mardi 9 août 2022

Nathanaël Wallenhorst et Christoph Wulf (dir.) : Humains. Un dictionnaire d'anthropologie prospective

 Vrin - Septembre 2022


La temporalité linéaire du progrès où demain sera meilleur qu’hier est rompue. Progrès technique et progrès social sont désormais dissociés. Plus encore : l’entrée dans l’Anthropocène, nouvelle époque géologique marquée par une modification durable des conditions d’habitabilité de la Terre, signifie que la pérennité de l’aventure humaine en société telle que nous la connaissons est compromise.
Comment continuer de devenir humains au sein d’une biosphère fragilisée, à l’heure de la révolution numérique et technoscientifique et de la perspective transhumaniste, ainsi que des transformations du tissu social et des radicalisations de tout type? Être humains, et humains ensemble, ne va plus de soi. Comment nous définissons-nous et que voulons-nous faire de nous-mêmes?
Le souci de l’avenir et l’identification de mutations anthropologiques possibles rassemble ici plus de soixante chercheurs de différents horizons disciplinaires qui accordent une vigilance à la qualité scientifique et philosophique de leur propos comme à son accessibilité par un large public intéressé par l’avenir et sa préparation.

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lundi 8 août 2022

Kevin Laland : La symphonie inachevée de Darwin. Comment la culture a façonné l'esprit humain

 La découverte - Août 2022


La théorie de l'évolution s'est longtemps heurtée à une énigme qui, pour les créationnistes plus ou moins déclarés, avait valeur d'objection : comment les exceptionnelles capacités cognitives, sociales et culturelles des humains sont-elles apparues, démarquant notre espèce de toutes les autres ? Faute d'apporter une réponse étayée à cette question fondamentale, la symphonie de Darwin est restée inachevée. Kevin Laland s'attache ici à compléter les pages manquantes de notre histoire évolutive pour comprendre par quels processus le langage, la technologie, les sciences et les arts ont été possibles.
À partir d'études expérimentales étonnantes menées dans le domaine de l'apprentissage social chez les animaux et d'analyses novatrices issues de la théorie des jeux évolutionnaires, cet ouvrage retrace la manière dont la faculté propre à l'humanité de complexifier et d'accroître continuellement son patrimoine culturel a évolué à partir de comportements d'apprentissage, d'innovation et d'imitation largement répertoriés non seulement chez les grands singes, mais également chez les oiseaux, les poissons ou les insectes. Il met ainsi en évidence la dynamique de coévolution entre gènes et culture par laquelle des compétences socialement transmises ont pu orienter de façon spectaculaire le cours de la sélection naturelle chez nos ancêtres.
Ce récit captivant de l'origine de notre espèce renverse la perspective de la psychologie évolutionniste, qui envisage les phénomènes culturels seulement comme des réponses adaptatives à des circonstances extérieures, dans une relation causale à sens unique allant des gènes à la culture. Il montre que la culture n'a pas simplement émergé à partir de l'intelligence, mais qu'elle a constitué le principal moteur de l'évolution dans notre lignée. Autrement dit, l'esprit humain n'est pas façonné pour la culture, mais véritablement par la culture.

Professeur de biologie évolutive et du comportement à l'université St Andrews, Kevin Laland s'est imposé comme l'un des principaux théoriciens du concept de " construction de niche " ( Niche Construction : The Neglected Process in Evolution, Princeton University Press, 2003, avec F. J. Odling-Smee et M. W. Feldman). Il s'affirme désormais comme l'un des grands promoteurs de la " synthèse étendue de l'évolution ", dont cet ouvrage constitue le socle.

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Enfances & Psy 2022/1 (N° 93) : Savoir ou ne pas savoir ? Une question récurrente dans la clinique de l’adoption

 Erès - Août 2022


Savoir, c’est faire entrer des représentations dans le champ cognitif, c’est acquérir une certaine maîtrise d’un domaine, c’est comprendre, c’est disposer de repères… c’est rassurant. Savoir renvoie à la transmission, mais aussi à la mémoire. Il y a le su et l’insu, le dit et le non-dit, le public, l’intime et les secrets.
Dans le champ de l’adoption, la question de « savoir ou ne pas savoir » est récurrente. On la retrouve dans la dynamique de l’agrément qui confronte le savoir des professionnels à la plus ou moins grande ignorance initiale des postulants, avec tout un travail de transmission qui s’opère des uns aux autres. Lorsqu’il s’agit d’un abandon dès la naissance ou plus tard se pose le problème de ce qui sera laissé à la connaissance de ceux qui prendront le relais et, par leur intermédiaire, à l’enfant. Et cette histoire généralement traumatique, qu’en sait l’enfant ? Quelle inscription dans sa psyché, dans son corps même ? Et que veut-il en savoir lui-même, tiraillé entre l’envie de savoir et la tentation de ne rien savoir de cette histoire blessante ? L’éventuel désir de ne pas savoir emportera-t-il avec lui d’autres pans cognitifs, compromettant les apprentissages ? Savoir qui sont les parents ayant donné la vie peut devenir une interrogation taraudante, particulièrement à l’adolescence. Certains voudront aller au pays qui les a vus naître ou prendront connaissance d’un courrier laissé à leur intention par la mère biologique. Les moyens de communication actuels, les réseaux sociaux ont transformé cette question. Ce numéro d’Enfances et psy permettra d’aborder en profondeur ces différents aspects à partir d’interventions de praticiens.

Page 7 à 9 : Jean-Louis Le Run - 25 ans déjà ! | Page 11 à 13 : Jean-Louis Le Run - Introduction | Page 15 à 32 : Chantal Prononce-Poyol - Accompagner et transmettre : quels savoirs du côté des mères de naissance | Page 33 à 46 : Marion Milliex - Les savoirs en partage : place du psychologue dans les entretiens d’agrément en vue d’adoption | Page 47 à 57 : Bernard Golse - J’aurais rien compris, j’aurais beaucoup pleuré mais j’aurais tout su ! Révéler ou informer ? | Page 59 à 69 : Laurence Gendarme - Le présent pas simple | Page 71 à 81 : Élisabeth Perrin - Savoir et apprendre à l’école pour savoir | Page 83 à 88 : Sylvie Boivin - Sortir de la crypte : deuil et secret dans une histoire d’adoption | Page 89 à 100 : Jean-Louis Le Run - Adopté, savoir ou ne pas savoir d’où l’on vient ? | Page 101 à 116 : Olivia Farkas - Histoires d’adoption « En thérapie » | Page 117 à 131 : Nathalie Parent - Quand ce que l’on croit savoir de son histoire se confronte à la réalité | Page 133 à 136 : Marion Milliex - « Tu crois que je suis un Wonder Boy ? » | Page 137 à 147 : Alexis Rimbaud - À travers l’écran | Page 149 à 162 : Oriane Petiot - Les émotions des enseignants auprès d’élèves à besoins éducatifs particuliers : quels inducteurs positifs et négatifs ? | Page 163 à 174 : Naïla Akharbach - Apprendre du travail avec les pères : quand l’institution « coo-père » | Page 175 à 187 : Hélène Geurts, Elise Buchet et Marie-Claire Haelewyck - Inclusion scolaire et troubles du spectre de l’autisme : un guide méthodologique socialement validé.

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dimanche 7 août 2022

Romain Rolland : Œuvres complètes, t. XII : Péguy (éd. Jérôme Roger, Roland Roudil)

 Classiques Garnier - Juillet 2022


C'est en mémorialiste que Romain Rolland entreprend au soir de son existence le portrait de celui qui fut son éditeur et son jeune mentor. Dans le miroir d'outre-tombe que lui tend la vie brève de Charles Péguy, il ne s'interroge pas seulement sur le sens d'une amitié qui, plus forte que les rivalités et les désaccords, aura survécu aux malheurs du temps ; il retrace aussi les débuts de l'épopée intellectuelle de son siècle. Ce faisant, il délivre à l'usage de la postérité une vibrante introduction à l'étude de l'oeuvre multiple du fondateur des Cahiers de la quinzaine. Son Péguy devient ainsi le livre ultime d'un écrivain qui, passé d'une vie sociale active à la réclusion volontaire de Vézelay, se redécouvre à travers un autre lui-même.

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Les Études philosophiques 2022/3 (N° 142) : Milieu, ambiance, environnement

 PUF - Juillet 2022


Page 3 à 9 : Vincent Gérard - Présentation. La mésologie et les enjeux phénoménologiques de la géographie humaine | Page 11 à 24 : Nobuo Kioka et Augustin Berque - Mésologie de la rencontre : une invitation au dialogue. Série I : introduction à la mésologie | Page 25 à 40 : Augustin Berque - Milieu, contingence et sens dans la nature | Page 41 à 52 : Alain Petit - Nāgārjuna, le milieu et la vacuité | Page 53 à 70 : Vincent Gérard - Du monde au milieu. Heidegger et Watsuji | Page 71 à 87 : Pierre Souq - « Au milieu de l’étant » avec Heidegger. À l’approche du Geviert | Page 89 à 106 : Bruce Bégout - Du milieu à l’ambiance. Réflexions philosophiques sur une autre conception de l’environnement | Page 107 à 130 : Raphaël Authier - Les deux traités de la personne. Locke et l’idée de propriété de soi | Page 131 à 157 : Alberto Frigo - Le même nous. Identité et réminiscence chez Condillac.

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L'Année sociologique 2022/2 (Vol. 72) : Durkheim au Collège de France (2)

 PUF - Août 2022


Page 261 : Pierre Demeulenaere - Note introductive | Page 265 : Note sur les archives | Page 267 à 285 : Philippe Steiner - Simiand au Collège de France | Page 287 à 310 : François Héran - Lévi-Strauss, disciple inconstant de Durkheim… et de Granet | Page 311 à 331 : Pierre Birnbaum - L’« allergie » à Durkheim : Raymond Aron et l’épisode de son élection au Collège de France | Page 333 à 363 : Pierre Demeulenaere - À la recherche de l’unité de la sociologie | Page 365 à 386 : Jean-Louis Fabiani - Bourdieu fut-il durkheimien ? | Page 387 à 397 : Pierre-Michel Menger - Conclusion | Page 399 à 433 : Christophe Labaune - Durkheim au Collège de France | Page 0 : Matthieu Béra et Christophe Lemardelé - La science sociale de Durkheim selon Stoczkowski.

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La Pensée 2022/2 (N° 410) : Henri Lefebvre

Fondation Gabriel Péri - Août 2022


"Les 24 et 25 mars 2022 s’est tenu à Paris un colloque, organisé par La Pensée, le Groupe d’études du matérialisme rationnel et la Fondation Gabriel Péri, consacré à l’étude et à l’hommage d’Henri Lefebvre.
Henri Lefebvre est un philosophe français mondialement connu, lu et traduit par plusieurs générations dans le monde, son « Le marxisme », édité aux PUF dans la collection « Que sais-je ? », est la plus forte vente de cet éditeur depuis 1948.
Né en 1901 et mort 90 ans plus tard, il n’a cessé d’écrire sur les sujets les plus inattendus, inspirant les philosophes, les sociologues, les géographes, les urbanistes… Il a publié son premier livre à 24 ans et visité les œuvres de Marx, Lénine, Nietzsche, Descartes, Pascal et bien d’autres. Il a inspiré plusieurs courants de pensée et continue d’inspirer aujourd’hui de nombreux chercheurs dans le monde, notamment en Amérique latine.
En 2015, les mêmes organisateurs avaient présenté un colloque autour de Louis Althusser. Henri Lefebvre et Louis Althusser sont, sans conteste, les deux philosophes marxistes français du xxe siècle les plus célèbres. Il n’est pas difficile de les opposer, mais on doit aussi constater une posture commune chez ces deux penseurs, outre leur commune critique des dérives stalinistes et post-stalinistes du « matérialisme dialectique » érigé en science des sciences. Ils ont tous deux abordé la lecture des textes marxiens à partir d’une même préoccupation : repérer les manques, décrire les vides, boucher si possible les trous. Mais, chez Althusser, ces trous figurent à l’intérieur du texte, lovés sous les concepts, masquant des ruptures sous d’apparentes continuités. C’est le mouvement inverse qui anime la pensée de Lefebvre ; il traque les vides marxistes dans la réalité sociale et historique, il brosse le tableau d’un réel en attente de concepts, des concepts qu’il emprunte aux textes de Marx et qu’il transforme en vue de nouvelles opérations. C’est pourquoi il écrit « marxisme » entre guillemets, ou même s’excuse modestement de douter si ses propos appartiennent encore au marxisme.
Althusser replié vers l’intérieur des textes et Lefebvre ouvert sur le monde, l’image est tentante, mais elle doit être nuancée. On aperçoit chez les deux penseurs des mouvements inverses, des reflux. Lefebvre, pour ajuster les concepts marxiens à de nouvelles réalités, est amené à retravailler ces concepts, à en modifier l’extension et la compréhension. Ainsi en va-t-il, par exemple, du concept de « mode de production » qu’il détache de son encrage économique pour l’appliquer aux domaines de la politique et de l’idéologie. Ou encore, le concept d’échange qu’il sépare de la valeur-travail et l’inscrit dans un conflit entre échangeurs. Il ne se borne pas alors à « appliquer » le concept comme on met une applique sur un mur (sans modifier ni le mur ni l’applique), il le reconstruit à l’intérieur de la théorie. De même, Althusser, pour fonder son entreprise épistémologique, est amené à fabriquer de nouveaux objets, par exemple, les appareils idéologiques d’état. L’un est allé de l’intérieur des concepts vers les réalités sociales, l’autre a fait le chemin inverse.
La lecture de Marx par Henri Lefebvre est une déconstruction et une reconstruction des concepts marxiens, destinées à donner à la pensée « économiste » de Marx une extension extra-économique, en s’efforçant d’intégrer dans une théorie réunifiée la politique, laedroit, la morale et les idéologies, qui restent chez Marx des juxtapositions descriptives et empiriques. Par exemple, alors que Marx considère les échangeurs comme de simples formes des rapports économiques, Henri Lefebvre les institue en sujets psychologiques et, selon le modèle hégélien du maître et de l’esclave, il installe la scène d’un « conflit pour la reconnaissance » des valeurs (d’usage) échangées. Ce conflit lui permet d’introduire la politique (l’État) au sein de l’économie, l’État qui devient le moteur de l’équivalence universelle. Cette insertion de la violence dans le rapport « usage-échange » a l’avantage de nouer en un seul moment l’économie et la politique et on doit saluer la tentative, même si elle n’est pas très fidèle à la démonstration de Marx.
Je ne sais pas si Henri Lefebvre visait à fonder une théorie cohérente de la diversité du réel ; il semble plutôt qu’il visait à produire des effets théoriques diversifiés au sein du réel vécu. Il taille des chemins dans la broussaille du réel, du vécu. Il rencontre des choses banales de la vie : l’espace, la ville, les moments, les loisirs, l’amour, la nature… Il ne les transforme pas en concepts, mais les enveloppe d’une densité théorique qui les rend propres à recevoir – un jour ou l’autre – les concepts remaniés. Il n’est pas difficile de noter chez lui des écartèlements théoriques, des contradictions conceptuelles. On peut les lui reprocher (certains, ici, le feront sans doute), on peut aussi le louer d’avoir, au sein du chaos apparent du réel, voulu fixer des grumeaux de sens, des rationalités régionales. Qui pourrait lui reprocher d’avoir, bien avant Zygmund Bauman, montré la dimension subversive de l’amour, d’avoir, bien avant Alain Badiou, soulevé la dimension conflictuelle de la différence ? On peut en dire autant de l’écologie, de la condition des femmes, de la jeunesse.
Le voyage au pays philosophique de Lefebvre peut s’épanouir sous le soleil radieux de l’audace ou s’égarer dans la brume déconcertante des concepts, mais, quoi qu’il en soit, le voyage en vaut la peine. Henri Lefebvre nous oblige à penser dans la bousculade des certitudes ébranlées et dans la résignation d’un confort perdu. Au cours de ce colloque, chacun, tour à tour, a partagé ses enthousiasmes ou confessé ses doutes, pour le plus grand profit de nos lecteurs." La Pensée

Page 5 à 6 : Présentation | Page 7 à 17 : Francis Combes - Henri Lefebvre 2022 : où est passée la révolution ? | Page 18 à 29 : Manlio Iofrida et Bénédicte Buis - Le marxisme hétérodoxe d’Henri Lefebvre vu d’Outre-Rhin | Page 30 à 40 : Éric Puisais - Henri Lefebvre et la géographie | Page 41 à 47 : Anne Querrien - Du droit à la ville à la production des communs | Page 48 à 60 : Norbert Lenoir - Henri Lefebvre : la vie quotidienne, une pensée de la reproduction du capitalisme | Page 61 à 71 : Claude Morilhat - « Le mode de production étatique », une théorie à contretemps | Page 72 à 81 : Rémi Hess - Possible, théorie et journal des moments | Page 82 à 93 : Rolando Espinosa Hernández - Moments et formants de la production de l’espace social | Page 97 à 107 : Jérome Martin - Orientation scolaire et professionnelle : le retour de « l’idéologie du don » ? | Page 111 à 122 : Éric Bruillard - Science ouverte : un accès ouvert pour des traitements fermés ? | Page 123 à 127 : Alain Obadia - La Fondation Gabriel Péri : un lieu de débat et de coélaboration | Page 131 à 142 : Christophe Darmangeat - « Le matriarcat primitif n’est plus ce qu’il n’a jamais été » | Page 143 à 152 : Alain Ruscio - Poitiers 732, bataille pour la civilisation ou escarmouche ? | Page 154 à 155 : Claude Gindin - Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, édition préparée, présentée et annotée et texte traduit par Victor Béguin, Alix Bouffard, Paul Guerpillon et Florian Nicomède, postface de Jean-François Kervégan, Les Éditions sociales, GEME, 2018, 346 p., 18 € | Page 155 à 157 : Anne-Marie Roucayrol - Pierre Ivorra, Soigner l’hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé, Éditions Eyrolles, 2021, 280 p., 12,99 €.

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Esprit 2022/7-8 (Juillet-Août) : Faire corps

 Editions Esprit - Août 2022


La pandémie a été l’occasion de rééprouver la dimension incarnée de nos existences. L’expérience de la maladie, la perte des liens sensibles et des repères spatio-temporels, le questionnement sur les vaccins, ont redonné son importance à notre corporéité. Ce « retour au corps » est venu amplifier un mouvement plus ancien mais rarement interrogé : l’importance croissante du corps dans la manière dont nous nous rapportons à nous-mêmes comme sujets. Qu’il s’agisse du corps « militant » des végans ou des féministes, du corps « abusé » des victimes de viol ou d’inceste qui accèdent aujourd’hui à la parole, ou du corps « choisi » dont les évolutions en matière de bioéthique nous permettent de disposer selon des modalités profondément renouvelées, ce dossier, coordonné par Anne Dujin, explore les différentes manières dont le corps est investi aujourd’hui comme préoccupation et support d’une expression politique. À lire aussi dans ce numéro : « La guerre en Ukraine, une nouvelle crise nucléaire ? », « La construction de la forteresse Russie », « L’Ukraine, sa résistance par la démocratie », « La maladie du monde », et « La poétique des reliques de Michel Deguy ».

Page 5 à 7 : Éditorial. Après Davos | Page 10 à 13 : Michael C. Behrent - États-Unis : l’avortement et le droit des États | Page 13 à 17 : Adrien Tallent - Que veut l’homme le plus riche du monde ? | Page 17 à 19 : Diane Delaurens - Les leçons des élections australiennes | Page 20 à 22 : Éric Marlière - La radicalisation qui vient | Page 23 à 26 : Claire Demesmay - Le tandem franco-allemand face à la guerre | Page 26 à 29 : Francis Malige - Comment l’invasion russe déstabilise l’économie | Page 33 à 38 : Anne Dujin - Faire corps | Page 41 à 52 : Michaël Fœssel, Frédéric Gros, Anne-Lorraine Bujon et Camille Riquier - Le plaisir et la honte : des affects politiques | Page 53 à 60 : Anne Chassagnol - Expeausition | Page 63 à 71 : Dominique Memmi et Anne Dujin - Le refus du corps comme destin | Page 73 à 82 : Véronique Nahoum-Grappe - L’inceste, profanation de l’enfance | Page 83 à 93 : Alain Cordier, Antoine Garapon, Véronique Margron, Anne Dujin et Quentin Régnier - Après le rapport de la Ciase | Page 97 à 108 : Jacques Testart - La quête de pureté | Page 109 à 115 : Hélène Mugnier - Quels corps nous inventent les artistes aujourd’hui ? | Page 117 à 125 : Vivien Cabannes - Le futur du numérique sera-t-il incarné ? | Page 129 à 139 : Dominique Mongin - La guerre en Ukraine, une nouvelle crise nucléaire ? | Page 141 à 151 : Bernard Chappedelaine - La construction de la forteresse Russie | Page 153 à 162 : Annie Daubenton - L’Ukraine, sa résistance par la démocratie | Page 163 à 169 : Aïcha Liviana Messina - La maladie du monde | Page 171 à 178 : Cécilia Suzzoni - La poétique des reliques de Michel Deguy | Page 182 à 265 : Cultures.

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Humanisme 2022/2 (N° 335) : Le temps de la déshumanisation

 Grand Orient de France - Août 2022


Les temps ne sont guère à l’optimisme : les débats qui agitent les pages d’Humanisme s’en ressentent. Le dossier de ce numéro visite quelques thématiques indicatrices de ce que l’homme accepte d’abdiquer de lui-même au profit de son confort ou encore du marché (donc de son confort) et de la rentabilité. Il y est question de justice, d’hôpital et de communication déshumanisés. Il y est question d’une société qui, sous l’emprise d’une illusoire éternité et du bruit, s’éloigne artificiellement de l’humain qui pourtant la compose. Le chemin humaniste et universaliste qu’on a cru, à tort, éclairé ad libitum n’est plus aussi couru qu’avant ; face à l’effort à fournir pour arpenter ce sentier ardu, où l’on ne passe pas à deux de front, les néons colorés des larges routes de l’entertainment, de la high-tech, de la hype, séduisent d’emblée. Humanisme, réfractaire à la bifurcation de complaisance, poursuit son exploration lente et attentive de la philosophie, des arts, des idées, mais aussi de l’actualité, au travers du prisme maçonnique, et élargit son horizon avec de nouvelles rubriques. C’est ainsi qu’on y parlera désormais un peu plus d’image, celle qu’on admire, celle qu’il est utile de décoder, celle qu’il convient de restaurer dans sa vérité quand l’air du temps la truque. On y brossera aussi des récits de parcours individuels en tant qu’ils illustrent le réveil d’un engagement insoupçonné par le travail au sens que les francs-maçons lui donnent. En clair, s’il y a un temps de la déshumanisation, le temps n’est pas venu du « déshumanisme ».

Page 1 : Christophe Devillers - La complainte du progrès | Page 4 à 9 : Renaud Dély - Vous avez dit Wokisme ? | Page 10 à 17 : Alain Billecoq - Spinoza et l’esprit des Lumières. De la démocratie à la laïcité | Page 18 à 20 : Samuël Tomei - Pour Bertrand Levergeois (1957-2022) | Page 21 à 27 : Alexandre Dorna et Jacques Sardes - La logique troublante de Poutine | Page 28 à 33 : Pierre Thilloy - Ex Tenebris Lux | Page 34 à 40 : André Combes - Paul Doumer, La République audacieuse | Page 41 à 43 : Guillaume Decouzon - Le temps de la déshumanisation | Page 44 à 48 : Cincinnatus - La déshumanisation des individus et la société de l’obscène | Page 49 à 54 : Olivia Dufour - Justice : quand l’humain s’incline devant le robot | Page 55 à 60 : Johann Margulies - Système et soin : l’humain au cœur de la machine à soigner | Page 61 à 64 : Virginie Tournay - Ceci tuera cela. Le métaverse de Zuckerberg va-t-il tuer l’édifice ? | Page 65 à 73 : Charles Coutel - Contre la déshumanisation : la nécessaire réappropriation des mots | Page 74 à 78 : Gilles Clavreul - L’État en question | Page 79 à 82 : Charles Conte - Trouble dans la Race | Page 83 à 90 : Damien Cesselin - Une fresque humaniste : les Rougon-Macquart. Son Excellence Eugène Rougon (6/20) | Page 91 à 95 : Marie de l’Orme - M. C. Escher, Relativité, 1953 : échecs à la Gravité | Page 96 à 100 : Jean Kriff - Un étrange magistrat : E.T.A. Hoffmann 1766-1822 | Page 101 à 105 : Jean-Louis Coy - Macbeth à l’écran : trois films | Page 106 à 108 : Philippe Foussier - Cécile Révauger La franc-maçonnerie, fille des Lumières | Page 109 à 111 : André Combes - Anna Kargal et Dominique Lesage. Liberté, Egalité, fraternité sur les rives de la Vistule. Trente ans de Franc-Maçonnerie libérale en Pologne 1990-2020 | Page 114 à 115 : Samuël Tomei - Jean-François Chanet. Clemenceau Dans le chaudron des passions républicaines | Page 116 à 119 : Philippe Foussier - Eric Anceau. Laïcité, un principe. De l’Antiquité au temps présent. | Page 120 à 121 : Jean-Pierre Weisselberg - Boris Cyrulnik et José Lenzini. Chérif Mécheri, Préfet courage sous le gouvernement de Vichy | Page 122 à 123 : Philippe Foussier - Laurent Joly. La falsification de l’histoire. Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs.

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Raison présente 2022/2 (N° 222) : Incertitudes

 Union rationaliste - Août 2022


Page 3 à 7 : Xavier Bouju et Michèle Leduc - Avant-Propos | Page 9 à 18 : Marie-Gabrielle Suraud - Les risques technologiques pris par leurs incertitudes | Page 19 à 28 : Bernadette Bensaude-Vincent et Gabriel Dorthe - Le doute, méthode scientifique ou vertu citoyenne ? | Page 29 à 39 : Jean-Marc Lévy-Leblond - Physique : l’exactitude au bénéfice de l’incertitude | Page 41 à 47 : Michel Le Bellac - Le principe d’incertitude de Heisenberg | Page 49 à 57 : Pascal Amphoux - Vers un urbanisme de l’incertitude | Page 59 à 67 : Fabienne Bock - Guerres, certitudes, démentis | Page 69 à 77 : Michaël Lainé - L’économie au défi de l’incertitude, un paradoxe fécond ? | Page 79 à 89 : Nicolas Sauger - Sondages d’opinion : mesurer l’incertitude | Page 91 à 92 : Guy Bruit - Souvenir de Marcel Conche | Page 93 à 102 : Daniel Perrin - À propos du livre Récoltes et semailles d’Alexandre Grothendieck | Page 103 à 106 : Anna Svenbro - Gammalsvenskby : le village des « irréductibles Suédois » d’Ukraine | Page 108 à 110 : Michel Casevitz - De la résistance à la résilience | Page 111 à 113 : Guy Bruit - Enfermements et solitudes… | Page 114 à 116 : Gilbert Cabasso - La mort en direct | Page 117 à 119 : Christian Ruby - Au risque des arts contemporains | Page 120 à 121 : Jean-Louis Lavallard - Paris : petites et grandes salles | Page 122 à 124 : Roland Pfefferkorn - La sourde violence du monde | Page 125 à 141 : Michèle Leduc, Fabienne Bock, Alain Policar et Marc Lachièze-Rey - Notes de lecture.

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samedi 6 août 2022

Demars Aurélien et Stănişor Mihaela-Genţiana (dir.) : Cioran, archives paradoxales. Tome VI. Nouvelles approches critiques

 Classiques Garnier - Août 2022


Aucune question ne semble plus grave que celle de l'échec, parce qu'il remet en cause toute une vie, en détruit le sens, en démolit les valeurs. Or, Cioran cultive une véritable passion pour l'échec, une fascination pour l'apothéose du désastre, une admiration pour les ratés. Comment comprendre cette étrange exaltation ? Il y a tout un sublime cioranien de l'échec, d'une part, en tant qu'expérience existentielle (échecs sentimentaux, humains, religieux...), et d'autre part, en tant qu'art de l'échec, car toute oeuvre résulte de ratures et de détournements de lectures, pour mieux devenir elle-même. Dans cette double direction, les études réunies ici éclairent l'une des plus énigmatiques pensées de l'échec qu'est l'oeuvre de Cioran (1911-1995).

Mihaela-Genţiana Stănişor, directrice de la revue Alkemie, est maître-assistante à l'université « Lucian Blaga » (Sibiu). Docteur ès lettres de l'université de Craïova avec une thèse sur Cioran, elle a notamment publié La Moïeutique de Cioran (Paris, 2018) et traduit en roumain La Tentation nihiliste de Roland Jaccard (Timişoara, 2008) et les Maximes de Nicolas de Chamfort (Cluj-Napoca, 2015).
Aurélien Demars est docteur en philosophie avec une thèse sur « Le pessimisme jubilatoire de Cioran » (2007). Il a coédité les oeuvres de Cioran en « Bibliothèque de la Pléiade » (Paris, 2011). Ses recherches portent sur Cioran, sur les oeuvres existentielles et sur la philosophie du mal. Il enseigne en lycée et à l'université Savoie - Mont-Blanc.

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Cahiers Philosophiques, Hors série 2022 : Le Monde

 Vrin - Août 2022


Nous aimerions que le monde nous soit compréhensible, au point de constituer une sorte de livre à parcourir et à partager. Or s’il y a une évidence du monde – il est là, nous enveloppe et contient une multitude de choses dont une part non négligeable est appropriée à nos usages –, l’incertitude du monde est tout aussi manifeste : sa délimitation dans l’espace comme dans le temps, sa caractérisation même sont loin d’aller de soi. Peut-on dire et penser le monde sans se confronter à la question de sa genèse et du « tohu-bohu » qui le précède et continue peut-être de le menacer? Comment se représenter l’unité du monde et qualifier l’ordre ou le désordre qui s’y déploient? Qu’en est-il de sa réalité même et celle des vies qui s’y jouent, que le travail des mots, des idées, ou des rêves, semble capable de déplacer, ou de transformer ? Ce numéro Hors-série des Cahiers philosophiques propose une sélection d’articles antérieurement publiés dans la revue afin de développer et tisser différents questionnements relatifs à la notion de monde.

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jeudi 4 août 2022

Alain Brossat et Alain Naze : La démocratie contemporaine comme village Potemkine

 L'Harmattan - Juillet 2022


D'une manière toujours plus marquée, dans la vie réelle des démocraties contemporaines, l'actualisation supposée de la souveraineté populaire cède le pas devant la production de fictions utiles, de récits calibrés - bref d'un spectacle et d'une illusion de démocratie. C'est en ce sens que ces régimes sont devenus des villages Potemkine, des toiles peintes, des vitrines dans lesquelles s'exposent des valeurs, des principes, des idéaux de longue date démentis et reniés par les élites, les clans et les bureaucraties solidement installés aux postes de commande dans les démocraties réelles. Plus les démocraties du Nord global entrent dans leur âge tardif et plus se dévoilent leurs affinités avec la fiction. Elles tendent à devenir « des histoires qu'on raconte », toujours davantage en délicatesse avec le réel. Leurs lignes de fuite dans l'imaginaire se multiplient et les peuples en pâtissent.

Alain Brossat enseigne à l'Université Nationale Cheng Kung de Tainan (Taiwan). Alain Naze vit dans le Finistère, où il enseigne la philosophie.

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Guillaume Lurson : Ravaisson et le problème de la métaphysique

 Hermann - Août 2022


Le spiritualisme ravaissonien, loin d’être une étiquette répondant à des besoins de classification historique, ouvre l’horizon d’une refondation de la métaphysique au cœur du XIXe siècle français. À partir de la lecture de la Métaphysique d’Aristote, Ravaisson élabore une critique de ce que l’on peut nommer les « métaphysiques de la séparation », dont le point de départ se trouve dans les écrits du stagirite. Il s’agira dès lors de déployer une philosophie qui affirme l’identité de l’être et de la pensée, par-delà toute transcendance et tout dualisme. C’est ainsi que le problème de la métaphysique peut être posé : peut-on surmonter les apories léguées par la Métaphysique d’Aristote, et suturer la disjonction de l’être et de l’étant, de la nature et de l’esprit, ou encore de l’homme et de Dieu ? Faut-il au contraire considérer que la séparation définit le geste inaugural de la métaphysique ? Ravaisson, en refusant cette dernière possibilité, élabore une philosophie qui s’inscrit contre l’idéalisme transcendantal de Kant ou le positivisme de Comte, et plus largement, contre toute tendance matérialiste de la pensée. Ainsi, l’unité perdue de la métaphysique, soit sa possibilité, doivent être recherchées en questionnant l’héritage d’Aristote, afin de déterminer s’il s’agit de penser avec, ou contre celui-ci.

Guillaume Lurson est professeur agrégé de philosophie et docteur. Il travaille essentiellement sur la philosophie française des XIXe et XXe siècles, et en particulier sur le spiritualisme. Ses recherches portent, d'une manière générale, sur la métaphysique et l'esthétique.

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mercredi 3 août 2022

Jean-François Lavigne (dir.) : Penser avec Edith Stein. De la phénoménologie à la métaphysique

 Hermann - Juillet 2022


Edith Stein est connue en France comme auteur spirituel et personnalité doublement héroïque : née juive, devenue chrétienne, carmélite, déportée et assassinée à Auschwitz pour son appartenance à Israël et au Christ. Mais on ignore le plus souvent qu’elle est une philosophe de tout premier plan, intellectuelle engagée dans le débat international ; formée par Husserl et condisciple de Heidegger, elle a produit une pensée originale qui assume les interrogations fondamentales : y a-t-il une réalité au-delà de la conscience ? Quel sens a l’existence ? Qu’est-ce qu’une personne humaine ? Comment penser la différence sexuelle ? Quelles valeurs pour une éducation réussie ? Dans l’État moderne, comment articuler droits individuels et organisation sociale ? Les essais ici réunis veulent donner accès à la pensée philosophique d’Edith Stein, à son effort pour répondre, rationnellement, aux questions de notre temps.

Avec les contributions de : Angela Ales Bello, Francesco Alfieri, Vincent Aucante, Christof Betschart, Sophie Binggeli, Bénédicte Bouillot, Brice de Malherbe, Éric De Rus, Michel Dupuis, Emmanuel Falque, Jean-François Lavigne, Hans-Rainer Sepp, Francesco Valerio Tommasi.

Jean-François Lavigne est professeur de philosophie contemporaine à l’université Paul Valéry de Montpellier. Docteur ès Lettres, membre honoraire de l’I.U.F., il est chercheur associé aux Archives Husserl de Paris, et membre de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier.

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Luc Vancheri : Bruno Dumont. Cinema mysticum

 Classiques Garnier - Juillet 2022


La lecture naturaliste de l'oeuvre de Bruno Dumont a souvent occulté sa dimension mystique. Si Hadewijch d'Anvers et Jeanne d'Arc y renvoient explicitement, elle n'en est pas moins active dès son premier long-métrage, La Vie de Jésus. Cet essai s'est donné pour tâche de dégager les expressions historiques qui la relient à la mystique chrétienne aussi bien qu'à Charles Péguy et Henri Bergson. Nous n'y voyons pas le supplément spirituel de son esthétique mais, tout autrement, la condition morale de sa politique du cinéma.

Luc Vancheri est professeur en études cinématographiques à l'université Lumière - Lyon 2 où il enseigne l'esthétique du cinéma et la théorie des images. Il est par ailleurs codirecteur de la revue d'études visuelles Écrans. Il a dernièrement publié Corpo celeste. La théologie critique d'Alice Rohrwacher (Strasbourg, 2021).

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Jean-Michel Hirt : Renoncer au naufrage. La pulsion au service du vivant

 Ithaque - Aout 2022


À quoi peut-il servir de renoncer ? C’est la question que cet essai affronte en sollicitant le témoignage de ces combattants du vivant – Baudelaire, Artaud, Mallarmé, Beckett... –, à coup sûr poètes, qui sont parvenus à mettre leur force pulsionnelle au service d’une langue des corps en proie au désir. Pourquoi sombrer plutôt que de se donner les moyens psychiques d’y renoncer, en apprenant « la langue des naufrages », en sachant « danser avec les mots » ? Le « renoncement pulsionnel » serait-il la voie royale conduisant à la conquête vitale, charnelle parce que spirituelle, de soi-même, la seule conquête qui importe face aux désastres occasionnés par « la maladie humaine » ?

Jean-Michel Hirt est psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique de France (APF) et professeur des Universités. Il a créé, à l’université Paris XIII, le Master de Psychologie clinique interculturelle. Parmi ses derniers ouvrages  : Le Socle d’argile. Essai sur le père et la paternité (Ithaque, 2021)

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André Green : La Clinique du négatif. Narcissisme, destructivité et dépression

 Ithaque - Août 2022


André Green considérait Le Travail du négatif, qu’il publia en 1993 (Éditions de Minuit), comme l’une de ses élaborations les plus décisives, dans la mesure où elle cherche à fournir les bases conceptuelles nous permettant de comprendre les changements dans la pratique psychanalytique actuelle. La clinique du négatif se situe en effet au cœur du malaise contemporain représenté par des souffrances psychiques au-delà de la névrose, à l’image des états limites qui, depuis un quart de siècle, ne cessent d’infléchir et d’obliger au renouvellement le travail des analystes. Ainsi, dans la continuité de l’œuvre de 2011, le présent volume, organisé et presenté par Fernando Urribarri – à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de l’auteur –, rassemble des écrits qui abordent les territoires clés de notre pratique actuell e : le narcissisme, la psychosomatique, la dépression. Tout en déployant les principaux concepts greeniens (pulsions destructrices, fonction désobjectivante, narcissisme de mort, etc.), il nous indique une pensée clinique capable de relever les défis du travail analytique aux limites de l’analysable.

André Green (Le Caire, 1927 - Paris, 2012) psychiatre et psychanalyste, fut l’une des plus éminentes figures du mouvement psycha­nalytique international. Auteur d’ouvrages aussi importants que La Folie privée ; Narcissisme de vie, narcissisme de mort ; Le Travail du négatif ou La Clinique psychanalytique contemporaine, il nous laisse une œuvre qui fait désormais partie des classiques de la littérature psychanalytique.

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