lundi 7 février 2022

Nassim El Kabli : Soi-même par un autre. Figures d’exemplarité, figures d’exemple

 Mimesis - Septembre 2021


La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.

Nassim El Kabli est professeur de philosophie, et attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'Inspé de Douai (Université de Lille) où il enseigne la philosophie de l'éducation. Il a publié en 2015 un premier essai, La rupture, philosophie d'une expérience ordinaire. Il travaille notamment sur la notion de lien chez Jean-Jacques Rousseau.

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Haud Gueguen et Laurent Jeanpierre : La perspective du possible. Comment penser ce qui peut nous arriver, et ce que nous pouvons faire

 La Découverte - Janvier 2022


Le rapport ambivalent que nous entretenons à l’égard du possible est révélateur des difficultés à transformer en profondeur la société. Exalté par le capitalisme sous la forme du potentiel, confondu avec le désirable par ceux qui lui opposent des alternatives, le « possible » n’est, pour la plupart, qu’une chimère, quand il n’est pas le paravent de la destinée. Face à la délimitation et à la préemption des possibles qu’opère tout pouvoir, nous ne pourrons rouvrir l’horizon qu’en portant un autre regard sur les possibilités latentes qu’enferme le réel.
Ni prophétie, ni programme, prévision calculée ou utopie de papier, la perspective du possible proposée dans cet ouvrage entend dénaturaliser l’avenir en prenant au sérieux les potentialités du présent. Haud Guéguen et Laurent Jeanpierre renouvellent ainsi une tradition de pensée qui, puisant dans les oeuvres de Marx et de Weber, inspire la sociologie et la théorie critique depuis leurs origines. Ils montrent sa fécondité pour cartographier les possibles avec rigueur et penser stratégiquement la question de leur actualisation.
Le dernier siècle a séparé et souvent opposé l’utopie, les sciences de la société, la critique sociale et l’émancipation, pourtant unies chez les socialistes révolutionnaires. Il s’agit de les rassembler à nouveau pour restaurer les conditions de l’espérance. Tel pourrait bien être, aujourd’hui, l’antidote à la fois savant et politique à l’impuissance de la critique et des gauches.

Haud Guéguen est maîtresse de conférences en philosophie au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Elle a notamment publié, avec Pierre Dardot, Christian Laval et Pierre Sauvêtre, Le Choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme (Lux, 2021).
Laurent Jeanpierre est professeur de science politique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a notamment dirigé, avec Christophe Charle, La Vie intellectuelle en France (2 vol., Seuil, 2016 ; rééd. Points, 2018) et publiéIn girum. Les leçons politiques des ronds-points (La Découverte, 2019).

Table des matières

Introduction
Les deux sens du possible
Une perspective critique
Fondements d’une enquête sur les possibles
Stratégie et possible
Prélude. Possible, impossible, événement : politique du concept
1. Le front du possible
Potentiel humain et gouvernement de soi
Anticiper pour gouverner
2. Marx, penseur du possible ?
Une conception non unifiée
La critique marxienne de l’utopie
3. Weber et la catégorie de possibilité objective
Apparitions et significations du possible objectif
Le jugement de possibilité objective et sa portée
Un mode de connaissance alternatif à celui du matérialisme historique
Une ombre pour le marxisme ?
4. Lukács : possibilité objective et conscience de classe
Réification et possibilité objective de son renversement
Déterminer la conscience de classe
Une critique radicale de l’utopisme
Fonction politique de la catégorie de possibilité objective
Weber déplacé
5. Ernst Bloch : réconcilier le possible et l’utopie
Le possible, fondement ontologique de l’utopie concrète
Quatre couches de possibilités
Interlude. Le possible comme objet sociologique : une tradition latente
La théorie critique en quête de possibles
Le noyau possibiliste de la sociologie
6. Du genre utopique aux réalités des utopies
Utopies réalistes et « réel des utopies »
Histoire politique de l’attitude utopique
7. L’enquête sur les utopies réelles
De la définition à l’opérationnalisation
Critiques et prolongements
8. Les conditions de l’anticipation
La possibilité du possible
Le jeu des espérances et des destins
Pouvoir du probable et possibilités d’agir
9. Une autre fin du monde est possible ?
L’avenir de la catastrophe
Apocalypse Now
Conclusion
Épilogue. Des possibles à la critique
Une crise politique
Une crise épistémique
Enquête sur les possibles et renouveau de la critique
Remerciements
Index des noms
Index des notions.

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Xavier Pavie : Exercices spirituels philosophiques. Une anthologie de l'Antiquité à nos jours

 PUF - Février 2022


La notion d'exercice spirituel s'élabore au sein des différentes écoles philosophiques de l'Antiquité, essentiellement chez les stoïciens, mais aussi les épicuriens et les cyniques, qui vont développer techniques et méthodes pour que chacun puisse parvenir à un mieux-être. Toutes visent à la sérénité, l'homme en harmonie avec la conscience que la vie est courte, que le temps à vivre est incertain, que l'existence est ponctuée de maux, de douleurs et d'obstacles qu'il faut savoir surmonter. Cette pratique de la philosophie comme exercice spirituel est un véritable mode de vie qui irrigue toute l'Antiquité, de la période hellénistique jusqu'à l'avènement chrétien, moment où la philosophie devient une discipline au service de Dieu. Mais au Moyen âge, à la Renaissance et à l'âge classique, la philosophie comme mode de vie perdure et l'espace contemporain n'en est pas dépourvu également. Pour la première fois, les textes fondateurs des exercices spirituels sont regroupés dans un même volume à travers sept thèmes majeurs dont chacun est divisé en trois périodes distinctes : l'Antiquité ; l'époque moderne ; enfin la période contemporaine, depuis Emerson jusqu'à ce début du XXIe siècle.

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Franck Jedrzejewski et Nathalie Périn (éd.) : François Châtelet, un philosophe au présent

 L'Harmattan - Février 2022


Philosophe hors du commun, François Châtelet (1925-1985) a profondément marqué le paysage intellectuel français du XXe siècle. Cofondateur, avec Michel Foucault et Gilles Deleuze, du département de philosophie du Centre universitaire expérimental de Vincennes, aujourd'hui Université Paris VIII, il a dirigé ce département jusqu'à sa mort. Les textes réunis ici se composent de quatre articles de François Châtelet devenus introuvables et une série de textes de philosophes qui mettent en valeur, tant ses talents d'historien de la philosophie, de pédagogue que de philosophe engagé. C'est tout un ensemble de souvenirs d'un philosophe médiatique qui est donné à lire, luttant par l'histoire des concepts contre l'orthodoxie marxiste. François Châtelet fut le cofondateur avec Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt du Collège international de philosophie. Il militait pour la pratique d'une philosophie ouverte et populaire et n'a eu de cesse de décloisonner la philosophie et de l'ouvrir pour la mettre en commun.

Franck Jedrzejewski, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie, a publié une vingtaine d'ouvrages. Il mène des recherches multidisciplinaires entre musique, philosophie et mathématiques sur le sens, les catégories, l'atonalité et l'avant-garde musicale russe. Il enseigne à l'INSTN et à l'Université de Paris-Saclay. Nathalie Périn est actuellement co-présidente du Collège international de philosophie et directrice de programme de cette même institution dans l'intersection philosophie/ éducation. Docteure en philosophie, sa thèse porte sur François Châtelet. Professeure au lycée, elle est également chargée de cours à l'Université Paris VIII en philosophie et en sciences de l'éducation.

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dimanche 6 février 2022

Dominique Bourdin, Dominique Tabone-Weil (dir.) : Planète en détresse : fantasmes et réalités

 PUF - Janvier 2022


Chacun sa façon et suivant des axes différents, les auteurs se demandent si la fin du monde projetée n'est pas une fin du monde qui a déjà eu lieu dans l'histoire de chacun, et dont il faudrait retrouver les racines infantiles. Fin d'un monde en rapport avec les traumas archaïques et les défaillances de l'environnement primaire et/ou avec les avatars de l'oedipe, effondrement qui n'a pas pu être pensé et intégré et que les êtres humains chercheraient inconsciemment à retrouver/reproduire dans le futur à travers des actes, des fantasmes et des prises de positions diverses, dont l'antagonisme apparent pourrait bien se référer à ces mêmes sources. Penser le désastre, entre autres avec les outils de la psychanalyse, pourrait bien être un abri qui, s'il n'empêche pas de mourir, permet de continuer à vivre.

Dominique Bourdin est psychanalyste, membre de la SPP, agrégée de philosophie, docteur en psychopathologie fondamentale. Dominique Tabone Weil est psychiatre, psychanalyste, membre titulaire de la SPP. Onze auteurs, psychanalystes, la plupart membres de la Société psychanalytique de Paris et l'un de la Société psychanalytique suisse ont travaillé à cet ouvrage : Dominique Bourdin et Dominique Tabone-Weil, avec Catherine Bruni, Amélie de Cazanove, Jean-Baptiste Dethieux, Sigmund Freud, Martine Girard, Jérôme Glas, Luc Magnenat, Anne Maupas, Rémy Puyuelo.

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Le Journal des psychologues 2022/2 (n° 394) : Le Rorschach, les épreuves projectives Histoire et actualité

 Martin Média - Février 2022


Page 3 : Patrick Conrath et Maria Ouazzani - Entendre les psychologues ? | Page 7 : Jean-Yves Chagnon - Figure exemplaire de la psychologie clinique | Page 12 : Benoît Verdon - Le test de Rorschach fête ses 100 ans ! | Page 14 à 19 : Benoît Verdon et Pascal Roman - Le Rorschach, histoire et actualité dans la clinique et la recherche | Page 20 à 26 : Jean-Marie Barthélémy, Tevfika Ikiz et Damien Fouques - Écoles de pensée et méthodologies : analyse phénoméno-structurale, école française et système intégré | Page 27 à 32 : Marie-Christine Pheulpin et Jean-Yves Chagnon - Éthique du bilan psychologique | Page 33 à 38 : Maïa Guinard et Hélène Suarez-Labat - Les tests projectifs et leurs applications cliniques auprès des enfants | Page 39 à 44 : Pascale Bruguière et Krinio Benfredj-Coudounari - L’intérêt des tests projectifs en clinique de l’adulte | Page 45 à 50 : Odile Husain, Bruce L. Smith et F. Barton Evans - Réflexions sur la passation des tests projectifs en virtuel | Page 51 à 56 : Manuella de Luca - Le test de Rorschach : un objet complexe en institution psychiatrique pour adolescents | Page 57 à 60 : Bibliographie | Page 61 à 66 : Carine Malichier - De la nécessité d’un travail du traumatisme auprès des auteurs de violences sexuelles | Page 67 à 71 : Olivier Douville et Jérémie Salvadero - La société des assurances | Page 72 à 77 : Maurice Villard - Réflexions sur les effets paranoïaques de la Covid-19 dans leur contexte historique.

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Alexandre Grothendieck : Récoltes et semailles

Gallimard - Janvier 2022


Considéré comme le génie des mathématiques de la seconde moitié du XXᵉ siècle, Alexandre Grothendieck est l'auteur de Récoltes et semailles, une sorte de "monstre" de plus de mille pages, selon ses propres termes. Le tapuscrit mythique, qui s'ouvre sur une critique acerbe de l'éthique des mathématiciens, emmènera le lecteur jusque dans les territoires intimes d'une expérience spirituelle après l'avoir initié à l'écologie radicale.Dans cette tresse littéraire s'entremêlent plusieurs récits, "un voyage à la découverte d'un passé ; une méditation sur l'existence ; un tableau de moeurs d'un milieu et d'une époque (ou le tableau du glissement insidieux et implacable d'une époque à une autre...) ; une enquête (quasiment policière par moments, et en d'autres frisant le roman de cape et d'épée dans les basfonds de la mégapolis mathématique...) ; une vaste divagation mathématique (qui en sèmera plus d'un...) ; [...] un journal intime ; une psychologie de la découverte et de la création ; un réquisitoire (impitoyable, comme il se doit...), voire un règlement de comptes dans “le beau monde mathématique” (et sans faire de cadeaux...)".

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Critique n° 896-897 : Jean-Christophe Bailly : poursuites

 Editions de Minuit - Février 2022


Jean-Christophe Bailly a publié plus de quarante livres. Avec lui, c’est toute la littérature d’essai qui prouve son importance, sa consistance, sa justesse critique. Et sa liberté d’allure. Par la délicatesse intense et obstinée de son approche, il a contribué à modifier notre regard sur des questions devenues, grâce à lui, non seulement plus présentes, mais aussi plus urgentes : le paysage, l’animal, la ville, les images, les formes.
La poursuite, dans les arts de la scène, « désigne un projecteur mobile susceptible d’accompagner le déplacement d’un acteur sur le plateau », rappelle Jean-Christophe Bailly, qui a intitulé Poursuites un recueil de textes sur le théâtre. Toute son œuvre semble animée, en effet, par l’élan qui consiste à suivre une chose du monde – une œuvre, une bête, une phrase, une rivière, une image – et à en accompagner la force.
Il a des années que Critique suit l’œuvre de Bailly. Avec ce numéro spécial, la poursuite se poursuit.

Sommaire

INÉDITS

Jean-Christophe BAILLY : Klaus Michael Grüber ou le dépassement de l’intention

Jean-Christophe BAILLY : Les yeux puis ce qu’ils voient

ENTRETIEN

Jean-Christophe BAILLY : L’envolée des noms

*

Marielle MACÉ : Phraser

Samuel MARTIN : Sillages gallois

Elvina LE POUL : « Ce qui vient avec les rivières »

Laurent JENNY : Puissances de l’atténuation

Nathalie PIEGAY : Les ressources narratives du lointain

Philippe ROUX : Détroits, isthmes, communisme(s)

Nina ROCIPON : La ressemblance émancipée. La chaussette, le gant et l’éléphant

Daniel DE ROULET : Jean-Christophe Bailly à l’oral

Julien ZANETTA : Penser en peintre. Bailly lecteur de Baudelaire

Suzanne DOPPELT : Le promeneur rêve

Martin RUEFF : La poésie puissance n

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Christian Godin : La Société schizophrène

 Pocket - Novembre 2021


La société dans laquelle nous vivons est en train de connaître des bouleversements majeurs. Parmi ceux-ci, la perte de la cohérence d'ensemble apparaît comme le plus important d'entre eux, au point que l'on peut se demander s'il existe encore " une société ".
Mais les contradictions insolubles ne traversent pas seulement l'ensemble de la société, elles touchent aussi les individus, jusqu'à leur faire perdre leur subjectivité et leur caractère.
C'est à cette double métamorphose qu'est consacré le présent essai.

Agrégé de philosophie et docteur ès lettres, Christian Godin est maître de conférences de philosophie à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. François Dagognet a soutenu avec ardeur son magistral travail encyclopédique sur le concept de totalité ( La Totalité, 6 volumes, Champ Vallon).
Outre la dizaine de livres parus chez Champ Vallon, Christian Godin a publié depuis bon nombre d'ouvrages de philosophie pour des publics différents, comme Faut-il réhabiliter l'utopie ? ou Négationnisme et totalitarisme (Pleins Feux), Au bazar du vivant. Dialogue avec Jacques Testart (Seuil), Dictionnaire de philosophie (Fayard/Éditions du temps), La Philosophie pour les Nuls ou encore Vivre ensemble, Éloge de la différence (avec Malek Chebel) (First Éditions) et Le Pain et les miettes (Klincksieck).

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Patrick Tudoret : Petit traité de bénévolence

 Pocket - Novembre 2021

La bénévolence est aujourd'hui trop oubliée. Alors que la bienveillance n'est plus qu'un mot édulcoré par une lente perversion du langage, une attitude passive réduite à une vague tolérance, la bénévolence – l'amor benevolentiae des anciens – est au contraire la forme d'amour la plus ouverte au plus grand nombre, la plus aisée à mettre en œuvre, dans sa vie personnelle et sociale, mais aussi professionnelle. Il s'agit de vouloir faire le bien et de choisir de le mettre en œuvre chaque jour.
Dans ce livre, Patrick Tudoret propose à chacun de remettre l'autre au centre de son champ de vision, non en vaines paroles, mais en actes portés consciemment, parce qu'aimer c'est agir. Pour en finir avec les " bons sentiments ", mais pas avec l'amour... Un essai percutant au style étincelant, habité par l'espérance.

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Ludovic Cortade, Guillaume Soulez (dir.) : Penser l’espace avec le cinéma et la littérature

 Peter Lang - Février 2022


Les co-éditeurs de cet ouvrage, Ludovic Cortade (New York University) et Guillaume Soulez (Sorbonne Nouvelle Paris 3), rassemblent un ensemble de contributions rédigées par des spécialistes de l'écrit et de l'écran permettant de penser l'écosystème formé par l'espace, le cinéma et la littérature. A partir des oeuvres d'écrivains et réalisateurs, parmi lesquels Emile Zola, Alfred Jarry, Julien Gracq, Jacques Demy, Agnès Varda, Marguerite Duras, Ousmane Sembène ou Edouard Glissant, les problématiques abordées dans ce volume inscrivent l'esthétique de la forme et de la réception dans une stratigraphie de méthodes et de concepts associant la géocritique, la poétique, l'esthétique et la géopolitique. Les auteurs analysent l'espace et les métafi ctions géographiques, le transhumanisme, la critique de l'espace anthropocentré, la dimension scalaire de la réception et la signifi cation politique et mémorielle des limites de la représentation de l'espace dans le cinéma et la littérature. Ils interrogent également l'espace à travers le prisme de l'hybridité transculturelle des formes, des récits et de l'esthétique de la réception, participant à la recherche de l'éthique du lieu commun par la parole et l'image partagées à l'ère de l'Anthropocène.

Cet ouvrage paraît en complément de Littérature et cinéma: la culture visuelle en partage (co-édité par les mêmes auteurs). Les deux volumes s'inscrivent dans la nouvelle série « Studies in Film & Literature Cultures » consacrée à l'étude des rapports entre le cinéma et la littérature au sein de la collection Film Cultures de Peter Lang.

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Socio-anthropologie, n° 44, 2021 : Turbulences

 Editions de la Sorbonne - Février 2022


Ce dossier a pour objet différentes quêtes d'intensité qui se manifestent dans notre société. Sports à sensations fortes, recherche de renouvellement et d'intensification des expériences esthétiques ou festives et stratégies cathartiques diverses visant à purger une énergie physique ou affective conçue comme excessive ou perturbante, les comportements auxquels nous avons pensé dans ce projet manifestent un surplus d'énergie et jouent avec les limites du débordement. Apparentés à première vue aux phénomènes de dépense décrit par Bataille, ils marquent une recherche de déroutinisation traduisant le désir soutenu de susciter un état « astructurel » (Duvignaud, 1977) ou de vivre une expérience pour elle-même, c'est-à-dire pour ce qu'elle suscite comme don, voire perte de soi. Tristan Garcia (2016) a interrogé cette vie intense, issue du fantasme électrique qui trouve sa légitimité dans une recherche de puissance et une affirmation de sa présence au monde, supposée échapper au décompte. Cette forme de vie dans l'excès, particulièrement sujettes aux récupérations marchandes, exprime tout aussi bien une quête quasi frénétique de réel que l'incapacité structurelle à en saisir l'épaisseur. On peut interroger sa portée critique.

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vendredi 4 février 2022

Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau : Universalisme

 Anamosa - Février 2022


Repenser l'universalisme classique, ce n'est pas réveiller le démon du particularisme, de la pureté biologique et des passions fascistes. Ce n'est pas non plus tomber dans le piège de l'identité comme fondement de toute légitimité, ni couper la République en deux. C'est, tout au contraire, chercher le chemin d'un humanisme à la mesure du monde.

Partout, des plateaux de chaînes info aux tribunes des grands hebdomadaires, des interviews présidentielles aux phénomènes de librairies, on dresse le même constat : l'universalisme, indissociable de l'esprit français, pilier de la République, ferait face à un péril mortel.
Dans le récit qui structure le discours politico-médiatique en France, l'antiracisme présentable d'antan, validé par les partis de gauche pour son ambition universaliste – lutter en même temps contre toutes les haines collectives en intégrant tout le monde – se verrait supplanter par un antiracisme " décolonial ", " indigéniste " et " catégoriel ", dont la grille de lecture serait " racialisante ".
Si ce nouvel antiracisme est perçu comme une menace pour l'universalisme, c'est parce que ses promoteurs joueraient avec le feu communautariste. L'antiracisme 2.0 serait ainsi un racisme déguisé, utilisant des concepts essentialisants qui ne valent guère mieux que les théories de la suprématie blanche. Idiots utiles du soft power américain ou apprentis-sorciers de la gauche radicale, ses idéologues formeraient avec l'extrême droite une " tenaille identitaire " visant à renverser l'ordre républicain, en déclenchant rien moins qu'une guerre des races.
Mais de quel universalisme parle-t-on ? Dans quelle mesure le concept fait-il l'objet d'un monopole intellectuel ? Pourquoi ceux qui se pensent et se disent universalistes sont-ils convaincus qu'il n'en existe qu'une seule forme – celle qu'ils professent ? Et comment expliquer l'équivalence morale entre racisme et antiracisme qui sous-tend leur axiomatique ?
Telles sont les questions qui sous-tendent cet essai qui se veut à la fois une critique de la raison pseudo-universaliste et une approche de l'universalisme postcolonial, ou créolisé. Repenser l'universalisme classique, ce n'est pas réveiller le démon du particularisme, de la pureté biologique et des passions fascistes. Ce n'est pas non plus tomber dans le piège de l'identité comme fondement de toute légitimité, ni couper la République en deux. C'est, tout au contraire, chercher le chemin d'un humanisme à la mesure du monde.

Mame-Fatou Niang est maîtresse de conférences à Carnegie Mellon University (Pennsylvanie, USA). Elle travaille sur la question noire, l'antiracisme et l'universalisme en France. Elle s'intéresse également aux questions urbaines dans la littérature française contemporaine. En 2015, elle coréalise Mariannes noires, un documentaire sur les parcours de sept Afro-Françaises, ainsi qu'une série-photo sur des musulmans parisiens ( Black, French and Muslim). Contributrice pour Slate, Rosa Luxemburg et Jacobin Mag, Mame-Fatou Niang a récemment publié Identités françaises, un ouvrage qui interroge les processus de marginalisation et de cooptation dans la communauté nationale à travers une étude de discours sur les banlieues (Brill, 2019). Elle achève actuellement la rédaction d'un ouvrage intitulé Mosaica Nigra: Blackness in 21st-century France.

Julien Suaudeau est écrivain et réalisateur. Il enseigne et dirige le programme d'études cinématographiques à Bryn Mawr College, non loin de Philadelphie. Ses travaux portent sur les angles morts de l'histoire coloniale et sur les mécanismes de refoulement dont elle fait l'objet dans le discours politique, mais aussi les arts, la culture populaire et le langage quotidien. Son quatrième roman, Le Sang noir des hommes (2019), raconte comment le colonialisme français a engendré les fantômes qui nous hantent aujourd'hui. En mettant en regard les rémanences de l'ordre blanc en France et aux États-Unis, il propose une critique de l'innocence progressiste sur les questions du racisme, des violences institutionnelles et de la justice sociale. À la confluence de l'art contemporain, de l'urbanisme et de l'histoire, il réfléchit actuellement à l'invention de la ville postcoloniale comme affirmation républicaine. Son livre avec le monteur Yann Dedet (2020), Le Spectateur zéro, a reçu le prix 2020 du Syndicat français de la critique pour le meilleur ouvrage en français sur le cinéma.

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Lignes N°67 : Résistance et organisation

 Nouvelles lignes - Février 2022


Face aux échéances électorales en France, et dans un contexte politique international toujours plus inquiétant, il s’agit encore et toujours, mais peut-être plus que jamais dans l’histoire de la revue, de prendre la mesure de la pensée, de sa responsabilité, et de sa puissance même, en vue de l’action. Canguilhem, dans les années 1930, citant le Rouge et le Noir de Stendhal, appelle à s’organiser face au fascisme : « Quelle est la grande action qui ne soit pas impossible au moment où on l’entreprend ? C’est quand elle est accomplie qu’elle semble possible aux êtres du commun. » Il s’adresse ainsi aux lycéens : « Le problème est de choisir entre une attitude de soumission aux contingences historiques ou aux nécessités, qu’on les estime métaphysiques ou physiquement fondées, et une attitude de résistance ou plutôt d’organisation. » Attitude de résistance et d’organisation : et si c’était cela qu’il fallait à nouveau penser pour l’action immédiate ? Le dilemme semble marqué : pensée et action s’opposeraient de fait. La pensée, tout au plus, inspirerait l’action, mais serait impuissante à en constituer une. Supposons le contraire. En commençant de nous poser cette question : pourquoi, à chaque fois, c’est le péril fasciste qui repose, même à nouveaux frais, la question de l’action, quand la situation précédente, qui a nourri ce péril, ne la posait pas, ou pas assez ? Cette autre question : de quelle marge de manœuvre (organisationnelle même) nos pensées disposent-elles lorsque monte de tout bord et dans tant de pays ce péril – qui ne remonte pas que de son tripot historique d'extrême droite (RN), mais de l’informe populisme aussi bien, des partis supposément républicains même (lesquels en sont rendus à manifester avec la police contre la justice) ? Supposons la pensée elle aussi de capable de puissance pratique, de puissance stratégique aussi bien que de puissance conceptuelle. Faire le futur, défaire le présent, refaire le passé : c'est sans doute à ces conditions que nous serons assez nombreux pour faire barrage à ce que les instituts de sondages donnent comme sûr.

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Jean Louis Sous : Don Quichotte. Chevalier de la post-vérité

 L'Harmattan - Janvier 2022


Le mythe de Don Quichotte a suscité autant d'errances interprétatives que les erratiques chimères poursuivies par le Chevalier. Ces interprétations oscillent entre le sérieux et l'ironie, l'idéalisation de ce redresseur de torts et la parodie d'un récit retors. Chacune, chacun tient à son Don Quichotte. De nombreux auteurs (philosophes, romanciers, cinéastes…) ont revisité voire détourné l'œuvre de Cervantes. Cette étude en fera également le commentaire et répliquera, tout particulièrement, à l'ouvrage intitulé : Le réel n'a pas eu lieu de Michel Onfray, cet infatigable chevalier errant, pourfendeur de la psychanalyse. Comment la postérité a-t-elle pu démentir le renoncement de Don Quichotte à ses croyances, en pérennisant sa figure héroïque, de la même façon que lui-même, dans l'illusion de ses combats, déniait le réel de ses perceptions ?

Jean-Louis Sous exerce la psychanalyse à Angoulême. Il a notamment publié Prendre langue avec Jacques Lacan et Prendre langue avec un enfant (L'Harmattan, 2013, 2021) ainsi que Nicolas de Staël, Portées d'un acte (Epel, 2015) et Lacan et la politique (Érès, 2017). Il a été, par ailleurs, directeur de l'École lacanienne de psychanalyse.

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Jacques Cabassut, Guillaume Nemer, Joseph Rouzel (dir.) : Rapport sur la folie à l'âge capitaliste

 L'Harmattan - Février 2022


Aliénation mentale, aliénation sociale ? Dans le traitement de la folie, il s'agit de marcher sur ses deux jambes : Marx et Freud. Or le symptôme à l'âge du capitalisme est rabattu sur ses manifestations comportementales et traité par redressement, médicamenteux et orthopédique. La psychanalyse ouvre une chance à la force révolutionnaire du symptôme qui se présente comme objection du sujet à la double aliénation, sociale et mentale. L'ouvrage reprend les communications du colloque « Allo Marx et Freud ? Le virus nous parle... » qui s'est tenu à Montpellier en octobre 2021. Cette rencontre s'articulait à la publication aux Éditions le Retrait de l'ouvrage inédit de Karl Marx, De la folie.

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Bernard Charbonneau : Le feu vert. Autocritique du mouvement écologique

 L'échappée - Février 2022


L’émergence d’un mouvement écologiste nous permettra-t-elle de résister aux tendances totalitaires du système technoscientifique ? Telle est la question que se posait Bernard Charbonneau il y a trente ans dans ce livre aux accents prémonitoires qui n’a pas pris une ride. En effet, à l’heure du développement durable et du capitalisme vert, on peut « penser que, sauf catastrophe, le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire, dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie ; ils ne croient qu’au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement. » Charbonneau propose de mettre en perspective le mouvement écologiste et de clarifier les contradictions qui le travaillent et risquent de le stériliser. Animé par des individus plus conscients du sens de leur action, c’est-à-dire de son origine et de ses fins, peut-être ce mouvement saura-t-il mieux choisir ses objectifs et ses moyens pour sauver la nature sans sacrifier la liberté.

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La Pensée 2021/4 (N° 408) : Sciences sociales contre relativisme

Fondation Gabriel Péri - Janvier 2022


Page 5 à 7 : Stéphane Bonnéry - Présentation | Page 8 à 20 : Alain Cambier - Les inconséquences du relativisme | Page 21 à 33 : Bernard Lahire - Misère du relativisme et progrès dans les sciences sociales | Page 34 à 43 : Stéphane Bonnéry - Recherches sur l’éducation : éviter les tentations relativistes | Page 44 à 54 : Gérard Mauger - Sur la « construction » des classes sociales de Marx à Bourdieu | Page 55 à 66 : Francisco Erice, Stéphane Bonnéry et Alexandre Fernandez - Relativisme et irrationalisme | Page 69 à 80 : Saïd Belguidoum - Algérie : un pouvoir politique en panne, une société en mouvement | Page 81 à 93 : Jean-Jacques Potaux - André Stil, une écriture dans son époque | Page 94 à 105 : Jacques Bénézit - Le pape François dans le changement d’époque | Page 109 à 121 : Évariste Sanchez-Palencia - Les cycles Hubris – Némésis | Page 123 à 126 : Race contre classe ? Éléments de réflexion autour d’un débat miné | Page 127 à 135 : Touré F. Reed - Pourquoi les libéraux progressistes séparent la race de la classe | Page 136 à 139 : Touré F. Reed - Pourquoi il est dangereux de laisser l’artefact de la race supplanter la classe sociale en temps de pandémie | Page 142 à 146 : Éric Jalade - Jean Baptiste Thomas, Découvrir la Commune de Paris, Les éditions sociales, Paris, 2021, 196 p., 10 € | Page 147 à 151 : Bernard Lahire - Alain Testart, Principes de sociologie générale. Volume I : Rapports sociaux fondamentaux et formes de dépendance, Texte établi par Valérie Lécrivain et Marc Joly, CNRS Éditions, 2021, 400 p., 28 €.

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