jeudi 11 février 2016

Jean-Baptiste Gourinat (dir.) : L'éthique du stoïcien Hiéroclès

PU du Septentrion - Février 2016


Hiéroclès est un philosophe stoïcien méconnu de l'époque impériale. Combinant éthique appliquée et réflexion sur les fondements naturels de la morale, les longs fragments que l'on conserve de lui offrent une image originale du stoïcisme en prise avec bien des débats contemporains. Ils sont tous analysés en profondeur dans cet ouvrage. Négligé par rapport à Sénèque, Epictète ou Marc Aurèle, Hiéroclès aborde pourtant des thèmes cruciaux du stoïcisme : les rapports de l'âme et du corps, la genèse et la spécificité des facultés animales, nos différents devoirs à l'égard des autres (les dieux, nos concitoyens, nos parents, etc.) et leur articulation. Comment les animaux connaissent-ils leurs forces et leurs faiblesses et se conservent-ils ? Devons-nous traiter tous les hommes comme s'ils faisaient partie de notre famille ? Quelle est la spécificité de la relation entre mari et femme ?

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mercredi 10 février 2016

Philosophie Antique n°15 : Questions sur le scepticisme pyrrhonien

PU du Septentrion - Novembre 2015


Édité par Jean-Baptiste Gourinat, Michel Narcy, Thomas Benatouïl

Le dossier de ce numéro porte sur le scepticisme antique et associe des articles de jeunes chercheurs et de chercheurs confirmés pour faire le point sur ce courant philosophie paradoxale, et plus particulièrement sur le néopyrrhonisme d'Enésidème et de Sextus Empiricus. Ce courant se présente comme une philosophie originale, sans doctrine. Peut-il être reconstruit à partir d'autres sources que Sextus Empiricus? Pourquoi cet acharnement à se distinguer de toutes les autres philosophies ? Le scepticisme se considère-t-il même comme une philosophie ? Les sceptiques peuvent-ils utiliser sans contradiction un "critère" pour connaître ou agir ou se réclamer de la seule vie quotidienne contre la philosophie ? Pourquoi Sextus critique-t-il les mathématiques et qu'en accepte-t-il ?
Les articles hors-dossier de ce numéro abordent les rapports entre le cynisme et Platon, la nature de la réflexion antique sur l'économie chez Xénophon et Platon, la question controversée des rapports entre épicurisme et géométrie ou la réception de la notion héraclitéenne de contradiction chez Hölderlin et Heidegger.

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mardi 9 février 2016

Javier Moscoso : Histoire de la douleur. XVIe-XXe siècle

Les Prairies Ordinaires - Octobre 2015 - Collection : Singulières modernités


Des martyrs chrétiens à l’invention de l’anesthésie, de don Quichotte au masochisme, du théâtre de la cruauté à la chirurgie dentaire, des pénitences religieuses à la naissance d’une culture de la sensibilité, et de l’obstétrique à la prise en charge médicale de la douleur chronique, Javier Moscoso livre une étude magistrale consacrée aux transformations du rapport à la douleur en Occident. En s’appuyant sur de très nombreuses sources, philosophiques, médicales, littéraires, iconographiques ou personnelles, il reconstitue les formes à travers lesquelles cette expérience s’est articulée de la Renaissance à aujourd’hui. 

Javier Moscoso est directeur de recherches en histoire et philosophie des sciences à l’Institut d’histoire du CSIC (Conseil supérieur de la recherche scientifique, Madrid). Il a été chercheur au Centre Alexandre Koyré à Paris, à l’Institut Wellcome d’histoire de la médecine, au département d’histoire des sciences de l’Université de Harvard et à l’Institut Max-Planck à Berlin. Auteur de nombreux articles et d’un ouvrage sur L’Encyclopédie, il a été commissaire d’expositions, en Espagne et dans d’autres pays. La plus récente, SKIN, a attiré plus de cent mille personnes à la Wellcome Collection de Londres.

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Arnault Skornicki : La grande soif de l'Etat. Michel Foucault avec les sciences sociales

Les Prairies Ordinaires - Novembre 2015 - Collection : Essais


Michel Foucault n'est pas réputé être un théoricien de l'Etat, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve (dans l'école, la prison, la caserne, l'usine, l'hôpital). Et pourtant, il apparaît qu'il s'était lancé dans une grande généalogie de l'Etat moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant deux choses. Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l'Etat : elle n'est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu'en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres. Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l'étatisation des rapports de pouvoir, c'est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Age à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L'Etat ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l'effet et l'opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés. Ceci n'est pas un nouveau livre sur Foucault. C'est un livre sur l'Etat et la possibilité toujours vivante d'en faire une théorie, retrempée dans l'eau acide de la généalogie.

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Manuel Cervera-Marzal : Pour un suicide des intellectuels

Textuel - Février 2016


Une critique radicale des intellectuels mettant en cause la séparation entre réflexion et exécution.
Les débats sur les intellectuels sont souvent vifs en France. Benda, Sartre, Aron, Foucault et Bourdieu ont tous consacré des pages fameuses à l’engagement politique des intellectuels. À partir d’une relecture critique de ces classiques, Manuel Cervera-Marzal, jeune universitaire engagé, n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat sans se laisser aller à l’anti-intellectualisme. 
Provocateur, il cherche à faire réfléchir dans une direction hérétique : la redistribution radicale des tâches de réflexion et d’exécution dans nos sociétés. 
Ce pamphlet, en plus de proposer une critique actualisée des intellectuels, pose de manière originale les bases d’une utopie reconstructrice entre mutualisation des savoirs et construction d’une intelligence collective.
Un point de vue original, associant la polémique à l’imagination utopique.

Manuel Cervera-Marzal est docteur en science politique. Il est attaché d’enseignement et de recherche à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. À 28 ans, ce jeune chercheur a déjà publié 5 ouvrages dontGandhi. Politique de la non-violence (Michalon, collection « Le bien commun », 2015) et Désobéir en démocratie. La pensée désobéissante de Thoreau à Martin Luther King (Aux forges de Vulcain, 2013).

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lundi 8 février 2016

Monique Castillo : Faire renaissance. Une éthique publique pour demain

Vrin - Février 2016 - Collection : Moments philosophiques


Contradictions de l’individualisme, embarras du pluralisme, antinomies du productivisme, autant de tensions morales et politiques qui installent la civilisation européenne dans un sentiment de déclin et d’impuissance. Nos héritages contradictoires causent en partie ce désarroi, mais la gestation d’un monde en formation réclame en urgence un ressourcement créateur d’une société ouverte, de l’intérieur, par sa propre puissance de sublimation symbolique. Quand la réalité devient un ensemble de signes, d’informations, de savoirs, d’images, d’arguments et de récits, les moralismes doctrinaires sont dépassés. On s’intègre dans un tel monde comme traducteur ou inventeur, herméneute, esthète, diffuseur et révélateur de sens.

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Collectif : Leibniz et Diderot. Rencontres et transformations

Vrin / Presses Universitaires de Montréal - Janvier 2016 - Collection : Analytiques


Christian Leduc, François Pépin, Anne-Lise Rey et Mitia Rioux-Beaulne (dir.)

Ce livre s’intéresse à une rencontre : celle de deux philosophes, mais aussi celle de deux siècles et de deux régimes de pensée. Leibniz (1646-1716) et Diderot (1713-1784) appartiennent à deux traditions en apparence opposées : on associe généralement la pensée leibnizienne aux grands systèmes métaphysiques du XVIIe siècle, et celle de Diderot à la mise en pièces de ces édifices par la voie d’une philosophie expérimentale radicalement antisystématique. Pourtant, plusieurs liens entre les deux œuvres sont visibles, qu’il s’agisse d’emprunts conceptuels ou thématiques par Diderot ou de convergences plus difficiles à circonscrire. Le premier objet de ce livre est d’identifier ces liens et de faire le point sur cette sympathie entre les deux philosophies.
Mais ce livre s’intéresse aussi à cette rencontre pour ses effets transformateurs, tant sur le plan des concepts, des thèses et des arguments que sur celui des méthodes. Il s’agit alors de voir comment la rencontre avec le leibnizianisme a nourri la pensée diderotienne, comment la lecture du texte leibnizien par Diderot en modifie le sens, comment elle peut parfois en être une interprétation ou un devenir possible. Pour saisir ces transformations, les auteurs ont examiné divers contextes théoriques dans lesquels les pensées de Leibniz et Diderot dialoguent : métaphysique et philosophie de la nature, épistémologie et philosophie des sciences, théorie de la perception et esthétique.
À travers ce dialogue, l’ouvrage contribue à une réflexion générale sur les méthodes requises pour mettre en perspective les rapports entre des philosophies à la fois proches et éloignées.

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jeudi 4 février 2016

Ernst Bloch : Du rêve à l'utopie. Entretiens philosophiques

Editions Hermann - Janvier 2016 - Collection : Panim el Panim


Ce livre est une anthologie des entretiens philosophiques qu'Ernst Bloch a accordés. Ces interventions d'un des plus grands philosophes allemands du XXe siècle éclaircissent de nombreux aspects de sa pensée. Ernst Bloch y présente notamment, de façon didactique, le grand inventaire des réalisations de l'imagination utopique dans l'histoire de la culture, de l'architecture, de la peinture, de la littérature et de la musique. Il évoque aussi sa vie, sa jeunesse, ses souvenirs d'écoliers, ses années d'études ; il raconte ses amitiés, notamment avec Georges Lukács, Georg Simmel, Walter Benjamin, Theodor Adorno, Siegfried Kracauer ou Bertolt Brecht ; il relate ses exils, en Suisse et aux Etats-Unis, sa lutte aux côtés des pacifistes contre la politique impériale de Guillaume II, son combat contre l'Allemagne nazie ; il analyse enfin son engagement pour un marxisme " ouvert " et humaniste, opposé au stalinisme et orienté vers la réalisation de " l'utopie concrète ". A travers ce choix de textes réalisé par Arno Münster, l'un des meilleurs spécialistes de Bloch, c'est tout le parcours intellectuel du philosophe qui est tracé, depuis ses premières pensées existentielles, inspirées de la philosophie de Kierkegaard, jusqu'à sa maturité, exprimée notamment dans Le Principe Espérance.

Ernst Bloch (1885-1977), grand penseur de " L'Esprit de l'Utopie ", a bâti sa notoriété autour de son oeuvre-phare, Le Principe Espérance (1959), rédigée lorsqu'il était exilé aux Etats-Unis (1938-1949) et comportant une encyclopédie des concrétisations des images utopiques dans les oeuvres d'art. Il est le fondateur d'une philosophie messianique fondée sur la théorie du pré-apparaître utopique dans les figures la " conscience anticipante ".

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Alain Jugnon : Contre Onfray

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2016


Contre Onfray est un essai critique écrit à la première personne du singulier. Publiant Contre Onfray, le philosophe qu'est Alain Jugnon n'écrit pas contre quelqu'un. Par contre, il déconstruit un mouvement général des idées qui, à l'époque du nihilisme et de la détresse de tous, cherche à ne plus analyser, ne plus comprendre et surtout ne plus savoir. Cet essai critique prend naissance dans le commentaire suivant de Guy Debord : " Le gouvernement du spectacle, qui à présent détient tous les moyens de falsifier l'ensemble de la production aussi bien que de la perception, est maître absolu des souvenirs comme il est maître incontrôlé des projets qui façonnent le plus lointain avenir. Il règne partout seul ; il exécute ses jugements sommaires. " Contre Onfray démontre qu'il y a un homme seul au coeur du Spectacle ; ses jugements sont sommaires et grossiers, mais c'est comme toujours la pensée contemporaine qui est exécutée sur les plateaux de télévision. Dans cet essai polémique, ce qui est écrit et détaillé est fait pour refuser le personnage qui se nomme lui-même " le philosophe Michel Onfray ", pour dénoncer ce mensonge spectaculaire et cette tricherie bien intégrée. Mais ce n'est pas un livre contre un homme, car il sera d'abord fait pour que vive demain encore la philosophie et pour en finir avec ce passage à l'acte postmoderne qui veut rendre la pensée honteuse d'elle-même, et ce dans la posture maladive d'une critique bête de l'humanisme et de sa valeur juste humaine, très humaine. L'esprit du temps est à la confusion des esprits et à l'émotion des corps : Michel Onfray en oubliant qu'il fut philosophe est devenu (depuis son livre contre Freud, dans lequel il refusait à la psychanalyse le droit de savoir quoi que ce soit sur son Moi - ce fut sa thérapie) le penseur officiel et écrivain public de cette confusion générale et de cette mascarade adorée qui consiste à faire passer pour des pensées des idées multimédiatiques et d'abord idéologiquement dominantes. Onfray de fait n'est plus nietzschéen et c'est ce qu'il fallait à Alain Jugnon démontrer, ni " de gauche " comme il le croyait, ni un nietzschéen pour la droite comme il le voudrait, il est devenu le fossoyeur de la pensée critique contemporaine. C'est la démocratie et l'humanisme qui s'éclipsent ainsi avec son dernier livre, pris dans l'aspiration droitière et siphonnés avec l'eau du bain de ses mauvaises pensées d'intellectuel célèbre et à la sagesse publique : Onfray est le penseur nouveau de la future nouvelle droite française ; cette conversion se donne à voir dans Cosmos, son dernier livre, sous forme d'un jeu de rôles et de passages à l'acte de la pensée fort peu logiques mais totalement anarchiques (au sens bien sûr non politique du terme). Cet essai de généalogie de la non-pensée onfrayenne relit méthodiquement les écrits du philosophe en regardant de près le travail en négatif de cette conversion : les trahisons du lecteur Michel Onfray sont multiples et ce livre en repère la plupart. Ce sont les contresens de Michel Onfray : au sujet de Foucault, de Lacoue-Labarthe, des poètes en général et de Nietzsche, essentiellement. Ces trahisons sont à chaque occurrence un nihilisme politique à l'oeuvre, une fausse parole mise en actes de langage. Il y a au travail chez Onfray une fausse écriture philosophique (et écriture du faux en philosophie) qui renie tout en bloc, pour son propre plaisir, pour s'émouvoir de sa propre jouissance : ce qu'il nomme un hédonisme et qui a tout d'un dandysme assez pathétique.

Alain Jugnon est philosophe et écrivain. Il dirige les Cahiers Artaud (éditions Les cahiers - no 2 paru en octobre 2015) et La Contre attaque, revue poétique et politique (éditions D'ores et déjà). Dernières parutions : La Trique de nos meneurs ou le nanar chrétien, éditions Dasein, 2014 ; Redrum, à la lettre contre le fascisme, collectif (coord.), éditions Les Impressions nouvelles, 2015. Ont paru chez Lignes : Artaudieu et Le Devenir Debord. A paraître : Athéologiques, Editions Dasein, 2016. Alain Jugnon est membre du comité de la revue Lignes.
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Jocelyn Benoist : Logique du phénomène

Editions Hermann - Janvier 2016 - Collection : Le Bel Aujourd'hui


Qu'est-ce qu'un phénomène ? La pensée moderne emploie ce terme avec une forme d'évidence. On se dispute sur ce que sont les phénomènes, mais on ne doute pas qu'il y en ait ni qu'ils constituent un point de départ sur lequel on puisse construire. Ce livre, à travers une mise en perspective historique et conceptuelle globale, remet en question cette évidence. Non pas qu'il rejette la notion de " phénomène ", mais il essaie de comprendre d'abord de quel type de décision philosophique elle est le produit et quel type de montage elle suppose. Sur cette base, il met en lumière sous quelles conditions on peut effectivement parler de "phénomènes" et dissipe la mythologie liée à un emploi inconditionné de ce terme, fréquent dans la philosophie contemporaine. Contre tout phénoménalisme, il fait valoir le lien métaphysique dans lequel le langage nous met immédiatement avec les choses.

Né en 1968, professeur à l'université Paris et auteur de nombreux livres sur la phénoménologie, Jocelyn Benoist a développé depuis 2005 une recherche originale aux confins de la phénoménologie et de la philosophie analytique qui s'attache à redéfinir les concepts d'intentionalité et d'esprit.

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Henri Bergson : Histoire de l'idée de temps. Cours au Collège de France 1902-1903

PUF - Février 2016


Non seulement ce cours publié aujourd'hui sur "l'histoire de l'idée de temps" marque le début de "la gloire de Bergson", mais plus encore il en est la source. Il constitue, avec tous ceux donnés au Collège de France, le trait d'union entre l'oeuvre écrite à laquelle le philosophe tenait exclusivement, telle qu'elle survit à l'époque qui l'a vu naître et qui brille de son éclat propre, et l'enseignement oral dont provient la renommée de l'homme, grâce auquel ses idées se sont insérées dans le monde pour être adoptées par le plus grand nombre. Aussi ont-ils le double privilège de se concentrer comme jamais autour de la pensée de Bergson à laquelle ils apportent une lumière neuve et singulière et de rayonner plus largement encore au-delà du cercle des études spécialisées, en se rendant capable de toucher, comme jadis, un public lointain et non initié. Consacré à l'idée de temps à travers l'histoire des systèmes, ce cours nous donne de pouvoir lire, d'entendre presque la parole libre du philosophe telle qu'elle retentissait il y a plus d'un siècle dans ce haut- lieu de la pensée humaine et que nous avions crue irrémédiablement perdue. Car en le lisant, nous avons cette impression étrange de briser momentanément la loi inexorable du temps.

Camille Riquier (préface) est maître de conférences à l'Institut catholique de Paris. Il a réalisé l'édition critique de Matière et mémoire (Puf, 2008) et écrit notamment Archéologie de Bergson (Puf, 2009, Prix La Bruyère 2010).

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Paolo Virno : Essai sur la négation. Pour une anthropologie linguistique

Editions de l'Eclat - Février 2016 - Collection : Philosophie imaginaire


En affirmant qu’une chose n’est pas, l’animal humain parlant fait passer la chose elle-même des limbes d’une existence vaporeuse à la consistante réalité du monde, où être et non-être se déterminent l’un l’autre. Mais l’énoncé négatif n’est pas que la contre-figure linguistique de réalités malignes ou de sentiments détestables ; il en affirme le refus et laisse entrevoir l’autre de ce qui est. Ainsi, à partir d’une réflexion sur la négation, où l’enfant qui fait l’apprentissage du langage nous en apprend autant que Le Sophiste de Platon discutant de l’être de ce qui n’est pas, Paolo Virno propose une étonnante anthropologie linguistique, où la négation, qui attribue à chaque chose sa valeur unique, peut être définie comme «l’argent du langage ».

Paolo Virno (1952) enseigne la philosophie du langage à l’Université de Rome. De lui ont paru aux Éditions de l’éclat depuis 1991 : Opportunisme, cynisme et peur(1991), Miracle, ­virtuosité et ‘déjà vu’ (1996), Le souvenir du présent (1999),Grammaire de la multitude (2002), et plus récemment : Et ainsi de suite. la régression à l’infini et comment l’interrompre (2014) ou L’usage de la vie et autres sujets d’inquiétude (2016) qui rassemble vingt-deux essais écrits entre 1981 et 2015.

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