta 5de Kassel en 1972, réunissant des œuvres d’artistes contemporains dont Étienne-Martin ; dans leur immédiate proximité étaient exposées des œuvres principalement issues du contexte asilaire. C’est ce sens initial qui s’est vu enrichi, déployé et déplacé d’une manière qui rencontre les champs de l’histoire et de la critique de l’art, de la psychanalyse, de l’anthropologie et de la philosophie.
L’objectif général de la démarche est de questionner les déterminations profondes des œuvres : l’histoire, la fable et l’intrigue, selon une orientation susceptible de dialectiser les rapports entre l’individuel et le collectif, entre la structure et l’activité dynamique, entre l’écrit/dessin et l’oral. C’est non seulement la catégorie d’art brut mais le concept d’art, inclus le statut des processus créatifs, qui sont mis à l’épreuve.


Bernard Chervet et Jean-Luc Donnet (dir.) : Pourquoi la règle ? Méthode analytique et règle fondamentale

PUF - Juin 2014 - Collection "Monographies et débats de psychanalyse"


La méthode psychanalytique repose sur la libre association de l’analysant et sur l’attention en égal suspens de l’analyste. De cette rencontre vont naître l’interprétation et l’élaboration, toutes deux favorables à la construction des processus de pensée, de leurs contenus et qualités, les affects, les éprouvés et les ressentis.
Historiquement, cette méthode est issue de l’hypnose et de la catharsis avec imposition des mains. Freud a libéré la contrainte activement exercée par le thérapeute des méthodes pré-analytiques, et l’a mise en exergue de sa nouvelle thérapie sous les traits d’une règle imposant au patient de tout dire et à l’analyste de tout entendre. Depuis, la méthode analytique est placée sous l’égide d’un impératif, transmis et soutenu par la règle fondamentale, ayant pour finalité première le devenir conscient, puis la prise de conscience.
Sont explorées dans cet ouvrage les conséquences de la règle sur la méthode analytique elle-même et sur ses visées. La réflexion se porte aussi sur les liens entre la règle analytique et les règles monastiques, et de façon plus essentielle sur les rapports de la règle avec la conscience. Des exemples cliniques permettent d’illustrer la fonction de la règle fondamentale au sein des traitements psychanalytiques, et sa valeur au sein de la vie psychique, voire de la vie elle-même. La règle n’aurait-elle pas mission de soutenir le vivant ?


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François Caillat (dir.) : Foucault contre lui-même

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE - 23 mai 2014 - Collection : DES MOTS


Michel Foucault n’aura cessé, à mesure qu’il élaborait son œuvre, de repenser sa démarche, ses problèmes, de rompre avec ses propres paradigmes et concepts. Ne peut-on pas voir son œuvre comme une succession de ruptures et de discontinuités ? Impliqué dans des mouvements politiques qu’il a plus tard remis en question, se revendiquant « structuraliste » pour ensuite s’en défendre, moquant parfois ses propres ouvrages, Foucault s’est, à chaque étape de son travail, construit contre lui-même. C’est d’ailleurs ainsi qu’il définit l’attitude créatrice : la création est inséparable d’une volonté de se « déprendre » de soi.
Dans cet ouvrage, Arlette Farge, Georges Didi-Huberman, Geoffroy de Lagasnerie et Leo Bersani s’interrogent sur ce geste foucaldien. Quelle place la rupture a-t-elle prise dans le travail philosophique de Foucault, mais aussi dans son rapport aux mouvements politiques ou dans sa vie ? En quoi la rupture constitue-t-elle une catégorie d’analyse centrale pour appré-hender l’œuvre de Foucault mais aussi, plus généralement, pour penser le champ intellectuel et des politiques émanci-patrices toujours nouvelles ?

Ouvrage issu des entretiens réalisés par François Caillat pour son film Foucault contre lui-même (The Factory/Arte France/Ina).

Autres auteurs : auteurs : Didier Eribon, Arlette Farge, Geoffroy de Lagasnerie, Leo Bersani, Georges Didi-Huberman


samedi 28 juin 2014

Jean-Michel Salanskis : Partage du sens

 PRESSES UNIVERSITAIRES DE PARIS 10 - 25 juin 2014


Voici un livre qui souhaite dépeindre notre vie dans la culture, notre façon de profiter, au sein de celle-ci, des horizons qu'elle nous offre et des sens dont elle nous propose le partage. Nous sommes un peu égarés devant la diversité des possibilités que nous pouvons ainsi embrasser : le livre caractérise notre condition comme celle d'une liberté perplexe, mais ce ne sont pas la liberté ni la perplexité que l'on conçoit ordinairement.
Chaque région de sens dans laquelle nous pouvons nous enrôler appelle une étrange description qui en dégage les tables de la loi : pour accomplir cette tâche, la philosophie prend un nouveau visage, celui de l'ethanalyse ; elle entend dans certains mots (les sollicitants) un appel et elle explicite les prescriptions régissant la réponse à l'appel (la sémance de l'ethos). Un précédent ouvrage (Territoires du sens, Vrin, 2007), avait procédé ainsi à l'ethanalyse de trois régions, celle de l'amour, celle du politique et celle du sujet. Le présent essai aborde la région de la vérité, celle du dialogue, celle du corps, celle de la mort et celle de la philosophie.
A propos de cette dernière, il suggère une façon différente et affectueuse d'envisager le schisme entre philosophie continentale et philosophie analytique. A l'occasion de l'examen de la région vérité, le livre tente une récapitulation des grands principes et problèmes de l'épistémologie de la logique, des mathématiques, de la physique et des sciences de l'interprétation. Traitant du corps et de la mort, on découvre une tradition de l'avoir/être un corps et une normativité de l'attitude envers la mort.
Dans une partie ultime, l'auteur s attache à traiter de genres et disciplines qui se tiennent au bord de l'ethanalyse et qui, à la limite, pourraient contester l'autonomie du domaine qu'elle se donne ou la méthode qu'elle suit : d'un côté la littérature, de l'autre les sciences sociales. Le livre est ainsi amené à distinguer trois sortes de littératures et à comparer la perspective des sciences sociales sur l'être-ensemble avec celle de l'ethanalyse.