jeudi 3 août 2023

Charlotte Beaufort et Bertrand Rougé (dir.) : Transparence/Transparaître

 PU de Rennes - Septembre 2023


Exaltée par certaines utopies modernistes au XXe siècle, à la fois désirée et crainte au XXIe siècle dans nos sociétés de la communication et de l'exposition de soi mais aussi de la surveillance, la transparence est l'objet de discours critiques divers qui en déploient les significations métaphoriques, notamment dans le domaine social et politique. Ces discours se focalisent sur ses effets, le plus souvent jugés pervers, mais n'examine pas la transparence pour elle-même. Tout en rappelant l'éventail des approches critiques, ce volume recentre le regard sur le phénomène de la transparence tel qu'il est mis en oeuvre par les artistes dans des oeuvres qui, le plus souvent, interrogent notre rapport au monde. Il apparaît alors que la notion de transparence gagne à être perçue à travers le prisme du transparaître qui, en mettant l'accent sur la phénoménalité sensible et instable de la transparence, permet d'en étendre le champ de questionnement à des pratiques artistiques plus diverses et à des interrogations esthétiques moins contraintes par l'idéologisation dont la transparence fait souvent les frais. Composé d'études rédigées par des philosophes, esthéticiens, historiens ou théoriciens de l'art, de la musique, du cinéma ou de l'architecture, le livre comprend également les interventions d'artistes qui intègrent la transparence et le transparaître dans leur réflexion et leur pratique.

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Jacques Rancière : Les voyages de l'art

 Seuil - Septembre 2023


Le moment où l'art a été identifié comme une sphère d'expérience autonome et installé dans les musées et les salles de concert est aussi celui où s'est imposée à lui la nécessité de sortir de lui-même, de devenir autre chose que de l'art.
La musique a prétendu être plus que l'art des musiciens : la langue de l'esprit ou le drame de l'avenir. L'architecture a voulu construire non plus seulement des bâtiments, mais un monde nouveau et cherché pour cela à s'envoler dans les airs. Les artistes révolutionnaires ont décidé de confectionner non plus des tableaux, mais les formes de la vie nouvelle. Et les performances et installations de l'art contemporain se tiennent sur la frontière indécise du dedans et du dehors, de l'art et de la politique.
En suivant quelques-uns de ces voyages, Jacques Rancière montre aussi comment les vieux maîtres, Kant et Hegel, nous aident à en comprendre les détours.

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Alain Mothu : Une philosophie des Antipodes Athéisme et politique dans le Cymbalum mundi

 Droz - Septembre 2023


Publié anonymement à la charnière de 1537 et 1538, le petit Cymbalum mundi de Bonaventure des Périers fut aussitôt condamné et presque entièrement supprimé : trois exemplaires seulement subsistent de ses deux éditions faites à Paris puis à Lyon. Pour cause, ce livre cryptique, quoique nullement conçu pour demeurer indéchiffrable, véhiculait sous ses dehors de comédie joyeuse une pensée que son audace condamnait a priori à un silence définitif : une « philosophie des Antipodes » (comprenons : des « Antipodes inférieurs ») qui annonce que le Christ fut un imposteur, que Dieu n’est pas et que l’un et l’autre sont des instruments de domination sociale au service d’Antipodes « supérieurs » intéressés à faire valoir que certains hommes ne sont ni véritablement du même monde, ni tout à fait humains.

TABLE DES MATIÈRES

ABRÉVIATIONS

INTRODUCTION

Une philosophie des Antipodes ?

Un « plus hault sens » ?

L’auteur

Analyse du Cymbalum

La censure de

Feuille de route

CHAPITRE PREMIER

Les fables canines

Cave canem !

Fabulations chrétiennesLa fable de Prometheus La fable du grand Hercules de Libye La fable du Jugement de Pâris La fable de Saphon La fable de Erus qui revesquit La chanson de Ricochet

Des chiens en conflit ?

CHAPITRE II

Les visages mercuriens du Christ

L’amateur de bon vin

Le missionnaire et le rénovateur de l’Alliance

Le porteur de la Bonne Nouvelle

L’Homme-Dieu : Mercure schizophrène ?

Le Sauveur, ou Mercure et ses dames

Le dieu d’amour

CHAPITRE III

Les faces obscures de Mercure

Retour à l’auberge : le blasphémateur

Le fauteur de discorde

Le porteur d’une vaine Parole

Mercure l’enchanteur Le magicien et l’illusionniste

Le vaurien ou l’homme de rien

L’imposteurMercure et les « trois imposteurs » L’Imposteur, suite : retour sur Protée


CHAPITRE IV

Le titre du Cymbalum mundi

Un titre latin ?

Un monde-cymbale ?

Un livre-cymbale ?

Évidences textuelles

L’homme-cymbale

Jésus « in Cymbalis »

« Athées » et blaireaux Du Fils au Père

CHAPITRE V : JUPITER ET SON DIABLE DE LIVRE

L’horizon biblique
La bibliothèque divine

Chronica rerum memorabilium quas Jupiter gessit antequam esset ipse

Fatorum praescriptum : sive, eorum quæ futura sunt, certæ dispositiones

Catalogus Heroum immortalium, qui cum Jove vitam victuri sunt sempiternam

L’Improvidence divine

Anatomie interne de Jupiter

Le Destin meurtrier

Jupiter en épouvantail

Le théâtre divin
Fama Jovis

Quelques mots sur l’athéisme au XVIe siècle

CHAPITRE VI La colère qui monte Politique du cymbalum mundi

Phlégon ou l’élévation manquée

La fin du « serf » Actéon

La menace des Antipodes

La vérité d’en-bas

Bonaventure Antipode ?

Religion et trahisonL’ennemi Luther Une proph©tie de Des Périers

Omnia sunt communia ?

Et François dans tout cela ?

CONCLUSIONS

BIBLIOGRAPHIE

INDEX


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Jean-Paul Galibert : Les erratiques. Scènes de la pensée incongrue

 Hermann - Septembre 2023


Les Erratiques amusent,

imaginent et inventent.

Incongrus et anonymes

inépuisables et obstinés

singuliers ou collectifs,

tous croient en une raison vitale

d’agir comme il font.

Agrégé et docteur en philosophie, auteur d’une thèse sur le langage, Jean-Paul Galibert est un penseur inclassable : contre l’hypercapitalisme (qu’il pense chronophage et suicidant), il montre la voie d’existences possibles (par l’éloge du rien, de la ludique et des contradictions).

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Pierrot Seban : Le temps et l'infini. Sur les paradoxes de Zénon d'Élée

 PUF - Septembre 2023 - MétaphysiqueS


Le mouvement semble supposer une chose impossible : qu'on achève un infini. Nous soutenons que ce paradoxe, soulevé par Zénon d'Élée, n'est ni un simple sophisme ou erreur, et qu'il n'a été réfuté ni par la physique moderne ni par les mathématiques de l'infini. Qu'il admet, certes, des solutions, mais plurielles, conflictuelles, et qui obligent notre engagement philosophique. Pour résoudre le paradoxe, ce livre entend d'abord le prendre au sérieux, dans une enquête en cinq temps. Il part de notre héritage antique concernant l'infini, le temps et le continu. Puis il met en forme l'argument zénonien, et ce faisant, rencontre un adversaire : celui qui croit que l'infini peut être achevé. Contre lui, il montre d'abord ce qu'est l'infini mathématique, et pourquoi il ne permet pas cette conclusion ; puis, comment notre pensée du temps implique le devenir et, pour cela, exclut l'infini achevé. Il offre, finalement, une solution, où l'idéalisme s'identifie au réalisme.

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mercredi 2 août 2023

Felipe Freller : Quand il faut décider. Benjamin Constant et le problème de l'arbitraire

 Classiques Garnier - Juillet 2023


Il est commun de caractériser le libéralisme comme une doctrine ou une idéologie qui néglige, voire nie, la dimension de la décision. Or, Benjamin Constant, présenté souvent comme un « père fondateur » du libéralisme, peut être considéré comme un auteur qui remet en question cette représentation courante de la tradition libérale. En effet, en dépit de sa condamnation réitérée de l'arbitraire compris comme pouvoir illimité, sa pensée n'a pas cessé d'essayer de rendre compte des situations qui requièrent l'arbitraire compris comme décision impossible à fonder sur l'application d'un principe ou d'une loi préalable. C'est pourquoi il n'y a pas une simple condamnation, mais un véritable problème de l'arbitraire dans l'oeuvre de Constant.

Felipe Freller est docteur en études politiques par l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et en science politique par l'université de São Paulo (USP). Il est actuellement chercheur postdoctoral à l'université fédérale de São Carlos (UFSCar), au Brésil. Sa thèse a remporté en 2021 le grand prix de thèse Oscar Niemeyer du CAPES.

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Thomas Bernhard : Déjeuner chez Wittgenstein / Minetti / Les apparences sont trompeuses / Simplement compliqué

 L'Arche - Septembre 2023


Ce volume de pièces de référence de Thomas Bernhard illustre la relation acerbe et ambivalente qu’entretenait l’auteur viennois avec le monde du théâtre, la profession de comédien et l’art dramatique en général, le plus proche de la folie, un art entre mascarade et aliénation. Miroir de Bernhard et figure repoussoir, l’acteur cristallise toute la haine féroce que Bernhard vouait au monde théâtral, un monde haïssable de faux semblants, de culte du pouvoir, métaphore de la société de l’époque et de la nation autrichienne : « l’humanité entière délire de pouvoirs / où que nous regardions / nous ne voyons qu’une humanité délirant de pouvoirs / nous sommes au cœur / d’un processus catastrophique de crétinisation »

« L’Autriche elle-même n’est rien d’autre qu’une scène/ où tout va à vau-l’eau à la putréfaction à l’agonie/ une figuration enfoncée dans la haine d’elle-même/ formée par six millions et demi d’abandonnés/ six millions et demi de débiles et de fous furieux »

Dans Déjeuner chez Wittgenstein, Voss, alter ego de Ludwig Wittgenstein, oscille de façon permanente entre folie et génie. Considérée comme l’une des pièces les plus violentes, les plus assassines de Bernhard, elle est également caractérisée par plusieurs évocations de Schopenhauer qui partageait la même authentique aversion pour l’esprit de sa nation, pour la « lourdeur » germanique. L’excès frôle la jubilation et la virulence hargneuse ne faiblit jamais, que l’on y parle des symphoniques de Beethoven ou de viandes en sauce.

La langue bernhardienne se fait obsédante, obsessionnelle, répétitive, monstrueuse, portée par des locuteurs avoisinant constamment la solitude et la folie. Dans leur bouche, la décomposition du discours se dévoile comme un moi qui se dissout, laissant entrevoir une vaste béance de désespoir. Ainsi trouve-t-on, dans Minetti : « Vous entendez/ La mer/ La mathématique/ La peine/ L’effroi/ L’ambition/ L’abandon/ Vent/ Côte/ Ce mot côte/ (chantant presque) Côte/ côte/ et puis/ brume/ Perception/ Jalousie/ (criant soudain) A l’aide/ (tout bas) Crime/ (à la dame directement) Quand ne règne plus que le I/ ou plus que le U/ ou le O (comme s’il imitait le chant du coq) Cocorico/ Cocorico/ Cocorico. »

« D’une certaine manière les comédiens sont des crétins /même les plus grands / même les plus célèbres / ils fuient leur médiocrité / et la médiocrité les rattrape / sans exception »

Sous la plume de Bernhard, le théâtre, miroir métaphysique de la vie humaine, prend la forme d’une grande danse macabre où des pantins se débattent dans une époque finissante et engluée dans les atrocités du passé, avec le suicide comme échappatoire à la suffocation politique.

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Louis Vitalis et Natasha Chayaamor-Heil : Architecture et sciences du vivant. Études critiques

 Hermann - Septembre


Le vivant devient un thème plébiscité des discours sur l’architecture et la ville. Il recouvre une diversité de sujets, de la biodiversité urbaine à l’architecture performative, en passant par des algorithmes auto-organisés. De nouvelles approches émergent comme la bio-inspiration ou le biomimétisme… Elles suscitent des espoirs écologiques et érigent la biologie en ressource pour le projet. Mais la culture architecturale n’a-t-elle pas des liens très anciens avec le monde organique ?
La question prend un sens nouveau au prisme de l’épistémologie et de la conception. Soit deux idées centrales : la nature n’est pas la biologie, et l’architecture est d’abord projetée. Au fil de plusieurs études empiriques de processus de conception, ce livre déploie une enquête générale et critique sur les problèmes qui se posent à la compréhension des rapports entre sciences biologiques et conception architecturale.

Louis Vitalis est docteur en architecture, maître de conférences associé à l’ENSA Paris La Villette, chercheur au laboratoire MAACC. Ses recherches portent sur les processus cognitifs de conception, l’épistémologie de l’architecture, ainsi que sur l’utilisation de sciences pour le projet.
Natasha Chayaamor-Heil est architecte, docteure en stratégie biomimétique pour l’architecture, chercheuse au laboratoire MAACC et associée au CESCO MNHN. Ses recherches explorent plusieurs méthodes innovantes pour traduire des principes de la nature et les mettre en œuvre dans la conception architecturale.

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mardi 1 août 2023

Martin Buthaud :Tragique et temporalité. D'Héraclite à Clément Rosset

 L'Harmattan - Juillet 2023


Une existence est à la fois ce qui donne sens et ce qui est livré à une finitude insensée. C'est là que se tient la contradiction insurmontable qui fait toute sa réalité tragique : elle donne sens sans elle-même en avoir, elle est le mystère d'une puissance de créer au cœur d'un devenir sans raison. En interrogeant certains philosophes, depuis Héraclite jusqu'à Clément Rosset en passant par Nietzsche et le courant existentialiste, ce texte s'efforce de retrouver quelques traces de ce sentiment du tragique.

Jean-Pierre Coutard, docteur en philosophie, est l'auteur d'ouvrages dont la problématique gravite autour du désir, de la singularité du « soi » et de sa temporalité.

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samedi 29 juillet 2023

Annie Petit : Un siècle de positivisme(s), Tome 1. Politique des savoirs. Science(s) et religion

 Hermann - Septembre 2023


Auguste Comte a fondé le positivisme comme philosophie des sciences et comme socio-politique. Celle-ci est étudiée ici comme politique des savoirs (t. I) et des pouvoirs (t. II, politique intérieure et extérieure). En un siècle, le positivisme se pluralise. Les positions du maître et des disciples sont confrontées.
Ce tome examine les rapports entre sciences et politique, qui débordent sur les rapports entre sciences et religion. Comte a développé sa politique scientifique en religion de l’Humanité ; la place et le rôle donnés à la science et aux savants dans la société ont questionné les disciples. L’importance donnée à l’enseignement-éducation et à la diffusion des savoirs retrouve les problèmes d’articulation sciences, politique et religieux. Comte voulait partout supplanter la réclamation égoïste des droits par les obligations du devoir et de l’altruisme. La politique de la science des positivistes mêle enthousiasmes, défiances et espérances utopiques.

Annie Petit, professeur émérite de philosophie à l’université de Montpellier, a publié sur l’histoire de la philosophie, la philosophie et l’histoire des sciences et l’histoire des idées au xixe siècle. Elle a publié notamment Le Système d’Auguste Comte. De la science à la religion par la philosophie, Paris, Vrin, 2016.

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Byung-Chul Han : Infocratie. Numérique et crise de la démocratie

 PUF - Septembre 2023


Le tsunami d'informations déclenché par la numérisation menace de nous submerger dans une mer de communication frénétique qui perturbe de nombreuses sphères de la vie sociale, y compris la politique. Les campagnes électorales sont maintenant menées comme des guerres d'information, et la démocratie dégénère en infocratie. Dans son nouveau livre, Byung-Chul Han soutient que l'infocratie est la règle dans le capitalisme d'information contemporain. Alors que le capitalisme industriel a fonctionné avec la contrainte et la répression, ce nouveau régime d'information exploite la liberté au lieu de la réprimer. La surveillance et la punition font place à la motivation et à l'optimisation : nous imaginons que nous sommes libres, mais nos vies entières sont enregistrées afin que notre comportement puisse être contrôlé psychopolitiquement. Sous le régime néolibéral de l'information, les mécanismes du pouvoir fonctionnent non pas parce que les gens sont conscients de la surveillance constante, mais parce qu'ils se pensent libres.

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Jean-Louis Bertocchi : L'Ange de Benjamin et l’Enfant du Ghetto

 Editions de l'Eclat - Août 2023


« Il existe un tableau de Paul Klee qui s’intitule Angelus Novus. Il représente un ange qui semble être en train de s’éloigner de quelque chose à laquelle son regard reste rivé. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’Ange de l’Histoire », écrivait Walter Benjamin en 1940, quelques mois avant de mettre fin à ses jours et trois années avant que l’enfant du Ghetto de Varsovie, au moment de sa liquidation en 1943, ne soit fixé dans une photographie, qui deviendra le symbole de l’extermination des Juifs d’Europe.
La juxtaposition des images de l’Ange de Benjamin et de l’Enfant du Ghetto a quelque chose de bouleversant que personne, jusqu’à ce petit livre de Jean-Louis Bertocchi, n’avait relevé.
Le même mouvement des bras et des ailes, cette même direction du regard qui échappe à l’objectif, font de l’Enfant du Ghetto un nouvel Ange de l’Histoire, qui semble nous dire: « Que voyez-vous dans mon regard, que je ne vois pas encore ? »

Jean-Louis Bertocchi, docteur en philosophie, a publié aux éditions de l’éclat : Moses Hess. Philosophie, communisme et sionisme. De la fraternité sociale à la terre du retour (2020) et Un impensé de Marx : la question juive (2022).

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Gabriel Gatuka Kpandjar : Karl Popper et la vérité scientifique

 L'Harmattan - Juillet 2023


Les conceptions de la vérité scientifique connues jusqu'à Karl Popper sont synonyme de certitude ou de vérité ad vitam aeternam, de cohérence, d'évidence ou de pragmatique. Elles apparaissent tels des mirages du fait qu'elles demeurent très simplistes, c'est-à-dire non suffisantes, mais aussi parce qu'elles restent « clivantes » et exclusivistes. L'analyse de la critique rationnelle qu'oppose Popper à ces diverses conceptions de la vérité scientifique permet dès lors de mettre en évidence non seulement les tensions internes qui structurent ces conceptions de la vérité scientifique, mais encore l'originalité de la méthodologie épistémologique de Karl Popper. Cette originalité est essentiellement fondée sur le principe de falsifiabilité, le cœur même de son épistémologie aux perspectives ouvertes et inclusives.

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Jean François Billeter : Une révolution dans la pensée

Allia - Août 2023


Une révolution dans la pensée, le nouvel essai de Jean François Billeter, parachève la série de ceux qu'il a publiés aux éditions Allia depuis quelques années. Il comporte trois parties : "I. Un nouveau paradigme", "II. Pascal et la connaissance du sujet", "III. La suite de l'histoire". En voici le début : "Depuis des décennies, je lis les auteurs qui décrivent la catastrophe en cours et concluent invariablement que, pour qu'elle ne nous emporte pas, il nous faudrait un projet de société, disent les uns, ou de civilisation, disent les autres, mais aucun ne dit ce que ce projet pourrait être. Il ne suffit pas que nous sachions ce dont nous ne voulons pas, me suis-je souvent dit ; il faut que nous sachions ce que nous voulons."

Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'Université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues. Il y parvient par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.

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Alain Policar et Stéphane Dufoix (dir.) : L’universalisme en débat(s)

 Le Bord de l'eau - Août 2023


Ce livre, fruit de la collaboration d’une vingtaine de chercheurs, reprend à nouveaux frais la question de l’universalisme qui, dans les disputes contemporaines autour des mots qui fâchent, occupe une place décisive. En effet, chacun revendique, à travers tribunes et officines, séminaires et colloques, le bon usage du terme, et renvoie l’adversaire à ses présupposés. Faudrait-il, parce qu’il a été dévoyé, renoncer à l’universalisme ? Ou, au moins, le relativiser, c’est-à-dire accorder moins d’importance à ce qui transcende nos singularités ? Car, il faut le reconnaître, les promesses non tenues de l’universalisme sont à l’origine de la crise que celui-ci traverse.

Et le dossier de l’accusation est lourd : le recours incantatoire aux valeurs universelles s’est accommodé de la persistance des discriminations, qu’elles soient entre pays riches et pays pauvres ou, à l’intérieur de ces pays, entre populations favorisées et populations marginalisées. La pente assimilationniste du modèle républicain à la française, au-delà de son catéchisme d’indifférence à la différence, a accompagné, chemin faisant, le dévoiement de la valeur d’égalité jusqu’à l’infériorisation de l’Autre. Mais cela ne serait-il pas, en réduisant l’universalisme à ses mésusages, jeter le bébé avec l’eau du bain ? Faut-il alors substituer la notion de pluriversalisme à celle d’universalisme ?

Le présent ouvrage interroge les conditions, les modalités et les enjeux d’un éventuel renouvellement de l’universalisme afin qu’il puisse redevenir un horizon émancipateur.

Agrégé de sciences sociales et docteur en science politique, Alain Policar est chercheur associé au Cevipof (Sciences Po).
Professeur de sociologie à l’université Paris-Nanterre, Stéphane Dufoix enseigne également à SciencesPo Paris et à l’Université Paris-Cité. Il est membre senior de l’Institut universitaire de France.

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vendredi 28 juillet 2023

Adrian Guyot : L’Influence de Machiavel dans la littérature politique du Siècle d’or espagnol (1535-1700)

 Classiques Garnier - Août 2023


L'oeuvre de Machiavel a marqué de façon décisive la pensée politique espagnole des XVIe et XVIIe siècles. Au-delà de l'anti-machiavélisme retentissant qui ne pouvait être que la réception autorisée pour un auteur mis à l'Index, Machiavel suscita en réalité une profonde fascination auprès de ses lecteurs espagnols : certes, les idées machiavéliennes choquèrent ces derniers, mais elles ne manquèrent pas aussi de les encourager, voire de les inspirer, à penser la politique selon les termes de la modernité posés par Machiavel. Cet ouvrage tâche ainsi de prendre la mesure de cette influence, et d'en tracer les contours dans le cadre de la pensée politique de l'Espagne des Habsbourg.

Adrian Guyot, ancien élève de l'ENS de Lyon, est agrégé d'espagnol, docteur en langues et littératures étrangères (études hispaniques) et chercheur au sein de l'Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités (IHRIM) et du LabEx Constitution de la modernité (COMOD). Ses travaux portent sur la pensée politique du Siècle d'or, ainsi que sur la littérature et la civilisation de l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles.

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Raphaël Mandin : La philosophie survivaliste (réed.)

 Ovadia - Juillet 2023


Le survivalisme, apparu au début des années 60 dans le sillage de la guerre froide, est un projet de vie personnel qui consiste à ne plus faire confiance à l'Etat pour prendre en charge sa sécurité et son avenir. Il s'agit de « réapprendre à survivre par soi-même » dans l'anticipation d'un effondrement de la civilisation.

Souvent relégué au rang de curiosité, le survivalisme n'a pas eu jusqu'à présent la philosophie qu'il mérite. Or, au regard de notre situation politique et environnementale précaire, qui oserait affirmer aujourd'hui que vouloir se réapproprier ses conditions de survivance est une démarche dénuée de sens ? L'auteur de cet essai entend donc prendre au sérieux cette proposition en démontrant que la fascination actuelle pour la figure du survivant, telle qu'elle s'exprime en particulier à travers le cinéma ou la littérature, n'est pas qu'un effet de mode ou un repli angoissé de l'individu sur lui-même, mais au contraire l'aboutissement logique d'une exigence de liberté et de lucidité. Il existe ainsi une véritable pensée de la survie individuelle (des Cyniques à Jünger en passant par Rousseau, Nietzsche, Thoreau, Bernanos etc.) que ce livre propose de restituer et de prolonger.

Raphaël Mandin est professeur agrégé de philosophie. Ses recherches portent principalement aujourd'hui sur le concept de survie en littérature et en philosophie.

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Genèses 2023/2 (n° 131) : Sincérité

 Belin - Juillet 2023


Page 3 à 9 : Thibaut Menoux et Sylvain Ville - Sincérité | Page 10 à 31 : Paul Cournarie - L’effort du vrai | Page 32 à 54 : Anne Bory - « Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien » | Page 55 à 80 : Sylvain Ville - Produire un sport sincère | Page 81 à 106 : Kevin Diter - « Un vrai copain, c’est un copain qui est vrai avec toi ! » | Page 107 à 129 : Benjamin Laillier - Être historien du mouvement ouvrier | Page 130 à 145 : Marion Clerc, Amélie Carrier, Aude Lebrun, Pierre-Yves Baudot, Mathilde Guellier et Anouk Martin - L’intimité des sociologues | Page 146 à 152 : Emir Mahieddin - Ontologies grises et liberté politique.

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