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vendredi 30 octobre 2015

Aristote : Les topiques - Réfutations sophistiques (Organon, V-VI)

Flammarion GF - Septembre 2015


Traduction par Jacques Brunschwig et Myriam Hecquet

Réunion des deux derniers traités logiques de l'Organon. Le premier, à vocation didactique, introduit au raisonnement dialectique tandis que le second analyse et classe les types de paralogismes employés par les sophistes pour réfuter leurs interlocuteurs.

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lundi 20 avril 2015

Nicolas de Cues : La chasse de la sagesse (1462)

PUF - Avril 201 - Collection : Epiméthée


Nicolas de Cues compose le De venatione sapientiae en 1462, peu de temps avant sa mort. Cette oeuvre constitue, en quelque sorte, son testament philosophique. La lecture de la Vie des philosophes de Diogène Laërce lui offre l'occasion de faire un bilan personnel. En vérité, plus qu'un bilan, le De venatione sapientiae se révèle être un approfondissement de la pensée cusaine sans cesse en mouvement. Celle-ci s'enrichit à la lumière d'un nouveau concept : le posse fieri, le « pouvoir être fait ». Déjà présente dans le De docta ignorantia depuis le Possest, la notion de puissance et sa priorité sur l'acte prend de plus en plus d'importance, elle deviendra le posse ipsum dans la dernière oeuvre du Cusain, le De apice theoriae. 
L'image de la chasse va lui permettre d'illustrer ce que fut, ce que continue d'être, la recherche de toute sa vie : la poursuite de la sagesse. Cette métaphore, d'autres parmi les plus grands y ont recouru avant le Cusain, mais ce dernier lui donne un sens nouveau, fruit de sa méditation. Le chasseur doit connaître les terres où il chasse, Nicolas les connaît bien pour les avoir parcourues sa vie durant, aussi peut-il les passer en revue. Il leur donne le nom de champs et en dénombre dix : la « docte ignorance » ; le « possest » ; le « non-autre » ; la « lumière » ; la « louange » ; l'« unité » ; l' « égalité » ; le « bien » ; la « limite » ; l' « ordre ». 
La chasse de la sagesse se révèle être finalement la recherche de Dieu, ainsi que Nicolas l'avait formulée dans son De quaerendo Deum. En vérité, il s'agit moins de différentes parties de chasse dans différentes terres, que de différentes perspectives d'une même quête, qui est la quête de la Sagesse divine.

Hervé Pasqua est membre du Centre d'histoire des idées (CRHI), département de philosophie de l'université de Nice Sophia Antipolis. Il est président de la Société Française Cusanus et est l'auteur, entre autres, de Maître Eckhart et le procès de l'Un (Cerf, 2006) et de Nicolas de Cues, l'Un sans l'être (à paraître). Il a entrepris la traduction et le commentaire de l'oeuvre de Nicolas de Cues. Parmi les dernières parutions aux Puf, coll. « Épiméthée » : Les dialogues de l'Idiot, Le Coran tamisé et Le « possest ».

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lundi 23 février 2015

Sören Kierkegaard : Diapsalmata (nouvelle édition)

Allia - Février 2015 - Collection : Petite collection


Mon âme est si lourde que nulle pensée ne peut la porter, que nul essor ne peut l'élever dans l'éther. Se meut-elle, elle ne fait alors que raser la terre comme l'oiseau volant bas au vent précurseur de l'orage. Je sens en mon for intérieur une oppression, une angoisse qui présage un tremblement de terre.
J'emploie ainsi mon temps : une moitié à dormir et l'autre à rêver. Quand je dors, je ne rêve jamais, ce serait dommage ; dormir, c'est le comble du génie.
La vieillesse réalise les rêves de la jeunesse. Témoin Swift : en sa jeunesse, il fit construire une maison de fous ; devenu vieux, il y entra.
On appelle diapsalmata les intermèdes musicaux intercalés dans la lecture des psaumes à la synagogue. Sous ce titre, Kierkegaard a réuni une suite de réflexions et d’aphorismes qu’il présente comme le journal intime d’un jeune romantique désespéré. Ils reflètent les différents moments d’une jeunesse dont il cherche à se délivrer, les différentes épreuves qu’il vécut chaque fois qu’il songea à se livrer à Satan pour connaître toutes les formes du péché. Confessions voilées, exclamations lyriques ou cyniques, les Diapsalmata, comme le célèbreJournal d’un séducteur, sont une œuvre littéraire autant que philosophique, emblématique des tourments et des angoisses de l’adolescence.
Traduit du danois par Paul-Henri Tisseau.

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samedi 4 octobre 2014

Antoine Arnauld, Pierre Nicole : La logique, ou l'art de penser (Edition critique par Dominique Descotes)

Honoré Champion - 2 octobre 2014

http://www.amazon.fr/gp/product/274532747X/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=274532747X&linkCode=as2&tag=leslivrdephil-21&linkId=TW66G2HXODK2BLU4 

Présentation de l'éditeur

Avec les Nouveaux éléments de géométrie et la Grammaire générale, la Logique est la pièce maîtresse de l'oeuvre pédagogique de Port-Royal, qui a exercé sur les lettres françaises une influence considérable. Arnauld et Nicole y réalisent une synthèse d'une richesse inégalée entre l'héritage aristotélicien et scolastique, la pensée augustinienne, l'humanisme et la pensée moderne, de Descartes à Gassendi et Pascal, pour forger un art de penser à l'usage de l'honnête homme. A travers les questions de méthode et d'épistémologie, de rhétorique et de morale, la Logique fait écho aux conflits dans lesquels Port-Royal a été embarqué : procès en Sorbonne, crise du formulaire, polémiques avec les protestants, et, de façon moins visible, controverses sur la casuistique et la probabilité. La présente édition suit les métamorphoses du livre, de la première édition (1662) jusqu'à la dernière vérifiée par les auteurs (1683).

Quatrième de couverture

«La logique de Port-Royal» a été publiée pour la première fois en 1662, à Paris et sans nom d'auteur. À la fois grammaire intellectuelle et compendium de l'épistémologie du classicisme cartésien et pascalien, cet art de penser est structuré selon les quatre aspects de la pensée rationnelle : comprendre, juger, déduire, ordonner. Toutes nos connaissances ont lieu à travers des idées qui reflètent les choses, et le jugement porté sur ces choses s'exprime dans des propositions constituées par un sujet et un prédicat. La justesse des propositions est examinée, lors de la déduction, sur la base du syllogisme. Enfin, l'ordonnancement des jugements et conclusions conduit à la science par le biais de la méthode (analyse et synthèse).Cette logique a voulu s'appuyer exclusivement sur les mathématiques dont elle pensait pouvoir transposer le modèle dans tous les autres domaines du savoir et de l'exercice de la raison, par conséquent aussi sur le terrain de la formation syntaxique et grammaticale de tous les énoncés de langage, proposant ainsi un idéal de langage rationnel qui voudrait concilier l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie : le discours classique par excellence.

mardi 17 juillet 2012

Les années d'apprentissage philosophique. Études fichtéennes (1795-96)

Novalis


Juillet 2012 - Presses Universitaires du Septentrion | Opuscules - 20 €

L'importance de Friedrich von Hardenberg alias « Novalis » (1772-1801) dans l'histoire de la littérature allemande et européenne est bien connue. En revanche, on ignore encore trop souvent que le poète romantique fût également philosophe. Lecteur passionné et subversif des grands penseurs de son temps (Kant, Fichte, Schelling, Reinhold, Jacobi, Schiller), Novalis se livre dans les Études fichtéennes (jamais parues de son vivant) à une interrogation de fond sur la philosophie transcendantale élaborée par ses maîtres, et en particulier par Kant et Fichte. D’une extraordinaire puissance spéculative, d’une précocité inouïe (l’auteur est un jeune homme de vingt-trois ans), Novalis fait se succéder à une vitesse vertigineuse, dans ces carnets totalisant 667 fragments, autant d’intuitions fulgurantes, de mécompréhensions et de transformations conceptuelles délibérées qui restent toutes à interpréter. La question essentielle de ces pages se présente rapidement comme celle de la manifestation. C’est plus précisément le thème de l’imagination, et par suite de l’image ou de l’apparence de l’être, c’est-à-dire de la perspective, qui se déplie nerveusement dans les fragments. Étroitement relié au problème du langage comme acte créateur, il apparaît dans le désordre, voire comme désordre. Car les méditations de Novalis ne suivent volontairement aucun protocole : pensées en acte à l’état pur, elles ne se soucient que de leur propre devenir, et tandis qu’elles affrontent jusqu’au non-sens, c’est à dessein qu’elle ne s’achèvent pas et qu’elles remettent en cause nos cadres de pensée hérités.

mercredi 11 juillet 2012

Oeuvres de jeunesse de Descartes (1616-1631)

René Descartes



Mai 2012 - PUF - "Epiméthée" - 35 €

Il s’agit d’une édition de fragments (titres et extraits de traités entrepris ou simplement projetés) et de commencements d’œuvres de Descartes qui nous sont parvenus par des sources variées mais parfaitement fiables, et dont Descartes lui-même a fait mention à un moment ou à un autre dans sa Correspondance ou dans le Discours de la méthode, mais qui n’ont jamais été pris en considération pour eux-mêmes. 
Nous avons réuni ces textes, nous les avons traduits quand ils étaient en latin ou en néerlandais – tout en plaçant les originaux en regard –, présentés, datés et annotés historiquement et philosophiquement. Nous insistons sur la Licence en droit (placard découvert en 1987), l’Étude du bon sens, dont nous restituons l’objet et l’ensemble des fragments non identifiés jusqu’ici, et La recherche de la vérité, pour la première fois traduite en français à partir de sa version néerlandaise et datée de façon sûre. 
Ces textes ainsi réunis et datés présentent pour la première fois un Descartes inédit, travaillant en philosophe, et non seulement en savant, dans les deux décennies qui précèdent le Discours de la méthode.

samedi 23 juin 2012

Madame de Murat et la «défense des dames». Un discours au féminin à la fin du règne de Louis XIV

Geneviève Clermidy-Patard


Juin 2012 - Classiques Garnier - 49 €

Cet ouvrage constitue la première monographie consacrée à l'œuvre de la comtesse de Murat. Il invite à découvrir une femme de haute culture, contemporaine de Mme d'Aulnoy, qui choisit majoritairement la fiction narrative pour exprimer ses convictions féministes. Son écriture inventive fait également entendre l'expression d'un je qui se montre suspicieux à l'égard des discours sociaux, et qui revendique toutes les formes de publication au sein d'une société marquée par le durcissement de la fin du règne de Louis XIV.  

mercredi 6 juin 2012

Philopseudès ou l'Amoureux du mensonge

Lucien de Samosate

Juin 2012 - Hermann - 16 €

Ces deux parfaits fripons avaient aisément compris que la vie des hommes est soumise à deux très grands tyrans, l'espérance et la crainte, et qu'un homme capable de les exploiter à propos pourrait s'enrichir très vite, car ils voyaient que celui qui craint et celui qui espère ont tous deux un besoin absolu et un extrême désir de connaître l'avenir. "Lucien présente ainsi, dans son pamphlet Alexandre ou le faux prophète, l'entreprise d'Alexandre et de son complice : fonder un sanctuaire et un oracle pour exploiter de futurs Fidèles. 
Les personnages fictifs du Philopseudès, doctes philosophes " amoureux du mensonge ", sont eux aussi soumis à ces tyrans : ils se grisent d'histoires de miracles. Ils consultent également les oracles comme les clients du prophète, simples paysans ou hauts fonctionnaires, tel le respectable proconsul Rutilianus qui " au sujet des dieux raisonnait comme un malade et était prêt à admettre tous les prodiges ".Lucien, ami des Epicuriens, brillant conteur et redoutable polémiste, sait faire rire aux dépens de croyants fascinés par l'irrationnel, doux rêveurs du Philopseudès ou victimes enthousiastes du prophète, aveuglés par leur besoin de croire.  
 
Lucien est né vers 125 ap. J.-C. à Samosate en Syrie. Syrien hellénisé, il devient un sophiste professionnel et parcourt l'Empire romain en déclamant ses œuvres satiriques marquées d'incrédulité religieuse devant des publics lettrés. Il mourut vers 190 après. J.-C.

dimanche 3 juin 2012

Oeuvres complètes de Max Stirner

Max Stirner


Juin 2012 - L'Age d'Homme - "Idea" - 29 €

Max Stirner, philosophe allemand (1806-1856), n'est connu du public français que par son ouvrage principal, L'Unique et sa propriété. Pourtant, ses autres écrits présentent un intérêt considérable, non seulement pour la compréhension profonde de l'Unique, mais pour leur valeur propre. On trouvera dans ce volume la traduction de son chef-d'œuvre, mais aussi les réponses que Stirner écrivit à ses détracteurs, réponses naturellement du plus haut intérêt pour qui veut poursuivre le grand débat ouvert par le livre. 
Incisif, polémiste redoutable, Stirner découvre là un autre aspect de son talent littéraire et nous autorise à juger de ce qu'était l'atmosphère intellectuelle de l'Allemagne du milieu du XIXe siècle. Livre " trop absurde pour être dangereux ", selon le ministère de l'Intérieur ; cette amnistie singulière pourrait bien être levée aujourd'hui. L'Unique et sa propriété apparaît comme le véritable manifeste et la plus parfaite ouverture à l'éthique de l'individualisme.

vendredi 25 novembre 2011

Les Conjectures

Nicolas DE CUES

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Novembre 2011 – Beauchesne – 29 €

Avec les Conjectures (1441-1443), la philosophie de Nicolas de Cues connait un tournant essentiel qui conduit à une reconfiguration générale de l'oeuvre. Cela tient précisément à la nouvelle compréhension cusaine de l'altérité sur la base du caractère symbolique des conjectures.
Mettant en cause la tradition théologico-philosophique, les Conjectures proposent, selon une expression lullienne, un art général des conjectures, c'est-à-dire une nouvelle méthode pour les arts d'investigation.
Privilégiant la modélisation de l'objet mathématique et de l'organisme vivant, les Conjectures amorcent une révolution gnoséologique. Ce mouvement, qui pense le savoir en termes relationnels, est fondé sur une réflexion théologique : comment la vérité en soi qu'est Dieu " pensée comme inatteignable dans son exactitude " peut-elle fonder mon savoir comme savoir d'une vérité inexacte, conceptualisée comme vérité dans l'altérité, sans en invalider la prétention de savoir ? Cette question, désormais centrale dans l'oeuvre cusaine, donnera lieu à des élaborations successives du rapport entre vérité et altérité, jusqu'aux théorisations du Non-Autre.
Les Conjectures sont ainsi le lieu de bifurcation dans l'oeuvre, d'où émerge une philosophie de l'esprit développée dans le Tétralogue du Profane. Car, l'exactitude ne pouvant être atteinte, c'est dans le déploiement du sens, toujours symbolique, que la conjecture peut-être plus ou moins vraie. Chacun fraie là son chemin singulier en déployant les dimensions de son humanité. L'agir humain se mesure à la capacité toujours singulière de l'individu à se (re)connaître comme mens et, ce faisant, à développer concrètement sa propre créativité mentale. L'intérêt des Conjectures est ainsi de montrer que la relation essentielle entre vérité et altérité permet d'explorer et de fonder les différents savoirs positifs.
Pour faciliter la compréhension du lecteur, l'appareil critique de cette première traduction française a été élaboré avec soin : plus de 600 notes viennent expliciter au fur et à mesure les références implicites aux auteurs de la tradition philosophique et théologique et éclairer les choix de traduction. Un glossaire en fin de volume précise le sens des concepts principaux des Conjectures et des autres oeuvres de Nicolas de Cues.

La traductrice, Jocelyne Sfez, est ingénieur en génie biologique (UTC) et docteur en philosophie de l'Ecole normale supérieure de Lyon. Elle poursuit actuellement ses travaux de recherche sur la réception de la pensée cusaine et nous livre simultanément un commentaire suivi des Conjectures.

vendredi 28 octobre 2011

Sur la connaissance de Dieu et l'univocité de l'étant

John Duns Scot

2

Novembre 2011 – PUGF – Epiméthée – 31 €

Au tournant du XIVe siècle, Duns Scot porte à son achèvement la pensée scolastique et esquisse la figure moderne de la métaphysique.
Il rejette l’analogie appliquée à la question de l’être : à la place des articulations multiples supposées par l’analogie et la théorie de la participation qui la soutient, le concept d’étant, décollé du réel, offre une unité primordiale, qui embrasse Dieu et la créature, la substance et les accidents. Connu naturellement, sans illumination divine, il remplace la créature (Thomas d’Aquin) ou Dieu (Henri de Gand) comme objet premier de l’intellect.
La théologie des noms divins se transforme ainsi en attribution univoque de concepts formels, distincts les uns des autres en Dieu comme dans la créature, et pourtant fondus dans l’identité infinie de l’essence divine. La multiplicité des sens de l’être et la connaissance de Dieu passent sous l’égide du concept d’étant, neutre, indifférent et commun à toutes choses. Celui-ci permet l’institution d’une métaphysique entendue comme science de l’étant en tant qu’étant : la genèse d’une ontologie.

mercredi 20 juillet 2011

Dialogues de l'idiot sur la sagesse et l'esprit

Nicolas de Cusa (1401-1464)

1

Juin 2011 – PUF – Coll. Epiméthée – 28 €

L'«Idiot» est le personnage central de l'ensemble de ces dialogues qui rassemblent deux livres sur la sagesse, un troisième sur l'esprit et un quatrième sur l'usage de la balance comme instrument de mesure universelle. Étymologiquement, le mot signifie «l'homme simple» et «ignorant», au sens où il n'est initié à aucun savoir. Il se reconnait et se dénomme comme tel, non sans humour et une pointe de provocation badine, mais qui veut incarner avant tout l'ironie socratique. L'Idiot n'est pas un savant, c'est un petit artisan qui fabrique des ustensiles d'usage courant : des cuillers en bois. Sa science, dit-il, ne se trouve pas dans les livres écrits par les hommes, mais dans le livre de la nature. Porte-parole de Nicolas de Cues, il personnifie la docte ignorance, qui n'est pas un scepticisme mais une nouvelle forme de savoir, un gai savoir pourrions-nous dire, fondé non sur l'érudition livresque mais sur l'expérience directe, un savoir qui se «savoure» - sapientia vient de sapere, se plaît-il à souligner - et non qui se transmet, un savoir qui produit quelque chose et non un savoir stérile.

Ce que l'homme simple proclame sur la place du marché, à Rome, comme jadis Socrate sur l'agora, à Athènes, est qu'il faut distinguer la sagesse, qui est science de ce monde, «science qui enfle» (livres I et II), de la sagesse qui consiste en un savoir intérieur (livre III). Le thème augustinien de la sagesse intérieure, étrangère à celle du monde qui rend orgueilleux, et celui du savoir tiré du grand livre de la nature se superposent sans s'exclure. Ce qui les unit est que la science physique est conjecturale et structurellement utile et féconde. Mais, parce qu'elle est conjecturale, elle peut aussi se convertir à la docte ignorance et devenir trésor de sagesse intérieure et mystique sans, toutefois, se soustraire à son engagement scientifique dans le calcul.

mercredi 15 juin 2011

Fragments

Héraclite d'Ephèse - Texte établi, traduit et commenté par Marcel Conche

2

Mai 2011 - PUF, Paris – Collection Epiméthée – 29 €

Quel est le « véritable » Héraclite ? Celui de Hegel ? Celui de Nietzsche ? Celui de Heidegger ? Un autre ? La présente édition desFragments de son oeuvre perdue vise, en conjuguant l'étude philologique et l'analyse philosophique, à restituer, autant que cela est possible, la pensée même d'Héraclite, dans son unité et sa cohérence. Ce qui surgit ainsi des ruines du texte est une structure belle, un cosmos, une sorte de temple grec déployant son harmonie dans la durée. Chaque fragment apporte sa précision nécessaire ; chacun est complémentaire de tous les autres, même si quelques-uns, plus décisifs, jouent le rôle de pierres d'angle. De ce temple, profondément logique, émanent un rayonnement, une sagesse, un appel, un espoir. De l'éternelle vérité, aucun philosophe fut-il jamais dans une proximité plus grande ? Avec Héraclite, dit Hegel, « la terre est en vue ».

Sur l'intersubjectivité Volume 1

Edmund Husserl - Edition Natalie Depraz

1

Mai 2011 - PUF, Paris - Collection
Epiméthé – Série Sur l'intersubjectivité, n° 1 – 40 €

Le présent tome I de cet ouvrage intitulé Sur l'intersubjectivité, qui en comprend deux, est la traduction partielle de Zur Phänomenologie der Intersubjektivität, trois volumes (I. 1905-1920 ; II. 1921-1928 ; III. 1929-1935) qui ont été édités par Iso Kern et publiés en 1973 à La Haye par Martinus Nijhoff dans les Husserliana, tomes XIII, XIV et XV. Étant donné le nombre considérable de textes retenus (quelque 800 pages sur 1 800 environ dans l'édition allemande), la traduction française se présente en deux tomes : Sur l'intersubjectivité I, le présent volume ; Sur l'intersubjectivité II.

La problématique husserlienne de l'intersubjectivité apparaît beaucoup plus différenciée, à la fois plus ramifiée et plus radicale que dans les textes publiés auparavant : elle s'y articule avec précision à la question de la corporéité primordiale, du temps, de l'imagination, de la communauté, de l'histoire, du langage, de la normalité, de la générativité et de l'individuation. En revanche, dans les textes publiés jusqu'ici, elle est souvent présentée soit de façon aporétique (Méditations cartésiennes), soit dans son extension d'emblée communautaire (Idées directrices II) ou historique (Krisis), en tout cas selon l'alternative trop simple de la constitution monadologique de l'égologie ou de la donation immédiate des autres dans le monde.

Le premier tome de l'édition française s'organise autour de 2 thèmes : 1 / la constitution primordiale du corps et de l'espace dans son articulation avec la constitution d'autrui, et 2 / l'expérience empathique en tant que vécu analogisant dans sa discussion critique avec les problématiques psychologiques de l'époque. Une introduction détaillée ouvre le volume et présente les différentes figures de l'intersubjectivité en liaison avec la problématique des voies d'accès à la réduction ; une postface s'explique sur le choix de la traduction retenue pour le terme Leib, et déploie la complexité historique et structurelle de son sens.

mercredi 4 mai 2011

Sur l'intersubjectivité. Volume 1

Edmund Husserl - Edition Natalie Depraz

10

Mai 2011 – PUF – Coll. Epiméthée – 40 €

Le présent tome I de cet ouvrage intitulé Sur l'intersubjectivité, qui en comprend deux, est la traduction partielle de Zur Phänomenologie der Intersubjektivität, trois volumes (I. 1905-1920 ; II. 1921-1928 ; III. 1929-1935) qui ont été édités par Iso Kern et publiés en 1973 à La Haye par Martinus Nijhoff dans les Husserliana (tomes XIII, XIV et XV). Étant donné le nombre considérable de textes retenus (quelque 800 pages sur 1800 environ dans l'édition allemande), la traduction française se présente en deux tomes.
La problématique husserlienne de l'intersubjectivité apparaît beaucoup plus différenciée, à la fois plus ramifiée et plus radicale que dans les textes publiés auparavant : elle s'y articule avec précision à la question de la corporéité primordiale, du temps, de l'imagination, de la communauté, de l'histoire, du langage, de la normalité, de la générativité et de l'individuation. En revanche, dans les textes publiés jusqu'ici, elle est souvent présentée soit de façon aporétique (Méditations cartésiennes), soit dans son extension d'emblée communautaire (Idées directrices II) ou historique (Krisis), en tout cas selon l'alternative trop simple de la constitution monadologique de l'égologie ou de la donation immédiate des autres dans le monde.
Le premier tome de l'édition française s'organise autour de deux thèmes : 1 / la constitution primordiale du corps et de l'espace dans son articulation avec la constitution d'autrui, et 2 / l'expérience empathique en tant que vécu analogisant dans sa discussion critique avec les problématiques psychologiques de l'époque. Une introduction détaillée ouvre le volume et présente les différentes figures de l'intersubjectivité en liaison avec la problématique des voies d'accès à la réduction ; une postface s'explique sur le choix de la traduction retenue pour le terme Leib, et déploie la complexité historique et structurelle de son sens.

Traduction, introduction, postface et index par Nathalie Depraz, ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de philosophie, directrice de programme au Collège international de philosophie, maître de conférences à l'Université de la Sorbonne (Paris IV).

jeudi 21 avril 2011

La métaphysique et son avenir

Ernest Renan - texte présenté par Goulven Le Brech

14

Avril 2011 – Ed. du Sandre – 12 €

Je vois l'avenir des sciences historiques : il est immense, et si ces grandes études triomphent des obstacles qui s'opposent à leurs progrès, nous arriverons un jour à connaître l'humanité avec beaucoup de précision. Je vois l'avenir des sciences naturelles : il est incalculable, et si ces belles sciences ne sont pas arrêtées par l'esprit étroit d'application qui tend à y dominer, nous posséderons un jour sur la matière et sur la vie des connaissances et des pouvoirs impossibles à limiter ; mais je ne vois pas l'avenir de la philosophie, dans le sens ancien de ce mot.

Ernest Renan

dimanche 17 avril 2011

Introduction aux principes de morale et de législation

Jeremy Bentham

6

Mars 2011 – Vrin - Collection Analyse et philosophie – 32 €

L'Introduction aux principes de morale et de législation de Jeremy Bentham, paru en 1789, est un ouvrage en tout point remarquable, quoique trop méconnu aujourd'hui. Il poursuit en effet trois objets distincts mais complémentaires : définir le principe d'utilité, ce principe dont la force critique reste sensible en toute réflexion morale ; quantifier les « ressorts de l'action » qui sont au fondement de la psychologie humaine, afin de permettre le calcul utilitariste, un calcul qui n'est jamais totalement absent de la pensée éthique, économique ou sociologique ; poser les éléments nécessaires à l'établissement d'un code pénal, la classification des infractions et la théorie de la punition incitant à penser les conditions de possibilité d'une théorie générale du droit.

Ce volume n'a d'une introduction que son titre, et il est de toute évidence la matrice de toute une partie de la pensée benthamienne. S'il est vrai, comme on a pu le dire, que notre époque traverse une réversion utilitariste, la traduction de cet ouvrage en français, pour la première fois intégrale, met à disposition du lecteur un texte lucide et clair.

(Editeur)

mercredi 13 avril 2011

Le jeune Heidegger (1909-1926) : herméneutique, phénoménologie, théologie

édité par Sophie-Jan Arrien et Sylvain Camilleri

30

Mars 2011 – Vrin - Collection Problèmes et controverses – 28 €

“La philosophie de Heidegger ne commence pas avec Être et Temps. On trouve en amont du maître-ouvrage de 1927 une réflexion riche et autonome, dont il n'est pas exagéré de dire qu'elle forme un continent à part entière au sein de l'oeuvre. Ce recueil vise justement à présenter la pensée du «jeune Heidegger» (1909-1926) et à lui accorder toute l'attention qu'elle mérite. Coups de sonde dans les premiers écrits et les premiers cours de Freiburg et de Marburg, les études ici rassemblées laissent entrevoir une recherche absolument originale, déjà fort mature et aux singulières potentialités. Des interprétations phénoménologiques de la vie facticielle y côtoient des confrontations avec le néo-kantisme, des appels précoces à l'herméneutique, des détours subtils par la théologie et des références à la religion vécue. Plutôt que de réduire ces premiers travaux à un simple tracé menant tout droit à l'analytique existentiale du Dasein, cet ouvrage s'efforce de dévoiler leur signification et leur importance intrinsèques. Prenant en considération l'intérêt du jeune Heidegger pour le Pseudo-Duns Scot, Dilthey, Rickert, Natorp, Paul, Augustin, Aristote et Luther, il propose un aperçu de la complexité des influences et des idées qui structurent la première pensée du philosophe. Il s'agit ainsi d'ouvrir selon des perspectives plurielles un corpus pouvant non seulement donner une impulsion nouvelle aux études heideggeriennes mais également inciter à développer les possibilités du travail herméneutique, à refonder la phénoménologie et à interroger autrement la donne théologique.” (Editeur)

De l'égalité des deux sexes. De l'éducation des dames. De l'excellence des hommes

François Poulain de La Barre

29

Mars 2011 – Vrin - Collection Bibliothèque des textes philosophiques. Textes cartésiens en langue française – 30 €

François Poulain de la Barre (1647-1723) est peut-être le plus grand penseur moderne de l'égalité entre les sexes. Exemple remarquable de transgression idéologique, il passe du catholicisme au protestantisme « rationnel », de la scolastique à la philosophie nouvelle, du phallocentrisme à la philogynie. Il utilise la méthode de Descartes et sa réflexion sur l'homme pour démontrer cette égalité des sexes, aussi bien d'un point de vue physiologique que psychologique. Cette réflexion s'appuie aussi sur une généalogie de l'humanité qui discute les thèses des théoriciens du droit naturel. Relisant parallèlement des textes souvent utilisés contre les femmes (Aristote et surtout la Bible), Poulain de la Barre apparaît comme un protagoniste essentiel du travail de lecture critique des textes sacrés à l'âge classique, au même titre que Simon ou Spinoza. D'où un vaste programme de réforme sociale, qui fait de l'éducation des femmes la seule voie pour leur émancipation et qui interroge la légitimité des sources traditionnelles d'autorité (le savant, le prêtre, le noble).

Souvent cités dans les études anglo-saxonnes (aussi bien en histoire, philosophie, littérature que dans les études de genre), peu connus en France, notamment des philosophes, les trois traités féministes de Poulain de la Barre sont ici pour la première fois réunis et présentés dans leur texte intégral.

Sur la liberté de la volonté

Arthur Schopenhauer

20

Mars 2011 – Hermann – 22 €

Publié en 1839, ce mémoire, couronné par la Société royale des Sciences de Norvège, est une tentative de Schopenhauer pour répondre à la question : la liberté de la volonté humaine peut-elle être prouvée à partir de la conscience de soi ?

Schopenhauer y développe sa célèbre thèse - ô combien paradoxale - selon laquelle « chaque homme agit selon sa manière d'être, et l'action, chaque fois nécessaire conformément à celle-ci, n'est déterminée, dans une situation individuelle, que par ses motifs ». Thèse qui conduit à affirmer la liberté humaine du point de vue de l'être et de l'essence, tout en la niant pour chaque être humain du point de vue de son existence phénoménale.