lundi 31 décembre 2018

Chimères N° 93 : Marcher contre le marché

Erès - Janvier 2018


Les marches d'aujourd'hui peuvent être marche d'union, marche de liberté, marche des fiertés, marche silencieuse, marche blanche. Ces « marches » sont-elles autant de formes dépolitisées des manifestations d'autrefois ? Est-ce la même énergie qui met les foules séculières en mouvement que celle qui attirait les pèlerins ? La marche n'a-t-elle pas été saisie par le discours médiatique comme la plus normale des activités, à laquelle il suffit juste de trouver une motivation, la véritable étant la santé ? Les marches qui se multiplient ont une grande diversité de significations.
Elles marquent souvent un désir de ralentissement du corps par rapport au fonctionnement quotidien. Elles présentent de nouvelles propositions pour prendre plaisir à être ensemble. Devant la résurgence sécularisée et dépolitisée de cette pratique on peut se questionner : qui marche ? Qui marche pour qui ? Comment marche-t-on ? Pour quelles raisons ? Il s'agira d'évaluer la puissance et les limites de ces marches.
Faut-il réinventer nos façons de marcher ? Qu'ont à nous apprendre le marcheur, le promeneur, le flâneur ou celui qui déambule, vadrouille, erre ou vagabonde ? Où nous entraînent les marches collectives ? 

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dimanche 30 décembre 2018

Valentine Reynaud : Les Idées innées. De Descartes à Chomsky

Classiques Garnier - Janvier 2018


Les idées innées contemporaines - comme la faculté innée de langage postulée par Chomsky - ont-elles le même sens que celles que l’on trouve chez Descartes et Leibniz ? L’étude propose une définition de l’innéisme qui démontre l’actualité du débat amorcé à l’âge classique entre innéisme et empirisme.


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samedi 29 décembre 2018

Nadia Tazi : Le Genre intraitable. Politiques de la virilité dans le monde musulman

Actes sud - Novembre 2018


La présence des islamistes sur la scène internationale met au jour une question taboue dans le monde musulman : celle du rôle de la virilité. En effet, la virilité y incarne un principe politique essentiel – mais un principe qui ne dit pas son nom. Elle ne renvoie pas seulement au vieux problème des rapports entre les sexes, elle est aussi au fondement du despotisme politique et social qui y sévit de longue date. Elle détermine la nature même des gouvernements, et son enracinement explique pour une large part la crise interminable que subissent les peuples musulmans.
Telle est l'hypothèse développée dans ce livre à travers une série de tableaux historiques et contemporains illustrant les débordements et les contradictions des régimes virilistes : de l'anarchie tribale de la période antéislamique jusqu'au rigorisme des wahhabites en Arabie Saoudite, en passant par les violences des grands appareils monarchiques d'autrefois, l'aventurisme guerrier et les cruautés de Saddam Hussein, l’autoritarisme du Shah puis des mollahs en Iran, le trouble des hommes ordinaires au Maghreb, en butte à la modernisation et à l’oppression. Chaque problème politique renvoie à un type de virilité et à un territoire. Et dans cette traversée des milieux et des siècles apparaissent le Bédouin du désert, les grands conquérants, le maître du sérail chez les Ottomans, le dictateur moderniste et l’islamiste dans ses variations révolutionnaires ou conservatrices. Mais l’auteure examine aussi l’homme de la Cité idéale des théologiens et des philosophes arabes, lesquels ont combattu, à l'âge classique (VIIe-XVe siècles), ces excès et les divisions qui en résultent.
Nadia Tazi lève nombre de malentendus sur le rapport des hommes à l’autre – à “l’Occident” en bloc, à la femme, ou à l’homosexuel – et renouvelle l'analyse de thèmes décisifs comme le voile, la souveraineté, le culte du chef, la lutte pour la reconnaissance et la guerre.

Ce premier ouvrage sur la virilité dans le monde musulman, vue sous l’angle politique, est le fruit d'un programme que Nadia Tazi a dirigé au Collège international de philosophie (Paris) de 2006 à 2012.

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Makram Abbès et Laurent Dartigues (dir.) : Orientalismes/occidentalismes. À propos de l'œuvre d'Edward Said

Hermann - Décembre 2018 - Echanges Littéraires


Contributeurs : Makram Abbès, Pierre-Robert Baduel, Dino Costantini, Laurent Dartigues, Sonia Dayan-Herzbrun, Claire Gallien, Anoush Ganjipour, Orazio Irrera, Engin F. Isin, Rada Iveković, Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, Sarga Moussa, Florent Villard.

Enfant palestinien né en 1935 à Jérusalem, Edward W. Said endura à l’âge de douze ans la Nakba, la « catastrophe » de 1948 qui propulsa des centaines de milliers de Palestiniens vers les pays voisins lors des violences perpétrées à la suite de la création de l’État d’Israël. Sa famille trouva refuge au Caire, et, en 1951, il se retrouva aux États-Unis, son père ayant décidé de l’éloigner d’une région de plus en plus secouée par des crises politiques (Égypte, Syrie et Iran). 
Orientalism, livre paru en 1978, valut à Edward Said une renommée internationale. L’ouvrage eut un formidable retentissement, en particulier aux États-Unis, suscitant parfois des excès critiques et des réceptions contraires à l’esprit que Said voulait donner à son essai magistral.
Ce volume rend hommage à l’homme, au penseur et au critique littéraire. Il est consacré à la réception de l’œuvre de Said, à ses audaces méthodologiques, à ses positions au sujet de l’islam et de l’islamisme, et à la portée politico-épistémologique de son travail littéraire.

Makram Abbès est professeur en études arabes à l'ENS de Lyon.
Laurent Dartigues est un socio-anthropologue et ingénieur agronome chargé de recherches au CNRS.

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Noesis N° 30-31 : Europe

CRHI - Vrin - Décembre 2018


Ce double numéro de Noesis est consacré à la position philosophique de la question « Qu’est-ce que l’Europe ? » et à l’élaboration collective d’un concept d’Europe.
Ce choix résulte du constat de l’accumulation de ce qu’il est convenu d’appeler « les crises européennes » depuis dix ans. Dites « grecque », « des dettes souveraines », « de la zone Euro », « ukrainienne », « des réfugié-e-s », « sécuritaire » ou encore « Brexit », leur violence et leur imbrication sont telles qu’elles paraissent relever d’une même crise plus profonde de l’Europe en tant que telle, et requérir, pour leur compréhension et leur surmontement, un examen global.
La forme de ce constat n’est certes pas nouvelle : en 1935 déjà, dans La crise de l’humanité européenne et la philosophie, Husserl thématisait « la crise de l’humanité européenne », faisant d’ailleurs aussi remarquer la récurrence « du thème […] de la crise européenne ». Mais précisément, la récurrence de cette récurrence ne prouve-t-elle pas l’ancienneté et la radicalité de la crise actuelle de l’Europe, l’ancienneté de son irrésolution aussi et donc la nécessité, pour la surmonter, de répéter, différemment, la tentative de la comprendre ?
Le titre de ce numéro – Europe – signifie la proposition, pour cela, de procéder avec la simplicité adéquate à la radicalité supposée de la crise, en demandant pour commencer ce qu’il faut comprendre sous le nom d’Europe. Il s’est agi d’élaborer collectivement un concept correct d’Europe, dont il était su au moins que, loin de sa formulation par Husserl comme « téléologie historique des buts infinis de la raison », il intégrerait l’incompréhension européenne de la situation européenne, et qu’il requerrait donc, pour son élaboration, les perspectives des extériorités de l’Europe et une autre méthode.

Introduction
Salim Abdelmadjid, « Qu’est-ce que l’Europe ? Différence de la noèse et de l’Europe. ».

I. Historiophilosophie de l’Europe

Marie-Hélène Desmeules, « L’Europe et les étrangers. Le retour de Husserl aux origines grecques de la raison théorique. ».

Caroline Anthérieu-Yagbasan, « Zweig et l’Europe : culture contre nationalismes. ».

Romain Bertrand, « Une question allemande. Europe et philosophie chez Lacoue-Labarthe. ».

Quentin Badaire, « L’Europe selon Deleuze et Guattari : une histoire de flux et de déterritorialisation. ».

II. Géophilosophie de l’Europe

Jacques Lévy, « Europe : une géographicité. ».

Salim Abdelmadjid, « Un concept africain d’Europe ».

Samuel Marie, « L’Europe au miroir du Japon : l’Europe comme modèle et contre-modèle dans la pensée politique de l’école de Kyoto. ».

Perrine Simon-Nahum, « Les Juifs et l’Europe. Retour en diaspora ? ».

Sophie Guérard de Latour, « L’expérience du multiculturalisme en Europe : une lecture critique à partir de la minorité rom. ».

Camille Louis et Étienne Tassin, « L’Europe au prisme de son rapport aux autres ».

III. Épistémologie de l’Europe : l’Europe et les disciplines

Dominique Combe, « « Désormais il faut avoir l’esprit européen… » : La littérature européenne, entre littératures nationales et littérature mondiale ».

Jean-Louis Halpérin, « L’Europe comme concept juridique ? ».

Alexis Cukier et Davide Gallo Lassere, « Les crises de la construction européenne : une approche multidimensionnelle. ».

IV. Philosophie politique de l’Europe

Philippe Crignon, « Penser philosophiquement l’Europe à partir d’elle-même ».

Mathilde Unger, « L’intégration par le droit dans la littérature postnationale sur l’Union européenne ».

Céline Spector, « Pourquoi l’Europe a-t-elle besoin d’une généalogie ? ».

Aliénor Ballangé, « Généalogie de l’Europe : le moment communautaire. ».

Céline Jouin, « La constitution matérielle de l’Europe. Par-delà le pouvoir constituant. ».


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samedi 22 décembre 2018

Tumultes n° 51 : Cosmopolitique en exils. Des xénopolis à l’édification d’un monde commun

Kimé - Décembre 2018



Perdre le monde

Catherine Wihtol de Wenden : Migrants ? Réfugiés ? Où en sommes-nous ?
Alain Morice : Le dialecte migratoire : meurtrières dichotomies
Denis Pieret : Le mythe de la managérialisation des migrations
Catherine Coquio : « Nous »

Reprendre le monde : des nations de l’Un aux villes des autres

Marie Cuillerai : Le refuge et l’oikos
Mélanie Pauvros : L’hospitalité des maires à l’heure de la biopolitique étatique
Regina Mantanika : Les étapes en ville. L’urbain travaillé par la mobilité/
l’immobilité migrante

Faire monde commun : langues xénopolitiques et actes cosmopolitiques

Poètes sans papier. Trois poèmes de Hassan Yacine
présentés par Michel Agier
Milady Renoir : Monde-chœur, qui chante encore ?
Archipel des devenirs : Xénopolis
Antoine Hennion : Faire face. Pour une saisie politique de la question
des migrants

Perspectives
Étienne Tassin : La condition migrante. Pour une nouvelle approche
du cosmopolitisme

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Saint Augustin : Œuvres philosophiques complètes

Les Belles lettres - Novembre 2018


Table des matières

Tome I

Préface de Maxence Caron
Note sur la présente édition
Repères biographiques
Notice chronologique sur les oeuvres

Confessions
Les Soliloques
De l’immortalité de l’âme
De la vie bienheureuse
Du Maître
De l’ordre
Contre les académiciens
De la grandeur de l’âme
Traité du libre arbitre
Traité de la musique
Des moeurs de l’Église catholique
De la vraie religion
La Règle de saint Augustin
Explication du Sermon sur la Montagne
Quatre-vingt-trois questions
De la foi aux choses qu’on ne voit pas
De la foi et du symbole
De la foi et des oeuvres
Des hérésies
De l’utilité de la foi
Des deux âmes
Conférences entre saint Augustin et Fortunat
Contre Adimantus
De la nature du bien

Tome II

Enchiridion ou le Manuel
Du combat chrétien
Le catéchisme
De la continence
De ce qui est bien dans le mariage
De la sainte virginité
Avantages de la viduité
Des unions adultères
Du mensonge
Contre le mensonge
Du travail des moines
De la divination des démons
Des devoirs à rendre aux morts
De la patience
Du symbole
De la discipline chrétienne
Du cantique nouveau
De l’utilité du jeûne
De la ruine de Rome
La Trinité
La Cité de Dieu

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Simone Goyard-Fabre (dir.) : Rousseau et la nature

Slatkine - Décembre 2018 - Revue Rousseau Studies 6


Rousseau : multiple, difficile et incertain … Néanmoins, dans l’ampleur d’une œuvre qui a suscité tant de commentaires et de controverses, se tapit, au fil des détours, des nuances et des contradictions, l’unité remarquable d’une pensée aussi profonde que tourmentée. Bien qu’il ait déclaré vouloir « parler de l’homme », c’est toujours dans la nature ou par rapport à elle qu’il le situe ou le comprend. L’idée de Nature, quelle qu’en soit la déroutante plurivocité, constitue en effet l’arrière-fond à partir duquel l’œuvre entière se déploie. Ce numéro des Rousseau Studies, se propose d’examiner – fût-ce sans promesse d’exhaustivité tant un tel travail s’avère immense – comment l’idée de nature, en tous ses replis, constitue le sol fondateur dans lequel s’enracine métaphysiquement la méditation de Rousseau. De diverses manières et avec des accents différents qui passent parfois pour le manque de cohérence d’une plume fébrile, les grands champs épistémologiques dans lesquels s’aventure la pensée – la politique, le droit, l’histoire, l’économie, la religion, la pédagogie, la musique, la botanique, la chimie… – plongent leurs racines dans une nature dont les multiples aspects possèdent néanmoins une éblouissante unité. Les auteurs montrent ici comment le génie et le tour de force de Rousseau consistent, en une ambivalence insolite, d’une part, à projeter les puissances divines de la nature dans l’existence même de l’homme et aussi, d’autre part, à détecter, dans les conquêtes d’une modernité en quête de triomphes, les vertiges redoutables que l’oubli ?humain, trop humain? de la nature a engendrés au fil de l’histoire. Pour avoir compromis, voire effacé le caractère sacré de la nature, l’homme, en un geste tragique, a provoqué le malheur de sa propre conscience et de sa vie.

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William Hazlitt : Sentiment et raison

Presses Sorbonne Université - Janvier 2018 - Collection "Mémoire de la critique"


Peu connu en France, William Hazlitt est l’un des plus importants essayistes en langue anglaise. Tour à tour familier, philosophe, rieur, grave ou nostalgique, le ton de Hazlitt varie constamment. L’acuité de son propos, sa culture philosophique, sa passion pour la peinture, ses réflexions sur l’humour et le spirituel font de lui un témoin fondamental du début du XIXe siècle.
Dans ce recueil, les lecteurs trouveront dix-huit essais sur des questions aussi diverses que la valeur esthétique des Marbres d’Elgin, qui venaient d'être rapportés de Grèce, sur les drames shakespeariens ou sur les grands poètes de son époque, William Wordsworth et Samuel Taylor Coleridge.

Sommaire

Préface, par Patrizia Lombardo
Note du traducteur
Première partie : Littérature
Du caractère littéraire (1813)
Du caractère de Rousseau (1816)
Othello (1817)
Macbeth (1817)
Hamlet (1817)
Le Roi Lear (1817)
Du style familier (1822)
Ma première rencontre avec les poètes (1823)
Seconde partie : Esthétique
Pourquoi les arts ne progressent-ils pas ? – Un fragment (1814)
De l’imitation (1816)
Du gusto (1816)
De l’humour et du spirituel (1819)
Des Marbres d’Elgin : L’Ilissos (1822)
Des Marbres d’Elgin – II (1822)
Du génie et du sens commun – I (1825)
Du génie et du sens commun – II (1825)
Pourquoi prend-t-on plaisir aux objets éloignés (1825)
De l’originalité (1830)
D’un cadran solaire (1827)
La déception (1820)
Index

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Gilles Guigues : Promenades Athéniennes. Un Récit Philosophique

L'Harmattan - Décembre 2018


Kostas, professeur de philosophie à l'Université d'Athènes, décide de quitter ses fonctions. Porté par le plaisir de la marche, il a l'habitude de déambuler dans la ville et sa campagne environnante. Toutefois, à l'occasion d'un de ses parcours, il cesse d'en tirer un quelconque plaisir. Vient le moment d'être plus attentif aux choses et aux êtres qui l'entourent, de porter un regard aiguisé sur les vestiges disséminés dans l'Attique. Cette nouvelle tournure d'esprit l'amènera à se consacrer à l'écriture d'un livre sur la mythologie grecque et son rapport à la philosophie. Elle bouleversera sa relation avec son épouse Clio.

Gilles Guigues est philosophe, docteur ès lettres et arts du LACS Aix-Marseille I, Université de Provence. Après avoir soutenu une thèse en philosophie de l'art, il assure la direction de recherches et enseigne la philosophie dans l'ingénierie sociale.

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Bruno Petey-Girard et Pascal Sévérac : Représentations de la souffrance

Classiques Garnier - Décembre 2018


Contributeurs: Abettan (Camille), Abi-Aad (Randa), Agnese (Roberta), Alfandary (Isabelle), Arama (Fanny), Barroux (Gilles), Bodet (Clément), Bustan (Smadar), Chiron (Pierre), Courtil (Jean-Christophe), Dingremont (François), Diop (Papa Samba), Farhat (Amina), Ferré (Vincent), Furlanetto (Rémi), Gianico (Marilina), Hich-Chou (Mohamed), Jouanny (Sylvie), Knee (Philip), Labia (Julien), Litwin (Christophe), Martin-Ulrich (Claudie), Nélaton (Christelle), Nervaux-Gavoty (Laure de), Petey-Girard (Bruno), Rustighi (Lorenzo), Sévérac (Pascal), Sgambato-Ledoux (Isabelle)

Les articles de ce volume cherchent à comprendre la souffrance à partir de ses propres représentations et soulignent la nécessaire articulation des discours littéraires, philosophiques, psychanalytiques et médicaux pour cerner ce fait social et moral total qu’est l’expérience, vécue et vivante, de la souffrance.


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jeudi 20 décembre 2018

Rémi Astruc et Jacques-David Ebguy (dir.) : Les Valeurs dans le roman. Conditions d'une "poéthique" romanesque

RKI Press - Décembre 2018


Cet ouvrage s’interroge sur le mode de construction et de présence des valeurs dans le roman moderne. Spécialistes de littérature, philosophes, théoriciens du langage et du discours y examinent un vaste corpus d’œuvres romanesques, issues d’univers culturels et linguistiques variés, pour dégager des formes singulières de problématisation et de mise en jeu de la question éthique. En cinq sections successives, « Perspectives théoriques et philosophiques », « Éthique et esthétique », « Valeurs d'ailleurs, ailleurs des valeurs », « Poéthique de la mémoire », « D'une responsabilité de la forme », vingt contributions interrogent le tournant éthique des études littéraires et esquissent le paysage critique contemporain d'une réflexion essentielle pour la littérature.

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Collectif : Didier Anzieu : Le moi-peau et la psychanalyse des limites

Erès - Décembre 2018


En inventant il y a plus de trente ans la métaphore du Moi-Peau, Didier Anzieu a instauré la question des limites au centre de la psychanalyse, sur la base d’une entité mixte psychique et corporelle, dont la clinique vérifie la puissance. Il a éprouvé cette notion dans des dispositifs exploratoires aux limites des pratiques centrales de la psychanalyse, et il n’a pu le faire que suffisamment assuré dans ses propres enveloppes psychiques, suffisamment travaillé par ses failles.

A l’occasion du 20e anniversaire de la parution de son livre Le Moi-Peau, les différents auteurs de cet ouvrage rendent hommage à la créativité de Didier Anzieu et la confrontent à leurs propres élaborations cliniques et théoriques : une mise à l’épreuve du Moi-Peau dans le contexte psychanalytique actuel.

Catherine Chabert, professeur à l’Université Paris V, Laboratoire de psychologie clinique et de psychopathologie, psychanalyste, membre de l’APF.
Dominique Cupa,professeur à l’Université Paris X, Laboratoire de psychopathologie psychanalytique des Atteintes somatiques et identitaires, psychanalyste, membre de la SPP.
René Kaës, professeur émérite de l’Université Lyon II, président du CEFFRAP, psychanalyste.
René Roussillon professeur à l’Université Lyon II, Centre de Recherches en psychothérapie et psychologie clinique, psychanalyste, membre titulaire de la SPP.

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Le Télémaque, n° 54/2018 : Réformes de la philosophie et de l'Université : contextes français et latino-américain

PU de Caen - Décembre 2018



Ce dossier propose un retour sur l'histoire de l'enseignement de la philosophie en France, et une lecture croisée des réformes de la philosophie et de l’université, mettant en réflexion les contextes français et latino-américain.

Ouverture
Horacio González, « La pensée universitaire argentine à l'écoute des échos français ».
Chronique morale
Éric Dubreucq, « Exit Roth ».
Notion
Valentin Schaepelynck, Engin Sustam, « Autogestion ».
Dossier : Réformes de la philosophie et de l'Université : contextes français et latino-américain
Patrice Vermeren, « Présentation. Venir après l'histoire de la philosophie, la Reforma universitaria de 1918 et Mai 68 ? » ;
Lucie Rey, « Victor Cousin et l'instrumentalisation de l’histoire de la philosophie » ;
Pierre-François Moreau, « Victor Cousin, la philosophie et son histoire » ;
Patrice Vermeren, « Georges Canguilhem et les professeurs de philosophie » ;
Nathalie Périn, « Pour un nouvel enseignement de la philosophie. Retour sur La philosophie des professeurs de François Châtelet » ;
Susana Villavicencio, Patrice Vermeren, « La Réforme de l’Université saisie par la philosophie : présentation du texte de José Ingenieros, L’Université de l’avenir (1916) » ;
José Ingenieros, « L’Université de l’avenir (1916). Traduction par Monica Costa Netto » ;
Rodrigo Díaz Maldonado, « Positivisme et antipositivisme dans la Réforme universitaire latino-américaine : José Ingenieros et José Vasconcelos » ;
Luis Gonzalo Ferreyra, « Du réformisme à la révolution (1945-1973) : venir après la Réforme universitaire argentine de 1918 selon Arturo Andrés Roig ».
Études
Nathanaëlle Dupuy, « Le libertinage érudit et la formation de l’homme : le caractère paradoxal de François de La Mothe Le Vayer » ;
Andrea Potestio, « La présence de Rousseau dans la réflexion éducative de Pestalozzi ».
Comptes rendus
Summaries

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Cités N° 76, décembre 2018 : Ecologie et décision politique

PUF - Janvier 2018


L'urgence écologique, la nécessité pour nos sociétés de changer de mode de développement pour que le monde ne devienne pas inhabitable, est largement reconnue. Mais cette reconnaissance, loin de se traduire par une convergence sur le plan des principes et de l'action, donne lieu à des opositions et à des controverses sans fins. Il importe donc de mettre en place les principes d'une éthique et d'une politique à la mesure de l'enjeu. 
Le problème est donc à la fois théorique et pratique. Quels sont les principes pratiques d'une éthique environnementale ? Qu'est-ce que doit être une politique écologique ? Comment surmonter le décalage entre les principes et l'action tant au niveau individuel que collectif ?

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Aristote / Thomas d'Aquin : Traité de l'interprétation d'Aristote. Commentaire de Thomas d'Aquin

L'Harmattan - Décembre 2018


« En écrivant son Traité de l’Interprétation, Aristote a trempé sa plume à l’encre de son esprit ! » L’antique remarque de Cassiodore vaut encore aujourd’hui. S’appuyant sur ses prédécesseurs, Thomas d’Aquin régie un commentaire hautement structuré, reconnu comme l’un des plus explicites. Demeure inachevé, il est complété par Thomas de Vio, dit Cajetan, un des premiers grands thomistes et maître logicien. C’est de l’ensemble de ces deux parties de commentaires que nous proposons la traduction, dont la seconde pour la première fois en français
Traduction : Guy-François Delaporte

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Erick Audouard : Comprendre l'apocalypse

Pierre-Guillaume De Roux - Décembre 2018


Et si la fin des temps découlait précisément du recours abusif à la notion d’ « apocalypse » pour expliquer toutes nos angoisses ? Car c’est bien plutôt à la paralysie de la pensée qu’à la prise de conscience qu’aboutit ce sempiternel discours sur la fin du monde. L’effet en est décuplé dans un contexte où prolifèrent les instruments de mesure et de prédiction. Impossible d’ignorer ce qui nous menace depuis notre taux de cholestérol jusqu’à la fonte de la calotte glaciaire.
Dans l’univers technoscientifique qui est le nôtre, il n’est désormais presque aucun domaine, presque aucune réalité qui ne soit affligée d’un expert ou d’un spécialiste, comme une petite chose malade ou mal fichue. Une telle situation engendre un état d’hypocondrie cognitive – qui engendre à son tour une paralysie de la décision et de l’action : l’homme actuel s’en trouve affecté comme nul autre type d’hommes avant lui. Parler de Fin des Temps à l’homme d’un tel monde, c’est non seulement vouloir le clouer dans son lit, mais le plonger dans le coma. Ces impasses sont typiquement modernes et post-modernes, que ce soit dans l’excès d’ « ignorance » ou dans l’excès de « savoirs ». Il est donc plus que temps de rendre son sens réel et profond au mot « apocalypse » : révélation, dévoilement.
Pour cela, tentons un dialogue audacieux entre deux grands esprits de notre temps : René Girard (1923-2015), philosophe français, et Leonardo Castellani (1899-1981), grand théologien argentin . Tous deux sont investis de l’étonnement créateur sans lequel aucune vérité n’émerge, tous deux sont réalistes, profondément psychologues et grands lecteurs. C’est au niveau le plus spirituel et le plus caché de l’ apocalypse qu’ils nous mèneront.

Érick Audouard est écrivain, poète et traducteur. Il a vécu en Argentine et a publiéFragments de Trébizonde aux éditions Gallimard. Grâce à lui, Leonardo Castellani, immense écrivain argentin, a été présenté et traduit en français pour la première fois : Le Verbe dans le sang (Pierre-Guillaume de Roux, 2017).

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mercredi 19 décembre 2018

Bernard Bourgeois : Sur l'histoire ou la politique

Vrin - Décembre 2018


L’humanité a appris de l’histoire le système des conditions politiquement réalisées d’une existence libre. La tâche politique fondamentale du jour n’est donc plus celle de la solution du problème de la politique, mais celle de la solution politique de problèmes dont les plus urgents et les plus graves ne sont pas, en leur contenu, de nature politique. C’est là dire que, s’il faut repolitiser le politique et sa mise en oeuvre dans la politique comme activité sui generis ou en sa forme propre, il faut tout autant dépolitiser le contenu ou l’objet réel de celle-ci. Les problèmes ainsi non proprement politiques de la politique intéressent pourtant celle-ci au premier chef, car ils mettent en jeu l’existence même de la liberté.

Bernard Bourgeois est membre de l’Institut et professeur émérite d’Histoire de la philosophie à l’Université de Paris I. Il s’est consacré à l’étude de la pensée allemande, de Kant à Marx, notamment en son moment hégélien.

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Georges-Arthur Goldschmidt : Un humanisme inabouti. Une piste perdue, le repérage de la conscience de soi en allemagne à la fin du XVIIIe siècle (Karl-Philipp Moritz) et son effacement

Vrin - Octobre 2018 - Société Française de Philosophie - Bulletin de la Société Française de Philosophie


Goethe se trompait rarement sur l’essentiel, pour preuve, il a d’emblée su reconnaître l’importance première de Karl Philipp Moritz (1756-1793), l’un des prédécesseurs méconnus de la psychanalyse. Dans sa revue Magazin zur Erfahrungseelenkunde(Magazine de psychologie par l’expérience, exactement de connaissance de l’âme), Moritz publie, c’est peut-être l’une des premières fois en Europe, en 1791 les descriptions objectives et explicatives de divers troubles mentaux, la confession d’un étudiant homosexuel, le cas d’un paranoïaque, puis dans la même revue l’autobiographie d’un des premiers intellectuels juifs de langue allemande, Salomon Maïmon et surtout de nombreux cas cliniques présentés de façon très moderne.

Mais Moritz fut surtout l’auteur de l’admirable Anton Reiser, en fait l’autobiographie de Moritz lui-même magnifiquement traduit en français par Georges Pauline (Arthème Fayard). Après plus d’un siècle d’oubli, il doit sa redécouverte au grand germaniste français Robert Minder. Anton Reiser : le plus puissant des romans de formation du XVIIIe siècle allemand. On y voit un enfant se « construire » lui-même à travers la détresse, les humiliations et la misère. Il découvre les moyens de sa propre liberté à partir du piétisme dont il retient surtout le pouvoir d’auto-analyse pour arriver par ses propres moyens à la liberté de pensée telle que la concevait Kant dans son célèbre texte. Très proche de Rousseau, qu’il a bien entendu lu, il le prolonge par le travail d’autoinvestigation objectif. Il fait de la subjectivité et de son analyse dans ses manifestations de la honte et de la dénégation de soi des dimensions existentielles. La précision, l’intensité et la nouveauté de la pensée de Moritz auraient pu orienter tout autrement la philosophie allemande et la rendre habitée. Fichte avait commencé à tracer cette voie mais qu’il rend totalement anonyme sous la forme d’un Ich mué en Es politique dont l’aboutissement, comme l’avait prévu Heinrich Heine dans Religion et philosophie en Allemagne, sera l’intégration par Heidegger de la philosophie dans le crime absolu national-socialiste.

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Olivier Boulnois et Isabelle Moulin (éd.) : Le beau et la beauté au Moyen-Âge

Vrin - Novembre 2018 - Publications de l’Institut d’Études Médiévales de l’Institut Catholique de Paris


Est-il légitime de parler d’une « esthétique » au Moyen Âge? Comment l’homme médiéval articule-t-il son expérience du beau et sa conception de la beauté? Y a-t-il un langage commun entre le discours sur la beauté et la beauté des œuvres? Choisissant le parti de délaisser un concept moderne qui ne s’applique qu’imparfaitement au statut de la beauté au Moyen Âge, cet ouvrage présente différents « lieux » historiques, philosophiques et théologiques du discours sur la beauté avant d’en montrer la pertinence dans les œuvres monumentales (architecture et sculpture), la musique, les vitraux et les icônes.


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E.M. Dadlez (dir.) : Jane Austen's Emma. Philosophical Perspectives

OUP USA - Novembre 2018 - Collection : Oxford Studies in Philosophy and Lit


What has Emma Woodhouse, "handsome, clever, and rich, with a comfortable home and very little to distress or vex her" to say to a discipline like philosophy? How is a novel like Emma, inaccurately but not infrequently caricatured as a high-toned version of a pedestrian romance, to supply material for philosophical insight or speculation? 
Jane Austen's Emma is many things to many readers but it is as inaccurate as it is reductive to consider it just a romance. The minutia of daily living on which it concentrates permit not a rehearsal of platitudes, but a closer look at human emotions and motives, as well as the opportunity to hone our interpretive and empathetic skills. Emma flies in the face of conventional notions of femininity by presenting a heroine with hubris. It shows how friendships can affect one's ways of dealing with the world, how shame can reconfigure self-understanding, how gossip functions in sustaining a community. Emma rehabilitates conceptions of romance by rejecting melodrama in favor of naturalism. It explores the waywardness of the imagination and the myriad ways in which different people with different biases and agendas may evaluate the same evidence. It dwells on the limits of autonomy in that it explores the ease with which one may submit to the will of another. 
Emma is not itself a work of philosophy. Rather, it leads us to think philosophically. In this volume, a myriad group of scholars and philosophers explore the philosophical resonances of Emma.

E.M. Dadlez is Professor of Philosophy at the University of Central Oklahoma. Her work focuses on the philosophy of art and literature, and on topics at the intersection of aesthetics, ethics and epistemology. She is the author of various articles on aesthetics and feminist ethics, as well as What's Hecuba to Him? Fictional Events and Actual Emotions(Penn State Press) and Mirrors to One Another: Emotion and Value in Jane Austen and David Hume (Wiley-Blackwell)

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N. Arambasin, A. Lefebvre (dir.) : Matières à penser les humanités. L'indétermination des frontières disciplinaires et des catégories

L'Harmattan - Décembre 2018 - Cahiers de la Nouvelle Europe n°25


Comment penser de nouveau les humanités? Les articles regroupés ici répondent à cette question en mettant à l'épreuve les frontières disciplinaires et les catégories de pensée en sciences humaines et sociales, notamment l'archéologie, l'épistémologie, la traductologie, le droit international, la sociologie de l'art, et la littérature. L'indétermination des frontières disciplinaires fait valoir des pratiques émergentes du savoir qui ouvrent un espace heuristique, soit aux limites de la raison (dans le cas du labyrinthe initiatique ou de la folie institutionnalisée), soit de l'oralité et de l'écrit (tant pour l'apprentissage du français langue étrangère que pour les traductions russes d'un roman de Balzac), mais aussi aux frontières géopolitiques : d'abord celles de l'Europe, hier ouvertes au cosmopolitisme de la Weltliteratur et aujourd'hui fermées aux migrants, ensuite celles des outre-mer dans le contexte de la mondialisation, où l'art antillais comme la littérature aborigène ont pris en charge la relève de l'acculturation politique coloniale.

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Jean-Daniel Thumser : La vie de l'ego. Au carrefour entre phénoménologie et sciences cognitives

Zeta Books - Décembre 2018


Cet ouvrage relate les péripéties de l’ego, son histoire et sa vie. Sous quelle plume ce concept est-il né et sous quelle forme ? En quoi le concept d’ego est-il à la fois le geste fondamental de la philosophie moderne et l’outil pour repenser les sciences cognitives contemporaines ? En proposant une lecture à la croisée entre la philosophie transcendantale et les sciences cognitives, l’auteur démontre que la phénoménologie husserlienne est en mesure de dialoguer avec les sciences positives dans l’optique d’une caractérisation de la vie consciente. L’auteur, en confrontant les thématiques phénoménologiques avec les recherches actuelles en sciences cognitives, nous permet de saisir les difficultés qu’il y a à définir une science globale cogénérative de la subjectivité, mais aussi les promesses qu’une telle science nous laisse entrevoir. Accessible, cet ouvrage amène le lecteur au cœur des problématiques contemporaines en philosophie et en sciences.

Jean-Daniel THUMSER est titulaire d'un doctorat en philosophie préparé à l’École Normale Supérieure de Paris (Archives Husserl) sous la direction de Natalie Depraz. Ses travaux ont pour objectif de poursuivre le dessein scientifique de la phénoménologie en la faisant dialoguer avec les sciences cognitives.
Préface de Jean-Luc PETIT, Professeur émérite à l'Université de Strasbourg et enseignant-chercheur associé au Laboratoire de Physiologie de la perception et de l’action au Collège de France.

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mardi 18 décembre 2018

Collectif : L'éthique en contexte info-communicationnel numérique. Déontologie, régulation, algorithme, espace public

De Boeck Sup - Décembre 2018


Depuis 2006, la conférence « Document numérique et société » se donne pour mission d apporter des éclairages sur les transformations des dispositifs d'information à l'ère numérique, en privilégiant la dimension sociale. La 6e édition s est tenue à l'Institut de la Communication et des Médias (Échirolles) en septembre 2018 et a été co-organisée par le Dicen-IDF (Cnam) et le Gresec (Université Grenoble Alpes), laboratoires en Sciences de l'information et de la communication. L'éthique était au coeur des questionnements, qu il s"agisse d évoquer les pratiques de recherche, l"édition de documents ou les logiques d"acteurs. Les actes de ce colloque se répartissent entre algorithmes et éthique, régulations et auto-régulations, production d informations sur les plateformes et accès aux documents. Pour les professionnels de l"information ; pour les chercheurs, enseignants et étudiants en information, communication, documentation et humanités numériques. Avec les contributions de : Béa Arruabarrena, Patrick Cansell, Camille Capelle, Stéphane Chaudiron, Anne Cordier, Franck Cormerais, Lucile Desmoulins, Jean-Claude Domenget, Julien Falgas, Bernard Jacquemin, Eric Kergosien, Alexander Kondratov, Anne Lehmans, Zineb Majdouli, Joachim Schöpfel, Brigitte Simonnot, Carsten Wilhelm et Tiphaine Zetlaoui.

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Paul Égré : Qu’est-ce que le vague ?

Vrin - Décembre 2018 - Chemins philosophiques


La plupart des termes du langage ordinaire sont vagues, au sens où les règles de leur usage ne permettent pas de leur assigner une limite d’application claire et déterminée. À partir de quelle taille peut-on dire d’un individu qu’il est grand? Quelle quantité d’une grandeur suffit à dire « beaucoup »? Il ne semble pas exister de réponse bien définie à ces questions. La frontière semble inévitablement floue et variable selon le contexte et le locuteur. Le vague a été mis en évidence dès l’Antiquité avec le paradoxe du tas de blé, ou sorite, qui demande combien de grains de blé sont requis pour faire un tas. Loin d’être un simple cas d’école, le vague est un problème courant qui affecte la signification des catégories juridiques (à quel moment un fœtus devient-il une personne?) mais aussi scientifiques (quelles propriétés font d’un corps céleste une planète?).
L’objet de ce livre est d’expliquer la nature et l’origine du vague dans le langage. Il vise notamment à élucider la question de savoir si le vague est une forme d’ignorance de faits déterminés, ou s’il s’agit d’un phénomène distinct, inhérent à la constitution du sens linguistique.

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E. Manning, B. Massumi : Pensée en acte. Vingt propositions pour la recherche-création

Presses du Réel - Novembre 2018


Vingt propositions pour le développement des pratiques et recherches artistiques en milieu académique.
La « recherche-création » monte en puissance en France. Erin Manning et Brian Massumi en sont parmi les plus radicaux théoriciens. Ils se demandent dans ce petit ouvrage quelle écologie de l'expérience mettre en place, entre recherche et création, pour nous aider à penser ensemble et à mettre la pensée en acte. En guise de réponses, ils tirent de leurs expériences vingt propositions décoiffantes et enjouées, qui donnent des envies plutôt que des leçons. Ils sèment ainsi des graines d'événements éminemment politiques, dont notre avenir a bien besoin.
Le texte original constitue l'un des chapitres de Thought in the Act. Passages in the Ecology of Experience, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2014 (ISBN : 978-0-8166-7966-9).

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Écrire l'histoire, n°18 : "Révolution"

CNRS Editions - Novembre 2018



La révolution doit apprendre à ne pas prévoir. — Napoléon
On ne sait toujours pas ce qu’est une révolution. Dans le langage ordinaire, on a coutume de désigner les phénomènes révolutionnaires par un entrelacs toujours variable de caractères : la révolte sociale, le renversement brutal des institutions, l’affrontement dans l’espace public de plusieurs groupes politiques organisés, l’émergence de nouvelles revendications de justice portées par les subalternes, l’engrenage irrationnel qui porte les révolutionnaires, une fois au pouvoir, à un usage extrême de la violence. Davantage encore, on imagine les révolutions par une certaine image fixée et stéréotypée des révolutionnaires : des masses qui « font l’Histoire » aux militants irrationnels, des sans-culottes anciens et nouveaux aux acteurs violents qui ne subordonnent leur objectif du renversement du pouvoir institué à rien d’autre que sa propre réalisation. Ces images, façonnées en premier lieu par la mémoire de la Révolution française, sont devenues paradigmatiques, informant ainsi l’imaginaire d’autres ruptures, comme celles des avant-gardes depuis le bonnet rouge mis au vieux dictionnaire par Hugo pour semer la terreur dans les lettres, et donnant ses contours au concept même de révolution.
Il est temps désormais de confronter ces images à un nécessaire renouvellement des interrogations. Comment aborder les changements révolutionnaires lorsque ceux-là supposent des changements de sens pour les acteurs qui les produisent ? Comment comprendre l’imbrication entre les ruptures institutionnelles et subjectives ? Comment cette imbrication est-elle retravaillée a posteriori par les mémoires et les histoires, et quel rôle d’abord attribuer dans l’immédiateté des phénomènes révolutionnaires au sensible et, plus en profondeur, aux formes du dicible et du pensable ? Enfin, quels effets sont-ils produits lorsque la révolution(pratique et/ou concept) passe du champ sociopolitique aux champs culturel ou scientifique ? Il s’agit de comprendre ce qui se passe durant une révolution, c’est-à-dire de quelle manière les révolutions produisent des discontinuités dans l’évolution sociale, dans les systèmes politiques, dans l’organisation des collectifs et dans les vies des individus, et comme ce qui se passe passe dans les représentations, tant historiennes que philosophiques, littéraires et artistiques.
Les révolutions sont des phénomènes historiques tout à fait singuliers. Loin de pouvoir être abordées comme le simple produit d’un ensemble de causalités linéaires, elles mettent en jeu des possibilités, qui s’apparentent à autant de bifurcations, de discontinuités, de « possibles latéraux » dans le développement des sociétés, et dans leur mise en récit. C’est sur cette proposition générale que la revue Écrire l’histoire entend participer avec son numéro 18 à l’élaboration d’une épistémologie novatrice des révolutions.

RÉVOLUTION

Dossier coordonné par Claude Millet et Federico Tarragoni

À la mémoire d’Étienne Tassin

Claude Millet et Federico Tarragoni : Avant-propos

Étienne Tassin : La triple aporie révolutionnaire
Reinhart Koselleck : Révolution : du concept à la métaphore. Contribution à la sémantique d’un terme autrefois emphatique. Traduit de l’allemand, présenté et annoté par Philippe Forget
Keith Michael Baker : La révolution révolutionnée. Traduit de l’anglais par Sylvaine Herold
Paule Petitier : « Étudier l’histoire, mépriser l’histoire ». Peut-on expliquer la Révolution ?
Federico Tarragoni : Les cendres et le brasier : ce que l’historien apprend au sociologue des révolutions
Haim Burstin : Réflexions autour du cas de la Révolution française
Jacques Guilhaumou : Michel Foucault et le moment dynastique : de l’Ancien Régime à la Révolution française
Gérard Bras : Voies de peuple dans la Révolution (mai-juillet 1789)
Sophie Wahnich : Conjurer les discontinuités de la faculté de juger : le salut public par la communauté des affections. (Saint-Just, 1792‑1794)
Emilia Koustova : Quand l’histoire de la révolution russe s’écrivait au présent
Florence Lotterie : Du Bicentenaire au 11 Septembre, comment filmer la Révolution ? De La Nuit de Varennes (1982) aux Adieux à la reine (2012)
Déborah Cohen : Énergie révolutionnaire
Claude Millet : Fatigue par temps de révolution
Eugénia Palieraki : (Dis)Continuités et moments révolutionnaires. Cône sud, années 1960‑1970
Daniel Bizeul : Le Front national de Jean-Marie Le Pen et la Révolution. Entretien avec Claude Millet et Federico Tarragoni
Paul-Antoine Miquel : Note sur La Structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn
Nathalie Quintane : Boussole. Entretien avec Marius Loris et Lise Wajeman

Lectures

Guillaume Peynet : Mythologie naturelle de la Révolution : Olivier Ritz, Les Métaphores naturelles dans le débat sur la Révolution française (2016)
Marik Froidefond : Révolution poétique. Splendeurs et misères d’un lieu peu commun : Laurent Jenny, Je suis la révolution. Histoire d’une métaphore (1830‑1975) (2008)
Marie-Bénédicte Vincent : Allemagne nazie et révolution : Johann Chapoutot, La Révolution culturelle nazie(2017)
Étienne Beaulieu, La Révolution tranquille et le Refus global : Sophie Dubois, Refus global. Histoire d’une réception partielle (2017)
Michelle Zancarini-Fournel : 1968, une révolution sexuelle ? : Antoine Idier, Les Vies de Guy Hocquenghem. Politique, sexualité, culture (2017)
Olivier Ritz : Un 14 juillet de combat : Éric Vuillard, 14 Juillet. Récit (2016)

BRÈVES D'HISTOIRE

Dossier coordonné par Florence Lotterie

Cécilia Landau : La prostitution en Grèce ancienne : un tournant gender ? Recherches récentes et nouvelles perspectives (2014‑2017)

Emmanuelle Valette : Musiques, environnement sonore et espaces sensoriels dans l’Antiquité
Anne Crémieux : Quand les images d’histoire se donnent aux mots. I Am Not Your Negro de Raoul Peck
Léonard Burnand : Commémorer Staël et Constant (2017). Enjeux d’un double anniversaire
Caroline Julliot et Claude Millet : 68 en flash-back. Paroles et textes réunis par Caroline Julliot et Claude Millet

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