jeudi 2 avril 2015

Jean-François Pradeau : Gouverner avec le monde. Réflexions antiques sur la mondialisation

Manitoba / Les Belles Lettres - Avril 2015


Les philosophes anciens ont écrit sur le rapport de la cité et du monde et c'est à eux que l'on doit les premières thèses « cosmopolitiques ». L'objet de l’essai de Jean-François Pradeau est d’exposer ces thèses, en les rendant accessibles à des lecteurs qui ne les connaissent pas. Ainsi l’essai présente-t-il ce que des auteurs comme Diogène le cynique, Platon, les stoïciens ou encore le Père de l’Eglise Saint Augustin ont pu dire de la citoyenneté mondiale et du rêve d’une cité mondiale unique qui réunirait enfin tous les peuples. Les questions qu’agite cette histoire ancienne du cosmopolitisme sont pour beaucoup celles de notre époque, qui a fait l’éloge pendant quelques décennies d’une forme d’émancipation cosmopolitique, qui a inventé une Europe supranationale, mais qui paraît aujourd’hui figée autour de ses frontières. Les grecs anciens qui ont inventé la formule « citoyen du monde » ont quelque chose à nous dire de la mondialisation. Ils nous rappellent avec une certaine simplicité que la vie humaine, qui est une vie politique, c’est-à-dire une vie qui n’est possible que dans les limites instituées d’une communauté civique, ne peut atteindre la tranquillité ou le bonheur sans apprécier à sa juste mesure la place qui lui convient dans le monde. Il est néfaste et finalement impossible de vivre sans se faire une certaine idée de ce monde et de son ordre, sans se représenter, ne serait-ce que de manière vraisemblable, ce qu’est l’univers et la place qui nous revient en son sein.

Professeur de philosophie antique à l’université de Lyon III - Jean Moulin, Jean-François Pradeau est avant tout un spécialiste de l’œuvre de Platon et de la tradition platonicienne sur lesquelles il a publié de très nombreux ouvrages. Dernièrement il a dirigé l’édition complète des sophistes (2009). Aux Belles Lettres, on lui doit la revue Études platoniciennes ainsi que de nombreux volumes dans la collection « Classiques en poche ».

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Isabelle Thomas-Fogiel : Le lieu de l'universel. Impasses du réalisme dans la philosophie contemporaine

Seuil - Avril 2015 - Collection : L'ordre philosophique


Le territoire de la philosophie serait divisé par une frontière infranchissable entre modèles analytique et continental. S'élevant contre cette idée reçue, cet essai met en lumière le socle commun de la philosophie des trente dernières années : pour sortir du „dispositif de la perspective» où le sujet était spectateur du monde, les philosophes contemporains ont conçu un sujet à ce point immergé dans le monde qu'il n'en est plus que le reflet ou l'effet. Cette solution a un nom : le réalisme, unanimement revendiqué aujourd'hui, de l'actuelle phénoménologie aux disciples de Wittgenstein en passant par les nouvelles métaphysiques. Cette solution ne serait-elle pas devenue un simple lieu commun ? Ce panorama critique de la philosophie contemporaine montre les écueils et l'impossibilité de ce réalisme partagé, dont il soumet les multiples expressions à une analyse serrée et limpide. Comment ensuite dépasser les apories du réalisme sans retomber dans le modèle du face-à-face entre l'homme et le monde ? La réponse suppose une réflexion sur la possibilité même de la philosophie aujourd'hui. Au lieu commun réaliste de la philosophie contemporaine, l'auteur objecte le «lieu de l'universel».

Isabelle Thomas-Fogiel est full professor à l'université d'Ottawa et détachée de l'université Paris-I. Elle est notamment l'auteur de Critique de la représentation (Vrin, 2000), Fichte. Réflexion et argumentation (Vrin, 2004), Référence et auto-référence (Vrin, 2006), Le Concept et le Lieu (Cerf, 2008), The Death of Philosophy (Columbia University Press, 2011).

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Jacques Derrida : Les arts de l'espace. Ecrits et interventions sur l'architecture

Editions de La Différence - Avril 2015 - Collection : Les essais


Après Penser à ne pas voir qui réunissait les principaux textes de Jacques Derrida sur le dessin, la peinture et la photographie, voici l'ensemble de s'es réflexions sur l'architecture. Ginette Michaud et Joana Maso ont regroupé chronologiquement entretiens, lettres, communications, interventions dans les forums et les tables rondes qui concernent l'architecture, les rapports du texte à l'architecture et les débats nombreux avec les architectes - essentiellement Bernard Tschumi, Peter Eisenman et Daniel Libeskind. "La déconstruction est peut-être une manière de remettre en question le modèle architectural lui-même, déclare Derrida, - ce modèle architectural qui est une question d'ordre général, même au coeur de la philosophie, la métaphore des fondations, des superstructures, ce que Kant appelle «l'architectonique». etc, ainsi, également, que le concept de l'arkhê... Aussi la déconstruction implique-t-elle de remettre en question l'architecture dans la philosophie, et peut-être l'architecture elle-même."

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