jeudi 21 novembre 2019
François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt : Le rapport bleu. Les sources historiques et théoriques du collège international de philosophie
lundi 13 janvier 2014
La crise de la philosophie en France au 21e siècle
vendredi 9 décembre 2011
Georges Canguilhem, Œuvres complètes Tome I : écrits philosophiques et politiques (1926-1939)
Vrin, « Bibliothèque des Textes Philosophiques », 2011
dimanche 1 mai 2011
Sujets du désir : réflexions hégéliennes en France au XXe siècle
Judith P. Butler
Avril 2011 - PUF, Paris - Collection Pratiques théoriques – 29 €
Dans cet ouvrage, publié pour la première fois en 1987 aux États-Unis, Judith Butler propose une vaste enquête sur la réception de Hegel en France au XXe siècle. En prenant comme fil rouge de cette enquête la thématique hégélienne du désir telle qu'elle apparaît dans la Phénoménologie de l'Esprit, elle soumet à l'examen ses réappropriations successives chez Kojève, Hyppolite et Sartre mais aussi chez Derrida, Lacan, Deleuze et Foucault. L'enjeu d'une telle généalogie est alors d'interroger la prétention totalisante et la plénitude supposée du «sujet» hégélien, contre lesquelles a pu s'affirmer la volonté d'«échapper à Hegel». Or, que vaut ce mot d'ordre si, comme le fait apparaître la lecture de Kojève, d'Hyppolite et même de Sartre, la quête de satisfaction qui nourrit le désir du sujet révèle que ce sujet désirant est en réalité un sujet en proie au désir, un sujet marqué avant tout par une précarité ontologique que le jeu spéculaire de la reconnaissance ne parvient pas à effacer ? En proposant des analyses sans concession des pensées de Deleuze et de Foucault notamment, Judith Butler montre alors de quelle ambiguïté est porteur le programme d'une pensée explicitement «anti-» ou «post-» hégélienne qui, sous couvert d'affranchir le désir de la négativité et du sujet, reconduit en réalité le projet de sa satisfaction.
(Editeur)
samedi 30 avril 2011
Le moment philosophique des années 1960 en France
sous la direction de Patrice Maniglier
Avril 2011 - PUF, Paris - Collection Philosophie française contemporaine – 35 €
Les années 1960 furent le théâtre de l'un des épisodes les plus brillants de l'histoire de la pensée philosophique en France. Elles s'ouvrirent sur le triomphe public du structuralisme, avec La Pensée sauvage de Lévi-Strauss, se continuèrent par le renouvellement du marxisme proposé par Althusser et de la psychanalyse par Lacan, et s'achevèrent avec une série d'oeuvres comme celles de Foucault, Deleuze, Derrida et Lyotard, qui ont décidé du visage de la philosophie contemporaine.
L'héritage de cette période a néanmoins été difficile, suscitant tantôt une fascination mimétique, tantôt un rejet caricatural. Depuis quelques années, les auteurs qui l'ont marquée font individuellement l'objet d'une réception savante plus mesurée et plus profonde, au risque cependant de perdre la dimension collective et transversale qui la caractérisait. Le but de cet ouvrage est de réunir certains des meilleurs spécialistes pour prendre toute la mesure de ce qui a constitué, par son intensité et son ampleur, un «moment philosophique» exceptionnel.
Il offre à la fois une traversée de quatre dimensions transversales (épistémologique, politique, esthétique et philosophique) et une relecture de quatre livres singuliers : La Pensée sauvage de Lévi-Strauss (1962), Lire Le Capital et Pour Marx d'Althusser (1965), les livres de Derrida autour de De la grammatologie (1967), et Discours, Figure de Lyotard (1971). Traversant aussi bien les mathématiques de Bourbaki que la linguistique structurale, l'anthropologie de Lévi-Strauss que la psychanalyse freudienne, le marxisme d'Althusser que celui d'Adorno, le théâtre de Brecht que le cinéma de Godard, ce livre invite à redécouvrir ce moment non pas comme un objet historique à circonscrire, mais comme un mouvement ouvert où se sont décidées certaines des tâches qui nous incombent encore, aujourd'hui.
(Editeur)
lundi 28 mars 2011
Revue Philosophie n°109 : Philosophie(s) française(s)
2011 – Editions de Minuit – 10 €
PHILOSOPHIE(S) FRANÇAISE(S) : le pluriel est destiné à mettre en question l'unité intrinsèque de la philosophie française – simple idéal-type permettant de repérer dans l'histoire certaines convergences thématiques ou méthodologiques ? – et son autonomie – tant elle apparaît redevable aux grandes figures de la philosophie allemande (Husserl, Heidegger, le Cercle de Vienne, etc.). Les auteurs de ce numéro, « spécialistes » de philosophie française, ont réfléchi sur leur praxis exégétique et le statut de l'identité implicite du thème « philosophie française », qui est censé se situer en son foyer.
Dans « Pour une histoire souterraine de la pensée française », Frédéric Fruteau de Laclos en propose une anamnèse : remémoration des conjonctures qui, en privilégiant certaines thèses et courants, ont occulté des options originales jugées marginales. Cette anamnèse lui paraît nécessaire à la remise en chantier de philosophèmes passés, et notamment à la réactivation, par-delà le structuralisme et l’individualisme méthodologique, des thèses de la psychologie historique fondée par Ignace Meyerson – dont il suit les traces chez le jeune Foucault, François Châtelet et Olivier Revault d’Allonnes.
Dans « Descartes et les trois voies de la philosophie française », Camille Riquier s'intéresse à la reprise au XXe siècle de thèmes de la philosophie cartésienne, pour montrer que des tendances fondamentales de la philosophie française ont leur origine dans le déploiement unilatéral de l'une des voies du cartésianisme : celles du cogito, du système et des modernes. Malgré l'inspiration essentielle qu'elle reçoit de la philosophie allemande, la philosophie française ne se comprendrait donc que par son réinvestissement du texte cartésien, qui en constituerait le foyer implicite.
Dans « Portées du nom Bergson. Portrait de groupe avec philosophe », Giuseppe Bianco envisage la philosophie française contemporaine sous l’angle d’une socio-histoire des pratiques philosophiques, qui en montre le conditionnement par des changements de nature extra-philosophique. Dévoilant les contextes stratégiques où le bergsonisme a servi à faire, défaire et refaire la ligne de partage de la pensée française, il remet en question celle qui fut instaurée par Foucault, puis réajustée par Badiou, entre un mysticisme vitaliste qui remonterait à Bergson, et un mathématisme trouvant sa source chez Brunschvicg.
Dans « L’invention de l’homme moderne. Une lecture de Michel Foucault », Guillaume Le Blanc interroge la généalogie de la question de l'homme chez ce dernier, montrant que loin de se laisser reconduire à la seule figure kantienne, elle s'inscrit dans le registre éthique et politique de l'invention ; et que la référence à la vie inventive forme le canevas théorique majeur d’un foyer de la philosophie française où s'intègrent des auteurs aussi distincts que Canguilhem, Foucault, Deleuze et Derrida, mais aussi Sartre, Merleau-Ponty et de Certeau.
Enfin, dans « La vie dans la philosophie du XXe siècle en France », Frédéric Worms, loin de postuler une continuité thématique ou méthodologique centrée sur la vie, montre comment celle-ci fut pensée différemment selon les moments qu’elle a traversés, impliquant des ruptures dans la manière dont la question fut à chaque fois thématisée. À travers les problèmes qui se posaient – ceux de l’esprit, de l’existence, du langage et du pouvoir –, ce serait la vie elle-même qui, à chaque fois, dévoilerait l'une de ses dimensions. Aussi est-ce le moment présent qui, de plus en plus, serait amené à penser la vie dans sa tension irréductible et ultime. D. P.
Sommaire
Camille RIQUIER, Présentation
Frédéric FRUTEAU DE LACLOS, Pour une histoire souterraine de la pensée française
Camille RIQUIER, Descartes et les trois voies de la philosophie française
Giuseppe BIANCO, Portées du nom Bergson. Portrait de groupe avec philosophe
Guillaume LE BLANC, L'invention de l'homme moderne. Une lecture de Michel Foucault
Frédéric WORMS, La vie dans la philosophie du XXe siècle en France
Notes de lecture


