samedi 18 janvier 2020

Denis Thouard : Liberté et religion. Relire Benjamin Constant

Cnrs - Janvier 2020 - Philosophie/Politique/Histoire des idées


Benjamin Constant (1767-1830) appartient par sa formation à l'époque des Lumières et par sa carrière au XIXe siècle. Romancier ( Adolphe), penseur politique ( De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes), ce passeur entre plusieurs cultures (allemande, anglaise et française) a consacré quatre décennies à De la religion, un ouvrage peu commun et d'ample dimension, à l'ambition systématique.
Comment une telle étude peut-elle se concilier avec la théorie du libéralisme politique dont il est l'un des pères ? Cela a-t-il une incidence sur notre conception moderne de la politique conçue comme un monde autonome ? C'est par le biais de cette oeuvre méconnue que Denis Thouard nous invite à redécouvrir Benjamin Constant. À rebours de nos opinions actuelles, la religion est pour Constant, au-delà d'un anticléricalisme déclaré, solidaire de la liberté et fonde la politique.
Combinant Jérusalem avec la Grèce antique, qui offrait l'image d'une religion indépendante de toute prêtrise, il attribue au phénomène religieux une puissance émancipatrice.
Le livre montre comment son apologie politique des droits individuels est étayée par une théorie de la subjectivité religieuse ancrée dans le sentiment.

Denis Thouard, directeur de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel, EHESS), s'intéresse à la question de la subjectivité, à la théorie herméneutique et à l'épistémologie des sciences sociales. Il a publié notamment : Et toute langue est étrangère. Le projet de Humboldt (2016), Simmel, le parti pris du tiers, édité avec Bénédicte Zimmermann (2017).

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Souleymane Bachir Diagne : Bergson postcolonial

Cnrs - Janvier 2020 - Biblis


Le grand retour de Bergson, à l'orée du XXIe siècle, s'est accompagné d'un regain d'intérêt pour son influence exercée en dehors de France, jusqu'en Inde et en Afrique, comme en témoignent deux figures majeures de la lutte anticoloniale, le musulman Mohamed Iqbal et le catholique Léopold Sédar Senghor. À la fois poètes, penseurs et hommes d'État, tous deux ont joué un rôle intellectuel et politique essentiel dans l'indépendance de leur pays, et trouvé dans le bergsonisme de quoi nourrir leur philosophie : celle d'une reconstruction de la pensée religieuse de l'islam pour le premier, d'une désaliénation du devenir africain pour le second.
À la croisée des études bergsoniennes et de la pensée postcoloniale, le philosophe Souleymane Bachir Diagne offre un éclairage inédit sur la réception et le devenir des notions d'élan vital, de nouveauté, de durée ou encore d'intuition dans la pensée de Senghor et de Iqbal.

Souleymane Bachir Diagne, philosophe, est professeur dans les départements de Français et de Philosophie de Columbia University à New York. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la philosophie des sciences, l'Afrique et l'islam, parmi lesquels Léopold Sédar Senghor : l'art africain comme philosophie (2007) et, avec Rémi Brague, La Controverse. Dialogue sur l'islam (2019). Il a reçu en 2011 le prix Édouard Glissant pour l'ensemble de son oeuvre.

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Jean-Marc Lévy-Leblond : La Vitesse de l'ombre. Aux limites de la science

Points - Janvier 2020


Les essais rassemblés ici visent à éclairer la nature, les enjeux et les limites de la science.
Pourquoi les physiciens, depuis quatre siècles, s'intéressent-ils à l'Enfer ? D'où vient le mythe des sept couleurs de l'arc-en-ciel ? Quelle est la portée des lettres de l'alphabet dans les formules de la physique ? Que nous disent les anecdotes qui courent sur les grands savants ? La science a-t-elle une universalité transculturelle ? Le partage du savoir ne demande-t-il pas aussi celui de l'ignorance? Y a-t-il une muse de la science ?
Le titre de ce livre, s'il trouve son origine dans le paradoxe qui permet d'assigner à l'ombre une vitesse supérieure à celle de la lumière, renvoie surtout à la crise du projet des Lumières et à la sombre perspective d'une technoscience qui ne délivrerait plus que d'obscures clartés.

Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien, épistémologue et essayiste, est professeur émérite de l'université de Nice et directeur de programme au Collège international de philosophie. Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion critique sur la science contemporaine, il dirige la collection "Science ouverte" au Seuil, ainsi que la revue Alliage (culture, science, technique).

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vendredi 17 janvier 2020

Alberto Frigo : L'expérience peinture

Fage Editions * Janvier 2020 - Particulière


Quelles qualités doit avoir un tableau pour braver les coups de nos regards quotidiens et résister accroché pendant des années aux murs de nos maisons ? À quel titre dit-on d’une toile qu’elle est intéressante, même si elle ne nous donne rien d’intéressant à voir ? Enfin, y a-t-il un rapport entre le plaisir du peintre qui voit surgir l’œuvre sous ses yeux (et ses mains) et le plaisir du spectateur qui le contemple après-coup ?
Pour répondre à ces trois questions, étonnantes, méconnues et pourtant si essentielles, cet essai convoque les paroles des peintres (Titien, Vasari, Rubens, Chardin, Hogarth, Ruskin…) mais aussi celles des philosophes (Aristote, Pascal, Descartes, Diderot, Benjamin…) et des poètes et des écrivains (Wordsworth, Elizabeth Bishop, Thomas Bernhard), pour dessiner l’esquisse d’une expérience peinture qui trouve dans le temps de voir, l’intérêt de voir et le plaisir de voir son triple horizon.

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Clémence Ramnoux : Œuvres. Tomes 1 et 2

Editions Les Belles Lettres - Janvier 2020 - Encre marine


2 volumes sous coffret vendus non séparément

Tome I

Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l’étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l’histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l’homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. À chaque fois l’auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques.
Clémence Ramnoux n’étudie pas seulement l’évolution du mythos au logos, en s’attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l’abstraction philosophique, elle s’est également intéressée aux fragments d’Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle – cosmologie, anthropologie, logique – mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d’Héraclite, en se mettant à l’écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : « Héraclite l’Obscur ».
Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle.

Tome II

Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l’apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l’éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C’est à l’aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s’affirmera. Dans une suite d’articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate.
Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l’auteur montre l’importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique.
Un choix d’articles peu connus, jusqu’alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes – à la fois complices et novatrices – de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard.
Cette nouvelle édition en deux volumes des œuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d’une Table de concordances des fragments orphiques, d’un Index des sources, d’un Index général, d’une Bibliographie raisonnée des œuvres citées par l’auteur et d’une Bibliographie de ses œuvres et des articles qui lui ont été consacrés.

Normalienne, agrégée de philosophie, docteur ès-lettres, Clémence Ramnoux (1905-1997) a enseigné à l’université d’Alger (1958-1963) avant d’intégrer la faculté des lettres et des sciences humaines de Nanterre de 1965 à 1975. Cette brillante helléniste, et disciple de Dumézil, a consacré sa recherche et ses réflexions aux auteurs présocratiques tels Héraclite, Empédocle ou Parménide et à la pensée religieuse de la Grèce archaïque.

Présentation de Rossella Saetta Cottone, helléniste, directeur de recherches au CNRS (Centre Léon Robin, Sorbonne Université), consacre ses recherches aux poétiques antiques.

Edition revue et corrigée par Alexandre Marcinkowski, historien de formation, a récemment révisé la nouvelle édition augmentée du classique d’Erwin Rohde, Psyché. Le culte de l’âme chez les Grecs et leur croyance à l’immortalité (Les Belles Lettres/encre marine, 2017) et les Œuvres de Clémence Ramnoux (Les Belles Lettres/encre marine, 2020).

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Jacques Martin : L'individu chez Hegel

Ecole Normale Supérieure - Février 2020 - La croisée des chemins


On n'a longtemps connu le nom de Jacques Martin qu'à travers la dédicace par laquelle Louis Althusser lui rendait hommage dans Pour Marx, où il reconnaissait sa dette envers son ami à propos du concept de problématique. Le mémoire de Martin sur Hegel (Remarques sur la notion d’individu dans la philosophie de Hegel), rédigé en 1947 sous la direction de Gaston Bachelard, révèle toute l’importance qu’il eut pour la pensée d’Althusser, mais aussi pour celle de son autre ami à la rue d’Ulm, Michel Foucault. Non seulement le texte de Martin présente une interprétation forte de la philosophie hégélienne, en montrant que Hegel aurait préfiguré, avant Marx, la critique de l’individu bourgeois, mais cette lecture couplée de Hegel et de Marx lui permet de mettre au jour un certain nombre de concepts et de thèmes qui seront déterminants pour la philosophie française des années 1960 : les concepts de problématique et de surdétermination, le thème du transcendantal historique, la critique de la lecture idéaliste de la dialectique hégélienne. Le mémoire de Jacques Martin s’avère ainsi être une pièce essentielle de la genèse de la philosophie française du second xxe siècle.

Édité par Jean-Baptiste Vuillerod
Préface de Étienne Balibar

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Abdelbaki Belfakih, Abdelkader Gonegaï et Bruno Péquignot (dir.) : Art, Individu et Société

L'Harmattan - Janvier 2020



L'art est le lieu où se déploie l'individualité. La relation entre l'individu et la société est tellement imbriquée et compliquée qu'elle ne transparaît que sous le mode de la lutte ; la société tend à absorber l'individu-artiste et ce dernier tente de la changer et de s'en défaire, de la critiquer et de refuser ses valeurs immuables. Là réside un noeud nodal ; c'est la société qui héberge l'artiste, le soutient, lui fournit ses moyens de création au même moment qu'elle tend à limiter et cadrer sa créativité ; d'un autre côté, c'est à la société que s'adresse l'artiste, mais paradoxalement, société et individu, par le truchement de l'art, s'excluent, se séparent et s'unissent pour que l'oeuvre ait lieu.

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Audrey Moutat : Son et sens

Presses Universitaires de Liège - Janvier 2020 - Sigilla


Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des réflexions de l'auteure sur la sémiotique de la perception et la communication du sensible. S'appuyant sur les propositions formulées en phénoménologie, en design sonore et en sémiotique, cette étude se structure en trois axes qui tracent le parcours du sens sonore, de la perception des sons à leur conceptualisation, en passant par leur mise en discours. Les sons étudiés se distinguent des objets musicaux. Il s'agit des sons du quotidien isolés en écoute réduite ou intégrés au sein de paysages sonores naturels ou construits par une activité de design. Objets sensibles parmi les plus invasifs, les sons s'avèrent pourtant les moins familiers pour la culture occidentale. Ils soulèvent de nombreux problèmes communicationnels, essentiellement liés à la pauvreté du lexique ordinaire et à un manque de connaissance du sonore. Communiquer sur les sons, ce n'est pas se référer à ce qui les origine ni aux effets qu'ils produisent sur le sujet mais les décrire pour ce qu'ils sont. Ancré dans la tradition structuraliste, ce travail montre ainsi comment les phénomènes sonores se configurent en structures signifiantes dotées de propriétés à partir desquelles il est possible de proposer de nouvelles pistes de conceptualisation et de catégorisation des phénomènes sonores.

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Claude Gautier : Voir et connaître la société. Regarder à distance dans les Lumières écossaises

Ecole Normale Supérieure - Janvier 2020 - La croisée des chemins


Cet ouvrage a pour ambition de récrire une partie de l'histoire préalable à la constitution des savoirs des sciences de l’homme. Il propose une analyse de la manière de construire la relation sujet/objet et de faire de la société une « nature » qu’il devient possible d’observer à distance. Comment une telle extraction du sujet connaissant est-elle devenue pensable au xviiie siècle ? Comment l’éloignement du regard peut-il contribuer à modifier la nature même de ce qui est observé, à poser les principes d’un savoir nouveau, la sociologie ?
Sur la base des textes des figures éminentes du Scottish Enlightenment et des auteurs issus de l’École historique écossaise – Bernard Mandeville, David Hume, Adam Smith et, dans une moindre mesure, Adam Ferguson –, Claude Gautier rend compte des nouvelles exigences ontologique, épistémologique et méthodologique qui conditionnent la possibilité de l’éloignement empirique du regard. Que s’agit-il de regarder ? La société. Que faire pour se mettre en situation de pouvoir la regarder ? S’éloigner.

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mercredi 15 janvier 2020

Stéphane Bonnet : Les lois de la désobéissance. Traité de l'orgueil et de la mauvaise volonté

  • Presses Universitaires de France - Janvier 2020 - Emancipations


Considérer la situation de la France contemporaine à partir du point de vue des citoyens émancipés, c'est prendre la mesure de la laïcisation des lois et de ce qu'elle implique réellement en termes d'égalité et de liberté. Il faut pour cela revenir à l'orgueil inouï qu'a représenté la rupture avec le christianisme, à la fois instance de légitimation des institutions juridiques et politiques et disposition commune et fondamentale des subjectivités. Cet essai s'efforce de rejoindre cette source de la liberté moderne, celle des hommes qui désobéissent à Dieu et n'en ont aucun remords, celle des sujets révolutionnaires dont la volonté se soutient d'elle-même, celle de ce qu'il ne faut pas craindre d'appeler "les hommes de mauvaise volonté", puisque c'est le refus de la fondation théologique de la volonté bonne qui les a caractérisés. Pour les héritiers de cette tradition révolutionnaire, le danger, aujourd'hui, a changé de visage : il réside dans les nouvelles formes d'obéissance qui envahissent le champ social contemporain et n'ont qu'un seul mobile : la haine de l'émancipation. L'enjeu est alors de maintenir notre désobéissance présente à la hauteur de la désobéissance passée et de reproduire le geste de rupture dont nous avons été capables, en l'opposant aux nouvelles figures de l'humilité, non chrétiennes cette fois, où s'abolissent nos capacités politiques.

Stéphane Bonnet est professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo à Paris et membre associé du CHPM de l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Il a publié aux Droit et raison d'Etat (Classiques Garnier, 2012) et aux Editions de la Sorbonne un livre sur Montesquieu, Des nouveautés très anciennes. De l'esprit des lois et la tradition de la jurisprudence (2019).

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François L'Yvonnet (dir.) : Chantier philosophique de François Jullien / Ateliers d'artistes

PUF - Janvier 2020



Depuis plusieurs années, le chantier philosophique de François Jullien intéresse et inspire des artistes dans leur pratique artistique : de la peinture à la mise en scène théâtrale, à la danse, à l'architecture, la musique, l'art du paysage, le cinéma, etc. Un éventail créatif largement ouvert où les pratiques communiquent entre elles et se reflètent les unes les autres. Les différentes contributions explorent comment les pratiques artistiques peuvent tirer parti des concepts philosophiques du chantier de François Jullien, tels ceux de propension et de processualité, de tension et de transition, de compossibilité et de secondarité, d'allusif et d'oblique, d'écart et d'entre, de transformation silencieuse et de ressource, d'intime, d'essor ou de dé-coïncidence.

François L'Yvonnet est professeur de philosophie et éditeur (il codirige les " Carnets " de l'Herne). Il est membre associé de la Chaire sur l'altérité à la FMSH, à Paris, dont le titulaire est François Jullien. Il a dirigé le numéro des Cahiers de l'Herne consacré à François Jullien (2018). François Jullien est philosophe, helléniste et sinologue. Il est l'un des penseurs contemporains les plus traduits dans le monde.

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Alain Renaut et Geoffroy Lauvau : Conflictualisation du monde au XXIè siècle. Une approche philosophique des violences

Odile Jacob - Janvier 2020


11 septembre 2001 : l'effondrement des tours jumelles du World Trade Center met fin aux espoirs de paix nés de la chute du communisme. Le monde est à nouveau déchiré. Mais les conflits d'aujourd'hui échappent au modèle de la guerre classique. Créant des lignes de fracture qui débordent les Etats et les territoires, ils s'immiscent dans l'intime de la sphère privée, au coeur des rapports sociaux, ou couvrent la planète d'attentats aveugles. Contre les idées reçues et les constructions spéculatives, l'ouvrage s'interroge sur ce que l'on peut apprendre de ces conflits eux-mêmes. Comment penser les violences qui déchirent les sociétés au XXIe siècle au point de faire douter de l'humanité ? Partant du génocide, forme extrême de la violence entre humains, pour en révéler les ressorts, les auteurs y trouvent des outils d'analyse pour comprendre la structure des nouvelles conflictualités. Exclure l'autre de la "vraie" humanité est le mécanisme fondamental. On le retrouve à l'oeuvre dans les autres formes de conflictualité étudiées ici : violences religieuses et djihadisme, violences liées au genre et aux comportements sexuels, violences sociales et populisme. Avec les ressources de la philosophie et une attention minutieuse aux faits, Alain Renaut et Geoffroy Lauvau s'efforcent d'identifier le péril et d'en tirer des enseignements pour penser l'humanisme à partir de son contraire.

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