mardi 19 septembre 2023

Marc Crépon, Martine Liégeois, Jean-Baptiste Para, Mario Ranieri Martinotti (dir.) : Europe, une politique de la littérature (1923-2023). Actes du colloque international du centenaire de la revue

 Revue Europe - Septembre 2023


Europe est bien plus qu’un mythe. C’est un siècle d’encre et de papier où critique et création s’entremêlent sans cesse. Cent ans de thèmes, d’essais, de chroniques culturelles, de prose et de poésie. Plus encore, Europe, ce sont des hommes et des femmes qui se sont passés plume et flambeau de 1923 à aujourd’hui.
Fondée au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette revue s’est ouverte d’emblée aux collaborations d’écrivains du monde entier. Comme l’indiquait un texte programmatique publié dans son premier numéro en février 1923 : « Nous disons aujourd’hui Europe parce que notre vaste presqu’île, entre l’Orient et le Nouveau Monde, est le carrefour où se rejoignent les civilisations. Mais c’est à tous les peuples que nous nous adressons. Ce sont les voix autorisées du plus grand nombre de pays que nous entendons faire témoigner ici, non pour les opposer puérilement les unes aux autres, non pour dresser des collections d’opinions, mais dans l’espoir d’aider à dissiper les tragiques malentendus qui divisent actuellement les hommes… Il est urgent que nous apprenions à regarder plus haut que tous les intérêts, les passions, les égoïsmes des individus et des groupements ethniques. Il ne peut pas y avoir de victoire remportée par l’homme contre l’homme. Et les seules conquêtes durables sont celles qui intéressent l’universalité des êtres… L’ Europe n’est pour nous qu’une étape, notre but c’est l’humanité. »

Pour le centième anniversaire de la revue, un colloque international s’est tenu à l’École normale supérieure : « Europe, une politique de la littérature (1923-2023) ». Les actes en sont ici réunis. Explorant de multiples aspects du long cheminement de la revue depuis sa fondation, les études rassemblées dans ce volume ne prétendent à aucune exhaustivité, mais en diversifiant les sujets d’enquête, les angles de vue et les éclairages, elles dessinent un vaste paysage où se révèlent des lignes de force. À différents moments de l’aventure d’Europe et dans les tourmentes de l’Histoire, on y perçoit exemplairement l’esprit dans lequel a œuvré la revue.

Sommaire

Jean-Baptiste PARA Avant-propos. 3

Marc CRÉPON Politiques d’Europe. 7

VOIX D’EUROPE

Roland ROUDIL Romain Rolland et la naissance d’Europe. 20

Judith LYON-CAEN Poésie et politique : Cassou quarante-huitard. 38

Dominique COMBE Poésie, politique, pacifisme. La poésie européenne dans la revue Europe (1923 1939). 52

Michel COLLOT Supervielle l’européen. 64

Brigitte VERGNE-CAIN & Gérard RUDENT Les articles signés Stefan Zweig dans la revue Europe : en réserve. 78

LE MONDE VU D’EUROPE

Guillaume BRIDET L’Asie dans la revue Europe (1923-1939). 91

Naintara Maya OBEROI Entre gandhisme et communisme. Le tournant des années 1930. 109

Jean-Baptiste PARA Une longue passion pour l’Espagne. 123

Jean LACOSTE La pensée allemande au miroir d’Europe. 138

Rachel MAZUY Jean-Richard Bloch et l’URSS dans Europe (1934-1947). 149

Hervé SANSON Europe et le Maghreb : un siècle de cohabitation. 163

Ina SALAZAR« Un plomb de la forme d’un cœur bleu ». La revue Europe et le Pérou. 179

Maria GALKINA « Chaque langue trébuche ». Écrire l’extrême en 2022. 198

LA LUTTE DES LETTRES

Gisèle SAPIRO Un internationalisme en actes. La revue Europe dans le champ littéraire de l’entre-deux-guerres. 212

Michel DELON Les Lumières d’Europe. 228

Marie-Cécile BOUJU Europe, 1946. Une revue littéraire d’après-guerre. 240

Mario RANIERI MARTINOTTI Aimer Balzac en marxiste ? Les communistes et la bataille commémorative de 1949-1950. 253

Mali ALINEJAD ZANJANI Avicenne 1952. Un millénaire matérialiste (URSS-RDA-Europe). 269

Ginevra Martina VENIER Politiques de Dante. La Comédie en 1965-1966 : poésie, langue, histoire. 279

Jean-François LOUETTE Sartre et la revue Europe. 290

QUATRE ENTRETIENS AVEC DES ÉCRIVAINS

Marcel COHEN L’économie du chaos.319

Florence DELAY « D’un naturel esmerveillable ». 340

Pierre BERGOUNIOUX Un passé, des attentes, une volonté.351

Olivier BARBARANT Un durable emportement. 367


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Alexandra Bidet et Carole Gayet-Viaud (dir.) : L'engagement comme expérience

Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Septembre 2023


Les approches classiques de l’engagement se sont principalement intéressées à ses déterminants, rapportés à des variables sociodémographiques, des dispositions, des vertus ou des rétributions, comme à autant de motifs déjà constitués en amont et extrinsèques à l’expérience de l’engagement. Or, les intérêts des personnes – et leur puissance d’agir elle-même – peuvent s’analyser comme des produits de l’engagement, pour peu qu’on le saisisse dans sa dimension temporelle, itérative et située. Envisagé comme expérience, il paraît indissociable d’une enquête menée à la fois sur soi et sur le monde, où les personnes interrogent autant leurs propres désirs et possibilités d’agir, que la vie commune qu’elles souhaitent cultiver ou voir advenir.

Ce volume rassemble une série de contributions théoriques et empiriques qui explorent des façons d’articuler souci de soi et souci du monde. Elles documentent la façon dont les engagements circulent entre différentes sphères de la vie et entre moments biographiques, en suivant les formes d’expérimentation auxquelles ils donnent lieu. Notre compréhension du rapport au politique s’en trouve enrichie, ressaisie depuis la trame des expériences de la vie commune faites en personne.

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Andreas Malm : Avis de tempête. Nature et culture dans un monde qui se réchauffe

 La Fabrique - Octobre 2023


Dans un monde qui se dirige vers le chaos climatique, la nature est morte. Elle ne peut plus être séparée de la société. Tout n'est plus qu'un amalgame d'hybrides, où l'homme ne possède aucune faculté d’action particulière qui le différencie de la matière morte. Mais est-ce vraiment le cas ? Dans cette polémique cinglante avec les philosophes de ce qu’il nomme le tournant culturel (dont Bruno Latour est une figure centrale), Andreas Malm développe un contre-argument : dans un monde qui se réchauffe, la nature revient en force, et il est plus important que jamais de distinguer le naturel du social. C’est en attribuant aux humains une capacité d’action spécifique que la résistance devient concevable. Ce livre pose des questions urgentes à l’heure ou l’inaction climatique à l’échelle mondiale inquiète de plus en plus de gens : quel rôle doit jouer la pensée théorique dans la lutte contre le réchauffement mondial ? Et ce qui s’écrit aujourd’hui est-il à la hauteur du défi ? Malm examine un grand nombre de textes contemporains qui interrogent le rapport entre nature et culture, leur hybridation ou leur séparation. Il offre un panorama critique des théories actuellement disponibles sur ce thème (constructionnisme, hybridisme et néo-matérialisme), lequel représente par ailleurs un secteur éditorial florissant. Enfin, il fournit un manifeste théorique pour le temps présent, défendant une distinction stratégique entre nature et culture.

Andreas Malm est maître de conférences en géographie humaine en Suède et militant pour le climat. Il est l’auteur de L’Anthropocène contre l’histoire (2017), Comment saboter un pipeline (2020), La chauve-souris et le capital (2021) et Fascisme fossile (avec le Zetkin Collective, 2021).

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Philippe Choulet et Arnaud Tomès : L'imagination

Editions Lambert-Lucas - Septembre 2023


L’imagination ne s’est pas d’emblée donnée à penser  : elle s’est d’abord manifestée par ses productions – mythes, fantasmes, œuvres d’art ... – et avant même de la reconnaître, la philosophie l’a d’abord refoulée et combattue. Force d’illusion pour Platon, « maîtresse d’erreur et de fausseté » pour Pascal, l’imagination n’a pourtant cessé de travailler, de manière souterraine, toute l’histoire de la philosophie. Loin d’être une fonction de l’esprit parmi d’autres, l’imagination est bien plutôt la «  reine des facultés  » (Baudelaire), celle qui rend possible l’exercice et la fécondité de toutes les autres, et permet à l’homme de donner forme et sens à son monde. Cet ouvrage explicite la progressive découverte de l’imagination à travers l’étude de quatre moments décisifs de son histoire conceptuelle et des principaux auteurs qui l’ont pensée : (ı) l’Antiquité et la Renaissance, où elle vaut comme sensibilité autant que comme illusion ; (ıı) l’âge classique, qui la confronte à la raison, dans un jeu complexe d’attraction et de rejet ; (ııı)  les xvıııe et xıxe siècles, où la promotion de la sensibilité et de la création artistique lui permettent d’être reconnue dans son originalité ; (ıv) le xxe siècle, qui se concentre sur l’imaginaire et sur ses œuvres.

Philippe Choulet est professeur honoraire de philosophie à Strasbourg et professeur de l'histoire de l'art et des médias à l'École Émile Cohl Lyon-Angoulême. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages sur Nietzsche, parmi lesquels, avec Hélène Nancy, Nietzsche, l’art et la vie, aux Éditions du Félin, 1996. Publications récentes : La Représentation, Atlande, 2020 ; Le Principe, Atlande, 2022 ; Méthodologie philosophique Tome 2, Puf, 2019. --Biographie 2ème Auteur.
Arnaud Tomès est professeur de philosophie en classes préparatoires à Strasbourg. Il est membre du Centre de recherches en philosophie allemande et contemporaine (Crephac), à l’université de Strasbourg, et du Centre Prospéro, à l’université Saint-Louis de Bruxelles. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages sur Sartre, et a réalisé une nouvelle édition de L’Esquisse d’une théorie des émotions chez Hermann. Il a éga­lement publié Castoriadis, l’imaginaire, le rationnel et le réel (Demo­polis, 2015) et, avec Philippe Caumières, Pour l’autonomie : la philosophie politique de Castoriadis (L’Échappée, 2018).

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lundi 18 septembre 2023

François-Marie Deyrolle (dir.) : Beauté(s)

L'Atelier contemporain - Août 2023


Dans la dernière édition de L’origine des espèces (1856) Charles Darwin s’interroge sur la nature du sentiment de la beauté. Le temps a passé et la réponse à la question que se posait Darwin semble de plus en plus échapper à la philosophie et à l’esthétique pour devenir l’affaire de l’anthropologie, des naturalistes et de la sociologie. En matière d’art, la fin des prétentions de l’universalisme européen et celles aussi de « l’exception humaine » (J-M. Schaeffer) renouvellent les questions concernant l’origine de nos conduites esthétiques : quand et comment sont-elles apparues ; quels en sont les moteurs ; sont-elles exclusivement humaines… ? Si les pratiques contemporaines depuis une quarantaine d’années ne rejettent plus l’idée de beauté plastique, elles y sont parfois (souvent) indifférentes comme si cette notion qui a longtemps dominé l’art était marginale. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Beautés ouvre donc l’enquête en interrogeant artistes et penseurs dans le but de documenter les enjeux.

Contributions de : Estèla Alliaud, Claire Chesnier, Philippe Descola, Vincent Dulom, Fabrice Lauterjung, Yves Le Fur, Yves Michaud, Camille Saint-Jacques, Armelle de Sainte Marie, Michel Thévoz, Jean-Charles Vergne.

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Delphine Antoine-Mahut et Anik Waldow (dir.) : Condillac and his Reception. On the origin and Nature of Human Abilities

Routledge Studies in Eighteenth-Century Philosophy - Octobre 2023


This volume explores the philosophy of Étienne Bonnot de Condillac. It presents, for the firsttime, English-language essays on Condillac’s philosophy, making the complexity and sophistication of his arguments and their influence on early modern philosophy accessible toa wider readership. Condillac’s reflections on the origin and nature of human abilities, such as the ability to reason,reflect and use language, took philosophy in distinctly new directions. This volume showcases the diversity of themes and methods inspired by Condillac’s work. The cha pters are dividedinto four thematic sections. Part 1 traces connections between Condillac and hiscontemporaries to understand the context in which themes and discussions central to Condillac’s own philosophical thinking evolved. Part 2 focuses on the different ways in which Condillac’s philosophy was taken up, challenged, and further developed in nineteenth-centuryFrance, before moving in Part 3 to the discussion of thinkers outside of France. Finally, Part 4looks at the contemporary applications of Condillac’s philosophy in a variety of different fields, such as phenomenology, psychology, and psychopathology. Condillac and His Reception will appeal to scholars and advanced students working on earlymodern philosophy, history of science and intellectual history.

Table of contents

1. Introduction: Condillac and Us
Delphine Antoine-Mahut and Anik Waldow

Part 1: Condillac and His Intellectual Context

2. The Materialists (Diderot, La Mettrie, Deschamps) and Condillac’s Theory ofKnowledge
Guillaume Coissard
3. Condillac and the Molyneux Problem
Peter Anstey
4. Reinventing Newtonianism: Hypotheses, Systems and Attraction in Condillac
GianniPaganini
5. Languages of Action, Methodological Signs and Deafness: The Reception of Condillac by the
Abbé de L’Épée—
or was It the Other Way Around?
Marion Chottin

Part 2: Condillac’s Reception in Nineteenth-Century France

6. Condillac Restored: The Paradox of Attention in Pierre Laromiguière’s Lessons onPhilosophy (1815)
Pierre Brouiller
7. Madness and Ideologist Philosophy of the Mind: Pinel and Condillac on the Dualism ofUnderstanding and Will
Samuel Lézé
8. “The Only, the True French Metaphysician of the Eighteenth Century:” Condillac, Cousinand the “French School”
Delphine Antoine-Mahut
9. Condillac’s Puerile Reveries: The Reception of Condillac in Phrenology and in the Philosophy
of Auguste Comte
Laurent Clauzade

Part 3: Condillac’s Influence Beyond France
10. Between Debate and Reception: Formey Reads Condillac
Angela Ferraro
11. Rethinking the Human Animal with Condillac and Herder
Anik Waldow
12. The Reception of Condillac in Argentina: From the Nineteenth-Century Professorsof idéologieto José Ingenieros
Silvia Manzo

Part 4: Contemporary Receptions
13. Time, Order and the Human Interior: Paths towards Condillac
Christopher Goodey
14. Representations of the Body and Self-Knowledge: Condillac’s Treatise on Sensations and Contemporary Naturalistic Psychology
Aliènor Bertrand
15. Reductions and Radicalisation of Reductions: Condillac, Michel Henry and Maine deBiran
Anne Devarieux

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dimanche 17 septembre 2023

Silvia Lippi et Patrice Maniglier : Sœurs. Pour une psychanalyse féministe

 Seuil - Septembre 2023


Devenir féministe n'est pas seulement un choix rationnel. C'est une réponse vitale à des traumatismes si profonds qu'ils se perdent dans la nuit de nos histoires singulières, comme #MeToo. Le féminisme ne serait pas si puissant s'il n'avait une signification inconsciente.

Pourtant la psychanalyse semblait n'en rien vouloir savoir. Ce livre rompt avec ce silence en introduisant le concept de sororité dans la clinique et la théorie psychanalytiques, en même temps qu'il plaide pour un féminisme qui ferait toute sa place à ses propres éléments pulsionnels, traumatiques, fous.

Il prend pour guide improbable dans cette entreprise une femme, lesbienne, schizophrène, criminelle : Valerie Solanas, qui imagine un monde à partir des seules relations entre femmes - un monde de sœurs. La sororité ne se limite pas aux relations entre des personnes déjà identifiées comme femmes, c'est un type de lien social dans lequel on communique directement à partir de nos traumatismes respectifs dans une forme fabriquée en commun, que ce livre appelle un « symptôme partagé ».

En jetant les bases d'une psychanalyse sororale, qui permet de penser autrement l'articulation de l'intime et du politique, du psychique et du social, de l'inconscient et du collectif, ce livre fait un pas décisif dans la direction d'un renversement de l'orientation patriarcale et hétérocentrée de la psychanalyse, dans une langue claire, impertinente et rigoureuse. Il parlera à toutes celles et ceux qui aspirent à penser, sentir et vivre au-delà des imaginaires de la domination masculine.

Silvia Lippi est psychanalyste, docteure en psychologie et psychologue hospitalière à l'établissement public de santé Barthélemy-Durand d'Étampes.
Patrice Maniglier est philosophe, maître de conférences à l'Université Paris-Nanterre.

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Léonora Miano : L'Opposé de la blancheur. Réflexions sur le problème blanc

 Seuil - Septembre 2023


La domination d’un Occident raciste, à l’intérieur de ses frontières et au-delà, n’a pu que renforcer les préjugés à l’encontre des personnes définies comme Noires. Parce qu’il en est ainsi, il est illusoire de se dire Blanc par simple convention, sans le moindre rapport avec l’histoire qui créa cette caté­gorie. La blanchité s’est élaborée dans le cadre de la plantation pour sévir ensuite dans l’espace colonial sur tous les continents et se consolider au sein des sociétés multiethniques de l’Euramérique contemporaine. Elle est une manière d’approcher l’autre qui se caractérise par le crime.

Léonora Miano se livre à une analyse aussi fine qu’implacable de ce « problème blanc », depuis les traites négrières et la colonisation jusqu’au présent. Car, sans prise de conscience de ce qu’est la blanchité, il est impossible de trans­former ce qui s’est transmis de génération en génération, à la fois comme un patrimoine et un secret de famille, certes gênants mais qu’il nous faut regarder en face. Il se passera du temps pour vider la race de toute signi­fication et guérir le monde. Cela ne signifie pas qu’il faille baisser les bras. C’est en ayant conscience de l’ampleur de la tâche que l’on pourra s’y atteler.

Romancière, dramaturge et essayiste, Léonora Miano est l’autrice d’une ving­taine d’ouvrages. Elle a reçu le prix Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient (Plon), le prix Seligmann contre le racisme en 2012 pour Écrits pour la parole (L’Arche), le prix Femina et le Grand prix du roman métis en 2013 pour La Saison de l’ombre (Grasset).

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Paulin Ismard : Le Miroir d'Oedipe. Penser l'esclavage

 Seuil - Septembre 2023

Pourquoi la pensée politique grecque a-t-elle occulté la question de l’esclavage ? Qui sait que le jardin de l’Académie a été acquis par Platon avec l’argent de son affranchissement ? Qui parle de l'esclave qui détient le secret de la naissance d’Œdipe ? Le développement de la société esclavagiste athénienne et l’avènement de la démocratie entretiennent des liens étroits. Chez les Grecs, l’esclavage est un « fait social total », imprégnant le fonctionnement de l’ensemble de la société.

Pourtant, on chercherait en vain un corps de doctrine ou un grand récit par lequel les penseurs athéniens auraient entrepris de légitimer l’esclavage ou d’en penser les implications sociales et politiques. Rien hormis quelques digressions.

Ce livre fait le pari suivant : la relative absence de discours sur l’esclavage chez les Anciens n’est pas signe d’un manque qu’il reviendrait à l’historien de combler. Elle est un symptôme, qui l’invite à observer les formes par lesquelles une société aménage une place à ceux dont elle organise la non-existence

Insu et déni : Paulin Ismard conduit une enquête fascinante à travers les rares discours grecs sur l’esclavage. Empruntant à l’histoire comparée et à la littérature, l’auteur révèle des réalités anthropologiques qui n’ont pas cessé de produire leurs effets.

Professeur d’histoire grecque à l’université d’Aix-Marseille, Paulin Ismard a notamment publié La Démocratie contre les experts (Seuil, 2015 ; « Points Histoire », 2021), L’Événement Socrate (Flammarion, 2013), La Cité et ses esclaves (Seuil, 2019), Athènes 403 (avec V. Azoulay, Flammarion, 2020) et il a dirigé Les Mondes de l’esclavage (Seuil, 2021).

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Le Télémaque, n° 63/2023 : Penser l'éducation au-delà de ses crises, avec Hannah Arendt

 PU de Caen - Septembre 2023


Contre une position décliniste, à partir de différentes approches épistémologiques, les auteurs de ce dossier s'inspirent des travaux de Hannah Arendt et d’autres grands intellectuels pour renouveler une réflexion sur l’éducation en partant du constat d’une fragilisation des liens institutionnels, de nouvelles formes de souffrance dont témoignent les professionnels sur le terrain, et des difficultés des nouvelles générations à trouver et à se faire une place dans le monde.

Page 7 à 8 : Alain Vergnioux - Ouverture | Page 9 à 23 : Jonas Tabacof Waks, José Sérgio Fonseca de Carvalho, Lílian do Valle et María Beatriz Greco - Prise de parole et conquête de loisir : entretien avec Jacques Rancière | Page 25 à 39 : Carolina Ávalos Valdivia - Privilège ou du droit à la philosophie | Page 41 à 45 : Ilaria Pirone, Dominique Ottavi et Laurence Gavarini - Présentation | Page 47 à 59 : Sébastien-Akira Alix et Laurent Gutierrez - La crise de l’enseignement en France. Essai de conceptualisation à partir des travaux de Denis Kambouchner | Page 61 à 70 : Sébastien-Akira Alix - Entretien avec Denis Kambouchner | Page 71 à 81 : Dominique Ottavi - Hannah Arendt antimoderne ? Lectures et interprétations | Page 83 à 97 : Laurence Gavarini - L’éducation est-elle en crise ou est-elle crise ? Une relecture de Hannah Arendt | Page 99 à 112 : Léandro de Lajonquière - Avez-vous entendu parler de la crise de l’éducation ? | Page 113 à 126 : Jean-Marie Weber - « Personne n’a le droit d’obéir » : l’autorité de la responsabilité et du désir | Page 127 à 140 : Ilaria Pirone - Hannah Arendt : une position politique intime pour penser le malaise dans la culture et ses crises | Page 141 à 157 : Pierre Gégout - Critique de deux thèses de Hannah Arendt sur l’autorité en éducation | Page 159 à 169 : Francis Ndzedi - La responsabilité de l’enseignant vis-à-vis de l’élève. Lecture à partir du statut du visage chez Emmanuel Levinas | Page 171 à 182 : Patrice Vermeren - Le champ agonistique des canons impurs de la philosophie.

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Doh Ludovic Fié : Marcuse et l'Ecole de Francfort. L'approche différenciée

 L'Harmattan - Septembre 2023


Le présent ouvrage fait dialoguer Marcuse avec ses contemporains que sont Benjamin, Adorno et Horkheimer. Alors que la critique de la raison identitaire fait rage, le pessimisme au sujet de la technique se fait persistant et la culture populaire est indésirable à l'École de Francfort, Marcuse adopte une approche différenciée. Ce livre est une contribution à la compréhension des questions bioéthiques, des réflexions sur les cultures populaires et des problématiques de l'engagement et de l'émancipation.

Assistant en 2004, Doh Ludovic Fié est, depuis 2013, Professeur Titulaire à l'Université Alassane Ouattara (Côte d Ivoire) où il enseigne l'esthétique et la Théorie critique. Il est par ailleurs Professeur-associé à la formation doctorale de l'Institut Régional d Enseignement Supérieur et de la Recherche en Développement Culturel, IRES-RDEC (Lomé-Togo).

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Gérard Pelé : Après l'esthétique

 L'Harmattan - Septembre 2023


Dans les études d'esthétique comme dans les autres disciplines académiques, la production universitaire doit respecter certaines normes, explicites ou non, dans son contenu aussi bien que dans la forme. Cet ouvrage montre, à partir d'une sélection de trente-trois textes de l'auteur rédigés entre 1995 et 2019, comment il est possible de traiter des relations entre les arts, les sciences et les techniques dans le contexte de la cybernétique qui en constituent le fil conducteur, tout en détournant cette thématique par diverses échappées inspirées par les théories critiques de la culture, parfois même jusqu'aux limites de la décence. Il montre également comment le hasard, notamment celui des rencontres, y joue le premier rôle pour poser autrement la question de notre relation aux artefacts.

Gérard Pelé est Professeur émérite des Universités, rattaché à l'Institut ACTE de l'École des Arts de la Sorbonne. Il y a étudié et enseigné, avant d'être nommé à l'ENS Louis-Lumière pour y dispenser un enseignement en esthétique.

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samedi 16 septembre 2023

Laurent Fedi, Bertrand Nouailles, Alain Petit (dir.) : Le problème de l'erreur dans la philosophie française. D'Auguste Comte à Gaston Bachelard

Presses universitaires Blaise Pascal - Septembre 2023


On connaît cette thèse de Bachelard: « Il n'y a pas de vérités premières, il n’y a que des erreurs premières ». Cet intérêt très vif pour l’erreur remonte en fait au XIXe siècle, lorsque les théories génétiques de l’esprit d’une part, la méthodologie expérimentale et les approches probabilistes d’autre part, lui confèrent un statut dont elle était auparavant privée. L’erreur funeste qui nous fait trébucher et nous détourne du vrai est remplacée par l’erreur instructive, censée nous renseigner sur les lois fondamentales de l’esprit humain, la logique du jugement, la normativité du vivant.

Le thème de l’erreur est mis au programme des lycées, comme une question qui recoupe logique et psychologie. Victor Brochard lui consacre sa thèse, qui fait apparaître les ambiguïtés de l’intellectualisme et du volontarisme. Si tant d’auteurs s’intéressent à cette question – parmi lesquels Cournot, Duhem, Lagneau, Meyerson…–, c’est parce qu’il est le révélateur de toutes les grandes problématiques épistémologiques et gnoséologiques de la séquence historique ici envisagée, de sorte que c’est tout un pan de la philosophie française que l’on peut revisiter sous cet angle.

SOMMAIRE

Introduction
Laurent Fedi, Bertrand Nouailles et Alain Petit
– Définition de l'erreur
– Quelques jalons philosophiques
– Parcours dans la philosophie française – 1830-1940
– Plan du volume

Ouverture

Au commencement était l'erreur.
L'historicisation du jugement dans la philosophie française avant Bachelard
Laurent Fedi
Introduction
I. L’erreur dans la philosophie du jugement de l’âge classique
II. L’historicisation de l’erreur, un changement de paradigme
III. L’historicisation du jugement
IV. À la rencontre de Bachelard
Conclusion

Partie 1 : L’erreur et la philosophie du jugement

Croyance et certitude.
Brochard et le volontarisme français
Pascal Engel
I. Le volontarisme français et le problème de l’erreur
II. Le volontarisme de Fouillée et de Rauh
III. Ollé-Laprune et la certitude morale
IV. Le volontarisme raisonnable de Brochard
Conclusion

Victor Brochard : de l’erreur à la croyance
Alain Petit
I. « L’erreur est ce qui est le plus proprement nôtre »
II. Une volonté sans volontarisme ?
III. Les deux voies de l’évidence
IV. Vers le probabilisme

Jules Lagneau : l’erreur
Guillaume Lurson
I. Le topos de l’erreur : la nécessité de la philosophie
II. La question du jugement et le débat Descartes/Spinoza
III. La destruction de l’ontologie du vrai
IV. La certitude, tâche éthique de la pensée
Conclusion

Partie 2 : La science devant l’erreur

De la métrologie de l’erreur à la critique du jugement chez Augustin Cournot
François Vatin
I. De l’étude de la pensée de Cournot
II. Un décompte des occurrences d’« erreur » dans les œuvres philosophiques de Cournot
III. De la chance d’erreurs : géométrie et métaphysique
IV. De la mesure de la faillibilité à la critique du jugement
Conclusion

La place de l’erreur dans la physiologie expérimentale bernardienne
Laurent Loison
Introduction
I. À l’école de l’échec : l’erreur dans la formation expérimentale du jeune Claude Bernard
II. Des erreurs à révéler comme telles : la méthode expérimentale contre l’esprit de système
III. L’erreur en tant que « tremplin » : initier le cercle vertueux de la méthode expérimentale
Conclusion

Duhem, ou l’exactitude mathématique dans les limites de l’à-peu-près physique
Quentin Rodriguez
Introduction
I. Duhem chantre de l’exactitude mathématique
II. L’erreur délocalisée dans l’édifice théorique
III. Comment stabiliser l’erreur ?
La contrainte constructive de l’à-peu-près physique
Conclusion

Partie 3 : La place de l’erreur dans l’histoire et la philosophie des sciences

Émile Meyerson : des erreurs rationnelles
Bernadette Bensaude-Vincent
I. Se détacher de la passion de vérité
II. Réévaluer les théories fausses
III. L’erreur plus rationnelle que la vérité scientifique
Conclusion

Erre[u]r : introduction aux inédits de Canguilhem
Valentine Prouvez
Introduction
I. Une mystérieuse thèse de philosophie
II. La rencontre philosophique avec Freud, à partir de l’examen du problème de l’erreur
III. Une « erreur sur le sens de l’erreur »
IV. L’erreur comme hérésie
V. Du sacré au rationnel : la dévalorisation de l’erreur
Conclusion

Gaston Bachelard face à l’erreur
Charles Alunni
I. Gaston Bachelard face à Émile Meyerson
II. Gaston Bachelard et Federigo Enriques
III. Gaston Bachelard et le processus de spiritualisation
IV. Gaston Bachelard et la « réforme subjective totale »
Conclusion

Conclusion : Le sujet face à l’erreur
Bertrand Nouailles

Annexe
L’erreur. Textes de Jules Lagneau extraits du manuscrit Lacapère.
Sélection et présentation par Guillaume Lurson
Index des noms
Index des notions
Bibliographie

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James Bridle : Toutes les intelligences du monde. Animaux, plantes, machines

 Seuil - Septembre 2023


La fascination pour les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle ne nous fait-elle pas passer à côté des autres intelligences avec lesquelles nous cohabitons ? Les animaux, les plantes et les systèmes techniques révèlent en effet petit à petit leur complexité et leur étendue.
Que nous apprennent toutes ces formes d’intelligence ? Comment pouvons-nous donner une plus juste place aux entités auxquelles nous sommes reliés ? Pour répondre à ces questions, James Bridle convoque allègrement tous les savoirs possibles ? biologie, histoire, éthologie, arts, physique, informatique et plus encore. Des oracles grecs aux poulpes, des champignons aux satellites, des ordinateurs hydrauliques aux séquoias, on découvre ainsi les multiples modes d’existence qui dialoguent autour de nous et avec nous.
Explorer ces hybridations et enchevêtrements est l’une des conditions pour changer radicalement de monde. On lira donc ici le récit électrisant de nos temps à venir.

James Bridle est un écrivain, artiste, journaliste et technologue britannique. Son premier livre Un nouvel âge de ténèbres. La technologie et la fin du futur (Allia, 2018 pour l'édition originale) a été traduit dans une douzaine de langues. Ce nouvel ouvrage a été salué par toute la critique dès sa parution en avril 2022. On peut voir son travail plastique sur son site : http://jamesbridle.com.

Traduit de l’anglais par Cyril Le Roy

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Mark Hunyadi : Faire confiance à la confiance

 Erès - Septembre 2023


En retraçant la genèse de l’individualisme moderne, Mark Hunyadi développe la profondeur historique du problème de la confiance, ainsi que la raison philosophique pour laquelle ce thème – pourtant unanimement reconnu comme essentiel – a été largement négligé dans la littérature philosophique.

Au fil de nombreux exemples, il montre que la confiance est relation au monde, avant d’être relation au risque, de nature essentiellement économique. L’emprise du numérique sur nos existences a pour effet d’éliminer tendanciellement les relations de confiance, au profit de relations sécurisées. Ce phénomène dessine l’horizon d’une société automatique, d’où sont chassées les relations naturelles de confiance qui nous lient au monde – aux objets, aux autres, aux institutions.

À partir d’un exposé d’une grande clarté sur la théorie de la confiance qu’il a été le premier à formuler, Mark Hunyadi pose un diagnostic philosophique sur la source des crises que nous devons affronter et offre un outil critique permettant d’entrevoir les alternatives possibles.

Mark Hunyadi est philosophe, professeur de philosophie à l’université catholique de Louvain, professeur associé à la chaire Valeurs et politiques des informations personnelles de l’institut Mines/Télécom de Paris.

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Béatrice Fonck : José Ortega y Gasset. Penseur de l'Europe

 Les Belles Lettres - Septembre 2023


Auteur mondialement connu de La Révolte des masses, José Ortega y Gasset (1883-1955) n’avait à ce jour étrangement pas bénéficié en France d’une biographie ou d’une monographie substantielle. Voici qui est désormais chose faite avec cette somme magistrale soigneusement contextualisée et documentée de première main par Béatrice Fonck.

Tout en retraçant la généalogie des concepts majeurs de l’oeoeuvre abondante du grand philosophe espagnol, elle établit combien son itinéraire intellectuel a eu pour principe fédérateur un précoce, constant et plein engagement en faveur d’une unité européenne. Et tout spécialement d’une Europe nourrie de son irréductible diversité culturelle, au sein d’un « concert des nations » et sous l’égide de l’humanisme libéral qui la caractérise fondamentalement. Convaincu que l’avenir de l’Espagne passait nécessairement par son intégration à cette Europe, et lui-même intimement « européanisé », Ortega y Gasset s’est toujours d’abord voulu en lien avec les autres grands penseurs européens de son temps, de Bergson à Heidegger et Einstein.

Alors que le « vieux continent » est durement confronté aux doutes internes sur son identité et à des rejets ou agressions venus de l’extérieur, penser ou repenser l’Europe avec Ortega, c’est cheminer sur une voie royale permettant de conjurer les impasses du nationalisme, de la construction bureaucratique, du fédéralisme supra-national et d’une dissolution mondialisée.

Professeur émérite de civilisation espagnole à l’Institut catholique de Paris et auteure de nombreux travaux sur l’oeuvre et la pensée d’Ortega y Gasset, Béatrice Fonck est parmi les meilleurs spécialistes français de ce philosophe.

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Yoann Loir : Poème allégorique du Capital. Baudelaire chez Water Benjamin

 Kimé - Septembre 2023


Poème allégorique du Capital. Baudelaire chez Water Benjamin reconstruit les grands axes de la lecture de Baudelaire à laquelle Walter Benjamin a consacré ses efforts philosophiques depuis ses traductions de jeunesse jusqu’aux débordements, à la fin des années 1930, de la liasse des Passages consacrée au poète. À partir de ce qu’aura été le Baudelaire, son dernier livre inachevé et fragmentaire, il devient possible de suivre le mouvement de convergence des motifs benjaminiens – l’allégorie et le fétichisme de la marchandise – avec l’univers lyrique des Fleurs du mal. En plaçant les textes en regard, il s’agit d’évaluer l’articulation inédite du matérialisme historique et de l’écriture allégorique qui présente le recueil baudelairien comme un complément poétique des analyses du capitalisme développées quelques années plus tard par Marx. L’ouvrage fait ressortir dans quelle mesure la lecture de la poésie de Baudelaire a pu servir à remodeler les concepts hérités de la pensée marxiste de l’histoire et ainsi contribuer au positionnement de Benjamin dans le contexte intellectuel de l’entre-deux-guerres. Il s’agit ainsi de restituer les débats et les vicissitudes qui ont découlés de sa résolution à poursuivre ces recherches dans le contexte historique français de la fin des années 1930. Si les analyses sont centrées sur la période située entre le moment où Benjamin soumet le projet d’un livre autonome sur le poète français à l’Institut für Sozialforschung de Francfort (1938) et sa mort, l’ensemble de ses productions littéraires et philosophiques antérieures sont discrètement impliquées dans la construction du livre. On peut alors mesurer l’influence de Baudelaire sur sa trajectoire intellectuelle, autant sur le choix des thématiques de recherches que sur les stratégies d’écriture et le rapport entre la pensée et l’actualité historique. Ainsi le livre s’adresse-t-il autant à un public intéressé par la philosophie allemande et contemporaine que par la réception et l’interprétation de la littérature des XIXe et XXe siècles. Le style d’écriture cherche à rendre accessible les écrits de Walter Benjamin sans jamais sacrifier la rigueur universitaire.

Yoann Loir est docteur et professeur agrégé de philosophie. Il enseigne à la faculté de philosophie de l’Université Lyon 3, principalement dans les domaines de la philosophie de l’art, de la métaphysique et de la philosophie moderne et allemande.

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Paul Valéry : Propos sur l'intelligence

 Manucius - Septembre 2023


En 1925, à la demande de La revue de France, Paul Valéry écrit un article où il livre ses réflexions sur une possible crise de l’intelligence dans une société de plus en plus mécanisée sous l’horizon de la science toute puissante.

Le nouveau paradigme généré par la machine, la statistique et l’idéal mathématique laissera-t-il encore une place à l’individu, à sa complexité, à son rêve, à sa lenteur, à son goût de la beauté ? L’ultra-modernité n’est-elle pas en mesure de porter atteinte aux dimensions proprement constitutives de l’humanité de l’homme ?

Autrement dit, l’homme moderne ne sera-t-il pas accablé par la puissance de ses moyens ?

Autant de questions qui, au moment du déploiement inéluctable de la révolution numérique et de l’imperium naissant de l’intelligence artificielle, sont d’une étonnante actualité.

Après La crise de l’esprit (2016), La liberté de l’esprit (2019), les éditions Manucius continuent d’explorer l’œuvre morale et visionnaire d’un des grands esprits du XXe siècle.

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