vendredi 23 juin 2017

Denis Collin et Sébastien Barbara : Comprendre Herbert Marcuse

Max Milo - Juin 2017 - Collection : Essai graphique


Pourquoi revenir à Herbert Marcuse aujourd'hui ? Désigné par les commentateurs comme l'inspirateur des mouvements contestataires de 1968, classé parmi les " freudo-marxistes ", il semble qu'il soit aujourd'hui passablement oublié.
À tort. Marcuse est d'abord un philosophe qui s'inspire de la grande tradition de la philosophie allemande, celle de Kant, Hegel et Marx. Commentateur scrupuleux de Hegel, Marcuse en produit une lecture critique vivifiante, loin des idées toutes faites sur ce maître éminent. Fidèle à Marx – mais pas aux marxisme standard, ce qui lui a valu l'hostilité de tous les gardiens du temple marxiste – il lie étroitement la critique sociale à la théorie analytique de Freud. Bref avec Marcuse, c'est tout un pan de la culture moderne que nous sommes invités à reparcourir. 
Mais Marcuse est aussi l'un des penseurs de la théorie critique. Son objet, c'est la société industrielle avancée, la nôtre. On pourrait croire que ses œuvres décrivent notre présent alors qu'elles ont été écrites voilà un demi-siècle et plus. La " désublimation répressive ", l'utilisation du principe de plaisir au profit de la domination, c'est bien quelque chose qui a pris aujourd'hui une ampleur que l'on pouvait à peine soupçonner au moment où Marcuse écrit Éros et civilisation ou L'homme unidimensionnel. Comment ne pas voir que l'extension indéfinie du marketing et des techniques de la communication produisent cette uni-dimensionnalité de la pensée que Marcuse analyse et dénonce si vigoureusement ? 
Enfin Marcuse est un philosophe de la culture. L'art et le sens du beau sont, pour lui, essentiellement libérateurs. S'il continue de penser nécessaires l'émancipation politique et la transformation des rapports sociaux, il sait que la libération humaine est celle de l'individu qui doit reprendre possession de lui-même en se débarrasser de l'aliénation. Il ne s'agit pas de dessiner un avenir plus rationnel mais surtout la perspective d'une vie plus libre et plus belle.

Denis Collin est professeur de philosophie, docteur en lettres et sciences humaines. Il a publié Morale et justice sociale (Éditions du Seuil, 2001), Revive la République (Armand Colin, 2005), Le Cauchemar de Marx (Max Milo, 2009), La Longueur de la chaîne (Max Milo, 2011), Comprendre Marx (Max Milo, 2012).

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Jean-François Pradeau : Gouverner avec le monde. Réflexions antiques sur la mondialisation

Les Belles Lettres / Manitoba - Juin 2017


Les philosophes anciens ont écrit sur le rapport de la cité et du monde et c'est à eux que l'on doit les premières thèses « cosmopolitiques ». L'objet de l’essai de Jean-François Pradeau est d’exposer ces thèses, en les rendant accessibles à des lecteurs qui ne les connaissent pas. Ainsi l’essai présente-t-il ce que des auteurs comme Diogène le cynique, Platon, les stoïciens ou encore le Père de l’Eglise Saint Augustin ont pu dire de la citoyenneté mondiale et du rêve d’une cité mondiale unique qui réunirait enfin tous les peuples. Les questions qu’agite cette histoire ancienne du cosmopolitisme sont pour beaucoup celles de notre époque, qui a fait l’éloge pendant quelques décennies d’une forme d’émancipation cosmopolitique, qui a inventé une Europe supranationale, mais qui paraît aujourd’hui figée autour de ses frontières. Les grecs anciens qui ont inventé la formule « citoyen du monde » ont quelque chose à nous dire de la mondialisation. Ils nous rappellent avec une certaine simplicité que la vie humaine, qui est une vie politique, c’est-à-dire une vie qui n’est possible que dans les limites instituées d’une communauté civique, ne peut atteindre la tranquillité ou le bonheur sans apprécier à sa juste mesure la place qui lui convient dans le monde. Il est néfaste et finalement impossible de vivre sans se faire une certaine idée de ce monde et de son ordre, sans se représenter, ne serait-ce que de manière vraisemblable, ce qu’est l’univers et la place qui nous revient en son sein.

Professeur de philosophie antique à l’université de Lyon III - Jean Moulin, Jean-François Pradeau est avant tout un spécialiste de l’œuvre de Platon et de la tradition platonicienne sur lesquelles il a publié de très nombreux ouvrages. Dernièrement il a dirigé l’édition complète des sophistes (2009). Aux Belles Lettres, on lui doit la revue Études platoniciennes ainsi que de nombreux volumes dans la collection « Classiques en poche ».

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jeudi 22 juin 2017

Olivier Koettlitz et Nathalie Grall : Comprendre Bataille

Max Milo - Juin 2017 - Collection : Essai graphique


Ce petit livre n'a d'autre ambition que de proposer un parcours d'initiation à cette œuvre originale. Pour ce faire, nous empruntons un chemin balisé par quelques entrées caractéristiques d'une pensée non systématique. Toutes ces portes invitent cependant le lecteur à mieux comprendre ce que Bataille appelle la "souveraineté", qui est à la fois une expérience de pensée et de vie salutaire pour nous ici et maintenant. 
L'œuvre de Georges Bataille défie toutes les étiquettes qui permettent d'identifier une pensée pour mieux en arrêter le caractère protéiforme et dérangeant. À tous égards, la vie comme la pensée de Bataille n'ont rien de convenable. En empruntant diverses formes d'expression qui vont du récit de fiction halluciné à l'essai théorique en passant par le fragment, cet auteur exerce toujours une influence, le plus souvent souterraine, sur la littérature, la philosophie, les sciences humaines et les arts. La variation de ses centres d'intérêt et les enjeux que ceux-ci soulèvent sont animés d'une profonde unité et témoignent d'un sens aigu des problèmes qui taraudent notre humanité commune. Indifférent aux modes culturelles, c'est avec une probité rare que Georges Bataille n'a cessé, à ses risques et périls, de porter la pensée, le langage et l'expérience à des limites inouïes.

Olivier Koettlitz, né en 1969, enseigne la philosophie générale et appliquée depuis de nombreuses années à l'ESAAT (École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile) à Roubaix. 

Nathalie Grall est une artiste graveur et une graphiste diplômée de l'École Nationale des Beaux-Arts de Paris. Elle a été lauréate du Prix Grav'x en 1989 et choisie en 2013 pour être l'invitée d'honneur de la 55e exposition de gravures originales de "Pointe et burin" à la fondation Taylor à Paris. Elle travaille par thématiques et ses oeuvres sont notamment exposées en France et en Italie.

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Vincent Citot : Puissance et impuissance de la réflexion

Le Cercle Herméneutique - Juin 2017 - Collection Phéno


Réfléchir à la réflexion, penser la pensée et philosopher sur la philosophie, voilà ce que l’on propose de faire ici. Cette démarche est moins formelle qu’il n’y paraît, car interroger la nature et les exigences de la pensée philosophique engage toute une philosophie. Une philosophie qui n’est pas dupe d’elle-même et qui commence par examiner sa propre finitude. « La dernière démarche de la raison, c’est de connaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent. Elle est bien faible si elle ne va jusque là », disait Pascal. Nous montrons dans un esprit proche que la réflexion est d’autant plus puissante qu’elle reconnaît son impuissance, comme la philosophie authentique doit se savoir doublement bornée, par la pensée scientifique d’une part, et par la pensée mystique d’autre part. Il ne s’agit pas de rabaisser la philosophie, mais au contraire de lui permettre de comprendre ce qui la comprend et de trouver sa juste place dans le champ intellectuel.
La première partie peut être lue comme une introduction générale au problème de la puissance et de l’impuissance de la réflexion, dans une triple perspective ontologique, gnoséologique et axiologique. La deuxième partie pousse plus loin la problématique, en particulier la question des horizons scientifique et mystique de la réflexion philosophique. La troisième partie définit la spécificité du problème philosophique, la nature et les exigences de la pensée philosophique. La quatrième partie, enfin, traite des bornes de la réflexivité philosophique et de l’intérêt pour la philosophie de se prêter à l’objectivation scientifique, à l’occasion d’une interrogation historiographique. Nous plaidons pour que l’écriture de l’histoire de la philosophie se soumette à des critères de scientificité plus stricts.

Vincent Citot est agrégé et Docteur en philosophie, enseignant à l’ESPE de Paris – Université Paris-Sorbonne.

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mercredi 21 juin 2017

Donatien Aubert : Vers une disparition programmatique d'Homo sapiens ?

Hermann - Juin 2017


La ruse et l’invention permettent à l’être humain de s’arracher à ses déterminations physiologiques. L’évolution de l’espèce ne s’accomplit pas au même rythme que le renouvellement de sa culture. Là résident une source de frustrations terribles et le rêve, caressé depuis l’aube de l’humanité, qu’elle puisse rompre avec l’ordre naturel, une ambition portée par les héros des récits mythologiques tels Gilgamesh ou encore Prométhée.
L’avènement des technosciences depuis la seconde moitié du XXe siècle laisse entrevoir la possibilité que l’homme puisse s’émanciper de son héritage évolutionnaire. Ces schémas d’anticipation ont été exacerbés par l’art, le cinéma et la littérature, dans des œuvres à partir desquelles se sont construites nos représentations du monde futur. Dans la culture transhumaniste, le développement du génie génétique et de l’intelligence artificielle annonce l’obsolescence du genre humain, devant lequel marcherait bientôt le dernier homme.
Ce dépassement hypothétique, martelé outre-Atlantique, relayé avec ferveur par la Silicon Valley, est-il plausible, et surtout, est-il souhaitable ? De nouveaux régimes artistiques (art-science, art corporel, arts numériques) accompagnent les mutations anthropologiques en cours d’instauration. Quelle part de responsabilité ont-ils dans la consolidation de ces imaginaires ?

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Monique Canto-Sperber : Philosophie grecque

PUF - Juin 2017 - Quadrige


Par son style et par son objet, cette histoire de la philosophie grecque a apporté une vision nouvelle de la pensée antique. Les thèses et les arguments des auteurs anciens ainsi que l'histoire des traditions philosophiques qui traversent l'Antiquité depuis les penseurs présocratiques jusqu'aux Byzantins du XVe siècle y sont exposés, analysés et parfois soumis à la critique.
Dans un tel ouvrage, les étudiants apprendront ce qu'il faut savoir lorsqu'on aborde l'étude de la philosophie antique. Les spécialistes, les philosophes et les esprits curieux y découvriront la fécondité d'une pensée, certes ancienne, mais dont tous les défis n'ont pas encore été relevés.

Monique Canto-Sperber est directeur de recherches au CNRS, philosophe et écrivain, spécialiste de l'Antiquité classique et de la pensée morale et politique contemporaine. Elle a dirigé l'École normale supérieure, a été présidente de l'Initiative d'excellence Paris Sciences et Lettres (PSL), et vice-présidente du Comité national d'éthique.

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mardi 20 juin 2017

Mathieu Terence : De l’avantage d’être en vie

Gallimard - Avril 2017 - Collection : L'infini


Une sagesse est à opposer au nihilisme. Une sagesse échappant à ses prédicats morbides, à son hypnose consumériste et à sa dangereuse frustration. On peut aspirer à un savoir universel, à prendre le contre-pied des expertises des spécialistes qui focalisent sur les détails du phénomène au point de lui faire dire l'inverse de ce qu'il accomplit. On peut cultiver son second souffle et rompre son isolement en partageant la joie d'une vie délivrée du conditionnement mélancolique, une vie véridique. On peut célébrer l'avantage d'être en vie.

Mathieu Terence a publié des fictions, des essais, des poèmes parmi lesquels L'autre vie (Gallimard, 2009) et Le talisman (Grasset, 2016).

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lundi 19 juin 2017

Raphaël Draï : Le mythe de la Loi du Talion

Hermann - Juin 2017


« OEil pour oeil, dent pour dent ». Cette sentence biblique résume une conception de la justice comme devant être à la fois impitoyable, ferme et équitable. Elle énonce le juste à travers un strict calcul égalitaire, une équation entre la sanction (la peine) et le préjudice (le crime commis). Pourquoi qualifier cette loi du talion de mythe ? Parce qu'elle est rapportée depuis des millénaires à la culture juive. Le contresens est total à cet égard. Le droit hébraïque a constamment récusé le principe du talion et toutes ses modalités. Le talion marque l'investissement paradoxal de la Loi et du Droit par un désir aveugle de vengeance, de réparer par un strict équilibre des peines les dommages subis. En cela, Raphaël Draï montre comment cette loi est imprégnée de part en part par la pulsion de mort, et reconstitue, dans cet ouvrage devenu un classique, les principes fondamentaux de la Loi juive ainsi que ses évolutions en matière de droit pénal et de réparation juste du dommage causé à autrui.

Raphaël Draï (1942-2015), professeur agrégé de sciences politiques, a été doyen de la faculté de droit et des sciences politiques et sociales d'Amiens et d'Aix-en-Provence. Philosophe, dramaturge et écrivain, il est l'auteur de très nombreux ouvrages et fut l'un des meilleurs spécialistes du droit hébraïque.

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dimanche 18 juin 2017

Philosophia Scientiæ -Numéro 2017/1 - 21 : Homage to Galileo Galilei 1564-2014

Kimé - Juin 2017


Page 3 à 4 : Gerhard Heinzmann - ‪Editorial‪ | Page 7 à 15 : Raffaele Pisano, Paolo Bussotti - ‪Introduction. 1564-2014. Homage to Galileo Galilei‪ | Page 17 à 33 : Francesco Crapanzano - ‪ ‪Per quelle confuse carte‪ ‪... The Galilean ‪ ‪De motu‪ ‪ in Raffaello Caverni’s Reading‪‪ | Page 35 à 54 : Antonino Drago - ‪What Was the Role of Galileo in the Century-Long Birth of Modern Science? ‪ | Page 55 à 70 : Raymond Fredette - ‪Les De motu antiquiora de Galileo Galilei : le lancement de la carrière du filosofo-geometra‪ | Page 71 à 91 : Romano Gatto - ‪‪“‪ ‪It Is Impossible to Deceive Nature”. Galileo’s ‪ ‪Le mecaniche‪ ‪, a Bridge between the Science of Weights and the Modern Statics‪‪ | Page 93 à 110 : Gennady Gorelik - ‪A Galilean Answer to the Needham Question‪ | Page 111 à 130 : Jean-Marc Lévy-Leblond - ‪Galilée, de l’Enfer de Dante au purgatoire de la science‪ | Page 131 à 147 : Roberto de Andrade Martins, Walmir Thomazi Cardoso - ‪Galileo’s Trattato della sfera ovvero cosmografia and Its Sources ‪ | Page 149 à 164 : Marco M. Massai - ‪Thoughts on Galileo’s Work‪ | Page 165 à 179 : Annibale Mottana - ‪‪Galileo’s ‪ ‪La bilancetta‪ ‪: The First Draft and Later Additions‪‪.

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Le Télémaque - Numéro 2017/1 - N° 51 - Lectures et usages de Paul Ricœur : l’identité narrative et la transmission

P.U. de Caen - Juin 2017


Le dossier de ce numéro 51 de la revue présente une approche originale de la pensée de Paul Ricœur : « Lectures et usages de Paul Ricœur : l’identité narrative et la transmission ». Des approches multiples et croisées construisent une mise en perspective des textes de cet auteur, selon un axe double : historique et problématique.

Page 7 à 10 : Catherine Goldenstein - Ouverture | Page 11 à 18 : Didier Moreau - Joseph Marie de Gérando, Du perfectionnement moral ou de l’éducation de soi-même, choix de texte et présentation par Didier Moreau | Page 19 à 28 : Philippe Foray - Autonomie | Page 29 à 36 : Hubert Vincent - Présentation | Page 37 à 46 : Ilaria Pirone - Fragilisation de la fonction narrative et impasses du sujet | Page 47 à 58 : Bertrand Johanet - Entre le sens et la structure : Paul Ricœur et le débat sur les lettres | Page 59 à 78 : Didier Moreau - L’identité narrative : un « rejeton » substantiel ? | Page 79 à 88 : François Dosse - Transmettre le passé | Page 89 à 106 : Jeffrey Andrew Barash - Qu’est-ce que la “réalité” du passé historique ? Réflexions à partir de la théorie de l’histoire chez Paul Ricœur | Page 107 à 118 : Marie Vergnon - Traduction et altérité chez Paul Ricœur : enjeux pour l’éducation | Page 119 à 134 : Hubert Vincent - Note sur l’initiative | Page 135 à 152 : Nicole Mosconi - Bertrand Russell, philosophe de l’éducation | Page 153 à 164 : Louise Ferté - Au miroir de la liberté de conscience : l’utopie laïque et son destin | Page 165 à 172 : Alain Vergnioux, Didier Moreau - Comptes rendus.

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Archives de Philosophie -Numéro 2017/2 - Tome 80 : L’esthétique, tout simplement

Centres de Sèvres - Mai 2017


Ni à la marge de la philosophie, ni une discipline ou un secteur de la philosophie, ni la partie ou l’élément d’un système de la philosophie, mais au cœur de la philosophie, de la réflexion ou de la démarche philosophique quand elle ne se dérobe ou ne se refuse pas aux effets de vie sur la sensibilité, quand elle leur donne toute leur place tout en consentant à une part indéchiffrable, inassignable du fait esthétique : telle est L’esthétique, tout simplement, avec son caractère « auroral » selon l’heureuse expression de Danièle Cohn à propos de l’œuvre décisive d’Aby Warburg.

Page 227 à 228 : - Éditorial | Page 229 à 230 : Danièle Cohn - L'esthétique, tout simplement | Page 231 à 245 : Jacques-Olivier Bégot - L’antinomie de l’autonomie | Page 247 à 267 : Mildred Galland-Szymkowiak - Une esthétique des arts techniques | Page 269 à 293 : Pauline Nadrigny - Musique/peinture, la tentation de l’analogie | Page 295 à 310 : Giuseppe Di Liberti - Le fait esthétique | Page 311 à 326 : Danièle Cohn - Violence et pitié | Page 327 à 350 : Félix Duque, Marina Domínguez, Remy Rizzo - Terreur et beauté chez Hegel | Page 351 à 368 : Jamila M. H. Mascat - Entre négativité et vanité | Page 369 à 384 : Jean-Louis Vieillard-Baron - Hegel et le passage du polythéisme au monothéisme | Page 385 à 391 : Jean Ferrari - Hommage à François Marty | Page 393 à 397 : - Comptes rendus | Page 399 à 400 : - Bibliographie.

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samedi 17 juin 2017

Marc Ballanfat : Introduction aux philosophies de l'Inde

Ellipses - Juin 2017


Qu’attendre d’une introduction aux philosophies de l’Inde ?
D’abord, qu’elle donne des repères, qu’on appelle ici « plans », qu’elle fournisse des outils, les « concepts », et qu’elle fasse penser en posant des « problèmes ». On prend conscience alors de l’unité et de la diversité des argumentations indiennes, unité parce qu’elles utilisent des schémas conceptuels communs, dont certains sont présentés ici dans leurs grandes lignes, diversité parce que cela n’exclut pas que différents points de vue demeurent possibles et légitimes. Enfin, les extraits de textes traduits et commentés complètent cette présentation en permettant au lecteur de se confronter à la difficulté d’une pensée autre.

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jeudi 15 juin 2017

Collectif : Penser l'humain vulnérable. De la philosophie au soin

PU de Rennes - Juin 2017


D'où provient la multiplication des discours sur la vulnérabilité humaine et que faut-il en penser ? Issu d'une recherche multidisciplinaire, cet ouvrage propose les clefs pour comprendre l'origine de cette notion et les principaux modèles qui l'utilisent. Analyse sociologique des nouvelles formes de fragilités sociales, formation d'un droit des personnes vulnérables, regard anthropologique et politique sur l'usage de ces catégories sont autant d'éléments essentiels pour la compréhension de notre époque dans ses mutations profondes. Ouvrage unique dans l'espace francophone, il réunit, à l'instigation d'une équipe de recherche interdisciplinaire en éthique du soin, des contributeurs de portée internationale en philosophie comme en sciences humaines, médicales ou juridiques.

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Jean-Luc Berlet : Et si la vérité était femme. L'échec sublime de Nietzsche

Saint-Léger Editions - Juin 2017 - Les acteurs du savoir


Au lieu de chercher dans les écrits de Nietzsche ce qui a trahi sa vie, l'auteur a cherché ici ce qui dans la vie du philosophe l'a poussé à écrire ce qu'il a écrit… Dans cet essai, il s'agit pour l'auteur du Syndrome de Kierkegaard d'identifier le syndrome de Nietzsche. Or, ce syndrome nietzschéen résiderait dans une singulière juxtaposition entre la quête philosophique de la vérité et la quête romantique de la femme idéale. L'échec sublime de cette quête serait aussi une des causes de la folie de Nietzsche. Cet essai sur Nietzsche s'inscrit dans la continuité d'un précédent essai de Jean-Luc Berlet consacré à Kierkegaard et intitulé Le syndrome de Kierkegaard. L'originalité du présent livre réside dans une mise en perspective de l'oeuvre de Nietzsche à travers son expérience vécue, faisant ainsi un écho inversé à l'oeuvre de Lou Andréas- Salomé,Friedrich Nietzsche à travers ses oeuvres.

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mercredi 14 juin 2017

Michèle Cohen-Halimi (dir.) : Gérard Lebrun philosophe

Beauchesne Editions - Juin 2017 - Collection : Le grenier à sel


Commentateur aussi atypique que profond des oeuvres de Kant, Hegel et Nietzsche auxquelles il a consacré trois livres, Kant et la fin de la métaphysique (1970), La Patience du concept (1972) et L'Envers de la dialectique (2004), Gérard Lebrun gagne, peu à peu, une actualité grandissante, qui réside dans une entière occupation du temps. Après avoir reconsidéré le fameux problème de la « fin de la métaphysique » selon une perspective kantienne, et pour être resté lecteur de Hegel, mais aussi de Hegel et de Nietzsche, quand presque toute la philosophie française des années 60 et 70 désertait la dialectique spéculative en laissant pour toute alternative Hegel ou Nietzsche, Gérard Lebrun a résisté, par le passé, aux passions de son temps. Il livre, au présent, une leçon fondamentale, de l'ordre de la perspective du texte. Sa lecture est sans marges, elle ne s'interrompt pas, elle ouvre sur une lisibilité des oeuvres philosophiques indissociable de la maturation des problèmes et de la langue de cette maturation. Cette manière de lire compose toujours en même temps un non-lieu où est le livre (puisqu'il n'est ni un passé, ni un présent, et ni l'un ni l'autre), c'est-à-dire le lieu atopique et scripturaire d'une mémoire où ne cesse de se totaliser l'innombrable des lectures une lisibilité pour esprit libre.

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Marie-Laurence Desclos : Structure des dialogues de Platon

Ellipses - Juin 2017


La philosophie de Platon, l’un des temps forts de la pensée occidentale, est sans doute aussi déroutante pour le lecteur contemporain que ne l’était l’un de ses principaux personnages, Socrate. Ni traité, ni essai, elle s’offre à nous sous la forme de multiples dialogues. Il est dès lors bien difficile de suivre les méandres de l’argumentation, d’en repérer les moments-clés, de savoir à qui Platon fait endosser la paternité de telle ou telle affirmation. Et pourtant c’est dans ce « dialoguer » que résiderait toute la philosophie.
Il importe donc — que l’on opte ou non pour une lecture transversale — de disposer d’un instrument permettant d’en parcourir les principales étapes et d’y retrouver les concepts les plus importants, mais aussi les images et les récits qui font sa particularité. Tel est l’office du présent ouvrage.

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mardi 13 juin 2017

Edmund Husserl : Nature et esprit. Leçons du semestre d'été 1927

Vrin - Juin 2017 - Bibliothèque des Textes Philosophiques


Donné à l’Université de Fribourg durant le semestre d’été 1927, ce cours compte parmi les derniers de la longue carrière académique de Husserl. Sous le titre « Nature et esprit », celui-ci y poursuit la recherche anti-naturaliste d’un critère sûr de distinction et d’articulation des sciences de la nature et des « sciences de l’esprit ». L’originalité du cours est à cet égard double : on y trouve non seulement une réflexion approfondie sur l’idée d’une classification des sciences, mais aussi l’élaboration d’une fondation philosophique des sciences positives par un retour méthodique aux structures du monde de l’expérience préscientifique. C’est donc toute la phénoménologie husserlienne tardive du « monde de la vie » qui s’esquisse pour la première fois ici.
Chemin faisant, Husserl est conduit à une confrontation avec la pensée de Dilthey et la « philosophie de la vie », mais aussi et surtout avec le néokantisme de l’école de Heidelberg. Retournant contre Windelband et Rickert la référence à Kant et l’idée d’une déduction transcendantale, Husserl donne les moyens à la phénoménologie de se revendiquer comme une « philosophie scientifique de la vie », articulant sans contradiction un intuitionnisme de principe et une confiance renouvelée dans la raison. Véritable carrefour de la pensée husserlienne, ces leçons contribuent à donner une idée de ce « système » auquel il est arrivé à Husserl d’avouer qu’il aspirait, en même temps qu’elles fournissent des thèses et des arguments susceptibles de nourrir la réflexion, toujours contemporaine, sur le programme naturaliste.

Traduction et présentation par Julien Farges.

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lundi 12 juin 2017

Thomas d'Aquin : Les substances séparées

Les Belles Lettres - Juin 2017 - Sagesses médiévales


Le traité Sur les substances séparées, bien que resté inachevé, n’en est pas moins l’un des chefs d’œuvre de Thomas d’Aquin. Dans cet écrit de maturité composé à Paris ou à Naples dans la seconde moitié de 1271, l’auteur aborde les questions de l’origine, de la nature, du statut et du rôle des créatures spirituelles que la tradition biblique, distinguant les bons des mauvais, appelle anges et démons. Adoptant une perspective aussi bien philosophique que théologique, il se confronte tout d’abord aux diverses opinions antiques sur le sujet, depuis les présocratiques jusqu’aux philosophes de langue arabe, en passant par Platon, Aristote, les penseurs médio et néo platoniciens, avant de reprendre dans un deuxième temps les mêmes questionnements à la lumière de la doctrine chrétienne (Bible et Pères de l’Église). Les problèmes, abordés de façon à la fois historique et systématique, couvrent des thématiques d’une grande richesse et complexité, telles l’hylémorphisme universel d’Avicébron et la théorie émanatiste d’Avicenne, la connaissance divine des singuliers ou encore la présence du mal dans les anges. Devant la démultiplication des médiations philosophiquement posées entre Dieu et le monde sublunaire (moteurs célestes, Idées, hénades, âmes des sphères), Thomas d’Aquin cherche à établir le caractère immédiat et universel de la causalité divine créatrice, tout en soulignant la consistance des substances séparées dans leur ordre propre.

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dimanche 11 juin 2017

Sabine Plaud : Wittgenstein. Sortir du labyrinthe

Belin - Juin 2017 - Bibliothèque scientifique


La philosophie de Ludwig Wittgenstein est une philosophie des chemins : chemins depuis une « première » philosophie fascinée par la pureté de la logique vers une « seconde » philosophie opérant un retour à l'ordinaire tentatives sans cesse répétées de trouver une orientation dans le labyrinthe du langage. Ces parcours wittgensteiniens sont aussi ceux par lesquels le philosophe tente de déchiffrer les mystères de l'intériorité de l'esprit. Ce sont enfin ces sentiers par où l'on apprend progressivement à voir le monde autrement, pour parvenir enfin à être un homme digne.
Les ouvrages sur Wittgenstein qui existent ou bien sont très succincts et ne permettent pas une connaissance solide de l'oeuvre, ou bien sont beaucoup plus fouillés mais s'adressent à des lecteurs déjà spécialisés dans sa philosophie.
Cet ouvrage répond à ces deux défis en même temps : il parle un langage clair, ne présupposant pas de connaissance préalable de cet auteur, et il permet de cheminer en profondeur dans sa pensée.

Sabine Plaud est agrégée et docteure en philosophie de l'Université Paris 1. Elle est l'auteure de
plusieurs ouvrages consacrés à la philosophie de Wittgenstein et à la philosophie analytique. Ses travaux portent sur le rapport entre langage et image dans la philosophie de Wittgenstein et sur les théories contemporaines de philosophie du langage.

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Elise Pavy-Guilbert et Sophie Marchand (dirs.) : L'Esprit de système au XVIIIè siècle

Hermann - Juin 2017



Qu’ont en commun Diderot, D’Alembert et l’abbé de Saint-Pierre ? Voisenon et Pluche ? Fontenelle et Sade ? La Font de Saint-Yenne et Condillac ? Casanova et Buffon ? Batteux et Barruel ? Peu de chose a priori réunit les auteurs qui dialoguent au sein de ce volume, sinon que tous, quel que soit leur domaine de réflexion, ont été amenés durant leur parcours intellectuel à se confronter à la question du système et à se prononcer sur sa nécessité, sa pertinence et sa valeur. À lire les études ici rassemblées, il apparaît que la pensée du système innerve les champs du savoir et de la création au XVIIIe siècle. Mais ce tropisme systématique étonnamment persistant ne signifie nullement la permanence de la valeur accordée à l’esprit de système : ces systèmes omniprésents traduisent plutôt la perte de majesté du système, détrôné par d’autres manières de penser et d’écrire le monde et les hommes.

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Etienne Tassin : Le Trésor perdu. Hannah Arendt, l'intelligence de l'action politique

Klincksieck - Juin 2017 - Collection : Critique de la politique


Au coeur de la vie politique des hommes gît un trésor, aujourd'hui perdu. Les révolutionnaires du XVIIIe siècle pouvaient encore le nommer. En Amérique on l'appelait "bonheur public", dans la France des Lumières son nom était "liberté publique". En certaines circonstances, rares et précaires, ce trésor sans âge resurgit dans l'action politique conduite à plusieurs, lorsqu'avec elle se crée un espace public où la liberté peut paraître. Alors un lien se noue, qui déploie entre les hommes un monde commun. Tel est le bien public. En évoquant ce trésor perdu, la philosophie d'Hannah Arendt nous invite à retrouver, à l'écart de tout pragmatisme comme de tout moralisme, le sens instituant de l'action politique qui a le monde comme condition et comme fin. C'est dans la mesure où les actions sont politiques que le monde peut être partagé; et dans la mesure où elles visent un monde commun que ces actions sont proprement politiques. Toute politique s'apprécie au regard du monde qu'elle est susceptible d'instaurer. N'est-ce pas pourtant à l'aliénation du monde que la politique moderne nous condamne au contraire ? Le trésor serait-il pour nous définitivement perdu ? Ce livre suggère que, loin de proposer une philosophie politique parmi d'autres, la réflexion arendtienne inaugure une intelligence de l'action politique qui redonne sens au "vivre-ensemble". En son coeur se tient l'analyse originale et décisive de ce qu'on peut nommer l'acosmisme du monde moderne, cette perte du monde éprouvée aussi bien dans le système totalitaire que dans la prétention technoscientifique de nos sociétés à maîtriser les conditions d'existence.

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samedi 10 juin 2017

Pierre Crétois, Jean-François Bissonnette et alii : La Dette comme rapport social. Liberté ou servitude ?

Le Bord de l'eau - Juin 2017


Dans un cadre économique, la dette résulte d'un contrat entre deux personnes et/ou institutions dans un contexte où l'une et l'autre sont réputées pouvoir faire un choix non-contraint et suffisamment éclairé. La dette est ainsi celle des individus ou institutions les moins favorisés envers les détenteurs de capitaux. Cette conception de la dette est double puisque, tout à la fois, elle acte un mécanisme de pouvoir (la dette étant une injonction à payer), mais elle est aussi un mécanisme de déliaison (puisqu'une fois la dette acquittée, on se trouve affranchi de toute obligation). La dette est donc, paradoxalement, un outil de dressage violent ("tu paieras tes dettes") mais aussi un vecteur d'atomisation sociale. Face à cette conception à la fois autoritaire et individualisante de la dette, il existe une autre approche qui tend à se représenter l'existence d'une dette fondamentale reliant puissamment l'individu au groupe auquel il appartient. Dans cette perspective, développée en anthropologie et en théorie politique, le concept de dette renvoie à l'intuition fondamentale selon laquelle chaque individu est toujours déjà endetté, et donc redevable, à l'égard de la société à qui il doit tout ce qu'il est. Il en va ici de l'idée selon laquelle chaque individu doit sa situation aux efforts accomplis par les générations passées et/ou les autres membres de la société pour construire et préserver les institutions politiques et sociales qui permettent de garantir le bien ou l'intérêt commun.

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vendredi 9 juin 2017

Jean-Marie Beyssade : La Philosophie première de Descartes. Le temps et la cohérence de la métaphysique (Nouvelle édition)

Aubier - Juin 2017 - Philosophie


Le temps, pour Descartes, n'est pas discontinu. Voilà la thèse de ce classique des études cartésiennes, qui propose une idée de Descartes entièrement nouvelle.
La Philosophie première de Descartes permet en effet une nouvelle lecture des doctrines cartésiennes les plus énigmatiques : la libre création des vérités éternelles, le lien entre intuition et déduction, la place du pouvoir de choisir dans la définition de la liberté.
L'ouvrage pose aussi, de façon originale, la question présente de la possibilité d'une métaphysique, comme rapport du temps à l'éternité ou de notre pensée à la vérité.

Présentation de la 1è édition (1979) : Le temps, pour Descartes, n'est pas discontinu. Du rejet d'un préjugé invétéré, cet ouvrage tire toutes les conséquences, jusqu'à leur terme. D'où une idée de Descartes entièrement nouvelle. Selon l'auteur, qui s'oppose ainsi à tous les interprètes qui l'ont précédé. Le Cogito n'est pas une évidence instantanée, première vérité de ma science et qui ne devrait rien à la véracité divine, réduite à garantir sa dégradation dans la mémoire. Tout au contraire 1) le Cogito s'établit dans un moment divisible de la durée. 2) Son évidence tombe encore sous le coup ; des doutes que fait surgir l'hyperbole d'un Dieu trompeur. 3) La véracité divine fonde l'évidence du Cogito, et non sa simple remémoration, en l'établissant comme vérité scientifique. Ces thèses proprement historiques comme vérité scientifique. Ces thèses proprement historiques permettant une nouvelle lecture des doctrines cartésiennes les plus énigmatiques : la libre création des vérités éternelles, le lien entre intuition et déductions, la place du pouvoir de choisir dans la définition de la liberté. L'ordre des raisons, qu'on constate chez Descartes, continue à poser des questions : l'idée de cohérence s'efforce d'y répondre. Elle pose aussi, de façon originale, la question présente de la possibilité d'une métaphysique, comme rapport du temps à l'éternité ou de notre pensée à la vérité. L'originalité de Descartes apparaît dans le caractère intellectuel qui est conservé à la synthèse temporelle du Je pense.

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Khaldoun Nabwani : L'ambivalence de la modernité. Habermas vis-à-vis de Derrida

L'Harmattan - Juin 2017


Cet ouvrage retourne sur la querelle philosophique autour de la question de la modernité qui a été animée dans les années 1980. A cette époque, certains penseurs allemands se sont mis à critiquer la pensée française d'après 68 en la qualifiant de postmoderniste. Ainsi, le philosophe allemand Jürgen Habermas adressa des critiques sévères aux penseurs français contemporains comme Georges Bataille, Michel Foucault, Jean-François Lyotard, mais aussi et surtout à l'égard de Jacques Derrida. Dans Le discours philosophique de la modernité, Habermas consacra deux longues parties pour critiquer la déconstruction derridienne et les disciples de Derrida aux Etats-Unis. Critiques auxquelles ce dernier répondit trois fois, mais toujours en marge de certains de ses livres sans jamais consacrer une contre-critique directe à Habermas, comme s'il n'accordait pas beaucoup d'attention aux attaques du philosophe allemand, qu'il accuse non seulement de ne pas bien le lire, mais d'éviter de le lire.

Docteur en philosophie, Khaldoun Nabwani est un philosophe d'origine syrienne. Ecrivain, éditeur et traducteur, il est l'auteur de plusieurs ouvrages et essais en français, anglais et arabe. Son principal centre d'intérêt se trouve dans le rapport complexe entre la philosophie et la littérature, et il se penche depuis quelques années sur la déconstruction du Moi à partir des œuvres philosophiques, littéraires, mais aussi cinématographiques.

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jeudi 8 juin 2017

Denis Thouard et Benedicte Zimmermann (dirs.) : Simmel, le parti-pris du tiers

CNRS - Juin 2017


Philosophe et sociologue, Georg Simmel (1958-1918) a développé une pensée originale qui se soustrait à la tentation des oppositions duales, telles qu'individu et société, expérience et structure. Sa pensée du tiers saisit la complexité des relations sociales à partir de la différenciation et de la réciprocité. Son approche se veut processuelle et relationnelle. Plus qu'un état de la société, ce sont les dynamiques qui la produisent, le " faire société " qu'il cherche à élucider. 
L'objectif de cet ouvrage est de montrer l'actualité et la fécondité des pistes ouvertes il y a un siècle par Simmel, pour penser des questions aussi décisives que la sociabilité, le pouvoir, la valeur de l'argent et du travail, la confiance ou la religion. 
Ces considérations se veulent des prolongements, des discussions à partir de Simmel plutôt qu'une exégèse de son œuvre. Elles font le pari que les sciences sociales ont beaucoup à gagner à rouvrir certaines de ces pistes. À travers son regard sociologique, Simmel nous engage à explorer la complexité des relations à travers lesquelles se constituent réciproquement l'individu et la société. À travers sa réflexion philosophique, il nous invite à interroger les évidences, les clivages catégoriels et disciplinaires auxquels nous nous sommes accoutumés. 
Esprit en son temps résolument moderne, Simmel, en bien des points, nous précède encore. 

Denis Thouard est Directeur de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel, EHESS/CNRS). Il a publié en 2012 avec Gregor Fitzi le numéro Réciprocités sociales. Lectures de Simmel de la revue Sociologie et sociétés.
Bénédicte Zimmermann est Directrice d'études à l'EHESS (Centre Georg Simmel, EHESS/CNRS) et Permanent Fellow au Wissenschaftskolleg (Institut d'études avancées) de Berlin.

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Thierry Ternisien d'Ouville : Penser avec Hannah Arendt. Guide de voyage à travers une oeuvre

Chronique Sociale - Juin 2017 - Collection : Savoir penser


Depuis 2012, nous disposons enfin en français d'une traduction satisfaisante des livres publiés par Hannah Arendt aux États-Unis de 1951 à 1972. Il est ainsi possible à tout citoyen francophone curieux de cette pensée d'accéder directement à l'une des œuvres politiques les plus originales du XXe siècle. Pensée toujours vivante et qui, dans un moment de changement d'époque, peut nous aider non à trouver les solutions, mais, ce qui est plus essentiel, à nous poser des questions pertinentes.
Les commentaires sur l'œuvre d'Arendt se sont tellement multipliés depuis trente ans que le travail critique a peut-être fini par empêcher l'accès direct à sa pensée. Cet ouvrage poursuit donc un objectif : fournir un guide de voyage à travers l'œuvre politique d'Arendt.
La première partie est consacrée à la genèse, comme penseur politique, de Hannah Arendt depuis sa naissance en Allemagne en 1906 jusqu'à la publication aux États-Unis des Origines du totalitarisme en 1951.
La deuxième partie constitue le cœur du livre. Le premier chapitre propose une vision d'ensemble des œuvres en naviguant d'un ouvrage à l'autre et en saisissant le développement d'une pensée s'élaborant à partir des événements. Les sept chapitres suivants permettent au lecteur de s'orienter dans chacun des sept livres. Le dernier chapitre propose un glossaire, le lecteur voyageant, à nouveau, à travers les sept livres avec, pour fil directeur, un choix des notions et distinctions qu'ils abordent.
La troisième et dernière partie ouvre une réflexion sous forme de questionnement. En quoi la matière apportée par l'œuvre de Hannah Arendt peut-elle nous aider à penser nos choix et nos actions ?

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mercredi 7 juin 2017

Cédric Paternotte : Agir ensemble. Fondements de la coopération

Librairie Philosophique Vrin - Juin 2017 - Collection : Philosophie concrète


Marcher ensemble, porter une table à plusieurs, participer à une manifestation, et même discuter, sont autant d’exemples de coopération humaine – d’action conjointe. Par opposition, les mouvements d’une foule dans la rue, la course simultanée d’individus vers un abri lorsque l’orage se déclare ne sont que des actions collectives. Mais comment distinguer les unes des autres? Quand pouvons-nous dire que des personnes ont vraiment agi ensemble? Et comment expliquer qu’ils coopèrent même lorsque le risque d’échec est considérable? Cet ouvrage se propose de répondre à ces questions, en se penchant sur toutes les dimensions de la coopération : les buts collectifs, la connaissance commune, ainsi que les facteurs psychologiques, cognitifs et stratégiques qui la favorisent. À partir de notions telles que l’identification de groupe, on défendra en particulier la thèse que certains types d’actions de masse, comme les manifestations, peuvent constituer des exemples légitimes de coopération.

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dimanche 4 juin 2017

Mylène Botbol-Baum (dir.) : Judith Butler, du genre à la non-violence

Editions Cécile Defaut - Mai 2017


Cet ouvrage est construit autour d'un chapitre (texte original) de Judith Butler sur l'éthique de la non-violence. En réponse se construisent quatre réflexions philosophiques. Mylène Botbol-Baum présente le collectif à partir de sa traduction du texte de Judith Butler, et aborde la question du sujet et de la norme à partir de la lecture butlerienne de Levinas et Arendt, sur la question des limites de la légitimité de la violence pour une éthique de la relationalité. Jean de Munck traite une lecture croisée de Benjamin et Butler sur la violence. Romildo Pineiro et Jose Erraruz offrent une lecture historique et politique du concept de violence et y confrontent l'interprétation de la non violence dans le texte de Butler. Trois textes plus sociologiques suivent sur l'impact de la non-violence, dans une perspective qui vise à " défaire le genre " dans le cadre sociopolitique critique des vulnérabilités, dans le cadre du travail des femmes migrantes (Ghaliya Dejelloul) ou du travail domestique non rémunéré (Anna Safuta), à partir d'une enquête sur la mobilité spatiale des femmes dans les zones pré-urbaines d'Alger ou de Bruxelles, offrant une analyse sur l'hostilité masculine et le rôle du discours religieux dans la légitimation de cette violence. Matthieu de Nanteuil conclut le volume sur la question de la violence et de la sensibilité politique en mettant à jour la théorie de la démocratie radicale chez Judith Butler. Il sera donc question dans ce volume de penser la non-violence à partir d'une approche fondée sur la normalisation des corps, en réintroduisant le sujet de la vie comme interlocuteur critique du sujet de la norme en démocratie.

Mylène Botbol-Baum est professeure de philosophie et bioéthique, UCL Louvain la Neuve.

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Frédéric Claisse, Maxime Counet, Pierre Verjans : Introduction aux doctrines et aux idées politiques

De Boeck Université - Mai 2017


Comment s articulent les grandes doctrines et idées politiques ? En quoi des auteurs comme Machiavel ou La Boétie peuvent-ils nous aider à comprendre l exercice du pouvoir et la résistance à la domination ? Quels sont les clivages qui constituent la toile de fond de la vie politique ?

De Bodin à Maurras et Renan, de Condorcet à Sen, de Montesquieu à Hayek et de Marx à Rawls et Piketty, en passant par Hobbes, Locke et Bossuet, les grands auteurs ont apporté des réponses à quatre questions fondamentales auxquelles toute société se trouve confrontée : qui sommes-nous ? Pourquoi vivons-nous ensemble ? Comment produisons-nous ? Comment distribuons-nous nos richesses ? Ces réponses continuent d influencer en profondeur les débats politiques.

Plutôt que de présenter les doctrines politiques en familles idéologiques homogènes (libéralisme, socialisme, conservatisme), cet ouvrage met en évidence les éléments essentiels des principaux énoncés politiques, quelle que soit l étiquette sous laquelle ils circulent. Fruit de nombreuses années d analyse et d enseignement, ce manuel offre un point de vue original sur les doctrines et idées politiques, à travers une approche structurale qui insiste sur les jeux d oppositions et de priorités, tout en passant en revue des uvres fondatrices de notre imaginaire politique.

Pour les étudiants, qui trouveront dans cet ouvrage une introduction à la pensée politique, ainsi qu une approche analytique des grands auteurs ; pour les citoyens, à qui il fournira des ressources pour mieux s orienter parmi les positionnements politiques et en comprendre la logique.

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Bulletin de la SFP, 2016/4 : Descartes chimiste? Sur quelques pages oubliées des Principia Philosophiae

Société Française de Philosophie / Vrin - Mai 2017


"Dans une lettre du 4 août 1645 à Constantin Huygens, Descartes déclarait avoir déjà écrit tout le peu qu’il savait touchant la chimie dans la quatrième partie de ses Principes. Il avait en effet consacré quatre-vingt-huit articles de cet ouvrage (près d’une cinquantaine de pages) à cette discipline. Descartes n’avait pas eu l’intention d’écrire un traité de chimie, comme le souhaitait son ami Huygens, ayant pleine conscience de l’insuffisance de ses expériences de laboratoire ; il n’espérait pas même faire progresser cette science, dont il connaissait à la fois l’importance pratique et les insuffisances théoriques. Les théories de son temps, qu’on les appelle chimiques ou alchimiques (Descartes, comme ses contemporains, considérait les deux termes comme équivalents) lui semblaient inacceptables au regard de ses propres conceptions concernant la structure de la matière. Il s’agissait donc simplement pour lui de proposer des explications des diverses opérations chimiques qui fassent l’économie des thèses paracelsiennes alors dominantes et de remplacer l’invocation d’une présence agissante des principes chimiques (Mercure, Soufre et Sel) par des explications mécaniques ne faisant intervenir que la taille, la figure et le mouvement des corpuscules. Descartes qui, tout au long de sa vie, avait critiqué sans ménagement les théories alchimiques (sans pourtant contester la possibilité de la transmutation des métaux), semblait accorder la plus grande importance à ses développements chimiques : le soin avec lequel il tente d’expliquer aussi bien la formation souterraine et les propriétés des corps chimiques que des opérations telles que la combustion ou la fermentation montre bien qu’à ses yeux tout cela avait autant d’importance que les lois du choc des corps ou la doctrine des tourbillons qu’il avait exposées dans les pages précédentes, et qui constituent à nos yeux des aspects essentiels de sa physique. Là encore, il entendait mettre en évidence la fécondité d’une théorie de la matière débarrassée de toute attache avec les doctrines antérieures. Pourtant, même si quelques chimistes affirmèrent par la suite leur filiation avec le cartésianisme, comme Robert Boyle ou Nicolas Lémery, aucun ne reprit jamais à son compte le détail des explications cartésiennes des Principia qui tombèrent rapidement dans l’oubli. Bien plus, et cela jusqu’à nos jours, rares sont les historiens des sciences ou de la philosophie à avoir tenté d’interpréter ces pages obscures, de les replacer dans le vaste édifice métaphysico-physique que Descartes voulait construire ou de les mettre en relation avec les théories chimiques ou alchimiques de son temps." Bernard Joly

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samedi 3 juin 2017

Yannick Scolan : Le convive et le savant. Sophistes, rhéteurs, grammairiens et philosophes au banquet de Platon à Athénée

Les Belles Lettres - Mai 2017 - Collection : Études anciennes


Pourquoi Platon, Xénophon, Plutarque, Lucien et Athénée ont-ils choisi de placer leurs savants personnages dans des banquets ? Aucun d’entre eux ne semble pouvoir se comporter à table et dans le vin comme il le ferait dans le cercle, moins agité, d’une école. Il en va jusqu’à Socrate qui, loin de refuser les plaisirs de la chère, s’en sert pour conduire ses compagnons de boisson vers la philosophie. Car le banquet ne constitue pas le simple cadre formel de discussions plus déliées qu’ailleurs : il en devient le sujet même et permet, à partir d’une incongruité ou d’une plaisante obscurité, d’ébranler l’opinion première des convives et de créer les conditions d’une recherche partagée. Mauvais savant serait celui qui, dans de pareilles circonstances, revendiquerait un savoir établi et définitif pour refuser le plaisir symposiaque d’une conversation volontiers facétieuse à laquelle chacun, loin de toute érudition de mauvais aloi, doit, au contraire, apporter son écot. La table et le vin révèlent l’homme tel qu’il est, philosophe ou ignorant, non seulement dans ses paroles mais aussi dans ses actes : bon convive est le vrai savant. (2016-12-21)

Docteur en études grecques de l’Université Paris-Sorbonne et agrégé de lettres classiques, Yannick Scolan enseigne en classes préparatoires littéraires. Il participe, en tant que membre extérieur, aux travaux de l’E.A. 1491 EDITTA.

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Cités n°70: Jankélévitch. Morale et politique

Presses Universitaires de France - Mai 2017


Vladimir Jankélévitch est l'un des grands philosophes du siècle dernier. Son oeuvre tient une place centrale sur le plan moral et politique dans la pensée d’aujourd’hui. Jankélévitch est un penseur singulier, en dehors des modes. C’est cette singularité qui est analysée dans ce numéro de Cités, destiné à s'imposer comme un volume de référence pour comprendre l'importance de ce philosophe. Ce numéro comporte en outre des inédits de Jankélévitch concernant sa situation personnelle et intellectuelle pendant la Seconde Guerre mondiale.

SOMMAIRE

Éditorial par Yves Charles Zarka

I – DOSSIER : JANKÉLÉVITCH, MORALE ET POLITIQUE 
Marie-Anne Lescourret, Présentation
Jean-Pierre Cléro, Une pensée de l’existence à l’épreuve de l’éthique des soins. Les contradictions de l’éthique médicale
Jean-François Rey, Le sérieux de l’engagement ou la priorité du faire
Enrica Lisciani-Petrini, Le philosophe combattant : éthique et politique chez Jankélévitch
Thomas Keller, La résistance et après : le monoculturalisme de l’autre. Rendez-vous manqués entre Wiard Raveling, Vladimir Jankélévitch et Jacques Derrida
Aaron Looney, L’amour, la loi et les dispositions de l’âme : Vladimir Jankélévitch sur les droits de l’homme
Joëlle Hansel, Le pardon et l’impardonnable : « une déchirure qui ne peut être décousue »

II – INÉDITS : MÉMOIRES DE GUERRE DE VLADIMIR JANKÉLÉVITCH
Lettre inédite de Vladimir Jankélévitch, 22 janvier 1971 
Françoise Schwab, Vladimir Jankélévitch à Toulouse. 1940-1945. Une parenthèse inoubliable. La guerre.
Notes de Vladimir Jankélévitch sur sa carrière militaire
Lettre de Léon Brunschvicg à Vladimir Jankélévitch, 16 juin 1942

III – VIE POLITIQUE
Louis-Albert Serrut, Une nouvelle catégorie politique dans les États de l’est de l’Union européenne

IV – VIE INTELLECTUELLE
Pierre-André Taguieff, Le dévoiement de l’UNESCO

V – RECENSIONS

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