vendredi 8 septembre 2023

Clara Vasseur : Marcel Jousse, lecteur de Bergson

 Beauchesne - Septembre 2023


« Jousse – il a trouvé un filon, comme on dit », confie Bergson dans un entretien avec Lydie Adolphe.
La relation que Marcel Jousse, chercheur, professeur, homme d’Église, entretient tout au long de ses quelque quarante ans d’enseignement avec le philosophe Henri Bergson est pour le moins paradoxale. Entre admiration et rejet, Jousse revendique « sa » lecture de Bergson. Libre et inspirante, souvent critique, voire frôlant la caricature, cette lecture tonique agit en retour sur le lecteur, qu’il soit connaisseur de l’oeuvre de Bergson ou pas. Selon Jousse, le geste corporel-manuel, le geste global, est au coeur de la pensée du philosophe. Bergson joue sa pensée avec ses mains, avec tout son corps avant de la jeter dans ses livres. La connaissance des lois anthropologiques du Style oral formulées par Jousse permet de mieux saisir la particularité du style de Bergson, proche de celui de Péguy, et qui s’apparente au style oral des rythmo-mimeurs. Jousse, Bergson : deux noms qui ont marqué leur époque. Le lien fort qui unit les deux penseurs est au coeur de cette enquête – que l’on pourrait aussi écrire « en quête » – à la fois philosophique et historique. Ce livre s’inscrit dans la longue liste des « lecteurs de Bergson » qu’ils soient ou non bergsoniens.

Élisabeth Vasseur, docteur en philosophie, vit en Allemagne. Elle a contribué à faire connaître l’oeuvre de Marcel Jousse par ses travaux, en particulier outre-Rhin.

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Yohann Douet : Découvrir Machiavel

Les Editions sociales - Septembre 2023

Contre les lectures courantes de Machiavel, vu comme pur technicien de la politique voire comme apôtre du mal, sa pensée doit être abordée à partir du sentiment patriotique et des sympathies populaires qui l'innervent. En étudiant douze textes issus de ses différentes oeuvres (et non uniquement du Prince), cet ouvrage montre que le conflit est au coeur de sa pensée : le conflit entre États bien sûr, mais aussi les luttes sociales. S'éclaire alors toute la complexité et l'ambivalence du rapport entre le pouvoir - celui d'un prince ou d'une république - et le peuple, ce qui permet de comprendre que la pensée de Machiavel conserve, cinq siècles plus tard, une profonde actualité, notamment pour penser la démocratie en un sens plus radical.

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Karl Marx : Sur le parti révolutionnaire. Précédé de L'Adieu aux sectes - Marx théoricien du parti, par Jean Quétier

 Les éditions sociales - Septembre 2023


Si la question partisane réapparaît dans les débats politiques et intellectuels, les élaborations de Marx sur le parti révolutionnaire, pourtant nombreuses, font l'objet d'un effacement tenace. Ce volume présente en un même volume un large choix de textes de Marx (extraits de livres, correspondance, procès-verbaux, brouillons, etc.), dont certains étaient difficiles d'accès, inédits ou dont la traduction devait être renouvelée. Il a vocation à devenir l'ouvrage de référence. Le choix de textes donne à lire comment Marx pose le problème du parti de 1840 à 1880. Il est accompagné d'un essai introductif de Jean Quétier, «L'adieu aux sectes. Marx, théoricien du parti» qui resitue leurs enjeux pour reconstruire la théorie du parti que Marx n'a jamais exposée de façon systématique.

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Arnaud Villani : Vers une pensée mouvement. Voyage entre les choses et les mots

 Encre marine - Septembre 2023


Penser selon une « pensée-mouvement », c’est se concentrer, non sur les êtres et les choses existant dans leurs limites assignées, mais porter son regard sur l’intervalle, la passerelle entre ces êtres et ces choses. On évite ainsi ce cancer de la pensée occidentale et désormais mondiale : la dichotomie sous sa forme manichéenne qui oppose les choses deux à deux, en chiens de faïence (pensée de guerre). On considère que les choses et les êtres, non seulement ne peuvent exister sans leurs innombrables « relatifs » – l’arbre avec l’eau et la terre, l’animal avec son « milieu », l’homme, avec ses poumons et l’air qui les fait vivre, avec ses milliards de ses congénères –, mais encore sont continuellement modifiés dans et par cette relation. On oppose aisément la « relation » et le « rapport » : dans la relation, les éléments se transforment mutuellement ; dans le rapport, les éléments demeurent « tels qu’en eux-mêmes ». On repère soudain une lutte féroce de la culture humaine pour éliminer toute importance de la nature et prendre définitivement les commandes de l’univers. On peut relire critiquement toute l’évolution de la pensée et modifier son regard sur ce qui nous entoure, à l’aide d’une intelligence du coeur, d’une foncière bienveillance.

Arnaud Villani est philosophe et poète. Il a enseigné la philosophie en Classes Préparatoires Littéraires du Lycée Masséna de Nice, de 1969 à 2010. Thèse de doctorat d’État : Critique de la Communication (1990). S’est retiré en 2010 dans le Gard pour se consacrer à l’écriture. Très nombreux articles, et nombreux ouvrages. Ouvrage à paraître : Philosophie de l’immanence : 1) Choses vécues ; 2) Que signifie : « écrire (un livre) ? » ; 3) La phrase dans la tête, ou comment s’approcher du monde ?

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Vincent Bontems : Au nom de l'innovation. Finalités et modalités de la recherche au XXIe siècle

 Les Belles lettres - Septembre 2023 - L'âne d'or


Le nom est une promesse. À la lumière des analyses du progrès scientifique par Gaston Bachelard, Vincent Bontems examine les origines politiques, sociologiques, économiques et managériales de l’innovation. Éclipsant l’idée de progrès, l’innovation est devenue le nom d’une promesse : accélérer l’évolution technique, en contrôler les fins et en augmenter la profitabilité.

S’appuyant sur l’analyse du progrès technique par Gilbert Simondon, il évalue la pertinence de la gestion de la recherche au regard de ces objectifs. Peut-on accélérer arbitrairement la concrétisation des lignées techniques ? Peut on finaliser tous les processus de conception ? Comment sont valorisés les produits de la recherche ? Au-delà de ces modalités, l’enquête aboutit à questionner la valeur éthique des finalités assignées à la recherche au nom de l’innovation. Comment évolue l’ethos des chercheurs soumis à ce régime de gestion ? Quelles valeurs sont ainsi promues au sein de la société ? Quels en sont les mythes qui se déploient dans notre culture ?

Cette analyse philosophique, qui progresse à travers des études de cas, vise à dissiper la confusion, entretenue par le nom d’innovation, entre les recherches du progrès, du profit et de la puissance. Elle aboutit à redéfinir comme « technologies d’avenir » les innovations offrant des futurs moins éphémères. Suit une réflexion sur ce que serait un monde où un nom tiendrait toutes ses promesses, à travers une analyse du cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin, où l’auteur rend hommage à l’intention réparatrice qui guidait cette écrivaine.

Vincent Bontems, ancien élève de l'ENS Ulm est philosophe, il travaille dans un laboratoire de recherche du CEA. On lui doit les entretiens avec Bernard Stiegler, parus en 2008 (Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir).

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jeudi 7 septembre 2023

Paulo Freire : La pédagogie des opprimés

 Agone - Septembre 2023


Si l’éducateur est celui qui sait, si les élèves sont ceux qui ignorent, il incombe au premier de donner, de remettre, d’apporter, de transmettre comme en dépôt son savoir aux seconds. Il n’est donc pas étonnant que, dans cette vision “bancaire” de l’éducation, les élèves soient vus comme des êtres d’adaptation, d’ajustement. Et plus ils s’emploient à archiver les dépôts qui leur sont versés, moins ils développent en eux la conscience critique qui leur permettrait de s’insérer dans le monde, en transformateurs de celui-ci. En sujets. Dans la mesure où cette vision bancaire de l’éducation annule ou minimise le pouvoir créateur des élèves, qu’elle stimule leur naïveté et non leur esprit critique, elle satisfait les intérêts des oppresseurs : pour eux, il n’est pas fondamental de mettre à nu le monde, ni de le transformer. Ouvrage majeur de Paulo Freire, ce livre présente quelques aspects d’une pédagogie élaborée non seulement pour les opprimés, mais avec eux, et dans le cadre même de leur lutte perpétuelle pour affirmer leur humanité. À l’image d’autres grands pédagogues, en premier lieu Célestin Freinet, Freire rappelle que projet éducatif et projet social sont indissociables. Selon lui, le but de l’éducateur est de donner aux opprimés les moyens de construire une conscience claire de leur position, et de rechercher avec eux les moyens de transformer le monde. Écrit en 1968 au Chili, ce texte irrigue aujourd’hui encore la pensée de la pédagogie critique partout dans le monde.

Pédagogue brésilien, Paulo Freire (1921-1997) est mondialement connu pour ses travaux sur l'alphabétisation des adultes des classes populaires et son engagement dans la lutte contre l'oppression par l'éducation. Ses ouvrages sont traduits dans plus de vingt langues.

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Jean-Paul Fourmentraux : Sousveillance – L'œil du contre-pouvoir

 Les Presses du Réel - Septembre 2023


A l'heure où s'instaure une banalisation de la surveillance, les technologies numériques semblent parfois mises au service d'une politique « antisociale ». La recrudescence des dispositifs de contrôle post-attentats du 11 septembre 2001, l'instauration controversée des lois dites de « sécurité globale », mais aussi l'injonction au confinement ou au couvre-feu suite à l'irruption de la pandémie de covid-19, ont constitué autant de mesures liberticides qui mettent à mal les droits fondamentaux et la vie privée. Sous couvert d'une vigilance partagée, présentée comme un facteur d'amélioration de la vie sociale, les états ont adopté des technologies de plus en plus intrusives : vidéosurveillance, dataveillance, drones, biométrie, géolocalisation, puces RFID, etc. Dans ce contexte, des artistes et des associations citoyennes s'associent pour développer des contre-feu, reprendre le contrôle ou renverser les rôles de surveillants/surveillés. Est-il possible de restituer et garantir une démocratie de la surveillance ? Les citoyens peuvent- ils exercer en ce sens un droit de sousveillance ? L'art peut-il avoir ici un rôle à jouer ?
Angles morts, camouflage, obfuscation, contre-visualités : cet ouvrage propose l'examen de tactiques ou ruses avec l'œil du pouvoir, doublement esthétiques et politiques, au croisement de l'art et de l'activisme citoyen. A la frontière des « surveillance studies », en prenant appui sur les œuvres de différents artistes internationaux – Hito Steyerl (Allemagne), Forensic Architecture (Royaume-Uni, Israël), Paolo Cirio (Italie), Thierry Fournier, Samuel Bianchini, Antoine d'Agata, Eléonore Weber (France) – il s'agit d'interroger le rôle technopolitique des « images opératoires » et les pratiques de sousveillance ou de contre-visualité inventées par l'art comme alternative et contre-pouvoir aux machines de vision.

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Revue de philosophie économique 2023/1 (Vol. 24) : La philosophie économique en Chine

 Vrin - Septembre 2023


À un moment où les puissances mondiales se repositionnent, le recul que donne une perspective historique longue doit servir le débat public. Cet esprit guide la parution du deuxième volume consacré à une aire civilisationnelle majeure dans la série des numéros spéciaux de la Revue de philosophie économique : ici, la Chine après le Japon (juin 2019, n° 20/1). Des contributeurs de premier plan, chinois, russe et occidentaux, y fournissent les éléments d’une réflexion s’appuyant tant sur les plus anciennes notions confucéennes que sur les aspects philosophiques et pratiques contemporains, en passant par les époques de l’emprise occidentale au XIXe siècle, de la Chine républicaine des années 1920 et des péripéties dirigistes communistes depuis 1949. La philosophie économique ouvre un spectre plus large que les études strictement disciplinaires et la Revue introduit cette fois son lectorat au continent de pensée de l’« Empire du Milieu ».

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Simone Weil : Œuvres

Payot & Rivages - Juin 2023 - Petite Bibliothèque Payot


Albert Camus pensait qu’elle était « le plus grand esprit de notre temps ». Voici rassemblés pour la première fois en un seul volume de poche une quinzaine de textes célèbres ou moins connus de Simone Weil (1909-1943) qui couvrent les trois grands espaces où elle déploya sa réflexion : l’oppression et la liberté, le monde du travail, la beauté de la religion, et qui, tous, aident à vivre malgré « la crainte des grandes catastrophes collectives ».

Désarroi de notre temps.¬- Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.- Étude pour une déclaration des obligations envers l’être humain.- Les besoins de l’âme.- Méditation sur l’obéissance et la liberté.- Note sur la suppression générale des partis politiques.- La vie et la grève des ouvrières métallos.- La rationalisation.- La condition ouvrière.- Expérience de la vie d’usine.- « Le sentiment que je ne possède aucun droit ».- À propos du syndicalisme « unique, apolitique, obligatoire ».- Condition première d’un travail non servile.- « Je t’enseignerai des choses dont tu ne te doutes pas ».- L’amour de dieu et le malheur.- Théorie des sacrements.- Pensées sans ordre concernant l’amour de dieu.

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Hartmut Rosa : Pourquoi la démocratie a besoin de la religion

 La découverte - Septembre 2023


Partout en Europe, et indépendamment des scandales qui les traversent, les Églises chrétiennes font face à des difficultés majeures et voient de plus en plus de fidèles déserter leurs rangs. On pourrait sans doute s'en réjouir. Après tout, la religion peut être perçue comme une force obscurantiste et réactionnaire, voire archaïque, un obstacle dressé face aux choix rationnels et aux élans émancipateurs de la modernité.
Le célèbre sociologue Hartmut Rosa, lui, suggère une tout autre analyse et s'inquiète des effets de cette crise : que se passe-t-il quand la religion dans son ensemble n'a plus d'écho dans les sociétés démocratiques ? Que perd la société quand la religion n'y joue plus aucun rôle ? Quel est l'avenir d'une démocratie sans religion ? Est-il vraiment sage de renoncer au riche trésor du religieux ?
Avec son acuité habituelle, Hartmut Rosa nous montre que cette situation de crise aiguë coïncide avec le triomphe d'un rapport instrumental au monde né à l'aube de la modernité capitaliste. Ainsi, ce que nous perdrions avec l'effacement de la religion, ce ne sont pas seulement une série d'histoires, de croyances ou de rituels, mais avant tout une capacité à entrer en résonance avec le monde, à le laisser venir à nous et à lui permettre de guérir des traumas que nous lui avons infligés.

Né en 1965, Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, est professeur à l'université Friedrich Schiller de Iéna et directeur du Max-Weber-Kolleg à Erfurt. Il est notamment l'auteur à La Découverte d'Accélération (2013), de Résonance (2018) et de Rendre le monde indisponible (2020, 2023).

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Emmanuel Nal et Sylvain Roux (dir.) : Que peut-on enseigner de la vérité ?

 PU de Rennes - Septembre 2023


Notion-phare des programmes de terminale et d'une initiation philosophique, « la vérité » représente à la fois le fondement et l'horizon de la connaissance, et qualifie d'une manière générale le rapport adéquat qu'entretient une idée ou un jugement avec « le réel ». En pratique, elle ne se laisse pourtant guère circonscrire à cette intellection : on perçoit que la nature d'une vérité mathématique diffère de celle d'une vérité historique, par exemple. La vérité peut être un formalisme, comme excéder tout formalisme : « la vérité ne se formule pas, mais se vit », selon la formule célèbre d'Eric Weil (Logique de la philosophie). Cette hétérogénéité de « la vérité » explique la variété des champs de recherche ouverts et l'abondance de la littérature : ouvrages thématiques sur la vérité, rééditions de grands textes, analyse de ses acceptions dans les grands systèmes philosophiques, mises en perspective critiques avec des problématiques contemporaines. Plus rares cependant semblent être les travaux qui tentent de faire apparaître le lien entre une pensée contemplative de la vérité et la façon dont elle peut inspirer des pratiques – en particulier morales et éducatives. Cet ouvrage rassemble des contributions qui abordent différentes problématiques afférentes à la vérité, de façon à susciter la réflexion sur ce que l'on peut « faire » et plus particulièrement ce que l'on peut « enseigner » de la vérité, pour la formation d'un esprit critique citoyen et dans la perspective d'inspirer enseignants et professionnels de l'intervention socio-éducative.

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mercredi 6 septembre 2023

Joëlle Ducos et Violaine Giacomotto-Charra (dir.) : Lire Aristote au Moyen Âge et à la Renaissance. Réception du traité "Sur la génération et la corruption"

 Champion - Septembre 2023


La réception aristotélicienne est une longue histoire du savoir universitaire, et spécialement des fondements de la philosophie naturelle élaborés au Moyen Âge et à la Renaissance. Le traité Sur la génération et la corruption y occupe une place originale car, entre savoir commun et source d’une réflexion épistémologique, il est fondateur d’une approche du changement matériel et d’un cadre qui permet de comprendre comment une matière évolue, entre naissance et mort, altération et corruption, thématiques centrales au sein d’une étude de la matière animée, que ce soit celle du monde corruptible ou de la biologie. Le De generatione est œuvre de commentaire ou d’enseignement, mais fonde aussi la physique, la biologie et la médecine en explicitant, pour la plupart des hommes lettrés, leur présence au monde. Le présent livre, issu de réflexions menées au cours de deux journées d’études, veut proposer des jalons nouveaux dans la compréhension de la lecture philosophique du texte et mettre en évidence la diffusion médiévale et renaissante des théories aristotéliciennes dans et hors des universités, et les diverses réfractions des commentaires aristotéliciens à la littérature en passant par les encyclopédies ou les textes politiques. 

Ont contribué à ce volume : Luca BIANCHI, Joël BIARD, Laurence BOULÈGUE, Bertrand CARROY, Marie-Dominique COUZINET, Isabelle DRAELANTS, Joëlle DUCOS, Violaine GIACOMOTTO-CHARRA, Thierry- Dominique HUMBRECHT, Pieter DE LEEMANS, Isabelle PANTIN, Anne- Pascale POUEY-MOUNOU, Marwan RASHED, Bertrand SOUCHARD.

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Cathy Caruth: L'expérience inappropriable. Le trauma, le récit et l'histoire

Hermann - Septembre 2023


Paru en anglais en 1996, ce livre a profondément marqué les recherches en sciences humaines, révélant les impacts que les traumatismes peuvent avoir sur la culture.

« Caruth est l'un des chercheurs les plus novateurs sur ce que nous appelons le traumatisme, et sur nos façons de percevoir et de conceptualiser ce phénomène encore mystérieux. » — Robert Jay Lifton

Ce livre emblématique est « le premier à réaliser l'importance de la théorie du traumatisme pour les sciences humaines. Explorant le traumatisme comme un modèle pour penser les relations entre l'histoire et l'expérience, ses livres ont fait d'elle un leader dans ce domaine qu'elle a en partie créé. »— Jonathan Culler

Cathy Caruth est titulaire de la chaire d’anglais créée par la promotion de 1916, à l’université Cornell (États-Unis). Elle est professeure de littérature anglophone et comparée. Ses recherches portent notamment sur le langage du traumatisme et du témoignage en temps de crise.

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Andrea Marcolongo, Patrice Franceschi, Loïc Finaz : Le goût du risque

 Grasset - Septembre 2023


Célébrer la liberté, ne pas craindre l’incorrect, ne pas fuir la mort, chercher la bagarre, danser après l’échec, refuser l’abus des normes, tuer le principe de précaution, ne pas s’attarder à vivre, être pleinement l’homme ou la femme que l’on veut être, aimer la solitude, oser croire, chérir l’inutile, aventurer la vie sans cesse : voilà ce que proposent les auteurs de cet ouvrage pour affronter notre époque de doute et de désarroi.

Les pandémies, les catastrophes naturelles, l’intelligence artificielle nous poussent vers le repli jusqu’à la tétanie. Dans ces pages vives et ardentes, Andrea Marcolongo, Patrice Franceschi et Loïc Finaz combattent sans concession la peur et la prudence qui l’emportent aujourd’hui trop souvent sur la liberté. Puisque le risque est consubstantiel à la vie, faisons preuve de courage intellectuel et moral. Bref, retrouvons le goût du risque.

Bien plus qu’un libelle contre nos temps d'asphyxie, un éloge de la vie, imprévisible et joyeuse.

Andrea Marcolongo, écrivaine italienne, est spécialiste des langues anciennes. Elle est l’auteur des best-sellers La langue géniale, La part du héros et Déplacer la lune de son orbite (Ma nuit au musée).
Patrice Franceschi est écrivain, aviateur et marin. On lui doit entre-autres Ethique du samouraï moderne et Première personne du singulier, pour lequel il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle.
Loïc Finaz, amiral, écrivain et ancien directeur de l’Ecole de guerre, est notamment l’auteur de La liberté du commandement et La houle s’en allait au levant.

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Alain Séguy-Duclot : Introduction à la philosophie de l'art

 Ellipses - Septembre 2023


Jusqu’au XVIIIe siècle, un art, du latin ars, qui traduit le grec tekhnê, c’est une technique.
Poésie et musique sont des arts libéraux comme la géométrie, tandis que peinture et sculpture sont des arts mécaniques tout comme l’agriculture.
Pour entrer dans la philosophie de l’art, on étudiera comment le concept moderne d’art a émergé et a permis de constituer un domaine majeur de la philosophie ; englobant la poésie, la musique, la peinture et la sculpture, il est désormais distinct de la science (dont relève la géométrie) et de la technique (dont relève l’agriculture).
On découvrira aussi pourquoi, au début du XXe siècle, ce nouveau concept d’art a fait naître une théorie de l’anti-art, qui rend toute définition de l’art illégitime.

Alain Séguy-Duclot enseigne la philosophie à l'Université de Tours. Il a publié notamment Définir l'art (Belin, 2017), Leçons sur l'esthétique de Kant (Ellipses, 2018) et L'art en définitive (Hermann, 2021).

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Maud Coudrais : Réhumaniser le droit

 LGDJ - Septembre 2023


Maud Coudrais propose, dans cet essai, de renouveler notre regard sur le droit pour lui redonner une chance d'organiser les rapports sociaux de manière moins chaotique. Elle dresse un constat documenté et sans concession du processus avancé de déshumanisation du droit, fondé sur le culte de la raison et la dévalorisation de l'émotion. Les normes s'artificialisent toujours davantage, combattant les lois de la nature et dénaturant la nature des lois. La pensée
juridique se nécrose. Les avocats se bureaucratisent. Les juges se robotisent. Une grande partie du peuple est démobilisée et la force publique est livrée à une gestion managériale.
En réalité, cette technocratie juridique n'est qu'une dangereuse illusion. Le mépris des affects est une stratégie vouée à l'échec comme les nombreuses manifestations du violent retour de l'émotionnel refoulé le montrent : intégrisme terrorisme, déjudiciarisation perverse, tribunal médiatique, démagogie législative, soulèvements populaires, séparatismes communautaires, ensauvagement sécuritaire, zones de non-droit...
Ce livre destiné tant aux juristes qu'aux citoyens nous incite à tirer les leçons de nos expériences collectives en redécouvrant l'irréductible humanité du droit et ses vertus oubliées. Le droit n'est pas seulement un savoir-faire mais avant tout un savoir-être. La santé de l'organisme social repose sur l'indispensable interaction entre intellect et sensibilité. Ne serait-il pas temps d'arrêter d'utiliser le droit comme une technique de domination et de retrouver la voie d'une éthique juridique de l'humilité, de la bonne foi et de la bonne volonté ?

Maud Coudrais est avocate au barreau de Paris en droit international de la famille. Docteur en droit, elle a consacré sa thèse à la conciliation de la technique juridique et de la justice et collabore avec diverses revues.

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Béatrice Surchat : Suis-je le gardien de mon frère ?

 Labor et fides - Septembre 2023


Caïn est tristement célèbre pour avoir commis le premier meurtre de l’humanité. Un fratricide, de surcroît. Est-ce pour autant qu’il n’a rien à nous enseigner ? Et que faisons-nous de la question fondamentale qu’il nous laisse en héritage : « Suis-je le gardien de mon frère ? »
Dans une lecture originale et inspirante du récit tragique de la Genèse, Béatrice Surchat nous amène à changer de regard sur cet antihéros biblique, faisant de lui le premier apprenti de la responsabilité. Alors que ses parents, Adam et Ève, avaient reçu un ordre clair auquel ils ont pourtant désobéi, aucune injonction n’a été adressée à leur fils aîné. Sa grandeur, par-delà son acte, est de s’approprier une exigence éthique dont il ignorait tout.
Cette relecture du célèbre récit de la Genèse nous invite à suivre Caïn pas à pas sur la voie de la responsabilité. Car s’il est facile de le condamner pour le meurtre d’Abel, sommes-nous aujourd’hui capables de répondre mieux que lui de la vie de nos frères ?

Béatrice Surchat est enseignante de philosophie et d'histoire et sciences des religions au Gymnase de Morges. Elle travaille depuis quelques années sur le concept de responsabilité au travers de différents philosophes et autour de textes fondateurs. Son intérêt pour le judaïsme et le christianisme trouve ses racines dans le désir de réinterroger les récits bibliques afin de mieux comprendre comment aborder aujourd'hui le rapport à autrui.

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lundi 4 septembre 2023

Les Études philosophiques, 2023-3 : Émilie du Châtelet et la certitude

 PUF - Septembre 2023


Le numéro porte sur la conception de la certitude d'Émilie du Châtelet, physicienne, mathématicienne, femme de Lettres du Siècle des Lumières (1706-1749).

Quelle signification donner à la certitude en philosophie naturelle ? Est-elle nécessairement reconduite à une application de la méthode mathématique ou à un fondement métaphysique ? L’historiographie a en effet souvent conçu la certitude aux XVIIe et XVIIIe siècles sur le mode d’une alternative opposant Cartésiens et Newtoniens, tenants d’un fondement métaphysique de la certitude, d’un côté, et partisans de la certitude mathématique, de l'autre. Depuis une trentaine d’années, des travaux portant sur la constitution de la probabilité ont revisité ces questions afin de les situer dans l’histoire de la probabilité. Ainsi, les travaux de Hacking ou Daston ont mis l'accent sur la signification qu'il était possible d'attribuer à l'émergence de la réflexion sur la probabilité comme une objectivation de l'incertitude qui participe à un processus de sécularisation.
C’est dans ce cadre qu’Émilie du Châtelet élabore une conceptualisation originale de la certitude étroitement inscrite dans la conscience des limites de notre savoir.

Sommaire

Areins Pelayo - Certitude et Loi de Continuité dans les Institutions de physique de Du Châtelet

Anne-Lise Rey - Le certain et le probable dans les Institutions de physique d’Émilie du Châtelet

Tinca Prunea-Bretonnet - Principes métaphysiques et certitude chez Christian Wolff et Émilie du Châtelet

Claire Schwartz – Émilie Du Chatelet traductrice de Newton : des mathématiques des Principia à celle des Principes

Guillaume Coissard - Autorité et Vérité. L'épistémologie critique de Du Châtelet

Varia

Anca Vasiliu : Dehors-dedans. Structure d’un débat sur l’âme dans le Phèdre

Luca Torrente : L’influence de l’environnement durant l’embryogenèse chez Aristote : les effets pour la vertu naturelle

Sylvain Josset : La « logique du cœur » pascalienne de Scheler à Heidegger


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