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jeudi 21 novembre 2019

François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt : Le rapport bleu. Les sources historiques et théoriques du collège international de philosophie

Presses universitaires de Paris Ouest - Novembre 2019 - Collège international de philosophie


Le "Rapport bleu" est le texte fondateur du Collège international de philosophie. Commandité par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche et de l'Industrie, et remis en septembre 1982 par ses quatre co-signataires, François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt, il a jeté les bases du Collège international de philosophie fondé en 1983. Composé d'une partie collective et d'une contribution en nom propre de chacun de ses auteurs, il est non seulement un document historique mais également un texte philosophique qui a fait date. Le Collège international de philosophie est une institution singulière et pionnière qui reconnait à chacun et chacune un droit à la philosophie. Local et international, il est un lieu d'enseignement, d'expérimentation, de création, ouvert à tous et toutes, où la philosophie s'expose à la réalité du monde et s'ouvre aux pratiques et aux théories en provenance d'autres champs pour transmettre des savoirs, penser et transformer le contemporain.

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lundi 13 janvier 2014

La crise de la philosophie en France au 21e siècle

Emile Jalley


L'Harmattan - La philosophie en commun - Janvier 2014

Il a existé un paradigme de la démarche dialectique en philosophie, illustré par une succession continue d'auteurs, entre Platon et Lacan. Ce paradigme concerne un noyau rationnel de la contradiction formé de trois temps : une double composante statique et dynamique, ainsi que l'articulation de ces deux versants en un produit. C'est de ce paradigme de la contradiction dialectique que la philosophie en France ne semble plus avoir su faire usage dans la période consécutive à 1968.

vendredi 9 décembre 2011

Georges Canguilhem, Œuvres complètes Tome I : écrits philosophiques et politiques (1926-1939)

Préface de Jacques Bouveresse


Vrin, « Bibliothèque des Textes Philosophiques », 2011

Georges Canguilhem fut un personnage majeur dans l’univers intellectuel français de l’après-guerre. Pendant longtemps, sa notoriété a largement reposé sur ses travaux d’histoire des sciences, et ses vues originales sur la technique. Aux yeux de ses disciples, il apparaissait comme un maître dans le maniement rigoureux des concepts, avec une attention particulière aux sciences de la vie et aux pratiques de la médecine.
Depuis une décennie, on a le sentiment que ses écrits et sa personne, au-delà de cette spécialisation de l’exercice philosophique, sollicitent l’intérêt et les recherches de publics nouveaux, dépassant largement les cercles de ceux qui l’ont connu. Le premier volume de ces Œuvres Complètes devrait aider à comprendre ce phénomène : Georges Canguilhem est sans aucun doute un représentant de l’école française d’histoire des sciences, mais cette spécialisation intellectuelle repose sur un engagement philosophique, politique, profond, passionné, parfois virulent, dont va témoigner son engagement dans la Résistance. C’est ce qui devrait apparaître aux lecteurs des textes publiés par le jeune Canguilhem, de 1926 à 1939.
Réunis et présentés par un collectif d’universitaires et de jeunes chercheurs, ces textes sont regroupés en trois parties : l’ensemble des articles de revues, lettres et divers documents de circonstance, le fascicule Le Fascisme et les paysans de 1935, et le Traité de Logique et de Morale, publié à compte d’auteur à Marseille en 1939, avec Camille Planet.

dimanche 1 mai 2011

Sujets du désir : réflexions hégéliennes en France au XXe siècle

Judith P. Butler

40

Avril 2011 - PUF, Paris - Collection Pratiques théoriques – 29 €

Dans cet ouvrage, publié pour la première fois en 1987 aux États-Unis, Judith Butler propose une vaste enquête sur la réception de Hegel en France au XXe siècle. En prenant comme fil rouge de cette enquête la thématique hégélienne du désir telle qu'elle apparaît dans la Phénoménologie de l'Esprit, elle soumet à l'examen ses réappropriations successives chez Kojève, Hyppolite et Sartre mais aussi chez Derrida, Lacan, Deleuze et Foucault. L'enjeu d'une telle généalogie est alors d'interroger la prétention totalisante et la plénitude supposée du «sujet» hégélien, contre lesquelles a pu s'affirmer la volonté d'«échapper à Hegel». Or, que vaut ce mot d'ordre si, comme le fait apparaître la lecture de Kojève, d'Hyppolite et même de Sartre, la quête de satisfaction qui nourrit le désir du sujet révèle que ce sujet désirant est en réalité un sujet en proie au désir, un sujet marqué avant tout par une précarité ontologique que le jeu spéculaire de la reconnaissance ne parvient pas à effacer ? En proposant des analyses sans concession des pensées de Deleuze et de Foucault notamment, Judith Butler montre alors de quelle ambiguïté est porteur le programme d'une pensée explicitement «anti-» ou «post-» hégélienne qui, sous couvert d'affranchir le désir de la négativité et du sujet, reconduit en réalité le projet de sa satisfaction.

(Editeur)

samedi 30 avril 2011

Le moment philosophique des années 1960 en France

sous la direction de Patrice Maniglier

5

Avril 2011 - PUF, Paris - Collection Philosophie française contemporaine – 35 €

Les années 1960 furent le théâtre de l'un des épisodes les plus brillants de l'histoire de la pensée philosophique en France. Elles s'ouvrirent sur le triomphe public du structuralisme, avec La Pensée sauvage de Lévi-Strauss, se continuèrent par le renouvellement du marxisme proposé par Althusser et de la psychanalyse par Lacan, et s'achevèrent avec une série d'oeuvres comme celles de Foucault, Deleuze, Derrida et Lyotard, qui ont décidé du visage de la philosophie contemporaine.

L'héritage de cette période a néanmoins été difficile, suscitant tantôt une fascination mimétique, tantôt un rejet caricatural. Depuis quelques années, les auteurs qui l'ont marquée font individuellement l'objet d'une réception savante plus mesurée et plus profonde, au risque cependant de perdre la dimension collective et transversale qui la caractérisait. Le but de cet ouvrage est de réunir certains des meilleurs spécialistes pour prendre toute la mesure de ce qui a constitué, par son intensité et son ampleur, un «moment philosophique» exceptionnel.

Il offre à la fois une traversée de quatre dimensions transversales (épistémologique, politique, esthétique et philosophique) et une relecture de quatre livres singuliers : La Pensée sauvage de Lévi-Strauss (1962), Lire Le Capital et Pour Marx d'Althusser (1965), les livres de Derrida autour de De la grammatologie (1967), et Discours, Figure de Lyotard (1971). Traversant aussi bien les mathématiques de Bourbaki que la linguistique structurale, l'anthropologie de Lévi-Strauss que la psychanalyse freudienne, le marxisme d'Althusser que celui d'Adorno, le théâtre de Brecht que le cinéma de Godard, ce livre invite à redécouvrir ce moment non pas comme un objet historique à circonscrire, mais comme un mouvement ouvert où se sont décidées certaines des tâches qui nous incombent encore, aujourd'hui.

(Editeur)

lundi 28 mars 2011

Revue Philosophie n°109 : Philosophie(s) française(s)

2011 – Editions de Minuit – 10 €

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PHILOSOPHIE(S) FRANÇAISE(S) : le pluriel est destiné à mettre en question l'unité intrinsèque de la philosophie française – simple idéal-type permettant de repérer dans l'histoire certaines convergences thématiques ou méthodologiques ? – et son autonomie – tant elle apparaît redevable aux grandes figures de la philosophie allemande (Husserl, Heidegger, le Cercle de Vienne, etc.). Les auteurs de ce numéro, « spécialistes » de philosophie française, ont réfléchi sur leur praxis exégétique et le statut de l'identité implicite du thème « philosophie française », qui est censé se situer en son foyer.
Dans « Pour une histoire souterraine de la pensée française », Frédéric Fruteau de Laclos en propose une anamnèse : remémoration des conjonctures qui, en privilégiant certaines thèses et courants, ont occulté des options originales jugées marginales. Cette anamnèse lui paraît nécessaire à la remise en chantier de philosophèmes passés, et notamment à la réactivation, par-delà le structuralisme et l’individualisme méthodologique, des thèses de la psychologie historique fondée par Ignace Meyerson – dont il suit les traces chez le jeune Foucault, François Châtelet et Olivier Revault d’Allonnes.
Dans « Descartes et les trois voies de la philosophie française », Camille Riquier s'intéresse à la reprise au XXe siècle de thèmes de la philosophie cartésienne, pour montrer que des tendances fondamentales de la philosophie française ont leur origine dans le déploiement unilatéral de l'une des voies du cartésianisme : celles du cogito, du système et des modernes. Malgré l'inspiration essentielle qu'elle reçoit de la philosophie allemande, la philosophie française ne se comprendrait donc que par son réinvestissement du texte cartésien, qui en constituerait le foyer implicite.
Dans « Portées du nom Bergson. Portrait de groupe avec philosophe », Giuseppe Bianco envisage la philosophie française contemporaine sous l’angle d’une socio-histoire des pratiques philosophiques, qui en montre le conditionnement par des changements de nature extra-philosophique. Dévoilant les contextes stratégiques où le bergsonisme a servi à faire, défaire et refaire la ligne de partage de la pensée française, il remet en question celle qui fut instaurée par Foucault, puis réajustée par Badiou, entre un mysticisme vitaliste qui remonterait à Bergson, et un mathématisme trouvant sa source chez Brunschvicg.
Dans « L’invention de l’homme moderne. Une lecture de Michel Foucault », Guillaume Le Blanc interroge la généalogie de la question de l'homme chez ce dernier, montrant que loin de se laisser reconduire à la seule figure kantienne, elle s'inscrit dans le registre éthique et politique de l'invention ; et que la référence à la vie inventive forme le canevas théorique majeur d’un foyer de la philosophie française où s'intègrent des auteurs aussi distincts que Canguilhem, Foucault, Deleuze et Derrida, mais aussi Sartre, Merleau-Ponty et de Certeau.
Enfin, dans « La vie dans la philosophie du XXe siècle en France », Frédéric Worms, loin de postuler une continuité thématique ou méthodologique centrée sur la vie, montre comment celle-ci fut pensée différemment selon les moments qu’elle a traversés, impliquant des ruptures dans la manière dont la question fut à chaque fois thématisée. À travers les problèmes qui se posaient – ceux de l’esprit, de l’existence, du langage et du pouvoir –, ce serait la vie elle-même qui, à chaque fois, dévoilerait l'une de ses dimensions. Aussi est-ce le moment présent qui, de plus en plus, serait amené à penser la vie dans sa tension irréductible et ultime. D. P.

Sommaire

Camille RIQUIER, Présentation
Frédéric FRUTEAU DE LACLOS, Pour une histoire souterraine de la pensée française
Camille RIQUIER, Descartes et les trois voies de la philosophie française
Giuseppe BIANCO, Portées du nom Bergson. Portrait de groupe avec philosophe
Guillaume LE BLANC, L'invention de l'homme moderne. Une lecture de Michel Foucault
Frédéric WORMS, La vie dans la philosophie du XXe siècle en France
Notes de lecture