samedi 18 mai 2019

Joseph Roth : L'autodafé de l'esprit

Editions Allia - Mai 2019 - La très petite collection


“Le monde menacé et terrorisé doit se rendre compte que l’intrusion du caporal Hitler dans la civilisation européenne ne signifie pas simplement le début d’un nouveau chapitre dans le domaine de l’antisémitisme : non ! Ce que disent les incendiaires est vrai, mais dans un autre sens ; ce Troisième Reich est le commencement de la destruction! En battant les Juifs, on poursuit le Christ. Pour une fois, on n’assomme pas les Juifs parce qu’ils ont crucifié Jésus, mais parce qu’ils l’ont engendré. Quand on brûle les livres des auteurs juifs ou soupçonnés tels, on met le feu, en réalité, au Livre des livres : à la Bible. Quand on expulse et qu’on enferme des juges et des avocats juifs, on s’attaque, en esprit, au droit et à la justice.”
Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs ou jugés “décadents” sous le Troisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle qui agite son époque. Nous sommes fin 1933. Roth, lui-même exilé, écrit à chaud. Et, au nom de tous les écrivains juifs de langue allemande, il reconnaît : “Oui, nous sommes battus.” Mais il ajoute plus loin : “Nous sommes fiers de notre défaite.”Peu de temps après l’arrivée au pouvoir du parti national-socialiste en 1933, la chancelier Adolf Hitler lance une “action contre l’esprit non allemand”. Le 10 mai 1933, devant l’opéra de Berlin et dans 21 autres villes allemandes, est mise en scène une cérémonie mortuaire : des dizaines de milliers de livres sont publiquement jetés au bûcher par des étudiants, des enseignants et des membres du parti nazi.
Face aux dérives nationalistes du savoir institutionnel, Roth se fait le défenseur des “écrivains véritables”, dont les œuvres sont détruites sur ordre de dirigeants qu’il juge analphabètes. Cette opération d’anéantissement de la pensée s’appuie selon Roth sur une idéologie matérialiste et militaire qui remonterait à Bismarck et dont l’Allemagne hitlérienne figurerait le paroxysme. Ces écrivains, bien avant Hitler, se sentaient déjà des émigrés et des sans-patrie “dans le royaume de la technique, des caporaux, des parades et du garde-à-vous”. Sous le Troisième Reich, ce sentiment devient effectif.
Or, les autodafés menés par les idéologues nazis annihilent par glissement l’origine même de la culture judéo-chrétienne. En brûlant un seul livre, ce sont les livres dans leur ensemble qu’ils détruisent. Et surtout ils portent atteinte au « livre des livres », à savoir la Bible. En brûlant ces livres sur leurs bûchers, c’est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies. Là où l’Église catholique a passé un “concordat” avec le Reich et où les protestants ont créé une “église allemande” en brûlant la Bible, les écrivains juifs restent les seuls défenseurs de l’Europe spirituelle.

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Cynthia Fleury : Le soin est un humanisme

Gallimard - Mai 2019 - Tracts


Tel est le chemin éternel de l'humanisme : comment l'homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l'éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n'est pas soin, elle n'est rien. Cynthia Fleury Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps qui est confisqué, ce temps qui n'est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l'incurie du monde, de poser au coeur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l'exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l'existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l'hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d'échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l'attention créatrice de chacun à chacun.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie du droit de fuite

Kimé - Mai 2019


L’essai reconsidère la notion d’exil. Il pose des ancrages pour des pratiques de l’agir d’égaux libres qui vivent une condition d’exilés. Il s’appuie sur Hannah Arendt (liberté politique), revisite le droit d’avoir des droits, aborde l’égalité versus l(in)égalité politique avec Rancière, la solidarité, la sororité/fraternité, l’hospitalité (féministes matérialistes, délit de solidarité, Roya, Kant). L’enjeu est de briser l’exil, d’inventer le desexil, un concept en mouvement (Deleuze&Guattari) en considérant la nouvelle situation générale d’un peuple multiple, hétérogène, en conflits, d’exilés prolétaires dans le l’hypercapitalisme globalisé (Tosel) caractérisé par une civilisation d’expulsion-extermination-annihilation. La politique, la philosophie ont besoin de s’ancrer dans l’histoire des sans-Etat, des politiques d’expulsions (Sassen), de déportation (Sustam), l’exil forcé dans l’expansion capitaliste (Batou, Frazer, Fillipati), le terrible et court XXe siècle (guerre totale, extermination) et ses traces. La prise en compte aujourd’hui de l’effet boomerang imprévisible de l’impérialisme (Rosa Luxemburg) est un point fondamental dans l’essai. L’apartheid banalisé (Monnier) est la vitre invisible qui cache les rapports de domination de classe/sexe/race. La figure des disparus (Cortazar, Veloso) qui se globalise en poussant les limites de la violence dans un nihilisme absolu, amène à devoir intégrer leur figure pour articuler pouvoir et violence dans ces rapports. L’essai se termine, par une réflexion après-coup sur un parcours qui partant de la migration aboutit à l’universalisation de la liberté politique de se mouvoir. Des ancrages philosophiques réflexifs sont autant d’outils (imagination radicale, Castoriadis), (affect de la compréhension, Arendt), (aporie entre violence et révolution, Arendt) et pari pour une politique d’anti-violence (Balibar).

Marie-Claire Caloz-Tschopp a enseigné la philosophie et la théorie politique (tradition officielle et minoritaire dans des universités et lieux de formation populaire liés au mouvement ouvrier, aux mouvements sociaux (Lausanne, Genève, Louvain, Bogota, Paris). Elle a dirigé des recherches sur les politiques migratoires, le droit d’asile, les services publics, les féministes matérialistes, la violence et la guerre, l’Europe, la philosophie de l’action. Elle a participé à la création du mouvement de défense du droit d’asile en Suisse, aux Assises européennes sur le droit d’asile (Lausanne, Genève, Bruxelles, Rome), au Groupe de Genève Violence et droit d’asile en Europe. Elle participe aux activités de Solidarité Sans Frontière (SOSF) Berne, ex-directrice de programme au Collège International de philosophie (2010-2017).

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vendredi 17 mai 2019

François Jullien : L'Inouï. Renverser ce si lassant réel

Grasset - Février 2019


"L’histoire que je raconte ici est celle de tout le monde…
Car qui ne s’est pas trouvé lassé, au fil des jours, du spectacle si merveilleux du ciel, ou du visage de l’Amante, et même d’abord d’être en vie ?
On s’en lasse parce qu’on n’en attend – on n’en entend – plus rien.
Ce qui s’étale, revient toujours, s’enlise en effet dans sa présence et dans sa récurrence et n’émerge plus, n’apparaît plus. On ne pourra y accéder qu’en découvrant ce qui s’en est enfoui d’in-ouï.
Non par dépassement dans un Au-delà, mais par débordement de notre expérience. C’est-à-dire en ouvrant une brèche dans ses cadres constitués et normés, libérant ainsi ce qui s’y révèle autre et qui se donne alors à rencontrer.
Aussi rendre ce si lassant réel à ce qu’il contient en soi d’inintégrable et donc de vertigineux, proprement inouï, est, en amont de toute morale, autour de quoi se jouent – basculent – nos existences.
L’inouï en devient ce concept premier, ce concept clé, ouvrant un minimum métaphysique où s’opère, ici et maintenant, un tel renversement.
Car que peut-on attendre d’autre – espérer entendre d’autre – que l’inouï ? " — F.J.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : Une philosophie pour la République. La longue transition (1799-1871)

Kimé - Mai 2019


Walter Tega est connu pour ses travaux sur l’idée d’Encyclopédie dans la culture européenne. Il a toujours insisté sur les liens que cette idée entretient avec les combats politiques fondateurs de l’idée républicaine. Dans cet ouvrage, Walter Tega retrace l’histoire du socialisme français dans ses liens avec une exigence de culture scientifique, critique et démocratique à la base du combat républicain. Cet ouvrage vient ainsi combler un manque dans la généalogie de l’idée républicaine en France. Issu de la recherche telle qu’elle est pratiquée par-delà les Alpes, il permet de multiplier les points de vue originaux et des rapprochements qui ne viendraient pas spontanément à la conscience d’un chercheur hexagonal. Le livre se veut enfin un témoignage ardent sur la grandeur de l’idée sociale dans un moment de crise de la représentation européenne.

Walter Tega est professeur émérite à l’Université de Bologne. Son œuvre de chercheur engagé est considérable, tant par les travaux publiés que par les nombreux élèves qui se reconnaissent dans la suite de son enseignement. Walter Tega est Président de l’Académie des Sciences de l’Institut de Bologne.

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Juan Vicente Cortés : La notion de jouissance chez spinoza. Essai de reconstruction conceptuelle

Editions de la Sorbonne - Mai 2019 - La philosophie à l'œuvre


Bien que marginale, la notion de jouissance joue un rôle fondamental dans le programme philosophique de Spinoza. Or, bien que certains commentateurs se soient penchés sur cette notion, à partir notamment de l’étude de l’affect de gaudium, précisément identifié et défini par Spinoza, aucune étude n’a été proposée qui aille au-delà de l’analyse de cet affect. En se centrant uniquement sur les problèmes que peut poser l’affect de gaudium à l’éthique spinozienne, on passe sous silence le rôle structural de la notion de jouissance, qui se dévoile pourtant à qui prête attention à son champ lexical. Aussi ce livre ouvre-t-il la recherche à la trame complexe qui relie les termes de gaudium, fruitio, delectatio et obtinentia dans la philosophie de Spinoza, et rend par là possible une reconstruction du concept de jouissance. Il s’agit ici de montrer que la notion de jouissance n’est pas réductible à l’affect passif de joie dénommé gaudium et défini en E3, ni même à un simple affect, actif ou passif. Quelle est donc la vraie place de la jouissance dans le système de Spinoza ? Qui jouit ? De quoi jouit-on ? Voici quelques questions que ce livre s’efforce d’éclairer, en parcourant des chemins divers (analyse lexical, reconstruction conceptuelle, comparaison structurale), mais toujours à partir de textes précis pris à l’ensemble de l'oeuvre de Spinoza.

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jeudi 16 mai 2019

Julien Pieron (dir.) : Habiter le trouble avec Donna Haraway

Editions Dehors - Mai 2019


Habiter le trouble, avec Donna Haraway est un ouvrage collectif qui vise à contribuer à la réception francophone du travail récent de Donna Haraway. Ce livre rassemble un grand entretien avec la philosophe et croise des essais issus des champs des sciences humaines et de la philosophie. Cet ouvrage tentent de situer les travaux d'Haraway dans les débats contemporains sur l’anthropocène et réinscrivent l'auteure dans une trajectoire théorique des luttes éco-féministes et pacifistes. Il propose également une série d’enquêtes consacrées à Fukushima, aux institutions psychiatriques, aux pratiques d’élevage et d’abattage…, s'inscrivant ainsi dans la démarche d’Haraway, et à la façon dont ses textes cultivent avec une égale ferveur l’imagination spéculative et l’attention passionnée au réel.

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André Gorz : Penser l'avenir. Entretiens avec François Noudelmann

La Découverte - Mai 2019 - Collection : Cahiers libres


Penser l'avenir se constitue d'une série d'entretiens menés par François Noudelmann auprès d'André Gorz quelques années avant sa disparition. Á la faveur de ces échanges, l'auteur du Traître nous offre un regard original sur l'ensemble de son parcours intellectuel.

Penseur singulier, inspiré notamment par Jean-Paul Sartre, André Gorz (1923-2007) pose sans relâche la question fondamentale du sens de la vie et du travail, maintenant le cap sur la liberté et l'émancipation du sujet. Existentialiste, marxiste atypique, anticapitaliste, il est aussi l'un des premiers artisans de l'écologie politique. 
Au fil du temps, ses réflexions ont porté sur l'aliénation de l'homme contemporain, la question du travail à l'époque de l'automatisation, la libération de la vie tandis que s'imposaient l'urgence écologique et la nécessaire décroissance, la précarité et le dépassement du salariat. Une pensée audacieuse qui refuse le conformisme et le confort de positions établies pour explorer de nouveaux champs et rendre à l'humain toute sa place. 
En 2005, François Noudelmann a mené un long entretien avec le philosophe, pour partie diffusé sur France Culture. Penser l'avenir restitue la totalité de ces échanges qui revisitent le parcours de Gorz, et offrent une introduction accessible à son œuvre.

Préface de Christophe Fourel.

André Gorz (1923-2007) est un philosophe et journaliste français. Disciple de l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, il devient l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique. En 1964, il est cofondateur, sous pseudonyme, du Nouvel Observateur, avec Jean Daniel. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont notamment Le Traître (Avant-propos de Jean-Paul Sartre, Seuil, 1958), de Métamorphoses du travail (Galilée, 1988) et de Lettre à D. Histoire d'un amour (Galilée, 2006). 
François Noudelmann, ancien directeur du Collège international de philosophie, est professeur à l'université Paris 8, membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de Sartre, il a entre autres publié Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano (Gallimard, 2008), Les Airs de famille. Une philosophie des affinités (Gallimard, 2012) et plus récemment une biographie d'Édouard Glissant, L'identité généreuse(Flammarion, 2018) 
Christophe Fourel, économiste de formation, travaille actuellement au ministère des Affaires sociales. Il est par ailleurs Président de l'Association des lecteurs d'Alternatives Économiques, Responsable du Pôle Solidarité de Terra Nova et directeur d'ouvrages : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (La Découverte, 2012), Le Moment Gorz (avec Alain Caillé, Le Bord de l'eau, 2017).

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Marcel Lamy : Moments de philosophie. Lectures, notions, méthode

Presses universitaires de Rennes - Mai 2019 - Collection : Didact


Cet ouvrage propose de façon profonde, claire et simple des interprétations de grands auteurs comme Platon, Aristote, Machiavel, Hobbes, Pascal, Hegel, Marx, Bergson, Sartre, Bachelard. En traitant les questions de l'amitié, de la justice, du pouvoir, de l'histoire, du travail, du droit, de l'art, de l'imagination ou de la vie, il envisage sur des exemples privilégiés les domaines du savoir philosophique les plus importants : l’éthique, la politique, l’esthétique et la métaphysique. Ces textes, qui possèdent une portée méthodologique, mettent en oeuvre — à toutes les pages et de façon tout à fait vive — l'étonnement qui est le principe de toute philosophie et de son enseignement dont Wittgenstein disait « qu'il n'était pas fait pour donner à l'élève une nourriture à son goût mais une nourriture capable changer son goût. »

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mercredi 15 mai 2019

Nathalie Ferrand (dir.) : Écrire en Europe. De Leibniz à Foscolo

CNRS - Mai 2019

C’est à une enquête dans un vaste atelier d’écriture à l’échelle de la République des lettres européennes que nous convie cet ouvrage : de Leibniz à Foscolo, en passant par Vico, d’Argenson, Voltaire, Diderot, L.-S. Mercier, Alfieri, J.-B. Say. Études de manuscrits de travail, livres annotés, papiers d’écrivains proposent ici autant d’entrées diverses et spécifiques dans la production d’œuvres appartenant à des genres différents.
Cette exigence d’incorporer la question des manuscrits à l’analyse des œuvres promeut l’idée que l’œuvre se cherche au lieu d’être donnée. Ainsi, dans ce volume certains auteurs sont pour la première fois envisagés du point de vue de leurs manuscrits (d’Argenson, Jean-Baptiste Say). On notera l’étude génétique de textes philosophiques, une lettre à Arnauld de Leibniz par Michel Fichant, montrant une pensée en devenir.
Des études de cas renouvelant nos interprétations des textes et des auteurs de l’âge moderne.
Directrice de recherche au CNRS, responsable de l’équipe « Écritures des Lumières » à l’Institut des textes et manuscrits modernes, Nathalie Ferrand consacre ses travaux au XVIIIe siècle, notamment au roman dans un contexte européen. Elle a entre autres collaboré à l’édition des Œuvres complètes de Voltaire à Oxford et prépare actuellement la première édition génétique des manuscrits de La Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau.
Table des matières
Nathalie Ferrand (ENS/CNRS), « Expériences du manuscrit »
Études génétiques
Guillaume Peureux (Université de Nanterre), « Comment étudier la genèse d’une œuvre sans contexte ? Le ‘manuscrit de Maastricht’ » Michel Fichant (Université Paris-Sorbonne), « L’écriture philosophique de Leibniz : points de vue génétiques » Andrew Jainchill (Queen’s University, Kingston), « Genèse d’une pensée politique : les manuscrits des Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France du marquis d’Argenson » Chiara Piola Caselli (Université de Pérouse), « Dans “l’atelier” d’Ugo Foscolo. Le cas de l’Essai sur les principes de la littérature et sur une méthode d’institutions littéraires»
Bibliothèques annotées
Fabrizio Lomonaco (Université de Naples), « Genèse et mouvement d’écriture philosophique dans les réimpressions anastatiques des œuvres de Giambattista Vico » Gillian Pink (Université d’Oxford), « Le Vrai Sens d’une esquisse de Voltaire classée parmi ses marginalia » Christian Del Vento (Université Paris Sorbonne Nouvelle), « Manuscrits et livres comme manuscrits. Réflexions à partir d’Alfieri »
Destinée des papiers d’écrivain
Caroline Warman (Université d’Oxford), « Du manuscrit à l’ouvrage manuscrit : Naigeon présente Diderot dans les Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Denis Diderot (1821) » Jean-Claude Bonnet (Université Paris Sorbonne/CNRS), « Le fonds Mercier de la Bibliothèque de l’Arsenal » Michèle Moulin-Sacquin (Bibliothèque de l’Institut de France), « L’atelier de Jean-Baptiste Say : les rêves d’écriture d’un économiste d’après les manuscrits de la Bibliothèque nationale de France »

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Julien Zanetta : Baudelaire, la mémoire et les arts

Classiques Garnier - Mai 2019 - collection "Baudelaire"


Partagée, singulière, profonde, répétitive, créative, la mémoire que Baudelaire définit dans ses écrits esthétiques est à géométrie variable. Un seul terme embrasse, en effet, des opérations aussi différentes que l’apparition passive du souvenir, sa recherche active, la mémorisation, la remémoration ou encore le souvenir réélaboré par l’imagination. Mais toutes sont essentielles au «culte des images » la « grande », « unique », « primitive passion » du poète des Fleurs du Mal. Et s’il fallait trouver une figure à qui ce culte serait dédié, nul doute que l’honneur reviendrait à Mnémosyne, mère des Muses.

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Anne Querrien, Anne Sauvagnargues, Arnaud Villani (dir.) : Agencer les multiplicités avec Deleuze

Hermann - Mai 2019


Issu d’un colloque de Cerisy consacré en 2015 à Gilles Deleuze, cet ouvrage expose les efforts joints de la jeune génération de chercheurs et ceux de ses aînés pour tenter, à partir d’une multitude de points de vue, de rendre compte de la fascination qu’exerce cette pensée, et de l’importance qu’y prend aussi, parallèlement aux personnalités de Deleuze et de Guattari, ce personnage créé entre eux comme un tiers, une « fonction » : D&G.
Attaché, dès avant 1953, à restituer des processus, des actes, des mouvements, des transformations, pour remplacer les substances, arrêts sur image, interprétations et représentations, Deleuze n’a cessé de suivre deux lignes qui, échappant au « transcendant » et répondant à une nouvelle théorie du signe, ne cessent de « bifurquer » tout en conservant leur mouvement infini : 1) la ligne de vie et de pensée, qui expérimente les multiplicités, c’est-à-dire manifeste et prend en compte librement l’éclair issu de la rencontre aléatoire entre singularités chargées d’une différence de potentiel ; 2) la ligne de l’art, qui agence les multiplicités, c’est-à-dire produit, « involontairement » et « à côté », des blocs de vie indépendants, à la fois créateurs et propageant un esprit et un acte de résistance. Cette double direction de recherche s’est afirmée dans la rencontre avec Guattari. Elle inspire aujourd’hui cet ouvrage.

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mardi 14 mai 2019

Guillaume Durand et Gérard Dabouis (éd.) : Philosophie du soin. Santé, autonomie, devoirs

Vrin - Mai 2019 - Textes clés


Avec des textes de B. Baertschi, T. L. Beauchamp, B. Branger, Ph. David, J.-Y. Goffi, C. Lefève, M. Malherbe, A. Mol, E. Pellegrino, F. Worms.

L’existence humaine est aujourd’hui une existence médicalisée. Le culte de la santé s’est imposé, tous les maux doivent trouver remède et le champ d’action de la médecine s’est élargi : assistance à la procréation, aide à mourir, amélioration des capacités de l’homme, etc. Le soin n’est plus seulement le rétablissement d’un équilibre biologique mais vise le maintien, la restauration et même l’instauration d’une certaine conception de l’existence, dans le respect et l’accomplissement de l’autonomie individuelle. Or peut-on appeler « soin » toute réponse médicale à une demande d’aide? Où commence et où finit le soin médical? Peut-on donner une définition univoque du soin?
Les textes ici rassemblés réunissent médecins, scientifiques, philosophes et sociologues autour de ces questions. La première partie montre le soin dans sa diversité et jusque dans ses limites : euthanasie, contraception définitive, maladie Alzheimer. La seconde partie, par une approche historique et philosophique, analyse l’essence du soin médical, son sens, sa finalité. Et la troisième partie en interroge les limites éthiques.

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Renaud Barbaras : Merleau-Ponty

Ellipses - Mai 2019


La philosophie de Merleau-Ponty est commandée tout entière par le souci d’assumer aussi rigoureusement que possible la définition grecque de la philosophie comme étonnement : fidèle au mot d’ordre husserlien de « retour aux choses », elle suspend notre relation familière avec le monde pour le faire paraître et c’est pourquoi elle est une philosophie de la perception.
Mais si l’expérience est ce qui va de soi, revenir à l’expérience est la chose la plus difficile qui soit. Aussi Merleau- Ponty consacre-t-il l’essentiel de son oeuvre à frayer des chemins vers le monde perçu, ce qui exige de découvrir, afin de les déraciner, les présupposés qui en commandent la thématisation. C’est en menant à bien cette réduction radicale que Merleau-Ponty parvient à penser le sensible au lieu de le considérer comme cette présence à la fois évidente et impénétrable dont il n’y aurait rien à dire. Le sensible est « la forme universelle de l’Être brut » — forme en laquelle se préserve son mystère — et c’est pourquoi il contient tout, y compris l’intelligible.

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Anne Steiner : Les En-dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la "Belle Époque"

L'Echappée - Mai 2019 - Collection : Dans le feu de l'action


Ils ont 20 ans en 1910 et se définissent comme des « en-dehors ». Refusant de se soumettre à l’ordre social dominant, ils rejettent aussi tout embrigadement dans les organisations syndicales ou politiques. Pour eux, l’émancipation individuelle doit précéder l’émancipation collective.
Leur refus des normes bourgeoises, comme des préjugés propres aux classes populaires, les conduit à inventer d’autres relations entre hommes et femmes, entre adultes et enfants, et à développer un art de vivre transgressif. Leur opposition au salariat les conduit à expérimenter la vie en communauté et à inventer d’autres modes de consommation, mais aussi à emprunter la voie de l’illégalisme – dont le périple tragique de la « bande à Bonnot » est la plus célèbre illustration.
En révolte contre sa famille, Rirette Maîtrejean, arrivée à Paris à l’âge de 16 ans, devient l’une des figures de ce milieu. Son parcours sert de fil conducteur à ce passionnant récit. À ses côtés, nous découvrons tous les acteurs de cette épopée anarcho-individualiste qui ont expérimenté ce précepte de Libertad : « Ce n’est pas dans cent ans qu’il faut vivre en anarchiste. » Exigence que plus d’un paya de sa liberté, et même de sa vie.

Anne Steiner, maître de conférences au département de sociologie de l’université de Nanterre, travaille actuellement sur le mouvement ouvrier, et plus particulièrement anarchiste, à la Belle Époque. Elle y a consacré de nombreux articles et deux ouvrages parus à L’échappée : Le Goût de l’émeute (2012) et Le Temps des révoltes (2015).

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lundi 13 mai 2019

Christophe Richard : Et moi, et moi, et moi ! Le sujet dans le bouddhisme et la philosophie

L'harmattan - Mai 2019


Moi, je, ego, personne, individu, autant de termes par lesquels nous désignons le sujet substantiel que nous croyons être. Seulement, peut-on trouver en nous une quelconque unité singulière et constante ? Contre toute attente, certains philosophes osèrent en douter, mais c'est surtout le Bouddha qui fit peser les plus graves soupçons sur notre prétendue subjectivité. Si le sage indien ne nia pas l'existence de notre moi empirique, il remit en cause l'idée qu'il s'agissait d'une substance. Le moi existerait donc sans pour autant être réel. Comprendre la nature de cet ego permettrait de se libérer des souffrances qu'il engendre. Il en va ainsi de notre bonheur.

Professeur de philosophie en lycée et intervenant dans diverses universités, Christophe Richard est un spécialiste du tantrisme tibétain. Aussi enseigne-t-il également, dans diverses structures bouddhistes, l'histoire et la pratique de la sagesse du Bouddha.

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Josiane Cristina Bocchi, Daniel Omar Perez, Francisco Verardi Bocca : Ontologie sans miroirs. Essai sur la réalité Borges, Descartes, Locke, Berkeley, Kant, Freud

L'Harmattan - Mai 2019



Qu'est-ce que la réalité ? La première étude est basée sur le rapport entre la littérature et la philosophie. La question du réel apparaît sur le plan du récit et du jeu de l'argumentation, notamment dans l'oeuvre de Jorge Luis Borges. En second lieu, le thème est discuté en fonction de qui interroge et de son objet, en rapport à Descartes, Berkeley, Locke et Kant. Dans un troisième temps, identifiant le point où l'échec de ces présuppositions suscite une nouvelle formulation de la question sur la réalité, le recours à la psychanalyse apparaît nécessaire. Enfin, nous nous interrogeons sur : qu'est-ce que la réalité, en tant que question. Comment une telle question est-elle possible ?

Josiane Cristina Bocchi est psychologue, docteure en philosophie, postdoctorante en psychologie, professeure de psychopathologie à l'université d'État de São Paulo au Brésil (UNESP).
Daniel Omar Perez est psychanalyste, docteur en philosophie, professeur de philosophie à l'université d'État de Campinas au Brésil (UNICAMP).
Francisco Verardi Bocca est docteur en philosophie, postdoctorant en philosophie de l'université Paris VII-Denis Diderot, professeur de philosophie à l'université pontificale du Paraná au Brésil (PUCPR).

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Paul Rateau : Leibniz on the Problem of Evil

Oxford University Press - Mai 2019


Paul Rateau traces the genesis and development of G.W. Leibniz's treatment of the problem of evil, from his earliest writings through the Essays on Theodicy (1710). By investigating Leibniz's early thinking about what evil is and where it comes from, Rateau reveals the deeply original nature of Leibniz's later work and the challenges it raises. Rateau explores the ways in which the Theodicy's theoretical project, which integrates numerous disciplines and various argumentative strategies, informs and is influenced by two more practical aims-justifying the end of denominational divisions between Catholics and Protestants, and inculcating 
Rateau shows how the young Leibniz moves from suggesting that the author of evil is God himself to later defending an original theory of necessitarianism (in The Confession of a Philosopher), which makes God the first link in the chain of beings that constitute the world, but which ultimately denies God's responsibility for sin. By examining Leibniz's theoretical development after 1673, he demonstrates how Leibniz comes to a revised framework that forms the basis for the project of theodicy. After having examined the defensive and the doctrinal aspects of the Theodicy, Rateau shows how human freedom can be reconciled with divine freedom in Leibniz's system. Newly translated from the original French edition, Rateau's book offers a novel and important new interpretation of Leibniz and will appeal to scholars both of Leibniz and of early modern thought generally.

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samedi 11 mai 2019

Emile Jalley : L'Économie au XXIe Siecle - Critique de la raison en économie - Tome 1 : Analyse

L'Harmattan - Avril 2019


La crise de la culture actuelle en France semble moins affecter les sciences économiques que la psychanalyse ou la philosophie. Des sondages montrent l'attirance croissante d'un public éclairé vers ce type d'ouvrages d'économie, surtout du courant dit des économistes « hétérodoxes ». On examine ici une vingtaine de ces ouvrages parus de 2011 à 2018. Leur dialogue aboutit à la proposition d'une trentaine de « solutions » à une prochaine crise financière majeure, plus catastrophique qu'en 2007. Le tome 1, intitulé Analyse, envisage : 1. L'environnement interdisciplinaire de l'économie, 2. Les chiffres et données significatifs de l'économie actuelle, 3. Une chronologie commentée, 4. La présence latente de Marx et Hegel dans le champ de la recherche économique, et 5. La relation effective de vassalité de la France à l'égard de l'empire européen de l'Allemagne.

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Jean-Marc Mouillie : L' Éthique du préférable partageable. Lecture du principisme

Les Belles Lettres - Mai 2019 - Collection : Médecine & sciences humaines


La démarche dite « principiste » exposée dans le livre de Tom Beauchamp et James Childress, Les Principes de l’éthique biomédicale (Principles of Biomedical Ethics), paru aux États-Unis en 1979, et dont la dernière édition à ce jour date de 2013, s’est imposée comme une référence centrale dans la littérature d’éthique médicale et les pratiques d’éthique clinique. Très discutés dans le monde anglo-saxon, les Principes n’ont fait l’objet d’aucun commentaire d’ensemble en français. Le présent essai vient combler cette lacune. Dans l’esprit même du principisme, il situe les questions théoriques à partir des enjeux du soin. Le fil conducteur de cette lecture n’est donc pas tant un texte qu’un problème : justifier les choix relatifs à l’éthique médicale dans un contexte démocratique de respect du pluralisme des convictions morales.
Ce dialogue avec les propositions des Principes conduit à préciser une « éthique du préférable partageable », c’est-à-dire une approche concrète pour penser une justification des normes qui n’emprunte ni aux rapports de domination ni à l’arbitraire, question majeure de notre temps.

Jean-Marc Mouillie est Maître de conférences de philosophie, université d'Angers, faculté de médecine.

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Etienne Klein, Philippe Brax, Pierre Vanhove (dir.) : Qu'est-ce que la gravité ? Le grand défi de la physique

Dunod - Mai 2019 - Collection : Quai des Sciences


La relativité générale vient tout juste de fêter son centième anniversaire, et la récente détection des ondes gravitationnelles par les consortiums LIGO et Virgo a confirmé de façon éclatante la prédiction d'Einstein : des masses en accélération peuvent produire une oscillation de l’espace-temps se propageant à la vitesse de la lumière.
Destiné à tous les esprits curieux, cet ouvrage présente une réflexion plurielle sur la nature de la gravité. L'enquête, philosophique, historique et scientifique, aborde tous les domaines où la gravitation opère, de la cosmologie quantique à la matière noire et aux trous noirs.

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vendredi 10 mai 2019

Paul Halpern : Le dé d'Einstein et le chat de Schrödinger

Dunod - Mai 2019 - Collection : Ekho


Lorsque la mécanique quantique a bouleversé le monde ordonné de Newton, Einstein et Schrödinger étaient à l'avant-garde de cette révolution. Cependant, aucun des deux hommes ne s’est jamais satisfait de l'interprétation standard de la mécanique quantique et ils l’ont critiquée à leur manière : Einstein par son célèbre aphorisme « Dieu ne joue pas aux dés », Schrödinger avec sa tout aussi célèbre fable du chat mort-vivant.
Dans ce livre, le physicien Paul Halpern raconte l'histoire peu connue de la façon dont Einstein et Schrödinger se sont mis en quête d’une « théorie du tout » capable de décrire de manière cohérente l'ensemble des interactions fondamentales. Cette quête, qui a finalement échoué, offre un nouvel éclairage sur la vie et le travail des deux scientifiques dont les obsessions ont été le ferment de découvertes actuelles.

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Sebastian Schutze : Friedrich Nietzsche and the artists of the new Weimar

Five Continents Editions - Mai 2019


Vers 1900, un petit groupe formé d'influents mécènes, critiques, écrivains et artistes fait de Weimar, capitale du grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, aujourd'hui en Allemagne, un centre utopiste de l'art et de la pensée modernes. Des artistes tels que Max Klinger, Edvard Munch et Ludwig von Hofmann et des écrivains comme André Gide, Hugo von Hofmannsthal et Rainer Maria Rilke cherchent à créer un "Nouveau Weimar" et désignent à la tête de ce mouvement Friedrich Nietzsche, prophète radical de la modernité. Sa pensée pénétrante, son langage expressif et son style aphoristique saisissant font en effet de lui le parfait philosophe du modernisme. "L'existence et l'univers ne sont éternellement justifiés qu'en tant que phénomène esthétique". Avec des maximes philosophiques comme celle-ci, tirée de La Naissance de la tragédie, Nietzsche va devenir une référence majeure pour les artistes et les critiques en quête d'un "nouvel art", d'un "nouvel homme" et, finalement, d'une "nouvelle société". En 1902, on demande à Max Klinger de réaliser le portrait sculpté du philosophe mort deux ans plus tôt, pour la villa Silberblick à Weimar, où le culte de Nietzsche s'est constitué. A partir d'un masque mortuaire largement remanié, Klinger exécute le célèbre hermès en marbre qui orne encore de nos jours la salle d'accueil des Archives Nietzsche. Seules trois versions monumentales en bronze ont été coulées, l'une d'entre elles faisant maintenant partie de la collection du musée des Beaux-Arts du Canada. Friedrich Nietzsche et les artistes du nouveau Weimar, dont cette sculpture constitue le point focal, accompagnée d'une série de tableaux, de dessins, de moulages en plâtre et de petits bronzes, se propose de montrer comment Klinger et ses mécènes ont inventé le Nietzsche "officiel", transformant un portrait hautement expressionniste en une image culte, classique et idéalisée. L'exposition comprendra aussi un ensemble d'éditions anciennes des livres les plus influents de Nietzsche, notamment des éditions de luxe des ouvrages Ainsi parlait Zarathoustra, Ecce HomoetDithyrambes de Dionysos produites par Henry van de Velde. Enfin, elle réunira des oeuvres d'autres protagonistes du "Nouveau Weimar", dont Auguste Rodin, Aristide Maillol, Edvard Munch et Kurt Stoeving, de manière à offrir, pour la première fois en Amérique du Nord, un éclairage sur cette extraordinaire constellation artistique et culturelle du modernisme.

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Gilles Campagnolo et Jean-Sébastien Gharbi : Philosophie économique. Une introduction

Materiologiques - Mai 2019


Attitude théorique et pratique, la philosophie économique est une démarche intellectuelle qui articule économie et philosophie. Mais comment la définir ? Et d’où vient l’intérêt grandissant que l’on constate depuis vingt ans ? Quelles ressources pluralistes mobilise-t-elle et comment s’est-elle constituée ? Quels rapports entretient-elle avec la théorie économique, l’histoire de la pensée et les philosophies morale et politique ? À ces questions, notamment, et en s’appuyant sur l’ouvrage collectif Philosophie économique. Un état des lieux(Éditions Matériologiques, 2017, 648 pages), cette introduction donne des réponses fondamentales, claires et précises.

TABLE

Avertissement et remerciements (page 3)

Avant-propos (page 5)

I. Philosophie économique, n. f. : démarche réflexive dans le champ d’interaction entre philosophie et économie (page 17)

Le surgissement de la philosophie économique accompagne un débat récent sur des préoccupations plus anciennes

L’économie comme étude et analyse des phénomènes économiques

Ce qui sera examiné dans ce volume quant à ce que font les économistes

II. Articuler la représentation de la vie économique entre philosophie et économie et partitionner la philosophie économique : une proposition (page 31)

Le besoin d’articuler philosophie et économie surgit de la vie économique même

Le besoin d’articuler philosophie et économie naît de l’évolution de l’économie en science

Le besoin d’articuler philosophie et économie naît des difficultés et des limitations de la science

Une nouvelle tripartition pour un état des lieux panoramique

III. Le choix des mots (page 57)

Comment appeler le champ d’interaction entre philosophie et économie ?

Économie et philosophie

Philosophie de l’économie 

Méthodologie économique

Epistémologie économique

Méthodologie économique

Philosophie économique

IV. Tenter de définir réellement la philosophie économique sans la contraindre (page 81)

D’abord préserver la philosophie économique de deux écueils

Philosophie économique et théorie économique

Philosophie économique et pluralisme

Philosophie économique et histoire de la pensée économique

V. L’intérêt grandissant pour la philosophie économique (page 109)

Revues scientifiques

Monographies et ouvrages collectifs

Réseaux internationaux

Colloques internationaux

VI. Philosophie économique et tradition francophone (page 121)

Des traditions distinctes en philosophie économique ?

La langue : une question cruciale 

La structuration institutionnelle de la philosophie économique francophone

En guise de conclusion. La philosophie économique en pratique : exemples de sa présence dans différents champs des sciences économiques (page 147)

Économie du bien-être et justice sociale

Biodiversité, développement durable et changement climatique

Méthodes scientifiques, modèles, expériences et simulations

Comportement et rationalité de l’agent économique

Institutions et normes

Philosophie de la finance

Économie et justice spatiales


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jeudi 9 mai 2019

Patrick Tort : L'Intelligence des limites. Essai sur le concept d'hypertélie

Gruppen - Mai 2019


Dans la langue des naturalistes, on nomme hypertélie le développement d’une partie anatomique ou d’un caractère au-delà de son niveau optimal d’utilité : ramures géantes du Cervidé fossile Megaloceros giganteus, canines supérieures hypertrophiées des anciens « tigres aux dents de sabre » ou du Babiroussa, défenses croisées des Mammouths, queue démesurée des paons, etc. De telles structures, en continuant de grandir bien plus que ne le requérait leur fonction initiale, seraient devenues « monstrueuses » et nuisibles à leurs détenteurs par une sorte d’inertie de croissance handicapante, désadaptative, et tendanciellement fatale à la survie de l’espèce lors d’un changement ultérieur de ses conditions de vie.
Contre de trop rapides commentaires qui concluaient au caractère « non darwinien » du concept d’hypertélie et, de là, à son inanité, Patrick Tort démontre son origine darwinienne dans la théorie de la sélection sexuelle et en tire un instrument puissant pour penser la naissance bio-éthologique du symbolique comme surcharge de l’apparence dans le champ de la séduction, et pour modéliser les conséquences dévastatrices du dogme d’une croissance sans limite, propre au capitalisme contemporain.

Patrick Tort, spécialiste international de Darwin, créateur de l’Analyse des complexes discursifs, lauréat de l’Académie des sciences, est l’auteur notamment de : L’Effet Darwin, Qu’est-ce que le matérialisme ?, Théorie du sacrifice.

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Thierry Aimar : Hayek. Du cerveau à l'économie

Michalon - Mai 2019 - Collection : Le bien commun


" Une époque de superstition est celle où les gens imaginent qu'ils en savent plus qu'ils n'en savent en réalité. En ce sens, le XXe siècle aura été certainement exceptionnellement riche en superstitions, et la cause en est une surestimation de ce que la science a accompli – non pas dans le champ des phénomènes relativement simples où elle a certes été extraordinairement efficace, mais dans le domaine des phénomènes complexes ; car dans ces derniers, l'application des techniques qui ont si bien réussi essentiellement dans les phénomènes simples s'est révélée très déroutante. " 
Lorsqu'on ignore sa propre ignorance, cela fait des dégâts. Chacun pense savoir plus et mieux que les autres ; mieux les connaître qu'eux-mêmes ; pouvoir les conduire à leur place vers leurs véritables intérêts. L'intolérance est le produit de cette prétention aux certitudes, qui n'est rien d'autre qu'une croyance et la pire de toutes. Expression même de l'obscurantisme, elle est le socle commun de tous les totalitarismes, avec toutes les horreurs qui les accompagnent. 

Thierry Aimar est maître de conférences en sciences économiques à l'Université de Lorraine et enseignant à Sciences Po.

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