jeudi 1 octobre 2026

Alexandre Chèvremont, Muriel Joubert, Denis Le Touzé (dir.) : Écouter, écrire la résonance Tome 2

 PU Septentrion - Octobre 2026


À la croisée théorique de l'écologie sonore, de la phénoménologie et de la sociologie politique, la résonance est ici confrontée à des gestes qui n’en finissent pas de confronter sa temporalité à la constitution d’un espace.
Ce volume continue à explorer les différentes dimensions de la résonance, comme geste à la fois compositionnel et d'écoute, qui appelle un éclaircissement quant au rapport au monde qu’elle induit. À la croisée théorique de l’écologie sonore, de la phénoménologie et de la sociologie politique, la résonance est ici associée à des gestes qui n’en finissent pas de confronter sa temporalité à la constitution d’un espace. Amplification, instauration, feedback et retentissement offrent des prolongements ou des contrepoids à sa présence obsédante et singulière, qui s’inscrit toujours dans une relation – technique, interpersonnelle, cosmique ou ontologique.

Alexandre Chèvremont est professeur d’esthétique et de philosophie de l’art au département Arts de l’université de Lille (faculté des Humanités), membre du CEAC (Centre d’Etude des Arts Contemporains). Il a publié aux Presses du réel en 2024 Donner lieu au son.
Denis Le Touzé est Maître de Conférences à l’Université Lumière-Lyon 2 et membre de l’Unité de recherche Passage – Arts et Littératures XX-XXI. Il poursuit des recherches dans les domaines de l’écriture et de l’analyse musicale.Titulaire d'une Habilitation à diriger des recherches (HDR)
Muriel Joubert est Maîtresse de conférences au Département de Musique et musicologie de l'Université Lyon 2 et membre de Passages – Arts et litt XX-XXI. Passionnée par la dimension de l'espace des profondeurs dans la musique, elle s'intéresse également aux relations entre les arts.

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Critique n°947, Automne 2026 : Cosmopolitiques

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Dossier coordonné par Germana Berlantini et Davide Gallo Lassere

Comment faire monde sans réduire la pluralité des mondes ?
Longtemps associée à l’idéal d’une humanité réunie par-delà les frontières, la cosmopolitique connaît aujourd’hui de profondes transformations. À l’heure des guerres entre grandes puissances, des bouleversements écologiques et de l’intensification des logiques extractivistes, elle désigne aussi la recherche de formes de coexistence capables d’accueillir des différences irréductibles : entre humains, mais également entre humains et non-humains, savoirs scientifiques et savoirs vernaculaires, cosmologies et manières d’habiter la Terre. De la philosophie à l’anthropologie, de la pensée écologique aux luttes autochtones, ce déplacement ouvre un nouvel espace théorique et politique, en pleine effervescence.
Ce numéro explore les multiples vies d’une notion devenue cruciale pour comprendre comment habiter ensemble un monde qui ne sera jamais un seul monde.

Sommaire 

Jamila Pinheiro Dias : « Reforester le temps » avec Ailton Krenak
Patrice Maniglier : « Faire revenir la politique sur Terre »
Julien Pallotta : « Une internationale cosmopolitique est-elle possible ? »
Sarah Vanuxem : « Des communs sans communisme »
Jeanne Etelain : « Les êtres-Terre. Un cosmopolitisme de la divergence »
Pierre Sauvêtre : « Géopolitique de la lutte des mondes »
Sophie Gosselin : « Contre-récits de l’Anthropocène »
Entretien avec Isabelle Stengers : « Les cosmopolitiques demandent que les décisions politiques se prennent en présence de leurs victimes »
Entretien avec Étienne Balibar : « Il faut faire dérailler « la locomotive de l'histoire »»
Entretien avec Philippe Descola : « Il est impossible de transformer le système capitaliste sans s’attaquer en même temps à ses soubassements ontologiques »

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Gilles Deleuze : Sur Foucault. I. Les formes du savoir. Cours octobre-décembre 1985

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Édition établie par David Lapoujade

Lors de l’année universitaire 1985-1986, Gilles Deleuze décide de rendre hommage à la pensée de Michel Foucault, disparu en 1984, dont il fut longtemps proche et dont l’œuvre constitue à ses yeux « la plus grande philosophie moderne ». Ce cours est un témoignage vivant de l’admiration qu’il lui portait.
Ce volume aborde principalement la question du Savoir à travers l’analyse de ce que Foucault nomme « archéologie ». En quel sens les histoires de Foucault (histoire de la folie, de la clinique, de la sexualité...) sont-elles différentes de celles des historiens ? Deleuze dégage les deux conditions du Savoir chez Foucault : d’un côté, le grand tableau des visibilités ; de l’autre, le vaste tissu des énoncés.
Qu’est-ce qu’une époque fait voir ? Qu’est-ce qu’elle peut énoncer ? Ces deux questions permettent à Deleuze de confronter la pensée de Foucault à la phénoménologie, au structuralisme et à la linguistique dont elle se démarque singulièrement, mais sont aussi l’occasion pour Deleuze de revenir sur des thèmes et des auteurs qui lui sont chers : le masochisme, les multiplicités, la jalousie, Faulkner, Tchekhov, à côté de Raymond Roussel, Magritte ou Blanchot.
Si voir et parler, ces deux dimensions irréductibles l’une à l’autre, s’entrelacent pour constituer les strates du Savoir, ne faut-il pas introduire, pour l’expliquer, quelque chose d’une tout autre nature, un élément « non-stratifié » : les foyers de Pouvoir, deuxième axe de la pensée de Foucault ?

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Georges Didi-Huberman : Formes d'émois, questions d'éthique

 Editions de Minuit - Octobre 2026


Après avoir exploré différentes manières dont les affects peuvent nous égarer dans leurs brouillards ou, à l'inverse, nous enfermer dans leurs fabriques contraignantes d'émotions rivales, il restait à s'engager dans le territoire des gestes instaurant une relation affective plus juste : ni affolés d'eux-mêmes, ni hostiles envers autrui. On découvre alors qu'un émoi ayant inventé puis assumé sa forme parvient à « sortir de son moi », c'est-à-dire à s'ouvrir un destin éthique.
Donner forme à ses affects, donc : pour les engager dans un rapport à l'autre. C'est déjà ce que fait un enfant lorsqu'il entrelace quelques spirales en nous appelant à y voir un certain état du cosmos. C'est ce que fait un historien de l'art (Aby Warburg) en montrant comment les « formes du pathos » sont d'abord des formations migratoires qui traversent toutes les frontières de l'identité. C'est ce que fait un psychanalyste (Wilfred Bion) à l'écoute des « turbulences émotionnelles » d'autrui. Ou un musicien (Jean-Philippe Rameau) quand il introduit ce demi-ton inattendu qui fait tout basculer. Ou un peintre (Francisco Goya) lorsqu'il parvient à « commouvoir l'air » d'un espace apparemment vide. C'est ce que fait un écrivain (Georges Perec) quand il bouleverse - à tous les sens du mot - son écriture en faisant émotion d'une simple « motion du e ».
À partir de ces exemples et de quelques autres, il devient possible de revisiter quelques grandes leçons philosophiques - Nietzsche, Benjamin... - sur la dialectique de l'affect et de la distance. Cette leçon est esthétique, puisqu'elle dépend des formes. Mais elle engage aussi notre tact envers autrui là même nous sommes touchés, prolongeant toute réponse émotionnelle vers ce geste de responsabilité dont Emmanuel Levinas a pu faire le coeur de toute éthique.

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mercredi 30 septembre 2026

Pierre Musso (dir.) : Henri Saint-Simon (1760-1825), le fondateur des fondateurs

 Hermann - Septembre 2026


L’œuvre du philosophe Saint-Simon se situe à la source des idéologies des XIXe et XXe siècles : socialismes, libéralismes, républicanisme, saint-simonisme, positivismes, technocratisme, etc. Le seul « isme » que l’auteur a créé et défendu est celui d’industrialisme.
Cet ouvrage, issu du colloque du Bicentenaire de la mort de Saint-Simon tenu sous la direction de Pierre Musso, montre la richesse et la cohérence de cette œuvre majeure. Elle a ouvert tous les possibles.
Trop longtemps perçue comme un ensemble de brochures ou de textes inachevés, cette œuvre demeure une mine d’idées neuves, y compris deux siècles plus tard. C’est ce que souhaitait Saint-Simon lui-même qui s’est qualifié de « novateur ». Parce qu’il ne cessa d’inventer, de créer et de produire des idées et des concepts, il a pu devenir le « fondateur des fondateurs ».
Cet ouvrage permet aussi de revisiter les liens du saint-simonisme et du positivisme nés de Saint-Simon. Il est divisé en deux parties : la première porte sur l’œuvre de Saint-Simon, la seconde sur ces proches héritiers, Auguste Comte et les saint-simoniens.

Pierre Musso est philosophe de formation, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes 2 et à Télécom ParisTech. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’imaginaire des techniques, des réseaux et de l’industrie ainsi que sur Saint-Simon et le saint-simonisme.

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Aïda N'Diaye : La honte. Quand le regard de l'autre nous façonne

 Autrement - Septembre 2026


La honte est une émotion singulière. Elle est partout - dans nos corps, nos silences, nos imaginaires, nos relations. Que savons-nous vraiment de ce sentiment qui nous écrase et nous constitue ? De ce qui le produit et l'entretient ? De Cyrano de Bergerac au procès Pelicot, de Sartre, Ernaux et Guibert à bell hooks et La Lettre écarlate, ce livre propose une traversée philosophique, littéraire et intime de l'une des émotions les plus universelles et les moins comprises. Il montre comment la honte naît du regard des autres, circule des coupables vers les victimes, mais dévoile aussi les ressources insoupçonnées qu'elle recèle. Tissant théorie et expérience vécue, Aïda N'Diaye ne propose pas de guérir de la honte mais d'apprendre à vivre avec cette marque qui nous définit.

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Jérôme Bastianelli : Et soudain, la musique

 Actes Sud - Septembre 2026


Pourquoi la musique exerce-t-elle sur nous un pouvoir si particulier ? Pourquoi certaines œuvres semblent-elles toucher quelque chose de plus profond que la simple émotion esthétique ?
À travers une réflexion nourrie d’histoire de la musique, de philosophie et d’expériences personnelles, Jérôme Bastianelli explore ce mystère ancien : le lien entre musique et transcendance. Depuis l’Antiquité, penseurs et musiciens ont pressenti que la musique agit directement sur l’âme. Platon s’en méfiait, saint Augustin s’en inquiétait, tandis que d’autres y ont vu une voie d’élévation intérieure.

Ancien élève de l’École polytechnique, Jérôme Bastianelli a travaillé le piano, le violon, l’harmonie et le contrepoint. Depuis 2000, il est critique musical au magazine Diapason. Il est l’auteur, pour les éditions Actes Sud, de biographies de Félix Mendelssohn, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Georges Bizet. Il a participé à Tout Mozart. Encyclopédie de A à Z (Robert Laffont). Il est l'auteur d'un roman, La Vraie Vie de Vinteuil (Grasset, 2019). Il occupe actuellement les fonctions de directeur général délégué au musée du quai Branly - Jacques Chirac, à Paris.

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Giorgio Passerone, Saverio Ansaldi : Leopardi, un intempestif

 Kimé - Octobre 2026


Tout au long de son oeuvre Giacomo Leopardi n'a eu de cesse de s'interroger sur les principes et les effets éthico-politiques d'un matérialisme radical - un matérialisme s'opposant à tout platonisme et à toute forme de philosophie défendant une raison abstraite et géométrique - contraire à la nature. Nous défendons ici la thèse de la continuité de ce matérialisme léopardien, allant du Zibaldone jusqu'aux Petites ?uvres Morales, en passant par la vertigineuse puissance amoureuse des Chants, comme condition de possibilité d'une philosophie de l'action éthique, politique et poétique, dans laquelle le singulier ne peut se comprendre que dans l'horizon collectif d'une nature-culture indivisibles (imagination, raison, passions, corps). La singularité-Leopardi est-elle aussi l'indice d'une multiplicité qui résonne beaucoup plus avec d'autres singularités, Machiavel, Giordano Bruno, Spinoza, Hölderlin, Nietzsche. On propose ainsi une traversée de la vie et de l'oeuvre de Leopardi qui ne se veut pas exhaustive mais qui insiste sur l'une de ses lignes de « tension », indispensable pour « construire » une éthique matérialiste de la puissance humaine. Leopardi devient par là un dispositif de pensée permettant de tracer les linéaments d'une pragmatique littéraire qui vise en permanence à créer les possibilités d'une vie nouvelle, dans le sillage, déterminant pour la compréhension de la culture italienne, de l'oeuvre dantesque?: la parole au service de la vie et la connaissance comme cause de la « vertu ».

Saverio ANSALDI est Maître de Conférences HDR à l'Université de Reims-Champagne Ardenne. Il est l'auteur de nombreuses publications sur la philosophie de la Renaissance et de l'âge classique. Giorgio PASSERONS est professeur émérite de Civilisation et Littérature italienne à l'Université de Lille III. Ses travaux portent sur l'ceuvre de Dante et de Pasolini. II a également collaboré avec le cinéaste Jean-Marie Straub.

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lundi 28 septembre 2026

Bernard Vouilloux (dir.) : Gaëtan Picon. Une pensée de la création

Sorbonne Université Presses - Octobre 2026


L’œuvre de Gaëtan Picon, l’exact contemporain de Roland Barthes, a marqué des générations de lecteurs. Philosophe de formation, critique et écrivain hors pair, il fut aussi bien l’auteur d’essais sur Balzac, Proust, Bernanos ou Malraux que d’ouvrages consacrés à Ingres, Dubuffet, Picasso ou Miró.
Penseur de la culture et des arts visuels, il a su mettre ses vues en pratique en acceptant le poste de directeur général des Arts et des Lettres au ministère des Affaires culturelles d’André Malraux, puis en sollicitant des auteurs venus d’horizons très divers pour la célèbre collection « Les sentiers de la création » des éditions Albert Skira, qui publia notamment Claude Lévi-Strauss, Roger Caillois, Jacques Prévert, Francis Bacon et Henri Michaux.
Pour saisir la cohérence et la multiplicité de l’œuvre de Picon, cet ouvrage collectif l'aborde à travers la notion de création, centrale dans sa pensée. Il est complété par des lettres de Jean Starobinski, J. M. G. Le Clézio, Jean Dubuffet et André Masson, des textes inédits ainsi que des témoignages, en particulier de Daniel Cordier et Roland Barthes.

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Alexandre de Vitry : Seul contre tous. Histoire de l'individualisme littéraire

 Gallimard - Octobre 2026


Tel qu'on se le figure depuis au moins deux cents ans, l'écrivain est une espèce de super-individu : il vit à l'écart du troupeau, souverain en sa royale solitude, et jette, plume à la main, un regard plein de dédain sur le reste de l'humanité. À n'en pas douter, la littérature a été et demeure le lieu où se déploie le plus vivement une tension fondamentale propre à la démocratie, partagée entre l'affirmation de la singularité de chacun et la reconnaissance de l'égalité de toutes et tous. Au croisement des études littéraires et de la pensée politique, cette enquête interroge précisément l'individualisme littéraire tel un miroir grossissant ou un passage aux aveux des contradictions qui habitent notre modernité. Construite en zigzag, cette coupe révélatrice dans l'histoire des lettres nous conduit de Maurice Barrès et André Gide à Jean-Jacques Rousseau, de Charles Baudelaire, Stendhal et Simone de Beauvoir à Philippe Sollers ou Guillaume Dustan. À l'âge du développement personnel et des réseaux sociaux, tandis que chacun est invité à "se réaliser" pleinement, à parvenir à la "meilleure version de lui-même", elle met en lumière les vertiges d'un individualisme exacerbé.

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dimanche 27 septembre 2026

Paul Rateau, Mélanie Zappulla (dir.) : L'Attention et la Distraction à l'époque moderne

 Classiques Garnier - Octobre 2026


Les rapports entre attention et distraction ont été pensés à l'époque moderne d'un point de vue métaphysique et épistémique (dans la recherche de la vérité), autant que moral et spirituel (au regard du divertissement et de la discipline de l'esprit). L'attention se conquiert par un effort, contre tout ce qui nous perturbe et nous disperse. Elle n'exclut pas pour autant la distraction ni ne la disqualifie entièrement. Quoique celle-ci soit souvent envisagée comme une privation d'attention, les auteurs modernes y ont vu une composante inhérente à la vie psychique, qui non seulement contribue à l'exercice intellectuel, mais y est encore intrinsèquement liée, si pour être attentif à un objet il faut se distraire de tous les autres.

Mélanie Zappulla est une ancienne élève de l'ENS de Paris, professeure agrégée et docteure en philosophie. Elle a codirigé Le Progrès des connaissances et la conduite de la vie (XVIIe-XVIIIe siècles) (Paris, 2024). Elle a publié L'Imitation d'autrui et l'Invention de soi. Le concept d'ingenium chez Spinoza (Paris, 2025) et plusieurs articles dans Les Études philosophiques.
Paul Rateau est maître de conférences habilité à diriger des recherches en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié Leibniz et le meilleur des mondes possibles (Paris, 2015), Leibniz on the Problem of Evil (Oxford, 2019), Spinoza : Une pensée par-delà bien et mal ? (Paris, 2025) et Ordre et défiguration : Malebranche et la raison du mal (Paris, 2026).

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Isée Bernateau, Laurence Kahn (dir.) : La vérité de l'histoire

PUF - Juin 2026


À l’ère de la « post-vérité », alors que les vérités « alternatives » auraient le pouvoir de faire disparaître jusqu’aux réalités factuelles les plus tangibles de l’Histoire en en faisant des « histoires », cela a-t-il encore un sens de chercher la vérité de l’histoire ?
Quelle place pour la psychanalyse dans un tel débat ? « Je suis en butte à une telle hostilité et je vis dans un tel isolement qu’on dirait que j’ai découvert les plus grandes vérités », confessait Freud à Fliess. De quelle vérité la psychanalyse se saisit-elle ? Celle de la petite, celle de la grande Histoire ou celle des liens complexes qui les enserrent l’une dans l’autre ? Que doit-on s’attendre à rencontrer quand on cherche sa vérité ? Dans quelle histoire se cache-t-elle ?
Ce livre montre comment l’inconscient – qui ne connait pourtant ni le temps ni la contradiction – redonne à l’histoire et à la vérité leurs lettres de noblesse, qu’elles soient minuscules ou majuscules.

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Elie During : L'image-volume. Scènes de la vie augmentée

 Editions MF - Octobre 2026


Ces “Scènes de la vie augmentée” entretiennent un rapport oblique au genre littéraire des “scènes de la vie future”. Il ne s'agit pas tant ici d'humanité augmentée (exosquelettes, interfaces hommes-machines, environnements interactifs, casques de réalité virtuelle, dispositifs immersifs et autres prothèses numériques), que de l'augmentation de réalité que constitue en soi l'existence des images, envisagées dans leur fonction d'interface faisant communiquer des corps et des milieux. Une image vivante est comme un “amplificateur psychique”, disait Bachelard. Encore faut-il la rapporter aux dispositifs matériels qui la mettent en mouvement. Aplaties sur des écrans, des enveloppes ou des façades, les images ont leur manière propre de s'animer. Pourvu qu'elles aient des bords, elles peuvent suggérer leur déploiement en volume, dans un espace virtuel. En projection axonométrique, en perspective cavalière sans horizon ni point de fuite, elles font entrevoir une profondeur ambiguë et flottante. Enfin les transformations dimensionnelles de l'image maquettisée ou diagramatisée préfigurent l'expérience que nous pouvons faire des formats spatio-temporels de l'architecture contemporaine ou des atmosphères de la grande métropole. Ce livre montre de quelle manière tous ces processus participent à une augmentation et un allégement de la vie même. Une vingtaine de scènes, distribuées en quatre grandes parties (I. Écrans, II. Maquettes, III. Formes urbaines, IV. Corps augmentés), décrivent de façon concrète, sur pièces, la tendance des images à se développer, à gagner des dimensions supplémentaires en investissant des supports multiples à toutes les échelles : des écrans aux maquettes, en passant par la forme urbaine. Il y est question d'installation vidéo et de bande-dessinée, de ping pong et de jeu vidéo, de skateboard et d'architecture mobile, de rêve et de fabulation rétro-futuriste, de Tokyo et de vol spatial, de fugue et de Muzak, de Tatiana Trouvé et de Gravity...

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Jules Dénagnon Kédé : Philosophie du langage. Traditions classiques, débats contemporains et enjeux africains

Les éditions Naguézé - Septembre 2026


La philosophie du langage commence avec une expérience ordinaire — parler — et débouche sur des questions de vérité, d’action, de subjectivité, de mémoire et de pouvoir. Les théories étudiées ne s’annulent pas : la référence explique comment les mots visent le monde; la logique clarifie la forme des propositions; la pragmatique montre ce que les locuteurs accomplissent; la phénoménologie rappelle la voix et le corps; l’herméneutique inscrit le sens dans l’histoire; la critique du discours révèle les rapports de force.
Le contexte africain rend visibles les limites de toute théorie qui supposerait un locuteur monolingue, un texte stable et une institution neutre. Oralité et écriture s’entrelacent; langues locales, nationales, véhiculaires et internationales se distribuent des fonctions inégales; la traduction n’est jamais pure transmission. Philosopher dans cette situation consiste à rendre les médiations explicites, à élargir l’accès au débat et à produire des concepts capables de voyager sans effacer leurs lieux d’origine.

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samedi 26 septembre 2026

Olivier Bétourné : Les Révolutionnaires. Rêves, désirs et engagement à la fin de l'Ancien Régime

 Seuil - Septembre 2026


À peu d’exceptions près, les révolutionnaires furent des anonymes parmi d’autres avant d’accéder à la célébrité. Qu’ils soient dotés d’une certaine notoriété ou de parfaits inconnus, d’ailleurs, nos manuels scolaires nous ont ensuite appris à ne les distinguer que par leur action politique en les identifiant aux idées qu’ils incarnaient.
Mais qui étaient-ils, derrière le mythe ?
Les voici libérés des projections idéologiques, nous confiant traumatismes d’enfance, rêves et désirs de jeunesse, et nous donnant, au bout du compte, la clé de leur engagement politique. Par quel miracle se livrent-ils soudain à nous ? Tout était là, sous nos yeux, encore fallait-il y être attentifs et prendre au sérieux leur correspondance, leurs mémoires, leurs journaux intimes, mais relire aussi leurs œuvres littéraires, leurs essais et leurs discours officiels où s’avoue parfois, au détour d’une phrase, une dette ou un désir. Notre époque se prête si bien à l’écoute de l’intime.
Mirabeau, le comte de Clermont-Tonnerre, Olympe de Gouges, Barnave, Madame Roland, Condorcet, Marat, Danton, Robespierre, Saint-Just, Babeuf, Toussaint-Louverture : voici réunis les grands acteurs de la Révolution française, des femmes et des hommes de noble extraction ou roturiers, des gens attachés au terroir comme aux petits métiers de la ville, tantôt partisans de la monarchie constitutionnelle, tantôt de la République. Sans oublier l’ancien esclave de Saint-Domingue.
À travers ces passionnants récits de vie, la richesse des Lumières françaises prend sa revanche sur l’implacable logique du roman national.
Une autre histoire de la Révolution.

Olivier Bétourné est historien de la Révolution française et éditeur, cofondateur et président de l’Institut Histoire et Lumières de la pensée. Il est notamment l’auteur de L’Esprit de la Révolution française (Seuil, 2022) et de La Mort du roi (Seuil, 2024).

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Collectif : L'Esprit européen (préface de Michel Porret)

Florides Helvètes - Septembre 2026


En 1946, dans une Europe en ruines, renouer le dialogue international devient urgent. Des intellectuels de tous horizons rejoignent à Genève un public engagé, dans un seul but : forger une Europe unie. Les Rencontres internationales de Genève (RIG) étaient nées et avec elles, le premier grand forum pour la paix et la coopération européenne, d’où émergeront les réflexions qui mèneront à la création du Conseil de l’Europe.
Les RIG n’ont cessé depuis lors de stimuler le dialogue autour des grands enjeux sociaux et culturels ; outre les neuf conférenciers de la première édition y ont participé, parmi bien d’autres, Gaston Bachelard, Erwin Schrödinger, Michel Serre, Mircea Eliade, Georges Steiner, Shirin Ebadi et Aurélien Barrau.
L’Esprit européen reprend les interventions des neuf conférenciers de 1946 : Julien Benda, Francesco Flora, Jean-Rodolphe de Salis, Jean Guéhenno, Denis de Rougemont, Georg Lukacs, Stephen Spender, Georges Bernanos et Karl Jaspers. Publiées en 1947 aux Éditions La Baconnière (avec le compte-rendu des débats qui les avaient suivies, non repris ici), ces conférences sont accompagnées dans la présente édition d’une préface de Michel Porret, historien moderniste et président des RIG.

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Bruno Falissard : Épigénétique. Anatomie d'un mythe

 Erès - Septembre 2026 - Le carnet psy


Le flou sémantique qui entoure la notion d'épigénétique est bien réel. Pour certains, l'épigénétique correspond à l'étude des mécanismes qui conduisent à l'émergence de nouvelles fonctions au cours du développement d'un organisme vivant ; le champ est alors particulièrement vaste et dépasse largement le seul cadre de la génétique. Pour d'autres, l'épigénétique doit se limiter au contexte génétique, plus précisément à l'étude de la régulation des gènes nécessaires au développement de l'organisme. Enfin, pour d'autres encore l'épigénétique ne se conçoit que dans le cadre de la reproduction. Reproduction cellulaire ou reproduction sexuée de l'organisme lui-même. Comment expliquer que des mécanismes de régulation génétique se transmettent lors de la division cellulaire ou de la reproduction ? Comment expliquer que certaines caractéristiques des organismes se transmettent de génération en génération sans que cette transmission se fasse par le biais de l'ADN ? Il n'y a donc pas une épigénétique, mais des épigénétiques.

Bruno Falissard est pédopsychiatre, professeur de biostatistiques à la faculté de médecine Paris-Sud, directeur de l'unité INSERM U669 (Santé Mentale et Santé Publique). Président de l'IACAPAP (international association of child and adolescent psychiatry and allied professions).

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Hélène Vuillermet, Yoann Malinge (dir.) : Le bonheur

 Flammarion - Septembre 2026 - GF


Nous désirons tous le bonheur. Mais dès que nous cherchons à le comprendre, il nous échappe. Faut-il le vivre spontanément ou peut-on apprendre à être heureux ? Les philosophes ne s'accordent pas : pour certains, on peut l'atteindre par une vie vertueuse ; pour d'autres, on peut être heureux sans être bon. D'autres encore vont jusqu'à remettre en cause sa réalité : serait-il un idéal illusoire que nous projetons dans le passé ou dans l'avenir au lieu de le vivre au présent ? À travers plus de trente textes, ce recueil explore diverses conceptions philosophiques du bonheur et leurs paradoxes. De la satisfaction des désirs à l'exercice des vertus, des puissances de l'imagination aux conditions politiques d'une vie heureuse, il interroge un idéal qui semble insaisissable. Le bonheur est-il la fin ultime de notre existence, ou faut-il lui préférer d'autres valeurs comme la liberté ? Est-il nécessairement fragile, sans cesse menacé par les événements tragiques de notre vie et du monde ? Pouvons-nous faire advenir, pour nous-mêmes et pour tous, les jours heureux ? 

Cette anthologie rassemble les plus grands textes consacrés au bonheur, d'Aristote à Simone de Beauvoir, en passant par Épictète, Descartes, Pascal, Spinoza, Rousseau, Kant, Nietzsche, Weil, Arendt, ou encore Kropotkine.

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