jeudi 12 novembre 2009

Alternances de la métaphysique. Essais sur Emmanuel Levinas

Joseph Cohen



Parution : novembre 2009
Editeur : Galilée
Collection : la philosophie en effet
Prix : 28 €

La pensée d’Emmanuel Levinas, en s’inscrivant au cœur de la métaphysique, aura singulièrement bouleversé le fil conducteur du primat philosophique. Cette pensée ne cesse de répéter ce qui se joue à même la métaphysique tout en marquant toujours la nécessité de projeter l’idée directrice qui s’y trace au-delà de ce qu’elle aura pu signifier. Ce qui est ainsi produit est une puissante interruption de la métaphysique à même la métaphysique. Une interruption, cependant, qui ne saurait se réduire à un moment dialectique, mais qui produirait, par son geste, une autre signifiance hétérogène au mouvement d’une pensée se constituant et se reconnaissant dans l’explicitation de son identité à soi-même. Comme si se jouait au cœur de l’histoire de la métaphysique l’exigence et le commandement d’une certaine interruption capable de plier ses signifiants autrement que dans la constitution d’une onto-théologie. Notre dessein dans ce volume est donc – en concentrant notre analyse sur les dialogues philosophiques de Levinas avec Kant, Schelling, Hegel, Husserl, Heidegger, Derrida, Blanchot – de revenir au Dire de cette exigence, de ce commandement, de cette interruption. Il s’agit de faire ressortir la force du rapport inédit qui se trace entre la pensée d’Emmanuel Levinas et l’histoire de la métaphysique, en en précisant les termes et les contours, et en élargissant leur portée questionnante.

mercredi 11 novembre 2009

Archéologie de Bergson - Temps et métaphysique

Camille Riquier



Parution : 12/11/2009
Editeur : PUF
Collection : Epiméthée
Prix : 32 €

Le projet de retrouver l'unité de la philosophie de Bergson ne pouvait être mené à bien que depuis la méthode qui en avait à proprement parler fait une oeuvre.
L'erreur fut de ne pas prendre en considération le statut profondément réformé de la métaphysique qu'il instaure et qui procède au retournement de la métaphysique traditionnelle : non plus se fonder sur un premier principe, mais se fondre dans l'expérience immédiate, c'est-à-dire descendre en soi-même, livre après livre, vers des couches de plus en plus profondes de la durée concrète. L'oeuvre entière doit se comprendre à rebours, en sorte que chaque livre fournit les bases au livre précédent au lieu de le supposer, l'intègre dans un cadre plus large et profond - sorte d'essais concentriques où le dernier livre englobe les précédents.
Il s'agit en un sens d'une archéologie, mais comprise dans les limites indéfiniment reculées de l'intuition, Bergson n'atteignant que dans son dernier livre, le véritable principe agissant. Il est dès lors possible de reprendre le mouvement unique qui traverse l'oeuvre. En l'étayant des notes et des cours inédits de Bergson, nous pouvions montrer comment chaque livre doit se prolonger dans le suivant en gravitant à chaque fois autour d'un problème précis : la liberté, l'union de l'âme et du corps, la causalité, la volonté enfin.
S'enfonçant dans des couches de durée de plus en plus profondes, Bergson ne fait en vérité qu'approfondir un unique problème, celui de la personne qui est pour la première fois pensée comme temps, chaque livre privilégiant l'une de ses dimensions : le présent (Essai sur les données immédiates de la conscience), le passé (Matière et mémoire), l'avenir (L'Évolution créatrice), l'éternité (Les Deux Sources de la morale et de la religion).
C'est l'oeuvre entière qui s'avère être un corpus sur le temps.

Le regard de la pensée - Philosophie de la représentation

Pierre Guenancia



Sortie prévue le : 12/11/2009
Editeur : PUF
Collection : fondements de la politique
Prix : 29 €

Par le terme de représentation on désigne le plus souvent ce qu'il y a dans l'esprit de manière vague et générale, comme lorsque l'on dit que nous n'avons affaire qu'à nos représentations, ou, selon une célèbre expression, que le monde est notre représentation.
Cette conception commune aplatit et méconnaît le caractère dynamique de l'acte ou de l'activité de se représenter, opération par laquelle l'esprit fait venir au-devant de lui quelque chose qui n'est pas réellement présent mais qui le devient grâce à l'effort pour se donner un modèle, une figure, un schéma de ce qui ne peut être directement saisi. Trop de lumière éblouit, dit Pascal qui avait parfaitement compris qu'il fallait un peu d'ombre pour représenter la lumière, et du recul pour voir ce qui est représenté sur un tableau.
Il est aujourd'hui essentiel de souligner l'importance de la médiation dans le rapport que l'homme établit avec la réalité présente, avec les autres hommes comme aussi et surtout avec lui-même.

L'expérience vive

Jean-Claude Gens



Sortie prévue le : 12/11/2009
Editeur : PUF
Collection : Série Philosophie
Prix : 15 €

L'expérience est l'assise de nos savoirs, mais en des sens divergents qu'indiquent déjà des locutions comme " avoir " et " faire " une expérience, expérimenter et éprouver.
Si l'acquis de l'expérience implique de pouvoir tirer des " leçons " de celle-ci, " faire une expérience " signifie une tentative ou une rencontre supposant un risque et relevant donc d'une aventure. Elle met en question ce qui s'est constitué comme certitude ainsi que celui à qui elle " arrive " de manière imprévisible, et implique aussi bien le temps d'un long cheminement que l'instant d'un surgissement, d'une rupture.
Une philosophie de l'expérience se doit dès lors d'élucider aussi bien la nature de l'expérimentation scientifique que de l'expérience vécue ou vive, comme de l'expérience comme événement. Mais, s'articulant dans le langage tout en s'y déposant, l'expérience vive, c'est encore celle qui est partagée, racontée et entendue dans des histoires. Une telle philosophie doit enfin interroger l'expérience propre à la pensée philosophique en tant qu'expérience de la vérité.

Etudes pour une phénoménologie de l'étranger - Tome 1, Topographie de l'étranger

Bernhard Waldenfels



Parution : 12/11/2009
Editeur : Van Dieren
Collection : Par ailleurs
Prix : 22 €

Où est l'étranger ? Peut-on l'assigner à un lieu ? Comment pourrait-il entrer en relation avec les autres êtres, s'il n'appartenait pas aussi à un lieu commun ? Et pourtant, serait-il encore un étranger s'il occupait un lieu propre, lui-même inscrit dans un espace englobant ? L'étranger ne saurait être localisé dans des coordonnées établies.
Il émerge bien plutôt dans le dérangement des ordres, le déplacement des règles, l'inquiétude de nos topographies. Sous le titre Études pour une phénoménologie de l'étranger, Bernhard Waldenfels propose une série d'analyses philosophiques consacrées à la question de l'étranger. Chaque volume met en relief un motif différent : l'espace, la norme, les sens, le discours. Les études qui composent ce premier volume déclinent les notions de lieu et d'espace qui permettent de repenser les grandes questions de l'identité, de l'altérité, de l'interculturalité, de l'Europe et du nationalisme.
Ces questions sont non seulement au centre de la réflexion en philosophie et en sciences humaines mais constituent aussi les grands enjeux de la vie sociale aujourd'hui.

Descartes et la visibilité du monde - Les Principes de la philosophie

Édouard Mehl



Sortie prévue le : 12/11/2009
Editeur : PUF
Collection : Série Philosophie
prix : 15 €

Les Principes de la philosophie de Descartes (1647) proposent une philosophie réunissant de manière originale tout ce qui relevait jusque-là de sciences distinctes : la " physique ", 1' " astronomie ", la " métaphysique ".
L'ouvrage, parfaitement didactique, vise à remplacer les manuels scolaires de l'époque, figés dans un aristotélisme dont la révolution scientifique des XVIe et XVIIe siècles a précipité la ruine. Mais, sans céder à la facilité d'une polémique unilatérale contre un savoir périmé, les Principes retournent cet aristotélisme sublimé contre le scientisme d'une époque parfois tentée d'enterrer l'idée même de philosophie.
D'où l'ambiguïté d'un ouvrage où les frontières entre la critique et la réappropriation de la tradition ne sont pas toujours évidentes. D'où aussi la radicalité et l'envergure d'une oeuvre qui expose une nouvelle théorie de la connaissance, de la matière corporelle, du mouvement, de la lumière, du ciel d'où celle-ci nous parvient, et enfin du monde comme le lieu absolu de leur apparition. Ce monde n'est pas seulement l'espace, sans qualités, que hantent des corps sans esprit ; c'est un monde immense, à la fois parfait et ouvert, évident et mystérieux, car le ciel étoilé cèle dans son immensité le secret de son ordre.
Les Princes consacrent la philosophie à la considération de cette nouvelle énigme.

mercredi 4 novembre 2009

Temps des crises

Michel Serres



Parution : octobre 2009
Editions du Pommier
Collection : Manifestes
Prix : 10 €

« Il arrive qu’un séisme ne dessine qu’une ride sur le sol ; ou quelques fêlures et fentes sur les ouvrages d’art, ponts et bâtiments. À force millénaire de tremblements de terre apparaît une crevasse large dans le paysage, comme on en voit en Islande ou en Californie, celle de San Andreas. Visibles puis imprimées sur la carte, ces traces et marques révèlent et cachent une faille géante au niveau des plaques basses, qui se meuvent lentement et cassent tout à coup dans les abysses tectoniques, invisibles. Et la cause profonde de tous ces mouvements gît là.
Financière et boursière, la crise qui nous secoue aujourd’hui, sans doute superficielle, cache et révèle des ruptures qui dépassent, dans le temps, la durée même de l’histoire, comme les failles de ces plaques basses dépassent, dans l’espace, notre perception. »

Si nous vivons une crise, au sens plein du terme, aucun retour en arrière n’est possible. Il faut donc inventer du nouveau. Or, le nouveau nous submerge ! En agriculture, transports, santé, démographie, informatique, conflits, des bouleversements gigantesques ont transformé notre condition comme jamais cela n’était arrivé dans l’histoire. Seules nos institutions n'ont pas changé.
Et voici l’une de ces ruptures profondes : notre planète devient un acteur essentiel de la scène politique. Qui, désormais, représentera le Monde, ce muet ? Et comment ?
Michel Serres montre que nous sommes encore les acteurs de notre avenir.

Michel Serres, de l’Académie française, est l’auteur d’essais, dont Le Contrat naturel et Le Tiers-Instruit (François Bourin), « Le Grand Récit » (Hominescence, L’Incandescent, Rameaux et Récits d’humanisme), Le Mal propre et La Guerre mondiale (Le Pommier). Il propose une vision du monde qui associe les sciences aux humanités.

Voir et pouvoir : qui nous surveille?

Jean-Gabriel Ganascia



Parution : octobre 2009
Editions du Pommier
Collection : Essais et documents
Prix : 20 €

Le 20 juin 2009, Neda, une jeune Iranienne de 26 ans, a été tuée par la milice. Dans les régimes totalitaires d’antan, cette nouvelle aurait été vite étouffée. Aujourd’hui, grâce au logiciel Twitter, l’événement a été relayé instantanément dans le monde entier. Cet épisode tragique atteste des bouleversements actuels de l’espace public : toujours sous le regard des autres, nous serions contraints de devenir plus justes. Cela vaudrait pour toutes les personnes investies d’une fonction : hommes politiques, policiers, juges, médecins, soldats, fonctionnaires…
Cette aspiration à la transparence se manifeste déjà dans la société contemporaine. Il en résulte un état dit de « sousveillance », où le contrôle ne vient plus d’en haut, comme dans la société de surveillance, mais d’en bas. Désormais, ce n’est plus celui qui voit qui a le pouvoir, mais celui qui est vu.>BR> Ce livre explore les conséquences possibles d’une généralisation de la sousveillance à la planète. Il montre l’insuffisance des théories de l’information et de la communication pour aborder les dimensions éthiques à l’ère de l’infosphère

Professeur d’informatique à l’université Pierre et Marie Curie, Jean-Gabriel Ganascia poursuit ses recherches au LIP6 (Laboratoire d’Informatique de Paris 6) sur l’intelligence artificielle et la modélisation cognitive. Il travaille notamment sur les aspects éthiques de la société de l’information.
Il a aussi publié quelques ouvrages destinés au grand public dont, notamment, L’Âme machine (éditions du seuil, 1989) et, au Pommier, Gédéon ou les aventures extravagantes d’un expérimentateur en chambre (2002) et Les Sciences cognitives (POCHE-Le Pommier, 2006) .

Petites chroniques du dimanche soir, 3 - Entretiens avec Michel Polacco

Michel Serres



Parution : octobre 2009
Editions du Pommier
Collection : Essais et documents
Prix : 19,90 €

Troisième tome des Petites chroniques du dimanche soir, dont le premier tome courait de septembre 2004 au tout début février 2006 et le second de février 2006 à mars 2007.
Mars 2007 – décembre 2008 : 21 mois de chroniques hebdomadaires pour adopter un regard différent sur l’actualité, pour reconnecter les événements de notre monde à leur sens profond.
Ce regard détonnant, plein d’intelligence et d’humanité, Michel Serres, en devisant avec Michel Polacco, le porte à nouveau sur des sujets brûlants, comme la liberté de la presse, la crise économique, l’Amérique d’Obama, les nouvelles technologies, le pouvoir du pape, le Tibet, la fin annoncée des plaques minéralogiques, ou plus intemporels, comme la géographie, la laideur, le bonheur, les pirates ou le beau métier de professeur… Au fil de chaque chronique, conjuguant le recul nécessaire à l’analyse au refus de toute pensée unique, il rend à l’actualité sa portée véritable.

Professeur à Stanford University, membre de l’Académie française, Michel Serres est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde ouverte, fondée sur une connaissance des humanités et des sciences.
Il est l’auteur de très nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences, dont la série des Hermès (Editions de Minuit), Les Cinq Sens (Grasset), Le Tiers-Instruit (François Bourin), Les Origines de la Géométrie (Flammarion), La Légende des Anges (Flammarion) et, au Pommier, Récits d’humanisme, Le Mal propre, La Guerre mondiale, Écrivains, savants et philosophes font le tour du monde, notamment.
Michel Polacco a dirigé France Info de 2002 à 2007

dimanche 1 novembre 2009

Le Cercle de Vienne

François Schmitz



Paru le : 30/10/2009
Editeur : Vrin
Collection : analyse et philosophie
Prix : 40 €

Présente et analyse la portée des doctrines mises au point de 1924 à 1936 par les philosophes et scientifiques qui ont participé au Cercle de Vienne et ont ainsi renouvelé la théorie de la connaissance et du langage et contribué à la critique de la philosophie traditionnelle.