lundi 19 novembre 2018

Collectif : Haïkus - Pensées de femmes

Le Seuil - Octobre 2018


Le haïku japonais est le plus souvent connu au travers des œuvres de Bashô, Buson, Issa et Shiki. Pourtant, de nombreuses femmes, maîtresses de haïkus, ont influencé la poésie japonaise depuis plus de trois siècles jusqu'à aujourd'hui.
Cette sélection de 60 haïkus vous fera découvrir des auteures classiques ou contemporaines, des femmes connues pour certaines dans leur pays : Teijo Nakamura, Momoko Kuroda, Nobuko Katsura...
Les thématiques abordées sont : amour, souffrance, quotidien, enfants.
Ces haïkus sont illustrés par différents peintres des XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Utamaro Kitagawa, Goyo Hashiguchi, Suzuki Harunobu, Kiyoshi Saito...

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Christian Jacob : Des Mondes lettrés aux Lieux de savoir

Les Belles Lettres - Octobre 2018


Ce livre invite à entrouvrir la porte de la bibliothèque d’Alexandrie et des banquets d’érudits grecs et romains, à dérouler les papyrus ou feuilleter les livres pour suivre la main des scribes et le regard des lecteurs s’aventurant dans le labyrinthe des mots et du sens.
Qu’est-ce qu’une bibliothèque ? Qu’est-ce qu’un texte ? Qu’est-ce qu’une autorité savante ? Et comment les savoirs circulent-ils en société et se constituent-ils en traditions ?
À l’heure où les mondes de l’écrit connaissent des mutations profondes, où se pose avec acuité la question des savoir-faire critiques, des outils techniques, de la navigation sur les océans de l’information, l’histoire des pratiques intellectuelles et de la transmission savante, sur la longue durée et dans la comparaison culturelle, apporte un éclairage captivant sur les défis de nos sociétés.
D’Alexandrie aux humanités numériques, de la philologie aux science studies, des savoir-faire des artisans aux mains de l’intellect, Christian Jacob étudie une question fondamentale : celle de la construction des savoirs, de leur inscription matérielle, leurs métamorphoses, leur pouvoir de créer des liens, dans l’espace, dans le temps, au cœur des sociétés humaines.

Christian Jacob est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS. Membre de l’UMR Anhima (Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques), il a notamment travaillé sur la géographie et l’ethnographie antiques, sur les pratiques lettrées liées à la bibliothèque d’Alexandrie, et plus généralement sur l’histoire des savoirs, dans une perspective comparatiste et interdisciplinaire.

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John Gray : Le Silence des animaux. Du progrès et autres mythes modernes

Les Belles lettres - Octobre 2018


Pourquoi les hommes cherchent-ils un sens à la vie ?
Comment notre imagination en vient-elle à bâtir des mondes aussi éloignés de la réalité ?
John Gray s’attache ici à nous montrer comment nous enjolivons notre existence d’innombrables fictions, détours et aveuglements afin de ne pas reconnaître que nous sommes, nous aussi, des animaux.
Un essai incisif et captivant qui nous donne à reconsidérer notre place dans le monde.

John Gray est Professeur à Oxford et à la London School of Economics.

TABLE DES MATIÈRES

1. Un chaos ancien 
L’appel du progrès
Des chevaux gelés et des déserts de briques
De l’encre invisible, de la peau écorchée et des termites
Le tombeau de l’empereur 
Deux et deux font cinq 
Tout ce qu’un tyran peut faire pour vous 
Ichtyophiles et libéraux 
Des vêtements en papier, des pianos à queue et des milliards de brins d’herbe 
Les alchimistes de la finance 
Humanisme et soucoupes volantes

2. Au-delà de la dernière pensée
Les cigares de Freud et le long parcours vers le nirvana 
Des illusions aux fictions 
Dans L’Avenir d’une illusion, il écrit :
La fiction suprême 
Le bonheur, une fiction dont on peut se passer
L’inconscient aryen de Jung ou ce que ne sont pas les mythes
Les mythes de l’avenir proche 
Tlön et l’histoire moins deux soirs
Mots et cendres 
Mysticisme sans Dieu

3. Un autre soleil 
Un prisme lumineux 
Le silence des animaux 
Une visite du British Museum 
Cités infinies 
Une toux dans un cimetière et un manteau vert 
Se faire disparaître 
L’étranger dans les coulisses

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G. Yanoshevsky (dir.) : Éthique du discours et responsabilité. En hommage à Roselyne Koren

Lambert-Lucas - Octobre 2018



Introduction - Roselyne Koren : De la linguistique énonciative et la rhétorique argumentative à l’engagement du chercheur

Galia Yanoshevsky

Ethique du discours et responsabilité énonciative

Éthique des discours, prise en charge et responsabilité énonciatives

Alain Rabatel

Les schèmes argumentatifs et leur mise en mots : L’argument par la cause

Ruth Amossy

Les problèmes éthiques de l’euphémisme dans le discours journalistique

Marc Bohomme

Effacement énonciatif et prise en charge énonciative dans des annonces des « journées portes ouvertes »

Silvia Adler

Les enfants de Diogène

Marie-Anne Paveau

Commémoration, formules et schèmes argumentatifs

Quelle est l'essence de la « Shoah » ? « La solution finale de la question juive » ou « l'éloignement complet des juifs » et du judaïsme ?

Dan Michman

Travail de mémoire, émotions et appel aux valeurs : commémorer les 130 morts du 13 novembre

Claire Sukiennik

Les formules issues de « Je suis Charlie » : des contre-formules ou des mauvais slogans?

Karina Masasa

Discours rapporté et prise en charge de la parole dans des cadres fictionnels

Le discours rapporté dans le roman contemporain

Dominique Garand

Répétition et responsabilisation : le cas des lettres d’arnaque

Galia Yanoshevsky

De l’argumentation des valeurs ou l’engagement éthique du chercheur Entretien avec Roselyne Koren

Propos recueillis par Galia Yanoshevsky

Bibliographie sélective de Roselyne Koren


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Virginie Foloppe : Dépersonnalisations au cinéma. Du traumatisme à la création

Les Contemporains favoris - Novembre 2018 - Diotime 2.0. La philosophie augmentée


L'affect de dépersonnalisation n'est pas uniquement une réaction psychique à un environnement défaillant. Il peut aussi être le levier de la création. L’analyse de Virginie Foloppe oscille constamment entre ces deux formes de dépersonnalisation. L'une relève donc de la création, qu'elle aboutisse ou non à une œuvre d'art, quand l'autre s'achève dans une destruction perceptible à travers la destinée tragique d'êtres privés de tout élan vital, après qu'ils aient été confrontés à des traumatismes ; deuil, envie, inceste, viol. L'art cinématographique crée une psyché flottante à même de réfléchir la mémoire sensorielle de situations traumatiques à la violence insoutenable et de nous livrer les moyens d'en sortir. Hitchcock, Vinterberg, et Kim Ki-duk, chacun avec un style singulier, composent des miroirs perceptifs capables de ne pas se confondre avec leur objet, mais de réfléchir l'autre voie de la dépersonnalisation.

La recherche de Virginie Foloppe, docteure en esthétique et sciences de l'art, est pluridisciplinaire : de la fabrique de l'écriture (article, essai, fiction) à celle des images (art digital, art vidéo) en passant par l'enseignement des arts (Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Nouvelle) et un diplôme de psychologue clinicienne. Elle a déjà publié aux éditions Les Contemporains favoris : L’hémorragie des contemporaines, Nelly Arcan et Chloé Delaume (2015).

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Alessandro Stanziani : Les entrelacements du monde. Histoire globale, pensée globale

CNRS - Octobre 2018


Qu’on la nomme histoire globale, mondiale, connectée, histoire-monde ou world history, c’est elle qui aujourd’hui suscite l’intérêt des lecteurs, des médias, des universitaires, et tend à façonner notre représentation du passé. Mais qu’est-ce que l’histoire globale ? Que propose-t-elle ? La belle synthèse d’Alessandro Stanziani fournit toutes les clés pour comprendre l’essor et les ambitions de cette histoire plurielle. Filiations multiples, bifurcations inattendues, brassages et métissages : affranchie de l’européocentrisme, l’histoire globale élargit les horizons géographiques, déborde les cadres nationaux, pense le monde à partir des connexions et des relations au sein d’entités politiques ou économiques hétérogènes. Elle a pour objet les migrations d’hommes, de biens, d’idées, de savoirs, de symboles, mais aussi le changement climatique, les révolutions technologiques, l’évolution des mentalités…
Saisies dans la longue durée, et à l’intersection de plusieurs mondes, Alessandro Stanziani explore à nouveaux frais les relations que l’histoire établit avec la philosophie, la sociologie, la philologie et l’économie : ces interactions délimitent la portée de l’histoire globale par rapport aux autres approches.
Face aux progrès du nationalisme, cette façon de faire de l’histoire permet de revisiter le passé d’un certain nombre d’événements, de culture et/ou de régions. De l’Inde à la Russie, des décolonisations à l’islam, cet ouvrage montre que l’histoire globale invite à multiplier les angles de vue, mais aussi à dépasser la vision de l’histoire comme choc entre les civilisations.

Directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS, Alessandro Stanziani est notamment l’auteur de Bâtisseurs d’Empires. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes, XVe-XIXe siècles (Raisons d’agir, 2012).

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Martin Rueff : A coups redoublés. Anthropologie des passions et doctrine de l'expression chez Jean-Jacques Rousseau

Mimesis - Novembre 2018


Cette étude interroge la thèse de Rousseau selon la quelle le langage n'est pas né pour dire le monde, mais pour dire l'amour. Une thèse originale au 18ème siècle car elle pose l'expression des affects au coeur de la communication. Il est donc possible de lire ensemble l'Essai sur l'origine des langues et le reste de l'oeuvre de Rousseau, pour chercher le point d'articulation entre les écrits du philosophe et ceux de l'écrivain car -comme l'a affirmé Lévy-Strauss en 1962- Rousseau est le premier à nouer anthropologie des passions et doctrine de l'expression. L'auteur convoque ici les philosophes et les littéraires qui s'occupent de Rousseau et fait intervenir l'auteur de La Nouvelle Héloise dans les débats contemporains sur la doctrine de la signification, afin de montrer comment Rousseau s'inscrit dans la tradition expressiviste.

Martin Rueff est professeur à l Université de Genève où il occupe la chaire qui fut celle de Jean Starobinski. Auteur de plusieurs essais et de plusieurs livres de poésie, il est spécialiste de Rousseau et d herméneutique. Il a contribué à l édition des uvres de Claude Lévi-Strauss et de Michel Foucault dans la « Bibliothèque de la Pléiade » et s est aussi consacré aux uvres de Pavese, de Calvino et de Jean Starobinski. Il est co-rédacteur en chef de la revue Po&sie (dir. M.Deguy) et président de la société Jean-Jacques Rousseau.

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Martin Rueff : Foudroyante pitié. Aristote avec Rousseau, Bassani avec Céline et Ungaretti

Mimesis - Novembre 2018


De qui a-t-on pitié ? Quand ? Comment ? A quelle distance faut-il être de quelqu'un pour éprouver ce sentiment ? Doit-on connaître la peine qui l'afflige pour en être frappé ? La pitié a-t-elle quelque chose à voir avec l'expression de la souffrance ou avec son empêchement ? Et si oui, peut-on avoir pitié des animaux ? Ces questions quotidiennes, qui nous concernent tous, semblent avoir été écartées par la réflexion contemporaine qui préfère à la pitié toutes sortes de doubles dont elle tient à la distinguer : l'empathie (plus naturelle), la sympathie (plus universelle), le care (plus socio-politique). Et pourtant, la pitié résiste avec la force d'une évidence vécue. Cette évidence foudroyante de la pitié constitue l'objet de cet essai. Pour l'aborder l'auteur a suivi des maîtres anciens : Aristote, Rousseau croisent ainsi Céline et Ungaretti. On se demande en passant si une histoire littéraire et philosophique de la pitié est possible.

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Collectif : Savoir échanger les savoirs

Textuel - Novembre 2018


Croire que les nouvelles technologies inaugurent un grand marché planétaire où le savoir se diffusera sans autre obstacle que la loi de l’offre et de la demande relève de l’illusion et de la démagogie. Ce discours cache mal un autre versant de la réalité : la croissance de l’illettrisme, la crise structurelle de l’école, la disparition des médiations... Cet ouvrage reprend sous forme de conversations les interventions des auteurs au cours de la 5e Cité de la réussite à La Sorbonne (Seita).

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Martin Mulsow : Savoirs précaires. Pour une autre histoire des idées à l'époque moderne

Maison des Sciences de l'Homme - Novembre 2018 - Collection : Bibliothèque allemande


Le débat sur la forme d'une histoire de la connaissance de l'Europe moderne fait l'objet d'amendements. Le temps est venu de mettre en lumière également le côté précaire : l'incertitude et la mise en péril de certaines connaissances et théories existantes, le statut délicat de leur support, la réaction à la menace et à la perte, et le risque de transfert hérétique. Martin Mulsow suit la piste de cette connaissance précaire dans le but de rétablir son importance pour le processus de l'histoire européenne de la connaissance. Dans des études de cas riches en matériel et couvrant la période allant de la Renaissance aux Lumières, il présente les tactiques conçues par les intellectuels pour pouvoir vivre avec ces périls, leurs gestes de retraite, leurs peurs, mais aussi ce qui les a encouragés, et leurs tentatives de récupérer les connaissances perdues. Les connaissances précaires ne portent pas sur les grands thèmes de la métaphysique et de l'épistémologie, mais plutôt sur les zones marginales comme la magie et la numismatique, les interprétations de l'histoire de La Bible et l'Orientalisme. Il ne s'agit pas seulement de théories, mais aussi de peur et de fascination, non pas des grandes figures de la recherche, mais plutôt de ceux qui sont oubliés, ou à moitié oubliés, des érudits. C'est un livre plein d'histoires passionnantes, une histoire différente des idées du début de l'époque moderne et en même temps une tentative ambitieuse de repenser le concept même de la connaissance dans le contexte du "tournant matériel", du "tournant iconique" et dans l'histoire des communications et de l'information.

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dimanche 18 novembre 2018

Theodor Adorno et Siegfried Kracauer : Correspondance 1923-1966

Le bord de l'eau - Novembre 2018


Initiée par une histoire amoureuse d’une grande intensité, la correspondance entre Theodor W. Adorno et Siegfried Kracauer constitue un matériau littéraire et intellectuel d’une rare densité entre deux penseurs «hors norme». La lecture de leurs échanges offre une immersion dans cette partie de l’histoire du XXesiècle et de l’intelligentsia allemande et internationale qu’il nous est ainsi permis d’explorer à travers le prisme d’une relation exceptionnelle et en prise perpétuelle avec l’histoire qui mena de l’entre-deux-guerres à la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale, et contraignit de nombreux intellectuels à l’exil et à une vie précaire, souvent jusqu’au désastre. Bien que les positions intellectuelles et statuts professionnels d’Adorno et de Kracauer furent différents et qu’ils permirent au premier d’accéder, dans l’exil, à une reconnaissance et à une sécurité matérielle que ne connut que bien plus tard le second, cette histoire souvent très émouvante n’est pas celle de la rivalité qui aurait pu opposer les deux hommes mais le témoignage d’une relation sans concession, dont les disputes intellectuelles révèlent les désaccords profonds, tout en manifestant sans cesse l’intense amitié qui les lia jusqu’à la mort de Kracauer. Enfin, si la correspondance entretenue par les deux hommes pendant toutes ces années recèle un caractère si singulier, elle participe plus généralement des relations parfois étroites qu’ils entretinrent avec d’autres penseurs et artistes majeurs de ce siècle (Berg, Benjamin, Bloch, Lukács, Horkheimer, Löwenthal, etc.). Cet ouvrage constitue une source indispensable à la connaissance des conditions historiques, politiques et intellectuelles dans lesquelles ces penseurs élaborèrent, l’un comme l’autre, une œuvre indispensable à la compréhension du monde contemporain. 

Theodor W. Adorno (1903-1969), penseur majeur de l’École de Francfort, travailla sans relâche à l’élaboration d’une critique radicale du monde contemporain qui aboutira à ce «grand livre» que constitue la Dialectique négative . Tout au long de son œuvre, il déploya sa pensée dans les domaines de la philosophie, de l’esthétique, de la musique, de la littérature et de l’éducation. 
Siegfried Kracauer (1889-1966) participa, à plus d’un titre, à l’histoire de l’École de Francfort. Essayiste, critique culturel, sociologue, théoricien du cinéma, romancier, philosophe, il est longtemps resté, en France, dans l’ombre d’Adorno et de Benjamin. Nous redécouvrons depuis quelques années toute la richesse de son œuvre et l’importance de son travail pour le développement de la Théorie critique.

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Camille Froidevaux-Metterie : Le corps des femmes. La bataille de l'intime

Philosophie magazine éditeur - Octobre 2018


Le tsunami Weinstein qui déferle à l'automne 2017 n'est pas né d un tremblement de terre imprévisible. Il s inscrit dans un mouvement de réappropriation par les femmes de leur corps dans ses dimensions intimes. Avant même les révélations liées au harcèlement et aux violences sexuelles, le féminisme avait amorcé son tournant génital. Maternité et non-désir d'enfant, menstruations et ménopause, apparence et normes esthétiques, sexualité et plaisir, le temps est venu de réclamer pour tous ses sujets la liberté et l égalité qui forment le c ur du projet féministe. Camille Froidevaux-Metterie propose de penser le corps des femmes au prisme de la double expérience vécue de l'aliénation et de l'émancipation. Il s'agit d'approfondir la dynamique de libération de la parole et d'en terminer avec les diktats sociaux pour faire advenir une conception enfin apaisée, gratifiante et égalitaire de la corporéité féminine.

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samedi 17 novembre 2018

Revue philosophique de la France et de l'étranger 2018/4 (Tome 143) : Philosophie des XIXe et XXe siècles

PUF - Novembre 2018


Page 479 à 494 : Catherine Dromelet - Léon Dumont : sensibilité, plaisir et habitude | Page 495 à 506 : Marlène Aumand, Guillaume Pigeard de Gurbert - Bergson et la simultanéité (un chapitre oublié du Rire) | Page 507 à 524 : Ovidiu Stanciu - La Grande Guerre comme « événement cosmique ». Jan Patočka et l’expérience du front | Page 525 à 544 : Masaya Kawase - L’expérience de l’immédiateté : sur la phénoménologie de la vie chez Michel Henry et Bin Kimura | Page 545 à 610 : - Analyses et comptes rendus | Page 611 à 612 : - Jean Salem (1952-2018) | Page 613 à 616 : - Ouvrages déposés au bureau de la revue (avril-juin 2018).

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Les Études philosophiques 2018/4 (N° 184) : Varia

PUF - Novembre 2018


Page 477 à 494 : Tristan Dagron, Marine Mazel - Des Olympica à la Première Méditation : expérience onirique et délire chez Descartes | Page 495 à 518 : Andrea Bocchetti - Du Même au Pareil : Descartes, Nietzsche et l’égologie de la substance | Page 519 à 534 : Éric Beauron - La sensation et son objet. Une lecture des Anticipations de la perception | Page 535 à 568 : Céline Spector - Aux origines de la sociologie. « Le contrat social de Rousseau » d’Émile Durkheim (1918) | Page 569 à 584 : Marco Barcaro - Patočka et le langage | Page 585 à 609 : Jean-Baptiste Rauzy - Adhésion et justification | Page 617 à 626 : - Compte rendu.

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Bernard Ibal : Le paradoxe du bonheur. Christianisme et histoire de la philosophie

Salvator - Novembre 2018 - Forum


Le bonheur est un paradoxe déroutant : il s’annonce tout à la fois dans le désir de sécurité et dans l’appel au don de soi. Bernard Ibal montre ici que tous les grands penseurs de notre histoire placent le curseur du bonheur plus ou moins d’un côté ou de l’autre de cette alternative, mais le plus souvent du côté du repliement. Pour l'auteur le christianisme est la plus pertinente des exceptions. 

Agrégé et docteur en philosophie, Bernard Ibal est président du conseil scientifique de l’Institut des hautes études du monde religieux (IHEMR) et des Semaines sociales de Toulouse.

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Aicha liviana Messina : L'anarchie de la paix. Levinas et la philosophie politique

CNRS - Novembre 2018


Après les guerres du siècle dernier qui ont remis en cause l'idée de progrès, devant les formes multiples des guerres actuelles, peut-on encore penser la paix aujourd'hui ? 
À l'encontre des idées conservatrices de la paix où cette dernière, conçue comme ordre et stabilité, a souvent été le corrélat des États policiers, la pensée de la paix, telle que l'élabore Levinas, relève d'une critique de l'autoritarisme politique et permet d'élaborer un nouveau concept de liberté affranchi de la tutelle des États. La paix n'est pas ici une idée abstraite mais porte le sujet hors de toutes les formes de confort moral ou de conformisme politique. 
C'est à un Levinas neuf que nous avons ici à faire : tout en dialoguant avec la tradition moderne et contemporaine de la philosophie politique, il nous montre que la paix est une forme d'insubordination qui aspire à " désembourgeoiser la révolution ". 
Une lecture intranquille de Levinas. 

Aïcha Liviana Messina est professeure de philosophie à l'Université Diego Portales au Chili. Son travail porte sur le rapport entre la philosophie et la littérature, sur le problème de la critique et ses répercussions politiques ainsi que sur le problème de la violence. Elle est l'auteure d'un livre sur le modèle vivant, Poser me va si bien (2005), d'un essai sur le thème de l'amour chez le jeune Marx, Argent/Amour. Le livre blanc des manuscrits de 1844 (2011), et de nombreux articles.

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Bernard Stiegler : Qu'appelle-t-on panser ? Tome 1, L'immense régression

Les Liens qui libèrent - Novembre 2018


A-t-on bien entendu Frederic Nietzsche lorsqu'il posait en 1879 et comme point de départ que sa philosophie devait " commencer non par l'étonnement, mais par l'effroi " ? A-t-on vraiment compris Félix Guattari lorsqu'il pronostiquait en 1989 dans Les Trois Ecologies que " l'implosion barbare n'est nullement exclue " (signalant dans le même ouvrage la dangerosité d'un businessman nommé Donald Trump) ? A-t-on mesuré l'enjeu de ce que Gilles Deleuze théorisait trois ans avant le lancement du world wide web comme avènement des sociétés de contrôle ? A présent que " l'événement Anthropocène " (dont Heidegger avait appréhendé les contours sous le nom de Gestell), l'épreuve de la post-vérité, le désespoir que cela suscite et tout ce qui constitue l'immense régression en cours accablent tout un chacun, il apparaît que la pensée sous toutes ses formes est absolument démunie. Elle arrive trop tard. Et cette fois-ci son retard serait fatal à l'humanité ― et, au-delà, à toutes les formes supérieures de la vie. Il n'est cependant jamais trop tard pour panser. Et si la pensée est démunie, c'est parce qu'elle a cessé de se penser comme soin : comme panser. Mais qu'appelle-t-on panser ?

Bernard Stiegler est philosophe. Fondateur du groupe Ars Industrialis et de l'école en ligne pharmakon, il dirige également l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), qu'il a créé au sein du Centre Pompidou. Ses recherches portent sur les enjeux des mutations sociales, politiques, économiques, épistémologiques et psychologiques provoquées par le développement technologique et scientifique lié à la " révolution numérique ". Il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'emploi est mort, vive le travail ! , entretien avec Ariel Kyrou (Fayard/Mille et une nuits), La Société automatique (Fayard) ou encore Dans la disruption (LLL).

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Jean-Luc Marion : Prolégomènes à la charité (Edition définitive)

Grasset - Novembre 2018


« L’amour – nous y vivons, nous le respirons, nous le traversons. Sans cesse. Et pourtant nous n’y comprenons rien, ou presque, quand il surgit. Il naît et meurt en nous sans que nous le pressentions : nous ne l’apercevons que bien après son surgissement, et nous l’avons déjà tué depuis longtemps que nous le croyons toujours vivant. Il se déploie à travers nous, plus qu’en nous, comme sans nous. Sans cause, n’a-t-il donc aucune raison ? Nous concluons en effet qu’il n’obéit à aucune logique, pathos sans rigueur, délire sans borne, drogue de drame…
Il reste pourtant une autre voie : l’amour se dispense de toutes les logiques du monde, parce qu’il recèle et déploie de lui-même une « …raison merveilleuse et imprévue… » (Rimbaud). L’amour suit une raison, mais la sienne, pas celle du monde. La sienne, absolument autre, paradoxale et invisible à ceux qui n’aiment pas. La penser et la dire, cela semble encore impossible. Du moins peut-on déjà en esquisser les prolégomènes : le mal, la liberté, l’éblouissement, la croisée des regards, la crise, l’absence. Et, dès ces préparations, l’amour impose déjà son autre nom – la charité. »
J.-L. M.
Livre légendaire publié en 1986, maintes fois réédité, Prolégomènes à la charité trouve ici sa forme définitive, dans une version préfacée et complétée de trois chapitres.

Jean-Luc Marion a publié, chez Grasset, L’Idole et la distance, Le Phénomène érotique, Certitudes négatives et Brève apologie pour un moment catholique. Son œuvre philosophique est traduite dans de nombreux pays. Spécialiste de Descartes et de l’histoire de la philosophie moderne, phénoménologue, Jean-Luc Marion a enseigné à l’Université Paris Sorbonne et au département de philosophie de l’Université de Chicago. Le 21 janvier 2010, Jean-Luc Marion fait son entrée sous la Coupole, en prononçant l’éloge de l’homme qu’il connut et conseilla : Monseigneur Lustiger.

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jeudi 15 novembre 2018

Pierre-Alexandre Fradet : Philosopher à travers le cinéma québécois. Xavier Dolan, Denis Côté, Stéphane Lafleur et autres cinéastes

Hermann - Novembre 2018


Bien qu’elle existe et gagne en vitalité de jour en jour, la philosophie québécoise est peu connue. Non moins dynamique, mais plus célèbre, est quant à lui le cinéma québécois. L’ambition de ce livre est de démontrer que ce cinéma peut se targuer de porter le flambeau de la philosophie. À travers les figures de Xavier Dolan, Denis Côté, Stéphane Lafleur, Rafaël Ouellet, Anne Émond, Mathieu Denis et Simon Lavoie, transparaissent de pénétrantes réflexions sur le sens commun, le réel et l’intensité, qui tantôt expriment, tantôt radicalisent, tantôt encore contredisent les idées de maints philosophes. Et si la philosophie du Québec s’écrivait par l’image ?

P.-A. Fradet est docteur en philosophie de l’ENS Lyon et de l’université Laval (Québec). Il a dirigé les dossiers "Réalisme spéculatif" (avec T. Garcia) et "Cinéma et philosophie" (avec S. Santini), et publié Derrida-Bergson et Regard philosophique sur Pierre Perrault (avec O. Ducharme).

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Charles Alunni : Spectres de Bachelard. Gaston Bachelard et l'école surrationaliste

Hermann - Novembre 2018


Cet essai présente un « autre » Bachelard encore inaperçu ou parfois dénié, qui, à travers ses spectres démultipliés, fait retour aux avant-postes de la science de son temps. C’est ainsi toute la cohérence et toute la puissance de la tradition spécifiquement française d’histoire et de philosophie des sciences qui, d’un même geste, s’illustre ici jusque dans ses prolongements les plus actuels.

Charles Alunni est philosophe, chercheur agrégé à l’École normale supérieure de Pise (Italie). Il a fondé, en 1994, le laboratoire disciplinaire « Pensée des sciences » (et du séminaire éponyme) à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et dirige la collection "Pensée des sciences" aux éditions Hermann.

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Jad Hatem : L’ange, le mal et la contingence

Orizons - Novembre 2018


Une philosophie de l’ange réfléchit sur l’individu le plus proche de la divinité. Proximité qui tient à trois facteurs : la génération, les multiples fonctions à remplir, les drames qu’il est susceptible de provoquer au ciel comme sur la terre. Le défaut dans l’être qu’est sa contingence apparaît comme l’origine de notre monde avec ses beautés et ses noirceurs. C’est ainsi qu’une pensée de l’ange s’entrelace avec une pensée du mal, de la révélation et de la rédemption.
Le présent essai, centré sur Suhrawardî, Qâshânî et la philosophie ismaélienne, donne également la parole à deux éminents mystiques, Hallâj et Ibn ‘Arabî sur le sujet de la tolérance religieuse.

Jad Hatem, professeur de philosophie à l’Université Saint-Joseph, a notamment publié L’amour pur hyperbolique en mystique musulmane (Éd. du Cygne), Qui est la vérité ? (Hermann), Empédocle, Qohélet, Bar Hebraeus (Orizons), ainsi que plusieurs ouvrages sur Schelling.

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Claude Brunier-Coulin : Morphologie du divertissement

Editions Orizons - Novembre 2018


Morphologie du divertissement, est une étude du divertissement télévisuel. L’émission est prise, comme un récit, avec une structure définie selon les principes de l’analyse sémiotique de textes : structure narrative, schéma actantiel, registre littéraire. Les procédés stylistiques retenus sont principalement : l’immolation du candidat, la grivoiserie, le rire, les applaudissements, la domination charismatique, la frénésie cathodique, la prédication, l’illusoire omniscience, le brouillage, la logorrhée permanente, l’exigence d’unanimité. Le divertissement télévisuel a un autre but : la diffusion et l’endoctrinement de l’idéologie libérale-libertaire qui entreprend de reconstruire le monde. L’émission « N’oubliez pas les paroles » n’est pas prise pour elle-même, mais comme nouveau paradigme pour toutes les émissions télévisuelles : divertissement, culture, politique, sport, jeux.

Claude Brunier-Coulin a publié chez Orizons Institution et destitution de la Totalité. Exploration de Christian Godin, 2016 ; L’Homme pécheur, 2017 ; La réception de Kierkegaard chez Balthasar et Barth, 2017 ; Philosophies et théologies au XXIe siècle, 2018 ; La doctrine augustinienne de la Trinité, 2018 ; Karl Barth, une anthropologie philosophique, 2018 ;Morphologie du divertissement. Orizons, 2018 ; Philosophies, spiritualités, gnoses : hier et aujourd’hui. 2018, [en préparation].

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Denis La Balme : Le cours de philosophie. Conseils de méthode

Lambert-Lucas - Octobre 2018


Le professeur de philosophie est comme on sait entièrement libre dans son enseignement, même si le cadre dans lequel il exerce est précis et si les exercices demandés aux élèves sont clairement définis par les programmes officiels. Cette liberté fait de lui l’auteur de son cours, un cours compris aussi bien comme préparation intellectuelle d’un contenu d’enseignement que comme performance, interaction et conduite de la classe. Ce livre propose différentes façons d’articuler cette double dimension théorique et pratique de l’exercice du métier. Aucune de ces indications n’a toutefois le statut d’une prescription. Que chacun en retienne ce qui peut lui être utile – et écarte ce qui ne s’accorde pas à ce qu’il est, à ce qu’il veut transmettre.
Au-delà de la dimension pragmatique de ce livre, c’est la joie d’enseigner que nous voulons communiquer au collègue ou au futur collègue qui lira ces pages.
Ce livre s’adresse d’abord aux professeurs débutants, quel que soit leur statut, il s’adresse aussi aux étudiants et aux préparationnaires des concours (capes et agrégation). Il peut être utile aux professeurs aguerris soucieux de réfléchir à leur pratique.

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mardi 13 novembre 2018

Académos n°1 : La doctrine augustinienne de la Trinité

L'Harmattan - Octobre 2018 - coll. Orizons


Ce dossier La doctrine augustinienne de la Trinité fait suite à la publication de l'ouvrage de Michel Corbin, publié aux éditions du Cerf en 2016. L'auteur propose une lecture continue du De Trinitate de saint Augustin. La problématique qui le commande a incité l'Académie Catholique du Val de Seine à organiser une journée académique entièrement consacrée à cet ouvrage avec la participation de Michel Corbin. Celui-ci compte parmi les grands qui ont redécouvert des Pères de l'Église. Michel Corbin Dans La doctrine augustinienne de la Trinité, l'auteur se penche sur la doctrine de la Trinité telle qu'elle a pu être exposée dans deux grandes œuvres de l'Occident latin : le traité d'Hilaire de Poitiers un peu avant 360 et celui d'Augustin au début du siècle. L'ouvrage lit celui-ci en regard de celui-la qu'il éclaire. Michel Corbin met en lumière les interrogations qu'a suscitées l'approche augustinienne à travers les âges et qui restaient, jusque-là, irrésolues.

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Marges, n°27 : Ce que fait le concept à l'œuvre

Presses Universitaires de Vincennes - Novembre 2018


Marges revient avec ce numéro sur une thématique importante de l’art depuis l’avènement de l’art conceptuel dans les années 1960 : que fait le concept à l’œuvre ?
Les œuvres dites conceptuelles renvoient à un large éventail de situations que l’on peut observer au sein des multiples champs de la création jusqu’aux pratiques artistiques les plus contemporaines. Dans ce sens, la dimension conceptuelle de l’œuvre est à considérer dans une définition plus générale que celle, restreinte, qui concerne l’art conceptuel historique – celui du groupe d’artistes new-yorkais, regroupés autour de Seth Siegelaub à la fin des années 1960 – et touche à d’autres pratiques et domaines que les arts visuels. 
Marges questionne ici la manière dont le primat du concept affecte, modifie ou questionne la réception de l’œuvre au détriment de ses propriétés perceptives immédiates.

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Franck Damour, Stanislas Deprez, David Doat ('dir.) : Généalogies et nature du transhumanisme. Etat actuel du débat

Liber - Novembre 2018


Depuis plusieurs années déjà, le transhumanisme s’est imposé, tant dans l’espace médiatique que dans le monde universitaire, politique et économique, des deux côtés de l’Atlantique. Si son nom s’accompagne naturellement de l’image futuriste d’un homme « augmenté », « amélioré », grâce aux avancées remarquables des sciences et des techniques, le mouvement embrasse une pluralité de voix, d’acteurs et de réalités depuis sa naissance dans la seconde moitié du vingtième siècle. S’agit-il d’une nouvelle utopie ou d’une dystopie, d’un nouvel idéal civilisationnel ou d’un argument marketing, d’une philosophie ou d’une religiosité séculière, d’un nouveau paradigme anthropologique, d’un mouvement politique ou d’un projet de société, de tout cela à la fois ? Au fond, qu’est-ce que le transhumanisme ? Le présent ouvrage entend répondre à cette question. Faisant le pari de l’intelligibilité et du dialogue, il donne la parole à des transhumanistes, à des sympathisants du mouvement, à des adversaires déclarés et à des analystes qui ne sont ni pour ni contre. Il retrace ainsi l’histoire du mouvement, en confronte les lectures, réfléchit à ses promesses et à leur faisabilité, proposant de la sorte l’état le plus actuel du débat transhumaniste.

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lundi 12 novembre 2018

Bénédicte Coste (ed.) : Penser l'art du paysage avec Henri Maldiney

Editions Universitaires de Dijon - Novembre 2018 - Collection : Sociétés


À travers une phénoménologie où l'art éclaire le réel, à travers son choix des auteurs et des oeuvres qu'il a commentés, le philosophe Henri Maldiney (1912-2013) a proposé un décentrement du regard et du savoir propres à renouveler l'étude du paysage. Il part d'une question trompeusement simple : sommes-nous « devant » ou « dedans » le paysage ? Comment s'approche le paysage ? Comment se fait-il image ?
Ce recueil présente une pensée complexe de manière accessible à tous les spécialistes et les passionnés de littérature et d'études visuelles. Exemples littéraires, picturaux et photographiques, témoignent de la fécondité d'une pensée fondée sur l'aisthèsis, la présence et le rythme.

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André Stanguennec et Daniel Lancereau (dir.) : Arts et sciences du romantisme allemand

PUR (Presses universitaires de Rennes) - Novembre 2018 - Collection : Aesthetica


L'objectif de cette publication est de manifester l'intrication entre arts et sciences au sein du romantisme allemand. En effet, l'interprétation communément reçue est de considérer le romantisme comme un phénomène exclusivement esthétique. Or il n'en est rien et les différentes contributions de cet ouvrage visent à le montrer : l'esthétique est adossée à la science. Dans trois domaines tout particulièrement : en mathématiques, l'idée combinatoire ne manque pas de retentir sur la poétique ; en physique, la théorie des champs permet d'introduire une philosophie de la nature romantique ; en biologie, la théorie de la forme permet de penser une morphologie naissante.

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Philosophie antique, n°18/octobre 2018 : L'athéisme antique

Septentrion - Octobre 2018


En un sens très facile à délimiter, l'athéisme antique est pourtant très difficile à distinguer des notions voisines que sont l'impiété et l’agnosticisme. Platon, dans les Lois, distingue trois formes d’impiété : la croyance que les dieux n’existent pas, celle qu’ils ne se préoccupent pas des hommes, celle qu’on peut les fléchir par des prières et des sacrifices. En un sens, il va de soi que l’athéisme correspond à la première forme d’impiété : c’est la croyance que les dieux n’existent pas. Cependant, au Ve s., dans le théâtre d’Euripide comme dans les écrits des sophistes, le constat que les dieux ne se préoccupent pas des hommes et que les hommes peuvent mal agir sans punition divine conduit à des critiques des dieux où il est difficile de départager impiété et athéisme. Parallèlement, très peu de penseurs dans l’Antiquité sont connus pour avoir explicitement soutenu que les dieux n’existent pas. Il est dès lors difficile de distinguer l’athéisme qui rejette l’existence des dieux de l’agnosticisme qui se contente de soutenir la difficulté d’être certain de leur existence ou de l’impiété qui doute de leur providence. Physiciens et sophistes, d’autre part, expliquent comment les hommes ont conçu la notion des dieux sans pour autant remettre en cause l’existence de ces derniers : l’explication par Prodicos de l’apparition de la religion, comme l’analyse démocritéenne des mécanismes de la croyance peuvent être soupçonnées d’athéisme mais n’être au contraire qu’une rationalisation de la religion. C’est sur toutes ces ambiguïtés que ce numéro entend faire la lumière.

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Magali Année : La musique linguistique de la réminiscence. Le Ménon de Platon entre réinvention cratyléenne de la langue commune et réappropriation de l'ancienne langue parénétique

Editions Jérôme Millon - Novembre 2018 - Collection : Horos


La nouvelle lecture que je propose du Ménon part d’un double constat, l’un bien connu, l’autre moins : non seulement le nom du protagoniste Μένων correspond exactement à la forme de participe présent du verbe μένειν « tenir bon, résister », mais il s’avère encore que chaque adresse que Socrate fait à Ménon génère un phénomène de « clusters » phonico-syllabiques de séquences μεν, μην, μον, μν, μαν. En étudiant la structure d’ensemble du dialogue, plusieurs fois réflexive sur elle-même, et en menant une analyse serrée des nœuds de sa mécanique dictionnelle, par-deçà le niveau logico-syntaxique de son argumentation, on parvient à montrer que ce tissage sonore s’inspirant (sans jamais la nommer ni la citer explicitement) de la diction caractéristique des élégies d’exhortation de Tyrtée, participe tout entier d’un processus de réinvention perpétuelle du dire soi-même et du dire ensemble, destiné à servir l’effort d’introspection anamnétique sans laquelle nulle connaissance n’est possible. Cela nous amène à formuler l’hypothèse d’un fondement linguistique de l’anamnèse platonicienne et à considérer cette dernière comme une véritable expérience initiatique au cœur d’un langage ré-accordé à lui-même et à ses locuteurs – c’est-à-dire rendu à sa propre connaturalité (συγγενής), où réside toute la puissance intercommunicationnelle et cognitive qui est la sienne et qui ne présuppose pas la contemplation des Idées.

Préface par Egbert J. Bakker 
Incipit programmatique 
1. En guise d’introduction : le Tyrtée des Lois 
2. Ménon le mal nommé 
3. L’anamnèse ou l’expérience initiatique d’un langage συγγενής 
3. 1. Préambule en crescendo tyrtéen 
3. 2. La dimension cratyléenne de l’anamnèse 
3. 3. De l’importance d’être θεῖος 
3. 4. Un espace initiatique expérimental surplombé par l’ombre de Tyrtée 
3. 4. 1. Construction annulaire 
3. 4. 2. Symétrie citationnelle 
3. 5. Le redoublement du carré ou l’autonomisation linguistique de la connaissance 
3. 5. 1. Συγγενεῖα du langage et συγγενεῖα de l’âme dans le langage
3. 5. 2. Le langage de l’ἀρετή 
3. 5. 3. La quadrature poïétique du langage 
4. Épilogue. Mouvance contre mouvance : de la nécessité d’un langage συγγενής pour lutter contre les aléas du καλεῖν 
4. 1. Peu importe le nom ? 
4. 2. De la nécessité d’un ré-accord phonico-pragmatique 
4. 3. Δεσμός versus λογισμός : l’autre enchaînement (incantatoire) du discours philosophique 
5. En guise de conclusion : le « Quatrième » du Ménon 
Index locorum 
Index des mots et expressions grecs 
Index général des noms et des notions 
Références bibliographiques

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Maryvonne Saison : La nature artiste. Mikel Dufrenne, de l'esthétique au politique

Editions de la Sorbonne - Novembre 2018 - Collection : Philosophie


L’auteure parcourt le large spectre couvert par l’½uvre de Mikel Dufrenne, montre sa richesse et l’intérêt qu’elle présente pour le lecteur d’aujourd’hui. Elle ne se limite pas aux intérêts trop étroits qui ont marqué sa réception : l’esthétique et la phénoménologie, mais souligne la grande diversité des références et des thématiques et la place essentielle de l’éthique et du politique dans sa réflexion. Dufrenne propose une vision du monde qui confère à sa pensée unité et cohérence : chaque considération particulière mène à l’invocation d’une Nature naturante dans le cadre d’une philosophie non théologique. L’homme, voulu en quelque sorte par la Nature pour se penser, fait l’objet d’une anthropologie philosophique qui se développe au fil de l’½uvre. Dufrenne concilie une priorité donnée au sensible et au sentir, notamment dans l’expérience de l’art, et la recherche d’une fiction philosophique permettant de comprendre l’accord de l’homme et du monde à partir de la notion d’à priori. L’hypothèse d’une Nature artiste affinée dans des dialogues critiques avec les orientations qui voient le jour et dominent dans la deuxième moitié du vingtième siècle (le structuralisme, la phénoménologie et la philosophie Heideggerienne, la « french theory ») assure à Dufrenne une originalité qui fait son prix et son actualité.

Professeure de science politique et chargée de la mission égalité-diversité à l'université de Reims, Maryvonne Saison réfléchit aux mutations de la condition féminine contemporaine. Après un docu-fiction sur les femmes politiques (Dans la jungle, 2013), elle a fait paraître en 2015 La Révolution du féminin (Gallimard). Elle tient depuis des années un blog de réflexions féministes sur philomag. com, extrêmement suivi, où a été publiée dans une première version une large partie des analyses reprises dans Le Corps des femmes.

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Martin Steffens : L'amour vrai. Au seuil de l'autre

Salvator - Septembre 2018 - Collection : Forum


L'homme n'est pas fait pour aimer. Il est fait pour mourir d'amour. Cette vocation est si forte qu'elle contient en elle tous les égarements. C'est ainsi que la pornographie caricature l'amour, en mimant le désir humain de se donner sans réserve. Car l'amour vrai, c'est l'amour au sens fort. L'amour absolument donné et absolument reçu. L'amour comme un don de soi sans retour. L'amour comme accroissement des dimensions du coeur. L'amour comme blessure qu'il faut veiller à ne jamais refermer, dont il faudrait ne jamais guérir. Cet amour qu'on appelait autrefois "charité" et qui nous fait patienter, telle une prière, au seuil de l'autre.

Martin Steffens, né en 1977, enseigne en khâgne. Il a notamment écrit La vie en bleu (Marabout, 2014), Petit traité de la joie (Salvator, 2011), Prix de l'humanisme chrétien), Rien que l'amour (Salvator, 2016, Prix des libraires religieux) et L'éternité reçue (DDB, 2017).

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