samedi 21 avril 2018

Pierre Verstraeten : Philosophies de la liberté. Sartre, Deleuze, Badiou, Hegel…

Kimé - Avril 2018


Édition préparée et préfacée par Véronique Bergen

Afin que la pensée du philosophe Pierre Verstraeten circule, nous avons, sa fille Sarah Verstraeten et moi, opéré un choix de textes épuisés ou difficilement trouvables. De ses très nombreuses contributions, nous avons retenu un entretien avec Sartre, des questionnements relatifs aux problématiques de la liberté et de l’aliénation, de l’événement, de la possibilité d’une morale. Ces textes qui sondent les systèmes de Hegel, Sartre, Deleuze, Badiou, qui dialoguent avec la peinture de Maurice Matieu, avec le contemporain sous toutes ses formes (actualité politique, cinéma, littérature…) ne sont nullement des réflexions « sur » mais des explorations personnelles de problèmes philosophiques travaillés par la flamboyance d’une pensée jamais en repos. Au cœur des enjeux de sa pensée, la production d’une alliance entre la dialectique hégélienne, l’existentialisme sartrien et le vitalisme deleuzien.

Pierre Verstraeten (1933-2013), philosophe, figure marquante de l’Université Libre de Bruxelles, sartrien qui renouvela la pensée de Sartre, il est l’auteur de Violence et éthique (Gallimard, 1972), L’Anti-Aron (La Différence, 2008).

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Julia Beauquel : Danser, une philosophie

Carnets Nord - Avril 2018 - Une philosophie


« Pourquoi une personne danse-t-elle ? Parce qu’elle se sent vivante et joyeuse ; ou pour le bien-être que cela lui procure. Tantôt la joie engendre la danse, tantôt la danse engendre du plaisir. Le plaisir et la joie se cultivent et s’expriment en dansant. »

Pour célébrer la rencontre de la philosophie et de la danse, et nous mettre en mouvement, Julia Beauquel nous invite à rencontrer toutes les formes de danse, du ballet classique et contemporain aux danses thérapie, aux danses du monde, aux mouvements qui amènent la joie. Elle nous propose de cueillir le jour, en dansant. La philosophe convoque Nietzsche, Pascal, Rousseau, Descartes ; la danseuse fait lever les corps, les rend aériens, et nous entraîne dans la danse.

Docteure en philosophie, Julia Beauquel enseigne l’esthétique et la philosophie en école d’art et exerce parallèlement une activité de critique d’art contemporain. Après avoir longtemps pratiqué la danse, elle a notamment publié Philosophie de la danse, un ouvrage co-dirigé avec Roger Pouivet et paru dans la collection Aesthetica des Presses Universitaires de Rennes (2010), puis Esthétique de la danse, ouvrage issu de sa thèse de philosophie (dans la même collection, en 2015).

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Vincent Bontems : Bachelard et l'avenir de la culture. Du surrationalisme à la raison créative

Transvalor - Presses des mines - Avril 2018 - Sciences de la conception


« Le passé de la culture a pour véritable fonction de préparer un avenir de la culture ». Gaston Bachelard. L’Activité rationaliste de la physique contemporaine « Le surrationalisme » est un article de Gaston Bachelard qui occupe une place singulière dans sa production épistémologique. Publié en juin 1936, dans l’unique numéro de la revue Inquisitions, ce manifeste rédigé dans un style flamboyant défend la liberté de la raison face au conservatisme des habitudes de pensée. Le progrès de l’esprit en science, en art ou en politique, exige, selon Bachelard, une phase de « turbulence » et d’« agressivité » pour faire advenir la nouveauté. 80 ans plus tard, quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de Bachelard se penchent sur les enjeux actuels du surrationalisme. Ils précisent l’originalité de la notion dans l’oeuvre du philosophe, en questionnent la portée dans les sciences, et en dégagent les implications pour repenser la place de la science dans la société. Cette réflexion aboutit à une épistémologie de la « raison créative » inspirant les recherches actuelles sur la conception innovante et les régimes de création. Quand le préfixe « sur » promeut une expansion et une transgression des limites, le « rationalisme » rappelle à la rigueur et à la vigilance. Leur alliance forme une pointe, finement ciselée et précisément calculée, qui exprime les exigences quasi-paradoxales de toute invention. Comme Bachelard visait à éclairer le présent de la science en fonction d’un futur encore incertain, il s’agit aujourd’hui de créer des concepts neufs dont on ne peut encore garantir la validité mais qui peuvent orienter notre action en brisant les certitudes sur ce qui est possible ou impossible. En revisitant les ambitions surrationalistes de l’épistémologie bachelardienne, ce livre tâche donc aussi de livrer des clefs pour penser l’avenir de la culture.

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mercredi 18 avril 2018

Étienne Balibar : Spinoza politique. Le transindividuel

PUF - Avril 2018


Ce volume rassemble les principales études consacrées par Étienne Balibar à la philosophie de Spinoza, dans son rapport intrinsèque à la politique. Partant de la thèse que Spinoza avait reprise de Tacite (la « crainte des masses »), il aboutit à une interprétation renouvelée des modes de communication et des genres de vie, que résume la triple explication du Nom divin : Dieu c’est la Loi, Dieu c’est l’Homme, Dieu c’est la Nature. Pour accomplir cette transition, il faut parcourir plusieurs espaces théoriques : la construction de la démocratie comme limite des régimes étatiques, où s’exprime la puissance de l’être en commun ; l’ontologie du transindividuel, qui affirme le primat de la relation sur l’être isolé ; enfin la constitution du sujet comme une conscience recherchant l’intelligence des affections de son propre corps. Cette enquête permet alors d’approfondir la conception de l’anthropologie philosophique que l’auteur défend dans le cadre du débat contemporain sur l’actualité du spinozisme.

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Vincent Delecroix : Non ! De l'esprit de révolte

AUTREMENT - Avril 2018 - Collection : Les Grands Mots


Jamais dire Non n'aura été aussi à la mode, jamais être anti-conformiste n'aura été aussi répandu. Mais mesure-t-on vraiment l importance vitale que revêt ce petit mot?
Paradoxalement fécond, c'est un mot qui agit plus qu'il ne signifie. Or que se passe-t-il quand je dis Non? Du premier refus de l'enfant à la résistance politique, la révolte ou la destruction, en passant par un délicat «Non merci!» aux pouvoirs insoupçonnés, Non irrigue nos vies et nos sociétés. Mais comment éviter la posture stupide ou le repli stérile, comment en faire bon usage?
Vincent Delecroix explore les vertus du refus, déconstruit ses mythologies et propose, enfin, un autre Non. Un Non qui n est pas simple négation, mais un certain usage de la négativité, du retrait, de l'impertinence ou de l'ironie. Un Non intime, intelligent et indispensable à la vie de l'esprit et à la vie tout court.

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mardi 17 avril 2018

Transversalités 2018/2 (n°145) : Interpréter l’Écriture

ICP - Avril 2018


Page 5 à 6 : Olivier Artus - Liminaire | Page 7 à 21 : Olivier Artus - L’exhortation post-synodale Verbum Domini et la pratique de l’exégèse biblique | Page 23 à 38 : Jean-Daniel Macchi - Interprétations de la Bible dans le protestantisme | Page 39 à 63 : Emmanuel Durand - Relire Dei Verbum 11-13 dans son histoire... Pour surmonter une fausse division entre exégèse scientifique et théologie | Page 65 à 82 : Patrick Prétot - Sacramentalité de la Parole et liturgie des Heures. Une ouverture de Verbum Domini 56 | Page 83 à 100 : Kota Kanno - Doubles explorations d’« identité (ipséité) » dans le cas de l’Apologia pro vita sua | Page 101 à 122 : Chiara Pesaresi - L’anthropologie phénoménologique de Jan Patočka | Page 123 à 136 : Erwan Sommerer - L’oubli du pluralisme dans la démocratie agonistique. Schmitt lu par Mouffe : une offensive manquée contre le libéralisme post-politique | Page 137 à 142 : - Rapports de soutenance de thèse | Page 143 à 151 : - Liste des thèses soutenues à l’Institut Catholique de Paris en 2017 | Page 161 à 162 : - Liste des publications des enseignants-chercheurs de l’Institut Catholique de Paris. 

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lundi 16 avril 2018

Anne Sauvageot : Luc et Christian Boltanski. Fraternité

La lettre volée - Avril 2018


Luc Boltanski est un sociologue dont les travaux ont initié un tournant décisif dans l’histoire de la discipline, mais il écrit et publie aussi recueils de poèmes, pièces de théâtre et opéra. Christian Boltanski est un artiste plasticien reconnu internationalement, dont les œuvres ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’art contemporain. Même s’il prétend n’avoir guère étudié et ne jamais lire, il s’interroge constamment sur les énigmes du social. Si proches et si différents, ces deux frères font preuve, à travers leur biographie menée ici en parallèle, d’une forte proximité créative autour d’une préoccupation qui leur est commune – la fraternité – non pas seulement celle qui les a fait frères – mais une fraternité au-delà des frontières, une fraternité pensée, réfléchie, choisie.

Anne Sauvageot est professeur émérite de sociologie (Université Toulouse Jean Jaurès). Elle a publié entre autres Voirs et savoirs (PUF, 1994), L’Épreuve des sens (PUF, 2003), Sophie Calle. L’art caméléon (PUF, 2007), Jean Baudrillard. La passion de l’objet (PUM, 2014).

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Collectif : Des sciences sociales à la science sociale. Fondements anti-utilitaristes

Editions Le Bord de l'eau - Avril 2018 - Collection : La bibliothèque du MAUSS


On attend des sciences sociales qu'elles nous aident à comprendre la marche du monde. Or elles en semblent toujours plus incapables. Non seulement elles apparaissent le plus souvent en retard sur l'événement mais, noyées dans l'hyper spécialisation, perdues dans la guerre entre disciplines, elles voient toujours mieux certains détails mais de moins en moins bien l'ensemble. A côté des spécialistes, il est urgent de former des généralistes qui sachent faire dialoguer les différents champs de la science sociale. Parler de la science sociale, évoquer son unité, au moins à titre d'idéal régulateur, peut sembler un combat perdu d'avance, tant elle est fragmentée. Mais il existe déjà une certaine forme de science sociale généraliste, qui n'est autre que la science économique généralisée, inspirée par la théorie des choix rationnels, sous toutes ses formes, et par l'utilitarisme et ses dérivés (cognitivistes, constructivistes, etc.) C'est cette science sociale générale qui modèle la conception du monde dominante, hégémonique même à l'échelle planétaire, et qui inspire et légitime les politiques menées dans tous les pays. Avec des résultats discutables, tant aux plans théorique, qu'éthique ou politique. Il nous faut donc retrouver l'idéal et la réalité d'une science sociale généraliste (qu'a pu en son temps incarner la sociologie classique) mais la faire reposer sur d'autres fondements que l'utilitarisme. Par ailleurs, la globalisation du monde modifie en permanence l'échelle et la définition même des sociétés. Symétriquement, la globalisation des sciences sociales et la contestation de l'hégémonie conceptuelle occidentale imposent elles aussi de repenser le passé de nos disciplines pour les projeter vers l'avenir. C'est dans cette perspective que se sont réunis à Cerisy-la-Salle, en 2015, une quarantaine de chercheurs de renommée internationale, anthropologues, économistes, géographes, historiens, philosophes et sociologues. L'accord qu'ils ont su trouver est prometteur.

Direction : Alain Caillé, Philippe Chanial, Stéphane Dufoix, Frédéric Vandenberghe

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dimanche 15 avril 2018

Avicenne : Logica (Logique du Šifā)

Librairie Philosophique Vrin - Avril 2018 - Collection : Sic et Non


Voici enfin l’édition critique, par Françoise Hudry, d’un classique de la philosophie, connu jusqu’ici uniquement par une édition imprimée en 1508 à Venise.
La Logica Avicennae est la traduction latine médiévale de la première partie de l’encyclopédie du philosophe Avicenne/Ibn Sinā (980-1037) intitulée Kitāb al-Šifā ou Livre de la Guérison. Cette partie, al-Madkhal, traite de la logique et s’ouvre, selon l’usage, par un commentaire de l’Isagoge de Porphyre (234-305). Elle a été traduite d’arabe en latin par Abraham ibn Daud dit Avendauth (m. 1180), philosophe juif arabophone né à Cordoue.
Ce texte, relevant d’une première méthode d’Avicenne, est appuyé sur les auteurs hellénophones alexandrins, en particulier Ammonius (Ve -VIe s.). Il appelle donc une recherche des sources grecques avant d’examiner sa tradition arabe. Cette traduction latine semble être le plus ancien témoin jusqu’ici connu d’une première rédaction d’al-Madkhal.
La Logica ici publiée dans une version à la fois plus sûre et plus lisible, soigneusement annotée, est accompagnée d’une Introduction Doctrinale d’Alain de Libera, qui permettra au lecteur de prendre la mesure effective d’une œuvre demeurée trop longtemps inaccessible.

Texte latin, édition critique de la traduction médiévale par F. Hudry
introduction doctrinale par A. de Libera

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Marshall Berman : Tout ce qui est solide se volatilise

Entremonde - Avril 2018 - Collection : La rupture


Tout ce qui est solide se volatilise constitue l'un des ouvrages phares sur la modernité, au côté de La Condition postmoderne de Jean-François Lyotard ou du livre de Frédéric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif. Au cours de ce vaste panorama allant du Manifeste communiste, lu comme une proclamation moderniste, aux rues du New York beat, en passant par les proses de Baudelaire errant dans le Paris haussmannien, ou les grandes oeuvres littéraires du «modernisme du sous-développement» russe et jusqu'à notre devenir post-moderne pour le moins ambigu et incertain, Marshall Berman nous invite à réhabiliter, en marxiste humaniste, l'idée même de modernité.

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Didier Pourquery : En finir avec l'ironie ?

Robert Laffont - Avril 2018 - Collection : Mauvais esprit


" Nous ne céderons rien à l'ironie ", déclarait Emmanuel Macron le soir de son élection. L'ironie n'est donc plus au programme. Elle dérange, elle questionne, elle bouscule, elle renverse parfois. C'est un sport de combat tout en souplesse, mais qui peut s'avérer redoutable.
Didier Pourquery montre ici comment, de Socrate à Daniel Defoe, de Jonathan Swift à Kierkegaard, de Musil à Jankélévitch, les amis de l'ironie ont interrogé le monde sans se lasser. Cet ouvrage va à leur rencontre pour recueillir leurs enseignements toujours délectables et offrir un mode d'emploi de l'esprit léger, le meilleur antidote qui soit à tous les interdits et toutes les doxas. Un programme comme un autre. Mais celui-ci, d'une efficacité assurée.

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samedi 14 avril 2018

Daniel Payot : Constellation et utopie. Theodor W. Adorno, le singulier et l’espérance

Klincksieck - Avril 2018 - Collection : Critique de la politique


La philosophie d'Adorno est une critique de la domination politique et idéologique. Elle est aussi une méditation sur les devoirs de la pensée confrontée à la Shoah et aux totalitarismes du XXe siècle. Face à la Catastrophe, elle ne s'abîme pas dans le défaitisme mais tente de retrouver, sous les mythes qui les étouffent, les raisons d'espérer sans lesquelles l'expérience humaine ne serait pas viable. La notion d'utopie, qu'il hérite d'Ernst Bloch et de Walter Benjamin, a d'abord chez Adorno ce sens d'un dégagement de possibles qui, enfouis dans l'Histoire et réprimés par la logique du capitalisme, peuvent cependant être reconnus et libérés. Cela suppose que les singularités - l'individu dans le collectif, le détail dans l'ensemble, l'élément dans la composition - ne soient pas annexées et liquidées, mais au contraire préservées dans leur expression propre. Adorno, avec Benjamin, nomme "constellations" les modes d'articulation qui y parviennent. Pour en dégager les enjeux, il faut entrer dans le mouvement d'une pensée qui déconstruit les concepts d'identité et de totalité mais ne renonce pas à l'espérance. Les conceptions adorniennes de la dialectique et de la négativité sont traversées par cette tension féconde. Cette introduction à l'oeuvre d'Adorno l'interprète comme une réponse à ce que Miguel Abensour appelait la "sommation utopique" : sous l'opacité et la noirceur du monde, l'écriture d'Adorno tente de réveiller un "dire" de vérité, de sauvetage et d'émancipation.

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Enzo Traverso : Mélancolie de gauche

La Découverte - Avril 2018


Entre la Commune et Mai 68, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. Une mémoire " stratégique ", nourrie d'espérance. Mais cette dialectique entre passé et futur s'est brisée, et le monde s'est enfermé dans le présent. Ce nouveau rapport entre histoire et mémoire permet de redécouvrir ce qu'Enzo Traverso, à la suite d'Arendt, appelle une " tradition cachée ", celle de la mélancolie de gauche. 


Depuis le XIXe siècle, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. C'était une mémoire " stratégique ", nourrie d'espérance. En ce début de XXIe siècle, cette dialectique entre passé et futur s'est brisée et le monde s'est enfermé dans le présent. La chute du communisme n'a pas seulement enterré, une fois pour toutes, la téléologie naïve des " lendemains qui chantent ", elle a aussi enseveli, pour un long moment, les promesses d'émancipation qu'il avait incarnées. 
Mais ce nouveau rapport entre histoire et mémoire nous offre la possibilité de redécouvrir une " tradition cachée ", celle de la mélancolie de gauche qui, comme un fil rouge, traverse l'histoire révolutionnaire, d'Auguste Blanqui à Walter Benjamin, en passant par Louise Michel ou Rosa Luxemburg. Elle n'est ni un frein ni une résignation, mais une voie d'accès à la mémoire des vaincus qui renoue avec les espérances du passé restées inachevées et en attente d'être réactivées. 
Aux antipodes du manifeste nostalgique, ce livre – nourri d'une riche iconographie : des tableaux de Courbet aux affiches soviétiques des années 1920, des films d'Eisenstein à ceux de Théo Angelopoulos, Chris Marker ou Ken Loach établit un dialogue fructueux avec les courants de la pensée critique et les mouvements politiques alternatifs actuels. Il révèle avec vigueur et de manière contre-intuitive toute la charge subversive et libératrice du deuil révolutionnaire.

Enzo Traverso enseigne l'histoire contemporaine à l'université Cornell d'Ithaca, New York. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, traduits en plusieurs langues, parmi lesquels À feu et à sang. De la guerre civile européenne, 1914-1945 (Stock, 2007), L'Histoire comme champ de bataille. Interpréter les violences du xxe siècle (La Découverte, 2011, 2012) et La fin de la modernité juive. Histoire d'un tournant conservateur (La Découverte, 2013, 2016).

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Rue Descartes 2017/3 (N° 93) : Le sens de la peine

Collège international de Philosophie - Avril 2018


Sommaire

HORIZONS
Punir a-t-il un sens ?
Christophe Béal et Luigi Delia

CORPUS
Brèves intempestives sur le sens de la peine saisi dans une perspective historique
Jérôme Ferrand
La portée normative des interdictions pénales
Olivier Chassaing
Que ne pas punir, est aussi, parfois, punir
Norbert Campagna
Justice restaurative et justice pénale
Christophe Béal
Peut-on punir le terrorisme ?
Raphaelle Thery
Lumières sur l’abolition universelle de la peine de mort : Derrida lecteur de Beccaria et de Kant
Luigi Delia

PAROLE
Entretien avec MARGAUX COQUET sur l’abolition du système pénal
Christophe Béal et Luigi Delia

TRAVERSES
Définir le sens de la peine : un travail de Sisyphe ? Le point de vue du juriste
Jennifer Sellin
Entre procès et sanction pénale : quel soulagement pour deux systèmes en crise ?
Laura Bartoli
Réparer et punir : trois modèles philosophiques
Gabrielle Radica

LECTURES
Droit pénal et douceur des peines au XVIIIe siècle. Considérations sur quelques études récentes
Philippe Audegean

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Magali Bessone (dir.) : Méthodes en philosophie politique

PUR (Presses universitaires de Rennes) - Avril 2018 - Collection : Philosophica


Le clivage entre philosophie analytique et philosophie continentale a-t-il du sens en philosophie politique ? Peut-on faire de la philosophie politique sans étudier l’histoire des concepts et théories politiques ? La fonction critique de la philosophie politique transforme-t-elle nécessairement cette dernière en philosophie sociale ? Comment la philosophie normative dialogue-t-elle avec les sciences sociales, avec le droit, avec l’économie ? La philosophie politique a-t-elle un terrain propre et avec quels outils l’aborderait-elle ? Le ou la philosophe politique peut-il, doit-il, faire abstraction de sa situation singulière pour théoriser les problèmes qu’il ou elle se pose ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles les douze contributions réunies dans ce volume apportent des réponses croisées, réfléchissant chacune à partir de son objet particulier (la démocratie, la nation, le travail, la peine, l’entreprise, la mondialisation…) à la justification et à la légitimation des processus de théorisation qui sont au c½ur des méthodes en philosophie politique.

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vendredi 13 avril 2018

Jean-Baptiste de Lamarck : Système analytique des connaissances positives de l'homme

Honoré Champion - Avril 2018


Naturaliste français, Lamarck est le premier à proposer une théorie matérialiste et mécaniste des êtres vivants. Il est ainsi un des premiers naturalistes à avoir compris la nécessité théorique de l'évolution des êtres vivants.
En 1800 Lamarck écrit que les êtres vivants dérivent les uns des autres par transformations, des plus simples jusqu'aux plus complexes, dont les humains. En 1809, date de naissance de Charles Darwin, il développe ce " transformisme " dans la Philosophie zoologique, mal reçue dans un contexte très religieux ! En 1820, il publie alors ce " Système analytique... " La première partie synthétise ses recherches, la seconde traite des sociétés humaines. L'actualité du propos stupéfie : perte du lien avec la nature, dégradation de celle-ci, conflit entre raison et " instinct ",... que d'anticipations judicieuses! 

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Jay F. Rosenberg : Philosopher. Kit de démarrage

Markus Haller éditions - Avril 2018 - Collection : Inférences


Depuis l’Antiquité, la philosophie est une activité essentiellement argumentative. Pour apprendre à philosopher, il ne suffit pas de connaître des notions abstraites et de se référer aux doctrines de tel ou tel penseur. Le premier savoir-faire du philosophe est la capacité d’examiner de façon critique un raisonnement, de le défendre, de le réfuter ou de l’amender. Ce manuel fournit les outils pour acquérir ce savoir-faire indispensable à la compréhension et à la pratique de la philosophie. Rosenberg invite les étudiants – et toute personne curieuse de comprendre ce que font les philosophes – à découvrir • en quoi consiste un argument, • ce qui permet d’apprécier leur force ou leur faiblesse, • comment les arguments s’enchaînent dans un essai philosophique, • quels sont les pièges cachés qui peuvent dévaloriser une argumentation, et • pourquoi, comme Rosenberg le dit, « ce n’est qu’en philosophant qu’on peut devenir philosophe ». Les nombreux exemples qui accompagnent les explications assurent la bonne compréhension des sujets abordés ; les citations et casse-têtes qui complètent le volume donnent l’occasion d’exercer les compétences acquises.

Préface de Pascal Engel

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Bernard Aspe : Les fibres du temps

Nous - Avril 2018



Les fibres du temps s’attaque, à nouveaux frais, à la question du temps. Si ce livre traverse l’histoire de la philosophie, ce n’est qu’avec l’objectif de rapporter cette question au présent, à notre présent, car le temps — c’est la thèse centrale du livre — est avant tout affaire de partage, de vie, de communauté. Le problème qu’il pose, avant d’être théorique ou épistémologique, est donc éminemment politique. L’architecture de cette réflexion prend une forme inédite, dans laquelle l’argumentation philosophique se tresse avec l’analyse de quelques cas d’expérience sensible du cinéma. Le temps, c’est d’abord ce qui se partage : ce qui s’expérimente comme temps commun. Temps dont les fibres symbolisent le devenir de l’être ensemble, à la fois continu et discontinu, trame tissée qui tient malgré tout. Le temps commun est par nature hétérogène à la logique qui guide le monde du capital et de son « développement ». C’est la raison pour laquelle ce monde voudrait l’éradiquer, ou du moins le réduire aux formes compatibles avec les injonctions qui l’animent. Pour ceux qui refusent ces injonctions, l’existence même du temps commun est non seulement l’enjeu central de la politique, mais aussi, plus largement, celui d’une approche renouvelée de ce qui peut être dit en vérité. 

Bernard Aspe : né en 1970, est philosophe. Il a publié aux éditions Nous : Les mots et les actes (2011), Horizon inverse (2013) et Partage de la nuit. Deux études sur Jacques Rancière (2015).

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Denis Collin : Introduction à la pensée de Marx

Seuil - Avril 2018


Deux siècles après la naissance de Marx, le capitalisme semble partout avoir eu raison du marxisme. Et pourtant la critique du capitalisme est partout ravivée par la crise écologique, l'explosion des inégalités et la maltraitance des travailleurs. Cette contradiction n'est qu'une apparence, car la pensée de Marx n'a rien à voir avec la vulgate étatiste et productiviste des partis communistes défaits par l'histoire. Ce livre tord le cou à bien des idées reçues et nous restitue l'œuvre authentique de Marx, le philosophe humaniste, penseur de l'émancipation des individus et de la démocratie réelle. Conçu comme une initiation didactique à la pensée d'un grand auteur, il en couvre toutes les dimensions philosophiques, économiques, politiques et il nous montre comment cette œuvre reste un outil précieux pour penser le présent.

Sommaire

Avant-propos
1. Marx en son temps
2. De la démocratie radicale à la critique de l'économie politique : la philosophie de la praxis
3. La valeur et le fétichisme de la marchandise : genèse et figures de l'idéologie
4. L'échange et l'exploitation capitaliste : le procès de travail et la production de la survaleur
5. La dynamique du mode de production capitaliste
6. L'émancipation, le communisme
7. Une théorie générale de l'histoire ?
8. Politique et dépérissement du politique
9. L'héritage marxiste
10. L'actualité de la pensée de Marx
Bibliographie

Docteur et agrégé de philosophie, Denis Collin enseigne la philosophie dans un lycée d'Évreux et en classes CPGE économiques à Rouen. Par ailleurs, il préside l'Université populaire d'Évreux et co-anime le site d'informations politiques La Sociale. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages de philosophie politique dont beaucoup sont consacrés à l'explication d'auteurs : Comprendre Marcuse, Comprendre Machiavel, Comprendre Marx, Libre comme Spinoza. Une introduction à la lecture de l'Éthique, etc.

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jeudi 12 avril 2018

Christian Cavaillé : Montaigne et l'expérience

DEMOPOLIS - Avril 2018 - Collection : Philosophie en cours


Les Essais de Montaigne décrivent et examinent une multitude d'expériences. Ils sont parsemés d'éclaircissements médités, à la fois pertinents et de portée universelle, susceptibles d'inspirer et d'éclairer d'autres expériences particulières et singulières. Une philosophie de l'expérience qui mobilise et traverse le scepticisme en s'ouvrant à tout ce qui le précède et l'excède.

Christian Cavaillé, agrégé de philosophie, est l'auteur d'essais (dont Les jeux de langage chez Wittgenstein aux Éditions Demopolis), d'articles dans des revues (Médium, Approches) et de recueils de poésie.

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François Claveau et Julien Prud’homme : Experts, sciences et sociétés

PU Montréal - Avril 2018


Au vu de la place dominante qu’occupent les experts dans notre société, le citoyen peut être amené à se demander ce qu’est un expert et sur quel socle repose son autorité. Comment peut-il évaluer sa crédibilité, et à qui se vouer dans les cas (fréquents) où plusieurs experts divergent d’opinion ?
Fruit du travail de dix-neuf chercheurs, cet ouvrage collectif présente le personnage social de l’expert, les usages sociopolitiques de son travail ainsi que les manières d’arbitrer ses prétentions dans notre société. Une des grandes forces de ce livre tient à son caractère multidisciplinaire, qui accorde une place importante à la philosophie, à la science politique, à l’histoire, à la sociologie et aux sciences de la communication. Chaque texte offre un état de la question sur un volet précis et donne des clés d’explication à des problèmes actuels : contestation de la statistique publique, place des valeurs et des citoyens dans les décisions publiques, rôle social de la science, régulation des groupes professionnels ou rapports de pouvoir dans les espaces numériques. Les auteurs rendent ainsi compte des acquis de la recherche et des débats en cours, et offrent un outil de référence qui s’adresse au grand public comme aux spécialistes et aux étudiants en sciences humaines et sociales. 

François Claveau est professeur adjoint au Département de philosophie et éthique appliquée de l’Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique et membre régulier du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) et du Centre de recherche en éthique (CRÉ).
Julien Prud’homme, historien, est professeur au Département des sciences humaines à l’Université du Québec à Trois-Rivières, chercheur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) et membre régulier du Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ).

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Edouard Jourdain : Proudhon contemporain

CNRS - Avril 2018


La propriété, c'est le vol ", cette phrase connue de Proudhon dans Qu'est-ce que la propriété ? (1840) fit scandale. 
Proudhon (1809-1865) participe au bouillonnement des idées socialisantes du XIXe siècle avec Marx, Bakounine, ou encore Fourier...Marx qualifia son socialisme de scientifique. C'était un penseur aussi isolé qu'il fut novateur et qui ne se reconnaissait pas dans les camps idéologiques de son temps. Son œuvre a été récupérée par de nombreux courants, parfois contradictoires. 
S'il demeure un homme du XIXe siècle, les lignes de force de sa pensée ont traversé le XXe siècle, parfois souterrainement, pour rejaillir aujourd'hui. Le rôle de l'État, les droits de l'homme, la justice, l'organisation du travail, l'accès au crédit, la sécularisation, la guerre, l'utopie : toutes ces interrogations de Proudhon demeurent encore les nôtres. Tout en présentant la pensée de Proudhon dans son impressionnante diversité et dans sa vive complexité, Édouard Jourdain lui imprime une nouvelle force en la confrontant à des auteurs plus proches de nous : d'Elinor Ostrom à Paul Ricoeur, de Georges Gurvitch à Chantal Mouffe, de Julien Freund à Hannah Arendt. 
Loin du petit bourgeois auquel l'a réduit un certain marxisme, c'est un penseur dégagé de tout dogmatisme, vivifiant le débat politique que découvrira le lecteur. 

Édouard Jourdain enseigne la philosophie politique, il a notamment publié Proudhon, un socialisme libertaire (Michalon, 2009) et L'anarchisme (La Découverte, 2013). 

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mercredi 11 avril 2018

Alain Badiou : Le Séminaire. Théorie du mal, théorie de l'amour (1990-1991)

Fayard - Avril 2018


« Il est tout à fait remarquable que ce séminaire soit la matrice de deux de mes livres les plus lus, aujourd’hui, dans le monde : L’Éthique (1993) et Éloge de l’amour (2009). On va y parler des valeurs, le Bien et le Mal, et on va parler, dans la foulée, de l’amour. Quel peut bien être le lien que ces motifs en quelque sorte moraux et sentimentaux entretiennent entre eux ?
Ce séminaire fut en fait le chantier oral de mon agitation scripturale autour de la question des quatre conditions de la philosophie : l’art, la science, la politique et l’amour. Établi au plus près de ses accents souvent impérieux, le présent texte me semble rendre justice à cette tentative de porter la solide architecture de l’être et l’événement jusqu’à ses conséquences vitales les plus difficiles à percevoir. » A.B.

Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, est également dramaturge et romancier. Il a récemment publié, chez Lignes, De quoi Sarkozy est-il le nom? et L'Hypothèse communiste, et chez Fayard, Le Concept de modèle (rééd.) et Second manifeste pour la philosophie

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Marion Zilio : Faceworld. Le visage au XXIe siècle

Presses Universitaires de France - Avril 2018 - Collection : Perspectives critiques


Nous avions pris le visage comme la plus naturelle des évidences. Nous avions cru pouvoir y lire, comme sur un écran, nos sentiments et nos scrupules, nos colères et nos joies. Nous l'avons décoré, maquillé, dessiné, comme s'il était la carte de visite authentique de notre personnalité, de notre être. Pourtant, rien n'était plus faux. Plutôt qu'une fenêtre ouverte sur notre intériorité, le visage a toujours été un artéfact technique une construction devant autant à l'artificialité qu'au patrimoine que nous a confié la génétique. Des origines de l'humanité à l'âge du triomphe du selfie, c'est l'histoire de la fabrique technique, économique, politique, juridique et artistique des visages que décrit Marion Zilio dans Faceworld. Une histoire qui trouve son dénouement dans une interpellation radicalement inattendue de ce qui est trop souvent dénoncé comme notre narcissisme contemporain. En fait de narcissisme, il se pourrait bien que le selfie soit ce qui nous reconnecte aux sources les plus profondes de la manufacture humaine des visages, une reconnexion qui serait aussi une chance de nous réconcilier avec ce qui, en nous, tient du non-humain.

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Baptiste Morizot : Sur la piste animale

Actes Sud Editions - Avril 2018 - Collection : Mondes sauvages


Nul n'existe sans laisser de traces. Pister, alors, est une manière très sûre pour apprendre à connaître quelqu'un : de l'ours du Yellowstone aux loups du Var, de la panthère des neiges du Kirghizistan aux lombrics de nos composts d'appartement. A travers les récits de ses expériences de pistage, Baptiste Morizot nous invite à voir par les yeux des grands prédateurs qu'il rencontre. Pister, c'est décrypter indices et empreintes à la manière d'un détective sauvage pour demander : qui habite ici ? Comment vivent-ils ? Et surtout, comment faire monde commun avec eux ? A partir du terrain, le pistage devient philosophique : il se transforme en une pratique de la sensibilité, en la recherche d'une autre qualité d'attention. C'est une expédition vers des contrées inexplorées : nos relations au vivant et à nos animalités intérieures.

Baptiste Morizot est écrivain et maître de conférence en philosophie à l'université dAix-Marseille. Ses travaux, consacrés aux relations entre l'humain et le vivant, Appuient sur des pratiques de terrain. Il est l'auteur des Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject, 2016), prix littéraire François Sommer 2017, et prix de la Fondation de l'écologie politique 2016.

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mardi 10 avril 2018

Emmanuelle Garcia et Frédéric Nef (éds.) : Métaphysiques contemporaines

Vrin - Avril 2018 - Thema


Le présent volume réunit plusieurs contributions représentatives des grands partages de la métaphysique contemporaine; objet hérité, certes, mais objet nouveau dans la réappropriation analytique qui en est faite. Les questions, qu’il s’agisse de la « question de l’être » ou de la question du langage ou de la question de Dieu, sont les mêmes mais elles sont aussi différentes, prises dans la lumière de l’ontologie, de la logique, de la linguistique ou de la théologie d’aujourd’hui. Et aux questions posées les auteurs s’efforcent d’apporter une réponse, comme le faisait déjà Aristote, il y a quelques vingt-cinq siècles.

Avec des contributions de : G. Kévorkian, F. Nef, R. Pouivet, J.-M. Salanskis, Cl. Tiercelin et Fr. Wolff

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lundi 9 avril 2018

Jean Ferrari, Sophie Grapotte et Abdeljalil Lahjomri (dir.) : Le possible et l’impossible

Vrin - Février 2018


Jamais donné jusque là, ce thème a paru aux délégués des sociétés de philosophie de langue française, réunis à Louvain-la-Neuve en août 2014, d’une richesse philosophique exceptionnelle, susceptible d’intéresser un grand nombre de philosophes francophones. En effet, non seulement l’on trouve des analyses de ces deux notions chez les plus grands philosophes du passé, d’Aristote à Sartre, mais il revêt aujourd’hui une actualité telle que la plupart des champs de la connaissance et de l’action n’en peuvent faire l’économie. Ces notions sont sans cesse mises en œuvre, que l’on songe seulement à l’usage quotidien de ces deux termes dans la conversation la plus banale, mais leurs définitions, leurs rapports d’inclusion ou d’exclusion sont tributaires des lieux et des temps où elles sont utilisées.
Au-delà d’une anthropologie réactualisée à la lumière du développement des neurosciences, au-delà d’une analyse des pouvoirs et des limites de la connaissance et de l’action réévalués à nouveaux frais, le thème de ce congrès devrait inspirer la recherche d’un fondement métaphysique, voire théologique, à ces deux notions de possible et d’impossible, inscrites au cœur de l’homme comme le signe de son incomplétude et de son élan vers l’infini.

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André Kopacz : De la présence pure. La plénitude ontologique du vide

Liber - Avril 2018


La formule « plénitude ontologique du vide » signifie que le vide n'est pas un néant, un rien ou une absence définitive mais, au contraire, l'affirmation en son autosuffisance de la présence à l'état pur. Le vide est plein de la présence pure, mieux il s'identifie à elle. De l'atomisme antique à la révolution scientifique en passant par la Renaissance, de Démocrite à Newton, d'Aristote à Descartes en tant que ses plus éminents adversaires, le vide n'a cessé de hanter tant le champ de la métaphysique que celui de la science, celui de l'expérience comme celui de l'imaginaire. Après avoir tenté de l'expulser de la physique au moyen de la notion d'éther, la cosmologie contemporaine redécouvre le rôle essentiel du vide dans le devenir et peut-être l'origine de l'univers. Aujourd'hui, c'est au tour de la métaphysique de soupeser à nouveaux frais le poids du vide dans le cadre de la problématique qui lui est propre. Après un siècle de dépassement, de déconstruction et autre célébration de la fin de la métaphysique, l'intention est de démontrer ici que, loin d'être oublieuse de la question de l'être, elle a pensé celle-ci avec une portée et une acuité sans égales.

Docteur en philosophie, André Kopacz s'intéresse aux connexions que peuvent entretenir différents champs de la connaissance, notamment à la transversalité de la philosophie et son croisement avec la science moderne. Il vit à Liège en Belgique.

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samedi 7 avril 2018

Vincent Ardourel : Du calcul sur ordinateur à la mécanique discrète

Vrin - Avril 2018 - Mathesis


Le discret peut-il remplacer le continu dans les équations de la physique? Cette question se pose expressément avec l’essor, depuis les années 1970, de formulations mathématiques discrètes de la mécanique classique. Ce livre explore les enjeux philosophiques de ces nouvelles approches. Il montre le rôle du calcul sur ordinateur dans ce tournant de la mathématisation de la physique. Il interroge les conséquences d’une représentation discrète du temps et questionne la nature des théories scientifiques à l’aune de ces récents développements.

Vincent Ardourel, ancien élève de l’ENS de Lyon, est docteur en philosophie et agrégé de physique. Ses recherches concernent la philosophie des sciences et la philosophie de la physique.

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Thomas d'Aquin (et François-Xavier Putallaz, trad. et notes) : L'âme humaine. Somme Théologique 1a, Question 75-83

Cerf - Avril 2018


Qu’est-ce que l’homme ? Telle est l’interrogation à laquelle répondent ces questions de la Somme de théologie sur l’âme humaine. Des analyses limpides, des arguments puissants et surtout des intuitions fulgurantes font de ce petit bijou l’une des perles les plus précieuses de la pensée philosophique. Plus qu’Aristote, dont il venait de commenter littéralement le Traité de l’âme durant l’année 1267-1268, Thomas d’Aquin présente l’homme comme un tout, comme un composé existant, dont les plus hautes activités frôlent la splendeur des anges, et investissent de leur noblesse les animales opérations humaines. Mais l’homme n’est ni ange, ni bête. Homme seulement. Homme pleinement. Les nombreuses notes explicatives et novatrices qui accompagnent cette nouvelle traduction française prennent le temps de l’explication pédagogique quand l’exige un texte difficile, elles surprennent Thomas d’Aquin dans son « atelier médiéval », et dévoilent la fécondité de son anthropologie jusque dans les controverses de notre temps. 

François-Xavier Putallaz enseigne la philosophie à l’Université de Fribourg. Il est l'auteur d’un ouvrage reconnu sur la question du mal (Le Mal 2017).

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Cités 2018/1 (N°73) : Le féminisme éclaté

PUF - Avril 2018


Page 3 à 10 : Yves Charles Zarka - Le féminisme brouillé | Page 11 à 18 : Cristina Ion - Du féminisme aux féminismes | Page 19 à 28 : Christine Bard - Insaisissable féminisme | Page 29 à 42 : Marie-Anne Lescourret - L’existentialisme est-il un féminisme ? | Page 43 à 56 : Estelle Ferrarese - (Re)faire de la Théorie critique. Pour une (re)lecture féministe de l’École de Francfort | Page 57 à 66 : Lilian Mathieu - L’enrôlement du féminisme dans la lutte contre la prostitution | Page 67 à 80 : Jeanne Burgart Goutal - L’écoféminisme et la France : une inquiétante étrangeté ? | Page 81 à 90 : Camille Froidevaux-Metterie - Qu’est-ce que le féminisme phénoménologique ? | Page 91 à 102 : Réjane Sénac - Féminismes et théorie critique. Réflexions sur le cas français | Page 103 à 114 : Nathalie Heinich, Cristina Ion - « Le féminisme universaliste incite à suspendre les différences » | Page 115 à 124 : Thomas Wieder - L’Allemagne au temps des incertitudes | Page 125 à 138 : Isabel Weiss - Apparat | Page 139 à 144 : Michel Deguy - Le poète dans la cité | Page 145 à 160 : Sébastien Baudoin - De Manhattan à Mannahatta : la refondation de la cité par le verbe poétique chez Walt Whitman | Page 161 à 186 : Claude Ber - Effraction/diffraction/mouvement | Page 187 à 210 : Audrey Vermetten - L’art hors les murs : poésie du lieu commun | Page 211 à 212 : Paul Audi, Yves Charles Zarka - Anne Deneys-Tunney (1957-2017).

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vendredi 6 avril 2018

Jean-Claude Michéa : Le plus beau but était une passe. Ecrits sur le football

Climats - Avril 2018 - (nouvelle édition)


"Le football s'est progressivement transformé en sport business et en sport spectacle, où les valeurs traditionnelles du beau jeu et du fairplay sont en voie de disparition parce qu'elles ne sont pas rentables. Il est certain, en effet, qu'aux yeux des classes dominantes l'industrie du football représente un élément décisif du sort power, ou de ce contrôle du temps de cerveau disponible destiné à faire passer l'amère potion libérale. Au même titre, là encore, que l'industrie de la mode, l'univers numérique ou celui de la world music et de ses concerts géants. Avec, toutefois, cette différence notable qu'il est à peu près impossible d'exercer le moindre regard critique sur la dynamique du capitalisme en se situant, par exemple, à l'intérieur du monde de la mode - puisque celle-ci ne constitue que le commentaire poétique de cette dynamique déshumanisante. Alors que l'univers du football offre encore un certain nombre de prises à une vision non capitaliste de la vie." JCM

Jean-Claude Michéa a enseigné la philosophie aux terminales du Lycée Joffre à Montpellier. Tous ses ouvrages ont été publiés chez Climats. Il est reconnu comme l'un des plus atypiques des penseurs français. Son dernier livre, Notre ennemi le capital, parait bientôt dans la collection "Champs".

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Aurélien Aramini et Elena Bovo (dir.) : La pensée de la race en Italie. Du romantisme au fascisme

Presses universitaires de Franche-Comté - Avril 2018

L’importance de la pensée italienne de la race a été longtemps sous-estimée. Cependant, en Italie autant qu’en France ou en Allemagne, nombre d’œuvres littéraires ou de discours scientifiques mobilisent le concept de race dans une perspective aussi bien théorique que politique. Des premières décennies du xixe siècle à la période fasciste, trois moments – philologie romantique, anthropologie positiviste et idéologie fasciste – constituent les jalons d’une archéologie de la pensée italienne de la race dont l’étude révèle un usage spécifique qui engage non seulement le rapport que la Péninsule entretient avec l’autremais aussi le rapport qu’elle entretient avec elle-même.


Sommaire


Préface. Singulière Italie
Frédéric Brahami

Introduction. Pour une étude la pensée de la race en Italie. De l’âge romantique à la période fasciste
Aurélien Aramini et Elena Bovo

PREMIÈRE PARTIE : AUX ORIGINES DE LA PENSÉE DE LA RACE EN ITALIE. LITTÉRATURE, PHILOLOGIE ET ANTHROPOLOGIE

Chapitre 1 . Corinne ou l’Italie de Germaine de Staël. Les impasses de la rencontre culturelle et amoureuse entre les « nations » dans l’Europe du xixe siècle
Enzo Neppi

Chapitre 2. Gaspare Gorresio : de la recherche de l’origine à la (re)découverte de l’identité aryenne
Aurélien Aramini

Chapitre 3. « Les sublimes idéaux de notre race » : Carducci et le mythe aryen
Laura Fournier-Finocchiario

Chapitre 4. Racisme et idéologie du progrès. Cesare Lombroso, disciple infidèle de Paolo Marzolo ?
Elena Bovo

DEUXIÈME PARTIE : L’ANTHROPOLOGIE CRIMINELLE. CARTOGRAPHIE DU RACIALISME À L’ITALIENNE

Chapitre 5. Le début de la pensée raciste de Lombroso (1860-1871)
Silviano Montaldo

Chapitre 6. « Costrutto diversamente dagli altri » : criminalité, atavisme et race chez Lombroso
Xavier Tabet

Chapitre 7. Le racisme antiméridional entre la fin du xixe et le début du xxe siècle
Ernesto De Cristofaro

Chapitre 8. Colères, maladresses et races maudites : La naissance de l’antiracisme dans l’Italie postunitaire
Maria Teresa Milicia

TROISIÈME PARTIE : DE L’ANTHROPOLOGIE CRIMINELLE AUX DISCOURS FASCISTES

Chapitre 9. Une voie régionale à la race ? Romagne et Romagnols entre la fin du xixe siècle et le fascisme
Massimo BAIONI

Chapitre 10. Mussolini et les mots de la race
Antonin Guilloux, Stéphanie Lanfranchi et Élise Varcin

Chapitre 11. Entre « infortune » et « fortune » de l’antisémitisme français dans l’antisémitisme fasciste. L’image de la France dans La difesa della razza
Francesco Germinario

Chapitre 12 . La construction de l’identité et de l’altérité coloniale et raciale dans l’école italienne
Gianluca Gabrielli

QUATRIÈME PARTIE : DOCUMENTS

Chapitre 13. Un échange inédit entre Gobineau et Gorresio. « Orientalistes mutanda mutandis »
Aurélien Aramini

Chapitre 14. Giuseppe Musolino. Un « héros du mal » étudié par Cesare Lombroso
Aurélien Aramini

Chapitre 15. Le dernier brigand. Giuseppe Musolino
Cesare Lombroso

Bibliographie générale

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