mercredi 4 mai 2016

Søren Gosvig Olesen : La phénomenologie, cette inconnue

Mimesis - Mars 2016 - L'oeil et l'esprit


Ce livre entre en polémique avec le tournant cognitiviste ou mentaliste de la phénoménologie. Visant à montrer la radicalité de la phénoménologie, il en expose, dans un premier temps, les enjeux et les possibilités, pour montrer ensuite comment ses concepts-clés – la réduction, la variation, la constitution – témoignent d’une puissance heuristique qui déborde largement le cadre des opérations de conscience dans lequel on les a enfermés. À renouer ainsi avec les origines de la phénoménologie, on découvre finalement que la perspective qui s’annonce dans les phénomènes n’est rien d’autre que celle de l’essence. 

Søren Gosvig Olesen, professeur de?philosophie à l’Université de Copenhague, a publié notamment La philosophie dans le texte (1982), Wissen und Phänomen (1997) et Transcendental History (2012).

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Pierre Navarro : Épicure. Une Philosophie de la Vie Facile

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Collection : Aimer les philosophes


Quoi de plus facile que d'être épicurien ? Se laisser porter par le plaisir est à la portée du premier venu… Mais c'est ignorer que l'épicurien est d'abord l'élève d'un philosophe, épicure, qui prône une discipline rigoureuse des désirs et la lucidité devant la mort. Le lecteur averti a dès lors beau jeu de dénoncer la caricature de l'épicurien en pourceau, renvoyant le néophyte à ses chères études. Pourtant, Epicure dit bien que le bonheur que promet sa doctrine est facile, et qu'il ne s'embarrasse d'aucun savoir préalable. Son éthique se résume en quatre phrases, ses principes physiques sont élémentaires, et sa théorie de la connaissance s'appuie sur l'évidence sensible. Mais si cette philosophie est si facile, pourquoi tant de contresens ? Pourquoi tant de questions sans réponse ? Pourquoi, enfin, tant de malheur quand le plaisir nous tend les bras ? Ce livre s'adresse à ceux qui ne connaissent pas épicure et Lucrèce. Puisse-t-il donner envie de lire les épicuriens et prendre la mesure de cette facilité héroïque, conquise de haute lutte, que prétend enseigner la philosophie du Jardin.

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Jacques Derrida et Evando Nascimento : La Solidarité des vivants et le pardon. Conférence et entretiens

Hermann - Mai 2016 - Le Bel aujourd'hui


« Quand la notion d'imprescriptibilité est inscrite dans la loi, comme c'est le cas en France depuis 1964 pour les crimes contre l'humanité, elle devient ainsi, au-delà de la temporalité juridique et donc humaine, un concept juridique. Celui-ci donne à entendre qu'aucune loi des hommes, dans le temps des hommes, ne peut soustraire le criminel au jugement. Ce n'est pas le contraire du droit de grâce, puisque le chef d'État peut encore gracier un homme condamné pour crime contre l'humanité [...]. L'imprescriptibilité a ceci d'analogue avec le droit de grâce, avec la grâce dont elle paraît être le contraire, que dans les deux cas l'ordre humain de la loi et le temps humain du jugement sont débordés par une instance transcendante. Les hommes n'ont pas le droit de soustraire ou de se soustraire au jugement, quel que soit le temps écoulé après la faute. [...] Mais comme l'ordre du prescriptible ou de l'imprescriptible n'est pas celui du pardonnable ou de l'im-pardonnable, qui eux n'ont plus rien à voir, en principe, avec le judiciaire ou le pénal, alors cette hyperbole du droit fait signe néanmoins vers un pardon, à savoir un excès dans l'excès, un supplément de transcendance (on peut tout en condamnant, devant la cour de justice, pardonner l'impardonnable) ou bien vers une réappropriation humanisante, une ré-immanentisation de la logique du pardon. » J. Derrida

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Jean-Marc Durand-Gasselin : Rousseau. Une Philosophie de la Modernité

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Collection : Aimer les philosophes


Pour comprendre l'importance de l'oeuvre de Rousseau, il est nécessaire de retracer la trajectoire de cette figure singulière et controversée, au coeur du XVIIIe siècle. Le lecteur est ici invité à voir comment Rousseau inaugure la forme la plus conséquente d'autocritique des Lumières, au point de se placer à l'épicentre de la modernité. Les Lumières en effet s'incarnaient à Paris dans les salons par un certain rapport à la culture et à la sociabilité mondaine, qui était devenu un modèle dans toute l'Europe. Réagissant à ce monde brillant de la conversation et des privilèges, Rousseau a explicité les formes de justification sur lesquelles il reposait, en a produit une critique radicale et en a proposé une alternative intellectuelle globale dans son anthropologie, sa politique, sa théorie de l'éducation, son roman et ses écrits autobiographiques.

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Wald Lasowski Alioch (dir.) : Althusser et Nous

PUF - Mai 2016


Philosophe et penseur du politique, intellectuel marxiste et militant communiste, enseignant, directeur de collection... : à travers le rayonnement de son oeuvre et de sa personne, Louis Althusser a renouvelé la théorie politique et la philosophie de l'histoire, de Machiavel à Marx.
Parmi ses contemporains, Michel Foucault exhorte : « Ouvrez les livres d Althusser ! », Jacques Derrida évoque « la force rayonnante et provocante de sa pensée », Gilles Deleuze salue l' « Althusser s Band », et pour Roland Barthes, « le seul modèle acceptable de la science est celui mis au jour par les études d Althusser sur Marx ». Aliocha Wald Lasowski converse avec vingt écrivains et philosophes qui ont lu, rencontré, parfois travaillé avec Althusser, quand ils n'ont pas fait partie de ses proches. Où l'on mesure à quel point la pensée d'Althusser demeure d'une actualité brûlante.

Né en 1977, critique littéraire au Point Hors-série, à L'Humanité, à Marianne et au Magazine littéraire, Aliocha Wald Lasowski est maître de conférences en esthétique et philosophie contemporaine à l'université catholique de Lille (Faculté des lettres et sciences humaines).

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Jean-Marc Lévy-Leblond (ed.) : Lettres à Alan Turing

THIERRY MARCHAISSE EDITIONS - Mai 2016 - LETTRES A


La gloire d'Alan Turing commence vers la fin du XXe siècle, bien longtemps après sa mort.
Il aura donc fallu attendre l'informatisation du monde, la divulgation de ses activités de décryptage durant la Seconde Guerre mondiale et la levée des tabous sur l'homosexualité, pour que son génie mathématique déploie enfin toutes ses dimensions scientifiques, culturelles et personnelles.
Ses recherches très variées, et notamment sa célèbre machine, sont loin d'avoir donné tous leurs fruits. Nous vivons en partie dans une sorte d'« espace de Turing » mal connu, que les lettres rassemblées ici explorent avec humour, savoir et affection.

Jean-Marc LÉVY-LEBLOND est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage.

AUTEURS : Henri ATLAN, Ali BENMAKHLOUF, Pierre BERLOQUIN, Catherine BERNSTEIN, Gérard BERRY, Pierre CASSOU-NOGUÈS, Jean-Paul DELAHAYE, Jean DHOMBRES, Jean-Pierre DUPUY, Nazim FATÈS, Jean-Gabriel GANASCIA, Sylvie LAINÉ, Jean LASSÈGUE, Jacques LECLAIRE, Hervé LE GUYADER, Laurent LEMIRE, Ignazio LICATA, Giuseppe LONGO, François NICOLAS, Odile PAPINI, Jean-François PEYRET, François RIVENC, Sara TOUIZA-AMBROGGIANI

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mardi 3 mai 2016

Guillaume Tonning : Nietzsche. Une philosophie de l'épreuve

Ellipses - Avril 2016 - Aimer les philosophes


De l’épreuve philosophique de Nietzsche, comment sortir indemne ? Il ne suffit pas, incriminant la sotte austérité de l’esprit de système, de vagabonder dans l’oeuvre à la façon d’un chien errant. Le lecteur qui remuerait de la queue à la découverte d’un bon mot ou d’une formule piquante manquerait en effet l’essentiel dans son plaisir cynique : l’extraordinaire cohérence d’une proposition de pensée qui se cherche puis se trouve en clarifiant les concepts de volonté de puissance et d’éternel retour. Le présent ouvrage ambitionne d’emprunter non tant le chemin qui mène à Nietzsche que celui qu’il suit lui-même. Penser en sa compagnie, respirer l’air frais de ces cimes qu’il fréquente, voilà le moyen de se faire, à la façon des « hommes supérieurs » de Zarathoustra dans leur désarmante impéritie, disciple sans discipline ou sectateur sans sectarisme... De pages écrites en une époque révolue, celle du nihilisme et de la « mort de Dieu », émane dès lors le souffle d’une liberté salutaire pour les temps présents.

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Joseph Lemaire et Jean-Baptiste Gourinat (dir.) : Logique et dialectique dans l’Antiquité

Vrin - Mai 2016 - Blibl. Histoire de la philosophie


Tout au long de l’Antiquité, logique et dialectique ont entretenu des relations étroites et complexes. Tandis que la dialectique apparaît dès Socrate et Platon, il faut attendre Aristote pour le premier développement de la logique, sous le nom d’« analytique », et les stoïciens pour qu’apparaisse le terme de « logique ». Le développement historique de la logique suit ainsi un mouvement d’extension à partir de la dialectique, et celle-ci est tantôt conçue comme une espèce de la logique, tantôt comme une discipline rivale. Les deux disciplines ont pour objet le raisonnement, et l’avènement de la logique se fait en partie en détachant les règles du raisonnement de la forme dialoguée et du contenu concret des arguments, symbolisés par des lettres ou des nombres, mais la forme dialogique reste souvent prévalente. Les deux disciplines hésitent entre le statut d’instrument de la philosophie (l’organon aristotélicien) et celui d’une partie de la philosophie. Cet ouvrage étudie l’histoire des différentes conceptions de ces deux disciplines, ainsi que la relation qu’elles ont entretenue entre elles, depuis Socrate et Platon jusqu’au néoplatonisme, en passant par Aristote et la philosophie hellénistique (les stoïciens, les cyniques). 
Les études réunies ici ont fait l’objet d’un colloque, organisé du 10 au 12 décembre 2009 par le Centre de Recherches sur la Pensée Antique (Centre Léon Robin), UMR 8061 du CNRS (Université Paris-Sorbonne et ENS Paris).

Ont oollaboré à ce volume : J. Barnes, M. Bonelli, L. Castagnoli, P. Crivelli, L.-A. Dorion, D. El Murr, J.-B. Gourinat, M. Gourinat, S. Husson, K. Ierodiakonou, J. Lemaire, A. Longo, M. Narcy, C. Rapp, A. Schiaparelli, C. Viano, F. Wolff.

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lundi 2 mai 2016

Ugo Batini : Schopenhauer. Une Philosophie de la Désillusion

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Aimer les philosophes


La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au cæur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition. Cynique, amateur de bons mots, vieux pessimiste, Schopenhauer se prête aisément à un portrait haut en couleur, rapidement brossé grâce à quelques anecdotes et insultes bien senties qui ont grandement participé à sa célébrité tardive. Cet ouvrage invite à ne pas en rester là. Se découvre alors un homme inactuel, se complaisant à la fois dans un romantisme en déclin et dans les acquis des sciences de son temps, dont la pensée exigeante cherche à nous livrer le réel sans fard. Plus encore, un parcours de lecture attentif de son maître ouvrage, Le Monde comme volonté et représentation, permet au lecteur d'assister à l'élaboration progressive de cette patiente entreprise de désenchantement. Alors seulement nous devient compréhensible la formidable influence qu'il exerça sur les artistes et les penseurs qui, à l'instar de Céline, Proust, Beckett ou Mann, construisirent le siècle à venir dans l'horizon de cette philosophie sans illusion.

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Élodie Lemoine et Jean-Philippe Pierron (dirs.) : La mort et le soin. Autour de Vladimir Jankélévitch

Presses Universitaires de France - Mai 2016 - Questions de soin


Est-ce une sombre dialectique que de vouloir penser le soin à l’ombre de la mort ? La question est médicale, elle est aussi métaphysique. Elle instille au cœur du soin le plus technique, précis et rigoureux, des enjeux éthiques, mais aussi existentiels. Ils lestent la décision médicale et l’agir soignant d’une densité nouvelle : une méditation sur la condition mortelle de l’homme souffrant. Autour d’une analyse de Vladimir Jankélévitch, qui n’a pas connu ce que nous appelons aujourd’hui les soins palliatifs, mais qui a longuement médité sur la mort, médecins, oncologues, sociologues, bénévoles d’accompagnement et philosophes dialoguent et font résonner ses analyses, en leur donnant une nouvelle actualité. En effet, si pour tout homme « mors certa, hora incerta » – la mort est certaine, mais l’heure incertaine –, c’est encore plus vrai lors d’une maladie évolutive et incurable. Entre la certitude du fait et l’incertitude de la date s’engouffre l’espérance indéterminée, avec laquelle l’agir soignant et l’existant malade composent. N’est-ce pas alors le sens du soin que d’être une clinique de l’incertitude ?

Sommaire
Introduction, « Pour une clinique de l’incertitude », Jean-Philippe Pierron
« La mort », Vladimir Jankélévitch
« L’incertitude fondamentale. La fin de vie pensée avec Vladimir Jankélévitch », Élodie Lemoine
« L’instant et la durée : Jankélévitch et les soins palliatifs », Laure Barillas
« La fécondité possible du doute en fin de vie », Régis Aubry
« Pour une critique de la notion de fin de vie », Patrick Baudry
« Demander l’euthanasie, une façon de rester vivant ? » Gisèle Chvetzoff
« L’accompagnant, un funambule de la relation », Tanguy Châtel
« Relation de soin : vérité ? Mensonge ? Incertitude ? », Pascale Vassal
« Le mourant, un semblable ? Incertitudes de la reconnaissance », Agata Zielinski
« Le premier du soin dans les derniers soins », Jean-Philippe Pierron

Jean-Philippe Pierron est professeur et doyen de la faculté de philosophie de Lyon 3.
Élodie Lemoine est doctorante en philosophie (Lyon 3) et chargée de mission scientifique à l'espace Éthique Rhône-Alpes.

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vendredi 29 avril 2016

Adèle Van Reeth et Eric Fiat : La pudeur

Plon - Avril 2016 - Questions de caractère


Parce qu’elle est à la fois morale (la vertu de réserve) et érotique (« elle fait le charme de l’amour comme le prix des abandons », disait Louise de Vilmorin), la pudeur est sans doute la plus troublante des vertus.
Deux philosophes s’emploient ici à en faire l’éloge, et pour cela sont conduits à s’interroger sur le sexe des anges et la vie amoureuse de Kant.
Valeur désuète et même ringarde ? Loin de là : véritable piment du désir, infiniment plus charmante que ses sœurs la pruderie, la décence, la honte et l’escartefiguerie, la pudeur est sans doute le sentiment le plus propre à l’homme, être fragile oscillant à jamais entre l’ange et la bête.

Philosophe spécialiste de l'ordinaire et de cinéma, Adèle Van Reeth produit et anime les " Nouveaux Chemins de la connaissance ", l'émission quotidienne de philosophie de France Culture. 
Eric Fiat est philosophe et professeur des Universités. Auteur de nombreux ouvrages, il est spécialiste des questions d'éthique et de philosophie morale.

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Stéphane Domeracki : Heidegger et sa Solution Finale. Essai sur la violence de « La » « Pensée »

Connaissances et Savoirs - Avril 2016 - Sciences Humaines et Sociales


Le nazisme est-il circonstanciel et en cela secondaire dans la démarche de "la" "pensée"? Une "grosse bêtise"? Les Cahiers noirs, incitent à relire tout le corpus connu pour se rendre à l'évidence : non seulement Heidegger n'a eu de cesse de chercher à mieux penser le nazisme qu'il ne s'est pensé lui-même, mais il semble même avoir élaboré un antisémitisme alternatif, "historial", justifiant à sa façon le recours génocidaire au concept de "race". Peut-on admettre qu'il promeuve le "rang" germanique ou propose des interprétations révisionnistes de l'extermination des Juifs d'Europe sous prétexte d'une "pensée" fort spéculative de l'histoire de l'Occident ? Qu'est-ce cela a encore à voir avec de la "philosophie"? Comment comprendre qu'en France et ailleurs, une apologétique plus ou moins discrète perdure ? Il faudrait pourtant envisager d'autres hypothèses de lecture ; plus que celle de l'être, n'est-ce pas en effet la question du mal qui serait au centre du discours heideggerien ? Sa coloration fort manichéenne et comminatoire ne vise-t-elle pas in fine à incriminer quelque "enjuivement" intime et inapparent de la modernité ? Ce, sachant que le nazisme lui-même en serait paradoxalement le point d'orgue. Pourquoi, dans les années 30, Heidegger lui reproche ses demi-mesures ? Le chemin vers un Quatrième Reich s'avérera fort tortueux, surtout lorsque celui qui l'indique voue un culte au secret. Pour enfin exhiber toutes les variétés de mystifications, nous proposons ici de reprendre les œuvres de Heidegger à partir d'un fil conducteur inédit : la notion d'insurrection.

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