samedi 13 janvier 2024

Erik Olin Wright : La classe compte. Capitalisme, genre et conscience de classe

 Amsterdam - Janvier 2024


N’en déplaise à ses contempteurs, la classe est une catégorie indispensable à la compréhension des sociétés humaines.

Longtemps une catégorie d’analyse centrale du monde social, la classe a été marginalisée à partir des années 1980, sur fond de contre-révolution intellectuelle. Elle n’en demeure pas moins incontournable pour comprendre de nombreux phénomènes, des conflits sociaux aux politiques publiques en passant par les trajectoires professionnelles et la vie quotidienne.
Telle est la thèse que démontre Erik Olin Wright dans cet ouvrage, fruit d’une enquête au long cours menée dans une série de sociétés capitalistes. À distance des affirmations grandioses du matérialisme historique orthodoxe sur la « primauté » de la classe, Wright propose une étude méticuleuse et, pour ainsi dire, dépassionnée des différentes structures de classe observables en Occident, des relations qu’y nouent entre la classe et le genre, ainsi que de la manière dont la conscience de classe s’y forme et y produit des effets. Outre qu’elle permet de préciser certains concepts fondamentaux de l’analyse de classe, cette démarche constitue la tentative la plus aboutie à ce jour de bâtir une sociologie marxiste des classes – précisément parce qu’elle ne se limite pas à prêcher les convaincus.

Erik Olin Wright (1947-2019) était professeur de sociologie à l’université du Wisconsin. Il est notamment l’auteur d’Utopies réelles et de Stratégies anticapitalistes pour le XXIe siècle (La Découverte).

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Olivier Le Cour Grandmaison : Racismes d’État, États racistes. Une brève histoire

 Amsterdam - Janvier 2024


« Racismes d’État, xénophobie institutionnelle ou de même nature, discriminations systémiques engendrées par des politiques publiques ou favorisées par l'absence de prise en compte de leur gravité, ce sont là nos objets. »

Depuis un certain nombre d’années, les procès en séparatisme et en communautarisme se sont multipliés. Procès intentés non plus seulement par l’extrême droite, dont on connaît les outrances, mais aussi par des intellectuels respectables et des responsables politiques soi-disant modérés. Le but d’une telle offensive ? Discréditer comme un pur et simple délire la tentative de nommer les discriminations systémiques. Ainsi, le racisme ne pourrait exister dans notre république puisqu’il y est interdit au nom du principe d’égalité qui la fonde ; prétendre le contraire reviendrait à tout confondre, à se vautrer dans l’outrance, à se ranger du côté de ceux qui menacent les institutions.

L’offensive a pris une telle ampleur qu’il fallait y apporter une réponse précise. Contre les amalgames et les caricatures, cet ouvrage propose l’étude de deux concepts – ceux de racisme d’État et d’État raciste – dont il retrace la genèse et définit les strictes conditions d’application. Non, dire qu’une xénophobie d’État s’exerce à l’encontre de certaines populations ne revient pas à comparer la France d’aujourd’hui à l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais, si l’on doit se garder des comparaisons hâtives, on doit aussi examiner, dans leur glaciale variété, les pratiques réelles, passées et présentes, des régimes dits démocratiques, sur le plan intérieur comme à l’étranger. Il en va de l’efficacité du combat contre le racisme et la xénophobie.

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Pratiques, n° 199-200 : Discours animaux, discours sur les animaux

Centre de recherche sur les médiations - Janvier 2024


Dossier dirigé par Sophie Milcent-Lawson

Ce numéro pluridisciplinaire (linguistique, littérature, didactique) entend mettre à l’honneur des corpus émergents appelés à entrer dans le périmètre des textes enseignés et analysés auprès des publics scolaire et universitaire, dans la dynamique du développement des humanités environnementales. Les études ici rassemblées éclairent les enjeux de productions textuelles et iconographiques qui tout à la fois mettent en scène des « discours » animaux et sont porteurs d’un discours sur les animaux, tout en apportant des outils d’analyse novateurs et en illustrant des méthodologies parfois elles-mêmes émergentes. Le dossier comporte vingt contributions. Quatre volets répartissent les articles selon leur dominante linguistique, littéraire et didactique, même si la majorité des travaux présentés croisent ces différentes perspectives.

Le premier volet propose quatre études développant approches théoriques et propositions linguistiques inspirées de la sémiolinguistique, de l’énaction, de l’analyse énonciative de la notion de point de vue et de la sociostylistique. Le deuxième volet analyse quant à lui comment certains discours publicitaires, argumentatifs (issus d’essais comme de fictions) mais aussi iconographiques véhiculent des discours sur les animaux, notamment à travers les thématiques de la chasse et de la corrida ou encore de la souffrance animale, problématisée dans son rapport à l’art. Le troisième volet intitulé « déploiements littéraires et horizons stylistiques » présente un panorama des enjeux et modalités propres aux œuvres littéraires qui prêtent la parole à des animaux et leur imputent des discours, convoquant des corpus du XVIe siècle à l’époque contemporaine. S’y manifeste la très grande variété des formes poétiques et langagières que peuvent revêtir ces discours imaginaires, et s’y esquisse les contours d’une mutation de nos représentations de l’animal. Le quatrième et dernier volet du dossier offre pour finir des propositions didactiques de la maternelle à l’université, illustrant la richesse des corpus mettant en scène des animaux. Dans une perspective d’enseignement, les quatre études de cette section s’attachent aussi bien aux questionnements soulevés par la question animale qu’aux enjeux linguistiques et discursifs que la prise en considération du point de vue des vivants autres qu’humains permettent d’aborder dans les textes.
Cette livraison est complétée par des comptes rendus critiques en lien avec la thématique animale. Elle se clôt par deux articles de varia hors dossier, dont l’un fait écho aux débats revenus dans l’actualité toute récente concernant la nécessité d’une réforme de l’orthographe.





vendredi 12 janvier 2024

Dimitri el Murr : Amitié et psychagogie Les formes de la philia dans le Phèdre de Platon

Société Française de Philosophie - Janvier 2024 Bulletin de la Société Française de Philosophie


Dialogue tout entier consacré à l’amour (erōs), le Phèdre de Platon comprend des enseignements décisifs sur le traitement platonicien de l’amitié (philia). L’un de ces enseignements est qu’en dépit du contexte général du dialogue qui pose la question de l’amitié dans le cadre des relations homoérotiques, Platon, non moins qu’Aristote, distingue des formes, ou types, d’amitié et établit entre elles une hiérarchie au regard de l’excellence (arete). Pour s’en convaincre, il faut commencer par lire le discours sur l’amour (erōtikos) de Lysias (Phèdre, 231a-234c) non comme un document sans intérêt philosophique, mais comme le lieu où Platon expose une conception de la philia qu’il rejette avec force et à laquelle il va opposer un modèle alternatif de relation amicale dans le reste du dialogue. On est ainsi amené à nuancer la division des tâches classiquement admise dans l’histoire de l’éthique ancienne, qui fait de Platon un philosophe exclusivement préoccupé par l’erōs et d’Aristote le premier philosophe à avoir inscrit la philia au cœur de notre vie morale.

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Émilie Hache : De la génération. Enquête sur sa disparition et son remplacement par la production

Empêcheurs de penser rond - Janvier 2024


Les sociétés industrielles, extractivistes et productivistes, ne manifestent aucun souci pour la reproduction de leurs conditions d'existence car elles ont oublié que la perpétuation du monde avait besoin d'être accompagnée par celles et ceux qui le composent. Mais cela a-t-il toujours été le cas ? Et quel rôle les rapports de genre ont-ils joué dans cette histoire ? L'autrice explore les manières de concevoir cette perpétuation dans différentes sociétés pré- et non industrielles, en Grèce antique, en Europe médiévale ou encore dans certaines sociétés matrilinéaires contemporaines. On découvre qu'une importance majeure y est accordée aux pratiques (re)génératives, chargées d'assurer le renouvellement de la société tout entière – travail de subsistance, reproduction des générations, liens avec les invisibles, etc.
L'avènement du christianisme et du nouveau rapport au monde qu'il a institué a tout bouleversé. Le souci de la (re)génération du monde a progressivement été remplacé par l'idée d'un monde créé une fois pour toutes, n'ayant plus besoin d'être perpétué au quotidien – la providence infinie se chargeant de tout. Est-il possible de réinventer des pratiques génératives mettant fin à notre illimitisme, de manière non coercitive et égalitaire ? Tel est l'enjeu central de cette enquête, exigeant d'en finir avec le passé que la société industrielle s'est inventé pour justifier sa course en avant effrénée.
Ce livre apporte une contribution majeure à l'écoféminisme, en retrouvant la question de la génération derrière l'identification des femmes et de la nature dans la modernité.

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Lise Demailly, Frédérique Giuliani, Louis LeVasseur, Christian Maroy (dir.) : Institutions et questions morales contemporaines : continuités, ruptures, enjeux

 PU de Laval - Janvier 2024


En s’appuyant sur différentes recherches empiriques conduites au coeur des institutions, Institutions et questions morales contemporaines : continuités, ruptures, enjeux entend documenter le statut accordé aux valeurs morales, aux idéaux moraux, au sein des institutions publiques dans le contexte d’une modernité avancée.

Cet ouvrage collectif examine la façon dont les questions morales sont en travail dans les institutions qui structurent les grands enjeux sociétaux : l’éducation, la santé, l’écodéveloppement, la justice, la police. La capacité des institutions publiques à définir ce qu’est le bien est souvent traitée dans le débat public de façon sommaire en dénonçant tantôt un crépuscule de la morale sacrifiée sur l’autel de l’individualisme, tantôt le retour d’un ordre moral limitant les libertés. Pourtant, aujourd’hui, la plupart des individus, dans leur travail au sein des institutions, sont souvent aux prises avec des dilemmes moraux. Car les régulations morales n’ont pas disparu des institutions, elles se sont complexifiées, elles ont changé de forme et de contenu. Sur la forme, elles s’expriment moins comme des règles univoques, elles sont plus émotionnelles, plus effervescentes. Sur le fond, les valeurs d’autonomie, d’égale dignité de tous et d’authenticité, remodèlent les rapports entre sujets.

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Simon Lemoine : Responsabiliser pour dominer : aliénation et émancipation par l’aménagement des lieux de vie

 PU de Laval - Janvier 2024


Pour lutter contre l’aliénation, il peut être efficace d’aménager des dispositifs émancipateurs. L’aménagement d’une habitation peut servir de refuge contre les assujettissements usuels et même porter en bonne part une subjectivation heureuse. Le travail manuel lui-même donne du sens aux journées et les remplit, apaise le corps, inscrivant les efforts dans la matérialité.

Cet ouvrage examine les nombreuses responsabilisations qui s’imposent à nous tout au long de notre vie. Sont-elles toujours légitimes ? L’individu est-il par nature un sujet responsable, ou est-il, au contraire, conduit à le devenir ? Comment se fait-il que les responsabilités heureuses des uns se fassent souvent au prix de responsabilités moins heureuses des autres ? Qui décide de quoi ou de qui nous pouvons être responsables ? L’analyse détaillée et documentée des processus de domination par la responsabilisation va permettre à l’auteur d’ouvrir des possibilités théoriques et pratiques inédites de résistance et d’émancipation, notamment par un réaménagement de nos lieux de vie.

Simon Lemoine est chargé de cours et docteur en philosophie de l’Université de Poitiers. Chercheur indépendant, il est professeur certifié de philosophie. Il est l’auteur de quatre ouvrages de philosophie : Aux limites de la résistance, anatomie du sujet dévoué, aux éditions du Croquant (2022) ; Découvrir Bourdieu, aux Éditions Sociales (2020) ; Micro-violences: le régime du pouvoir au quotidien, chez CNRS éditions (2017) et Le sujet dans les dispositifs de pouvoir, aux Presses universitaires de Rennes (2013). Ses recherches, inscrites dans la lignée de Foucault et d’Althusser, s’efforcent de renouveler en profondeur les études sur l'assujettissement et l’émancipation.

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Stéphane Zygart : Vie, activité, handicap : réadaptations et normes médico-sociales

 Editions de la Sorbonne - Septembre 2024



Les invalidités semblent chargées d'une part immuable et de fixité, où se mêlent médecine, assistance et monstruosité. Mais les possibilités ouvertes aux personnes invalides ont été considérablement transformées au début du XXe siècle, par le droit et le travail, à partir de la Première Guerre mondiale.
C'est alors qu’a été affirmée la compatibilité de l’invalidité et de l’exercice d’un travail, alors que, depuis la fin du Moyen Âge, l’invalidité se définissait par l’inaptitude au travail. La notion de handicap est née à partir de cette idée d’un emploi possible des personnes invalides, grâce à leur réadaptation, c’est-à-dire à leur rééducation physique et professionnelle.
Suivre cette histoire permet de comprendre comment, à partir de ce droit au travail, en tant que celui-ci va de pair avec un droit à une assistance inconditionnée, les personnes handicapées ont pu desserrer l’étau de la survie et de l’urgence dans lequel leurs existences avaient été jusque-là prises, en dehors des secours des familles et de la charité.
Les normes médico-sociales de réadaptation sont ainsi exemplaires non pas de la toute-puissance de certains systèmes et de certaines exigences biopolitiques, mais de la fragilité et des limites des normes, en concurrence et traversées de tensions internes.
Comprendre leur histoire, leurs valeurs directrices et leurs articulations permet de mieux comprendre ce qui se joue dans le droit du travail et dans les droits humains pour les personnes handicapées.

Sommaire

Introduction

De l'universalité à la systématicité du handicap

Systématicité normative, usages des normes et historicité

Perspectives sur les normes médico-sociales, les réadaptations et les handicaps.

Faible et monstrueux, pathologique et thérapeutique, intervention et indifférence

Cadre et plan de l'étude

Première partie - Une mise en relation précaire de la médecine et du travail durant la Première Guerre mondiale : les « réadaptations »

Introduction de la première partie

Chapitre 1. La Première Guerre mondiale comme déchirure historique

Un nouveau rapport à l’incapacité de travail

Charité aux pauvres, assistance aux impotents : des structures de longue durée

1914, l’apparition des « infirmes rééducables »

D’une économie de guerre momentanée à ses effets durables et multiples

Remettre au travail, des secours et des mobilisations temporaires

Persistances juridiques, 1919-2005

Les décalages de la médecine

Chapitre 2. La médecine pour le travail : une alliance malaisée

Emballements et hésitations des médecins

La surprise du travail spontané et le brouillage des repères sanitaires

Des désaccords multiples sur les moments et durées des interventions médicales

Le travail rémunérateur comme moteur des rééducations

Le faible développement des rééducations médicales

Capacités de travail et développement différencié des techniques médicales.

Le travail, une possibilité recherchée par les blessés

Vivre pour travailler, travailler pour vivre : morale, économie et autonomie

Les problèmes d’une médecine des capacités en 1914-1918

Thérapie et ergothérapie, corps et actes : une séparation fragile

Médical ou médico-social ? Buts sociaux du soin et connaissances médicales

Fonction, organisme, nature : pourquoi rééduquer à la marche ?

Les précarités assumées de la médecine de rééducation

Une médecine de l’incurable

Une thérapie des actes

Un soin par l’éducation

Les incertitudes des corps volontaires

Les nouvelles définitions médico-sociales de la santé : tendances et modèles

Le médico-social, une matrice commune à toutes les médecines

Les directions antagonistes du médical et du médico-social

Santé, fonctionnel et professionnel, l’unité par le maximum

De la forme du travail à celle de l’incurable : la maladie comme invalidité totale

L’agir comme norme : de la reconnaissance du singulier à son effacement

La convergence de vues entre les rééducations motrices et professionnelles

Recréation libre de soi et retour au travail : indétermination des moyens et des fins

Travailler au maximum avec ce qui reste, quel maximum ?

Chapitre 3. Des interventions médico-professionnelles à leurs destinées médico-sociales

Prudence et force : violence et contre-violence dans les rééducations

Politique, pragmatisme et stratégies discursives des rééducateurs

Rendre puissant : défendre et sacrifier

Une désorientation générale : le mutilé comme ivrogne et enfant

Contrôler des hommes libres

L’enseignement en école, surveiller et organiser

De l’autorité informelle à l’imaginaire collectif

Intermittence des inadaptations, indéfini des adaptations, et procédés de réadaptation

Bricolage et spontanéité de l’imagination, ambiances et émulation

Dynamiques des réactions et réadaptations : la circulation des gueules cassées

L’instauration d’une normalisation sans volonté de contrôle

Médecine, social et médico-social dans les réadaptations

Deuxième partie - De l’entre-deux-guerres aux années 1950 : les conditions multiples d’une nouvelle situation de l’invalidité

Introduction de la deuxième partie

Chapitre 1. Les mutilés après 1918 : le droit et la possibilité d’une nouvelle expérience de l’invalidité

Les blocages systématiques du retour à l’emploi

Un ensemble de refus et de résistances multiples

Liberté et libéralisme : incitation, adaptation, inadaptation

Le droit à réparation de 1919 : loi d’exception et transformations des logiques sociales

Nouvelles lois, nouveaux barèmes : reprises, combinaisons, modifications juridiques

De l’incohérence logique des dispositifs sociaux aux effets pérennes d’une conjoncture

Les incidences des lois : nouveaux possibles, nouveaux discours, nouvelle expérience

L’après-guerre : les difficultés et la position de retrait

des anciens combattants mutilés

Droit au travail et droit à pension : l’ouverture d’un choix et ses conséquences sociopolitiques

Critique des barèmes d’invalidité, énoncés d’une nouvelle quotidienneté des invalidités

Chapitre 2. La tuberculose et la dynamique médico-sociale des réadaptations

La remise au travail des masses comme motif majeur des réadaptations des tuberculeux

Technique de soin, travail et économie : du repos au travail

La cure de travail, justifications et explications d’une technique extrême...

L’activité comme santé : la maladie comme facteur de brouillage supplémentaire

La maladie comme légitimation d’une médicalisation intégrale

Chronicité et contagiosité

L’activité comme frontière réelle entre le mortifère et le soignant

La justification du contrôle des mœurs

Les limites des interventions médicales

Une limite interne : lire l’activité à partir des corps

De l’économie de la santé comme expression des soins au tri médico-social des malades

L’exigence de soin et ses manques : les limites externes des questions médicales

Gouverner les tuberculeux : malades et vivants

La relation comme condition d’acceptation de normes paradoxales

Inciter et contraindre

Chapitre 3. La poliomyélite et la médicalisation des réadaptations

Des soins des poliomyélitiques peu connus, transmis et pratiqués

Technicisation et légitimation des médecines de rééducation : formes et causes

L’organicité des troubles fonctionnels dans la poliomyélite

L’enfance, modélisations médicales et médico-sociales

Des traitements longs (1) : médecine et manières d’être

Des traitements longs (2) : intervenir sur le social au nom des normes médicales

Chapitre 4. Les handicapés civils : éviter la misère, faire autre chose que l’éviter

L’absence quasi complète de dispositifs d’assistance ou de réadaptation

Des mutilés de guerre aux handicapés civils

Conditions de vie et formes d’existence : communauté et personnes

Constantes, pérennisations et limites des changements

dans l’entre-deux-guerres : formes et facteurs

Troisième partie - 1945-2020 : poursuite, transformation ou disparition des réadaptations ?

Introduction de la troisième partie

Chapitre 1. Les modifications réelles mais limitées des dispositifs

Agir sur les inadaptés, dissolution d’un projet ou diffusion des bases du handicap ?

La Sécurité sociale, le cercle politique entre travail et santé, et les freins aux réadaptations

Médecine, médico-social, biopsychosocial : les problèmes des modèles

L’évolution des classifications de la CIH de 1980 à la CIF de 2001

Activités, corps, société : le maintien des difficultés

Droit et handicap : l’affirmation constante des mêmes valeurs

1975-2020, les handicaps sans réadaptation ?

Chapitre 2. Usages des normes et handicaps

Représentations, normes, droit : monstres et handicapés

Paradoxes des évolutions contemporaines des handicaps et usages du droit

Formes de vie et formes d’existence : comment modifier les conditions de l’agir ?

Corrélation et appartenance des évolutions contemporaines aux réadaptations

Réadaptations, politisation des formes activité et handicaps

Particulier et universel, valeurs de la différenciation et possibilité de l’indifférenciation

Conclusion


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Ecole psychanalytique des Hauts-de-France : La psychanalyse : enseignement ou transmission ? Journées d’hommage au travail d’Elie Doumit

 L'Harmattan - Janvier 2024


Enseigner, psychanalyser : deux métiers impossibles pour Freud qui n’eut de cesse de les exercer.

Elie Doumit, philosophe, logicien et psychanalyste, œuvra de même. Se partageant entre enseignement universitaire, pratique d’analyste et tenue d’un séminaire de psychanalyse, à partir duquel il fit école, offrant à publications (Lacan ou le pas de Freud, Le Réel en psychanalyse, Espace et temps en psychanalyse, Miettes psychanalytiques, aux éditions EME).

Ont contribué à cet ouvrage : Mélody Bonny, psychologue. Jean-Louis Chassaing, psychiatre, psychanalyste. Christian Fierens, psychiatre, psychanalyste. Denis Grilliat, psychologue, psychanalyste. Nadia Jamaï, psychologue, psychanalyste. Ichrak Laoud, psychologue, psychanalyste. Wilfrid Magnier, psychanalyste. Pierre Marchal, psychanalyste. Jean-Pierre Meaux, psychiatre, psychanalyste. Jean-Marie Samocki, enseignant agrégé. Marc Vincent, psychiatre, psychanalyste. Guy Voisin, psychanalyste.

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jeudi 11 janvier 2024

Daniel Milo : La survie des médiocres/ Critique du darwinisme et du capitalisme

 Gallimard - Janvier 2024


Darwin a très souvent raison. Mais quand il a tort, ses erreurs sont lourdes de conséquences, tant pour la science que pour la société, parce qu'il est le lecteur attitré du Livre de la Nature. Daniel S. Milo, un historien essayiste qui travaille avec des biologistes depuis quinze ans, fonde cette critique sur leurs propres découvertes. Il part de l'air de famille existant entre la "sélection naturelle" de Darwin et la "main invisible" d'Adam Smith. La nature sait ce qu'elle fait ; le marché a toujours raison. Si les non-humains sont condamnés à innover et à exceller parce que telle est la loi de l'évolution, les humains n'ont pas davantage le droit de s'endormir sur leurs lauriers. L'homologie entre la nature et le marché vient, pour l'auteur, du "péché originel" de Darwin : il a conçu la sélection naturelle à l'image de la domestication. De là est née l'alliance objective entre le néodarwinisme et le néocapitalisme, les deux modèles se renforçant l'un l'autre. Rien n'est pourtant plus dissemblable que le fonctionnement de la nature et celui de la ferme. L'optimisation est la règle et la raison d'être de la sélection artificielle, mais dans la nature les passables et les médiocres ont aussi leurs chances de survivre et de se multiplier. La compétition n'y est qu'une forme de sociabilité parmi d'autres. Il y a, dans le monde des humains comme dans le monde des non-humains, de la place, une place presque illimitée, pour le faible comme pour le plus fort, pour l'ennuyeux comme pour le plus brillant, pour l'oisif comme pour le besogneux. Si nous saluons la sagesse de la nature, nous devons reconnaître que la tolérance à la médiocrité est un aspect constitutif de son génie. Soyons donc ses dignes disciples !

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Guillaume Postel : Le Livre de la Concorde entre le Coran et les Évangélistes (1543)

 Droz - Janvier 2024


Dans l’œuvre aussi diverse que déconcertante de Guillaume Postel, infatigable savant, penseur illuminé dont les historiens des religions, des langues, des voyages et même du genre se servent pour mesurer toutes les audaces de la Renaissance, le Livre de la concorde entre le Coran et les Évangélistes est l’une des pièces les plus curieuses. Le parallèle en vingt-huit axiomes qu’il dresse entre l’islam et le protestantisme, afin d’avertir les chrétiens des calamités qui les menacent, forme un précieux document sur la controverse confessionnelle vers le milieu du XVIe siècle. Il nous renseigne sur ce qu'on sait de la religion musulmane alors que l’humanisme français est dans la fleur de l’âge. Il nous frappe par une certaine qualité d’indignation et nous touche par les maladresses même de son opportunisme. Souvent à contre-temps, quoique entièrement conçu pour être de son temps, le livre de Postel s’élève sur le fond d’une pensée qui, elle, est en avance d’un temps et qui n’arrive pas à le dissimuler.

AVERTISSEMENTS ET REMERCIEMENTS

INTRODUCTION

La formation d’un humaniste

Les acquis du voyage en Orient

Une pensée déjà ferme

Revers de fortune et premières expériences mystiques

Une difficile publication

Un brevet de piété nécessaire

Un savoir sur l’islam peu visible

Les beautés de la maladresse

L’islam dans le débat des catholiques et des protestants

De notables inflexions : arrêt sur la Panthenôsia

La fin des temps et ses calculs

L’éloquence de Postel

PRINCIPES D’ÉDITION

LE LIVRE DE LA CONCORDE ENTRE LE CORAN ET LES ÉVANGÉLISTES

BIBLIOGRAPHIE DES TEXTES CITÉS

INDEX DES NOMS DE PERSONNES

INDEX VERBORUM MEMORABILIUM


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Michel Termolle (éd.) : Émile ou de l’éducation dans la presse périodique européenne de 1762

 Classiques Garnier - Janvier 2024


Mai 1762, Émile ou de l’éducation est publié. Sans tarder, journalistes et nouvellistes s’occupent de l’ouvrage de Jean-Jacques Rousseau. Ce recueil de 156 articles montre la place centrale d’Émile dans la vie des idées en 1762 et le rôle de la presse périodique dans la diffusion de celles-ci en Europe.


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Le Journal des psychologues 2024/1 (N° 408) : Le diagnostic et la clinique du sujet

 Martin Média - Janvier 2924


Page 3 : Patrick Conrath et Maria Ouazzani - Le diagnostic en questions | Page 6 à 10 : Thibaud de la Guerrande - Est-il recevable d’être « luddite » en matière de santé mentale ? | Page 18 à 19 : Olivier Douville - Présentation | Page 20 à 24 : Patrick Landman - Le diagnostic en psychiatrie peut-il être éthique ? | Page 25 à 31 : Catherine Saladin et Bernard Golse - La psychopathologie de l’enfant et les questions actuelles | Page 32 à 37 : Michel Lecarpentier - Diagnostic, thérapeutique active et psychothérapie institutionnelle | Page 38 à 41 : Gérard Delacour - De l’actuelle notion de diagnostic | Page 42 à 44 : Hélène Hessel - Une psychiatrie sans diagnostic ? | Page 45 à 50 : Alexandre Ledrait, Anna Cognet et Céline Masson - Le surdiagnostic au risque de la négation du symptôme | Page 51 à 52 : Bibliographie | Page 53 à 58 : Isabelle Basset, Barbara Eliask et Garance Debergue - L’expérience d’une résidence d’artistes en institution | Page 59 à 64 : Ingrid Lacaze, Estelle Fargetas et Julie Artero - Je(ux) de parole et je(ux) libre | Page 65 à 69 : Cassandre Petit et Maha Najdini - Résurgence du souvenir traumatique de guerre chez la personne âgée | Page 70 : Claude Lemoine - Variations du rapport au travail | Page 71 à 75 : Miléna Mathieu et Romuald Jean-Dit-Pannel - Malléabilité du cadre du psychologue et désinstitutionnalisation | Page 76 à 81 : Benoît Schneider - Le futur des psychologues : allonger la formation ?.

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Jean-René Roy : Lettres de Bételgeuse. À l’adresse de quelques savants du passé

 Liber - Mars 2024


Comment connaît-on ? Comment sait-on ? Pourquoi cherche-t-on ? Pour reconstituer la naissance de la pensée scientifique et son évolution et désireux de comprendre comment l’humain était parvenu à appréhender la place que nous occupions dans cet univers démesuré, un mystérieux interlocuteur entreprend une démarche audacieuse : s’adresser à des personnes du passé par le moyen d’une correspondance, brisant ainsi le mur du temps. Ces échanges révèlent à la fois les balbutiements, les hésitations, les reculs et les bonds dans la compréhension du monde qui nous entoure. Les intuitions initiales, exprimées d’abord par les mythes, se transforment irréversiblement en remarquables avancées du savoir.
Lettres de Bételgeuse est une ode généreuse aux hommes et aux femmes qui ont créé la connaissance du monde par la science et la philosophie.

Sommaire

Avant propos • Lettre à Denny de l’Altaï • Lettre à Napir-Asu d’Élam • Lettre à Anaximandre de Milet • Lettre à Hypatie d’Alexandrie • Lettre à Abū Rayḥān Bīrūnī • Lettre à Guillaume d’Occam • Lettre à Nicolas Coppernic • Lettre à Johannes Kepler • Lettre à Christiaan Huygens • Lettre à Antonie van Leeuwenhoek • Lettre à Elizabetha Hevelius • Lettre à Émilie du Châtelet • Lettre à Antoine Lavoisier • L’incommensurable et l’insondable • Note de l’auteur et remerciements • Bibliographie • Index

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mercredi 10 janvier 2024

Revue de philosophie économique 2023/2 (Vol. 24) : varia

 Vrin - Janvier 2024


Page 3 à 36 : Thierry Pouch - Johann Gottlieb. Fichte lecteur de notre mondialisation. Une critique radicale de l’échange international | Page 37 à 61 : Rémy Herrera - Les transformations de la pensée de Marx sur la colonisation | Page 63 à 91 : Christian Robitaille - La question de la connaissance a priori en sciences sociales : les points de vue de Simiand, Mises et Simmel | Page 93 à 127 : Ricardo Crespo - The Four Analytic Levels of Social Sciences | Page 129 à 162 : Grégory Ponthière - Vie brève, dommage et bien-être économique. Jalons pour une étude de la rareté du temps de vie. | Page 163 à 187 : Åsbjørn Melkevik - A Theory of Marginal Ethics | Page 189 à 211 : Paul Rateau - Le Dieu de Leibniz et l’entrepreneur capitaliste | Page 213 à 236 : Robert Boyer - Une « grande » théorie est-elle encore possible ? | Page 237 à 245 : Ghislain Deslandes - Innovations – une enquête philosophique, Thierry Ménissier | Page 247 à 268 : Laurence Kaufmann - Processus sociaux et types d’interaction, Pierre Livet et Bernard Conein.

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Revue européenne des sciences sociales 2024/2 (n° 61-2) : Vilfredo Pareto (1848-1923). Dix études à l'occasion d'un centenaire

 Droz - Janvier 2024


Page 11 à 13 : Massimo Borlandi et Pascal Bridel - Présentation | Page 15 à 36 : Fiorenzo Mornati - Pareto et le socialisme | Page 37 à 54 : Irène Berthonnet - Les destins croisés du maximum d’ophélimité et du maximum d’utilité chez Pareto | Page 55 à 78 : Giorgio Baruchello - ‪Pareto and Jung: A conjunction of opposites‪ | Page 79 à 99 : Massimo Borlandi - Pareto et Durkheim  : contre, tout contre  ? | Page 101 à 133 : Claire Baldin et Ludovic Ragni - L’éclectisme méthodologique de Pareto | Page 135 à 159 : Thomas Kroll - ‪The German Paretos‪ | Page 161 à 177 : François Allisson - Leonid Naumovich Yurovsky et sa lecture « soviétique » de Pareto | Page 179 à 205 : Natasha Piano - ‪Squaring the Circle: Pareto at Harvard, 1930-1950‪ | Page 207 à 234 : Michael McLure et Riko Stevens - ‪The speculator and equilibrium: Pareto and Pigou‪ | Page 235 à 256 : Pascal Bridel - Pourquoi le « marchandage » parétien a-t-il été oublié au profit exclusif du « tâtonnement » walrassien ?.

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Chrystel Delaigue : De la question du mal. Lecture jungienne

Librairie d'Otrante - Novembre 2023


Tâche impérieuse et urgente s’il en est, la problématique du mal n’est pas moins criante aujourd’hui qu’elle le fut durant les heures sombres de l’histoire, en particulier au 20e siècle. Elle ne saurait en effet épargner tout penseur d’une réflexion sur les écueils et les affres subis et produits par la psyché occidentale, depuis l’avènement d’une pensée technico-scientifique jusqu’à un capitalisme tout puissant.
Carl Gustav Jung, psychologue des profondeurs, s’y attela. Malgré la teneur ponctuellement pessimiste de ses propos, il ne sombra pas dans le défaitisme. Pourtant, il montra combien sous des expressions parfois dérobées, cette exigence d’une confrontation avec le mal rend plus ardu mais plus décisif encore, le processus d’individuation.
Car, tout l’enjeu est là. La voie de l’individuation est-elle encore possible ? Si la grille de lecture qu’il nous fournit offre des clés de compréhension des périls que nos sociétés courent, elle propose également un précieux éclairage. Certes, le cheminement de la psyché suppose la rencontre du mal, mais il peut prendre les voies les plus terribles. A contrario, il devient un devoir héroïque dès lors qu’il permet la rencontre véritable avec l’Autre ; finalement avec l’univers tout entier.

Chrystel Delaigue est docteure en philosophie, ethnologue, auteure et conférencière et a déjà consacré plusieurs ouvrages et articles à la psychologie jungienne.

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Vivien Garcia : Que faire de l’intelligence artificielle ? Petite histoire critique de la raison artificielle

 Bibliothèque Rivages - Janvier 2024


L’intelligence artificielle a actuellement le vent en poupe. Elle suscite les enthousiasmes les plus fous et les craintes les plus s ombres. Elle ravive au passage de vieilles histoires de machines esclaves ou d’entités surhumaines se dressant contre leur créateur. La question « Que faire de l’intelligence artificielle ? » s’est donc installée sans qu’on ait bien eu le temps de saisir ce dont i l s’agissait. Malgré les effets d’annonce, le projet de l’IA ne date pourtant pas d’hier. Cet ouvrage revient sur son émergence et sur ses évolutions jusqu’à nos jours. Il se penche encore sur ses principales approches et certaines des réalisations qu’elles ont en gendrées. Pour défaire cet imbroglio, il refuse de s’en tenir au seul discours technique et entend faire dialoguer ses concepts-clés (algorithme, réseaux de neurones, systèmes experts, modèles de fondation…) avec la philosophie.

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