vendredi 6 juillet 2018

Céline Flécheux, Pierre-Henry Frangne, Didier Laroque (dir.) : Le sublime. Poétique, esthétique, philosophie

Presses universitaires de Rennes - Juillet 2018 - Collection : Aesthetica


Quelle est la nature polymorphe, rebelle à toute délimitation, et donc proprement étonnante, du sublime ? En quoi consiste sa véhémence, sa force dynamique et dangereuse ? Comment expliquer les paradoxes de la sidération ou du plaisir négatif que son sentiment, sa passion ou même sa crise, engendrent chez tous ceux qui en font, moins l’expérience que l’épreuve ? Telles sont les trois principales questions que l’ouvrage entend poser dans l'inspiration des travaux de Baldine Saint Girons et de son livre Fiat Lux. Une philosophie du sublime (1993). Vingt-cinq chercheurs spécialistes reconnus de rhétorique, d’esthétique, de poétique, de philosophie, de peinture, de littérature, de musique, de psychanalyse, de sciences, de langues et cultures étrangères joignent ici leurs efforts afin de donner au lecteur — néophyte ou chercheur confirmé — les instruments les plus importants pour l’intelligence la plus vivante de la tradition du sublime. De l’antiquité jusqu’à l’époque actuelle, le lecteur est invité ici à saisir de façon organisée et claire les difficultés artistiques, philosophiques et existentielles de l’expérience de la grandeur.

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vendredi 29 juin 2018

Carolina Armenteros : L'idée française de l'histoire. Joseph de Maistre et sa postérité, 1794-1854

Editions Classiques Garnier - Juin 2018 - Collection : Classiques jaunes


Entre l’image de réactionnaire absolutiste et celle d’humaniste, la postérité de Joseph de Maistre s’est faite en clair-obscur. Carolina Armenteros se propose d’y jeter un regard neuf en défiant les habituels lieux communs de la critique maistrienne. Avec une originalité perçante, cette étude met au jour la place de précurseur tenue par de Maistre dans la France du xixe siècle, mais aussi dans l’histoire intellectuelle européenne. Elle permet ainsi de mieux saisir la portée d’une philosophie de l’histoire qui saura inspirer la droite comme la gauche pour réorganiser la connaissance, rendre obsolète la politique et préparer l’utopie de la fin des temps. Dans la réévaluation de l’oeuvre de Joseph de Maistre, cet essai est un jalon de première importance. 

Chercheuse indépendante, Carolina Armenteros a enseigné dans les universités françaises, américaines, britanniques et néerlandaises. Elle a coédité The New enfant du siècle: Joseph de Maistre as a Writer (St Andrews, 2010), Joseph de Maistre and the Legacy of Enlightenment (Oxford, 2011) et Joseph de Maistre and his European Readers: From Friedrich von Gentz to Isaiah Berlin (Leyde, 2011).

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Guy Lardreau : Faces de l'Ange déchu

Le Centurion - Juin 2018


« Ange est le nom dont nous désignions le sujet dont l'existence affirmée autorise la Grande Politique : politique qui casse en deux l'histoire du monde, telle qu'elle transforme l'homme en ce qu'il a de plus profond. L'entreprise visant à procurer aux hommes, par la grâce de formes inouïes, la vie bienheureuse, se renversa en machine d'enfer. Si j'ai décidé d'assembler ces avortons en une commune baraque, faire tronc à ces têtes mortes, c'est que je crois fini le temps des livres... » 

Guy Lardreau (1947-2008), professeur de philosophie en khâgne, fut au début des années soixante-dix avec Christian Jambet théoricien du « maoïsme à la française », qu'ils dépassèrent dans L'Ange (1976) et Le Monde (1978), premiers volets d'une « ontologie de la Révolution ». Lorsque la Politique, en tant que vie où la raison avait son espérance, lui fut morte, il se tourna vers l'érudition et l'étude de la patristique (Discours philosophique et discours spirituel, 1985), puis développa une métaphysique des petits objets (Fictions philosophiques et science-fiction, 1988) articulée à ce qu'il appelait une « philosophie négative » (La Véracité, 1993). Faces de l'Ange déchu, texte crépusculaire où il entre en dialogue avec les grands de la Contre-Révolution (Maistre, Bonald, Cortés) et s'interroge sur le pouvoir paradoxal des saints, constitue son testament philosophique et politique. Il y revient, pour lui donner sa formulation dernière, sur le logion qui charma sa jeunesse : on a (toujours) raison de se révolter.

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jeudi 28 juin 2018

Laurent Muller : Jean-Marie Guyau ou l'éthique sans modèle

Septentrion - Juin 2018


La morale s'est presque toujours référée à l’idée d’obligation, de sanction et de modèle. Penseur critique de l’évolution, Guyau propose de repenser la morale à l’aune de l’exigence vitale : bien comprise, la puissance anomique de la vie engendre une diversité heureuse des formes de l’obligation.
La philosophie morale y est exposée de manière critique sous la forme d’un antagonisme historique qui traverse les âges : idéalisme versus naturalisme. Le déclin des absolus et la loi de la sélection naturelle qui en résultent semblent nier la possibilité de la morale. Mais Guyau entend surmonter ces difficultés en élargissant l’évolutionnisme, afin d’inclure ce qu’il semblait d’abord nier : la générosité de la vie, inventive jusqu’à la poésie métaphysique. En découle une condamnation sans appel du devoir homogène et de la sanction morale – mais aussi la promotion d’une éducation qui fait de l’expansion de la vie l’idéal immanent d’une éthique résolument plurielle, esquissée et sans modèle.

Sommaire

Introduction
Une existence fulgurante et bien peu connue
Une œuvre sans héritiers
Fil directeur

Première partie :
comprendre les systèmes philosophiques passés

Chapitre I. Le commentaire philosophique comme embryogénie
L'exposition des systèmes
La critique des systèmes
Art et science du commentaire
Une philosophie de l’évolution

Chapitre II. Structure antagonique de l’histoire de la philosophie morale
Suivre les idées maîtresses

Deuxième partie :
l’obligation dans l’optique de la vie

Chapitre III. L’hypothèse métaphysique et l’avenir de la morale
Exposition critique du dogmatisme métaphysique
Par-delà le dogmatisme : deux hypothèses métaphysiques possibles

Chapitre IV. L’obligation naturalisée : l’éthique ouverte de l’anomie
Renouveler et radicaliser le naturalisme
Les équivalents naturalisés du devoir

Chapitre V. L’immoralité de la sanction
La sanction naturelle
La sanction morale
Genèse de la croyance à la moralité de la sanction
La sanction intérieure ou remords
La sanction religieuse et métaphysique

Chapitre VI. L’éducation morale : mordre sur l’avenir
Reproches et reprises
Principes de l’éducation morale
La suggestion comme éducation de l’instinct 

Conclusion
Appendice : Guyau, penseur du politique ?

Bibliographie
Œuvres de Jean-Marie Guyau
Études sur Guyau
Ouvrages d’intérêt général.

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mercredi 27 juin 2018

Jean-Marc Narbonne et Josiane Boulad-Ayoub (dir.) : Reflets modernes de la démocratie athénienne

Hermann - Juin 2018


La démocratie grecque, en prenant pour point de départ les réformes de Solon en 594 et comme terme la conquête romaine de la Grèce en 146, c’est plus de quatre siècles d’une histoire riche en expérimentations variées d’un gouvernement « de tous, par tous et pour tous », mais aussi de réflexions et d’intenses débats sur les différentes formes que peut endosser un « régime populaire » et les défis qui se présentent à lui.
Or après cette efflorescence exceptionnelle – unique, rappelons-le, dans toute l’Antiquité –, la démocratie grecque sombra pour quelque deux mille ans dans un oubli quasi total ou fut perçue comme un régime condamnable, voire dangereux, tout cela avant qu’une patiente revalorisation des vertus démocratiques ne s’entame quelque part dans le cours des XVIIe et XVIIIe siècles, une reconquête qui, à travers bien des contestations et nombre de reculs, se poursuit encore jusqu’à maintenant.
Comment un tel renversement des perspectives aussi surprenant que spectaculaire a-t-il été possible, quels chemins a-t-il dû emprunter et quel rôle, tantôt direct, tantôt plus marginal, l’expérience athénienne a-t-elle joué dans cette affaire, via quels auteurs et quels acteurs politiques ? Autant de questions complexes et cruciales auxquelles les contributions rassemblées dans cet ouvrage tentent d’apporter des réponses.

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mardi 26 juin 2018

REVUE DU M.A.U.S.S. : Le beau, le bon et le juste

La Découverte - Juin 2018 - Collection : REVUE M.A.U.S.S


À l'encontre de toute la dynamique de la pensée moderne qui, selon des modalités et à des degrés divers se caractérise par la critique et la déconstruction permanente qu'elle fait subir à toutes ces notions, ce numéro de la Revue du M.A.U.S.S. (re)met en exergue le beau, le bon, le bien, le vrai et le juste, laissant entendre que nous ne pouvons pas nous passer d'y aspirer.
Impossible de ne pas accepter l'héritage de la pensée critique. Pour autant, ne devient-il pas urgent de se demander si elle n'a pas épuisé une part de sa fécondité et de sa lucidité ? Pire encore, la posture constructiviste-déconstructionniste généralisée n'est-elle pas devenue largement contre-productive de par ses affinités électives avec l'hégémonie mondiale du capitalisme spéculatif ? Marx et Eng els l'avaient déjà parfaitement exprimé : tout – le bon, le juste, le beau – " part en fumée et se dissout dans l'air ". Dans l'air de la spéculation financière, parfait doublon de la spéculation conceptuelle, de cette critique stérile qu'ils dénonçaient en 1845 dans La Sainte Famille sous-titré, avec ironie, Critique de la critique critique. 
Peut-être est-il temps, au nom d'une exigence critique renouvelée – généreuse, créatrice et résolument anti-utilitariste – , de reconnaître la beauté, la bonté et la justice de ce qui est, de rappeler que le monde n'est pas seulement immonde, mais qu'il manifeste des qualités morales ou esthétiques dignes d'être dévoilées et ainsi approfondies. Sauf à rester enlisés dans les ornières du soupçon et de la dénonciation systématiques qui alimentent les passions tristes et, finalement, l'impuissance, comment pourrions-nous, sinon, comme y invitait Marx, " cueillir la fleur vivante " ?

Sommaire 

Présentation, par Alain Caillé, Philippe Chanial et François Gauthier

I / Le bon, le juste et le beau. Pour en finir avec la critique critique

A) La critique en état critique
Les dérives de la philosophie décorative. Postmodernisme, poststructuralisme, posthumanisme, par Frédéric Vandenberghe
Réflexions brutes sur le postcolonialisme, par François Gauthier
@ Sommes-nous en train de piller les marbres d’Elgin ? Les défis de la contestation de l’hégémonie intellectuelle occidentale, par James V. Spickard
La banalité du bien. Sherry Ortner et le côté obscur de l’anthropologie, par Émir Mahieddin
@ La face sombre de l’anthropologie, par Sherry Ortner
Ingouvernables ? Puissance poétique et/ou l'impossible réception du Comité invisible en Allemagne, par Franck Adloff et Marie Rotkopf
Du vrai, du beau, du juste et du bien. Hypothèses sur le déclin des idéaux de la culture occidentale, par Dany-Robert Dufour

B) Au-dessus de tout soupçon, le bon et le bien ?
Pour en finir avec les approches normatives des valeurs, par Nathalie Heinich
L’être humain est naturellement prédisposé à la bonté, par Jacques Lecomte
La littérature et l’expérience impitoyable du bien, par Michel Terestchenko
@ Les passions orphelines : l’inversion morale selon Michael Polanyi, par Jean-Baptiste Lamarche
Sur l’inversion morale, par Michaël Polyani
Au-delà de tout soupçon, par Fabien Robertson

C) Reconnaître la générosité de ce qui est : l'anti-utilitarisme comme anti-critique (critique)
Rompre cette bulle opaque que nous avons sécrétée, par Henri Raynal
Le côté lumineux de la force du social. En hommage sociophilique à la cosmophilie d’Henri Raynal, par Philippe Chanial
À bas les censeurs, vivent les artistes ! L’« anti-critique » créatrice de Théophile Gautier, par Julie Anselmini
L’amour est-il aussi désintéressé qu’on le dit ?, par Paul Audi
@ Relire Guyau : une sociologie dans l’optique de la vie, par Laurent Muller et Jordi Riba
Beautés du Coran, par Bruno Viard

II / Libre revue
Dossier : les critiques du capitalisme, quel renouveau ?, par Gaël Courty
@ Critiques contemporaines du capitalisme.
Introduction aux entretiens réalisés avec Honneth, Fraser et Wallerstein.
Capitalisme, critique et liberté sociale. Entretien avec Axel Honneth
@ Repenser le capitalisme, la crise et la critique. Entretien avec Nancy Fraser 
@ Capitalisme, crise structurelle et mouvements sociaux contemporains. Entretien avec Immanuel Wallerstein
@ Le mérite : tribulations d’une aspiration à la dépense, par Dominique Girardot
@ Sur l’enseignement de la philosophie au lycée, par Stéphane Bornhausen
Bibliothèque
@ Résumés & abstracts
Les Auteurs de ce numéro

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lundi 25 juin 2018

Annie Le Brun : Ce qui n'a pas de prix. Beauté, laideur et politique

Stock - Mai 2018 - Collection : Essais - Documents


C'est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s'intensifie depuis qu'elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d'extraire de la valeur. S'ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d'éblouissement et qui, pas plus que l'éclair, ne se laisse assujettir.
Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d'un certain art contemporain, à l'origine d'une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Et comme, dans le même temps, la marchandisation de tout recours à une esthétisation généralisée pour camoufler le fonctionnement catastrophique d'un monde allant à sa perte, il est évident que beauté et laideur constituent un enjeu politique.
Jusqu'à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l'argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l'essentiel, la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix ?

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samedi 23 juin 2018

Catherine Larrère et Raphaël Larrère : Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique

La Découverte - Juin 2018


Protéger la nature, une urgence dans le contexte de crise environnementale qui suppose d'affronter une question philosophique, car la notion même de " nature " ne va plus de soi. En articulant des questions qui s'ignorent souvent, les auteurs montrent qu'il est possible de concilier souci de la nature et diversité des cultures, exigence de justice et respect de l'environnement.

Que signifie " protéger la nature " ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de " nature " ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. 
Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de " nature " et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.

Catherine Larrère, professeur émérite à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, spécialiste de philosophie morale et politique, a notamment publié : Les Philosophies de l'environnement (PUF, 1997) ; Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l'environnement (avec R. Larrère, Aubier, 1997 ; rééd. Champs Flammarion, 2009). 
Raphaël Larrère, ingénieur agronome et sociologue, a été directeur de recherche à l'INRA. Il est notamment l'auteur (avec M. de la Soudière) de Cueillir la montagne (La Manufacture, 1985 ; rééd. Ibis Press, 2010) et de Des hommes et des forêts (avec O. Nougarède), Gallimard, coll. " Découvertes " 1993 ; rééd. 2003).

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Jean Malaurie : Oser, résister

CNRS - Juin 2018


Ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l'image et l'informatique. 
Oser, résister et s'aventurer ! C'est la philosophie de vie que Jean Malaurie poursuit depuis les années 1950 et son inoubliable combat pour les légendaires Inuit de Thulé, menacés par une scandaleuse base nucléaire au coeur de leur territoire. 
Réfractaire-résistant à l'ordre nazi, Jean Malaurie est un grand scientifique, géomorphologue devenu géophilosophe, et un défenseur résolu de l'alliance des sciences humaines et naturelles. 
Le père fondateur de la collection Terre Humaine réunit ici des réflexions rares et précieuses sur son parcours intellectuel, sur l'écologie humaine ou l'enseignement supérieur. Il nous découvre aussi des pans plus intimes de sa personnalité singulière. 

Directeur émérite au CNRS et à l'EHESS, ambassadeur de bonne volonté pour l'Arctique à l'Unesco, défenseur des minorités boréales, Jean Malaurie a fondé l'Académie polaire d'État à Saint-Pétersbourg, unique école des cadres pour les jeunes élites autochtones nord-sibériennes dont il est le président d'honneur.

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vendredi 22 juin 2018

Jun Jujita : Le Ciné-capital. D’Hitchcock à Ozu. Une lecture marxiste de Cinéma de Gilles Deleuze

Hermann - Mai 2018



« L’argent est l’envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l’endroit » écrit Gilles Deleuze dans le deuxième volet de Cinéma. Le capital est toujours derrière le cinéma. Le Capital hante Cinéma du début à la fin. C’est donc une lecture marxiste du diptyque composé de L’Image-mouvement et L’Image-temps que propose Jun Fujita dans Ciné-capital. 
Comment fonctionne le mode de production ciné-capitaliste ? Comment celui-ci fait-il produire de la plus-value aux images ? Pourquoi et comment s’approprie-t-il le travail même du spectateur ? En quel sens peut-on soutenir qu’Eisenstein et Hitchcock ont anticipé l’arrivée de la New Economy des années 1990 (dématérialisation du travail et financiarisation de l’économie) ? Quand et comment les images s’insurgent-elles contre l’exploitation ciné-capitaliste ? Comment se mettent-elles à valoir pour elles-mêmes ? Pourquoi le cinéma politique, depuis Straub et Huillet, a-t-il cessé de privilégier le tournage au bord de la mer ? Qu’est-ce qui permet à Deleuze d’affirmer qu’Ozu est un cinéaste de gauche ?Telles sont quelques-unes des questions abordées dans Ciné-capital.

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jeudi 21 juin 2018

Natalie Depraz et Florence Pignarre (dir.) : L'expérience de l'acteur en question

Publications de l'Université de Rouen et du Havre - Juin 2018 - Cahiers de l'ERIAC


La question de savoir ce que l'acteur vit lorsqu'il incarne un personnage, soit qu’elle ait été présentée comme relevant d’une expérience quasi mystique, soit qu’elle ait donné lieu à des débats philosophiques ou esthétiques les plus divers, a depuis longtemps et continue aujourd’hui encore, de susciter la curiosité et l’intérêt des chercheurs. Comment, en effet, appréhender cette expérience si singulière au cours de laquelle un homme se met à vivre irréellement dans les émotions et les sensations d’un être imaginaire?
C’est en croisant différentes approches portant sur cette question que cet ouvrage se propose d’y répondre. De Diderot à Sartre et en passant par Deleuze, il présente tout d’abord différents discours théoriques traitant de cette expérience, puis rend compte des démarches plus contemporaines relevant de la phénoménologie expérientielle, de l’anthropologie ou de la psychologie, qui puisent à même la parole des acteurs les données empiriques de leurs développements théoriques. Enfin, il montre que la diversité des expériences de jeu est elle-même fonction de celle des écritures si différentes d’un dramaturge à l’autre.

Sommaire

Introduction

Première partie : L'acteur vu « d'en haut » : les pensées de l'expérience de l’acteur

Marc Martinez – Diderot et le jeu sensible sur la scène anglaise du milieu du XVIIIe siècle ;
Flore Garcin-Marrou – Deleuze et les acteurs ;
Florence Pignarre – Les phénoménologues et l’acteur. Exemple et description ;
Annick Essoh – Jeu au théâtre, jeu social. L’expérience du comédien et la vie quotidienne des individus.

Deuxième partie : La parole de l’acteur : à la croisée de la théorie et de la pratique

Natalie Depraz – L’acteur d’Avatar à l’épreuve de son corps ;
Raluca Mocan – Habitudes motrices et conscience kinesthésique dans la formation des acteurs. Une perspective phénoménologique sur la pratique théâtrale ;
Nadia Foisil – Le corps du comédien. Terrain de recherche et instrument expressif au cœur du corps social ;
Célia Daniellou-Molinié – « Ne croyez jamais un acteur. » Le jeu comme objet d’étude, ou comment fonder une recherche sur le partage d’une expérience subjective.

Troisième partie : L’acteur et l’auteur : de la singularité d’une écriture à celle de son jeu

Nicolas Doutey – L’acteur dans l’écriture de Beckett ;
Sabrina Bastemeyer – Le concept de l’acteur chez Victor Hugo. Entre concurrence, collaboration et courtisanes.

Document
Programme du cours de jeu de l’école de théâtre Charles Dullin (Jean-Paul Sartre et Jean-Louis Barrault, texte inédit).
Bibliographie
Les auteurs

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mercredi 20 juin 2018

Alain B.L. Gérard : La pensée incroyante. Un parcours philosophique hors Dieu

Persée - Juin 2018


L’incroyance a toujours existé, mais discrète et peu appréciée. La norme était la croyance, la croyance en Dieu, sous toutes ses formes, universelle, définitive, suffisante. De nos jours, dans notre culture de civilisation post-moderne, cette situation a tendance à s’inverser : l’incroyance est devenue pratiquement dominante et la croyance, au contraire, rencontre des difficultés dans sa diffusion, sa pérennité, son influence.
Mais cette situation s’accompagne d’un paradoxe. L‘expansion de l’incroyance se produit en dehors de toute réflexion théorique sur elle-même, de toute représentation symbolique et même pratiquement de toute pensée philosophique. C’est une évolution spontanée, issue d’une progression des idées et de la force d’évidence des faits et événements de l’Histoire et de la connaissance en général. La grande réflexion philosophique européenne du XXe siècle, qui a été une des plus brillantes de son Histoire et qui s’est déroulée à peu près entièrement en dehors de toute référence d’ordre religieux, n’a jamais expliqué de façon précise pourquoi et comment elle se détachait d’une référence traditionnelle aussi considérable.
Il en découle une sorte de non-dit dans la réflexion qui ne manque pas de danger. Rejeter toute forme de croyance sans s’en expliquer laisse la porte ouverte à toutes les insinuations : l’incroyance et l’absence de religion seraient un vide intellectuel, la perte du sens, le désenchantement du monde, le relativisme de toute pensée et la cause de tous les maux de l’actualité la plus immédiate. Il importe donc encore à l’incroyance de s’expliquer.
Ce livre-ci tente une étude et une définition de l’incroyance en elle-même. Il voudrait combler un certain vide de la pensée, apporter une pierre nouvelle à la problématique engendrée par l’absence de religion. Il est composé par un philosophe de formation, à l’écriture limpide et au didactisme relativement facile d’accès.

Alain B.L. Gérard est docteur en Droit et docteur en Philosophie. Longtemps cadre supérieur de société dans différents pays, il a travaillé en philosophie avec Gérard Granel à Toulouse et soutenu en Sorbonne en 1982 une thèse de doctorat sur Marx et Heidegger.

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Nikolaj-Frederik-Severin Grundtvig : L'école pour la vie

Vrin - Juin 2018 - Collection : Philosophie de l'éducation


Nikolaj-Frederik-Severin Grundtvig est un penseur danois du XIXe siècle, dont l’oeuvre monumentale a joué un rôle majeur dans l’histoire de la société danoise, en inspirant notamment les créateurs des Folkehøjskoler (les hautes écoles populaires) dont l’originalité fait la fierté du système scolaire danois.
Or, il n’existait jusqu’alors quasiment aucune traduction française de ses écrits philosophiques sur l’école et sur l’éducation, ce qui a entravé le développement dans l’espace francophone de travaux universitaires sur les fondements de cette « école pour la vie » qui constitue l’apport majeur de Grundtvig à la philosophie de l’éducation. Cette lacune était d’autant plus regrettable que les études comparatives relatives aux systèmes éducatifs européens pointent la grande originalité de l’école du peuple danois (la Folkeskole) et sa capacité à proposer à ses élèves une expérience éducative propre à cultiver des vertus civiques et morales.
Cet ouvrage propose donc une première édition française commentée des textes essentiels de Grundtvig sur l’école et sur l’éducation.

Textes choisis et présentés par Jean-François Dupeyron, Christophe Miqueu et France Roy. Traduction de Marc Auchet. Avant-propos d’Ove Korsgaard.

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François Chenet : Le temps. Temps cosmique, temps vécu

Armand Colin - Juin 2018 - Collection : Collection U


Qu'est-ce que le Temps ? Quelle est sa nature et quel est son mode d'existence ? Quelle est la relation de l'esprit au temps ? S'il est vrai que le temps, à la fois familier et mystérieux, est inscrit au cœur de la condition humaine comme au cœur des communautés humaines engagées dans une histoire, en quoi une réflexion sur le temps permet-elle de comprendre la condition humaine et les rapports complexes que les sociétés humaines entretiennent avec le temps ? Enfin, est-il possible de transcender le temps ? Ou bien la sagesse se résume-t-elle à l'art du bon usage que nous devons faire du temps ?
En dépit d'un questionnement bimillénaire, énigmatique demeure la nature du temps. Et certes, le temps reste paradoxalement insaisissable, alors que nous y sommes plongés sans pouvoir jamais en faire abstraction. Si la réflexion sur le temps se heurte à maintes apories qui résistent, c'est que le temps est une réalité contradictoire sur l'expérience de laquelle la pensée vient sans cesse se briser, oscillant entre une définition tautologique et une interprétation dénaturante du temps. Le problème du temps n'en constitue pas moins l'une des questions fondamentales de la philosophie, voire même l'unique problème philosophique.
Le problème du temps fait ici l'objet d'une élucidation systématique qui conjugue approche philosophique, apports des sciences de la nature et apports des sciences humaines. Embrassant les diverses formes de temps - temps physique ou temps cosmique, temps biologique, temps psychologique, temps social, temps historique - et s'interrogeant sur leur articulation, le présent ouvrage se propose de donner une vue d'ensemble, cohérente et rigoureuse, de cet immense sujet.

François Chenet, ancien élève de l'École normale supérieure (Ulm), est professeur à l'université de Paris-Sorbonne (Paris-IV).

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mardi 19 juin 2018

Jean-Baptiste Brenet et Laurent Cesalli (dir.) : Sujet libre. Pour Alain de Libera

Vrin - Juin 2018


"Nous avons souhaité ce livre pour rendre hommage à Alain de Libera et fêter son travail. Celles et ceux qui écrivent ici sont des maîtres, des pairs, des collègues, d’anciens étudiants; en divers sens, ce sont tous des amis.
Plutôt que d’imposer une présentation, nous avons choisi comme ordre le hasard alphabétique des noms, sans chapitres. Deux consignes seulement avaient été fournies. La brièveté, d’abord – quelques pages, tenues par un nombre de signes. L’absence de notes, ensuite, pour livrer des textes de plain-pied.
Restait, pour évoquer l’œuvre et la personne d’Alain de Libera, l’objet, l’angle. Nous n’avions cette fois indiqué qu’une chose, qui donne à ce volume son titre : sujet libre."

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Michel Barat : Entre réalité et vérité, méditations philosophiques

Entrelacs - Juin 2018


L'École d'Athènes, la célèbre fresque de Raphaël, représente la cohorte des philosophes autour des deux grandes figures de la pensée que sont Platon et Aristote. Platon désigne le ciel des idées tandis qu'Aristote pointe la terre. Deux figures, deux pensées qui, allégoriquement, indiquent le chemin de la vérité et celui de la réalité. Ils sont deux car ces deux chemins ne se croisent pas nécessairement. Emprunter celui de la réalité pourrait être accepter l'illusion, l'erreur, voire le faux, car un mensonge est bien réel mais ne saurait jamais être vrai. Emprunter celui de la vérité pourrait être mépriser la réalité, soumettre hommes et choses à des idées qu'on croit vraies sans jamais en avoir la certitude. La voie de la réalité peut vite devenir celle du cynisme, celle de la vérité, celle du totalitarisme. Penser juste et dire juste consiste peut-être à dessiner la ligne de faîte entre réalité et vérité pour en départager l'ubac et l'adret et pour les garder en partage. Être à la fois Aristote et Platon, réunir « la base et le sommet », telle est sans doute l'endurante tâche de la pensée, telle est la grave légèreté du dire poétique.

Michel Barat est docteur d État ès-lettres et agrégé de philosophie.

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Bertrand Cassegrain : Autorité et anarchie

Hermann - Juin 2018


Autorité et anarchisme sont-ils compatibles ? L’autorité politique est communément perçue comme constituant une entrave à l’autonomie et la liberté des individus. Pourtant, la plupart des théories politiques contemporaines tiennent pour acquise la légitimité de certaines autorités, en particulier celle de l’État. Seul l’anarchisme rejette de manière radicale cette idée. En prenant au sérieux les arguments anarchistes, ce livre développe une analyse approfondie du concept d’autorité. L’auteur montre, contre l’anarchisme, que l’autorité peut parfois être justifiée, mais, avec lui, qu’elle doit l’être sans sacrifier à l’obéissance aveugle. Il en propose ainsi une justification exigeante, car respectueuse de l’autonomie individuelle. Elle invite à évaluer sans complaisance nos institutions politiques.

Bertrand Cassegrain est docteur en science politique de l’Université de Genève.

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dimanche 17 juin 2018

Jean-Joël Duhot : L'affaire Jésus, un quiproquo ?

Kimé - Juin 2018


Historien de la philosophie et helléniste, Jean-Joël Duhot aborde la question de Jésus dans une histoire globale, avec les outils du philosophe, de l'historien et du philologue. Les textes parlent si on sait les contextualiser et leur poser les bonnes questions. Cette approche décloisonnée, qui rejette les barrières habituelles séparant le sacré du profane, et le théologique du rationnel, et qui abolit les digues de protection que la laïcité accorde au religieux, fait apparaître un Jésus radicalement différent. Un rabbi qui pense à travers les grilles de la théologie judéo-hellénistique, largement tributaire d'un stoïcisme intégré par les Pharisiens, et que ceux qui le suivent sont incapables de comprendre. Acteur d'une protestation réagissant aux scandales qui entachent le Temple, il se trouve pris dans un insoluble conflit socio-politique, et provoque malgré lui un mouvement qu'il ne peut arrêter qu'en s'offrant à la mort. Après deux millénaires de malentendus, une évidence s'impose : il est faux de dire que les juifs ont tué Jésus.

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S. Guermès et B. Krulic (dir.) : Edgar Quinet, une conscience européenne

P.I.E-Peter Lang S.A., Editions Scientifiques Internationales - Mai 2018


Penseur « européen » par ses expériences personnelles et ses attaches familiales, Edgar Quinet a élaboré une approche profondément originale des variantes nationales de formation des États-nations et d’acculturation à la démocratie. Cet ouvrage se propose de dégager la dimension européenne de sa pensée, ainsi que les expé- riences, personnelles et intellectuelles, qui ont influencé sa perception du mouvement des nationalités à travers l’Europe. Son enfance coïncide avec l’épopée napoléonienne, sur laquelle il méditera ; il est adolescent lorsque commencent les révolutions issues de la recomposition de l’Europe après 1815 ; il participe à l’expédition de Morée et voit la Grèce accéder à l’indépendance en 1829 ; il soutient les partisans du Risorgimento; ami et collègue de Mickiewicz, il se préoccupe du sort de la Pologne ; son ouvrage Mes Vacances en Espagne comporte un important volet politique ; il se passionne pour les Roumains auxquels il consacre un ouvrage. Dès les années 1830, ce grand connaisseur de l’Allemagne a compris que l’unité allemande se réaliserait contre la France, ce qui l’a prémuni contre les illusions de la plupart de ses contemporains. Lors du « Printemps des nations », il nourrit sa réfexion de l’actualité pour défendre le système des nationalités et le « génie national » ; convaincu que les pays d’Europe vont de façon irréversible vers la démocratie, il les met toutefois en garde contre les « soubresauts de la conscience en des sens opposés".

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samedi 16 juin 2018

Cahiers philosophiques 2018/1 (N° 152) : Le végétal, savoirs et pratiques

Vrin - Juin 2018


Plusieurs publications récentes en philosophie, en anthropologie ou en histoire contribuent à une critique de la hiérarchie que nous établissons sans même y penser entre « l’animal » et « le végétal », tant notre culture est coutumière d’une caractérisation des plantes par défaut, en toute ignorance de l’ampleur de notre dette envers elles.

C’est sous l’angle d’une différenciation des savoirs ayant trait aux végétaux et d’une analyse historique et politique des pratiques auxquelles ils sont associés que la réflexion est ici engagée. S’il est aisé de planter et faire germer des graines – les animaux, le vent, les courants ne cessent d’ensemencer la Terre – cultiver une terre nécessite un savoir complexe, attentif aux circonstances et adéquat à la singularité d’un lieu. Savoir dont les paysans ont été en grande partie dépossédés au moment même où ils se sont vus imposer un modèle industriel censé être plus savant, plus rationnel et surtout plus rentable. La prise de conscience actuelle de l’importance et de la variété des écosystèmes ainsi que de l’apport irremplaçable du « végétal » invite à questionner cette hiérarchie des savoirs et des pratiques.

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vendredi 15 juin 2018

Mark Alizart : Chiens

PUF - Avril 2018 - Collection : Perspectives critiques


Le chien. Le meilleur ami de l'homme. Domestiqué à la préhistoire, compagnon de route des explorateurs et des artistes, des penseurs et des promeneurs, des amateurs de coin du feu comme de grands espaces, il a l'importance de l'amour qu'on lui donne. Mais n y a-t-il rien d'autre que ça, dans sa gourmandise débonnaire et sa dépendance pleine d'affection ? Dans Chien, Mark Alizart renverse les clichés qui portent sur les chiens et leurs maîtres, pour en faire d'inattendus professeurs de vie, nous apprenant les recettes cachées du bonheur et de la joie. Se promenant avec érudition et élégance entre les grands mythes de l'histoire humaine et les anecdotes tirées de la culture populaire, les vues étranges de certains philosophes et celles, encore plus bizarres, de la science, il propose un portrait inédit du chien en penseur. Un penseur qui connaîtrait peut-être le secret véritable de notre humanité.

Mark Alizart est philosophe. Il est l'auteur de Pop Théologie(Puf, 2015) et Informatique céleste(2017). Le Monde ou Les Inrockuptibles l'ont compté parmi les auteurs les plus singuliers et novateurs de sa génération.

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jeudi 14 juin 2018

Raphael Liogier : La guerre des civilisations n'aura pas lieu

CNRS - Juin 2018


Raphaël Liogier nous montre que le prétendu " choc des civilisations " n'est qu'un leurre face à la réalité de la civilisation globale. En dépit de l'existence de postures antagonistes et extrémistes qui peuvent s'appuyer sur des idéologies religieuses et politiques, les croyances essentielles des hommes sont de moins en moins des facteurs d'oppositions de valeurs. Toutes les religions sont, à des degrés divers, traversées par trois tendances nées de la mondialisation : le spiritualisme, le charismatisme et le fondamentalisme. Ce qui n'empêche pas qu'au sein de cette civilisation unique naissent des formes de violence inédites caractéristiques, entre autres, d'un nouveau terrorisme. 
Raphaël Liogier lance un appel pressant à penser la porosité des frontières et la disparition de la figure de l'Autre radical. Comment les identités individuelles et collectives peuvent-elles se définir et coexister dans un monde sans vraies frontières ? Un essai vigoureux pour combattre les préjugés, et mieux comprendre le monde qui nous entoure. 

Sociologue et philosophe, Raphaël Liogier est professeur à Sciences Po Aix-en-Provence et enseigne à Paris au Collège international de philosophie. Il est, entre autres, l'auteur du très remarqué Mythe de l'islamisation (2012, réed. Points, 2016).

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Catherine Puigelier : Mourir de la vérité. Preuve et Nietzsche

Editions Mare et Martin - Juin 2018 - Collection : Sciences cognitives & Droit


Les notions de vrai, véridique et vraisemblable régissent tout le droit de la preuve. Si le vrai et le véridique diffèrent peu, le vraisemblable se détache très nettement des deux premières acceptions.
Deux raisons à cela : ce qui est vrai, véridique doit être vraisemblable, tandis que ce qui est vraisemblable n’est pas toujours vrai.
Dans sa mission consistant à rapporter la vérité pour trancher au plus juste un désaccord ou un litige, le droit repose sur des concepts probatoires qui doivent paraître les plus vrais, les plus véridiques possibles.
Mais la vérité est parfois si insaisissable qu’il est contraint de se tourner vers la vraisemblance, ce qui n’a que l’apparence de la vérité.
L’opération, aussi astucieuse soit-elle, peut être l’occasion de consacrer le faux.
Friedrich Nietzsche rejetait une croyance nihiliste en la vérité absolue. Il estimait que l’art permettait de ne pas « mourir de la vérité » (Fragments posthumes).

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Friedrich Engels : Écrits de jeunesse, tome 2. Manchester, 1842-1844

Les Editions sociales - Juin 2018 - Collection : Grande édition Marx et Engels


Le premier volume des Écrits de jeunesse d’Engels rassemblait les textes de l’étudiant allemand jusqu’à son départ pour l’Angleterre en novembre 1842. À 22 ans, il part travailler dans la fabrique de l’entreprise textile familiale à Manchester, foyer de la révolution industrielle et du mouvement ouvrier anglais.

Pendant ce premier séjour de plus deux ans, il envoie régulièrement des contributions à des journaux allemands notamment les Annales franco-allemandes où il publie sa célèbre Contribution à la critique de l’économie politique.

Mais la plupart de ses articles procèdent surtout d’un regard documenté et critique sur la Grande-Bretagne des années 1840, celle de l’industrialisation et du libéralisme. Engels traite des développements de l’industrie textile, de la question des lois céréalières et du libre-échange, de la formation de la classe ouvrière et de l’exploitation à laquelle elle est confrontée. Tous ces ingrédients feront la matière de La Situation de la classe laborieuse en Angleterre dont une nouvelle traduction sera publiée prochainement par la Geme.

Par ailleurs, Engels entame fin 1843 une collaboration avec deux journaux britanniques : l’hebdomadaire owéniste The New Moral World ; puis le journal chartiste The Northern Star. Dans ces périodiques, la position d’Engels est différente : s’étant lié aux milieux radicaux et socialistes britanniques, il s’agit pour lui de leur faire connaître la situation sur le continent, en particulier dans les États de langue allemande. C’est dans ce cadre qu’il publie des textes majeurs comme LaMarche de la réforme sociale sur le continent.

Ce volume de la Geme dirigé et longuement préfacé par Fabrice Bensimon, professeur d’histoire et de civilisation britanniques à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste du mouvement ouvrier anglais des années 1840, se propose de faire connaître un parcours intellectuel et politique méconnu, celui d’Engels pendant les deux années antérieures à son travail avec Marx, quand, journaliste et polémiste, de plus en plus engagé dans le combat démocratique et socialiste, il est l’observateur lucide et érudit des transformations sociales et politiques de trois nations. Il donne, poursuivant le travail du premier volume, une traduction suivie de textes souvent inédits et essentiels à la compréhension des enjeux historiques, politiques et économiques de l’Europe avancée du milieu du XIXe siècle. Des textes annexes permettent de situer l’œuvre d’Engels dans les débats et les réalités de l’époque.

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Lê Nguyên Hoang : La formule du savoir. Une philosophie unifiée du savoir fondée sur le théorème de Bayes

EDP Sciences - Juin 2018


Ce livre explore et vulgarise une philosophie du savoir appelée bayésianisme. En s’appuyant sur les travaux de nombreux philosophes, mathématiciens, statisticiens, informaticiens, neuroscientifiques et chercheurs en intelligence artificielle, le livre défend la thèse selon laquelle le bayésianisme est la bonne philosophie du savoir — par opposition notamment aux descriptions usuelles de la méthode scientifique. En effet, notamment une fois combinée à l’algorithmique, cette épistémologie normative peut se vanter d’être universelle et complète.
De plus, elle est consolidée par un très grand nombre de théorèmes mathématiques et de succès empiriques. S’il contient des passages techniques, la grande majorité de l’ouvrage se veut accessible à un large public.

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mardi 12 juin 2018

Georg Wilhelm Friedrich Hegel : Phénoménologie de l'esprit (B. Bourgeois trad., rééd.)

Vrin - Juin 2018 - Bibliothèque des Textes Philosophiques


Il y a exactement deux siècles, Hegel a proposé, dans la Phénoménologie de l’esprit, une reconquête philosophique de la sagesse, c’est-à-dire de l’identification avec soi apaisante de la vie la plus engagée dans un temps dont le bouleversement accéléré semblait l’exclure. Il y est parvenu par une remémoration pensante ordonnant et justifiant, dans la rigueur du concept (phénoméno-logie), l’assomption vraie de tous les moments et aspects essentiels du lien concret, théorique et pratique, naturel et culturel, individuel et communautaire, de l’homme au monde à travers lequel l’être, dans la surprise et la contradiction, lui apparaît (phénoméno-logie). C’est ce chemin phénoménologique vers elle-même d’une humanité redressée philosophiquement selon sa propre exigence de réconciliation spirituelle, que Hegel a tracé dans un prodigieux effort spéculatif qui exige assurément beaucoup du lecteur, mais lui apporte aussi beaucoup, encore et toujours, aujourd’hui.

Introduction, traduction et notes par Bernard Bourgeois, Professeur émérite d’Histoire de la philosophie à l’Université de Paris I, s’est consacré à l’étude de la pensée allemande, de Kant à Marx, notamment en son moment hégélien.

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Hélène Pequignat : Du piquant dans les sardines et autres nouvelles philosophiques

Le Pommier - Juin 2018 - L'échappée


Mais que vient faire Schopenhauer dans le métro à l'heure de pointe ? Quel rapport entre Rousseau et la culture de la tomate ? Et depuis quand la dégustation de guimauve renvoie-t-elle à la notion de libre arbitre ? Bienvenue dans les nouvelles philosophiques d'Hélène Péquignat. Laquelle prend un malin plaisir à montrer à quel point nos vies, sous leurs aspects parfois les plus prosaïques, recèlent cette petite touche de philosophie qui en fait tout le sel. Chaque nouvelle peut se lire de façon isolée pour le simple plaisir de l'histoire, ou avec son prolongement qui en décrypte les sous-bassements philosophiques. 

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Anne Boissière : Le mouvement à l'œuvre. Du jouer vers l'art

Mimesis - Juin 2018 - L'oeil et l'esprit


Le livre explore le statut et les qualités du pathique d'après la définition d'Erwin Straus, en se tournant vers le jeu et l'art, dans l'objectif d'interroger l'étonnante spontanéité des ces formes vivantes d'expérience. L'analyse de cette dynamique formelle, ici conçue comme un mode de communication irréductible opérant à même la motricité, mettra en valeur le playing plutôt que le game, ainsi que la Gestaltung plutôt que la forme perçue dans sa dimension identitaire. La perspective s'enrichira des créations d'art brut, témoins privilégiés d'une logique de l'inintentionnel, permettant avant tout d'habiter le monde . A la croisée de la psychanalyse et de la phénoménologie, le livre dialoguera entre autres avec les pensées de Marion Milner, Donald W. Winnicott, Johan Huizinga et Henri Maldiney.

Anne Boissière est Professeure à l'Université de Lille SHS où elle enseigne l'esthétique et la philosophie de l'art. Elle est l'auteure de Chanter Narrer Danser, Contribution à une philosophie du sentir, Delatour France, Sampzon, 2016 ; Musique Mouvement, Manucius, Paris, 2014 ; La pensée musicale de Theodor W. Adorno, l'épique et le temps, Beauchesne, Paris, 2011. Elle a co-dirigé avec Mathieu Duplay : Vie, Symbole, Mouvement ; Susanne Langer et la danse, Edition de l'Incidence, 2012.

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dimanche 10 juin 2018

Michel Deustch : Souvenirs épars. Philippe Lacoue-Labarthe, les années théâtre

Christian Bourgois - Mai 2018 - Collection : Détroits


Que veut le théâtre ? Que peut le théâtre ? Après 1968 la plupart des certitudes s'étant effondrées, il nous incombait d'interroger à nouveaux frais ce que fut en France la "volonté d'art" du théâtre. "Volonté d'art" qui, bien sûr, s'inscrivait dans la suite des idées et des desseins de rénovation dramatique qui, de Copeau à Brecht, avaient animé les grands réformateurs de la scène.

Ce livre raconte une amitié et une conversation avec Philippe Lacoue-Labarthe à propos de l'art, de la politique, de la philosophie, de l'art du théâtre pour l'essentiel. Dans la France de Mai 68, où régnait alors une immense effervescence intellectuelle, apparaît le " nouveau théâtre " avec des metteurs en scène qui ont entre vingt et trente ans dans les années soixante-dix, qui sortent pour la plupart de l'université et qui vont bouleverser le " théâtre d'art " : Chéreau, Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, Vincent Jourdheuil, Lavaudant, Savary et le Magic Circus, Vitez...

Ces metteurs en scène interrogeaient la signification de la " volonté de l'art " du théâtre en France après la Seconde Guerre Mondiale – volonté d'art qui s'inscrivait dans la suite des idées et des desseins de rénovation théâtrale qui avait animé les grands réformateurs du théâtre (Copeau, les hommes du Cartel) de la première moitié du XXe siècle. Quant à l'auteur et à Philippe Lacoue-Labarthe, le philosophe, ils se posaient simplement la question de la possibilité même du théâtre.

Le livre raconte l'installation du collectif artistique rassemblé par Jean-Pierre Vincent, futur administrateur de la Comédie Française au Théâtre National de Strasbourg (TNS) : un collectif constitué de comédiens, de metteurs en scène, de dramaturges, de peintres, de musiciens, de décorateurs, d'historiens, de philosophes. " C'était là une idée neuve, une organisation inédite à l'époque dans le paysage théâtral français ".

La revue allemande Theater Heute, sans doute la meilleure revue de théâtre européenne, a proclamé le TNS de Jean-Pierre Vincent " capitale secrète du théâtre en France ". Il s'agit de raconter une tentative de communauté autour, à partir du travail artistique. " Rien n'est social s'il n'est polémique et antagoniste " disait-on dans le collectif du TNS. La vie ne se réduit pas à de futiles drames privés et les journées ne sont pas remplies d'ambitions vaines, ils voulaient changer le monde, les utopies étaient leur horizon.

Philippe Lacoue-Labarthe, le jour où il a rejoint le collectif, a dit : " Les philosophes en général n'aiment pas le théâtre. Pour autant que j'en sois un, je suis une exception. " L'auteur se souvient d'une amitié née dans le travail, dix ans de travail théâtral avec Philippe Lacoue-Labarthe. Faire du théâtre avec un philosophe n'est pas exactement travailler avec un comédien ou un dramaturge. C'est précisément cela que ce livre tente de mesurer.

Certes, un metteur en scène ou un comédien réfléchit continument à son travail dans sa praxis mais quel est l'apport spécifique dans le travail théâtral, si apport spécifique il y a, d'un philosophe ? Que peut le théâtre ? Que peut l'art ?

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