mercredi 20 juin 2018

Alain B.L. Gérard : La pensée incroyante. Un parcours philosophique hors Dieu

Persée - Juin 2018


L’incroyance a toujours existé, mais discrète et peu appréciée. La norme était la croyance, la croyance en Dieu, sous toutes ses formes, universelle, définitive, suffisante. De nos jours, dans notre culture de civilisation post-moderne, cette situation a tendance à s’inverser : l’incroyance est devenue pratiquement dominante et la croyance, au contraire, rencontre des difficultés dans sa diffusion, sa pérennité, son influence.
Mais cette situation s’accompagne d’un paradoxe. L‘expansion de l’incroyance se produit en dehors de toute réflexion théorique sur elle-même, de toute représentation symbolique et même pratiquement de toute pensée philosophique. C’est une évolution spontanée, issue d’une progression des idées et de la force d’évidence des faits et événements de l’Histoire et de la connaissance en général. La grande réflexion philosophique européenne du XXe siècle, qui a été une des plus brillantes de son Histoire et qui s’est déroulée à peu près entièrement en dehors de toute référence d’ordre religieux, n’a jamais expliqué de façon précise pourquoi et comment elle se détachait d’une référence traditionnelle aussi considérable.
Il en découle une sorte de non-dit dans la réflexion qui ne manque pas de danger. Rejeter toute forme de croyance sans s’en expliquer laisse la porte ouverte à toutes les insinuations : l’incroyance et l’absence de religion seraient un vide intellectuel, la perte du sens, le désenchantement du monde, le relativisme de toute pensée et la cause de tous les maux de l’actualité la plus immédiate. Il importe donc encore à l’incroyance de s’expliquer.
Ce livre-ci tente une étude et une définition de l’incroyance en elle-même. Il voudrait combler un certain vide de la pensée, apporter une pierre nouvelle à la problématique engendrée par l’absence de religion. Il est composé par un philosophe de formation, à l’écriture limpide et au didactisme relativement facile d’accès.

Alain B.L. Gérard est docteur en Droit et docteur en Philosophie. Longtemps cadre supérieur de société dans différents pays, il a travaillé en philosophie avec Gérard Granel à Toulouse et soutenu en Sorbonne en 1982 une thèse de doctorat sur Marx et Heidegger.

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Nikolaj-Frederik-Severin Grundtvig : L'école pour la vie

Vrin - Juin 2018 - Collection : Philosophie de l'éducation


Nikolaj-Frederik-Severin Grundtvig est un penseur danois du XIXe siècle, dont l’oeuvre monumentale a joué un rôle majeur dans l’histoire de la société danoise, en inspirant notamment les créateurs des Folkehøjskoler (les hautes écoles populaires) dont l’originalité fait la fierté du système scolaire danois.
Or, il n’existait jusqu’alors quasiment aucune traduction française de ses écrits philosophiques sur l’école et sur l’éducation, ce qui a entravé le développement dans l’espace francophone de travaux universitaires sur les fondements de cette « école pour la vie » qui constitue l’apport majeur de Grundtvig à la philosophie de l’éducation. Cette lacune était d’autant plus regrettable que les études comparatives relatives aux systèmes éducatifs européens pointent la grande originalité de l’école du peuple danois (la Folkeskole) et sa capacité à proposer à ses élèves une expérience éducative propre à cultiver des vertus civiques et morales.
Cet ouvrage propose donc une première édition française commentée des textes essentiels de Grundtvig sur l’école et sur l’éducation.

Textes choisis et présentés par Jean-François Dupeyron, Christophe Miqueu et France Roy. Traduction de Marc Auchet. Avant-propos d’Ove Korsgaard.

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François Chenet : Le temps. Temps cosmique, temps vécu

Armand Colin - Juin 2018 - Collection : Collection U


Qu'est-ce que le Temps ? Quelle est sa nature et quel est son mode d'existence ? Quelle est la relation de l'esprit au temps ? S'il est vrai que le temps, à la fois familier et mystérieux, est inscrit au cœur de la condition humaine comme au cœur des communautés humaines engagées dans une histoire, en quoi une réflexion sur le temps permet-elle de comprendre la condition humaine et les rapports complexes que les sociétés humaines entretiennent avec le temps ? Enfin, est-il possible de transcender le temps ? Ou bien la sagesse se résume-t-elle à l'art du bon usage que nous devons faire du temps ?
En dépit d'un questionnement bimillénaire, énigmatique demeure la nature du temps. Et certes, le temps reste paradoxalement insaisissable, alors que nous y sommes plongés sans pouvoir jamais en faire abstraction. Si la réflexion sur le temps se heurte à maintes apories qui résistent, c'est que le temps est une réalité contradictoire sur l'expérience de laquelle la pensée vient sans cesse se briser, oscillant entre une définition tautologique et une interprétation dénaturante du temps. Le problème du temps n'en constitue pas moins l'une des questions fondamentales de la philosophie, voire même l'unique problème philosophique.
Le problème du temps fait ici l'objet d'une élucidation systématique qui conjugue approche philosophique, apports des sciences de la nature et apports des sciences humaines. Embrassant les diverses formes de temps - temps physique ou temps cosmique, temps biologique, temps psychologique, temps social, temps historique - et s'interrogeant sur leur articulation, le présent ouvrage se propose de donner une vue d'ensemble, cohérente et rigoureuse, de cet immense sujet.

François Chenet, ancien élève de l'École normale supérieure (Ulm), est professeur à l'université de Paris-Sorbonne (Paris-IV).

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mardi 19 juin 2018

Jean-Baptiste Brenet et Laurent Cesalli (dir.) : Sujet libre. Pour Alain de Libera

Vrin - Juin 2018


"Nous avons souhaité ce livre pour rendre hommage à Alain de Libera et fêter son travail. Celles et ceux qui écrivent ici sont des maîtres, des pairs, des collègues, d’anciens étudiants; en divers sens, ce sont tous des amis.
Plutôt que d’imposer une présentation, nous avons choisi comme ordre le hasard alphabétique des noms, sans chapitres. Deux consignes seulement avaient été fournies. La brièveté, d’abord – quelques pages, tenues par un nombre de signes. L’absence de notes, ensuite, pour livrer des textes de plain-pied.
Restait, pour évoquer l’œuvre et la personne d’Alain de Libera, l’objet, l’angle. Nous n’avions cette fois indiqué qu’une chose, qui donne à ce volume son titre : sujet libre."

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Michel Barat : Entre réalité et vérité, méditations philosophiques

Entrelacs - Juin 2018


L'École d'Athènes, la célèbre fresque de Raphaël, représente la cohorte des philosophes autour des deux grandes figures de la pensée que sont Platon et Aristote. Platon désigne le ciel des idées tandis qu'Aristote pointe la terre. Deux figures, deux pensées qui, allégoriquement, indiquent le chemin de la vérité et celui de la réalité. Ils sont deux car ces deux chemins ne se croisent pas nécessairement. Emprunter celui de la réalité pourrait être accepter l'illusion, l'erreur, voire le faux, car un mensonge est bien réel mais ne saurait jamais être vrai. Emprunter celui de la vérité pourrait être mépriser la réalité, soumettre hommes et choses à des idées qu'on croit vraies sans jamais en avoir la certitude. La voie de la réalité peut vite devenir celle du cynisme, celle de la vérité, celle du totalitarisme. Penser juste et dire juste consiste peut-être à dessiner la ligne de faîte entre réalité et vérité pour en départager l'ubac et l'adret et pour les garder en partage. Être à la fois Aristote et Platon, réunir « la base et le sommet », telle est sans doute l'endurante tâche de la pensée, telle est la grave légèreté du dire poétique.

Michel Barat est docteur d État ès-lettres et agrégé de philosophie.

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Bertrand Cassegrain : Autorité et anarchie

Hermann - Juin 2018


Autorité et anarchisme sont-ils compatibles ? L’autorité politique est communément perçue comme constituant une entrave à l’autonomie et la liberté des individus. Pourtant, la plupart des théories politiques contemporaines tiennent pour acquise la légitimité de certaines autorités, en particulier celle de l’État. Seul l’anarchisme rejette de manière radicale cette idée. En prenant au sérieux les arguments anarchistes, ce livre développe une analyse approfondie du concept d’autorité. L’auteur montre, contre l’anarchisme, que l’autorité peut parfois être justifiée, mais, avec lui, qu’elle doit l’être sans sacrifier à l’obéissance aveugle. Il en propose ainsi une justification exigeante, car respectueuse de l’autonomie individuelle. Elle invite à évaluer sans complaisance nos institutions politiques.

Bertrand Cassegrain est docteur en science politique de l’Université de Genève.

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dimanche 17 juin 2018

Jean-Joël Duhot : L'affaire Jésus, un quiproquo ?

Kimé - Juin 2018


Historien de la philosophie et helléniste, Jean-Joël Duhot aborde la question de Jésus dans une histoire globale, avec les outils du philosophe, de l'historien et du philologue. Les textes parlent si on sait les contextualiser et leur poser les bonnes questions. Cette approche décloisonnée, qui rejette les barrières habituelles séparant le sacré du profane, et le théologique du rationnel, et qui abolit les digues de protection que la laïcité accorde au religieux, fait apparaître un Jésus radicalement différent. Un rabbi qui pense à travers les grilles de la théologie judéo-hellénistique, largement tributaire d'un stoïcisme intégré par les Pharisiens, et que ceux qui le suivent sont incapables de comprendre. Acteur d'une protestation réagissant aux scandales qui entachent le Temple, il se trouve pris dans un insoluble conflit socio-politique, et provoque malgré lui un mouvement qu'il ne peut arrêter qu'en s'offrant à la mort. Après deux millénaires de malentendus, une évidence s'impose : il est faux de dire que les juifs ont tué Jésus.

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S. Guermès et B. Krulic (dir.) : Edgar Quinet, une conscience européenne

P.I.E-Peter Lang S.A., Editions Scientifiques Internationales - Mai 2018


Penseur « européen » par ses expériences personnelles et ses attaches familiales, Edgar Quinet a élaboré une approche profondément originale des variantes nationales de formation des États-nations et d’acculturation à la démocratie. Cet ouvrage se propose de dégager la dimension européenne de sa pensée, ainsi que les expé- riences, personnelles et intellectuelles, qui ont influencé sa perception du mouvement des nationalités à travers l’Europe. Son enfance coïncide avec l’épopée napoléonienne, sur laquelle il méditera ; il est adolescent lorsque commencent les révolutions issues de la recomposition de l’Europe après 1815 ; il participe à l’expédition de Morée et voit la Grèce accéder à l’indépendance en 1829 ; il soutient les partisans du Risorgimento; ami et collègue de Mickiewicz, il se préoccupe du sort de la Pologne ; son ouvrage Mes Vacances en Espagne comporte un important volet politique ; il se passionne pour les Roumains auxquels il consacre un ouvrage. Dès les années 1830, ce grand connaisseur de l’Allemagne a compris que l’unité allemande se réaliserait contre la France, ce qui l’a prémuni contre les illusions de la plupart de ses contemporains. Lors du « Printemps des nations », il nourrit sa réfexion de l’actualité pour défendre le système des nationalités et le « génie national » ; convaincu que les pays d’Europe vont de façon irréversible vers la démocratie, il les met toutefois en garde contre les « soubresauts de la conscience en des sens opposés".

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samedi 16 juin 2018

Cahiers philosophiques 2018/1 (N° 152) : Le végétal, savoirs et pratiques

Vrin - Juin 2018


Plusieurs publications récentes en philosophie, en anthropologie ou en histoire contribuent à une critique de la hiérarchie que nous établissons sans même y penser entre « l’animal » et « le végétal », tant notre culture est coutumière d’une caractérisation des plantes par défaut, en toute ignorance de l’ampleur de notre dette envers elles.

C’est sous l’angle d’une différenciation des savoirs ayant trait aux végétaux et d’une analyse historique et politique des pratiques auxquelles ils sont associés que la réflexion est ici engagée. S’il est aisé de planter et faire germer des graines – les animaux, le vent, les courants ne cessent d’ensemencer la Terre – cultiver une terre nécessite un savoir complexe, attentif aux circonstances et adéquat à la singularité d’un lieu. Savoir dont les paysans ont été en grande partie dépossédés au moment même où ils se sont vus imposer un modèle industriel censé être plus savant, plus rationnel et surtout plus rentable. La prise de conscience actuelle de l’importance et de la variété des écosystèmes ainsi que de l’apport irremplaçable du « végétal » invite à questionner cette hiérarchie des savoirs et des pratiques.

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vendredi 15 juin 2018

Mark Alizart : Chiens

PUF - Avril 2018 - Collection : Perspectives critiques


Le chien. Le meilleur ami de l'homme. Domestiqué à la préhistoire, compagnon de route des explorateurs et des artistes, des penseurs et des promeneurs, des amateurs de coin du feu comme de grands espaces, il a l'importance de l'amour qu'on lui donne. Mais n y a-t-il rien d'autre que ça, dans sa gourmandise débonnaire et sa dépendance pleine d'affection ? Dans Chien, Mark Alizart renverse les clichés qui portent sur les chiens et leurs maîtres, pour en faire d'inattendus professeurs de vie, nous apprenant les recettes cachées du bonheur et de la joie. Se promenant avec érudition et élégance entre les grands mythes de l'histoire humaine et les anecdotes tirées de la culture populaire, les vues étranges de certains philosophes et celles, encore plus bizarres, de la science, il propose un portrait inédit du chien en penseur. Un penseur qui connaîtrait peut-être le secret véritable de notre humanité.

Mark Alizart est philosophe. Il est l'auteur de Pop Théologie(Puf, 2015) et Informatique céleste(2017). Le Monde ou Les Inrockuptibles l'ont compté parmi les auteurs les plus singuliers et novateurs de sa génération.

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jeudi 14 juin 2018

Raphael Liogier : La guerre des civilisations n'aura pas lieu

CNRS - Juin 2018


Raphaël Liogier nous montre que le prétendu " choc des civilisations " n'est qu'un leurre face à la réalité de la civilisation globale. En dépit de l'existence de postures antagonistes et extrémistes qui peuvent s'appuyer sur des idéologies religieuses et politiques, les croyances essentielles des hommes sont de moins en moins des facteurs d'oppositions de valeurs. Toutes les religions sont, à des degrés divers, traversées par trois tendances nées de la mondialisation : le spiritualisme, le charismatisme et le fondamentalisme. Ce qui n'empêche pas qu'au sein de cette civilisation unique naissent des formes de violence inédites caractéristiques, entre autres, d'un nouveau terrorisme. 
Raphaël Liogier lance un appel pressant à penser la porosité des frontières et la disparition de la figure de l'Autre radical. Comment les identités individuelles et collectives peuvent-elles se définir et coexister dans un monde sans vraies frontières ? Un essai vigoureux pour combattre les préjugés, et mieux comprendre le monde qui nous entoure. 

Sociologue et philosophe, Raphaël Liogier est professeur à Sciences Po Aix-en-Provence et enseigne à Paris au Collège international de philosophie. Il est, entre autres, l'auteur du très remarqué Mythe de l'islamisation (2012, réed. Points, 2016).

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Catherine Puigelier : Mourir de la vérité. Preuve et Nietzsche

Editions Mare et Martin - Juin 2018 - Collection : Sciences cognitives & Droit


Les notions de vrai, véridique et vraisemblable régissent tout le droit de la preuve. Si le vrai et le véridique diffèrent peu, le vraisemblable se détache très nettement des deux premières acceptions.
Deux raisons à cela : ce qui est vrai, véridique doit être vraisemblable, tandis que ce qui est vraisemblable n’est pas toujours vrai.
Dans sa mission consistant à rapporter la vérité pour trancher au plus juste un désaccord ou un litige, le droit repose sur des concepts probatoires qui doivent paraître les plus vrais, les plus véridiques possibles.
Mais la vérité est parfois si insaisissable qu’il est contraint de se tourner vers la vraisemblance, ce qui n’a que l’apparence de la vérité.
L’opération, aussi astucieuse soit-elle, peut être l’occasion de consacrer le faux.
Friedrich Nietzsche rejetait une croyance nihiliste en la vérité absolue. Il estimait que l’art permettait de ne pas « mourir de la vérité » (Fragments posthumes).

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