samedi 18 mars 2023

Revue internationale d'intelligence économique 2022/1 (Vol. 14) : Appréhender l’incertitude

 VA Editions - Mars 2023


Page 9 à 11 : Christian Marcon - « Accepter sa perte. » | Page 13 à 15 : Kadígia Faccin et Laura Sabbado - Introduction du dossier | Page 17 à 40 : Jérôme Vellayoudom, Olivier Coussi et Nicolas Moinet - Vers un cadre conceptuel d’analyse de l’intelligence territoriale « pleine et parfaite » : les apports de l’utopie concrète d’Ernst Bloch | Page 41 à 62 : Philippe Davadie - Quand l’incertain touche aux frontiÈres de la mort | Page 63 à 83 : Luccas Martins da Rosa et Raquel Janissek-Muniz - The impact of foresight on digital transformation strategies | Page 85 à 109 : Ali Amairia - Quand l’intelligence économique devient territoriale : principes et agenda de recherche | Page 111 à 134 : Elsa Drevon, Dominique Maurel et Christine Dufour - Les veilleurs traqueur, pivot et intégré impliqués dans un processus de veille | Page 135 à 150 : Henri Dou et Pierre Fournié - From Strategic Intelligence to Gastronomy | Page 151 à 158 : Daniel Dory et Bruno Racouchot - Face aux menaces terroristes et écoterroristes, les entreprises doivent repenser leur dispositif cognitif | Page 159 à 160 : Olivier de Maison Rouge - François-Bernard Huyghe.

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René Girard : La conversion de l'art

 Grasset - Mars 2023


« Je ne voudrais pas qu’on prenne ce livre pour un simple essai d’esthétique. Cette jouissance m’est étrangère. L’art ne m’intéresse en effet que dans la mesure où il intensifie l’angoisse de l’époque. Ainsi seulement, il accomplit sa fonction qui est de révéler.

« Le présent ouvrage rassemble huit essais, qui s’échelonnent du début des années 1950 à la fin des années 1980. Les cinq premiers témoignent des questions qui étaient les miennes au moment où je quittai l’Europe, lecteur passionné de Saint-John Perse et de Malraux. Les autres articles suivent le fil de mes réflexions sur l’histoire du roman bientôt achevée, et qui n’allait faire qu’un pour moi avec celle du désir. L’hypothèse mimétique apparaît dans ma critique de Valéry, auquel je préfère très vite Stendhal. Déterminante dans ces années de formation, la question du “pseudo-narcissisme” oriente alors ma critique de l’illusion d’autonomie, que des articles plus tardifs sur Freud et Proust, puis sur Nietzsche et Wagner, continueront de creuser. Ces études figurent avant le texte d’une conférence sur Wagner donnée en 1983… » — RG

Ces brillants « exercices d’admiration traversés par la recherche de la vérité », tels que René Girard les qualifie, donnent à lire l’évolution des questionnements de l’écrivain-anthropologue, de la genèse de sa théorie mimétique aux plus récentes formulations de sa pensée apocalyptique, depuis toujours contenue dans sa conception du désir. Voici enfin l’édition définitive de cet ouvrage essentiel, paru initialement en 2008, augmenté d’une préface inédite de Benoît Chantre et Trevor Cribben Merrill.

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Marwan Rashed : Les vérités de ϴ 10. Remarques sur un chapitre célèbre de la Métaphysique

 Société française de philosophie - Mars 2023


Dans les études sur la théorie aristotélicienne de la vérité, le chapitre ϴ 10 de la Métaphysique occupe une position aussi centrale que problématique. S’en réclament autant les philosophes de tradition analytique que les auteurs les plus continentaux, Heidegger en tête, qui a consacré à ce texte un commentaire détaillé. Cette étonnante fécondité historiographique témoigne assurément de la profondeur des enjeux de ϴ 10. Mais le texte est difficile et l’on peut se demander si ses utilisations modernes ne sont pas autant de rétroprojections, sur un locus éminemment desperatus, de décisions philosophiques trop optimistes.
Notre objectif sera donc, dans un premier temps, philologique : nous présenterons une édition du texte, fondée sur la prise en compte de la tradition textuelle de la Métaphysique. Une brève description sera donnée des témoins byzantins principaux, de leurs rapports de parenté et de la façon dont la traduction arabe ancienne, du IXe siècle, permet de mieux comprendre la tradition grecque. Une fois cette tâche préalable accomplie – elle ne l’a été par aucun des cinq éditeurs de la Métaphysique (Bekker, Bonitz, von Christ, Ross, Jaeger) – nous serons mieux armés pour comprendre la lettre de ϴ 10. Celle-ci, toutefois, commencera par se présenter sous une forme qui accroîtra nos perplexités : loin de permettre de trancher le débat entre lecture « analytique » et « continentale », le chapitre ϴ 10 tel qu’on pouvait le lire à la fin de l’Antiquité fournit des arguments à chacune.
Cette constatation nous invitera à prolonger l’entreprise ecdotique dans une direction plus générale, prenant en compte la constitution du chapitre dans son ensemble. Nous argumenterons en faveur de la thèse suivante : ϴ 10 résulte de la conflagration de deux traitements aristotéliciens distincts, corrélés mais hétérogènes, de la vérité. Nous nous interrogerons sur leur signification intrinsèque et, bien entendu, sur les raisons de leur juxtaposition à la fin du livre ϴ.

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Arnaud Orain : Les savoirs perdus de l’économie. Contribution à l’équilibre du vivant

 Gallimard - Mars 2023 - Les essais


L’économie politique devient une discipline autonome à la fin du XVIIIe siècle en France et en Angleterre. Elle se caractérise dès l’origine par une volonté, à l’instar des sciences exactes, de raisonner sur des abstractions et des grandeurs mesurables.

Son triomphe occulte alors d’autres approches très différentes qui définissent l’économie comme la relation entre le milieu et les espèces : la « science du commerce » et la « physique œconomique ».

La science du commerce rejette toute connaissance produite dans le cabinet du philosophe. Ce sont les praticiens possédant des savoirs vernaculaires qui sont les vrais savants : artisans, fermiers, marchands et grands négociants. Pour tirer le parti maximum d’un déterminisme naturel donné – un « climat », ce que nous appellerions aujourd’hui un écosystème ou un milieu –, elle accumule les observations sur la géographie, les sols, les forêts, les végétaux, les animaux, les infrastructures et la marine. Elle pose les questions économiques par une discussion ouverte et invite le public à co-construire un savoir qui n’est pas le fruit d’une « découverte » par une élite seule.

La « physique œconomique » est une physique appliquée au monde naturel, lui-même pensé comme un organisme autorégulé à l’intérieur de chaque climat. Par la connaissance des propriétés des végétaux et des animaux autochtones et par l’acclimatation de plantes venues d’ailleurs, l’être humain transforme ses milieux pour mieux satisfaire ses besoins et vivre en harmonie avec les autres espèces.

Il importe de ranimer ces économies alternatives à l’heure où la question du climat, du productivisme agricole, de l’épuisement des sols et de l’effondrement de nombreuses populations animales conduit à l’élaboration de nouveaux savoirs du vivant et de ses interdépendances.

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Claude Imbert : Retour sur le galiléisme philosophique et son héritage. Questions pour aujourd'hui

 Société française de philosophie - Mars 2023

Cette communication a deux parties :
La première reviendra sur l’âge classique, entendu dans les limites larges que lui a données Michel Foucault, en incluant les Lumières. L’analyse d’un fragment connu de Galilée introduira au galiléisme philosophique, c’est-à-dire à la référence à Galilée telle qu’elle fut élaborée diversement par Descartes, Pascal et Kant. En résultèrent trois paradigmes de jugement, trois choix quant à l’approche philosophique du réel et de son énonciation. Cette diversification fut soutenue par trois diagrammes (règle coulissante, triangle arithmétique, table kantienne des jugements) auxquels ces philosophes eurent recours. Ces trois manières de configurer le rationalisme y associaient une morale.
La deuxième partie rappellera l’héritage controversé du galiléisme philosophique, mais aussi son développement au-delà de ses premières motivations. Le but est d’ouvrir un point de vue comparatif sur un autre épisode – qui n’est pas achevé. On évoquera le défi que l’énonciation scientifique a posé, au seuil du XXe siècle, à l’écriture conceptuelle, à sa demande de réel et à sa déontologie. Ici, Cavaillès et ce qu’il tint pour un enrichissement, et Merleau-Ponty qui l’a suivi plus qu’on ne le dit, seront nos points d’appui. En confirmant la division naguère proposée entre phénoménologies et langues formulaires, on se propose d’en donner les raisons aujourd’hui claires. Elles ont décidé de quelques choix philosophiques irrémissibles mis à l’épreuve dans les dernières décennies.

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vendredi 17 mars 2023

Louis Quéré : Il n'y a pas de cerveau des émotions

PUF - Mars 2023


Les émotions humaines sont non seulement des phénomènes organiques, dotés d’un « avantage adaptatif », mais aussi des phénomènes biologiques transformés par un environnement social et culturel. Les recherches actuelles en neurosciences des émotions expliquent bien la composante biologique, mais prennent peu en considération la façon dont un milieu socio-culturel peut l’imprégner. Elles s’inspirent de la théorie de Darwin, tout en prêtant peu d’attention à l’un des principes auxquels celui-ci rapportait l’expression des émotions chez l’homme et les animaux : « l’association d’habitudes utiles ».

Cet ouvrage présente et discute les principales approches actuelles en neurosciences des émotions. Il tente de définir précisément les limites de ce qu’elles peuvent nous apprendre. Il pointe le caractère problématique de certains de leurs présupposés, en particulier leur propension à amalgamer le vocabulaire psychologique ordinaire, dont relève la notion d’émotion, et celui des sciences naturelles. Il s’applique enfin à penser à nouveaux frais l’« avantage adaptatif » des émotions humaines, et à expliquer, à l’aide d’une théorie des habitudes émotionnelles, la capacité d’un environnement culturel à pénétrer la dimension organique de ces émotions.

Louis Quéré est directeur de recherche honoraire au CNRS. Il a enseigné à l’EHESS. Il est l’auteur de La Fabrique des émotions (Puf, 2021). Il est aussi connu pour ses publications sur les théories de l’action et de l’événement, sur la confiance, ou sur l’expérience publique, et pour ses présentations et discussions des fondateurs du pragmatisme américain.

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Cliniques méditerranéennes n°107 : Radicalisation(s)

 Erès - Mars 2023


La radicalisation interroge. Lorsqu’elle s’exprime dans la clinique, le clinicien ne peut manquer de se demander par quels processus elle a pu se manifester et quelle fonction elle opère dans la psyché et la vie du sujet. La violence qui l’accompagne ne manque pas d’interroger aussi la société et met le psy en position de devoir en rendre compte ou de rendre des comptes au moins pour l’expliquer sans l’excuser et pouvoir la prévenir ou en faire une pathologie qui pourrait être « guérie ». Ou du moins est-il possible d’amener le « radicalisé » à changer, dans son intérêt comme dans celui de la société ? Comment expliquer cette adhésion brutale ou lente à une idéologie, une religion, qui sépare le « croyant » de son entourage habituel et de sa famille en premier lieu ?

Sont abordées aussi dans ce numéro la question de la sensibilité du corps de l'analyste et celle du bénévolat. D’autres textes développent la « méthode d’analyse clinique d’un entretien de recherche en psychologie », « le souci de soi et la spiritualité en psychanalyse » et quelques problématiques adolescentes, comme « le fonctionnement limite » ou la quête identitaire par le rap. Le lecteur pourra enfin se demander avec un texte en hommage à François Tosquelles : « peut-on soigner les institutions ? »

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Philosophie 2023/2 (N° 157) : varia

 Minuit - Mars 2023


Page 3 à 13 : Clément Lion - Présentation | Page 14 à 22 : Paul Lorenzen et Clément Lion - Logique et Agon (1958) | Page 23 à 41 : Johann Michel - Description mince et description épaisse d’une œuvre d’art | Page 42 à 66 : Romain Couderc - Au travers de la phénoménologie : l’expression et les traces du sens chez Merleau-Ponty | Page 67 à 84 : Sébastien Perbal - Phénoménologie de la peur | Page 85 à 88 : Jean-Jacques Szczeciniarz - Marco PANZA, Modes de l’analyse et formes de la géométrie, Paris, Vrin (collection Mathesis), 2022, 486 p. | Page 88 à 90 : Philippe Hamou - Hélène METZGER, Attraction universelle et religion naturelle chez quelques commentateurs anglais de Newton, deuxième édition établie par Mario Castellana et Enrico Gianetto, Hermann 2020, 342 p. | Page 90 à 93 : Matteo Pagan - Helmuth PLESSNER, Les degrés de l’organique et l’homme. Introduction à l’anthropologie philosophique, traduit par Pierre Osmo, Paris, Gallimard, 2017, 541 p. | Page 93 à 95 : Antoine Husson - Christophe BOURIAU, Alfred Adler et la philosophie. La psychologie du « comme si », Paris, Classiques Garnier, 2021, 152 p..

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Annie Le Brun : La vitesse de l'ombre

 Flammarion - Mars 2023


Avec internet et le métavers, le capital est en train de réaliser son rêve jusqu’alors impossible d’un imaginaire où tout s’achète. Événement sans précédent, contre lequel nous n’avons pas grand-chose à opposer, si ce n’est d’énigmatiques images en fuite, mues par l’urgence de ne pas se laisser déposséder de leur secret, c’est-à-dire de la part d’ombre dont elles sont porteuses. Afin de recouvrer ce que ce monde est en train de nous voler, il ne tient qu’à nous de recourir à cette vitesse de l’ombre qui ne cesse d’approfondir l’horizon vers l’infini qui nous habite.

Si nous nous encombrons encore de bagages, c’est sans doute qu’ils contiennent les voyages que nous n’avons pas faits. Celui-ci, je l’ai commencé sans savoir où j’allais et je l’ai poursuivi jusqu’à découvrir quelque chose comme la cartographie de nouvelles constellations, dans lesquelles la singularité des désirs rejoint les plus lointains mouvements de l’univers.

Il m’est impossible de croire qu’au plus profond de sa nuit chacun ne possède pas de telles images filantes susceptibles de changer le paysage. Je ne connais pas de meilleure raison pour ne pas en finir de prendre à revers un monde qui, chaque jour un peu plus, oublie le monde. — A. L. B.

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Bernard Grasset : Sur les pas de Blaise Pascal. Voyageur de l'infini. Essai de biographie

 Kimé - Mars 2023


L’idée qui a donné naissance à ce livre était d’écrire non seulement une biographie la plus complète possible de l’auteur des Pensées mais aussi de présenter en contrepoint l’ensemble de ses œuvres, quelle qu’en soit la nature (scientifique, philosophique, mystique…). Sur les pas de Blaise Pascal entend ainsi combler un manque car s’il pouvait exister des biographies de ce dernier, au demeurant peu nombreuses et souvent lacunaires, ou des présentations de ses œuvres, il n’existait pas de livre qui réunissait les deux. Ce livre s’attache à répondre à deux exigences : d’une part, être le plus rigoureux possible dans la présentation chronologique de la vie de Pascal et de ses différents écrits en s’appuyant sur les sources les plus sûres ; d’autre part conférer à cette présentation le caractère d’une narration littéraire. Science et lettres unies pour donner vie à la vie de Pascal. Éviter le romanesque, les affirmations erronées qui n’ont d’autre but que donner de l’auteur l’image que l’on voudrait qu’il eût, mais éviter aussi la reconstitution d’une vie de manière froide, accumulant des dates sans laisser vibrer le vécu intérieur. L’histoire de Blaise Pascal, comme l’histoire de ses écrits, s’inscrit dans celle de sa famille, de son milieu et du Grand Siècle. Peindre la vie de l’auteur des Pensées, c’est ainsi faire apparaître les événements de son temps qui en constituent l’arrière-plan. C’est aussi cheminer près de tous les lieux où il a séjourné, depuis la rue des Gras à Clermont-Ferrand jusqu’à ses différentes habitations parisiennes en passant par la ville de Rouen, emprunter les pentes du puy de Dôme ou revenir à la tour Saint-Jacques, s’imprégner de l’espace et du temps où il a vécu. En allant sur les pas de Blaise Pascal, le lecteur peut découvrir une vie d’une remarquable exigence et d’une vraie grandeur, centrée sur la vérité et l’amour qu’il mettait au-dessus de tout.

Docteur en philosophie de l’Université de Poitiers, Bernard Grasset a fait paraître plusieurs essais, ainsi que de nombreux articles, consacrés à l’auteur des Pensées. Il a également publié deux livres présentant des choix de citations de Pascal, accompagnés d’une présentation biographique. Traducteur de l’hébreu et du grec modernes, il est auteur par ailleurs d’essais philosophiques, d’un récit de voyage, d’un livre d’art et de recueils poétiques.

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Michel Foucault : Le Pouvoir psychiatrique. Cours au Collège de France (1973-1974)

 Points - Mars 2023


L’Histoire de la folie à l’âge classique (1972) faisait l’archéologie du partage par lequel, dans nos sociétés, s’opère la séparation du fou et du non-fou. Le récit s’achève sur la médicalisation de la folie au XIXe siècle.
Le cours que Michel Foucault consacre en 1973-1974 au « pouvoir psychiatrique » poursuit cette histoire en dressant la généalogie de la psychiatrie. Il montre qu’on ne peut rendre compte du discours psychiatrique sur la folie qu’à partir des techniques de pouvoir qui organisent le traitement des fous dans la période qui va de Pinel à Charcot. La psychiatrie ne naît pas comme conséquence d'un progrès de la connaissance sur la folie, mais des dispositifs disciplinaires selon lesquels s’organise le régime imposé à la folie.
Le « pouvoir psychiatrique » s’inscrit ainsi dans le cadre de l’émergence du pouvoir disciplinaire.

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Édition établie sous la direction de François Ewald et Alessandro Fontana, par Jacques Lagrange, revue par Elisabetta Basso pour la présente édition.


jeudi 16 mars 2023

Yohann Douet, Alexandre Feron (dir.) : Les sciences humaines

Editions Lambert-Lucas - Décembre 2022


On ne saurait penser l'être humain sans les disciplines qui en font l'étude. Le développement des sciences humaines s'accompagne de multiples questionnements : Le caractère singulier des phénomènes humains les exclut-il du champ scientifique ? La connaissance de ces phénomènes est-elle comparable à celle de la Nature ? Quelles sont les conséquences de l'identité entre sujet et objet de connaissance ? Quelles conceptions de l'être humain se dégagent-elles des différentes sciences humaines ? L'être humain ne risque-t-il pas de perdre toute unité à mesure que se multiplient les points de vue à son sujet  ? L'ouvrage revient sur les prémices (Hume, Rousseau, Kant) et sur les gestes fondateurs des sciences humaines (Marx, Comte, Durkheim, Weber, Saussure, Freud) puis sur la réflexion épistémologique qu'elles suscitent (Dilthey, les néo-kantiens) avant de retracer des débats fondamentaux en économie, en histoire, en sociologie, en linguistique, en anthropologie (Lévi-Strauss) et en psychanalyse (Lacan), sans oublier les perspectives nouvelles (Bourdieu, Foucault, l'histoire « par en bas ») et les questions du genre et de l'environnement qui redéfinissent radicalement notre appréhension de l'humain.

Contributeurs : Matthieu Amat, Alexandre Charrier, Yohann Douet, Lucie Fabry, Juliette Farjat, Alexandre Feron, Guillaume Fondu, Delphine Frasch, Paula Galhardo Cepil, Louis Guerpillon, Ariel Guillet, Stéphane Haber, Servanne Jollivet, Guillemette Leblanc, Vanina Mozziconacci, François Ottmann, Laurent Perreau, Nicolas Piqué, Mélanie Plouviez, Alice Vincent, Jean-Baptiste Vuillerod

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Michèle Le Dœuff : Le sexe du savoir

 ENS Editions - Mars 2023


Y a-t-il un problème entre les femmes et les sciences, voire entre les femmes et le fait de savoir en général ? Non, bien sûr que non. Et pourtant, la rumeur continue à circuler en boucles paresseuses, la misogynie des doctes n'a pas désarmé, l’égalité est loin d’être là et des énoncés assurant que les vraies femmes sont illettrées continuent d’être publiés.

Michèle Le Dœuff entraîne lectrices et lecteurs dans des fouilles archéologiques visant à retrouver l’origine enfouie de réflexes toujours contemporains, dont l’ampleur reste à mesurer : existe-t-il un lien entre la méconnaissance des rapports sociaux entre les sexes, les mécanismes subtils ou grossiers mis en œuvre par les institutions intellectuelles pour maintenir en leur sein autant de domination masculine qu’elles peuvent et le mode de constitution des savoirs que l’école diffuse ou ne diffuse pas ?

Un parcours savant et caustique en compagnie de Platon, Christine de Pisan, Thomas More, Gabrielle Suchon, Bacon, John Stuart Mill, Harriet Taylor... Ou comment, sortant des sentiers battus, il paraît nécessaire de réinventer certaines questions : pourquoi la culture est-elle supposée diminuer le sex appeal ? Pourquoi y a-t-il des choses que bien des hommes ne veulent pas comprendre ? Et comment l’intuition est-elle venue aux femmes ?

Dans cette nouvelle édition du Sexe du savoir, une postface de Léa Védie resitue l’œuvre de Michèle Le Dœuff dans le débat transatlantique concernant les femmes, la philosophie et les sciences.

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Julien Tricard : Les lois de la nature et le problème de l’induction

 Matériologiques - Mars 2023


Que sont les « lois de la nature » que les sciences empiriques, et en premier lieu la physique, tentent de saisir ? Et si les scientifiques ne peuvent les découvrir, ou du moins les confirmer, que sur la base de l’expérience, quels sont la nature et le fondement de leurs opérations inductives ? Comment garantir la possibilité d’une authentique connaissance de ces lois qui structurent la réalité ?

Ce livre propose une enquête épistémologique et métaphysique au cours de laquelle deux fils directeurs s’entremêlent. Il s’agit d’une part de s’interroger sur la nature ontologique des lois, à partir des débats contemporains en philosophie analytique des sciences. Les lois de la nature sont-elles, comme le pensent les empiristes humiens, de simples régularités factuelles universelles ? Ou bien devraient-elles être conçues comme des faits nomiques d’un autre ordre, capables de rendre nécessaires les régularités que nous observons ? Il s’agit d’autre part de remettre sur le métier le problème classique de l’induction que nous héritons de Hume. L’induction n’est-elle que l’opération de généralisation qualitative à partir de l’expérience ? Exige-t-elle, comme on le suppose souvent, de montrer que la nature est uniforme et que les lois sont stables dans le temps ?

Pour résoudre ces problèmes, nous développons une théorie inédite des lois, centrée sur l’analyse de leur nature quantitative, et proposons un fondement nouveau à l’induction scientifique, qui repose sur l’existence, dans la réalité physique, de structures quantitatives. Nous montrons ainsi que c’est la possibilité d’appliquer les mathématiques, dans la formulation des lois physiques, qui garantit la connaissance inductive.

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Elgas : Les bons ressentiments. Essai sur le malaise postcolonial

 Riveneuve - Mars 2023


L'essai roboratif et brillant d'un jeune intellectuel sénégalais, fatigué des querelles fraticides et des surenchères identitaires dans le contexte de promotion de la pensée décoloniale ou post-coloniale. Pour se défaire du poids mortifère du ressassement. Salutaire pour l'Afrique et la France.

- Un jeune intellectuel sénégalais brillant, auteur de roman, chroniques et essais puissants
- Une préfacière, journaliste et historienne, reconnue apportant une forte caution dans l'analyse de la pensée décoloniale
- Un texte très écrit et riche, balayant un demi siècle de l'histoire des idées en Afrique subsahrienne : Léopold Sedar Senghor, Yambo Ouologuem ou Mohamed Mbougar Sarr, Prix Goncourt 2021
- Un style sans concession, vif et lumineux.
- Le 22e titre de la collection de poche Pépites, bien identifiée avec sa couverture kraft et sa gravure de l'artiste France Dumas.

El Hadj Souleymane Gassama, dit Elgas, est journaliste, écrivain et docteur en sociologie. Il est né à Saint-Louis, a grandi à Ziguinchor au Sénégal, et vit depuis une quinzaine d’années en France. Ses recherches portent sur le don, la dette et les transferts d’argent. Il s’intéresse particulièrement aux questions d’identité, de démographie et de démocratie sur le continent africain, et à ses rapports avec la France. Il a publié un carnet de voyage, Un Dieu et des moeurs (Présence africaine, 2015), une biographie, Fadilou Diop, un Juste (Vives Voix, 2021), un roman, Mâle noir (Ovadia, 2021) et un recueil de chroniques, Inventaire des idoles (Ovadia/ Sédar, 2022).

Sophie Bessis (préface) est historienne et journaliste. Ancienne rédactrice en chef de Jeune Afrique, elle a enseigné l’économie politique et l’histoire de l’Afrique contemporaine à l’Inalco et à Paris I. Elle a publié une quinzaine d’ouvrages, dont les deux derniers sont : Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours (Tallandier, 2019) et Je vous écris d’une autre rive, lettre à Hannah Arendt (Elyzad, 2021).

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Brice de Malherbe et Véronique Lefebvre des Noëttes (dir.) : La médecine confrontée aux limites

 Cerf - Mars 2023


Depuis plus d'un siècle, les progrès disruptifs de la médecine, de la chirurgie, de la réanimation, de la biologie ou de l'imagerie ont considérablement amélioré l'espérance de vie ainsi que la qualité des soins apportés aux malades, à leurs familles et à la société. Demain, qui sait quelles innovations vont émerger ? Déjà, les thérapies géniques font naître l'espoir de venir un jour à bout des cancers et des maladies génétiques, tandis que les nouvelles approches d'immunothérapies ont transformé leurs pronostics, et sont même envisagées dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. Ces techniques innovantes, qui s'accélèrent et semblent illimitées, répondent à la volonté de l'être humain de lutter toujours mieux contre les maladies qui l'affectent, de repousser les limites du temps, de la procréation, du vieillissement, voire de transformer les caractéristiques corporelles ou de vaincre la mort elle-même. Être capable de réaliser une prouesse technique n'exonère pas de se poser la question de la légitimité de son application, au risque parfois de verser dans l'obstination déraisonnable, ou d'entraîner des séquelles invalidantes. La pandémie de Covid est venue brutalement nous le rappeler. La médecine technique peut devenir tragique et déshumanisante. Ces avancées entraînent aussi une rupture épistémologique nécessitant une réflexion éthique éclairée par les contributeurs de ce livre qu'ils soient médecin, chirurgien, réanimateur, psychanalyste, philosophe, juriste, théologien.

Ont participé à cet ouvrage : Régis Aubry, Anne-Laure Boch, Jean-François Braunstein, Luce Des Aulniers, Éric Fiat, Dominique Folscheid, Cyril Goulenok, Jean-Pierre Lebrun, Véronique Lefebvre des Noëttes, Brice de Malherbe, Olivier Rey, Didier Truchet, Matthieu Villemot

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Olivier Artus, Valérie Aubourg, Chiara Pesaresi (dir.) : Vulnérabilité(s). Du cadre théorique aux enjeux pratiques

Afpicl-ucly - Mars 2023


Depuis les dernières décennies du XXe siècle, le thème de la vulnérabilité s'est imposé dans le milieu des sciences humaines et sociales, et revient aujourd'hui en force dans le discours public et politique. Le concept de vulnérabilité ne fait pourtant pas système ni consensus, notamment lorsqu'il est mobilisé pour définir des individus ou des groupes sociaux, avec des implications aux plans politique et juridique. Le colloque scientifique inaugural de la Chaire Vulnérabilités de l'UCLy, dont ce volume réunit les actes, entendait sonder la fécondité de la notion de vulnérabilité dans une perspective critique et pluridisciplinaire, pour en mesurer la pertinence face aux multiples défis de nos sociétés contemporaines. L'aspect systémique des crises qui traversent notre temps montre en effet l'urgence de (re)penser la vulnérabilité dans sa dimension à la fois individuelle et collective, comme élément essentiel de nos existences, de nos sociétés, et jusqu'à la totalité du vivant. Dans ce volume, la vulnérabilité est ainsi interrogée au prisme des différentes disciplines convoquées : philosophie, théologie, droit, économie, psychologie, géographie, anthropologie.

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Emma Bigé : Mouvementements. Ecopolitiques de la danse

 La découverte - Mars 2023


Mouvementements. Des mouvements en moi qui ne sont pas de moi, des mouvements par lesquels mes interdépendances avec les autres créatures terrestres remontent à ma conscience. Mouvements de ma respiration, mouvements de ma digestion, mouvements de ma posture qui s'ajuste perpétuellement à la gravité.
À passer du temps dans des studios de danse, voilà ce qu'on peut apprendre : nous, mammifères humaines, habitantes de Terra, sommes mouvementées par une multitude de forces. Loin d'être automobiles, loin d'être contenues ou contenables dans la petite usine de nos corps, nous débordons. Les écologies scientifiques nous en convainquent, les écologies politiques nous appellent à en faire une force insurrectionnelle. Et si nous apprenions, avec les écologies somatiques, à sentir et à célébrer nos débordements plus qu'humains ?
À l'heure où les soulèvements de la Terre se multiplient, ce livre examine la manière dont certaines formes de danse (improvisations collectives, pratiques somatiques, installations chorégraphiques) tentent d'élaborer, dans les plis du monde mondialisé, des antidotes à l'anesthésie. Des manières de nouer nos gestes au-delà des fausses frontières de l'individu et de l'humain. Des manières de danser-sentir-penser l'enchevêtrement de nos mouvements.

Emma Bigé étudie, écrit, traduit et improvise avec des danses contemporaines expérimentales et des théories trans*féministes. Agrégée et docteure en philosophie, danseuse et commissaire d'exposition, elle enseigne l'épistémologie en écoles d'art. Le reste du temps, elle vit au bord d'une forêt dans le Périgord et, dès qu'elle peut, elle roule par terre.

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