mardi 29 août 2023

Psychanalyse Yetu 52 : Surmoi, moi, ça, ego

 Erès - Septembre 2023


« On pourrait sous-titrer : Du rififi dans la topique ! Supposons un peuple qui ne verrait le monde que perché sur les épaules de ses voisins. Est-ce une allégorie du surmoi ? Pourquoi pas, si on tient que le surmoi est un surplomb capable de donner du sens à tout et de créer pour chaque événement sa faute causale. En conséquence, il est l’ennemi mortel de la division du sujet entre savoir et vérité. Quant au moi, tricoté, détricoté, re-tricoté inlassablement par Freud, il oscille, chez les héritiers, entre une instance d’arbitrage et, à l’opposé, le lieu d’une refente.
Tout ça pour ça, pourrait-on dire alors, pour évoquer cette instance, implacable de naître pas-je, qu'elle congédie ironiquement la subjectivation? Reste l’ego, celui qui rectifie sans se décourager les nœuds ratés, telle une couturière cousant un habit de lumière, au risque d’enflammer l’arène. » Pierre Bruno

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Critique, n° 915-916 : Papas-Mamans

 Ed. de Minuit - Août 2023


Numéro spécial coordonné par Thierry Hoquet.

Longtemps le couple parental fut le pilier des sociétés patriarcales et hétérosexuelles. « Papa-maman » (au singulier) y désignait l’horizon indépassable du foyer censé produire et élever les enfants. Cette norme naturalisée, décriée comme « bourgeoise », régentait le corps social tout entier et le « Famille je vous hais ! » d’un Gide ne faisait que confirmer son empire. Les temps ont changé et si nul ne se soucie aujourd'hui de conspuer la famille, c’est qu’elle est dans tous ses états.

L’idée qu’il faille nécessairement un Père et une Mère pour faire naître et grandir des enfants semble datée, voire ringarde. L’hégémonie de l’ancien modèle parental est remise en cause tant par les avancées médicales (procréation médicalement assistée, gestation pour autrui, greffes d’utérus ou dons de mitochondries) que par des évolutions sociétales qui perturbent la symbolique conventionnelle.

Traditionnellement, le père a toujours été jugé « incertain » par le droit, par opposition à la mère, « certaine » par la grossesse et l’accouchement. Les techniques de procréation changent la donne et la figure maternelle elle-même perd un peu de son évidence. Quand l’enfant est conçu dans une éprouvette, qui sera véritablement « parent » de l’enfant à naître : le donneur de gamète (spermatozoïde, ovocyte), la personne qui le porte, celle qui l’éduque ?

Au cœur de notre psychologie, Freud avait placé le complexe d’Œdipe : tuer le père, coucher avec la mère. Mais ce nouage de la constitution psychique (celle des hommes, du moins) est-il encore opératoire dans ces organisations nouvelles que sont la famille « queer », homoparentale ou transparentale ?

Ce numéro spécial de Critique interroge les silhouettes de Papa et Maman telles que les redécoupent des bouleversements biomédicaux et légaux sans précédent ; il s’efforce aussi d’en éclairer les mutations en les confrontant aux figures que l’histoire, la littérature ou le cinéma ont fixées dans notre imaginaire, depuis le père absent ou despotique à la mère infanticide ou incestueuse.

Papas-Mamans : les inconnu(e)s dans la maison ?

Sommaire

Présentation

Antoine COMPAGNON : Les mères profanées

Christine DÉTREZ : À corps et à rires

Pedro CORDOBA : In memoriam Hildegart. Un devenir-femme de l’humanité

Irina OKUNEVA : Orphelins d’État et peuple orphelin en Russie post-soviétique

Marc CERISUELO : Papa, pas maman, Shakespeare et moi

Pierre BIRNBAUM : Les pères coupables ?

Olivier BAUER : « Notre père-mère qui es aux cieux »

Claudine COHEN : Parentés, échanges, hybridations : nouveaux regards sur la famille humaine

Gabrielle RADICA : Nouveaux parents, service minimum ?

François ANSERMET et Ariane GIACOBINO : Mères. Certaines, incertaines ou multiples ?

Pierre NIEDERGANG : Œdipe zombie. Familles queers, inceste et tradition psychanalytique

Thierry HOQUET : Œdipe sous le signe du Trois. Papa, maman et moi

Les auteurs


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Futuribles 2023/5 (N° 456) : Repenser l’avenir du travail

 Futuribles - Août 2023


Page 3 à 4 : Hugues de Jouvenel - L’évolution des valeurs | Page 5 à 25 : Jennifer Clerté et Marc Malenfer - Le rapport des Français au travail | Page 27 à 41 : Sarah Proust - Les conditions de travail en Europe | Page 43 à 59 : Pierre Bréchon - L’évolution des valeurs en Europe | Page 61 à 73 : Caroline Faillet - Les réseaux sociaux, 20 ans plus tard | Page 74 à 78 : Matthieu Anquez - Les transferts internationaux d’armement | Page 79 à 92 : Jean-François Heimburger - Les catastrophes colossales au Japon | Page 93 à 100 : Jean-François Drevet - La Turquie et l’Union européenne | Page 101 à 114 : Idées & faits porteurs d’avenir | Page 115 à 118 : Clémentine Lienard - Grosser Pierre, L’Autre Guerre froide ? La confrontation États-Unis / Chine. Paris : CNRS (Centre national de la recherche scientifique) Éditions, mars 2023, 392 p. | Page 118 à 121 : Pierre Papon - Pisani-Ferry Jean / Mahfouz Selma, Les Incidences économiques de l’action pour le climat. Paris : France Stratégie, mai 2023, 158 p. URL : https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/2023-incidences-economiques-rapport-pisani-5juin.pdf. Consulté le 2 août 2023 | Page 121 à 123 : Jean Haëntjens - Baraud-Serfaty Isabelle, Trottoirs ! Une approche économique, historique et flâneuse. Rennes : Apogée, mai 2023, 315 p. | Page 123 à 126 : Justine Fernandez - Fukuyama Francis, Libéralisme. Vents contraires. Paris : Saint-Simon, mars 2023, 168 p. | Page 126 à 128 : Pierre Papon - Aggeri Franck, L’Innovation, mais pour quoi faire ? Essai sur un mythe économique et managérial. Paris : Seuil, mars 2023, 256 p..

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Etienne Pinat : « L'humanité en question » : création, continuités, ruptures. Un cours de philosophie (Tle HLP Humanités, Littérature et Philosophie )

Independently published - Décembre 2022


Le deuxième trimestre de l’année de terminale en "Humanités, Littérature et Philosophie" porte sur l'humanité.
Dans ce cours de philosophie, Etienne Pinat traite de la question de la création, entre continuité et rupture, dans les domaines de l'art (futurisme, expressionnisme, dadaïsme, surréalisme), des sciences (géométries non-euclidiennes, relativité, physique quantique) et de la philosophie (phénoménologie et philosophie analytique).

Etienne Pinat est professeur agrégé de philosophie et collaborateur du site Actu-philosophia. Il est l'auteur de Les deux morts de Maurice Blanchot. Une phénoménologie, paru en 2014 aux éditions Zeta Books.

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Jean-Michel Rey : Des indésirables. Quatre manières de traiter un embarras

Fario - Avril 2023 - Théodore Balmoral


Sous le titre Des indésirables sont mises en regard des situations différentes mais présentant des points communs ou des analogies. C’est, d’abord, un détail de la législation de Vichy de 1940. L’«embarras », ici, ce sont les Juifs : il faut les faire tout simplement disparaître. Quelques mots paraissent suffire à cette opération. Il s’agit, ensuite, du rejet du protestantisme, au début du XIXe siècle, de la part de Joseph de Maistre avec son équivalent chez Novalis ; terrain propice au développement d’un certain théologico-politique « à la Française ». Le troisième chapitre évoque la réflexion d’Edgar Quinet (et, à sa suite, de Simone Weil) sur la continuité entre les Grecs de l’époque classique et le christianisme ; le judaïsme est donc l’absent de la civilisation, les Grecs sont d’emblée déjà-chrétiens. Le dernier chapitre reprend une analyse de Péguy qui montre comment la pédagogie moderne réduit l’enfant pour le faire accéder à l’état adulte, le rendant proprement inexistant.

Dans ces quatre cas, c’est un objet indésirable qui est effectivement façonné, qui est désigné en tant qu’embarras. On croit donner ainsi toutes les raisons de le faire disparaître, ce, définitivement. Ce sont là des façons de fabriquer du non-être pour pouvoir rapidement s’en défaire. Le paradoxe est, ici, que la haine s’en prend à des formes imaginaires qu’elle contribue à former continuellement. Quatre institutions sont évoquées par ce biais, en vue de cerner cette logique singulière d’exclusion et de destitution : l’État, l’Église, l’Histoire, l’Éducation.

Accommoder le temps et réduire la langue à quelques vocables ou à des mots d’ordre, ce sont, aux yeux de l’Institution, des manières de faire qui doivent permettre une éviction réussie de ce qui gêne foncièrement, voire une épuration rassurante, et qui fournissent, également, en quelques phrases, un surcroît de narcissisme à un « nous » fabriqué de toutes pièces.

Ces quatre modalités d’éjection sont, selon l’auteur, constitutives de notre modernité. Elles appartiennent à l’histoire française récente et, pour certaines, contiennent de véritables germes de guerre civile. Rien ne dit qu’elles aient disparu.

Jean-Michel Rey est né à janvier 1942 à Paris. Il a enseigné la philosophie et l'esthétique à l'Université de Paris VIII de 1969 à 2008. Il a fondé et dirigé avec Marie Moscovici la revue L’Ecrit dutemps (1982-1988) aux éditions de Minuit. Il a été directeur de programme au Collège International de Philosophie de 1992 à 1998. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres sur Nietzsche, Freud, Kafka, Valéry, Péguy, Artaud, Thomas Mann. Jean-Michel Rey pense donc, de longue date, que philosophie et littérature sont indissociables, et qu’entre le politique et la philosophie les liens sont étroits.

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lundi 28 août 2023

Michel Corbin : La contemplation de Dieu. Tome II. Lecture de cinq traités de Saint Anselme du Bec sur la grâce et la liberté

 Cerf - Septembre 2023 - Patrimoines


Si Dieu est « quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé » lorsqu’Il se penche librement vers nous, et s’il n’y a jamais « oui et non » mais seulement « oui » (2 Co 1, 20) lorsque Jésus son Fils accomplit à la Croix glorieuse son dessein de gratuite bienveillance, comment faire du libre arbitre de la créature raisonnable un pouvoir souverain et arbitraire de dire oui ou non au Dieu toujours plus grand ? L’ayant perçu, saint Anselme a préparé sa Lettre sur l’Incarnation en pensant, dans les trois traités de 1080-1090, la liberté de l’homme (et de l’ange) comme le pouvoir qui lui est remis d’aimer Dieu plus que tout et de se plaire en cet amour. Plus tard, dans les dernières années de sa vie (1107-1108), il a pu montrer par l’absurde que la grâce de Dieu et la liberté de l’homme s’accordent au-delà de tout mode, et ce parce qu’un tel accord se vit dans la prière que Jésus nous a enseignée. Aucun Père de l’Église, semble-t-il, ne l’a dit avec autant de cohérence et de bonheur dans l’expression.

Michel Corbin, jésuite, professeur honoraire de l’Institut Catholique de Paris, professeur invité au Centre Sèvres, dirige, aux éditions du Cerf, la publication de l’oeuvre complète de saint Anselme. Il a également publié : Le chemin de la théologie chez Thomas d’Aquin, Prière et raison de la foi, L’entre-temps (3 volumes), La Trinité ou l’excès de Dieu, La Paternité de Dieu, Résurrection et Nativité, Grâce et liberté chez Bernard de Clairvaux, Saint Anselme, Espérer pour tous, La vie de Moïse selon Grégoire de Nysse, L’Esprit Saint chez Basile de Césarée, Louange et veille (4 tomes), Les Catéchèses baptismales de Cyrille de Jérusalem, La Grâce de la liberté, Une catéchèse pascale de Grégoire de Nysse, La Trinité selon saint Hilaire de Poitiers (2 tomes), Les homélies de Grégoire de Nysse sur le Cantique, Lecture pascale des Noms divins selon Denys l’Aréopagite, L’inouï de Dieu, lectures du prologue de Jean.

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Denis Moreau : Célébration du cogito

 Seuil - Septembre 2023


« Je pense, donc je suis » – cogito ergo sum– est sans doute la proposition la plus célèbre de l’histoire de la philosophie. Au point d’avoir depuis longtemps échappé aux spécialistes pour devenir absolument populaire et donner lieu à des détournements en tous genres (« Je pense, donc je nuis » ; coïto ergo sum, etc.).

À quoi tient une telle consécration ? À la puissance de cet énoncé, affirme Denis Moreau qui s’emploie, en douze brefs chapitres, à en cerner les caractéristiques et les enjeux. Il le fait avec limpidité toujours, humour parfois, un enthousiasme communicatif et sans ignorer les prolongements contemporains de son enquête : le cogito est-il genré ? Une intelligence artificielle peut-elle dire « je pense, donc je suis » ?

Au fil de ces pages éclairantes, il apparaît que le cogito est d’abord une authentique expérience philosophique que chacun peut réaliser pour son propre compte, et que les Méditations métaphysiquessont un livre dont vous êtes le héros. Descartes y affronte, en un geste d’une radicalité à ce jour encore inégalée, une question qui hante notre modernité : celle de la vérité.

Denis Moreau est professeur de philosophie à l’université de Nantes. Auteur de plusieurs ouvrages sur Descartes et l’histoire de la philosophie moderne, il a aussi publié une traduction en français moderne du Discours de la méthode (Dunod, 2023) et des essais plus personnels : Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 2018), Résurrections (Seuil, 2022).

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Alain Corbin : Le temps, le désir et l'horreur. Essais sur le XIXe siècle

Flammarion - Septembre 2023 - Champs histoire


Poursuivant ses recherches sur la sexualité et les représentations qui l’accompagnent, Alain Corbin renouvelle notre perception du XIXᵉ siècle, en lui posant une série de questions sur son rapport au temps, au corps, au désir. Les couleurs, les odeurs entrent en histoire. Stimulantes, inattendues, les traversées proposées dans ce volume dessinent le vrai visage d’un siècle trop souvent fantasmé.
Alain Corbin traite ici en historien d’anxiété biologique et de préservation du risque vénérien. L’histoire de l’intime, des rapports entre les sexes et de la vie des femmes représente l’essentiel de l’ouvrage. En chemin, il souligne la répugnance olfactive à l’égard des migrants et esquisse une histoire des préoccupations écologiques. Attentif à toutes les marques qui inscrivent la vie dans le tissu du quotidien, il ne se laisse pas arrêter par les vérités établies. Quelles voies suit le désir sous le règne de la censure ? Pourquoi le corps de la blanchisseuse alimente-t-il les fantasmes ? Les secrets du siècle devront être guettés à ses carrefours.

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Olivier Gloag : Oublier Camus

 La Fabrique - Septembre 2023


Préface de Fredric Jameson

Des programmes scolaires aux discours politiques, dans les médias et les conversations mondaines, Camus est partout le parangon d’un humanisme abstrait qui a ceci de commode – et de suspect – qu’il plait à droite comme à gauche. Peu d’ouvrages se sont penchés sur les contradictions du personnage comme le fait ici Olivier Gloag à partir d’une relecture de Camus dans le texte – contradictions qui constituent pourtant la force motrice de l’œuvre camusienne, une clé de son « style », et expliquent sa popularité actuelle.

Olivier Gloag rappelle l’attachement viscéral de Camus au colonialisme et au mode de vie des colons qui traverse ses trois romans majeurs, L’Étranger, La Pesteet Le Premier Homme. Il examine ses engagements politiques à la lumière de sa brouille avec Sartre : la tension entre révolte et révolution, son recours à l’absurde comme refus du cours de l’Histoire, son anticommunisme et son déni de la lutte des peuples colonisés. Il se penche enfin sur les récupérations de Camus : l’auteur le plus populaire en France et le Français le plus lu dans le monde est devenu un enjeu politique et idéologique. L’invocation d’un Camus mythifié projette un reflet flatteur mais falsificateur de l’histoire coloniale. C’est ce Camus-là qu’il faut oublier pour reconnaître les déchirements d’un écrivain tout aussi passionnément attaché aux acquis sociaux du Front populaire qu’à la présence française en Algérie.

Olivier Gloag est Associate Professor à l’université de Caroline du Nord (UNC) à Asheville. Ses recherches portent notamment sur les représentations coloniales dans la littérature hexagonale, l’histoire culturelle et littéraire de la France au xxe siècle. Il est l’auteur de Albert Camus, A Very Short introduction (Oxford university press, 2020).

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Michel Surya : Dead End

Black Sun Lit - Octobre 2023


Michel Surya is the author of numerous novels, novellas, and essay collections, including Les Noyés (The Drowned, Léo Scheer, 2001), Le Mort-né (The Stillborn, AL DANTE, 2016), Défiguration (Disfiguration, Distribution Distique, 1995), L'éternel Retour (The Eternal Return, Léo Scheer, 2006), L'Imprécation littéraire (The Curse of Literature, VERDIER, 1999), La Révolution rêvée (The Dreamed-of Revolution, Fayard, 2004), and L'Autre Blanchot (The Other Blanchot, GALLIMARD, 2015), amongst other books. His biography of Georges Bataille received the Prix Goncourt in 1987 and was later translated into English as An Intellectual Biography (Verso Books, 2020). He is the founder and director of the review Lignes and éditions Lignes.

Translated by Kit Schluter

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Miguel Abensour : Le Contre Hobbes de Pierre Clastres

Sens et Tonka - Août 2023


La guerre serait revenue ! On l'aurait, oubliée... Elle se tenait ailleurs. Tout, d'ailleurs, se tient ailleurs : chez ceux qui apprennent l'histoire et oubliant la leur. Cette situation ouvre à un horrible absolu, à une vengeance aveugle, à une sorte de sauvagerie qui n'exista jamais, construite à dessein ouvrant à la terreur (nous en fûmes les inventeurs) et à la fabrication de la peur.
Revisiter quelques pensées solides (Abensour, Sahlins, Clastres) en luttes contre les exploitations et les cache-sexes que sont domination, soumission, abondance, aliénation et addiction planquées derrière des mirages (dont le métavers) pouvaient être très utiles et remettre les idées en place. Ce texte de 1987 est à lire avec l'expérience de nos dernières années en vue de les décrypter, de percevoir l'avenir au-delà des pleurnicheries qui envahissent notre quotidien, qui brouillent nos entendements et entretiennent une prétendue nécessité d'un État de Guerre fondateur, de tout temps, d'Histoire.

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dimanche 27 août 2023

Bernard Lahire : Les structures fondamentales des sociétés humaines

 La Découverte - Août 2023


Et si les sociétés humaines étaient structurées par quelques grandes propriétés de l'espèce et gouvernées par des lois générales ? Et si leurs trajectoires historiques pouvaient mieux se comprendre en les réinscrivant dans une longue histoire évolutive ?

En comparant les sociétés humaines à d'autres sociétés animales et en dégageant les propriétés centrales de l'espèce, parmi lesquelles figurent en bonne place la longue et totale dépendance de l'enfant humain à l'égard des adultes et la partition sexuée, ce sont quelques grandes énigmes anthropologiques qui se résolvent. Pourquoi les sociétés humaines, à la différence des sociétés animales non humaines, ont-elles une histoire et une capacité d'accumulation culturelle ? Pourquoi la division du travail, les faits de domination, et notamment ceux de domination masculine, ou les phénomènes magico-religieux se manifestent-ils dans toutes les sociétés humaines connues ? Pourquoi l'ethnocentrisme est-il si universel et pourquoi des conflits opposent-ils régulièrement des groupes qui s'excluent mutuellement ? C'est à ces questions cruciales que cherche à répondre Bernard Lahire en formulant, pour les sciences sociales, un paradigme unificateur fondé sur une synthèse des connaissances essentielles relatives à la vie sociale humaine et non humaine accumulées dans des domaines du savoir aussi différents que la biologie évolutive, l'éthologie et l'écologie comportementale, la paléoanthropologie, la préhistoire, l'anthropologie, l'histoire et la sociologie.

Le pari de ce livre est que seul cet effort d'intégration permet de comprendre la trajectoire des sociétés humaines par-delà leur diversité et d'augmenter la maîtrise qu'elles peuvent avoir de leur destin incertain.

Bernard Lahire, directeur de recherche CNRS, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon (Centre Max-Weber) et membre senior de l'Institut universitaire de France, a publié une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels L'Homme pluriel (Nathan, 1998), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Dans les plis singuliers du social (La Découverte, 2013), Ceci n'est pas qu'un tableau (La Découverte, 2015), L'Interprétation sociologique des rêves (La Découverte, 2018) et Enfances de classe (Le Seuil, 2019).

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samedi 26 août 2023

Pascal Marchand et Jean-Benoît Meybeck : Episteme. T1 Eurêka. Histoire des idées scientifiques durant l'Antiquité

 La boite à bulles - Août 2023


Comment en est-on venu à vouloir comprendre l’univers ? Quelles sont les origines de la science ? Qui étaient les premiers scientifiques à élaborer des théories d'interprétation du monde ? Autant de questions essentielles pour comprendre le monde actuel...

Pour y répondre, deux personnages - les doubles des auteurs - partent dans le passé à la rencontre de celles et ceux qui ont fait la science. Derrière des noms illustres, ou injustement inconnus, se cachent souvent des personnages fascinants avec des vies extraordinaires !

Avec humour, Pascal Marchand (textes) et Jean-Benoît Meybeck (dessins) nous embarquent dans la folle histoire de la science et des idées. Dans ce premier tome, direction la Grèce Antique, berceau des sciences contemporaines, de l’école de Milet à l’Académie de Platon.

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Friedrich von Schelling : Le système de l'idéalisme transcendantal

 Allia - Août 2023


Publié pour la première fois en allemand en 1801, Le Système de l'idéalisme transcendantal doit être lu comme le produit d'une pensée alors en plein déploiement. Considéré comme l'un des meilleurs ouvrages de Schelling et un classique de la philosophie, Le Système est à la fois une porte d'entrée vers la philosophie idéaliste et l'affirmation d'un ambitieux projet de création d'un "système de l'ensemble du savoir". À l'écriture rigoureuse d'un philosophe dominant parfaitement sa méthode s'adjoignent une traduction claire ainsi qu'un appareil critique complet et éclairant, mis au service de la compréhension du texte et de sa mise en perspective avec l'ensemble de l'oeuvre de Schelling.

Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (1775-1854) fut, avec Hegel, le grand représentant de l'idéalisme allemand. Disciple puis critique de Fichte, adversaire de Hegel, il construit une philosophie originale, aussi radicale que diverse dans ses références. À l'idéalisme transcendantal, il adjoint une philosophie de la nature destinée à venir à bout de son projet : établir un "principe suprême du savoir" pensé dans les termes d'une réciprocité de l'idéal et du réel, de l'absolu et de l'actuel.

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Pierre-Henry Frangne et Bernard Sève (dir.) : Boris de Schloezer, un intellectuel européen

 PU de Rennes - Août 2023


Né en 1881 en Biélorussie, beau-frère du compositeur Alexandre Scriabine, émigré en France à l'âge de 40 ans, auteur jusqu'à sa mort en 1969 d'une oeuvre considérable et multiforme, écrivant aussi aisément en français qu'en russe, Boris de Schloezer est une figure typique d'intellectuel européen. L'ouvrage explore ainsi tous les aspects de son oeuvre et de son activité : de traducteur des grands écrivains russes (Dostoievski, Tolstoi, Chestov, Pouchkine, Gogol, Leskov, Bounine, Leonov, Lermontov, Rozanov) et philosophe du religieux Léon Chestov ; de philosophe de l'art et de la musique ; de critique littéraire ; de critique musical. Intellectuel européen, Boris de Schloezer l'est par l'ampleur de ses curiosités, par son insatiable appétit de lire et d'entendre, par son goût de la transmission, par son refus de s'enfermer dans une langue, une culture, ou une spécialité académique. Il doit être redécouvert et reconnu à sa juste mesure. La collection Aesthetica s'y emploie en republiant également la totalité de son oeuvre de critique et d'esthétique de la musique.

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Paul Souriau : La beauté rationnelle

 PU de Rennes - Août 2023


« Je cherche ce qui est vraiment beau et digne d'être admiré », dit Paul Souriau au début de ce livre, paru initialement en 1904. En esthétique, le XXe siècle a pourtant privilégié pourtant le subjectivisme et le relativisme : la beauté ne serait que dans l'esprit de celui qui juge, rien ne serait beau en lui-même. Paul Souriau affirme, au contraire, la réalité de la beauté. Il prétend que la beauté peut être connue et appréciée. Elle aussi, dit-il, une fonction morale. Il défendait son réalisme esthétique dans une langue claire et même charmante. La philosophie française du début du XXe siècle recèle des perles philosophiques oubliées sur les rayons peu visités des bibliothèques. Cette réédition permet d'en redécouvrir l'une des plus pures.

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Cynthia Fleury : La Clinique de la dignité

 Seuil - Août 2023 - Le compte à rebours


L’impératif de dignité s’est imposé ces dernières années au cœur de nombreux mouvements (des Printemps arabes à Black Lives Matter) et débats de société (discriminations, travail, condition animale…). Mais simultanément les atteintes à la dignité se sont multipliées dans les institutions et les pratiques sociales (hôpitaux, EHPAD, prisons…). La promesse de dignité que la modernité annonçait semble ainsi avoir été trahie de façon répétée.
Face à cette menace d’un « devenir indigne » de nos sociétés, Cynthia Fleury pose les jalons d’une clinique de la dignité, pour établir un diagnostic philosophique et des solutions thérapeutiques au chevet des « vies indignes ». Convoquant aussi bien les écrits de James Baldwin, les théories du care ou les approches postcoloniales, cet essai invite à ne pas se résigner à l’inaction ou à la déploration. Il appelle à refonder le concept de dignité à partir de ses marges.
Passée au crible de la psychanalyse, de la littérature et des sciences sociales, l’exigence de dignité retrouve toute son actualité, et sa radicalité. Cette réflexion signe ainsi l’ouverture d’un nouvel agir politique, entièrement dédié à la reconquête d’une dignité en action à l’âge de l’anthropocène.
Cet essai est discuté et prolongé par une contribution inédite de Claire Hédon, Défenseure des droits, et par les regards de Benoît Berthelier, Benjamin Lévy et Catherine Tourette-Turgis.

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Sophie Mendelsohn et Livio Boni (dir.) : Psychanalyse du reste du monde. Géo-histoire d'une subversion

 La Découverte - Août 2023


Reprenant l'invitation de Jacques Derrida à renverser la formule " The West and the Rest " et à ne pas considérer la psychanalyse comme un pur produit de la civilisation occidentale, cet ouvrage collectif en présente une géo-histoire alternative.
À partir des marges, des " restes " venus d'autres continents, se dessinent ainsi des voies de circulations diverses, parfois inattendues, des appropriations excentrées, des réinventions créatrices.
Grâce aux regards croisés d'une trentaine d'auteurs du Nord et du Sud, on découvrira que la psychanalyse a existé et continue d'exister " ailleurs ", de l'Inde à Madagascar, en passant par le monde arabe, l'Afrique et les Caraïbes, ou encore la Chine contemporaine, sans oublier l'Amérique latine. Et qu'elle a activement pris part à la tâche cruciale et inachevée d'une décolonisation de soi, corollaire indispensable à toute émancipation politique.
À travers des textes panoramiques, des entretiens, des portraits et des transversales qui exposent les débats interdisciplinaires suscités par l'événement freudien, Psychanalyse du reste du monde offre à la fois une autre histoire, un panorama inédit de lieux, de situations et de controverses dans lesquels la psychanalyse a été impliquée, et une cartographie de sa circulation, comme pratique et comme outil critique.
Sur ces bases, résolument élargies, il devient possible d'envisager autrement l'avenir et la place de la psychanalyse dans le monde postcolonial qui est désormais notre monde commun.

Sophie Mendelsohn, psychanalyste, a publié de nombreux articles dans des revues, notamment Critique, Essaim et Psychanalyse. Elle est à l'initiative de la constitution du Collectif de Pantin, qui réunit psychologues, psychanalystes, psychiatres, philosophes et anthropologues autour des questions de race, afin d'engager la psychanalyse sur la voie d'un examen approfondi de l'énigme du racisme et du legs postcolonial.
Livio Boni est psychanalyste et directeur de programme au Collège International de Philosophie. Ses travaux portent sur la géo-histoire de la psychanalyse, et sur la ville comme champ psychique. Il est notamment l'auteur de L'Inde de la psychanalyse. Le sous-contient de l'inconscient (2011), Freud et la question archéologique (2014) et coauteur de La Ville inconsciente (2018).

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