dimanche 7 janvier 2024

Yvon Quiniou : La souffrance éclairée par la raison

 L'Harmattan - Janvier 2024


La souffrance - dans toute son extension, individuelle ou collective -, n’a pas été vraiment traitée dans l’histoire de la pensée. Cet essai l’aborde donc à la lumière de la raison, à la fois pour la comprendre et envisager des remèdes pour la résorber. Il le fait sous un double point de vue : philosophique ou spéculatif d’abord, à l’aide des sagesses anciennes jusqu’à Spinoza ou des philosophies politiques de Kant ou de Rousseau. Puis à l’aide des sciences humaines et sociales : la psychanalyse par exemple pour la souffrance individuelle, ou l’apport essentiel de Marx et de ses continuateurs pour la souffrance engendrée par la domination de classe en régime capitaliste, que le libéralisme actuel ne fait que renforcer. L’auteur y ajoute cette douleur inédite provoquée et aggravée par la crise écologique, dont la solution véritable ne peut être que politique, dans une société libérée de la recherche égoïste du profit.

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Annie Coll : Rêver avec les penseurs du possible

 Chronique sociale - Janvier 2024


Ce livre combat le défaitisme et la résignation qui sévissent chez la plupart des intellectuels contemporains. L'avenir est perçu aujourd'hui, soit sur le registre de la peur, de la catastrophe écologique, soit sur l'idée qu'un capitalisme vert pourrait encore nous sauver. L'espérance en une société plus juste et solidaire n'est plus de mise. Il n'y a certes pas de modèle déjà établi à suivre, mais il est intéressant de cheminer en se posant des questions, en cherchant de nouvelles formes de vie en commun. Tout en tenant compte de l'actualité au niveau politique, d'expérimentations de l'auteure, cet ouvrage réunit des analyses de penseurs dont le point commun est d ' avoir permis d'imaginer une autre société, où, chacun, sans avoir besoin d'entrer dans la compétition, ait d'emblée sa place. L'auteure s'appuie sur des écrits de Bergson, Marx, Arendt, Castoriadis, Simondon, Morin, Stiegler...

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Stéphanie Roza : Le marxisme est un humanisme. Jean-Paul Sartre, Georg Lukács : deux philosophies pour l'humanité (1923-1975)

 PUF - Janvier 2024


À partir des années 1930, la découverte des textes de jeunesse de Marx (les Manuscrits de 1844 et L'Idéologie allemande) amorce une réflexion sur la place de l'humanisme dans le marxisme, qui culmine vingt ans plus tard avec Jean-Paul Sartre et Georg Lukács qui, chacun à sa manière, tentent alors de réintroduire la subjectivité individuelle et son irréductible liberté dans une conception matérialiste et révolutionnaire de l'histoire. Il s'agit de régénérer un projet d'émancipation individuelle et collective après la terrible période de glaciation stalinienne. Mais quelle est la marge de manoeuvre des humains face aux forces sociales qu'ils engendrent par leur activité ? Comment concilier révolution et démocratie?

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samedi 6 janvier 2024

Thibaut Sallenave : Changements d'adresse. Une philosophie du déménagement

 Editons de l'Aube - Janvier 2024


Nous habitons toujours deux endroits à la fois, celui que nous occupons réellement et celui qui serait pleinement à notre image. Chaque domicile est un compromis passé entre ces deux lieux, que le déménagement oblige à recommencer, renégocier et reconstruire ailleurs. Changer d'adresse, c'est donc mettre en suspens le « chez-soi » en attendant la vie nouvelle qui sortira de nos cartons, ainsi que des rencontres, des hasards et des imprévus. Notre existence y trouve parfois le risque d'une dépossession, mais aussi les ressources d'une réinvention plus profonde. Que prendre et que laisser derrière soi pour y parvenir ? Où s'arrête la quête de ce lieu propre que nous cherchons au fil de nos déménagements et où pourraient se réconcilier l'ici et l'autre part ?
Une réflexion passionnante sur un sujet rarement étudié, qui pourtant traverse toutes nos existences.

Thibaut Sallenave, ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de philosophie, est docteur de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et enseigne en classes préparatoires.

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Eric Cobast, Elinor Myara-Kelif : Penser la violence dans l'art occidental. Vingt-sept œuvres choisies

 Editions de l'Aube - Janvier 2024


« Comprendre et éclairer, par les œuvres d'art, les questions philosophiques de notre temps. »

Ce livre trace un chemin artistique qui mène à une thématique philosophique en prise avec notre réalité. Il parle de la violence, notion qui s'invite tragiquement dans le fil de notre actualité faite de conflits, d'émeutes, de discriminations, de rapports de force. L'œuvre d'art est alors, selon les auteurs, une porte d'entrée dans la réflexion, une fenêtre ouverte sur la discussion. Dans cette argumentation, l'œuvre est bien davantage qu'un marqueur culturel, elle capte l'attention, fait sensation, donne à sentir, ressentir ce qui est à penser, en un mot elle est exemplaire. Ce parcours valorise, en quelques chapitres, plus d'une vingtaine d'œuvres livrées au regard croisé de l'historienne de l'art et du philosophe.

Éric Cobast est professeur agrégé de l'Université.
Élinor Myara-Kelif est docteure en histoire de l'art.

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Laurent Jaffro : Le miroir de la sympathie Adam Smith et le sentimentalisme

 Vrin - Février 2024


À l’heure du tricentenaire de la naissance d’Adam Smith, La Théorie des sentiments moraux saisit toujours le lecteur par sa virtuosité et sa systématicité. La nouveauté de l’ouvrage ne se réduit pas au rôle confié au « spectateur impartial ». Elle tient à la découverte que le sentimentalisme fournit une méthode pour arpenter le terrain des valeurs sociales et morales. Poursuivant l’enquête présentée dans La Couleur du goût (Vrin, 2019), cette étude montre comment Smith a dégagé les principes de l’évaluation de soi et d’autrui : en explorant la dynamique d’une variété d’émotions. La Théorie a encore beaucoup à nous apprendre sur les relations entre les valeurs, les émotions et les conduites.

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Patrick Blandin, Frédéric Ducarme, Damien Marage : Convivialité. L'alliance avec la nature

 Editions de l'Atelier - Novembre 2023


Si la Terre tourne toujours, sa biodiversité – dont nous faisons partie – tourne mal. Saurons-nous y remédier ? Nous devons modifier nos habitudes et nos modes de vie, certes, mais il faut aller bien au-delà : nous devons penser autrement, oser une alliance nouvelle avec la nature et tous les autres êtres vivants, dans un esprit de convivialité. Cet ouvrage nous y invite.
La convivialité. Étymologiquement, il s’agit du fait de vivre ensemble : le terme peut donc sembler anodin. Il est en réalité d’une extrême exigence. Il évoque en effet la capacité d'une société à favoriser le respect, la bienveillance et la coopération entre ses membres.
Plutôt que de classer les animaux et les plantes en « ressources » ou en « nuisibles », regardons-les autrement, comme des compagnons. Plutôt que de repousser la nature hors des villes, hors des champs, habitons autrement nos territoires, pour que les autres qu’humains y aient également droit de cité.
Plutôt que d’instrumentaliser toutes les vies qui s’entrecroisent et dont nous dépendons, interagissons autrement : retissons des liens avec le monde vivant, écoutons et respectons sa diversité en toute humilité.
Ce livre raconte des histoires, vraies, de solidarité et d’alliance avec le vivant. Des histoires qui prouvent que cette convivialité est possible, grâce à des femmes et des hommes dont les actions illustrent les valeurs que portent les membres du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Patrick Blandin est ancien professeur d'écologie générale du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris et président d'honneur du Comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Frédéric Ducarme est enseignant-chercheur au Muséum, secrétaire général de la chaire Outre-Mer de Sciences-Po Paris et scaphandrier scientifique.
Damien Marage, forestier de formation, est docteur en sciences de l'environnement, professeur des universités en géographie et membre du Conseil national pour la protection de la nature.
Tous les trois sont membres du groupe de travail « éthique en action » du Comité français de l'UICN.

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Vanessa Barbé, Sabrina Le Normand-Caillère (dir.) : L'éthique fiscale

 Legitech - Janvier 2024


Dans le langage courant, l’éthique est un ensemble de principes moraux dictant les conduites individuelles. Alors que l’éthique et le droit sont deux notions théoriquement bien distinctes, l’éthique a tendance à infuser les ordres juridiques, voire à devenir un objet d’étude juridique à part entière, même dans des matières hautement techniques et formelles comme le droit fiscal. À la lumière du droit fiscal, l’éthique serait ainsi à la fois un objet (une science de la morale) et une fonction (l’art de diriger la conduite d’une personne). Elle permettrait non seulement de dégager des principes nouveaux d’appréciation mais également de dresser les lignes de conduite des différents acteurs du droit fiscal (contribuables, administration fiscale, juge, législateur). L’étude de ses différentes manifestations en droit fiscal permet d’examiner comment il réceptionne ce concept d’éthique. Pour ce faire, cet ouvrage collectif comprend une vingtaine de contributions d’enseignants-chercheurs et de praticiens visant à tracer les éléments saillants de cette forme d’éthique. Avec le soutien de l'Université Polytechnique Hauts-de-France, Unité de Recherche CRISS (Valenciennes) ; du Centre de Recherche Juridique Pothier - CRJ Pothier (Orléans) et de l'Observatoire de l'éthique publique (Lille).

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Critique n° 919 : La Saint-Barthélemy ou les assassins sont parmi nous

 Editions de Minuit - Janvier 2024


La Saint-Barthélemy est le nom d’un massacre ancien et d’une hantise tenace. Deux siècles plus tard, elle empêchait toujours Voltaire de dormir dans la nuit du 23 au 24 août. Et nous ? Les guerres civiles ont changé de nature et de forme, mais nombre de leurs ressorts et enchaînements demeurent identiques. Et qui oserait prétendre que les haines religieuses ont disparu ?
D’où la troublante actualité des travaux de Jérémie Foa. Tournant le dos aux interprétations routinières – la faute à la Cour ? la faute à la populace ? –, redonnant visage aux artisans des massacres comme à leurs victimes, multipliant les passerelles entre passé et présent, cet historien nous oblige à revoir (à revivre ?) l’événement dans son inquiétante familiarité.
Dans ce numéro, Critique a souhaité nouer un dialogue entre Pierre Birnbaum, Andrea Frisch, Laurent Jeanpierre et Jérémie Foa lui-même autour de son livre-enquête Tous ceux qui tombent. Visages de la Saint-Barthélemy.

Pierre BIRNBAUM : Les voisins, en 1572

Andrea FRISCH : Le massacre de la Saint-Barthélemy, ou la commémoration oublieuse

ENTRETIEN

Jérémie FOA : « Il ne suffit pas de détester pour tuer »

Pierre VINCLAIR : L’ontologie est une épopée

Michel MURAT : Vertus du malentendu - Thibault LE TEXIER : Le médicament qui a mis à genoux la santé publique américaine

Jean BRESCHAND : Poste restante

Pierre BAYARD : Pour un interventionnisme créatif

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vendredi 5 janvier 2024

Jusqu’à la mort accompagner la vie 2023/4 (N° 155) : De la confiance

 PU de Grenoble - Janvier 2024


Dans le champ du soin et de l'accompagnement, la confiance est une notion essentielle. Elle est au coeur du prendre soin, elle fonde la relation, permet la rencontre et l'échange. Elle mobilise l'espoir d'un engagement mutuel entre le professionnel et le patient, dans un processus d'endettement réciproque. Elle est aussi un ingrédient indispensable au travail en équipe pluridisciplinaire, dans la reconnaissance des compétences de chacun.

Page 5 à 9 : Yvette Chazelle - La confiance, un affect partagé ? | Page 13 à 20 : Véronique Haberey-Knuessi - La confiance, une notion complexe au fondement des soins | Page 21 à 29 : Hélène Chrétien, Aude Pignon, Marie Petit et Carole Durand - La relation de confiance dans les soins à l’épreuve des mutations médicales et sociétales | Page 31 à 40 : Jean-Philippe Pierron - Habiter la confiance ? | Page 41 à 50 : Philippe Svandra - À quel soin se fier ? Faire confiance à la confiance | Page 51 à 60 : Jean-Marc Talpin - La confiance dans la fin de la vie : entre expériences infantiles et cadre légal | Page 61 à 67 : Aloïse Philippe - Accords et désaccords entre confiance et espoir en soins palliatifs | Page 69 à 81 : Olivier Cuartiella - Un cas de confiance | Page 83 à 93 : Pierre Reboul - Une étrange croyance : la confiance | Page 95 à 101 : Christian Peyrard - « Un abus de confiance ? » | Page 103 à 105 : Jacques Dupont - L’accompagnement, une démarche exigeante ou intuitive ? | Page 107 à 111 : Walter Hesbeen - Être en confiance au sein des équipes pluridisciplinaires | Page 113 à 120 : Yvette Chazelle - Pour aller plus loin : bibliographie thématique | Page 123 à 131 : René Schaerer et Françoise Poirier - Compte rendu d’actualités.

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Carlo Bonomi : Le traumatisme en héritage. Aux origines de la psychanalyse

 Amsterdam - Janvier 2024


L’invention de la psychanalyse est le produit d’un traumatisme inavoué et refoulé qui s’est logé au cœur du système de pensée de Freud.
Sa découverte conduit Carlo Bonomi à proposer un récit inédit de la fondation de cette discipline.

Au début de l’année 1895, Sigmund Freud tente de guérir la névrose d’Emma Eckstein en lui faisant subir une opération du nez. Cette opération tourne mal : la patiente se vide de son sang, elle en meurt presque. Longtemps ignoré, cet épisode revêt pourtant un caractère fondamental pour l’histoire de la psychanalyse. Inconsciemment identifiée par Freud à une réitération de la mutilation génitale qu’avait subie Emma Eckstein dans son enfance, l’opération s’est en effet logée au foyer de ses angoisses, faisant écho à la fois à sa propre circoncision, au contexte violemment antisémite de l’époque et à ses conflits avec son père.
Au fil d’une enquête aussi méticuleuse qu’érudite, Carlo Bonomi dévoile la portée décisive qu’a eu cet événement sur la formation du système de pensée freudien et sa transmission. Il montre en effet que si Freud n’a jamais reconnu sa dimension traumatique, c’est bien dans son sillage qu’il a forgé sa méthode d’analyse et le désormais célèbre « complexe de castration ».
La prise en compte de ce traumatisme effacé et, par conséquent, du caractère amputé du legs freudien jette une lumière nouvelle sur l’histoire de la psychanalyse.

Carlo Bonomi est psychanalyste formateur et superviseur de la Société italienne de psychanalyse Sándor Ferenczi, président de l’International Sándor Ferenczi Network (ISFN), co-éditeur en chef du The Wise Baby/Il poppante saggio, et éditeur associé du International Forum of Psychoanalysis.

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Sandra Lucbert : Défaire voir. Littérature et politique

 Amsterdam - Janvier 2024


« Si l’hégémonie nous fige dans son imaginaire, ses signifiants, sa pulsionnalité, l’art, aussi bien que les sciences sociales – quoique très différemment -, peut entreprendre de nous en extirper. Pour peu qu’il s’en donne les moyens : qui passeront par un travail imaginaire et langagier analytiquement informé. Oui, c’est bien l’imagination et la langue qu’il faut travailler, mais dans le sens d’une précision sociale-historique. »

Il paraît que la littérature politique est dans un mauvais cas. On nous dit qu’elle n’a rien de littéraire, ni rien de politique. Rien de politique : elle est affaire de sermon déguisé. Rien de littéraire : toute forme en est la grande absente. Soit elle revendique trop ostentatoirement d’être du côté des opprimés, et elle est édifiante. Soit elle se pique de démontrer mais elle a oublié qu’elle n’était pas une science sociale. Il paraît aussi, heureusement, qu’il y a une troisième voie : éviter toute clarté – les vertus du surcroît et de l’ineffable feront le reste. Éventuellement.
En somme, on ne peut conjoindre forme, pensée et politique. C’est le trilemme de La-littérature-politique. Paralysie complète.
Eh bien non.

Sandra Lucbert est autrice de littérature. Elle a notamment publié Personne ne sort les fusils (Le Seuil, 2019) et Le Ministère des contes publics (Verdier, 2021).

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Amandine Cayol, Bénédicte Bévière-Boyer, Wei Wang , Émilie Gaillard (dir.) : Le transhumanisme à l'ère de la médecine améliorative

 Mare Martin - Janvier 2024


La question du recours aux technosciences pour améliorer, sélectionner et transformer l'être humain est d'une actualité brûlante. Cet ouvrage a pour objectif d'engager des réflexions pluridisciplinaires et internationales sur ces évolutions biologiques et technoscientifiques susceptibles de bouleverser la condition humaine. S'appuyant sur des témoignages de professionnels de santé, cet ouvrage permet de mettre en exergue le glissement de la médecine du thérapeutique vers l'amélioration de l'Homme. Ces témoignages sont le support d'une analyse pluridisciplinaire (droit, anthropologie, philosophie, sociologie, médecine) et internationale (comparaison France-Asie) sur le devenir de l'être humain.

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Jean Claudy Pierre : Souveraineté, guerre et paix. Du Projet de paix perpétuelle de Kant à l’ONU

 L'Harmattan - Janvier 2024


Le droit international moderne a évolué du ius ad bellum au principe du non-recours à l’usage de la force. Ce changement résulte notamment de l’institutionnalisation des relations internationales. Kant est le premier penseur à avoir mis en lumière, non seulement la nécessité, mais aussi la possibilité d’une paix internationale qui soit l’expression de la volonté souveraine des États, tout en étant fondée sur le droit. Toutefois l’institutionnalisation des relations internationales n’est pas une panacée qui pacifierait, soudainement et une fois pour toutes, les rapports de coexistence interétatiques. Elle est de préférence une condition indispensable à la réalisation d’un droit international objectivant la paix.

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Cahiers staëliens 2023, n° 73 : Staël et la philosophie

 Classiques Garnier - Janvier 2024


Johanna Lenne-Cornuez, Charlotte Sabourin

Introduction / Introduction 9

Debora Sicco

Une mauvaise morale dans un mauvais style.
Genlis juge de Staël dans La Femme philosophe /
Bad Morality and Bad Style. Genlis Judge of Staël
in La Femme philosophe 15

Günter Zöller

“To Comprehend the Incomprehensible as Such”.
Staël’s Strategic Reading of Kant and Fichte in Light of
Fichte’s Kantian Self-Interpretation with the First English
Translation of Fichte’s “Aphorisms for Mme de Staël” /
« Comprendre ce qui est incompréhensible comme tel. »
Une lecture stratégique de Kant et Fichte par Staël
à la lumière de l’auto-interprétation kantienne de Fichte
avec la première traduction anglaise des
« Aphorismes pour Mme de Staël » de Fichte 33

Emmanuel Chaput

S’éduquer à travers l’autre. Philosophie du perfectionnement, humanisme et conscience de soi chez G.W.F. Hegel
et Germaine de Staël / Educating Oneself Through the Other.
The Philosophy of Improvement, Humanism, and Self-Consciousness
In G.W.F. Hegel and Germaine de Staël 51

Arthur Krieger

Mme de Staël’s Philosophy of Imagination /
La philosophie de l’imagination de Mme de Staël 778

Aurelian Craiutu

The Dangers of Incredulity.
Rivarol and Necker on Religion and Morality /
Les dangers de l’incrédulité.
Rivarol et Necker à propos de la religion et de la morale 101

Simona Sala

Staël déiste, ou comment accommoder religion et philosophie
au tournant des Lumières / Staël the Deist, or How to Accommodate
Religion and Philosophy at the Turn of the Enlightenment 125

Lucien Jaume

Renoncer à l’absolu ?
Philosophie et politique chez Germaine de Staël /
Renouncing to the Absolute?
Germaine de Staël’s Philosophy and Politics 141

Nastassja Pugliese, Yasmim Pontes

The Reception of Germaine de Staël in 19th Century Brazil.
From “Illustrious Writer” to “Metaphysician” /
La réception de Germaine de Staël dans le Brésil du xixe siècle.
D’« illustre écrivaine » à « métaphysicienne » 159

Adrien Peuple

Germaine de Staël, une philosophie du soin ? /
Germaine de Staël’s Philosophy of Care 177

VARIA

Julien Landel

« Indigène » ou « étranger » ? La nationalité française d’Auguste
de Staël contestée en 1824 / “Native” or “Foreign”?
Auguste de Staël’s French Nationality Challenged in 1824 195

Résumés/Abstracts 211


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jeudi 4 janvier 2024

Julia Annas, Jonathan Barnes : Les modes sceptiques. Textes anciens, lectures contemporaines

 Eliott éditions - Janvier 2024


Quand nous pensons à une action répugnante, avons-nous raison de juger que « cette action est répugnante » ? Plus généralement, quand nos sens ou nos pensées nous présentent que telle chose apparaît ceci ou cela, avons-nous raison de juger que telle chose est ceci ou n'est pas cela ? À ces questions, les sceptiques de l'Antiquité répondent négativement : nous ne devrions pas juger que certaines choses sont ou ne sont pas par nature douces, répugnantes, etc. Nous devrions, au contraire, suspendre notre jugement. L'enjeu de cet essai est d'étudier les dix arguments, appelés aussi « modes d'Énésidème », qui nous y conduisent. Ce livre est une invitation à découvrir la philosophie sceptique en compagnie des Anciens. Les auteurs rendent accessibles les principaux textes qui nous renseignent sur ces modes en proposant un commentaire vivant. Loin d'être un simple exercice d'admiration du passé, les textes sont constamment abordés selon une perspective critique. Cet ouvrage intéressera autant les spécialistes que les personnes désireuses de connaître le scepticisme antique et la philosophie.

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Mondes communs n°9 : Inceste(s). Représenter, juger, suspecter

 PUF - Janvier 2024


Dans cet ouvrage, historiens, anthropologues et praticiens considèrent l’inceste dans un contexte plus large que celui du crime commis par un adulte sur un enfant de sa famille. Abandonnant la rhétorique contemporaine du « silence » et de la transgression du « tabou », les auteurs s’intéressent aux manières de penser, représenter, dire, traiter et juger l’inceste selon les contextes dans lesquels il se pose au philosophe ou au tragédien en Grèce ancienne ; aux juristes, aux juges et aux justiciables dans la France d’Ancien Régime ; aux théologiens, aux médecins, aux anthropologues et aux législateur dans l’Angleterre victorienne ; aux personnes issues d’un même donneur de sperme, aux professionnels de la protection de l’enfance chargés d’évaluer une suspicion d’inceste ou au juge des enfants aujourd’hui. Autant de situations qui suscitent des pratiques, mobilisent des savoir-faire, actualisent des représentations et objectivent des préoccupations situées suivant les fonctions, les statuts et les places occupées par chacun des protagonistes confrontés à l’inceste.

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Pierre Hurteau : Le péché et la garde de la langue. Entre blasphème et culture du bannissement

 L'Harmattan - Janvier 2024

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Le blasphème n’a plus la même portée dans les sociétés modernes où la religion est souvent confinée à la sphère privée mais son étude, dans diverses traditions religieuses, nous apprend qu’il ne se réduit pas à proférer des injures en l’absence de la personne concernée, à savoir le divin.
Ce péché de langue a des dimensions sociales, voire politiques. La sécularisation et la cohabitation souvent ardue des religions amènent un déplacement épistémique du blasphème vers le discours de haine envers les adeptes d’une tradition. Ne pas injurier autrui en raison de ses croyances devient un instrument de cohésion sociale et une manière de cautionner l’autorité politique. Le bon usage de la langue n’est pas que bienséance ou étiquette, il a rapport avec l’impératif moral de respecter l’égale dignité de tout être humain.
Dès le Moyen-Âge chrétien, plusieurs théologiens articulent des principes éthiques autour de ce qu’ils appellent la garde de la langue. Cette éthique langagière nous plonge dans un univers qui dépasse la frontière du blasphème. Leur réflexion et la typologie des péchés de langue qu’ils présentent peuvent nous servir à mettre en lumière les normes à partir desquelles le discours de haine ou la culture du bannissement devraient s’apprécier.

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