vendredi 23 octobre 2020

Gwendoline Jarczyk : La contingence dans sa finitude fondatrice

 Kimé - Octobre 2020


Intitulé La Contingence dans sa finitude fondatrice – Dans la Science de la logique de Hegel, ce nouvel ouvrage de Gwendoline Jarczyk est une recherche portant sur la contingence, alors même que le processus logique exclut toute intervention extérieure, forcément marquée de contingence, c’est-à-dire d’« arbitraire ». Cependant, la nécessité, qui marsque la Logique objective, implique sa négativité, son autre, la contingence, précisément, de telle sorte que lorsque la nécessité parvient à sa manifestation comme liberté, la contingence elle aussi se manifeste comme liberté – quoique de façon inverse. Il est donc légitime d’affirmer qu’il y a une contingence logique. A partir de là, l’auteure aborde la contingence humaine.

G. Jarczyk, docteur d’Etat, est l’auteure de plusieurs ouvrages de philosophie. En collaboration avec Pierre-Jean Labarrière, elle a publié en outre notamment de nouvelles versions de la Science de la Logique et de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel.

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Pascal Engel : Manuel rationaliste de survie

 Agone - Octobre 2020


« Que le lecteur se rassure : ce livre n’est pas un livre de plus sur l’héritage des Lumières. On ne sait plus très bien ce qu’elles ont été. Depuis deux siècles, il y en a autant de versions qu’il y a d’anti-Lumières. Ce livre part seulement d’un constat : la raison n’a plus la cote, on ne sait plus ce qu’elle est. On ne sait plus en quoi peut consister le rationalisme. La raison ne semble plus désigner qu’une notion vague et confuse, qui semble revenir à l’idée que si l’on a “ses” raisons, elles sont aussi bonnes que d’autres, aussi irrationnelles soient-elles. Même les mystiques, les fous, les sorciers ont “leur” rationalité, paraît-il. Je crois au contraire qu’il existe, dans la pensée et dans l’action, indépendamment des lieux et des époques, un ensemble de capacités et de principes constitutifs de ce que nous appelons “raison”, et qu’il est possible de les décrire en examinant un ensemble de circonstances où elle nous manque et en essayant de répondre à diverses attaques dont elle est régulièrement l’objet. » PE
Pascal Engel propose dans ce Manuel des outils intellectuels permettant de résister aux assauts du « parti irrationaliste ». Ces outils ne s’y trouvent pas simplement décrits : la forme dialoguée de quatre des huit chapitres qui composent l’ouvrage permet au lecteur de voir comment s’emploient les armes conceptuelles à utiliser contre l’adversaire.
Et c’est sur plusieurs fronts que se mène la controverse : sur la nature et les possibilités de la raison, sur la nature de la vérité, contre la force de séduction du relativisme et sur la question de savoir si internet pourra sauver et renouveler la connaissance. Un dialogue est consacré à chacun de ces thèmes, qui se trouvent approfondis dans les autres chapitres de l’ouvrage.
Avec une ironie mordante, l’auteur débusque les paralogismes, les sophismes et les tropes qui, sur toutes ces questions, ont envahi la pensée contemporaine.

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François Laruelle : Le nouvel esprit technologique

 Les Belles lettres - Octobre 2020


Sous le sigle NET (Nouvel Esprit Technologique), François Laruelle propose la description du rapport contemporain de la pensée occidentale à ses technologies. Il analyse l’histoire et la culture, les hésitations et les manières ambivalentes dont nous nous rapportons à des objets très anciens et très nouveaux, et les illusions qui se fabriquent à leur contact. Le Nouvel Esprit Technologique propose sur cette base une évaluation de ce qu’il y a de pensable et peut-être d’impensable dans l’expérience technologique. Il n’est pas sûr que « la » technologie, en sa simplicité, existe, c’est peut-être un fantasme nourri par la philosophie.
Existe sûrement en revanche un esprit technologique partiellement nouveau dont il s’agit de décrire le mécanisme. Ce livre s’y emploie en élaborant une critique de la « raison technologique ». La thèse principale de cet ouvrage est que ni cette description, ni cette critique ne sont possibles en dehors d’une référence à la science et d’abord d’un renouvellement de la compréhension de l’essence de la science.

François Laruelle, né en 1937, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de philosophie, docteur d’État, est professeur émérite de philosophie générale et contemporaine à l’Université de Paris Ouest Nanterre, fondateur de la non-philosophie ou philosophie non-standard comme pensée d’une immanence radicale et critique des prétentions philosophiques à définir le réel.

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jeudi 22 octobre 2020

Sens-Dessous 2020/2 (N° 26) : Végétal

Éditions de l'Association Paroles - Octobre 2020


"Mon ami, deviens végétal ! » aurait dit Diogène de Sinope, invitant ainsi à prendre pour modèle la plante qui sait recevoir et grandir de ce qui lui est donné. Devenir végétal dans la bouche du philosophe cynique c’est être en mesure de se tenir à sa place, « la bonne », celle que la nature a ordonnée. « Devenir végétal » ne signifie parfois guère autre chose aujourd’hui que de transformer des protéines animales en végétales, si l’on évoque la substance, ou peut encore signifier si l’on se place du point de vue du sujet qui le devient : se transformer en légume c’est-à-dire être inerte presque mort. Aussi, « l’être végétal » qui signifiait la persistance de la vie en nous et malgré nous s’est tourné en un contre-modèle repoussoir : il qualifie celui qui végète et en un mot gâche la vie. Ce retournement qui aboutit à dire plutôt à son ami : agis, prends toi en main, réveille la bête en toi… fût long et lent. Il est l’effet d’une transformation progressive des valeurs qui se parachève dans un rapport hygiéniste aux végétaux : il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Là où la sagesse invite a diminué sa consommation de viande, se replier ainsi sur le végétal me paraît un peu trop facile. Et on manque l’essentiel. Nous oublions que notre rapport aux plantes est aussi complexe que notre rapport aux bêtes. Nous omettons que le fait de se tenir à une place ne veut pas dire être mort. Aussi « mangeons végétal » oui ! Mais nous ne serons jamais autre chose que des cannibales et cela Diogène l’avait bien compris." Nadia Taïbi

Page 1 : Nadia Taïbi - Devenir végétal | Page 5 à 14 : Catherine Benoît - Jardins d’esclaves/jardins bourgeois dans les zones sacrifiées des Amériques | Page 15 à 18 : Georges Feterman - L’arbre mutant | Page 21 à 32 : Benoit Cordelier - Greenwashing ou écoblanchiment | Page 33 à 39 : Jocelyne Porcher - Végétal/Animal : l’inévitable conversation | Page 41 à 49 : Aliénor Bertrand - Sociabilités végétales ? | Page 51 à 60 : Hervé Davodeau - Penser le végétal par le paysage | Page 61 à 71 : Karine Prévot - Peut-on penser l’individu à l’aune du végétal ? | Page 73 à 94 : Anne Dalsuet - Végéter | Page 95 à 103 : Nadia Taïbi - Simone Weil : penser le réel et revenir aux limites | Page 105 à 110 : Éric Marion - Le végétal ou la traversée du visible | Page 111 à 130 : Nicholas Henderson et Quentin Lefèvre - Un regard relationnel sur le monde, la Nature et un jardin | Page 131 à 136 : Bruno Serralongue et Nadia Taïbi - Photographier, occuper le monde.

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Daphné Savoie : Fetischismus. Une reconstruction conceptuelle de la théorie du fétichisme de Freud

 Hermann - Octobre - Zêtêsis


Qu’est-ce que le fétichisme, selon Freud? En dépit du nombre limité de textes qui dans l’œuvre de Freud traitent spécifiquement du fétichisme sexuel, ce thème s’est révélé chez lui être l’objet d’un intérêt particulier et aura même, à ses propres yeux, reçu de sa part une pleine élucidation. Parallèlement, même si la théorie du fétichisme de Freud a captivé de nombreux commentateurs, on ne compte encore à ce jour que très peu d’ouvrages théoriques qui y sont intégralement consacrés.

Épousant une perspective philosophique et historique sur son objet, ce livre propose une reconstruction et un débrouillage conceptuels de ce qui, dans l’œuvre de Freud, se présente non comme une, mais bien comme deux théories concurrentes du fétichisme. L’origine et le développement de cette notion nous y sont restitués dans leur détail, ce qui nous permet de mesurer le degré de cohérence auquel ce concept est parvenu, la place qu’il s’est vu attribuer dans l’ensemble de la psychanalyse de Freud, de même que son influence sur l’évolution de cette dernière.

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Jérôme Porée : L'espérance mélancolique. Un dialogue entre philosophie et psychiatrie sur le temps humain

 Hermann - Octobre 2020


La mélancolie a pu être définie comme une « maladie du temps ». Ne faut-il pas cependant, pour admettre cette définition, savoir déjà ce qu’est le temps ? Et la psychiatrie ne doit-elle pas, pour cela, entrer en dialogue avec la philosophie ? La compréhension de la mélancolie sort enrichie de ce dialogue. Mais ce n’est pas moins le cas de la compréhension du temps. La philosophie a donc beaucoup à apprendre, elle aussi, de sa rencontre avec la psychiatrie. C’est ce que voudrait montrer ce livre, qui assume à cette fin ce qu’il faut bien appeler l’énigme de la mélancolie. Si, en effet, celle-ci est la forme achevée du désespoir, alors pourquoi tous les mélancoliques ne se tuent-ils pas ? Comment la plupart d’entre eux se maintiennent-ils malgré tout dans la situation qui est la leur ? Qu’espèrent-ils encore ?

Jérôme Porée est professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes 1. Il est notamment l'auteur de : La philosophie à l'épreuve du mal (1993), Le mal. Homme coupable, homme souffrant (2000), Sur la douleur (2017), L'existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricoeur (2017) et Phénoménologie de l’aveu (2018).

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mardi 20 octobre 2020

Dix-huitième siècle 2020/1 (n° 52) : Barbaries, sauvageries ?

Société Française d'Étude du Dix-Huitième Siècle - Septembre 2020


Catégories transhistoriques, barbarie et sauvagerie s’inscrivent dans l’histoire des nombreux visages d’une altérité lointaine ou toute proche, mais aussi dans une histoire propre au 18e siècle au sein de laquelle les découpes traditionnelles entre « nous » et « les autres » s’émoussent. Dans des territoires où des Européens qu’on dit « ensauvagés » côtoient les populations autochtones, et en un siècle où barbarie et sauvagerie servent de caution légitimante des aspirations de l’aristocratie anti-absolutiste, elles peuvent aussi être porteuses d’une énergie régénératrice des arts et des lettres. Le tournant révolutionnaire rebat les cartes, y compris celles de la barbarie et de la sauvagerie, termes entre lesquels pourtant jusque là on faisait des différences. Et l’opinion devenant la reine du monde, qui saura s’emparer des deux catégories, d’abord ambiguës, ensuite stigmatisantes ? En enchevêtrant finalement barbarie et sauvagerie, le siècle se termine dans une confusion lourde de conséquences pour le 19e siècle.

Page 3 à 5 : Sophie Audidière - Éditorial | Page 7 à 10 : Marcel Dorigny - Roland Desné, « fils des Lumières » | Page 11 à 29 : Jean-Luc Chappey, Sébastien Côté, Maxime Gohier, Sylviane Léoni, Jean-François Lozier, Pierre Serna et Camille Noûs - Barbares, sauvages et civilisés. Contradictions et faussetés | Page 31 à 48 : Sylviane Léoni et Camille Noûs - Barbaries et violences : une histoire égoïste | Page 49 à 61 : Sylviane Albertan-Coppola - Barbarie et christianisme : un enjeu apologétique au siècle des Lumières | Page 63 à 81 : Hélène Cussac - Barbares et sauvages dans les récits de voyages européens en Afrique de 1687 à 1832 | Page 83 à 100 : Jean-Luc Martine et Camille Noûs - Au commencement, il y a les barbares. Lecture de l’Essai sur le mérite et la vertu | Page 101 à 118 : Dominique Deslandres - L’intimité française avec la « sauvagerie » à Montréal aux 17e-18e siècles | Page 119 à 138 : Marie-Christine Pioffet - Adario et Antoine : figures emblématiques de la Huronie des Lumières ? | Page 139 à 151 : Luc Vaillancourt - Représentations et constructions identitaires chez Pierre-François-Xavier de Charlevoix | Page 153 à 173 : Charles Doutrelepont - Le « Sauvage » en combattant allié : le diptyque chanté du père Baron (Fort Duquesne, 13 juillet 1755) | Page 175 à 189 : Edmond Dziembowski - « L’air qu’on respire ici est contagieux ». Sauvageries et ensauvagements pendant la Guerre de Sept Ans | Page 191 à 198 : Sébastien Côté, Maxime Gohier et Jean-François Lozier - Avis aux personnes de pieté (anonyme), suivi d’une lettre de Louis Atienon, chef algonquin, à Louis XV (1724) | Page 199 à 219 : Jean-Luc Chappey, Pierre Serna et Camille Noûs - L’invention du Barbare sauvage et du Sauvage barbare : un coup d’état sémantique contre la Révolution | Page 221 à 236 : Jean-Jacques Tatin-Gourier et Camille Noûs - Le procès du Barbare : une constante de l’œuvre d’André Chénier | Page 237 à 256 : Anne Rolland - Les nouveaux barbares de la fin du 18e siėcle : les Vendéens à l’assaut de la République | Page 257 à 265 : Sauvagerie : des animaux et des hommes | Page 267 à 285 : Erwan Aidat et Camille Noûs - Penser la Mer dans l’économie politique : l’horizon « altercolonial » de l’Histoire des deux Indes. Pour une histoire intellectuelle du fait maritime au 18e siècle | Page 287 à 302 : Emmanuel Boussuge - La chronologie de l’Encyclopédie interdite. Les dix derniers volumes : tomes VIII à XVII (1762-1765) | Page 303 à 320 : Pierre Dubois - L’invention du piano-forte organisé : Claude Balbastre et l’imaginaire sonore des Lumières | Page 321 à 336 : Yoshiho Iida - « Cercle vicieux » dans l’article Droit naturel de Diderot. Deux principes de la justice mis en cause | Page 337 à 353 : Christine Lehman - Les éloges de Pierre Joseph Macquer (1718-1784) : une vision de la chimie du dix-huitième siècle | Page 355 à 378 : Véronique Meyer et Camille Noûs - Laurent Cars, un graveur-éditeur entrepreneur sous Louis XV | Page 379 à 395 : Élise Pavy-Guilbert et Camille Noûs - La langue comme monnaie au 18e siècle | Page 397 à 415 : Philippe Rabaté et Camille Noûs - Réappropriations génériques et discours national dans le 18e siècle espagnol | Page 417 à 436 : Yuka Saito - Goût et origine, ambiguïté du terroir dans l’œuvre de Grimod de la Reynière | Page 437 à 451 : Gerhardt Stenger et Camille Noûs - Sur les traces du Lexicon Medicum Universale du chevalier de Jaucourt | Page 453 à 470 : Jan Synowiecki et Camille Noûs - De la plante comme un homme. Penser la sexualité végétale au 18e siècle | Page 471 à 491 : Benoît Walraevens et Camille Noûs - Castel de Saint-Pierre, critique utilitariste de Mandeville | Page 493 à 599 : Élise Pavy-Guilbert - Notes de lecture.

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Rocco Ronchi : La Ligne mineure. Pour une philosophie de la nature

 Mimesis - Octobre 2020


Depuis trois siècles un modèle majeur propose une philosophie humaniste, moraliste et anthropocentrique. Au sein de ce modèle, l'auteur repère un modèle mineur, celui de William James aux États-Unis, Henri Bergson en France, Giovanni Gentile en Italie, Alfred North Whitehead en Grand Bretagne, le seul capable de répondre à la vocation la plus urgente de la philosophie contemporaine : celle de tourner notre attention vers la nature, vers la splendeur de son immanence absolue. Une lecture originale des courants dominants de la philosophie occidentale, un traité qui relève les défis essentiels de la pensée contemporaine : renoncer à l'idée d'une supériorité de l'homme sur le vivant et découvrir la nature comme horizon d'enquête.

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Sigrid Weigel : Walter Benjamin. La créature, le sacré et les images

 Mimesis - Octobre 2020


Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

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lundi 19 octobre 2020

Revue d'éthique et de théologie morale 2020/3 (N° 307) : Éthique et intelligence artificielle

 Cerf - Septembre 2020


Page 7 à 9 : Alain Thomasset - Éditorial. Quelle éthique pour l’intelligence artificielle ? | Page 11 à 27 : Isabelle Linden - Entre rêves et illusions… L’intelligence artificielle en question | Page 29 à 41 : Pierre Gueydier - Intelligence artificielle et travail des données | Page 43 à 61 : Jérôme Perrin - Éthique de responsabilité et de sollicitude dans la conception et l’usage des véhicules autonomes | Page 63 à 80 : Peter Warrian et Alain Thomasset - Négocier l’« autonomie » | Page 81 à 92 : Jean-Marc Moschetta - L’intelligence artificielle entre science et théologie | Page 93 à 110 : Paolo Benanti, Alain Thomasset et IA DeepL - Algor-éthique : intelligence artificielle et réflexion éthique | Page 111 à 116 : Annexe. L’appel de Rome pour une éthique de l’IA | Page 117 à 132 : Bruno Vandenbulcke - Penser le couple homosexuel chrétien dans le cadre de la formation des sujets | Page 133 à 136 : Comptes rendus critiques.

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Vanezia Pârlea : Milan Kundera ou l'insoutenable corporalité de l'être

 L'Harmattan - Septembre 2020


Sommes-nous ou pas nos propres corps ? Et nos visages, font-ils partie du corps ? Des questions à première vue insolites, mais qui traversent notre époque sans avoir encore reçu de réponses univoques à même d'éclaircir la question du rapport problématique de l'homme et de son double corporel. C'est à de telles questions que cet ouvrage tente de répondre, en prenant comme support de réflexion l'oeuvre de Milan Kundera, qui reflète l'ambiguïté foncière du corps sous la forme d'une interrogation complexe de la corporalité de l'être, vécue plus d'une fois par les personnages de ses romans comme insoutenable.

Vanezia Pârlea est maître de conférences en littérature française à l'université de Bucarest, où elle dirige le Centre de recherche Heterotopos.

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Anne Gangloff et Brigitte Maire (dir.) : La santé du Prince. Corps, vertus et politique dans l’Antiquité romaine

 Jérôme Millon - Juillet 2020

Le pouvoir rend-il fou? Cette question – toujours d’actualité dans les médias – a été appliquée au monde romain par les savants du xixe siècle, qui se sont passionnés pour la psychopathologie des Césars au point de forger un mot, la «césarite», pour désigner la folie liée à l’exercice du pouvoir, qui aurait caractérisé des empereurs comme Caligula, Néron ou Domitien. Si cette thèse des «césars fous» a été contestée depuis par les historiens, nombreux sont ceux qui ont pris le risque d’établir des diagnostics médicaux rétrospectifs. Confrontant pour la première fois les points de vue d’historiens et de spécialistes de la médecine, ce livre entend démontrer toute la complexité et l’ambiguïté du discours antique sur la santé du prince, à partir de nouveaux questionnements.

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dimanche 18 octobre 2020

Rudolf Carnap : Les fondements philosophiques de la physique. Une introduction à la philosophie des sciences

 Vrin - Octobre 2020

Dans cet ouvrage, fondé sur des entretiens et prolongeant un séminaire tenu en 1946 à Chicago, Rudolf Carnap explore ce que sont les concepts, les théories et les méthodes des sciences physiques. Qu’est-ce qu’une loi physique et à quoi sert-elle? Quel rapport y a-t-il entre les entités théoriques champ magnétique, électron, etc.) et les faits observables? La causalité implique-t-elle la nécessité? Autant de questions fondamentales se trouvent ainsi traitées dans l’esprit de la « philosophie des sciences » que les membres du Cercle de Vienne avaient appelée de leurs voeux, en particulier dans leur célèbre Manifeste (1929).
S’il reste dans cet ouvrage un brin de nostalgie viennoise, Carnap a cependant pris toute la mesure des changements conceptuels dans le langage scientifique, en particulier celui de la physique. La perspective des fondements philosophiques s’énonce donc en des termes moins systématiques, où il n’est plus question d’asseoir les énoncés scientifiques sur des bases logiques en un langage unitaire formellement impeccable. La mécanique quantique permet par ailleurs d’opérer un retour constructif sur le modèle déterministe, dominant dans les sciences physiques jusqu’au XIXe siècle. Ce qui a changé, comme il transparaît dans ce livre, c’est donc aussi l’attitude philosophique à l’égard des sciences : si la conviction que la science nous conduira vers une connaissance toujours plus exacte du monde physique est désormais mise en question, nous pouvons néanmoins en interroger les fondements et obtenir une meilleure compréhension.

Traduction par J.-M. Luccioni et A. Soulez. Avant-propos d’A. Soulez

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Claude Buffier : Traité des premières vérités (1724)

 Vrin - Octobre 2020

Paru en 1724, réédité en 1732, le Traité des premières vérités de Claude Buffier (1661-1737) est le livre fondateur de la philosophie du sens commun. Si cet ouvrage est remarquable par l’influence qu’il a exercée sur l’école écossaise (Th. Reid, D. Stewart) ou sur la philosophie française du tournant du XIXe siècle (Destutt de Tracy, V. Cousin), il constitue surtout une tentative originale pour élargir, à partir du sens commun, les fondements de la connaissance humaine, au-delà du rationalisme de Descartes et de l’empirisme de Locke.
Cette édition critique, la première à confronter les deux versions parues du vivant de l’auteur, est précédée d’une introduction consacrée à la philosophie du sens commun de Buffier, d’une biobibliographie de l’auteur, et d’annexes qui inscrivent le Traité dans les débats de son temps.

Édition, présentation et notes par L. Rouquayrol.

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Franz Brentano : Essais et conférences. Tome 2, La philosophie et ses ramifications

 Vrin - Octobre 2020


Ce deuxième et dernier tome des Essais et conférences de Franz Brentano comporte dix-neuf textes qui, pour la plupart, paraissent pour la première fois en traduction française. Précédés d’une introduction sur les principes et la structure de la philosophie de Brentano, ils sont regroupés en fonction de leur position dans l’une des deux branches-mères de la philosophie théorique de Brentano, à savoir la métaphysique et la psychologie, ou dans l’une des trois branches pratiques de cette dernière, à savoir la logique, l’éthique et l’esthétique. Les textes sur la métaphysique portent sur la position de cette dernière par rapport aux sciences naturelles, tandis que les textes en psychologie sont principalement des recherches individuelles en psychologie des sens développées du point de vue de la psychologie descriptive. Les textes sur la logique, l’éthique et l’esthétique proposent non seulement des applications de la psychologie descriptive au domaine du jugement, de la connaissance morale et des émotions déclenchées par les représentations du beau, mais aussi des développements de la psychologie génétique dans le domaine de l’esthétique ainsi que des réflexions politiques et sociales du point de vue descriptif.

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samedi 17 octobre 2020

Marc Crépon : Ces temps-ci. La société à l'épreuve des affaires de moeurs

 Payot - Octobre 2020 - Rivages


Les « affaires de mœurs », comme celles qui touchent au harcèlement et à la pédophilie, déplacent le seuil de tolérance pour ces mêmes souffrances et ces mêmes humiliations. Il était grand temps que la honte change de camp. Les responsables des violations ne se sentent plus protégés par le silence de la société, de sa complaisance ou de son indifférence. Mais jusqu’où doit s’étendre leur mise en accusation ? Quelle est la part de l’hypocrisie d’une société qui s’achète une vertu rétrospective ? Ces « affaires » constituent une épreuve pour la société, non seulement parce qu’elles la mettent en face de son silence passé, mais parce qu’elles l’exposent, en guise d’expiation, à un empiètement de la vertu sur les libertés fondamentales, à commencer par celles de l’expression et de la création.

Docteur agrégé en philosophie, Marc Crépon est notamment l'auteur de L'Orient au miroir de la philosophie (Pocket), d'une édition de Herder (Pocket) et de La Langue, source de la nation. Messianismes séculiers en Europe centrale et orientale, XVIIIe (en collaboration avec Pierre Causset et Dariusz Adamski, Mardaga).

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Jean-Luc Nancy : Un trop humain virus

 Bayard - Octobre 2020


L'Europe, depuis 1945, avait exporté ses guerres. Elle importe aujourd'hui une épidémie qui sème la confusion. Le coronavirus, produit de la mondialisation, déclenche une mécanique de forces techniques, économiques, dominatrices et du même coup remet en question le modèle de croissance. Cette crise sanitaire provient de nos conditions de vie, d'alimentation et d'intoxication. Ce qui était « divin » est devenu humain - trop humain comme dit Nietzsche. La loupe virale grossit les traits de nos contradictions et de nos limites. C'est un principe de réel qui cogne à notre porte. La mort, que nous avions exportée avec les guerres, elle que nous pensions confinée à quelques autres virus et aux cancers, la voilà qui nous guette au coin de la rue. Nous nous découvrons humains, mais sûrement ni surhumains ni transhumains. Trop humains ? Ou bien ne faut-il pas comprendre qu'on ne peut jamais l'être trop ? 

Jean-Luc Nancy est philosophe, professeur émérite à l'Université des Sciences humaines de Strasbourg. Il a enseigné à l'Université de Californie (San Diego) et dans les Universités d'Irvine, Berkeley et Berlin. Proche de Derrida, il est l'auteur d'une oeuvre très importante et a publié des dizaines d'ouvrages.

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vendredi 16 octobre 2020

Alexandre Gefen (dir.) : Territoires de la non-fiction. Cartographie d’un genre

Brill/Rodopi - Septembre 2020



Si les siècles qui précédaient avaient vu le couronnement du roman, la littérature du XXIe siècle débute avec le triomphe du document : écritures de voyage, d’investigation, enquêtes judiciaires ou ethnologiques, autobiographies, factographies, factions, rapports et enregistrements littéraires, et autres formes de récits refusant de se dire fictions occupent nos librairies : émerge sous nos yeux une toute nouvelle littérature d'information, de témoignage, d’inventaire ou de documentation. Or ces textes ne se contentent pas de déjouer les critères des classements des bibliothèques et d’intriguer les théoriciens du récit, ils modifient profondément les catégories du littéraire et imposent leur poétique propre. C’est dire si l’heure est à inventorier et à comprendre les territoires de la non-fiction, genre capital de notre contemporain.

Table des matières 

Alexandre Gefen, Introduction 

Les précurseurs d’un genre 

Maryline Heck, « Écrire l’instant » 

Gaspard Turin, « Édouard Levé, entre fiction et non-fiction » 

Anne Coudreuse ,« “ Toutes les images disparaîtront ” » 

La question du réel 

Claude Perez, « Subjectiver le document ? » 

Laurent Demanze, « Portrait de l’écrivain contemporain en enquêteur » 

Cornelia Ruhe, « L’“ exofiction ” entre non-fiction, contrainte et exemplarité » 

Dominique Viart, « Légitimité et illégitimité des écrivains de terrain » 

Frank Wagner, « Récits de la frontière » 

Marie-Jeanne Zenetti, « Littérature contemporaine : un “ tournant documentaire ” » 

Morgane Kieffer, « Dire le vrai par le faux » 

Expérimentations de l’extrême contemporain 

Isabelle Danguy, « Science et non-fiction : Le Chat de Schrödinger » 

Yona Hanhart-Marmor, « Poétiques de la voix chez Emmanuel Carrère et Olivier Rolin » 

Bruno Thibault, « L’imitation de Jésus-Christ » 

Nenad Ivic, « La guerre civile des noms : histoire/littérature/document » 

Yaelle Sibony-Malpertu, « Valérie Valère et la colère du sujet » 

Francophonie nord-américaine 

Sophie Letourneau, « Petit tour d’horizon du Québec et de sa non-fiction » 

Eva Voldřichová Beránková, « La trilogie 1984 d’Éric Plamondon » 

Croisements génériques 

Barbara Metais-Chastanier, « Éthique, esthétique et politique des théâtres de la non-fiction » 

Louis Dubost, « Recomposer le néo-polar à l’épreuve de la géopolitique » 

Jean-Luc Martinet, « “Cette conformité organique de nos écrits” » 

Le rapport à l’image 

Henri Garric, « Récits d’expérience : raconter et dessiner la maladie » 

Maxime Hureau, « Essai et industries culturelles » 

Dominique Vaugeois, « Se situer pour s’instituer » 


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